Speaker #1donc ça a été assez complexe avec la chaleur, mais alhamdoulilah, ça va. Alors aujourd'hui, on va aborder un sujet qui est hyper intéressant, je pense que ça a parlé à beaucoup de personnes, qu'on pourrait appeler le retour aux sources. Je vais évoquer mon voyage, mon tout premier voyage dans mon pays d'origine et de toute l'incidence que ce voyage a pu avoir dans ma vie. Il est venu répondre à tellement de choses. Donc ça n'a pas été un voyage anodin. Ce qu'il faut savoir, c'est que je suis d'origine peule de Guinée. Je suis née en France, j'ai grandi en France. Et c'est mon grand-père qui a immigré dans les années 60-70. Et comme je l'évoquais dans le premier épisode, j'ai grandi dans cette culture peule. Comme j'ai pu grandir dans la culture française et la culture de quartier. Et mon pays d'origine, moi je ne le connaissais pas tellement. Je ne le connaissais qu'à travers des photos, des récits, des vidéos. À la maison, on parlait la langue. Enfin, je ne sais pas. Pas très bien le peul, mais en tout cas je comprends bien. On mangeait les plats du pays, on entendait des histoires du village, mais ça restait loin quand même la Guinée, j'avais énormément de mal à visualiser. A l'âge de 5 ans, je suis partie pour la toute première fois, mais j'avais 5 ans, j'étais pas assez grande et j'en gardais de vagues souvenirs. Et à l'époque, voyager ça coûte... vachement cher, beaucoup plus cher que maintenant. Quand on est une famille issue d'immigration, avec beaucoup d'enfants, beaucoup de charges, de responsabilités, c'est très compliqué de pouvoir partir tous ensemble au pays, entre les billets, entre les dépenses là-bas, les cadeaux que tu vas emmener, enfin ça coûte relativement et rapidement cher. Et aujourd'hui avec du recul, je me rends compte que voilà, c'était pas un manque de volonté de nos parents, c'est juste que la réalité de la vie faisait que c'était pas possible. Ils étaient occupés à construire une vie ici à travailler, à payer un loyer, à nous offrir des opportunités que même n'avait pas pu avoir. Et durant mon enfance, mon adolescence, c'est pas quelque chose qui m'a gênée. Je savais que j'étais d'origine peule, de Guinée, mais sans plus. Mais quand j'ai commencé à être une jeune adulte, la question identitaire a commencé à venir se poser. Et je me souviens d'une situation particulière qui m'avait marquée, à l'époque où j'étais en stage, à l'hôpital, très particulièrement en service de chirurgie ambulatoire. On reçoit un patient, M. Diallo, donc un... comme moi je m'occupe de faire son entrée et lui en fait il lit sur mon badge diallo et je pense qu'il a dû voir aussi à mes traits de visage donc j'étais peul aussi du coup il me dit ah mais toi aussi tu es peul je dis oui moi aussi je suis peul et il me dit bah tu viens d'où je lui dis bah je viens du fouda après il me dit oui mais d'où du fouda et là il y a eu un blanc en fait je savais pas d'où je venais exactement il m'a dit tu sais le fouda diallon c'est super grand donc tu viens d'où exactement, de quelle préfecture ? Je me suis retrouvée super bête, je savais pas quoi dire. Du coup, je lui ai dit que je savais pas, et franchement, ça m'a fait cogiter toute la journée. Et en fait, ce monsieur-là, il était revenu remettre en question ce côté-là identitaire, finalement. C'est ce jour-là que je me suis rendue compte qu'en vrai, je savais pas complètement d'où je venais. C'est comme si je disais que je suis originaire de France, mais je sais pas de quelle ville exactement je viens. Et franchement, ce jour-là, en rentrant, je me suis dit non. Meuf, va falloir que tu saches d'où tu viens C'est pas possible, genre on peut pas te poser cette question là Et toi, rester comme ça sans réponse D'ailleurs ça me rappelle aussi une autre anecdote Donc pareil, ça s'est passé en milieu professionnel Alors j'étais infirmière, déjà diplômée Et cette nuit là je travaillais aux urgences Je tombe sur une entrée, monsieur Diallo Et le monsieur il faisait que de me regarder Et avant même de regarder mon nom de famille sur ma blouse Il me dit t'es une peule Je lui dis oui Il me demande de quel village je suis Il me dit que lui aussi il est du même village Donc il demande le nom de mes parents Et quand je lui donne le nom de mes parents, de mon grand-père, mais là le monsieur il s'est effondré, il s'est assis, il s'est mis à pleurer. Il me dit tu sais qu'on est de la même famille, que c'était le neveu de mon grand-père et que c'était le cousin germain de mon père. Je me suis dit mais c'est incroyable, ce monsieur là à la base il est rentré aux urgences, enfin voilà moi je pensais que c'était un patient lambda. Au final il en ressort et j'apprends que c'est mon oncle, c'est incroyable quand même. Cette histoire là elle m'avait fait cogiter mais toute la nuit. Et en fait avec le temps cette question identitaire était de plus en plus. présente. Et ce qu'il faut savoir c'est que c'est quelque chose de naturel, quelque chose de normal. Et en psychologie on parle d'identité pour désigner l'ensemble des éléments qui construisent notre sentiment d'être quelqu'un d'unique. Ça va être notre histoire, notre culture, nos valeurs, nos croyances, nos expériences, notre rapport aux autres. Et j'ai vraiment cette impression là qu'à un moment de notre vie, souvent à l'âge adulte, Quand on arrive au début de l'âge adulte, cette question va devenir plus présente. On va commencer à s'intéresser davantage à nos racines, à notre histoire familiale, à notre culture, comme si on veut comprendre d'où l'on vient. Ce qu'il faut savoir, c'est que l'être humain a besoin d'appartenance. En psychologie sociale, le besoin d'appartenir à un groupe est considéré comme un besoin fondamental. Et le fait de connaître son histoire permet de donner du sens à son existence. On va pouvoir prendre l'exemple d'un arbre. Un arbre avec des bases et des racines solides. va être un arbre qui va pouvoir grandir et généralement on a tendance Ça s'intéressait davantage à ses origines au début de l'âge adulte, donc entre 20 et 30 ans généralement. Et en psychologie, on parle même d'un concept qui est l'émergence de l'âge adulte. Et en fait, il désigne cette période entre 18 et 29 ans, où beaucoup de jeunes adultes vont chercher à comprendre. qui ils sont. C'est souvent à cet âge-là que l'on se questionne davantage sur ses valeurs, sur son histoire, sur son avenir, et parfois même sur ses propres origines. Jeffrey Jensen Arnett, un psychologue américain, a même identifié l'exploration identitaire comme vraiment la caractéristique principale de cette période de vie. Et honnêtement, je trouve que ça va de soi. Le début de vingtaine jusqu'à la trentaine, je trouve que c'est vraiment l'âge où il se passe tellement de choses. On a tendance à commencer une activité professionnelle. Pour beaucoup en tout cas, c'est l'âge où on va se marier, où on va avoir des enfants, où notre vie elle va complètement changer. On aura tendance à passer de l'enfant de ses parents à l'adulte. C'est aussi la tranche d'âge où on commence à payer les impôts. Et c'est vrai que c'est à partir de cet âge-là que j'ai commencé à vraiment me poser des questions sur moi, sur les peuls de manière générale, et franchement j'ai appris. tellement de choses. C'est aussi à cet âge-là que j'ai commencé à m'intéresser à ma famille, à être active quand il y a des événements familiaux, des choses comme ça. C'est aussi à ce moment-là que j'ai commencé à me questionner sur la place de cette famille, des gens de la famille qui sont encore au pays. Ces gens-là qu'on a souvent au téléphone, en tout cas que mes parents ont souvent au téléphone, qui ont une place hyper importante, mais pour le coup qu'on ne voit pas souvent, voire pas du tout des fois. Par exemple, j'avais des oncles, des tantes avec qui je parlais des fois au téléphone quand mes parents appelaient et tout. que je n'ai jamais vu, que je n'avais jamais vu en vrai. D'ailleurs, ça me rappelle tellement l'époque, je ne sais pas, je pense que certaines ont connu ou pas, l'époque des calbox, les calbox ou les cabines téléphoniques. Je sais qu'il y avait une cabine téléphonique en bas de chez moi. Ma mère, elle rentrait la carte, elle appelait un petit peu au pays, mais il ne fallait pas rester trop longtemps au téléphone parce que les unités, elles partaient vite. Ou sinon, l'époque du calbox. Quand je me souviens, on y allait, il y avait une petite... porte qui se fermait, ma mère elle appelait, mais pareil on restait pas super longtemps au téléphone. C'est dingue de se dire que maintenant il y a tellement de réseaux sociaux que ce soit WhatsApp, immo, messenger, enfin ils se parlent tous les jours en permanence voire même plusieurs fois par jour en visio, ils envoient des photos, des vidéos, c'est juste dingue. C'est fou comment le monde a changé en si peu de temps. Franchement quand je repense à des exemples comme ça je me dis mais le temps il passe trop vite. Enfin bon là je... Je commence à m'égarer. Donc il y a 4 ans, j'ai fait le voyage qui va venir apporter beaucoup de réponses à mes questions. Mon oncle qui lui vivait en Guinée est tombé gravement malade. Du coup ma mère a été dans l'obligation d'y aller. Et j'ai demandé à ma mère si moi aussi je pouvais y aller. Et honnêtement ça s'est fait comme ça, sans aucune préparation. On a pris les billets le jeudi pour partir le samedi. Je savais qu'au fond ça allait pas être un voyage anodin comme ça. Donc voilà, avec ma mère on prend la route direction Conakry. C'était d'ailleurs mon... tout premier voyage en duo avec ma mère. Donc on arrive à Conakry chez mon oncle. J'ai rencontré mes oncles, du coup j'ai pu mettre un visage sur ces noms, sur ces personnes avec qui par moments on parlait au téléphone. J'ai rencontré mes petits cousins, cousines. Alors ça se voyait qu'ils étaient trop contents de recevoir du monde, mais en même temps j'ai l'impression qu'ils savaient pas tellement comment faire. Puis moi aussi j'étais tellement gênée, c'était tellement bizarre. J'ai rencontré ma grand-mère qui avait vu que des photos depuis des années et des années. J'ai reconnu des visages, j'ai reconnu des traits de caractère que je vois chez mes frères et soeurs ou même chez moi et ma mère elle était hyper à l'aise, je l'ai vu aussi différemment. Et après la capitale je suis partie au village et de là franchement ça a été tellement clair. pour moi. J'ai mieux compris comment était fait le foot à diallon, comment étaient dispatchés les villes, les communes, d'où est-ce que je viens exactement, de quel village, de quelle préfecture, de quelle sous-préfecture. Tout ça maintenant c'est des choses que j'ai compris, que j'ai intégré et que je vais pouvoir répéter derrière. Et ce qui est dingue c'est que je me suis sentie chez moi alors que je n'y étais jamais allée. J'ai rencontré tellement de gens de ma famille, que ce soit les grands-parents, les arrière-grands-parents. Les cousins, les frères et sœurs de mes grands-parents, les gens qui ont grandi avec mes parents, avec qui ils sont partis à l'école. J'ai visité aussi leur école. Enfin, c'était incroyable. Et ce qui est drôle aussi là-bas, c'est qu'ils te connaissent déjà. T'as même pas besoin de te présenter. Ils savent déjà qui tu es, qui sont tes parents, où tu vis, où tu vis en France. C'est juste dingue. Il y a aussi énormément de critères de caractère physique que j'ai pu retrouver chez les gens là-bas. Par exemple, je sais que moi, mes mollets, c'est un truc qui me travaillait de ouf. Mes mollets, j'ai pas les mêmes mollets que mes parents, que mes frères et sœurs et tout. Et en fait, j'ai appris que dans la famille de ma grand-mère maternelle, c'était normalité. Et que du coup, c'était de là-bas que j'avais pris mes mollets. Pareil sur ma taille aussi. Je sais que je suis assez grande en taille. C'est pareil aussi pour mes frères. Mes parents, ils sont pas... très grande taille. En fait, j'ai appris que dans la famille pareille de ma mère, les femmes étaient relativement grandes en taille que dans la famille de mon père. Mon père, c'était pareil aussi. J'ai rencontré des personnes qui ont pleuré quand ils m'ont vue. Je pense que ça a dû rappeler énormément de choses, de souvenirs. Certains disaient que je ressemblais à un tel, d'autres disaient que je ressemblais ou que j'avais le même caractère qu'un tel. Et par tout ce biais-là, j'ai vraiment compris. En fait, l'importance, le pourquoi du comment, les parents étaient aussi attachés aux liens de famille en France. Pourquoi ils voulaient toujours maintenir les liens, toujours être en contact, aller dans les fêtes, être actifs dans la communauté, qu'on se marie entre nous. J'ai même réussi à comprendre des liens assez complexes avec des cousins que j'ai en France, cousins, cousines qu'on voit pas souvent mais qu'on connaît. Après, ce qu'il faut savoir dans mon village, c'est que c'est à la base deux frères qui se sont installés, qui ont eu des enfants, puis une descendance et ainsi de suite. Du coup à la base on est... tous de la même famille, après bien sûr de proches ou de plus loin. Donc c'est assez impressionnant, ça se voit de par les traits physiques, c'est dingue. Et ce que j'ai aussi trop aimé, c'est qu'on a pu visiter le village et à chaque fois on passait devant une maison, ma mère me disait, bah là tu sais, c'est les cousines qui habitent à Paris, machin, qui habitent là, là, là-bas, c'est la mère des cousins qui habitent, je sais pas, à Bordeaux, enfin... C'est vraiment, là on se dit, mais ouais, mais non, mais non, sérieux, ah oui, d'accord. Tu comprends tellement de choses en fait. Et franchement, ce voyage-là, il m'a complètement transformée. Il est venu au bon moment, je pense, dans ma vie. J'avais besoin de savoir qui j'étais, d'où je venais. Après, bien évidemment, je n'ai pas réponse à tout. Aujourd'hui, je sais d'où je viens et je sais qui est ma famille, comment certaines choses fonctionnent. Et j'ai surtout pu mettre des images sur ces personnes, sur... l'idée que je me faisais de la Guinée et au delà la question identitaire c'est aussi venu conforter l'estime de moi, la confiance en moi et aujourd'hui je pense pouvoir être en capacité de répondre à la question d'où viennent mes parents, quelle est mon histoire et qu'est ce que je peux transmettre à mes futurs enfants. Après bien évidemment je pense qu'il va falloir plusieurs voyages et y aller de manière beaucoup plus continue mais j'ai vraiment cette impression là d'avoir cassé le mythe. Maintenant c'est du réel, j'ai vu à quoi ça ressemblait et je sais à quoi m'attendre. Et depuis mon retour, ma vision, mon rapport à la famille a complètement changé. Maintenant, je suis très présente, je suis très active dans les réunions de famille, dans les événements familiaux, alors que ce n'était pas tellement le cas avant. J'ai vraiment l'impression que ce voyage m'a permis de comprendre davantage la logique. culturelle et sociale derrière certaines situations ou certains sujets comme le sujet du mariage. En grandissant en France je comprenais toujours pas pourquoi certains parents tenaient autant à ce que leurs enfants épousent quelqu'un de la même culture, du même pays, parfois même du même village. J'avais vraiment tendance à voir ça comme une contrainte, comme quelque chose de... dépasser, mais le fait de repartir en Guinée, de découvrir son histoire, les différents codes, la façon de voir la famille, de voir les relations humaines, j'ai commencé à comprendre ce qui pouvait jouer derrière tout ça. J'ai compris que derrière cette volonté, il y avait souvent la peur de voir disparaître un héritage culturel transmis parfois depuis plusieurs générations, d'où l'importance de savoir d'où l'on vient, savoir où l'on va et surtout ce qu'on va transmettre à nos enfants. Et franchement c'est un regret de ne pas avoir pu y aller plus tôt, de ne pas avoir pu prendre l'habitude il ya plein de choses que j'aurais aimé savoir faire des mots que j'aurais aimé savoir dire ou même parler la langue de manière générale pour être à l'aise là bas et aujourd'hui ce qui est bien c'est qu'on a les moyens de pouvoir le faire alors que ce soit pour le biais du voyage dans le sens où maintenant il ya des vols directs il y a plus de vols et les prix sont bien plus accessibles qu'avant on a aussi les réseaux sociaux pour pouvoir garder contact avec la famille avec les proches et questionner nos parents questionner nos parents nos grands-parents, nos grands ongles si on en a encore pour connaître notre histoire, pour savoir d'où l'on vient, c'est tellement important. Et tôt ou tard, cette question-là, elle va se poser, parce que c'est vraiment quelque chose d'humain. Et je trouve que ces questions-là, quand tu deviens parent, ou quand tu viens de fonder ta famille, ou que tu as le projet de fondation de famille, cette question-là, elle est hyper importante. Parce que la notion de transmission, de toute manière, elle va être là, elle va être présente. Et il n'y a rien de mieux que de se connaître, de savoir d'où l'on vient, pour pouvoir le transmettre derrière à ses enfants, pour pouvoir être au clair avec ça, et que lui aussi derrière soit au clair avec ça. Après, bien sûr, ce n'est pas en un voyage que je vais tout connaître. Mais je me dis qu'aujourd'hui, je suis en capacité de savoir d'où je viens. Je me souviens que là, dernièrement, sur l'un de mes derniers voyages, je suis arrivée dans un resto, donc on m'a dit « Ah, tu es Apple, etc. » Je dis « Oui, on m'explique. » On me demande d'où. Alors là, croyez-moi, je suis allée à fond. Là, j'ai même donné le nom de la sous-préfecture, parce que là, je connaissais tout. Et je me suis sentie... Enfin voilà, j'en étais trop fière, quoi. Avec le recul, je mesure la chance que j'ai eue de pouvoir découvrir mon pays. Et en tant qu'enfant de la diaspora, je pense que grandir loin du pays de ses parents, il y a parfois une partie de l'histoire qui nous manque. Parce que malgré le fait que nos parents vont nous raconter des histoires, des choses comme ça, il y a des choses qui ne peuvent pas être racontées. Il y a des choses où il faut les vivre. comprendre. Il y a aussi la notion de transmission aux générations futures, c'est quelque chose qui m'a vraiment fait réfléchir. Je me dis qu'aux enfants, on leur transmet pas seulement un nom ou une langue. Ça va bien au-delà de tout ça. On leur transmet une histoire, une mémoire familiale, un héritage culturel. Et pour ça, il faut se connaître. Pour ça, il faut se connaître, il faut connaître nos origines, il faut savoir d'où l'on vient. Il y a d'ailleurs une idée psychologique hyper intéressante. Les chercheurs parlent d'ancrage identitaire. Le fait de connaître son histoire familiale, ses origines, va venir favoriser le sentiment de continuité entre les générations. Et c'est totalement ça. Et finalement, je me dis que plus je grandis, plus je réalise que connaître... ses racines, ne va pas venir empêcher de s'intégrer ailleurs. Et ça, c'est une idée, une idée reçue que je m'étais faite toute mon adolescence. Donc vraiment, l'idée principale, c'est à nous, les enfants de la diaspora, si vous en avez la possibilité, allez voir d'où vous venez. Allez au bled, prenez le temps d'y aller, c'est hyper important. Allez rencontrer votre famille, allez écouter les histoires des grands-parents, des grands-mères, tant qu'ils sont encore là pour pouvoir les raconter. Nos parents, nos grands-parents ne sont pas éternels. Si demain, ils sont amenés à partir, Qu'est-ce qu'il en est ? Donc vraiment, pour les gens de la diaspora qui ont des enfants, qui sont adolescents, qui sont jeunes adultes ou qui sont même enfants, franchement, si vous êtes en capacité d'y aller, allez-y. Investissez, c'est un investissement sur du long terme qui va être hyper intéressant et indispensable. Et je vais finir cet épisode avec une citation de Marcus Garvey, c'est un militant jamaïcain du 19e siècle qui disait, j'ouvre les guillemets, un peuple qui ne connaît pas son passé, ses origines... et sa culture ressemble à un arbre sans racines. Fin des guillemets. Bon écoutez, je vais m'arrêter là pour aujourd'hui. J'espère que le sujet vous aura plu. Moi c'était un plaisir comme d'habitude. J'espère que le bruit de mon ventilateur ne vous a pas gêné. En tout cas j'ai fait au mieux pour le son. Mais pour la chaleur là c'est vraiment vraiment compliqué. J'ai plus qu'à vous souhaiter une bonne semaine. On se retrouve la semaine prochaine dans un nouvel épisode d'Ami Chemin by Kadhi. Bisous !