Speaker #0Bonjour tout le monde, j'espère que vous allez bien. C'est le 18ème épisode de podcast et je crois que celui-ci sera probablement le plus spontané que j'ai fait jusque là. Parce qu'on va parler d'hypersensibilité, d'épuisement face à... toute cette actualité qui concerne à la fois la société entière, mais aussi nos métiers. Ce sera un partage à cœur ouvert qui pourra aussi vous faire du bien, je le pense, parce que je veux aussi que cet épisode se soit un peu comme un bonbon de lumière face à tous les défis que l'on vit actuellement. Donc c'est parti, restez bien avec moi. Je suis Nalouane Asri, agente de Femme Designer Freelance. Ici, je parle à ces femmes designers qui se sentent parfois seules face à leurs décisions, leur positionnement, leur visibilité ou leur prospection. Ce qui est peut-être ton cas. Chaque épisode est une invitation à remettre de la clarté et du cadre dans ton activité. L'objectif est que tu repartes avec une idée plus claire, une décision assumée ou l'élan de faire un pas que tu repousses depuis trop longtemps. Bonne écoute ! Dans l'épisode précédent, je vous parlais... du fait qu'on attire les clients et les clientes qui nous ressemblent et que dans mon cas, je m'étais rendu compte qu'en effet, j'avais attiré beaucoup de clientes multicasquettes car je le suis profondément. Et bien, comment vous dire que ça vaut aussi énormément pour le côté hypersensible ? Il y a quelques semaines, il y a une cliente qui me suit sur Insta qui a vu une de mes publications Je parlais justement de mon hypersensibilité, le fait de m'arrêter une demi-heure à regarder un reflet sur une vitre ou à regarder le reflet dans ma tasse de thé, enfin voilà. Et elle me dit mais tu m'engueules à chaque fois que mon esprit vagabonde mais en fait toi c'est pareil quoi. Alors j'aime bien répondre sur le ton de l'humour qu'en tant que coach, c'est vrai que je ne suis pas là pour dire à mes clientes à quel point je vis 100% de ce qu'elles ressentent et 100% de leurs doutes. Mais ici, nous sommes sur un podcast. Je sais qu'il y a des clientes qui m'écoutent aussi. Je peux être un peu plus libre aussi de vous parler de cette hypersensibilité. Alors, c'est vrai qu'on en parle de plus en plus du sujet de l'hypersensibilité, mais moi, dans mon cas, je l'ai su il n'y a pas si longtemps que ça. Je pense que c'était il y a 5-6 ans environ. Donc, autant vous dire que j'ai passé une bonne partie de ma vie et de mon activité freelance parce que... ça fait 11 ans que je suis freelance, donc j'ai passé bien 5 ans aussi, mes 5 premières années, à me dire que clairement, il y avait un truc qui clochait chez moi, que je n'étais absolument pas normale. Je sentais bien que c'était vraiment en mode, je me sens pas bien parce que je me sens différente, et qu'est-ce qui m'arrive, quoi ? Sans pouvoir vraiment le nommer. Bon, maintenant, le mot est posé, donc c'est très cool, à la fois parce que ça permet d'avancer, et surtout, on en parle de plus en plus. Si vous écoutez cet épisode de podcast, Soit vous êtes une hypersensible nommée et vous arrivez déjà un petit peu à conscientiser tout ça, soit c'est aussi le début de votre chemin. Dans tous les cas, c'est qu'il y a quelque chose qui vous interpelle dans ce que je dis là. Je voulais vous parler d'un livre que j'ai lu ces dernières semaines, le livre de Céline Tyrel qui s'appelle « Hypersensible et entrepreneur, faites de votre singularité votre atout majeur pour réussir » . Je vous mettrai le lien du livre dans la description de l'épisode. Je l'ai beaucoup aimé ce livre parce que... l'autrice met vraiment en avant l'incroyable pouvoir que nous on a en tant qu'hypersensibles. Alors que souvent, on est globalement vu comme des gens qui en font trop. On est trop, voilà. Globalement, au lieu des autres, on est trop. Enfin, trop sensible, trop expressif sur certaines choses. Ça ne mériterait pas autant de remarques, de retours, voilà. C'est too much pour les gens. Et ce que j'aime bien dans ce que l'autrice dit, c'est ce côté un peu renverser la balance, mais de se dire que le monde a besoin de nous, en fait, et que finalement, on a une super force en nous et c'est trop chouette. Donc je vous invite vraiment à le lire, je pense que ça peut vous aider. Pourquoi je parle de cette hypersensibilité sur cet épisode et sur ce podcast ? Parce que, en fait, je fais vraiment le lien avec notre métier de designer. On dit qu'il y a environ 20% de la population mondiale qui serait hypersensible, donc c'est quand même pas mal, hein ? ça reste minoritaire, mais c'est quand même pas mal. Moi, je pense, sincèrement, et là, il n'y a pas d'études là-dessus, mais j'aimerais bien qu'il y en ait, dans le domaine du design, je pense qu'on est beaucoup, beaucoup plus que ça. peut-être 50%, peut-être même plus en fait, parce que quand on est designer, quand on s'est lancé dans ce domaine, c'est qu'a priori on aime profondément observer les usages, avoir des idées pour améliorer notre monde, le rendre plus beau en fait, dans tous les sens du terme. J'aime bien me dire qu'en fait, si on a choisi cette voie-là, c'est parce qu'on aime faire appel à nos cinq sens. Même si on sort une créa visuelle, on fait quand même appel à nos cinq sens pour créer tout ça. Et je dirais que c'est même pire encore, je pense qu'on se sent vraiment mourir de l'intérieur si on le fait pas. Et ça c'est vraiment le côté hypersensible. C'est pas de la fantaisie en fait, c'est que ça nous constitue profondément. Et si on fait pas appel à ces cinq sens là, on est dépossédé. Et je pense que vous voyez ce que je veux dire si vous avez vécu des situations comme ça moi je l'ai vécu en étant salariée en tant que designer. J'ai tenu honnêtement que un an salariée, deux fois six mois dans des boîtes. Franchement c'était la pire période de ma vie. C'était euh... post-diplôme et donc je me suis très vite lancée en freelance. Je me suis lancée à 24 ans dans le freelancing parce que justement, franchement, j'allais crever, je le sentais. C'était vraiment horrible. Pour autant, je crois que je n'ai jamais conscientisé que si j'avais voulu aller dans le domaine de la créa, c'était peut-être avant tout parce que justement, j'avais cette grande sensibilité. Et en soi maintenant, voilà, là je me dis mais ça fait tellement de sens, c'est tellement évident que je suis dans ce domaine-là aujourd'hui même si aujourd'hui je ne fais plus de mission, de prestation. J'ai évolué dix ans dans le domaine de la créa et encore aujourd'hui, à travers mes clientes, je le fais aussi. Donc c'est tellement logique. Et donc je pense que vous aussi, ça vous éclairera peut-être à vous dire mais pourquoi je suis là ? Peut-être qu'il y a un lien avec cette sensibilité forte que vous avez en fait. Vous n'êtes pas designer pour rien. Alors pourquoi je parle dans cet épisode de l'impact de mon hypersensibilité sur mon business ? L'idée, ce n'est pas de vous faire une liste ici parce qu'on se sait, on se sent en tant qu'hypersensible. On sait. que c'est de remettre sa vie en question tous les quatre matins, de se sentir mal une journée entière parce qu'on a dit une phrase à un client en réunion qu'on ne voulait pas tout à fait dire comme ça. Et du coup, on rumine, on revoit, on revoit le scénario. On se dit qu'est-ce qu'on aurait pu faire de différent sans trop mal. On a peur d'être jugé. Ou même ce sentiment d'avoir vraiment du mal à se rendre compte si ce qu'on fait a un sens. À quoi bon ? Est-ce que vraiment c'est un sens que je fais ? Enfin voilà, il y a tout ça. Donc je n'ai pas envie de vous faire une liste parce qu'on se sait, voilà. C'est tout ce que je voulais dire. Par contre, ce que je veux partager aujourd'hui, c'est aussi un écho à tout ce que je ressens profondément en discutant avec mes clientes et sur les réseaux. Aujourd'hui, plus que jamais je pense, le monde est extrêmement difficile pour les hypersensibles. Notre métier de designer, qui est fait de sensibilité, est complètement bouleversé avec l'arrivée de l'IA. Et je ne parle pas de l'aspect environnemental. et de l'impact sur notre société qui est évident, mais c'est un autre sujet. Là, je parle vraiment du fait que les clients nous donnent de moins en moins d'espace pour être créatifs et donc pour faire parler notre hypersensibilité. Et moi, ce que je vois dans tout ce que mes clientes disent, c'est certes, du coup, on a du mal à avoir des clients et c'est plus difficile parce que les clients comprennent moins l'importance qu'on a, mais c'est avant tout parce que ça vient nous toucher très très fort au fond de nous. En fait, c'est un peu comme si le super pouvoir qu'on avait qui nous permettait d'agir sur le terrain pour les autres, on a l'impression qu'aujourd'hui, plus personne n'a envie de ça en fait. Et c'est extrêmement difficile à vivre et à encaisser. J'ai partagé sur LinkedIn des pensées autour de tout ça et il y a une femme brand designer qui a commenté, qui m'a dit qu'il y a quelques semaines, elle avait eu en réunion professionnelle une remarque d'une personne qui lui avait dit « Toi, dans deux ans, t'existeras plus » . Et en fait, cette phrase, elle est absolument horrible parce qu'elle vient nous toucher en plein cœur. et ça remet notre identité même en question. Le tu n'existera plus, alors c'est très maladroit. Je pense que la personne n'a pas voulu dire tu n'existeras plus toi en tant que personne. Mais en fait, c'est assez représentatif de nous ce qu'on ressent à chaque fois qu'on a un refus ou qu'on sent que notre métier est en train d'évoluer. On fait vraiment ce lien entre ce qu'on vaut en tant que personne et notre capacité à donner aux autres. Plus on contribue, plus on donne et plus on a la sensation d'exister. Et donc je ne suis pas psy, et donc l'idée c'est pas de déconstruire tout ça, mais si on part de ce constat-là, qui est de se dire qu'on a la sensation de ne plus exister parce que les personnes, nos clients, semblent ne plus avoir besoin de nous, et bien si on part de ce constat, l'IA nous amène vraiment cette sensation de ne plus exister. Donc c'est très fataliste ce que je dis, attention restez bien avec moi, l'idée c'est pas de vous faire déprimer plus qu'il n'en faut, mais c'est plus de légitimer aussi cette sensation-là et de se dire qu'on est nombreuses. Je crois que la période que nous sommes en train de vivre aujourd'hui nous confronte plus que jamais, et ça met notre hypersensibilité à rude épreuve. Ça me semblait important de nommer les choses et de nommer ce que beaucoup de personnes pensent dans le fond. Là, ce que je vous restitue publiquement... C'est aussi les échanges que j'ai en one-to-one avec mes clientes et qui sont vraiment affectés de tout ça. C'est vraiment... ça les bouleverse en fait d'avoir cette sensation qu'elles ne servent plus à rien, en tout cas que les prospects n'arrivent pas à se rendre compte de leurs valeurs. Donc comme souvent, je pense que la clé pour vivre mieux les choses qui nous font du mal, c'est déjà de réussir à nommer la problématique sous-jacente. Et j'avoue que j'ai mis du temps... à formuler ce que cette période nous a invité à questionner en tant que designer. C'est pas évident de vraiment se dire ok, je me sens pas bien pour toutes les raisons que j'ai évoquées là, mais du coup, quelle est la problématique derrière ? Qu'est-ce que je dois tenter de résoudre ? La problématique, c'est pas comment je peux aller chercher plus de clients. C'est beaucoup plus profond que ça. Et je pense que la grande question qui en regroupe trois, c'est celle-ci. Comment continuer à évoluer professionnellement dans ce secteur qui est le nôtre ? qui tend petit à petit à nous priver de nos cinq sens. Comment lutter et comment se reconstruire ? Je vais relire à voix haute les questions parce que je pense que c'est vraiment important de s'arrêter dessus. Comment vous, vous pouvez continuer à évoluer professionnellement dans le secteur qui vous invite à vous priver de vos cinq sens ? Comment vous pouvez lutter et comment vous pouvez vous reconstruire à partir de ce constat-là ? Et je trouve que cette question, elle est forte. Parce qu'il y a l'idée de continuer malgré tout à le faire, mais il y a l'importance d'accepter, d'évoluer, qu'il faut le faire, malgré un mouvement assez général qui va à l'encontre de ce qu'on aimerait, qui va, comme je disais, à l'encontre de notre hypersensibilité. Mais comment nous, on peut faire pour évoluer malgré tout ? Comment on peut nous reconnecter à nos cinq sens ? Comment on peut se dire, ça ne me va pas, et je suis sûre qu'il y a une façon de me reconstruire ? Je ne dis pas de s'opposer à l'IA, ici ce n'est pas un discours qui se dit résister, on ferme les portes de toute innovation, on va pas dans cette tendance, on crée notre petit entre-soi, c'est pas du tout ce que je veux dire, c'est comment on peut se réapproprier. En fait, en tant qu'hypersensible, on a plein de capteurs, et c'est aussi se dire comment on peut faire pour les recentrer, et donc ça sous-entend plein de choses. Comment faire de l'IA notre allié ? Comment faire de nos prospects nos alliés ? Comment on peut essayer de se rassembler aussi ? Parce que là, on est vraiment, je sens qu'il y a une opposition entre les prospects et nous. Comment on peut être de nouveau dans la même team, en fait ? Et donc moi, je suis très optimiste là-dessus. Je suis sûre qu'on peut y arriver. Je n'ai pas les réponses à ces questions parce que je pense qu'il y en a plein, en réalité. Et c'est vrai que cet épisode est un peu différent parce que je vous donne moins de clés. Je vous laisse un peu avec cette question-là. Ce que je sens, moi, ce que je pressens, justement avec mes antennes d'hypersensible, c'est qu'il faut qu'on sorte de nos écrans. Sortez de vos écrans. Il faut qu'on puisse se réunir. Et moi, mon objectif, en 2027, peut-être fin 2026, je vais voir, mais c'est vraiment de se réunir, de respirer le même air, qu'on puisse se voir, se regarder dans les yeux, et de réfléchir à l'avenir qu'on a envie de construire pour nous. De se reconnecter à nos cinq sens, d'oublier ces foutus écrans, pour imaginer nos lendemains. Parce qu'il y a des lendemains à imaginer, notre métier évolue, il suffit simplement, entre guillemets, je mets des guillemets à simplement, mais qu'on Face de notre hypersensibilité, le moteur aussi, et qu'on ne se subisse pas. Là, en ce moment, tous les hypersensibles designers, on est tous un peu en PLS, on a l'impression de subir tout ça, de subir cette vague. Comment on peut reprendre la main sur tout ça ? Comment on peut reprendre du pouvoir sur ça ? Et pour moi, c'est le fait de se réunir, qui est une des solutions, de sortir de vos écrans. Ne restez pas face à votre feed LinkedIn, ne restez pas face à votre page Notion qui ne demande qu'à Euh... être rédigé. Ne restez pas face à vos écrans. Il faut qu'on sorte de là. J'ai l'impression de faire une sorte de discours politique là-dedans. Je ne suis pas politique pourtant, mais c'est un peu ça. J'ai envie de contribuer à un mouvement, en fait. Un mouvement de se réunir pour parler. Parce que quand on a des soucis, c'est comme quand vous avez des soucis dans votre vie perso. Je crois qu'on est tous d'accord pour dire que si on reste en boule dans notre lit, c'est pas comme ça qu'on résout les choses. C'est pas comme ça qu'on y arrive. Il faut être entouré. Il faut qu'on brise cette solitude. Il faut qu'on se retrouve et qu'on mette nos jus de cerveau en commun pour se dire Quelle solution on a envie ? Et je le répète, la question, comment on peut se reconnecter à nos 5 sens ? Comment on se reconstruit ? Comment on évolue de nouveau professionnellement dans une direction qui nous va ? C'est tout pour moi sur cet épisode. Il n'y a pas de conclusion, comme je disais. Si ce que je vous dis là résonne en vous, faites-moi signe, s'il vous plaît. Faites-moi signe sur LinkedIn, sur Instagram. Écrivez-moi. Je n'ai rien planifié encore pour le moment. Mais je sens vraiment dans mes tripes qu'il y a quelque chose de l'ordre de se réunir, de faire quelque chose ensemble pour imaginer le futur de notre métier. Si ça vous parle, juste écrivez-moi. Je voudrais organiser quelque chose, je ne sais pas encore quoi et comment concrètement, mais j'ai besoin aussi de votre retour. Et j'ai besoin de voir si mes propos font écho, si vous ressentez aussi ce besoin de vous réinventer dans votre métier. Si c'est le cas, encore une fois, faites-moi signe et on en discute. C'est la première étape, je pense. Sur ce, je vous laisse. Je vous retrouve dans 15 jours pour un prochain épisode qui sera un petit peu plus dans les clous de ce que je fais d'habitude. Et d'ici là, je vous souhaite de prendre soin de vous. Et merci encore une fois d'être si nombreuses à m'écouter. A bientôt, ciao !