Speaker #0Salut et bienvenue dans l'épisode numéro 10, numéro 10, je crois, enfin, tu ne sais plus, de à quoi tu joues, c'est déjà le 10, et si tu regardes sur internet, si tu vois cette capsule vidéo, tu vois que je suis dans un endroit avec ma veste où il fait froid, parce que, ben, simplement, je te montre, en fait, je suis à la morgue, c'est bizarre quand je raconte ça, je suis à la morgue du... théâtre à la courte échelle. Parce qu'on va bientôt jouer Blumonday. Enfin, on va faire un crash test de Blumonday. Et justement, c'est ce dont je vais te parler. Je te précise quand même, la morgue, c'est pas une vraie morgue. On n'y met pas des morts, même s'il fait terriblement froid. Non, Althéa, son nom dit qu'il fasse terriblement froid. Mais c'est ici qu'on stocke les décors et c'est donc ici que je suis venu parce que il y a un spectacle qui se joue à la salle et en même temps, j'étais en train de construire des... du décor pour Blumendie. Mais je te raconte tout de suite après le générique. Un peu de musique ? Bon, et bien voilà, bienvenue dans la morgue où nous allons parler un tout petit peu de crash test. Je ne sais pas ce qui est le mieux en fait de parler de crash test dans une morgue. C'est terrible. Mais toujours est-il, je m'en souviendrai quand je serai en Europe aussi, que je vous explique ce que c'est un crash test. Il y a vraiment un lien avec la voiture. On peut vraiment se dire qu'il y a un lien avec la voiture. Vous voyez, quand on fait des crash tests sur une voiture, on essaie de vérifier sa solidité, mais aussi sa capacité d'ingérer les chocs et donc de protéger les conducteurs. On est dans ce même principe quand on est au théâtre et qu'on essaie de faire. un crash test de la pièce. Quand on est metteur en scène, quand on est comédien, on a le nez dans le guidon sur son projet. C'est très prenant. On a envie de présenter quelque chose. On s'est posé des questions pour savoir ce qu'on voulait présenter à un public. Et puis d'un coup, à force de travailler dessus, on se rend compte qu'on a peut-être un peu trop le nez dessus pour savoir si on a pris la bonne direction, si par moment on ne s'est pas dévoyé, si on n'a pas trouvé des excuses pour éviter le sujet complètement. Le crash test, c'est le principe d'inviter des personnes qui vont venir voir le spectacle dans une étape de création, à une étape où il est encore possible de réajuster certains points. Exactement comme la voiture, si on veut tester la solidité ou la façon de répercuter les chocs dans une voiture, On ne va pas essayer de l'écraser tout entière. On va d'abord voir le pare-choc, on va peut-être voir les côtés, on va peut-être voir les amortisseurs. On va pointer les éléments qu'on veut vérifier pour être sûr de checker les bonnes listes et de ne pas dire, oui, ça ne tient pas, mais on ne sait pas exactement ce qu'il y a comme problème. Donc, on va faire la même chose et c'est ce que je vais vous expliquer étape par étape puisque ce soir même... je ne serai pas à la morgue pour travailler Blue Monday, mais on fait un crash test sur le spectacle Blue Monday. Alors, pourquoi le crash test ? Je l'ai déjà expliqué, c'est surtout pour éviter de rencontrer le public, mais de s'être trompé de sujet, de parler, on pensait parler de quelque chose, et finalement on se retrouve avec un propos qui est un tout petit peu transformé, parce qu'on n'a pas vu les billets par lesquels on est passé dans la création. Et ces billets, ils sont nombreux. Quand on est créatif, on peut effectivement prendre toutes les directions. C'est cool, c'est le côté avantageux de la création. Mais c'est aussi dangereux parce qu'on se pose parfois trop de questions. Et parfois, on ne s'en pose pas assez. Mais c'est souvent, je pense, le problème de se poser trop de questions. Je suis en train d'imaginer, je vous donne un exemple. Si je suis en train de faire un spectacle et que je me pose trop de questions, il y a un moment donné, je veux peut-être dire trop de choses. Et si je suis en train de faire un spectacle où je ne me pose pas de questions parce que je suis sûr de mon projet, est-ce que finalement je parle bien de ça ou est-ce que je n'ai pas dévié, est-ce que les gens ne vont pas comprendre autre chose ? Et si les gens comprennent autre chose, est-ce que c'est bien ? Bref, on a un tas de questions en tant que créatifs qu'on peut se poser et auxquelles on peut essayer de répondre, notamment en invitant un public averti. Mais vous allez voir qu'un crash test, à l'exemple de la voiture où on va tester certaines parties, de la voiture au choc Le crash test, ça se teste avec des questions ciblées. On veut savoir à la base déjà quelque chose. On n'est pas là pour repartir d'une page blanche, ça ne sert à rien. Et on n'est pas là non plus pour essayer de comprendre si les gens aiment à 100% notre projet ou n'aiment pas à 100%. Il ne faut pas être demeuré dans un spectacle, dans l'art vivant ou dans tout le tard. Les gens ne vous aiment pas complètement. Ça fait de la peine, on a envie d'être aimé, mais ça fait partie du deal. C'est-à-dire qu'on va proposer quelque chose et que ce quelque chose ne va pas nécessairement plaire à tout le monde. Donc il ne s'agit pas de savoir si le public aime complètement votre spectacle ou n'aimera pas votre spectacle et que vous devez repartir chez vous. Non, on va quand même faire le projet, mais on va lui poser des questions et on va organiser le crash test afin d'essayer que cette conversation avec ce public nous apporte des choses et qui construisent ou permettent de créer un brainstorming constructif et non pas destructif pour les artistes. Alors, première chose, c'est qu'il faut préparer un petit peu de matériel. On prend un modérateur qui gérera le temps, donc il modère le temps, et inscrit certaines règles que je vais vous expliquer. Ça, c'est la première étape. Vous prenez quelqu'un qui sera un modérateur. La deuxième personne que vous devez avoir avec vous, c'est un secrétaire. Il va prendre note de tout ce qui est dit et qui semble non redondant. Et si c'était redondant, il pourrait mettre une croix ou un plus un pour dire ça a été répété à maintes reprises. Tout ce qu'il va noter doit pouvoir être affiché par tous, notamment pour éviter les redites, etc. Et puis, il y a quelques petits éléments matériels. Matériel, virement, d'objet, des post-it, des marqueurs, des stylos, des papiers, je vais vous expliquer en quoi ils vont être utiles. La première chose, vous allez donc recevoir votre public et vous allez lui expliquer qu'il ne va pas assister à un spectacle tel qu'il sera vendu à la sortie de la première, mais plutôt un spectacle qui est en cours de création. Et c'est important d'insister sur ces mots, c'est un spectacle qui est en cours de création. Donc, tous les éléments n'y sont pas. Par exemple, tous les accessoires ne sont pas encore présents, il manque peut-être une musique, etc. Les comédiens ne sont peut-être pas habillés. Donc, il ne faut pas mettre mal à l'aise les comédiens qui savent qu'il ne faut pas proposer le meilleur du spectacle, mais qu'ils sont toujours en recherche. Et le public, lui... va pouvoir se positionner en sachant ça et en étant plus indulgent par rapport à la question de si vous donnez ça à un public, il réservera des problèmes. En gros. Et justement, on va lui poser une question. D'accord ? On va vraiment lui dire, à ce public, qu'il est co-créant. Il crée avec nous. Quelque part, on lui donne les clés pour être un autre artiste. Un artiste à qui on ferait confiance. La règle d'or pour l'équipe artistique, c'est de faire le spectacle, mais pendant le débriefing, de se taire. La seule chose qu'ils ont le droit de pouvoir demander au public durant le débriefing, c'est une clarification de la pensée du public. C'est-à-dire, si quelque chose ne lui paraît pas clair à l'artiste, il a le droit de dire, peux-tu, pouvez-vous clarifier ce que vous m'avez dit au sujet de ça ? Je n'ai pas bien compris. Mais il ne peut pas répondre afin d'éviter justement les débats stériles. Et il doit bien savoir, en tout cas l'artiste, qu'il ne s'agit pas d'un jugement, on n'est pas là pour le juger, mais qu'il doit essayer d'écouter le spectateur pour voir ce que le spectacle a raisonné exactement en lui. Donc, je vais essayer de reclarifier ma pensée. Le spectacle, une fois qu'il est donné, il résonne dans le public et on n'a plus de prise sur lui. Donc l'objectif, c'est de recréer de façon abstraite, de façon superficielle, cette idée qu'on n'a plus de prise sur le spectacle tel qu'il est donné et qu'il va résonner dans la tête des spectateurs qu'on a choisi pour ce crash test. Exactement comme si on était à la première. Alors, le public... On va lui donner un objectif en tant que co-créant. Vous savez que les artistes, ils aiment bien de travailler avec une... une contrainte, souvent la contrainte a un côté très créatif, et cette contrainte, c'est lui poser une question précise. Qu'est-ce que je cherche à savoir ? Si j'invite des gens à venir voir le spectacle, si j'invite des gens à venir voir une zone de création, il faut que je sache ce que je cherche, qu'est-ce que je cherche, qu'est-ce qu'il me manque ? Pourquoi je me pose avec le public à un moment T ? pour avoir une vision extérieure ? Qu'est-ce que j'attends de cette vision extérieure ? Et donc, il faut poser des questions précises, pas le noyer dans 50 questions. Dans le cas de Blue Monday, pour être très concret, je poserai deux questions. Est-ce que l'évolution de chaque personnage vous paraît claire ? L'arc narratif de chaque personnage, est-ce que vous le comprenez ? Est-ce que vous ne le trouvez pas un peu trop poussé, un peu trop... fait exprès et donc pas justifié ? Et pourriez-vous comprendre le système de l'entreprise dans laquelle évoluent les personnages ? Voilà, ce sont mes deux questions. Est-ce que l'arc narratif de chaque personnage est justifié par rapport aux actions qui sont mises par le texte ? Et est-ce que le cadre dans lequel évoluent les personnages vous paraît clair ? Est-ce que vous pourriez vous représenter comment ça se passe ? à l'extérieur de tout ça, alors qu'ils n'auront justement pas de décor défini pour l'instant. Le spectacle donc ensuite va se passer. Ça c'est donc, une fois qu'on a expliqué au public tout cela, eh bien la deuxième étape c'est le spectacle se fait. Alors parfois ça existe dans des sorties de résidence. que le spectacle ne soit pas fini et qu'il s'arrête à un moment donné. On dit, ben voilà, on a travaillé 30 minutes de spectacle, mais il nous manque encore 45 minutes. C'est possible. Dans notre cas, on va jouer tout le spectacle et il y aura peut-être des quacks, etc. Mais le public sait, mais nous, on va jouer tout le spectacle. Et ensuite, il y aura ce fameux débriefing qui se déroulera avec certaines étapes bien précises. Ça, c'est la troisième partie. Alors, le déroulement du débriefing, ça se passe comment ? La première chose, les comédiens ne viennent pas, n'assistent pas à la première partie qui dure cinq minutes, où le public se retrouve en paire, par paire, pour discuter entre eux. Ils donnent leurs premières impressions et ils parlent comme s'ils n'ont pas à se cacher par rapport aux comédiens. Ils ne doivent pas se sentir gênés de dire certaines choses. Ça permet vraiment cette libération de la parole. Ensuite, on fait venir les comédiens et on commence à faire 10 minutes de feedback affirmatif. Alors là, le public dit uniquement, uniquement dans le feedback affirmatif, ce qui a fonctionné. Alors, ce qui a fonctionné pour moi, c'est la première phrase avec laquelle ils peuvent commencer. Ce qui a fonctionné pour moi, c'est... Et puis, ils peuvent inventer. Vous pouvez noter, si vous prenez note, que la... Le public, on lui demande donc de commencer par du feedback affirmatif. Ce qui a fonctionné pour moi, c'est. Ensuite, on passe, le modérateur nous dit que les dix minutes sont passées, si tout le monde a pu s'exprimer, on essaie de ne pas dépasser, sinon ça dure des heures. On passe à la perspective. La perspective, qu'est-ce que c'est ? Le public prend une identité qui est réelle ou fictive. Il a le droit, à ce moment-là, de se détacher lui-même, le spectateur, et de prendre la liberté de penser si je suis un ouvrier, ou si j'étais professeur, ou en tant que personne à mobilité réduite. Je ne sais pas, je peux inventer un peu tout n'importe quoi, ça dépend vraiment du contexte. Et là, il aurait une autre formule, si vous prenez note, même chose, c'est en tant que, et il définit le rôle qu'il joue, j'ai besoin de... Par exemple, en tant que professeur, j'ai besoin d'avoir un document pédagogique à la fin pour analyser le spectacle avec mes élèves. Ça pourrait être ça. En tant que personne qui est dépressive, puisqu'on parle de Plumondé, j'ai besoin que cette partie-là soit moins difficile à regarder. Et ça devient du coup bien plus intéressant. Même si nous sommes dans un contexte très comique, on peut s'attendre à tout. Et justement, spoiler alert, je continuerai de filmer cet épisode pendant le debriefing pour pouvoir voir les réactions que nous avons eues durant cette représentation et ce crash test. Quand les dix minutes de perspective sont passées, on passe à la troisième partie, ce sont les questions ouvertes. Alors, c'est des questions sans oui et sans non. En gros, l'équipe artiste ne répond pas, mais elle les reçoit. Je vous explique, le public pose des questions qui ne sont pas des questions oui-non, mais qui sont des questions qu'il pose à l'équipe créative. Et l'équipe créative, enfin le secrétaire prend note, mais l'équipe créative ne doit pas répondre en disant « En fait, on a voulu faire ceci. » Donc ça peut être « Pourquoi vous avez voulu mettre un personnage qui avait une difficulté de prononciation ? » « Qu'est-ce que ça apporte ? » On ne répond pas. « Est-ce que vous trouvez que ce serait bien... » que votre histoire se passe plutôt à l'extérieur plutôt qu'à l'intérieur, parce qu'il y a souvent des huis clos. J'invente, il n'y a pas de contexte à ce que je dis, mais ça peut être. Il y a des questions qui vont nous intéresser, qui vont nous interloquer, et d'autres questions qui vont nous laisser certainement un peu plus froid, parce qu'on n'en voit pas la justification, peut-être qu'on n'aura pas besoin d'y répondre. Ça, c'est à la liberté du créateur, justement. Quand on a fini de poser ces questions ouvertes, là c'est une partie un peu plus longue, on va passer à la réflexion de concept. Et moi j'aime bien cette partie-là parce que j'adore tout ce qui est concept, parce que les concepts ça fait vraiment caléidoscope de pensée. Et les caléidoscopes de pensée, pour un spectateur, ça permet de brasser vraiment tout ce qu'on peut avoir comme spectateur, selon le statut social, économique, intellectuel. on brasse dans un théâtre ce tas de personnes et toutes ces personnes ont des visions différentes, des choses en fonction de leur vécu et de leurs racines. Et ça, en fait, c'est assez drôle parce que du coup, on voit un petit peu ce que ça crée dans le mélange des idées qui nous viennent pendant un crash test. Alors là, comment on va... aborder cette idée de réflexion de concept, on va proposer des post-it et le spectateur va pouvoir placer des post-it. Ces concepts peuvent partir sur tous les sens, c'est-à-dire par exemple, cette pièce de théâtre me fait penser à une chanson, et voilà, telle chanson, ça me fait penser à cette chanson-là. Ou bien, ça me fait penser à un film, un film de Lynch. Encore l'odeur de la pluie. Ou bien j'ai l'impression que ça me fait penser à un tableau de Hopper. N'importe quoi, en tout cas, qui sont des concepts. Je vois tel personnage, pour moi, il me fait penser à une araignée ou à un serpent. On peut travailler là-dessus, parce que qu'est-ce que ça va pouvoir dégager comme idée ? C'est la façon de se déplacer du comédien, s'il se déplace comme une araignée ou comme un serpent, ou bien s'il parle. comme un serpent, ou comment parle l'araignée, tiens, ce sera intéressant, comment, comment, je vous pose la question, faites-moi des imitations de comment, comment parle une araignée, ça m'intéresse. J'ai du coup envie de le faire, mais j'ai l'impression qu'elle parle avec les yeux, parce qu'elle en a plein, donc du coup, qu'elle ferait plein de clins d'yeux. Bon, bref, je suis parti en délire. Ça, c'est 15 minutes du process, parce que les concepts, ça ne vient pas naturellement, donc il faut laisser parfois un peu plus de temps. Une idée en appelle souvent une autre, et souvent ça émerge au fur et à mesure, il faut laisser le temps de réflexion au public. Quand c'est fini, on a encore une autre matière, c'est le gossip, le rodage. Là, le public va parler des personnages à la troisième personne, comme s'ils n'étaient pas là. On parle sur eux, comme on parle sur des personnes, du commérage sur certaines personnes. Et là, ce qui est drôle, c'est de dire soit du bien, soit du mal de cette personne-là. « Ah oui, lui, il m'a vraiment ennuyé. » Et puis, je n'aime pas du tout son caractère. Franchement, il a une façon de se comporter où j'adore cette personne-là. Elle me fait trop rire, elle me fait trop pleurer. Ce sont des... Ça crée un peu de la spontanéité comme matière. De nouveau, le secrétaire prend note là-dessus. Souvent, le spectateur du crash test n'a pas tendance à avoir des idées par lui-même. Il ne faut pas penser qu'il a naturellement la science infuse ou la façon de démarrer comme un improvisateur. Donc, il faut parfois lui poser des questions pour faire cette période de commérage. On peut lui poser des questions comme comment décririez-vous l'espace de jeu ? entre le début et la fin du spectacle. Vous parlez entre vous et vous le voyez comment cet espace de jeu. quels sont les éléments qui selon vous relient les quatre personnages entre eux dans l'entreprise ça c'est probablement une question que je poserai à Blue Monday si ce spectacle était un Ça se rapproche un peu du concept, mais si ce spectacle était une météo, ce serait laquelle et comment elle évoluerait, cette météo ? Donc ça permet de parler de, bah oui, au début, ça a l'air d'être quand même le printemps, il fait beau, les arbres fleurissent, et puis à la fin, c'est l'orage, il pleut partout, mais pas la neige, voilà. Et je ne sais pas, les gens peuvent parler vraiment, partir sur des délires, partir sur leur imaginaire, Et ces idées-là peuvent vraiment nous aider à créer un éclairage. par exemple, ou à créer, mettre plus d'éléments floraux et les faire disparaître peu à peu. Je dis ça, ça n'a rien à voir avec Blue Monday, par contre, mais ce sont des idées qui peuvent émerger, qui vont être tout ça. Ce qui est important de retenir de ce podcast, il y a quelque chose de pédagogique à retenir, c'est que tout ça, ça va vraiment m'aider à être un matériel, tout fait matériel. Et tout ce matériel n'est pas nécessaire. Mais tout ce matériel peut m'aider à avoir une réflexion plus aboutie sur mon projet. Ensuite, après ce temps de commérage, on passe au tick and trick. C'est un partage d'expressions concrètes ou des suggestions techniques pour la suite. C'est là ou quelque part où on lui permet, après avoir fait... tout ce détour sur son imaginaire, sur sa créativité, qu'on demande au spectateur. Mais voilà, sincèrement, si tu avais des conseils, que ce soit techniques ou de jeu, tu dirais quoi ? Et puis, une dernière possibilité qui prend aussi 10 minutes, dernier moment de travail avec le spectateur, c'est un moment de lettre. personnel. Là, on donne un moment de silence au spectateur avec une feuille, un bique, et on lui permet d'écrire un message intime ou un commentaire qu'il n'a pas voulu ou pu dire devant le groupe. Et cette lettre, on va la reprendre, nous les comédiens, et on va la lire le lendemain pour la suite du debriefing entre nous, où on va commencer un tout petit peu à déployer tout ce matériel et voir ce qu'on en fait. Ça, C'est donc la fin du debriefing total du spectacle avec le crash test. Quelque part, on aura eu avec ça des questions, la question de base sur laquelle on aura pu un peu revenir pour recentrer le débat. Je rappelle les questions de base, par exemple pour Blue Monday, c'était est-ce qu'il y a une évolution entre les personnages qui vous paraît clair et est-ce qu'on comprend bien l'environnement dans lequel ils évoluent. Donc dans le Tick and Trick, par exemple, je ne suis pas revenu là-dessus, mais c'est vraiment à ce moment-là qu'on peut reposer ces questions. Est-ce que vous avez bien compris ça ? Et sinon, quels sont les conseils que vous nous donneriez pour pouvoir y arriver ? Et puis, avec tout ce qui a été proposé, dit ou mis en exergue par le public, parce qu'on l'a répété plusieurs fois, nous, on va... travailler, on va voir tout ce matériel qui sera écrit par le secrétaire et on va pouvoir travailler le lendemain. La suite des événements à la fin de ce débat, c'est juste de boire un verre et de passer du bon temps avec le public. Est-ce qu'on fait tout ça ? Il y aura fatalement des choses qui ne sont pas intéressantes et des choses qui seront très intéressantes. Le travail du metteur en scène avec son équipe créative, c'est d'en débriefer. C'est d'essayer d'éloigner ce qui paraît non pertinent avec ce qui paraît urgent, important de régler. S'il y a problème, parce que s'il n'y a pas de problème, si on voit que les idées créatives nous poussent à aller plus loin, c'est l'idée de qu'est-ce qu'on prend pour aller plus loin ? Est-ce qu'on veut aller plus loin ? Est-ce qu'on veut... modifier certains éléments ? Est-ce qu'on veut nourrir un personnage ? Est-ce qu'on sent qu'un personnage est un peu trop mobile ou immobile ? Est-ce qu'on peut lui rajouter un tic, un toc, mais qui ne gênerait pas la compréhension du spectacle ? Si oui, dans quel but ? Pourquoi ? Qu'est-ce que cela justifie ? Est-ce que les idées de perception au domaine nous ont permis de se dire, ah tiens, on ne s'adresse pas du tout à ce type de public. Est-ce que les idées de concepts vont nous permettre d'alimenter la scénographie qui n'est pas terminée, d'alimenter le jeu de lumière, d'alimenter le jeu des comédiens, d'alimenter la mise en scène, etc. Ça c'est possible aussi, mais on va piocher, on ne va pas prendre tout, et on ne peut pas faire plaisir de nouveau, je reviens sur ce que j'ai dit au début, à tout le monde. On ne paiera pas. Et ce n'est pas grave, parce qu'en fait, ce n'est pas le but. Le but, c'est d'aller jouer un spectacle, que ce spectacle soit le plus abouti possible, le plus travaillé possible, qu'on ne nous prenne pas pour des brels qui ne savent pas travailler, mais qu'on nous prenne pour des personnes qui ont fait un boulot, et que ce boulot soit appréciable en fonction aussi de son propre humour, de son propre vécu, de sa propre énergie quand on arrive dans un spectacle. Parfois difficile de s'y faire, mais c'est quelque chose. Donc, comme je l'ai expliqué dans ce podcast, je fais cet enregistrement avant le crash test qui se passera maintenant dans trois heures. Nous voilà donc à l'après-crash test de Blue Monday que nous avons essayé devant un public test. Et comme j'ai été pris par le moment, par le stress aussi, et par le fait de pouvoir m'occuper des personnes qui sont venues gentiment donner leur avis et participer de façon créative à notre spectacle, j'ai carrément oublié de filmer. Mais oui, voilà. Et alors je vous spoil sur quelque chose. Je ne vous spoil pas, je vous le dis. simplement, aujourd'hui, c'est le jour J du spectacle, parce qu'entre-temps, il y a eu les fêtes, et je n'ai vraiment pas eu le temps de pouvoir m'occuper du podcast. Mais qu'à cela ne tienne, je m'étais promis de le faire avant la première, et donc je tiens ma promesse à moi-même avant tout, pour pouvoir le diffuser, certes, l'épisode après la première, mais peu importe, voilà. Tout ça pour vous dire que le spectacle, tel que présenté le 18 décembre, le jour du crash test, Et bien, il a fonctionné. Et on est super heureux de cette situation-là parce que, finalement, ça fait plaisir. Les choses qui ont été dites dans la première partie, à savoir qu'est-ce qui fonctionne. On nous a dit, par exemple, des choses auxquelles on ne pensait pas, justement. Ce qui fonctionne, c'est qu'on s'attache à chaque personnage. Oh putain, mais ça fait plaisir ! Mais oui, parce qu'en fait, on est parti de la création de personnages sur plateau. Et puis après, allons voir s'ils fonctionnent, si on s'attache vraiment à eux ou s'il y a des personnages qui ont l'air d'être très secondaires. C'était une crainte des comédiens et c'est justifiable. Quand on est comédien dans un projet à quatre personnes, on a envie quand même d'être vu et reconnu et c'est tout à fait légitime. Nous avons été en fait, quelque part, confortés dans le fait que le spectacle... pouvaient nous attacher à tous les personnages de manière différente. Alors, il y avait des personnes qui étaient justement plus attachées à certains autres personnages, mais de façon générale, ils les aimaient tous et ils savaient aussi décrire leur background, c'est-à-dire les choses qu'on ne dit pas dans le spectacle, mais qu'on a travaillé vraiment en improvisation. Et ça, c'était un peu, je ne sais pas le terme que je peux exprimer, mais vraiment « blow-mounding » . Alors, je reçois des messages. du groupe Blumonday en même temps, c'est peut-être ça que vous entendez parce que c'est le jour J et que le jour J, il y a une émulation et les comédiens sont en émulation dans le groupe, je leur ai envoyé les premières photos. Deuxième chose qui a été dite, l'histoire était compréhensible, qu'on savait exactement où on était, rappelez-vous, c'est la question que je posais au public, à savoir, comprenez-vous que nous sommes dans une entreprise, comment fonctionne cette entreprise, comment elle se développe et nous avons été entendus, nous avons été compris. Donc ça, c'est déjà une chose qui était super importante. Les gens nous ont confirmé que c'était un spectacle drôle. Quand on fait de l'humour, c'est plutôt bien de le savoir, et nous le saurons véritablement aujourd'hui. Pas sûr que ça plaise à tout le monde, mais si on plaît à tout le monde, peut-être qu'on ne plaît à personne. Je préfère m'attacher à cet adage, et sérieusement, j'y crois. Je crois que faire de l'humour pour tout le monde, on ne fait pas de l'humour pour enfants comme on fait de l'humour pour adultes, en fait. Et nous avons eu aussi des commentaires sur l'histoire, comment il évoluait, le fait qu'on s'attachait au personnage, mais qu'on s'attachait aussi à l'histoire, c'est-à-dire comment nos personnages vont sauver l'entreprise. Et ensuite, nous sommes passés aussi à l'étape des concepts. Alors l'étape des concepts, je crois que je le raconte un peu dans le désordre mais peu importe, nous en avons fait un tableau que je n'ai pas ici mais sur lequel les spectateurs ont pu écrire. Assez chouette ce qui en est ressorti parce qu'on nous parle de concepts vraiment, l'anticapitalisme, l'idée qu'on parle de maternité, on est hyper heureux d'avoir un personnage qui justement n'aime pas sa maternité. et donc on puisse en parler. On est aussi heureux d'avoir des personnages... Alors je parlais de deuxième histoire qu'on ne raconte pas, mais une relation amoureuse qui se crée entre deux personnages. Ce n'est pas quelque chose qui est directement mis en avant parce que ce n'est pas le propos du spectacle, mais les gens étaient quand même contents de savoir ce qui se passait. Et pendant le moment Drago, ils ont justement, quand on leur a donné la possibilité de parler en ragot, ils ont justement pu embrayer sur le fait de s'interroger, tiens, pourquoi le personnage de Cholet est intéressé par le personnage de Richard, pourquoi Richard ne réagit pas. Et ils ont vraiment pris à partie les personnages, ils en ont vraiment fait leur propre histoire. Et ça c'est génial quand le spectateur s'approprie toute l'histoire, mais aussi la partie. petite histoire qui a été travaillée en secondaire, mais qui nous a permis d'alimenter un peu la psychologie des personnages. Je parle de psychologie entre guillemets, je fais les guillemets devant la caméra, mais tout ça pour dire que c'est un spectacle comique avec de l'absurde, donc on n'est pas dans une psychologie hyper sérieuse, mais quand même il y a des petites histoires intermédiaires qui font respirer les personnages et on est heureux que le public ait pu le voir. Alors, est-ce que le public de la première le verra ? On croise les doigts. Autre chose que nous avons pu avoir comme commentaire, ce sont les... le fait que les choses vont crescendo. Et qu'au fur et à mesure, donc on n'a pas tout qui est offert d'un coup. Ça c'est sympathique aussi à entendre. Ça veut vraiment dire que... ça va, on a géré un peu le petit poussé du dramaturge. On a pu poser petit à petit des pierres pour pour que l'histoire se construise, mais aussi de créer de la surprise et pas tout dévoiler au début ou tout dévoiler à la fin. Et qu'il faille attendre 1h30 avant de voir le spectacle. Je dis 1h30, mais le spectacle dure 1h10. Voilà. Alors nous avons eu vraiment beaucoup de retours positifs et ce qui m'intéresse là-dedans c'est que nos comédiens, eh bien ils n'ont rien dit pendant toute la séance comme c'est prévu lors d'un crash test. officiel et c'est un crash test officiel. Et le fait qu'il n'ait rien dit leur a permis vraiment de recevoir le message, de recevoir et d'écouter ce que le public a dit quand le spectacle n'appartient plus aux comédiens et ça leur a fait du bien. Et ça c'est pour moi en tant que metteur en scène la chose peut-être qui a été le plus positif dans cette histoire, c'est qu'ils sont revenus les comédiens vers moi pour me dire véritablement Merci parce que ça nous a rassurés, parce que ça nous a permis d'être sûrs de ce qu'on faisait. Et ils ne voient même plus comment fonctionner sans faire des crash tests. Alors, ça prouve bien que c'est important. Ça prouve bien que c'est important d'écouter une première fois en retour. Alors, c'est bien quand c'est rassurant. Si ça n'avait pas été rassurant, je leur aurais certainement mis en doute beaucoup de choses. Mais je vais peut-être paraître, je ne sais pas si c'est orgueilleux. Je vais mettre le mot orgueilleux parce que pour l'instant, je ne vois que celui-là. Ce que je n'aime pas, être orgueilleux. Mais j'étais sûr qu'on avait travaillé. Et donc pour ça, j'hésite avec le mot orgueilleux parce qu'en soi, vraiment travailler sur le plateau... Travailler avec les comédiens, réfléchir sérieusement, essayer de ne pas me laisser aller à ma propre fantaisie ou mon propre plaisir sans regarder ce qui peut être vu par le spectateur. Je pense que là-dessus, nous avons tous travaillé là-dessus. Et donc c'est compliqué de recevoir un rejet complet parce que là il faudrait se remettre en question sur toute la façon de travailler et non pas ce spectacle-là. Moi, ce qui m'intéressait plus, c'était les ornières, c'est-à-dire ce que je ne voyais plus, ce que peut-être le public n'a pas compris. Et dans ce sens-là, le public a tout compris. Là ! On a reçu des choses plus ou moins intéressantes. Je dis plus ou moins, j'explique après. Par exemple, à l'étape où le public a pris un autre point de vue. Donc par exemple, pas un autre point de vue mais à compléter en disant « En tant que… » alors j'ai eu « En tant qu'enseignant, je ne suis pas sûr que tout le monde comprenne l'anglais. » Bon ben voilà, qu'est-ce qu'on en fait ? je ne suis pas sûr que tout le monde comprenne l'anglais il y a des phrases en anglais il y a des jokes voilà, en anglais et c'est pas c'est un truc sur lequel on s'est dit bon on le prend, on le prend pas est-ce qu'il faut répéter la formation ? oui, en tant que professeur cette information là je ne suis pas sûr que tout le monde la capte et ça par contre c'est intéressant par exemple il y a une scène où on fait des publicités et dans la scène où on fait des publicités les gens n'avaient pas trouvaient que la scène était géniale, mais par contre ne comprenaient pas pourquoi les publicités. En réalité, l'information avait été donnée, mais n'avait pas été surlignée pour le spectateur, et ils étaient plus ou moins unanimes pour dire ça, que ce n'était pas surligné pour le spectateur et que c'était véritablement un achoppement dans le texte. Ils n'avaient pas compris pourquoi d'un coup, les comédiens, la scène, les personnages se mettaient à faire des publicités. Donc ça, par exemple, on a retravaillé là-dessus. Donc c'est assez précis. Et donc, quelque part... le crash test à toute son utilité et ne nous met pas dans la difficulté de dire bon il faut qu'on reparte d'une page blanche, qu'est-ce qu'on fait parce qu'on a plus que deux semaines et dans les deux semaines il y a les vacances de Noël donc là ça n'aurait pas été possible ça nous aurait foutu vraiment le seum surtout ça nous aurait fait très très peur mais heureusement on n'a pas eu affaire à ça et de nouveau je le répète parce qu'à partir du moment où vous travaillez c'est après le travail que vous pouvez inviter un public et évidemment un public crash test, et évidemment en balisant ce qu'il a à dire. C'est parce que je suis persuadé qu'on a balisé ce qu'on attendait des spectateurs, qu'on a pu avoir des retours qui étaient très constructifs dont celui dont je viens de vous parler. Quand est venu le moment des lettres, les lettres nous ne les avons pas lues le jour même, on devait se voir le lendemain avec les comédiens, nous les avons lues Il y avait encore des petits commentaires sur ce que le spectateur aurait voulu transmettre aux comédiens. De façon générale, on a eu des choses... C'était intéressant sur... Je me souviens d'un commentaire qui était sur un ventre mou du spectacle. Et donc, on a pu travailler grâce à cette remarque sur comment... et donner de l'énergie sur cette partie du spectacle. C'était donc absolument pas inintéressant d'avoir ces lettres parce que peut-être que le crash test ne permettait pas d'en parler et peut-être que la lettre, elle, a vraiment permis d'en parler. Alors, le grand panneau sur lequel les gens ont noté leur concept, il va être affiché dans les loges et les comédiens vont pouvoir se concentrer tous les soirs en regardant ce panneau. Et... se faire à l'idée de ce que le crash test leur a permis de voir sur leur spectacle. Et comme les grandes lignes du spectacle ont été données, comme tout ce qui avait un lien direct avec ce qu'ils voulaient montrer a été réécrit, ça leur permettra de se refocaliser sur « c'est ça que vous devez faire, vous devez offrir ça au public » et je crois, j'espère, que c'est ainsi qu'on travaille de la manière la plus professionnelle possible. Voilà ! Donc, comme je vous le dis, 7 jours J du spectacle quand vous écouterez ce podcast. Imaginez-moi, là, j'ai pas trop trop le stress, mais peut-être parce que je dois pas jouer. J'ai peur que le public n'aime pas et en même temps, tant pis, en fait. Comme je le disais, on peut pas plaire à tout le monde. N'oubliez pas, si vous avez aimé ce podcast, de mettre un petit pouce ou de mettre 5 étoiles, de le partager. N'oubliez pas que si vous êtes un artiste en herbe et que vous avez besoin de conseils sur vos spectacles, faites appel à moi. Mon site c'est www.salva-comédien.be J'aime vraiment ce que je fais. J'aime vraiment les artistes. Ici, Blumendie, c'est vraiment un exemple. J'ai rencontré des personnes extraordinaires. Je les connaissais déjà, mais le fait de les mixer, de partir sur leur délire... C'était un pur bonheur. Voilà, donc n'hésitez pas à faire appel à moi. A tout bientôt pour un prochain podcast. Et n'oubliez pas que jouer, c'est du sérieux.