Speaker #0Des témoignages de pros de la petite enfance, il y en a beaucoup et parfois ça fait vraiment réfléchir. Je vais t'en lire quelques-uns que j'ai trouvés venant de professionnels qui peuvent travailler aussi bien en France que dans d'autres pays et dans des contextes différents. Et comme toujours, je vais simplement dire ce que ça m'inspire, ce qui m'interpelle, ce qui me fait réagir. Le sujet c'est « Une collègue m'a crié dessus devant des parents » . Alors, je commence à lire le témoignage. C'était la fin de la journée et mon dernier enfant était mon nouveau bébé collant. J'étais en train de lui changer la couche quand ma collègue est venue me donner un de ses gosses pour respecter les ratios afin qu'elle puisse rentrer chez elle. Alors, je m'excuse déjà d'emblée parce que là, c'est une traduction. Donc, on va s'adapter. L'important, c'est qu'on comprenne ce qui est dit. Bon, déjà, c'est la première partie du témoignage et je suis déjà interpellée. Là, encore une fois. Moi, quand je réagis, je donne vraiment mon avis par rapport à mon expérience. Et ça, c'est déjà arrivé effectivement, mais avec des enfants plus grands. C'est-à-dire que si tu dois partir parce que ton heure est arrivée, moi, j'aurais quand même attendu que ma collègue soit disponible avant de partir. J'aurais attendu qu'elle soit là avec les enfants et qu'elle puisse s'en occuper. Et cette histoire de ratio, je peux comprendre, parce que de toute façon, moi, de base, je trouve que... les ratios ne correspondent pas vraiment à la réalité. Pourquoi ? Parce que tout simplement, les enfants n'ont pas tous les mêmes besoins. Même si on peut se dire que pour des enfants qui marchent, tu as tel ratio, donc en France, pour les autres pays, je ne sais pas, mais en France, c'est une personne pour 8 enfants marchands et une personne pour 5 enfants non marchands. Dans tous les cas, ça dépend des enfants dont on a la charge. Ça dépend de leur personnalité. Quand je dis personnalité, je dirais même plus de leur capacité en fait. Là, en l'occurrence, c'est un nouveau bébé. Elle est en train de changer la couche. Donc là, je vais peut-être m'avancer un petit peu, mais je suppose que c'est une adaptation dont le bébé ne la connaît pas. Il faut qu'il prenne ses repères, il faut qu'il soit rassuré dans ses bras, etc. Il faudrait peut-être éventuellement plus de détails pour pouvoir aller plus loin, mais là, sincèrement, en premier lieu... C'est vrai que j'ai déjà eu affaire à des collègues qui partent parce que c'est leur heure. Mais en général, elles s'assurent, et même moi, j'ai envie de dire, on s'assure toujours que la personne finalement qui reste soit disponible. En général, on ne part pas comme ça. Ou sinon, on prévient la directrice ou la cadre et on dit, bon là, de façon professionnelle, bien évidemment, là je dois partir parce que j'ai un rendez-vous, donc je dois vraiment y aller. et même si On doit vraiment partir, au moins on ramène quelqu'un d'autre en soutien en attendant que la personne qui reste soit disponible. Bon, je continue. J'attends la suite, on aura peut-être un peu plus de détails. Donc là je continue la lecture. Cet enfant a de l'anxiété de séparation avec cette professionnelle. Donc bien sûr, il a commencé à pleurer quand elle est partie. J'étais occupée à nettoyer la table à longer, à me laver les mains, à essayer de calmer mon bébé anxieux et à enregistrer sa... couche dans notre application de garde d'enfant. Je vais réagir à ça. Elle dit que cet enfant a de l'anxiété de séparation avec la fameuse collègue. Je suppose que c'est un enfant dont elle est la référente. Donc qui est vraiment accrochée à elle. Elle dit aussi que forcément qu'est-ce qu'on fait après avoir changé une couche ? On est censé, question d'hygiène, et pour la sécurité globale, nettoyer la table. Allonger, se laver les mains, se frictionner les mains. Et en plus de ça, là, il faut donc Merci. calmer le bébé qui est, bon bah, visiblement nouveau dans la structure d'accueil. Et en plus de ça, c'est évidemment logique, il faut que tu notes tes transmissions, il faut que tu notes le change qui a été fait, comment ça s'est passé selon la situation, bref, il faut que tu notes ce que tu viens de faire avant d'oublier, tout simplement. Et tu vois, la bonne attitude, selon moi, ça aurait été qu'au moins, elle attende qu'elle termine son change, qu'elle s'assure qu'elle soit disponible. C'est exactement ce que je disais tout à l'heure. Et surtout, l'information très importante, là c'est qu'elle va lui laisser un enfant dont elle est la référente et qui a du mal à se séparer d'elle donc concrètement la collègue elle sait de base qu'elle va mettre cette personne en difficulté après moi je pense qu'il y a vraiment une conscience à avoir, une conscience professionnelle notamment, je trouve ça très dommage parce que c'est justement ce genre d'action qui peut entraîner des problèmes au sein de l'équipe, il faudrait quand même garder un petit peu d'humanité je dis pas que si t'as pas le choix de partir, tu peux pas partir. Mais en fait, je pense qu'on peut anticiper. Tu vois que ton heure est sur le point d'arriver. La moindre des choses, selon moi, si tu sais que t'es pressé, que tu dois partir, que t'as juste pas le choix, tu préviens la collègue avec qui tu es et tu... Je lui dis, là, mon heure arrive et j'ai un rendez-vous, je vais vraiment devoir y aller dès que mon heure arrive. Et donc, à partir de là, vous voyez pour que quelqu'un prenne le relais. Ou vous voyez comment vous pouvez vous organiser. Vous faites en sorte de gérer le change avant, par exemple. Après, bon, les histoires de change, on ne peut jamais prévoir ça. Une crotte dans la couche, c'est vite arrivé. Là, je vais continuer à lire pour voir si on n'a pas d'autres infos. Au milieu de tout ça, elle revient et prend l'enfant. en disant, je vais le reprendre avec moi si tu vas l'ignorer. Et je dis, oh, je suis désolée. Bon, je sais que c'est un peu compliqué à l'oreille comme ça, mais en gros, la collègue qui était censée partir revient, reprend l'enfant dont elle est la référente et dit en fait à l'autre collègue, à celle qui était censée rester, je vais le reprendre parce que je sais qu'en gros, tu vas l'ignorer. Tu ne vas pas t'en occuper. Waouh ! Franchement, ok. Ensuite, je continue la lecture. Ma collègue répond alors, ne dis pas désolé, dépose ton téléphone et fais quelque chose. Waouh, ok. Donc en fait, celle qui était censée rester s'excuse, celle qui était censée partir revient en mode attaque et dit, t'es pas obligée de t'excuser en gros. Je suis obligée de faire de la traduction comme ça parce que la traduction de base, c'est un peu flou, quoi. C'est une catastrophe. Mais bon, ça me tient à cœur de voir comment ça se passe dans d'autres pays. On va faire avec, hein. Donc, en gros, la collègue qui était censée partir, lui dit concrètement, t'as pas besoin de t'excuser, tu déposes ton téléphone et fais quelque chose, en fait. Et tout ça, donc là, je continue la lecture, devant des parents. D'une, mon téléphone était dans ma main pour enregistrer des choses dans notre application. De deux, j'avais les mains pleines avec d'autres tâches. Et trois, je ne laissais pas intentionnellement l'enfant pleurer. Bon, là, j'ai pas besoin de traduire, je pense que c'est clair. Ce qui est cool, c'est qu'on a un petit peu plus de détails. et en fait la collègue n'est pas partie, en fait. Sauf qu'elle est revenue en mode « Là, je sais que tu ne vas pas t'occuper de l'enfant. » en parlant de son enfant de référence. Et en plus de ça, elle lui fait une remontrance pas possible devant des parents. Bon, déjà, je constate que, peu importe le pays, a priori, on a la même façon de fonctionner. Pour revenir à ce que je disais, la première chose à faire, je pense, c'est vraiment de régler ses comptes, entre guillemets, pas devant les parents. Il ne faut pas faire ça devant les parents. Les parents, non. pas à sentir l'animosité qu'il y a entre collègues. Parce que, premièrement, c'est pas une bonne image de soi. C'est pas une bonne image pour la structure. Et ça crée une inquiétude vis-à-vis des parents. Parce que les parents, ils vont se dire quoi ? Oh là là, mon enfant évolue dans ça ? Je laisse mon enfant dans cette ambiance ? Et puis, pour parler de la collègue, là, j'ai le sentiment qu'il y a un truc là, entre les deux. Parce que quand les choses se passent bien, ça se passe pas comme ça, tout simplement. Il y a forcément les deux qui prennent sur elle. Il y a un minimum d'effort de fait et on sent clairement qu'il y a de l'eau dans le gaz. Le pire, c'est qu'à la place de la fille, j'aurais été complètement décontenancée, très sincèrement, parce que j'ai le bébé à gérer, donc le nouveau, celui qui a de l'anxiété, celui que je viens de changer. Ensuite, tu as la collègue qui veut me poser son enfant, l'enfant dont elle est la référente et elle doit partir en fait. En plus, tu as cette collègue qui n'est pas très sympathique. et qui vient te faire des remontrances devant les parents et t'as les parents qui arrivent au même moment. Franchement, toi t'as tout ça à gérer en même temps. J'ai même pas de mots, tellement c'est compliqué. Moi, à sa place là, j'aurais eu un sacré coup de chaud. Je vais continuer la lecture. Je trouve que cette interaction était très irrespectueuse et extrêmement impolie. Étant donné que j'étais occupée et que je n'utilisais même pas mon appareil pour traîner. Ce n'est pas la première fois qu'elle est désagréable. Ben voilà, avec moi. En fait, j'ai été déplacée de sa section parce qu'on ne s'entendait pas à cause de son attitude très stricte et impolie. C'est pourquoi je dis toujours que ce ne sont pas les enfants qui font ou défendent ce domaine, ce sont les adultes. Et ben voilà, au final j'avais raison. Donc là, je continue de lire le témoignage et effectivement, elles ne s'entendent pas. Elles ont a priori été séparées, donc elles n'étaient pas dans le même service, dans la même section, si c'est une crèche. Et au final, elles se sont retrouvées ensemble. Bon, pourquoi, comment, je ne sais pas, on n'a pas plus d'infos. Franchement, je crois que dans ce métier, c'est très compliqué quand tu ne t'entends pas avec ta collègue. Il y a des métiers où tu peux feindre que ça se passe bien, ou en tout cas éviter le problème. Dans notre métier, c'est plus compliqué. On est dans un métier de sociabilité. Tu ne peux pas rester dans ton coin et ne pas parler. Parce que tu es avec des enfants, donc tu es obligé de parler, tu es obligé d'avoir des interactions. Les interactions, c'est complètement obligatoire dans ce métier. C'était évident. qui avait un souci. C'est exactement ce que je dis. À partir du moment où j'ai commencé à lire le témoignage, j'ai compris direct. Quand ça se passe bien avec les collègues, il n'y a aucune raison pour que ça se passe comme ça. En fait, ce témoignage-là prouve que c'est important la cohésion, l'entente entre nous, entre les personnes, entre les collègues surtout. Ça prouve qu'il suffit d'une petite animosité pour que les journées, au quotidien, se passent mal. Et la personne le dit très bien. Celle qui fait le témoignage, elle dit ce ne sont pas pas les enfants qui font ou défendent ce domaine, ce sont les adultes. Bah ouais. Je veux dire, quand ça se passe bien, dans une équipe, même dans une situation compliquée, on peut essayer de trouver un peu de bien dans tout ça. Par exemple, tu vas quitter une journée compliquée avec des enfants, ça crie. Il y a des enfants qui ont été vraiment intenables. Le rythme de la journée a été insoutenable. Mais heureusement, ça se passe bien avec tes collègues. Donc, C'est un peu de lumière dans toute cette obscurité. Voilà, je vais m'arrêter là. C'était simplement ma réaction par rapport à ce que j'ai lu, avec mon expérience de la petite enfance. Si tu veux découvrir mes livres ou les autres choses que je propose autour de la petite enfance, je te mets mon lien dans la description. Je te dis à la prochaine pour un autre épisode.