Speaker #0Merci par avance de vous abonner à ce podcast si vous l'aimez, ça m'aide beaucoup pour sa création. Si Léonard de Vinci, vers 1488, dans La Dame à l'Hermine, accorde autant d'attention à cet animal, qui serions-nous pour le penser secondaire ? Bienvenue dans Anima Terrae, Murmure du Vivant. Chaque jour, la Terre nous raconte une histoire. Je suis Flore. J'aime contempler la nature, chercher à la comprendre et partager ce bonheur immense. Bonjour à vous. Aujourd'hui, direction Milan, à la fin du XVe siècle. Un atelier, une commande et un portrait qui n'en est peut-être pas tout à fait teint. Une jeune femme y apparaît. Tourné de trois quarts, le regard porté au du cadre. Dans ses bras, un animal inattendu, une hermine. À première vue, un détail. La scène semble paisible, presque immobile, et pourtant tout y glisse. Le buste pivote, les yeux s'échappent, et l'animal ne se laisse pas réduire à un simple attribut. Le corps est contenu, prêt à se déployer. L'hermine paraît déjà engagée dans un mouvement. que la femme n'a pas encore initiée, comme si elle percevait un instant à venir. La jeune femme que l'on identifie aujourd'hui comme Cecilia Gallerani est la maîtresse de Ludovico Sforzia. L'animal qu'elle tient ne relève pas uniquement d'un choix esthétique, il a été interprété comme un symbole de pureté dans le monde vivant. L'hermine appartient à la famille des Mustelidae, aux côtés de la belette, de la fouine ou de la marte. Son corps allongé, ses membres courts et sa souplesse remarquable lui permettent de s'insinuer dans les galeries de ses proies. Les mâles, nettement plus grands, peuvent atteindre près de 300 grammes quand les femelles tournent autour de 200 grammes à peine. Sa longueur dépasse rarement 30 centimètres sans la queue. Rien de spectaculaire en apparence et pourtant une précision d'action redoutable. L'espèce est largement répartie dans l'hémisphère nord, de l'Europe à l'Asie jusqu'en Amérique du Nord, occupant des milieux ouverts riches en petits mammifères. En France, elle reste bien présente, même si certaines populations locales diminuent sous l'effet de la transformation des paysages. Son apparence, elle, déjoue les évidences. Au beau jour, elle peut être confondue avec la belette. Pourtant, quelques indices permettent de la distinguer avec certitude. Une queue plus longue, terminée par un pinceau noir, présent toute l'année, des joues bien blanches et une démarcation nette entre les deux couleurs du pelage. Puis, l'hiver s'installe. Et dans les régions froides, son pelage devient presque entièrement blanc, bien que ce changement ne soit pas systématique selon les zones. Cette blancheur hivernale a nourri une image persistante. Léonard de Vinci lui-même écrivait que l'hermine préférait se laisser capturer plutôt que de salir sa fourrure. L'idée est puissante, pourtant elle relève davantage de la construction intellectuelle que de l'observation. L'hermine ne sépare ni la terre ni la boue. Elle s'y glisse, elle y chasse, elle s'y adapte sans détour. Car derrière cette transformation, se trouve un mécanisme d'une grande précision. Le changement de couleur dépend de la durée du jour. Lorsque la lumière diminue, la glande pinéale augmente la production de mélatonine, déclenchant la mue. Les nouveaux poils poussent alors avec peu de mélanine, apparaissant blanc et plus isolant. Au printemps, le processus s'inverse. Ce système, longtemps parfaitement adapté, se heurtent aujourd'hui à des conditions plus instables. Certaines hermines blanchissent alors que la neige ne s'installe pas. Le camouflage disparaît et met l'hermine en situation potentielle de danger. Sa reproduction, quant à elle, repose sur un phénomène particulier, l'implantation différée. Après l'accouplement, le développement embryonnaire est suspendu, permettant une naissance au printemps suivant, généralement de 4 à 12 petits. La survie de Mermine est maintenue grâce à sa capacité de prédation exigente et efficace. Elle se nourrit principalement de petits rongeurs, mais peut aussi capturer des oiseaux ou consommer des œufs. Son métabolisme impose une activité régulière. Sa manière de chasser est enfin intrigue. Elle enchaîne des mouvements rapides et imprévisibles, provoquant un instant d'hésitation chez la proie. Certains parlent même de capacité d'hypnose. Peut-être que Léonard de Vinci n'a pas choisi cet animal pour ce qu'il représente. mais pour ce qu'il provoque, cette légère désorientation. La semaine prochaine, nous lèverons les yeux au ciel pour un animal tout aussi virevoltant qui sait nous annoncer le printemps. Vous l'avez deviné, je parle de l'hirondelle. Et comme un bonheur ne vient pas toujours seul, il y aura probablement une petite surprise à votre égard. Merci d'avoir écouté Anima Terrae, Murmure du vivant. Et souvenez-vous, gardez les yeux grands ouverts sur la beauté simple du monde qui nous entoure.