Speaker #0Des témoignages de pros de la petite enfance ou de sujets autour de la petite enfance, il y en a beaucoup. Et parfois, ça fait vraiment réfléchir. Je vais t'en lire quelques-uns que j'ai trouvés. Et les témoignages peuvent concerner aussi bien la France que d'autres pays ou encore des contextes différents. Comme toujours, je vais simplement dire ce que ça m'inspire, ce qui m'interpelle ou ce qui me fait réagir. Voici le sujet. Ma fille de 3 mois et demi entre en crèche lundi. J' angoisse. Alors bonjour à toutes et à tous. Jeune papa d'une petite de trois mois et demi est déjà un peu papa poule. J'ai pu prendre deux mois et demi off au travail pour être avec bébé et la maman donc on a vraiment créé un cocon. J'angoisse car elle commence l'adaptation en crèche lundi. Ma femme reprend le travail début novembre mais on commence dès octobre pour permettre à ma fille d'avoir des petite journée le premier mois. Aussi, ma femme a décidé de passer en 80% pour pouvoir garder notre fille le mercredi et ne pas lui faire 5 jours d'affilée. En plus de ça, la crèche communale a très bonne réputation et va au-delà des réglementations pour avoir le maximum de taux d'encadrement. Néanmoins, je stresse et je n'endors pas la nuit. Pour les raisons suivantes. 3 mois et demi, en fait, c'est encore petit pour un bébé. et ça me brise le cœur d'imaginer ma fille avoir une sensation d'abandon. J'imagine sa petite bouille allongée sur un lit dans une grande pièce sans connaître personne et ça me brise en deux littéralement. Donc là, ce papa, on dirait qu'il est un petit peu en panique. Et ça peut vraiment se comprendre. L'équipe qui va le recevoir devra vraiment rassurer autant le bébé que les parents. Bon, déjà, de base... C'est ce qu'il faut faire. Mais quand on a affaire à des parents très stressés, des jeunes parents en plus, j'ai l'impression. Je pense aussi que c'est leur premier enfant. Et en général, quand c'est le premier enfant, on est peut-être un peu plus anxieux, un peu plus accroché. Et donc, du coup, c'est plus compliqué. Et là, le monsieur, il nous le montre bien. Ensuite, il dit qu'il imagine sa bouille. donc la bouille de son bébé, allongé sur un lit dans une grande pièce sans connaître personne et que ça lui brise le cœur. Là, je ne peux pas dire le contraire parce que c'est le cas. Par contre, en général, on fait en sorte que ce ne soit pas aussi brutal. On fait en sorte que le bébé ait une référente qu'il voit le plus souvent. Et donc le principe du fait que le bébé sera dans une structure où il ne va connaître personne, ça en fait c'est vrai. Mais c'est aussi faux, parce qu'on prend le temps de faire connaissance avec le bébé avant. Le bébé ou l'enfant, peu importe, on prend le temps lors de l'adaptation de vraiment connaître l'enfant. Et très important, de connaître aussi vraiment les parents, en tout cas le plus possible. On fait en sorte que l'enfant soit le moins dépaysé possible, avec un doudou ou avec un t-shirt qui porte l'odeur de la maman, du papa, bref. Tout ce qui peut rassurer le bébé et les parents. L'idée, c'est vraiment de mettre en confiance le plus possible tout ce beau monde. Et j'insiste sur ça parce qu'en fait, les deux, ça va ensemble. Si le parent n'est pas à l'aise et anxieux, il peut en fait transmettre ça à l'enfant sans même s'en rendre compte. Je continue la lecture. On est au petit soin avec notre fille, et bien sûr, ça ne pourra pas être pareil à la crèche, mais j'imagine déjà ma fille pleurer de longues minutes avant qu'on vienne la prendre dans les bras ou répondre à son besoin. Même s'il y a des niveaux à la crèche, j'ai peur que des enfants plus grands se faufilent et lui fassent du mal. La frappe, elle est tellement sans défense à son âge. Alors, donc là, il dit, on est au petit soin avec notre fille. Bien sûr que ça ne pourra pas être pareil à la crèche. C'est sûr que quand on est dans un accueil où il y a plusieurs enfants, il n'y a pas un enfant qui a la priorité. Je ne sais pas comment dire ça, dans le sens en fait où on peut. pas se permettre de donner notre attention à un seul enfant si on en a dix à s'occuper. Donc ça, on ne peut pas faire grand-chose. Maintenant, on fait quand même en sorte, de manière générale, que l'enfant soit bien. Malheureusement, les pleurs, ça fait partie du jeu. Et je ne peux pas absolument dire à un parent anxieux, ne vous inquiétez pas, votre enfant ne va pas pleurer. On va faire en sorte qu'elle soit le mieux possible et qu'elle ne pleure jamais. Ce n'est pas possible, ça n'existe pas. La seule chose de vraie dans cette phrase, finalement, c'est le fait de faire en sorte qu'elle soit le mieux possible. Et ça, c'est simple, c'est parce que le bébé a des émotions et exprime ces émotions par les pleurs. En plus, un bébé de cet âge, trois mois effectivement, comme le dit si bien le papa, c'est très petit. Il faudrait avoir les bons mots pour faire comprendre au papa que ça va arriver. Mais ce ne sera pas tout le temps le cas. Ensuite, au bout d'un moment, quand on apprend à comprendre le bébé, il y a des bébés qui, par exemple, ont besoin de pleurer pour s'endormir. Il y a des bébés qui, même si on répond à leurs besoins, vont continuer à pleurer parce qu'ils ont simplement besoin d'extérioriser. Il y a des bébés, à contrario, qui, une fois qu'on répond effectivement à leurs besoins, arrêtent complètement de pleurer. C'est très aléatoire. Et ce qui est d'autant plus... Alors ça, c'est pas quelque chose que je peux affirmer à tous les coups, mais c'est vrai qu'un bébé ou un enfant n'est jamais pareil à la maison qu'en structure d'accueil ou qu'à l'école. J'ai presque envie de dire, tout être humain n'est pas pareil chez lui qu'à l'extérieur, ou que chez lui ou dans son travail. En fait, on adapte un peu nos personnalités en fonction de l'endroit où on est. Ça aussi, je pense que c'est à prendre en compte. Il émet aussi un autre problème, une autre peur. c'est que des enfants plus grands fassent du mal à son bébé, frappent sa petite fille. Et là, c'est presque mignon. La façon dont il dit ça, il dit, elle est tellement sans défense à son âge, là encore, normalement, en tant que bonne professionnelle, que bon professionnel, on fait toujours en sorte de ne pas laisser un bébé seul avec des enfants qui sont plus grands, qui vont courir, qui vont jouer, qui sont beaucoup plus vifs en fait. On fait attention à ce genre de choses. Et ça... Par contre, je peux le dire de source sûre, un bébé de cet âge, on va toujours chercher à le sécuriser. Parce que, justement, effectivement, pour reprendre les mots du papa, même si c'est un peu dit brutalement, un bébé de cet âge est sans défense. Donc, en général, en tant que tout bon professionnel qu'on est, parce que là, on est entre professionnels dans ce podcast, on fait attention à ce genre de choses. Par rapport à ça, j'ai vraiment aucune inquiétude. Je continue la lecture. Ma fille est hyper souriante et facile. Elle dort bien la nuit, je sais que son rythme va être cassé, mais j'ai peur qu'elle perde sa joie de vivre. Pour finir, ma fille n'a pas fait une maladie en trois mois, et je sais qu'avec la crèche, ça va y aller, et j'angoisse ça va y aller. La façon dont il dit ça, c'est un peu drôle. Bon, bref, je continue. Donc je sais qu'avec la crèche, ça va y aller, et j'angoisse déjà des moments de fièvre, de pleurs, de douleurs de ma fille, comme je ne l'ai pas encore vécu. Voilà, je ne sais pas trop ce que je cherche en faisant ce sujet, mais j'avais besoin de l'écrire, merci de m'avoir lu. Alors là, le papa, il dit qu'il a peur de perdre, que sa fille perde sa joie de vivre. Je me rends compte qu'il est quand même vraiment pessimiste sur le fait de laisser sa fille. Ce que je peux comprendre, moi aussi je suis maman, donc je comprends parfaitement bien. En fait, je peux vraiment me mettre à la place du parent comme me mettre... à la place de la professionnelle, parce que je suis les deux. Bref. Et en fait, on a vraiment l'impression que pour lui, le fait que sa fille va aller en crèche, elle sera obligatoirement malheureuse. Au début, c'est sûr, ça va être compliqué. Au début, elle va peut-être pleurer. Ça va être compliqué le temps que chacun prenne ses repères. Donc, les parents, le bébé, et que nous, professionnels, on comprenne aussi la façon de fonctionner du bébé et des parents. Mais en principe, une fois que tout le monde se connaît, On sait comment un bébé fonctionne, on sait comment il est grandi, on sait ce qu'il aime, ce qu'il n'aime pas. Normalement, tout finit par rouler. On répond à ses besoins, on rassure, on est présente pour le bébé sans oublier, et ça c'est important, les autres enfants. Et si ça se trouve, ce bébé au bout de quelques semaines, quelques mois, aura une joie de vivre encore plus grande parce qu'à la crèche, il y aura peut-être d'autres enfants avec qui elle pourra être en interaction facilement. Donc après, ce papa est anxieux. Ça peut se comprendre. Il faut accepter les craintes des parents aussi. Et il faut aussi les rassurer. Ensuite, le papa, il dit qu'en gros, sa fille n'est jamais tombée malade en trois mois. Donc, depuis qu'elle est née. Ça, c'est une chose qui est évidente. Qui dit structure d'accueil dit maladie. Maladie infantile. Et ça, effectivement, ils vont le vivre. Et enfin, il dit, voilà, je ne sais pas trop ce que je cherche en faisant ce sujet, mais j'avais besoin de l'écrire. Merci de m'avoir lu. Moi, je trouve que c'est vraiment bien que ce papa en parle. En faisant ce témoignage, il cherche un peu de soutien, là où il peut. Et ça veut surtout dire que c'est un papa qui est ouvert à toute discussion. C'est pas un papa qui sera fermé. Franchement, c'est même presque rassurant de savoir qu'il est aussi investi. Voilà, c'était simplement mes réactions par rapport à ce que j'ai lu avec mon expérience de professionnel de la petite enfance. Si tu veux découvrir mes livres, ou les autres choses que je propose autour de la petite enfance, je te mets mon lien dans la description. Je te dis à la prochaine pour un autre épisode.