- Speaker #0
Il y a plein plein plein de clients qui connaissent pas forcément les prix ou qui ont l'habitude que leurs cousins leur fassent des photos. Du coup quand ils arrivent et qu'ils te demandent un devis, ils sont là, c'est trop cher. Au bout d'un moment tu te dis bon bah peut-être que je suis vraiment trop cher mais quand tu regardes les autres photographes tu t'aperçois que t'es pas si cher que ça.
- Speaker #1
En fait je prends la place de métier, le rapport que t'entretiens avec elle, je sais pas, mais moi ça a un peu changé. Par exemple quand je vais en vacances, parfois j'ai pas envie de faire de photos tu vois, alors que c'est beau tout ce que je vois mais je suis en repos tu vois.
- Speaker #0
Je pense que je ne suis pas la seule parce que c'est pareil, j'en parle souvent avec des collègues, mais la partie prospection, c'est vraiment la partie que personne n'aime faire.
- Speaker #1
Ouais ! Hello, je m'appelle Jessica Bascou, je suis photographe culinaire, aussi de produits, et j'ai fait aussi un petit peu de photographie de mode. Et aujourd'hui, on est sur le podcast À travers l'objectif.
- Speaker #0
Moi, c'est Sacha Collin, je suis photographe culinaire et on est sur À travers l'objectif.
- Speaker #1
Alors, est-ce que tu peux te présenter ? et nous raconter comment est née Cook History.
- Speaker #0
Alors, moi, je suis ingénieure de formation. Et quand j'étais en stage, à la fin de mes études, j'avais plus de temps le soir, le week-end, etc. Donc, je me suis remise à la pâtisserie, quelque chose que j'aimais bien faire depuis que j'étais super jeune. Et au final, je me suis dit que j'avais envie de faire un blog de pâtisserie pour, du coup, garder mes recettes, puis partager aussi les recettes que je réussis, c'est bien. Parce que ce n'était pas que des réussites. Et en fait, du coup, quand tu fais un blog, tu fais aussi des photos pour illustrer tes recettes. Et je me suis très rapidement aperçue que mes photos étaient très, très moches. Parce qu'en fait, je ne faisais pas tellement de photos à l'époque. Donc, je me suis un peu intéressée au sujet pour réussir à faire des jolies photos. Du coup, je me suis intéressée à la composition, un peu au stylisme culinaire, etc. Et au fur et à mesure, au final, je préférais faire la partie photo que la partie pâtisserie. Et du coup, j'ai un peu... investi dans un petit appareil photo pour apprendre à maîtriser tous les réglages un peu techniques. Et puis, au fur et à mesure, j'ai acheté un peu plus de stylisme, etc. Et puis, quand j'étais du coup après en poste, je m'ennuyais un peu. Je n'aimais pas trop ce que je faisais. Et du coup, je me suis lancée professionnellement.
- Speaker #1
Incroyable. Donc, de ton blog de pâtisserie est né ton métier de photographe d'aujourd'hui. Oui,
- Speaker #0
très bien. Et toi, qu'est-ce qui t'a donné envie de te lancer dans la photo culinaire ?
- Speaker #1
Moi, mon père, il est chef. Donc, j'ai grandi dans le restaurant avec mon frère. Donc, j'ai toujours baigné dans l'univers de la cuisine. Du coup, j'ai une grande admiration déjà pour ce métier-là. Et la photographie, c'est venu pareil. Quand j'étais très jeune, mon premier appareil photo, c'est ma maman qui me l'a offerte. Elle a compris que j'adorais fouiller dans les albums et qu'il y avait quelque chose un peu à explorer. Et je suis partie en voyage en Espagne. Un peu le truc classique de beaucoup de photographe. Peut-être que j'ai commencé à prendre tout ce que je voyais en photo, la moindre fleur. Et après, en arrivant à Paris, j'ai commencé à travailler dans le culinaire. Et je me suis dit qu'en fait, il y avait quelque chose à faire qui était chouette. De sublimer quelque chose qui était déjà sublime, tu vois. Du coup, c'est comme ça que ça m'est venu. Et je n'ai pas arrêté.
- Speaker #0
Donc, tu as fait une formation...
- Speaker #1
Dans mon parcours, j'ai fait un BTS de photographie. Et après, j'ai fait licence, master, etc. Donc des trucs un peu complémentaires, directeur artistique, licence de com. Et après, j'ai fait une alternance pendant mon master. Et c'est là où j'ai découvert la photographie culinaire de manière très concrète. Et après, je me suis lancée en freelance et ça a roulé.
- Speaker #0
Ok, c'est super.
- Speaker #1
Ouais, c'est chouette. Une autre question, quand tu crées une image, tu te fies plus à ton instinct ou tu prépares beaucoup en un moment ?
- Speaker #0
Alors, ça va dépendre des projets. mais je dirais qu'en majorité, je prépare. Parce que du coup, quand tu travailles avec des clients, de toute façon, tu es obligé de préparer parce que soit tu as un brief qui est très précis, soit c'est un peu plus carte blanche, mais il faut quand même, pour que tout se passe bien le jour du shooting, il faut quand même que tu aies donné tes intentions, que tu aies créé un mood board, que tu aies quand même un minimum recherché le truc. Je dirais qu'en majorité, je prépare. Après, sur mes shootings perso, là encore, ça va dépendre un peu. Si je veux tester un truc, une technique en particulier, ou si j'ai une idée vraiment précise en tête, généralement, je vais préparer, comme si c'était un shooting client. Et si c'est une envie comme ça, je reçois mes courses, j'ai un beau produit, ou j'ai une idée qui me vient comme ça, là, ça va être un peu plus improvisé, un peu plus lâche. Toi, tu prépares beaucoup tes shootings ? Moi,
- Speaker #1
je suis un peu la team qui prépare aussi. J'aime bien quand c'est bien carré et surtout, j'aime bien avoir anticipé certaines choses. Et puis après, d'une fois que j'ai mon cadre, donc j'ai préparé tout ce que je pouvais préparer. Après là, je me laisse un peu plus porter. Donc on va dire que c'est un mélange des deux. Mais si je devais en choisir qu'un, ce serait de préparer un amour. Je préfère avoir un petit cadre et pouvoir me laisser flotter à l'intérieur du cadre.
- Speaker #0
Oui, effectivement. Après, une fois que tu es sur le shooting, tu peux de toute façon essayer des trucs que tu n'avais pas prévus.
- Speaker #1
C'est ça. Mais je trouve que quand même, la photographie culinaire, c'est un médium un peu particulier où il faut une préparation en amont. Parce que du coup, c'est la différence quand tu shoots avec de l'humain, où tu as une interaction avec quelqu'un qui rajoute une énergie que là, tu n'as pas forcément. Du coup, je pense que la préparation, elle est de mise.
- Speaker #0
Oui, c'est plus une composition. C'est de la nature de mort.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Tu viens du Sud.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
d'une famille où la cuisine semble presque sacrée. Est-ce que tu penses que ton regard est né à table avant de naître derrière ton appareil ?
- Speaker #1
Oui, c'est une très belle question. C'est évident parce que, comme je t'ai dit, mon père, il est chef. Et en fait, ce n'est même pas juste le regard, c'est toute une éducation qui a été forgée autour de la cuisine. Et en plus, comme je suis méditerranéenne, du coup, il y a cette culture, effectivement, où tu partages beaucoup, tu vois, où il y a beaucoup de mes souvenirs d'enfance qui sont liés à des moments à table. Du coup, ça, c'est la partie de la culture méditerranéenne qui est un peu comme ça. Et après, mon éducation à moi où on a grandi avec mon frère dans le restaurant. Quand on était plus jeune, on aidait mon père et ma mère à la plonge, etc. Donc, j'ai vraiment connu cette dynamique et cette énergie dans la cuisine. Et du coup, ça a forcément eu un énorme impact, je pense, au-delà de juste ma vision artistique. Aussi, la vision peut-être que j'ai du métier en lui-même et de ce que peut-être moi, je pouvais apporter, la petite pierre que je... Je pouvais rajouter mon édifice en tant que photographe. Et du coup, c'est vraiment quelque chose qui s'est forgé depuis que je suis petite. Et toi, ça t'est venu comment, la photographie culinaire ? Donc là, tu as le côté pâtisserie. Mais du coup, juste la photographie, il y a eu un petit truc. C'est quoi le chiffre quand tu t'es rendu compte que vraiment, c'est ce qui te plaisait plus ? Surtout que tu avais un métier de base qui n'avait rien à voir.
- Speaker #0
Je ne sais pas. Je pense qu'au début, c'était un peu le challenge. Vraiment, parce qu'au début, je comprends. J'étais vraiment débutante, débutante, donc je ne comprenais pas pourquoi mes photos, elles n'étaient pas jolies. Et puis du coup, c'était un peu le challenge de réussir à faire quelque chose d'intéressant. Et du coup, je me suis intéressée à la lumière, à la composition, au stylisme. Et j'ai trouvé ça vraiment intéressant de réussir à faire une photo qui représente ce que ton œil voit, mais tout en sublimant grâce à la lumière.
- Speaker #1
Du coup, c'est un peu peut-être... ta curiosité d'ingénieur aussi, finalement. Le truc de comment tu vas te challenger, comment tu vas trouver des solutions.
- Speaker #0
C'est possible, oui. Je n'avais jamais pensé à ça sous 7 ans. C'est vrai.
- Speaker #1
Alors, comment tu décrirais ton univers en quelques mots ?
- Speaker #0
Alors, ça, c'est une question que je trouve super difficile. Je trouve que c'est toujours plus facile de décrire les univers des autres quand on a du recul que de décrire son propre style. Donc, je dirais que mon univers, mon style, il n'est pas sur des extrêmes parce que c'est vrai que... On a le style minimaliste ou le style où c'est très chargé. Au niveau des couleurs, ça peut être soit hyper coloré. J'ai des copines qui font des trucs super beaux, qui sont hyper colorés. J'ai d'autres copines qui ont des styles très désaturés. Et je trouve ça super beau aussi. Mais c'est vrai que du coup, en apprenant dans mon parcours, j'ai testé pas mal de ces styles aussi. Parce que c'est toujours intéressant de tester des nouvelles choses. Mais je dirais que mon style, aujourd'hui, il est plutôt équilibré. Je ne suis pas sur les extrêmes. Du coup, je ne sais pas si réaliste, c'est le mot, mais c'est quelque chose qui vraiment essaye de représenter plutôt la réalité, des scènes quotidiennes, tout en sublimant quand même.
- Speaker #1
Ok. Ça me donne plus quelque chose de nuancé, quoi.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Toi, comment est-ce que tu décrirais ton style ?
- Speaker #1
Moi, je dirais assez lumineux. Je pense que j'essaie toujours d'aborder un peu de lumière dans ce que je fais. Très coloré aussi. Je ne suis pas trop noir et blanc. Moi, j'aime bien les couleurs. En fait, j'aime bien tout ce qui me rappelle un peu, je pense, les couleurs que j'ai connues quand j'étais dans le sud. Des choses un peu vibrantes, lumineuses. J'adore travailler avec les couleurs. Tu vois, le vert, le bleu. Donc, je pense, ouais, toutes les couleurs qui me plaisent. Tu vois, les couchers de soleil, etc. Tout ce que je peux rajouter un peu de... de mon bagage à moi, j'essaie de le mettre un petit peu dans mes photos, donc quelque chose de plus lumineux possible, coloré, assez vivant.
- Speaker #0
Ok. Est-ce qu'il y a un moment où tu t'es sentie illégitime dans ce milieu et comment tu l'as dépassée ?
- Speaker #1
Ça, c'est une question intéressante parce que c'est vrai que c'est un peu ce dont on parlait du syndrome de l'imposteur, que moi, je n'ai jamais vraiment trop ressenti. Parce que je me suis toujours dit, si cette passion t'appartient, c'est que c'est là où est ta place. Et du coup, ça m'a, je pense, un petit peu facilité le travail, dans le sens où j'ai toujours ressenti un peu, je pense, comme beaucoup de personnes dans ce métier, un peu la pression, parce qu'il y a beaucoup d'images qui gravitent autour de nous, et tu vois, il y a beaucoup de choses qui sont faites, on voit énormément, énormément de choses. Du coup, un peu cette pression de faire plus, de faire mieux. Mais par contre, je n'ai jamais ressenti ce côté où je n'étais pas légitime de faire ça. Parce que je me suis dit, en fait, si ça me plaît, pourquoi est-ce que moi, je serais moins légitime que quelqu'un d'autre ? Et du coup, que ce soit en tant que femme ou juste en tant que personne, je n'ai jamais ressenti ça. Et on ne me l'a jamais fait ressentir. Ou en tout cas, je n'ai jamais laissé la porte à ce qu'on me fasse douter du fait que là était ma place. Je ne sais pas si toi, du coup, ton expérience est un peu différente.
- Speaker #0
Un petit peu différente, je pense, parce que moi, je suis autodidacte. vraiment j'ai... Comme je te disais, l'ingénierie, ça n'a absolument rien à voir avec la photo. C'est vrai que je me suis formée, j'ai fait des petites formations, mais je n'ai pas fait d'école. Et du coup, c'est vrai qu'il y a eu des moments, surtout au début, quand tu démarres, c'est vrai que je me sens moins légitime par rapport à des personnes qui ont fait des écoles de photo, qui sont dans le milieu depuis très longtemps. Donc, ouais, un petit peu. Après, maintenant, un peu moins parce que ça fait quelques années que je suis dedans. Et du coup, j'ai eu plus d'expérience, etc. Donc, je me sens un peu plus à l'aise. Mais c'est vrai qu'au début, ça a été un peu compliqué.
- Speaker #1
Oui, je comprends. Mais tu vois, c'est rigolo parce que pour avoir fait une école de photo, je ne me suis jamais dit que quelqu'un qui n'en avait pas fait était moins légitime. Au contraire, je trouve ça assez... Moi, je me dis waouh, tu vois, ils partent de rien. Et justement, ils ont un peu la... Tu vois, tu as cette niaque aussi. Mais c'est vrai que faire une école, peut-être qu'il y a un côté aussi qui te donne un peu de légitimité parce que tu te dis, bon ben voilà, je pars, j'arrive là avec certaines bases. Je sais que ces bases-là, elles sont un peu acquises. Mais parfois, j'ai des gens qui me demandent, oui, j'aimerais me lancer dans la photo. Est-ce que tu penses que faire une école, c'est obligatoire ? Non, je ne trouve pas. En vrai, je trouve ça. Si tu as l'argent et que tu peux le faire et que ça ne te porte pas peine, fais-le parce que ce sera toujours un petit bagage qui va justement peut-être te mettre en confiance, etc. Mais je trouve que la photo, ça fait partie des métiers passion que... que tu apprends en forgeant, tu vois. Donc, plus tu vas faire, plus tu vas savoir faire. Et je trouve que ça suffit.
- Speaker #0
Après, c'est vrai que quand tu fais des écoles, je pense que tu avances plus vite dans ton apprentissage parce que forcément, du coup, on t'explique directement comment ça marche, la lumière, la composition, etc. Alors que quand tu es autodidacte, tu essayes de trouver des ressources un peu partout pour essayer de te faire, du coup, de comprendre et de monter tes compétences. Donc, je pense que c'est un peu plus long, un peu plus lent.
- Speaker #1
Peut-être.
- Speaker #0
Il y a peut-être des choses que tu ne vois pas tout de suite.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Mais oui, effectivement.
- Speaker #1
C'est vrai. On est les deux exemples un peu différents. Du coup, comme toi, tu as changé de parcours de base ingénieur, du coup plus pâtisserie et après photo. C'est quoi que tu as appris sur toi-même dans ton parcours ? Est-ce que du coup, comme tu as un parcours qui est un peu atypique, ou en tout cas que tu es allé fouiller dans différentes choses, est-ce que tu as senti à un moment donné un shift ou quelque chose que... que tu as appris sur toi-même que tu n'aurais pas imaginé ?
- Speaker #0
Je pense que je ne me rendais pas compte quand je travaillais qu'il manquait un peu ce côté créativité. Parce que je travaille dans des bureaux, ce n'est pas forcément hyper créatif. Et c'est vrai que je le faisais en hobby, mais c'est vrai que l'avoir dans mon activité vraiment tous les jours, c'est vraiment quelque chose qui me manquait. Je ne m'en étais pas aperçue avant. On en a parlé un peu aussi tout à l'heure, mais c'est vrai que quand on est indépendant, on a plusieurs casquettes. donc du coup tu fais la partie métier forcément photo mais t'as aussi la partie administrative, compta prospection marketing, enfin tout dit et du coup je pense que je suis pas la seule parce que c'est pareil j'en parle souvent avec des collègues mais la partie prospection c'est vraiment la partie que personne n'aime faire et dans mon parcours du coup j'ai fait une école d'ingé mais j'avais aussi envisagé de faire une école de commerce Merci. du coup je suis très contente de ne pas avoir fait d'école de commerce parce que c'est vrai que du coup je me suis vraiment aperçue avec la prospection que c'est vraiment quelque chose que je n'aime pas du tout faire c'est vraiment la partie du métier qui ne me plaît pas trop mais c'est la partie qui n'est pas fin du tout je suis d'accord avec toi le truc de double casquette,
- Speaker #1
de même quadruple casquette c'est vrai qu'il y a un peu ce côté je trouve quand tu es freelance où tu disais avec tes études tu as quelqu'un qui t'a un peu donné des clés pour avancer plus vite Merci. Et là, d'être freelance, je trouve que parfois, tu es un peu seule avec toi-même et tu n'as pas ce côté où... Enfin, à moins que tu sois en freelance et que tu aies un mentor. Mais moi, je sais que pour ma part, la plupart du temps, je suis quand même seule et que c'est vrai que parfois, je peux ressentir un peu ce manque de... Ok, là, j'aimerais avoir des réponses à mes questions et je vais devoir aller les chercher par moi-même. Et du coup, dans ton cheminement pour aller chercher les réponses, tu vas faire une erreur ou une deuxième jusqu'à avoir la bonne réponse et te dire, si quelqu'un m'avait juste dit que... pour aller de ce point A à ce point B, il fallait passer par ce trajet et pas celui-là, j'aurais effectivement gagné du temps. Et je trouve que ça, c'est un truc qui est parfois un peu difficile avec le free, tu vois, où tu n'as pas forcément... toutes les réponses à tes questions et tu vas devoir les trouver par toi-même. Mais d'un autre côté, il y a un peu ce truc de challenge que peut-être tu as ressenti quand tu es passé d'un métier à un autre. Là, je pars sur une feuille blanche. Et comment est-ce que moi, avec mes décisions, je peux tout choisir ? Qu'est-ce que je vais faire ? Ça va être quoi le canevas à la fin ? Parce que tu es un peu aussi chef d'orchestre de toutes tes décisions. C'est à la fois vertigineux, je trouve, et à la fois ultra gratifiant. Oui,
- Speaker #0
c'est vrai que quand on se réussit à faire son truc, alors que c'est un truc que tu ne connaisses pas du tout au début, c'est vrai que quand je me suis lancée, je pense qu'avec le recul, je me suis lancée un peu vite. Et c'est vrai que du coup, tu fais toute la recherche sur la partie administrative, les statuts, etc. Je me suis lancée, je n'avais aucun réseau. Donc ça, ça a été un peu compliqué aussi. Vraiment, la partie réseau, c'est une partie qui est très intéressante, très importante. Et maintenant, je fais partie de groupe. Du coup, un groupe de... de photographe que j'ai rencontré dans un coaching. C'est un coaching de groupe et puis on est resté tout en contact. C'est vrai que maintenant, quand l'une de nous a des questions, on va sur le groupe et puis on s'entraide.
- Speaker #1
C'est quoi un coaching de groupe ?
- Speaker #0
C'était un coaching que j'ai fait avec Marie Laforêt. C'était un coaching de photo culinaire, mais qui était quand même sur la partie photo, mais aussi sur la partie business. Donc,
- Speaker #1
ce n'était pas un workshop ?
- Speaker #0
Ce n'était pas un workshop. C'était un coaching où on avait deux heures de visio toutes les semaines, je crois. Où du coup, on était toutes ensemble. Il y avait quand même une partie formation. On regardait, on posait des questions sur la partie formation. Puis si on avait des questions, on posait des questions, etc. Ok. Mais du coup, on avait toutes resté en contact après. Et c'est vrai que du coup, on a essayé de continuer à animer un peu le groupe en se mettant un peu des challenges sur des thématiques pour faire des photos. Bon, on vous suit. de continuer à avoir un peu cette dynamique de groupe. On s'entraide aussi quand l'une de nous a des questions pour un devis parce qu'on n'a pas l'habitude de faire ce type de devis. J'ai fait ça comme devis, qu'est-ce que vous en pensez ? Ah, ce n'est pas assez cher, tu devrais plutôt faire attention.
- Speaker #1
Presque une petite micro-entreprise, même si ce n'est pas vraiment le cas. Mais en tout cas, tu n'as pas du coup ce truc de solitude des freelances.
- Speaker #0
Un petit peu quand même, parce qu'on n'est pas non plus en contact tous les jours. Mais c'est vrai que les moments où tu te sens un peu seule, Est-ce qu'on ne peut pas faire une visio la semaine prochaine pour discuter un peu ? Et c'est vrai que du coup, on suit un peu les activités chacune des unes des autres. Et on essaye de se soutenir un peu et de s'entraider quand on a des questions. C'est chouette. Et c'est vrai que ça me manquait beaucoup au début, parce qu'au début, j'étais vraiment toute seule. Comme je te disais, je n'avais pas de réseau. Je ne connaissais zéro photographe. Je ne connaissais personne. Je ne connaissais même pas tellement de personnes qui étaient indépendantes.
- Speaker #1
et tu avais ça d'exemple non j'avais pas d'exemple c'est vrai que quand j'avais des questions bah du coup fallait que je cherche par moi-même parce que j'avais personne vers qui me tourner et c'est vrai que ça ça m'a manqué un peu au début mais tu vois c'est ça que je trouve fou avec toutes les personnes qui ont pas fait d'études quand je parle avec eux spécialement dans la photo parce que moi je trouve que c'est très beau justement d'avoir un peu cette niaque et de se lancer un peu comme ça à l'aveuglette mais je trouve ça fou que du coup ces personnes-là se disent pas Quel courage j'ai, au lieu de se dire je suis vraiment pas légitime à être là, tu vois, parce que en fait, il y a plein de gens qui ont trop peur pour le faire. Ça veut dire que toi, tu fais partie des personnes qui se sont dit, ça, ça me tente, je ne sais pas trop où je vais aller, mais je vais y aller quand même parce que mon instinct me dit un peu d'y aller, tu vois.
- Speaker #0
Après, c'est vrai que c'est un risque parce que financièrement, du coup, t'es plus salariée, donc t'es tout seule. Enfin, parce que du coup, j'étais salariée avant et c'est vrai que quand tu te lances là-dedans, c'est vrai que c'est quand même un risque. Je comprends qu'il y ait des personnes qui aient peur de se lancer aussi. Et toi,
- Speaker #1
tu as un petit conseil à donner ? Parce que moi, je sais que je la reçois souvent, cette question. Je me dis que ça pourrait plaire à certaines personnes. S'il y a quelqu'un qui se trouve dans ton cas de figure et qui est un peu dans le truc de je me lance, je ne me lance pas, tu aurais un petit conseil de comment tu shiftes sur le vas-y, j'essaye, au pire, on verra.
- Speaker #0
C'est une question qui est un peu difficile. Moi, je sais que j'avais un filet de sécurité quand je me suis lancée parce que du coup... Ouais. Moi, le shift, je l'ai eu parce que c'est mon compagnon qui m'a dit « vas-y » .
- Speaker #1
Parce que financièrement,
- Speaker #0
du coup, on n'avait pas trop de risques quand j'ai arrêté et que je me suis lancée. J'avais quand même un peu de temps avant de réussir à vraiment être dans mon activité. Donc, c'est vrai que quand tu n'as pas de filet de sécurité, c'est vrai que ça fait plus peur et il faut quand même calculer les risques, etc. Mais je pense que dans tous les cas, il faut être bien préparé, avoir bien fait ses recherches avant vraiment de se décider, tu vois. Moi, je me suis lancée. Je n'avais pas encore trop recherché toute la partie administrative, statut. Et du coup, j'ai mis plusieurs mois quand même avant de vraiment lancer mon activité.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Je pense que... J'ai une copine qui est aussi photographe culinaire. Elle, elle s'est d'abord lancée à mi-temps. Elle était dans son activité de salarié, elle est passée à mi-temps. Et elle a lancé son activité de photographe en parallèle. Et du coup, là, elle s'est arrêtée, je crois, au début de l'année. Elle a arrêté son activité de salarié et elle est à temps plein maintenant. Du coup, ça lui a donné une petite période de transition pour commencer à récupérer des clients, etc.
- Speaker #1
Faire le démarchage, etc. Oui. Ok. Tu vois, c'était marrant parce que moi, c'était un peu l'inverse. J'ai pris le pari, je me suis dit, tu le fais, tu y vas à fond. Si pendant un an, tu vois que ça ne prend pas, t'arrêtes. Enfin, en soi, je me suis donné deux ans, mais je me suis dit, si vraiment la première année, c'est qu'à ta... Oui, la première année,
- Speaker #0
c'est toujours un peu compliqué.
- Speaker #1
Oui, la première année, quand tu pars de zéro, tu ne peux qu'aller vers le plus haut.
- Speaker #0
Et puis la prospection, généralement, ça met un peu de temps aussi. Tu prospectes, mais ça donne des résultats que quelques mois après. C'est ça.
- Speaker #1
Mais tu vois, moi, je pense que le meilleur conseil que je donnerais, c'est... Va, si t'es intéressé par la photographie, quelle que soit la niche, culinaire, mode, etc. Et essaye de rentrer dans un truc où même tu fais un stage avec quelqu'un, une entreprise ou quoi. Comme ça, tu peux récupérer un peu des clients, un peu d'expérience. Et après, là, tu peux... Moi, je suis un peu la catégorie tête brûlée où je dirais franchement, essaye. Au pire, si vraiment tu n'y arrives pas, tu prends un truc à côté. Mais tu vois, moi, j'ai pris un peu le parti pris de je vais y aller à fond. Je ne vais pas faire demi-temps parce que je me dis, si jamais il y a un client... à qui je dis non parce que j'ai pas le temps peut-être tu vois le client il va se dire vas-y elle est pas assez disponible donc je prends quelqu'un d'autre parce que je trouve qu'il y a un peu ça, la flexibilité c'est assez important je trouve dans notre métier et surtout quand t'es dans le culinaire parce que toi je sais pas, toi tu fais plus des choses que tu reçois chez toi non ? parce que moi je vais plus chez les restaurateurs du coup je me cale quand même sur l'emploi du temps qui est déjà super chargé et pas évident et du coup quand tu fais cette démarche là la flexibilité, c'est ce qui les arrange le plus. Donc, je me suis dit, là, je vais y aller et je vais tester et on verra. Et ça a fonctionné, du coup.
- Speaker #0
C'est vrai, pour moi, la flexibilité, c'est moins, pour mes clients, c'est un peu moins important parce que, du coup, effectivement, généralement, je fais les photos dans mon studio. Du coup, les clients, ils peuvent être n'importe où en France, ils m'envoient les produits. Et puis après, on se cale une journée de shooting, il faut quand même que je fasse la validation à distance. Mais du coup, c'est vrai que ça reste quand même assez souple.
- Speaker #1
C'est cool. Et du coup, tu as fait tout ton studio chez toi ?
- Speaker #0
Oui. Au début, alors quand j'ai commencé, c'était dans mon salon. À chaque fois, je devais monter et démonter. Mais c'est vrai qu'après, du coup, j'ai déménagé et j'ai réservé une pièce où j'ai du coup mon studio.
- Speaker #1
Trop chouette. Tu as ton matos, tu as tes assiettes, tout ton truc.
- Speaker #0
Mais tu vois, c'est marrant parce que du coup, je ne sais pas, tu ne fais pas du tout, tu n'as pas du tout de stylisme, tu ne fais pas du tout de photos.
- Speaker #1
Alors, photographie de... Enfin, stylisme, je ne l'ai jamais fait. Mais j'aimerais beaucoup. Mes photos de produits, ça j'en fais, mais chez moi, c'est petit. Donc moi, je me débrouille un peu. J'arrive toujours à me débrouiller, mais je n'ai pas de lieu. C'est pareil, c'est comme toi. En fait, j'ai un grand bureau qui est très long. Du coup, j'ai toute une partie que je peux utiliser pour faire mes photos. Donc ça, c'est chouette. Je peux le faire chez moi, mais c'est vrai que je n'ai pas un lieu dédié.
- Speaker #0
Parce que ça va prendre la place.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Parce que du coup, tu fais des shootings, tu as des thématiques plus rustiques, plus classiques. et du coup il faut le style qui va avec donc c'est vrai que ça prend de la place et je commence à déborder un peu du studio parce que la vaisselle les couverts,
- Speaker #1
tout le siège prend beaucoup de place et là t'as mis combien de temps pour pouvoir passer en année ou en mois de faire mes shoots avec un peu le matos que j'ai à droite à gauche dans mon salon jusqu'à j'ai vraiment un studio et j'ai des gros clients puisque j'imagine que c'est ce que t'as de plus en plus. Du coup, c'est ton chiffre qui s'est fait comment ? Ça se compte en mois, en années ?
- Speaker #0
En fait, j'ai commencé en 2019.
- Speaker #1
Ah oui, d'accord, ça fait un petit moment quand même.
- Speaker #0
J'ai officiellement commencé en 2019, mais du coup, j'ai commencé à avoir des discussions sur des devis de début 2020. Et le Covid est arrivé par là-dessus.
- Speaker #1
Et à tout arrêter. C'est en plein Covid, ok.
- Speaker #0
En fait, j'ai commencé avant, mais le temps que les premiers clients arrivent, c'était début 2020.
- Speaker #1
Mais ça l'évite, parce qu'en un an, ça veut dire que tu es passé de 0% de savoir-faire, entre guillemets, à je peux faire un devis. Oui,
- Speaker #0
mais du coup, tout s'est arrêté début 2020.
- Speaker #1
OK.
- Speaker #0
Du coup, j'ai des devis qui étaient en cours, qui du coup, n'ont jamais rien donné derrière, forcément, puisque les projets se sont arrêtés. Mais j'ai quand même eu mon tout premier client, du coup, fin 2020.
- Speaker #1
Avant la sortie du Covid.
- Speaker #0
Le confinement, il s'est arrêté en mai. Mais oui, c'était encore un peu dedans. Du coup, j'ai déménagé en 2021. Et donc, du coup, à partir de là, j'ai...
- Speaker #1
Et là, ça a shift.
- Speaker #0
Ça a shift. Du coup, j'ai eu mon studio et j'ai eu de la place pour faire mes shootings. Mais c'était un peu décorrélé. Au final, on a fait le déménagement parce qu'on avait deux veilles sur... Ok.
- Speaker #1
Il fallait que tu bouges.
- Speaker #0
Il fallait que je bouge. Donc, on a déménagé. Du coup, il y avait un des critères, c'était j'aimerais bien avoir une pièce...
- Speaker #1
Anticipée. Ouais, voilà, c'est ça. Je t'ai dit, je vais en avoir besoin dans tous les cas. Donc, autant le faire. Ok. Trop chouette. Du coup, ton travail, c'est quoi ? quoi la partie que tu préfères là aujourd'hui si t'en as une, il y a un truc qui ressort un peu du lot, parce que je trouve que quand tu te lances en free et que ta passion elle prend la place de métier le rapport que t'entretiens avec elle je sais pas, mais moi ça a un peu changé par exemple quand je vais en vacances, parfois j'ai pas envie de faire de photos alors que c'est beau tout ce que je vois mais je suis en repos et je trouve que du coup il y a un petit shift entre c'est ta passion et t'en fais tout le temps partout dès que tu respires tu prends des photos après ça devient ton métier donc il y a un truc un peu plus Pas académique, mais quand même un peu carré. Du coup, c'est quoi le petit truc qui te fait encore vibrer ?
- Speaker #0
C'est marrant parce que déjà, moi, je pense que je n'ai pas le même rapport à la photo que toi. Parce que moi, je n'ai jamais vraiment trop aimé prendre des photos. En fait, je ne me balade pas avec mon appareil photo. Même quand je suis en vacances, je ne prends pas beaucoup, beaucoup de photos. Vraiment, la photo, pour moi, ça a toujours été la photo culinaire. Et par contre, je n'aime pas trop prendre des photos de gens. Ok.
- Speaker #1
Tu aimes la photo dans ta bulle, quoi.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
En fait, moi, j'ai besoin de faire la photo culinaire parce que du coup, je maîtrise. J'ai besoin d'être un peu organisée, je suis un peu carrée. J'ai besoin de maîtriser un peu tout. Donc, j'aime bien faire les photos dans mon studio avec la lumière, la photo, etc. Mais je n'aime pas particulièrement me balader avec un appareil.
- Speaker #1
Tu n'as pas le truc de la photographie quand tu flannes.
- Speaker #0
Non, c'est marrant parce que je sais qu'il y a plein de photographes qui adorent la photo et qui, du coup, font des photos de tout, même s'ils sont spécialisés professionnellement. Alors que moi, pas du tout. C'est vraiment genre, je ne suis que là-dessus. Je ne suis pas fan de prendre des photos autrement.
- Speaker #1
En même temps, je trouve que c'est un truc un peu de photographe culinaire d'avoir ce côté très carré. C'est un peu ta zone de contrôle. Et tu peux tout au millimètre près. Je pense que c'est un truc, pas de névrose, mais un peu le truc de quand tu aimes bien faire les choses un peu à ta sauce. Tu peux te trouver bien, en tout cas, dans cette niche-là de photos où tu peux gérer le moindre détail et que tu as un peu le temps de le faire. Oui,
- Speaker #0
la photo de produit en général. Oui,
- Speaker #1
voilà, c'est ça.
- Speaker #0
Mais du coup, pour répondre à ta question, ce que je préfère, du coup, c'est pas du tout, enfin, ça reste sur le métier, ça reste pas du tout la prospection ou ça, on en a parlé. Mais du coup, sur la partie métier, je fais aussi, je propose la création de recettes avec les produits des marques.
- Speaker #1
Ah ok, trop chouette. Donc toi, tu fais des recettes pour eux ?
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Alors, pas sur tous les projets, mais ça arrive. Et c'est vrai que ça, c'est quelque chose qui est super sympa. Parce que du coup, tu crées des recettes pour... avec un produit de ton client.
- Speaker #1
Donc, tu cuisines en fait ? Oui.
- Speaker #0
Généralement, je cuisine. Même quand il n'y a pas de création de recette, généralement, il y a de la cuisine parce que tu montres le produit. Parce que du coup, c'est des produits que tu achètes en magasin. Et donc, je le cuisine soit dans de la création de recette, soit juste pour montrer le produit préparé.
- Speaker #1
Donc, pour pouvoir faire ce que tu fais, il faut quand même être un peu à l'aise.
- Speaker #0
Oui, mais comme j'ai commencé un peu avec la cuisine, enfin, pas vraiment avec la cuisine, mais c'est quelque chose que j'aime bien et que j'aimais beaucoup être dans la cuisine, la pâtisserie. Et du coup, j'aime beaucoup cet aspect création de recettes parce que du coup, je peux faire des tests, des associations de saveurs. Il y a pas mal de créativité dans cette partie-là que j'aime beaucoup. Et sinon, il y a une autre partie que j'aime beaucoup, c'est la partie post-production. parce que c'est toujours un peu challengeant, je trouve. Pour arriver à un même résultat, tu peux le faire de plein de manières différentes avec tous les outils que tu as dans tes logiciels. Et je trouve ça toujours super intéressant. J'ai eu un client où à chaque fois, il fallait que le produit ait l'air un peu parfait. Donc, tu avais beaucoup de post-production pour que le produit soit nickel et qu'il n'y ait rien qui dépasse. Et du coup, j'avais beaucoup fait de... de Photoshop, etc. Et c'est toujours hyper challengeant de trouver comment tu vas réussir à transformer ton image pour...
- Speaker #1
Ouais, c'est un peu le dernier coup de pinceau.
- Speaker #0
Ouais. Et c'est vraiment un truc que je trouve super sympa aussi. Tu préfères quoi, toi, du coup ? Parce que, du coup, tu fais du produit, du culinaire et de la mode.
- Speaker #1
Ouais, je fais un peu de tout.
- Speaker #0
Est-ce que déjà, il y en a un des trois que tu préfères ?
- Speaker #1
Oh là là, c'est très différent. En fait, les trois sont très complémentaires. Et je pense que les trois, ils se calibrent bien sur un aspect de ma personnalité pour chaque. J'adore les trois, c'est très dur de choisir. La partie mode, tu vois, c'est là où je vais faire des projets perso.
- Speaker #0
J'adore travailler en équipe en plus. Donc, c'est, je pense, le moment où je me régale, où j'ai le moins l'impression de travailler. La photo de produit, je trouve ça très, très satisfaisant à faire. Je trouve qu'il y a un côté vraiment très carré où tu peux raconter quelque chose avec un objet qui ne bouge pas, qui ne parle pas. Donc, c'est raconter une histoire avec quelque chose de très figé. C'est assez particulier. Et après, la photographie culinaire, je pense que c'est parce que j'ai aussi ce lien avec mon papa et que j'ai un espèce de respect. pour ce métier où je me dis je peux leur apporter une petite contribution et leur enlever une petite épine du pied et moi j'adore quand ça se passe bien avec mes clients, il y a un bon feeling j'ai besoin de me sentir bien avec mes clients et souvent je pense que j'attire des clients aussi qui sont un peu comme moi ou s'il y a un truc un peu de simplicité ou un petit travail d'équipe aussi donc j'aurais beaucoup de mal à en choisir qu'un j'aime beaucoup les trois parce qu'ils sont très complémentaires et très différents Et c'est ça que j'adore, je pense, dans mon métier aussi, c'est de pouvoir un peu changer, faire un petit peu des choses qui sont différentes. Quand t'en as marre d'une niche, tu peux faire autre chose, et tu vois, et après tu reviens, et du coup, ce qui est chouette aussi, quand t'es un peu versatile comme ça, c'est que ton inspiration, elle peut se greffer d'une niche à l'autre, tu vois, tu fais de la photographie de mode, et puis tu penses à un autre truc, et tu te dis, ah purée, ça, je pourrais le faire là, et ça, cette couleur-là, tu vois, il y a un truc un peu effervescent que j'adore, et du coup... Du coup, je pense que j'arrêterai jamais de faire un petit peu de tout. Même si c'est vrai que pour l'aspect plus financier, je suis plus quand même dans le shooting culinaire. C'est ce que je fais le plus dans mon activité. Parce que je pense qu'il ne faut pas non plus trop s'éparpiller. Surtout quand tu le fais pour en vivre. Il faut quand même avoir un petit cadre et une ligne directrice. Mais j'ai de la pétance un peu pour tout. Mais je pense que j'aime autant les moments où je suis toute seule, où je fais mon truc et je remonte dans ma bulle, un peu comme toi tu disais, que les moments où je... il y a du monde et on travaille en équipe et même on rigole. Moi, j'aime bien quand l'atmosphère est un peu à la méditerranéenne. J'ai besoin que l'atmosphère soit chouette, qu'il y ait un truc un peu humain qui se passe et que je n'ai pas l'impression vraiment de trop travailler. Ça, c'est l'aspect le plus chouette de notre métier, je trouve.
- Speaker #1
Et du coup, si demain tout s'arrête et que tu n'as plus de clients, plus de visibilité, plus rien, qu'est-ce qui te reste vraiment ?
- Speaker #0
Qu'est-ce qui me reste si tout s'arrête ? J'ai juste toujours l'envie de refaire tout à zéro. Moi, je pars du principe que si tu l'as fait une fois, tu peux le faire deux fois et même trois, quatre. Et que l'erreur, il faut la considérer toujours comme un apprentissage et jamais comme une frontière, un truc que j'ai puré, j'ai fait ça, du coup, c'est foutu. Des erreurs, on en fait tous. Et parfois même, on ne se rend même pas compte des erreurs que font. Parce qu'on est tous très concentrés sur nous-mêmes. Du coup, quand tu fais un truc, toi, tu as l'impression que c'est cataclysmique, mais autant personne ne l'a vu. Donc déjà, il ne faut pas non plus trop... Il faut doser aussi quand tu annonces ton erreur. Parfois, ça... peut passer, tu peux réussir à rectifier tout. Donc je pense que si jamais tout s'arrête, je refais tout. Peut-être différemment, parce que du coup, je garde mon expérience, je garde mon envie, je garde mon œil et ma façon de voir les choses. Et bien sûr que là, je vais avoir 28 ans, je ne le ferai pas de la même manière que quand j'en ai eu 24 et que je me suis lancée. Mais je pense que je garderai l'envie de continuer de faire ce métier que j'aime et que je referai tout. Avec la même yac, je pense. Et toi, tu as un truc...
- Speaker #1
Je suis assez d'accord avec ce que tu as dit. Au final, c'est vrai que tu gardes ton expérience. Et du coup, s'il y a besoin de recommencer, effectivement, tu as plus de base que ce que tu avais quand tu avais commencé. Du coup, je pense que c'est même plus facile de recommencer la deuxième fois.
- Speaker #0
Et c'est quoi, tu penses, l'erreur que tu ne referais pas, toi ? Ou peut-être la chose où tu te dis, si on me l'avait dit dès le début, je serais allée plus vite sur cette étape. Ou ça, c'est un petit truc que tu peux comprendre qu'avec l'expérience. Mais d'une fois que tu le sais, ça te paraît... Très évident. Et tu dis, c'est fou de ne pas y avoir pensé avant.
- Speaker #1
Je ne sais pas s'il y a vraiment des erreurs, mais quand je me suis lancée, avec le recul, c'était un peu de photo, c'est ce que je te disais tout à l'heure. Je pense que je n'avais pas assez d'expérience quand je regarde les photos que je faisais à l'époque. Maintenant, je me dis, c'est vrai que c'était peut-être un poil tôt. Oui,
- Speaker #0
mais en même temps, c'est un peu ça qui t'a aussi amenée à d'autres clients.
- Speaker #1
Oui, c'est vrai que j'ai quand même réussi à avoir des clients et c'est vrai que tous les clients n'ont pas le même niveau d'exigence. Et ils ne veulent pas tous la même chose non plus. Et du coup, je ne facturais pas la même chose non plus à l'époque. Ça va aussi pour les clients qui ont moins d'exigences et qui ont moins de budget. Ça correspondait aussi plus. Et puis du coup, oui, je me suis formée après. Et je pense que la formation, c'est quand même important de continuer de se former.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai.
- Speaker #1
Continuer d'apprendre. Ça, c'est aussi quelque chose qui est super important, je trouve.
- Speaker #0
Moi, je pense aussi, un truc que je n'ai pas fait et que j'aurais fait, j'aurais pris une formation un peu, tu sais, pas de comptabilité, mais un truc un peu plus axé business. Comment tu peux tout budgetiser ? Parce que je pense qu'il y a un petit truc, ça va revenir sur la légitimité dont on parlait tout à l'heure. Mais tu sais, au début, tu es un peu perdu pour faire les devis. Tu avances un peu et je pense qu'on avance tous vraiment la bug en ayant l'impression que les autres, ils savent super bien gérer. Tout est une découverte quand tu es un peu tout seul et que tu fais un peu au fil du vent. Et je pense que si je devais donner un conseil à quelqu'un qui veut se lancer, c'est franchement si tu peux investir un petit peu sur toi-même et sur une petite formation qui peut-être n'a rien à voir avec la partie créative, mais ça, ce n'est pas grave parce que ça se forge. Tu vas le développer par toi-même. C'est ultra inhérent à ce métier, donc ça va venir.
- Speaker #1
Je sais qu'il y a aussi une grosse communauté de photographes culinaires sur Instagram en particulier, parce que moi, j'ai commencé, c'était aussi beaucoup sur Instagram. Et moi, quand je me suis lancée, sur mes premiers devis, effectivement, je me suis lancée. Tu as zéro référence sur les plumes et tout. Et effectivement, ce que je faisais, du coup, c'est je contactais 2, 3, 4 photographes culinaires avec qui j'avais déjà un peu échangé ou tu ne vas pas contacter n'importe qui, mais avec qui tu as déjà un peu échangé et construit un rapport un peu. Et du coup, je leur demandais, je leur disais, bon... J'ai eu cette demande. J'ai fait ça comme devis. Qu'est-ce que tu en penses ? Parce que ça te permet aussi de te comparer un peu au reste du marché. J'ai fait ça, je ne pensais pas forcément avoir de réponse. Juste qu'ils me disent un peu plus cher, un peu moins cher, ou je ne veux pas répondre. Ils m'ont tous répondu avec des prix, des fourchettes de tarifs.
- Speaker #0
En me disant,
- Speaker #1
moi, pour ce type de truc, j'aurais facturé comme ça, etc. Et du coup, ça m'a permis aussi de... de me baser un peu sur le marché. Oui,
- Speaker #0
de récupérer un peu des données. Je peux placer dans cette fourchette ou dans celle-ci.
- Speaker #1
Alors après, les fourchettes que je récupérais, elles étaient quand même très... C'était un râteau.
- Speaker #0
Ah ouais, c'était entre le plus bas et le plus haut.
- Speaker #1
Ouais, ouais. Parce que c'est vrai que, vu que chaque photographe facture comme il veut, il n'y a pas vraiment de référence de marché où il n'y a pas de...
- Speaker #0
Et en plus, tu sais, tu as un peu le type de... Soit tu fais plein de shoots et tout cumulé, ça te fait une grosse somme. Soit tu en fais très peu, mais tu arrives à la même somme avec moins de shooting. Déjà, tu as un peu les deux façons de faire. Mais c'est vrai que je pense que prendre un petit peu les sons de cloche pour savoir un peu comment tu peux te situer et en vrai, peut-être faire une petite formation. Voilà, un minima, s'intéresser un peu à comment ça fonctionne, comment tu peux améliorer ton budget, budgetiser un petit peu tout. En fait, je pense rentrer dans des trucs un peu concrets comme ça qui peuvent faire peur au début. Je pense que c'est assez important. Moi, je pense que si je devais tout refaire, c'est le truc que je ferais en premier. Oui,
- Speaker #1
c'est vrai qu'il y a des... Il y a des outils, il y a des formations aussi, du coup, pour t'expliquer comment tarifer, comment, avec ton niveau de vie, avec tes charges... Comment amortir, etc. Voilà, et combien tu dois facturer pour, du coup, au minimum, être dans tes coûts.
- Speaker #0
Et après, je trouve qu'il faut aussi quand même se sentir légitime dans ses prix. Parce que si tu mets un prix et que tu ne te sens pas légitime, la personne, elle va le sentir. Pour être capable d'exprimer. Voilà ça qui m'ont pris, je le justifie de telle manière et je suis très sûre de moi.
- Speaker #1
Après, il faut quand même être sûre de ses prix aussi et être légitime et se dire ça c'est un bon prix, mais aussi être sûre de soi sur ses prix dans le sens où il y a plein de clients qui ne connaissent pas forcément les prix ou qui ont l'habitude que leurs cousins leur fassent des photos. Du coup, quand ils arrivent et qu'ils te demandent un devis, ils sont là, c'est trop cher. Au bout d'un moment, tu te dis, bon, peut-être que je suis vraiment trop chère. Mais quand tu regardes les autres photographes, tu t'aperçois que tu n'es pas si chère que ça. En fait,
- Speaker #0
ce n'est pas forcément que tu es trop chère. C'est que tu n'es peut-être pas dans la bonne catégorie de client. Voilà. Parce que tu es toujours trop chère pour quelqu'un, pas assez chère pour quelqu'un d'autre. Le truc, c'est que je pense aussi, quand tu prospectes, d'arriver... Moi, je pense que c'est bien de prospecter légèrement plus haut que son... Tu vois, pour essayer de progresser un petit peu aussi sur ce genre de choses. Et de toujours essayer... Quand on te dit que tu es trop chère... Parce qu'au début, c'était un peu ce truc de... Je vais accepter un petit peu tout ce que je peux prendre, mais tu te rends vite compte qu'en fait, il faut catégoriser et que d'une fois que tu es bien dans ta catégorie, ça va te ramener aussi des clients qui sont dans celle-là. Et du coup, c'est un truc plus pérenne, je pense, que de vraiment accepter des trucs où tu n'as même pas envie de le faire ou où c'est moins bien payé. Tu te dis bon, je le fais parce que là, je n'ai pas trop le choix, parce qu'au début, c'est un peu le cas. Tu prends un petit peu tout, mais je pense que dès que tu peux, le mieux, c'est quand même... D'avoir un peu sa catégorie de clients, de viser un petit peu plus haut.
- Speaker #1
Surtout que ceux qui ne veulent pas payer trop cher, généralement, ce ne sont pas les clients les plus... Facile. Oui, les plus faciles. Ils veulent des trucs hyper précis ou beaucoup trop par rapport aux devis que tu leur as.
- Speaker #0
C'est ça. Du coup, souvent, c'est une perte de temps plus qu'un gain d'argent. Ça,
- Speaker #1
tu as une mauvaise expérience. Ils ne vont pas, du coup, te donner, eux, une bonne...
- Speaker #0
C'est vrai, je suis d'accord. Mais du coup, avec tout ça, toi, tu imagines comment la suite... Parce que là, on parlait un peu du futur, de comment on évolue. Toi, il y a une... Parce qu'avec ton entreprise, tu as déjà une vision où tu... te laisser un petit peu flotter ?
- Speaker #1
Pour le moment, je n'ai pas de projet, de gros changements prévus dans le futur. À moyen terme, je vais probablement avoir un déménagement. Donc du coup, quand je serai partie de région parisienne et du coup, je récupérerai une voiture, je pense que j'essaierai peut-être de faire aussi des commerces locaux, de diversifier un peu.
- Speaker #0
Et tu penses que tu vas agrandir ton studio ou tu restes un peu dans les mêmes proportions ?
- Speaker #1
Non, je pense que j'agrandirai parce que là, j'ai déjà plus assez de fameux.
- Speaker #0
C'est trop drôle.
- Speaker #1
Donc, si j'ai la possibilité, j'aimerais bien agrandir un peu et avoir plus de place.
- Speaker #0
Et ça t'arrive parfois de recevoir des clients dans ton studio ? Ça m'est arrivé.
- Speaker #1
Ça m'est arrivé. J'ai fait sans, j'ai fait avec. Vu que c'est dans mon domicile, je préfère quand je suis toute seule. Mais bon, il y a certains clients qui veulent quand même être là pour vérifier et tout valider en direct. Mais c'est vrai que moi, ce que je préfère, c'est du coup, travailler à distance. soit du coup... surtout quand c'est des clients récurrents qui savent comment tu travailles et que tu fais du coup un gros volume de photos généralement tu peux faire tes shootings tout seul dans ton coin et puis t'envoies les photos une fois que c'est fini ceux avec qui t'as jamais travaillé ils aiment bien quand même faire le diamant et du coup on se calme une journée je fais mon shooting et j'envoie les photos non retouchées juste pour validation un peu de la composition chaque compo tu dois la faire valider ça dépend des clients ok
- Speaker #0
Parce que, mettons, tu as 100 photos, je dois faire valider les 100 compositions ?
- Speaker #1
Ouais. Mais généralement, je ne fais pas 100 photos.
- Speaker #0
Mais genre, c'est quoi ton...
- Speaker #1
En fait, ça dépend de la complexité des photos. Mais si c'est des photos où tu dois changer de mise en scène complètement à chaque fois, et qu'il y a de la cuisine en plus, etc., tu ne fais pas plus... Je crois que, si j'ai fait le plus, j'avais 15 photos en une journée.
- Speaker #0
Ok. Ah ouais, ok. Donc en fait, à chaque fois, tu refais un setup ?
- Speaker #1
Bah ouais, parce que ça dépend des projets. Mais si du coup, tu as un setup complètement différent à chaque photo, qu'en plus, tu as de la cuisine.
- Speaker #0
Ah oui, c'est vrai, parce que du coup, tu as de la cuisine. J'oubliais. Mais oui, du coup, à chaque fois, tu dois...
- Speaker #1
Tu essaies de préparer un maximum en amont, mais il ne faut pas juste faire du réchauffé pour la photo parce que ce n'est pas ce qui est le plus joli.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Et toi, Jessica, du coup, est-ce que tu as des grands projets à venir ou est-ce que tu as des changements prévus dans ton activité ?
- Speaker #0
Moi, c'est vrai que je suis un peu... Parce que tout à l'heure, on parlait un peu de la confiance et du fait de ne pas trop douter. Et tu vois, donc moi, j'avance toujours avec cette espèce de foi. Et donc, je n'ai pas forcément des plans très, très pressés en tête. Mais à l'avenir, j'aimerais peut-être aller habiter dans le sud de la France. Et tu vois, être un petit peu entre Paris, Marseille ou ailleurs, tu vois. Donc ça, c'est plus le projet du lieu. Mais j'aimerais toujours continuer. En fait, dans mon idée, c'est juste continuer de travailler dans ce que je fais. Mais essayer à chaque fois d'améliorer. travailler avec d'autres personnes, des nouvelles marques, des nouveaux restos, essayer de vraiment continuer toujours à naviguer dans ce qui me plaît. Je n'ai pas vraiment de trucs très précis en tête et j'essaie de me dire ce n'est pas que je n'ai pas de vision, mais je sais que la vision très long terme, ce que je veux, ce que j'aimerais construire peut-être plus tard, une agence ou quelque chose comme ça ou en tout cas avoir au moins une équipe qui puisse intervenir, des gens qui j'ai confiance et vraiment avoir un truc très solide. à proposer. Mais du coup, je me dis que je reste aussi quand même ouverte en ne me focalisant pas sur un truc trop précis pour aussi prendre un peu les opportunités comme elles viennent et évoluer un peu au fil de la vie et des opportunités.
- Speaker #1
Je sais que tu es bien dans ton activité.
- Speaker #0
Mais je trouve que c'est aussi la beauté de notre métier. C'est que tu peux changer, tu peux te renouveler, tu peux faire un peu tout ce que tu veux. Donc, ça laisse une porte ouverte à plein de choses. Et ça, c'est chouette. Je trouve que c'est une belle perspective. En tout cas, ce n'est pas une perspective qui m'angoisse. De ne pas savoir avec précision, mais juste d'avoir la confiance de dire « En vrai, ça va être chouette. » Je ne sais pas exactement ce que ce sera, mais je sais que ce sera chouette.
- Speaker #1
C'est le principal,
- Speaker #0
oui.
- Speaker #1
Merci, Jessica. C'était super intéressant d'avoir discuté avec toi.
- Speaker #0
Merci à toi. Plaisir partagé, c'était trop bien.
- Speaker #1
Du coup, c'était Sacha Collin.
- Speaker #0
Et Jessica Bascou.
- Speaker #1
Et vous pouvez nous retrouver sur H.