- Speaker #0
Le podcast Advitam existe grâce à vos contributions. C'est une association Advitam Prévention. Votre participation nous aide à promouvoir la médecine préventive et à produire des épisodes de qualité. N'hésitez pas à faire un don pour soutenir l'aventure.
- Speaker #1
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- Speaker #0
Merci.
- Speaker #1
Advitam, le podcast de médecine préventive.
- Speaker #0
Environ 70% des maladies sont évitables. La médecine préventive, c'est une approche globale de la santé. Elle permet de cibler les facteurs de risque et ainsi de pouvoir limiter ou retarder l'apparition de pathologies. Dans ce podcast, avec l'expertise d'intervenants de qualité, nous décryptons sans tabou les données de la science auxquelles nous confrontons différents points de vue. Nous expliquons, avec bienveillance et empathie, quels sont les éléments pour devenir acteur de votre santé, de manière positive, quel que soit votre âge. Je suis le docteur Sarah Langeais. médecin généraliste et gériatre depuis plus de 15 ans. Bienvenue dans Advitam, le podcast de médecine préventive. Bienvenue à tous, merci d'écouter le podcast Advitam et merci beaucoup au docteur Anne-Laure Capitaine, ORL, d'être aujourd'hui avec nous. Bonjour Anne-Laure.
- Speaker #2
Bonjour et merci pour l'invitation.
- Speaker #0
Merci d'être là, suite justement à l'épisode qu'on avait fait sur les problématiques de l'audition, maintenant de parler des problématiques d'acouphènes. Tu es ORL généraliste, tu as travaillé à l'hôpital pendant longtemps et tu travailles maintenant en libéral. Donc tu connais bien tout ce qui peut gêner au quotidien les patients. Et l'acouphène, ça en fait partie, n'est-ce pas ?
- Speaker #2
Oui, tout à fait. C'est un problème extrêmement fréquent. J'ai beaucoup, beaucoup de patients qui viennent me consulter pour ce problème particulier.
- Speaker #0
Alors pour resituer, un acouphène, ça peut être un bruit qui est gênant, un symptôme auditif qui n'est jamais normal. Et pour vous faire comprendre ce que c'est, et peut-être vous y retrouver là-dedans, on vous fait écouter un acouphène, ça peut être ça par exemple. Ou alors, ça peut être ça. Et encore. Alors peut-être que vous vous y retrouvez, c'est un bruit que vous avez peut-être déjà entendu une fois dans votre vie, ou peut-être que vous entendrez. Anne-Laure, est-ce que tu peux expliquer, toi, de ton point de vue de spécialiste et d'ORL ? Ce qu'est un acouphène ? Pourquoi il y a ce bruit-là qui est là dans notre oreille ?
- Speaker #2
Oui, tout à fait. Alors je vais faire un rappel de la définition de l'acouphène et pour qu'on puisse se diriger vers vraiment l'acouphène dont on a envie de parler aujourd'hui et qui est un acouphène très spécifique. La définition de l'acouphène, c'est un bruit que le patient entend mais qui n'est pas entendu par les autres. Ça peut être un bruit de son corps. On peut entendre sa propre circulation sanguine, on peut entendre sa déglutition, on peut entendre sa respiration. Mais ça peut aussi être un bruit généré par l'oreille qui ressemble au bruit que vous avez pu entendre tout à l'heure. L'acouphène peut être continu, mais il peut aussi être pulsatile. Alors quand il est pulsatile, on n'en parlera pas aujourd'hui, mais il faut faire des investigations pour être sûr qu'il n'y ait pas de problème vasculaire, par exemple, qui soit... à l'origine de cette sensation sonore.
- Speaker #0
Quand tu dis pulsatiles, ça veut dire que ça bat ?
- Speaker #2
Ça bat, ça suit les battements cardiaques.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #2
Maintenant, si on se recentre sur l'acouphène qu'on appelle l'acouphène subjectif, donc c'est un acouphène qui est entendu par le patient, parce que créé par son oreille interne. Donc c'est le seul à pouvoir entendre ce bruit. L'oreille transmet au cerveau un son qui n'est pas créé par un bruit extérieur. Le fait d'avoir des acouphènes, le plus souvent, ça n'est pas. mais pas grave du tout, mais ça peut être très embêtant. Donc le but, c'est déjà de déterminer de quelle acouphène souffre le patient et d'investiguer sur son niveau de gêne.
- Speaker #0
C'est surtout ça en fait, c'est le handicap, parce qu'en soi, c'est pas grave d'avoir un acouphène.
- Speaker #2
Non, en soi, la plupart du temps, d'avoir un acouphène, ça n'est pas grave du tout, surtout s'il est entendu des deux côtés, si son niveau est le même, s'il est plus ou moins permanent. ça n'est pas grave du tout.
- Speaker #0
Classique, on l'a peut-être tous, ou en tout cas, beaucoup de gens l'ont entendu, on sort d'un concert avec un niveau sonore élevé, tu rentres chez toi le soir et tu as ce symptôme que tu entends, là, on vous le fait écouter, ça nous gêne toute la soirée. Et ça disparaît en général le lendemain ou 48 heures après, c'est ça ?
- Speaker #2
C'est exactement ça, et il y a donc des personnes qui perçoivent ce son tout le temps.
- Speaker #0
Et ça, quand on revient d'un concert,
- Speaker #2
juste ça siffle dans les oreilles et ça c'est un signe d'agression sonore oui tout à fait c'est l'oreille qui rechigne elle a été agressée elle exprime son mécontentement et elle se met en fait à émettre un son à fonctionner toute seule et à dysfonctionner
- Speaker #0
Le sujet principal, c'est le handicap lié à cette acouphène, puisque les patients qui viennent en consultation le disent. J'en peux plus de ces acouphènes, c'est toute la journée, certains disent parfois même toute la nuit, c'est en permanence, c'est gênant et du coup il faut apprendre à vivre avec.
- Speaker #2
Tout à fait, c'est exactement ce que tu décris. Il y a les gens qui se questionnent, que ça ne gêne pas plus que ça, mais qui se questionnent. C'est quelque chose qui n'est pas normal, ils veulent tout simplement savoir ce que c'est. Et à partir du moment où ils ont l'explication et qu'ils sont rassurés, et qu'ils peuvent vivre avec tranquillement, c'est tout. On n'a pas besoin de...
- Speaker #0
Et quand ils savent, l'acouphène disparaît ?
- Speaker #2
Alors, l'acouphène peut s'atténuer et je vais t'expliquer pourquoi.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #2
En fait, l'acouphène, on peut faire un parallèle direct avec la sensation de douleur. La sensation de douleur, comme toutes les sensations, en fait, elle part d'un organe et l'information est transmise jusqu'au cerveau. Et c'est le cerveau qui après va faire un tri et qui va analyser cette sensation en fonction des besoins que l'on a, en fonction de l'intensité de la sensation, etc. Il faut savoir que le cerveau fait un tri permanent des informations qui lui parviennent. Ça nous est tous arrivé de lire un livre, un livre passionnant. Et on veut savoir, là on est vraiment au moment où on veut savoir qui a tué le colonel Moutarde dans la cave avec le chandelier. Et quelqu'un nous... parle à côté et on ne l'entend pas. Parce que notre cerveau fait le tri et notre cerveau, là, il est à fond dans le bouquin. Donc en fait, il faut expliquer ça au patient et il faut expliquer qu'avec la couffaine, on peut aider le patient à ce que le cerveau fasse le tri des informations utiles et des informations inutiles. La couffaine, il est là. D'abord, il faut éliminer toutes les maladies. qui peuvent être pathologiques. Une fois que c'est fait et qu'il reste l'acouphène et qu'on sait que ce n'est pas grave, il faut aider le patient à gérer cette acouphène.
- Speaker #0
C'est vraiment invalidant. J'ai déjà rencontré plein de patients qui traversent la France pour aller voir des spécialistes de l'acouphène, tellement ce sujet les éreintes et handicapants devient une obsession.
- Speaker #2
Oui, tout à fait. Mais en fait, c'est toute la problématique, c'est que ça devient une obsession. Alors même que le niveau de l'acouphène ne change pas tellement. Et qu'au début, ça n'était pas une obsession, mais ça devient une obsession. Parce qu'en fait, leur cerveau tourne en boucle sur cette acouphène, comme le cerveau peut tourner en boucle sur des sensations douloureuses. Pour bien comprendre, par exemple, on a tous entendu parler des personnes qui avaient mal à une main alors que leur bras est coupé.
- Speaker #0
Le membre fantôme.
- Speaker #2
Le membre fantôme, exactement. et en fait, c'est que le cerveau à garder en souvenir l'information corporelle de cette main, de ce bras. Alors même que le bras n'existe plus, le cerveau peut percevoir encore des sensations qui sont dédiées à cet organe. Et en fait, une fois que l'on a compris que le phénomène était le même avec l'acouphène, on va mettre en place des stratégies pour que le patient arrive à les gérer le mieux possible. Si on résume un peu, pour aider à gérer l'acouphène, il y a deux choses à respecter. La première chose, c'est ce qu'on appelle la... thérapie sonore. Puisqu'on parle de thérapie sonore, la première chose à faire c'est de vérifier le seuil auditif du patient. Parce qu'un patient qui a des acouphènes et qui entend mal, quand on arrive à corriger son audition, on va réussir à réduire le niveau de l'acouphène. Parce qu'en fait, on va aider le cerveau à mieux intégrer des informations auditives normales, le plus normal possible, à un niveau le plus normal possible, et ça va donner moins d'importance à cette acouphène. Dans la thérapie sonore, on conseille également aux patients d'éviter le silence. Alors attention, pas de traumatisme sonore, parce qu'un traumatisme sonore va augmenter la couffaine. Mais il faut que le patient puisse choisir des sons que lui apprécie. Ça peut être la télé, ça peut être la radio, ça peut être la musique, ça peut être des bruits de nature. Il y a énormément d'applications qui existent, ce qui va permettre au cerveau de se concentrer sur des bruits et sur des sons plaisants, et ce qui va lui permettre de mettre la couffaine. Ça, c'est une première chose, thérapie sonore. La deuxième chose, c'est ce qu'on appelle la reprogrammation cérébrale. Et bien souvent, le patient le fait tout seul. En fait, je lui explique, mais quand vous êtes dans une activité qui vous intéresse, quand vous êtes concentré, vous arrivez à l'oublier la couffaine ? Et bien souvent, oui. Alors, pas forcément complètement, mais en tout cas, quand il y a des activités intéressantes, la couffaine devient beaucoup moins gênante. Je leur explique que c'est une très bonne nouvelle. Ça veut dire que leur cerveau est compétent et peut faire le tri. Et moi, mon rôle, c'est de les guider pour aider ce cerveau à faire le tri de manière plus efficace, de manière plus fréquente, quelles que soient les situations. Que le cerveau puisse faire le tri, c'est comme pour tout. Il faut qu'il soit reposé, donc il faut une bonne hygiène de sommeil. Quitte à tester le sommeil, si jamais on estime qu'il y a un doute sur la qualité du sommeil. Et il faut que le cerveau soit apaisé. il faut... éviter toute forme de stress. Alors c'est bien sûr parfois plus facile à dire qu'à faire. Moi je leur laisse une liste sur les stress alimentaires. Il y a des aliments qu'il faut éviter, qu'il faut diminuer. Il y a des aliments, au contraire, qu'il faut augmenter. Les aliments à éviter, c'est la caféine. La caféine, on s'en sert parce qu'on veut être plus éveillé. Donc c'est un excitant. Donc ça va aussi chez certaines personnes, pas forcément chez tout le monde, mais chez certaines personnes, ça peut augmenter la sensation acouphénique. Il faut éviter l'alcool. Il faut arrêter le tabac. Je ne vais pas dire éviter, parce qu'il y a un tas de composantes, notamment la nicotine, qui peuvent augmenter les sensations acouphéniques. Il faut éviter les sodas, il faut éviter le sucre. Et il y a, alors d'une manière générale, il faut manger équilibré. Il faut vraiment essayer d'avoir toutes les vitamines et tous les minéraux de manière équilibrée. Parce qu'en fait, il faut bien comprendre que notre corps se fabrique avec ce qu'on mange. Et les neurotransmetteurs aussi. Et les neurotransmetteurs, quand on leur donne de quoi se fabriquer avec des bons éléments, ils vont mieux fonctionner, ils vont mieux se réguler. Puisque les neurotransmetteurs servent à faire cette analyse cérébrale, en améliorant l'alimentation, on peut également améliorer les sensations acouphéniques.
- Speaker #0
Tu parles de stress et donc forcément on en vient à la psychothérapie.
- Speaker #2
Tout à fait. En fait, le stress, c'est comme pour tout, ça va. modifier un petit peu le fonctionnement cérébral. Ça va mettre le cerveau en alerte, mais ça le met en alerte surtout. Et donc, également sur les acouphènes. Donc en fait, en aidant le cerveau à être apaisé et à garder le bon stress pour les bonnes raisons, en essayant de focaliser le cerveau sur les bonnes raisons de stresser, parce qu'il ne faut pas non plus éliminer toute forme de stress, eh bien, on arrive à gérer plus efficacement. Les acouphènes. Et je conseille aussi aux patients, mais ça c'est valable pour tout et je suis sûre que c'est ce que tu dis à tes patients pour tous les problèmes de santé, il faut de l'activité physique régulière. Ça va aider à gérer tout, ça va aider à gérer le niveau de sucre dans l'organisme, ça va aider à gérer le niveau de lipides, de gras, ça va aider à gérer la tension artérielle et ça va aider à gérer le stress.
- Speaker #0
C'est ça, exactement. le stress et l'anxiété et apaiser les choses. Alors, tu parlais d'hypervigilance, enfin en tout cas sur les acouphènes. Moi, j'invite tous nos auditeurs à écouter l'épisode sur les vertiges, dont tu as donné un exemple, une image qui était sensationnelle pour parler du sujet de l'hypersensibilité. Et donc, je vous invite à l'écouter parce qu'on en parle et vous comprendrez pourquoi on peut être hypersensible à quelque chose, comment ça arrive, comment un choc émotionnel peut créer tout ça. Et donc, on relie le vertige avec l'acouphène. Tout ça est lié. Ça, c'est la première chose. La deuxième chose qui me semble vraiment très intéressante, c'est que tu soulèves la douleur. Et qu'en consultation, on a des gens qui viennent pour des douleurs chroniques. Et tu fais le parallèle. Et je trouve ça très pertinent de faire le parallèle entre les acouphènes et les gens qui ont des douleurs chroniques. Et finalement, toi, la modulation de l'acouphène, de ce qu'on comprend là, c'est qu'elle va être polyfactorielle. C'est qu'on va utiliser différents outils, différentes techniques, différentes aides qui vont être là pour limiter justement ces acouphènes qui vous pourrissent la vie parfois. Dans la douleur chronique, c'est pareil. Il y a un cercle vicieux qui est mis en place dans la douleur chronique, il y a cette hypersensibilité qui va être là, et il faut arriver à casser ces cercles vicieux. Et ça, il n'y a pas de baguette magique. Il faut bien comprendre que si on vous vend quelque chose pour faire disparaître vos acouphènes d'un coup, c'est pas vrai et les douleurs c'est pareil Ce n'est pas vrai. Les douleurs, après, quand on a éliminé tous les diagnostics qui expliquent la douleur, bien sûr, et qu'on est dans une chronicité, il faut se faire accompagner par plusieurs professionnels de santé, notamment dans la douleur. Ce qui marche très bien aussi, c'est l'activité physique. On sait que pour casser ce cercle de la douleur chronique, ça va vraiment marcher parce que notre cerveau est en boucle sur une douleur. Comme tu parlais du membre fantôme, il y a ces douleurs de tendons, de muscles qui sont là en permanence et votre cerveau a intégré. que ces douleurs étaient là, de la même manière que votre cerveau a intégré que ces acouphènes étaient là tout le temps en permanence. Il faut arriver à casser un schéma qui s'est mis en place malgré vous. Mais heureusement, un message d'espoir, il y a vraiment des techniques qu'on peut utiliser. Oui, tout à fait.
- Speaker #2
Je trouve que tu as tout à fait raison d'insister sur le fait qu'il n'y a pas de médicament miracle, qu'il n'y a pas de technique miracle, en tout cas pas pour l'instant. Mais il y a plein de choses à faire. Et le parallèle qui est fait avec la douleur... Et l'acouphène est vraiment très intéressante. D'ailleurs, je commence par utiliser les méthodes que je vous ai décrites tout à l'heure, la thérapie sonore, la reprogrammation cérébrale. Malgré ça, les patients n'arrivent pas à gérer. On peut être amené à utiliser certaines molécules, certains traitements qu'on utilise pour les douleurs. On utilise certains antidépresseurs et certains antidouleurs qui peuvent avoir une action bénéfique sur les acouphènes. Je préfère éviter d'en arriver là. S'il le faut, on le fait. J'explique aux patients par contre que c'est pour leur permettre de passer un cap, que c'est un traitement qui sera temporaire. pour but de permettre au cerveau de comprendre de lui-même, au neurotransmetteur de même, leur fonctionnement optimal pour éviter que cette acouphène prenne le pas sur le reste des sensations.
- Speaker #0
Anne-Laure, concernant la survenue de ces acouphènes, est-ce que finalement ces acouphènes peuvent arriver chez tout le monde ? Est-ce que ça survient toujours après un choc auditif ou pas forcément ?
- Speaker #2
Alors ça, c'est une très bonne question. Alors effectivement, il y a parfois des éléments qu'on identifie très bien. Un choc auditif. Un traumatisme auditif, comme tu l'as dit, après un concert, on est nombreux à avoir fait l'expérience d'avoir des acouphènes qui, heureusement, ne perdurent pas. Après une otite, ou après un traumatisme physique, un choc sur l'oreille. Mais finalement, la plupart du temps, les personnes décrivent l'acouphène qui survient de manière un petit peu insidieuse comme ça. Sauf que, quand on les interroge... Il y a quand même eu très souvent, soit un gros stress, soit un coup de fatigue qui est survenu très peu de temps avant le ressenti de cette acouphène. Alors les gens me disent, je l'avais peut-être déjà avant, mais en tout cas je le ressens plus, ou alors il est apparu après ça. Et bien oui, parce qu'en fait, le stress va mettre le cerveau en alerte. Donc j'explique aux patients que c'est normal, il faut du stress, mais il faut du bon stress, et il faut éliminer le stress qui est inutile. J'utilise souvent une image pour leur expliquer à quoi sert le stress. Un petit animal dans la savane, quand il voit un prédateur, il faut qu'il puisse s'enfuir. Donc ça met en jeu le stress et le stress est utile parce que ça va augmenter son débit sanguin, ça va augmenter les pulsations cardiaques pour qu'il puisse fuir. Il faut que les muscles soient vraiment bien, bien, bien vascularisés et oxygénés pour pouvoir courir très vite. Et il faut que... il puisse surveiller son prédateur et trouver une cachette. Donc, il faut une irrigation cérébrale pour que le cerveau soit à fond. Il faut que le cerveau marche à fond pour pouvoir fuir efficacement. Donc ça, le stress, c'est normal. C'est de la survie. Sauf qu'en fait, nous, est-ce qu'on a besoin que notre cerveau soit à fond tout le temps ? Certainement pas. Donc, il faut canaliser ce stress, l'utiliser à bon escient et... et réussir à faire en sorte de laisser les informations inutiles. Et quand le cerveau est à fond, il va se mettre à fond sur les acouphènes également. Donc voilà, tout l'intérêt de la thérapie, de la prise en charge des acouphènes.
- Speaker #0
Alors sur le sujet des acouphènes, qui est donc un vaste sujet très complexe, moi j'aimerais qu'on puisse conclure en disant aux gens qu'il n'y a pas de solution miracle, parce que c'est trop compliqué pour dire qu'on prend un médicament et tout se règle, où Il y a cette solution, allez voir ce thérapeute et ça ira mieux, ça disparaîtra. Pourquoi ? Parce qu'on est tous différents, parce qu'on a tous un vécu qui est différent et parce que les acouphènes qu'on subit peuvent être liées à des choses qui viennent du corps comme des choses qui viennent plutôt du plan psychologique. Et ça, vous seuls le savez. C'est ça, chaque personne est unique et donc on ne peut pas savoir à l'avance.
- Speaker #2
c'est difficile de déterminer à l'avance quel est vraiment le meilleur chemin pour chaque personne ça nécessite de faire chacun sa propre expérience il y en a chez qui la relaxation va très bien marcher il y en a chez qui le sport va très bien marcher il y en a qui vont changer leur alimentation et ça va être très bien il y en a il faut un peu de ci, un peu de ci, un peu de ça et à moi de donner un maximum de clés mais après c'est à chaque patient en fonction de son quotidien de son vécu, de ses propres expériences de voir quelle est la meilleure solution qu'il peut suivre.
- Speaker #0
D'où, à mon sens, quand même l'intérêt d'une approche vraiment globale pour ces patients, où on prend le temps, sur le plan médical, de faire le tour de la question, du vécu de chacun, donc vraiment accompagner les gens sur le plan et psychologique et somatique, avec un médecin, pour être sûr de savoir vers quoi on va et quel est le mieux pour vous, en fonction de ce que vous subissez. Des solutions existent. Il y en a, tu peux le témoigner en tant qu'ORL.
- Speaker #2
Oui, tout à fait. La plupart des gens arrivent à mieux gérer leur acouphène. Je ne promets jamais la disparition, même si... Parfois, ça peut arriver. Mais en fait, ce qu'il faut que les gens aient comme objectif, c'est que l'acouphène arrête d'être gênant.
- Speaker #0
Merci beaucoup, Anne-Laure, pour toutes ces explications. C'était le docteur Anne-Laure Capitaine qu'on recevait aujourd'hui sur les acouphènes, que vous pourrez retrouver aussi sur une émission sur les problématiques de l'audition et sur les problématiques de vertige. Merci.
- Speaker #2
Merci beaucoup pour l'invitation.
- Speaker #1
Merci d'avoir écouté Advitam, le podcast de médecine préventive. Retrouvez le Dr Sarah Longer sur les réseaux sociaux pour échanger et abonnez-vous sur votre plateforme d'écoute préférée.