- Speaker #0
C'est pas un projet d'une vie entière de 40 ans de carrière de travailler dans une ferme. Les gens qui s'installent sont à deux tiers des personnes en issue du milieu agricole. Et c'est des personnes qui ont des parcours assez variés et qui vont s'installer sur des fermes mais pour peut-être 10 ans, 15 ans. Du coup, les transmissions vont s'accélérer. On n'est plus dans un schéma où c'est les enfants qui reprennent la ferme des parents. Là, il y a des gens qui s'installent en couple, des gens qui s'installent seuls, des gens qui s'installent avec des enfants et des gens qui s'installent en collectif. et ils ont donc des besoins de logement très variés sur des durées assez courtes.
- Speaker #1
Habitat IG porte ce truc, tu es à l'abri de la pluie, du vent, du froid, mais tu es aussi à l'abri du capitalisme, de devoir balancer par la fenêtre un tiers, la moitié de ton revenu quand tu es locataire. Il y a un premier truc à prendre en compte, c'est le THC, le taux d'humilité campagnarde. C'est la proportion de votre vie que vous avez passé à la campagne. En fonction de ce taux, vous allez avoir une compréhension du territoire, de où est-ce que vous arrivez. Le maire, il a le super pouvoir de te foutre la paix. Sauf s'il y a un voisin qui vient râler.
- Speaker #2
Les élus, ça bouge tous les 6 ans, mais les populations, ça reste. Donc la priorité, c'est vraiment le voisinage, travailler son lien au voisinage. Quand on est intégré à ce tissu-là, on est imbougeable.
- Speaker #3
Dans cette deuxième partie, on aborde la suite des arguments pour promouvoir l'habitat léger autour de vous, et notamment auprès des décideurs politiques. Des étapes clés à mettre en œuvre quand on s'installe dans une commune, on verra aussi comment se mettre en lien avec d'autres personnes qui luttent pour s'installer sur des terres pour une longue durée, et on terminera avec Lola, salariée chez Terre de Liens Bretagne, qui présentera un projet pilote de hameau d'habitat léger agricole. Je m'appelle Opaline et j'anime le podcast Agroécologie Voyageuse pour mettre en lumière celles et ceux qui régénèrent la terre. Mon objectif est que mon travail soit financé à 50% par vous et 50% par des organisations pour qui je réalise ces reportages. Aujourd'hui, avec 28 donateurs et donatrices réguliers, j'en suis à 25%. Si ce reportage vous plaît, demandez-vous si un don ponctuel, même 5, 10 ou 20 euros, ou régulier, un engagement sur 6 mois ou 1 an par exemple serait envisageable pour vous toutes les infos sont dans la description de l'épisode merci et belle écoute
- Speaker #1
La stratégie c'est faire nombre, en fait, et durer. C'est-à-dire qu'il faut qu'on soit nombreux à s'installer comme ça, et nombreuses, à vivre comme ça. Il ne faut pas hésiter à assumer le... côté politique parce qu'il y a un endroit où un habitat léger peut être vraiment très subversif. C'est très subversif d'habiter dans une yurte, d'habiter dans une cabane, d'avoir su s'affranchir des logements. loyers, des emprunts, de développer cet art de vivre, cette sobriété qui s'impose un peu à vous quand vous êtes dans un petit habitat. Vous vous chauffez avec trois poignées de bois, vous avez des tout petits besoins, vous avez vos toilettes sèches, enfin voilà, il y a une pride de l'habitat léger. 25 ans en arrière, le budget qu'on consacrait par famille au logement a doublé. Merci. C'est dans un silence comme ça, médiatique, un silence... Et c'est ça qui fait que maintenant, pour se loger, il y a 25 ans, un couple avec un ou deux enfants qui veut s'acheter une petite baraque, s'il y en a un seul des deux qui bosse, ça va, tu peux t'opper un emprunt, tu trouves une maison à 100 000, elle est habitable. Aujourd'hui, si tu n'as pas les deux qui bossent, tu ne peux pas obtenir d'emprunt. Tu ne peux pas trouver à te loger. Et selon le territoire, bah... C'est rendu à des prix, il y a des pays là, tu ne trouves rien à moins de 400 000 euros. Quand tu débutes dans la vie, si en plus tu choisis une filière qui n'est pas une filière de faire des gros CAE, tu fais pousser ta trois abeilles, deux plantes aromatiques et une butte de permaculture, je veux dire, tu ne vas pas rembourser un emprunt à 300 000. Donc, il y a tout. Il y a ce truc-là qui s'est passé au début des années 2000. Et voilà, c'est le marché... Et aucune politique, aucun politique n'a de réponse. Personne n'en parle. On en parle un peu dans les villes. On essaye un peu de contrôler les parcs résidentiels, Airbnb. Quand même, ça pousse les gens en dehors des centres-villes. On essaye de contrôler les loyers et tout. Dans des villes, mais dans les campagnes, c'est le marché. qui est tout puissant, qui va dire oh bah là si les gens ont l'argent pour acheter si les gens ont l'argent pour acheter tant mieux et c'est un sujet très clivant parce que voilà en fait tous les gens qui sont déjà propriétaires qui ont acheté 100 000 qui revendent 200 000 sans avoir fait de travaux ils ne voient pas le problème en fait mais les nouvelles générations qui arrivent elles se disent bah donc si t'as maman papa ceux qui peuvent mais après donc l'habitat léger arrive et l'habitat léger porte ce truc t'es à l'abri de la pluie, du vent du froid, mais t'es aussi à l'abri du capitalisme de ce truc qui te touche de manière si intime de devoir balancer par la fenêtre, un tiers la moitié de ton revenu quand t'es locataire ou tant d'été de dormir avec ton banquier tous les soirs On est encore ensemble pour 20 ans. Et tu vois... Tu vois...
- Speaker #2
Bon, qu'est-ce qu'on dit ?
- Speaker #1
Vous devriez faire un sketch.
- Speaker #2
Qu'est-ce qu'on dit, celui-là ?
- Speaker #4
C'est déjà un sketch. Tout à l'heure, vous parlez de solidarité paysanne. Hier, j'étais à la table ronde sur le foncier. Et tu parlais de désobéissance fertile. Toi, tu as la fédé. Je me demandais comment est-ce que... Moi, aujourd'hui, je ne suis pas en habitant réversible. Je suis en camion. Enfin, je ne sais pas. C'est citier. Mais bon, je lui dis, c'est comme à terme, m'installer quelque part. Comment est-ce qu'on fait si on veut être en lien avec d'autres personnes qui peuvent être dans des situations de dissémination ou tout ? Tu parlais d'un jugement dans un mois.
- Speaker #2
Ouais, ouais. Merci. En fait, on est en train de finaliser la création d'une plateforme pour aider les gens qui ont besoin d'aide les uns avec les autres. en lien aussi entre eux de façon décentralisée. Donc pour le moment la plateforme est en train d'être créée, c'est CDHL pour Collectif de Défense de l'Habitat Léger, donc les quatre lettres cdhl.désobéissancefertile.com et c'est une plateforme où on peut à la fois référencer sa situation, avoir de soutien pour ses procès, mobiliser, à la fois de la montée en compétences, on est en train de faire un truc exécrable mais ô combien précieux, c'est qu'on a développé un un outil d'intelligence artificielle juridique. On lui a mis plein de... livre à manger pour qu'il aide les gens dans les questions là on n'a pas de thunes pour avoir un truc bah oui incohérence pardon tu vois mais par contre ça va aider quoi et voilà et donc c'est vraiment l'idée de mise en lien ça c'est vraiment dans le cas où on est en difficulté d'habitat léger c'est consacré à cela spécifiquement nous sur désobéissancefertile.com il y a une plateforme où c'est aussi une mise en lien et c'est là si tu veux mettre à disposition à terrain, machin, rien de tout ça. un truc un peu plus mousse. Il y a des cartes aussi, parce que tu demandes la mise en lien, comment elle se fait. Amolégé a mis une carte aussi, il y a des années de cela, sur les communes facilitantes, favorisantes aussi l'installation. Et donc voilà, il y a ces cartes-là où selon la sensibilité, où tu veux aller, où tu veux en venir, tu peux interagir par ces biais-là. Ok. Ça répond à la question.
- Speaker #4
Et ça, ça prend en compte l'action de désexistance civile potentiellement ?
- Speaker #2
Bah oui, après libre à toi de mettre l'annonce que tu souhaites ou rejoindre les mobilisations auxquelles tu es sensible,
- Speaker #1
tu vois.
- Speaker #2
Viens en procès le 1er juillet.
- Speaker #1
Le principe c'est de ne pas rester... isolé tu vois si tu t'installes c'est super tu es bien up tu es toléré ça dure tu vois tu seras tranquille dix ans et quinze ans on se revoit jamais c'est pas grave mais s'il y a la moindre galère le moindre courrier faut pas rester isolé il y a des assos il y a des hotlines peut-être un robot qui va répondre à tes questions mais il y a des humains qui répondent au téléphone et on est vraiment là pour ça parce que c'est important à plusieurs titres c'est important pour toi et c'est important pour les autres parce que si tu t'enquilles dans un procès et que tu perds ça peut faire jurer prudence et ça peut faire chier donc il faut être en réseau localement c'est bien un petit groupe Habitat Léger dans une région ça c'est un moment marche très bien c'est très très bien tu te mets à plusieurs t'es pas tout seul avec ton petit projet t'es plusieurs usagers peut-être un fabricant peut-être un associatif qui vient qui se déplace Et tu mets les élus autour de la table. Tu fais un groupe local de défense, tu animes une petite soirée, tu dis, bah ouais, tiens, on met le sujet sur le tapis. Ah tiens, qu'est-ce que vous faites pour le logement des agris, tu vois ? Est-ce que vous connaissez l'habitat léger ? Est-ce que... Et voilà, des élus à l'urbanisme qui sont là, c'est leur métier, quoi. Et d'être à l'écoute. Et ils seront d'autant plus à l'écoute qu'on est organisés, qu'ils ont affaire à un groupe et pas à un individu.
- Speaker #2
Oui et, invitation à créer des espaces lors des journées nationales de l'habitat léger pour créer de la rencontre avec les élus, des PNR de la DDT, des communes des usagers, aller multiplier ces rencontres comme ça, il y a une super journée nationale de l'habitat léger l'année dernière, c'est Plessé qui a organisé ça, mais magnifique ils ont fait un tour opérateur il y avait une vingtaine d'événements mais c'est trop stylé de faire ces choses là parce que c'est là où on ouvre beaucoup dans l'imagerie populaire et ça peut décloisonner pas mal de portes ce genre d'événement. qu'elle est sur les journées du patrimoine. C'est vraiment aller amener à créer des espaces facilitant le dialogue. Donc c'est en septembre, ça. On a beaucoup parlé, Guigui. Il nous reste 25 minutes. Donc peut-être qu'on peut laisser de l'espace.
- Speaker #5
J'avais une petite question sur... Vous l'avez abordé un peu tout du long. Mais un peu concrètement, c'est quoi la stratégie quand on arrive dans une commune, par exemple, qu'on ne connaît pas forcément ? Parce que personnellement, je ne suis pas enfant d'un agriculteur, du coup, je n'ai pas d'endroit particulier où m'installer. Comment on arrive dans un endroit ? Si on se dit, je massage, je me mets en aléas léger, est-ce que c'est ça qu'on fait en premier ? Est-ce qu'on va voir la mairie ? Est-ce qu'on discute un peu autour ?
- Speaker #2
Moi, je ne sais pas pour toi, mais j'adore cette question.
- Speaker #1
Moi,
- Speaker #2
je suis bien. On va y répondre ensemble, t'inquiète.
- Speaker #1
Tu veux commencer ?
- Speaker #2
Non,
- Speaker #1
il y a un premier truc à prendre en compte, c'est le THC. Le THC. C'est le taux d'humilité campagnarde que vous avez.
- Speaker #2
On va commencer avec ça.
- Speaker #1
C'est-à-dire que c'est la proportion de... de votre vie que vous avez passé à la campagne ? T'as passé 10% de ta vie t'es allé en vacances à la campagne ou 100% parce que t'as grandi à la campagne t'as jamais foutu des pieds dans une ville et donc en fonction de ce taux, vous allez avoir une compréhension du territoire où est-ce que vous arrivez qu'est-ce qui se passe déjà sur place est-ce que vous êtes en Vendée ou c'est église famille, tradition moi agriculture intensive où la vie des bio-bio là-bas elle est difficile, ils sont isolés où est-ce que vous êtes en Dordogne c'est le paradis du bio-bio t'as des fraises, t'as des champignons, t'as des châtaignes t'as des durs qui poudrent dans tous les coins des micro-projets agricoles des permets de culture, je sais pas quoi dans quel territoire vous êtes quoi ? et quel est, après bon agriculturellement déjà est-ce que vous arrivez, que vous vous êtes retrouvé avec des ruches coincées entre deux agrées intensives ou est-ce qu'il y a de la place que le... Comment est le réseau ? La fibre du réseau local, quelle texture elle a ? Est-ce qu'il y a un bar associatif ? Est-ce qu'il y a déjà du monde ? Est-ce qu'il y a un civam ? Est-ce que vous avez des copains ? Est-ce que vous avez de la famille ? Est-ce que vous êtes un enfant du pays ? Si vous êtes un enfant du pays, vous avez une carte.
- Speaker #5
Une carte supplémentaire.
- Speaker #1
Oui, vous avez un atout comme ça. Ah bah lui, ça c'est le fils à machin. En fait, on n'a rien à foutre de comment tu t'es installé, c'est le fils à machin. On le connaît, tu vois. Et si vous êtes... pas d'ici du tout et que le pays est un peu comme ça... Vous allez mettre longtemps... Vous allez mettre longtemps... Enfin voilà, il y a toute cette intelligence du territoire à... Une fois trouvé, voilà, une fois fait ça, se renseigner sur le passif avec l'habitat léger, est-ce qu'il y a déjà des histoires, et puis après, s'installer, dire bonjour aux voisins, payer des impôts, essayer de payer des impôts avec son habitat léger. c'est une démarche assez difficile les taxes d'ordres de l'hier ménagère,
- Speaker #2
les taxes poubelles qui reviennent à l'intercommunalité ces choses comme ça, aller se présenter au postier pour montrer sa boîte aux lettres aux voisins en fait quand on se pose la stratégie pour accompagner ce que dit Guillaume c'est aller comprendre l'écosystème, quels sont les besoins comment y rentrer, comment s'y inclure et d'abord nous mettre au service des besoins existants C'est-à-dire peut-être que... il y a des besoins associatifs pour refaire vivre un peu culturellement la vie de village qui a perdu parce qu'il n'y a plus personne au comité des fêtes, aller s'investir même si on n'a pas envie de s'occuper du loto mais aller un peu au comité des fêtes aller se rapprocher aussi des associations présentes parce qu'on sait très bien que les associations ont besoin d'aide elles n'ont pas de moyens suffisamment financiers c'est des moyens humains dont on a besoin et ainsi connecter avec les uns et les autres ah ouais Ok, et bien lui, c'est lui qui a le terrain, ce que tu veux avoir, je peux te mettre en contact avec lui. Et c'est vraiment au début, c'est dans les marchés qu'on fait ça souvent, qu'on voit, on discute avec les producteurs, dans les fêtes de village, les balles, ce genre de choses, on interagit comme ça, et voir un peu les alliés aussi qu'on peut commencer à mettre en place, qui ont déjà constitué le réseau et auquel on peut s'agglomérer en répondant à leurs besoins. Et en fait, sentant cela, c'est un vecteur d'intégration. Express quoi, qui amène derrière une autoroute de facilitation d'installation quand c'est bien fait, ce qui n'est pas mon cas. Parce que nous quand on arrive, sans tout ramener à nous, mais c'est comme on médiatise nationalement en fait, bah en fait ça crée beaucoup de crispations, tensions et tout ça. Donc on peut pas faire ça, mais c'est vraiment, et on le voit à chaque fois que les gens ont mis ça en place, mais c'est génial. Donc c'est faire un peu d'au début, peut-être pas s'installer directement. Prendre le temps de jauger les territoires où on veut aller, le sentir, faire du woofing, participer à des chantiers, voilà. Prendre un... rencontrer les gens.
- Speaker #1
Passer son permis de chasse et rejoindre l'association locale de chasse.
- Speaker #2
Ouais c'est vrai ? Non c'est vrai. Sans chasser ? Non mais sans chasser ?
- Speaker #6
Non mais ça après... J'ai des potes, des colos... Ouais ? Mais moi j'ai mon permis de chasse. ...hier en écolo.
- Speaker #2
On est plein à l'avoir passé. Et aller se promener, discuter avec eux, on est plein. Mais bien sûr, évidemment, ça fait partie des stratégies. Clairement. Donc voilà. Je ne sais pas...
- Speaker #4
Non, pas tout de suite, n'évite de le faire
- Speaker #1
Même pas dans un deuxième temps Dans un troisième ou quatrième temps Une fois que tout est en place Et que tu as ton petit teint Tu t'installes, tu fais ton Ton prêt travail De pistage du territoire Tu montes le tournoi d'exploit.
- Speaker #2
Café hier Paloma justement pour partir par la proche. Tu t'installes,
- Speaker #1
tu vas voir les voisins, ça c'est hyper important juste après de t'être installé. Parce que quand t'arrives en plus que tu peux avoir une différence, que peut-être t'es pas d'ici et que tu portes une différence. sur toi, t'es pas habillé pareil t'as pas de truc et en fait quand c'est comme ça pour les voisins qui ne comprennent pas dans quelle boîte te mettre, tu es un écran noir sur lequel ils vont projeter tout leur fantasme Donc, pour désamorcer ça, ils peuvent se faire des gros films. Tu vois, juste... En fait, tu vas aller voir, bonjour, j'ai cueilli des cerises, j'ai fait un gâteau, bonjour. Et là, tu déballonnes un truc, parce que le premier, le maire, il a le super pouvoir de te foutre la paix, de vous tolérer, sauf s'il y a un voisin qui vient râler. S'il n'a pas de plainte ?
- Speaker #2
Et là-dessus, pour abonder, il y a un adage qui dit, et pardon pour les élus, les élus, ça bouge tous les six ans, mais les populations, ça reste. Donc la priorité, c'est vraiment le voisinage, travailler son lien au voisinage. Aller le tisser, lui, un max. Parce que quand on est intégré à ce tissu-là... On est imbougeable.
- Speaker #1
Et après ?
- Speaker #2
Et je le dis en faisant avec le cœur, pas en mode... c'est un calcul, mais... Mais voilà, c'est sincère la démarche, tu vois, d'intégration. Mais en tout cas, il y a cet aspect-là qui est hyper important.
- Speaker #1
Et après, le temps va jouer pour vous. C'est-à-dire que, voilà, vous avez... Vous allez vous fondre dans le paysage, les gens vont s'habituer à vous, et là vous avez déjà gagné presque la partie. Après, qu'est-ce qu'on risque ? S'il y a un changement de maire, si la préfecture se met à faire du foin, vous êtes implanté, vous avez le maraîchage ou l'apiculture qui tourne, vous êtes présent au marché, quel mouvement de bineau c'est ?
- Speaker #2
Il y a d'autres questions ? Quand on s'installe, qu'on ne demande pas d'autorisation, qu'on vit tranquillement. Au bout de 6 ans, si la préfecture ou la mairie se manifeste, elle peut demander qu'est-ce que vous faites, nani, régularisation, nani, nana. Sauf qu'au bout de 6 ans, il y a un premier droit qu'il est possible de revendiquer, un premier droit de prescription, qui consiste à signifier qu'en fait, on ne peut pas juger la chose au niveau pénal, comme c'est le cas pour nous. Donc, une forme de criminalisation de l'habitat, qui peut faire peur à beaucoup de gens, légitimement. Et c'est simplement par le temps. biais du tribunal administratif, donc de procédure administrative de régularisation que ça va se mettre en place. Donc ça veut dire déjà qu'il y a un effort nécessaire qui va être obligé de faire pour permettre la pérennisation de cette installation-là. Passer 10 ans, donc une fois 10 ans sur place sans avoir eu de problème, eh bien, on considère la construction comme cadastrée. Donc vous pouvez demander. L'intervention, et bien c'est là où la chose est intéressante. C'est que c'est la charge, la charge, elle est à l'accusation. La charge de la preuve est à l'accusation. De prouver que vous n'avez pas la prescription. Et nous on a gagné un procès historique comme ça il y a trois ans. Parce qu'ils étaient incapables de prouver que nous n'avions pas la prescription sur les habitats. Et la juge a donné raison. Toutes les cabanes. Mais c'est incroyable. Et ça c'est important de le savoir aussi. Bebann. parce qu'on le défend, on a des avocats avec nous, ils savent appuyer sur le bouton. Après, on rentre dans cette stratégie de réflexion. Et c'est trop bien parce que là, on va aller en procès, on a une équipe juridique qui s'est montée avec des copains, des copines, des juristes, des avocats. Déjà, on s'éclate. On a passé le meilleur nouvel an de l'année.
- Speaker #1
On y prend goût.
- Speaker #2
On se régale. C'est un festin. C'est-à-dire trois jours de séminaire, on fait la teuf le soir et tout, on donne tout. On refait ça au mois de juin, dans deux semaines chez nous. Et surtout, quelle intelligence. j'ai jamais vu autant d'intelligence collective ensemble dans un même espace, des gens aussi brillants qui oeuvrent tous dans une même direction mais toutes les pistes que l'on a c'est extraordinaire on se gave de ce savoir donc voilà c'est tellement riche franchement je vous souhaite d'aller en procès pour vos avis c'est
- Speaker #1
un kiff monumental c'est un kiff monumental appelez nous surtout avant que vous y preniez goût et que ce soit un truc marrant ah bah tiens cette année j'aimerais bien avoir un procès je m'en mets Je m'ennuie.
- Speaker #2
Moi je fais le 12 ou le 13ème je crois celui-ci, en 4 ans.
- Speaker #1
Pour des choses et d'autres.
- Speaker #2
Avec la juge, la troisième fois. On se connaît maintenant. On le regarde, on se fait un petit clin d'œil. C'est vrai, c'est véridique. On est rentrés dans la salle d'audience en janvier, elle m'a regardé comme ça, avec un sourire en coin. Encore vous ? Elle m'a jugé sur l'IEF. Elle m'a jugé sur un droit de passage contesté par la servitude. Et là, elle retourne pour l'habitat léger. Tout à l'heure,
- Speaker #7
vous avez parlé de cadres... créé avec le Milo et je n'ai pas compris si c'était le cadre de Dijon et de la zone communale de Montilla ou si c'était un autre.
- Speaker #1
C'est le principe d'écrire une charte, une charte locale. Donc il y a un modèle sur le site que chaque commune peut se réapproprier. Mais dans le principe, c'est un donnant-donnant d'engagement de la part des gens qui s'installent, d'engagement de réversibilité, d'installation, de remise en état, de tout. Et du côté de la mairie, il y a un engagement de... Non, un cadre... Vous avez parlé d'un cadre qui est signé de zone urbaine.
- Speaker #2
Il y avait la zone écologie communale qui est un travail qui a été... Il y a trois choses différentes dont on a parlé. Il y a la charte, effectivement, qu'on peut se procurer. Il y a la zone écologie communale qui a été travaillée par le quartier des Lentillers à Dijon. Ou si tu vas regarder, tu tapes ça sur internet, tu as une... riche documentation qui a été produite sur le sujet.
- Speaker #7
Ça, ça a été déjà reproduit par des communes ? Non, pas encore.
- Speaker #2
C'est ça sur lequel nous, on veut travailler justement avec les élus en proposition de loi. C'est un troisième aspect qui a été travaillé à l'intercommunalité, qui a été mis en ligne il y a dix jours, deux semaines, sur Maxime Crépeau, sur Facebook, l'atelier du Dôme, qui raconte qu'ils ont créé un zonage en dehors de Stécal et tout ça, par eux-mêmes. C'est fabuleux. c'est pas lui qui l'a créé il est tombé sur une commune et il a découvert ah putain ils ont fait un zonage c'est ça le troisième aspect il nous a envoyé les infos par mail on a les 80 pages du document d'urbanisme donc on peut les transférer si tu veux si tu nous envoies un mail on te les renvoie et globalement on l'a pas dit du tout mais moi je vois ça y est de plus en plus maintenant dans les renouvellements de PLU des zonages favorisant, nous chez nous en Dordogne c'est en train d'exploser là Ah ouais ? Ah, déjà, ils ont donné du stécal, un autre... qu'on y en a aussi, depuis un an, c'est en train de prendre enfin l'espace que ça devrait prendre depuis 12 ans. Peut-être que la gestation est un peu longue dans la tête des élus et dans la mise en place administrative que ça requiert, mais qu'il y a une maturation en cours d'élaboration qui est en train de se faire, là aussi lentement, là-dessus, avec une sensibilité d'élus communaux de plus en plus grandissante pour accueillir ce... Ces modalités d'installation, ces types d'habitation, comprenant le dynamisme que ça apporte, ça on le sent aussi très fortement dans les communes rurales.
- Speaker #1
Tôt ou tard, on va gagner, il faut juste être présent pour ne pas qu'on nous mette des conditions merdiques. Moi, je pense qu'une manière d'avoir la main sur les conditions,
- Speaker #7
c'est d'infiltrer les listes communales. C'est une manière de faire.
- Speaker #1
Tout à fait. Bravo.
- Speaker #2
Et de rentrer une fois élu aussi, parce qu'une fois que tu es élu, si tu es une vraie liste citoyenne, tu redonnes le pouvoir. au centre. Donc tu t'impliques dans le process démocratique étirant. Ce que fait Fréquences Communes c'est phénoménal et il y a 170 listes citoyennes élues donc autant de communes participatives que nous avons en France qui est trois fois plus qu'en 2020 et il y a moult choses à entreprendre de ce point de vue là.
- Speaker #3
Pour terminer, je vous propose d'écouter Lola, salariée de Terre de Liens-Bretagne. Elle accompagne des collectivités, des bénévoles sur la question d'installation-transmission et intervient aussi auprès des publics scolaires sur la question du foncier. Elle est investie aussi sur la question du logement paysan et notamment dans un projet pilote de hameau léger paysan. Elle-même vit une partie de ces questionnements dans son quotidien puisqu'elle habite dans un habitat léger.
- Speaker #0
Depuis mon arrivée à Terre de Liens il y a à peu près quatre ans, j'ai pu observer des projets d'installation qui ne se faisaient pas à cause de la question du logement. Et donc Terre de Liens et Impact 35, qui est un regroupement de plusieurs associations agricoles d'Ille-et-Vilaine, avait porté un problème projet sur la question du logement paysan déjà en 2024, avec Corentin Martini qui était stagiaire et qui a fait une étude là-dessus, qui a permis de poser un peu les bases en concernant les besoins et les difficultés qui étaient rencontrées. Et donc, ça a été ensuite le CIVAM 35 IT, qui est une structure qui fait de l'accompagnement aussi à l'installation, qui a poursuivi le travail avec Rennes Métropole sur vraiment l'identification plus précise sur les porteurs de projets et dans quels étaient leurs besoins en termes de logement et quels étaient les freins à leur appropriation des différents types de logements qui pouvaient exister, comme le logement social, le logement intermédiaire. ou de l'habitat léger. Qu'est-ce qui les intéresse et pourquoi ils n'arrivent pas à atteindre ça. Dans cette étude-là notamment, mais aussi dans celle de Corentin, la question de l'habitat léger a à chaque fois été soulevée. On peut se rendre compte de toute façon en regardant les fermes installées en Bretagne dans le réseau Terre de Liens que l'habitat léger est en fait extrêmement présent. Avec la foncière Terre de Liens cette année, il y a eu une étude de fait sur l'habitat léger en Bretagne. Il y a un tiers des fermes de Terre de Lien où il y a de l'habitat léger. Que ce soit de l'habitat léger pour une résidence temporaire ou permanente. Sauf que ce ne sont pas des habitats qui sont légalisés, et donc il y a une vraie précarité très forte liée à la possibilité de devoir démonter son habitat à la moindre dénonciation. Ça me paraît pourtant, l'habitat léger, une solution intéressante à explorer, parce que... adaptable, elle répond à plusieurs enjeux. Il y a l'enjeu de la non-artificialisation des sols, il y a l'enjeu de l'adaptation d'une ferme à plusieurs types de publics, parce qu'on se rend compte aussi que les fermes se transmettent, ce n'est pas un projet d'une vie entière de 40 ans de carrière de travailler dans une ferme. Les gens qui s'installent sont à deux tiers des personnes non issues du milieu agricole, et ce sont des personnes qui ont des parcours assez variés. et qui vont s'installer sur des fermes, mais pour peut-être 10 ans, 15 ans. Et donc, du coup, les transmissions vont s'accélérer entre un projet et un autre. Et les formes d'installation sont extrêmement variées. On n'est plus dans un schéma où c'est les enfants qui reprennent la ferme des parents. Et du coup, le foyer reste, les parents restent dans la maison avec les enfants et les petits-enfants. Et là, il y a des gens qui s'installent en couple. des gens qui s'installent seuls, des gens qui s'installent avec des enfants et des gens qui s'installent en collectif. Et ils ont donc des besoins de logement très variés sur des durées assez courtes. Donc l'idée, ce n'est pas de construire des logements pour les huit associés qui vont s'installer, sachant que dans dix ans, peut-être la ferme n'aura plus ce visage-là, mais de permettre quelque chose qui s'adapte et qui peut accompagner ces évolutions. Le logement, évidemment, est aussi une situation... extrêmement compliquées, et notamment en Bretagne, parce que le marché locatif est saturé, que l'accès à la propriété est compliqué, et que du coup, on ne peut pas déléguer cette problématique à l'extérieur de la ferme à chaque fois. Certaines personnes peuvent se loger en dehors des fermes, mais ce n'est pas forcément possible partout, ni pour tout le monde. Et l'installation, c'est un moment où il y a énormément de frais à sortir, d'argent à aller trouver. D'aller chercher en plus, en dehors de la ferme, une maison à acheter, c'est souvent impossible. Donc voilà, l'habitat réversible est aussi une solution économe. Il y a des solutions pour légaliser l'habitat réversible, soit par jurisprudence, de personnes qui en fait ont enfreint la loi et vont aller en justice pour défendre leurs projets et vont se retrouver. La justice va les autoriser, donc ça ne sera pas une autorisation d'urbanisme, mais ça sera une autorisation de justice. Et sinon, il y a la possibilité de faire une demande de stécale, puisque sur une zone agricole, on ne peut pas construire des logements, sauf... s'il y a un stécal qui est demandé. Il y a une catégorie de stécal pour l'habitat réversible. C'est un projet qui doit être porté par la commune ou la communauté de communes, donc il faut avoir un fort soutien politique, qui doit être validé par le préfet, qui doit être vu par la DRAF, qui doit faire l'objet d'une consultation publique et qui doit être ensuite intégré au PLU. Donc il faut attendre une révision du PLU, ce qui fait que c'est un parcours du combattant. Il y a quelques rares exemples de personnes qui ont réussi à aboutir à ça, mais ça prend des années, il faut avoir des capacités administratives poussées et il y a aussi eu des projets de déboutés, donc on leur a refusé leur stécale. Aujourd'hui, il n'y a pas de solution simple pour sécuriser ces installations. On a fait une demande de financement dans un casse-d'art, c'est un financement européen, avec 15 structures qui sont du monde du logement social, de l'habitat léger et de l'éco-rénovation. Donc on a un projet qui va être multiple et avec plein d'actions, dans lequel nous, à Terre de Liens-Bretagne, on porte une étude sur l'habitat léger paysan. Et donc là, je travaille en ce moment là-dessus sur... essayer de faire le point sur tout ce que j'ai appris sur ce sujet et potentiellement ouvrir à une forme de plaidoyer. Et en parallèle, AmoLéger porte un appel à projet avec une proposition d'accompagnement d'un ou de plusieurs collectifs pour la mise en place d'habitats légers légalisés. En septembre 2026, il y a l'appel à projet qui se clôt et les collectifs qui seront sélectionnés. On devra... voir, c'est surtout eux qui vont porter cet aspect-là, mais essayer d'identifier ce qui sera la meilleure solution pour eux et comment les accompagner, a priori, sur un stécal pour légaliser l'habitat léger sur leur ferme. Ça va être un accompagnement plutôt urbaniste, juridique, administratif. Il ne faut pas hésiter à nous contacter s'il y a des personnes intéressées pour suivre le projet. Parce qu'on va avoir cet accompagnement-là, on va en apprendre des choses. En 2028, il y a un temps dédié à la capitalisation sur cet accompagnement pour essayer de transmettre, d'organiser des formations, de faire une vidéo. Donc, s'il y a des gens qui sont intéressés, on pourra leur transmettre tout ce qu'on arrive à apprendre sur le sujet. L'habitat léger est perçu de manière assez stigmatisée. Et je pense qu'il y a un vrai intérêt à montrer aux gens que si c'est légalisé, ça peut être confortable. Parce qu'on peut se projeter et on peut construire quelque chose de pérenne. Et dans ce cas-là, ça peut avoir un confort similaire ou même supérieur à un logement classique. Et ça, je trouve que c'est vraiment super important que les gens s'en rendent compte. parce que l'habitat léger peut être une vraie solution.
- Speaker #1
Lola a souhaité compléter cet enregistrement en abordant une question dont personne ne parle, celle du logement de celles et ceux qui transmettent leur ferme, qu'on appelle en général « cédant » et qu'elle préfère nommer « transmetteur » ou « transmettrice » , car ce mot intègre le fait que quand on laisse sa ferme à une personne, un groupe, énormément de choses peuvent être transmises. en matériel et en immatériel. Lola m'explique que 65% des terres sont en fermage. Finalement, peu de gens sont propriétaires de leurs terres. Il y a donc un enjeu pour les transmetteurs et transmettrices à capitaliser. S'ils n'ont pas suffisamment capitalisé et ont une trop petite retraite, ce qui est souvent le cas, ils ont tendance, et aussi parce qu'ils ont du mal à quitter la ferme, la charge émotionnelle étant très forte, Ils ont tendance à vouloir rester dans leur logement. Et donc, ces fermes ont tendance à partir à l'agrandissement parce que peu de personnes souhaitant s'installer ont envie d'acheter une ferme où les anciens gérants sont encore là et où le logement est occupé par eux. L'accompagnement au relogement des transmetteurs est donc un sujet énorme qui doit vraiment s'anticiper. Les Journées Nationales de l'Habitat Léger ont lieu tous les ans en septembre. Cette année, elles ont lieu les 26 et 27 septembre 2026. Vous pouvez retrouver la carte des événements sur le site de la Fédération de l'habitat réversible. Je vous ai mis les liens en description de l'épisode. J'espère que ce reportage vous aura informé et nourri pour mettre en mouvement votre corps et votre âme vers la régénération du vivant par l'agroécologie. Et avant de passer à une autre occupation, Je vous invite à prendre un petit temps pour intégrer les messages clés avec lesquels vous repartez de cette écoute. Je vous propose de le faire avec quelques cycles de respiration. On va faire 5 temps à l'inspire et 5 temps à l'expire. C'est parti ! Inspire, 2, 3, 4, 5, expire, 2, 3, 4, 5, inspire, 2, 3, 4, 5, expire, 2, 3, 4, 5, inspire, 2, 3, 4, 5, expire. 2, 3, 4, 5. Alors, comment vous sentez-vous ? Prenez le temps de noter les 3 apprentissages clés avec lesquels vous repartez suite à l'écoute de ce reportage. S'il vous a plu, je serais très heureuse d'avoir vos retours via un commentaire sur Spotify ou Youtube. Et pour aider à la diffusion de ce podcast, vous pouvez mettre 5 étoiles sur votre plateforme d'écoute préférée. Ou encore, envoyez cet épisode à trois personnes qui pourraient se nourrir de cette écoute. Le podcast Agroécologie Voyageuse est indépendant. Vous pouvez soutenir les prochains épisodes en faisant un don sur le lien Tipeee en description de l'épisode. A bientôt, et pensez à mettre les mains dans la terre régulièrement. Elle en a besoin, et vous aussi.