- Speaker #0
Alors je crois que si tu es prêt à prêter ton tupeur-roi, effectivement il y a un intérêt.
- Speaker #1
Il y a quelque chose peut-être de plus intime que le string ?
- Speaker #0
Je ne sais pas, après...
- Speaker #1
On parle de ta mère, je ne sais pas. Les strings de ma mère, je ne veux rien savoir,
- Speaker #0
mais je sais que ça tient dans un tupeur-roi.
- Speaker #1
Que se passe-t-il vraiment dans la tête d'un artiste ? Quand les lumières sont éteintes, que les bravos sont silencieux, coincés entre le vide et un futur projet. Ici, on s'assoit, on parle de nos doutes, de nos choix, de comment en est la créativité. Pourquoi on fait ça ? Qu'est-ce qui nous pousse à commencer et à recommencer ? Quand on ne sait pas quoi répondre à la question « C'est quoi ton prochain truc ? » On s'endort en se demandant à soi-même « À quoi tu joues ? » Salut la troupe, aujourd'hui je t'emmène voir un bijou au sens propre du terme puisqu'il s'agit de François Bijoux, le chanteur-compositeur liégeois qui m'a agréablement reçu sur sa terrasse pour une longue papote, il faisait beau. L'épisode est plus long que d'habitude mais prends le temps de l'écouter, ça en vaut vraiment la peine. Si tu ne connaissais pas encore François, et bien imagine un univers où les années 80 rencontrent la poésie belge, le tout porté par un personnage qui ose le rose, les paillettes et l'autodérision. Dans cet épisode, on va surtout assumer notre amour pour les grands refrains, Céline, Johnny et Dave. On parlera aussi de l'amour maternel quand il s'agit de prêter son tupperware, de buvette de foot et de pourquoi Jean-Luc Fonck est une figure tutélaire. Prépare-toi, on ouvre le rideau. Donc je trouve que dans les réseaux sociaux, t'as un côté, il faut être dans l'immédiateté, il faut toujours réagir à tout, il faut toujours produire plus et donc t'as un empressement.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Et le podcast, quand j'ai découvert les podcasts, il y a vraiment ce côté tu te poses et une conversation. Ici, on est à une table. Alors oui, il y a deux micros, il y a une installation. C'est un peu genre on est là pour une raison. On ne se serait peut-être pas rencontrés si on n'avait pas eu cette raison-là. Mais on est dehors en train de boire du thé. Il fait beau et on se pose et on va parler. Et voilà. Et donc, je veux dire, on mange du chocolat. Et donc, à partir de ce moment-là, je me dis, c'est un peu chill parce que... Moi dans mon métier d'artiste, j'ai cette probl... c'est ton podcast et je parle de moi, mais ça c'est bien du salvator. Tu écoutes ? Vas-y. Si t'as des questions, vas-y, n'hésite pas. Ah j'en ai plein, j'en ai plein. Non mais, et donc du coup, je me dis mais, est-ce qu'ils vivent la même chose que moi les autres artistes ? Est-ce qu'ils sont un peu en PLS chez eux en disant, mon dieu mais... Mais moi aussi je suis en course de production, des choses comme ça.
- Speaker #0
Je voyais une interview d'un super artiste dont j'ai oublié le nom. Comment est-ce ? Ça me reviendra plus tard.
- Speaker #1
C'est leateur Junta ?
- Speaker #0
Exactement. Et donc cette personne sortait d'une réunion de management où effectivement on leur dit il faudrait sortir je crois deux vidéos. par jour pour bousculer les algorithmes. Donc là, effectivement, on peut voir les réseaux sociaux comme un totalitarisme, comme un calque du capitalisme, vu qu'il faut produire, et on t'oublie si tu ne le fais pas. Donc effectivement, on reproduit quelque chose qui est de l'ordre de la compétition et de la charge mentale, de la schizophrénie. La schizophrénie qui est propre. Évidemment, à notre régime économique et sociopolitique. Alors moi, je me pose des questions par rapport à ça, oui, mais j'essaye de les vivre justement sur les réseaux sociaux un petit peu à ma manière. Moi, j'aime être actif, mais j'aime être nonchalant. J'aime aussi essayer d'imprimer une certaine lenteur dans ce que je fais. Alors il y a des moments où effectivement, je suis rattrapé par cette idée qu'il faut communiquer sur... telle date de concert, sur qu'est-ce que je suis en train de faire, où en suis-je. Et c'est vrai que c'est énergivore. C'est vrai que c'est énergivore. Et quand en soi, on parle de soi, non pas parce qu'on aime parler de soi, mais parce qu'il faut un peu faire sa publicité, ça devient compliqué à un moment donné, voilà, de s'étaler, de dire moi-je. Parce que c'est aussi moi-je les réseaux. C'est très individualiste en réalité. Donc c'est vrai que dans un podcast, il y a déjà cette histoire de la rencontre. On sort un petit peu de son carcan, de son jeu, donc c'est intéressant, effectivement, finalement là on est dans les conditions d'une interview comme il y a toujours eu à la radio. Moi j'adore la radio, c'est une rencontre.
- Speaker #1
En fait c'est exactement ça, c'est que... Dans des moments de grande angoisse, moi je me suis dit, en fait dans le podcast, la possibilité c'est d'inviter une personne et de se dire, pas de façon brutale, parce que là on en parle, mais à travers son récit, à travers ce qu'elle ose me dire, je peux aussi moi me faire une remarque et dire, ok, en fait, elle vit un peu la même chose que moi, ou ah bah non, elle a un autre stade de ça, est-ce que je peux pas m'en inspirer, mais il y a un côté plus positif que juste une comparaison sur un téléphone où tu te dis... tu n'as pas de rapport avec la personne, la personne donne un résultat final. Le résultat, en plus, est amplifié par la reconnaissance globale de l'algorithme qui met des likes ou qui republie. Ça, c'est le public qui le fait aussi, ce n'est pas que l'algorithme. Et donc, du coup, il y a ce truc de se dire, mais est-ce que c'est la réalité ? Et parfois, on se rend compte que oui, parfois on se rend compte que non.
- Speaker #0
Je vais rebondir, mais je termine l'idée de lenteur par rapport aux réseaux sociaux que j'avais commencé il y a quelques secondes. Là, par exemple, moi, je suis dans un moment où je me dis je ne suis pas obligé de publier. Voilà. Et donc, je le fais quand j'ai du contenu et que ce contenu me fait plaisir et que même il vient parce que des gens m'ont filmé, que j'ai envie de republier, d'écrire quelque chose de drôle. Mais voilà, là, par exemple, je me suis clairement mis dans les mois qui viennent dans une idée de lenteur par rapport aux réseaux sociaux. J'ai besoin de ça. Et comme disait Johnny, l'envie d'avoir envie reviendra peut-être. Parce qu'il y a un moment où tu reviens avec un spectacle, des nouveaux morceaux, mais au moins tu as du contenu. Et là, ça me permet de faire un pont avec le réel. C'est qu'en réalité, ça peut quand même être intéressant de publier quand tu sens qu'en réalité, c'est pour faire du bien à ton réel, qui est de faire des concerts. Et que, en fait, publier une nouvelle chanson, un nouveau clip... C'est au fond pour que les programmateurs et les personnes qui te suivent viennent te voir en concert. Et d'ailleurs, moi, c'est intéressant, c'est que si je regarde les chiffres que je produis sur YouTube ou sur Spotify, c'est évidemment à mourir de rire. Mais par contre, chaque fois que je joue un concert, que je suis dans le réel et que je vais regarder mes tableaux de statistiques, ils ont monté. Donc ça, je fais donc partir, comme bien d'autres, des artistes qui font des spectacles vivants. qui vivent sur des scènes, qui rencontrent des gens et finalement mes réseaux, mes clips, je les fais connaître grâce à mes prestations dans le réel.
- Speaker #1
C'est un peu un cercle vertueux, une fois qu'il y a plus de représentations, c'est totalement un peu plus valorisé.
- Speaker #0
Là où on rencontre aujourd'hui des artistes qui sont des pros des réseaux, qui parviennent à faire exploser leur vue, mais qui n'ont pas nécessairement de concert dans le réel parce qu'ils n'ont pas de... toujours les codes. Moi, je viens de cette génération qui faisait des groupes de rock dans les années 90, qui allait jouer sur la brocante du village, qui allait jouer dans des maisons de jeunes, qui allait jouer dans des cafés-concerts. Et donc, très très tôt, on s'est fait une technique de qu'est-ce que c'est l'art vivant et qu'est-ce que c'est de connaître les organisateurs. Avoir un vrai carnet d'adresses.
- Speaker #1
Boomer.
- Speaker #0
Et oui,
- Speaker #1
Boomer,
- Speaker #0
mais c'est parce que voilà, moi, mon frère, coach des... en écriture, des jeunes artistes parfois de 20 ans qui parviennent à faire exploser leurs chiffres, mais qui mettent de la thune là-dedans pour avoir des likes, pour avoir des écoutes et qui se demandent comment trouver un concert. Moi, à la limite, je n'aurais même pas besoin des réseaux sociaux pour jouer des concerts. J'ai dans mes attentions de peut-être inviter des gens chez moi et de leur faire à manger, mais juste 10, 15 personnes, d'aller chez les gens. Mais aller jouer dans un café, tout ça, ça reste... possible, ça reste possible parce qu'on sort, qu'on connait des gens et qu'on se dit, oh oui tu viendrais bien jouer chez moi d'accord,
- Speaker #1
etc. Moi je viens aussi de l'improvisation et dans l'improvisation on avait l'habitude d'aller dans des cafés, dans des théâtres qui devaient remplir, après il y a quand même cette notion d'artiste non payé de viens faire amuser la galerie et on verra après ce que tu donneras mais est-ce que tu recevras mais oui, c'est une génération qui n'a pas connu internet aussi C'est vrai que ça fait un peu ancien temps, ancien monde, mais c'est vrai que c'est un autre rapport. Maintenant, il n'y a rien à faire, les réseaux sociaux sont quand même dans les pattes et ils sont quand même très très importants dans la réalité artistique.
- Speaker #0
Oui, disons que, comme je te disais juste avant qu'on branche le micro, moi, il y a 20 ans, je distribuais des tracts, j'allais coller des affiches. J'envoyais des enveloppes avec un CDR dedans et des photos presse, comme on disait, un dossier de presse. J'allais même distribuer, je me souviens dans le carré à Liège, des CDR pour essayer de convaincre les organisateurs, les gens qui donnent accès à une scène de... de me prendre et aujourd'hui, moi, ce boulot-là, je le fais comme tout le monde, davantage à travers les réseaux, ouais.
- Speaker #1
Et François Bijoux, du coup, pour... Parce qu'en fait, pour l'instant, on ne t'a pas du tout présenté.
- Speaker #0
Non.
- Speaker #1
François Bijoux, qui est un nom de scène, je tiens à préciser, il est né d'où ?
- Speaker #0
Il est né d'où ? C'est vraiment trop large comme question, je pourrais m'étaler là-dessus pendant des heures. Probablement qu'il est né déjà à l'enfance parce que dans ce que je fais, il y a quand même l'envie d'être dans la fantaisie, d'être dans l'humour, d'être dans la légèreté. Je pense que quand très tôt dans la vie, on aime faire le clown en classe par exemple, c'est qu'on a besoin de sublimer le gris de la vie par la fantaisie. Je crois que le clown, dans une classe, il a sa place, même politique, politiquement parlant. Je crois qu'il permet de déminer certains problèmes, de faire en sorte qu'il y ait une chouette ambiance dans la classe. Donc ça, moi, cette envie d'exister dans un espace par l'humour, par des blagues, par la fantaisie, par l'autodérision, je crois qu'il est là depuis longtemps, en réalité. Et puis, j'ai fait de la musique sans spécialement me dire que j'avais ça en moi, que je pouvais rassembler cette passion pour la musique, le chant. Ça, c'est ce que j'aime. Chanter, c'est vraiment ce que j'aime. J'aime écrire des chansons. Et puis, les choses se sont faites vers 2017, où là, j'ai amené... plein de chansons à un ami qui produit du son qui s'appelle Olivier Cox qui est dans plein de projets musicaux belges et c'est vrai que j'avais quand même toujours quelques textes un peu plus surréalistes, un peu d'humour ici et là et je lui chante 12-13 chansons et il ne conserve, il met 5 étoiles à côté de ce qu'il y a à côté un peu plus humoristique plus surréaliste, parfois absurde et Et tout ce qui est plus réaliste, il le met de côté. Et en voyant sa sélection de 3-4 morceaux comme ça, un peu plus hors de ce qu'on attend habituellement d'une chanson, je me suis dit, ah ouais, il y a moyen de faire quelque chose, t'as raison. Et il a mis du son sur ces chansons-là, que normalement je chantais avec ma guitare en bois. Et d'un coup, on est arrivé dans quelque chose d'inattendu pour moi, de beaucoup plus barré que ce que j'avais l'habitude de faire. Donc c'est le son que lui a amené sur. mes textes un peu plus barrés, qui a fait que le projet était né. Puis après, j'ai rencontré... Je lui ai dit, je me souviens, ok, je vois ce qu'on peut faire. Donc ça va être barré. Et je sais que j'ai ça en moi, donc on va l'assumer à fond. Je sais que des gens vont détester, mais on s'en fout. Si des gens détestent, c'est que c'est pas mal. Je sais que d'autres personnes vont beaucoup apprécier et ça va me permettre d'exploiter cet univers que j'ai en moi, je pense, depuis très longtemps. Et bien je vais l'en faire mon projet artistique. Et pour continuer à fouiller un peu ça, je suis allé voir une relooqueuse. On est allé faire les magasins. Et là, elle a...
- Speaker #1
Si t'as pas le nom, c'est pas grave, elle reviendra.
- Speaker #0
Ça va revenir. On s'est vu deux fois, et puis on est allé dans les magasins, elle m'a déniché que les fringues de femme, et je me suis dit, c'est vrai, qu'est-ce qu'on s'emmerde dans le rayon homme, en réalité ? Et d'un coup, j'ai vu qu'il y en avait qui fonctionnaient très bien avec moi. Ça a précisé évidemment le personnage. Je suis allé voir un comédien. Pareil. Donc,
- Speaker #1
tu as vraiment construit ton personnage avec l'aide d'autres artistes.
- Speaker #0
On peut dire ça comme ça. Moi, j'ai senti le besoin d'être confronté à des arts qui m'ont toujours attiré, qui sont la danse, la comédie. Je ne vais pas dire la couture, mais enfin, aller voir quelqu'un qui a l'habitude. de voir une silhouette, d'entendre parler d'un projet et d'aller faire les magasins. J'ai trouvé ça très intéressant. Donc, tu te retrouves toute la journée à aller faire les friperies à Bruxelles, dans le train avec cette personne et donc à parler aussi. Et quand tu parles, tu précises peu à peu les choses et la personne te pose des questions. Et donc, ça permet aussi, toi, de mieux élaborer ta réflexion. Et donc on s'est retrouvé dans les magasins de frusques, elle m'a mis des fringues auxquelles moi j'aurais pas pensé. Et là il y a des déclics qui sont pareils avec le comédien, qui te met à l'aise avec le fait. d'être un personnage. Et pareil avec...
- Speaker #1
Mais donc tu as travaillé ce personnage ? Jésus, il est travaillé vraiment de façon comme un comédien travaille un texte ?
- Speaker #0
Je ne sais pas comment un comédien travaille un texte, mais il est travaillé sans en avoir l'air, inconsciemment, parce que j'y pense souvent, parce que je teste des choses chez moi, parce que j'ai des feedbacks après les concerts, parce que je regarde justement les stories passées, je me dis « Ah, ça c'était bien, ça c'était pas bien » , parce qu'on fait des clips et qu'en faisant des clips... On se voit sur image et on est très critique par rapport à ce qu'on voit, donc c'est un travail assez permanent, c'est un feedback assez permanent et je crois que la précision, elle vient de ça, de cette répétition de situation. Mais je ne sais plus si je me suis vraiment... Puis la réflexion qu'on a sur ce qu'on fait, ça elle est assez permanente. Maintenant, je ne sais pas si j'ai travaillé à la manière d'un comédien. Je sais que j'ai apprécié aller voir deux fois un comédien, deux fois une relookeuse, deux fois aussi... Une danseuse, voilà, danser, simplement prendre possession de son corps, essayer de trouver une certaine grâce et qu'elle te dise, là c'est bien par rapport à ta chanson, ce que tu m'as fait écouter en démo, ce que tu me dis, ce genre de geste, c'est bien, ok j'enregistre et je continue ma moisson. Voilà, j'ai l'impression que c'est comme ça que ça marche. Et que, ouais, c'est un travail très morcelé et constant.
- Speaker #1
Mais quand tu dis... Excuse-moi, j'ai des questions qui se percutent. Ça m'arrive souvent. Je trouve ça super intéressant parce que je ne savais pas du tout ça. Je croyais que tu l'avais eu directement en toi, ce personnage. Mais t'es parti du clown déjà quand t'étais enfant.
- Speaker #0
Je peux dire plein de choses. Par exemple, j'aime prendre le contre-pied. Voilà une expression qui est importante pour moi. Prendre le contre-pied. Ne pas faire tout à fait comme tout le monde. Ça, c'est important pour moi. Et je crois qu'un artiste doit se poser cette question. Au carnaval, quand j'étais gamin, je me suis déguisé en Saint-Nicolas, en pape, et puis à 10-11 ans, en fée et en princesse, parce que tous les petits gars étaient en cow-boy ou en militaire. Donc cette envie de prendre le contre-pied, il est là. Il est là très tôt. Maintenant, dans mes groupes précédents, je voyais que peu à peu, je prenais la parole. Que j'avais quand même envie d'être à l'aise sur scène, d'improviser des prises de parole et que ça fasse réfléchir par le rire. Parce qu'il y a toujours ce truc, le rire, la comédie, pour moi c'est l'ellipse. C'est essayer de dire en une formule, en quelques gestes, quelque chose de fort sans en avoir l'air. Et c'est ce que j'essaye de faire aussi. Bijou, tu peux te dire, oh c'est con, oh c'est con, c'est con tes textes. Et c'est vrai que c'est con, et je le revendique. Et en même temps... Il y a d'autres personnes qui viennent me dire, ah ouais mais en réalité tu dis quelque chose.
- Speaker #1
Ah ouais parce que je fais partie de cette catégorie là.
- Speaker #0
Chaque texte est une unité un peu philosophique, mais tu le dis sans avoir l'air d'y toucher, sans être le schtroumpf à lunettes. Et c'est aussi moi quelque chose, parce que j'ai ce côté schtroumpf à lunettes justement en moi, et j'ai bien aimé peu à peu me dire, je vais essayer de moins dire les choses, j'ai eu ma passe texte engagée etc. Je vais essayer d'être un petit peu moins drama et dire les choses d'une manière souple et... et jaillissante comme ça, mais je ne vais même pas dire que les choses sont conscientes. Tu ne te dis pas, je vais faire comme ça. C'est quand tu t'analyses après coup, tu te dis, mon parcours, c'est ça. C'est ce truc où à un moment donné, j'ai des textes un peu plus pathos, et en fait, il y a de la fantaisie en moi. Est-ce que je ne peux pas dire la même chose que dans mes textes un peu plus pathos et protestant ? Est-ce que je ne peux pas le dire d'une manière plus sublimée ? C'est ça par l'humour et la fantaisie. Et de la même manière, j'ai pris... peu à peu confiance sur scène dans le fait de parler et ça a apparu dans Bijou du coup comment tu écris parce que c'était une des questions qui se percutait tout à l'heure moi je fais partie de ce je voulais terminer un peu par ça mais on peut tout à fait être
- Speaker #1
en plein milieu là-dedans moi quand tu une des chansons qui m'émeut vraiment et pourtant elle est censée être drôle c'est Caniche Oui, à bientôt dans lesquelles tu parles de bijoux. Elle m'appelle son bijou. Du coup, j'ai commencé en posant la question, tiens, bijoux, ça vient d'où ? Est-ce que c'est un caniche ? Est-ce que c'est un caniche à sa mère ? Et je termine juste là-dessus. Dans Caniche, dans la chanson que j'avais tout le monde à écouter, ce que j'adore, c'est... comment dans, alors je n'ai pas les termes musicaux, mais tu arrives dans l'envolée après le couplet spécial il y a une transformation et on arrive directement dans quelque chose qui reste de ton univers Mais avec, on sent le gars qui a étudié la musique pour essayer de dire ça ce sont des accords qui touchent, qui sont Taylor Swiftiens ou je sais pas, mais qui vont aller chercher une sorte de... C'est intuitif,
- Speaker #0
c'est intuitif. Moi, les choses viennent toujours d'une manière un peu miraculeuse et malgré soi. Je ne me dis pas, il faut faire là un accord mineur, un accord majeur ou que sais-je. Par contre, t'as un début de chanson qui est assez gothénaire. Badinerie Un peu mécanique Mais enfantine Et je trouve que T'as une fin C'est vraiment une chanson ici en deux parties Truc très joué Mécanique Quelque chose qui pourrait être de l'ordre de Gottener Avec un peu d'humour Avec un peu de franc-parler aussi Même dans la voix je pense Un peu serré Comme ça sur quelque chose de plus une envolée alors là c'est plus goldman c'est plus céline dion tu vois ce sont plus les accords goldman sont un modèle ouais ce sont des modèles tu en parles à chacun une céline ouais chacun une céline oui bah je dis si je devais emmener trois artistes français alors moi j'amène pas un album j'amène j'amène plusieurs disques voilà il n'y a pas d'album c'est plusieurs disques de chaque artiste mais trois modèles en français ouais alain souchon stupéflip céline dion voilà les Pour moi, c'est trois horizons artistiques que j'adore. Et dans Céline Dion, je regroupe Goldman. On va dire Céline Dion en français. En anglais,
- Speaker #1
elle a l'air d'être showwoman.
- Speaker #0
Et elle le dit elle-même. Elle le dit quand je suis à Las Vegas, je dois faire plus que plus. Et je le fais. Mais quand je reviens en français, je suis un petit peu plus moi-même et je comprends ce qu'elle veut dire par là. En anglais, à Las Vegas, elle doit être grandiloquente. soulignée dix fois. Et là, par contre, elle est un peu plus, même si ça reste Céline Dion très diva, un peu plus, malgré tout, dans la retenue. Et ça se sent malgré tout.
- Speaker #1
Je ne suis pas d'accord, mais je ne suis pas d'accord. C'est elle qui le dit. Non, non, ça va, ça va. Non, mais c'est parce que quand il dit dans la retenue, moi, j'ai l'impression qu'avec la carrière de Céline, aujourd'hui, j'ai envie de dire que cette meuf, elle n'est pas du tout dans la retenue, mais c'est justement ce que j'adore chez elle.
- Speaker #0
Elle n'est pas dans la retenue, mais ce que je voulais dire, c'est qu'à Las Vegas, elle n'est tellement pas dans la retenue puissance 10 que quand elle le fait en français, elle est dans la retenue puissance 2. Non, elle est dans le grandiloquence. Elle est dans son soif,
- Speaker #1
elle est dans son aile. Moi, je la verrais plutôt dans son aile. Je refais ma phrase. Vas-y, vas-y.
- Speaker #0
À Vegas, elle est grandiloquente puissance 1000. En français, elle est grandiloquente puissance 10. Voilà.
- Speaker #1
Ok, ok. Je reviens quand même sur le sujet en disant… Je pense que oui, elle est grandiloquente à Las Vegas, puissance 10 000, je te rejoins. Je pense qu'en France, elle est elle-même. Mais ça reste excessif. Ah,
- Speaker #0
ça reste excessif, et c'est ce qu'on aime.
- Speaker #1
Mais ça reste excessif, parce que c'est sûr qu'elle n'est pas de la... Tu as cité Alain Souchon, ce n'est pas Alain Souchon. On n'est pas dans la retenue de la poésie. Mais par contre, grâce à Goldman, c'est vrai qu'on mêle un peu cette idée de chanson, chanson qui vient toucher le cœur, chanson qui vient parler de...
- Speaker #0
De personnes à cheval sur deux cultures aussi.
- Speaker #1
Ah oui, chez moi, les loups sont à nos portes.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
On entend les cris de New York et les bateaux sur la scène.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
C'est exactement ce qu'elle dit. Et donc, elle, elle t'a inspiré, par exemple, dans certaines choses ?
- Speaker #0
Elle et d'autres. Je crois que pendant très longtemps, quand on est dans la musique, on essaye un peu de, quand on est plus jeune, montrer son moi alternatif. Et qu'il faut être au courant des choses que les gens ne connaissent pas, les choses qui ne sont pas commerciales, comme on aime dire. Et c'est vrai que j'aime beaucoup, j'aime à ce point la musique, que j'aime beaucoup plein de choses pointues et alternatives. Mais ce qu'il y a, c'est que j'ai toujours aimé Goldman. Et je crois que pendant très longtemps, je me le suis un peu nié, parce que ça ne fait pas cool d'aimer Goldman. Ça ne fait pas très dur, ça ne fait pas très micro-festival. Et tous ces gens que moi je fréquente, de dire... j'aime Goldman, mais j'aime Goldman et j'aime beaucoup la variété et j'aime beaucoup la grande pop donc à un moment donné et ça c'est notamment à travers Bijoux, vers 35-37 ans je me suis redit je me suis dit mais en fait mec t'adores la pop, t'adores plein de choses commerciales, t'adores les chansons de karaoké les grands refrains, les choses grandiloquentes donc vas-y t'as ça en toi, t'oses faire quelque chose avec ton corps quand tu chantes Merci. utilise. Donc effectivement, dans ce truc de bijoux, ça a été quand même de synthétiser pas mal de choses qui me font moi, que ce soit à la fois d'une chanson française, par de poésie et de surréalisme. L'humour, mais aussi cet amour pour ce que moi j'appelle la chanson de karaoké. La chanson que t'aimes chanter à saxiste tellement les refrains sont grandiloquents, évidents et rassembleurs. Donc, dans une partie de ce que je chante, j'essaye vraiment d'utiliser... Finalement, je reviens un peu sur ce que j'ai dit, c'est quand même conscient des trucs de la variété, notamment des années 80.
- Speaker #1
Ça c'est sûr que les années 80, on les sent bien chez toi. Et les années 80, elles sont venues avant ou après le look ? Parce qu'il y a quand même les chorégraphies, les looks que tu utilises. Même une personne qui... C'est parce qu'après moi je me suis renseigné pour le podcast sur toi profondément. J'ai un peu stalké tout ce qu'il y avait. Et donc on parle souvent de ce côté pop, kitsch, culture, années 80, chorégraphie, années 80. Mais je veux dire... même sans ça, en allant juste regarder tes clips en tant que spectateur, clips que je connaissais déjà par contre, on allait les regarder de nouveau. On voit l'influence années 80 dans les vêtements, années 80 dans les habits. Et puis je rajouterais autre chose que j'ai trouvée, on verra parce que tu n'en as pas encore parlé, mais les années 80 sont venues avec le travail de création de bijoux ou tu l'avais déjà au fond toi-même, ce petit Bonnie Tyler ?
- Speaker #0
C'est les deux en fait. Je l'ai au fond de moi-même parce que je suis né en 81 et que les chansons elles passent à la radio quand t'es enfant et que l'enfance pour moi forcément comme pour beaucoup de monde c'est la racine, c'est le socle. Il y a beaucoup de choses qui sont emmagasinées en toi et qui vont sortir positivement, négativement entre les deux. Mais je crois que j'ai adoré plein de tubes des années 80 en fait quand j'étais gamin.
- Speaker #1
C'est un 3.
- Speaker #0
30 ans. Je ne suis incapable, je ne retiens pas les noms d'artistes. Non mais il y a des chansons. Je ne sais même pas. Je sais qu'elles sont, je ne sais pas, Voyage Voyage peut-être. Voilà, Désirless. C'est comme ça que ça s'appelle. C'est Désirless, tu as raison. Je suis nul en truc, en blind test. Je ne retiens pas les noms des artistes, les noms des... Moi il faut que j'étudie. C'est des cibles de Tyler. Voilà. Mais oui, je la connais sans la connaître. Parce que si tu me diffuses ces titres, je dirais ah oui bien sûr. Mais je suis incapable de dire ce qu'elle a fait là.
- Speaker #1
Total eclipse of the heart.
- Speaker #0
Je ne suis pas une encyclopédie, je prends des trucs que j'ai aimés et justement, voilà, Corinne Charbi, t'es comme une boule de flipper, j'adore, j'adore,
- Speaker #1
et je suis comme une boule de flipper,
- Speaker #0
et je suis comme une boule de flipper, j'adore, mais moi, ce n'est qu'en écoutant par hasard ce truc passer je ne sais où que je me dis, ah mais en fait j'adorais ça et que je découvre le nom de la personne.
- Speaker #1
Mais qu'est-ce qu'on adore dans les années 80 ? Parce que j'adore aussi mais...
- Speaker #0
Mais c'est l'exagération.
- Speaker #1
Les épaulettes.
- Speaker #0
Oui, en fait on exagère, on recrée un monde, on recrée un univers avec ses codes, son mécanisme. Et probablement que c'est dû aussi peut-être à une mélancolie intérieure et de se dire tiens, on s'en fout. On va mettre de la fumée qui flotte, on va avoir des postures capillaires hors normes, on va mélanger les genres, on va mettre des hauts talons. on va faire des chorégraphies, on va mettre des couleurs roses, des couleurs bleues, etc. Évidemment que c'est exagéré, évidemment que c'est too much, mais je crois que par rapport au gris-gris quotidien, c'est quand même, pour moi, de bon ton. Alors, certains diront, oui, mais ce n'était pas des artistes qui ont interrogé le réel en faisant ça parce qu'ils s'en échappaient, je ne suis pas certain.
- Speaker #1
Ah non, je ne suis pas certain non plus. Non, non, ça, je ne suis pas certain, parce que, justement... ma vision des choses des années 80, je suis peut-être intellectuel, on en parlait. Mais je me dis, ils interrogeaient certainement le futur, comment il pourrait être. Parce que vraiment, justement, tu parles de fumée, j'étais parlé des paulettes, ils avaient des costumes où on imaginait les années 2000 en mode, on vivra. D'ailleurs, retour vers le futur, c'est quoi ? 80, début 90 ?
- Speaker #0
Je suppose, oui.
- Speaker #1
Et on est vraiment en train de... questionner ce truc de futur en se disant, bah tiens, comment vivra l'homme dans les années 2000 ? Est-ce qu'on sera remplacé par la machine ? Bon, 20 ans plus tard, peut-être. Mais par contre, il y a...
- Speaker #0
Il y a une énergie d'imaginer le futur et donc de s'échapper à du réel, mais de s'échapper du réel pour juste le projeter un peu plus loin. C'est vrai que si je prends les chanteurs peut-être des années gramophones, on racontait un peu le réalisme, la réalité. Elle est morte en étant sur le pavé, tu vois, il y a un truc un peu plus réaliste.
- Speaker #1
C'est ce que j'aime aussi dans les années 80, ce sont des timbres de voix que je préfère justement à la chanson française. gramophone, comme tu disais, par exemple. J'aime aussi l'apparition des synthétiseurs. Alors, certains ne supportent pas les sons de synthétiseurs années 80. Moi, j'aime beaucoup. Et ce que j'aime, c'est que c'est de la machine que tu vas mêler à des batteurs, à des bassistes, à des chanteurs. Donc, il y a la machine et puis il y a un côté aussi très joué. Oui.
- Speaker #0
Mais ça, tu l'utilises beaucoup dans tes chansons.
- Speaker #1
Oui. Donc là, je l'ai fait. Et puis là, maintenant, je suis en train plutôt d'écrire des chansons qui fonctionnerait comme ça, mais que j'ai envie pour le moment de chanter guitare-voix. Donc la vie est cyclique aussi, donc c'est moins flamboyant. Et là, j'en reviendrai peut-être. Et puis, on ne se pose pas de questions, donc ce n'est pas encore fixé. T'as encore un son là maintenant ? Oh, j'ai écrit beaucoup de chansons, oui. Et je veux être capable de les jouer tout seul avec ma guitare. Ce n'est pas pour ça que plus tard, on ne viendra pas avec un orchestre cosmique de 250 musiciens et 80 synthés. Mais pour le moment, l'idée, c'est aussi... d'être, quoi qu'il arrive, indépendant, sans électricité s'il le faut, dans le salon de gens, seul avec ma guitare. C'est aussi important pour moi d'avoir cette indépendance et cette facilité. Là, pour le moment, le mot simplicité, le mot ralentir, font partie de ce qui guide un peu mon travail actuel. Je vais revenir avec des nouvelles chansons, mais je ne me mets pas la pression que je me suis déjà mise de dire qu'il faut absolument un clip. un album, un spectacle fait, une release party, un attaché de presse qui va voir, etc. Les gens et plein de choses pour nourrir les réseaux. Non, je reviendrai peu à peu dans les mois qui viennent avec des choses. Je vais tester les chansons, mais j'ai envie de faire les choses dans une certaine simplicité, dans un certain dépouillement.
- Speaker #0
C'est aussi ça la recherche artistique. Oui.
- Speaker #1
Et c'est vrai que...
- Speaker #0
En général, parce que ce podcast, j'aimerais parler à des gens qui sont certainement, comme toi, comme moi, ou comme d'autres personnes, artistes, et qui sont dans cet entremilieu de pause, de transition, de création, et en même temps de se dire, est-ce que je refais ce qui fonctionne super bien, ou est-ce que je me mets au risque de créer quelque chose de nouveau, de me dépouiller, parce que le bijou, il est quand même... Très, je veux dire, même ta caravane, c'est pas une caravane, c'est une...
- Speaker #1
Ouais, c'est la camionnette.
- Speaker #0
La camionnette, qui a un nom, la boîte à bijoux. Ça reste quand même, justement, dans les années 80, on ouvre un espace qui est une boîte à bijoux, mais avec tous ces néons qui viennent chercher un peu les années 80 et qui nous embarquent dans un autre temps. C'est tout sauf dépouillé naturel.
- Speaker #1
Exact, exact. C'est pour ça que ça pourrait... Ouais, peut-être que des gens vont... C'est une manière d'être redécouvert par des gens. Peut-être que d'autres vont dire, tiens, c'est moi ce que je cherchais. On verra bien. De façon artiste, oui, t'es toujours un peu en transition. Une fois que tu sors, en guillemets, d'une tournée et que tu te poses des questions sur comment revenir, tu le fais par rapport à ta production. mais aussi effectivement par rapport à la diffusion à l'instant T, au monde dans lequel tu vis. Tu regardes un peu tout ce qui se fait, tu vois cette folie effectivement des réseaux, tu vois que les subsides à la culture sont moins alloués, que c'est difficile. Tu vois aussi le statut d'artiste qui va être bien attaqué dans les prochains jours. Et donc par rapport à tout ça, tu réfléchis. Tu ne réfléchis pas que par rapport à ton art, mais par rapport à la manière de se diffuser. de se faire connaître, de jouer, de trouver des concerts. C'est une réflexion à plusieurs portes.
- Speaker #0
Je parlais avec un autre artiste récemment qui était dans le podcast. Est-ce que tu crois que le comédien, pardon, le comédien-artiste, généralement on peut considérer que c'est un entrepreneur ?
- Speaker #1
Oui, moi je me considère comme tel, comme un indépendant, comme un entrepreneur. Et mon travail artistique, c'est une... Petite partie de ce que je fais, vu qu'il y a de la comptabilité, de la logistique, c'est aussi un métier de la communication, de la publicité, il y a une maintenance du matériel. Je compare ça à un restaurateur. Le restaurateur cuisine, mais il doit laver ses nappes, faire une déco, surveiller ses stocks, faire de la comptabilité. À partir du moment où il engage du personnel, Et moi, dans ce que je fais, je travaille avec des gens. Il y a aussi toute une gestion du personnel, justement. Donc, oui, clairement, clairement.
- Speaker #0
Tu continueras à faire des vidéos ?
- Speaker #1
Oui, je ferai des vidéos. Oui, je ferai des vidéos. Mais si, j'ai quand même une... J'ai une amie qui vient me filmer ici avec mes nouvelles chansons. Dans un mois, je vais peut-être faire que des débuts de chansons. En disant aux gens... Venez voir le reste dans le réel. De toute manière, aujourd'hui, on sait bien qu'on zappe sur Internet et qu'on n'écoute que 45 secondes. Donc je vais peut-être faire que des débuts de chansons. J'aime bien aussi, par rapport au format parfois de ce que j'offre, de ce que j'essaye quand même, qu'en filigrane, il y a une interrogation sur notre manière de consommer la musique, si je peux utiliser ce terme dégueulasse, parce que c'est ce qui se passe. et de vivre notre rapport à la chanson.
- Speaker #0
Et l'ami, on peut savoir qui c'est ? Caroline Poison ou Malmandier ? Oui, Véro. Ce sont deux artistes que tu as utilisés beaucoup dans les... Oui,
- Speaker #1
c'est vrai. Ce sont deux réalisatrices. Là, c'est Véro qui viendra ici.
- Speaker #0
Elles connaissent bien ton univers. Mais tu leur as expliqué que tu changeais un peu d'univers ?
- Speaker #1
Vite fait, vraiment vite fait. J'ai dit, ce sera... J'ai dit, c'est juste ma guitare et moi. Mais je ne change pas, parce que les chansons, pour moi, elles restent dans la même veine. Et ce que je raconte aussi, tu vois. C'est juste que dans un premier temps, mon arrangement, ce sera guitare-voix. Mais je le fais déjà. Quand je fais des concerts en solo, c'est comme, j'ai plus joué en solo qu'en duo ou assise. La plupart de mes concerts, c'est en solo. Et ça n'a pas été la boîte à bijoux. J'ai joué dans plein de petits endroits où je viens effectivement avec mes karaokés, mais d'autres où je suis juste avec ma guitare. Donc ça, je l'ai quand même toujours fait aussi. Chanter seul avec ma guitare à chaque concert de ma vie, il y a eu des moments comme ça. Donc je ne pars pas non plus dans l'inconnu.
- Speaker #0
Tu n'as pas honte de ce que tu as déjà fait avant d'être François Bijoux, c'est-à-dire... Peut-être un groupe un peu plus dark, de mémoire, Orfeo ?
- Speaker #1
Orfeo, ça c'était pas dark, c'était festif. J'ai eu un truc peut-être cargo qui était un peu plus rock sombre, mais encore, Orfeo, ça c'était du ska-punk assez festif. Donc ça, on peut dire que c'était plutôt lumineux. Ouais,
- Speaker #0
d'accord. Mais donc, parce que tu disais tout à l'heure... Oui, c'est vrai que j'ai dû me rappeler à moi-même que j'aimais bien la pop, que j'aimais bien la variété.
- Speaker #1
Exact.
- Speaker #0
Alors que j'étais entouré de gens qui, de base, ne sont pas de cet univers-là. Et donc, raccrocher cet univers, c'était quand même faire un coming out.
- Speaker #1
Oui, oui, oui, oui, tout à fait, d'une certaine manière, d'une certaine manière, c'est vrai. C'est de dire, oui, moi, j'adore ça. Oui, j'adore, oui, c'est vrai.
- Speaker #0
J'adore Céline Dion et je voulais vous le dire, les gars. Ah oui, J'adore les karaokés et chanter du France en sort d'où autre. François Sardou moi,
- Speaker #1
Michel Sardou à 3h du mat et ma copine c'est la plus grande fan du monde de Céline Dion donc c'est parfait elle a été la voir en concert ?
- Speaker #0
non on est pas allé la voir mais par contre on peut se faire des karaokés etc et je préfère faire un karaoké sur Céline Dion que sur Sonic Youth ouais Sonic Youth c'est vraiment musique alternative ça je ne connais pas Sonic Youth tu couches conseillera à ceux qui m'écoutent,
- Speaker #1
à ma maman et à toi qui te réécoutera certainement ça justement c'est très dur pour moi aussi mais comme beaucoup de gens se réécouter,
- Speaker #0
se revoir etc dans toutes tes chansons ce serait quoi en fait ta chanson fétiche ta chanson où tu en dis le plus je sais pas celle où j'en dis le plus Merci.
- Speaker #1
Mais j'aime bien la chanson Tu peux roire
- Speaker #0
On a tous un tu peux roire C'est vrai qu'elle est très très bien Je trouve qu'elle est bien con et qu'en même temps elle est censée parler à tout le monde
- Speaker #1
Il y a un truc universel J'adore son clip,
- Speaker #0
pardon, j'étais coupé
- Speaker #1
Oui non, il y a quelque chose sur ses objets importants qui nous accompagne dans notre vie, c'est une chanson qui parle de notre passage sur Terre.
- Speaker #0
C'est vrai que dans cette chanson-là, tu granges trompe à lunettes ou tu as l'air de ne pas y toucher, mais un objet dont on est l'humain préféré, ça c'est la phrase. J'adore cette phrase. Parce que tu perces... En formulation rhétorique, j'imagine que c'est une personnalisation de personnification. Personnification, l'objet devient amoureux de son propriétaire.
- Speaker #1
Oui, témoin de son passage sur Terre. Et oui, il y a effectivement un transfert de part et d'autre. Une interpénétration entre l'objet et la personne. Mais moi, c'est peut-être un peu trop. Je suis peut-être une personne un peu trop fétichiste, une personne qui a besoin. Moi, je ne sors pas sans mon sac à dos avec des objets. Comme dans la boîte à bijoux d'ailleurs, qui me rassure. Quand je donne cours, comme je suis enseignant, je sais que j'ai toujours plein de brôles autour de moi, que ça me prend toujours énormément de temps de ranger ma classe. On n'est pas du tout dans la sobriété. Il me faut des choses autour de moi qui me rassurent et qui sont aussi des accessoires que j'utilise. Et donc, j'en parlais il n'y a pas longtemps avec certaines personnes, oui, ils ressentent un peu moins que moi en tout cas ce besoin.
- Speaker #0
d'être rassuré par certains objets voilà peut-être que je fais partie de fétichistes plus plus et comment puisque tu viens dire que tu étais prof comment tu transmets la musique ta passion pour la musique aux enfants et plus que la passion pour la musique parce que tu as quand même parlé de création de personnages ouais et donc dans dans parlement dans de rentrer dans le corps de la musique, d'être soi-même un musicien et aussi un interprète.
- Speaker #1
Donc, pour si j'ai bien compris la question, que j'ai pas comprise, il y avait beaucoup de choses.
- Speaker #0
Pardon, comment tu transmets la musique à tes élèves ? Comment je transmets ? C'est la question la plus simple, on ira plus loin après.
- Speaker #1
Ok, ouais. D'abord, c'est réellement ma passion. C'est réellement ma passion. J'ai fait prof de morale, parlé tous les jours de problèmes de société. Je ne saurais pas. Jouer de la musique tous les jours, je sais et j'en ai besoin. Donc quand je chante avec mes élèves en classe... et que ça marche, et souvent ça marche, j'aime ce moment. Même s'il y a beaucoup de répétitions, même si on chante souvent les mêmes chansons, j'aime ce moment. Donc, je ne suis pas en train de mentir, j'aime ce partage. On est dans l'animation, j'aime animer. Après, je suis certain que... L'enseignement de l'art à l'école est fondamental et je leur explique en quoi. Donc, je suis aussi convaincu par ce que je fais. Maintenant, moi, vraiment, ma technique de base, c'est les faire chanter. Je prends ma guitare, je redistribue un chansonnier au début de l'année. On fait chaque fois un petit échauffement. On essaye d'apprendre un peu à articuler, à mettre du volume dans sa voix, avoir une belle posture. Et c'est parti, on chante. De manière générale, les élèves sont plutôt récepteurs, réceptifs à ça. Et donc on chante, on chante. Après, on fait d'autres choses. On fait du rythme, on écoute de la musique, on en parle, etc. Mais on chante.
- Speaker #0
Et donc la deuxième partie de la question...
- Speaker #1
Non mais je suis désolé en plus de te couper encore, mais je me faisais cette réflexion-là, moi dans la vie, je ne sais pas que je sache faire que ça, mais j'ai besoin de chanter, j'ai besoin d'humour, mais j'ai besoin de chanter. Je remarque que quel que soit le projet que je mets en place, je finis par chanter. Je suis prof, j'aurais pu être prof sans chanter. J'ai fait prof de morale, je finis par faire prof de musique et chanter. Je fais des projets musicaux, je chante. Et là je fais un projet plus politique mais qui passe par la musique dont je voulais être que le coordinateur. Je voulais que ce soit des rappeurs qui chantent en rue sur une sono lors de manifs et même hors manifs pour réenchanter la rue, pour amener de la joie, pour amener quelque chose d'assisif, de furieux. Parce que je trouve que notre société a un poids de bascule en termes de capitalisme. si on est dans une société fascisoïde dans une démocratie molle et qu'il faut construire des nouveaux projets de militance pour être là dans rue et ben non je me finis finalement par prendre un micro et à chanter dans ce projet donc voilà je chante je chante et les élèves doivent sentir que j'aime chanter
- Speaker #0
Oui, mais ça a un lien avec la question que je voulais poser. Et je ne vais pas te couper là-dessus parce que c'est vraiment un truc qui m'intéresse profondément. Je t'ai vu lors d'une manifestation et ce n'est pas une question parce que clairement, c'est une affirmation, tu viens de le confirmer et c'est une affirmation de ma part, c'est que l'art doit réinvestir les rues étant donné que nous avons été expulsés de nos propres locaux.
- Speaker #1
Exact, mais je crois que de toute manière... des gros changements de société passent par les artistes. Et qu'à un moment donné, ça doit être une mission 1. de s'en rendre compte quand on est artiste et 2. d'essayer de faire quelque chose qu'on n'avait pas encore fait. Je crois à ça. Optimiste, moi je suis quelqu'un, j'ai une énergie optimiste. Mon fond à moi n'est pas optimiste. Je crois que mon fond est mélancolique et probablement pessimiste. Mais par contre... Quand je fais quelque chose, c'est avec de l'enthousiasme, de l'énergie. Mon énergie, elle est optimiste, en tout cas.
- Speaker #0
Et tu conseillerais quoi, alors, à ces artistes qui voudraient réinvestir la rue et réinvestir la démocratie ?
- Speaker #1
C'est dur de conseiller, c'est dur de faire le schtroumpf à lunettes, justement, mais en tout cas, on doit se réinventer. Oui,
- Speaker #0
sans être moralisateur. C'est sûr que je ne te considère pas comme ça. Je me dis que... Vu que tu t'es lancé, tu as certainement des idées déjà.
- Speaker #1
Mais on doit se réinventer. La rue, c'est important. Le Covid l'avait déjà montré. La culture, l'art, ça ne doit pas se passer qu'entre personnes qui ont l'habitude de fréquenter des lieux alternatifs et des centres culturels. On doit être populaire. On doit aller à travers les classes sociales. On ne peut pas rester que dans un entre-soi. Et donc, réfléchir au monde dans lequel on est et à la manière de se diffuser. pour aller toucher parfois d'autres gens que les gens qu'on avait l'habitude de toucher. Et donc quelque part, ça c'est faire aussi d'une certaine manière son autocritique. Parce que toute révolution ne passe pas que par la critique de l'autre, mais aussi par son autocritique. Je crois qu'un artiste doit être capable de faire ça, et que ça fait même partie de son mécanisme de création. Et moi en tout cas, je crois très fort dans le fait d'amener de la fureur, de la joie, de l'amour, tout ça est important. dans la rue et donc de trouver des nouveaux mécanismes de diffusion. Je voyais une vidéo sur internet des gens qui mettent une super sono sur un cuistaxe et qui réinvestissent, qui réenchantent la rue, même hors manifestation politique. Et donc toi t'arrives place Saint-Lambert et tu vois quelqu'un avec son cuistaxe, un sound system, des grosses basses, des gens autour, et en fait tu te dis « Ah ! Autre chose, un autre monde est possible. » Tu métamorphoses. le décor quotidien. Tu vas à l'encontre des systèmes d'attente. À ce moment-là, si le décor et le son changent, tu te dis que peut-être politiquement, autre chose est aussi possible. Et je crois qu'un artiste a cette capacité, à un moment, de montrer qu'autre chose est possible. Et donc, ces lunettes qu'on s'est forgées par notre culture, par la force de l'habitude, elles en prennent un coup et on dit que d'autres lunettes sont possibles. Voilà, moi je pense que c'est un de nos rôles en tout cas de sortir en tant qu'artiste de notre propre train-à-train et de montrer d'autres choses possibles tout en étant aussi critique parfois, prendre la parole par rapport à tel ou tel mécanisme de domination.
- Speaker #0
Pardon, je percole, je suis comme le thé, je m'infuse de ce que tu dis. Tu es encore du thé. Oui, je vais me servir. Parce que j'ai, tu vois, de nouveau, un moment où mes questions s'entrechoquent dans ma tête. Je deviens de plus en plus très très politisé, qui ne pourrait pas l'être dans un univers comme celui-ci, dans une planète où il n'y a pas de plan B comme celle-ci. En fait, comment je vais poser ma question ? Ma question va être terriblement naïve et bête, mais... Plus loin qu'en fait de la chanson, que juste être artiste qui pourrait montrer un monde différent, il faut essayer d'embarquer les gens dans cet univers des possibles. Je prends les années 80 dont on a parlé, où on rêvait d'un futur, et bon, visiblement ça peut planter sur la façon dont le futur on l'a créé, mais... Il y avait quand même quelque chose d'amusant dans tout ça. Il faudrait embarquer les gens vers une idéalisation de ce que c'est la démocratie, une idéalisation de ce qu'on veut comme planète future, en prenant déjà, pas en étant carrément à côté, comme dans les années 80, mais en prenant véritablement ces réalités. Enfin, je veux dire l'été qu'on vient de passer. Je veux dire, on peut...
- Speaker #1
On ne peut pas l'oublier.
- Speaker #0
On ne peut pas l'oublier. Et puis, c'est difficile d'imaginer une autre forme de monde maintenant. J'ai l'impression que depuis, effectivement, le Covid, mais c'est parce qu'il y a eu une fascisation, comme tu l'as dit, de la planète. On ne peut plus avoir beaucoup d'espace pour le rêve. Alors du coup, il faut, en tant qu'artiste, essayer de prendre les petites... aller creuser les pépites et petits diamants pour essayer de dire, OK, mais c'est cette démocratie-là qu'on doit essayer de créer. Et on va... Peut-être la chanson est une porte ouverte dans les manifs ou dans les endroits non politisés. Il faut embarquer les gens.
- Speaker #1
Les artistes sont là peut-être pour donner de l'énergie et aspirer. film. montrer que d'autres univers sont possibles. Les artistes créent leur univers. Après, c'est difficile d'aller beaucoup plus loin. Donc, je crois que les personnes du changement, que ce soit une ou un sociologue que tu vas écouter dans les médias, des artistes... Des syndicats, des associations, les antifas, je trouve que toutes les personnes qui veulent autre chose doivent s'identifier les unes les autres et créer quelque chose de systémique. En fait, moi, je ne vais pas faire le boulot d'un sociologue qui est très critique vis-à-vis de la société, mais peut-être que ce que je fais rentre bien en écho avec cette personne-là. complémentaires. Voilà. Donc je pense que l'engagement, c'est ça aussi. C'est trouver plein de gens qui sont complémentaires. C'est systémique et c'est trouver peut-être aussi des grands moments, comme par exemple les prochaines élections en 29 en Belgique. Peut-être que c'est là qu'il faut marquer le coup avec tous ces acteurs qui ont envie d'un changement.
- Speaker #0
Mais la démocratie ne se joue pas quand même que dans les élections.
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Elle se joue par exemple dans les manifestations maintenant, je pense.
- Speaker #1
Aussi, mais je crois qu'on doit s'identifier les uns les autres, se mettre d'une manière ou d'une autre. Se systémiser. Et puis peut-être parfois marquer le coup à des grands moments. Mais comment ? C'est difficile, la coordination et tout ça.
- Speaker #0
Et le grand pessimiste optimiste que tu es, il croit ?
- Speaker #1
Oui, oui, sinon on ne le fait pas. On peut être pessimiste, mais... Y croire, Je n'ai pas une croyance idéaliste. Je ne crois pas en des grands lendemains qui changent, mais je crois en des grands combats qui se gagnent. J'aime, par exemple, cette féministe dont, encore une fois, j'ai oublié le nom, féministe des années 19e siècle, qui milite et qui dit « Je ne milite pas pour moi, je milite pour mes filles et mes arrières petites filles. Je sais bien que ceux pour qui je me bats, je ne leur ai pas de nom vivant. » Et puis, un jour, en 48, Les femmes peuvent voter, c'est dingue, en 1948, en 1976, il y a des combats qui durent dans le temps. Nous, on aura malheureusement notre pension en 67, à 67 ans, pardon je suis un peu fatigué. À 67,
- Speaker #0
je serai peu présent.
- Speaker #1
Donc à 67 ans, mais punaise, j'espère qu'un jour les gens auront leur pension à nouveau plus tôt, et même à 60 balais, on mérite de vivre, on mérite d'en profiter, donc ça vaut la peine de se battre. Je crois que des combats seront encore gagnés, ça j'en suis même certain. Ça, j'en suis certain. Plein de combats seront encore gagnés.
- Speaker #0
Cool. Cool. Écoute, Chouette, est-ce que tu vois... Alors, du coup, pour revenir sur François Bijoux, tu vas aller vers des choses plus épurées. Comment tu vas adapter ce bijou ?
- Speaker #1
Moi, je ne sais pas, là. Pour le moment, je réfléchis, je vogue, je vais lentement. On verra bien, on verra bien, j'ai besoin un peu d'éprouver mes chansons face à des gens et c'est aussi par rapport à ce que je ressens, au feedback, rien n'est figé en réalité. Moi là je vais venir chanter des chansons avec ma guitare et c'est vrai qu'il y aura peut-être un côté... One Man Show aussi, il y aura à côté des prises de parole, essayer aussi d'échanger avec les gens. Donc la prise de parole aura son importance, mais elle l'a toujours eu. Donc finalement, c'est ce que j'ai fait, mais en acoustique.
- Speaker #0
J'ai un petit jeu, je t'ai amené un tupperware.
- Speaker #1
Toujours avoir un tupperware avec soi pour ramener les restes à la maison. Mais vraiment, vraiment,
- Speaker #0
pensez-y. Les tupperwares préférés de n'importe qui, ce sont ceux qui sont tachés en rouge parce qu'ils représentent la sauce tomate de maman.
- Speaker #1
Ouais, il y a de ça. Moi, quand je parle d'un tupperware préféré, c'est plutôt le rapport que ma propre maman a avec ses tupperwares. Effectivement, là, il y a une fétichisation. Quand elle me remet de la bouffe dans un tupperware... Elle a aussi son jardin et que je ramène chez moi, prière de ramener le tuperware. Là tu sens bien qu'on ne va pas rigoler avec ça. Et là son tuperware préféré,
- Speaker #0
elle te le prête, donc c'est de dire à quel point tu es une personne importante. En fait le tuperware est la représentation même de l'amour de maternelle.
- Speaker #1
Alors je crois que si tu es prêt à prêter ton tuperware, effectivement il y a un intérêt.
- Speaker #0
Il y a quelque chose peut-être de plus intime que le string ?
- Speaker #1
Je ne sais pas, après...
- Speaker #0
On parle de ta mère. Les strics de ma mère, je ne veux rien savoir,
- Speaker #1
mais je sais que ça tient dans un tupeur-roi.
- Speaker #0
Elle a son jardin secret aussi.
- Speaker #1
Mais oui, elle a son tupeur-roi secret.
- Speaker #0
Tout à l'heure, j'ai switché cette question-là parce qu'on est parti sur un sujet plus grave. Mais bon, voilà, les choses... à toi
- Speaker #1
Tu sais avant...
- Speaker #0
Tu vas me parler du string de ta mère ?
- Speaker #1
Non mais j'aime pas trop en réalité répondre sérieusement et Bijou c'était une manière pour moi de faire une pirouette humoristique quand on me posait des questions. Et là je l'ai pas fait du tout, tu vois. Je ne suis que dans le premier degré. Lors de certaines interviews je me posais la question est-ce que je dois être marrant, est-ce que je peux ne pas l'être ? Et là maintenant je m'en fous. Si j'ai envie de l'être je le suis et si j'ai pas envie je le suis pas. Tu vois, c'est pareil par rapport à ce que je vais faire sur scène. Si j'ai envie de taper une chanson plus profonde, plus poétique, je le fais. En fait, je fais ce que je veux. Et donc, ce sera drôle et ce sera aussi autre chose. La progression, que ce soit sur scène ou à côté de la scène, elle est aussi là-dedans. Voilà, on fait ce qu'on veut.
- Speaker #0
Ici, tu avais, je suppose que Confidence pour Confidence, tu... Anni 80 aussi. Tu avais cette réflexion qu'on a eue en privé quand je t'ai communiqué mon envie de t'interviewer qui était de savoir si tu prends un petit plaid, tu as froid ?
- Speaker #1
Non, là je prends parce qu'on a à côté de mon séchoir et je prends mon t-shirt Prince. Ça j'adore parce que qu'est-ce qu'il fait la Prince ? Il nous renvoie à notre sexualité misérable. T'as vu ça quand même le mec ?
- Speaker #0
Ouais, ouais. T'as vu ?
- Speaker #1
Et il éclaire l'univers. Et ça j'aime. J'aime quand un artiste, et ça c'est très années 80, vient en se disant, je vais éclairer l'univers. Moi je recherche toujours la veste à paillettes qui éclaire l'univers. Je reviendrai quand même avec des vestes. Oui parce que je veux éclairer l'univers. Que les gens se disent, j'ai passé un moment qui m'a fait réfléchir, j'ai passé un moment qui m'a fait rire aussi. On ne sait plus très bien dans quel sens ça va. Moi j'aime quand c'est psychédélique, il a eu peur de rien, il était con et pas que con. Et regarde un peu ça le mec sur ce t-shirt.
- Speaker #0
Je vais vous le décrire, c'est un t-shirt mauve dans lequel on voit Purple Rain. Alors Prince and the Revolution, on a une dame qui est tout au-dessus des escaliers avec une lumière rougeâtre. et habillé dans une robe voilà, années 80 et Prince qui éclaire avec sa grosse Harley Davidson c'est une Harley, ça une grosse moto qui nous regarde vraiment, qui nous interroge avec son regard et qui éclaire la rue avec sa moto donc clairement il illumine notre univers j'adore Prince Oui, mais j'aime beaucoup. Est-ce que c'est pas le slow le plus long, Purple Rain ? Peut-être. Ce mec avait l'air tellement sympa. Oui, et alors je ne sais plus, j'avais entendu dans un autre podcast, mais une anecdote comme quoi il avait passé, il avait donné une de ses guitares, mais genre en mode, oh oui, c'est la guitare avec laquelle j'ai joué ce concert-là, à une personne, et la personne, c'est... Autre artiste a dit, j'ai la guitare de Prince chez moi. Il me l'a donnée en main propre. Donc oui, il devait avoir l'air très sympa. Il ne devait pas se prendre, à mon avis, beaucoup la tête.
- Speaker #1
Pas du tout, j'ai l'impression.
- Speaker #0
Non, il ne donne pas cette impression-là. Mais ceci dit, je pense, pour parler de Céline Dion... que je ne pense pas du tout que ce soit une personne prise de tête. Je pense qu'elle a été propulsée et qu'à un moment donné, quand tu es éjecté de la vie réelle, il y a des choses qui sont anachroniques par rapport à ce que les gens vivent réellement. Mais je crois que réellement, elle aime son public, elle aimerait embrasser n'importe qui. Et c'est pour ça qu'elle a parfois des comportements un peu étranges quand elle sort de son hôtel pour l'instant. Mais qu'en fait, elle aimerait juste dire merci d'être là.
- Speaker #1
Elle le dit souvent. Aussi, non ?
- Speaker #0
Oui, elle le dit souvent, mais je pense vraiment qu'elle est profondément sincère.
- Speaker #1
C'est quelqu'un qui dit merci, Céline. Bien sûr.
- Speaker #0
Oui, oui. Non, non, vraiment. Elle m'émeut beaucoup. Et pour l'instant, je suis quelqu'un de très sensible. C'est vrai que c'est une personne qui m'émeut beaucoup. J'ai vu récemment Aline, le film qui a été fait par Valérie Lemercier et qui est une présentation de Céline. Et donc, elle s'appelle Aline et je pense que c'est Céline Dion qui a décidé que ça ne s'appelle pas Céline. Mais par contre, je trouve... Je trouve qu'elle a trouvé un point de vue, Valérie Lemercé, qui était assez sympa, sur la relation qu'elle avait avec René, Céline et René. Ah oui. Et qui rend les choses comme si, c'est quand elle a des comportements un peu étranges en concert, en fait, à un moment donné dans le film, on suppose que ce serait lui qui par l'oreillette lui dirait est-ce que tu pourrais faire ça ? Ok,
- Speaker #1
mais toi t'es allé la voir ?
- Speaker #0
Céline ? Oui. Jamais ?
- Speaker #1
Jamais.
- Speaker #0
Dans les grandes artistes que j'ai été voir, j'ai été voir Madonna. Énorme. Ouais, ouais. Oh là là. Vraiment. Et j'ai été voir Mylène Farmer.
- Speaker #1
Ouais. Incroyable. Mais ça, moi, oui. Pink. Moi, mais alors Madonna, Mylène Farmer, ouais.
- Speaker #0
Est-ce que j'ai été voir... Ouais, ouais, ouais. J'ai été voir... Ah c'est chiant, le nom, j'ai moins les prénoms. Ceux qui chantent Enjoy the Silence. Ah, Dépêche Mode. Effectivement,
- Speaker #1
on est très dans les années 80.
- Speaker #0
Oui, oui, mais attends, moi je sais pas trop. Oui, tout à fait,
- Speaker #1
mais ça joue.
- Speaker #0
Et alors, je reviens sur ma question que je n'ai pas encore posée et qui était une autre référence. Tu as les années 80, mais tu as aussi énormément de Belgitude.
- Speaker #1
Oui, voilà. Alors, les années 80 sont souvent mentionnées. Ce sont des références que j'aime explorer, mais effectivement, il n'y a pas que ça. Il y a d'ailleurs des morceaux qui n'ont rien à voir avec les années 80 dans ce que je fais. Et la Belgitude, qui est toujours compliquée à définir. Mais en tout cas, je pense que d'une manière ou d'une autre, je trempe dedans. Moi, j'aime le pays dans lequel on est. J'aime le fait qu'on se... Tout à fait pour la Belgique, je vous le dis.
- Speaker #0
Et Liège particulièrement. Oui, Liège, Liège.
- Speaker #1
On est un peu chauvins même, carrément. Mais c'est vrai, je crois qu'on est accueillants. Je crois qu'il y a de l'autodérision. qui a une absence de prise de tête, qui a une certaine simplicité aussi. Il suffit souvent, quand tu parles avec des Français qui te disent « Ah, quand je suis venu en Belgique, j'ai bien aimé ce côté simple. » Je crois que ce côté-là, il y est vraiment en tout cas.
- Speaker #0
Je vis avec un Marseillais. Ouais,
- Speaker #1
et il dit ça aussi.
- Speaker #0
Ouais, mais il est resté attaché à la Belgique pour cette raison-là, pour ce que... Et Liège. C'est ça que, en fait, je... C'est vrai que ça paraît très vaniteux, mais en fait, je connais très peu de gens qui... Enfin, on peut détester Liège. Non, je connais des gens qui détestent Liège. Mais je connais... beaucoup de gens, on va dire plutôt ça comme ça, qui adorent ce côté fêtard, ce côté chaudron à colère.
- Speaker #1
Oui aussi, on le voit bien quand il s'agit effectivement sur un point de manifester, de créer des rassemblements politiques. On suit bien ici.
- Speaker #0
Le gars de Urbis disait à une amie qu'apparemment on était la Silicon Valley de la Révolution.
- Speaker #1
Ah là là, il est... Moi j'aime ça, c'est flatteur, mais j'aime.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
effectivement.
- Speaker #0
Silicon Valley de la Révolution, on remerciera Urbis, j'ai oublié son nom d'ailleurs, c'est Gers.
- Speaker #1
J'aime ce média, mais je ne connais pas nécessairement le nom des journalistes, mais c'est un chouette média aussi. Il y a des chouettes médias alternatifs maintenant sur internet, il ne faut pas hésiter à les mettre un peu d'argent parce qu'ils sont sans cesse forcément en mode survie et il faut aller lâcher un petit peu. On a besoin d'eux,
- Speaker #0
autant que des artistes.
- Speaker #1
Ah ouais, mais ça c'est une bonne nouvelle à l'arrivée sur les réseaux sociaux de ces nouveaux néomédias comme on dit qui ont l'air organisés, structurés.
- Speaker #0
Oui qui ne se feront pas... Blast. Je suis abonné à Mediapart, je voulais être problématique mais je ne voulais pas que ce soit trop auto-centré sur justement la cause LGBT. C'est des choix évidemment et puis à un moment donné il y a les finances qui font que tu ne peux pas t'abonner à tout.
- Speaker #1
Non plus.
- Speaker #0
Mais oui, il faut les encourager, un petit like et un petit repartage pour ceux qui écouteront. T'écris encore à la montagne, c'est une question qui me vient vite en tête.
- Speaker #1
En marchant ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Mais en fait, Je ne sais pas si j'ai vraiment écrit en montagne, un tout petit peu, c'est plutôt quand je reviens.
- Speaker #0
Tu t'as déposé ?
- Speaker #1
Ouais, moi en montagne finalement, quand je vais me promener, j'écris peut-être pas tant que ça. C'est peut-être justement dans le train, en revenant, mais ça va me permettre en tout cas de remettre les compteurs à zéro, d'avoir une nouvelle énergie, d'avoir beaucoup réfléchi, parce que pour moi aller marcher en montagne c'est réfléchir à tout. Et en revenant alors, ça risque effectivement de jouer comme un déclencheur. Après, je crois que tu m'avais posé comment j'écris plus tout à l'heure. Écoute, moi, pour écrire, j'ai surtout besoin d'être dans une temporalité autre que le train-train quotidien. Donc, à un moment donné, je suis chez moi en calbar, j'ai aucune obligation et c'est certain que je vais écrire. Et ça, ça n'arrive pas si souvent parce que dans la vie, on a mille choses à faire. Mais quand vraiment je me dis tiens, ce samedi, je vais aller faire une course. je vais faire une vaisselle et une lessive, mais il n'y a que ça dans ma journée, à un moment donné, les choses vont venir. Ça, c'est toujours le début, le déclic, c'est toujours miraculeux. Voilà, la musique, les paroles viennent souvent en même temps. Tu vas avoir deux, trois phrases, une ambiance à BPM, c'est-à-dire la vitesse du morceau, ça, ça fait beaucoup aussi. Et puis, tu sais que là, tu as le noyau d'une chanson. Et le reste va venir un peu plus tard, en plusieurs fois. Mais le noyau de la chanson, c'est ce qui est le plus important. En tout cas, en termes d'idées, après, c'est forger son métal. Ça prend du temps. Eh bien, ça, c'est toujours être dans une temporalité un peu relax, être tranquille chez soi et écouter de la musique, lire, regarder un film, se nourrir, en fait. Et puis, parfois, quand j'ai le temps comme ça, ce qui est plutôt rare au fond, mais quand j'ai le temps comme ça, je peux regarder un clip et puis l'arrêter après 16 secondes. Et il va rester sur 16 secondes toute la journée, c'est fait. Ces 16 secondes-là m'ont secoué le cocotier, m'ont nourri et j'ai envie de bosser.
- Speaker #0
Oui, la créativité ça ne se commande pas, mais c'est vrai qu'avec le temps ça aide vachement.
- Speaker #1
Mais disons qu'il faut créer des conditions de possibilités. Et ça, si tu es artiste, j'imagine que tu parvais à peu à peu à connaître comment tu fonctionnes et ce qui va te permettre de créer.
- Speaker #0
Oui, mais comme je disais tout à l'heure, on est un peu des entrepreneurs. Du coup, on a toujours l'impression de faire encore mille choses et qu'on est en retard encore de cinq autres. C'est une problématique que j'ai et j'essaye de la travailler. Je me demande même si je ne vais pas un jour en parler à une psy pour vraiment régler un problème là-dessus. Parce que je me dis, c'est moi qui ne me donne pas l'occasion. À un moment donné, il faut arrêter d'accuser quelque chose qui serait extérieur. C'est moi qui me... Qu'est-ce que je procrastine ? Il faut un peu freiner.
- Speaker #1
Il faut un peu freiner, peut-être parfois se dire je ne suis pas obligé d'être présent à la fois sur les réseaux et d'avoir une idée claire dans ma tête. Là pour l'instant, moi, tu me poses des questions parfois sur ce que je vais faire, il y a des choses qui me paraissent claires, il y a des choses qui ne le sont pas encore, c'est normal.
- Speaker #0
Bien, je t'ai parlé de mon tuperroir.
- Speaker #1
Le fameux tupe.
- Speaker #0
En fait, dedans, je n'avais pas, j'ai écouté vraiment pendant... À partir du moment où tu m'as dit oui, alors d'abord merci, parce que je ne t'ai pas encore remercié, je compte te le faire à la fin évidemment. Merci, parce que je sais que peut-être que tu avais une crainte, peut-être peur que je fasse des questions trop...
- Speaker #1
Écoute, moi je suis un peu... Dans un moment où je veux me donner le temps de créer gentiment et donc moi de parler de moi et j'avoue que de base parler de moi peut-être que quand on voit le personnage on se dit le contraire mais c'est pas ce que j'aime, j'ai pas envie de parler de moi en réalité. Maintenant j'ai fait un personnage qui dit je suis à la chanson ce que Zlatan et Tofut probablement le meilleur. Donc là, je viens créer un égo surdimensionné. Où là, si je veux, je peux aller arriver à l'heure d'une interview et jouer à fond de ça. Être à fond dans la grande éloquence, l'exagération, la fantaisie. Mais j'avais besoin, pour être à l'aise dans les interviews, je ne sais pas que je fasse des milliers d'interviews, mais il y en a quand même de temps en temps, faire quelque chose qui me permet un peu de bifurquer.
- Speaker #0
de bifurquer. Oui,
- Speaker #1
mais voilà. Depuis là, je suis dans une mood où j'ai plus envie de parler sans bifurquer.
- Speaker #0
Très bien. Et donc, je disais, je me suis écouté plusieurs fois tes deux EP.
- Speaker #1
Quel courage !
- Speaker #0
Non, pas du tout. Non, pas du tout, parce que vraiment, alors Tu Pairoir, j'adore Tu Pairoir. Je te disais qu'Anish, c'est... C'est mon bijou.
- Speaker #1
C'est sur la solitude.
- Speaker #0
Mais je... En revenant ici, je n'écoutais que celle-là. En venant chez toi, je n'écoutais que cette chanson. J'invite vraiment, maman, si tu m'écoutes, et Bijou, si tu m'écoutes, d'aller réécouter cette chanson-là. Non, non, j'ai quand même quelques auditeurs.
- Speaker #1
Je suis content des musiques, en tout cas, des gens avec qui... Quentin, Oli Cox, Quentin Guillen, Johan Spitz, Maxime Moitieu, les gens avec qui on a bossé, les musiciens, Juliette, Sarah, tous les gens qui sont venus participer aux enregistrements. Je suis content de la musique, du rendu musical, voilà.
- Speaker #0
Mais vraiment. et bon voilà, il y a d'autres chansons à chaque fois je me dis, en fait il est beaucoup plus sensible que ce que le personnage laisse entrevoir mais en même temps, non, le personnage est plus pas François lui-même mais Bijoux est plus sensible que ce qu'il ne laisse paraître et je trouve ça d'une intelligence qui à laquelle je ne faisais pas attention à l'époque où j'écoutais le clip et puis j'attendais le prochain clip Sans revenir nécessairement sur tout le P.
- Speaker #1
Ouais, ben merci beaucoup. J'aime quand certains auditeurs, certaines auditrices en concert viennent me parler de ça, de ce qu'ils ont découvert derrière. Après les clips, tu vois, le problème c'est qu'on est... Je le vois bien sur les chiffres d'écoute. Quand tu sors une chanson en image, ça change tout. Ta chanson, elle existe. T'as mis de l'argent, t'as mis du temps, de l'énergie pour faire une captation en studio. qui est plutôt correcte. Et en fait, ce qui ne sort pas en image n'a pas beaucoup d'existence. Donc, tu te sens obligé de faire des clips. Mais moi, les clips que j'ai faits, j'ai beaucoup de regrets parce que ce n'est pas mon métier en fait.
- Speaker #0
Oui, je comprends ce que tu dis. Tu vois ?
- Speaker #1
Donc, quand je regarde les clips, je ne suis pas en train de me dire « Waouh, c'est génial ! » . Par contre, quand j'écoute les chansons et notamment les arrangements musicaux, je me dis « On a fait un travail correct » .
- Speaker #0
Quand je parlais de Belgitude tout à l'heure, moi je pensais justement aux clips de... Je crois que c'est Caroline Poisson qui a filmé Tupperware. Et je parlais de Belgitude parce qu'en fait ça a été filmé à la salle communale de Saint-Nicolas, pas la salle communale de Saint-Nicolas mais le Pouvoiron, qui est une salle que je connais bien, je reconnais le grain et la... Tous mes examens de déclamation étaient dans cette salle, quand j'ai appris le métier à l'académie de comédien, en tant qu'adolescent, comme n'importe quel adolescent qui essaie d'apprendre le théâtre. Mais bon, pour moi c'était vraiment apprendre un métier. Et donc ce côté tristoune de cet endroit, mais qui est un endroit où il n'y a rien à faire, tout est fait. C'est une salle de fête en fait en soi. Et alors je vois ces personnes âgées qui sont là en train de jouer avec toi, de participer. Je me dis que Caroline a vraiment bien capté ton essence.
- Speaker #1
J'ai envie en fait là de rebondir de plein de manières. Ce que tu dis là, la mélancolie des vieilles buvettes de foot qui n'ont pas, qui n'ont pas, qui baignent toujours dans leur jus avec le formica, avec le papier un peu jauni, avec les... vieilles photos avec les coupes, etc. Moi, j'adore. Et ça, c'est très belge. Ça doit exister ailleurs, autrement. Mais ça, j'adore. Moi, je viens du foot. J'ai joué au foot pendant des années, gamin, donc ça, ça me parle. J'aime les endroits où il y a une enseigne jupilaire. Et là, je pourrais pleurer en le disant, parce que ça, c'est chez nous. Les salles de village, les salles de fête, sans lustre, tu vois ce que je veux dire, vraiment populaire. Ça j'adore, donc ça c'est chez nous. Et alors j'adore la grande éloquence des années 80, les artifices des années 80, mais j'aime aussi effectivement la belgitude de striptease et de ce que moi j'appelle les films du Nord. Benoît Mariage par exemple. Et assez bizarrement, je crois que je jongle avec ces deux univers, ce côté studio des années 80 maîtrisé, avec ce côté... striptisien et très naturaliste, très poétique aussi. J'ai d'ailleurs fait mon mémoire de fin d'études sur le magazine Striptease et quand je pouvais faire pendant mes études un reportage de terrain, c'était sur une buvette de foot. Donc ça, j'aime bien cet univers-là. Et quand toi, tu crées quelque chose, c'est en ayant baigné là-dedans et en ayant aussi écouté Arnaud, en ayant aussi écouté... C'était là, Jean-Luc Fonck, en te disant c'est génial et c'est à part et c'est de chez nous. Donc forcément, tu baignes là-dedans. Et les gens avec qui tu bosses aussi ont vécu dans ces buvettes de foot, ont vécu dans ces salles de village avec l'enseigne Jupiler, ont bouffé du striptease, se sont dit, Jean-Luc Fonck est génial, qu'est-ce qu'il est à part ? Donc forcément, t'es pas seul quand tu bosses. Et tu finis par créer un matériau, une esthétique. pour laquelle on est content de travailler en réalité. Parce qu'on a tous les codes en nous et qu'on a toujours trouvé tout ça très poétique et qu'on est amoureux de tout ça. Des carnavals à la Belge, etc. Donc voilà, je pense que quand tu crées effectivement un univers, c'est pas seul, c'est avec ce que t'as bouffé depuis que t'es gamin, ce que t'as apprécié chez toi, et c'est aussi en le mettant en résonance avec une vidéaste, avec un ingénieur du son, avec un arrangeur, avec un musicien. qui avait lui aussi besoin de faire ressortir tout ça. Je pense qu'il faut rappeler qu'on n'est pas seul. On n'est jamais seul. Quand tu fais quelque chose, par moments, tu es sur ton embarcation et tu te retournes, il y a des gens avec toi. Et puis à d'autres moments, tu es seul avec le gouvernail. Sinon, le truc s'arrête. Mais il y a aussi du partage et l'envie de faire rejaillir. une poésie du passé et des codes semblables.
- Speaker #0
Allez voir ce clip si vous ne le connaissez pas encore et tous les autres clips parce qu'il y a aussi Véronique Malmandier qui a bien compris que c'est ton univers et dans Intermittent de l'amour avec Manon Lepomme.
- Speaker #1
Avec Manon,
- Speaker #0
oui. Elle a vu comment ce featuring ?
- Speaker #1
Ce featuring ? Moi j'ai rencontré Manon parce que son... Le producteur était le bassiste de la version groupe de Bijoux. Donc ça a tout de suite matché entre nous. J'ai fait quelques premières parties, quelques premières parties de Manon. C'était super. Et puis, pendant le Covid, je me suis retrouvé à passer des nuits chez elle avec Elliot, son mari, qui est aussi musicien, qui a une encyclopédie de la musique. On s'est écouté des vinyles. On a refait l'histoire de la musique ensemble. Et pendant le Covid, elle m'a envoyé. À une heure et demie, un message, on va faire une chanson ensemble, on va tous les niquer. Incroyable, quel mystère dans ce SMS. Et je lui ai dit d'accord, faisons une chanson ensemble.
- Speaker #0
Ouais, c'est une fille très généreuse.
- Speaker #1
Ouais, très très généreuse, oui bien sûr. Engagée avec des idées, un amour aussi pour sa ville, pour son quartier, pour les gens. Oui, non, c'est une personne entière et remarquable.
- Speaker #0
Les gens vont vraiment se demander ce qu'il y a dans ce Tupperware parce qu'on n'a toujours pas ouvert, on en parle et à chaque fois il y a une question supplémentaire qui revient. En fait, comme je disais, j'ai écouté toutes tes chansons, je les ai réécoutées dans ma voiture et je me suis dit, vas-y, tape un peu toutes les personnes, quand j'avais mon cahier à côté de moi, donc il y a peut-être eu plus d'artistes dans ma tête encore que ce qu'il y a là-dedans, et donne-lui le Tupperware. tu ouvres et tu as le droit de ne pas commenter ou tu as le droit de commenter par rapport à ce que tu vois et alors pas nécessairement en lien avec tes chansons mais juste ce qui t'inspire ou ce qui ne t'inspire pas en disant je ne vois pas pourquoi t'as pensé à ça mais alors dans ce cas là tu peux m'interroger
- Speaker #1
Quoi ? Donc ça c'est Dev, si je ne m'abuse.
- Speaker #0
C'est Dev, oui. Jeune.
- Speaker #1
Jeune.
- Speaker #0
J'ai cherché jeune, parce qu'il y avait vieux beaucoup.
- Speaker #1
Mais il y a une vraie présence, ça, c'est un beau gars. C'est un beau gars, je crois qu'aussi ça doit être quelqu'un de très humain. Et moi, ça les artistes, c'est important pour moi d'essayer d'imaginer, en tout cas de deviner qu'ils ont une belle humanité. Je pense que c'est son cas. J'aime beaucoup ces grands hits. J'aime beaucoup sa déclamation, sa façon, le timbre, sa voix, sa façon de chanter et les arrangements derrière. Oui, ça, je pourrais mettre... Alors moi, je suis très best-of, parfois un peu trop, mais je pourrais mettre ses plus grands titres et passer un bon moment musical chez moi en cuisinant, etc.
- Speaker #0
Moi, je trouve qu'il a un kitsch cool.
- Speaker #1
Exactement, ouais.
- Speaker #0
C'est un kitsch cool. C'est un kitsch que moi, du côté de chez Swan, on peut l'écouter et c'est une très belle chanson.
- Speaker #1
Et c'est plein de nostalgie et ça nous touche, il y a aussi quelque chose qui touche à l'universel. Genre de gars, tu te dis, j'aimerais le connaître, ça doit être le bon pote.
- Speaker #0
Ah oui, c'est vrai.
- Speaker #1
Et j'aime bien moi aussi me dire que ça, une personne pourrait être le bon pote ou la bonne pote. J'aime aussi ce genre de personne qui a un timbre de voix très doux, tu vois. Très doux, mais sans être snob. J'aime bien. Je replonge dans le tupperware. Allez, je replonge, J'en reviens. Johnny. Johnny.
- Speaker #0
Tu en as parlé au début, l'envie. Je crois que tu as commencé en disant l'envie d'avoir envie.
- Speaker #1
Johnny, écoute, justement, j'en parlais avec ma copine qui est allée le voir au concert, et moi aussi, elle, elle est hyper fan, son père est hyper fan de Johnny, tu vois. Moi aussi. Moi aussi. On avait la cassette vidéo VHS de son concert à l'Olympia. Quelle générosité. Une voix, j'adorerais avoir sa voix. Je me dis, ça doit être tellement... Avoir une voix comme Céline Dion ou Johnny Hallyday, ça doit être tellement kiffant, jouissif. Jouissif d'être la personne qui possède cette voix et qui est capable d'avoir de telles envolées, notamment dans les aigus. C'est génial. Je crois que... Donc moi je viens, t'es ici chez moi, mais j'y habite depuis deux mois, ça manque de déco et je crois que je vais mettre un cadre de Johnny, j'en parlais justement la semaine dernière, si je trouve un beau cadre de Johnny, ça me plairait de mettre...
- Speaker #0
Écoute,
- Speaker #1
on était dans une brocante, tu as du Johnny dans les brocantes, c'est ça qui est incroyable, à quel point on se l'est approprié, à quel point, ok c'est une icône mais il fait partie du quotidien de notre culture, il a pris place dans notre culture. Et tu le vois notamment, là tu m'as montré Dave, tu n'as pas tant de références à Dave que ça dans une brocante, mais promène-toi dans une brocante, tu vas voir que Johnny, et voilà, tu as des crucifix, d'accord ? Tu as des cadres avec le petit bonhomme qui a une larme, eh bien tu as Johnny.
- Speaker #0
Oui, il soit religiosisé.
- Speaker #1
Ah oui, c'est un olympien. Oui, c'est vrai. Mais, et c'est là que ça marche toujours, c'est l'identification. idéalisation, tu vois. Il a eu ce problème comme nous. Il appartient au réel. Et en même temps, c'est un espèce de dieu. Et ça, ça marche à fond. Ça, c'est le mécanisme Paris Match. Ça marche bien avec ces gens-là.
- Speaker #0
Il est dans ton inspiration de village.
- Speaker #1
Un village ? Euh... Non, dans une autre, je fais à un moment donné une petite imitation. C'est pas Village, c'était Requiem, justement. Mais à un moment, je suis ici. À ce moment-là, oui, il y a un petit cladeuil. C'est une petite parodie, mais on parodie bien souvent les gens pour lesquels on a énormément d'admiration.
- Speaker #0
Ils sont toujours de l'amour caché.
- Speaker #1
Bien souvent, oui, très souvent. Après, peut-être pas dans le dessin de presse. Non, ça devient la moqueuse. Pas dans le dessin de presse.
- Speaker #0
aussi je crois parce que maintenant je parle vraiment des caricatures des caricatures dans le dessin de presse mais c'est pas une parodie ça enfin il y a quelque chose de parodique oui parce que je suis sûr les parodies par contre c'est toujours que tu aimes parce que tu as tellement observé la personne que tu veux mais avec tous les défauts de ton corps t'arrives pas je suis sûr je suis d'accord je pourrais la caricaturer je pourrais la
- Speaker #1
justement pas la caricaturer mais en faire un pastiche parce que je l'aime voilà mais je suis d'accord avec toi et de toute façon j'étais en train il y avait une confusion dans mon esprit entre caricature et parodie Voilà. Je t'en choque pas encore un ou deux ? Qu'est-ce qu'il se passe ? Allez, allons-y. Ah oui, alors là, c'est qui ? C'est la meuf de BHL, Ariel Dombal. Je n'arrive pas. Je ne rentrerai jamais dans le délire d'Ariel Dombal. Enfin, dans le délire, dans son réel, dans sa réalité. C'est quelqu'un... C'est quelque chose là-dessus.
- Speaker #0
Quand elle souhaite joyeux Noël, tu n'as pas des trucs comme ça en toi ?
- Speaker #1
Moi, Ariel Dombal, je sais que mon père, il a trouvé quelque chose, il trouvait toujours quelque chose, etc. Moi, je vois bien que c'est un genre d'ovni, et ça c'est très bien, mais je ne suis jamais arrêté à elle. Mince !
- Speaker #0
C'est Bonnie Tyler.
- Speaker #1
Bonnie Tyler. qui vient de mourir, je sais. C'est pareil, à mon avis, j'adore ces chansons sans savoir que c'est elle qui les chante. Ah oui, voilà, très très beau. Évidemment, très très beau. Donc pour moi, je suis content que de tels artistes existent, font partie de la BO de ma vie, mais sans spécialement avoir un lien aussi presque direct qu'avec un Johnny. Je crois que les artistes iconiques, soit ils sont un peu lointains, soit t'as un peu l'impression qu'ils font partie, qu'ils sont dans tes poches. Qu'ils font partie. presque de ta construction mais c'était les cheveux un peu ah oui mais les cheveux ça c'est génial j'espère qu'un jour effectivement les postures capillaires seront à nouveau ouais mais réellement ah ouais là j'ai Dalida, j'ai Lann alors c'est pareil je trouve que c'est des artistes magnifiques mais on est content que ces personnes existent et il fait de si chouettes chansons qui font partie de notre décor sonore, mais je n'ai pas nécessairement... Elle est magnifique. Ici, elle est magnifique aussi sur la photo. Mystérieuse et souriante. Mais je n'ai pas non plus beaucoup plus à dire sur Dalida. Bah oui, là par contre, Jean-Luc Fonck, ça par contre, c'est qu'elle kiffe quand elle a l'adolescence. T'écoutes un peu la même chose que tout le monde à 12-13 ans, puis tu rencontres d'autres musiques qui te touchent un peu plus, et puis vers 15-16 ans, tu tombes sur Jean-Luc Fonck. Et là, t'as l'impression de... ça fait partie des quelques fois dans la vie où tu rencontres le Graal.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Moi, c'est des choses... Jean-Luc Fonck, directement, il fait vibrer mes cordes personnelles. J'aime cet état d'esprit, ses blagues, le fait d'oser. Je suis allé le voir en concert l'une ou l'autre reprise. J'ai eu la chance de parler avec lui et de voir que derrière le foot-rock et la fantaisie, il y a toujours énormément de sensibilité et une réflexion.
- Speaker #0
Moi, je prends deux secondes sur lui. Il m'a fait rencontrer, parce que je suis d'origine italienne, et j'ai baigné dans la culture italienne, mais c'est lui qui m'a fait comprendre que j'étais belge.
- Speaker #1
Ah oui, voilà.
- Speaker #0
C'est lui qui m'a fait comprendre que ça n'appartient pas aux français.
- Speaker #1
Tu es à cheval sur deux cultures.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et probablement qu'il y a plein de pans de la culture italienne que tu comprends, et peut-être d'une manière avec beaucoup de proximité, mais beaucoup d'Italia pur en écoutant Jean-Luc Fonck et beaucoup de français parce que du coup ils comprennent ce qu'ils disent, se demandent qui c'est. Peut-être moi aujourd'hui. Peut-être qu'aujourd'hui la France est un peu davantage belgicisée et qu'on les a un peu habitués. On les a un peu habitués, ils comprendraient peut-être mieux un fond qu'aujourd'hui qu'il y avait à temps, je sais pas, je sais pas, mais je vais les faire tous. Bah Céline, ça on en a parlé, écoute, voilà.
- Speaker #0
Icône en fait de ce podcast.
- Speaker #1
Mais ouais, parce que moi elle m'émeut, elle m'émeut, c'est vraiment elle m'émeut, et puis voilà, cette voix qu'on a, incroyable, qu'on aime écouter, mais que j'aurais adoré avoir, que j'aurais adoré avoir. Bon là on va les faire tous.
- Speaker #0
Bah ouais, il ne te reste plus que deux.
- Speaker #1
Adamo, aussi la belle personne. Aussi la belle personne. Moi, quand un mec comme Arnaud reprend les filles du bord de mer, il me fait découvrir qu'en réalité, Adamo est un grand. Forcément, il a ce côté un peu désuet. Et donc, tu vas l'écouter sans l'écouter. Et puis, depuis qu'Arnaud a repris les filles du bord de mer, quand j'écoute Adamo, je me dis, ben voilà, quel parolier. Mais c'est parce qu'il a cette façon un peu plus... d'un autre fois, mais voilà. Encore un grand bonhomme.
- Speaker #0
Mais là, ce côté Adamo qui est justement marqué, on parlait des lieux qui étaient un peu jaunis par le tabou, etc. On écrit Jupilère qui était un moment que tu as évoqué. J'ai l'impression qu'Adamo, il est dans le cœur des gens qui sont dans ces lieux. Sans pour autant, avec Johnny, mais avec Johnny et Adamo sont deux parties un peu de ce que nous sommes nous, les Belges.
- Speaker #1
Oui, bien sûr.
- Speaker #0
Et Jean-Luc Son qu'au milieu.
- Speaker #1
Oui, pourquoi ? Parce que ce sont des gens qui ne se prennent pas la tête.
- Speaker #0
J'ai l'impression, ce sont des gens qui acceptent d'être populaires. Voilà, je ne sais que dire.
- Speaker #1
Non mais c'est bien, tu en as bien parlé.
- Speaker #0
Et puis je sais aussi, ça générosité en concert, pour connaître quand même des gens qui jouent avec lui, qui travaillent avec lui, parce que ça en Belgique, tu finis toujours par connaître quelqu'un qui bosse avec quelqu'un, qu'il soit connu ou pas connu. Je sais que c'est le mec qui ne s'arrêterait jamais de chanter sur scène. Il adore faire des longs shows. Et pour lui, ce n'est pas un problème de rechanter, pour une énième fois, ses plus grands tubes.
- Speaker #1
Il aime vraiment son public. Ah ouais,
- Speaker #0
bravo à ça. C'est Taipar, c'est American Aerobic Championship.
- Speaker #1
Non, c'est Véronique Davina. C'est vrai que c'est très américanisé. C'est très américanisé.
- Speaker #0
Ah, c'est Véronique Davina. Figure-toi que moi, c'est en faisant bijoux. qu'on m'a fait prendre conscience qu'elles existaient moi et nous on n'avait pas ce qu'on appelait les chaînes à l'époque à la télévision on m'a parlé de Philippe Catherine et je connaissais à peine tu vois quand on me compare à quelqu'un ça a été le plus souvent à Philippe Catherine moi quand j'ai commencé je connaissais juste Luxor j'adore et je connaissais pas plus que ça et ben Véro et Davina comme nous on avait que la RTBF je connaissais pas et ce n'est pas l'univers de mes parents. Et puis oui, maintenant, je connais. C'est vrai que moi, je commence mon spectacle en aérobic. Oui,
- Speaker #1
dans tes chorégraphies. Oui,
- Speaker #0
avec Taipa. Et ça, par contre, il faut aller voir sur YouTube. Tous ces aérobiqueuses, aérobiqueurs américains, ils sont magnifiques. Ils sont magnifiques, oui. Et puis, voilà, c'est... Je trouve que c'est plein de talent, mais c'est aussi plein d'autodérision quelque part. Et en même temps, qu'est-ce que je voulais dire ? C'est aussi le corps en action. Ça, j'aime aussi.
- Speaker #1
Écoute, François, merci beaucoup.
- Speaker #0
Merci à toi.
- Speaker #1
J'espère que l'exercice n'a pas été trop compliqué. Non,
- Speaker #0
c'était très bien.
- Speaker #1
Ok, cool. Est-ce que tu as des... Pour ceux qui seront vraiment allés jusqu'au bout, qui auront eu ce courage, hein maman ? Et qui auront vraiment tout écouté, est-ce que tu as des choses, des dates, des infos que tu voudrais partager ? C'est ton moment promo ?
- Speaker #0
Non, là pour le moment, je suis dans un moment où je n'ai pas envie de faire de promotion. C'est vraiment très fort. J'ai besoin de ne pas communiquer. J'ai besoin un petit peu de me... d'être dans mon terrier, donc il y a peut-être une ou l'autre chose, mais j'ai même pas envie d'en parler pour le moment, c'est peut-être inhabituel d'entendre ça de la part de quelqu'un, mais j'ai vraiment pas envie, j'ai juste envie de prendre mon temps, de recréer...
- Speaker #1
Et voilà la troupe, on referme la boîte à bijoux sur cette terrasse. Merci à François pour sa vulnérabilité joyeuse. Retiens que tu as le droit d'aimer Céline Dion et d'être un artiste engagé, qu'on peut porter des paillettes et d'avoir peur de l'avenir, et surtout, qu'un tupperware taché de sauce tomate, c'est peut-être l'objet le plus sacré qui soit. si cette conversation t'a plu ou t'a fait du bien, ne la garde pas pour toi partage-la à un ami qui a besoin de paillettes dans sa vie et surtout dis-moi en commentaire si cet épisode t'a plu si tu as aussi développé un fétichisme particulier pour un objet et puis on se retrouve très vite pour une nouvelle rencontre et d'ici là, garde tes paillettes et ta sensibilité intacte salut la troupe