- Speaker #0
Les entreprises, elles reçoivent énormément de subventions. C'est sans doute le secteur, je vais me faire reprendre quand je vais dire ça, mais c'est pas grave, c'est la réalité, le plus assisté de France. Alors il y a des chiffres qui circulent, il y a un rapport parlementaire, il est discutable, 217 milliards de subventions aux entreprises. Non, c'est pas autant, mais si vous regardez, on dépasse la centaine de milliards. C'est énorme, c'est énorme. Et dans le même temps, vous avez une fiscalité énorme sur les entreprises. On a le record du monde sans doute de la fiscalité sur les entreprises. Alors réfléchissons. D'un côté, on prend énormément d'argent aux entreprises, et de l'autre, on leur en donne beaucoup. Est-ce que ce n'est pas le moment de faire un peu un clearing entre tout ça ? On va donner moins de subventions aux entreprises. Il ne faut pas le faire du jour au lendemain, parce qu'il y a des tas d'entreprises qui dépendent de ces subventions. On va essayer de lisser ça dans le temps. Et puis on va, en revanche... faire une fiscalité beaucoup plus compétitive, beaucoup plus avantageuse pour les entreprises. C'est un grand truc. On a tous à y gagner. Bon exemple.
- Speaker #1
Très bon exemple. Ça fait à peu près trois ans qu'il y a un record de défaillance d'entreprises en France, en particulier des PME. Est-ce que vous diriez que, justement, c'est les mauvais qui ont pris l'argent de l'État parce que c'était les PGE du Covid, donc les prêts à taux zéro, etc., et qui, maintenant, sont en train de décéder ? Ou est-ce que c'est un peu injuste tout ça ?
- Speaker #0
D'abord, il faut regarder les statistiques. Vous avez dedans les auto-entrepreneurs. On a fait les auto-entrepreneurs. Les auto-entrepreneurs, c'est un truc formidable. Juste une petite anecdote. C'est ce qu'on a imaginé les entrepreneurs. Ensuite, c'est Noveli qui les a amenés jusqu'au bout. Mais j'étais ministre des entreprises en 1994. On avait fait une réforme pour les entreprises, etc. Et dedans, il y avait la possibilité de faire des auto-entrepreneurs. On l'avait fait, il n'y avait même pas d'internet, il n'y avait rien, on a fait l'ancêtre du statut des auto-entrepreneurs. Et à ce moment-là, on pensait que c'était parti. Non, parce qu'il y a eu la justice, le tribunal des conflits, etc. avec Fabius, qui quelques temps plus tard, quand les socialistes sont venus au pouvoir, ils ont cassé ça. Ils ont dit non, on ne peut pas être auto-entrepreneurs. Vous êtes ou salariés ou vous êtes entrepreneurs. Mais entre les deux, il n'y a pas de place. Et donc il a fallu attendre Hervé Novelli qui a permis la formule juridique, qui a donné l'indépendance juridique enfin aux auto-entrepreneurs. Je ne vais pas rentrer dans le détail, mais c'est ça l'idée. On a perdu énormément de temps. Les auto-entrepreneurs, c'est une formidable vivier, mais il y a beaucoup qui meurent, il y a beaucoup qui naissent. Il y a plus de berceaux qu'il y a de décès, tant mieux, mais il ne faut pas compter ça dans le décès des entreprises.
- Speaker #1
Oui, il y a 1,1 million d'entreprises qui sont occupées chaque année en France.
- Speaker #0
Le truc important d'ailleurs dans cette histoire, c'est marrant, c'est que la bonne idée, c'était déjà le mot auto-entrepreneur. Si vous regardez la cartographie internationale, ça existe dans tous les pays, mais on appelle ça les self-employed, je suis auto-employé. Ouais, moitié entrepreneur, moitié salarié, auto-entrepreneur c'est quand même plus valorisant. Qu'est-ce que tu fais toi ? J'ai mon entreprise. En réalité, les petites défaillances des auto-entrepreneurs n'ont rien à voir avec les vraies défaillances d'entreprise. Cela étant, il y en a, il y en a eu. avec la crise du Covid, parce que beaucoup d'entrepreneurs ont survécu grâce aux subventions du Covid, puis il y a eu un moment de vérité. Donc, la défaillance d'entreprise, c'est important, mais ce qui m'intéresse, c'est la balance. Ce sont les naissances. Tant que les naissances sont supérieures aux défaillances, le pays se porte bien.
- Speaker #1
Est-ce qu'il faut plus compter ? La France, c'est un tissu, c'est 80% de PME. Je pense que les boîtes qui font plus de 1000 salariés, c'est 5% des entreprises en France. 80% c'est des PME, alors après des PME ou des TPE ? Et donc peut-être qu'effectivement là-dedans je ne connais pas exactement le chiffre, mais probablement une grande majorité de TPE, donc d'auto-entreprise. Non, les TPE ce n'est pas la même chose. Comment ?
- Speaker #0
Les TPE ce n'est pas la même chose. Oui,
- Speaker #1
les TPE ça peut être jusqu'à 5 salariés, mais c'est vrai. Non, admettons. Mais selon vous, en France il faut parier sur quoi ? Est-ce qu'il faut parier sur ce tissu de PME ? Est-ce qu'il faut parier sur les grands groupes ? Est-ce qu'il faut parier sur l'avènement du freelancing, donc des auto-entrepreneurs puisque c'est le marché du travail de l'entreprise ? mais c'est...