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Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Ami, le podcast tech, Guillaume Richardot, Charles.
Bienvenue dans Ami, le podcast tech, le podcast des nouvelles technologies qui vous parle de tout, de rien, de technologie et pas de chou-fleur, quoique un jour on fera peut-être un truc sur les ustensiles de cuisine connectée, mais pour l'instant... On n'en est pas là et on retrouve, grâce à la magie du numérique, quelqu'un que nous aimons retrouver et qui va nous parler de numérique, c'est Charles. Salut mon cher Charles.
Salut Guillaume, comment ça va ?
Ben écoute, ça va très très bien et tu vas nous parler de quelque chose que pratiquement tout le monde a maintenant chez lui, puisque l'ADSL est en train de disparaître complètement des réseaux et c'est la fibre optique qui l'a avantageusement remplacée et tu as décidé... d'en faire ton sujet du jour et ça me plaît bien parce que je vais apprendre plein de trucs.
Et oui, oui, tout à fait. La fibre optique, donc voilà, cette meilleure veilleuse technologie qui augmente nos débits pour télécharger nos jeux vidéo toujours plus rapidement.
Tiens, c'est étonnant que tu parles de jeux vidéo, je ne comprends pas.
Je ne sais pas pourquoi, à la sortie du...
Vraiment, je ne comprends pas.
Et donc, on en voit effectivement, comme tu l'as dit, de plus en plus, le cuivre est amené à disparaître, enfin, l'Internet par le cuivre est amené à disparaître. Mais il faut savoir que ça n'a pas commencé comme ça et c'est récent. Mais voilà, on repart quand même sur un peu l'historique de la fibre optique. Il y a des trucs super intéressants. Pour faire ce podcast, je me suis basé sur une vidéo YouTube de la chaîne Veritation que j'ai déjà utilisée pour faire des podcasts et que je reconseille énormément à tous nos auditeurs et auditrices. parce que c'est une chaîne YouTube absolument fascinante. Et donc, ils ont fait un sujet sur la fibre optique il n'y a pas longtemps, et j'ai appris plein de trucs. J'ai appris que, par exemple, l'histoire de la fibre optique, ça commence dans les années 60, parce que, du coup, il y a des chercheurs qui ont commencé à réfléchir là-dessus, parce que, du coup, dans les années 60-70, le nombre d'appels téléphoniques journaliers aux États-Unis, il a doublé. de 285 millions à 576 millions. On parle de nombre d'appels téléphoniques journaliers. Et les lignes en cuivre ne pouvaient pas supporter tous ces appels. Donc les lignes en cuivre, elles ont leurs désavantages. Il y avait beaucoup de pertes à l'époque. Il fallait du coup mettre des répéteurs à un certain nombre de tous les... Enfin, pas tous les kilomètres, mais à une certaine fréquence sur le long de la ligne. Et elle posait aussi des problèmes parce que du coup, la qualité sonore n'était pas top. On perdait vite les hautes fréquences à cause des distances, etc. Et on était aussi limité par le nombre d'appels qu'on pouvait faire en simultané sur une seule ligne. Parce que ce qui se passait, je ne sais pas si tu le savais ça, mon cher Guillaume,
mais par exemple... C'était multiplexé. C'est-à-dire que dans un seul fil de cuivre, on faisait passer plusieurs appels en même temps.
Oui, mais est-ce que tu sais comment ça se faisait ?
Bah à mon avis c'était... Alors je ne sais pas honnêtement, mais je pense que c'était codé avant le transfert et décodé après le transfert. C'était plein de petits zéros et de 1 qui passaient dans le fil de cuivre.
Eh ben non, pas exactement, parce que des zéros et des 1 on parle de numérique, alors que là ça restait analogique. C'est vrai,
tu as raison, j'ai doublement perdu.
Ça restait analogique comme une fréquence solaire. Mais ce qu'ils faisaient, la voix, elle est dans une certaine tranche de l'audition. Sauf que tout le monde à peu près, il y a des gens qui en voient plus grave, d'autres plus aiguë, mais on parle à peu près tous dans la même fréquence, dans la même tranche, je veux dire. Mais ce qui se passait, c'est que du coup, ton téléphone, il prenait ta voix, et soit il la compressait, il la mettait dans une fourchette beaucoup plus petite, et soit très grave, soit très aiguë, ou alors plusieurs créneaux.
Donc ça utilisait... pas les mêmes fréquences et ils pouvaient en mettre plusieurs à des fréquences différentes.
Je n'ai pas fini, laisse moi finir !
Ah bon, je cherche, je cherche !
Il mettait ta voix soit très aiguë, soit très grave. Par exemple, la voix de ton voisin qui voulait, la maison d'à côté qui voulait passer un appel aussi, qui voulait utiliser le même tuyau que toi, si toi ta voix était passée en très très grave, la voix de ton voisin était passée en très très aiguë, les deux voix allaient ensemble dans le même tuyau de cuivre. Et du coup, vu que sa voix, lui, était très aiguë et toi très grave, on ne sait plus ce que c'est l'inverse, elle n'interférait pas l'une avec l'autre. Et au bout du tuyau, il partait sur... Enfin, si tu m'appelais moi, ça prenait ton signal qui était du coup très aigu ou très grave, je ne sais plus ce que j'ai dit. Ça le remettait en normal. Et ton voisin qui appelait, on va dire mon voisin, pour qu'on dise qu'il utilise le même tuyau, pareil, il reprenait la voix qui était très grave, il la remettait en normal. Donc en fait, ça permettait de superposer, dans un seul fil de cube, ça permettait de superposer des signaux, parce que si tu laissais les signaux tels quels, c'est-à-dire la fourchette de fréquence que la voix humaine utilise, si tu superposais deux signaux qui utilisaient la même fourchette, à la fin, à la sortie du fil de cube, comment savoir à quelle voix appartient à qui ?
Donc il ne fallait pas que ton voisin soit un jumeau ?
Euh, non, c'est pas tant ça, c'est juste le système, il allouait, il transformait ta voix d'une manière un peu aléatoire, il disait, ok, l'appel de Guillaume, je vais le mettre en très aigu et son destinataire, il va devoir passer d'un signal très aigu à un signal normal.
Ça y est, ça y est, je crois que j'ai compris et c'est carrément malin parce qu'il n'y avait pas encore d'IA à l'époque.
Exactement. Le problème, c'est que les fréquences les plus hautes se perdaient plus vite que les fréquences les plus graves. Je ne vais pas faire un cours comme ça, mais c'est à cause, pour ceux qui s'intéressent, vous cherchez sur Internet, c'est à cause de la physique et de l'électromagnétisme. C'est comme ça, les fréquences les plus hautes se perdaient de plus en plus. Sauf qu'avec le nombre d'accroissants d'appels téléphoniques qu'il y avait tous les jours, les gens se sont dit, OK, il va nous falloir toujours plus de créneaux différents. parce que là, j'ai fait un exemple avec voix... grave et voix aiguë, enfin transformation grave, transformation aiguë, aiguë, mais tu pouvais faire plein de transformations différentes. Mais le problème, c'est que tu ne pouvais pas en faire un milliard non plus, parce qu'au-delà, quand ça devenait trop aigu, les fréquences les plus hautes se perdaient, il y avait beaucoup plus de pertes dans les lignes de cuivre sur les fréquences hautes. Et il y a des gars qui ont cherché ça, c'est des chercheurs qui ont du coup fait un théorème à leur nom, c'est Shannon et Hartley, donc c'est le théorème de Shannon Hartley. qui définit le nombre maximal de signal que tu peux envoyer dans une ligne de cuivre en fonction, et donc ce nombre maximal de signal que tu peux envoyer, il va être en fonction de la largeur de bande, c'est-à-dire de ta fréquence la plus grave à ta fréquence la plus aiguë, et il va dépendre aussi de la puissance du signal. Donc bien évidemment, si tu mets des signaux très très forts, tu peux envoyer des signaux plus loin, tu peux envoyer plus de signaux différents dans une seule ligne. Mais du coup, je ne vais pas la loi en entier, l'histoire de logarithme là-dedans, etc. Mais bref, du coup, il regardait ce théorème qui définit encore Shannon-Artec, qui définit le nombre maximal de signal que tu peux mettre dans une seule ligne. Et le meilleur moyen d'augmenter le nombre maximal de signal que tu peux mettre dans une seule ligne, c'est, comme je disais, la largeur de la bande. Donc, pour le spectre audio, la largeur de la bande, les signaux vont de 20 à 20 000 kHz. Donc on a un facteur 1000 entre la fréquence la plus basse. 20 Hz et la fréquence la plus haute, 20 000 kHz. Donc voilà, ça c'est notre largeur de bande, 20 à 20 kHz, enfin 20 Hz à 20 000 kHz, je vais y arriver, 20 000 Hz, pardon. Mais du coup, on savait qu'on allait être restreint avec cette largeur de bande-là. Donc les gars, ils ont commencé à chercher, ok, il faut qu'on cherche une largeur de bande. qui est plus large. Et donc ils ont commencé à regarder sur le spectre du visuel, le spectre électromagnétique de la lumière. Et là, si on part de l'infrarouge, donc on va un peu plus au-delà du visuel, si on va de l'infrarouge à l'ultraviolet, on est en termes de fréquence, on commence à 10 puissance 11 pour l'infrarouge et on finit à 10 puissance 16 à l'ultraviolet. Donc on a un facteur, non pas de 1000, mais un facteur avec 5 zéros derrière. Donc on a une plus grande largeur de bande. Donc les gars se sont dit, ok, on a une meilleure largeur de bande sur le visuel, de l'infrarouge à l'ultraviolet, donc en fait, il faut qu'on utilise ça pour transmettre des signaux. Sauf que dans les années 60, il n'y avait initialement pas de source de lumière qui était suffisamment puissante pour faire ça. Je dis dans les années 60, pas exactement, puisque dans les années 60, c'est dans les années 60 qu'a aussi été créé le laser. Et donc, le laser, c'était une source de lumière, mais l'avantage, c'est que du coup, vu que toute l'énergie partait en une seule ligne, au lieu d'avoir une ampoule qui diffuse de lumière dans tous les sens, le laser, ça permettait de mettre toute la puissance dans une seule ligne, donc dans un seul endroit. Et c'est là où les gars, ils ont commencé à regarder pour faire une fibre optique avec ça. Mais malgré le fait qu'ils utilisaient de la lumière dans une... Parce que les fibres optiques de verre, ça existait déjà. Enfin, du verre, on connaît la technologie du verre depuis longtemps. Donc, ils avaient essayé de faire des filins de verre et de transmettre un signal avec de la lumière dans un filin de verre. Mais le problème...
C'est que ça devait être fragile.
Alors, notamment, c'était fragile, mais le plus gros problème, c'est que les pertes étaient immenses. Donc, si on parle de la propagation d'un signal, que ce soit un signal électronique dans un fil de cuivre, que ce soit un signal audio, voilà, si on se met sur un canapé, là, à côté de l'eau, dès que je te parle, c'est un signal qui parle de ma bouche et qui va dans ton oreille. Donc, c'est un signal qui se transmet dans l'air. Et si on parle aussi d'un signal visuel, enfin, lui aussi visible, dans une fibre optique, tous les signaux finissent par avoir des pertes. C'est-à-dire que si on est sur l'un à côté de l'autre, à côté d'un canapé, tu m'entends bien, mais si on était à 2 km l'un de l'autre, tu ne m'entendrais pas. Parce que quand je parle, au bout d'un moment, la puissance que j'utilise en parlant, ça va se perdre, etc. C'est la même chose avec l'électricité dans un fil de cuivre. Au bout d'un moment, tu mets un courant dans un fil de cuivre, mais si tu vas très très loin, tu ne vas plus rien recevoir. Et c'était la même chose avec la lumière dans une fibre optique. Mais le problème à l'époque de la fibre optique, c'est que les pertes étaient considérables, elles étaient bien pires. On parle pour des pertes audio, même des pertes de signal, on parle de décibels. Et la perte de décibels pour les fibres optiques à l'époque, c'était environ 1000 décibels perdus par kilomètre, ce qui est absolument énorme et ce n'était absolument pas faisable. Alors ils avaient réfléchi à faire comme pour les lignes de cuivre. à faire des répéteurs, etc. Sauf qu'il aurait fallu en avoir un répéteur quasiment tous les 10 mètres. Donc, ce n'était pas du tout envisageable. Et du coup, plus ou moins, tout le monde avait laissé ça de côté. Ils disaient, il y a trop de pertes dans les lignes en vert. L'optique, ça ne marchera jamais. On laisse ça tomber. Sauf qu'il y a un mec, et là, c'est là où je suis un peu chauvin, un peu fier, parce qu'il s'appelle Charles. Il s'appelle Charles Kao. Il est né le 4 novembre 1933 à Shanghai. Plus précisément, dans la... concession française de Shanghai, à l'époque où Shanghai c'était un peu découpé. Et ce monsieur Charles Kao, il part étudier à Londres en 1953 et il finit par habiter en Angleterre et il finit par travailler dans un laboratoire qui étudie l'électromagnétisme. Il travaille dans un laboratoire de télécommunication au Royaume-Uni dans les années 60. Et du coup, voilà, les années 60... C'est, comme je disais, le plein boom des télécommunications. On utilise de plus en plus le téléphone et il y a des chercheurs qui regardent à la suite et comment on va pouvoir transmettre de plus en plus de communications. Et globalement, dans le laboratoire où travaille Charles, tout le monde se dit « Non, non, les gars, ne cherchez même pas à étudier la fibre optique. De toute façon, c'est une peine perdue. Il y a trop de pertes. Tout le monde a essayé. Concentrez-vous sur autre chose. Cherchez d'autres solutions, etc. » Sauf que... Les Charles, on a ça en commun, on est un peu têtu, on a un peu pété du boulon quand même, on est un peu têtu comme ça, et il se dit, non, non, il y a un truc à faire, pourquoi on perd autant de... pourquoi il y a de telles pertes dans du truc de verre, parce que le verre, on le voit à travers, donc normalement, la lumière devrait traverser. Et c'est comme ça qu'il a commencé à étudier un peu les fibres de verre et le verre qu'il recevait. Et en fait, il s'est rendu compte que le signal lumineux se perdait dans... la fibre de verre, parce qu'il y avait de l'absorption. Donc une lumière, quand elle atteint un milieu, quand elle atteint un objet ou quoi que ce soit, elle vient taper les atomes, les électrons. Et quand une lumière vient taper un atome, elle vient exciter les électrons, et les électrons sont posés sur des marches. Donc ils ne peuvent pas être n'importe où. En niveau d'énergie, ils sont posés sur des marches. Et un électron ne changera de marche que si l'énergie qu'il reçoit lui permet d'atteindre la marche supérieure. Il ne peut pas être entre deux marches. Et en fait, chaque matériau, chaque type d'atome a des marges différentes. Il y a certains matériaux qui ont des marges très resserrées, il y a certains matériaux qui ont des marges très très larges. Et le verre, c'est pour ça que c'est transparent, le verre, la silice pure, elle a des marges très très très larges. ce qui fait que Quand il y a de la lumière qui vient sur de la silice en verre, vu que les marches sont très très larges, l'énergie de la lumière qui vient taper la silice n'est pas suffisante pour faire passer les électrons d'une marche à une autre. Donc, puisque la lumière n'interagit pas avec les électrons des cristaux de silice dans le verre, puisque la lumière n'interagit pas avec eux, la lumière passe à travers. C'est pour ça que le verre est transparent. C'est parce que les marches énergétiques des électrons dans les cristaux de sélice sont très très larges. Les marches sont très très larges et l'énergie qu'apporterait la lumière dans le verre ne permettrait pas à faire passer d'un électron à un électron d'une marche à une autre. Et il s'est rendu compte, en étudiant ça, Charles Cahot, que le silice pur, normalement, est censé passer la lumière. Sauf que dans le verre que lui, il avait, qu'il utilisait pour faire ses fibres optiques, les industriels qui lui fournissaient le verre, en fait, ils mettaient des petites impuretés. Ils mettaient volontairement un peu, ils mélangeaient avec la poudre, parce qu'avant que ce soit du verre... Le vrai verre, c'est des poudres de silice, tu mélanges des poudres, tu les fais chauffer très très haut, et les industriels mettaient notamment, entre autres, des impuretés, volontairement, qui étaient sous forme d'atomes de fer, enfin du fer, il y avait plusieurs autres choses, et le problème de le fer, c'est que du coup, il absorbait la lumière, et c'est à cause de ça que les pertes du signal lumineux dans la fibre optique étaient si grandes que du coup, le signal ne pouvait pas traverser. Pourquoi les industriels, ils mettaient des impuretés comme ça et des atomes de fer ? pour faire en sorte que le verre soit plus facile à fondre. Parce qu'avec des impuretés comme des atomes de fer, le point de fusion du verre il est à 1400°C ce qui est déjà énorme. Mais si on n'utilise que de la silice pure, sans impureté, sans fer, le point de fusion il est à 2000°C. Donc en fait les industriels ils se disent de toute façon si je suppose un tout petit peu de fer et d'autres choses, on va faire des économies. Sauf que du coup, ça, derrière, vu que les fibres optiques, ça n'existait pas, etc., il n'y avait aucune norme derrière qui disait, ah, il faut que le verre soit au 99% ou quoi que ce soit. Les gars, ils disaient, vous voulez du verre ? Je vous fais du verre, il n'y a pas de souci. Qu'est-ce que tu veux ? Cherchez plus la composition chimique. Et donc, ça partait comme ça. Et donc, Charles Cahot, il théorise qu'un milieu, donc une fibre de verre en silice, pur, il fait des calculs, il se dit il y a des atomes de fer, etc. je pense qu'on peut arriver à des pertes de seulement 20 décibels par kilomètre pour rappel, de base, on était à 1000 décibels par kilomètre, donc le mec pense qu'on va pouvoir... 20 décibels, c'est à peu près proche de la perte qu'on trouve dans les fils de cuivre, et donc il se dit ça y est, c'est ça, Eureka ! Si on arrive à avoir une fibre optique qui a à peu près les mêmes pertes qu'une fibre de cuir, on va pouvoir remplacer toute l'infrastructure et on va réutiliser la même chose. Il va peut-être falloir mettre des répéteurs à un certain nombre de kilomètres, mais au moins on sait le faire avec des fils de cuir, on pourra le faire avec de la fibre optique. Et donc, pour vérifier sa théorie, il commande des échantillons de silice pure. Sauf que les échantillons de silice pure à l'époque, les gars ne vont pas les... qui ne savait pas faire une fibre optique actuelle, il reçoit, Charles Caoui, il reçoit des échantillons de 30 cm uniquement. Et comment tu fais pour étudier des pertes sur 30 cm ? Voilà, on parle de pertes de 20 décibels par kilomètre. Mais là, il n'y avait pas un kilomètre pour tester les pertes, il n'y avait que 30 cm. Donc le mec, il est absolument borné, il invente toute une machine qui permet de faire passer le faisceau plusieurs fois dans l'échantillon. Enfin voilà, il invente plein de trucs, sa machine, il la calibre, etc. Pendant des mois, il travaille sur cette machine pour tester la perte qu'il y a dans cet échantillon de 30 cm de sélice pure. Il branche sa machine, il dit ok, c'est le jour du test. Il branche sa machine, il teste et il regarde les pertes. Il a un appareil qui mesure les pertes du signal lumineux dans son échantillon. Et son appareil dit zéro perte. Il dit non, ce n'est pas possible, ma machine a de l'éconne, il y a forcément des pertes. Et il reteste, zéro perte, zéro perte. en fait Il finit par calibrer à droite à gauche, parce qu'en fait, son appareil qui mesurait les pertes, il n'était pas assez sensible. Et en fait, il finit par déduire que la perte du signal lumineux dans de la silice pure, c'est 5 décibels par kilomètre. Donc encore moins des 20 décibels par kilomètre qu'il avait lui-même théorisé et qui était proche du cuivre. Et donc, il finit par déduire ça en 1969. Il présente ses travaux un peu à tout le monde. Et là, c'est branle-bas de combat. Tout le monde se dit, OK, OK, OK, il y a un truc. En fait, il faut faire ça. Il faut de la silice pure, etc., etc. Et sauf que c'était le début, dans les débuts des années 70. Donc, on savait que c'était possible. Il avait réussi ça sur un échantillon. Mais après, encore fallait-il mettre ça en pratique. Parce qu'il y avait d'autres barrières qui se présentaient devant lui. parce que... Toute l'industrie du verre n'était pas taillée pour faire ça. Il y avait aussi des problèmes de réflexion parce que du coup, ton signal, tu veux qu'il passe dans la fibre de verre, mais tu n'as pas du tout envie qu'il sorte. Tu n'as pas envie que le signal soit atténué, donc en fait, tu veux... Un milieu, quand je dis un milieu, c'est le filin de verre qui va transmettre ton signal. Tu veux que le filin de verre soit absolument pur pour que le signal lumineux ne bute sur rien et qu'il n'y ait rien qui absorbe ton signal lumineux. Et tu veux aussi que le signal lumineux rebondisse et qu'il ne sorte pas de ton filin de verre. Donc en fait, une fibre optique, c'est... de base, moi j'ai déjà vu des installations de fibre optique c'est absolument minuscule, c'est quasiment aussi gros qu'un cheveu mais en fait, dans cette fibre optique tu as un cœur qui est extrêmement pur et qui contient ton signal et tu as une sorte d'enveloppe tout autour qui a un indice de réfraction inférieur à ton cœur parce que du coup, c'est de l'optique vous chercherez ça aussi sur internet si ça vous explique je ne vais pas faire un cours magistral mais très rapidement, si l'indice de réfraction Merci. de ton cœur est plus grand que l'indice de réflexion de l'enveloppe, le signal va toujours, le signal lumineux va toujours rebondir à l'intérieur du cœur et il ne sortira jamais du cœur. Et du coup, tu n'auras absolument aucune perte. Et il y a eu énormément de recherches là-dessus. Ça a été très compliqué parce que c'était des technologies qui n'existaient pas du tout. Mais il y a des gens qui ont commencé à regarder ça. Si vous cherchez, je vous invite à regarder la vidéo de Véritation qui explique comment tu fais Merci. une fibre optique qui est super fine et qui pourtant a un cœur, qui a techniquement deux parties, qui a un cœur et qui a une enveloppe. Et le cœur, il a des propriétés particulières, il y a des avantages particuliers de celui-là. Il doit être vraiment pur aussi, donc c'est absolument facile dans tout ça. Mais ça a commencé à se faire, ça se fait de mieux en mieux. Et la première fibre optique, c'était en 1977. Ça a été mis en place une fois que les gens se sont dit « Ok, ok, c'est possible, on peut faire ça » . Première fibre optique en 1977 à Chicago. Et seulement deux ans plus tard après, il y a une équipe au Japon qui a réussi à améliorer encore le processus et avoir des pertes de seulement 0,2 décibels par kilomètre. Donc on est vraiment très très très très loin des 1000 décibels par kilomètre. C'est d'ailleurs devenu la norme aujourd'hui, c'est devenu un standard aujourd'hui. La perte environ sur une ligne de fibre optique, c'est 0,2 décibels par kilomètre. extrêmement faible. Et c'est ça qui fait que la fibre optique, ça a une technologie qui est absolument incroyable parce qu'elle peut transporter des signaux très, très loin sans avoir besoin de répétiteurs, etc. Il y a très peu de pertes. Ça consomme très peu d'énergie. Et aussi, on est passé justement de l'électrique avec des signaux...
De l'analogique peut-être.
Voilà, c'est ça, électrique mais analogique. Au numérique. Pourquoi ? Parce que du coup... Si tu veux faire des 1 et des 0 comme tu dis, si tu fais des 1 et des 0 avec de l'électricité, l'électricité, il y a toujours un temps de charge et de décharge. Il y a un effet capaciteur, etc. Du coup, ce n'est pas immédiat. Donc en fait, faire des 1 et des 0 sur des longues distances avec du cuivre, ça va marcher, mais ce n'est pas folichon quand même. Tu vas avoir de la latence et tu vas finir par heurter certaines limites. Alors que la lumière, il n'y a rien de plus rapide que la lumière dans l'univers. La lumière, c'est quasiment instantané. Donc en fait, la lumière, tu peux faire des allumés, éteints, allumés, éteints. Si tu utilises un laser aussi, tu n'utilises pas une vieille lampe à filaments qui a un temps de chauffe, etc. Mais si tu utilises une technologie qui permet de s'allumer, de s'éteindre très très rapidement, et bien là, tu peux effectivement passer sur un signal numérique avec des 1 et des 0, avec de la lumière allumée, de la lumière éteinte, pour faire tes 1 et tes 0. Et tu peux, à partir du moment où tu as des 1 et des 0, tu peux, dans un seul tuyau, faire passer beaucoup plus de signaux différents avec toi qui appelles, ton voisin qui appelle, puis sa voisine, etc. Puisqu'en fait, si les signaux s'accordent sur un protocole particulier où tu dis que le premier paquet, c'est le paquet de données, on va dire un octet avec 8, 1 ou 0, le premier paquet appartient à Guillaume, le deuxième paquet appartient à son voisin, le troisième paquet appartient à sa voisine, là, tu peux faire... passer tout ce petit monde à des fréquences extrêmement rapides dans la fibre optique. Et c'est comme ça qu'on en arrive aujourd'hui à des très, très belles vitesses de téléchargement pour, je le répète, télécharger nos jeux vidéo préférés.
Et oui, ça s'appelle donc le multiplexage, de faire passer plusieurs conversations téléphoniques, plusieurs zéros et uns qui appartiennent à plusieurs lignes dans le même tuyau jusqu'au centraux et pour repartir là où ça doit aller. Absolument. Eh bien, magnifique. Alors là, c'était vraiment génial. J'avais l'impression d'écouter un podcast. Ça tombe bien parce qu'on était en train de l'enregistrer. Il était passionnant. Donc, Charles, nous te remercions. Comme ça, maintenant, vous n'écouterez plus la radio et vous ne regarderez plus la télé de la même manière quand vous penserez que tout ça va rentrer dans votre box et par la fibre optique, aller se balader dans... dans ce monde numérique incroyable. À une époque, dans les années 70, quand l'Internet allait arriver chez nous, on appelait ça les autoroutes de l'information. On était peut-être petits à cette époque-là. Mais voilà, moi, ça me fascine. Donc, nous te faisons un merci géant. Donc, si vous voulez utiliser votre fibre optique pour nous téléphoner, puisque maintenant, si vous avez une box branchée à la fibre, même un coup de fil passe par la fibre. C'est le 0176 21 18 10, et oui, le bon vieux téléphone existe toujours, et nous l'aimons. Et puis, il y a aussi le mail ou le courriel, comme disent nos amis québécois. C'est contacte-ami-le-podcast.com, contacte-ami-le-podcast.com. Vous pouvez nous envoyer des sons via des pièces jointes ou des textes via votre clavier. Donc pour faire ça, vous allez... clavioté, comme disent les Québécois. Je suis très Québécois en ce moment, je dois dire. Faut être honnête. Bon, Charles, on se retrouve bientôt pour de nouvelles aventures.
Ouais, absolument, avec plaisir.
Eh bien, ciao !
Ciao ! Le podcast 01 76 21 18 10 Si vous voulez commenter l'Infotech.
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Salut Guillaume, comment ça va ?
Ben écoute, ça va très très bien et tu vas nous parler de quelque chose que pratiquement tout le monde a maintenant chez lui, puisque l'ADSL est en train de disparaître complètement des réseaux et c'est la fibre optique qui l'a avantageusement remplacée et tu as décidé... d'en faire ton sujet du jour et ça me plaît bien parce que je vais apprendre plein de trucs.
Et oui, oui, tout à fait. La fibre optique, donc voilà, cette meilleure veilleuse technologie qui augmente nos débits pour télécharger nos jeux vidéo toujours plus rapidement.
Tiens, c'est étonnant que tu parles de jeux vidéo, je ne comprends pas.
Je ne sais pas pourquoi, à la sortie du...
Vraiment, je ne comprends pas.
Et donc, on en voit effectivement, comme tu l'as dit, de plus en plus, le cuivre est amené à disparaître, enfin, l'Internet par le cuivre est amené à disparaître. Mais il faut savoir que ça n'a pas commencé comme ça et c'est récent. Mais voilà, on repart quand même sur un peu l'historique de la fibre optique. Il y a des trucs super intéressants. Pour faire ce podcast, je me suis basé sur une vidéo YouTube de la chaîne Veritation que j'ai déjà utilisée pour faire des podcasts et que je reconseille énormément à tous nos auditeurs et auditrices. parce que c'est une chaîne YouTube absolument fascinante. Et donc, ils ont fait un sujet sur la fibre optique il n'y a pas longtemps, et j'ai appris plein de trucs. J'ai appris que, par exemple, l'histoire de la fibre optique, ça commence dans les années 60, parce que, du coup, il y a des chercheurs qui ont commencé à réfléchir là-dessus, parce que, du coup, dans les années 60-70, le nombre d'appels téléphoniques journaliers aux États-Unis, il a doublé. de 285 millions à 576 millions. On parle de nombre d'appels téléphoniques journaliers. Et les lignes en cuivre ne pouvaient pas supporter tous ces appels. Donc les lignes en cuivre, elles ont leurs désavantages. Il y avait beaucoup de pertes à l'époque. Il fallait du coup mettre des répéteurs à un certain nombre de tous les... Enfin, pas tous les kilomètres, mais à une certaine fréquence sur le long de la ligne. Et elle posait aussi des problèmes parce que du coup, la qualité sonore n'était pas top. On perdait vite les hautes fréquences à cause des distances, etc. Et on était aussi limité par le nombre d'appels qu'on pouvait faire en simultané sur une seule ligne. Parce que ce qui se passait, je ne sais pas si tu le savais ça, mon cher Guillaume,
mais par exemple... C'était multiplexé. C'est-à-dire que dans un seul fil de cuivre, on faisait passer plusieurs appels en même temps.
Oui, mais est-ce que tu sais comment ça se faisait ?
Bah à mon avis c'était... Alors je ne sais pas honnêtement, mais je pense que c'était codé avant le transfert et décodé après le transfert. C'était plein de petits zéros et de 1 qui passaient dans le fil de cuivre.
Eh ben non, pas exactement, parce que des zéros et des 1 on parle de numérique, alors que là ça restait analogique. C'est vrai,
tu as raison, j'ai doublement perdu.
Ça restait analogique comme une fréquence solaire. Mais ce qu'ils faisaient, la voix, elle est dans une certaine tranche de l'audition. Sauf que tout le monde à peu près, il y a des gens qui en voient plus grave, d'autres plus aiguë, mais on parle à peu près tous dans la même fréquence, dans la même tranche, je veux dire. Mais ce qui se passait, c'est que du coup, ton téléphone, il prenait ta voix, et soit il la compressait, il la mettait dans une fourchette beaucoup plus petite, et soit très grave, soit très aiguë, ou alors plusieurs créneaux.
Donc ça utilisait... pas les mêmes fréquences et ils pouvaient en mettre plusieurs à des fréquences différentes.
Je n'ai pas fini, laisse moi finir !
Ah bon, je cherche, je cherche !
Il mettait ta voix soit très aiguë, soit très grave. Par exemple, la voix de ton voisin qui voulait, la maison d'à côté qui voulait passer un appel aussi, qui voulait utiliser le même tuyau que toi, si toi ta voix était passée en très très grave, la voix de ton voisin était passée en très très aiguë, les deux voix allaient ensemble dans le même tuyau de cuivre. Et du coup, vu que sa voix, lui, était très aiguë et toi très grave, on ne sait plus ce que c'est l'inverse, elle n'interférait pas l'une avec l'autre. Et au bout du tuyau, il partait sur... Enfin, si tu m'appelais moi, ça prenait ton signal qui était du coup très aigu ou très grave, je ne sais plus ce que j'ai dit. Ça le remettait en normal. Et ton voisin qui appelait, on va dire mon voisin, pour qu'on dise qu'il utilise le même tuyau, pareil, il reprenait la voix qui était très grave, il la remettait en normal. Donc en fait, ça permettait de superposer, dans un seul fil de cube, ça permettait de superposer des signaux, parce que si tu laissais les signaux tels quels, c'est-à-dire la fourchette de fréquence que la voix humaine utilise, si tu superposais deux signaux qui utilisaient la même fourchette, à la fin, à la sortie du fil de cube, comment savoir à quelle voix appartient à qui ?
Donc il ne fallait pas que ton voisin soit un jumeau ?
Euh, non, c'est pas tant ça, c'est juste le système, il allouait, il transformait ta voix d'une manière un peu aléatoire, il disait, ok, l'appel de Guillaume, je vais le mettre en très aigu et son destinataire, il va devoir passer d'un signal très aigu à un signal normal.
Ça y est, ça y est, je crois que j'ai compris et c'est carrément malin parce qu'il n'y avait pas encore d'IA à l'époque.
Exactement. Le problème, c'est que les fréquences les plus hautes se perdaient plus vite que les fréquences les plus graves. Je ne vais pas faire un cours comme ça, mais c'est à cause, pour ceux qui s'intéressent, vous cherchez sur Internet, c'est à cause de la physique et de l'électromagnétisme. C'est comme ça, les fréquences les plus hautes se perdaient de plus en plus. Sauf qu'avec le nombre d'accroissants d'appels téléphoniques qu'il y avait tous les jours, les gens se sont dit, OK, il va nous falloir toujours plus de créneaux différents. parce que là, j'ai fait un exemple avec voix... grave et voix aiguë, enfin transformation grave, transformation aiguë, aiguë, mais tu pouvais faire plein de transformations différentes. Mais le problème, c'est que tu ne pouvais pas en faire un milliard non plus, parce qu'au-delà, quand ça devenait trop aigu, les fréquences les plus hautes se perdaient, il y avait beaucoup plus de pertes dans les lignes de cuivre sur les fréquences hautes. Et il y a des gars qui ont cherché ça, c'est des chercheurs qui ont du coup fait un théorème à leur nom, c'est Shannon et Hartley, donc c'est le théorème de Shannon Hartley. qui définit le nombre maximal de signal que tu peux envoyer dans une ligne de cuivre en fonction, et donc ce nombre maximal de signal que tu peux envoyer, il va être en fonction de la largeur de bande, c'est-à-dire de ta fréquence la plus grave à ta fréquence la plus aiguë, et il va dépendre aussi de la puissance du signal. Donc bien évidemment, si tu mets des signaux très très forts, tu peux envoyer des signaux plus loin, tu peux envoyer plus de signaux différents dans une seule ligne. Mais du coup, je ne vais pas la loi en entier, l'histoire de logarithme là-dedans, etc. Mais bref, du coup, il regardait ce théorème qui définit encore Shannon-Artec, qui définit le nombre maximal de signal que tu peux mettre dans une seule ligne. Et le meilleur moyen d'augmenter le nombre maximal de signal que tu peux mettre dans une seule ligne, c'est, comme je disais, la largeur de la bande. Donc, pour le spectre audio, la largeur de la bande, les signaux vont de 20 à 20 000 kHz. Donc on a un facteur 1000 entre la fréquence la plus basse. 20 Hz et la fréquence la plus haute, 20 000 kHz. Donc voilà, ça c'est notre largeur de bande, 20 à 20 kHz, enfin 20 Hz à 20 000 kHz, je vais y arriver, 20 000 Hz, pardon. Mais du coup, on savait qu'on allait être restreint avec cette largeur de bande-là. Donc les gars, ils ont commencé à chercher, ok, il faut qu'on cherche une largeur de bande. qui est plus large. Et donc ils ont commencé à regarder sur le spectre du visuel, le spectre électromagnétique de la lumière. Et là, si on part de l'infrarouge, donc on va un peu plus au-delà du visuel, si on va de l'infrarouge à l'ultraviolet, on est en termes de fréquence, on commence à 10 puissance 11 pour l'infrarouge et on finit à 10 puissance 16 à l'ultraviolet. Donc on a un facteur, non pas de 1000, mais un facteur avec 5 zéros derrière. Donc on a une plus grande largeur de bande. Donc les gars se sont dit, ok, on a une meilleure largeur de bande sur le visuel, de l'infrarouge à l'ultraviolet, donc en fait, il faut qu'on utilise ça pour transmettre des signaux. Sauf que dans les années 60, il n'y avait initialement pas de source de lumière qui était suffisamment puissante pour faire ça. Je dis dans les années 60, pas exactement, puisque dans les années 60, c'est dans les années 60 qu'a aussi été créé le laser. Et donc, le laser, c'était une source de lumière, mais l'avantage, c'est que du coup, vu que toute l'énergie partait en une seule ligne, au lieu d'avoir une ampoule qui diffuse de lumière dans tous les sens, le laser, ça permettait de mettre toute la puissance dans une seule ligne, donc dans un seul endroit. Et c'est là où les gars, ils ont commencé à regarder pour faire une fibre optique avec ça. Mais malgré le fait qu'ils utilisaient de la lumière dans une... Parce que les fibres optiques de verre, ça existait déjà. Enfin, du verre, on connaît la technologie du verre depuis longtemps. Donc, ils avaient essayé de faire des filins de verre et de transmettre un signal avec de la lumière dans un filin de verre. Mais le problème...
C'est que ça devait être fragile.
Alors, notamment, c'était fragile, mais le plus gros problème, c'est que les pertes étaient immenses. Donc, si on parle de la propagation d'un signal, que ce soit un signal électronique dans un fil de cuivre, que ce soit un signal audio, voilà, si on se met sur un canapé, là, à côté de l'eau, dès que je te parle, c'est un signal qui parle de ma bouche et qui va dans ton oreille. Donc, c'est un signal qui se transmet dans l'air. Et si on parle aussi d'un signal visuel, enfin, lui aussi visible, dans une fibre optique, tous les signaux finissent par avoir des pertes. C'est-à-dire que si on est sur l'un à côté de l'autre, à côté d'un canapé, tu m'entends bien, mais si on était à 2 km l'un de l'autre, tu ne m'entendrais pas. Parce que quand je parle, au bout d'un moment, la puissance que j'utilise en parlant, ça va se perdre, etc. C'est la même chose avec l'électricité dans un fil de cuivre. Au bout d'un moment, tu mets un courant dans un fil de cuivre, mais si tu vas très très loin, tu ne vas plus rien recevoir. Et c'était la même chose avec la lumière dans une fibre optique. Mais le problème à l'époque de la fibre optique, c'est que les pertes étaient considérables, elles étaient bien pires. On parle pour des pertes audio, même des pertes de signal, on parle de décibels. Et la perte de décibels pour les fibres optiques à l'époque, c'était environ 1000 décibels perdus par kilomètre, ce qui est absolument énorme et ce n'était absolument pas faisable. Alors ils avaient réfléchi à faire comme pour les lignes de cuivre. à faire des répéteurs, etc. Sauf qu'il aurait fallu en avoir un répéteur quasiment tous les 10 mètres. Donc, ce n'était pas du tout envisageable. Et du coup, plus ou moins, tout le monde avait laissé ça de côté. Ils disaient, il y a trop de pertes dans les lignes en vert. L'optique, ça ne marchera jamais. On laisse ça tomber. Sauf qu'il y a un mec, et là, c'est là où je suis un peu chauvin, un peu fier, parce qu'il s'appelle Charles. Il s'appelle Charles Kao. Il est né le 4 novembre 1933 à Shanghai. Plus précisément, dans la... concession française de Shanghai, à l'époque où Shanghai c'était un peu découpé. Et ce monsieur Charles Kao, il part étudier à Londres en 1953 et il finit par habiter en Angleterre et il finit par travailler dans un laboratoire qui étudie l'électromagnétisme. Il travaille dans un laboratoire de télécommunication au Royaume-Uni dans les années 60. Et du coup, voilà, les années 60... C'est, comme je disais, le plein boom des télécommunications. On utilise de plus en plus le téléphone et il y a des chercheurs qui regardent à la suite et comment on va pouvoir transmettre de plus en plus de communications. Et globalement, dans le laboratoire où travaille Charles, tout le monde se dit « Non, non, les gars, ne cherchez même pas à étudier la fibre optique. De toute façon, c'est une peine perdue. Il y a trop de pertes. Tout le monde a essayé. Concentrez-vous sur autre chose. Cherchez d'autres solutions, etc. » Sauf que... Les Charles, on a ça en commun, on est un peu têtu, on a un peu pété du boulon quand même, on est un peu têtu comme ça, et il se dit, non, non, il y a un truc à faire, pourquoi on perd autant de... pourquoi il y a de telles pertes dans du truc de verre, parce que le verre, on le voit à travers, donc normalement, la lumière devrait traverser. Et c'est comme ça qu'il a commencé à étudier un peu les fibres de verre et le verre qu'il recevait. Et en fait, il s'est rendu compte que le signal lumineux se perdait dans... la fibre de verre, parce qu'il y avait de l'absorption. Donc une lumière, quand elle atteint un milieu, quand elle atteint un objet ou quoi que ce soit, elle vient taper les atomes, les électrons. Et quand une lumière vient taper un atome, elle vient exciter les électrons, et les électrons sont posés sur des marches. Donc ils ne peuvent pas être n'importe où. En niveau d'énergie, ils sont posés sur des marches. Et un électron ne changera de marche que si l'énergie qu'il reçoit lui permet d'atteindre la marche supérieure. Il ne peut pas être entre deux marches. Et en fait, chaque matériau, chaque type d'atome a des marges différentes. Il y a certains matériaux qui ont des marges très resserrées, il y a certains matériaux qui ont des marges très très larges. Et le verre, c'est pour ça que c'est transparent, le verre, la silice pure, elle a des marges très très très larges. ce qui fait que Quand il y a de la lumière qui vient sur de la silice en verre, vu que les marches sont très très larges, l'énergie de la lumière qui vient taper la silice n'est pas suffisante pour faire passer les électrons d'une marche à une autre. Donc, puisque la lumière n'interagit pas avec les électrons des cristaux de silice dans le verre, puisque la lumière n'interagit pas avec eux, la lumière passe à travers. C'est pour ça que le verre est transparent. C'est parce que les marches énergétiques des électrons dans les cristaux de sélice sont très très larges. Les marches sont très très larges et l'énergie qu'apporterait la lumière dans le verre ne permettrait pas à faire passer d'un électron à un électron d'une marche à une autre. Et il s'est rendu compte, en étudiant ça, Charles Cahot, que le silice pur, normalement, est censé passer la lumière. Sauf que dans le verre que lui, il avait, qu'il utilisait pour faire ses fibres optiques, les industriels qui lui fournissaient le verre, en fait, ils mettaient des petites impuretés. Ils mettaient volontairement un peu, ils mélangeaient avec la poudre, parce qu'avant que ce soit du verre... Le vrai verre, c'est des poudres de silice, tu mélanges des poudres, tu les fais chauffer très très haut, et les industriels mettaient notamment, entre autres, des impuretés, volontairement, qui étaient sous forme d'atomes de fer, enfin du fer, il y avait plusieurs autres choses, et le problème de le fer, c'est que du coup, il absorbait la lumière, et c'est à cause de ça que les pertes du signal lumineux dans la fibre optique étaient si grandes que du coup, le signal ne pouvait pas traverser. Pourquoi les industriels, ils mettaient des impuretés comme ça et des atomes de fer ? pour faire en sorte que le verre soit plus facile à fondre. Parce qu'avec des impuretés comme des atomes de fer, le point de fusion du verre il est à 1400°C ce qui est déjà énorme. Mais si on n'utilise que de la silice pure, sans impureté, sans fer, le point de fusion il est à 2000°C. Donc en fait les industriels ils se disent de toute façon si je suppose un tout petit peu de fer et d'autres choses, on va faire des économies. Sauf que du coup, ça, derrière, vu que les fibres optiques, ça n'existait pas, etc., il n'y avait aucune norme derrière qui disait, ah, il faut que le verre soit au 99% ou quoi que ce soit. Les gars, ils disaient, vous voulez du verre ? Je vous fais du verre, il n'y a pas de souci. Qu'est-ce que tu veux ? Cherchez plus la composition chimique. Et donc, ça partait comme ça. Et donc, Charles Cahot, il théorise qu'un milieu, donc une fibre de verre en silice, pur, il fait des calculs, il se dit il y a des atomes de fer, etc. je pense qu'on peut arriver à des pertes de seulement 20 décibels par kilomètre pour rappel, de base, on était à 1000 décibels par kilomètre, donc le mec pense qu'on va pouvoir... 20 décibels, c'est à peu près proche de la perte qu'on trouve dans les fils de cuivre, et donc il se dit ça y est, c'est ça, Eureka ! Si on arrive à avoir une fibre optique qui a à peu près les mêmes pertes qu'une fibre de cuir, on va pouvoir remplacer toute l'infrastructure et on va réutiliser la même chose. Il va peut-être falloir mettre des répéteurs à un certain nombre de kilomètres, mais au moins on sait le faire avec des fils de cuir, on pourra le faire avec de la fibre optique. Et donc, pour vérifier sa théorie, il commande des échantillons de silice pure. Sauf que les échantillons de silice pure à l'époque, les gars ne vont pas les... qui ne savait pas faire une fibre optique actuelle, il reçoit, Charles Caoui, il reçoit des échantillons de 30 cm uniquement. Et comment tu fais pour étudier des pertes sur 30 cm ? Voilà, on parle de pertes de 20 décibels par kilomètre. Mais là, il n'y avait pas un kilomètre pour tester les pertes, il n'y avait que 30 cm. Donc le mec, il est absolument borné, il invente toute une machine qui permet de faire passer le faisceau plusieurs fois dans l'échantillon. Enfin voilà, il invente plein de trucs, sa machine, il la calibre, etc. Pendant des mois, il travaille sur cette machine pour tester la perte qu'il y a dans cet échantillon de 30 cm de sélice pure. Il branche sa machine, il dit ok, c'est le jour du test. Il branche sa machine, il teste et il regarde les pertes. Il a un appareil qui mesure les pertes du signal lumineux dans son échantillon. Et son appareil dit zéro perte. Il dit non, ce n'est pas possible, ma machine a de l'éconne, il y a forcément des pertes. Et il reteste, zéro perte, zéro perte. en fait Il finit par calibrer à droite à gauche, parce qu'en fait, son appareil qui mesurait les pertes, il n'était pas assez sensible. Et en fait, il finit par déduire que la perte du signal lumineux dans de la silice pure, c'est 5 décibels par kilomètre. Donc encore moins des 20 décibels par kilomètre qu'il avait lui-même théorisé et qui était proche du cuivre. Et donc, il finit par déduire ça en 1969. Il présente ses travaux un peu à tout le monde. Et là, c'est branle-bas de combat. Tout le monde se dit, OK, OK, OK, il y a un truc. En fait, il faut faire ça. Il faut de la silice pure, etc., etc. Et sauf que c'était le début, dans les débuts des années 70. Donc, on savait que c'était possible. Il avait réussi ça sur un échantillon. Mais après, encore fallait-il mettre ça en pratique. Parce qu'il y avait d'autres barrières qui se présentaient devant lui. parce que... Toute l'industrie du verre n'était pas taillée pour faire ça. Il y avait aussi des problèmes de réflexion parce que du coup, ton signal, tu veux qu'il passe dans la fibre de verre, mais tu n'as pas du tout envie qu'il sorte. Tu n'as pas envie que le signal soit atténué, donc en fait, tu veux... Un milieu, quand je dis un milieu, c'est le filin de verre qui va transmettre ton signal. Tu veux que le filin de verre soit absolument pur pour que le signal lumineux ne bute sur rien et qu'il n'y ait rien qui absorbe ton signal lumineux. Et tu veux aussi que le signal lumineux rebondisse et qu'il ne sorte pas de ton filin de verre. Donc en fait, une fibre optique, c'est... de base, moi j'ai déjà vu des installations de fibre optique c'est absolument minuscule, c'est quasiment aussi gros qu'un cheveu mais en fait, dans cette fibre optique tu as un cœur qui est extrêmement pur et qui contient ton signal et tu as une sorte d'enveloppe tout autour qui a un indice de réfraction inférieur à ton cœur parce que du coup, c'est de l'optique vous chercherez ça aussi sur internet si ça vous explique je ne vais pas faire un cours magistral mais très rapidement, si l'indice de réfraction Merci. de ton cœur est plus grand que l'indice de réflexion de l'enveloppe, le signal va toujours, le signal lumineux va toujours rebondir à l'intérieur du cœur et il ne sortira jamais du cœur. Et du coup, tu n'auras absolument aucune perte. Et il y a eu énormément de recherches là-dessus. Ça a été très compliqué parce que c'était des technologies qui n'existaient pas du tout. Mais il y a des gens qui ont commencé à regarder ça. Si vous cherchez, je vous invite à regarder la vidéo de Véritation qui explique comment tu fais Merci. une fibre optique qui est super fine et qui pourtant a un cœur, qui a techniquement deux parties, qui a un cœur et qui a une enveloppe. Et le cœur, il a des propriétés particulières, il y a des avantages particuliers de celui-là. Il doit être vraiment pur aussi, donc c'est absolument facile dans tout ça. Mais ça a commencé à se faire, ça se fait de mieux en mieux. Et la première fibre optique, c'était en 1977. Ça a été mis en place une fois que les gens se sont dit « Ok, ok, c'est possible, on peut faire ça » . Première fibre optique en 1977 à Chicago. Et seulement deux ans plus tard après, il y a une équipe au Japon qui a réussi à améliorer encore le processus et avoir des pertes de seulement 0,2 décibels par kilomètre. Donc on est vraiment très très très très loin des 1000 décibels par kilomètre. C'est d'ailleurs devenu la norme aujourd'hui, c'est devenu un standard aujourd'hui. La perte environ sur une ligne de fibre optique, c'est 0,2 décibels par kilomètre. extrêmement faible. Et c'est ça qui fait que la fibre optique, ça a une technologie qui est absolument incroyable parce qu'elle peut transporter des signaux très, très loin sans avoir besoin de répétiteurs, etc. Il y a très peu de pertes. Ça consomme très peu d'énergie. Et aussi, on est passé justement de l'électrique avec des signaux...
De l'analogique peut-être.
Voilà, c'est ça, électrique mais analogique. Au numérique. Pourquoi ? Parce que du coup... Si tu veux faire des 1 et des 0 comme tu dis, si tu fais des 1 et des 0 avec de l'électricité, l'électricité, il y a toujours un temps de charge et de décharge. Il y a un effet capaciteur, etc. Du coup, ce n'est pas immédiat. Donc en fait, faire des 1 et des 0 sur des longues distances avec du cuivre, ça va marcher, mais ce n'est pas folichon quand même. Tu vas avoir de la latence et tu vas finir par heurter certaines limites. Alors que la lumière, il n'y a rien de plus rapide que la lumière dans l'univers. La lumière, c'est quasiment instantané. Donc en fait, la lumière, tu peux faire des allumés, éteints, allumés, éteints. Si tu utilises un laser aussi, tu n'utilises pas une vieille lampe à filaments qui a un temps de chauffe, etc. Mais si tu utilises une technologie qui permet de s'allumer, de s'éteindre très très rapidement, et bien là, tu peux effectivement passer sur un signal numérique avec des 1 et des 0, avec de la lumière allumée, de la lumière éteinte, pour faire tes 1 et tes 0. Et tu peux, à partir du moment où tu as des 1 et des 0, tu peux, dans un seul tuyau, faire passer beaucoup plus de signaux différents avec toi qui appelles, ton voisin qui appelle, puis sa voisine, etc. Puisqu'en fait, si les signaux s'accordent sur un protocole particulier où tu dis que le premier paquet, c'est le paquet de données, on va dire un octet avec 8, 1 ou 0, le premier paquet appartient à Guillaume, le deuxième paquet appartient à son voisin, le troisième paquet appartient à sa voisine, là, tu peux faire... passer tout ce petit monde à des fréquences extrêmement rapides dans la fibre optique. Et c'est comme ça qu'on en arrive aujourd'hui à des très, très belles vitesses de téléchargement pour, je le répète, télécharger nos jeux vidéo préférés.
Et oui, ça s'appelle donc le multiplexage, de faire passer plusieurs conversations téléphoniques, plusieurs zéros et uns qui appartiennent à plusieurs lignes dans le même tuyau jusqu'au centraux et pour repartir là où ça doit aller. Absolument. Eh bien, magnifique. Alors là, c'était vraiment génial. J'avais l'impression d'écouter un podcast. Ça tombe bien parce qu'on était en train de l'enregistrer. Il était passionnant. Donc, Charles, nous te remercions. Comme ça, maintenant, vous n'écouterez plus la radio et vous ne regarderez plus la télé de la même manière quand vous penserez que tout ça va rentrer dans votre box et par la fibre optique, aller se balader dans... dans ce monde numérique incroyable. À une époque, dans les années 70, quand l'Internet allait arriver chez nous, on appelait ça les autoroutes de l'information. On était peut-être petits à cette époque-là. Mais voilà, moi, ça me fascine. Donc, nous te faisons un merci géant. Donc, si vous voulez utiliser votre fibre optique pour nous téléphoner, puisque maintenant, si vous avez une box branchée à la fibre, même un coup de fil passe par la fibre. C'est le 0176 21 18 10, et oui, le bon vieux téléphone existe toujours, et nous l'aimons. Et puis, il y a aussi le mail ou le courriel, comme disent nos amis québécois. C'est contacte-ami-le-podcast.com, contacte-ami-le-podcast.com. Vous pouvez nous envoyer des sons via des pièces jointes ou des textes via votre clavier. Donc pour faire ça, vous allez... clavioté, comme disent les Québécois. Je suis très Québécois en ce moment, je dois dire. Faut être honnête. Bon, Charles, on se retrouve bientôt pour de nouvelles aventures.
Ouais, absolument, avec plaisir.
Eh bien, ciao !
Ciao ! Le podcast 01 76 21 18 10 Si vous voulez commenter l'Infotech.
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Description
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Ami, le podcast tech, Guillaume Richardot, Charles.
Bienvenue dans Ami, le podcast tech, le podcast des nouvelles technologies qui vous parle de tout, de rien, de technologie et pas de chou-fleur, quoique un jour on fera peut-être un truc sur les ustensiles de cuisine connectée, mais pour l'instant... On n'en est pas là et on retrouve, grâce à la magie du numérique, quelqu'un que nous aimons retrouver et qui va nous parler de numérique, c'est Charles. Salut mon cher Charles.
Salut Guillaume, comment ça va ?
Ben écoute, ça va très très bien et tu vas nous parler de quelque chose que pratiquement tout le monde a maintenant chez lui, puisque l'ADSL est en train de disparaître complètement des réseaux et c'est la fibre optique qui l'a avantageusement remplacée et tu as décidé... d'en faire ton sujet du jour et ça me plaît bien parce que je vais apprendre plein de trucs.
Et oui, oui, tout à fait. La fibre optique, donc voilà, cette meilleure veilleuse technologie qui augmente nos débits pour télécharger nos jeux vidéo toujours plus rapidement.
Tiens, c'est étonnant que tu parles de jeux vidéo, je ne comprends pas.
Je ne sais pas pourquoi, à la sortie du...
Vraiment, je ne comprends pas.
Et donc, on en voit effectivement, comme tu l'as dit, de plus en plus, le cuivre est amené à disparaître, enfin, l'Internet par le cuivre est amené à disparaître. Mais il faut savoir que ça n'a pas commencé comme ça et c'est récent. Mais voilà, on repart quand même sur un peu l'historique de la fibre optique. Il y a des trucs super intéressants. Pour faire ce podcast, je me suis basé sur une vidéo YouTube de la chaîne Veritation que j'ai déjà utilisée pour faire des podcasts et que je reconseille énormément à tous nos auditeurs et auditrices. parce que c'est une chaîne YouTube absolument fascinante. Et donc, ils ont fait un sujet sur la fibre optique il n'y a pas longtemps, et j'ai appris plein de trucs. J'ai appris que, par exemple, l'histoire de la fibre optique, ça commence dans les années 60, parce que, du coup, il y a des chercheurs qui ont commencé à réfléchir là-dessus, parce que, du coup, dans les années 60-70, le nombre d'appels téléphoniques journaliers aux États-Unis, il a doublé. de 285 millions à 576 millions. On parle de nombre d'appels téléphoniques journaliers. Et les lignes en cuivre ne pouvaient pas supporter tous ces appels. Donc les lignes en cuivre, elles ont leurs désavantages. Il y avait beaucoup de pertes à l'époque. Il fallait du coup mettre des répéteurs à un certain nombre de tous les... Enfin, pas tous les kilomètres, mais à une certaine fréquence sur le long de la ligne. Et elle posait aussi des problèmes parce que du coup, la qualité sonore n'était pas top. On perdait vite les hautes fréquences à cause des distances, etc. Et on était aussi limité par le nombre d'appels qu'on pouvait faire en simultané sur une seule ligne. Parce que ce qui se passait, je ne sais pas si tu le savais ça, mon cher Guillaume,
mais par exemple... C'était multiplexé. C'est-à-dire que dans un seul fil de cuivre, on faisait passer plusieurs appels en même temps.
Oui, mais est-ce que tu sais comment ça se faisait ?
Bah à mon avis c'était... Alors je ne sais pas honnêtement, mais je pense que c'était codé avant le transfert et décodé après le transfert. C'était plein de petits zéros et de 1 qui passaient dans le fil de cuivre.
Eh ben non, pas exactement, parce que des zéros et des 1 on parle de numérique, alors que là ça restait analogique. C'est vrai,
tu as raison, j'ai doublement perdu.
Ça restait analogique comme une fréquence solaire. Mais ce qu'ils faisaient, la voix, elle est dans une certaine tranche de l'audition. Sauf que tout le monde à peu près, il y a des gens qui en voient plus grave, d'autres plus aiguë, mais on parle à peu près tous dans la même fréquence, dans la même tranche, je veux dire. Mais ce qui se passait, c'est que du coup, ton téléphone, il prenait ta voix, et soit il la compressait, il la mettait dans une fourchette beaucoup plus petite, et soit très grave, soit très aiguë, ou alors plusieurs créneaux.
Donc ça utilisait... pas les mêmes fréquences et ils pouvaient en mettre plusieurs à des fréquences différentes.
Je n'ai pas fini, laisse moi finir !
Ah bon, je cherche, je cherche !
Il mettait ta voix soit très aiguë, soit très grave. Par exemple, la voix de ton voisin qui voulait, la maison d'à côté qui voulait passer un appel aussi, qui voulait utiliser le même tuyau que toi, si toi ta voix était passée en très très grave, la voix de ton voisin était passée en très très aiguë, les deux voix allaient ensemble dans le même tuyau de cuivre. Et du coup, vu que sa voix, lui, était très aiguë et toi très grave, on ne sait plus ce que c'est l'inverse, elle n'interférait pas l'une avec l'autre. Et au bout du tuyau, il partait sur... Enfin, si tu m'appelais moi, ça prenait ton signal qui était du coup très aigu ou très grave, je ne sais plus ce que j'ai dit. Ça le remettait en normal. Et ton voisin qui appelait, on va dire mon voisin, pour qu'on dise qu'il utilise le même tuyau, pareil, il reprenait la voix qui était très grave, il la remettait en normal. Donc en fait, ça permettait de superposer, dans un seul fil de cube, ça permettait de superposer des signaux, parce que si tu laissais les signaux tels quels, c'est-à-dire la fourchette de fréquence que la voix humaine utilise, si tu superposais deux signaux qui utilisaient la même fourchette, à la fin, à la sortie du fil de cube, comment savoir à quelle voix appartient à qui ?
Donc il ne fallait pas que ton voisin soit un jumeau ?
Euh, non, c'est pas tant ça, c'est juste le système, il allouait, il transformait ta voix d'une manière un peu aléatoire, il disait, ok, l'appel de Guillaume, je vais le mettre en très aigu et son destinataire, il va devoir passer d'un signal très aigu à un signal normal.
Ça y est, ça y est, je crois que j'ai compris et c'est carrément malin parce qu'il n'y avait pas encore d'IA à l'époque.
Exactement. Le problème, c'est que les fréquences les plus hautes se perdaient plus vite que les fréquences les plus graves. Je ne vais pas faire un cours comme ça, mais c'est à cause, pour ceux qui s'intéressent, vous cherchez sur Internet, c'est à cause de la physique et de l'électromagnétisme. C'est comme ça, les fréquences les plus hautes se perdaient de plus en plus. Sauf qu'avec le nombre d'accroissants d'appels téléphoniques qu'il y avait tous les jours, les gens se sont dit, OK, il va nous falloir toujours plus de créneaux différents. parce que là, j'ai fait un exemple avec voix... grave et voix aiguë, enfin transformation grave, transformation aiguë, aiguë, mais tu pouvais faire plein de transformations différentes. Mais le problème, c'est que tu ne pouvais pas en faire un milliard non plus, parce qu'au-delà, quand ça devenait trop aigu, les fréquences les plus hautes se perdaient, il y avait beaucoup plus de pertes dans les lignes de cuivre sur les fréquences hautes. Et il y a des gars qui ont cherché ça, c'est des chercheurs qui ont du coup fait un théorème à leur nom, c'est Shannon et Hartley, donc c'est le théorème de Shannon Hartley. qui définit le nombre maximal de signal que tu peux envoyer dans une ligne de cuivre en fonction, et donc ce nombre maximal de signal que tu peux envoyer, il va être en fonction de la largeur de bande, c'est-à-dire de ta fréquence la plus grave à ta fréquence la plus aiguë, et il va dépendre aussi de la puissance du signal. Donc bien évidemment, si tu mets des signaux très très forts, tu peux envoyer des signaux plus loin, tu peux envoyer plus de signaux différents dans une seule ligne. Mais du coup, je ne vais pas la loi en entier, l'histoire de logarithme là-dedans, etc. Mais bref, du coup, il regardait ce théorème qui définit encore Shannon-Artec, qui définit le nombre maximal de signal que tu peux mettre dans une seule ligne. Et le meilleur moyen d'augmenter le nombre maximal de signal que tu peux mettre dans une seule ligne, c'est, comme je disais, la largeur de la bande. Donc, pour le spectre audio, la largeur de la bande, les signaux vont de 20 à 20 000 kHz. Donc on a un facteur 1000 entre la fréquence la plus basse. 20 Hz et la fréquence la plus haute, 20 000 kHz. Donc voilà, ça c'est notre largeur de bande, 20 à 20 kHz, enfin 20 Hz à 20 000 kHz, je vais y arriver, 20 000 Hz, pardon. Mais du coup, on savait qu'on allait être restreint avec cette largeur de bande-là. Donc les gars, ils ont commencé à chercher, ok, il faut qu'on cherche une largeur de bande. qui est plus large. Et donc ils ont commencé à regarder sur le spectre du visuel, le spectre électromagnétique de la lumière. Et là, si on part de l'infrarouge, donc on va un peu plus au-delà du visuel, si on va de l'infrarouge à l'ultraviolet, on est en termes de fréquence, on commence à 10 puissance 11 pour l'infrarouge et on finit à 10 puissance 16 à l'ultraviolet. Donc on a un facteur, non pas de 1000, mais un facteur avec 5 zéros derrière. Donc on a une plus grande largeur de bande. Donc les gars se sont dit, ok, on a une meilleure largeur de bande sur le visuel, de l'infrarouge à l'ultraviolet, donc en fait, il faut qu'on utilise ça pour transmettre des signaux. Sauf que dans les années 60, il n'y avait initialement pas de source de lumière qui était suffisamment puissante pour faire ça. Je dis dans les années 60, pas exactement, puisque dans les années 60, c'est dans les années 60 qu'a aussi été créé le laser. Et donc, le laser, c'était une source de lumière, mais l'avantage, c'est que du coup, vu que toute l'énergie partait en une seule ligne, au lieu d'avoir une ampoule qui diffuse de lumière dans tous les sens, le laser, ça permettait de mettre toute la puissance dans une seule ligne, donc dans un seul endroit. Et c'est là où les gars, ils ont commencé à regarder pour faire une fibre optique avec ça. Mais malgré le fait qu'ils utilisaient de la lumière dans une... Parce que les fibres optiques de verre, ça existait déjà. Enfin, du verre, on connaît la technologie du verre depuis longtemps. Donc, ils avaient essayé de faire des filins de verre et de transmettre un signal avec de la lumière dans un filin de verre. Mais le problème...
C'est que ça devait être fragile.
Alors, notamment, c'était fragile, mais le plus gros problème, c'est que les pertes étaient immenses. Donc, si on parle de la propagation d'un signal, que ce soit un signal électronique dans un fil de cuivre, que ce soit un signal audio, voilà, si on se met sur un canapé, là, à côté de l'eau, dès que je te parle, c'est un signal qui parle de ma bouche et qui va dans ton oreille. Donc, c'est un signal qui se transmet dans l'air. Et si on parle aussi d'un signal visuel, enfin, lui aussi visible, dans une fibre optique, tous les signaux finissent par avoir des pertes. C'est-à-dire que si on est sur l'un à côté de l'autre, à côté d'un canapé, tu m'entends bien, mais si on était à 2 km l'un de l'autre, tu ne m'entendrais pas. Parce que quand je parle, au bout d'un moment, la puissance que j'utilise en parlant, ça va se perdre, etc. C'est la même chose avec l'électricité dans un fil de cuivre. Au bout d'un moment, tu mets un courant dans un fil de cuivre, mais si tu vas très très loin, tu ne vas plus rien recevoir. Et c'était la même chose avec la lumière dans une fibre optique. Mais le problème à l'époque de la fibre optique, c'est que les pertes étaient considérables, elles étaient bien pires. On parle pour des pertes audio, même des pertes de signal, on parle de décibels. Et la perte de décibels pour les fibres optiques à l'époque, c'était environ 1000 décibels perdus par kilomètre, ce qui est absolument énorme et ce n'était absolument pas faisable. Alors ils avaient réfléchi à faire comme pour les lignes de cuivre. à faire des répéteurs, etc. Sauf qu'il aurait fallu en avoir un répéteur quasiment tous les 10 mètres. Donc, ce n'était pas du tout envisageable. Et du coup, plus ou moins, tout le monde avait laissé ça de côté. Ils disaient, il y a trop de pertes dans les lignes en vert. L'optique, ça ne marchera jamais. On laisse ça tomber. Sauf qu'il y a un mec, et là, c'est là où je suis un peu chauvin, un peu fier, parce qu'il s'appelle Charles. Il s'appelle Charles Kao. Il est né le 4 novembre 1933 à Shanghai. Plus précisément, dans la... concession française de Shanghai, à l'époque où Shanghai c'était un peu découpé. Et ce monsieur Charles Kao, il part étudier à Londres en 1953 et il finit par habiter en Angleterre et il finit par travailler dans un laboratoire qui étudie l'électromagnétisme. Il travaille dans un laboratoire de télécommunication au Royaume-Uni dans les années 60. Et du coup, voilà, les années 60... C'est, comme je disais, le plein boom des télécommunications. On utilise de plus en plus le téléphone et il y a des chercheurs qui regardent à la suite et comment on va pouvoir transmettre de plus en plus de communications. Et globalement, dans le laboratoire où travaille Charles, tout le monde se dit « Non, non, les gars, ne cherchez même pas à étudier la fibre optique. De toute façon, c'est une peine perdue. Il y a trop de pertes. Tout le monde a essayé. Concentrez-vous sur autre chose. Cherchez d'autres solutions, etc. » Sauf que... Les Charles, on a ça en commun, on est un peu têtu, on a un peu pété du boulon quand même, on est un peu têtu comme ça, et il se dit, non, non, il y a un truc à faire, pourquoi on perd autant de... pourquoi il y a de telles pertes dans du truc de verre, parce que le verre, on le voit à travers, donc normalement, la lumière devrait traverser. Et c'est comme ça qu'il a commencé à étudier un peu les fibres de verre et le verre qu'il recevait. Et en fait, il s'est rendu compte que le signal lumineux se perdait dans... la fibre de verre, parce qu'il y avait de l'absorption. Donc une lumière, quand elle atteint un milieu, quand elle atteint un objet ou quoi que ce soit, elle vient taper les atomes, les électrons. Et quand une lumière vient taper un atome, elle vient exciter les électrons, et les électrons sont posés sur des marches. Donc ils ne peuvent pas être n'importe où. En niveau d'énergie, ils sont posés sur des marches. Et un électron ne changera de marche que si l'énergie qu'il reçoit lui permet d'atteindre la marche supérieure. Il ne peut pas être entre deux marches. Et en fait, chaque matériau, chaque type d'atome a des marges différentes. Il y a certains matériaux qui ont des marges très resserrées, il y a certains matériaux qui ont des marges très très larges. Et le verre, c'est pour ça que c'est transparent, le verre, la silice pure, elle a des marges très très très larges. ce qui fait que Quand il y a de la lumière qui vient sur de la silice en verre, vu que les marches sont très très larges, l'énergie de la lumière qui vient taper la silice n'est pas suffisante pour faire passer les électrons d'une marche à une autre. Donc, puisque la lumière n'interagit pas avec les électrons des cristaux de silice dans le verre, puisque la lumière n'interagit pas avec eux, la lumière passe à travers. C'est pour ça que le verre est transparent. C'est parce que les marches énergétiques des électrons dans les cristaux de sélice sont très très larges. Les marches sont très très larges et l'énergie qu'apporterait la lumière dans le verre ne permettrait pas à faire passer d'un électron à un électron d'une marche à une autre. Et il s'est rendu compte, en étudiant ça, Charles Cahot, que le silice pur, normalement, est censé passer la lumière. Sauf que dans le verre que lui, il avait, qu'il utilisait pour faire ses fibres optiques, les industriels qui lui fournissaient le verre, en fait, ils mettaient des petites impuretés. Ils mettaient volontairement un peu, ils mélangeaient avec la poudre, parce qu'avant que ce soit du verre... Le vrai verre, c'est des poudres de silice, tu mélanges des poudres, tu les fais chauffer très très haut, et les industriels mettaient notamment, entre autres, des impuretés, volontairement, qui étaient sous forme d'atomes de fer, enfin du fer, il y avait plusieurs autres choses, et le problème de le fer, c'est que du coup, il absorbait la lumière, et c'est à cause de ça que les pertes du signal lumineux dans la fibre optique étaient si grandes que du coup, le signal ne pouvait pas traverser. Pourquoi les industriels, ils mettaient des impuretés comme ça et des atomes de fer ? pour faire en sorte que le verre soit plus facile à fondre. Parce qu'avec des impuretés comme des atomes de fer, le point de fusion du verre il est à 1400°C ce qui est déjà énorme. Mais si on n'utilise que de la silice pure, sans impureté, sans fer, le point de fusion il est à 2000°C. Donc en fait les industriels ils se disent de toute façon si je suppose un tout petit peu de fer et d'autres choses, on va faire des économies. Sauf que du coup, ça, derrière, vu que les fibres optiques, ça n'existait pas, etc., il n'y avait aucune norme derrière qui disait, ah, il faut que le verre soit au 99% ou quoi que ce soit. Les gars, ils disaient, vous voulez du verre ? Je vous fais du verre, il n'y a pas de souci. Qu'est-ce que tu veux ? Cherchez plus la composition chimique. Et donc, ça partait comme ça. Et donc, Charles Cahot, il théorise qu'un milieu, donc une fibre de verre en silice, pur, il fait des calculs, il se dit il y a des atomes de fer, etc. je pense qu'on peut arriver à des pertes de seulement 20 décibels par kilomètre pour rappel, de base, on était à 1000 décibels par kilomètre, donc le mec pense qu'on va pouvoir... 20 décibels, c'est à peu près proche de la perte qu'on trouve dans les fils de cuivre, et donc il se dit ça y est, c'est ça, Eureka ! Si on arrive à avoir une fibre optique qui a à peu près les mêmes pertes qu'une fibre de cuir, on va pouvoir remplacer toute l'infrastructure et on va réutiliser la même chose. Il va peut-être falloir mettre des répéteurs à un certain nombre de kilomètres, mais au moins on sait le faire avec des fils de cuir, on pourra le faire avec de la fibre optique. Et donc, pour vérifier sa théorie, il commande des échantillons de silice pure. Sauf que les échantillons de silice pure à l'époque, les gars ne vont pas les... qui ne savait pas faire une fibre optique actuelle, il reçoit, Charles Caoui, il reçoit des échantillons de 30 cm uniquement. Et comment tu fais pour étudier des pertes sur 30 cm ? Voilà, on parle de pertes de 20 décibels par kilomètre. Mais là, il n'y avait pas un kilomètre pour tester les pertes, il n'y avait que 30 cm. Donc le mec, il est absolument borné, il invente toute une machine qui permet de faire passer le faisceau plusieurs fois dans l'échantillon. Enfin voilà, il invente plein de trucs, sa machine, il la calibre, etc. Pendant des mois, il travaille sur cette machine pour tester la perte qu'il y a dans cet échantillon de 30 cm de sélice pure. Il branche sa machine, il dit ok, c'est le jour du test. Il branche sa machine, il teste et il regarde les pertes. Il a un appareil qui mesure les pertes du signal lumineux dans son échantillon. Et son appareil dit zéro perte. Il dit non, ce n'est pas possible, ma machine a de l'éconne, il y a forcément des pertes. Et il reteste, zéro perte, zéro perte. en fait Il finit par calibrer à droite à gauche, parce qu'en fait, son appareil qui mesurait les pertes, il n'était pas assez sensible. Et en fait, il finit par déduire que la perte du signal lumineux dans de la silice pure, c'est 5 décibels par kilomètre. Donc encore moins des 20 décibels par kilomètre qu'il avait lui-même théorisé et qui était proche du cuivre. Et donc, il finit par déduire ça en 1969. Il présente ses travaux un peu à tout le monde. Et là, c'est branle-bas de combat. Tout le monde se dit, OK, OK, OK, il y a un truc. En fait, il faut faire ça. Il faut de la silice pure, etc., etc. Et sauf que c'était le début, dans les débuts des années 70. Donc, on savait que c'était possible. Il avait réussi ça sur un échantillon. Mais après, encore fallait-il mettre ça en pratique. Parce qu'il y avait d'autres barrières qui se présentaient devant lui. parce que... Toute l'industrie du verre n'était pas taillée pour faire ça. Il y avait aussi des problèmes de réflexion parce que du coup, ton signal, tu veux qu'il passe dans la fibre de verre, mais tu n'as pas du tout envie qu'il sorte. Tu n'as pas envie que le signal soit atténué, donc en fait, tu veux... Un milieu, quand je dis un milieu, c'est le filin de verre qui va transmettre ton signal. Tu veux que le filin de verre soit absolument pur pour que le signal lumineux ne bute sur rien et qu'il n'y ait rien qui absorbe ton signal lumineux. Et tu veux aussi que le signal lumineux rebondisse et qu'il ne sorte pas de ton filin de verre. Donc en fait, une fibre optique, c'est... de base, moi j'ai déjà vu des installations de fibre optique c'est absolument minuscule, c'est quasiment aussi gros qu'un cheveu mais en fait, dans cette fibre optique tu as un cœur qui est extrêmement pur et qui contient ton signal et tu as une sorte d'enveloppe tout autour qui a un indice de réfraction inférieur à ton cœur parce que du coup, c'est de l'optique vous chercherez ça aussi sur internet si ça vous explique je ne vais pas faire un cours magistral mais très rapidement, si l'indice de réfraction Merci. de ton cœur est plus grand que l'indice de réflexion de l'enveloppe, le signal va toujours, le signal lumineux va toujours rebondir à l'intérieur du cœur et il ne sortira jamais du cœur. Et du coup, tu n'auras absolument aucune perte. Et il y a eu énormément de recherches là-dessus. Ça a été très compliqué parce que c'était des technologies qui n'existaient pas du tout. Mais il y a des gens qui ont commencé à regarder ça. Si vous cherchez, je vous invite à regarder la vidéo de Véritation qui explique comment tu fais Merci. une fibre optique qui est super fine et qui pourtant a un cœur, qui a techniquement deux parties, qui a un cœur et qui a une enveloppe. Et le cœur, il a des propriétés particulières, il y a des avantages particuliers de celui-là. Il doit être vraiment pur aussi, donc c'est absolument facile dans tout ça. Mais ça a commencé à se faire, ça se fait de mieux en mieux. Et la première fibre optique, c'était en 1977. Ça a été mis en place une fois que les gens se sont dit « Ok, ok, c'est possible, on peut faire ça » . Première fibre optique en 1977 à Chicago. Et seulement deux ans plus tard après, il y a une équipe au Japon qui a réussi à améliorer encore le processus et avoir des pertes de seulement 0,2 décibels par kilomètre. Donc on est vraiment très très très très loin des 1000 décibels par kilomètre. C'est d'ailleurs devenu la norme aujourd'hui, c'est devenu un standard aujourd'hui. La perte environ sur une ligne de fibre optique, c'est 0,2 décibels par kilomètre. extrêmement faible. Et c'est ça qui fait que la fibre optique, ça a une technologie qui est absolument incroyable parce qu'elle peut transporter des signaux très, très loin sans avoir besoin de répétiteurs, etc. Il y a très peu de pertes. Ça consomme très peu d'énergie. Et aussi, on est passé justement de l'électrique avec des signaux...
De l'analogique peut-être.
Voilà, c'est ça, électrique mais analogique. Au numérique. Pourquoi ? Parce que du coup... Si tu veux faire des 1 et des 0 comme tu dis, si tu fais des 1 et des 0 avec de l'électricité, l'électricité, il y a toujours un temps de charge et de décharge. Il y a un effet capaciteur, etc. Du coup, ce n'est pas immédiat. Donc en fait, faire des 1 et des 0 sur des longues distances avec du cuivre, ça va marcher, mais ce n'est pas folichon quand même. Tu vas avoir de la latence et tu vas finir par heurter certaines limites. Alors que la lumière, il n'y a rien de plus rapide que la lumière dans l'univers. La lumière, c'est quasiment instantané. Donc en fait, la lumière, tu peux faire des allumés, éteints, allumés, éteints. Si tu utilises un laser aussi, tu n'utilises pas une vieille lampe à filaments qui a un temps de chauffe, etc. Mais si tu utilises une technologie qui permet de s'allumer, de s'éteindre très très rapidement, et bien là, tu peux effectivement passer sur un signal numérique avec des 1 et des 0, avec de la lumière allumée, de la lumière éteinte, pour faire tes 1 et tes 0. Et tu peux, à partir du moment où tu as des 1 et des 0, tu peux, dans un seul tuyau, faire passer beaucoup plus de signaux différents avec toi qui appelles, ton voisin qui appelle, puis sa voisine, etc. Puisqu'en fait, si les signaux s'accordent sur un protocole particulier où tu dis que le premier paquet, c'est le paquet de données, on va dire un octet avec 8, 1 ou 0, le premier paquet appartient à Guillaume, le deuxième paquet appartient à son voisin, le troisième paquet appartient à sa voisine, là, tu peux faire... passer tout ce petit monde à des fréquences extrêmement rapides dans la fibre optique. Et c'est comme ça qu'on en arrive aujourd'hui à des très, très belles vitesses de téléchargement pour, je le répète, télécharger nos jeux vidéo préférés.
Et oui, ça s'appelle donc le multiplexage, de faire passer plusieurs conversations téléphoniques, plusieurs zéros et uns qui appartiennent à plusieurs lignes dans le même tuyau jusqu'au centraux et pour repartir là où ça doit aller. Absolument. Eh bien, magnifique. Alors là, c'était vraiment génial. J'avais l'impression d'écouter un podcast. Ça tombe bien parce qu'on était en train de l'enregistrer. Il était passionnant. Donc, Charles, nous te remercions. Comme ça, maintenant, vous n'écouterez plus la radio et vous ne regarderez plus la télé de la même manière quand vous penserez que tout ça va rentrer dans votre box et par la fibre optique, aller se balader dans... dans ce monde numérique incroyable. À une époque, dans les années 70, quand l'Internet allait arriver chez nous, on appelait ça les autoroutes de l'information. On était peut-être petits à cette époque-là. Mais voilà, moi, ça me fascine. Donc, nous te faisons un merci géant. Donc, si vous voulez utiliser votre fibre optique pour nous téléphoner, puisque maintenant, si vous avez une box branchée à la fibre, même un coup de fil passe par la fibre. C'est le 0176 21 18 10, et oui, le bon vieux téléphone existe toujours, et nous l'aimons. Et puis, il y a aussi le mail ou le courriel, comme disent nos amis québécois. C'est contacte-ami-le-podcast.com, contacte-ami-le-podcast.com. Vous pouvez nous envoyer des sons via des pièces jointes ou des textes via votre clavier. Donc pour faire ça, vous allez... clavioté, comme disent les Québécois. Je suis très Québécois en ce moment, je dois dire. Faut être honnête. Bon, Charles, on se retrouve bientôt pour de nouvelles aventures.
Ouais, absolument, avec plaisir.
Eh bien, ciao !
Ciao ! Le podcast 01 76 21 18 10 Si vous voulez commenter l'Infotech.
Description
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
Ami, le podcast tech, Guillaume Richardot, Charles.
Bienvenue dans Ami, le podcast tech, le podcast des nouvelles technologies qui vous parle de tout, de rien, de technologie et pas de chou-fleur, quoique un jour on fera peut-être un truc sur les ustensiles de cuisine connectée, mais pour l'instant... On n'en est pas là et on retrouve, grâce à la magie du numérique, quelqu'un que nous aimons retrouver et qui va nous parler de numérique, c'est Charles. Salut mon cher Charles.
Salut Guillaume, comment ça va ?
Ben écoute, ça va très très bien et tu vas nous parler de quelque chose que pratiquement tout le monde a maintenant chez lui, puisque l'ADSL est en train de disparaître complètement des réseaux et c'est la fibre optique qui l'a avantageusement remplacée et tu as décidé... d'en faire ton sujet du jour et ça me plaît bien parce que je vais apprendre plein de trucs.
Et oui, oui, tout à fait. La fibre optique, donc voilà, cette meilleure veilleuse technologie qui augmente nos débits pour télécharger nos jeux vidéo toujours plus rapidement.
Tiens, c'est étonnant que tu parles de jeux vidéo, je ne comprends pas.
Je ne sais pas pourquoi, à la sortie du...
Vraiment, je ne comprends pas.
Et donc, on en voit effectivement, comme tu l'as dit, de plus en plus, le cuivre est amené à disparaître, enfin, l'Internet par le cuivre est amené à disparaître. Mais il faut savoir que ça n'a pas commencé comme ça et c'est récent. Mais voilà, on repart quand même sur un peu l'historique de la fibre optique. Il y a des trucs super intéressants. Pour faire ce podcast, je me suis basé sur une vidéo YouTube de la chaîne Veritation que j'ai déjà utilisée pour faire des podcasts et que je reconseille énormément à tous nos auditeurs et auditrices. parce que c'est une chaîne YouTube absolument fascinante. Et donc, ils ont fait un sujet sur la fibre optique il n'y a pas longtemps, et j'ai appris plein de trucs. J'ai appris que, par exemple, l'histoire de la fibre optique, ça commence dans les années 60, parce que, du coup, il y a des chercheurs qui ont commencé à réfléchir là-dessus, parce que, du coup, dans les années 60-70, le nombre d'appels téléphoniques journaliers aux États-Unis, il a doublé. de 285 millions à 576 millions. On parle de nombre d'appels téléphoniques journaliers. Et les lignes en cuivre ne pouvaient pas supporter tous ces appels. Donc les lignes en cuivre, elles ont leurs désavantages. Il y avait beaucoup de pertes à l'époque. Il fallait du coup mettre des répéteurs à un certain nombre de tous les... Enfin, pas tous les kilomètres, mais à une certaine fréquence sur le long de la ligne. Et elle posait aussi des problèmes parce que du coup, la qualité sonore n'était pas top. On perdait vite les hautes fréquences à cause des distances, etc. Et on était aussi limité par le nombre d'appels qu'on pouvait faire en simultané sur une seule ligne. Parce que ce qui se passait, je ne sais pas si tu le savais ça, mon cher Guillaume,
mais par exemple... C'était multiplexé. C'est-à-dire que dans un seul fil de cuivre, on faisait passer plusieurs appels en même temps.
Oui, mais est-ce que tu sais comment ça se faisait ?
Bah à mon avis c'était... Alors je ne sais pas honnêtement, mais je pense que c'était codé avant le transfert et décodé après le transfert. C'était plein de petits zéros et de 1 qui passaient dans le fil de cuivre.
Eh ben non, pas exactement, parce que des zéros et des 1 on parle de numérique, alors que là ça restait analogique. C'est vrai,
tu as raison, j'ai doublement perdu.
Ça restait analogique comme une fréquence solaire. Mais ce qu'ils faisaient, la voix, elle est dans une certaine tranche de l'audition. Sauf que tout le monde à peu près, il y a des gens qui en voient plus grave, d'autres plus aiguë, mais on parle à peu près tous dans la même fréquence, dans la même tranche, je veux dire. Mais ce qui se passait, c'est que du coup, ton téléphone, il prenait ta voix, et soit il la compressait, il la mettait dans une fourchette beaucoup plus petite, et soit très grave, soit très aiguë, ou alors plusieurs créneaux.
Donc ça utilisait... pas les mêmes fréquences et ils pouvaient en mettre plusieurs à des fréquences différentes.
Je n'ai pas fini, laisse moi finir !
Ah bon, je cherche, je cherche !
Il mettait ta voix soit très aiguë, soit très grave. Par exemple, la voix de ton voisin qui voulait, la maison d'à côté qui voulait passer un appel aussi, qui voulait utiliser le même tuyau que toi, si toi ta voix était passée en très très grave, la voix de ton voisin était passée en très très aiguë, les deux voix allaient ensemble dans le même tuyau de cuivre. Et du coup, vu que sa voix, lui, était très aiguë et toi très grave, on ne sait plus ce que c'est l'inverse, elle n'interférait pas l'une avec l'autre. Et au bout du tuyau, il partait sur... Enfin, si tu m'appelais moi, ça prenait ton signal qui était du coup très aigu ou très grave, je ne sais plus ce que j'ai dit. Ça le remettait en normal. Et ton voisin qui appelait, on va dire mon voisin, pour qu'on dise qu'il utilise le même tuyau, pareil, il reprenait la voix qui était très grave, il la remettait en normal. Donc en fait, ça permettait de superposer, dans un seul fil de cube, ça permettait de superposer des signaux, parce que si tu laissais les signaux tels quels, c'est-à-dire la fourchette de fréquence que la voix humaine utilise, si tu superposais deux signaux qui utilisaient la même fourchette, à la fin, à la sortie du fil de cube, comment savoir à quelle voix appartient à qui ?
Donc il ne fallait pas que ton voisin soit un jumeau ?
Euh, non, c'est pas tant ça, c'est juste le système, il allouait, il transformait ta voix d'une manière un peu aléatoire, il disait, ok, l'appel de Guillaume, je vais le mettre en très aigu et son destinataire, il va devoir passer d'un signal très aigu à un signal normal.
Ça y est, ça y est, je crois que j'ai compris et c'est carrément malin parce qu'il n'y avait pas encore d'IA à l'époque.
Exactement. Le problème, c'est que les fréquences les plus hautes se perdaient plus vite que les fréquences les plus graves. Je ne vais pas faire un cours comme ça, mais c'est à cause, pour ceux qui s'intéressent, vous cherchez sur Internet, c'est à cause de la physique et de l'électromagnétisme. C'est comme ça, les fréquences les plus hautes se perdaient de plus en plus. Sauf qu'avec le nombre d'accroissants d'appels téléphoniques qu'il y avait tous les jours, les gens se sont dit, OK, il va nous falloir toujours plus de créneaux différents. parce que là, j'ai fait un exemple avec voix... grave et voix aiguë, enfin transformation grave, transformation aiguë, aiguë, mais tu pouvais faire plein de transformations différentes. Mais le problème, c'est que tu ne pouvais pas en faire un milliard non plus, parce qu'au-delà, quand ça devenait trop aigu, les fréquences les plus hautes se perdaient, il y avait beaucoup plus de pertes dans les lignes de cuivre sur les fréquences hautes. Et il y a des gars qui ont cherché ça, c'est des chercheurs qui ont du coup fait un théorème à leur nom, c'est Shannon et Hartley, donc c'est le théorème de Shannon Hartley. qui définit le nombre maximal de signal que tu peux envoyer dans une ligne de cuivre en fonction, et donc ce nombre maximal de signal que tu peux envoyer, il va être en fonction de la largeur de bande, c'est-à-dire de ta fréquence la plus grave à ta fréquence la plus aiguë, et il va dépendre aussi de la puissance du signal. Donc bien évidemment, si tu mets des signaux très très forts, tu peux envoyer des signaux plus loin, tu peux envoyer plus de signaux différents dans une seule ligne. Mais du coup, je ne vais pas la loi en entier, l'histoire de logarithme là-dedans, etc. Mais bref, du coup, il regardait ce théorème qui définit encore Shannon-Artec, qui définit le nombre maximal de signal que tu peux mettre dans une seule ligne. Et le meilleur moyen d'augmenter le nombre maximal de signal que tu peux mettre dans une seule ligne, c'est, comme je disais, la largeur de la bande. Donc, pour le spectre audio, la largeur de la bande, les signaux vont de 20 à 20 000 kHz. Donc on a un facteur 1000 entre la fréquence la plus basse. 20 Hz et la fréquence la plus haute, 20 000 kHz. Donc voilà, ça c'est notre largeur de bande, 20 à 20 kHz, enfin 20 Hz à 20 000 kHz, je vais y arriver, 20 000 Hz, pardon. Mais du coup, on savait qu'on allait être restreint avec cette largeur de bande-là. Donc les gars, ils ont commencé à chercher, ok, il faut qu'on cherche une largeur de bande. qui est plus large. Et donc ils ont commencé à regarder sur le spectre du visuel, le spectre électromagnétique de la lumière. Et là, si on part de l'infrarouge, donc on va un peu plus au-delà du visuel, si on va de l'infrarouge à l'ultraviolet, on est en termes de fréquence, on commence à 10 puissance 11 pour l'infrarouge et on finit à 10 puissance 16 à l'ultraviolet. Donc on a un facteur, non pas de 1000, mais un facteur avec 5 zéros derrière. Donc on a une plus grande largeur de bande. Donc les gars se sont dit, ok, on a une meilleure largeur de bande sur le visuel, de l'infrarouge à l'ultraviolet, donc en fait, il faut qu'on utilise ça pour transmettre des signaux. Sauf que dans les années 60, il n'y avait initialement pas de source de lumière qui était suffisamment puissante pour faire ça. Je dis dans les années 60, pas exactement, puisque dans les années 60, c'est dans les années 60 qu'a aussi été créé le laser. Et donc, le laser, c'était une source de lumière, mais l'avantage, c'est que du coup, vu que toute l'énergie partait en une seule ligne, au lieu d'avoir une ampoule qui diffuse de lumière dans tous les sens, le laser, ça permettait de mettre toute la puissance dans une seule ligne, donc dans un seul endroit. Et c'est là où les gars, ils ont commencé à regarder pour faire une fibre optique avec ça. Mais malgré le fait qu'ils utilisaient de la lumière dans une... Parce que les fibres optiques de verre, ça existait déjà. Enfin, du verre, on connaît la technologie du verre depuis longtemps. Donc, ils avaient essayé de faire des filins de verre et de transmettre un signal avec de la lumière dans un filin de verre. Mais le problème...
C'est que ça devait être fragile.
Alors, notamment, c'était fragile, mais le plus gros problème, c'est que les pertes étaient immenses. Donc, si on parle de la propagation d'un signal, que ce soit un signal électronique dans un fil de cuivre, que ce soit un signal audio, voilà, si on se met sur un canapé, là, à côté de l'eau, dès que je te parle, c'est un signal qui parle de ma bouche et qui va dans ton oreille. Donc, c'est un signal qui se transmet dans l'air. Et si on parle aussi d'un signal visuel, enfin, lui aussi visible, dans une fibre optique, tous les signaux finissent par avoir des pertes. C'est-à-dire que si on est sur l'un à côté de l'autre, à côté d'un canapé, tu m'entends bien, mais si on était à 2 km l'un de l'autre, tu ne m'entendrais pas. Parce que quand je parle, au bout d'un moment, la puissance que j'utilise en parlant, ça va se perdre, etc. C'est la même chose avec l'électricité dans un fil de cuivre. Au bout d'un moment, tu mets un courant dans un fil de cuivre, mais si tu vas très très loin, tu ne vas plus rien recevoir. Et c'était la même chose avec la lumière dans une fibre optique. Mais le problème à l'époque de la fibre optique, c'est que les pertes étaient considérables, elles étaient bien pires. On parle pour des pertes audio, même des pertes de signal, on parle de décibels. Et la perte de décibels pour les fibres optiques à l'époque, c'était environ 1000 décibels perdus par kilomètre, ce qui est absolument énorme et ce n'était absolument pas faisable. Alors ils avaient réfléchi à faire comme pour les lignes de cuivre. à faire des répéteurs, etc. Sauf qu'il aurait fallu en avoir un répéteur quasiment tous les 10 mètres. Donc, ce n'était pas du tout envisageable. Et du coup, plus ou moins, tout le monde avait laissé ça de côté. Ils disaient, il y a trop de pertes dans les lignes en vert. L'optique, ça ne marchera jamais. On laisse ça tomber. Sauf qu'il y a un mec, et là, c'est là où je suis un peu chauvin, un peu fier, parce qu'il s'appelle Charles. Il s'appelle Charles Kao. Il est né le 4 novembre 1933 à Shanghai. Plus précisément, dans la... concession française de Shanghai, à l'époque où Shanghai c'était un peu découpé. Et ce monsieur Charles Kao, il part étudier à Londres en 1953 et il finit par habiter en Angleterre et il finit par travailler dans un laboratoire qui étudie l'électromagnétisme. Il travaille dans un laboratoire de télécommunication au Royaume-Uni dans les années 60. Et du coup, voilà, les années 60... C'est, comme je disais, le plein boom des télécommunications. On utilise de plus en plus le téléphone et il y a des chercheurs qui regardent à la suite et comment on va pouvoir transmettre de plus en plus de communications. Et globalement, dans le laboratoire où travaille Charles, tout le monde se dit « Non, non, les gars, ne cherchez même pas à étudier la fibre optique. De toute façon, c'est une peine perdue. Il y a trop de pertes. Tout le monde a essayé. Concentrez-vous sur autre chose. Cherchez d'autres solutions, etc. » Sauf que... Les Charles, on a ça en commun, on est un peu têtu, on a un peu pété du boulon quand même, on est un peu têtu comme ça, et il se dit, non, non, il y a un truc à faire, pourquoi on perd autant de... pourquoi il y a de telles pertes dans du truc de verre, parce que le verre, on le voit à travers, donc normalement, la lumière devrait traverser. Et c'est comme ça qu'il a commencé à étudier un peu les fibres de verre et le verre qu'il recevait. Et en fait, il s'est rendu compte que le signal lumineux se perdait dans... la fibre de verre, parce qu'il y avait de l'absorption. Donc une lumière, quand elle atteint un milieu, quand elle atteint un objet ou quoi que ce soit, elle vient taper les atomes, les électrons. Et quand une lumière vient taper un atome, elle vient exciter les électrons, et les électrons sont posés sur des marches. Donc ils ne peuvent pas être n'importe où. En niveau d'énergie, ils sont posés sur des marches. Et un électron ne changera de marche que si l'énergie qu'il reçoit lui permet d'atteindre la marche supérieure. Il ne peut pas être entre deux marches. Et en fait, chaque matériau, chaque type d'atome a des marges différentes. Il y a certains matériaux qui ont des marges très resserrées, il y a certains matériaux qui ont des marges très très larges. Et le verre, c'est pour ça que c'est transparent, le verre, la silice pure, elle a des marges très très très larges. ce qui fait que Quand il y a de la lumière qui vient sur de la silice en verre, vu que les marches sont très très larges, l'énergie de la lumière qui vient taper la silice n'est pas suffisante pour faire passer les électrons d'une marche à une autre. Donc, puisque la lumière n'interagit pas avec les électrons des cristaux de silice dans le verre, puisque la lumière n'interagit pas avec eux, la lumière passe à travers. C'est pour ça que le verre est transparent. C'est parce que les marches énergétiques des électrons dans les cristaux de sélice sont très très larges. Les marches sont très très larges et l'énergie qu'apporterait la lumière dans le verre ne permettrait pas à faire passer d'un électron à un électron d'une marche à une autre. Et il s'est rendu compte, en étudiant ça, Charles Cahot, que le silice pur, normalement, est censé passer la lumière. Sauf que dans le verre que lui, il avait, qu'il utilisait pour faire ses fibres optiques, les industriels qui lui fournissaient le verre, en fait, ils mettaient des petites impuretés. Ils mettaient volontairement un peu, ils mélangeaient avec la poudre, parce qu'avant que ce soit du verre... Le vrai verre, c'est des poudres de silice, tu mélanges des poudres, tu les fais chauffer très très haut, et les industriels mettaient notamment, entre autres, des impuretés, volontairement, qui étaient sous forme d'atomes de fer, enfin du fer, il y avait plusieurs autres choses, et le problème de le fer, c'est que du coup, il absorbait la lumière, et c'est à cause de ça que les pertes du signal lumineux dans la fibre optique étaient si grandes que du coup, le signal ne pouvait pas traverser. Pourquoi les industriels, ils mettaient des impuretés comme ça et des atomes de fer ? pour faire en sorte que le verre soit plus facile à fondre. Parce qu'avec des impuretés comme des atomes de fer, le point de fusion du verre il est à 1400°C ce qui est déjà énorme. Mais si on n'utilise que de la silice pure, sans impureté, sans fer, le point de fusion il est à 2000°C. Donc en fait les industriels ils se disent de toute façon si je suppose un tout petit peu de fer et d'autres choses, on va faire des économies. Sauf que du coup, ça, derrière, vu que les fibres optiques, ça n'existait pas, etc., il n'y avait aucune norme derrière qui disait, ah, il faut que le verre soit au 99% ou quoi que ce soit. Les gars, ils disaient, vous voulez du verre ? Je vous fais du verre, il n'y a pas de souci. Qu'est-ce que tu veux ? Cherchez plus la composition chimique. Et donc, ça partait comme ça. Et donc, Charles Cahot, il théorise qu'un milieu, donc une fibre de verre en silice, pur, il fait des calculs, il se dit il y a des atomes de fer, etc. je pense qu'on peut arriver à des pertes de seulement 20 décibels par kilomètre pour rappel, de base, on était à 1000 décibels par kilomètre, donc le mec pense qu'on va pouvoir... 20 décibels, c'est à peu près proche de la perte qu'on trouve dans les fils de cuivre, et donc il se dit ça y est, c'est ça, Eureka ! Si on arrive à avoir une fibre optique qui a à peu près les mêmes pertes qu'une fibre de cuir, on va pouvoir remplacer toute l'infrastructure et on va réutiliser la même chose. Il va peut-être falloir mettre des répéteurs à un certain nombre de kilomètres, mais au moins on sait le faire avec des fils de cuir, on pourra le faire avec de la fibre optique. Et donc, pour vérifier sa théorie, il commande des échantillons de silice pure. Sauf que les échantillons de silice pure à l'époque, les gars ne vont pas les... qui ne savait pas faire une fibre optique actuelle, il reçoit, Charles Caoui, il reçoit des échantillons de 30 cm uniquement. Et comment tu fais pour étudier des pertes sur 30 cm ? Voilà, on parle de pertes de 20 décibels par kilomètre. Mais là, il n'y avait pas un kilomètre pour tester les pertes, il n'y avait que 30 cm. Donc le mec, il est absolument borné, il invente toute une machine qui permet de faire passer le faisceau plusieurs fois dans l'échantillon. Enfin voilà, il invente plein de trucs, sa machine, il la calibre, etc. Pendant des mois, il travaille sur cette machine pour tester la perte qu'il y a dans cet échantillon de 30 cm de sélice pure. Il branche sa machine, il dit ok, c'est le jour du test. Il branche sa machine, il teste et il regarde les pertes. Il a un appareil qui mesure les pertes du signal lumineux dans son échantillon. Et son appareil dit zéro perte. Il dit non, ce n'est pas possible, ma machine a de l'éconne, il y a forcément des pertes. Et il reteste, zéro perte, zéro perte. en fait Il finit par calibrer à droite à gauche, parce qu'en fait, son appareil qui mesurait les pertes, il n'était pas assez sensible. Et en fait, il finit par déduire que la perte du signal lumineux dans de la silice pure, c'est 5 décibels par kilomètre. Donc encore moins des 20 décibels par kilomètre qu'il avait lui-même théorisé et qui était proche du cuivre. Et donc, il finit par déduire ça en 1969. Il présente ses travaux un peu à tout le monde. Et là, c'est branle-bas de combat. Tout le monde se dit, OK, OK, OK, il y a un truc. En fait, il faut faire ça. Il faut de la silice pure, etc., etc. Et sauf que c'était le début, dans les débuts des années 70. Donc, on savait que c'était possible. Il avait réussi ça sur un échantillon. Mais après, encore fallait-il mettre ça en pratique. Parce qu'il y avait d'autres barrières qui se présentaient devant lui. parce que... Toute l'industrie du verre n'était pas taillée pour faire ça. Il y avait aussi des problèmes de réflexion parce que du coup, ton signal, tu veux qu'il passe dans la fibre de verre, mais tu n'as pas du tout envie qu'il sorte. Tu n'as pas envie que le signal soit atténué, donc en fait, tu veux... Un milieu, quand je dis un milieu, c'est le filin de verre qui va transmettre ton signal. Tu veux que le filin de verre soit absolument pur pour que le signal lumineux ne bute sur rien et qu'il n'y ait rien qui absorbe ton signal lumineux. Et tu veux aussi que le signal lumineux rebondisse et qu'il ne sorte pas de ton filin de verre. Donc en fait, une fibre optique, c'est... de base, moi j'ai déjà vu des installations de fibre optique c'est absolument minuscule, c'est quasiment aussi gros qu'un cheveu mais en fait, dans cette fibre optique tu as un cœur qui est extrêmement pur et qui contient ton signal et tu as une sorte d'enveloppe tout autour qui a un indice de réfraction inférieur à ton cœur parce que du coup, c'est de l'optique vous chercherez ça aussi sur internet si ça vous explique je ne vais pas faire un cours magistral mais très rapidement, si l'indice de réfraction Merci. de ton cœur est plus grand que l'indice de réflexion de l'enveloppe, le signal va toujours, le signal lumineux va toujours rebondir à l'intérieur du cœur et il ne sortira jamais du cœur. Et du coup, tu n'auras absolument aucune perte. Et il y a eu énormément de recherches là-dessus. Ça a été très compliqué parce que c'était des technologies qui n'existaient pas du tout. Mais il y a des gens qui ont commencé à regarder ça. Si vous cherchez, je vous invite à regarder la vidéo de Véritation qui explique comment tu fais Merci. une fibre optique qui est super fine et qui pourtant a un cœur, qui a techniquement deux parties, qui a un cœur et qui a une enveloppe. Et le cœur, il a des propriétés particulières, il y a des avantages particuliers de celui-là. Il doit être vraiment pur aussi, donc c'est absolument facile dans tout ça. Mais ça a commencé à se faire, ça se fait de mieux en mieux. Et la première fibre optique, c'était en 1977. Ça a été mis en place une fois que les gens se sont dit « Ok, ok, c'est possible, on peut faire ça » . Première fibre optique en 1977 à Chicago. Et seulement deux ans plus tard après, il y a une équipe au Japon qui a réussi à améliorer encore le processus et avoir des pertes de seulement 0,2 décibels par kilomètre. Donc on est vraiment très très très très loin des 1000 décibels par kilomètre. C'est d'ailleurs devenu la norme aujourd'hui, c'est devenu un standard aujourd'hui. La perte environ sur une ligne de fibre optique, c'est 0,2 décibels par kilomètre. extrêmement faible. Et c'est ça qui fait que la fibre optique, ça a une technologie qui est absolument incroyable parce qu'elle peut transporter des signaux très, très loin sans avoir besoin de répétiteurs, etc. Il y a très peu de pertes. Ça consomme très peu d'énergie. Et aussi, on est passé justement de l'électrique avec des signaux...
De l'analogique peut-être.
Voilà, c'est ça, électrique mais analogique. Au numérique. Pourquoi ? Parce que du coup... Si tu veux faire des 1 et des 0 comme tu dis, si tu fais des 1 et des 0 avec de l'électricité, l'électricité, il y a toujours un temps de charge et de décharge. Il y a un effet capaciteur, etc. Du coup, ce n'est pas immédiat. Donc en fait, faire des 1 et des 0 sur des longues distances avec du cuivre, ça va marcher, mais ce n'est pas folichon quand même. Tu vas avoir de la latence et tu vas finir par heurter certaines limites. Alors que la lumière, il n'y a rien de plus rapide que la lumière dans l'univers. La lumière, c'est quasiment instantané. Donc en fait, la lumière, tu peux faire des allumés, éteints, allumés, éteints. Si tu utilises un laser aussi, tu n'utilises pas une vieille lampe à filaments qui a un temps de chauffe, etc. Mais si tu utilises une technologie qui permet de s'allumer, de s'éteindre très très rapidement, et bien là, tu peux effectivement passer sur un signal numérique avec des 1 et des 0, avec de la lumière allumée, de la lumière éteinte, pour faire tes 1 et tes 0. Et tu peux, à partir du moment où tu as des 1 et des 0, tu peux, dans un seul tuyau, faire passer beaucoup plus de signaux différents avec toi qui appelles, ton voisin qui appelle, puis sa voisine, etc. Puisqu'en fait, si les signaux s'accordent sur un protocole particulier où tu dis que le premier paquet, c'est le paquet de données, on va dire un octet avec 8, 1 ou 0, le premier paquet appartient à Guillaume, le deuxième paquet appartient à son voisin, le troisième paquet appartient à sa voisine, là, tu peux faire... passer tout ce petit monde à des fréquences extrêmement rapides dans la fibre optique. Et c'est comme ça qu'on en arrive aujourd'hui à des très, très belles vitesses de téléchargement pour, je le répète, télécharger nos jeux vidéo préférés.
Et oui, ça s'appelle donc le multiplexage, de faire passer plusieurs conversations téléphoniques, plusieurs zéros et uns qui appartiennent à plusieurs lignes dans le même tuyau jusqu'au centraux et pour repartir là où ça doit aller. Absolument. Eh bien, magnifique. Alors là, c'était vraiment génial. J'avais l'impression d'écouter un podcast. Ça tombe bien parce qu'on était en train de l'enregistrer. Il était passionnant. Donc, Charles, nous te remercions. Comme ça, maintenant, vous n'écouterez plus la radio et vous ne regarderez plus la télé de la même manière quand vous penserez que tout ça va rentrer dans votre box et par la fibre optique, aller se balader dans... dans ce monde numérique incroyable. À une époque, dans les années 70, quand l'Internet allait arriver chez nous, on appelait ça les autoroutes de l'information. On était peut-être petits à cette époque-là. Mais voilà, moi, ça me fascine. Donc, nous te faisons un merci géant. Donc, si vous voulez utiliser votre fibre optique pour nous téléphoner, puisque maintenant, si vous avez une box branchée à la fibre, même un coup de fil passe par la fibre. C'est le 0176 21 18 10, et oui, le bon vieux téléphone existe toujours, et nous l'aimons. Et puis, il y a aussi le mail ou le courriel, comme disent nos amis québécois. C'est contacte-ami-le-podcast.com, contacte-ami-le-podcast.com. Vous pouvez nous envoyer des sons via des pièces jointes ou des textes via votre clavier. Donc pour faire ça, vous allez... clavioté, comme disent les Québécois. Je suis très Québécois en ce moment, je dois dire. Faut être honnête. Bon, Charles, on se retrouve bientôt pour de nouvelles aventures.
Ouais, absolument, avec plaisir.
Eh bien, ciao !
Ciao ! Le podcast 01 76 21 18 10 Si vous voulez commenter l'Infotech.
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