Speaker #0Allô maman ! Quand les tout-petits appellent, moi je traduis. Bienvenue dans Allô maman, le podcast qui aide les adultes à comprendre les enfants. Allô maman ! Aujourd'hui, on va parler d'un sujet qui est fondamental et j'ai presque même envie de dire un sujet qui est brûlant. C'est l'éducation. Entre l'éducation dite autoritaire que beaucoup ont connue Et l'éducation positive que l'on entend aussi beaucoup aujourd'hui et qui est beaucoup contre-vite, on ne sait plus quoi en penser et il est temps de faire le tri. Donc aujourd'hui, je vais vous dire ce qu'elle en pense, la science, ce qu'elle dit sur ces deux courants, comment on peut vraiment aider un enfant à grandir et à coopérer et à s'épanouir. Donc si ce sujet t'intéresse, n'hésite pas de l'écouter et de l'envoyer à une maman ou un papa qui pourrait être intéressé. Et bien sûr, à t'abonner à ce podcast pour lui donner de la visibilité. Let's go, c'est parti ! On va commencer par parler par l'éducation qui est dite autoritaire, qu'on a plus ou moins tous connue ou entendue de par les générations précédentes. Une éducation dite autoritaire, c'est une éducation où l'obéissance va primer sur la compréhension et où la punition est un levier principal pour corriger le comportement. Ça va être un peu des phrases du fameux « fais pas de malin » , « tu veux pleurer, je vais te donner une bonne raison de pleurer » . ou encore la maman qui dit à sa fille « je ne suis pas ta copine, moi » . Donc c'est vraiment une éducation où l'adulte s'impose et l'enfant doit exécuter. Et s'il ne le fait pas, alors il va être puni, menacé et parfois même humilié. Alors évidemment, dans l'éducation dite autoritaire, il va y avoir différents degrés. Il va y avoir des éducations qui sont très fortes et très importantes et qui vont être très dures. Et dans cette même éducation autoritaire, on peut retrouver des éducations qui vont être… un peu plus soft. L'idée de l'éducation autoritaire, c'est vraiment où nous on considère que comme on est adulte, on doit imposer à son enfant et s'il ne respecte pas ça, on le cune. Et vous allez voir que dans l'éducation dite positive, on est un peu dans la même chose mais il y a une subtilité qui fait pour le coup toute la différence. Ce que dit la science concernant l'éducation dite autoritaire ? Les recherches elles ont été très nombreuses et pour le coup elles sont relativement claires sur les effets qu'il y a à court et long. et long terme sur ces pratiques. Une méta-analyse de Elisabeth Gerchoff en 2002 et dès 2016 montre que les enfants qui sont punis physiquement ou humiliés sont plus en plein à développer de l'agressivité dans le temps. Ils ont un attachement qui est insécurisé, leur développement émotionnel peut être perturbé et ils peuvent présenter plus de troubles anxieux ou dépressifs à l'âge de l'adolescence ou même à l'âge adulte. La structure du cerveau, elle, va même être... modifié. Donc des travaux ont été faits en neuro imagerie en 2016 par Techev et McCorry en 2012 et qui montrent que la maltraitance émotionnelle et physique donc au prix les violences dites éducatives est associée à une altération du développement du cortex préfrontal de l'hippocampe donc c'est là où tout se joue concernant la mémoire et de l'amygdale c'est là où on retrouve les émotions. Donc le cerveau lui va être en état d'alerte chronique ce qui diminue les capacités d'apprentissage, de régulation et de réflexion. Donc un enfant qui est élevé dans la peur n'apprend pas à réfléchir, il apprend à éviter la punition. Évidemment, comme je vous le disais, il faut nuancer, parce que selon les éducations, ce n'est pas toujours la même chose. Et évidemment, je veux rassurer là-dessus, ce n'est pas parce qu'une fois vous allez avoir un moment où vous allez être un peu plus virulent, où vous allez être... on va plus être dans une éducation autoritaire que votre enfant va être complètement ravagé au niveau du cerveau. Ce n'est pas du tout le cas. Là, on est vraiment sur une éducation qui est vite répétive, qui est courante et qui dure tout le long de l'enfance. Ce n'est pas occasionnel, évidemment. Si c'est quelque chose qui est occasionnel, même admettons, parce qu'un jour vous êtes fatigué et vous donnez un peu sans le vouloir avec progrès, mais une fessée à votre enfant, eh bien, ce n'est pas dramatique dans l'impact que ça va avoir. ce que ça va avoir en tout cas avec votre enfant. Derrière, évidemment, si c'est occasionnel, ça n'a rien à voir. Là, ces études-là, elles montrent ces dégradations sur l'enfant quand ils ont été répétées vraiment tout au long de l'enfance. Et même sans parler jusqu'à des violences physiques, une étude de Apéphi en 2017 a montré que les enfants qui étaient exposés à des cris réguliers, des menaces ou une discipline sévère, sans chaleur, sans amour, présentent... un risque accru de troubles du comportement, une faible estime de soi et une plus grande vulnérabilité aux troubles de l'humeur et de l'agressivité. C'est-à-dire que même si... Vous voyez, sans que vos parents aient été dans la violence, mais juste ont crié souvent, constamment, à longueur de journée, ça peut aussi avoir des impacts sur comment vous vous réputez et sur les conséquences. Donc là, sur les conséquences à long terme, vous le comprenez, on peut avoir des risques accrus sur les troubles de la personnalité. On va avoir aussi des enfants adultes qui vont avoir moins d'empathie envers les autres et aussi des difficultés à maintenir des relations saines. En bref, c'est plus que de l'obéissance, ces pratiques vont générer de la soumission ou de la rébellion, de la peur et une rupture au niveau de la sécurité affective que l'enfant peut avoir avec son parent et qui permet un bon développement pour l'enfant. Concernant maintenant l'éducation qui va être dite positive, bienveillante, c'est vrai qu'il y a plusieurs termes pour parler de celle-ci. On va souvent dire que c'est une éducation qui va être laxiste, mais ce n'est pas du tout le cas et je vous expliquerai un petit peu la différence tout à l'heure. Il y a vraiment... confusant quand on parle d'éducation parce que beaucoup vont dire c'est du laisser faire, on ne pose pas de limite on va faire des enfants, mais ce n'est pas du tout le cas et surtout ce n'est pas du tout ce que dit la science. Donc concrètement l'éducation bienveillante c'est quoi ? Elle repose sur quoi ? Elle repose sur la compréhension du développement neurologique et émotionnel de l'enfant elle repose sur l'accompagnement des comportements plutôt que leur suppression par la peur et le respect et la dignité de l'enfant. Donc en gros Il faut vraiment comprendre, elle n'élimine pas les limites, mais elle les pose avec fermeté et douceur. On parle de fermeté bienveillante et non pas de laxisme. Une éducation où vous laissez votre enfant tout faire sans limites, juste parce que vous voulez être bienveillant, c'est une éducation qui va être dite permissive. Vous lui laissez tout faire et ce n'est pas du tout bon pour votre enfant parce qu'effectivement, c'est vrai, il a besoin d'un cadre. Et donc, dans l'éducation bienveillante, on va poser ce cadre, mais de façon bienveillante. et avec respect et dignité pour l'enfant. Que dit la science sur cette éducation dite bienveillante ? Les travaux, notamment de Siegel et Brisson, montrent que les enfants dont le système nerveux est en sécurité peuvent accéder à son cortex préfrontal, donc c'est la zone du raisonnement, plus rapidement que les autres enfants qui ne se sentent pas en sécurité. Donc au plus vous allez avoir cette éducation bienveillante, au plus votre enfant après va avoir un cerveau mature rapidement. et va pouvoir avoir cette capacité de raisonner, de prendre une recul sur la situation et donc après de grandir sereinement avec les bons éléments. Ce qui est important de comprendre, c'est que le cerveau de votre enfant, lui, il est immature jusqu'à ses 25 ans, alors évidemment à un certain degré, mais jusqu'à l'âge de 5-6 ans, son cerveau ne peut pas réguler ses émotions seul. C'est quelque chose qui n'est pas encore répliqué, assemblé dans son cerveau et du coup, il a besoin de vous en tant que parent pour l'aider à ce sujet. parce qu'il ne peut pas le faire tout seul. Donc, il a besoin qu'on l'aide à construire et à comprendre ce qu'il se passe. Les résultats montrent à long terme que les enfants qui ont été élevés avec une éducation bienveillante ont une meilleure régulation émotionnelle, développent plus d'empathie, ont moins de comportements agressifs, et ça même à l'adolescence, et font preuve de meilleures compétences scolaires et sociales. Évidemment, tout ça, ce sont des statistiques sur un nombre d'enfants, ce n'est pas vérité absolue. Donc vraiment, ce n'est pas l'autorité qui va créer des enfants responsables dans le futur, c'est la qualité du lien, la cohérence et la sécurité intérieure. Alors évidemment, il y a ce fameux mythe de « ah mais si on est trop bienveillant, on va en faire un enfant roi » . Et c'est ce qui fait beaucoup peur dans l'éducation positive bienveillante, c'est d'avoir les enfants rois qui peuvent se permettre de tout faire. Comme je vous le disais, ce n'est pas du tout le cas et ça c'est vraiment un mythe. L'éducation positive, si vous la pratiquez correctement, elle pose des moindres. mais sans peur ni humiliation. Elle n'élève pas des enfants qui font ce qu'ils veulent, ça c'est vraiment pas du tout l'objectif. Elle élève des enfants qui comprennent pourquoi ils ne peuvent pas tout faire. Et c'est vraiment ça qui fait la différence. C'est qu'aujourd'hui dans l'éducation bienveillante et positive, on explique à un enfant pourquoi il ne peut pas faire ça et comment il pourrait agir pour ne pas reproduire ce comportement qui est négatif. Donc on se concentre plus sur le positif que sur le négatif. En gros, c'est tu ne peux pas taper, je vois que tu es en colère, on va chercher une autre solution, une autre façon de faire pour régler ça. C'est une posture qui va évidemment s'apprendre et c'est à force de répétition que l'enfant va le comprendre, il va le pratiquer et l'éducation va donc entrer tout naturellement. Donc vraiment, c'est quelque chose qu'il faut comprendre, c'est que dans l'éducation dite bienveillante, on explique, on accompagne et on nomme les émotions. Mais on maintient bien les limites, sans crier ni punir. Car crier, c'est justement le reflet d'une émotion que nous, les adultes, on ressent. Donc on va crier pour libérer ce qu'on ressent, mais ça ne va pas aider ni l'enfant. ni soi-même d'ailleurs, parce que l'enfant va se dire « Ok, quand il va m'énerver, on peut souhaiter à crier. » Et puis, ça ne fait rien avancer. Et ça, on ne va pas se mentir, c'est un peu la vérité. Même avec des adultes, c'est-à-dire qu'entre deux adultes, si vous vous mettez à crier dans une discussion où vous êtes fâchés, généralement, la discussion, elle ne va jamais aller bien loin puisque tout le monde va être fâché, personne ne va écouter ce que l'autre a à dire. Donc, c'est toujours, même entre deux adultes, plus intéressant de se parler intelligemment et d'exprimer ses émotions, ses ressentis, etc. plutôt que de se crier dessus. Donc c'est pareil pour un enfant, il est complètement capable de comprendre les choses, mais il faut le faire avec l'intelligence et donc essayer de s'apaiser et de ne pas réagir à l'instant T. Souvent on dit qu'il faut laisser 90 secondes aux parents, donc quand vous sentez que votre enfant vient de faire une bêtise, plutôt que de réagir directement, soufflez, prenez une minute, une minute et demie, deux minutes avant de réagir, et ensuite voilà, prenez le temps de souffler et ensuite expliquez à votre enfant que ce qu'il vient de faire ce n'est pas bien et réparez ensemble. l'erreur. Donc concrètement, comment on fait ? Parce qu'évidemment, c'est bien beau de dire tout ça, mais qu'est-ce qu'il faut faire ? Les recherches ont montré que ce qu'il est important de faire, c'est de dire ce qu'on entend de l'enfant, plutôt que ce qu'il ne doit pas faire. Donc, il ne faut pas dire « arrête de taper » . Au contraire, c'est « fais des caresses, fais des doudous » , utilise tes mains pour faire autre chose. Être dans le positif plutôt que dans le négatif. Il est très important pour les enfants, surtout avant 5-6 ans, de nommer l'émotion qu'ils sont en train de ressentir parce que eux, nous... comprennent pas ce qui se passe et donc plus on va nommer l'émotion plus ils vont la comprendre et en plus ils vont se sentir compris ça c'est vraiment quelque chose d'important ensuite c'est de proposer une alternative au comportement qui est inacceptable ça c'est vraiment important c'est bien de dire t'as pas le droit de faire ça ou ah bah tu viens de taper ton frère ok mais qu'est ce qui peut mettre en place à côté pour justement lorsqu'il ressent une émotion comme ce qu'il vient de ressentir qu'est ce qu'il peut faire pour contourner et ne pas faire quelque chose qui n'est pas... Donc ce qu'il faut être, c'est vraiment il faut être cohérent, ferme, mais très calme. Ça c'est vraiment le plus important. On a beaucoup parlé du time out, donc le fait d'isoler un enfant. Vous verrez beaucoup de débats à ce sujet, beaucoup de personnes ne sont pas forcément pour et d'autres sont contre. Au niveau de la science, ce que les recherches disent, c'est qu'un time out qui va être expliqué et qui ne va pas être long, c'est-à-dire qu'un time out ne doit pas dépasser les deux minutes parce qu'un enfant, lui, ne va pas... prendre le temps de réfléchir à sa bêtise pendant une heure. Donc en fait, juste c'est un temps où vous allez le mettre de côté, l'isoler un peu, ensuite vous allez lui expliquer, voilà, tu as été dans le coin parce que tu viens de faire cette bêtise et que tu avais besoin de te calmer, et moi aussi j'avais besoin de me calmer. Et donc on revient sur l'émotion qu'il a ressentie, ce qu'il a fait, comment il aurait dû faire, etc. C'est-à-dire que si vous faites un time-out, il faut toujours l'amener ensuite à une explication pour que l'enfant... comprennent ce qui s'est passé et pourquoi du coup il s'est retrouvé dans cette situation. En conclusion, l'éducation n'a pas besoin d'être dure pour être efficace et ça c'est vraiment important de le comprendre parce que c'est prouvé aujourd'hui. La science elle est vraiment claire là-dessus. Un enfant apprend mieux quand il se sent en sécurité et pas quand il a peur. Alors non, l'éducation de l'enviens, c'est pas une mode, c'est pas quelque chose qui se passera. C'est une réponse qui est adaptée au fonctionnement réel du cerveau humain. Ce n'est pas une question de perfection, c'est une question de posture, d'intention et de confiance. On fait de notre mieux, on apprend et on avance ensemble. Et voilà, j'espère que cette émission vous a plu. Si c'est le cas, n'hésitez pas à vous abonner et à mettre un maximum d'étoiles sur la plateforme que vous écoutez pour donner de la visibilité à mon podcast. N'hésitez pas à me contacter sur les réseaux sociaux si vous avez des questions, je serai ravie d'y répondre. Et puis je vous dis à très vite pour une prochaine émission. Salut !