Speaker #0Bienvenue sur podcast Alivia, je suis Julien, consultant indépendant et business analyst, et ce podcast c'est le journal de bord de quelqu'un qui construit son activité en temps réel. La semaine dernière, je t'ai raconté pourquoi j'ai quitté le salariat, le déclic, les peurs, le sentiment d'étouffement qu'on met des années à nommer. Aujourd'hui, on rentre dans le concret. Et par concret, je veux dire les vraies étapes, les vrais coups, les vraies galères. Parce que quand j'ai décidé de me mettre à mon compte, j'ai lu tous les articles du monde, tous les « Comment créer sa SASU en 5 étapes » , tous les guides soi-disant complets. Et quand je suis passé à l'action, j'ai découvert qu'il manquait plein de trucs, des détails qui changent tout, des frictions que personne ne mentionne, des décisions à prendre que les articles glissent sous le tapis. Donc, aujourd'hui, on va en parler, franchement, avec des chiffres, avec mes erreurs, avec ce que j'ai fait, bon et moins bon, pour passer de l'auto-entrepreneur à la SASU en 5 mois. Avec une plateforme comme sas d'entrée et zéro trésorerie d'avance au moment du basculement. Si t'es en train de réfléchir à te lancer, je te promets que cet épisode va t'éviter au moins deux ou trois mauvaises surprises. C'est parti ! Premier grand sujet, la structure juridique. Microentreprise, SASU, EURL, portage salarial. Sur le papier, tu lis les comparatifs. Tu te dis que c'est clair, en pratique c'est plus nuancé. Moi j'ai fait les deux. J'ai commencé en auto-entrepreneur pendant 5 mois, puis je suis passé en SASU. Je vais t'expliquer pourquoi ce chemin-là. Comment c'est simple, basculer quand c'est pertinent. Ça peut avoir beaucoup de sens. La micro-entreprise, c'est le réflexe de tout le monde au début. Et pour une simple raison, c'est facile. Tu te déclares en ligne, tu commences à facturer, tu payes un pourcentage de ton chiffre d'affaires, et voilà. Sauf que, en micro, tu as un plafond. 77 700 euros de chiffre d'affaires par an. pour les prestations de service. Et quand t'es consultant avec un TJM correct, ce plafond, tu l'exploses vite. Si je prends un exemple, un consultant à 500 euros par jour qui bosse environ 180 jours dans l'année, il est déjà à 90 000 euros de chiffre d'affaires. T'es déjà hors-jeu. Et puis il y a un autre truc que personne ne te dit clairement. En micro, tu ne peux pas déduire tes frais. Zéro. Ton ordinateur, ton abonnement, tes logiciels, tes déplacements, tes formations. Rien. Tu payes des cotisations sur ton CA brut, pas sur ton bénéfice. C'est un détail qui change tout quand tu commences à avoir des vrais frais pro. La SASU, c'est l'autre grande option. Une société, avec toi comme président et unique actionnaire. Tu te verses un salaire, tu peux te verser des dividendes, tu déduis tous tes frais. Les avantages sont réels. Pas de plafond de CA, optimisation fiscale possible, images plus sérieuses auprès des gros clients, possibilité de faire grandir la structure plus tard. Mais, et c'est un gros mais, c'est plus lourd à gérer. Tu dois tenir une compta, déposer tes comptes annuels, gérer des bulletins de paye, payer un expert comptable, comprendre la différence entre résultat net, trésorerie et dividendes. Si tu débutes avec un CA incertain, c'est peut-être trop tôt pour la SASU. La micro peut être une bonne première marche, le temps de valider ton marché. Moi j'ai commencé en auto, un choix volontaire. Je voulais démarrer léger, valider que je pouvais trouver des missions, et pas m'encombrer tout de suite avec une structure lourde. Et c'est là que la plateforme que j'utilise est entrée en jeu. C'est la plateforme qui m'a permis de signer mes premières missions rapidement, sans avoir à prospecter dans le vide pendant des mois. Pendant 5 mois, j'ai facturé en micro. Ça m'a permis de tester le marché, de caler mon TGM, de comprendre mes vrais besoins. Et puis quand ma mission principale a pris de l'ampleur, que les chiffres ont commencé à dépasser ce que le micro pouvait absorber, j'ai basculé en SASU. Ce qui m'a sauvé pendant la bascule, c'est un truc précis que je veux partager avec toi. Mon client principal de l'époque me payait à 10 jours, pas à 30. pas à 60, à 10 jours. Ça a littéralement changé la donne. Parce que basculer en SASU avec zéro trésorerie d'avance, ce que j'ai fait, en toute transparence, c'est le genre de pari que je ne te recommanderais pas dans l'absolu. Mais avec un client qui paye vite, le cycle de trésorerie se débloque et ce qui semble risqué devient gérable. La leçon à retenir, avant de basculer vers une structure plus lourde, regarde tes délais de paiement client. Si tu payes tes charges à 30 jours mais que ton client te paye à 60 ou 90, tu vas avoir un trou de trésorerie énorme. Et ce trou, il faut le combler soit avec du cash d'avance, soit avec de l'affacturage, soit en négociant des délais plus courts dès le départ. Le vrai critère, c'est pas Sazu c'est mieux ou Micro c'est mieux. Le vrai critère, c'est combien tu vas facturer dans les 12 prochains mois. Et est-ce que tu as des frais pro significatifs à déduire ? Si la réponse c'est moins de 50 000 euros et pas beaucoup de frais, la Micro est probablement suffisante pour commencer. Si la réponse c'est plus de 70 000 euros et j'ai des frais, la Sazu devient intéressante. Parlons argent, vraiment. Combien ça coûte de lancer une SASU ? Si tu tapes la question sur Google, tu vas trouver des chiffres qui vont de 200 à 2000 euros. Les deux sont vrais et les deux sont faux. Je vais te donner mes vrais chiffres. Création de la société, pure et dure, autour de 300 à 500 euros. Frais de greffe, publication légale, rédaction des statuts. Tu peux descendre le tarif en faisant tout toi-même via un site en ligne et tu peux passer à 1500 euros si tu passes par un avocat. Moi, c'est mon expert comptable et j'en ai eu pour 800 euros environ. Mais ça, c'est juste le coût administratif de naissance de la société. C'est pas le vrai coût. Le vrai coût, c'est ce qui vient après. L'expert comptable, tu comptes entre 100 et 400 euros par mois selon la formule à la complexité de ta structure. En SASU, c'est quasi obligatoire à moins d'avoir des compétences cotables solides. Moi, je paye un peu plus de 300 euros par mois. Ça fait presque 4000 euros par an rien que pour la compta. Et c'est un poste qu'on sous-estime systématiquement quand on se projette. Le compte bancaire professionnel, donc obligatoire pour une SASU, entre 10 et 20 euros par mois pour les banques en ligne comme Conto, Shine, Penny Lane. Disons 200 à 300 euros par an. L'assurance responsabilité civile pro, c'est très recommandé, parfois exigé par les clients, entre 200 et 600 euros par an selon l'activité. Et puis, il y a les charges que tu n'anticipes pas. Certains logiciels, ton outil de facturation, ton VPN, ton logiciel de gestion de projet. Tu comptes entre 30 et 100 euros par mois selon ton setup. Et le plus gros poste, celui dont personne ne le parle, La gestion de la trésorerie sur les premiers mois. En théorie, tu reçois tes premières factures 30 à 60 jours après avoir commencé à facturer. Parfois 90. Pendant ce temps, les charges tombent. La règle classique, c'est d'avoir un coussin qui couvre au minimum 3 mois de dépenses perso et pro avant de se lancer. Moi, je vais être transparent, je n'ai pas respecté cette règle. Je suis passé en sasu avec zéro trésorerie d'avance. Je ne recommanderais pas, mais je l'ai fait et ça a tenu. Pourquoi ça a tenu ? Deux raisons précises. 1. Mon passage par 5 mois d'autant en pré-repreneur m'a permis de valider mes revenus avant la bascule. Je savais exactement ce qui rentrait. Deux, mon client principal me payait à 10 jours. Ce détail-là, il change absolument tout. Donc si tu es dans une situation où tu ne peux pas te permettre 6 mois de coussin, voilà les leviers à actionner. Négocie tes délais de paiement en amont. 10 jours, si possible, 30 jours maximum. Signe au moins une mission avant de créer ta structure. Et teste en micro si tu peux, pour confirmer que les revenus sont là. C'est comme ça qu'on peut lancer une SASU sans cash d'avance, mais c'est serré, ça demande de la rigueur. Parlons du toujours-nali moyen, le fameux TJM. Quand tu débutes, tu te demandes combien je dois facturer. Et tu fais tout ce que le monde fait, tu regardes sur des plateformes comme Malte, etc. Tu regardes les grilles Sintec, tu demandes à des collègues, tu tombes sur des fourchettes. 400, 600 euros pour un consultant junior, 600, 900 pour un confirmé, 900 et plus pour un senior. Et tu choisis prudemment. Tu te dis, je ne vais pas me surévaluer, je vais me mettre au milieu de la fourchette histoire d'être compétitif. C'est une grosse erreur. Voilà ce que personne ne te dit clairement sur le TGM. Premier truc, ton TGM, ce n'est pas ton salaire. Si je prends l'exemple d'un TGM à 600 euros, ce n'est pas 600 euros dans ta poche. C'est 600 euros de chiffre d'affaires. De ces 600 euros-là, tu dois retirer les charges sociales si tu te verses un salaire, les frais de la structure, ton expert comptable, ton assurance, ton impôt sur les sociétés. Ton impôt sur le revenu, à la fin, un TGM à 600 euros, c'est à peu près 300 à 350 euros net dans ta poche. Deuxième truc, tu ne bosses pas 220 jours par an. Dans un vrai calcul, tu factures entre 140 et 180 jours dans l'année. Parce qu'il y a les congés, les arrêts maladie potentiels, les périodes sans mission, les jours de prospection, les jours de formation, les jours de gestion administrative. 180 jours, c'est déjà optimiste. Donc quand tu calcules ton TGM, tu dois partir de combien tu veux gagner par an, divisé par 180 jours facturables et multiplié par 2 pour couvrir les charges. Si tu veux 4000 euros net par mois, soit 48000 euros par an, tu dois viser un CA autour de 100 000 euros, soit un TGM autour de 550 euros minimum. Et encore, c'est un calcul tendu. Troisième truc, ton TGM est presque toujours sous-évalué. Parce que quand tu es en train de chercher et de signer ta première mission, tu es dans un état d'esprit particulier. Tu as peur de perdre le contrat, tu te dis je négocierai plus haut sur la prochaine, tu acceptes parce que tu as besoin de démarrer. Moi mon premier TGM, je l'ai négocié à la baisse. Aujourd'hui j'ai réussi à avoir un TGM correct et je vise sur le moyen terme à l'augmenter. La leçon, c'est que ton TJM de départ, considère-le comme temporaire et commence à préparer ta négociation de renouvellement ou ta mission suivante dès le jour où tu signes. Maintenant, le concret pur, les vraies étapes administratives. Les étapes pour créer ta SASU dans l'ordre, avec les détails qu'on oublie. Étape 1, rédiger tes statuts. Soit tu passes par une plateforme en ligne type Legastart, Contract Factory, ShineStart, soit tu le fais avec... qu'un avocat ou un expert comptable. Pour une SASU standard, la plateforme suffit. Prévois une à deux heures pour remplir le formulaire et fais-toi relire par quelqu'un qui s'y connaît avant de valider. Étape 2, déposer ton capital social. Tu ouvres un compte au nom de la société en formation, tu vires le capital dessus, tu peux mettre un euro symbolique, mais je te conseille plutôt entre 500 et 1000 euros pour avoir une trésorerie de départ. La banque te délivre une attestation de dépôt, c'est ce document qu'il faut pour l'étape suivante. Étape 3, publication légale et immatriculation. Tu publies une annonce légale, 150 à 200 euros. Tu déposes ton dossier complet sur le guichet unique, le site officiel. Tu reçois ton SIRET sous 2 à 4 semaines. 2 à 4 semaines, pas 2 jours, anticipe. Les démarches post-création qu'on oublie. Dès que tu as ton SIRET, tu dois activer ton compte bancaire pro définitif. T'inscrire à la DSN pour les bulletins de paie si tu ne passes pas par un expert comptable, souscrire ton assurance RC Pro, te déclarer au prix de l'URSSAF et mettre en place ta compta dès le premier mois. Et si tu fais de la prestation intellectuelle, tu dois aussi réfléchir à ton numéro de TVA intracommunautaire. Il est généré automatiquement, mais il faut vérifier qu'il est bien activé avant ta première facture européenne. Mes trois erreurs à ne pas reproduire. Je termine par les trois trucs que je ferais différemment si je devais recommencer. Erreur numéro 1, avoir basculé en SASU sans trésorerie d'avance. Je l'ai dit tout à l'heure, je suis passé en SASU avec zéro cash de sécurité. Ça a tenu parce que j'avais une mission signée et un client qui paye à 10 jours, mais honnêtement avec du recul, je trouve que j'ai pris un risque un peu gros. Si mon client avait eu un incident de paiement ou si la mission avait été suspendue, j'étais en difficulté immédiate. La leçon, si tu peux, prévois minimum 3 mois de coussin avant de basculer. Si tu ne peux pas, alors sécurise au maximum tes délais de paiement et signe ta mission avant de créer ta structure. Erreur numéro 2, avoir voulu tout faire toi-même, moi-même pardon au début. Au début je voulais tout comprendre, tout gérer, tout optimiser, les statuts, la compta, la paie, la fiscalité. J'ai passé des heures à lire des trucs que j'aurais pu déléguer pour 150 euros par mois. Un bon expert comptable au démarrage c'est pas une dépense, c'est un investissement qui te libère 20 à 30 heures par mois pour faire ce que tu sais vraiment bien faire, ton métier, et développer ton activité. Erreur numéro 3, avoir attendu la mission suivante pour prospecter. Classique, tu signes ta mission, tu te dis, je suis temps de creel pour 6 mois, je prospecterai quand ça sera fini. Le jour où tu prospectes, quand t'es au bord de la falaise, tu acceptes n'importe quoi, à n'importe quel prix. La leçon c'est que tu dois prospecter et entretenir ton raison en continu, même quand t'es en mission. 2 heures par semaine minimum, un poste LinkedIn, hebdomadaire, un café pro tous les 2 semaines. Ton pipeline, c'est ta seule vraie sécurité. Voilà ce que personne ne te dit avant de lancer ta sasue. Ce n'est pas pour te décourager, c'est pour te préparer. L'indépendance, c'est un super projet. Mais c'est un projet qu'il faut prendre au sérieux. Avec des chiffres, des scénarios, un coussin, un plan. Si tu prépares bien, tu augmentes énormément tes chances que ça marche. Mais si tu prépares mal, tu rentres dans les statistiques des 50% d'indépendants qui retournent en salariat après deux ans. La semaine prochaine, on attaque sur un sujet que j'adore. Et qu'on estime beaucoup trop. Qu'on sous-estime beaucoup trop. Comment se fixer un salaire quand les revenus sont irréguliers ? Parce que quand t'es en SASU, avec des entrées qui varient d'un mois à l'autre, la question du « combien je me paye et à quelle fréquence » devient un vrai casse-tête. Et les mauvaises décisions à ce niveau peuvent te coûter très cher. Si tu veux pas rater ça, abonne-toi sur Spotify, Apple Podcasts ou Youtube. 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