Speaker #0Bienvenue sur podcast Alivia, je suis Julien, consultant indépendant et business analyst, et ce podcast est le journal de bord de quelqu'un qui construit son activité en temps réel. Aujourd'hui je vais probablement te dire le contraire de ce que tu entends partout ailleurs. Je vais te dire pourquoi je n'optimise pas ma fiscalité. Pas par négligence, pas par flemme, pas parce que je m'en fous, mais par choix. Je vais te partager les vraies raisons. Celles qui ne sont pas dans les articles de blog des cabinets de conseil. Celles qui ne sont pas dans les podcasts qui te poussent à monter une holding ou à transformer tes ASU en EURL pour économiser 3000 euros par an. Tu vas trouver des dizaines de contenus qui te disent optimiste et dividende, jeu sur les frais, défiscalise au maximum, montre une structure complexe. Et moi, à ce stade de mon parcours, je fais l'inverse. Je laisse de l'optimisation potentielle sur la table. Pourquoi ? Que je crois que dans les premières années d'une activité indépendante, l'optimisation est rarement le bon combat. Et qu'elle peut même te coûter cher, pas en euros, mais en autre chose. C'est parti. En première partie, le mythe de l'optimisation. Avant de parler de ce que je fais, parlons de ce qu'on entend partout. Quand tu démarres en indépendant dans les 6 premiers mois, tu vas être submergé de contenu qui te parle d'optimisation de fiscal. LinkedIn, Youtube, les podcasts, les newsletters, les commerciaux de cabinet qui te démarchent. Le message est partout le même, si tu optimises pas, tu perds de l'argent. Et tu te laisses convaincre. C'est normal, personne n'a même laissé de l'argent sur la table. Tu commences à lire, à comparer, à calculer. Faut-il monter une holding ? Faut-il choisir l'IS ou l'IR ? Salaire ou dividende ? Voiture de société ? Indemnité kilométrique ? PER Pro ou Madeleine ? Et tu te retrouves à passer tes week-ends à essayer de comprendre des montages que tu ne maîtrises pas. Voilà ce qu'on ne te dit pas assez clairement. L'optimisation fiscale a un coût caché. Premier coup, le temps. Étudie les montages, comprends les arbitrages, choisir, mettre en place, suivre. Ça prend des heures, beaucoup d'heures. Et ces heures, elles ne sont pas gratuites. Elles sont prises sur ton temps de prospection, sur ton temps de mission, sur ton temps perso. Deuxième coup, le coût de la complexité. Plus ta structure est optimisée, plus elle est complexe. Plus elle est complexe, plus elle coûte cher à maintenir. Expert comptable plus cher, avocat fiscaliste à consulter, risque de contrôle plus élevé. Troisième coup, le coup du mental. Quand tu as une structure complexe, tu y penses tout le temps. Tu te demandes si tu l'as bien fait, si tu ne rates pas une optimisation, si la loi ne va pas changer, etc. Et pendant ce temps, tu n'es pas concentré sur ce qui fait vraiment vivre ton activité. Trouver des clients, livrer du bon travail, te développer. Donc avant même de parler de chiffres, il faut intégrer ça. L'optimisation, ce n'est pas gratuit. Ça coûte du temps, de l'argent et de l'énergie mentale. Partie 2, pourquoi l'attaque bat la défense ? Maintenant parlons stratégie. Dans toute activité, tu as deux moteurs, l'attaque et la défense. L'attaque, c'est ce qui te fait rentrer l'argent. Plus de clients, plus de missions, tarifs plus élevés, nouvelles offres. La défense, c'est ce qui t'empêche de voir l'argent partir. Réduction des coûts, optimisation fiscale, négociation de tarifs fournisseurs, etc. Les deux sont importantes, mais elles ne se valent absolument pas en termes d'impact. Si je te donne un exemple concret, imaginons deux consultants indépendants. Tous les deux à 500 euros de TGM, 150 jours facturés par an. Chiffre d'affaires 75 000 euros. Le premier passe 50 heures sur l'année à optimiser sa fiscalité. Il monte une stratégie hybride salaire-dividend hypercalibré. Il économise 3000 euros par an d'impôt. Bon résultat, 60 euros d'économie par heure investie. Le deuxième passe ses mêmes 50 heures à travailler son positionnement, son réseau, sa prospection. Au bout de 6 mois, il signe une nouvelle mission qui lui permet de passer son TGM moyen de 500 à 600 euros. Sur l'année suivante, ça représente 15 000 euros de C1 en plus. 300 euros par heure investie, 5 fois mieux. Et c'est pas un exemple théorique, c'est exactement le genre d'arbitrage qu'on fait consciemment ou pas tous les mois. L'attaque a un effet multiplicateur, la défense a un effet limité, par définition borné par tes impôts. Tu ne peux pas optimiser plus de 100% de tes impôts, mais tu peux multiplier ton chiffre d'affaires par 2, 3, 5. Donc la question stratégique, ce n'est pas comment je paye mon impôt, c'est où dois-je mettre mon énergie. Et tant que tu n'as pas atteint un certain niveau de revenu, la réponse est presque toujours la même sur la TAC. Je précise un truc important, je ne dis pas qu'il faut payer plus d'impôts que nécessaire, je dis qu'il faut le faire l'hygiène fiscale de base, et passer son temps sur des leviers qui rapportent plus. Partie 3, ce que je fais quand même. Parce que je ne veux pas que tu sortes de cet épisode en pensant que je fais rien. L'hygiène fiscale de base, je la fais et tu devrais aussi. Première chose, j'ai un expert comptable. Pas optionnel, indispensable. Pas pour optimiser des montages complexes, pour faire les choses correctement. Bulletin de paix, déclaration. bilan, conseils sur les décisions simples mais structurantes. Je paie un peu plus de 300 euros par mois. C'est de loin l'investissement le plus rentable que j'ai fait depuis la création de Massasu. Deuxième chose, je passe mes frais pro dans la société. Tout ce qui est lié à mon activité, je le passe en frais. Mon ordi, mes abonnements, mon assurance pro, ma formation, mes déplacements, mon expert comptable. C'est pas de l'optimisation, c'est le minimum. Troisième chose, je m'autorise un mix salaire-dividende raisonnable. Pas un montage complexe, juste un salaire qui me permet de valider mes droits sociaux et de vivre normalement. Et un complément en dividende en fin d'année, c'est la société dégage du bénéfice. C'est l'arbitrage que la plupart des SASU font, sans torture mentale. Quatrième chose, j'ai un compte-titres pro pour ma trésorerie. Comme ma société a la trésorerie excédentaire, qui dort sur le compte courant, je la place sur un compte-titres pro que j'ai... dans une banque en ligne. J'achète des ETF simples, des supports diversifiés à long terme. L'objectif c'est pas de spéculer, c'est juste de faire en sorte que le cash ne soit pas grignoté par l'inflation. Je vise du 5 à 7% en moyenne par an sur le long terme. Ça c'est de la gestion financière de base, pas de l'optimisation fiscale agressive. Cinquième chose, je me renseigne sur les sujets qui pourraient m'importer plus tard. Le PER Pro, l'épargne salariale, la holding... ou d'autres produits, je connais l'existence, je sais à peu près comment ça marche, mais je passe pas mes week-ends dessus. Le jour où ça devient pertinent, je creuse, mais pas avant. Pour la quatrième partie, on va parler des pièges de l'optimisation prématurée. Maintenant, parlons des dérapages que je vois autour de moi, les pièges classiques de l'optimisation prématurée. Premier piège, la holding au-dessus de la SASU. C'est the rêve de tous les indépendants au bout d'un an. Sur le papier, ça paraît malin. Tu fais remonter tes bénéfices dans une société mère qui paye moins d'impôts. Tu réinvestis dans d'autres projets. En pratique, sur un CA inférieur à 150 000 euros, la holding apporte rarement plus qu'elle ne coûte. Tu dois gérer deux structures, payer deux fois l'expert comptable, faire deux bilans, justifier les flux entre deux. J'ai vu des indépendants monter une holding pour économiser 2000 euros par an de fiscalité et dépenser 1800 euros de frais supplémentaires pour la maintenir. Garnet, 200 euros pour des dizaines d'heures de travail en plus. Deuxième siège, la voiture de société. Tu vas voir plein d'articles te dire qu'il faut mettre sa voiture dans la société. En pratique, c'est rarement rentable. Tu payes un avantage en nature qui est imposé. La fiscalité des véhicules d'entreprise est complexe et tu perds en flexibilité. Sauf cas très particuliers, gros rouleurs professionnels, véhicules utilitaires, c'est souvent une optimisation plus chère que ce qu'elle rapporte. Troisième piège, l'EURL à la place de la SASU. Tu vois souvent ce conseil, passe en EURL, tu paieras moins de charges sociales. C'est vrai sur le papier. En EURL, tu perds le statut d'assimiler salarié. Tu payes différemment, tu as moins de droits sociaux et la gestion est différente. Puis surtout, changer de structure, c'est lourd, coûteux et chronophage. Et de plus, il y a d'autres désavantages pour les dividendes. Quatrième piège, les niches fiscales exotiques. Tous les ans, on te promet des nouvelles niches. Investir dans le cinéma, dans les PME, dans les dom-toms, dans les start-up. Certaines sont légitimes, beaucoup sont surtout des produits commerciaux qui rémunèrent celui qui te les vend. A ton stade, tu n'as pas besoin de niche fiscale. Tu as besoin d'un revenu qui grandit. Cinquième piège, changer trop souvent. C'est le méta-piège, vouloir optimiser tout le temps, lire un nouvel article et vouloir réajuster. A un moment, il faut accepter de ne pas être à 100% optimisé et de faire confiance à une méthode simple qui tient dans la durée. Cinquième partie, quand commencer à vraiment optimiser ? Je termine par la question qu'on me pose souvent. Alors c'est quand le bon moment pour optimiser ? Voilà ma réponse en quelques critères. Premier critère, quand ton activité est stable. Tant que ton CA varie du simple au triple d'une année sur l'autre, optimiser c'est tirer des plans sur la comète. Ta structure doit pouvoir absorber les variations avant de penser à optimiser. Pour moi, stable, ça veut dire au moins deux ans avec un chiffre d'affaires qui ne fait pas le yo-yo. Deuxième critère, quand ton bénéfice dépasse un certain seuil. Quand ton bénéfice est inférieur à 81-100 000 euros par an, l'optimisation rapporte trop peu en valeur absolue pour justifier la complexité. Au-delà, les arbitrages commencent à représenter des sommes significatives. Et là, ça vaut le coup de creuser sérieusement. Troisième critère, quand tu as un objectif concret derrière. Optimiser pour optimiser, ça n'a pas de sens. Optimiser pour préparer un projet immobilier, une transmission, une diversification, là ça a du sens. Demande-toi, à quoi va servir l'argent que je vais économiser ? Si tu n'as pas de réponse claire, c'est probablement pas le bon moment. Quatrième critère, quand tu as les bons interlocuteurs. L'optimisation sérieuse, ça se fait pas avec des articles de blog, ça se fait avec un expert comptable spécialisé et parfois un avocat fiscaliste. Si tu peux te permettre ces interlocuteurs sans que ça mange ton gain d'optimisation, c'est aussi un bon signal. Donc le moment idéal pour optimiser, c'est probablement entre la troisième et la cinquième année d'activité, pas avant pour moi. Et entre temps, tu fais l'hygiène de base et tu mets ton énergie sur ce qui multiplie ton positionnement, ton réseau, tes tarifs, ta valeur. Alors voilà pour conclure. C'était ma position assumée sur l'optimisation fiscale. Je le redis, je ne dis pas qu'il faut payer plus d'impôts que nécessaire, je dis qu'au début, il y a des combats plus stratégiques. Ton vrai levier, c'est ton CA, pas ta feuille d'impôt. C'était en désaccord, mais on discutait. J'aime les avis qui contredisent les miens, c'est comme ça qu'on affine sa pensée. La semaine prochaine, on change complètement de registre. L'IA dans mon quotidien de business analyst. Pas l'IA théorique, pas les promesses des cabinets de conseil, pas le chat d'APT pour faire des blagues. L'IA dans ma vraie journée de consultant. Les outils que j'utilise concrètement, ceux qui m'ont fait gagner du temps réel, ceux qui m'ont déçu, et celui que j'utilise plusieurs fois par jour sans même y penser. Si tu te demandes comment intégrer l'IA dans ton travail sans devenir une caricature leak-dean, cet épisode est pour toi. Abonne-toi sur Spotify, Apple Podcasts ou YouTube si tu veux pas rater ça. 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