- Speaker #0
On travaille à rencontrer des parlementaires pour leur expliquer la problématique dans laquelle on se trouve, qui est la problématique systémique du renouvellement agricole pour les jeunes générations et toutes les complications, complexités auxquelles on fait face, notamment à travers l'acquisition du foncier et comment on peut permettre l'installation sans le surendettement des paysans et notamment à travers le prisme de l'habitat léger qui peut faciliter cela. Comment est-ce que l'on peut aider au-delà des signatures, des likes et des partages ? En fait, c'est s'emparer du plaidoyer, on le produit, d'aller appeler les permanences téléphoniques des députés et des sénateurs et solliciter un rendez-vous, expliquer la situation, la contextualiser avec son affaire et faire en sorte qu'il puisse faire remonter cette information-là à son groupe parlementaire de façon à déposer les amendements en question, les adopter et valoriser la parole des citoyens, des habitants locaux.
- Speaker #1
Les gens s'imaginent qu'ils vont devoir prendre des gros risques à s'installer, alors qu'en fait ça se passe bien pour la grande majorité des gens qui s'installent. Mais il y a un petit côté stratégie, il y a des erreurs à ne pas faire. Aller voir des maires pour leur demander d'autorisation, c'est pas faire les choses en l'ordre. Sauf que le besoin et la nécessité précèdent la loi et pas l'inverse.
- Speaker #2
Vivre sur ces terres, dans un habitat qui préserve l'habitabilité de la terre et la dignité des paysannes et paysans, c'est possible et le soulèvement populaire qui grandit sur le sujet montre que cette idée est en train de s'incarner. En juin, au Festival des Palourdes organisé par l'association Amo Léger, j'ai enregistré un atelier sur l'habitat léger paysan animé par Jonathan de Désobéissance Fertile et Guillaume de la Fédération de l'Habitat Réversible. Cet atelier propose plusieurs pistes pour œuvrer, lutter ensemble pour faire reconnaître l'habitat léger paysan. Si vous n'avez pas encore écouté les épisodes 149 à 151 consacrés à ce sujet, je vous encourage à y aller avant d'écouter celui-ci. Dans la partie 1, vous comprendrez l'historique du concept d'habitat léger paysan, le processus législatif en cours pour que l'habitat réversible soit autorisée pour les paysannes et paysans, la posture que portent et prônent des obéissances fertiles ainsi que la fédération de l'habitat réversible. Enfin, vous repartirez de cette écoute avec des clés pour que vous puissiez défendre l'habitat léger autour de vous. La partie 2 sera consacrée à des étapes essentielles à mettre en œuvre quand on s'installe dans une commune et présentera un exemple de projet pilote de hameau d'habitat léger agricole menée par Terre de Liens Bretagne et AmoLéger. Je m'appelle Opaline et j'anime le podcast Agroécologie Voyageuse pour mettre en lumière celles et ceux qui régénèrent la terre. Mon objectif est que mon travail soit financé à 50% par vous, auditeurs et auditrices, et à 50% par des organisations pour qui je réalise ces reportages. Aujourd'hui, avec 28 donateurs et donatrices réguliers, j'en suis à 25%. Si ce reportage vous plaît, Demandez-vous si un don ponctuel, même 10 euros, 15 euros, 20 euros ou régulier, un engagement sur 6 mois par exemple, serait envisageable pour vous. Toutes les infos sont dans la description de l'épisode. Belle écoute !
- Speaker #0
Peut-être qu'on va commencer par introduire ce qu'est la fédération de l'habitat réversible. On va poser un peu les éléments de contexte pour qu'on parle le même langage. Et s'il y a des acronymes, peut-être qu'on puisse les éclaircir assez vite dans le vocabulaire. Et après, on va commencer à jalonner le sujet. Comme ça, ça nous permet de tous et toutes bien... est bien raccord là-dessus. Tu veux commencer à dire un mot sur ce qu'est la Fédération de l'Habitat Réversible pour expliquer succinctement ?
- Speaker #1
La Fédération de l'Habitat Réversible, ça regroupe des assos, des usagers, des fabricants, des élus... militants de l'habitat léger. L'idée, c'est d'avoir une instance un peu apolitique qui puisse... A-partisane. Les politiques, mais... A-partisane pour... pour faire avancer la cause de l'habitat léger. Il y a des assos qui ont un parti pris bien défini, qui sont Allem, Amolégé, Disobéissance Fertile, Libre-Toi, et la Fédération. Et qui ont un espèce de biais dans leur approche. aménagé sur les... ils sont légalistes, à l'AIM ils sont plus en mode pompiers, de l'habitat léger, soutien aux personnes inquiétées, ils ouvrent les sens fertiles, ils encouragent tout le monde, ils donnent du boulot à l'AIM, ils encouragent tout le monde à y aller. On est rationaliste. Et LibreToi, ils font de la com, ils font un gros boulot de com. Et donc l'AFD c'est une espèce d'instance qui n'est pas neutre, qui n'est pas même plus apolitique mais qui est apartisane. Et donc on fait les journées nationales de l'habitat léger, on a fait l'opération de lobbying autour de l'habitat paysan, vous allez en entendre parler pas plus tard que tout de suite. On fait... D'autres propositions de loi ? On essaie de relier les acteurs. On verra tout, carrément. Faire se parler de l'asso LM et de l'asso Amolégé, c'est pour ainsi dire de la diplomatie. Les assos ont des cultures très différentes, c'est des gens très diversifiés. Les usagers en plus sont cachés comme ça souvent. Donc voilà, il y a un boulot d'essayer de battre le tambour pour la fin de la discussion.
- Speaker #0
On essaie de multiplier un peu les méthodes d'action. Donc là on va vous parler du législatif paysan, mais il y a aussi une approche que l'on a qui est beaucoup plus communale pour donner des outils aux... aux élus locaux, de façon à ce qu'ils puissent mettre en place aussi de l'habitat léger, pas nécessairement paysan, mais faciliter de l'habitat léger, à travers des chartes de bonne entente entre les habitants usagers et l'institution elle-même, pour créer des cadres au sein desquels on puisse cohabiter, coexister et répondre, non pas par le prisme répressif, mais par le prisme plutôt suggestif de quelles sont les valeurs qu'on souhaite voir advenir en vivant ensemble, quels sont les points de sécurité, ou en tout cas sur lesquels on ne transige pas, Merci. et comment on peut mettre cela en place en bonne intelligence en écoutant les voix des uns des autres. Et donc on a élaboré, juste pour la parenthèse, pour que vous puissiez voir aussi les différents aspects, une brochure qui se base sur une initiative qui a été mise en place dans un village depuis une vingtaine d'années maintenant, dans le sud-est de la France, où face à l'afflux de gens en habitat léger dans une petite mairie rurale, la mairie a dit qu'au-delà de trois mois... Venez nous voir, nous on a établi une charte de bon usage, vous venez la signer en mairie, en échange de quoi on s'assure de votre tranquillité d'installation. Et donc voilà, on travaille sur différents outils, on va prendre des acteurs, des actrices qui expérimentent, et à partir de là on va essayer de faire des choses qui sont très essayer de systémiser, sachant qu'évidemment chaque cas va être différent d'une commune à l'autre dans sa mise en place et dans ce qu'il va vouloir émerger, mais en tout cas pour mettre un processus en place qui permette aussi de redonner la main, pas seulement au niveau national ultra centralisé. au niveau aussi très localement. D'autant plus que ce sont les mairies elles-mêmes qui disposent du pouvoir de police en urbanisme. Donc c'est un des rares pouvoirs qu'il aurait encore conféré. Et donc l'idée, c'est de le mettre à disposition et de travailler cette culture-là aussi. On va refaire société sans passer par des échelons qui nous dépassent. C'est juste une petite parenthèse avec les chartes de l'habitat à Récip que vous trouvez sur le site de la FHR. Donc il y a un truc charte, vous les téléchargez, vous les appropriez. La parenthèse est faite. Donc, on va couper. commencé à parler de l'habitat paysan qui est né au Palourde qui est né au Palourde il y a 4 ans, il y a 3 ans ou 4 ans ? non, il y a 4 ans il y a 4 ans et on était avec Polo, on s'est dit il va y avoir une loi agricole qui va passer c'est le dernier jour des Palourdes, il faut qu'on se mobilise dedans, on mette un amendement dedans pour permettre l'habitat léger paysan donc ça a démarré ici à Safré c'était à Safré, tout à fait au Campigny et Et c'est comme ça qu'on s'est dit qu'on voulait mettre de l'énergie là-dedans. Donc on a constitué un groupe de travail, à l'intérieur duquel on est une dizaine. On a un groupe signal, on se co-opte. En fait, on sait que quelqu'un a confiance, on le met dedans et qu'il va oeuvrer ou elle va oeuvrer. Et elle rentre et en fait, on élabore à la fois des réunions, du plaidoyer. Dedans, il y a des juristes, des militants et autres. Et on travaille à rencontrer des parlementaires pour leur expliquer la problématique dans laquelle on se trouve, qui est la problématique systémique du renouvellement agricole pour les jeunes généralistes. et toutes les complications, complexités auxquelles on fait face, notamment à travers l'acquisition du foncier. Il y avait une table ronde où je participais, où il y avait vraiment cet enjeu qui était très central. Et comment on peut permettre l'installation sans le surendettement des paysans, et notamment à travers le prisme de l'habitat léger qui peut faciliter cela. Et donc, on a obtenu un certain nombre d'alliés, évidemment dans des groupes politiques qui sont sensibles. De base, je pense aux écolos notamment, mais, et ça c'est très satisfaisant, on a trouvé des alliés dans beaucoup d'autres sensibilités. Et ça c'est important parce que, juste pour faire un bref historique sur la loi à ce moment-là, on a mis l'amendement dans la loi agricole. Elle a été invalidée au prétexte que ça n'avait rien à faire dans une loi agricole. Une députée l'a remise dans une loi de simplification économique qui pour le coup n'avait rien à faire dans cette loi de simplification économique. Et ça a été validé et accepté. Et ça a été voté favorablement une première fois à l'Assemblée nationale. Puis une seconde fois à une très large majorité. C'est-à-dire que la quasi-totalité de l'hémicycle était favorable à ça avec des groupes politiques où ils disaient c'est attendu depuis longtemps, même pour l'habitat saisonnier et tout ça. Donc c'était il y a un an et demi. On s'est dit que très vite ça allait être mis en adoption et que ça allait être légiféré. La réalité c'est qu'en fin d'année dernière, le chemin législatif de la loi s'est poursuivi entre l'Assemblée et le Sénat, il y a eu la commission mixte paritaire où il y a 7 députés, 7 sénateurs qui se retrouvent dans une espèce de vestibule avec une totale opacité. et qui vont prendre le projet de loi et vont détricoter pour mettre ce qu'ils veulent dedans. Et dedans, ils ont changé l'amendement qu'on a fait voter. Donc, ils ont dit...
- Speaker #1
Vous pouvez dire peut-être en quoi consistait l'amendement qu'on voulait faire voter ? Oui, évidemment,
- Speaker #0
vas-y, vas-y.
- Speaker #1
C'est un amendement tout bête qui autorise les exploitants agricoles à poser un habitat léger sur leur terre pour habiter dedans. C'est tout bêtement. Et que, eux, au moins, les paysans, les agriculteurs, viser une sorte de passe-droit urbain. d'organistique, on disait ok, vous avez le droit de vous installer en habitat léger réversible.
- Speaker #0
Parce que c'est votre résidence principale, parce que ça justifie aussi d'une activité agricole auprès de la MSA, même en cotisant solidaire, c'est vraiment ça.
- Speaker #1
Au départ...
- Speaker #0
Et donc voilà, on n'était pas d'accord dans le groupe, c'est-à-dire qu'au final on s'est dit, il y a une partie qui voulait que ce soit les cotisants solidaires qui aillent dans l'amendement, et d'autres qui disaient il faut que ce soit les exploitants et qu'on mette un premier pied dans la porte, un premier pas dans la porte, et qu'on ouvre ensuite le cadre. Et donc le groupe a statué, et finalement c'est les exploitants qui ont été mis en avant pour que... les gens des lobbies de la FNSOA et d'autres ne se disent pas que c'est tous les hippies de France qui vont venir.
- Speaker #1
Dans l'exploitant, il y a quotidien solidaire ? Non, dans l'exploitant, il n'y a pas quotidien solidaire. D'accord,
- Speaker #2
ce n'est pas un truc inclusif.
- Speaker #1
En fait,
- Speaker #0
notre stratégie avec cet amendement,
- Speaker #1
parce que ça fait des années qu'on se bataille et qu'on est obligé de jouer en défense presque tout le temps, des lois en faveur de l'habitat léger, il y en a eu une, un petit peu, il y a 11 ans, la loi Allure, Mais depuis, c'est... Des arrêtés, des trucs, anti-cabanisation, des articles répressifs pour faciliter l'expulsion des campements qui ne sont pas destinés spécifiquement à l'habitat léger et encore moins aux agriculteurs mais qui sont plutôt contre les voyageurs, les teuffeurs ou je ne sais quoi. Mais du coup nous avec ce projet de mettre au moins un petit amendement avec cette population qui est ultra légitime à s'intégrer en habitat léger. qui sont les agriculteurs, on se dit que c'est comme un coin où, effectivement, on a bien senti que dans tous bords confondus politiquement, les gens, ils se disent que dans 10 ans, il y a la moitié qui part à la retraite. Au moins, eux, ils ont le droit et qu'on puisse dire ça. Et ensuite, pouvoir élargir les saisonniers, les permaculteurs,
- Speaker #0
et après, on l'ouvre.
- Speaker #1
C'était la stratégie. Mais c'est un... Bon.
- Speaker #0
Ça s'est pas passé comme prévu, bizarrement. Donc en commission mixte paritaire, ils ont modifié l'amendement dont parle Guillaume et ont changé les règles, c'est-à-dire que quand bien même on est exploitant, donc c'est avec un minimum de surface agricole cultivée selon ce que l'on fait, on peut avoir un habitat dans sa résidence principale pour 5 ans non renouvelable.
- Speaker #1
Donc une aberration quoi.
- Speaker #0
À quoi bon, en fait, avoir un habitat ? Et donc, nous, déjà, je ne vous cache pas la colère et la frustration en apprenant cela. Un déni de démocratie le plus total, c'était en novembre dernier. en décembre dernier. On n'a même pas choisi de communiquer publiquement tellement on a la rage de ça. On a décidé aussi de revenir à la charge parce qu'en fait, les députés sont acclimatés. Ils l'ont, le plaidoyer, il faut y repartir, il ne faut pas lâcher l'affaire, pas lâcher le morceau. Et là-dessus, ce qu'on se dit aussi, c'est que le Conseil constitutionnel peut invalider cette décision parce qu'en fait, il ne peut pas empêcher quelqu'un de rester juste 5 ans sur son terrain et dire quid de toi au bout de 5 ans qui est... qu'est-ce qui se passe ? Donc on aimerait bien, en tout cas parmi les juristes, on réfléchit au fait que, allons essayer ça, allons-y, et qu'est-ce que vous allez faire au bout de 5 ans alors ? Qu'est-ce que vous allez faire au bout de 5 ans ?
- Speaker #3
Plutôt posture de désobéissance du coup. Ah oui ?
- Speaker #0
Qu'est-ce qu'on fait des agriculteurs ? Moi je suis curieux, vous avez répondu à tout, allons-y, allons voir.
- Speaker #1
Et en fait,
- Speaker #0
l'invalider.
- Speaker #1
En tout cas, c'est une grosse aventure de faire du lobbying qu'on a découvert ensemble. on était un réseau dans l'équipe de l'eau. Au lobbying, il y avait des agriculteurs qui étaient inquiétés pour des situations. Aussi des gens qui avaient un mobilhome dans une espèce de stabule. Et voilà, la maire venait les chercher. Il y avait un truc complètement aberrant. Tous ces gens-là se sont réunis. Il y a eu des pétitions. Et on a fait tout ce travail d'aller parler à des députés. Et c'est toute une aventure. C'est en effet une espèce de trampoline émotionnelle. On se fait baloter. On attend des nouvelles. On ne sait pas ce qui se passe. Ah, ça part au Sénat. Ah, c'est passé en première ligne. Waouh, un accueil enthousiaste ! Ah non ! Ça passe en deuxième lecture ! Ça passe en deuxième lecture et tout ! Ah paf, on se fait écrabouiller en commission mixte paritaire !
- Speaker #0
C'est fatigant parce que... Ouais mais bon... On s'aperçoit que... En fait, oui on va le faire ce jeu-là, du changement évolutif, législatif, mais c'est comme un truc où... c'est orwellien un peu. C'est-à-dire que t'as un truc éternel de querelle où tu dois te lutter pour des micros avancés, des micros droits, là où en fait, quand on y va aussi, en l'affirmant beaucoup plus publiquement, massivement, Il y a quelque chose qui, en fait... bousculent les portes. Et je pense à Adrien Canot et Marine, qui sont les agriculteurs dont parle Guillaume, qui ont mis le mobilhome dans une stabulation, et qui ont dit, mais c'est mort, en fait. Nous, on nourrit localement la population, en Vendée, c'est beau ce qu'on fait, c'est bon, ça soigne la terre et tout, mais on va jamais se laisser faire, et on va lutter. Et c'est vous qui allez avoir honte, en fait, à la mairie. Et en fait, ils ont mis la pression sur la mairie. Et la mairie a rétro-pédalé, et a allé ensuite, derrière, leur donner une autorisation d'urbanisme. Parce qu'en fait, on peut... c'est qu'une question de prisme. Donc nous, je ne dis pas ça en disant qu'on ne va pas y retourner, on va y retourner, mais il y a aussi d'autres aspects à aller explorer là-dessus qui sont très importants dans nos cultures politiques, aussi de revendication du droit. et il y a des expérimentations locales qui peuvent être entreprises parce qu'on disait tout à l'heure que le pouvoir d'urbanisme il appartient à la mairie de plus en plus à l'intercommunalité on voit qu'il y a des expérimentations on a vu ça tout récemment qui ont été mises en place du côté de Dijon c'est où ce qu'il nous a envoyé Max Crépeau ?
- Speaker #1
en Touraine une espèce d'écriture dans le PLU un zonage qu'on n'avait jamais vu qui autorisait l'habilité légère en dehors du stécal,
- Speaker #0
en dehors de tout quoi. qui s'appuie sur aucune loi.
- Speaker #1
Quel zonage, vous avez dit ?
- Speaker #0
Ils ont créé un zonage ex-Nilo.
- Speaker #1
Et en fait,
- Speaker #0
il y a tout un boulot que nous,
- Speaker #1
on essaye de faire. Après, vous, en tant que porteur de projet, on ne peut pas vous dire, c'est bon, on a gagné, vous avez le tapis rouge et tout. En fait, tout ce qu'on peut vous dire, c'est, comme d'habitude, installez-vous, et puis on discute après. Parce que la situation est toujours la même, c'est que tu vas voir un élu pour lui dire, je veux... installé en habitat léger, que vous soyez agriculteur ou pas, et bien vous le mettez dans l'embarras même si il est à fond pour vous soutenir donc presque ce qu'il peut faire de mieux, il dit écoute vas-y tu m'as rien dit, lance ta toile et d'abord cette espèce de truc tacite et tout, donc c'est à la fois merdique et à la fois c'est tout ce qu'on a, et à la fois ça marche en fait dans 95% des gens qui sont installés en habitat léger ils le sentent de manière informelle et l'immense majorité d'entre eux ont la paix et il y a des droits de prescription qui existent ça peut passer un certain nombre d'années on est acquis dans le cadastre il ne faut pas se focus sur les gens qui se font emmerder parce que ça fait beaucoup de bruit mais en fait c'est l'arbre qui tombe mais la forêt elle pousse derrière donc vous votre partie c'est de vous installer et vous pouvez vous appuyer sur ce truc de je suis agriculteur je fais je nourris je nourris mon territoire. Venez pas me chercher des pouces dans la tête, en fait. Faut sortir l'armatomie, faut foutre une ZAD, si ça s'en venit, mais je veux dire... Tu montes ton exploitation, t'es accepté ou pas, mais si t'es pas accepté, faut pas se laisser faire. Je veux dire, faut se défendre et en général, on gagne.
- Speaker #0
Nous, on va en passer le mois prochain. Mais on va mettre un zbeul pas possible pour gagner. On est dans la question de l'habitat agricole. Et on y va, et gaiement, fièrement, collectivement, militantement, festivement, tout ça réuni.
- Speaker #2
Au moment où je publie cet épisode, mi-septembre 2026, trois mois ont passé après cet atelier. Jonathan et Caroline sont allés en procès le 1er juillet, jugés pour avoir installé des habitats légers sur des terres agricoles et y vivre illégalement. La salle d'audience était pleine à craquer d'un peuple soutenant et le juge a été d'une vraie écoute des arguments de Jonathan et Caroline. Un premier point positif. Plus tard, le 26 août, le tribunal de Limoges a rendu son verdict. Jonathan et Caroline et leur famille ont le droit de vivre sur leur terre mais la jurisprudence attendue sur l'état de nécessité écologique invoquée comme argument n'a pas été entendue et le foyer a dû payer une amende de 600 euros. Une victoire en demi-teinte et qui est aussi un signal très fort à la population. Oui, on peut vivre sur des terres agricoles. Le 3 septembre, l'État a fait appel à cette décision. L'État qui réagit ainsi parce qu'il a peur que ce modèle d'habitat qui redonne autonomie et liberté au peuple se propage. Caroline et Jonathan, en retour, font appel à vous, à nous, toutes et tous, pour retourner dans le ring et avoir cette fois-ci, peut-être, une victoire encore plus glorieuse. « On a déjà le droit d'habiter ainsi, et on va prouver qu'on l'a » , explique Caroline. Si vous écoutez cet épisode à l'automne 2026, gardez vos antennes déployées pour soutenir la lutte et rester au courant.
- Speaker #0
Par exemple, on est 20, il y en a 20 qui s'installent chacun sur sa petite ferme. Peut-être qu'il y en aura un ou deux qui seront inquiétés. Après, ça dépend beaucoup des territoires. Il y a toute une espèce de géographie dans laquelle... Ce n'est pas le code de l'urbanisme qui va vous dire qu'est-ce que vous allez faire et pouvoir faire. Ce qu'il va faire, c'est dans quel territoire vous êtes. Est-ce que vous êtes sur les littoraux où il y a la grosse pression foncière, le tourisme de loisirs, résidence secondaire, périnée orientale, je ne sais quoi, proximité des grandes villes, ou alors d'Orzogne, Bretagne, Ariège, toutes les situations sont très diversifiées. Diagonale du vide, est, ouest, voilà. Et c'est là que c'est ça qui va faire la différence.
- Speaker #1
Et solidarité. Il y a plein d'endroits où les gens enhabitalisés sont solidaires les uns des autres et ont une force qui fait que même si la mairie bouge tous les six ans, ils restent là. Déjà, ils œuvrent. C'est œuvrer pour le territoire, montrer la valeur au territoire. Si on parle d'habitat agricole, d'activité paysanne, elle est évidente, évidemment. Mais c'est aussi montrer qu'on nourrit des cantines, on nourrit la population, qu'on fait aussi en essayant de respecter tout ça. Et moi je le vois dans le prisme juridique de l'affaire, c'est que quand on fait des dossiers, on raconte une histoire, on va contextualiser tout ça, on va expliquer. Et en fait, le juridique par rapport au législatif, à la loi, c'est qu'il va voir si la loi est bien appliquée. Donc voir si elle est appropriée par rapport à la situation. C'est pour ça qu'on va aller chercher un peu dans différents cas de figure. On parle du local pour élaborer de l'expérimentation, on parle du légal pour aller bouger le cadre national, on parle du juridique pour aller trouver la décision qui fasse jurisprudence et on va aussi sur de l'occupation spontanée parce qu'on a confiance dans le fait que ce que l'on fait est juste. Et en fait tout ceci là se conjugue, c'est pas que ça s'annule, c'est une conjugaison, c'est une addition, une somme de choses. Là où on va aller, et nul ne sait à quel endroit, à quel moment ça va plier.
- Speaker #0
C'est ça l'histoire. Par contre, on sait qu'à un moment ça va plier. Les idées qu'on porte, l'habitat léger paysan, quand il y a une idée nouvelle, il y a trois stades. D'abord, on t'ignore. Après un peu de combat, après c'est l'évidence. Et là on est entre la deuxième et la troisième étape. On est encore un peu combattu, incompris et tout, mais en fait, tôt ou tard, on va le gagner. Donc c'est aussi encore l'invitation. Installez-vous, parce que de toute façon, on n'a pas trop le choix.
- Speaker #1
On ne peut pas arrêter une idée de la révolue.
- Speaker #0
Voilà, et il y a un moment où, bon là on parle d'agriculture, donc là c'est un peu comme notre cheval de Troyes. Derrière, il y a un changement climatique, il y a des dizaines et des millions de réfugiés, il va y avoir des mouvements de population. On peut aussi réfléchir un peu à plus long terme et dire, tôt ou tard, l'habitalité, il va falloir se décoincer, parce qu'il faut loger des gens. La crise immobilière, c'est une réalité. Donc, tôt ou tard, on ne pourra pas nous laisser vivre sous les ponts.
- Speaker #1
Et là-dessus, on travaille, donc c'est pas tout à fait de l'habitat paysan, on se base sur un travail plutôt qui a été élaboré par le quartier des Lentillères à Dijon, qui ont créé tout un travail de recherche sur les zones d'écologie communale, qui serait un nouveau zonage qu'on établirait, à l'intérieur duquel on spécifierait que dans les zones où nous prenons soin suffisamment de la terre, des êtres vivants, des sols et tout ça, nous puissions nous implanter sans artificialiser, sans demander de surcoût à la commune. et pour ouvrir des zones à l'intérieur desquelles on puisse vivre écologiquement. Donc ça rejoint aussi l'activité thermoculturelle de la chose. Et nous, on se base sur ce travail qui a été établi, élaboré, pour le proposer à un groupe parlementaire, pour qu'il puisse le déposer sous forme de proposition de loi dans les mois à venir. Donc on est à la fois, on subit les lois et ce qu'on doit avoir, et en même temps, on a aussi cette stratégie d'être offensif, de donner le tempo aussi. Nous aussi, on ne va pas juste... essayer de préserver le peu d'acquis que nous avons, mais nous allons faire avancer le droit. Et c'est important, parce que sinon on se fait bouger, on se fait désaxer en permanence. Donc on a aussi cette double stratégie qui est celle de l'influence que nous-mêmes allons exercer comme groupe de pression. Et évidemment, l'invitation, parce qu'on n'a pas de moyens financiers, qu'on sait à quel point c'est des nerfs de la guerre, c'est l'implication. Opalide me posait la question tout à l'heure, comment est-ce que l'on peut aider au-delà des signatures, des likes et des partages ? En fait, c'est s'emparer du plaidoyer, on le produit, d'aller... d'aller appeler les permanences téléphoniques des députés et des sénateurs, aussi bien en territoire qu'à l'Assemblée nationale ou au Sénat, parce qu'ils y sont de mardi à jeudi à l'Assemblée, et le lundi et vendredi dans leur permanence locale. rendez-vous, téléphonique ou physique, expliquer la situation, la contextualiser avec son affaire et faire en sorte qu'il puisse faire remonter cette information-là à son groupe parlementaire de façon à déposer les amendements en question, les adopter et valoriser la parole des citoyens, des habitants locaux. Et donc il y a tout ça qu'il y a à mettre en place. Et c'est une culture qui a besoin aussi de responsabilisation individuelle et collective, c'est à dire que nous on est là On porte un peu à bout de bras, mais on n'est pas des sauveurs, en fait. Personne n'est sauveur ici. Enfin, du moins, on l'est tous, en fait, et toutes. Et donc, c'est aller un peu prendre les devants. Et nous, on essaye de produire de la documentation pédagogique pour permettre la montée en compétences, pour ensuite y aller. Et les gens, les députés, ils sont ravis qu'on aille les rencontrer. Ils sont demandeurs de cela. Parce qu'il y a un tel fossé qui se crée, où chacun se regarde un peu en chien de faïence, et en fait, aller dépasser ça, même si on n'est pas du tout dans les mêmes... coloration politique, tous ces trucs-là, mais juste d'humain à humain et à l'expliquer à la situation, on ne peut pas sous-estimer l'impact que ça a, en fait.
- Speaker #2
Actuellement, là, la situation législative, je n'ai pas bien compris, je pense que je n'ai pas capté un truc.
- Speaker #1
Oui, vas-y.
- Speaker #2
Ça en est où, là, du coup ?
- Speaker #1
Donc là, il y a cet amendement qui a été adopté qui dit que, quand on exploite un agricole, on peut obtenir une autorisation sur sa résidence principale pour 5 ans de renouvelables. Ça, c'est ce qui est dit aujourd'hui. Maintenant, il y a...
- Speaker #2
On peut s'installer.
- Speaker #1
paysans mais avec un habitat léger 5 ans et là il y a des lois agricoles actuellement mais qui sont des lois infâmes qui sont en train d'être votées déposées au Sénat aussi ils veulent aller sur la cabanisation c'est sûr qu'il y a une partie voyant le phénomène s'amplifier parce qu'en fait on est sur une amplification de l'habitat léger donc il y a des politiques qui ont peur aussi de cela et donc ils sont dans des logiques où ils veulent accentuer la répression aussi. Donc on est face à ça également. Il y a tout qui se joue à la fois actuellement et voilà. Quelle va être la suite ? Personne n'est assez devin en la matière pour pouvoir l'estimer. Mais en voyant la popularité qu'il y a de tels amendements à l'Assemblée et les évolutions qu'on a à prendre, c'est la raison pour laquelle nous, on est confiants là-dessus. Mais ça va demander beaucoup d'énergie encore à déployer.
- Speaker #0
Ce qu'on porte et tout. des fois ça fait un biais et les gens s'imaginent que ils vont devoir prendre des gros risques à s'installer alors qu'en fait ça se passe bien pour la grande majorité des gens qui s'installent mais il y a un petit côté stratégie à développer, par exemple il y a des erreurs à ne pas faire en effet, aller voir des mères pour demander d'autorisation, c'est pas faire les choses dans l'ordre. Il faut que le besoin et la nécessité précèdent la loi et pas l'inverse. Il y a des lois qui ne sont pas adaptées, on en est toujours un peu au même point, il y a toujours une espèce de vide juridique. Il faut créer des précédents, il faut s'installer, il faut construire cette culture et la défendre. C'est aussi pour ça qu'on fait avec la Fédération. Les journées portes ouvertes, les journées nationales de l'habitat léger, c'est une invitation pour les gens qui sont installés comme ça, à faire des portes ouvertes, à organiser des petites soirées débat, pour mettre le sujet sur le tapis. Parce que c'est ça, pourquoi c'est difficile à faire accepter aussi, c'est parce qu'il y a une mémoire. méconnaissance. Les gens ne savent pas que c'est possible. Et les gens sont très curieux et sont très demandeurs. Moi, j'ai... Depuis le 20ème, je fais des yurts. J'ai fait du stop, par exemple, et j'étais pris par toutes sortes de professions, des policiers, des profs, des je-ne-sais-quoi. Et à un moment, qu'est-ce que vous faites ? Des yurts. Et tout le monde, des avocats, des gens avec des bonnes situations, à un moment, ça coûte combien une yurte ? Et il y a quelque chose qui s'allume dans leur domaine. dans la tête des gens, de savoir que ça existe, qu'il y a ce modèle économique de la yurte. Pour 10 000, t'es propriétaire. T'as ta baraque, t'es clos, couvert, t'as chaud l'hiver, t'es à l'abri l'été, tu peux être avec tes maux, mais tu mets une deuxième yurte quand ils grandissent. Et puis, ça te coûte 3 francs 6 sous, ça te coûte 10 000, ça te coûte 15 000, après, t'as une taille libre, ça te coûte un peu plus. En tout cas, il y a ce... ça existe et ça gagne vraiment à être connu tu vois et après ça te sert tellement bien tellement infiniment mieux que ces pauvres gens qui se sont endettés Pour 20 ans, tu vois, ils ne font pas du maraîchage bio, ça m'étonnerait. Donc tu es agri, tu as une vraie ferme grande qui produit, qui te paye bien, ou alors c'est des micro-projets à l'école, là tu es moins payé, tu es content d'avoir un toit qui ne t'a pas coûté 300 000 euros. Et donc, communiquer sur ça aussi, c'est intéressant. donner à voir,
- Speaker #1
donner à comprendre faire visiter ces trucs quand on peut là effectivement dans le plaidoyer peut-être qu'on peut vous donner des clés pour aller faire du plaidoyer à votre tour la première chose c'est qu'il y a une loi sur laquelle on se base qui est la loi du zéro artificialisation net qui a été votée, adoptée en 2024 donc qui rend dans un contexte assez complexe parce qu'en fait on a besoin de construire 300 000 logements annuels pendant 5 ans pour répondre à la crise du logement. Et donc en même temps on dit qu'on n'artificialise plus les sols. Et en fait c'est là où l'habitat léger aujourd'hui, c'est une réponse qui devient systémique. Et surtout dans l'habitat paysan, on ne veut pas dénaturer les terres en fait. Il y a un placement agricole, on veut que ça reste agricole.
- Speaker #3
Le ZAN il est dans la zone du remède seulement ?
- Speaker #1
Franchement moi je pense que c'est du plaidoyer, là on est dans de l'argumentaire en fait. Le ZAN, t'as la loi et l'esprit de la loi, tu vois. C'est-à-dire que moi je ne suis pas urbaniste et je ne suis pas technicien à la DDT. Le ZAN c'est pour tout le territoire. T'as l'idée... Non, non, mais moi je pense que tu sais même mieux que moi là-dessus, parce qu'en tant qu'élu, t'as peut-être une vision que je n'ai pas.
- Speaker #3
Moi je pense que c'est fait pour limiter l'extension urbaine, et donc c'est pris à bras le corps par les communes pour arrêter de faire des locutissements en extension dans une visée d'assez court terme. Par contre, ce que je vois parallèlement dans les campagnes, c'est une artificialisation énorme pour des fermes énergie, avec des types qui font des... Ah, c'est ça le chauve-à-fou. Et du coup, qui étendent, qui font des hangars de malades, et pour le coup qui artificialisent des places entières de la ferme, mais pas pour de l'habitat.
- Speaker #1
Hum, tout à fait. Tu as l'intention qui est posée à 2030, et en fait, tu as la réalité factuelle, c'est clair. Mais là, je suis vraiment pour donner des argumentaires en allant voir sur nos députés et nos sénateurs, de pourquoi en fait on défend cela. C'est d'aller répondre à la complexité de ce qui a été voulu adopter dans ce projet de loi de zéro artificialisation nette, et de signifier qu'on ne veut pas changer de type de classement des terrains. L'agricole, c'est de l'agricole. C'est-à-dire qu'on peut s'y installer sans mettre une grosse dalle de béton, sans rentrer dans du spéculatif immobilier, parce qu'il y a aussi cette grosse histoire qui a eu lieu. C'est qu'en fait, on a changé, on a dévoué le bâti agricole en bâti construction secondaire, qui ont entretenu un aspect spéculatif sur la question de l'habitat. Et donc, c'est aller répondre à ces questions-là, parce qu'on a aussi l'expérience vue des 20, 30, 50 dernières années passées, où il y a eu... Des abus qui ont amené à ce qu'en face, on se saisisse de la moindre opportunité pour empêcher des évolutions d'apparaître. Et donc c'est tout un tas de questions sur lesquelles on n'a pas réponse à tout d'ailleurs. Parce que quid de quand tu finis ton exploitation ? Tu finis de travailler, tu es à 60, 70, et alors quoi ? Peut-être que tu ne peux plus vivre sur ta terre ? Je ne sais pas en fait.
- Speaker #0
Je n'ai pas la réponse à ça. Les législateurs, ils essayent de cadrer, d'anticiper les problèmes et tout. Effectivement, si n'importe qui qui s'installe en exploitant agricole, il fait semblant de se mettre à la MSA, il monte sa yurte, son habitat. Et puis en fait, il a fait semblant de faire ce truc. Et puis après, il construit son truc en parpaing. Et du coup, cabanisation, les élus, ça les engage, ça fait du mitage. En fait, ils ont peur de ça. C'est aussi à nous de construire des propositions, de cadrer tout en laissant de la liberté. Nous ce qu'on voudrait c'est une grande liberté. Et les législateurs ils ont besoin que ce soit cadré, qu'il y a ces enjeux de cabanisation par exemple. On parlait des territoires, bon il y a des territoires où c'est un peu la merde, où des gens grignotent des terrains agricoles. Ils foutent une clôture et disent « Ah, c'est un terrain de loisirs ! » et ils le revendent à des gens qui me disent « Ah, c'est un terrain de loisirs, je vais pouvoir mettre une caravane. » C'est une espèce d'installation progressive et ça gratte. Ce ne sont pas des gens qui vont installer des tiny ou des yurts éco-citoyennes plus dégradables. Ce sont des gens qui vont bétonner parce qu'ils n'ont que ça. C'est la nécessité aussi, mais ça, c'est des dynamiques qui sévissent sur les côtes et tout. Et en fait on est un peu, nous autres peut-être, éco-vertueux, je ne sais pas jusqu'à quel point ça veut dire quelque chose, mais voilà, quelque chose qu'on peut partager, un désir d'écologie, un désir de vraiment... C'est cette art de vivre et le faire bien, on est mélangé aussi avec des gens qui n'ont pas du tout ça.
- Speaker #1
Et il y a aussi quelque chose là-dedans, c'est qu'en fait, il faut voir un peu plus haut que ça, ce que ça dit aussi cette façon-là de vivre, c'est que d'un seul coup, on s'autonomise, parce qu'on est autonome à l'égard des réseaux d'eau et d'électricité, donc ça veut dire une forme de décentralisation dans un état très centralisateur, et donc il y a quelque chose où c'est freinant. Dans l'esprit de bien des personnes, même dans des groupes politiques qu'on pourrait penser amis, parce qu'on perd cet effet, on détient le pouvoir centralement pour le dispatcher. Donc il y a aussi cette dimension-là, qui est une dimension philosophique, idéologique, sans la dévoyer de ce qu'elle doit être, mais qui consiste à penser que... On peut être plus autonome à l'égard de tout cela et que ça c'est difficile à mettre en place, à faire accepter parce qu'il y a une histoire culturelle relative à notre pays qui n'a pas été dans ce sens-là dans les 200 dernières années. Donc voilà, il faut bien garder à l'esprit aussi que c'est du temps long. Moi vraiment, pour faire une parenthèse avec le travail sur lequel j'opère pour les listes citoyennes participatives, donc il y a un maximum de communes participatives qui puissent émerger, mettre de la démocratie directe en place localement. C'est-à-dire redonner du pouvoir aux habitants, qu'ils puissent délibérer par eux-mêmes, élaborer les sujets et tout ça. On se rend bien compte qu'il y a tout un travail en termes d'éducation pédagogique auquel on n'est pas accoutumé et donc on part de loin. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on est passé de la monarchie à la république, super, mais maintenant il faut qu'on passe de la république à la démocratie. Il y a vraiment ce travail aussi à opérer, très important, pour lequel on n'y est pas encore aujourd'hui. Et voilà, c'est un travail culturel à amorcer, c'est s'entraîner à faire des petites assemblées, c'est s'entraîner à aller multiplier cette culture collective de la prise décisionnelle pour des choses anecdotiques, mais qui monte un peu de cette façon-là. On va apprendre quel est le dénominateur commun d'un sujet qui nous rassemble. Donc chacun a des préoccupations, on prend celle qui rassemble le plus de monde et on va aller porter cette revendication-là. Mais parce que c'est de la culture, en fait, c'est de la culture politique au niveau local, régional, départemental, intercommunal, national. Et en fait, il y a tout ça qui se réfléchit en termes de stratégie. Et c'est hyper important de nous-mêmes rentrer dans ces axes stratégiques.
- Speaker #2
Et voilà, cette première partie est terminée. Dans la deuxième partie, on abordera la suite des arguments pour promouvoir l'habitat léger, des étapes clés à mettre en œuvre quand on s'installe dans un village, comment se mettre en lien avec d'autres personnes qui luttent pour s'installer sur des terres pour une longue durée, et puis on terminera avec Lola, salariée chez Terre de Lien Bretagne, qui présentera un projet pilote de hameau léger agricole. A tout de suite !