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Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Bonjour à tous, bienvenue dans Anthroponomie, c'est aujourd'hui notre quatrième émission. La dernière fois, nous avons assisté à l'évolution du savoir de type 1 vers le polythéisme. Nous allons aujourd'hui nous intéresser aux sociétés dites « primitives » . Ce chapitre est intitulé « La modernité des sociétés premières » . Après l'histoire de l'humanité que nous avons évoquée au cours de notre précédente émission, voici notre seconde remarque. Nous estimons que les sociétés humaines premières méritent mieux que la condescendance méprisante avec laquelle elles sont ordinairement traitées par nos contemporains. Aussi, allons-nous prendre le temps de leur accorder l'hommage que nous leur estimons dû. A ce titre, nous allons commenter à présent ce que nous considérons comme la véritable modernité des sociétés primitives. L'homme occidental, dans l'arrogance de sa "modernité", essentiellement technologique, s'est longtemps autorisé à mépriser les sociétés traditionnelles, et en particulier celles qui lui sont contemporaines. On parlait pour les qualifier de sociétés "primitives". De nos jours, la chape moralisante de la bien-pensance ne permet plus de les désigner comme sociétés primitives, elles ont été rebaptisées "sociétés autochtones". Et voilà qu'aujourd'hui, l'homme occidental s'esbaudit d'y retrouver une humanité identique à la sienne. Le phénomène est intéressant, et il jalonne précisément notre propre mutation civilisationnelle. Nos prédécesseurs sont en effet longtemps passés à côté de la qualité principale de ces sociétés, qu'ils qualifiaient de primitives, et qui est précisément leur stabilité dans le temps. On parlait de « sociétés sans Histoire ». C omme si ces sociétés devaient leur stabilité au fait de ne pas être entrées dans "l'Histoire". Ce qui, aux yeux des occidentaux, représentait le comble de l'arriération. La pérennité de ces sociétés, qui aurait dû susciter l'admiration, était prise pour un déficit. La qualité d'équilibre des sociétés dites "primitives" était considérée comme une tare au regard de la comparaison entre leur niveau technologique et le nôtre. Nos sociétés "modernes", définissant leur "modernité" uniquement par leur technologie, n'ont pas tout de suite compris, et peut-être même toujours pas compris, qu'elles avaient affaire à des sociétés plus modernes qu'elles. M ais pas sur le même plan. J'oppose ici la modernité technologique issue des sciences de la matière et de la nature, qui caractérise les sociétés contemporaines, lesquelles se croient à ce titre « modernes » , à une autre modernité, qui pourrait leur venir des sciences humaines et en particulier de l'anthropologie. Une modernité de civilisation qui leur fait actuellement cruellement défaut et à laquelle nos sociétés n'ont même pas encore envisagé d'accéder. Car elles l' ignorent. Et c'est précisément cette ignorance des sociétés modernes pour la notion même de civilisation et pour ses mécanismes, qui nous a contraints à créer ce podcast, pour conduire nos contemporains à en prendre conscience et à les comprendre. La marge de progrès pour notre civilisation est considérable, à condition de la chercher au bon endroit. E n aucun cas dans ses technologies. Cette modernité, ontonomique, modernité de son ontonomie, à laquelle nous aspirons, nous allons en trouver un modèle et un précurseur dans les sociétés considérées comme primitives par nos contemporains, aussi ontonomiquement décadents qu'ils sont technologiquement performants. En effet pour qu'une société dure elle doit être en équilibre. Equilibre externe, dans sa relation avec son milieu. Equilibre interne, par absence de toute force de fracture ou d'éclatement. Ces deux conditions doivent être réunies. Les sociétés autochtones, qui durent depuis des millénaires, sont donc nécessairement des sociétés à la fois parfaitement adaptées à leur environnement et totalement dénuées de forces sociales ou politiques qui pourraient les déséquilibrer ou les détruire. En ce qui concerne l'environnement, nos écologistes ont depuis longtemps découvert la remarquable adaptation des sociétés traditionnelles aux conditions de leur milieu. Se trompant de logique, certains sont dès lors prêts à nous en faire un modèle de vie. Confondant les mécanismes, ils attribuent la qualité ontonomique des sociétés premières à leur simplicité technologique. P récisément, parce que nos contemporains ignorent la notion d'ontonomie. Dès lors, ils veulent imposer aux sociétés modernes une diète technologique, dont ils espèrent une valeur ajoutée civilisationnelle. Ce qui constitue un contresens épistémique, c'est-à-dire scientifique, par la dissolution de l'anthropologie dans la technologie et par conséquent un raisonnement à proprement parler magique. Car il viserait à prétendre résoudre un problème de civilisation par une simple gesticulation technique. C e qui serait aussi insensé qu'inefficace. Voilà pourquoi il est primordial d'obtenir de nos contemporains la prise en compte de la dimension de l'anthropologie dans la compréhension de ce qu'est une civilisation. Plus sérieusement, l'extraordinaire intérêt que ces sociétés devraient présenter à nos yeux réside dans le fait qu'elles ne sont le lieu d'aucune lutte des classes. Ces sociétés sont stables parce qu'aucune injustice, aucune iniquité, donc aucune revendication, aucun conflit ne vient déséquilibrer leur cours. Ces sociétés "primitives" sont stables parce qu'elles sont des démocraties. Les sociétés primitives sont des démocraties absolues. Cela signifie que le mode, qui est le leur, de relation de l'homme avec lui-même, ses semblable et le monde qui l'entoure est parfaitement équilibré et apaisé. Ces sociétés primitives sont des civilisations abouties. L'émission de télévision « Rendez-vous en terre inconnue » diffusée par France 2, qui connaît un tel succès en France, offre à chacun de ses épisodes l'occasion d'une découverte extasiée par les Occidentaux de différents peuples autochtones. Les téléspectateurs découvrent chez les peuples "primitifs" une qualité d'humanité, d'attention à l'autre, de sensibilité, que les peuplades rencontrés partagent avec l'équipe de l'émission et les personnalités qui sont ainsi conviées en terre inconnue. Cette qualité d'humanité qui fait qu'à chaque fois tout le monde pleure en y participant ou en la regardant. Dans chaque émission, ces hommes nus ou presque sont parfaitement au niveau de leurs interlocuteurs occidentaux et sont même systématiquement en mesure de leur donner des leçons de vie. Ils sont tout simplement plus avancés que nous sur les questions de la régulation des relations de l'homme avec lui-mêmes ses semblables et le monde qui l'entoure. Sur ces questions, l'homme moderne n'est pas celui que l'on croit. Alors l'homme moderne, qui ne comprend rien, s'extasie que l'on puisse être heureux dans un tel dénuement. L'homme moderne, parvenu aux faîte de ses civilisations de gadgets, commence à percevoir que le bonheur est ailleurs. D u moins qu'il ne l'a pas rencontré. L'homme moderne va devoir comprendre, et le plus tôt sera le mieux, que la modernité de sa civilisation ne se trouve pas là où il la cherchait. L'homme moderne va devoir admettre que la modernité, pour ce qui concerne sa civilisation, doit se définir en termes d'anthropologie et non pas en termes de technologies. A cette seule et unique condition, L'homme moderne se donnera ainsi la chance de faire entrer sa civilisation dans sa véritable modernité. Tant qu'il ne l'aura pas compris, il va continuer à s'enfoncer dans le chaos. Voilà, la mutation au seuil de laquelle nous nous trouvons. Et cette mutation nos congénèrse, n'en ont aucune conscience. Au seuil de cette mutation, nous ferions bien de prendre conscience du fait que d'autres civilisations nous ont précédés. C e ne sont pas celles auxquelles nous nous attendions. Alors, bien sûr, il n'est pas question pour nous de revenir à leur mode de vie. Il n'est pas question d'abandonner notre modernité technologique, ni même d'interrompre son progrès. Ne nous trompons pas sur ce que nous avons à leur emprunter. La prochaine étape de nos civilisations "modernes" va consister, en conservant la modernité de nos sciences dures, à y ajouter la nouvelle modernité de notre anthropologie, que nous allons devoir aller chercher ailleurs que dans nos technologies. En clair, ce n'est pas plus d'Internet que de l'Intelligence Artificielle que nous devons attendre un progrès de notre civilisation. M ais de l'anthropologie, qui va nous permettre d'en accomplir la prochaine étape. Nous franchirons ainsi un pas de géant vers un état supérieur de civilisation. Nous y reviendrons dans la suite de notre podcast. Mais, pour le moment, cette prochaine étape à laquelle nous œuvrons, reste un point aveugle pour la majorité de nos contemporains. Remarquons également, a vant de les quitter, que ces sociétés traditionnelles équilibrées et religieusement modernes ne produisent pas d'empire. Nos monothéismes n'ont pourtant pas non plus que des défauts. Ils ont abouti à des sociétés évoluées et appareillées, organisées, et il ne s'agit pas de les jeter aux oubliettes en se mettant tous en pagne. Il s'agit de préserver les performances de nos sociétés en leur ajoutant une dimension supplémentaire. U ne dimension morale et spirituelle, et par conséquent politique, à laquelle elles n'ont aujourd'hui plus accès. Nous sommes dans une logique de progrès, pas de régression. Par contre, nous devons modifier les termes dans lesquels nous définissons notre progrès à venir. Nous devons à cet effet changer de paradigme scientifique civilisationnel. En attendant, nous allons reprendre notre présentation de la succession des ontonomie. Nous allons en rester là pour cette quatrième émission, au cours de laquelle nous avons apprécié la modernité politique des sociétés premières. La prochaine fois, nous aborderons le monothéisme. Je vous remercie de votre attention. A bientôt !
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L'homme occidental, dans l'arrogance de sa "modernité", essentiellement technologique, s'est longtemps autorisé à mépriser les sociétés traditionnelles, et en particulier celles qui lui sont contemporaines. On parlait pour les qualifier de sociétés "primitives". De nos jours, la chape moralisante de la bien-pensance ne permet plus de les désigner comme sociétés primitives, elles ont été rebaptisées "sociétés autochtones". Et voilà qu'aujourd'hui, l'homme occidental s'esbaudit d'y retrouver une humanité identique à la sienne. Le phénomène est intéressant, et il jalonne précisément notre propre mutation civilisationnelle. Nos prédécesseurs sont en effet longtemps passés à côté de la qualité principale de ces sociétés, qu'ils qualifiaient de primitives, et qui est précisément leur stabilité dans le temps. On parlait de « sociétés sans Histoire ». C omme si ces sociétés devaient leur stabilité au fait de ne pas être entrées dans "l'Histoire". Ce qui, aux yeux des occidentaux, représentait le comble de l'arriération. La pérennité de ces sociétés, qui aurait dû susciter l'admiration, était prise pour un déficit. La qualité d'équilibre des sociétés dites "primitives" était considérée comme une tare au regard de la comparaison entre leur niveau technologique et le nôtre. Nos sociétés "modernes", définissant leur "modernité" uniquement par leur technologie, n'ont pas tout de suite compris, et peut-être même toujours pas compris, qu'elles avaient affaire à des sociétés plus modernes qu'elles. M ais pas sur le même plan. J'oppose ici la modernité technologique issue des sciences de la matière et de la nature, qui caractérise les sociétés contemporaines, lesquelles se croient à ce titre « modernes » , à une autre modernité, qui pourrait leur venir des sciences humaines et en particulier de l'anthropologie. Une modernité de civilisation qui leur fait actuellement cruellement défaut et à laquelle nos sociétés n'ont même pas encore envisagé d'accéder. Car elles l' ignorent. Et c'est précisément cette ignorance des sociétés modernes pour la notion même de civilisation et pour ses mécanismes, qui nous a contraints à créer ce podcast, pour conduire nos contemporains à en prendre conscience et à les comprendre. La marge de progrès pour notre civilisation est considérable, à condition de la chercher au bon endroit. E n aucun cas dans ses technologies. Cette modernité, ontonomique, modernité de son ontonomie, à laquelle nous aspirons, nous allons en trouver un modèle et un précurseur dans les sociétés considérées comme primitives par nos contemporains, aussi ontonomiquement décadents qu'ils sont technologiquement performants. En effet pour qu'une société dure elle doit être en équilibre. Equilibre externe, dans sa relation avec son milieu. Equilibre interne, par absence de toute force de fracture ou d'éclatement. Ces deux conditions doivent être réunies. Les sociétés autochtones, qui durent depuis des millénaires, sont donc nécessairement des sociétés à la fois parfaitement adaptées à leur environnement et totalement dénuées de forces sociales ou politiques qui pourraient les déséquilibrer ou les détruire. En ce qui concerne l'environnement, nos écologistes ont depuis longtemps découvert la remarquable adaptation des sociétés traditionnelles aux conditions de leur milieu. Se trompant de logique, certains sont dès lors prêts à nous en faire un modèle de vie. Confondant les mécanismes, ils attribuent la qualité ontonomique des sociétés premières à leur simplicité technologique. P récisément, parce que nos contemporains ignorent la notion d'ontonomie. Dès lors, ils veulent imposer aux sociétés modernes une diète technologique, dont ils espèrent une valeur ajoutée civilisationnelle. Ce qui constitue un contresens épistémique, c'est-à-dire scientifique, par la dissolution de l'anthropologie dans la technologie et par conséquent un raisonnement à proprement parler magique. Car il viserait à prétendre résoudre un problème de civilisation par une simple gesticulation technique. C e qui serait aussi insensé qu'inefficace. Voilà pourquoi il est primordial d'obtenir de nos contemporains la prise en compte de la dimension de l'anthropologie dans la compréhension de ce qu'est une civilisation. Plus sérieusement, l'extraordinaire intérêt que ces sociétés devraient présenter à nos yeux réside dans le fait qu'elles ne sont le lieu d'aucune lutte des classes. Ces sociétés sont stables parce qu'aucune injustice, aucune iniquité, donc aucune revendication, aucun conflit ne vient déséquilibrer leur cours. Ces sociétés "primitives" sont stables parce qu'elles sont des démocraties. Les sociétés primitives sont des démocraties absolues. Cela signifie que le mode, qui est le leur, de relation de l'homme avec lui-même, ses semblable et le monde qui l'entoure est parfaitement équilibré et apaisé. Ces sociétés primitives sont des civilisations abouties. L'émission de télévision « Rendez-vous en terre inconnue » diffusée par France 2, qui connaît un tel succès en France, offre à chacun de ses épisodes l'occasion d'une découverte extasiée par les Occidentaux de différents peuples autochtones. Les téléspectateurs découvrent chez les peuples "primitifs" une qualité d'humanité, d'attention à l'autre, de sensibilité, que les peuplades rencontrés partagent avec l'équipe de l'émission et les personnalités qui sont ainsi conviées en terre inconnue. Cette qualité d'humanité qui fait qu'à chaque fois tout le monde pleure en y participant ou en la regardant. Dans chaque émission, ces hommes nus ou presque sont parfaitement au niveau de leurs interlocuteurs occidentaux et sont même systématiquement en mesure de leur donner des leçons de vie. Ils sont tout simplement plus avancés que nous sur les questions de la régulation des relations de l'homme avec lui-mêmes ses semblables et le monde qui l'entoure. Sur ces questions, l'homme moderne n'est pas celui que l'on croit. Alors l'homme moderne, qui ne comprend rien, s'extasie que l'on puisse être heureux dans un tel dénuement. L'homme moderne, parvenu aux faîte de ses civilisations de gadgets, commence à percevoir que le bonheur est ailleurs. D u moins qu'il ne l'a pas rencontré. L'homme moderne va devoir comprendre, et le plus tôt sera le mieux, que la modernité de sa civilisation ne se trouve pas là où il la cherchait. L'homme moderne va devoir admettre que la modernité, pour ce qui concerne sa civilisation, doit se définir en termes d'anthropologie et non pas en termes de technologies. A cette seule et unique condition, L'homme moderne se donnera ainsi la chance de faire entrer sa civilisation dans sa véritable modernité. Tant qu'il ne l'aura pas compris, il va continuer à s'enfoncer dans le chaos. Voilà, la mutation au seuil de laquelle nous nous trouvons. Et cette mutation nos congénèrse, n'en ont aucune conscience. Au seuil de cette mutation, nous ferions bien de prendre conscience du fait que d'autres civilisations nous ont précédés. C e ne sont pas celles auxquelles nous nous attendions. Alors, bien sûr, il n'est pas question pour nous de revenir à leur mode de vie. Il n'est pas question d'abandonner notre modernité technologique, ni même d'interrompre son progrès. Ne nous trompons pas sur ce que nous avons à leur emprunter. La prochaine étape de nos civilisations "modernes" va consister, en conservant la modernité de nos sciences dures, à y ajouter la nouvelle modernité de notre anthropologie, que nous allons devoir aller chercher ailleurs que dans nos technologies. En clair, ce n'est pas plus d'Internet que de l'Intelligence Artificielle que nous devons attendre un progrès de notre civilisation. M ais de l'anthropologie, qui va nous permettre d'en accomplir la prochaine étape. Nous franchirons ainsi un pas de géant vers un état supérieur de civilisation. Nous y reviendrons dans la suite de notre podcast. Mais, pour le moment, cette prochaine étape à laquelle nous œuvrons, reste un point aveugle pour la majorité de nos contemporains. Remarquons également, a vant de les quitter, que ces sociétés traditionnelles équilibrées et religieusement modernes ne produisent pas d'empire. Nos monothéismes n'ont pourtant pas non plus que des défauts. Ils ont abouti à des sociétés évoluées et appareillées, organisées, et il ne s'agit pas de les jeter aux oubliettes en se mettant tous en pagne. Il s'agit de préserver les performances de nos sociétés en leur ajoutant une dimension supplémentaire. U ne dimension morale et spirituelle, et par conséquent politique, à laquelle elles n'ont aujourd'hui plus accès. Nous sommes dans une logique de progrès, pas de régression. Par contre, nous devons modifier les termes dans lesquels nous définissons notre progrès à venir. Nous devons à cet effet changer de paradigme scientifique civilisationnel. En attendant, nous allons reprendre notre présentation de la succession des ontonomie. Nous allons en rester là pour cette quatrième émission, au cours de laquelle nous avons apprécié la modernité politique des sociétés premières. La prochaine fois, nous aborderons le monothéisme. Je vous remercie de votre attention. A bientôt !
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L'homme occidental, dans l'arrogance de sa "modernité", essentiellement technologique, s'est longtemps autorisé à mépriser les sociétés traditionnelles, et en particulier celles qui lui sont contemporaines. On parlait pour les qualifier de sociétés "primitives". De nos jours, la chape moralisante de la bien-pensance ne permet plus de les désigner comme sociétés primitives, elles ont été rebaptisées "sociétés autochtones". Et voilà qu'aujourd'hui, l'homme occidental s'esbaudit d'y retrouver une humanité identique à la sienne. Le phénomène est intéressant, et il jalonne précisément notre propre mutation civilisationnelle. Nos prédécesseurs sont en effet longtemps passés à côté de la qualité principale de ces sociétés, qu'ils qualifiaient de primitives, et qui est précisément leur stabilité dans le temps. On parlait de « sociétés sans Histoire ». C omme si ces sociétés devaient leur stabilité au fait de ne pas être entrées dans "l'Histoire". Ce qui, aux yeux des occidentaux, représentait le comble de l'arriération. La pérennité de ces sociétés, qui aurait dû susciter l'admiration, était prise pour un déficit. La qualité d'équilibre des sociétés dites "primitives" était considérée comme une tare au regard de la comparaison entre leur niveau technologique et le nôtre. Nos sociétés "modernes", définissant leur "modernité" uniquement par leur technologie, n'ont pas tout de suite compris, et peut-être même toujours pas compris, qu'elles avaient affaire à des sociétés plus modernes qu'elles. M ais pas sur le même plan. J'oppose ici la modernité technologique issue des sciences de la matière et de la nature, qui caractérise les sociétés contemporaines, lesquelles se croient à ce titre « modernes » , à une autre modernité, qui pourrait leur venir des sciences humaines et en particulier de l'anthropologie. Une modernité de civilisation qui leur fait actuellement cruellement défaut et à laquelle nos sociétés n'ont même pas encore envisagé d'accéder. Car elles l' ignorent. Et c'est précisément cette ignorance des sociétés modernes pour la notion même de civilisation et pour ses mécanismes, qui nous a contraints à créer ce podcast, pour conduire nos contemporains à en prendre conscience et à les comprendre. La marge de progrès pour notre civilisation est considérable, à condition de la chercher au bon endroit. E n aucun cas dans ses technologies. Cette modernité, ontonomique, modernité de son ontonomie, à laquelle nous aspirons, nous allons en trouver un modèle et un précurseur dans les sociétés considérées comme primitives par nos contemporains, aussi ontonomiquement décadents qu'ils sont technologiquement performants. En effet pour qu'une société dure elle doit être en équilibre. Equilibre externe, dans sa relation avec son milieu. Equilibre interne, par absence de toute force de fracture ou d'éclatement. Ces deux conditions doivent être réunies. Les sociétés autochtones, qui durent depuis des millénaires, sont donc nécessairement des sociétés à la fois parfaitement adaptées à leur environnement et totalement dénuées de forces sociales ou politiques qui pourraient les déséquilibrer ou les détruire. En ce qui concerne l'environnement, nos écologistes ont depuis longtemps découvert la remarquable adaptation des sociétés traditionnelles aux conditions de leur milieu. Se trompant de logique, certains sont dès lors prêts à nous en faire un modèle de vie. Confondant les mécanismes, ils attribuent la qualité ontonomique des sociétés premières à leur simplicité technologique. P récisément, parce que nos contemporains ignorent la notion d'ontonomie. Dès lors, ils veulent imposer aux sociétés modernes une diète technologique, dont ils espèrent une valeur ajoutée civilisationnelle. Ce qui constitue un contresens épistémique, c'est-à-dire scientifique, par la dissolution de l'anthropologie dans la technologie et par conséquent un raisonnement à proprement parler magique. Car il viserait à prétendre résoudre un problème de civilisation par une simple gesticulation technique. C e qui serait aussi insensé qu'inefficace. Voilà pourquoi il est primordial d'obtenir de nos contemporains la prise en compte de la dimension de l'anthropologie dans la compréhension de ce qu'est une civilisation. Plus sérieusement, l'extraordinaire intérêt que ces sociétés devraient présenter à nos yeux réside dans le fait qu'elles ne sont le lieu d'aucune lutte des classes. Ces sociétés sont stables parce qu'aucune injustice, aucune iniquité, donc aucune revendication, aucun conflit ne vient déséquilibrer leur cours. Ces sociétés "primitives" sont stables parce qu'elles sont des démocraties. Les sociétés primitives sont des démocraties absolues. Cela signifie que le mode, qui est le leur, de relation de l'homme avec lui-même, ses semblable et le monde qui l'entoure est parfaitement équilibré et apaisé. Ces sociétés primitives sont des civilisations abouties. L'émission de télévision « Rendez-vous en terre inconnue » diffusée par France 2, qui connaît un tel succès en France, offre à chacun de ses épisodes l'occasion d'une découverte extasiée par les Occidentaux de différents peuples autochtones. Les téléspectateurs découvrent chez les peuples "primitifs" une qualité d'humanité, d'attention à l'autre, de sensibilité, que les peuplades rencontrés partagent avec l'équipe de l'émission et les personnalités qui sont ainsi conviées en terre inconnue. Cette qualité d'humanité qui fait qu'à chaque fois tout le monde pleure en y participant ou en la regardant. Dans chaque émission, ces hommes nus ou presque sont parfaitement au niveau de leurs interlocuteurs occidentaux et sont même systématiquement en mesure de leur donner des leçons de vie. Ils sont tout simplement plus avancés que nous sur les questions de la régulation des relations de l'homme avec lui-mêmes ses semblables et le monde qui l'entoure. Sur ces questions, l'homme moderne n'est pas celui que l'on croit. Alors l'homme moderne, qui ne comprend rien, s'extasie que l'on puisse être heureux dans un tel dénuement. L'homme moderne, parvenu aux faîte de ses civilisations de gadgets, commence à percevoir que le bonheur est ailleurs. D u moins qu'il ne l'a pas rencontré. L'homme moderne va devoir comprendre, et le plus tôt sera le mieux, que la modernité de sa civilisation ne se trouve pas là où il la cherchait. L'homme moderne va devoir admettre que la modernité, pour ce qui concerne sa civilisation, doit se définir en termes d'anthropologie et non pas en termes de technologies. A cette seule et unique condition, L'homme moderne se donnera ainsi la chance de faire entrer sa civilisation dans sa véritable modernité. Tant qu'il ne l'aura pas compris, il va continuer à s'enfoncer dans le chaos. Voilà, la mutation au seuil de laquelle nous nous trouvons. Et cette mutation nos congénèrse, n'en ont aucune conscience. Au seuil de cette mutation, nous ferions bien de prendre conscience du fait que d'autres civilisations nous ont précédés. C e ne sont pas celles auxquelles nous nous attendions. Alors, bien sûr, il n'est pas question pour nous de revenir à leur mode de vie. Il n'est pas question d'abandonner notre modernité technologique, ni même d'interrompre son progrès. Ne nous trompons pas sur ce que nous avons à leur emprunter. La prochaine étape de nos civilisations "modernes" va consister, en conservant la modernité de nos sciences dures, à y ajouter la nouvelle modernité de notre anthropologie, que nous allons devoir aller chercher ailleurs que dans nos technologies. En clair, ce n'est pas plus d'Internet que de l'Intelligence Artificielle que nous devons attendre un progrès de notre civilisation. M ais de l'anthropologie, qui va nous permettre d'en accomplir la prochaine étape. Nous franchirons ainsi un pas de géant vers un état supérieur de civilisation. Nous y reviendrons dans la suite de notre podcast. Mais, pour le moment, cette prochaine étape à laquelle nous œuvrons, reste un point aveugle pour la majorité de nos contemporains. Remarquons également, a vant de les quitter, que ces sociétés traditionnelles équilibrées et religieusement modernes ne produisent pas d'empire. Nos monothéismes n'ont pourtant pas non plus que des défauts. Ils ont abouti à des sociétés évoluées et appareillées, organisées, et il ne s'agit pas de les jeter aux oubliettes en se mettant tous en pagne. Il s'agit de préserver les performances de nos sociétés en leur ajoutant une dimension supplémentaire. U ne dimension morale et spirituelle, et par conséquent politique, à laquelle elles n'ont aujourd'hui plus accès. Nous sommes dans une logique de progrès, pas de régression. Par contre, nous devons modifier les termes dans lesquels nous définissons notre progrès à venir. Nous devons à cet effet changer de paradigme scientifique civilisationnel. En attendant, nous allons reprendre notre présentation de la succession des ontonomie. Nous allons en rester là pour cette quatrième émission, au cours de laquelle nous avons apprécié la modernité politique des sociétés premières. La prochaine fois, nous aborderons le monothéisme. Je vous remercie de votre attention. A bientôt !
Description
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
Bonjour à tous, bienvenue dans Anthroponomie, c'est aujourd'hui notre quatrième émission. La dernière fois, nous avons assisté à l'évolution du savoir de type 1 vers le polythéisme. Nous allons aujourd'hui nous intéresser aux sociétés dites « primitives » . Ce chapitre est intitulé « La modernité des sociétés premières » . Après l'histoire de l'humanité que nous avons évoquée au cours de notre précédente émission, voici notre seconde remarque. Nous estimons que les sociétés humaines premières méritent mieux que la condescendance méprisante avec laquelle elles sont ordinairement traitées par nos contemporains. Aussi, allons-nous prendre le temps de leur accorder l'hommage que nous leur estimons dû. A ce titre, nous allons commenter à présent ce que nous considérons comme la véritable modernité des sociétés primitives. L'homme occidental, dans l'arrogance de sa "modernité", essentiellement technologique, s'est longtemps autorisé à mépriser les sociétés traditionnelles, et en particulier celles qui lui sont contemporaines. On parlait pour les qualifier de sociétés "primitives". De nos jours, la chape moralisante de la bien-pensance ne permet plus de les désigner comme sociétés primitives, elles ont été rebaptisées "sociétés autochtones". Et voilà qu'aujourd'hui, l'homme occidental s'esbaudit d'y retrouver une humanité identique à la sienne. Le phénomène est intéressant, et il jalonne précisément notre propre mutation civilisationnelle. Nos prédécesseurs sont en effet longtemps passés à côté de la qualité principale de ces sociétés, qu'ils qualifiaient de primitives, et qui est précisément leur stabilité dans le temps. On parlait de « sociétés sans Histoire ». C omme si ces sociétés devaient leur stabilité au fait de ne pas être entrées dans "l'Histoire". Ce qui, aux yeux des occidentaux, représentait le comble de l'arriération. La pérennité de ces sociétés, qui aurait dû susciter l'admiration, était prise pour un déficit. La qualité d'équilibre des sociétés dites "primitives" était considérée comme une tare au regard de la comparaison entre leur niveau technologique et le nôtre. Nos sociétés "modernes", définissant leur "modernité" uniquement par leur technologie, n'ont pas tout de suite compris, et peut-être même toujours pas compris, qu'elles avaient affaire à des sociétés plus modernes qu'elles. M ais pas sur le même plan. J'oppose ici la modernité technologique issue des sciences de la matière et de la nature, qui caractérise les sociétés contemporaines, lesquelles se croient à ce titre « modernes » , à une autre modernité, qui pourrait leur venir des sciences humaines et en particulier de l'anthropologie. Une modernité de civilisation qui leur fait actuellement cruellement défaut et à laquelle nos sociétés n'ont même pas encore envisagé d'accéder. Car elles l' ignorent. Et c'est précisément cette ignorance des sociétés modernes pour la notion même de civilisation et pour ses mécanismes, qui nous a contraints à créer ce podcast, pour conduire nos contemporains à en prendre conscience et à les comprendre. La marge de progrès pour notre civilisation est considérable, à condition de la chercher au bon endroit. E n aucun cas dans ses technologies. Cette modernité, ontonomique, modernité de son ontonomie, à laquelle nous aspirons, nous allons en trouver un modèle et un précurseur dans les sociétés considérées comme primitives par nos contemporains, aussi ontonomiquement décadents qu'ils sont technologiquement performants. En effet pour qu'une société dure elle doit être en équilibre. Equilibre externe, dans sa relation avec son milieu. Equilibre interne, par absence de toute force de fracture ou d'éclatement. Ces deux conditions doivent être réunies. Les sociétés autochtones, qui durent depuis des millénaires, sont donc nécessairement des sociétés à la fois parfaitement adaptées à leur environnement et totalement dénuées de forces sociales ou politiques qui pourraient les déséquilibrer ou les détruire. En ce qui concerne l'environnement, nos écologistes ont depuis longtemps découvert la remarquable adaptation des sociétés traditionnelles aux conditions de leur milieu. Se trompant de logique, certains sont dès lors prêts à nous en faire un modèle de vie. Confondant les mécanismes, ils attribuent la qualité ontonomique des sociétés premières à leur simplicité technologique. P récisément, parce que nos contemporains ignorent la notion d'ontonomie. Dès lors, ils veulent imposer aux sociétés modernes une diète technologique, dont ils espèrent une valeur ajoutée civilisationnelle. Ce qui constitue un contresens épistémique, c'est-à-dire scientifique, par la dissolution de l'anthropologie dans la technologie et par conséquent un raisonnement à proprement parler magique. Car il viserait à prétendre résoudre un problème de civilisation par une simple gesticulation technique. C e qui serait aussi insensé qu'inefficace. Voilà pourquoi il est primordial d'obtenir de nos contemporains la prise en compte de la dimension de l'anthropologie dans la compréhension de ce qu'est une civilisation. Plus sérieusement, l'extraordinaire intérêt que ces sociétés devraient présenter à nos yeux réside dans le fait qu'elles ne sont le lieu d'aucune lutte des classes. Ces sociétés sont stables parce qu'aucune injustice, aucune iniquité, donc aucune revendication, aucun conflit ne vient déséquilibrer leur cours. Ces sociétés "primitives" sont stables parce qu'elles sont des démocraties. Les sociétés primitives sont des démocraties absolues. Cela signifie que le mode, qui est le leur, de relation de l'homme avec lui-même, ses semblable et le monde qui l'entoure est parfaitement équilibré et apaisé. Ces sociétés primitives sont des civilisations abouties. L'émission de télévision « Rendez-vous en terre inconnue » diffusée par France 2, qui connaît un tel succès en France, offre à chacun de ses épisodes l'occasion d'une découverte extasiée par les Occidentaux de différents peuples autochtones. Les téléspectateurs découvrent chez les peuples "primitifs" une qualité d'humanité, d'attention à l'autre, de sensibilité, que les peuplades rencontrés partagent avec l'équipe de l'émission et les personnalités qui sont ainsi conviées en terre inconnue. Cette qualité d'humanité qui fait qu'à chaque fois tout le monde pleure en y participant ou en la regardant. Dans chaque émission, ces hommes nus ou presque sont parfaitement au niveau de leurs interlocuteurs occidentaux et sont même systématiquement en mesure de leur donner des leçons de vie. Ils sont tout simplement plus avancés que nous sur les questions de la régulation des relations de l'homme avec lui-mêmes ses semblables et le monde qui l'entoure. Sur ces questions, l'homme moderne n'est pas celui que l'on croit. Alors l'homme moderne, qui ne comprend rien, s'extasie que l'on puisse être heureux dans un tel dénuement. L'homme moderne, parvenu aux faîte de ses civilisations de gadgets, commence à percevoir que le bonheur est ailleurs. D u moins qu'il ne l'a pas rencontré. L'homme moderne va devoir comprendre, et le plus tôt sera le mieux, que la modernité de sa civilisation ne se trouve pas là où il la cherchait. L'homme moderne va devoir admettre que la modernité, pour ce qui concerne sa civilisation, doit se définir en termes d'anthropologie et non pas en termes de technologies. A cette seule et unique condition, L'homme moderne se donnera ainsi la chance de faire entrer sa civilisation dans sa véritable modernité. Tant qu'il ne l'aura pas compris, il va continuer à s'enfoncer dans le chaos. Voilà, la mutation au seuil de laquelle nous nous trouvons. Et cette mutation nos congénèrse, n'en ont aucune conscience. Au seuil de cette mutation, nous ferions bien de prendre conscience du fait que d'autres civilisations nous ont précédés. C e ne sont pas celles auxquelles nous nous attendions. Alors, bien sûr, il n'est pas question pour nous de revenir à leur mode de vie. Il n'est pas question d'abandonner notre modernité technologique, ni même d'interrompre son progrès. Ne nous trompons pas sur ce que nous avons à leur emprunter. La prochaine étape de nos civilisations "modernes" va consister, en conservant la modernité de nos sciences dures, à y ajouter la nouvelle modernité de notre anthropologie, que nous allons devoir aller chercher ailleurs que dans nos technologies. En clair, ce n'est pas plus d'Internet que de l'Intelligence Artificielle que nous devons attendre un progrès de notre civilisation. M ais de l'anthropologie, qui va nous permettre d'en accomplir la prochaine étape. Nous franchirons ainsi un pas de géant vers un état supérieur de civilisation. Nous y reviendrons dans la suite de notre podcast. Mais, pour le moment, cette prochaine étape à laquelle nous œuvrons, reste un point aveugle pour la majorité de nos contemporains. Remarquons également, a vant de les quitter, que ces sociétés traditionnelles équilibrées et religieusement modernes ne produisent pas d'empire. Nos monothéismes n'ont pourtant pas non plus que des défauts. Ils ont abouti à des sociétés évoluées et appareillées, organisées, et il ne s'agit pas de les jeter aux oubliettes en se mettant tous en pagne. Il s'agit de préserver les performances de nos sociétés en leur ajoutant une dimension supplémentaire. U ne dimension morale et spirituelle, et par conséquent politique, à laquelle elles n'ont aujourd'hui plus accès. Nous sommes dans une logique de progrès, pas de régression. Par contre, nous devons modifier les termes dans lesquels nous définissons notre progrès à venir. Nous devons à cet effet changer de paradigme scientifique civilisationnel. En attendant, nous allons reprendre notre présentation de la succession des ontonomie. Nous allons en rester là pour cette quatrième émission, au cours de laquelle nous avons apprécié la modernité politique des sociétés premières. La prochaine fois, nous aborderons le monothéisme. Je vous remercie de votre attention. A bientôt !
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