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Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Transcription
Bonjour à tous, bienvenue dans Anthroponomie, c'est aujourd'hui notre cinquième émission. La dernière fois, nous avons apprécié les qualités d'équilibre des sociétés premières. Nous allons aujourd'hui reprendre le mouvement d'abstraction du savoir de type 1 qui va nous conduire au monothéisme. Ce chapitre est donc intitulé « Le monothéisme » . Depuis l'origine de l'humanité, l'ontonomie, en tant que combinaison de savoirs propre à chaque civilisation, constitue sa conception du monde. Elle se partage, comme nous l'avons vu, entre sa description par les savoirs de type 2 et son explication par les savoirs de type 1. Cette explication a pour principal mécanisme l'attribution par l'homme de ses propriétés personnelles au monde qui l'entoure. L a projection, par l'homme, de sa propre psychologie, hors de lui, dans son environnement. Ce sont les différentes modalités de ce savoir de type 1, c'est-à-dire de l'attribution, par l'homme, de sa propre psychologie au monde qui l'entoure, et leur évolution, qui organise à la fois la diversité et la succession des civilisations. Partant d'une position initiale, onto centrique, c'est-à-dire d'une perception et d'une compréhension du monde centré par l'homme sur sa personne, l'élaboration et l'évolution des savoirs de type 1 qui s'en est suivie est due, comme nous l'avons vu, à deux phénomènes. Un mouvement général d'éloignement vis-à-vis de l'humain, de retrait de son environnement et d'abstraction vis-à-vis du monde visible et tangible. C 'est-à-dire en somme un retrait du monde d'une part, d'autre part, Une progression de la compréhension par l'homme de lui-même. U n perfectionnement de sa propre psychologie, qu'il attribue aux autres entités du monde. Nous en avons décrit les premières étapes, depuis la simple subjectivité totémiste jusqu'à la psychologie polythéiste des sentiments et des émotions. Ces deux phénomènes, ces deux mouvements, qui caractérisent les savoirs de type 1, organisent les ontonomie et leur évolution et permettent d'en rendre compte. En ce qui concerne le mouvement général de retrait, d'abstraction et de concentration, progressivement, l'homme se différencie de la nature. Il élabore sa place dans son environnement en se distinguant et se différenciant des éléments qui l'entourent. Ce mouvement est progressif et continu. Il se fait de proche en proche à partir d'un point de départ ontocentré. C 'est-à-dire centré sur l'être humain. L e savant de type 1 c ontinue à expliquer le monde avec sa propre psychologie, mais il va progressivement la retirer de son environnement immédiat pour l'attribuer à des entités de plus en plus éloignées de lui. Nous l'avons vérifié au cours des étapes précédentes qui nous ont conduit jusqu'aux multiples dieux polythéistes logés dans leur panthéon surnaturel. Nous retrouvons, dans l'élaboration du monothéisme, le prolongement de ce mouvement. A partir du polythéisme, les dieux sont logés dans la surnature. Espace postulé inaccessible et intangible. Avec l'apparition du monothéisme, la surnature reste le lieu du séjour du dieu unique. Le mouvement d'abstraction et d'éloignement y est complété et prolongé par une concentration. Les multiples dieux se concentrent en un seul. Celui-ci à son tour est doté de toutes les propriétés de la personne humaine. Dans le monothéisme, l a surnature reste le lieu de l'explication et ses mécanismes sont concentrés dans une unique subjectivité conçue à l'image de la personne humaine. La principale différence tient dans le fait que l'homme ne se satisfait plus de considérer le monde comme étant désordonné et soumis aux caprices et à l'arbitraire des scènes de ménage polythéistes. Dorénavant, il lui postule un ordre, une cohérence et même un dessein. Le progrès épistémique du monothéisme réside dans le postulat de cette organisation que l'homme attribue à un auteur unique. L e monde obéit à des lois et celles-ci sont édictées par un législateur. Dépassant la multiplication et le conflit des arbitraires polythéistes, le monothéisme affirme la rationalité stricte d'un dieu à la fois architecte et législateur. C elui-ci, entité unique, surnaturelle, car résidant dans la surnature, crédité de la quintessence de la psychologie humaine, concentré en une figure paternelle, parvenue au sommet, au maximum de son abstraction, et qui plus est, créditée d'un dessein. Avec le monothéisme, le monde a un sens, une organisation, une cohérence, et obéit à des lois dont quelqu'un est l'auteur. Il y a, dans le monde, une cohérence, un auteur et des lois, même si l'homme ne les comprend pas toujours. En ce qui concerne le second phénomène, la progression de la compréhension par l'homme de lui-même, l'homme continue à projeter sa psychologie hors de lui, mais il perfectionne cette psychologie. On reste dans une modélisation de type 1, par hypostase de la personne, mais la compréhension par l'homme de sa propre psychologie progresse et s'améliore au cours du temps, franchissant des paliers. Ce sont ces paliers qui sont à l'origine des différents niveaux de religion ( animisme, polythéisme, monothéisme). Chacun correspond à un changement de modélisation épistémique. C 'est-à-dire à un progrès du savoir. U n perfectionnement dans la modélisation de l'humain. Nous avons déjà décrit le premier, qui consistait dans le passage de la découverte par l'homme de sa subjectivité à une psychologie des sentiments et des émotions. Nous assistons ici de nouveau, entre le polythéisme et le monothéisme, à un saut qualitatif. U ne rupture. U n changement de génération épistémique. U n changement de génération du savoir. Ce franchissement consiste dans le passage d'une psychologie des émotions et des sentiments, à une véritable anthropologie. Le monothéisme dépasse, pour expliquer l'homme, le mouvement et le jeu de ses sentiments et de ses émotions et rend compte de l'humanité, de son avènement et de ses avatars à travers un processus complexe qui fait intervenir le langage en tant que verbe, ainsi que la filiation et la loi. La filiation, dissociée entre sa dimension naturelle, celle du père biologique, et une dimension symbolique, qui fait de l'homme le fils de Dieu et puis la loi, la loi du Père, qui s'impose et qui instaure simultanément les lois morales et les lois du monde physique. Sur cette base, les monothéismes ont élaboré un corpus riche et étoffé qui propose à travers une modélisation métaphorique un échafaudage complexe qui rend compte de l'humain en totalité, y compris sa morale, sa spiritualité et leurs éventuels déséquilibres. E t qui, de plus, en constitue un outil à la fois de régulation personnelle et d'éducation. Les monothéismes constituent l'état le plus élaboré des savoirs de type 1, du moins dans nos contrées, car nous négligeons ici le bouddhisme, l'hindouisme, etc., les ontonomie étrangères à notre civilisation. D ont les conceptions organisent, ailleurs, d'autres civilisations. C ar l'humanité est hétérogène du point de vue de ses savoirs, de leur combinaison en ontonomie, chacune constituant une conception du monde et par conséquent de ses civilisations. Les civilisations humaines ne sont ni identiques ni égales. Quand il s'agit de définir leurs relations, ce constat est essentiel, d'autant que chacune hiérarchise les autres en se jugeant supérieure. Pour situer la nôtre, nous devrons la définir et la délimiter. Pour en revenir au savoir monothéiste, dont les mécanismes sont vieux comme l'humanité, ils ont atteint leur maturité depuis plus d'un millénaire et évoluent très peu depuis. Essentiellement, depuis la Renaissance, en cédant du terrain au savoir de type 3, que nous évoquerons plus loin. Les différents monothéismes ont toutefois survécu jusqu'à nous et conservent encore aujourd'hui un rôle essentiel dans les ontonomie contemporaines. Ils expliquent le monde à partir de phénomènes ou mécanismes surnaturels. Pour cette raison, nous qualifions de surnaturalistes les ontonomie dominées par les savoirs de type 1. Remarquons à l'occasion qu'en postulant dans le monde une cohérence, un ordre et des lois, les monothéismes ont, peut-être à leur insu, préparé le terrain pour l'avènement ultérieur des savoirs de type 3 qui vont les remettre en question et les contester. Remarquons, également, qu'en pensant devoir sortir de la religion sous prétexte qu'elles ne croyaient plus dans le caractère surnaturel du transcendant, les sociétés modernes ont perdu à la fois ce système théorique qui permettait de modéliser la morale et la spiritualité humaines et l'outil institutionnel et personnel qui permettait de les éduquer et de les réguler. Et comme elles ont également et simultanément perdu le dessein de leur législateur surnaturel, les sociétés modernes n'ont plus de sens. C e qui constitue l'essentiel de la panne de leur civilisation et la cause de leur effondrement. Nous allons en rester sur ce constat pour cette cinquième émission, au cours de laquelle nous avons décrit l'épanouissement du savoir de type 1 dans le monothéisme. La prochaine fois, nous commenterons le déploiement des savoirs de type 2 et 3. Je vous remercie de votre attention. A bientôt.
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Ce sont les différentes modalités de ce savoir de type 1, c'est-à-dire de l'attribution, par l'homme, de sa propre psychologie au monde qui l'entoure, et leur évolution, qui organise à la fois la diversité et la succession des civilisations. Partant d'une position initiale, onto centrique, c'est-à-dire d'une perception et d'une compréhension du monde centré par l'homme sur sa personne, l'élaboration et l'évolution des savoirs de type 1 qui s'en est suivie est due, comme nous l'avons vu, à deux phénomènes. Un mouvement général d'éloignement vis-à-vis de l'humain, de retrait de son environnement et d'abstraction vis-à-vis du monde visible et tangible. C 'est-à-dire en somme un retrait du monde d'une part, d'autre part, Une progression de la compréhension par l'homme de lui-même. U n perfectionnement de sa propre psychologie, qu'il attribue aux autres entités du monde. Nous en avons décrit les premières étapes, depuis la simple subjectivité totémiste jusqu'à la psychologie polythéiste des sentiments et des émotions. Ces deux phénomènes, ces deux mouvements, qui caractérisent les savoirs de type 1, organisent les ontonomie et leur évolution et permettent d'en rendre compte. En ce qui concerne le mouvement général de retrait, d'abstraction et de concentration, progressivement, l'homme se différencie de la nature. Il élabore sa place dans son environnement en se distinguant et se différenciant des éléments qui l'entourent. Ce mouvement est progressif et continu. Il se fait de proche en proche à partir d'un point de départ ontocentré. C 'est-à-dire centré sur l'être humain. L e savant de type 1 c ontinue à expliquer le monde avec sa propre psychologie, mais il va progressivement la retirer de son environnement immédiat pour l'attribuer à des entités de plus en plus éloignées de lui. Nous l'avons vérifié au cours des étapes précédentes qui nous ont conduit jusqu'aux multiples dieux polythéistes logés dans leur panthéon surnaturel. Nous retrouvons, dans l'élaboration du monothéisme, le prolongement de ce mouvement. A partir du polythéisme, les dieux sont logés dans la surnature. Espace postulé inaccessible et intangible. Avec l'apparition du monothéisme, la surnature reste le lieu du séjour du dieu unique. Le mouvement d'abstraction et d'éloignement y est complété et prolongé par une concentration. Les multiples dieux se concentrent en un seul. Celui-ci à son tour est doté de toutes les propriétés de la personne humaine. Dans le monothéisme, l a surnature reste le lieu de l'explication et ses mécanismes sont concentrés dans une unique subjectivité conçue à l'image de la personne humaine. La principale différence tient dans le fait que l'homme ne se satisfait plus de considérer le monde comme étant désordonné et soumis aux caprices et à l'arbitraire des scènes de ménage polythéistes. Dorénavant, il lui postule un ordre, une cohérence et même un dessein. Le progrès épistémique du monothéisme réside dans le postulat de cette organisation que l'homme attribue à un auteur unique. L e monde obéit à des lois et celles-ci sont édictées par un législateur. Dépassant la multiplication et le conflit des arbitraires polythéistes, le monothéisme affirme la rationalité stricte d'un dieu à la fois architecte et législateur. C elui-ci, entité unique, surnaturelle, car résidant dans la surnature, crédité de la quintessence de la psychologie humaine, concentré en une figure paternelle, parvenue au sommet, au maximum de son abstraction, et qui plus est, créditée d'un dessein. Avec le monothéisme, le monde a un sens, une organisation, une cohérence, et obéit à des lois dont quelqu'un est l'auteur. Il y a, dans le monde, une cohérence, un auteur et des lois, même si l'homme ne les comprend pas toujours. En ce qui concerne le second phénomène, la progression de la compréhension par l'homme de lui-même, l'homme continue à projeter sa psychologie hors de lui, mais il perfectionne cette psychologie. On reste dans une modélisation de type 1, par hypostase de la personne, mais la compréhension par l'homme de sa propre psychologie progresse et s'améliore au cours du temps, franchissant des paliers. Ce sont ces paliers qui sont à l'origine des différents niveaux de religion ( animisme, polythéisme, monothéisme). Chacun correspond à un changement de modélisation épistémique. C 'est-à-dire à un progrès du savoir. U n perfectionnement dans la modélisation de l'humain. Nous avons déjà décrit le premier, qui consistait dans le passage de la découverte par l'homme de sa subjectivité à une psychologie des sentiments et des émotions. Nous assistons ici de nouveau, entre le polythéisme et le monothéisme, à un saut qualitatif. U ne rupture. U n changement de génération épistémique. U n changement de génération du savoir. Ce franchissement consiste dans le passage d'une psychologie des émotions et des sentiments, à une véritable anthropologie. Le monothéisme dépasse, pour expliquer l'homme, le mouvement et le jeu de ses sentiments et de ses émotions et rend compte de l'humanité, de son avènement et de ses avatars à travers un processus complexe qui fait intervenir le langage en tant que verbe, ainsi que la filiation et la loi. La filiation, dissociée entre sa dimension naturelle, celle du père biologique, et une dimension symbolique, qui fait de l'homme le fils de Dieu et puis la loi, la loi du Père, qui s'impose et qui instaure simultanément les lois morales et les lois du monde physique. Sur cette base, les monothéismes ont élaboré un corpus riche et étoffé qui propose à travers une modélisation métaphorique un échafaudage complexe qui rend compte de l'humain en totalité, y compris sa morale, sa spiritualité et leurs éventuels déséquilibres. E t qui, de plus, en constitue un outil à la fois de régulation personnelle et d'éducation. Les monothéismes constituent l'état le plus élaboré des savoirs de type 1, du moins dans nos contrées, car nous négligeons ici le bouddhisme, l'hindouisme, etc., les ontonomie étrangères à notre civilisation. D ont les conceptions organisent, ailleurs, d'autres civilisations. C ar l'humanité est hétérogène du point de vue de ses savoirs, de leur combinaison en ontonomie, chacune constituant une conception du monde et par conséquent de ses civilisations. Les civilisations humaines ne sont ni identiques ni égales. Quand il s'agit de définir leurs relations, ce constat est essentiel, d'autant que chacune hiérarchise les autres en se jugeant supérieure. Pour situer la nôtre, nous devrons la définir et la délimiter. Pour en revenir au savoir monothéiste, dont les mécanismes sont vieux comme l'humanité, ils ont atteint leur maturité depuis plus d'un millénaire et évoluent très peu depuis. Essentiellement, depuis la Renaissance, en cédant du terrain au savoir de type 3, que nous évoquerons plus loin. Les différents monothéismes ont toutefois survécu jusqu'à nous et conservent encore aujourd'hui un rôle essentiel dans les ontonomie contemporaines. Ils expliquent le monde à partir de phénomènes ou mécanismes surnaturels. Pour cette raison, nous qualifions de surnaturalistes les ontonomie dominées par les savoirs de type 1. Remarquons à l'occasion qu'en postulant dans le monde une cohérence, un ordre et des lois, les monothéismes ont, peut-être à leur insu, préparé le terrain pour l'avènement ultérieur des savoirs de type 3 qui vont les remettre en question et les contester. Remarquons, également, qu'en pensant devoir sortir de la religion sous prétexte qu'elles ne croyaient plus dans le caractère surnaturel du transcendant, les sociétés modernes ont perdu à la fois ce système théorique qui permettait de modéliser la morale et la spiritualité humaines et l'outil institutionnel et personnel qui permettait de les éduquer et de les réguler. Et comme elles ont également et simultanément perdu le dessein de leur législateur surnaturel, les sociétés modernes n'ont plus de sens. C e qui constitue l'essentiel de la panne de leur civilisation et la cause de leur effondrement. Nous allons en rester sur ce constat pour cette cinquième émission, au cours de laquelle nous avons décrit l'épanouissement du savoir de type 1 dans le monothéisme. La prochaine fois, nous commenterons le déploiement des savoirs de type 2 et 3. Je vous remercie de votre attention. A bientôt.
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Ce sont les différentes modalités de ce savoir de type 1, c'est-à-dire de l'attribution, par l'homme, de sa propre psychologie au monde qui l'entoure, et leur évolution, qui organise à la fois la diversité et la succession des civilisations. Partant d'une position initiale, onto centrique, c'est-à-dire d'une perception et d'une compréhension du monde centré par l'homme sur sa personne, l'élaboration et l'évolution des savoirs de type 1 qui s'en est suivie est due, comme nous l'avons vu, à deux phénomènes. Un mouvement général d'éloignement vis-à-vis de l'humain, de retrait de son environnement et d'abstraction vis-à-vis du monde visible et tangible. C 'est-à-dire en somme un retrait du monde d'une part, d'autre part, Une progression de la compréhension par l'homme de lui-même. U n perfectionnement de sa propre psychologie, qu'il attribue aux autres entités du monde. Nous en avons décrit les premières étapes, depuis la simple subjectivité totémiste jusqu'à la psychologie polythéiste des sentiments et des émotions. Ces deux phénomènes, ces deux mouvements, qui caractérisent les savoirs de type 1, organisent les ontonomie et leur évolution et permettent d'en rendre compte. En ce qui concerne le mouvement général de retrait, d'abstraction et de concentration, progressivement, l'homme se différencie de la nature. Il élabore sa place dans son environnement en se distinguant et se différenciant des éléments qui l'entourent. Ce mouvement est progressif et continu. Il se fait de proche en proche à partir d'un point de départ ontocentré. C 'est-à-dire centré sur l'être humain. L e savant de type 1 c ontinue à expliquer le monde avec sa propre psychologie, mais il va progressivement la retirer de son environnement immédiat pour l'attribuer à des entités de plus en plus éloignées de lui. Nous l'avons vérifié au cours des étapes précédentes qui nous ont conduit jusqu'aux multiples dieux polythéistes logés dans leur panthéon surnaturel. Nous retrouvons, dans l'élaboration du monothéisme, le prolongement de ce mouvement. A partir du polythéisme, les dieux sont logés dans la surnature. Espace postulé inaccessible et intangible. Avec l'apparition du monothéisme, la surnature reste le lieu du séjour du dieu unique. Le mouvement d'abstraction et d'éloignement y est complété et prolongé par une concentration. Les multiples dieux se concentrent en un seul. Celui-ci à son tour est doté de toutes les propriétés de la personne humaine. Dans le monothéisme, l a surnature reste le lieu de l'explication et ses mécanismes sont concentrés dans une unique subjectivité conçue à l'image de la personne humaine. La principale différence tient dans le fait que l'homme ne se satisfait plus de considérer le monde comme étant désordonné et soumis aux caprices et à l'arbitraire des scènes de ménage polythéistes. Dorénavant, il lui postule un ordre, une cohérence et même un dessein. Le progrès épistémique du monothéisme réside dans le postulat de cette organisation que l'homme attribue à un auteur unique. L e monde obéit à des lois et celles-ci sont édictées par un législateur. Dépassant la multiplication et le conflit des arbitraires polythéistes, le monothéisme affirme la rationalité stricte d'un dieu à la fois architecte et législateur. C elui-ci, entité unique, surnaturelle, car résidant dans la surnature, crédité de la quintessence de la psychologie humaine, concentré en une figure paternelle, parvenue au sommet, au maximum de son abstraction, et qui plus est, créditée d'un dessein. Avec le monothéisme, le monde a un sens, une organisation, une cohérence, et obéit à des lois dont quelqu'un est l'auteur. Il y a, dans le monde, une cohérence, un auteur et des lois, même si l'homme ne les comprend pas toujours. En ce qui concerne le second phénomène, la progression de la compréhension par l'homme de lui-même, l'homme continue à projeter sa psychologie hors de lui, mais il perfectionne cette psychologie. On reste dans une modélisation de type 1, par hypostase de la personne, mais la compréhension par l'homme de sa propre psychologie progresse et s'améliore au cours du temps, franchissant des paliers. Ce sont ces paliers qui sont à l'origine des différents niveaux de religion ( animisme, polythéisme, monothéisme). Chacun correspond à un changement de modélisation épistémique. C 'est-à-dire à un progrès du savoir. U n perfectionnement dans la modélisation de l'humain. Nous avons déjà décrit le premier, qui consistait dans le passage de la découverte par l'homme de sa subjectivité à une psychologie des sentiments et des émotions. Nous assistons ici de nouveau, entre le polythéisme et le monothéisme, à un saut qualitatif. U ne rupture. U n changement de génération épistémique. U n changement de génération du savoir. Ce franchissement consiste dans le passage d'une psychologie des émotions et des sentiments, à une véritable anthropologie. Le monothéisme dépasse, pour expliquer l'homme, le mouvement et le jeu de ses sentiments et de ses émotions et rend compte de l'humanité, de son avènement et de ses avatars à travers un processus complexe qui fait intervenir le langage en tant que verbe, ainsi que la filiation et la loi. La filiation, dissociée entre sa dimension naturelle, celle du père biologique, et une dimension symbolique, qui fait de l'homme le fils de Dieu et puis la loi, la loi du Père, qui s'impose et qui instaure simultanément les lois morales et les lois du monde physique. Sur cette base, les monothéismes ont élaboré un corpus riche et étoffé qui propose à travers une modélisation métaphorique un échafaudage complexe qui rend compte de l'humain en totalité, y compris sa morale, sa spiritualité et leurs éventuels déséquilibres. E t qui, de plus, en constitue un outil à la fois de régulation personnelle et d'éducation. Les monothéismes constituent l'état le plus élaboré des savoirs de type 1, du moins dans nos contrées, car nous négligeons ici le bouddhisme, l'hindouisme, etc., les ontonomie étrangères à notre civilisation. D ont les conceptions organisent, ailleurs, d'autres civilisations. C ar l'humanité est hétérogène du point de vue de ses savoirs, de leur combinaison en ontonomie, chacune constituant une conception du monde et par conséquent de ses civilisations. Les civilisations humaines ne sont ni identiques ni égales. Quand il s'agit de définir leurs relations, ce constat est essentiel, d'autant que chacune hiérarchise les autres en se jugeant supérieure. Pour situer la nôtre, nous devrons la définir et la délimiter. Pour en revenir au savoir monothéiste, dont les mécanismes sont vieux comme l'humanité, ils ont atteint leur maturité depuis plus d'un millénaire et évoluent très peu depuis. Essentiellement, depuis la Renaissance, en cédant du terrain au savoir de type 3, que nous évoquerons plus loin. Les différents monothéismes ont toutefois survécu jusqu'à nous et conservent encore aujourd'hui un rôle essentiel dans les ontonomie contemporaines. Ils expliquent le monde à partir de phénomènes ou mécanismes surnaturels. Pour cette raison, nous qualifions de surnaturalistes les ontonomie dominées par les savoirs de type 1. Remarquons à l'occasion qu'en postulant dans le monde une cohérence, un ordre et des lois, les monothéismes ont, peut-être à leur insu, préparé le terrain pour l'avènement ultérieur des savoirs de type 3 qui vont les remettre en question et les contester. Remarquons, également, qu'en pensant devoir sortir de la religion sous prétexte qu'elles ne croyaient plus dans le caractère surnaturel du transcendant, les sociétés modernes ont perdu à la fois ce système théorique qui permettait de modéliser la morale et la spiritualité humaines et l'outil institutionnel et personnel qui permettait de les éduquer et de les réguler. Et comme elles ont également et simultanément perdu le dessein de leur législateur surnaturel, les sociétés modernes n'ont plus de sens. C e qui constitue l'essentiel de la panne de leur civilisation et la cause de leur effondrement. Nous allons en rester sur ce constat pour cette cinquième émission, au cours de laquelle nous avons décrit l'épanouissement du savoir de type 1 dans le monothéisme. La prochaine fois, nous commenterons le déploiement des savoirs de type 2 et 3. Je vous remercie de votre attention. A bientôt.
Description
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
Bonjour à tous, bienvenue dans Anthroponomie, c'est aujourd'hui notre cinquième émission. La dernière fois, nous avons apprécié les qualités d'équilibre des sociétés premières. Nous allons aujourd'hui reprendre le mouvement d'abstraction du savoir de type 1 qui va nous conduire au monothéisme. Ce chapitre est donc intitulé « Le monothéisme » . Depuis l'origine de l'humanité, l'ontonomie, en tant que combinaison de savoirs propre à chaque civilisation, constitue sa conception du monde. Elle se partage, comme nous l'avons vu, entre sa description par les savoirs de type 2 et son explication par les savoirs de type 1. Cette explication a pour principal mécanisme l'attribution par l'homme de ses propriétés personnelles au monde qui l'entoure. L a projection, par l'homme, de sa propre psychologie, hors de lui, dans son environnement. Ce sont les différentes modalités de ce savoir de type 1, c'est-à-dire de l'attribution, par l'homme, de sa propre psychologie au monde qui l'entoure, et leur évolution, qui organise à la fois la diversité et la succession des civilisations. Partant d'une position initiale, onto centrique, c'est-à-dire d'une perception et d'une compréhension du monde centré par l'homme sur sa personne, l'élaboration et l'évolution des savoirs de type 1 qui s'en est suivie est due, comme nous l'avons vu, à deux phénomènes. Un mouvement général d'éloignement vis-à-vis de l'humain, de retrait de son environnement et d'abstraction vis-à-vis du monde visible et tangible. C 'est-à-dire en somme un retrait du monde d'une part, d'autre part, Une progression de la compréhension par l'homme de lui-même. U n perfectionnement de sa propre psychologie, qu'il attribue aux autres entités du monde. Nous en avons décrit les premières étapes, depuis la simple subjectivité totémiste jusqu'à la psychologie polythéiste des sentiments et des émotions. Ces deux phénomènes, ces deux mouvements, qui caractérisent les savoirs de type 1, organisent les ontonomie et leur évolution et permettent d'en rendre compte. En ce qui concerne le mouvement général de retrait, d'abstraction et de concentration, progressivement, l'homme se différencie de la nature. Il élabore sa place dans son environnement en se distinguant et se différenciant des éléments qui l'entourent. Ce mouvement est progressif et continu. Il se fait de proche en proche à partir d'un point de départ ontocentré. C 'est-à-dire centré sur l'être humain. L e savant de type 1 c ontinue à expliquer le monde avec sa propre psychologie, mais il va progressivement la retirer de son environnement immédiat pour l'attribuer à des entités de plus en plus éloignées de lui. Nous l'avons vérifié au cours des étapes précédentes qui nous ont conduit jusqu'aux multiples dieux polythéistes logés dans leur panthéon surnaturel. Nous retrouvons, dans l'élaboration du monothéisme, le prolongement de ce mouvement. A partir du polythéisme, les dieux sont logés dans la surnature. Espace postulé inaccessible et intangible. Avec l'apparition du monothéisme, la surnature reste le lieu du séjour du dieu unique. Le mouvement d'abstraction et d'éloignement y est complété et prolongé par une concentration. Les multiples dieux se concentrent en un seul. Celui-ci à son tour est doté de toutes les propriétés de la personne humaine. Dans le monothéisme, l a surnature reste le lieu de l'explication et ses mécanismes sont concentrés dans une unique subjectivité conçue à l'image de la personne humaine. La principale différence tient dans le fait que l'homme ne se satisfait plus de considérer le monde comme étant désordonné et soumis aux caprices et à l'arbitraire des scènes de ménage polythéistes. Dorénavant, il lui postule un ordre, une cohérence et même un dessein. Le progrès épistémique du monothéisme réside dans le postulat de cette organisation que l'homme attribue à un auteur unique. L e monde obéit à des lois et celles-ci sont édictées par un législateur. Dépassant la multiplication et le conflit des arbitraires polythéistes, le monothéisme affirme la rationalité stricte d'un dieu à la fois architecte et législateur. C elui-ci, entité unique, surnaturelle, car résidant dans la surnature, crédité de la quintessence de la psychologie humaine, concentré en une figure paternelle, parvenue au sommet, au maximum de son abstraction, et qui plus est, créditée d'un dessein. Avec le monothéisme, le monde a un sens, une organisation, une cohérence, et obéit à des lois dont quelqu'un est l'auteur. Il y a, dans le monde, une cohérence, un auteur et des lois, même si l'homme ne les comprend pas toujours. En ce qui concerne le second phénomène, la progression de la compréhension par l'homme de lui-même, l'homme continue à projeter sa psychologie hors de lui, mais il perfectionne cette psychologie. On reste dans une modélisation de type 1, par hypostase de la personne, mais la compréhension par l'homme de sa propre psychologie progresse et s'améliore au cours du temps, franchissant des paliers. Ce sont ces paliers qui sont à l'origine des différents niveaux de religion ( animisme, polythéisme, monothéisme). Chacun correspond à un changement de modélisation épistémique. C 'est-à-dire à un progrès du savoir. U n perfectionnement dans la modélisation de l'humain. Nous avons déjà décrit le premier, qui consistait dans le passage de la découverte par l'homme de sa subjectivité à une psychologie des sentiments et des émotions. Nous assistons ici de nouveau, entre le polythéisme et le monothéisme, à un saut qualitatif. U ne rupture. U n changement de génération épistémique. U n changement de génération du savoir. Ce franchissement consiste dans le passage d'une psychologie des émotions et des sentiments, à une véritable anthropologie. Le monothéisme dépasse, pour expliquer l'homme, le mouvement et le jeu de ses sentiments et de ses émotions et rend compte de l'humanité, de son avènement et de ses avatars à travers un processus complexe qui fait intervenir le langage en tant que verbe, ainsi que la filiation et la loi. La filiation, dissociée entre sa dimension naturelle, celle du père biologique, et une dimension symbolique, qui fait de l'homme le fils de Dieu et puis la loi, la loi du Père, qui s'impose et qui instaure simultanément les lois morales et les lois du monde physique. Sur cette base, les monothéismes ont élaboré un corpus riche et étoffé qui propose à travers une modélisation métaphorique un échafaudage complexe qui rend compte de l'humain en totalité, y compris sa morale, sa spiritualité et leurs éventuels déséquilibres. E t qui, de plus, en constitue un outil à la fois de régulation personnelle et d'éducation. Les monothéismes constituent l'état le plus élaboré des savoirs de type 1, du moins dans nos contrées, car nous négligeons ici le bouddhisme, l'hindouisme, etc., les ontonomie étrangères à notre civilisation. D ont les conceptions organisent, ailleurs, d'autres civilisations. C ar l'humanité est hétérogène du point de vue de ses savoirs, de leur combinaison en ontonomie, chacune constituant une conception du monde et par conséquent de ses civilisations. Les civilisations humaines ne sont ni identiques ni égales. Quand il s'agit de définir leurs relations, ce constat est essentiel, d'autant que chacune hiérarchise les autres en se jugeant supérieure. Pour situer la nôtre, nous devrons la définir et la délimiter. Pour en revenir au savoir monothéiste, dont les mécanismes sont vieux comme l'humanité, ils ont atteint leur maturité depuis plus d'un millénaire et évoluent très peu depuis. Essentiellement, depuis la Renaissance, en cédant du terrain au savoir de type 3, que nous évoquerons plus loin. Les différents monothéismes ont toutefois survécu jusqu'à nous et conservent encore aujourd'hui un rôle essentiel dans les ontonomie contemporaines. Ils expliquent le monde à partir de phénomènes ou mécanismes surnaturels. Pour cette raison, nous qualifions de surnaturalistes les ontonomie dominées par les savoirs de type 1. Remarquons à l'occasion qu'en postulant dans le monde une cohérence, un ordre et des lois, les monothéismes ont, peut-être à leur insu, préparé le terrain pour l'avènement ultérieur des savoirs de type 3 qui vont les remettre en question et les contester. Remarquons, également, qu'en pensant devoir sortir de la religion sous prétexte qu'elles ne croyaient plus dans le caractère surnaturel du transcendant, les sociétés modernes ont perdu à la fois ce système théorique qui permettait de modéliser la morale et la spiritualité humaines et l'outil institutionnel et personnel qui permettait de les éduquer et de les réguler. Et comme elles ont également et simultanément perdu le dessein de leur législateur surnaturel, les sociétés modernes n'ont plus de sens. C e qui constitue l'essentiel de la panne de leur civilisation et la cause de leur effondrement. Nous allons en rester sur ce constat pour cette cinquième émission, au cours de laquelle nous avons décrit l'épanouissement du savoir de type 1 dans le monothéisme. La prochaine fois, nous commenterons le déploiement des savoirs de type 2 et 3. Je vous remercie de votre attention. A bientôt.
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