- Speaker #0
Le podcast Advitam existe grâce à vos contributions. C'est une association Advitam Prévention. Votre participation nous aide à promouvoir la médecine préventive et à produire des épisodes de qualité. N'hésitez pas à faire un don pour soutenir l'aventure.
- Speaker #1
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- Speaker #0
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- Speaker #1
Advitam, le podcast de médecine préventive.
- Speaker #0
Environ 70% des maladies sont évitables. La médecine préventive, c'est une approche globale de la santé. Elle permet de cibler les facteurs de risque et ainsi de pouvoir limiter ou retarder l'apparition de pathologies. Dans ce podcast, avec l'expertise d'intervenants de qualité, nous décryptons sans tabou les données de la science auxquelles nous confrontons différents points de vue. Nous expliquons, avec bienveillance et empathie, quels sont les éléments pour devenir acteur de votre santé, de manière positive, quel que soit votre âge. Je suis le docteur Sarah Langer. médecin généraliste et gériatre depuis plus de 15 ans.
- Speaker #1
Bienvenue dans Advitam, le podcast de médecine préventive.
- Speaker #0
Et aujourd'hui, j'ai le plaisir de recevoir le docteur Julien Scanzi, mon collègue gastro-entérologue, qui est gastro-entérologue à l'hôpital de Thiers, à l'hôpital de Clermont-Ferrand, qui a une activité de recherche, mais surtout qui est conférenciée et qui parle beaucoup du microbiote, son sujet de prédilection, sur les réseaux sociaux, sur Instagram, Julien Scanzi. Et vous pourrez le retrouver dans différents ouvrages, notamment l'incroyable Microbiote aux éditions Le Duc. Bonjour Julien.
- Speaker #2
Bonjour Sarah, bonjour à tous.
- Speaker #0
Je suis vraiment ravie de te recevoir parce qu'aujourd'hui, on a la chance de t'avoir pour parler prévention. Et tous les ans, au mois de mars, on parle de Mars bleu, sujet de dépistage du cancer colorectal. Et je suis ravie qu'on puisse parler de la prévention, notamment de la nutrition. On va beaucoup en parler et par rapport aux conseils qu'on peut donner. pour éviter ce cancer qui est justement très évitable, puisque finalement la majorité de ces cancers arrivent après 50 ans. C'est pour ça qu'il y a un dépistage organisé entre 50 et 74 ans. On va en reparler, on va rendre les choses très simples pour tous les gens qui nous écoutent. Et surtout, si on prend ce cancer bien en amont qu'il n'arrive, on va très bien guérir de ce cancer. Donc Julien, toi, ton expérience principale déjà sur ce cancer, et au vu de la population générale, c'est quoi ?
- Speaker #2
effectivement c'est le cancer, c'est l'un des cancers les plus fréquents, c'est le troisième cancer le plus fréquent en France, c'est le deuxième cancer le plus mortel, c'est à peu près 47 000 nouveaux cas par an et 17 000 décès par an et comme tu l'as dit c'est un cancer qui est d'une part évitable et d'autre part assez facile à guérir si on le détecte de façon précoce donc nous c'est notre travail de gastro-entérologue avec ce qu'on appelle les coloscopies de pouvoir détecter le cancer en amont, c'est à dire avant qu'il soit cancéreux Euh... pour pouvoir éviter ce type de cancer. Donc c'est vrai que c'est une partie importante de notre activité, effectivement, de consultation et d'actes endoscopiques.
- Speaker #0
Comment ça se déclare finalement ce cancer ? Parce qu'on parle du cancer, mais en fait, finalement, et c'est à ça qu'on va s'attacher, c'est qu'avant, il y a toute une phase avant le cancer, notamment l'émergence d'un fameux polype, qu'on peut voir à la coloscopie, parce que c'est pas mal de réexpliquer tout ça, et voir finalement à quoi ça sert, ce test de dépistage qu'on peut faire régulièrement.
- Speaker #2
Oui, tout à fait. En fait, ce qui est important de comprendre, c'est que le cancer, il ne survient pas du jour au lendemain dans notre intestin, dans notre colon. On considère qu'il met à peu près, sauf dans des cas particuliers, notamment de prédisposition génétique, il met entre 10 et 15 ans pour passer d'un polype bénin, c'est une sorte d'excroissance comme un petit champignon au niveau de l'intérieur du colon, pour se développer en cancer. Ça met entre 10 et 15 ans et donc ça laisse une grande fenêtre d'action pour pouvoir agir, pour pouvoir détecter ces polypes. les enlever avant qu'ils grossissent et deviennent cancéreux. Donc ça, c'est vraiment ça qui est très intéressant à comprendre. C'est un cancer qui se développe lentement et c'est ce qui fait que c'est un cancer qu'on peut éviter très souvent si on fait les bons examens au bon moment.
- Speaker #0
Oui, alors si tu veux qu'on rentre directement dans le guilde du sujet, l'examen finalement, c'est l'examen de dépistage. Pour la grande population qui peut-être le sait ou ne sait pas, c'est une enveloppe bleue, comme le mois de mars bleu. Et en l'occurrence, cette enveloppe... Maintenant, on a la chance de pouvoir la voir. Alors ça, c'était déjà le cas chez son médecin généraliste ou son gastro-entérologue, mais maintenant en pharmacie. Donc ça rend les choses beaucoup plus simples, parce qu'avant, les gens devaient attendre d'aller voir leur médecin généraliste et on sait que les rendez-vous sont difficiles à trouver. Maintenant, ils peuvent se rendre en pharmacie pour demander cette fameuse enveloppe qui permet de faire le test de dépistage. Tu peux nous expliquer comment ça se présente et comment ça se passe sur tout ?
- Speaker #2
Tout à fait. Il y a même une troisième possibilité, c'est de le commander directement sur Internet, sur le site Mon Kit Dépistage Colorectal. Il suffit de taper ces mots-clés sur Google et on tombe très facilement sur le site. On remplit deux ou trois questions et le kit nous est envoyé à domicile directement. Effectivement, ça s'est vachement assoupli pour avoir récupéré ce kit. se quittent facilement.
- Speaker #0
Heureusement, du coup, que ça a été beaucoup plus mis en place parce qu'en fait, on sait que dans le dépistage, en France, c'est une catastrophe. On est à 30% de dépistage de ce cancer colorectal.
- Speaker #2
C'est ça, entre 30 et 35%, alors qu'on imaginerait un taux au-delà de 45% pour que ce soit vraiment plus efficace. Donc, on a du mal à ça, du mal à prendre. Donc, il faut en parler, il faut dédramatiser les choses. informer les gens, donc c'est hyper important, c'est chouette que tu m'aies invité à parler de ça. Ce qui est très important à comprendre, c'est qu'en fait, ce test de dépistage qui se fait à partir de 50 ans jusqu'à 74 ans, il ne s'adresse pas à tout le monde. Il y a déjà des personnes qui sont suivies par coloscopie régulièrement, soit parce qu'ils ont des polypes, soit parce que dans leur famille, il y a des gens qui ont fait des polypes ou un cancer colorectal. Dans ce cas-là, il ne faut pas faire le test, il faut directement faire des coloscopies régulièrement. Par contre, Si on est âgé de 50 à 74 ans, qu'on n'a pas de soucis intestinaux particuliers, qu'on n'a pas fait de coloscopie récemment et qu'on n'a personne dans sa famille qui a fait un cancer du côlon, le test s'adresse à nous et il faut le faire et c'est très simple à faire. Une fois qu'on reçoit l'enveloppe ou qu'on va la chercher chez son médecin ou son pharmacien, tout est expliqué dedans, c'est un kit, il y a vraiment une notice d'explication, tout est très bien expliqué. Il y a un petit papier pour mettre sur la cuvette. On fait ses selles et on ne va pas se salir les mains, etc. On a un petit écouvillon qu'il suffit de frotter un petit peu dans les selles. Hop, on remet ce petit écouvillon dans un tube. On secoue, on remplit tout ce qu'il faut, tous les renseignements qui sont demandés sur la fiche d'information. Et ensuite, il y a une enveloppe préaffranchie. Il suffit juste de déposer ça à la poste. Si possible, en début ou moitié de semaine, évitez le... veille de week-end et de jour férié pour que le test ne reste pas bloqué. Mais voilà, ce n'est pas plus compliqué que ça. Ce qui est très important aussi, c'est de rassurer les gens sur le fait que si on fait ce test-là, dans 95% des cas, voire même plus, le test sera négatif. Et donc, on est tranquille pour deux ans, juste avant le prochain test à réaliser. Dans environ 4% des cas, le test est positif. Et ce n'est pas parce que le test est positif qu'on a un cancer. Et en fait, quand le test est positif, on est invité à faire une coloscopie. Et dans ces cas-là, une fois sur deux, on ne trouve rien. C'est-à-dire que le sang, c'était peut-être lié aux hémorroïdes. Parfois, on saigne sans s'en rendre compte. Le test permet de mettre en évidence un saignement occulte, c'est-à-dire des petites traces de sang invisibles à l'œil nu. Et donc, une fois sur deux, il n'y a rien. Une fois sur deux, il y a quelque chose. Et quand on trouve quelque chose... Dans 90% des cas, ce sont des polypes bénins qu'on enlève et après on est tranquille. Et c'est dans 5-6% des cas, lorsque le test est positif, qu'on trouve un cancer. Et là encore une fois, en général, c'est de très bons pronostics puisque par définition, si on a fait ce test, c'est qu'on n'avait pas de soucis particuliers. Et donc en général, le cancer est un stade très précoce et donc on en guérit le plus souvent, assez facilement après une chirurgie.
- Speaker #0
Mais tu vois par exemple, quand un test est positif, il va y avoir un rendez-vous chez le gastro-entérologue donc c'est toi qui reçois le patient qui a eu son test de dépistage positif est-ce que tu refais un autre contrôle de recherche de sang dans les selles peut-être un peu à distance ou tu proposes d'enlever la coloscopie ?
- Speaker #2
Pas du tout, le test positif c'est coloscopie, sauf s'il y a eu une coloscopie très récente
- Speaker #0
Mais tu ne peux pas savoir s'il n'avait pas d'hémorroïdes par exemple ?
- Speaker #2
On ne peut pas savoir et donc c'est très important que tu parles de ça parce qu'il y a des gens qui disent je sais que j'ai des hémorroïdes, de temps en temps j'ai du sang sur le papier Merci. Donc ça doit être les hémorroïdes, donc je ne vais pas avoir le gastroenterologue pour ne pas faire de coloscopie. Non, à partir du moment où on fait ce test, il faut savoir que si le test est positif, il faut faire une coloscopie. Parce qu'on peut très bien avoir des hémorroïdes et saigner, et avoir des polypes au niveau du colon qui eux aussi saignent et sont responsables du test positif. Donc si le test est positif, il faut faire une coloscopie, et c'est la coloscopie qui dira si c'était les hémorroïdes ou s'il y avait d'autres choses. Donc ça, c'est vraiment très important. On ne refait pas le test une fois que le test est positif. Et c'est pareil, si on voit du sang, le test n'a pas vraiment d'intérêt, puisque le test est là pour rechercher des traces de saignement invisibles. Mais si on voit du sang, il faut en parler à son médecin ou son gastro-entéologue, et on décidera à ce moment-là de faire une coloscopie. Le test sera inutile dans ce cas-là.
- Speaker #0
Et je reviens sur les hémorroïdes, par exemple. Moi, j'ai des patients qui saignent à un moment donné, qui ne saignent plus. Peut-être qu'on peut se dire, on a cette fenêtre où il saigne plus de son hémorroïde, on fait le test à ce moment-là, si c'est positif, bien sûr, coloscopie, mais si c'est négatif, c'est rassurant. Tu pourras donc conclure que c'est l'hémorroïde ?
- Speaker #2
Ça dépend. S'il s'agit de quelqu'un qui a plus de 50 ans et qui a un saignement supposé d'origine hémorroïdaire, on va quand même vouloir une coloscopie. Donc, de façon systématique, tout saignement après 50 ans, même si les saignements sont typiquement d'allure hémorroïdaire, on fait une coloscopie. Par contre, si c'est quelqu'un qui saigne régulièrement sur ses hémorroïdes et qui a eu une coloscopie récemment, on ne va pas refaire de coloscopie. Mais effectivement, à partir du moment où il y a des saignements, on ne fait pas le test. On fait une coloscopie.
- Speaker #0
Et si tu fais une coloscopie, après tu revois les gens une coloscopie tous les 5 ans ?
- Speaker #2
Les recommandations, c'est entre 3 ans et 7 ans. En fonction de si la coloscopie est normale, ça va être entre 5 et 7 ans. et si on trouve plusieurs polypes... ou des gros polypes ou des polypes qui ont déjà commencé presque à dégénérer en cancer. Là, on va faire un contrôle plus précoce qui peut en général à trois ans.
- Speaker #0
D'accord. Et puis, on est d'accord, tu ne fais pas de contrôle. de recherche de sang dans les selles entre les coloscopies.
- Speaker #2
À partir du moment où on est suivi par coloscopie, alors, il y a un cas récent où, en fait, si on fait une coloscopie, la coloscopie est rassurante, la prochaine coloscopie pourrait être faite 7 ans plus tard, et dans ce cas-là... On peut, à 5 ans, faire un test de dépistage. Avant, on faisait des coloscopies tous les 5 ans. Maintenant, on sait que quand il n'y a pas de gros polypes ou que les polypes ne sont pas précancéreux, on peut se permettre d'attendre 7 ans. Mais parfois, on peut autoriser à faire un test de dépistage 5 ans plus tard. Et si le test est positif, du coup, au lieu d'attendre 7 ans, on fera la coloscopie à 5 ans.
- Speaker #0
Il y a pas mal de questions aussi sur le déroulé de la coloscopie, si tu peux dire deux mots quand même, parce que les gens se potent beaucoup de ça. C'est très important, je pense,
- Speaker #2
de détrimenter... de dédramatiser tout ça, cet examen, c'est un examen qui se fait vraiment très facilement. On est endormi, il faut compter une vingtaine de minutes. Une vingtaine de minutes où on dort, et honnêtement, ça reste une anesthésie générale, mais ce n'est pas une anesthésie générale très lourde. Les risques sont très faibles, et donc on somnole tranquillement pendant 15-20 minutes, on ne sent rien, on n'a pas de douleur. Le principal inconvénient de ce défistage par coloscopie, c'est la purge. Il y a un produit à boire avant, la coloscopie pour nettoyer l'intestin. Donc effectivement, il y a en moyenne 3 litres à boire pour vider l'intestin, faire en sorte que le gros intestin, le côlon, soit propre et donc que le gastroenterologue puisse voir correctement à l'intérieur du côlon, puisse détecter des polypes et les enlever dans de bonnes conditions. Donc ça, c'est la partie la plus contraignante, on va dire, mais honnêtement, ça se fait très bien. Les produits, ils ont changé. Avant, c'était systématiquement 4 litres d'un produit un peu salé, etc. Maintenant, il y a des produits sur 2 à 3 litres et qui sont beaucoup plus facile à boire. Ça, c'est en ambulatoire, on passe une demi-journée à l'hôpital.
- Speaker #0
Oui, et puis, comme tu le dis, c'est important que ça soit bien fait, la préparation, parce que sinon, vous ne voyez rien, en fait, avec la caméra. Donc, si on revient au sujet de prédilection, qui est la prévention dans le cancer colorectal, donc, OK, on retient que ce cancer est évitable. Donc, évitable, comment ? Si on parle principalement, elle est de nutrition, parce que c'est le sujet qui nous intéresse, comme on... On parle nutrition et microbiote intestinal. Tu peux nous réexpliquer ce que c'est le microbiote et comment est-ce qu'on va pouvoir agir en prévention pour éviter ce cancer ?
- Speaker #2
Le microbiote, c'est l'ensemble de tous les micro-organismes qui vivent dans nos intestins. Quand on parle de microbiote intestinal, c'est tous les micro-organismes, bactéries, parasites, virus, levures, champignons, qui vivent dans notre gros intestin. Et ce qu'on sait, c'est que ce microbiote participe à notre santé. Il participe au fonctionnement global de notre organisme. Il est capable de communiquer avec notre cerveau, communiquer avec notre système immunitaire, communiquer avec nos organes. Et donc, c'est très important d'en prendre soin pour avoir un organisme qui fonctionne le mieux possible et pour rester dans la meilleure santé possible. Si on ne prend pas soin de son microbiote, ça nous expose à des risques augmentés de développer des maladies chroniques, y compris le cancer colorectal. Il y a énormément de publications qui montrent que le cancer colorectal a un lien avec l'état du microbiote intestinal. Il y a même des publications qui montrent que certaines bactéries, enfin il y aurait certaines signatures microbiennes, avec notamment un excès de certaines bactéries, qui pourraient favoriser le développement du cancer colorectal. Donc c'est très important d'en prendre soin, et ce qui est intéressant c'est qu'on a la main là-dessus, notre mode de vie et notre alimentation jouent un rôle majeur sur notre microbiote, et donc sur notre santé au final. Et comme tu l'as dit, il n'y a Pas loin de la moitié des études montrent que pas loin de la moitié des cancers colorectaux pourraient être évités parce qu'en lien avec notre mode de vie, que ce soit de la sédentarité, que ce soit une alimentation ultra transformée, pauvre en fibres, riche en viande, en charcuterie, on sait que ce sont des facteurs qui augmentent le risque de développer un cancer colorectal. on a plus ou moins la main sur ce qu'on mange et sur l'activité qu'on fait au quotidien.
- Speaker #0
Donc l'alimentation finalement, si on revient dans le détail, tout ce qu'on va s'amener dans la bouche, ça va nourrir toutes ces souches bactériennes qui sont là pour préserver notre santé. Quelle alimentation je dois privilégier ? pour bien nourrir ce microbiote intestinal et donc éviter plein de maladies.
- Speaker #2
Alors effectivement, tout ce qu'on mange, ça va soit nourrir les bonnes bactéries, soit les détruire. Et donc l'idée, c'est de manger le moins possible des choses qui détruisent le microbiote, ou en tout cas qui le déséquilibrent. On parle parfois de dynibiose, c'est pour dire un appauvrissement, une diminution de la diversité des micro-organismes, avec souvent une diminution des bonnes bactéries et une prolifération. des moins bonnes bactéries, des bactéries plutôt inflammatoires. Donc l'idée c'est de diminuer les aliments qui entraînent cette dysbiose ou qui favorisent la dysbiose. On sait aujourd'hui qu'un excès de viande rouge, au-delà de 500 grammes par semaine de viande rouge, la charcuterie également, ont un impact délétère sur le microbiote. A l'inverse, les fibres qu'on va retrouver principalement dans des végétaux ont un impact positif sur le microbiote, vont nourrir. les bonnes bactéries de notre intestin. Et donc les fibres, on va les retrouver dans les fruits, les légumes bien sûr, mais également dans les céréales, dans les légumineuses, tout ce qui va être haricots secs, pois chiches, lentilles, lentilles corail, dans les oléagineux, les fruits à coque, dans les graines. Puis dans les polyphénols, nourrissent également les bactéries intestinales. On va retrouver ça dans les fruits rouges, les baies, dans le thé, le cacao, etc., le raisin. Et puis les amidons résistants. qu'on va retrouver dans les bananes quand elles sont encore un peu vertes, qu'on va retrouver dans les légumineuses, et puis qu'on va retrouver dans les féculents, quand on les fait refroidir après les avoir fait cuire. Par exemple, les pâtes, le riz, les pommes de terre, si on les mange refroidies, froides, ça va plus venir nourrir notre microbiote. C'est plutôt recommandé de faire tout ça.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. C'est un super truc à dire que les gens ne savent pas toujours, mais en effet, quand tu fais refroidir tout ça... Mais que tu le manges à distance, même en le réchauffant derrière, tu gardes la propriété du fait qu'il est refroidi et que ces fibres-là, justement l'amidon refroidi, soient une très bonne nourriture pour le microbiote. Exactement. En effet.
- Speaker #2
Exactement.
- Speaker #0
Tu rajoutes un petit peu d'huile d'olive. Et puis là,
- Speaker #2
on va rentrer dans les beaux jours, donc ce sera l'occasion de manger, de faire des salades de pâtes de pommes de terre. Et puis, les aliments fermentés, on a moins de données scientifiques, on va dire, sur leur impact positif sur... sur la prévention de ce cancer. Mais ce qu'on sait, c'est que les aliments fermentés vont venir enrichir notre microbiote intestinal et donc de façon indirecte avoir probablement un impact positif sur la santé intestinale.
- Speaker #0
Tu parlais de tout ce qui est mauvais pour le microbiote, viande rouge, charcuterie. Il faut parler de tous les aliments transformés. Finalement, quand on achète des plats... plats déjà tout préparés, quand on mange trop de fast-food, de pizza, quand on mange trop de choses déjà pré-cuisinées, des chips, toutes ces choses-là, en fait. Est-ce qu'on peut en citer d'autres, que ça soit concret, pour ce qui est à éviter ?
- Speaker #2
Non, mais après, il y a tout un tas de boissons. Ça peut aller de soda à jus de fruits, bien sûr. En fait, il suffit juste de regarder ce qu'on achète, regarder les listes d'ingrédients. Il ne faut qu'il n'y ait pas trop d'ingrédients. Il faut que, globalement, on comprenne à peu près tous les mots et que ça n'a pas l'air d'être des choses trop farfelues. Ça ne veut pas dire que tous les additifs, vont être mauvais pour la santé, mais plus on consomme d'additifs, plus il y a de risques que ces additifs-là aient un impact sur notre santé. Il y a de plus en plus d'études qui sortent sur la corrélation entre la consommation d'aliments ultra transformés, donc avec tous ces additifs-là, et le risque de développer des maladies chroniques, notamment les maladies inflammatoires chroniques de l'intestin, y compris le cancer colorectal également. Donc l'idée, c'est de se rapprocher d'un régime... Le meilleur régime pour notre santé, c'est actuellement le régime méditerranéen, qui est en fait une alimentation majoritairement végétale, riche en fibres et très peu transformée. C'est ça qui est important.
- Speaker #0
C'est que dans ce régime méditerranéen, lui, il a prouvé scientifiquement son intérêt pour la santé. Donc je vous invite tous à taper les régimes méditerranéens. C'est un mode d'alimentation qui est celui qu'on retrouve dans les pays du Sud finalement, où c'est très cuisiné, avec des produits bruts, avec de l'huile d'olive. plein d'huile, des céréales complètes. Et c'est vrai que dans tous ces produits bruts, on a ces fibres-là dont tu parles. Alors dans les aliments ultra transformés, il y a très peu de fibres, voire pas. Donc c'est pour ça qu'on ne nourrit pas notre microbiote. Donc ça, c'est un super point d'aborder la nutrition, parce que finalement, on peut tous agir là-dessus. On parlait rapidement d'activité physique. On sait que si on a en place une activité physique, ça diminue à peu près de 20-30% le cancer du côlon. Donc là, il y a plein de données scientifiques aussi sur le sujet.
- Speaker #2
Il y a énormément de données sur les bienfaits de l'activité physique pour la santé globale et dans la prévention des maladies chroniques. Et effectivement, dans le cancer colorectal, pareil pour le cancer du sein, qui sont les deux cancers les plus fréquents, il y a énormément de données sur les bienfaits de l'activité physique. Et c'est très bien que tu en parles, parce qu'à l'heure actuelle, avec Mars Bleu, il y a eu notamment ce qu'on appelle les CRCDC, qui sont les centres qui coordonnent le dépistage dans les régions. et notamment le CRCDC d'Auvergne-Rhône-Alpes, que je connais bien, qui a mis en place depuis quelques années maintenant le défi connecté. Le défi connecté, c'est gratuit, il suffit de télécharger l'application Kipling. Il y a un code à mettre, c'est le code CRCDC Mars Bleu. Mais ça, on peut le trouver assez facilement sur Internet. Et ensuite, on fait une équipe de cinq. Ça peut être les amis, ça peut être la famille, ça peut être les collègues du boulot. Et en fait, on a incité, plus on marche, plus ça nous fait des points. Et en plus de ça, il y a des petits défis, il y a des quiz autour du dépistage du cancer colorectal, etc. C'est hyper sympa. Je vous incite à essayer de faire ça.
- Speaker #0
Super initiative. On parle de ce cancer et du fait qu'il arrive de plus souvent chez les gens jeunes. Alors, ces gens jeunes, quid ? Est-ce qu'ils ont forcément eu un lien de parenté avec un parent qui a eu un cancer du côlon, forcément ? Ou est-ce que, finalement, comme tous les cancers ? on observe qu'il y a plus de cancers chez les adultes jeunes. Quel est ton point de vue ?
- Speaker #2
Je n'ai pas étudié précisément la question, mais en effet, ce qu'on voit, c'est une augmentation de la surunion de ces cancers à des âges jeunes, c'est-à-dire en dessous de 40 à 50 ans. Il faut juste rassurer tout le monde, ça reste encore rare et ce sont bien sûr, en grande majorité, c'est un cancer qui... L'âge moyen du cancer colorectal, c'est 69 ans. Donc globalement, ça touche majoritairement des gens de 50 à 80 ans, mais ça arrive de plus en plus à un âge jeune, et ça c'est un phénomène global. On a quand même l'impression qu'il y a de plus en plus de maladies chroniques en lien avec notre système immunitaire, et en lien avec notre environnement et notre mode de vie. Et le cancer colorectal est un des exemples. Il y a une augmentation d'énormément de cancers et d'énormément de maladies chroniques, d'immunitaires notamment, à des âges jeunes. C'est un phénomène assez global qu'on voit lié à notre mode de vie globalement.
- Speaker #0
De toute façon, il faut garder en tête que c'est souvent polyfactoriel. Le cancer, ce n'est pas juste un truc en général, sauf si c'est génétique et que c'est inscrit dans les gènes. Mais après, attention, je soulève aussi le fait qu'un cancer colorectal, ça reste tabou. Comme dès qu'on parle de sel, qu'on parle de la sphère anale, des parties génitales. Et c'est pour ça qu'il ne faut vraiment pas hésiter à aller en parler à votre médecin généraliste qui a l'habitude de voir tout ça. Bien souvent, les gens, et c'est normal, ont du mal à se déshabiller, ont du mal à se mettre à nu, c'est le cas de le dire. Mais on a l'habitude, en fait. Nous, on fait ça toute la journée, on connaît. Donc, n'hésitez pas à aller parler de sujets qui vous tracassent. Tu es d'accord sur ce sujet ?
- Speaker #2
Oui, exactement. C'est clair. on a l'impression quand même que Les soucis digestifs et le caca, on fait partie, deviennent de moins en moins tabous. On en parle un peu plus. Mais ça va prendre quand même un petit peu de temps avant que les gens changent un petit peu leur vision, leur comportement et soient plus à l'aise avec ça quand même. Mais tu as raison, plus on en parlera, plus ça mettra les gens à l'aise. Mais voilà, n'hésitez pas en tout cas à parler de tous ces sujets auprès de votre médecin qui vous connait bien, qui ne jugera pas. Aucun médecin ne juge ses patients et on est là pour prévenir. C'est vrai que c'est dommage, notamment le cas de saignement, de modification du transit, d'amaigrissement un peu inexpliqué. Il faut absolument en parler à son médecin. Le médecin jugera opportun ou pas de vous envoyer vers un gastro-entérologue pour une coloscopie. Je vous dis, la coloscopie, ce n'est quand même pas grand-chose et ça peut sauver des vies.
- Speaker #0
C'est surtout ça. Les signes qu'ils doivent alerter en tant que médecin et gastro-entérologue, tu disais, on a perdu du poids.
- Speaker #2
l'amaigrissement inexpliqué Les saignements, notamment s'il y a des petites traces de sang dans les selles, des petits filets de sang, ça c'est pas du tout normal. Le fait d'avoir des troubles digestifs, de ne plus digérer de la même manière, d'avoir soit de la diarrhée, soit de la constipation, alors qu'on n'avait pas ça du tout auparavant, d'avoir des douleurs abdominales inexpliquées, au niveau biologique, sur les prises de sang, ça peut être de l'anémie, une baisse de l'hémoglobine, qui peut montrer qu'il y a un saignement, une perte de sang, voilà. Donc c'est tout ça qui va alerter. mais Il vaut mieux en parler par excès et être rassuré après, plutôt que de dire, allez, ça va passer, ça va passer.
- Speaker #0
Oui, exactement, parce que ce que tu soulèves, les troubles du transit, constipation, diarrhée, ça, c'est très fréquent. Des gens qui ont mal au ventre avec un syndrome de l'intestin irritable, c'est très fréquent aussi. Et donc, on peut vite perdre de vue que ça peut être important. C'est pour ça qu'en consultant un médecin qui est formé, qui sait appuyer sa main sur le ventre, sentir les choses, savoir s'il faut faire un examen, c'est là où ça pourra vraiment aider.
- Speaker #2
Bien sûr, c'est vraiment le changement par rapport à avant. C'est-à-dire des gens qui ont un syndrome de l'intestin irritable, ça fait des années qu'ils ont mal au ventre. Et bon, ce n'est pas parce qu'ils ont plus mal au ventre que ce sera forcément un cancer. Il faut surtout rassurer les gens, le syndrome de l'intestin irritable n'évolue jamais en cancer. et c'est pas parce qu'on a plus mal d'ailleurs le cancer colorectal ne fait que très rarement mal au ventre c'est aussi pour ça que si on fait pas le test, si on fait pas les coloscopies quand on doit les faire, qu'on peut avoir de mauvaises surprises c'est parce que le cancer va se développer sans qu'on s'en rende compte et souvent quand on aura perdu quelques kilos ou qu'on aura mal au ventre ou qu'il y aura du sang, ce sera parfois déjà un peu tard donc voilà c'est vraiment le cancer colorectal fait rarement à nous. Donnent rarement des symptômes bruyants et donc sans méfier.
- Speaker #0
Tu amènes le sujet de la prévention et de la nutrition, toi, dans tes consultations ?
- Speaker #2
Énormément, surtout avec moi, le fait de parler beaucoup de microbiote, d'alimentation, etc. Oui, on essaie de beaucoup parler de mode de vie en général. Il ne faut pas oublier que l'activité physique et la sédentarité, la gestion du stress, tout ça, c'est hyper important. Moi, j'essaie le plus possible, quand je peux, d'évoquer et d'inciter les gens à bouger plus, d'inciter les gens qui sont à mieux gérer leur stress en leur donnant quelques astuces, à prendre soin de leur sommeil et à bien manger. Donc ça, c'est vrai. J'incite à, petit à petit, avoir des modifications comportementales. Notre comportement va avoir un impact sur notre santé et les bénéfices, ils vont mettre un peu de temps. C'est sûr que c'est pas en faisant tout ça que dans deux jours, on se sentira en pleine forme. Mais si on a une bonne hygiène de vie, globalement, il y a quand même plus de chances qu'on soit en meilleure santé plus tard et qu'on ait moins de ce type de maladies chroniques.
- Speaker #0
Merci de ces paroles, parce qu'on est des gros acteurs, toi et moi, de la prévention. Vraiment, c'est le truc qui nous passionne et qui nous lie. Donc, tu as ton compte Instagram où tu publies régulièrement beaucoup d'infos sur la prévention en santé. Et merci, ça c'est super. Le fait qu'on en parle là sur le podcast et que c'est un podcast qui puisse se partager au plus grand nombre, c'est aussi comme ça qu'on pourra éviter des maladies à venir. Si toi, Julien, tu devais, pour finir ce rendez-vous, imaginer la prévention idéale du cancer colorectal dans 10 ans, ça serait quoi ? À quoi ça ressemblerait ?
- Speaker #2
C'est difficile. Moi, je crois beaucoup en une médecine qui va être à la fois prédictive et personnalisée. Je pense que plus tard, le microbiote sera un des biomarqueurs qui permettra, avec l'identification, par exemple, de signatures microbiennes, d'identifier des gens qui seront plus à risque que d'autres de développer ces maladies. Là, tout de suite, ce qu'on sait, c'est que quelqu'un... dont le père ou la mère a eu un cancer du côlon, il est plus à risque de faire un cancer du côlon. Mais il y a probablement plein de gens qui vont faire un cancer du côlon sans antécédents familiaux, peut-être sans énormes mauvaises habitudes alimentaires ou de mode de vie, mais qui auront certaines mauvaises bactéries, une bactérie dont on parlait tout à l'heure, Fusobacterium nucleatum, un sous-type de cette bactérie qu'on retrouve habituellement dans la bouche et qui, si elle prolifère de façon anormale au niveau intestinal, peut favoriser le cancer du côlon. Donc je crois beaucoup que plus tard, On prendra en charge les gens en fonction de caractéristiques démographiques, de leur mode de vie, de leurs microbiotes, de leurs génétiques, de leurs habitudes de vie. Avec tout ça, on arrivera à définir un peu plus clairement qui devra bénéficier d'un dépistage un peu plus ciblé. En attendant, on a ce test de dépistage qui est gratuit, qui est très simple à faire, qui sauve des vies. Donc effectivement, à partir de 50 ans jusqu'à 74 ans, faites le test de dépistage. sauf si vous êtes déjà surveillé par coloscopie.
- Speaker #0
Merci de véhiculer ce message et je te remercie déjà pour cet échange-là et pour toutes les actions que tu mèneras par la suite en tant que gastro-entérologue. Merci beaucoup Julien.
- Speaker #1
Avec plaisir, merci à toi Sarah et merci à tous pour votre écoute.