Speaker #0Des témoignages de pros de la petite enfance, il y en a beaucoup et parfois ça fait vraiment réfléchir. Je vais t'en lire quelques-uns que j'ai trouvés venant de professionnels qui peuvent travailler aussi bien en France que dans d'autres pays et dans d'autres contextes. Et comme toujours, je vais simplement dire ce que ça m'inspire, ce qui m'interpelle ou encore ce qui me fait simplement réagir. Voici le sujet. Quelles sont les choses que vous avez faites au début de votre carrière ? que vous ne feriez plus maintenant. Alors, donc pour ça, forcément, c'est une question et les personnes ont simplement répondu avec leurs anecdotes. Première réponse, j'ai dit aux enfants d'arrêter de pleurer. Je leur disais que ça allait et qu'ils n'y avaient pas besoin de pleurer. Un collègue a commencé à reconnaître que oui, tu as mal, ça peut faire mal un petit moment et j'ai aimé ça. Donc, j'ai adopté cette attitude à la place. Alors. Dire aux enfants d'arrêter de pleurer, c'est vrai que ça peut forcément être une première réaction quand on débute. On peut tomber dans cette facilité de dire « Bon bah, ça va aller, là tu t'es fait mal, ça va aller. » C'est vrai qu'avec le temps, normalement, on prend conscience que dire ça aux enfants, ça ne suffit pas. Enfin, c'est trop simple de dire ça comme ça, parce qu'en fait, un enfant, il pleure. Peu importe la chose en question, peu importe l'émotion. Mais là, il a besoin de s'exprimer à ce moment-là. Moi, en tout cas, dans ma formation, on m'a appris dès le début à ne pas dire ce genre de choses. Et je pense que maintenant, dans les formations autour de la petite enfance, c'est quand même quelque chose qui est rentré dans les mœurs. On ne peut pas juste dire à un enfant « arrête de pleurer » sans chercher à comprendre pourquoi il pleure. Maintenant, c'est vrai, on ne va pas se cacher, on ne va pas cacher les choses. Il y a la réalité du boulot. Quand tu as plein d'enfants qui pleurent en même temps, que tu es en sous-effectif, des fois t'as juste envie de dire mais arrête de pleurer. Moi je suis pas là pour dire c'est bien, c'est pas bien, parce que tout dépend de la situation, comme toujours. Mais c'est vrai qu'il faut, dans la mesure du possible, en tout cas, avoir cette conscience-là. Se poser la question, essayer de discuter avec l'enfant quand c'est possible. C'est toujours quand c'est possible. Et si on sent que là, on va pas pouvoir, il faut savoir passer le relais. Demander à une collègue. de s'en occuper parce que nous, là, on ne peut pas le faire. Donc à défaut de demander à une collègue, si possible, c'est toujours le même mot, on peut simplement essayer de dire à l'enfant, je comprends que tu n'es pas bien, tu es en train de pleurer, mais je n'arrive pas à comprendre ce que tu me dis. En fait, c'est tout simplement verbaliser avec l'enfant le fait que là, tout de suite, on ne peut pas. On ne va pas réussir à l'aider, on ne va pas réussir à le soulager là, tout de suite. Une autre réponse à cette fameuse question, être timide et gêné de lire des histoires correctement. Prendre des voix, en faire trop, être si dramatique que ça devient une série télé de l'après-midi. C'est le meilleur. Je vous rappelle que j'avais 16 ans et que j'étais super timide quand j'ai commencé. Mais maintenant, mes histoires sont légendaires, même pour les plus grands. Alors ça, ce témoignage m'a fait un peu rire parce que, effectivement, Moi aussi, au début, j'étais vraiment timide. Le simple fait de lire aux enfants, c'était compliqué. Et surtout de lire avec intention. Malgré mon expérience, aujourd'hui, je ressens toujours pas le besoin d'en faire plus. Limite de faire comme si j'étais dans une pièce de théâtre. Je fais le strict minimum. Donc, c'est-à-dire, je suis beaucoup plus investie dans la lecture que quand j'ai commencé, puisque, bon, je suis un peu plus dans le personnage. En fait, au bout d'un moment, on s'habitue. On comprend comment faire, mais je suis toujours clairement pas à l'aise avec le fait d'en faire trop quand je lis. Une autre réponse à la fameuse question, on m'a averti il y a longtemps de faire attention à mon dos. Ne pas soulever sans nécessité, s'assurer de soulever correctement avec les jambes hanches, sans cambrer le dos, ne pas faire de portage, s'assurer de bien s'étirer, etc. Je n'y ai pas vraiment prêté attention. Maintenant que je suis plus vieux, j'aimerais avoir été aussi prudent à l'époque que je le suis maintenant. Aussi, je recommande le yoga et de bons étirements à quiconque travaillant dans l'éducation de la petite enfance. Donc, pour ce témoignage, ce qui m'a interpellée, c'est toujours par rapport à ma propre expérience, tout simplement, c'est que je me dis qu'effectivement, j'essaye de faire, il faudrait en tout cas que j'essaye de faire plus attention. Je vais être très franche avec moi. Et avec toi qui m'écoute, des fois, je peux prendre des risques inutiles. Je peux moins faire attention finalement à mes gestes et risquer l'accident. Et c'est vraiment pas bien. C'est vrai que... Quand on est dans le feu de l'action, on est tellement concentré sur autre chose que sur nos gestes du quotidien, parce que ça devient notre quotidien, ça devient une routine. On sait ce qu'on doit faire, comment on va le faire, etc. À la limite, aux urgences, les journées ne se ressemblent pas. Mais dans les autres services, dans les structures en général, il y a vraiment une routine qui s'installe. Donc en fait, quand tu es dans ton truc, c'est vrai que tu peux vite oublier de faire attention à certains gestes et à certaines choses. Et en fait, ce témoignage, je l'ai pris justement parce que c'est clairement quelque chose auquel on doit faire attention. Ce qui est quand même intéressant dans ce que la personne dit, c'est qu'elle précise que maintenant qu'elle est plus âgée, elle se rend compte qu'effectivement, voilà, elle a le contre-coup du fait qu'elle n'a pas fait cet effort avant, donc au début de sa carrière. Donc maintenant, cette personne a l'air de, de ce que je peux comprendre, payer un peu le prix. J'ai presque envie de dire, c'est très bien que ce témoignage arrive, c'est un bon électrochoc, on va dire, pour nous remettre à tous et à toutes les idées en place concernant la prévention des accidents. Une autre réponse à la question. Une fois, j'ai dit à un parent d'un bébé particulièrement difficile que c'était... C'était comme si le bébé avait de l'anxiété de bébé. J'ai aussi dit à un parent, quand nous avons eu une épidémie de poux dans ma classe des deux ans, que les enfants étaient en prison de poux, séparés sur le terrain de jeu des autres enfants. Ah oui, d'accord. Donc en fait, ils séparaient ceux qui avaient des poux et ceux qui n'avaient pas de poux. Ah ouais, c'est chaud ça. Enfin, c'est chaud. Encore une fois, je comprends l'idée, mais c'est chaud. Avoir 19 ans et travailler dans la garde d'enfants, c'est difficile. Il devrait vraiment faire plus de formation sur l'interaction avec les parents. Donc là, clairement, la personne met en avant le fait qu'au début, quand on commence dans ce métier, on ne sait pas vraiment comment s'exprimer, comment dire les choses aux parents sans les inquiéter, tout simplement. Et c'est tellement vrai. Là, la personne parle du fait qu'elle a 19 ans, que c'était ses débuts et que c'est potentiellement... Une des raisons pour lesquelles elle n'avait pas encore cette façon de bien parler aux parents. Bon, elle précise aussi qu'on devrait vraiment faire plus de formation sur l'interaction avec les parents. Et moi, je pense aussi franchement qu'on parle beaucoup des transmissions, de comment bien transmettre les informations entre collègues. On parle aussi de comment bien s'exprimer avec un parent. Mais je me dis que c'est peut-être pas assez. Après, ce qu'il faut comprendre, c'est que comme on dit C'est en forgeant qu'on devient forgeron. Donc en fait, les formations, c'est bien. Mais je pense que le mieux, franchement, c'est l'expérience. Parce que c'est avec l'expérience que tu vas réussir à t'améliorer. Tu vas faire des erreurs et plus le temps va avancer, moins tu feras ces erreurs. Tu vas t'améliorer et tu vas choper en fait ce qu'il faut faire, ce qu'il ne faut pas faire. Et surtout, j'ai envie de dire que c'est super important. Et j'en avais déjà parlé dans un autre épisode. c'est l'importance de bien connaître les parents. Parce que ça aussi, je l'avais aussi dit dans l'autre épisode, c'était un épisode sur les transmissions, justement. Du coup, je l'avais dit, la façon dont on va parler à un parent A ne sera peut-être pas la même façon dont on va parler à un parent B. Donc en fait, il y a tellement de choses à prendre en compte qu'une formation, c'est bien pour avoir les bases, mais rien ne vaut l'expérience, je pense. Voilà, c'était... simplement mes réactions par rapport à ce que j'ai lu, avec mon expérience de professionnel de la petite enfance. Si tu veux découvrir mes livres ou les autres choses que je propose autour de la petite enfance, je te mets mon lien Linktree dans la description. Je te dis à la prochaine pour un autre épisode.