Speaker #0Bienvenue à vous, je suis Caroline du blog Apprendre la Philosophie et dans ce podcast, je vais vous présenter la notion de nature, qui est une des 17 notions du programme de philosophie en terminale. Le terme nature peut avoir plusieurs significations. On peut définir la nature comme l'ensemble des espaces et des êtres qui n'ont pas été créés ou transformés par l'homme, par exemple une forêt vierge. La nature s'oppose donc à ce qui est artificiel ou culturel. On peut ainsi dire que la culture... C'est ce qui transforme à la fois la nature extérieure à nous, mais également notre nature humaine, que nous transformons par exemple par l'éducation et l'instruction. Mais la nature d'une chose, ça peut aussi signifier ce qui fait qu'elle est ce qu'elle est, ou ce qui la définit. Bien, à présent, quels sont les grands problèmes philosophiques qui peuvent être posés sur la question de la nature ? Je vais vous en donner quelques-uns parmi les plus importants, avec quelques réponses classiques. Premier sujet très classique, le projet de maîtriser la nature est-il raisonnable ? Ce sujet peut vous faire rapidement penser à Descartes, pour qui les sciences pourraient nous rendre comme maîtres et possesseurs de la nature. A ses yeux, nul doute qu'il est raisonnable de vouloir maîtriser la nature, car maîtriser la nature, c'est se prémunir contre bien des dangers. Il est dans notre intérêt de maîtriser la nature, car si nous connaissons bien les lois de la nature, si nous la contrôlons, alors nous pouvons plus facilement nous protéger de ses aléas et survivre. Et pourtant, n'est-ce pas plutôt fort prétentieux de prétendre que nous pourrions la maîtriser ? Croire que nous pourrions la contrôler totalement et la modifier à notre gré sans en subir les conséquences, n'est-ce pas très dangereux ? Pascal, dans les pensées, insiste plutôt sur le caractère misérable de l'homme par rapport à la nature. Il dit, en parlant de l'homme, « une vapeur, une goutte d'eau suffit pour le tuer » . A ces yeux, nous sommes faibles physiquement, mais également sujets à nous tromper lourdement dans nos jugements. Nous devrions alors faire plutôt preuve d'humilité. Deuxième sujet, peut-on se donner comme règle de suivre la nature ? Ici, suivre la nature peut signifier à la fois suivre les lois de la nature, mais également suivre notre nature humaine. Et cette notion même de nature humaine pose question. Si l'on en croit les stoïciens, et notamment Sénèque, Pour vivre heureux et libre, il faut vivre conformément à la nature, ou donc en suivant la nature. Or pour lui, cela signifie que nous devons écouter notre faculté, spécifiquement humaine, qui est la raison. Donc pour suivre la nature, il faut écouter notre raison et ne pas céder à nos désirs ou passions. A cela, on peut opposer la thèse de John Stuart Mill, pour qui il est absurde de prétendre vivre en suivant la nature. Et ce pour deux raisons. D'abord, dans bien des cas, nous n'avons pas le choix. Les lois de la nature s'imposent à nous. D'autre part, si l'on prétend imiter la nature, on va être conduit à commettre bien des horreurs. En effet, dans la nature, il y a des catastrophes naturelles, de nombreuses victimes, des animaux se mangent entre eux, des espèces entières sont décimées par des maladies ou par une autre espèce. Est-ce vraiment quelque chose que nous pouvons vouloir suivre ? Mais vous voyez que dans le cas présent, les deux auteurs ne parlent pas de la même chose quand ils parlent de la nature. Troisième sujet, la nature dénature-t-elle l'homme ? Ce sujet porte plus spécifiquement sur la nature humaine, et suppose que la culture lui ferait perdre sa nature ou des qualités naturelles. On peut alors envisager la thèse de Rousseau, qui défend qu'effectivement, le développement de la culture, et plus précisément de la technique, a pour effet d'amolir les hommes, de les rendre faibles et dépendants des outils et machines qui les ont créés. A cette thèse, on pourrait opposer celle de Kant, qui envisage au contraire que la culture ne dénature pas l'homme, mais qu'elle est au contraire une condition pour qu'un petit homme devienne réellement un homme. En ce sens, un humain ne devient réellement un homme accompli que s'il est éduqué et cultivé. Quatrième et dernier sujet, les êtres humains sont-ils à part dans la nature ? Ici, une thèse classique consiste à répondre que l'être humain est bien sûr à part dans la nature car il est le seul à avoir raison, conscience et libre arbitre. C'est en somme ce que défend Descartes quand il distingue les êtres humains des animaux qui, eux, n'ont pas le libre arbitre et sont donc toujours constamment déterminés par leur instinct. A cette thèse, on peut opposer les découvertes du grand naturaliste Darwin qui, au XIXe siècle, a montré que l'être humain n'est finalement qu'une espèce comme les autres. produit de l'évolution des espèces. Peut-on alors réellement dire que nous sommes à part ? Voilà pour ce podcast. J'espère qu'il vous aidera à mieux comprendre la notion de nature et les différents problèmes qu'elle peut poser. Si vous voulez découvrir davantage la philosophie, n'hésitez pas à vous rendre sur mon site Apprendre la Philosophie. et à vous inscrire pour recevoir mes petites et grandes histoires de la philosophie. J'y partage également des conseils pour aider les terminales à bien réussir leur bac de philo, et des fiches de révision sur les grandes notions du programme. Très bonne journée à vous !