- Speaker #0
Tu vois, ce fameux truc de dire, si les gens en sortant de la pièce de théâtre, quel qu'elle soit, se disent où est-ce qu'on a garé la voiture, tu veux boire un verre, c'est que la pièce est un peu ratée.
- Speaker #1
Je l'ai déjà dit ça. Dans un podcast, j'ai entendu. Que se passe-t-il vraiment dans la tête d'un artiste ? Quand les lumières sont éteintes, que les bravos sont silencieux, coincés entre le vide et un futur projet. Ici, on s'assoit, on parle de nos doutes, de nos choix, de comment en est la créativité. Pourquoi on fait ça ? Qu'est-ce qui nous pousse à commencer et à recommencer ? Quand on ne sait pas quoi répondre à la question, c'est quoi ton prochain truc ? On s'endort en se demandant à soi-même, à quoi tu joues ? Hello et bienvenue dans la deuxième saison de À quoi tu joues ? Je commence cette saison avec le premier épisode où je reçois Dimitri Lepage. Dimitri, c'est un comédien formé au cours Florent. Il est aussi à l'origine de la troupe Les Chevals de Troyes. Dans cet épisode, on explore sa nouvelle création, La Chasse aux Snarks, une comédie délirante inspirée du poème de Lewis Carroll. On revient sur ses anciens spectacles joués à Avignon, comme Les Chèvres en Corrèze, L'Ours émeraude ou encore Les Rossignols du Carnage. d'ailleurs j'ai appris que l'expression rossignol du carré Carnage, très intéressant, est une métaphore historique et littéraire pour critiquer les intellectuels, écrivains et journalistes qui exaltent la guerre, glorifiant le sacrifice des soldats et accueillent les catastrophes avec un lyrisme enthousiaste. Tiens, c'est tellement d'affaire. d'actualité tout ça, mais on a abordé aussi le sens de la vie, ah oui, et l'importance de partager à manger au théâtre de ces bonbons pour se rappeler que l'humanité est belle quand même. On parle de culpabilité face au monde et pourquoi il faut arrêter de se sentir coupable pour commencer à agir. De l'importance de se lancer sans être parfait. On a évoqué la nécessité de payer les humains avant d'acheter des caméras. On a aussi parlé d'animaux, de pigeons qui prennent le métro à Londres, des bonobos kidnappeurs et de Gina, une petite araignée qui s'est installée tranquillou chez Dimitri. toutes les références dont nous avons parlé durant le podcast et on a un paquet sont dans la description je vous souhaite une bonne écoute donc toi tu vas faire un projet qui est sur Youtube euh ouais je vais faire enfin j'ai commencé déjà
- Speaker #0
Les 4 premières vidéos sont sorties. C'est politique. C'est politique, mais on essaie de faire histoire philopolitique. Comment la politique s'articule sur le temps long. On essaie de ne pas faire trop de popole. Ce qui ne m'intéresse pas des masses. C'est quoi, popole ? C'est politique politicienne. Tel ministre s'est entendu dans les couloirs avec telle personne. Ce qui m'intéresse, c'est les grands horizons. En gros, quel est le sens de notre vie ? Pour moi, la politique, c'est de la philosophie appliquée. à l'échelle du collectif. Donc, quelle société voulons-nous ? Qu'est-ce qu'on veut dans le monde ? Qu'est-ce qui nous rend heureux ? Et comment on arrive à ce que le plus grand nombre de personnes soient heureuses et épanouies ? C'est comme ça que ça s'applique.
- Speaker #1
Et comment tu vas chercher tes réponses ?
- Speaker #0
En fait, ça fait des années que je lis, que j'écoute d'autres trucs politiques. Je bouffe des livres et des conférences, des podcasts, des trucs comme ça, à longueur de temps. Donc, je commence à être bien formé théoriquement. En plus, je continue sur le côté. Et puis après, c'est juste des échanges. J'écris un script, je le fais relire aux gens que je trouve compétents.
- Speaker #1
Donc en fait, tout ça, c'est ton travail en amont que tu fais qui est assez long. Moi,
- Speaker #0
c'est beaucoup comme ça. Je m'asserre pendant très longtemps quelque chose. Et une fois que la matière a bien tourné dans ma tête, elle est prête à ressortir d'une façon ou d'une autre.
- Speaker #1
Et tu lis quoi ? Si tu as des lectures de...
- Speaker #0
Ça dépend vraiment de ce qui t'intéresse, parce que je peux lire vraiment sur des sujets très variés. Il y a un moment où j'ai découvert Yohann Chapoutot qui a un historien du nazisme par exemple, et je me suis tapé mille livres sur les nazis. Mais il faut vouloir se les taper parce que c'est le nazisme, donc c'est pas franchement fun. Et puis il y a d'autres moments... Là le livre que je lis en ce moment c'est un livre de Clémence Guettet pour une politique de l'amitié. C'est une proposition qu'elle a de faire entrer dans les droits toutes sortes de relations qui ne sont pas de relations typiques couple homme-femme. Pour étendre nos façons de vivre à plein d'autres trucs, par exemple le fait que les amis puissent être connus légalement en cas de problème à l'hôpital, en cas de décès, que les parrains soient reconnus légalement par un marraine, de tout autre truc comme ça. Comment on peut élargir des droits qui avant étaient juste limités à la famille patriarcale, les élargir à une nouvelle façon de vivre notre vie, qui fait que parfois on passe plus de temps avec nos amis qu'avec notre famille.
- Speaker #1
ça fait partie de pas mal de questions que j'avais autour de toi parce que Donc Dimitri Lepage, en fait on ne se connaît pas, on se connaît de réseautement et en fait moi je remarque que parfois je like un truc et en fait Dimitri Lepage a déjà liké le truc et donc comme tu parles de politique et que visiblement nous sommes tous les deux très politisés, je trouve ça hyper intéressant que tu parles de ça. Quand est-ce qu'on pourra voir cette chaîne YouTube ?
- Speaker #0
Là, on peut la voir. Elle est lancée. Il y a les 4 premiers épisodes. Je suis allé aux universités d'été de la France Insoumise. dans lequel j'ai fait un micro-trottoir, j'ai un peu interrogé des gens et tout ça, puis je suis content parce que j'ai pu interroger des gens dont j'aime bien la pensée, ou en tout cas avec qui j'avais envie de parler. Et donc ça c'est un petit vlog, on va dire, mais tu vois de nouveau j'ai pas trop ce truc de... Le vlog est un côté un peu... on parle de tout et de rien, là j'ai vraiment essayé d'axer sur certaines questions justement plus philo, qui m'intéressaient plus précisément. Donc la première journée, par exemple, on a beaucoup parlé de perspectives au niveau européen, des alliances qu'il y avait moyen de faire en Europe. et tout ça, le deuxième jour on a plutôt parlé justement de l'amitié, ce fameux truc de Cléonce Guettet et de des élections, là c'était un peu plus popole même si d'habitude j'essaye de pas trop l'être le troisième jour on a beaucoup parlé d'antiracisme parce que moi c'est un truc qui me préoccupe vraiment profondément ça a été vraiment mon ma porte d'entrée dans la politique, ça a été l'antiracisme c'est une question qui m'a toujours poursuivi des trucs comme ça t'as une racine à ça ? Non, je ne sais pas trop d'où ça vient. Je pense que quand on était petit, on avait encore ce truc, tu vois, dans les écoles, moi j'étais en morale et compagnie, on nous parlait de la Shoah, des grands génocides, le génocide des Tutsis, des trucs comme ça. Et ça s'est vraiment attaché en moi, quoi. Le fait que l'humanité puisse en arriver là, c'est un truc qui m'a percuté très vite. Et le rapport de l'Occident au monde, au reste du monde, et surtout au Sud et tout, c'est un truc qui m'a toujours interrogé. Alors je suis passé par plein de phases, la phase de se sentir coupable, la phase de nanana. Par exemple, j'ai compris que la culpabilité, ça ne servait à rien. que c'est pas moi Dimitri Lepage le responsable, mais c'était des systèmes quoi. Mais donc c'est des trucs qui m'ont très vite... Puis je suis parti en voyage quand j'avais eu 18 ans, autour de 18 ans. Donc j'ai un peu vu le reste du monde, tu vois, notamment je suis allé au Vietnam. Et au Vietnam, tu découvres d'un autre oeil la guerre du Vietnam. qui en fait est la guerre des Etats-Unis, une énième guerre des Etats-Unis contre le reste du monde et en fait c'est apocalyptique quoi, quand tu vois les musées que j'ai fait là-bas, ce que les Américains ont fait là-bas
- Speaker #1
En quoi la... on va parler théâtre mais en fait ça m'intéresse vachement, en quoi la culpabilité elle sert à rien dans...
- Speaker #0
Parce que en gros tu vois t'as deux modes et les deux modes se jouent sur le même truc t'as oh c'est pas de ma faute j'ai rien à voir là-dedans et... « Oh mon Dieu, je me sens coupable, on a tellement déconné. » Mais l'un comme l'autre ne vont pas aider.
- Speaker #1
Et la culpabilité n'aide pas à la mémoire ?
- Speaker #0
Non, pas en tant que toi individu. Ce n'est pas sur moi individu que repose l'exploitation du Congo. Par contre, c'est sur moi, habitant d'un pays de l'Occident et du Nord, le GSM que j'ai dans la poche, il vient de quelque part, il vient du Congo. Et le fait de comprendre ça peut m'aider à m'inscrire dans une lutte qui fait qu'on n'exploite plus les travailleurs du Congo. Mais c'est pas en me disant, mon dieu... Et c'est pas non plus en se disant, ben non, j'ai rien à voir là-dedans, c'était mes grands-parents, ou même mes grands-parents n'ont rien fait. Tu vois, c'est aussi un moyen de se déclarer comme innocent. Donc c'est toujours ce rapport à la culpabilité qui, en fait, est traître, c'est un piège. Mais c'est un peu se placer sur le terrain de la morale. Et le terrain de la morale, oui, il t'aide, toi, dans ta vie, à construire des choix et tout ça. Mais il n'aide pas, dans un cadre global, à comment est-ce qu'on va faire mieux ensemble. C'est pas ta culpabilité à toi qui va sauver les Congolais, quoi.
- Speaker #1
Et comment tu expliques que... Dans l'actualité que nous avons, le monde politique tel qu'il est aujourd'hui, notre réalité politique, comment tu expliques qu'on ne soit pas tous, notre génération, sensibles à ce qui a été appris ? Par exemple, moi j'avais quelqu'un qui avait échappé au génocide de Rwanda dans ma classe de 5e primaire, ce qui m'avait en fait émotionnellement marqué. Bon, évidemment, ça, c'est mon expérience de vivant sur Terre. Mais après, je me dis, tiens, avec mon âge, pourquoi il y a un switch comme ça sur ce genre de choses qu'on a palpé ?
- Speaker #0
Oui, je pense qu'il y a eu une époque, justement, quand on était petit, on nous en parlait beaucoup plus. Et donc, c'était beaucoup plus vivant. Malheureusement, je pense qu'on nous en a justement beaucoup parlé d'un point de vue moral. Tu vois, par exemple, quand on nous parlait du génocide des Tutsis, on nous disait « Ah oui, il y a eu un truc horrible qui s'est passé en Afrique. » Et en fait, quand tu te renseignes sur le génocide des Tutsis, tu te rends compte qu'il y a eu une administration belge et allemande au Rwanda. qui a créé des séparations ethniques là où il n'existait que des séparations sociales, qui les a enterrénées, qui les a mises sur des corps d'entités. En fait, on a totalement un rapport avec ce qui s'est passé là-bas. Et le fait que ce soit poursuivi, ça a un lien avec le Congo. Ça fait 30 ans que ça dure. Et pourquoi est-ce que ça dure ? Parce que les Européens investissent massivement là-bas, parce que les matières premières qu'il y a au Congo, c'est une folie. Tout ce qui vient de là-bas. Le monde ne tourne pas sans le Congo, grosso modo. Et tout ça est lié. Mais en fait, nous, quand on était petits, il y avait un peu cette mouvance antiraciste. Ce n'est pas bien d'être raciste, c'est très méchant. Soyons, aimons-nous. Ce qui est une chose qui est vraie dans la vie de tous les jours, mais ce qui ne fonctionne pas dans un déploiement politique. Il faut être capable d'envisager les relations d'un point de vue systémique. Pourquoi est-ce que justement, les hommes noirs, toujours aujourd'hui, sont abattus dans la rue, des trucs comme ça ? Il y a des réponses qui vont au-delà de « il faudrait être gentil les uns envers les autres » et la couleur de peau. En fait, ce n'est pas des questions de couleur de peau. Parce qu'il y a des gens, je ne sais pas moi, en Espagne, qui vont avoir une couleur de peau qui va se rapprocher dans la teinte, dans le pur spectre des couleurs, de la couleur de peau des Arabes, mais qui vont se considérer comme blanc et tout ça. Donc ce n'est pas une question de couleur de peau, c'est une question de place dans une hiérarchie sociale. Donc ça, ça n'a rien à voir, tu vois, avec tes questions.
- Speaker #1
La bourgeoisie.
- Speaker #0
En gros. Mais non, mais c'est ça. En gros, c'est ça. En gros, il y a des gens qui ont une position privilégiée dans le monde. Bien sûr.
- Speaker #1
Et quelque part, je suis le bourgeois de quelqu'un.
- Speaker #0
Ouais, après, tu vois, on peut... plus ou moins favorisé, on peut être plus ou moins privilégié par un système, mais il y a une vraie classe dirigeante qui a vraiment des intérêts à rester comme ça, qui là est totalement en train de décrocher mais vraiment à 100% du réel. Parce que là, la question qui se pose aux plus grandes élites, c'est plus comment je vais faire plus d'argent mais comment je vais devenir immortel. C'est à ce point-là qu'ils sont en train de déconnecter complètement du reste de l'humanité.
- Speaker #1
Et tu crois qu'on va pouvoir changer le monde ? Alors là, ma question très concrète... Parce que tu as parlé d'un parti français, et je suis avec un français, tu crois qu'en 2027 on va pouvoir quand même, plus ou moins comme en Suède, même si la gauche de la Suède c'est pas la gauche de la France, changer la vapeur ?
- Speaker #0
Écoute, il y a eu Mamdani récemment, et Mamdani il est arrivé au pouvoir, il a fait ce qu'il a dit qu'il allait faire, donc c'était pas à traître comme beaucoup de joueurs de pseudo-gauche, et en fait il a fait passer deux... mesures phares sur 3 de ce qu'il voulait faire c'est à dire qu'il a encore bloqué au niveau il avait promis des bus gratuits je pense ou des bus en tout cas beaucoup plus de bus il a encore un peu bloqué parce que ça dépend du gouvernement de l'état de New York et pas de lui mais les autres trucs il a ouvert des épiceries moins chères pour les New Yorkais il a bloqué le prix des salaires il a fait pour le childcare et en fait les gens vont mieux le taux de criminalité n'a jamais été aussi bas ou en tout cas depuis 10-15 ans très vite ça a des impacts concrets la preuve que c'est pas des effets de tiens moi tout seul c'est des trucs systémiques et si tu mets en place des trucs systémiques très vite les gens vont mieux et les gens voient qu'ils vont mieux et donc ils n'ont plus envie de lâcher ça donc oui je pense que moi je sens un truc qui se lève qui avait jamais été là auparavant mais ce serait faux d'être complètement moi j'ai envie d'être objectif mais tu sais le fameux truc de Gramsci penseur italien qui disait comment optimisme de la volonté pessimisme de la raison fallait dire l'autre sens mais on s'en fout Et donc il y a ce truc de oui, moi j'ai envie d'y croire. Après, est-ce qu'il y a une frange de la population qui est profondément radicalisée dans le racisme ? Oui. Et est-ce qu'elle pourrait gagner aux élections ? Oui. Et est-ce qu'elle est recouragée par beaucoup de médias et tout ça ? Oui.
- Speaker #1
Mais toi, tu es un optimiste.
- Speaker #0
Non, je ne dirais pas ça. Je crois que je colle vraiment à ce truc de Gramsci, je suis profondément pessimiste, le monde qui m'entoure et la façon dont les choses se passent, la Palestine, c'est un poids au jour le jour pour moi, mais je pense que si tu te laisses écraser par ça et que tu te dis bon on va terminer, ben voilà, va te coucher dans ton lit et attends de mourir, donc il faut vivre. Il y a une phrase que j'aime beaucoup, qui vient d'un film de Ken Loach et de Miyazaki, le vent se lève, il faut tenter de vivre, c'est un poème. à la base, et je ne sais plus qui a écrit ça.
- Speaker #1
Salut les comédiens, alors je me permets juste de faire un petit arrêt dans le podcast pour vous dire que le vers dont parle Dimitri vient du poème Le cimetière marin de Paul Valéry et a été écrit en 1920. Dans le dernier paragraphe, on pourra lire Le vent se lève, il faut tenter de vivre L'air immense ouvre et referme mon livre La vague en poudre ose jaillir des rocs Envolez-vous, page tout éblouie Romper vague, romper doré jouille, se toit tranquille ou picorée des phoques.
- Speaker #0
Parce qu'il faut tenter, c'est pas si facile, c'est pas si facile, je trouve qu'il y a beaucoup de choses qui nous pèsent. Le vent se lève, c'est autant le vent de l'optimisme, de l'espoir que le vent de l'orage qui pourrait tout ravager. Mais voilà, c'est...
- Speaker #1
Est-ce que ça influence beaucoup ton travail ?
- Speaker #0
Oui, à mort. Je me rends compte plutôt a posteriori. Je me le dis d'une certaine façon au moment où j'écris, mais c'est après coup quand même que je vois qu'il y a quand même un tracé. Mon premier spectacle s'appelle Les chèvres en Corrèze, qui justement parle de ce rapport individuel au système et comment on affronte le fait de s'inscrire dans le système d'une façon ou d'une autre. Donc comment on trouve sa place là-dedans, comment on trouve ça plus grand que nous. un mouvement collectif à faire ça c'est un peu une partie de ce qui était dit dans les chèvres quoi donc tout le parcours d'un individu qui se rend compte qu'il n'est pas qu'un individu et qui va devoir faire avec même si ça le blesse parce que cette société peut être très blessante et puis le deuxième c'était l'ours d'émeraude qui était un peu les chèvres tu vas adapter pour les enfants mais où ça se finissait par une note d'espoir encore plus fort parce que dans l'ours d'émeraude il y avait vraiment un truc de vous pouvez changer ça parce que je m'adressais aux aux petits ou aux petites. Donc il y a ce truc de dire vous pouvez... Nous peut-être on a un peu foiré, mais encore on n'a pas fini, mais vous c'est sûr que vous pouvez. Et puis après j'ai co-écrit avec Mathieu Laviolette, qui est aussi un comédien, un artiste liégeois, Les Rossignols du Carnage, et là c'était vraiment très sombre. Et ça on l'a écrit à un moment, ça allait être les fameuses législatives en France, ça a été une période terrible, tu vois, c'était après le 7 octobre, c'était un moment, là on en ressort un peu de cette métal, ça commence à aller légèrement mieux. je puis dire, en tout cas, on sent un vent d'espoir. Là, il y a eu une traversée entre 2023 et 2025 qui est absolument terrible. Et donc, les reçus du carnage parlent de après la fin du monde, parce que là, il y avait un truc de vraiment... On est en train de se faire laminer. Et là, tu vois, avec la chasse au snark, le prochain spectacle, j'ai totalement changé de braquet. Et je suis justement dans ce rapport avec le rire et la comédie. J'ai vraiment envie d'emmener les gens dans une vitalité, dans une volonté de vivre, dans une volonté de se reconnecter mais en gardant les mêmes thématiques politiques. la même réflexion sur le sens de la vie et tout ça mais avec le rire, avec la force,
- Speaker #1
avec la joie de la fête donc ça suit mon sentiment par rapport au monde et ce que j'espère que le monde est en train de faire ouais évidemment je le souhaite et donc du coup là j'ai vu une petite story que tu avais partagée où tu commençais à faire la première lecture de ce texte là beaucoup
- Speaker #0
d'émotions là voilà on vient de faire la première lecture donc j'ai et Et mes acolytes, donc il y a Jérôme-Jacob Paquet qui est le metteur en scène habituel de ma troupe, il y a Cheval de Troyes, il y a Louise-Marie Hubert qui travaille beaucoup aussi avec nous. qui joue dans la pièce aussi et il y a mon frère Jonathan Lepage qui est le diffuseur et celui qui fait vivre la pièce au niveau de faire tourner le spectacle de communiquer et compagnie et donc on a réuni une équipe de comédiens et comédiennes qu'on trouve super qu'on a rencontré tout au long de nos parcours et qui on savait qu'on allait bien s'entendre humainement parce que c'était très important pour moi d'avoir un esprit d'équipage vu que c'est une pièce qui parle aussi d'une traversée, d'un équipage absurde et compagnie et donc là c'était la première bon évidemment surtout maintenant c'est extrêmement compliqué de trouver des fonds et compagnie Et je tenais vraiment à ce que les gens soient payés de A à Z. Parce qu'on a trop fait de spectacles où on sera payé plus tard,
- Speaker #1
on sera payé un jour rare.
- Speaker #0
Le genre de tournage où tu as des milliers d'euros qui sont mis dans la caméra, dans le fond, mais tu as zéro euro pour l'équipe à part un sandwich à midi. Mais pas pour critiquer les gens qui font ça. En fait, on est obligé de faire ça. Parce qu'en fait, sans caméra, forcément, tu ne tournes pas. Mais derrière, il n'y a plus... Donc moi, je voulais... D'abord, on paye les êtres humains. Et puis bon, on avance comme ça. Donc en fait, on n'a même pas encore fini de trouver tout le budget, mais on se dit, on se lance et le bateau part.
- Speaker #1
Et c'est comment on trouve des budgets ? Parce que ça, c'est un super gros thème de n'importe quel artiste qui écouterait.
- Speaker #0
Oui, c'est dur. C'est un long trajet. Il y a des périodes où ça a été un peu mieux, j'ai l'impression. Mais là, on vit dans une période où justement l'offensive des gouvernements qu'on emplace maintenant est tellement violente. Ils ont envie de tellement coup de couper dans tout. Ce qui ne nous intéresse pas.
- Speaker #1
Tout ce qui est secteur non marchand. Oui, c'est ça. Je suis fort en lien avec des enseignants.
- Speaker #0
Oui, oui.
- Speaker #1
C'est vraiment...
- Speaker #0
Tu sais, il y a François Bégodeau qui a sorti un livre il n'y a pas longtemps qui s'appelle « Du mépris » . Et il parlait notamment en marge de la présentation de ce livre-là du fait qu'à une époque, il restait dans la bourgeoisie dont on parlait tantôt, la classe dirigeante, un certain goût pour la culture. Tu vois, l'idée que peut-être parce que c'était lié à... une sorte de formation chrétienne. De temps en temps, tu dois t'arrêter, un peu contempler du beau et te cultiver, aller écouter un opéra, un truc comme ça. Et qu'aujourd'hui, ce sentiment-là est complètement sorti de la bourgeoisie, qui n'est plus préoccupé par le fait que de faire du pognon et d'être dans son commerce et tout ça. Et donc forcément, le reste de la société bascule avec elle. cette classe là qui avait le pouvoir ou non de mettre de l'argent dans les produits culturels ne le fait plus, elle ne lit plus elle ne va plus trop au théâtre donc c'est ça qu'on perd que tous les centres de la série parce que c'est eux qui ont les moyens et donc c'est compliqué mais alors on se bat il reste quand même malgré tout On est quand même les héritiers d'un pays où il y a eu longtemps une volonté de promouvoir la culture et l'art et tout ça. Donc il reste encore un peu de moyens dans le public. Donc on essaie de les récupérer comme on peut. Puis on va trouver à gauche, à droite. Voilà, c'est une longue haleine. Là, on avait déposé un dossier pour le loto. On l'a eu, mais ça c'est hyper cool parce qu'il reste encore moins cette source-là qui a permis d'en ranger. Puis c'est avec le soutien d'autres théâtres. Notamment ici, on enregistre au Moderne. Tu vois le moderne ? C'est toujours des théâtres qui nous écrivent une lettre, qui suivent nos spectacles et qui nous assurent d'avoir éventuellement des apprets pour les spectacles parce que c'est bien beau de créer, mais il faut le jouer. On les remercie, ils sont géniaux. C'est vrai, en plus, c'est des amis en même temps. Mais tu vois, c'est important qu'il reste des liens de solidarité comme ça entre nous qu'on soit capable de se tenir. Moi, je suis quand même relativement sceptique du... Je trouve que parfois dans le monde artistique, on en fait beaucoup sur la solidarité qui est plus une valeur que ce qu'elle est une réalité, si tu veux ce que je veux dire, mais il existe quand même.
- Speaker #1
Mais parce qu'en fait, est-ce qu'on n'a pas mis dans la tête des artistes quand même l'idée... idée qu'on devait tous être des gros entrepreneurs ?
- Speaker #0
Mais tu vois, de nouveau, dans ma réflexion philosophique et d'essayer de regarder les choses de vraiment beaucoup plus haut, cette notion d'artiste et tout ça, d'art... le fait que les artistes soient pas anonymes ou soient plus anonymes parce que pendant longtemps ils l'étaient, ça me questionne vraiment beaucoup en fait il y a pas longtemps je disais à quelqu'un qu'est-ce qu'elle est moche cette oeuvre et la personne me répondait ah mais non c'est Burkowski mais j'ai pas dit c'est à tel ou à tel j'ai dit c'est moche mais même tu vois les réalisatories il y a un truc qui est hyper individualisé on te fait croire que c'est un réalisateur qui fait le film alors qu'ils sont 150 c'est d'une laine c'est une idéologie capitaliste de faire reposer tout sur des individus géniaux qui sont déconnectés du reste donc vous vous savez pas faire ça parce que lui il est génial donc tentez d'atteindre ça cette fameuse phrase d'élève de réto qui visite un musée d'art contemporain qui dit moi aussi je pourrais le faire et que la prof répond non tu ne pourrais pas le faire ben si en fait si tu pourrais le faire on pourrait tous le faire dans une société qui va bien on aurait tous du temps pour faire un peu d'art alors certains seraient vraiment particulièrement doués s'y consacreraient à temps plein ce qui ferait qu'ils feraient des productions peut-être un peu plus ciselées mais en fait chacun d'entre nous aurait le temps d'apprendre à dessiner jouer d'un instrument gratouiller un peu tu vois Merci. Et en fait, on nous fait croire que c'est réservé à quelques individus dont on a la chance de faire partie parce qu'on s'est accrochés, tu vois. Mais voilà, moi, je la questionne, cette notion-là de l'artiste. Et donc, cette notion-là de l'artiste touché par la grâce et tout ça... De ça découle cette notion de l'entrepreneur, puisque l'artiste est en lui-même une entreprise qui a ce truc-là, alors chacun d'entre eux doit être en compétition pour être encore le meilleur. C'est un ruissellement de cette idéologie jusqu'à nous, où on est tous en concurrence les uns envers les autres. ouais mais tu vois c'est obligé on est obligé des subventions il y a x milliers d'euros pour combattre le projet donc on a beau se faire des sourires on sait qu'au bout d'un moment ce sera pour toi ou pour moi à plus ou moins de grande échelle donc ouais évidemment on est obligé de faire ça mais tu vois ça vient de quelque part ouais ouais je suis d'accord et
- Speaker #1
donc ce projet là j'ai pas bien compris son nom ça s'appelle la chasse au snark la chasse au snark c'est quoi le snark donc c'est ah ok
- Speaker #0
T'as mis le doigt sur la grande question de la chasse aux snarks, c'est l'adaptation de la poème de Lewis Carroll, celui qui a écrit Alice au pays des merveilles.
- Speaker #1
C'est pas comme le Jabberwock, c'est un autre poème je crois de Lewis Carroll.
- Speaker #0
Ouais, et j'ai une demande, non le Jabberwock vient pas dans la chasse aux snarks mais c'est le même genre de truc en gros. Donc c'est tout un équipage absurde, il y a un castor, il y a un boulanger mais qui sait pas boulanger, et ils partent à la recherche du snark. Et en fait personne ne sait ce que c'est le snark, y compris... eux-mêmes, ils n'ont pas l'air de savoir, ils ne savent pas à quoi ça ressemble, il y a un mec qui essaie de le décrire mais ça n'a aucun sens ce qu'il décrit, ils ne savent pas trop le trouver et surtout ils ne savent pas trop pourquoi ils le cherchent et à quoi ça sert et ce qu'ils vont en faire, c'est très saugrenu. Et en fait, derrière il y a cette métaphore de le snark, ce truc après lequel on court tous. mais sans savoir ce que c'est ni pourquoi on court après. Est-ce que c'est le bonheur ? Est-ce que c'est Dieu ? Est-ce que c'est la lumière ? Est-ce que c'est l'amour ? Est-ce que c'est le sens de la vie ? On est tous à la recherche de ce machin-là, mais on ne sait même pas pourquoi on le recherche, on ne sait même pas ce que c'est, et pourtant on court tous après.
- Speaker #1
C'est un peu ce que tu faisais, le lien avec l'artiste entrepreneur, qui court après quelque chose, mais de toute façon, il faudra d'abord être pointé par la bourgeoisie pour pouvoir être, à un moment donné, nommé parmi les nommés.
- Speaker #0
Pour l'artiste, c'est l'art. Pour quelqu'un d'autre, ça va être le bonheur. Il y a des gens qui vont passer leur vie pour chasser une espèce de vision idéalisée de l'amour. D'autres vont être en recherche de Dieu. Il y a ce truc de « mais au final, tu vas trouver, tu vas en faire quoi ? » Et avec ce truc de « derrière, de savoir qu'on ne le trouvera jamais, de notre vivant, ce truc. »
- Speaker #1
Et est-ce que le personnage que tu as fait avec Mathieu dans l'hérosignol du carnage, j'essaie de me souvenir parce que c'était donc à Avignon que je l'ai vu cet été, et est-ce qu'il a la même chose, c'est-à-dire cette recherche de quelque chose qu'il ne connaît pas, de ne sait pas quoi ?
- Speaker #0
Lui je dirais, vu que ça se passe après la fin du monde, il y a plutôt cette notion-là de faire le bilan de la perte de quelque chose. Et là, c'était la capacité des êtres humains à se lier. Il y a cette idée centrale de la pièce de ce qui fait l'humanité, c'est les récits qu'on se partage. Et le jour où il n'y aura plus de deux êtres humains pour se partager un récit, c'est le jour où l'humanité sera morte, même s'il reste un seul être humain, ce ne sera plus vraiment l'humanité. Parce que ce qui fait l'humanité, ce n'est pas les individus de gérer le sens, c'est les récits dont les liens comptissent. Et en fait, ce mec-là qui se retrouve à être le dernier, est un peu en train de faire le testament de l'humanité, un peu sa lettre de suicide, comme on dit à un moment au spectacle, et de se dire, en fait, ce qui était beau, c'est les récits qu'on s'est partagés. Et pendant longtemps, justement, on s'est laissé embrigader par des récits. qui étaient des récits très sombres, de récits personnels, de courses, de performances au profit de l'un. Mais en fait, il y a d'autres récits qu'on peut se raconter, qui sont des récits qui vont vers d'autres directions et qui ne poussent pas vers la ruine et vers le carnage. En fait, tu vois, l'idée des Rossignols du carnage, ça venait de gens pendant la Première Guerre mondiale qui avaient vraiment encensé l'idée de la guerre et qui avaient poussé tout le monde à la guerre. C'est une belle idée. Comment il s'appelait ? Je crois que c'était Barès. le mec, je confonds peut-être avec un autre type de cette trempe de l'époque mais en fait en tout cas voilà, ils avaient été appelés comme ça les Rossignols du Carnage parce qu'ils étaient en mode ah la guerre c'est superbe, c'est magnifique et bon résultat il y a des millions de morts et un désastre qui a mené à la deuxième guerre mondiale et qui a encore des millions de morts et en fait l'idée c'est de dire qu'aujourd'hui on entend de nouveau ces Rossignols du Carnage beuglés H24, on en a un beau en Belgique qui s'appelle Franken c'est un magnifique et horrible Rossignol du Carnage en fait on peut se raconter d'autres histoires que ces histoires à lui.
- Speaker #1
Il y a beaucoup l'idée du conteur chez toi, c'est quelque chose qui revient quand même souvent, parce que dans L'ours émeraude et Des chèvres en Corrèze, il me semble que c'est un, je ne l'ai pas vu, mais c'est un conteur, le gars. Et donc le conteur, ça a quand même à chaque fois un statut un peu particulier. Et là, tu me parles pour le snark, Snark. Snark. De nouveau, un peu de Lewis Carroll qui est quand même un conteur. On est presque dans le conte aussi avec Lewis Carroll. C'est quelque chose que tu as déjà remarqué,
- Speaker #0
que tu étais un peu en bug là-dessus ? Oui, une espèce de petite grille d'évaluation pour connaître un peu ma place dans le monde et tout ça. Et à un moment, j'étais arrivé à la conclusion que j'étais un raconteur d'histoire, que c'est là où je me sentais bien. et que cette position de compteur est la compteur de... d'histoire, il se trouve qu'elle s'est exprimée dans l'art, mais j'aurais pu être cuistot pour le même prix, j'aurais pu être historien, j'aurais pu être politicien, c'est deux différentes façons de raconter une histoire, et qui s'est trouvé que là où j'ai trouvé le mieux, mais donc c'est vraiment ça qui m'intéresse, et tu sais j'ai ce rapport très spirituel à des anciennes formes de liens populaires, tu vois ce côté un peu barde, l'idée de se raconter des trucs au coin du feu. C'est dans ce récit au coin du feu, un moment un peu sacré hors du temps, qui émerge quelque chose de plus. J'aime beaucoup ce truc-là. C'est un truc qui me poursuit un peu, ce côté un peu d'être le barde. Et en fait, du coup, je ne suis pas juste là pour divertir. Je ne suis pas plus important que la réserve de société, mais j'ai un rôle à y jouer qui n'est pas négligeable et qui doit être pris au sérieux, que ce soit en faisant rire les gens ou tout ça. Il y a des histoires, un passé, qui sont en fait des vraies réflexions et des vrais trucs qui nous accompagnent.
- Speaker #1
Un rôle de liant.
- Speaker #0
Ouais c'est ça, un rôle de liant, d'histoire, mais d'une autre façon de raconter l'histoire qui puisse permettre à chacun de se retourner en soi. Tu vois par exemple dans Les Chèvres, Les Rossignols, Lors des Mourades et tout, le but du jeu c'est que le public sorte de là en ayant écouté une histoire personnelle, qu'il a fait penser à sa propre histoire et se rende compte qu'en fait on est lié par un truc. Et ça c'est vraiment, quand j'ai ce retour là du public, et heureusement je l'ai souvent, de dire mais ça m'a vraiment fait penser à tel un tel un tel à moi on en est tous là je suis content parce qu'en fait j'ai raconté l'histoire d'un individu mais tout le monde s'est reconnu parce que c'est une histoire universelle c'est ça vraiment le but ouais c'est ce truc de liance et ça c'est vraiment important on nous a expliqué qu'on n'était pas essentiel à une époque mais bon il y a 3000 ans les grecs construisaient des théâtres et ils faisaient pas trop de banque donc il n'y avait pas de prédateur donc j'ai envie de dire qui est essentiel quoi ouais tout à fait mais je crois que de toute façon
- Speaker #1
L'humain s'est toujours raconté, je veux dire ça...
- Speaker #0
Ça fait partie d'une des activités principales de l'humanité.
- Speaker #1
Tu sais ce fameux truc qui est le propre de l'homme alors on apprend... proposé le rire, il y a des animaux qui rient, on a proposé mille trucs, la violence, c'est pas vrai parce qu'on a repéré qu'il y avait des guerres de bonobos dans certaines, je ne sais plus dans quel pays d'Afrique, je crois au Ghana, il y avait une guerre de bonobos qui avait été documentée, qui a duré super longtemps, avec des enlèvements, des trucs, il y a un... Tu peux aller taper guerre de bonobos, tu vois. Sérieux ?
- Speaker #0
Avec des enlèvements ?
- Speaker #1
Avec des clans qui ont monté des trucs. Je savais que...
- Speaker #0
Le viol pouvait faire partie d'une façon de faire rouer une pression sur un groupe animal à l'autre, le dauphin. Je pense aussi au Bonobo, en fait, qui avait ce truc de pression physique, même violence. Par contre, enlèvement, je veux dire que c'est... Ça relève de la stratégie en fait.
- Speaker #1
Des trucs qui ont duré hyper longtemps avec les destructions de groupes et le fait des alliances. Jean-Jolivre peut-être un peu, mais c'est pas très loin de ça. Si Jean-Jolivre, Jean-Jolivre à peine. On s'est dit, le fait d'utiliser des technologies et de se les apprendre. On se rend compte justement dans certains groupes de grands singes qu'il y en a qui connaissent des plantes, qui transmettent à certains endroits. les corbeaux ils créent des outils il y a des trucs comme ça je crois que c'est aussi des grands singes qui apportent des pierres à un endroit mais on ne sait pas trop pourquoi mais ils ne le font pas tous il y a certains endroits où ils le font et pas d'autres comme la religion,
- Speaker #0
c'est ça que tu veux dire ?
- Speaker #1
genre un peu un culte de la pierre je ne saurais pas dire pourquoi ils le font mais en tout cas ils le font, clairement ils apportent des pierres à un endroit eux ils ont l'air de savoir pourquoi ils le font Et tout le monde ne le fait pas, toute cette espèce-là de grâce à la fête.
- Speaker #0
Ou bien ils le font, mais ils ne savent plus pourquoi ils le font. Parce que Stone Age, par exemple, j'ai l'impression que c'est un peu le truc, on l'a fait, mais pourquoi on l'a fait ?
- Speaker #1
Même le nombre de gens qui comprennent réellement ce qu'ils font dans une église, les trois quarts de sa bolle qu'il y a dans une église, personne ne le sait, même la croix. Il y a peu de gens qui sont capables de le décrypter à fond, tu vois. Donc bon, ne jugeons pas les... Tout ça pour dire, cette histoire du propre de l'homme, peut-être se raconte des histoires. Je ne sais pas s'il est... En fait, tu vois, il y a cette grande dichotomie entre la nature et la culture. Et c'est ça, la culture. La culture, c'est ce qu'on crée ensemble et qu'on se passe de génération en génération et qui se change, qui se transforme. C'est quelque chose de différent. Mais c'est un truc, c'est une création. Et ce qui se passe, il y a des cultures locales, il y a des cultures... Et donc... c'est peut-être ça un peu le propre de l'homme c'est d'être capable de se passer un truc aussi fin et pointu et tout ça alors qu'il peut être destructeur parce que par exemple le masculinisme comme culture c'est destructeur
- Speaker #0
l'individualisme mais ça peut être aussi quelque chose de très beau et donc participer à ça ce qui visiblement n'a pas toujours été le cas donc peut-être qu'on est capable après un certain temps de changer quand même notre modèle est-ce que tu imagines je reviens sur le spectacle le signal du carnage mais est-ce que tu imagines les deux personnages qui restent de cette humanité peuvent changer leur point de vue sur l'humanité à partir de là où ils sont au moment où le spectateur prend la pièce mais il faut
- Speaker #1
faudrait voir le spectacle pour comprendre qu'il y a un petit twist dans les deux personnages mais je vais pas en dire plus que ça mais voilà bon nous on a une théorie sur les deux personnages mais disons qu'il y en a un en tout cas qui se rend compte que et qui en fait il y a une question de temps dans la pièce de comment il parle et à la fin il y a un monologue voilà du Le personnage qui, pour nous, est important parce que ça apporte la lumière et l'espoir, et celui-là passe au présent. Donc il y a ce truc de, oui, en fait, tu sais, un peu ce truc de l'étrange Noël de M. Scrooge, après avoir vécu et se dit, merde, j'ai tout foiré, puis il se réveille, ah, il n'est pas trop tard. Bon, moi, j'ai envie de dire, il n'est jamais trop tard, le truc de tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir.
- Speaker #0
Oui, parce que moi, pour l'avoir traversé cette pièce, j'ai eu quand même cette impression que... C'est justement pour ça que j'ai posé la question sur l'optimisme tout à l'heure, parce que tout a l'air très sombre dans cette pièce-là, sauf que je me dis qu'en fait, ils acceptent finalement de se raconter quelque chose. Alors qu'il y a la crainte que l'autre soit l'ennemi, que l'autre veuille le mal, que l'autre le détruise, donc il y a quand même ce « je tiens à ma propre life » . Et puis, ils vont quand même passer un certain temps à se raconter. et du coup je l'ai vu comme en fait c'est vraiment un truc qu'il nous reste à nous c'est de pouvoir se raconter les uns aux autres pour créer le lien parce que c'est ce qui nous permet de survivre tout seul je crois que c'est ce qui est dit au début par ton personnage c'est que tout seul il est sûr de crever il est sûr que ça va arriver Je ne me trompe pas. Non, c'est complètement ça.
- Speaker #1
Il y a cette idée que le récit, ce n'est pas juste... On s'est raconté un truc, et bonne journée, on s'en va. Ce fameux truc de dire, si les gens sortant de la pièce de théâtre, quels qu'ils soient, se disent où est-ce qu'on a garé la voiture, tu veux boire un verre, c'est que la pièce est un peu ratée.
- Speaker #0
Tu l'as déjà dit ça. Dans un podcast,
- Speaker #1
j'ai entendu. C'est pareil sur scène, ce qu'on se dit. Le récit, il doit être transformateur. C'est pas juste... raconte un truc pour passer le temps, c'est l'acte de se raconter un truc qui est transformateur. Donc par exemple dans les Rossignols, il en ressort des choses, les deux personnages évoluent par rapport à ça et un personnage en tire des conclusions et tu vois dans les chèvres, il y a ce truc de au début de la pièce, le personnage est recroquevillé on dirait une bête sauvage et tout ça et au fur et à mesure il s'ouvre et il finit très en ouverture sur le public alors qu'au début il est créatif par rapport au public et je l'ai édité en tant que livre et dans le livre, c'est pas le même j'ai changé des trucs parce que le fait que dans le livre ce soit écrit s'adresse pas directement à des gens, c'est pas le même rapport notamment à la fin. Parce que le fait de pouvoir parler à des gens est transformateur pour lui et pour le public normalement. Et le fait de l'écrire, en fait, il n'y a pas... Pour moi, il y a vraiment une sacralité dans la parole orale et dans le fait de se rencontrer pour de vrai. Et donc, le fait que tu puisses, que tu donnes des récits à quelqu'un d'autre, toi être transformateur, c'est pas juste du vent. Voilà, il y a un effet à ça.
- Speaker #0
Ouais. Non, c'est hyper intéressant.
- Speaker #1
et tous les deux évoluent dans leur vision de l'autre malgré tout et du monde une bonne conversation le fameux truc d'avoir des débats sur les plateaux où les gens gueulent et restent sur leurs avis ça n'a aucun intérêt, ce qui est intéressant c'est de pouvoir parler à une ou deux ou trois, à une époque par exemple je me suis rendu compte que je ne voulais plus parler à 50 personnes en même temps, avec 15 qui sont contre moi dès le début, ça m'aide nulle part et tout ça, j'étais juste en train de beaucoup t'énerver en fait ce qui est intéressant c'est des discussions avec 2, 3, 4 personnes grand grand maximum mais où en fait tu as le temps de vraiment t'échapper et que tu sors de là en disant tiens ça m'a un peu remué tu sais que t'es comédien
- Speaker #0
Mais quelque part, avec cette idée de conteur, le conteur n'attend pas, enfin je ne sais pas, pour moi un conteur il n'y a pas de débat, on écoute ce qu'il a raconté et puis on part avec l'histoire et on la transforme.
- Speaker #1
faute d'être et vu que beaucoup de pièces surtout les chèvres un peu moins les rossignols mais surtout les chèvres et l'ours parce que l'ours on joue carrément avec les enfants ils sont en partie acteuristes du spectacle mais les chèvres j'ai vraiment un rapport avec le public je suis très impacté par le public. Donc si je sens un public qui est avec moi, et parfois j'ai tort, parfois le public est avec moi et j'ai l'impression que non, et parfois j'ai l'impression qu'il est avec moi, il l'est pas. Enfin tu vois, bon bref, on s'en fout. Mais l'impression que j'ai du retour du public comme un espèce d'interlocuteur qui m'écouterait de façon active, change complètement la nature de la représentation. Ça vraiment, ça va beaucoup, beaucoup m'impacter. Et du coup, ça va impacter en retour ce que je donne. Donc il y a quand même cette notion d'interlocution. En fait, tu vois, les chefs, c'est inspiré d'un spectacle. de Evenstad qui s'appelle Gilbert Sourcen enfin pas aspiré mais c'est ce genre de spectacle qui m'a donné envie de l'écrire et une fois une de mes profs de théâtre disait ce qui est plus important au théâtre c'est la réaction c'est l'échange entre deux personnages j'avais dit à moi madame cette pièce là ça j'adore et pourtant c'est un seul en scène. Et la prof m'a répondu, mais là parce que son interlocuteur c'est le public. Et je me suis dit, oui, en fait c'est un truc important, il y a cette notion d'interlocution.
- Speaker #0
C'est intéressant ce que tu dis parce que moi, mon metteur en scène, je suis en train d'écrire mon livre. mon deuxième seul en scène et dans mon premier seul en scène le reproche que me faisait justement ce metteur en scène il me disait il y a de la performance mais il n'y a pas de rapport au public et dans le seul en scène il faut que le public soit impliqué parce que dans une pièce de théâtre avec plusieurs personnages on peut encore à la limite se plonger, être très dans la passivité alors que dans le seul en scène c'est pourquoi vient-on te voir toi et donc je trouve ça intéressant que tu poses la question dans Les Chèvres en Corrèze de se dire mais pourquoi vous étiez en face face de moi et quelle transformation on va choisir. Et je crois que tu as dit que non seulement ça t'a impacté en tant que comédien, mais ça t'a impacté le personnage puisque tu as travaillé l'ouverture physique de ton personnage au fur et à mesure de l'histoire. Et j'imagine... Quand en tant que comédien, tu t'inspires de cette énergie que le public te donne pour pouvoir jouer physiquement. Surtout, parce que tout le monde n'est pas censé le savoir, que ce spectacle-là, tu l'as joué en pleine nature.
- Speaker #1
Encore une des dernières fois où j'ai joué, c'était en forêt. fait pour être joué ça c'est vraiment ce que tu as qu'on veut jouer partout et et on se compris dans la nature et puis là la dernière fois c'était vraiment mon malo j'étais un tas de branchage sous lequel j'avais fait un petit trou dans les feuilles quoi mais c'était trop beau j'ai adoré et en fait il ya ce truc de en fonction de l'écouté tout ça que je que je ressens je peux parler plus ou moins fort modulé comme dit tu vois plus ou moins parce que ça c'est un spectacle où il ya des grands moments d'énervement puis des moments douceur mais il peut être plus ou moins contrasté si jamais je change des gens qui sont pas avec moi j'ai peut-être tendance à avancer un peu plus vite et tout ça alors que dans des salles très silencieuses je vais faire durer les moments de silence ça va prendre une autre... mais pas pour dire que forcément la deuxième version est la meilleure, parfois des versions où je suis un peu plus énervé je pense souvent que non tu adaptes à ce que tu ressens c'est ça, mais inconsciemment et en fait je sais pas si t'as marqué par rapport à ton deuxième seul en scène et ce truc de ce rapport avec le public, énormément de seuls en scène de théâtre parce qu'on va euh faire la séparation avec le stand-up qui, d'office, tu parles avec le public dans le stand-up, c'est obligatoire, mais dans le théâtre, pas toujours. Mais en tout cas, énormément de trucs de théâtre, il y a un moment, le partage de quelque chose à boire ou à manger. Ça revient très, très régulièrement. Pour moi, c'est pas du tout... Il y a vraiment un rapport, tu vois, tout le truc de spiritualité et de ça. Il y a un rapport de feu de camp où tu vas manger ton marshmallow, mais il y a aussi un rapport, tu vois, à la messe et tout ça. Il y a un truc... Là, tu vois, je dis pas que c'est nous qui venons de la messe, c'est plutôt l'inverse, tu vois. le fait qu'on se retrouve... trouve à boire un coup et à manger un truc à la messe, ça vient, à mon avis, d'un partage. Et de l'époque où on se mettait autour du feu et qu'on mangeait un petit bout de truc en s'accontant les histoires sacrées.
- Speaker #0
J'aime bien l'image.
- Speaker #1
Oui, donc dans le Carnaval des Ombres, à un moment, ils distribuaient, parce qu'ils parlaient du Carnaval de Malmédié et tout ça, ils distribuaient des petits verres de Péquet, je crois. Je suis allé voir un autre truc qui parlait de quelqu'un qui est allé à la rencontre de certaines Premières Nations au Canada. Et à un moment, elle fait du café comme elle le faisait dans la tribu de... dans la réserve qu'elle avait visitée qui rappelait, donc tu avais l'odoré café et tout ça t'as très souvent ce truc de un moment, j'avais été voir un autre un autre spectacle qui parlait d'une tradition pareille comment ça s'appelait encore, mais bref une reine un peu genre de carnaval elle distribuait aussi, j'ai très souvent vu ce truc de distribuer et du coup nous quand on a été avec les chefs les premières années à Avignon, il y avait ce truc où on le faisait pas sur scène mais on donnait au public qui arrivait des petits chocolats une année on a donné des chocolats la prochaine après on donnait des spéculoos. Il y avait toujours un moment où on partageait un petit truc à boire et à manger avec le public avant qu'ils entrent. Et les Rossignols, pareil. Il y avait Papa Bubble qui fait des bonbons à Bruxelles. Ils nous avaient fait des petits bonbons qui rappellent des épisodes du spectacle et on donnait le petit bonbon aux gens qui sortaient du spectacle. Là, on leur disait « Prenez un petit bonbon pour vous rappeler que l'humanité est belle quand même. » Et donc, j'aime bien ce truc, tu vois. Il y a vraiment une communion avec le public.
- Speaker #0
Je ne sais pas, c'est trop. Le tout début de mon futur seul en scène commence normalement avec un partage partage de chips. Oui, c'est très bien. Je penserai à toi.
- Speaker #1
Ce n'est pas anodin. Je trouve que ça raconte quelque chose qui fait partie de nos mémoires inconscientes collectives, à mon avis, depuis longtemps. Alors, je ne suis pas historien, ça se met, je raconte des immenses conneries, mais ça ne m'étonnerait pas. Tu as le droit. Oui, ben voilà. C'est l'histoire que je me raconte et que c'est une rémunéissance. de nos anciennes coutumes.
- Speaker #0
Oui, mais puisqu'on est en train de parler de Seule En Seine, et puisque toi tu as une grosse expérience, quel conseil tu me donnerais si je veux faire avancer justement Seule En Seine ? Seule En Seine ?
- Speaker #1
Oui. Et ça va être sur quoi Seule En Seine ? Tu peux en parler ?
- Speaker #0
c'est sur ma vie perso c'est sur ma vraie vie perso c'est sur l'origine de pourquoi j'ai toujours voulu être comédien je partage un prénom avec un frère qui n'est plus là et donc c'était ce sentiment d'être le remplaçant, d'être là pour jouer un rôle, ça m'a toujours travaillé. Mais attention, je n'en veux absolument pas mes parents là-dessus. Non,
- Speaker #1
mais c'est quelque chose que tu portes.
- Speaker #0
Mais c'est quelque chose que je porte parce qu'en fait, ce qui s'est passé, c'est que mes parents ne m'ont pas permis de faire les études de comédien et qu'il me semblait, moi, important de poursuivre ce chemin-là parce que c'était un peu une vocation dans le sens vos carrés, la voix la voix vers laquelle tu es appelé et voilà donc c'est en gros le résumé de ça mais évidemment on travaille sur la légèreté parce que dit comme ça il y a une forme de apesanteur qui se crée avec il y a le deuil mais il n'y a pas que le deuil il y a justement au contraire s'il y a bien un objectif de ce son en scène C'est créer la vie, qu'est-ce qui se passe en fait, comment on recrée la vie, comment on la célèbre.
- Speaker #1
C'est un beau programme, ça fait penser à des gens que je connais en plus. Un truc que je dirais, c'est que c'est très important de faire. Il y a ce truc, par exemple, ceux qui font de l'impro, ils savent que plus tu restes assis et moins tu montes sur scène au moment des impros, moins tu vas monter sur scène. Il y a un truc comme ça. Beaucoup d'entre nous, dans les artistes, sont bloqués par le fait de « attends, comment je vais faire ça ? » il faut y aller il ne faut vraiment pas rester dans j'aimerais bien ce qui est parfois plus difficile à dire qu'à faire surtout qu'on a, comme on en a parlé tantôt on a un système qui nous pousse à passer beaucoup de temps à faire des dossiers à faire des demandes de recherche qui sont tous auto-artistiques en fait c'est très important et faire c'est pas juste être sur scène et des trucs comme ça c'est autant lire, faire des recherches mais en tout cas il faut être dans une démarche de j'y vais et donc ça en fait ça veut dire on s'en fout de la légitimité ça c'est vraiment un truc dont il faut se débarrasser le plus vite possible. Tu n'as ni moins le droit, ni plus le droit tu et tout le monde de faire des trucs, donc fais-les. Et ça va avec le fait d'accepter le fait d'être passant, mais y compris dans ses pensées et ses intentions. En fait, on est tellement dans ce truc de tout doit être gravé dans le marbre, les réseaux sociaux et tout ça, on va te ressortir une phrase que tu avais écrite il y a 15 ans, tu as le droit d'avoir un point de vue à un moment donné et que ce point de vue n'est pas parfait, qu'il soit la lumière d'une chose que tu as envie de dire à ce moment-là qui va évoluer. tu vois donc il faut pas attendre d'avoir le moment précis où tout ça va être parfait le truc que tu vas raconter de sas et tu vois ça c'est alors de nouveau qui nous a posé par eux faut accepter de dire un truc à un moment donné avec un essai de te dire bien et c'est de pas dire de conneries et c'est de faire de mal à personne tu vois mais mais d'accepter que ben voilà là c'est une pensée qui vient maintenant je la livre maintenant et surtout en théâtre parce que les pièces elles sont vouées à mourir et il ya peu d'autres oeuvres d'art où les pièces où les oeuvres sont à ce point vouées à être éphémères parce que une pièce avec une troupe donnée, avec une équipe artistique et technique donnée est vouée à s'arrêter à un moment. Un livre, tu pourras le retrouver dans 200 ans, mais la pièce en elle-même...
- Speaker #0
Ce n'est pas ce qui t'a plu, toi, dans le théâtre ?
- Speaker #1
Bien sûr, moi je trouve ça merveilleux. Une représentation est une représentation. Le cinéma est un art... C'est censé être un art du mouvement, mais en tant qu'hommage, ça ressemble beaucoup à un art de la fixité. On va fixer des choses et on va faire beaucoup de pauses entre les prises parce qu'on ne voit pas à l'image le le à chaque fois que je monte sur scène, je me dis c'est parti pour le tour de manège et je ne sais pas ce qui va se passer est-ce qu'à un moment je vais fourcher sur le truc c'est un côté grisant est-ce qu'à un moment je vais te préparer l'émotion est-ce qu'à un moment le public va être super avec moi ou pas avec moi, est-ce que je vais devoir réagir à quelque chose est-ce que je vais trouver une nouvelle façon de dire le truc qui n'existera que cette fois-là et en fait parfois d'autres fois tu regrettes parce que tu dis c'était tellement bien il y a deux jours et là c'était moins bien mais il y a aussi des fois tu te dis je suis en train de toucher à un truc et je suis avec des gens et donc tu as cette magie et donc et donc il faut aborder le travail avec ce même truc en se disant j'ai le droit de dire un truc maintenant et que ce soit plus vrai plus tard ou que ma pensée évolue et tout ça et personne n'est plus légitime ou moins légitime que moi, c'est un truc qui n'existe pas donc il faut se lancer et en fait tu vois aussi je me rends compte que plus t'avances, plus du coup tu peux en parler bien, plus du coup le projet est carré plus tu vas avoir aussi des trucs à montrer à d'autres gens et donc tu vas donner envie à des gens de rentrer à l'aventure alors que parfois t'es ah oui j'aimerais bien c'est un truc qui est particulièrement
- Speaker #0
dur dans le cinéma parce que le cinéma ça demande vraiment beaucoup de moyens tu travailles donc avec combien de personnes tu as dit 5 là on sera
- Speaker #1
6 au plateau 3 comédiennes 3 comédiens et puis en plus Jérôme qui est le metteur en scène encore et puis il y a Jonathan qui est le diffuseur qui est aussi important que les autres parce que sans lui le spectacle ne tourne pas donc on est 8 dans l'équipe
- Speaker #0
et comment vous travaillez sur ce type de projet par rapport justement au seul en scène où tu es seul avec ton metteur en scène comment vous allez construire ce projet là pour les
- Speaker #1
autres spectacles que j'avais confié à Jérôme que j'avais écrit puis j'avais confié à Jérôme en tant que metteur en scène je l'avais assez peu expliqué je mets beaucoup de références, de trucs cachés on va dire qui me parlent à moi mais qui n'ont pas vocation à être explicite Et le revoir. les chèvres, chaque fois les gens vont me parler d'une petite référence qu'ils ont comprise et petit à petit je les étoute mais c'est rare que quelqu'un me les étoute ou en tout cas me les exprime, c'est rien tu es un semeur de trésors tu vois moi je suis très ce que je racontais tantôt sur l'artiste et tout ça je suis très une fois que l'oeuvre a été dite devant le public elle a parti autour du public donc moi je mets ce que j'ai envie de mettre dedans et les gens ils trouveront bien ce qu'ils ont envie de trouver et j'ai pas vocation à tout expliquer et donc le premier spectacle je les avais filé à Jérôme en mode voilà maintenant je deviens un comédien parce qu'à chaque fois je jouais dedans t'es metté en scène donc c'est toi qui t'adaptes comme tu veux et tant mieux parce qu'il rajoutait vraiment des trucs que j'aurais pas fait comme ça et ça aurait été moins bien ce que j'aurais fait quoi et là pour la première fois avec les snarks on a fait vraiment un travail de dramaturgie lui et moi avant où je lui expliquais plein de trucs, je lui ai montré plein de trucs pas tellement pour lui dire ce qu'il fallait faire mais pour qu'on soit bien dans le même bas parce qu'il y a vraiment là curieusement c'est le travail c'est le truc où il y a plus de monde sur scène c'est une comédie délirante et tout ça et quelque part c'est le travail le plus personnel vraiment un truc qui est une cartographie du fond de mon âme quelque part aussi tu vois où en tout cas il y a vraiment un truc très très intime dans cette pièce là mais je ne le dirai pas Je le dis une fois là maintenant, mais tu vois, c'est pas un truc que je vais expliquer à longueur de temps, mais je le sais, et Jérôme l'a compris directement quand je l'ai envoyé. Et donc là, j'ai envie vraiment qu'il ait bien les contours de...
- Speaker #0
Jérôme, c'est un peu ton âme soeur ?
- Speaker #1
Ouais, en travail, ouais, carrément, c'est mon compus de toujours. J'ai de la chance d'avoir un paquet d'âmes soeurs et frères. Tu vois, j'en ai plusieurs, j'ai autant mon amoureuse qui est quelqu'un de super important pour moi, j'ai autant Jérôme qui est en travail... Qui est réalisatrice, elle, qui est justement dans le cinéma. et qui joue dans la pièce aussi. j'ai mon meilleur pote qui a vraiment une profonde empreinte dans ma vie j'ai la chance d'avoir plusieurs personnes qui est Ardennet lui il est provençal j'ai la chance d'avoir ce truc ce rapport intime dans différents volets de ma vie avec différentes personnes et avec Jérôme c'est sûr que dans ce qui est artistique on fonctionne vraiment bien parce que là c'est Au revoir.
- Speaker #0
Qu'à cinquième projet avec lui ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Parce que le premier c'était avec la télévision, vous étiez trois.
- Speaker #1
Ah bah du coup c'est le septième alors.
- Speaker #0
C'est le septième.
- Speaker #1
Parce qu'il y en a une dans laquelle j'ai joué, c'était une commande, c'était une comédie justement. choral qui lui a permis un peu lui aussi de se faire la main sur le fait de gérer un grand nombre de personnes mais donc là j'étais juste comédien et puis il y a eu le premier spectacle avec Mathieu et Jérôme qui s'appelait Patates sur canapé et pelure dans la télé qui était une parodie de la télé en mode les inconnus connu. Puis on a fait un deuxième spectacle qui est une vie très compliquée, très chaotique, qui nous a servi d'école, mais qui n'a jamais abouti, qui s'appelait Au pays des cigales, mais qu'on a passé beaucoup de temps et d'efforts et d'énergie là-dessus. Mais bon, voilà. On était très amateurs à l'époque dans notre façon de faire, tu vois. Mais amateurs du mauvais côté, je veux dire. Pas amateurs...
- Speaker #0
Pas dans le sens aimé. Amateurs dans le sens où vous avez peu pratiqué votre travail.
- Speaker #1
Un peu broc-ignolais, parce qu'on ne faisait pas les choses dans le bon ordre. On n'était pas très carrés dans plein de trucs. Mais voilà, moi, c'est un spectacle que j'aime comme... même s'il n'a jamais vu le jour. Il nous a appris beaucoup de choses. Et puis après, les chèvres, l'ours, les rossignols,
- Speaker #0
ici les snarks.
- Speaker #1
Et alors, on a fait un film ensemble. C'était beaucoup Jérôme, mais j'ai joué dans un film de Jérôme dont j'avais un peu aidé à la relecture du scénario. Il s'appelait La Relève, que vous pouvez voir sur YouTube aussi. Qui est très marrant. Je ne suis pas très objectif. qui est l'histoire de super-héros à la belge tu sais la relève des X-Men mais sauf que c'est des super-héros en carton donc tu as Julia le Persewoman dont le super-pouvoir est de poser des questions et moi je joue Chris Cardiacman dont le super-pouvoir vous le découvrirez si vous voyez le film la relève donc voilà ça fait un paquet de temps et donc du coup c'est toujours plus facile ou justement pardon répond Ouais, ouais, ouais, ouais, ouais, il y a vraiment des automatismes qui sont plutôt vraiment cool, d'autant qu'on n'est pas exactement les mêmes, et dans notre rapport à l'art, je suis quand même très théorique à Telo. et Jay il a un peu plus à côté à cet actif puis lui par exemple il a une vraie connaissance il a une vraie âme de musicien ce que moi je le déplore mais ça me manque un peu donc lui il a un truc qui est plus pointu dans le rythme et dans la gestion de la mélodie ce qui fait qu'il est un excellent metteur en scène tu as une vue aussi un peu il a peu photographe est réel donc il a ce côté de pouvoir composer que moi je sais pas je sais moi faire les trucs en 3d qu'on va dire je sais écrire et jouer mais moi disposer donc tu vas on est vraiment complémentaire ces trucs là et puis on n'a pas la même on n'a pas exactement on est suffisamment proche de nos points de vue sur le monde est suffisamment différent pour que ce soit intéressant quoi qui est justement cet écart qui nous permet d'avoir des échanges instructifs parfois ou le parfois on n'est pas d'accord mais qui nous permettre d'arriver à un résultat parce que c'est pas trop grand comme le quart c'est pas trop proche c'est pas juste une ressucée ou un copier-coller de l'un de l'autre il y a vraiment tu vois moi si j'avais dû faire l'échec j'aurais fait un truc super chiant je crois avec conférences gesticulées avec un type qui explique des trucs sur un tableau le spectacle c'est pas du tout ça mais ça c'est vraiment dû à Jérôme et tu vois quand on va en tournée ou des trucs comme ça lui et moi on est souvent à deux parce qu'on fait tourner le spectacle à deux on a vraiment un truc je pense qui résonne bien chez les gens parce qu'on a ce truc il a son type d'humour à lui j'ai mon type d'humour à lui mais je le suis. suis vite dans ses délires parce que je comprends quand il a quand il a ses délires parfois il a peu plus réservé là où moi je peux être un peu plus sur le devant mais lui il a un peu plus à tempérer les choses quand moi je peux être un peu plus dur et cassant donc il ya vraiment ce truc où vous complétez et tu lui envoyez le texte il a tout de suite compris plus ou moins ce que tu as ce que tu as un team comme travail que ça n'en avait l'air puis après je vais juste expliqué bon ben voilà là c'est le continent que j'aimerais bien qu'on explore dans ce continent il ya telle ville il ya telle forêt et à partir de de là, il est libre d'aller où il veut dans ce cas-là. Mais j'ai plus tracé les contours, on va dire, de ce continent imaginaire que ce que je l'avais fait l'autre fois. juste carte blanche là peut-être que j'ai un peu plus délimité mais à partir de maintenant je suis comédien donc tu vois c'est très important tu te remets à lui c'est vraiment lui le capitaine du truc et surtout que du coup maintenant on est 6 sous plateau donc j'ai pas envie d'avoir ce truc un peu bizarre j'aime pas ce truc bizarre j'aime pas jouer les deux j'aime pas être des deux côtés non pour moi il faut une certaine forme d'égalité sur le plateau mieux ça des choses de se passer je trouve et toi en tant que metteur en scène dans le...
- Speaker #0
envie un jour d'être metteur en scène d'un projet ?
- Speaker #1
Je pense que je ne serais pas trop mauvais en direction d'acteur, parce que ça c'est un truc où j'ai un peu d'expérience là-dedans. Je suis assez bon avec le fait de comprendre les gens, comment ils fonctionnent et tout. Mais vraiment la mise en scène, ce qui suppose un travail sur la lumière, je pense que je ferais des trucs très... Je ne serais pas super intéressant comme metteur en scène. Je pense que j'aurais tendance à faire des trucs hyper classique et... Je ne sais pas si j'arriverais à amener une patte très intéressante. Ce n'est pas ma disposition première. Par exemple, photographe ou cadré à un truc, mais c'est lamentable. Je suis le genre de mec qui a son doigt dans la trace de l'index. Je ne sais même pas exprès, mais c'est très mauvais. Parfois, il faut accepter que les trucs sont très mauvais.
- Speaker #0
Et dans 10 ans, tu te vois ? Ou alors, où est-ce que tu vois, où tu te vois toi, où tu vois les chevaux de Troyes ?
- Speaker #1
Je ne sais pas quand ça va sortir, mais le 8 octobre, on va jouer les Rossignolucarnages à Teux.
- Speaker #0
Ah bah c'est ça, le 8 octobre.
- Speaker #1
Ouais, et le 21 octobre, on va jouer les Chèvres en Corée d'abord. à Bruxelles. À Theux, chez toi ! Le bled de la maison. Les chevals de Troyes sont toujours domiciliés à Theux. J'ai une vraie attache là-bas. Le fait est que... comédien, on est obligé de se retrouver soit à Liège soit à Bruxelles, mais je ne me suis jamais départi du fait de me sentir de toi et quand je me présente à des gens à Bruxelles, je me présente comme étant liégeois et comme étant de la campagne,
- Speaker #0
ça c'est un truc qui est important pour moi Si on te considère comme liégeois déjà parce que juste en off, on a parlé que tu n'étais pas nécessairement liégeois si tu étais de te Il n'y a que les liégeois qui disent ça le reste du monde Moi je n'ai jamais dit ça, je ne défends pas du tout cet avis, je suis contre cet avis mais c'est vrai que je pense que Les Liégeois qui disent ça, ce sont des Bruxelloises ratées. Je leur ai dit, je me ferai des ennemis, mais je le soutiens.
- Speaker #1
Et donc, on sera dans dix ans. Pour revenir à la politique, on est vraiment dans une période de... Tu vois, il y a cette expression qui ressort un peu en ce moment, c'est métastable. C'est le fait, tu vois, comme une pièce qui tombe sur la tranche. On peut tomber d'un côté ou de l'autre. Donc, moi, j'ai envie de croire que dans dix ans, on sera dans une période radieuse de l'histoire et qu'on aura mes... pour l'instant les indicateurs ne montrent pas qu'on va vers là, notamment au niveau du climat je vais pas faire des commentaires étant quand même de teux et de spas et tout ça les fagnes qui ont brûlé ça m'a vraiment brisé le coeur et bon c'est vers là qu'on se dirige soyons honnêtes mais moi j'ai envie de croire qu'il va y avoir un grand réveil, un grand sursaut collectif et qu'on va mettre plein de choses en place et que la Belgique va arrêter d'acheter des France 5 et acheter des Canadair et qu'on va préparer les gens et qu'on va mieux les payer.
- Speaker #0
Parce qu'on va tous partir à la recherche du snark.
- Speaker #1
Oui, voilà, mais j'espère. Si les gens pouvaient moins rechercher le pognon et plus le snark, je pense qu'on s'en sortirait tous mieux. Sauf si le snark, c'est le pognon.
- Speaker #0
Dans ce cas-là, je pense que si j'étais Elon Musk, je pense que je chercherais le snark qui serait, à mon avis, plus de pognon. Mais visiblement, ils n'ont toujours pas trop de pognon. C'est fou. Mais est-ce que, c'est une question de fond, est-ce qu'on ne finit pas toujours par ce... Est-ce que le snark, comme le bonheur, il ne s'éloigne pas à chaque fois qu'on s'en approche ?
- Speaker #1
En tout cas, ce qui est sûr, c'est que c'est quelque chose qu'on ne trouve jamais. Merci. En fait, l'histoire veut, et vous le verrez dans la pièce... Elle sort quand, cette pièce ? On espère l'avoir créée pour l'année prochaine, mais il est temps de faire les premières représentations. Mais vous pouvez déjà lire le poème. Dans la pièce, il y a un personnage qui trouve un snark, sauf qu'au début de la pièce, on explique que si le snark est à Budgem, qui est une possible espèce de snark, alors là, on disparaît. Il y a des personnages trop... il disparaît mais tu vois même là il y a des trucs qu'on peut mettre des significations qu'on peut mettre derrière c'est génial et donc oui je pense que l'idée même du snark c'est un truc ça va nous donner envie de philosopher après le spectacle mais ouais c'est le but en fait le but j'ai toujours dit pour décrire le spectacle qu'à présent j'ai envie que le public ait l'impression parce que ça va être un truc de carnaval ça va être un charivari ça va être le bordel ça va partir en tous les sens l'idée c'est de le tourner comme un truc des Monty Python
- Speaker #0
Donc ça va vraiment être un gros... J'adore les Monty Python ! On est au moderne où ils ont adapté Spamalot là... J'étais dans Spamalot ! Ah c'est vrai ? Oui oui oui ! Ah mais d'accord, ça a marché à mort non ?
- Speaker #1
Oui oui oui, c'était génial ! Vraiment, quelle expérience ! C'est une expérience de fou,
- Speaker #0
Ils sont incroyables ! L'âme des Monty Python, tu vois,
- Speaker #1
c'est... Ils m'ont vraiment... ils ont vraiment inspiré beaucoup de ma vie. Beaucoup ! En plus Tim Curry qui est mort récemment et qui a joué dans Spamalot... en version Broadway lui aussi il a vachement inspiré beaucoup de ma vie mais parce qu'en fait ce que j'adore c'est tous les sens que tu peux aller voir, que tu peux aller rechercher et en même temps il n'y a pas à se prendre la tête le sens de la vie qu'ils ont sorti en 83 pour moi c'est THE film ça a bouleversé ma vie parce que je crois que je l'ai vu assez tôt pour ne pas être blasé par ce genre de truc assez tôt pour pas être ennuyé genre c'est vrai que c'est un peu compliqué il faut un peu s'accrocher et aujourd'hui je sais pas si j'ai la même concentration devant des films mais autant tu peux te prendre la tête sur chaque scène autant non
- Speaker #0
tu laisses aller quoi c'est le sens de la vie il n'y a pas de sens et c'est un peu près moi c'est un truc que j'adore dans le sens de la vie que j'ai découvert il n'y a pas longtemps je sais pas si tu connais un mec qui s'appelle Paco Mutilement qui fait des trucs sur Blast d'analyse de films et tout il a notamment parlé des Monty Python si tu veux aller le voir parce qu'à un moment il dit un truc qu'on se dit d'une personne à l'autre et qu'en fait personne ne sait alors que moi le sens de la vie j'ai regardé 15 fois et à un moment il dit ce que c'est le sens de la vie mais il donne une définition avec laquelle je suis d'accord en plus et c'est un vrai truc pour moi philosophique dans la chanson ? à un moment il y a une réunion avec la mort Non non il y a un moment il y a une réunion de bureau Celle qui se fait attaquer par le court métrage du film Et le mec dit bon bah voilà nous avons étudié ce que c'est le sens de la vie Et il fait le sens de la vie c'est ta Et il donne Et pour moi je suis d'accord avec ça C'est le sens de la vie pour moi Et après il dit et la deuxième chose les gens ne portent pas assez de chapeaux Et quelqu'un lui dit Vous pourriez revenir sur le truc avec les chapeaux Et là le court métrage attaque ça passe à autre chose Et personne ne repère jamais Sauf si on te le dit personne ne repère jamais qu'à ce moment là il donne vraiment la définition du sens de la vie alors je vais devoir aller le regarder à nouveau parce que ça va me triguer il parle de l'âme et de notre parcours il y a un vrai truc par exemple pour un chasse-costard que je trouve tout à fait voilà ça rentre dans l'idée que je me fais en général du sens de la vie pour de vrai mais tout le monde le zappe parce que c'est tellement con de bout en bout que le seul moment où t'as un type avec un costard-cravate qui lit une feuille et puis qui dit en fait les gens ne portent pas assez de chapeaux et tu zappes le seul moment il parle du son alors à la fin il dit il faut se brosser les dents mais tout le monde s'en fout de ça tout le reste du film il déconne il y a un moment où ils sont sérieux et c'est le moment où tout le monde zappe d'arriver à cacher justement ce petit truc là oui
- Speaker #1
parce que déjà au début de la chanson enfin la chanson du tout début où il dit l'histoire de la vie et donc oui la femme doit donner le rein de son mari euh qui va donc mourir, mais c'est pour sauver d'autres personnes, et donc le sens de la vie, c'est que nous sommes rien du tout. Mais oui, c'est extraordinaire, la mort qui est niveau, les américains...
- Speaker #0
Et tout est cool, et en plus dans les Monty Python, je ne sais plus dans quel sens ça s'est fait. D'abord ça a été le Sacré Graal,
- Speaker #1
la vie de Brian, la puissance de la vie en dernier. En tout cas, c'est pas la vie de Brian en dernier ? Oui, leur série. Le sens de la vie, il me semble que c'est le dernier parce que, on vérifiera, mais c'est celui où ils se permettent d'être le plus wild, ils sont souvent très sauvages dans leur façon de démonter la société.
- Speaker #0
La vie de Brian, ils y vont sur les religions, ce qui est quand même toujours, déjà à l'époque, bon alors aujourd'hui ce serait carrément impossible, mais déjà à l'époque, ils disent des trucs sur la religion qui sont quand même, tu vois.
- Speaker #1
il faut pas s'y taper clairement mais j'ai l'impression que dans le sens de la vie ils ont complètement déconstruit la narration et que ce n'aurait pas été possible de le faire avant parce qu'on leur a dit c'est pas un film et là ils étaient suffisamment connus pour pouvoir se dire on va faire ce qu'on veut et on va mettre tous les délires qu'on veut et
- Speaker #0
on va mettre toutes les chansons et moi ce que j'adore c'est que même dans les gens qui ont produit si tu regardes un peu qui a produit les trucs, genre Sacré Grâce, c'est en partie Pink Floyd et en partie les Beatles. Notamment George Harrison, qui je crois même a hypothéqué sa maison, son bureau pour financer le truc. Même les gens qui ont produit ce truc sont cool. Même les Beatles, par exemple. C'est clair. Pink Floyd, c'est parmi mes grands groupes du Panthéon. Il y a vraiment une aura autour de Monty Python.
- Speaker #1
Et vous allez mettre des chansons dans votre spectacle ?
- Speaker #0
Oui, c'est vital. Jérôme veut même mettre de la chorégraphie. Mais des chansons, c'est sûr, parce qu'elles sont écrites dans le texte. Il y en a au moins deux. dont une chanson qui est aspirée je pense que tout le monde saura plus ou moins laquelle évidemment j'ai réécrit les paroles sur l'air 2 des Monty Python puis une autre qui vient Always look on the bright side ah voilà il y en a une qui vient d'un film récent que j'ai adoré qui m'a beaucoup marqué qui s'appelle Sinners qui est sorti il y a un an ou deux qui a eu un record de nominations aux Oscars pour moi il y a notamment un moment où il parle de je te racontais tout ce rapport sacré à la parole et à ce que ça peut faire pour les communautés Merci. Et à un moment, on parle du rôle des musiciens et compagnie dans la culture noire, qui a particulièrement été victime de brutalité tout au long de l'histoire de l'humanité. C'est un moment qui est fou. Quand tu le regardes, moi j'ai décollé de mon siège la première fois que je l'ai vu. C'est vraiment dingue. Que tout le monde aille voir ce film. Et il y a notamment aussi un autre moment avec une chanson qui était très belle et qui racontait des choses qui me parlaient de façon inconsciente. J'avais envie de la mettre là-dedans. Et donc du Rahab. on espère de la danse ça va vraiment être un délire mais donc ça c'est le côté flac dans lequel on saute à piégeois mais qu'après les gens se disent elle était quand même profonde cette flac et je me rends pas bien compte à quel point parce qu'il y a des moments il y a des passages qui sont clairement politiques d'autres clairement philosophiques mais je suis jamais là pour faire la songe en mais juste je dis un truc prenez ou prenez pas c'est le buffet quoi c'est le buffet on y revient il revient bah écoute
- Speaker #1
je vais clôturer avec une dernière question d'abord je ne t'ai même pas remercié à quel point parce qu'il faut quand même dire tu viens de Bruxelles pour venir faire ce podcast oui c'est vrai d'accord ma petite arrête à Liège t'as dû venir jusqu'à la montagne de
- Speaker #0
Saint-Folburge cette semaine c'est l'anniversaire de mon petit frère donc de toute façon je savais que je serais venu dans le coin voir mon petit frère et ma mère
- Speaker #1
Euh... Qu'est-ce qui devient le rêve d'élever des chauves-souris ?
- Speaker #0
Je vais te raconter un truc. Tu vois ce que c'est, une éperle ?
- Speaker #1
C'est une petite chauve-souris ?
- Speaker #0
Non, c'est une araignée. Ah, d'accord, rien à voir. Un peu couleur crème, avec une croix blanche dans le dos. Oui, d'accord. Je ne sais pas comment, il y en a une qui s'est retrouvée dans mon appartement à Bruxelles. Elle avait fait sa toile près de mon rideau, mais je l'ai déplacée pour la mettre sur une plante. Tous les jours, je la regarde et je me dis que ça va. Je l'ai appelée Gina. Je suis content de l'avoir. quand même ces rapports qui me manquent beaucoup à la ville avec la nature qui est peut-être un peu idéalisé et romantisé mais je m'en fous et donc ce truc ne me quittera jamais le côté... par exemple chez ma mère il y a très longtemps elle a des petites mares dans son petit jardin j'avais installé des tritons et chaque fois que j'y vais je me penche pendant 10 minutes tout de suite la mare pour voir si je vois des tritons donc ce truc là ne me quittera jamais et chaque fois que je vois une chauve-souris qui vole il y a toujours ce truc de peut-être vieux j'irais garder des chauve-souris mais en tout cas Ce truc, enfin, s'il en reste. Oui, il en restera. Le rapport à la nature ne me quittera jamais.
- Speaker #1
Il en restera parce que tu viendras les sauver.
- Speaker #0
C'est ça, j'ai une fascination absolue pour la vie sauvage. Et d'ailleurs, ce truc, là, Gina, elle est venue chez moi. Donc, de temps en temps, je lui file un moucheron.
- Speaker #1
Je suis d'accord. Elles n'ont pas besoin que tu leur jettes un moucheron parce que je garde toutes les araignées que j'ai dans ma maison parce que je me dis toujours, merci de faire un sale boulot. Je ne veux pas des mouches.
- Speaker #0
donc merci mais tu vois on a ce rapport avec les animaux tu vois notamment à Bruxelles il y a beaucoup de renards et les gens ont tendance à vouloir les nourrir mais en fait j'avais vu un beau documentaire sur un type dont le travail était de les prendre en photo tous ces animaux sauvages dans l'espace naturel et qui disaient les animaux n'ont pas besoin que vous les aidiez si vous voulez les regarder regardez-les des loin et foutez-leur la paix et moi j'aime bien ce truc-là donc essayez de foutre la paix aux animaux tu vois parfois je ne sais pas moi je suis tordu il y a des corneilles j'avais envie de leur donner un peu à bouffer et puis je me dis ils n'en ont pas besoin ils savent déjà Merci.
- Speaker #1
déchirer toute la poubelle de Bruxelles si ça t'intéresse j'ai une amie je fais la promo pour elle qui a lancé une SBL qui s'appelle PenseBête elle distribue des diplômes des certificats à des personnes qui font le questionnaire sur le site pour savoir s'ils sont capables de devenir propriétaires adoptants d'un chat, d'un chien elle fait tous les animaux elle a fait des Bye. parcours pour tous les animaux. Et il y a chauve-souris ? Non, il n'y a pas chauve-souris, mais on va jusqu'au cheval, la poule et tout ce questionnement de la poule nous donne des oeufs, mais en quoi on lui prend, pourquoi on lui prend, etc. C'est toute une réflexion hyper intelligente sur l'animal et dedans, il y a notamment le pigeon, puisqu'on parle des animaux de ville, qu'on a tendance à nourrir. Et en fait, il y a toute une question sur... C'est une population hyper intelligente qui en fait s'autorégule, mais à cause de notre action, soit de les détruire, soit de les nourrir, qui fait qu'on est envahi par les pigeons, parce que le pigeon, tant qu'il a la nourriture, il va continuer à se reproduire. Et on a des systèmes de ville qui ne sont absolument pas adaptés.
- Speaker #0
C'est marrant parce que je crois que c'est exactement pareil pour la renarde. Plus elle a à manger, plus elle fait de renardeau. Et elle a vraiment un truc de...
- Speaker #1
Et alors ça devient après des prédateurs pour nous. Et alors du coup on dit, ah oui, il faut tuer...
- Speaker #0
Les prédateurs, ou en tout cas les gens disent que c'est des nuisances. Moi, je trouve les trucs des nuisances, je trouve ça beaucoup plus nuisible. Les flics qui roulent à 200 km heure au milieu de la brosselle que les pigeons. On est d'accord.
- Speaker #1
Mais en tout cas, si ça t'intéresse, pense bête. Je trouve que c'est super intelligent, c'est super bien fait. Et toi qui aimes cette réflexion sur le rapport avec l'animal... Les pigeons par exemple, c'est fascinant ! Oui, ben oui ! J'ai fait une vidéo pour Pensebête, et justement, en parlant des pigeons, je trouvais que c'était ultra fascinant !
- Speaker #0
C'est qu'ils prennent le métro, ça a été documenté, notamment à Londres, qu'ils prennent le métro en sachant très bien ce qu'ils font. Donc tu vois des trucs, tu les vois au milieu du métro, tu te dis ah mais il s'est perdu. Non en fait ils prennent le métro. Parce qu'ils ont ce truc, c'est le truc qu'ils ont fait des concours avec les pigeons voyageurs et tout ça. Ils ont un truc de, ils ont un excellent repérage de temps, espace, que non pas tous les animaux mais ils ont. Ils ont vraiment ce truc temps-espace. Donc, ils savent très bien où ils sont. Et ils savent très bien qu'ils prennent le métro. Et tu sais, quand on les trouve... Je me perds à Durbuy, moi. Je veux dire, ce n'est rien du pigeon, quoi. Oui, il faut être fort. Et tu sais, leur petite patte dégueulasse, on se dit, ah, ça peut... En fait... Le saviez-tu ? C'est à cause des cheveux humains qui ont des petites pattes comme ça où il en manque souvent des doigts. En fait, c'est les cheveux des êtres humains. Il y a tellement de nos cheveux qui flottent dans les villes, qui s'enroulent autour de leurs doigts et qui font que les cheveux perdent. D'ailleurs, ça a été documenté qu'autour des salons de coiffure, il y a plus de pigeons qui ont des moignons. Si tu regardais la prochaine fois, regarde s'ils n'ont pas des trucs enroulés autour de leurs doigts. Malheureusement, c'est des... Les cheveux humains. Donc même ce qu'on leur prête de caractère dégueulasse, finalement,
- Speaker #1
c'est de notre faute. On ne fait pas exprès de perdre nos cheveux. En plus, tu es plus responsable que moi, je crois.
- Speaker #0
C'est la putain sur l'enfer. Tu vois, je trouve que...
- Speaker #1
En fait, toi, tu as sur ta tête un génocide à Puy-de-Jon. En tout cas,
- Speaker #0
un hôpital en Puy-de-Jon. Pour dire que parfois, il y a des animaux sur lesquels on a un regard de « c'est moche » . Il y a un peu ce truc de vouloir sauver les animaux qui sont maux. Oui,
- Speaker #1
ça, c'est de l'anthropomorphisme. En tout cas, une espèce de placé. Il y a un choix, oui.
- Speaker #0
Il y a un peu un effet de halo, je ne sais pas quoi, d'animal. Mais moi, je trouve ça hyper beau, un pigeon. Ça a des belles nuances de gris, ça a un coup irisé. Moi,
- Speaker #1
je pars du principe qu'il n'y a aucun animal qui soit bête, qui soit inutile. Après, j'ai une dissonance cognitive. Je ne suis pas végétarien. Moi, non plus.
- Speaker #0
J'ai essayé.
- Speaker #1
J'ai essayé aussi et c'était terrible parce que je suis allergique aux produits laitiers. Et donc, la vie en commun, ça devenait très compliqué. Je trouve ça génial ce qui arrive.
- Speaker #0
En tout cas, il y a un vrai... Je ne le suis pas non plus, mais c'est vrai que là, c'est un truc où je ne suis pas complètement à l'aise avec moi-même. Il y a un vrai truc à avoir par rapport à ça. Ça, c'est indéniable. Tu ne peux pas juste dire « Oh non, on s'en tape » . Ça, c'est sûr que ça doit faire partie de ta réflexion en ce moment. Pour moi, je pense que si on se débarrassait du capitalisme, et donc de la manière dont on traite les animaux et le capitalisme, une grosse partie... Je ne suis pas à 100% pour le fait de s'extraire à tout jamais du cycle de la vie, on va dire.
- Speaker #1
une espèce qui mange l'autre et tout ça mais la façon dont on y est maintenant c'est la surexploitation que tu accuses j'imagine comme toutes les personnes mais dans un monde normal on ne mangerait pas de la viande tous les jours non je pense que nos ancêtres n'en mangeaient certainement pas
- Speaker #0
pas tous les jours apparemment nos dentitions on le raconte je pense que de temps en temps quand tu tombais sur un truc donc le fait de l'exculure complètement c'est vraiment des charognards quelque part aussi ils vont manger ce qui restait ils arrivaient à attraper un muleau et qu'une fois tous les deux ans, ils chassaient peut-être effectivement un mammouth. Mais donc, je ne suis pas pour le fait de s'extraire de ça à tout jamais. Je trouve qu'il y a des trucs, notamment dans le véganisme, où il y a des zones encore où j'entends, et je m'intéresse au discours antispéciste, mais je ne suis pas encore complètement convaincu qu'il y a quand même un rapport entre... L'humain et les autres espèces animales qu'il faut négocier, tu vois. Par exemple, je suppose que le rat puisse vivre comme il veut, mais à un moment, la présence du rat et de l'humain en même temps pose des problèmes. Donc forcément, il faut résoudre ce conflit. Et il se trouve que le conflit qu'on a eu, non, c'est nous qui allons le régler. Vu que le rat est... tu vois. Donc même dans le... Enfin bon bref, on va faire un autre débat. Oui. Il y a une réflexion à avoir. Je ne sais pas si tu garderas ce passage-là.
- Speaker #1
Non, mais tout m'intéresse. Et voilà.
- Speaker #0
Je ne sais pas si tu as parlé avec lui. Tu peux conclure pour de vrai.
- Speaker #1
D'abord avant que je te dise ça en off. Ok, d'accord. Je vous dirai ce qu'il a dit en off. En tout cas, je voulais simplement te remercier pour ta présence. présence. Merci à toi. J'espère que tu as passé un bon moment. Là, je te force le micro en main. Tu as passé un bon moment. Dieu sauve moi. Il a un flingue. C'est ça quoi. Tu peux lâcher le flingue. Je suis séquestré dans la cave du moderne. Merci beaucoup en tout cas. Avec plaisir. Et tiens-nous au courant de tes projets. Avec plaisir. Et merci infiniment à Dimitri Lepage pour cette traversée ensemble pendant une heure avec la philosophie politique jusqu'aux araignées d'appartement. Et puisqu'on retiendra surtout de cette heure, ce que moi je retiendrai de cette heure, je ne sais pas vous, mais c'est peut-être ça. Peu importe si jamais je trouve un jour le snark, peu importe si le montant, l'essentiel, c'est l'équipage que je choisirai pour le faire avec moi. C'est les récits que je raconterai à ceux que j'aime et les récits qu'on me racontera. C'est les petits bonbons qu'on se tendra après le théâtre pour se souvenir que malgré tout, l'humanité ça a du bon nom. Et puis comme dit Dimitri, puis surtout Paul Valéry, le vent se lève, il faut tenter de vivre, alors tentons, tentons de créer, tentons de rire et surtout tentons de le faire ensemble. Si cet épisode t'a donné envie de te lancer dans ton projet ou simplement de regarder les pigeons différemment, abonne-toi à A Quoi Tu Joues, laisse-moi 5 étoiles et un commentaire, puis ça aide surtout le podcast à trouver son public, à être bien classé, tout ça tu connais. Et puis toi, tu peux aussi me dire en commentaire c'est quoi ton snark à toi. Et si jamais tu l'as trouvé, est-ce que tu as disparu ? Voilà, partage-moi un tout petit peu ce que tu en as pensé, ça m'intéressera de te lire. Et puis si jamais des références t'ont touché ou t'ont marqué, n'oublie pas, elles sont toutes en lien. Et je te souhaite à tout bientôt pour de nouvelles rencontres.