- Speaker #0
La poule rousse, il faut la voir comme une formule 1. C'est la poule qui optimise l'aliment pour pondre un oeuf. C'est-à-dire que tout ce qu'elle mange va dans l'oeuf. Elle ne gaspille rien et tout ça. Et ça, ça a été élevé au rang de standard. Sauf que nous, éleveurs, si on veut... Pour atteindre ce niveau de ponte, il faut tout un labo de recherche, il faut des grands-parentaux pour faire la repro, c'est inatteignable. Et donc du coup, quand on fait sa reproduction, on augmente un truc qui s'appelle l'indice de consommation. On regarde combien l'animal mange pour faire un kilo d'œufs. Cet indice de consommation sur la poule rousse indusse, Donc élevée en bâtiment où tout est contrôlé avec un aliment qui correspond exactement à la ration dont elle a besoin, et bien on est à 2. Donc elle mange 2 kilos de farine pour faire 1 kilo d'œuf. En poules rousses bio en mode indus, on est à 2,7. Et nous, du coup, on a des poulaillers, moi je calcule ça, donc je sais exactement combien de poules, je sais exactement combien elles mangent. On a eu certains lots où on était au-delà de 5, ce qui est vraiment trop en fait. Et là, avec celle-là, on est plus autour de 3, 3,5, ce qui est vraiment très bien. Après, ça inclut aussi des coques à chaque fois, puisqu'on a à peu près un coque pour 10 poules, 15 poules. Ce calcul, il est important parce que quand on achète son aliment et qu'on vend son œuf, si on ne vend pas son œuf à un prix en-dessus du prix normal, on perd de l'argent. De pouvoir faire l'aliment de nos poules, parce que ça nous permet de nous réapproprier la reproduction de nos poules. Et en fait, la repro... Nous on le fait parce qu'on le fait pour les vaches, tout le monde le fait pour les brebis, pour les chèvres, et on se dit mais comment ça se fait que les poules, personne ne le fasse quoi.
- Speaker #1
Dans les trois épisodes qui suivent, je vous propose de vous plonger dans la visite de l'élevage de poules de la ferme du Grand Laval, que j'ai enregistrée en juin dernier lors des rencontres Réensauvager la ferme. Vous allez embarquer pour 1h30 de visite avec Elsa Gartner. gardienne de 120 poules qui naissent à la ferme et sont nourries avec un aliment 100% produit sur place. 120 poules, c'est un élevage à taille humaine qui permet de nourrir les gens et générer un revenu digne pour les paysannes et paysans. Aujourd'hui, les élevages bio de France comptent en moyenne 10 000 poules et représentent 20% de la production d'œufs en France. Dans la première partie, on abordera Comment produire à la ferme 100% de l'aliment des poules de manière agroécologique et pour une ponte optimale ? Comment intégrer au mieux les poules au pâturage, notamment en association avec les brebis, pour un équilibre entre production d'œufs, bien-être et préservation de la diversité de faunes et de flores sauvages ? Vous découvrirez aussi la constitution du verger agroforestier de la ferme et son lien avec les élevages. Dans les autres épisodes, Elsa explique les choix de races, Le choix de faire naître les poules à la ferme et les étapes, les détails de la courbe de ponte et les choix de la ferme à ce sujet, pourquoi faire du pâturage tournant dynamique, comment gérer techniquement le poulailler mobile, électrification, protection contre les prédateurs, rythme, méthode et outils pour le déplacement du poulailler, la santé des poules et que se passe-t-il notamment en cas de grippe aviaire, comment Elsa met les oeufs en incubation, Pourquoi tester une diversité de races de poules, la bergerie de la ferme et les surprises des nichoirs qui ont été installés sur la façade ? Et pourquoi Elsa a décidé d'arrêter l'élevage de poules ? Je remercie Elsa de m'avoir donné son accord et sa confiance pour enregistrer la visite, en espérant que cela puisse changer votre regard sur les possibilités de l'élevage de poules et nourrir votre projet d'élevage, en agroécologie évidemment. Pour en savoir plus sur la ferme du Grand Laval, vous pouvez écouter les épisodes 79, 80, 81 et 113. Vous trouverez également quelques photos sur le site web de la ferme. Je vous ai mis le lien dans la description de l'épisode. Je m'appelle Opaline et j'anime le podcast Agroécologie Voyageuse pour mettre en lumière celles et ceux qui régénèrent la terre. Je dédie cet épisode à Manou, Anne-Laure et Julie qui ont permis d'en financer une partie grâce à leurs dons. Mon objectif est que mon travail soit financé à 50% par vous et 50% par des organisations pour qui je réalise ces reportages. Aujourd'hui, avec 32 donateurs et donatrices régulières, j'en suis à 25%. Si ce reportage vous plaît, demandez-vous si un don ponctuel, même 10€, ou régulier, un engagement sur 6 mois par exemple, serait envisageable pour vous. Toutes les infos sont dans la description de l'épisode. Merci et belle écoute à vous.
- Speaker #0
Donc là, comme je disais, c'est une visite un peu technique des poules. Et il y a un truc qui pour nous est essentiel dans le fait qu'on fasse des poules, c'est qu'on fasse notre aliment en fait. Pourquoi sont là les poules au départ ? C'est parce qu'on fait de l'huile de tournesol. Je fais là-bas parce que c'est là qu'on la vend dans le magasin. J'ouvrirai la boutique à 14h d'ailleurs, si jamais il y en a qui veulent faire des courses. Et du coup, quand on presse l'huile de tournesol, donc on prend 3 tonnes de graines de tournesol, on récupère 1000 litres d'huile et on récupère des tourteaux. Et les tourteaux, on les utilise pour les donner aux bêtes, enfin les brebis et les poules. Du coup, on a du tourteau. De tournesol, de caméline et de colza, parce qu'on fait aussi de la caméline avec les lentilles. Et donc c'est pour ça en fait que les poules elles sont là, c'est pour valoriser le tourteau. Et donc en plus de leur donner du tourteau, vous savez de quoi est constitué l'œuf principalement ? Alors ça c'est la coquille. Protéines. Protéines. Et donc, pour faire de la protéine, un animal, il a besoin de protéines. Et donc, du coup, vous essayez de faire des œufs à une poule avec juste du blé, ça ne marche pas. La poule, elle arrête de pondre. Et donc, nous, il faut qu'on amène de la protéine. Sauf qu'il est interdit d'amener de la protéine animale à des animaux d'élevage. C'est la loi qui l'interdit. Sauf maintenant, il y a des essais avec des mouches ou des larves et des verres de farine, par exemple. Et nous, on voit bien que les poules, c'est pas végétarien. Moi, je leur mets le compost, des fois, il y a du poulet dedans. Elles mangent tout ce qu'elles trouvent. Et s'il y a une souris qui passe, elles chopent la souris, etc. Sauf que du coup, elles sont quand même contraintes en termes de protéines. Et donc, nous, on leur amène des protéines végétales. Pour ça, on a testé pendant un an ou deux du soja. Mais c'est pas hyper intéressant parce que quand... Déjà le soja, il faut le chauffer pour qu'il soit digestible. Et ensuite, parce qu'il y a un anti-aliment, et surtout après ça fait un tourteau de soja qui est trop gras en fait. Donc c'est pas dans l'équilibre de l'alimentation de la poule, c'est pas ouf. Donc ça, cette année on s'est dit on arrête et on fait du poids protéagineux. Donc là il y a une parcelle de poids protéagineux. Alors en fait on a raté un peu le poids d'hiver, donc on a fait du poids de printemps. En général ça marche pas et cette année il est magnifique. et c'est celui qui est dans la parcelle. Là plus là bas, là vous êtes garé en fait, il y a une parcelle du pois, c'est hyper beau en plus comme plante. Et là il est très beau donc on se dit que ça sera suffisant pour la ration des poules. Et ensuite on donne de l'énergie, ça peut être du maïs qui fait un jaune très jaune. En général quand les jaunes sont très jaunes c'est le carotène qui est dans le maïs, il y a quelques grains là. On a aussi du tritical, celui-là on le fait en métaille, donc on fait une culture de tritical avec du pois et on a de la févrole, etc. dedans. Et on a essayé aussi le minier et en fait la question du maïs ou du minier, elle est intéressante parce qu'en fait on a le minier qui a des très faibles besoins en eau, mais qui a de très faibles rendements. Donc en gros c'est beaucoup de surface pour pas beaucoup de rendement, peu d'eau. Il y a le maïs, c'est tout l'inverse, c'est des gros gros rendements, c'est vraiment des rendements de malade le maïs, mais des gros gros besoins en eau sur des petites surfaces. Et en fait c'est là où on se dit, qu'est-ce qu'on privilégie, la surface ou l'eau ? Et là, on a fait pendant dix ans, on a fait avec du millet, et là depuis deux, trois ans, on fait du maïs, et en fait on fait un hectare de maïs, et qu'on n'irrigue pas autant que ce qu'on devrait. Et c'est là où on se dit... La théorie derrière tout ça, c'est de se dire, si on ne l'irrique pas à fond, en fait, il ne va pas aller chercher... En fait, les maïs, tels qu'ils sont faits à l'heure actuelle, c'est qu'on pousse à la performance la plante. On optimise tout pour que la plante ait des rendements de malade. Et donc, du coup, s'il y a un facteur limitant, tous les autres qu'on aura boostés, ils vont être perdus, entre guillemets. Et nous, on se dit, de toute façon, dans le sol, les ressources sont limitées. Et donc l'eau, si on ne l'apporte pas en quantité suffisante, puis il y a des stades où, genre le stade trois feuilles, paf, il faut être de l'eau. Et du coup, on se dit que si on n'apporte pas tout à fait la quantité d'eau, ce n'est pas très grave parce qu'on a quand même des rendements qui sont colossaux par rapport à nos besoins. Et le curseur, encore une fois, nous, ce n'est pas le rendement, c'est quels sont nos besoins, combien de poules on a, combien on va donner, on en donne aussi un peu aux agneaux. Mais voilà, cette question de l'eau, elle est intéressante. sur quel type de culture on fait et à quel moment. Donc ça, ça rentre dans l'aliment des poules. Et la grosse problématique, moi, des copains et des copines qui font des poules, c'est que souvent, ils achètent leur aliment. Et du coup, c'est problématique parce que ça coûte cher. Nous, on l'a estimé en le faisant nous, qu'on est entre... À une époque où c'était à 700 euros hors taxe la tonne, nous, on était à 350, 450 euros. Donc, on est bien en deçà du... du prix du commerce de Cizeron, Moulin Marion et tous les fournisseurs d'aliments. Et donc ça, c'est un vrai avantage. Et donc pour faire l'aliment, c'est assez simple. Il faut se munir d'un broyeur. C'est l'outil qui est là, où il y a marqué Comia FAO. Et donc ça, dedans, il y a des espèces de gros marteaux qui vont broyer les graines. Parce que si vous mettez ça, des graines comme ça au poule, Les poules vont choisir et elles vont prendre, comme les enfants devant une assiette avec un burger et une salade verte, ils vont prendre le burger et puis la salade verte. Et en fait, nous on veut qu'ils mangent tout, donc on mélange tout. On fait une espèce de farine et après on le met dans ce gros truc vert là, qui est une mélangeuse. Alors il y en a des horizontales et des verticales. Ça c'est une verticale, donc du coup c'est pas optimum parce que du coup les gros grains, la farine un peu plus grossière, elle est dessous et en haut c'est très fin. Mais bon, on s'en accommode à chaque fois. Comme on disait hier dans la visite, on n'est pas parfait dans rien de ce qu'on fait. Mais voilà, c'est comme ça et puis c'est très bien. Et surtout, c'est des outils qui nous ont coûté très peu cher. Donc l'investissement est très faible. Et souvent, quand on se projette dans une installation agricole, on se dit, il va falloir que j'achète ça, que j'achète ça. Et en fait, il y a quand même beaucoup de façons de s'adapter. Par exemple, voilà, cet outil, il a 80 ans. Ça s'appelle un trieur séparateur et c'est l'outil de base quand on fait des céréales, des légumineuses et tout ça, et qu'on est en vente directe, c'est quand on veut commencer à pouvoir faire sortir de la moissonneuse batteuse. Donc il y a ce tuyau-là dans lequel les enfants ont jeté des cailloux. Ça, je ne veux plus vous revoir faire ça. En fait, ça va secouer des espèces de tamis et séparer les graines. Parce qu'en fait, quand ça sort de la batteuse, c'est crade. Il y a des insectes, il y a des bouts de... tiges et des machins. Et donc, si après, on veut faire, par exemple, de la farine, il faut trier. Et après, on peut s'équiper d'autres outils. On a une table d'ensymétrie qui est un autre outil, là, qui est où ? Qui est là-bas au fond. Il est cassé, remplacé. C'est un trieur alvéolaire. En fait, chaque outil de tri, et il y en a plein, a une spécificité. Il y en a qui va séparer par rapport à la couleur. Ça, c'est le trieur optique qui est tout au fond. Il y en a un qui va séparer par rapport à la densité de la graine, la forme de la graine, la taille de la graine. Et ainsi, petit à petit, on peut arriver à des haricots ou des lentilles comme on les vend nous en vente directe. Mais du coup, de pouvoir passer nos trucs dans le séparateur, ça nous permet de faire l'aliment des poules. Et c'est encore une fois des outils qui sont vieux, un peu cassés. Sauf le trieur optique, on l'a acheté il y a quelques années d'occase. C'était un gros investissement, mais ça vaut le coup. Et puis surtout, après, il y a des copains qui viennent l'utiliser, donc c'est vachement pratique. C'est juste pour dire, l'autonomie paysanne dans l'outillage, elle requiert un peu des capacités de bricolage. Mais en fait, ça marche en général. La bricole paysanne, ça marche quand on veut construire des bâtiments. Pas trop cher, en fait, on se débrouille, mais c'est hyper important. Pour nous, c'est un peu la base d'être... Parce que si on fait du tri chez les voisins en prestation de service, nous, notre marge, elle est réduite à zéro, on a travaillé pour rien. Donc c'est pour ça que c'est important. Et la même chose avec les poules. Voilà, donc c'était pour vous présenter ça. Je ne vais pas aller vous montrer la couveuse, on parlera de la reproduction là-bas, parce qu'en fait, là, après, on est chez les parents de Sébastien et on ne va pas les déranger plus. On va aller direction le verger. Si vous avez des questions, n'hésitez pas. Il est là-bas derrière. Regarde. C'est cette machine avec le cône dessus. C'est tout petit, ça fait 200-300 kg à l'heure. 10 000 de caisse et après il y a un interface qui n'est pas du tout instinctif, intuitif, mais par contre on est en lien avec la technicienne chinoise, c'est très intéressant. Par exemple, c'est sur WhatsApp. Et elle appelle Seb mon chéri, je crois, un truc comme ça. C'est le traducteur automatique. C'est le traducteur automatique, oui. Du coup, elle doit écrire en chinois et nous, on reçoit en français. Et du coup, c'est mon chéri. Ça casse les bras. Elle trie en fonction de la couleur ? En fait, on lui donne accès à la machine et elle programme la machine depuis la Chine. Et ils nous ont envoyé... Ouais, c'est un truc de ouf. On lui donne accès à la machine par une connexion Wi-Fi. Et elle a accès à la machine, elle peut programmer la machine depuis la Chine.
- Speaker #2
Ça fait n'importe quelle graine ?
- Speaker #0
Oui, alors nous, on a acheté un noiciculteur. Donc lui, il triait ses noix en fonction de la couleur. Et là, on arrive... Genre quand il y a des petits grains de blé dans la lentille, on arrive à les séparer. Des fois, il y a des trucs où les haricots flétrient par rapport aux haricots pas flétris. Donc en fait, tu as un fond blanc. Je crois qu'il est blanc ou bleu, je ne sais plus. Et toi, tu vas programmer ta machine en disant si la graine qui arrive, elle a cette couleur, tu gardes, si la graine qui arrive elle a cette couleur, tu rejettes et du coup, en fait c'est de l'optique t'as plein de petites caméras qui vont capter la couleur du pixel de la graine et après dessous t'as des petits éjecteurs à pression, c'est pour ça qu'il y a un compresseur qui est là et en fait ça fait pipi Et en fait, quand la machine part, ça fait comme des pop-corns. C'est exactement ça. Elle fait très bien. Voilà. C'est ça. Mais c'est un gros travail parce que quand on a fini toutes les moissons, les récoltes en octobre, novembre, là, ils commencent à trier. Et en janvier, on a les haricots. Donc c'est hyper long, en fait c'est pas à sous-estimer le temps qu'on passe au tri. La Chine nous a envoyé un technicien, c'est la boîte en Chine, donc Seb rêve d'aller en Chine maintenant, il veut aller voir les machines en Chine, donc on pense qu'on va aller en Chine. en Chine, un de ces quatre. Et donc, il y a un technicien qui est venu. Il est venu en France, en Félix ? Il est venu, oui, complètement. Et en fait, il allait faire toutes les fermes dans lesquelles ils avaient des outils. Et donc, nous, le but, c'était d'aller le chercher à la gare, le loger, le nourrir, et après de le déposer à son prochain voyage. Et là, juste après, il partait en Italie. Donc il a passé deux jours ici et puis il a réglé la machine et tout ça. Le deal c'était ça quoi, nous juste on le nourrit, on le loge quoi. Donc on lui a payé un hôtel, on est allé au resto avec lui et puis voilà. Et il faisait le tour de l'Europe le mec. C'est pas les mêmes conditions de travail que chez nous. On va en continuer sur les prunes.
- Speaker #3
Et juste pour tous les aliments, vous faites quoi des haches de culture ?
- Speaker #0
Quand la moissonneuse bateuse, elle passe, en général, derrière, tu peux choisir de broyer la paille ou pas. Et donc, du coup, tu peux soit... Donc, par exemple, les céréales à paille, si tu veux faire après des bottes de paille, tu ne choisis pas de broyer la paille. Et toi, après, tu vas passer la presse à balles rondes et faire des grosses bottes de paille. Après, si tu veux la broyer, tu peux la broyer. Elle reste dans le champ. Puis pareil avec les lentillons, en général, ça reste sur place. Sauf pour les céréales à paille. Quand on a besoin de paille pour les brebis en hiver, on fait bien attention de garder le... de garder la paille, pour avoir suffisamment de paille. On va faire un petit arrêt ici. Alors du coup là, la première étape des poulaillers, c'est la biosécurité. Et en général, quand les élèves de BPREA font une UE poule, ils ont une belle dose de biosécurité et tous se disent Ah non mais c'est impossible, je ne pourrai jamais faire des poules. Et après ils vont visiter des fermes, ils sont là, ah mais si en fait je peux faire des poules. Parce que voilà, il y a la biosécurité, nous on essaye de, moi vraiment j'essaye de l'appliquer à la lettre. Mais il y a des choses qui sont impossibles. Là par exemple, vous venez de rentrer dans la zone de production en passant ce fil. C'est pour ça qu'il est là, je me dis s'il y a un contrôle. Voilà, je peux dire au contrôleur de la DDPP, regarde j'ai mis mon câble. Normalement il y a un panneau, accès interdit au public. Et normalement, vous devez tous changer de chaussures. Donc à un moment donné, il y a des choses qui ne sont pas possibles. Néanmoins, par exemple, quand je fais venir des groupes d'éleveurs, quand on passe la clôture des poules, on met des surchaussures parce qu'en fait, eux, je n'ai pas envie qu'ils me ramènent des merdes dans mon poulailler. Donc je me dis, c'est assez simple, je le fais et puis voilà. Donc ça, c'est un premier point. Ensuite, ça, c'est notre sas qui est obligatoire. Normalement, il est aux normes, il y a une entrée et une sortie. Il y a de quoi changer. J'ai une combine et j'ai des bottes. La DDPP est venue ici. pour une autre question et en fait à l'époque elle avait validé. Maintenant ça fait un petit moment, je pense qu'il y a un peu des choses qui se sont tendues. Mais bon voilà j'essaye, en fait c'est pour dire que j'essaye, je ne fais pas tout au max mais j'essaye, j'ai un carnet d'élevage où je note où sont les poules mortes, j'ai le congélateur où je mets les poules mortes et l'écarissage quand il y a une brebis qui part, paf tu... Et donc voilà, en fait, il y a tout un circuit comme ça et une formation obligatoire. Il doit y avoir un référent bien-être animal et on doit faire une formation en ligne qui est assez déstabilisante parce qu'elle est à destination des éleveurs porcins et de volailles, industriels et petits éleveurs. Donc c'est un niveau où on parle de bien-être animal, nous on est là, mais c'est juste... C'est juste tellement basique qu'ils en soient à des années-lumière sur les gros élevages. Et donc les conseils, ils sont presque ridicules. Mais bon, il faut la faire cette formation et après une autre formation. Donc voilà, c'est pour ça que je voulais m'arrêter deux secondes ici. Et ça, c'est l'entrée du verger. C'est un verger qui a été planté en 2007. Donc là, c'est verger de pommiers principalement. Il y a un peu des figuiers sur le bord. Et nous, les pommes, là, on est en train de lâcher prise parce qu'il y a plein d'armes. En 2019, on a eu une neige en novembre. Donc sur feuilles encore, et une neige très lourde. Et en fait, à 11h il neigeait, c'était tout blanc. Et à 14h, on était dans le verger à secouer les branches, parce que les arbres craquaient tous. On entendait craquer tout le verger de partout. Il y a des gros pylônes électriques qui sont tordus avec le poids. C'est un truc de ouf. Et en fait, on n'a pas tronçonné tous les arbres, parce que certains n'étaient pas trop abîmés. Mais ils sont restés un peu moribonds. jusqu'au bout et donc voilà là il y en a qui sont en train de crever tout ça mais on n'a plus trop envie de faire de la pomme donc ça nous arrange mais dans cette partie là il y a une flore particulière parce qu'en fait c'est vraiment que les brebis qui viennent là bas on a vraiment donc les pommes poires c'est que les brebis et dans le reste c'est brebis et poules mais voilà donc en fait l'idée c'était ce que après le passage des poules le sol il est quand même vraiment ravagé alors qu'après après le passage des brebis Merci. Ce n'est pas du tout la même façon de batturer l'un et l'autre. Sophie,
- Speaker #1
qui a fait la formation à l'Arbo, elle m'a dit que vous faisiez poules et brebis après,
- Speaker #0
quand vous étiez ensemble. On est plutôt dans les essais, parce que pendant un temps, on ne le faisait pas. Et en fait, les poules, elles désherment, mais elles laissent quand même pas mal le massif. Et après, quand tu passes les brebis, ça fait un gros coup de nettoyage. C'est nickel après. Tu n'as même plus besoin de passer le broyeur ou quoi que ce soit. On va voir là-bas. On va voir.
- Speaker #1
Parce qu'il y a Christophe Vito qui est en Bretagne, il fait brebis d'abord, et comme ça les poules ont accès aux ravageurs des pommiers.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Vous avez sûrement pas de ravageurs qui posent problème ?
- Speaker #0
Euh, si, si, il y en a quelques-uns. Ouais, ouais. Non, mais elles passent pas dans les pommiers, de toute façon, les poules. Non, c'est juste qu'au niveau sanitaire, les poules, tu les fais théoriquement pas passer après les brebis. Faut que les poules... Ou alors faut un temps entre les deux. Je pense que c'est pas possible. Les poules, ils sont chiants, quoi. Tu peux... Il faut séparer, il faut tout séparer.
- Speaker #2
Pourquoi les poules ne vont pas dans les pommiers ?
- Speaker #0
Pour le sol en fait, pour conserver cette flore là, qu'on ne veut pas défoncer. Parce que vous allez voir, on va y aller là, la flore après le passage des poules n'est pas du tout la même. C'est une flore pionnière.
- Speaker #2
Il y a une utilité justement pour le carpocaps ou des trucs comme ça ?
- Speaker #0
Non, mais le carpocaps il y en a un petit peu, il n'est pas gênant. Donc là, les brebis, elles sont passées il n'y a pas longtemps. Et en fait, on voit vraiment, quand on se baisse, c'est tout est à hauteur de brebis qui fait comme ça. Donc elles mangent toutes les branches basses. Et les pommes, tout ce qui est accessible, elles le mangent. Et le reste, elles le laissent. Non, parce que c'est des shropshires. Et donc c'est vraiment cette race-là, on peut passer, même des fois, il n'y a plus rien, elles râlent, elles gueulent, elles sont vraiment vénères. Eh bien, elles n'iront pas manger l'écorce. Et en fait, ce qu'on se dit, c'est qu'il y a probablement des besoins en tannin ou en minéraux qui sont différents par rapport aux autres brebis, qui font qu'elles vont chercher ça dans d'autres plantes, parce qu'elles mangent d'autres plantes que les autres brebis ne mangent pas. Je ne sais plus laquelle c'est, Sabi l'avait observé ça. Et donc il y a vraiment, mais il ne faut surtout pas les croiser. Le moindre croisement, après c'est mort. Parce qu'en fait, après les brebis, elles vont aller, elles adorent manger l'écorce des jeunes arbres. Et en fait, elles font tout le tour de l'arbre. et puis l'arbre il meurt quoi donc il y a des vergers comme ça qui se font décimer parce que en fait ça peut elles peuvent manger, il se passe rien et tout à coup il y en a une qui commence et là tout le troupeau le fait et c'est nettoyé en quelques heures quoi c'est hyper rapide après nous on met les, donc on a les on a des noirs du velay que vous avez vu hier lors de la visite et les Les chropes qui sont là, qui sont un peu plus trapues. Et les noirs du velay, des fois, on les met dans des haies et elles ne grignotent pas dans les gros arbres. Et donc voilà, nous les pommiers, là, ils ressemblent un peu à ça en ce moment. Ils ne sont pas hyper beaux. Mais voilà, on a envie de lever le pied sur les fruits en général. Après, on a des figuiers, donc. Dessous, on a les groseilliers. Mais là, pareil, on a arrêté les groseilles. Parce que c'est trop long à ramasser et ça se vend pas assez cher. Et donc en fait, c'est la maman de Seb qui les ramasse, qui fait des confitures. Et après, elle nous donne des confitures. C'est vrai qu'on est très conscients, ça nous va bien. Et la figue, on fait entre 800 kilos et une tonne 5 de figues par an. Donc il y a les figues de printemps qui vont pas tarder à arriver. Et puis il y a certaines espèces qui font que des figues à l'automne. Ça, c'est des grises de Saint-Jean. C'est hyper bon, c'est sucré. Et après, on a des poires. Ça, c'est des poires... Des poires chaplans, c'est des poires à cuire, des poires anciennes. Et en fait, si jamais vous faites des courses, il y a une compote de figues poire ancienne. Et c'est cette poire-là qu'on a mis dedans et elle a un goût, on dirait qu'on a rajouté du sucre et de la vanille dedans. C'est juste dément. Elle est hyper sucrée, vraiment super bonne. Et celle-là, il y a beaucoup de cuistots qui nous appellent parce qu'en fait, il n'y a plus personne qui l'a fait. Et ils aiment bien, eux, la cuisiner pour leurs desserts et tout ça, donc c'est chouette. Et voilà, et en fait, du coup, je ne sais pas si vous voyez un truc qu'on ne voit pas forcément dans tous les... Bon, à part l'herbe haute, qu'on ne voit pas forcément dans tous les autres vergers. Est-ce que vous avez vu un peu sur la structure du verger ? Est-ce qu'il y a quelque chose qui vous semble... Après, vous êtes tous naturalistes, donc peut-être que... Voilà, il y a des arbres comme ça qui n'ont pas de vocation de production de fruits. Et en fait, l'idée de faire monter des arbres un peu haut comme ça, c'est de recréer une espèce de structure forestière. Comme avec nos haies, en fait, on a des haies qui ne sont pas éparées, qui ont un vrai sous-bois, qui sont larges, qui ont une irrégularité parce qu'il y a des grands, des petits, des trous. Merci. En fait, l'idée avec cette E.E. un peu empâtée, c'est de recréer une forêt. C'est une forêt qui est amoindrie, qui est sur la longueur, etc. Mais ce serait une forêt qui a des dynamiques de forêt, des dynamiques écologiques de forêt. Et là, c'est un peu la même chose. L'idée, c'est de pouvoir offrir un habitat à des oiseaux qui seraient plus enclins à aller dans ce type d'arbres. des oiseaux, des insectes, de la nourriture. Non, après on prend des espèces locales, parce qu'on se dit que toute la faune locale est plus adaptée aux espèces locales. Et puis on les laisse pousser. Moi, la seule intervention que je fais, c'est que quand je taille le verger, je taille les branches basses, parce qu'après elles font de l'ombre et les fruits ne mûrissent pas. Et les fruits partent en hauteur. mais c'est vrai que ça a quand même un autre avantage en termes... pas agronomique mais en termes agricoles c'est que ça fait aussi en plein été un petit peu plus d'ombre même aux arbres fruitiers et surtout aux bêtes les poules là elles adorent les petits fourrés mais là j'ai mis le poulailler sous un grand arbre et en fait là la semaine où il faisait chaud, elles étaient bien elles n'étaient pas à canner en plein cagnard, donc il y a quand même tous ces avantages
- Speaker #2
Et l'idée que les poules mangent les chenilles de cartes capes qui sont dans le sol en hiver ?
- Speaker #0
Moi je ne peux pas identifier exactement ce que fait quel animal sur quelle maladie, mais sur le prunelier par exemple, après là il y a des arbres qui vont peut-être pouvoir nous aider sur les prunes, le prunier pardon, pas le prunelier, sur les prunes il y a une... une espèce de petite guêpe qui pond t'as des prunes ou pas toi ? t'as pas la petite guêpe qui pond et après t'as plein de prunes par terre avec un petit trou au plocamp aussi sur le plocamp aussi en fait quand tu fais passer les poules visiblement ça réduit la pression de le plocamp à chaque fois c'est un peu ça et surtout ça fertilise ce qui est pas rien et surtout quand toi Moi, régulièrement, je vide les poulaillers. Puis après, je suis avec la brouette. C'est lourd, en fait. Alors quand la poule, elle le fait toute seule, c'est quand même avantageux. Et après, il y a la gestion de l'enherbement. Là, on ne les a pas fait passer, ni les brebis d'ailleurs, parce qu'en fait, il y a des groseillers. Et on veut quand même ramasser les groseilles avant. Mais après, on va refaire passer soit les poules, les brebis. Ce n'est pas hyper planifié à l'heure. On avance, quand on va déplacer les poules, on se demande où on peut les mettre. On voit en fonction de la végétation, des besoins. Par exemple, il y a des endroits où en hiver, je ne vais pas y aller parce que c'est trop loin en cas de gel du cours d'eau. Et moi, quand il gèle, je mets tout hors gel. Parce qu'on a l'eau courante qui va jusqu'aux poules. Je mets tout hors gel et je vais chercher de l'eau au ruisseau. Je ne les mets pas à l'autre bout là-bas.
- Speaker #4
Est-ce que c'est à 3 km ?
- Speaker #0
Après il faut trimballer de l'eau, c'est lourd. On avance un peu parce qu'on parle des poules et on ne les a pas encore vues.
- Speaker #2
Après avoir fait passer le coup ?
- Speaker #0
Non, non, non. Regarde, elle, là,
- Speaker #3
la noire, là.
- Speaker #0
Oui, oui,
- Speaker #3
je vois. Elle a des... Au bout de ses plumes, elle a du blanc.
- Speaker #0
Mais très,
- Speaker #3
très peu.
- Speaker #0
C'est ça. Donc, là, il y a plein de choses à dire, là, sur ce... Donc, déjà, l'électricité, pareil que l'eau, on l'a fait venir jusque-là. Et donc, là, c'est sur secteur. Donc, c'est vrai que j'ai coupé. Là, ça fait mal. Là je l'ai enlevé Non moi j'y crains plus rien Je suis comme Chuck Norris Elle craint plus les cèpes Plus rien Et donc voilà Après ça ce système là Il est Il est validé Par l'électricien de l'atelier Paysan alors idéalement il faudrait un petit Piqué avec Je vais pas le rebrancher Non mais... avec la prise qui est comme ça et un seau par-dessus. Et en fait, il a dit surtout ne mettez pas dans une boîte étanche parce qu'après, il y a de la condensation et c'est la cata. Donc ça, ça marche. Après, de temps en temps, ça prend l'eau et puis ça fait sauter tout. Et puis voilà, c'est quand même très rare. Et donc ça, c'est branché tout le temps. Moi, je le branche tout le temps, jour, nuit, tout le temps. Je ne laisse jamais... Je ne laisse jamais débrancher et les fois où il y a une poule qui dort dehors, parce que ça arrive des fois, il y en a une qui se sent pousser des ailes. Elles sont toutes éloignées ? Non, elles ont toutes leurs ailes, leurs plumes, toutes leurs becs, on n'a rien fait dessus. Donc elles volent, mais bon, elles sont très bien là. Et donc de temps en temps, il y a des plumes malignes qui vont se balader. En général, si elles dorment dehors, elles ne passent pas la nuit. Parce qu'il y a plein de renards, on a mis des pièges photos, des fois il y a des crottes. Quand il y a des flaques un peu boueuses, on voit des traces. Donc le renard, il est là et puis c'est tout. La fouine aussi, je crois qu'elle est là. Dans l'inventaire, elle a été vue. Mais là, la clôture électrique, vraiment, ça l'arrête. Il n'y a vraiment jamais eu de perte. Et ça, c'est quoi,
- Speaker #4
la clôture grignotée ?
- Speaker #0
C'est quoi, ça ? Ah non, ça, c'est le fil, quand on passe le fil. Et donc, du coup, on a après, sur la prédation par le ciel, On n'a jamais constaté de prédation par les buses. Et en fait, il y a plusieurs facteurs qui semblent être marquants par rapport à ça. C'est que, premièrement, il y a une noirée là-bas. Et donc, c'est blindé de corneilles. Et les corneilles, elles mettent la misère aux rapaces. Donc, quand il y en a une qui débarque, il y a 10 corneilles qui débarquent et tu dégages. Donc, je pense qu'elles ne sont pas assez zen. C'est pas horrible d'avoir des buses. Visiblement, oui. De la poule ? Oui, de la poule, oui. Non, non, visiblement, oui. Moi, j'ai eu des retours comme ça, je ne sais pas s'il y en a qui ont... Bref, c'est les retours qu'on a, mais nous, on ne l'a jamais constaté. Ensuite, il y a aussi un autre facteur, c'est que les arbres, ça les enquiquine, quoi. Donc, on ne peut pas avoir...
- Speaker #4
Ah,
- Speaker #0
trop mignon ! Ça c'est une buse !
- Speaker #4
Non c'est une canne !
- Speaker #0
Et ensuite il y a un autre facteur, donc là ce que vous voyez il y a des poules mais il y a aussi des coques. Et les coques, en général c'est quand il y a des pigeons, je ne sais pas pourquoi ils ont un stress avec les pigeons, quand il y a des pigeons qui passent au-dessus du poulailler, ils font un aaaah et là tout le monde se dresse. Et en fait l'accessibilité du poulailler mobile dessous là, en fait là En cas d'urgence, en trois secondes, toutes les poules sont dessous. Parce qu'il n'y a pas juste une petite trappe pour rentrer dans le poulailler, se mettre à l'abri. C'est vraiment accessible de tous les côtés en une seconde. Et donc ça, je pense que ça aide. Après là, il y a un autre poulailler là-bas qu'on va aller voir aussi. Ce ne sont pas les mêmes poules, c'est les mères là-bas. Les coques, on a récupéré des coques leghorn d'un poulailler industriel où le sexage avait été mal fait. Et donc du coup j'ai changé ça contre une caisse de kaki. Et du coup c'est des coques blancs qui font des oeufs blancs, enfin pas les coques mais les poules issues de ces coques. Et d'où la forte densité de poules blanches. Donc il y a vraiment beaucoup de poules blanches. Et du coup, c'est la première fois qu'on a eu des attaques d'autours sur la poule. C'est Maxime qui nous a dit, attention, j'ai vu un autour. Seb, je crois qu'il a confirmé, moi je ne reconnais pas ces oiseaux. Seb, il a confirmé la présence de l'autour. Et en fait, trois, quatre fois, on a vu des poules mortes. Visiblement, la façon dont elles étaient mangées, c'était de l'autour. Et du coup, ce qu'on a fait, c'est qu'on a enfermé les poules pendant une semaine. Après, on a réouvert. Il ne s'est rien passé pendant une semaine. Et le tour est revenu. Et là, on les a mises dans la serre pendant un mois. Et là, ça s'est calmé, ça s'est arrêté. Et le tour s'est barré. Donc, on a eu de la chance. Mais le fait que les poules soient blanches, clairement, ça joue un rôle. En fait, c'est vraiment des cibles. Une poule grise ou une poule marron, c'est beaucoup moins visible du ciel. La poule blanche, elle est hyper visible. Donc c'est un peu le...
- Speaker #3
Et les noirs ?
- Speaker #0
Et les noirs, non, pareil, elles ne sont pas très très visibles. Et en fait, nous, on commençait à avoir surtout, principalement, des poules noires. Ça fait dix ans qu'on a des poules.
- Speaker #1
Donc les herbes étaient plus petites avant ?
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Est-ce que vous avez moins d'attaques aussi avec le temps ?
- Speaker #0
En fait, c'est les premières attaques par le ciel qu'on a pu constater. Après, peut-être qu'il y en a qu'on n'a pas vues.
- Speaker #4
Même quand les arbres étaient plus petits,
- Speaker #0
il n'y avait pas d'attaques. Oui, après, ces arbres-là, ils ont 4 ou 5 ans. Ils ne sont pas très vieux. Ceux-là, c'est des replantés. Ça va vite. Les figuiers étaient beaucoup plus petits. Non, ça n'a pas trop joué.
- Speaker #2
Pour l'autour des palombes, c'est vraiment un oiseau qui est forestier. En plus, c'est le pigeon au milieu d'une forêt de feuilles. Le couvert n'est pas suffisant pour l'embêter.
- Speaker #0
Il est vraiment capable de...
- Speaker #2
C'est extrêmement agile, c'est vraiment impressionnant.
- Speaker #0
Donc lui, ouais. mais voilà du coup dans la serre il n'a pas osé y aller c'est un peu trop artificiel c'est gros ?
- Speaker #2
non c'est pas très gros c'est pas si immense que ça si vous voyez un épervier c'est un épervier d'un mètre d'envergure la taille d'une petite busse les renards ils creusent pas ?
- Speaker #0
non en fait là sur les renards j'ai fait des formations avec d'autres éleveurs et j'ai des échanges avec des éleveurs et ce qui est intéressant c'est que tous ceux qui sont en poulailler fixe À un moment donné, ils se font taper. C'est tous, parce qu'à un moment donné, il y a une faiblesse et tout ça. Tous ceux qui sont en poulailler mobile, quand c'est bien posé et tout ça, ils ne se font pas taper parce qu'en fait, ça bouge trop. Moi, tous les mois, je déplace le poulailler. Et donc, en fait, le renard, il faut qu'il se réadapte à chaque fois. Il y a un autre facteur qui peut expliquer pourquoi il n'y a pas trop de prédation de renards en extérieur et puis pourquoi les rapaces ne tapent pas trop les poules. c'est qu'il y a tellement à manger tout autour que du coup, c'est bon. Ils se gavent déjà suffisamment. C'est un peu tout des théories. Après, moi, je pense qu'il faudrait lancer un programme de recherche in situ pour que ça marche. Mais nous, c'est un peu juste des constats de ce réalité-là, de ce qu'on vit. Et oui ?
- Speaker #3
Il y a une poule, tu vois, blanche, c'est celle du fond là-bas, et elle a des gros poufous au joux.
- Speaker #0
Ah oui, voilà. Alors là, Camille vient de dire un truc intéressant, c'est qu'on a une poule qui a des barbillons, des petites moustaches comme ça. Et en fait, nous, quand on a commencé les poules il y a 10 ans, on a fait un poulailler, là, c'est celui qui est sous la panty à la bergerie, là où on habite. Et on a construit un petit poulailler en bois et on a acheté 70 poules rousses. Et en fait, moi je trouvais ça trop triste d'avoir que des poules rousses. C'est comme là, ça m'embête d'avoir que des poules blanches. Moi j'aime bien la diversité. Et du coup, je suis allée au marché, j'ai acheté une poule grise, une poule blanche et un coq. Je les ai mis dedans. Alors j'ai respecté la procédure de les faire se connaître un petit peu avant et tout ça. Je les ai pas lâchés comme ça. Et puis un jour, il y a des copains qui nous ont prêté une petite couveuse, on a fait quelques œufs, et on a fait éclore quelques poussins dans le salon. Et puis après, on a acheté une couveuse 50 œufs, et on a fait un petit lot de poussins. Et en fait, de fil en aiguille, ce qui s'est passé, c'est qu'on a acheté un peu des œufs sur Internet. C'est quoi ça ? Et un drone ! Merde ! Alors est-ce que le drone va mettre la pâté à la buse ou pas ?
- Speaker #4
On peut voir avec des jumelles qu'il y a un plan sur les jumelles.
- Speaker #0
Et de fil en aiguille, on est devenu autonome sur la reproduction des poules. Et donc ça, c'est en lien un peu avec ce qu'on disait tout à l'heure. Du coup, la poule rousse, il faut la voir comme une Formule 1. c'est la poule qui... optimise l'aliment pour pondre un oeuf. C'est-à-dire, tout ce qu'elle mange va dans l'oeuf. Elle, elle ne gaspille rien et tout ça. Et ça, ça a été élevé au rang de standard. Sauf que nous, éleveurs, si on veut atteindre ce niveau de ponte, il faut tout un labo de recherche, il faut des grands parentaux pour faire la repro. Enfin, c'est inatteignable. Et donc, du coup, quand on fait sa reproduction, on augmente un truc qui s'appelle l'indice de consommation, qui est donc un Un indice qu'on a en élevage où on regarde combien l'animal mange pour prendre un kilo de pois vifs ou combien mange l'animal pour faire un kilo d'œufs. Cet indice de consommation sur la poule rousse indus, élevée en bâtiment où tout est contrôlé avec un aliment qui correspond exactement à la ration dont elle a besoin, parce qu'en bio on est un peu plus contraint sur ce qu'on peut mettre dans l'aliment, on est à 2. Donc elles mangent 2 kilos de farine pour faire 1 kilo d'œufs. En poules rousses bio en mode Indus, on est à 2,7. Et nous, du coup, on a des poulaillers. Moi, je calcule ça, donc je sais exactement combien pondent mes poules, je sais exactement combien elles mangent. Et en fait, en fonction des lots, on a eu certains lots où on était au-delà de 5, ce qui est énorme, ce qui est vraiment trop en fait. Et là, avec celle-là, on est plus autour de 3, 3,5, ce qui est vraiment très bien. après ça inclut aussi des coques à chaque fois puisqu'on a à peu près un coque pour 10 poules 15 poules et en fait ce calcul il est important parce que quand on achète son aliment et qu'on vend son oeuf si on vend pas son oeuf à un prix en dessus du prix normal on perd de l'argent vraiment nous on a une copine Marianne qui était là hier, elle nous a eu pris des poules à un moment donné et elle achète son aliment et elle a dit je peux pas Merci. Je ne peux pas élever des poussins parce que de 1, élever des poussins pendant 5 mois qui mangent mais qui ne pondent pas, ça fait des dépenses. Et après j'ai des poules qui ne pondent pas assez par rapport à ce qu'elles mangent et donc économiquement ça ne fonctionne pas. Et donc c'est pour ça que nous c'est hyper important de pouvoir faire l'aliment de nos poules parce que ça nous permet de nous réapproprier la reproduction de nos poules. Et en fait, la repro... Nous on le fait parce qu'on le fait pour les vaches, tout le monde le fait pour les brebis, pour les chèvres, et on se dit mais comment ça se fait que les poules, personne ne le fasse quoi. Et c'est expliqué par ça, par le fait que la Formule 1 de la ponte, c'est le standard. Et donc c'est là où c'est faux quoi. C'est comme les rendements en céréales, en conventionnels, boostés à l'azote. En fait c'est pas des rendements normaux, c'est des rendements de malades. ce que les céréaliers arrivent à faire en fait c'est fou Et voilà, cette première partie est terminée. Pour écouter la suite de la visite, rendez-vous dans l'épisode 178. A tout de suite.