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Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Bonjour à tous, bienvenue dans Anthroponomie. C'est aujourd'hui notre troisième émission. La dernière fois, nous avons assisté à l'évolution du savoir de type 1, du totémisme vers animisme. Nous allons aujourd'hui prolonger ce mouvement vers le polythéisme. Ce chapitre est intitulé « De la nature à la surnature, le polythéisme » . Le savoir de type 1 a ainsi atteint dans l'animisme les limites du monde naturel en étant situé dans ses confins. Pourtant, son mouvement d'abstraction va se poursuivre, le conduisant à franchir ensuite une étape absolument essentielle pour l'histoire de l'humanité et de ses civilisations. Le savoir de type 1, après avoir atteint les limites du monde naturel, va en sortir. La psychologie humaine va continuer à expliquer le monde, mais depuis l'extérieur du monde. Du moins, l'extérieur du monde visible et tangible. Au cours de cette transformation, les esprits vont céder la place aux Dieux. Le polythéisme va se substituer à l'a nimisme. L es esprits vivaient aux confins du monde tangible, les dieux en sont sortis. Au cours de cette étape, le même mécanisme qui avait conduit à postuler des esprits invisibles dans la nature va conduire cette fois à postuler un espace invisible au-delà de la nature. U n espace inaccessible, intangible, situé en dehors et au-dessus de la nature. Cet espace, que l’on pourrait aujourd’hui qualifier de « virtuel », reçoit à ce titre le nom de « sur nature ». Lieu du « surnaturel ». Cet espace, situé au-dessus et au-delà de la nature, sera lui aussi peuplé d’habitants, dotés à leur tour de toutes les qualités de la personne humaine et de sa psychologie. Encore elle. Car, nous sommes toujours dans un savoir de type 1. La psychologie humaine continue à expliquer le monde. Mais cette fois depuis l’extérieur. Ses habitants ne sont plus des esprits, abstraits des entités naturelles, mais sont devenus des Dieux. Des entités instituées, posées dans l’être, au-delà du monde visible et tangible, dans un monde « surnaturel » d’où elles commandent les avatars du monde visible. Nous décrivons ici les sociétés et ontonomies polythéistes. L’explication du monde n’est plus dans la nature, elle en est sortie. Mais elle reste de type 1. Il s’agit toujours de l’hypostase de la personne humaine. Elle n’est, simplement, plus postulée au même endroit. Et nous interprétons ce franchissement comme une poursuite du mouvement d’abstraction qui caractérise l’évolution des savoirs humains. Cette étape est essentielle. D'abord, elle entérine l'idée que les mécanismes du monde sont situés en dehors de lui, qu'à ce titre ils sont inaccessibles, invisibles pour l'observateur humain qui ne perçoit que leurs résultats et ne peut que les supposer. Q ue, par ailleurs, ils sont également dénués de cohérence pour l'homme car ils relèvent d'un arbitraire qui lui est extérieur. E t même, dans le panthéon polythéiste, d'une multitude d'arbitraires qui entrent en conflit. Ce qui rend compte du désordre du monde. Sur lequel l'homme n'a pas de prise. Il ne peut que tenter d'amadouer les dieux, pour les infléchir, sans garantie de succès. Plus précisément, la modélisation polythéiste rend compte à la fois d'un ordre du monde, car ses mécanismes existent, et de son incohérence apparente. A insi que de la petitesse et de la faiblesse de l'homme face à ces puissances qui le dépassent. Le polythéisme introduit plusieurs nouveautés. D'une part, la surnature, en tant que telle, cet espace virtuel, constitue la première modélisation du transcendant. Cet espace au-dessus et au-delà du monde visible et tangible, qui est crédité d'accueillir les mécanismes du monde visible. La surnature introduit la notion d'une coulisse du monde qui en abrite les mécanismes et elle en constitue la modélisation. En anticipant sur notre propre modélisation, nous reconnaissons dans cette coulisse la première appréhension par le savoir de type 1 d'une propriété fondamentale du psychisme humain, qui se trouve ici, selon son principe d'hypostase, attribuée au monde lui-même. U n au-delà de la nature, dans le monde, qui recèle les mécanismes du monde naturel visible. Nous comprenons, dans le savoir de type 1, qui explique le monde en lui attribuant les propriétés de la psychologie humaine, avec l'introduction de cette coulisse, la préfiguration d'une propriété fondamentale du psychisme humain. L 'existence, en son sein précisément, d'une coulisse, qui ne lui sera reconnue que des siècles ou des millénaires plus tard. En attendant, cette coulisse est attribuée au monde lui-même. E n tant que surnature postulée au-delà de la nature, dans le monde. Par ailleurs, en même temps qu'il s'abstrait, le savoir se perfectionne. Le polythéisme met en œuvre une psychologie beaucoup plus subtile et élaborée que le simple niveau précédent des transactions animistes avec les esprits. Il déploie une psychologie et une caractérologie humaines sophistiquées. Les dieux sont des personnages en forme d'archétypes. Mars, Vénus, Cupidon ou Jupiter, incarnent les différentes facettes d'une typologie des caractères humains. Ils sont, de surcroît, animés par une palette de sentiments et d'émotions, l 'amour, l'ambition, la rivalité, la jalousie, la culpabilité, etc., dont la complexité constitue également un progrès considérable par rapport aux interactions précédentes entre les esprits. Cette caractérologie et cette psychologie des sentiments et des émotions ont d'ailleurs également survécu jusqu'à nous. Certains auteurs, forcément américains, qui nous sont contemporains, ont produit nombre d'ouvrages à succès en venant nous expliquer doctement que "les hommes viennent de mars et les femmes de vénus". Le polythéisme n'est pas très éloigné de cette sorte de psychologie littéraire que l'on rencontre à notre époque dans les romans ou le théâtre de boulevard. L'amoureux, le rival, le mari volage ou la femme infidèle etc. Avec cette typologie des caractères, c'est toute la gamme des sentiments et des émotions humaines, attribués aux dieux multiples et divers, qui reçoivent ainsi le rôle d'expliquer le monde. Le polythéisme est une sorte de théâtre de boulevard surnaturel dont les péripéties déterminent le destin des hommes et du monde dans lequel ils vivent. Par rapport aux ontonomie précédentes, le lieu de l'explication est donc déplacé hors du monde tangible, et son contenu enrichi, dans un mouvement continu d'abstraction. Nous verrons ultérieurement comment le fait d'avoir situé l'explication hors du monde, comme le fait de ne l'attribuer qu'à la psychologie humaine, en tant que savoir de type 1, constitueront un double obstacle à la naissance future des sciences. Quelques remarques. Avant de poursuivre la présentation de ce mouvement d'abstraction du savoir de type 1 qui va ensuite conduire l'humanité du polythéisme jusqu'au monothéisme, nous allons nous accorder un moment pour faire deux remarques. La première concerne l'histoire de l'humanité. Remarquons, en premier lieu, que nous exposons sous la forme d'une continuité et d'une succession entre les ontonomie une sorte d'histoire globale de l'humanité. L'humanité a effectivement parcouru toutes ces étapes. Elle a effectivement créé successivement toutes ces différentes ontonomies. Mais toutes les sociétés humaines ne passent pas par toutes ces étapes et n'en gardent pas le souvenir. Leur succession n'est pas nécessaire au sein de chaque société. Par exemple, s i nous connaissons les ontonomie totémistes et animistes, c'est parce que certaines ont survécu jusqu'à nous. Elles n'ont donc pas évolué jusqu'au polythéisme. Nous sommes contemporains de diverses sociétés premières qui sont toujours aujourd'hui totémistes ou animistes. Elles ont survécu en tant que telles, pendant qu'ailleurs, sur notre planète, d'autres sociétés humaines, dont la nôtre, évoluaient à travers les autres types d'ontonomie. Ce sont elles, c es sociétés premières contemporaines, qui ont permis l'étude par les ethnologues des savoirs et des ontonomie qui les caractérisent. Les ontonomie sont nées successivement, mais cette succession n'est pas systématique. Toutes les sociétés ne passent pas par toutes les étapes. Certaines s'arrêtent en route. D 'autres au contraire ont peut-être sauté une étape. P ar exemple entre le totémisme et le polythéisme. Nous ignorons tout des sociétés préhistoriques. M ais les propriétés et caractéristiques anthropologiques de l'élaboration de ses savoirs de type 1 et 2 par l'homme permettent de supposer que les sociétés préhistoriques étaient totémistes. A partir de là, nous savons retracer aujourd'hui pratiquement tous les trajets migratoires qui relient entre elles toutes les populations humaines depuis la nuit des temps. Il existe entre elles une continuité et une succession, même si les différents savoirs et les ontonomie qui en découlent ne sont pas nés, chacun vis-à-vis du précédent dans une continuité territoriale historique ou géographique. Par contre, depuis l'entrée de l'humanité dans sa période historique, les spécialistes sont en mesure de restituer de manière beaucoup plus précise toute la filiation des sociétés polythéistes et monothéistes, jusqu'aux sociétés "modernes" qui nous intéressent ici. Car c'est bien l'avenir de notre civilisation qui nous concerne. Et nous sommes venus chercher dans la compréhension des différentes civilisations qui nous ont précédées, les moyens de réparer la nôtre. Nous présentons donc, sous forme d'une succession, une évolution des ontonomies qui caractérise non pas chacune des différentes sociétés humaines, mais synthétise le destin de l'ensemble de l'humanité. Nous allons en rester là pour cette troisième émission, au cours de laquelle nous avons suivi le mouvement d'abstraction, du savoir de type 1 jusqu'au polythéisme, et fait une première remarque sur l'enchaînement et la succession des savoirs et des ontonomies. La prochaine fois, nous nous intéresserons aux sociétés primitives. Avant d'aborder dans l'émission suivante le monothéisme, je vous remercie de votre attention. A bientôt !
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Bonjour à tous, bienvenue dans Anthroponomie. C'est aujourd'hui notre troisième émission. La dernière fois, nous avons assisté à l'évolution du savoir de type 1, du totémisme vers animisme. Nous allons aujourd'hui prolonger ce mouvement vers le polythéisme. Ce chapitre est intitulé « De la nature à la surnature, le polythéisme » . Le savoir de type 1 a ainsi atteint dans l'animisme les limites du monde naturel en étant situé dans ses confins. Pourtant, son mouvement d'abstraction va se poursuivre, le conduisant à franchir ensuite une étape absolument essentielle pour l'histoire de l'humanité et de ses civilisations. Le savoir de type 1, après avoir atteint les limites du monde naturel, va en sortir. La psychologie humaine va continuer à expliquer le monde, mais depuis l'extérieur du monde. Du moins, l'extérieur du monde visible et tangible. Au cours de cette transformation, les esprits vont céder la place aux Dieux. Le polythéisme va se substituer à l'a nimisme. L es esprits vivaient aux confins du monde tangible, les dieux en sont sortis. Au cours de cette étape, le même mécanisme qui avait conduit à postuler des esprits invisibles dans la nature va conduire cette fois à postuler un espace invisible au-delà de la nature. U n espace inaccessible, intangible, situé en dehors et au-dessus de la nature. Cet espace, que l’on pourrait aujourd’hui qualifier de « virtuel », reçoit à ce titre le nom de « sur nature ». Lieu du « surnaturel ». Cet espace, situé au-dessus et au-delà de la nature, sera lui aussi peuplé d’habitants, dotés à leur tour de toutes les qualités de la personne humaine et de sa psychologie. Encore elle. Car, nous sommes toujours dans un savoir de type 1. La psychologie humaine continue à expliquer le monde. Mais cette fois depuis l’extérieur. Ses habitants ne sont plus des esprits, abstraits des entités naturelles, mais sont devenus des Dieux. Des entités instituées, posées dans l’être, au-delà du monde visible et tangible, dans un monde « surnaturel » d’où elles commandent les avatars du monde visible. Nous décrivons ici les sociétés et ontonomies polythéistes. L’explication du monde n’est plus dans la nature, elle en est sortie. Mais elle reste de type 1. Il s’agit toujours de l’hypostase de la personne humaine. Elle n’est, simplement, plus postulée au même endroit. Et nous interprétons ce franchissement comme une poursuite du mouvement d’abstraction qui caractérise l’évolution des savoirs humains. Cette étape est essentielle. D'abord, elle entérine l'idée que les mécanismes du monde sont situés en dehors de lui, qu'à ce titre ils sont inaccessibles, invisibles pour l'observateur humain qui ne perçoit que leurs résultats et ne peut que les supposer. Q ue, par ailleurs, ils sont également dénués de cohérence pour l'homme car ils relèvent d'un arbitraire qui lui est extérieur. E t même, dans le panthéon polythéiste, d'une multitude d'arbitraires qui entrent en conflit. Ce qui rend compte du désordre du monde. Sur lequel l'homme n'a pas de prise. Il ne peut que tenter d'amadouer les dieux, pour les infléchir, sans garantie de succès. Plus précisément, la modélisation polythéiste rend compte à la fois d'un ordre du monde, car ses mécanismes existent, et de son incohérence apparente. A insi que de la petitesse et de la faiblesse de l'homme face à ces puissances qui le dépassent. Le polythéisme introduit plusieurs nouveautés. D'une part, la surnature, en tant que telle, cet espace virtuel, constitue la première modélisation du transcendant. Cet espace au-dessus et au-delà du monde visible et tangible, qui est crédité d'accueillir les mécanismes du monde visible. La surnature introduit la notion d'une coulisse du monde qui en abrite les mécanismes et elle en constitue la modélisation. En anticipant sur notre propre modélisation, nous reconnaissons dans cette coulisse la première appréhension par le savoir de type 1 d'une propriété fondamentale du psychisme humain, qui se trouve ici, selon son principe d'hypostase, attribuée au monde lui-même. U n au-delà de la nature, dans le monde, qui recèle les mécanismes du monde naturel visible. Nous comprenons, dans le savoir de type 1, qui explique le monde en lui attribuant les propriétés de la psychologie humaine, avec l'introduction de cette coulisse, la préfiguration d'une propriété fondamentale du psychisme humain. L 'existence, en son sein précisément, d'une coulisse, qui ne lui sera reconnue que des siècles ou des millénaires plus tard. En attendant, cette coulisse est attribuée au monde lui-même. E n tant que surnature postulée au-delà de la nature, dans le monde. Par ailleurs, en même temps qu'il s'abstrait, le savoir se perfectionne. Le polythéisme met en œuvre une psychologie beaucoup plus subtile et élaborée que le simple niveau précédent des transactions animistes avec les esprits. Il déploie une psychologie et une caractérologie humaines sophistiquées. Les dieux sont des personnages en forme d'archétypes. Mars, Vénus, Cupidon ou Jupiter, incarnent les différentes facettes d'une typologie des caractères humains. Ils sont, de surcroît, animés par une palette de sentiments et d'émotions, l 'amour, l'ambition, la rivalité, la jalousie, la culpabilité, etc., dont la complexité constitue également un progrès considérable par rapport aux interactions précédentes entre les esprits. Cette caractérologie et cette psychologie des sentiments et des émotions ont d'ailleurs également survécu jusqu'à nous. Certains auteurs, forcément américains, qui nous sont contemporains, ont produit nombre d'ouvrages à succès en venant nous expliquer doctement que "les hommes viennent de mars et les femmes de vénus". Le polythéisme n'est pas très éloigné de cette sorte de psychologie littéraire que l'on rencontre à notre époque dans les romans ou le théâtre de boulevard. L'amoureux, le rival, le mari volage ou la femme infidèle etc. Avec cette typologie des caractères, c'est toute la gamme des sentiments et des émotions humaines, attribués aux dieux multiples et divers, qui reçoivent ainsi le rôle d'expliquer le monde. Le polythéisme est une sorte de théâtre de boulevard surnaturel dont les péripéties déterminent le destin des hommes et du monde dans lequel ils vivent. Par rapport aux ontonomie précédentes, le lieu de l'explication est donc déplacé hors du monde tangible, et son contenu enrichi, dans un mouvement continu d'abstraction. Nous verrons ultérieurement comment le fait d'avoir situé l'explication hors du monde, comme le fait de ne l'attribuer qu'à la psychologie humaine, en tant que savoir de type 1, constitueront un double obstacle à la naissance future des sciences. Quelques remarques. Avant de poursuivre la présentation de ce mouvement d'abstraction du savoir de type 1 qui va ensuite conduire l'humanité du polythéisme jusqu'au monothéisme, nous allons nous accorder un moment pour faire deux remarques. La première concerne l'histoire de l'humanité. Remarquons, en premier lieu, que nous exposons sous la forme d'une continuité et d'une succession entre les ontonomie une sorte d'histoire globale de l'humanité. L'humanité a effectivement parcouru toutes ces étapes. Elle a effectivement créé successivement toutes ces différentes ontonomies. Mais toutes les sociétés humaines ne passent pas par toutes ces étapes et n'en gardent pas le souvenir. Leur succession n'est pas nécessaire au sein de chaque société. Par exemple, s i nous connaissons les ontonomie totémistes et animistes, c'est parce que certaines ont survécu jusqu'à nous. Elles n'ont donc pas évolué jusqu'au polythéisme. Nous sommes contemporains de diverses sociétés premières qui sont toujours aujourd'hui totémistes ou animistes. Elles ont survécu en tant que telles, pendant qu'ailleurs, sur notre planète, d'autres sociétés humaines, dont la nôtre, évoluaient à travers les autres types d'ontonomie. Ce sont elles, c es sociétés premières contemporaines, qui ont permis l'étude par les ethnologues des savoirs et des ontonomie qui les caractérisent. Les ontonomie sont nées successivement, mais cette succession n'est pas systématique. Toutes les sociétés ne passent pas par toutes les étapes. Certaines s'arrêtent en route. D 'autres au contraire ont peut-être sauté une étape. P ar exemple entre le totémisme et le polythéisme. Nous ignorons tout des sociétés préhistoriques. M ais les propriétés et caractéristiques anthropologiques de l'élaboration de ses savoirs de type 1 et 2 par l'homme permettent de supposer que les sociétés préhistoriques étaient totémistes. A partir de là, nous savons retracer aujourd'hui pratiquement tous les trajets migratoires qui relient entre elles toutes les populations humaines depuis la nuit des temps. Il existe entre elles une continuité et une succession, même si les différents savoirs et les ontonomie qui en découlent ne sont pas nés, chacun vis-à-vis du précédent dans une continuité territoriale historique ou géographique. Par contre, depuis l'entrée de l'humanité dans sa période historique, les spécialistes sont en mesure de restituer de manière beaucoup plus précise toute la filiation des sociétés polythéistes et monothéistes, jusqu'aux sociétés "modernes" qui nous intéressent ici. Car c'est bien l'avenir de notre civilisation qui nous concerne. Et nous sommes venus chercher dans la compréhension des différentes civilisations qui nous ont précédées, les moyens de réparer la nôtre. Nous présentons donc, sous forme d'une succession, une évolution des ontonomies qui caractérise non pas chacune des différentes sociétés humaines, mais synthétise le destin de l'ensemble de l'humanité. Nous allons en rester là pour cette troisième émission, au cours de laquelle nous avons suivi le mouvement d'abstraction, du savoir de type 1 jusqu'au polythéisme, et fait une première remarque sur l'enchaînement et la succession des savoirs et des ontonomies. La prochaine fois, nous nous intéresserons aux sociétés primitives. Avant d'aborder dans l'émission suivante le monothéisme, je vous remercie de votre attention. A bientôt !
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L es esprits vivaient aux confins du monde tangible, les dieux en sont sortis. Au cours de cette étape, le même mécanisme qui avait conduit à postuler des esprits invisibles dans la nature va conduire cette fois à postuler un espace invisible au-delà de la nature. U n espace inaccessible, intangible, situé en dehors et au-dessus de la nature. Cet espace, que l’on pourrait aujourd’hui qualifier de « virtuel », reçoit à ce titre le nom de « sur nature ». Lieu du « surnaturel ». Cet espace, situé au-dessus et au-delà de la nature, sera lui aussi peuplé d’habitants, dotés à leur tour de toutes les qualités de la personne humaine et de sa psychologie. Encore elle. Car, nous sommes toujours dans un savoir de type 1. La psychologie humaine continue à expliquer le monde. Mais cette fois depuis l’extérieur. Ses habitants ne sont plus des esprits, abstraits des entités naturelles, mais sont devenus des Dieux. Des entités instituées, posées dans l’être, au-delà du monde visible et tangible, dans un monde « surnaturel » d’où elles commandent les avatars du monde visible. Nous décrivons ici les sociétés et ontonomies polythéistes. L’explication du monde n’est plus dans la nature, elle en est sortie. Mais elle reste de type 1. Il s’agit toujours de l’hypostase de la personne humaine. Elle n’est, simplement, plus postulée au même endroit. Et nous interprétons ce franchissement comme une poursuite du mouvement d’abstraction qui caractérise l’évolution des savoirs humains. Cette étape est essentielle. D'abord, elle entérine l'idée que les mécanismes du monde sont situés en dehors de lui, qu'à ce titre ils sont inaccessibles, invisibles pour l'observateur humain qui ne perçoit que leurs résultats et ne peut que les supposer. Q ue, par ailleurs, ils sont également dénués de cohérence pour l'homme car ils relèvent d'un arbitraire qui lui est extérieur. E t même, dans le panthéon polythéiste, d'une multitude d'arbitraires qui entrent en conflit. Ce qui rend compte du désordre du monde. Sur lequel l'homme n'a pas de prise. Il ne peut que tenter d'amadouer les dieux, pour les infléchir, sans garantie de succès. Plus précisément, la modélisation polythéiste rend compte à la fois d'un ordre du monde, car ses mécanismes existent, et de son incohérence apparente. A insi que de la petitesse et de la faiblesse de l'homme face à ces puissances qui le dépassent. Le polythéisme introduit plusieurs nouveautés. D'une part, la surnature, en tant que telle, cet espace virtuel, constitue la première modélisation du transcendant. Cet espace au-dessus et au-delà du monde visible et tangible, qui est crédité d'accueillir les mécanismes du monde visible. La surnature introduit la notion d'une coulisse du monde qui en abrite les mécanismes et elle en constitue la modélisation. En anticipant sur notre propre modélisation, nous reconnaissons dans cette coulisse la première appréhension par le savoir de type 1 d'une propriété fondamentale du psychisme humain, qui se trouve ici, selon son principe d'hypostase, attribuée au monde lui-même. U n au-delà de la nature, dans le monde, qui recèle les mécanismes du monde naturel visible. Nous comprenons, dans le savoir de type 1, qui explique le monde en lui attribuant les propriétés de la psychologie humaine, avec l'introduction de cette coulisse, la préfiguration d'une propriété fondamentale du psychisme humain. L 'existence, en son sein précisément, d'une coulisse, qui ne lui sera reconnue que des siècles ou des millénaires plus tard. En attendant, cette coulisse est attribuée au monde lui-même. E n tant que surnature postulée au-delà de la nature, dans le monde. Par ailleurs, en même temps qu'il s'abstrait, le savoir se perfectionne. Le polythéisme met en œuvre une psychologie beaucoup plus subtile et élaborée que le simple niveau précédent des transactions animistes avec les esprits. Il déploie une psychologie et une caractérologie humaines sophistiquées. Les dieux sont des personnages en forme d'archétypes. Mars, Vénus, Cupidon ou Jupiter, incarnent les différentes facettes d'une typologie des caractères humains. Ils sont, de surcroît, animés par une palette de sentiments et d'émotions, l 'amour, l'ambition, la rivalité, la jalousie, la culpabilité, etc., dont la complexité constitue également un progrès considérable par rapport aux interactions précédentes entre les esprits. Cette caractérologie et cette psychologie des sentiments et des émotions ont d'ailleurs également survécu jusqu'à nous. Certains auteurs, forcément américains, qui nous sont contemporains, ont produit nombre d'ouvrages à succès en venant nous expliquer doctement que "les hommes viennent de mars et les femmes de vénus". Le polythéisme n'est pas très éloigné de cette sorte de psychologie littéraire que l'on rencontre à notre époque dans les romans ou le théâtre de boulevard. L'amoureux, le rival, le mari volage ou la femme infidèle etc. Avec cette typologie des caractères, c'est toute la gamme des sentiments et des émotions humaines, attribués aux dieux multiples et divers, qui reçoivent ainsi le rôle d'expliquer le monde. Le polythéisme est une sorte de théâtre de boulevard surnaturel dont les péripéties déterminent le destin des hommes et du monde dans lequel ils vivent. Par rapport aux ontonomie précédentes, le lieu de l'explication est donc déplacé hors du monde tangible, et son contenu enrichi, dans un mouvement continu d'abstraction. Nous verrons ultérieurement comment le fait d'avoir situé l'explication hors du monde, comme le fait de ne l'attribuer qu'à la psychologie humaine, en tant que savoir de type 1, constitueront un double obstacle à la naissance future des sciences. Quelques remarques. Avant de poursuivre la présentation de ce mouvement d'abstraction du savoir de type 1 qui va ensuite conduire l'humanité du polythéisme jusqu'au monothéisme, nous allons nous accorder un moment pour faire deux remarques. La première concerne l'histoire de l'humanité. Remarquons, en premier lieu, que nous exposons sous la forme d'une continuité et d'une succession entre les ontonomie une sorte d'histoire globale de l'humanité. L'humanité a effectivement parcouru toutes ces étapes. Elle a effectivement créé successivement toutes ces différentes ontonomies. Mais toutes les sociétés humaines ne passent pas par toutes ces étapes et n'en gardent pas le souvenir. Leur succession n'est pas nécessaire au sein de chaque société. Par exemple, s i nous connaissons les ontonomie totémistes et animistes, c'est parce que certaines ont survécu jusqu'à nous. Elles n'ont donc pas évolué jusqu'au polythéisme. Nous sommes contemporains de diverses sociétés premières qui sont toujours aujourd'hui totémistes ou animistes. Elles ont survécu en tant que telles, pendant qu'ailleurs, sur notre planète, d'autres sociétés humaines, dont la nôtre, évoluaient à travers les autres types d'ontonomie. Ce sont elles, c es sociétés premières contemporaines, qui ont permis l'étude par les ethnologues des savoirs et des ontonomie qui les caractérisent. Les ontonomie sont nées successivement, mais cette succession n'est pas systématique. Toutes les sociétés ne passent pas par toutes les étapes. Certaines s'arrêtent en route. D 'autres au contraire ont peut-être sauté une étape. P ar exemple entre le totémisme et le polythéisme. Nous ignorons tout des sociétés préhistoriques. M ais les propriétés et caractéristiques anthropologiques de l'élaboration de ses savoirs de type 1 et 2 par l'homme permettent de supposer que les sociétés préhistoriques étaient totémistes. A partir de là, nous savons retracer aujourd'hui pratiquement tous les trajets migratoires qui relient entre elles toutes les populations humaines depuis la nuit des temps. Il existe entre elles une continuité et une succession, même si les différents savoirs et les ontonomie qui en découlent ne sont pas nés, chacun vis-à-vis du précédent dans une continuité territoriale historique ou géographique. Par contre, depuis l'entrée de l'humanité dans sa période historique, les spécialistes sont en mesure de restituer de manière beaucoup plus précise toute la filiation des sociétés polythéistes et monothéistes, jusqu'aux sociétés "modernes" qui nous intéressent ici. Car c'est bien l'avenir de notre civilisation qui nous concerne. Et nous sommes venus chercher dans la compréhension des différentes civilisations qui nous ont précédées, les moyens de réparer la nôtre. Nous présentons donc, sous forme d'une succession, une évolution des ontonomies qui caractérise non pas chacune des différentes sociétés humaines, mais synthétise le destin de l'ensemble de l'humanité. Nous allons en rester là pour cette troisième émission, au cours de laquelle nous avons suivi le mouvement d'abstraction, du savoir de type 1 jusqu'au polythéisme, et fait une première remarque sur l'enchaînement et la succession des savoirs et des ontonomies. La prochaine fois, nous nous intéresserons aux sociétés primitives. Avant d'aborder dans l'émission suivante le monothéisme, je vous remercie de votre attention. A bientôt !
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Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Bonjour à tous, bienvenue dans Anthroponomie. C'est aujourd'hui notre troisième émission. La dernière fois, nous avons assisté à l'évolution du savoir de type 1, du totémisme vers animisme. Nous allons aujourd'hui prolonger ce mouvement vers le polythéisme. Ce chapitre est intitulé « De la nature à la surnature, le polythéisme » . Le savoir de type 1 a ainsi atteint dans l'animisme les limites du monde naturel en étant situé dans ses confins. Pourtant, son mouvement d'abstraction va se poursuivre, le conduisant à franchir ensuite une étape absolument essentielle pour l'histoire de l'humanité et de ses civilisations. Le savoir de type 1, après avoir atteint les limites du monde naturel, va en sortir. La psychologie humaine va continuer à expliquer le monde, mais depuis l'extérieur du monde. Du moins, l'extérieur du monde visible et tangible. Au cours de cette transformation, les esprits vont céder la place aux Dieux. Le polythéisme va se substituer à l'a nimisme. L es esprits vivaient aux confins du monde tangible, les dieux en sont sortis. Au cours de cette étape, le même mécanisme qui avait conduit à postuler des esprits invisibles dans la nature va conduire cette fois à postuler un espace invisible au-delà de la nature. U n espace inaccessible, intangible, situé en dehors et au-dessus de la nature. Cet espace, que l’on pourrait aujourd’hui qualifier de « virtuel », reçoit à ce titre le nom de « sur nature ». Lieu du « surnaturel ». Cet espace, situé au-dessus et au-delà de la nature, sera lui aussi peuplé d’habitants, dotés à leur tour de toutes les qualités de la personne humaine et de sa psychologie. Encore elle. Car, nous sommes toujours dans un savoir de type 1. La psychologie humaine continue à expliquer le monde. Mais cette fois depuis l’extérieur. Ses habitants ne sont plus des esprits, abstraits des entités naturelles, mais sont devenus des Dieux. Des entités instituées, posées dans l’être, au-delà du monde visible et tangible, dans un monde « surnaturel » d’où elles commandent les avatars du monde visible. Nous décrivons ici les sociétés et ontonomies polythéistes. L’explication du monde n’est plus dans la nature, elle en est sortie. Mais elle reste de type 1. Il s’agit toujours de l’hypostase de la personne humaine. Elle n’est, simplement, plus postulée au même endroit. Et nous interprétons ce franchissement comme une poursuite du mouvement d’abstraction qui caractérise l’évolution des savoirs humains. Cette étape est essentielle. D'abord, elle entérine l'idée que les mécanismes du monde sont situés en dehors de lui, qu'à ce titre ils sont inaccessibles, invisibles pour l'observateur humain qui ne perçoit que leurs résultats et ne peut que les supposer. Q ue, par ailleurs, ils sont également dénués de cohérence pour l'homme car ils relèvent d'un arbitraire qui lui est extérieur. E t même, dans le panthéon polythéiste, d'une multitude d'arbitraires qui entrent en conflit. Ce qui rend compte du désordre du monde. Sur lequel l'homme n'a pas de prise. Il ne peut que tenter d'amadouer les dieux, pour les infléchir, sans garantie de succès. Plus précisément, la modélisation polythéiste rend compte à la fois d'un ordre du monde, car ses mécanismes existent, et de son incohérence apparente. A insi que de la petitesse et de la faiblesse de l'homme face à ces puissances qui le dépassent. Le polythéisme introduit plusieurs nouveautés. D'une part, la surnature, en tant que telle, cet espace virtuel, constitue la première modélisation du transcendant. Cet espace au-dessus et au-delà du monde visible et tangible, qui est crédité d'accueillir les mécanismes du monde visible. La surnature introduit la notion d'une coulisse du monde qui en abrite les mécanismes et elle en constitue la modélisation. En anticipant sur notre propre modélisation, nous reconnaissons dans cette coulisse la première appréhension par le savoir de type 1 d'une propriété fondamentale du psychisme humain, qui se trouve ici, selon son principe d'hypostase, attribuée au monde lui-même. U n au-delà de la nature, dans le monde, qui recèle les mécanismes du monde naturel visible. Nous comprenons, dans le savoir de type 1, qui explique le monde en lui attribuant les propriétés de la psychologie humaine, avec l'introduction de cette coulisse, la préfiguration d'une propriété fondamentale du psychisme humain. L 'existence, en son sein précisément, d'une coulisse, qui ne lui sera reconnue que des siècles ou des millénaires plus tard. En attendant, cette coulisse est attribuée au monde lui-même. E n tant que surnature postulée au-delà de la nature, dans le monde. Par ailleurs, en même temps qu'il s'abstrait, le savoir se perfectionne. Le polythéisme met en œuvre une psychologie beaucoup plus subtile et élaborée que le simple niveau précédent des transactions animistes avec les esprits. Il déploie une psychologie et une caractérologie humaines sophistiquées. Les dieux sont des personnages en forme d'archétypes. Mars, Vénus, Cupidon ou Jupiter, incarnent les différentes facettes d'une typologie des caractères humains. Ils sont, de surcroît, animés par une palette de sentiments et d'émotions, l 'amour, l'ambition, la rivalité, la jalousie, la culpabilité, etc., dont la complexité constitue également un progrès considérable par rapport aux interactions précédentes entre les esprits. Cette caractérologie et cette psychologie des sentiments et des émotions ont d'ailleurs également survécu jusqu'à nous. Certains auteurs, forcément américains, qui nous sont contemporains, ont produit nombre d'ouvrages à succès en venant nous expliquer doctement que "les hommes viennent de mars et les femmes de vénus". Le polythéisme n'est pas très éloigné de cette sorte de psychologie littéraire que l'on rencontre à notre époque dans les romans ou le théâtre de boulevard. L'amoureux, le rival, le mari volage ou la femme infidèle etc. Avec cette typologie des caractères, c'est toute la gamme des sentiments et des émotions humaines, attribués aux dieux multiples et divers, qui reçoivent ainsi le rôle d'expliquer le monde. Le polythéisme est une sorte de théâtre de boulevard surnaturel dont les péripéties déterminent le destin des hommes et du monde dans lequel ils vivent. Par rapport aux ontonomie précédentes, le lieu de l'explication est donc déplacé hors du monde tangible, et son contenu enrichi, dans un mouvement continu d'abstraction. Nous verrons ultérieurement comment le fait d'avoir situé l'explication hors du monde, comme le fait de ne l'attribuer qu'à la psychologie humaine, en tant que savoir de type 1, constitueront un double obstacle à la naissance future des sciences. Quelques remarques. Avant de poursuivre la présentation de ce mouvement d'abstraction du savoir de type 1 qui va ensuite conduire l'humanité du polythéisme jusqu'au monothéisme, nous allons nous accorder un moment pour faire deux remarques. La première concerne l'histoire de l'humanité. Remarquons, en premier lieu, que nous exposons sous la forme d'une continuité et d'une succession entre les ontonomie une sorte d'histoire globale de l'humanité. L'humanité a effectivement parcouru toutes ces étapes. Elle a effectivement créé successivement toutes ces différentes ontonomies. Mais toutes les sociétés humaines ne passent pas par toutes ces étapes et n'en gardent pas le souvenir. Leur succession n'est pas nécessaire au sein de chaque société. Par exemple, s i nous connaissons les ontonomie totémistes et animistes, c'est parce que certaines ont survécu jusqu'à nous. Elles n'ont donc pas évolué jusqu'au polythéisme. Nous sommes contemporains de diverses sociétés premières qui sont toujours aujourd'hui totémistes ou animistes. Elles ont survécu en tant que telles, pendant qu'ailleurs, sur notre planète, d'autres sociétés humaines, dont la nôtre, évoluaient à travers les autres types d'ontonomie. Ce sont elles, c es sociétés premières contemporaines, qui ont permis l'étude par les ethnologues des savoirs et des ontonomie qui les caractérisent. Les ontonomie sont nées successivement, mais cette succession n'est pas systématique. Toutes les sociétés ne passent pas par toutes les étapes. Certaines s'arrêtent en route. D 'autres au contraire ont peut-être sauté une étape. P ar exemple entre le totémisme et le polythéisme. Nous ignorons tout des sociétés préhistoriques. M ais les propriétés et caractéristiques anthropologiques de l'élaboration de ses savoirs de type 1 et 2 par l'homme permettent de supposer que les sociétés préhistoriques étaient totémistes. A partir de là, nous savons retracer aujourd'hui pratiquement tous les trajets migratoires qui relient entre elles toutes les populations humaines depuis la nuit des temps. Il existe entre elles une continuité et une succession, même si les différents savoirs et les ontonomie qui en découlent ne sont pas nés, chacun vis-à-vis du précédent dans une continuité territoriale historique ou géographique. Par contre, depuis l'entrée de l'humanité dans sa période historique, les spécialistes sont en mesure de restituer de manière beaucoup plus précise toute la filiation des sociétés polythéistes et monothéistes, jusqu'aux sociétés "modernes" qui nous intéressent ici. Car c'est bien l'avenir de notre civilisation qui nous concerne. Et nous sommes venus chercher dans la compréhension des différentes civilisations qui nous ont précédées, les moyens de réparer la nôtre. Nous présentons donc, sous forme d'une succession, une évolution des ontonomies qui caractérise non pas chacune des différentes sociétés humaines, mais synthétise le destin de l'ensemble de l'humanité. Nous allons en rester là pour cette troisième émission, au cours de laquelle nous avons suivi le mouvement d'abstraction, du savoir de type 1 jusqu'au polythéisme, et fait une première remarque sur l'enchaînement et la succession des savoirs et des ontonomies. La prochaine fois, nous nous intéresserons aux sociétés primitives. Avant d'aborder dans l'émission suivante le monothéisme, je vous remercie de votre attention. A bientôt !
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