- Speaker #0
Allez, je tire 200.
- Speaker #1
Fic. Sune.
- Speaker #2
Pognon.
- Speaker #1
Océ.
- Speaker #2
La moula.
- Speaker #1
Grisipi. Salaire. Honoraire.
- Speaker #2
Fin.
- Speaker #1
Pancon de retraite. livrer à héritage,
- Speaker #2
assurance-vie, impôts, déduction, investir, bitcoin, trading,
- Speaker #1
intérêt, SCPI, plan d'épargne-action, PER, travailler, se marier, se taxer ou vivre en union libre, fonder une famille, monter sa boîte, demander un crédit immobilier, se séparer, se remarier, changer de boulot, partir en retraite, hériter, devenir veuve. Autant de grandes étapes de la vie, mais aussi trop souvent d'occasions de s'appauvrir pour les femmes mal informées. Mais il n'est jamais trop tard pour se poser les bonnes questions sur sa situation financière et son patrimoine ou matrimoine, actuel ou avenu. Et tant qu'il en est encore temps, mettre en place des stratégies d'épargne et d'investissement pour éviter de se réveiller un jour fauché, voire scolié. C'est ce que nous vous proposons chaque mois dans ce podcast avec nos experts invités. Si vous ne savez pas comment vous informer pour mieux vous occuper de votre argent, c'est ce que vous racontent les experts de la banque et de l'assurance entre autres que vous paraît obscur, complexe. Ce podcast est fait pour vous. Notre mission, vous aider à bâtir votre indépendance financière, qui est la clé de votre liberté. Et vous aider à peser le pour et le contre, avant de prendre une décision qui engage vos sous. Avec un regard de femme, de conjointe, de mère sur l'argent. Je suis Corinne Golberger, journaliste, et j'annule ce podcast avec Thierry Oaillon, gestionnaire de patrimoine et co-auteur de « Les filles osant parler argent » et « L'argent au féminin » . Merci à notre partenaire Exant, cabinet de conseil spécialiste de l'investissement dans la silver economy, à découvrir sur exant.fr. Et maintenant qu'on s'est dit tout ça, parlons cash les filles. Un enfant qui souffre d'une maladie chronique, un conjoint handicapé suite à un accident, une mère ou un père gravement malade, une grand-mère qui commence à perdre la tête, une tata sans enfant pour s'occuper d'elle. Ils ont tous besoin de nous. Et nous sommes 11 millions d'aidants familiaux de tous milieux, de tous âges en France, y compris des ados, qui prenons soin d'une ou un proche qui ne peut plus se débrouiller seul. Nous serons un actif aidant sur quatre en 2030. Une situation que l'on ne choisit pas et qui touche toutes les familles, comme nous montrent ces chiffres. C'est la vie qui nous l'impose souvent du jour au lendemain, et qui nous force alors à réorganiser un quotidien bouleversé, à repenser nos priorités, nos projets et souvent notre carrière. Parmi ces aidants, 60% sont des femmes qui se dévouent avec amour et par un certain sens du devoir, souvent en serrant les dents en silence. Elles jonglent entre leur boulot, la maison à faire tourner et l'organisation de toute la vie de leurs proches aidés, ses rendez-vous médicaux, ses affaires, sa paperasse, une charge mentale parfois écrasante, stressante. Alors dans cet épisode, on va mettre des mots et des chiffres sur une réalité trop souvent invisible, complexe. Combien ça coûte de devenir aidante familiale ? On va parler dépenses en tout genre, mais aussi aide... possible et point de vigilance pour ne pas s'oublier en roue. Et vous le savez peut-être, nous sommes en pleine semaine du podcaston. Alors, qu'est-ce que c'est le podcaston ? C'est une super mobilisation de podcasteurs comme nous, qui se mobilisent pendant une semaine pour mettre en lumière une association de leur choix. Et nous sommes fiers d'y participer pour la troisième fois, comme près de 2650 créatrices et créateurs de podcasts issus de 65 pays. Alors, pour parler des aidantes familiales, nous avons choisi de soutenir l'association Aidants et bien plus, une communauté d'entraide entre aidants actifs fondée par Sigrid Jo. Bonjour Sigrid.
- Speaker #2
Bonjour Corinne.
- Speaker #1
Bonjour Thierry Wayo.
- Speaker #2
Bonjour.
- Speaker #1
Et bonjour Léo Gulli à la technique. Sigrid, vous êtes également fondatrice de l'agence Les Aidantes & Co, qui accompagne les entreprises qui s'engagent à mieux soutenir leurs salariés aidants. Et pour ça d'ailleurs, on vous dit bravo, vous êtes une queen. On va en effet parler de ce que ça coûte d'être aidante. sur le plan professionnel et ce que vous faites, Sigrid, pour inciter les entreprises à reconnaître la situation des dents ou des dents. Vous avez aussi créé un podcast, Plan et Dents, et comme je vous le disais tout à l'heure, j'adore recevoir des podcasteuses, on se comprend tellement bien. Merci à notre partenaire Exante, spécialiste de l'investissement dans la silver economy, à découvrir sur exante.fr. Et je voudrais dédier cet épisode à une amie très chère, Émilie, et à ses proches. Sa vie vient de basculer, elle a été amputée d'une main. C'est un choc, il y aura un avant et un après et c'est pour ça qu'il faut parler des danses aujourd'hui. Parce que devenir aidante, comme je le disais, ça arrive souvent au moment où on s'y attend le moins et c'est parti. Alors Sigrid. Pour quel réseau êtes-vous devenue aidante familiale vous-même ? À quel âge ? Combien de temps ? Et en quoi consistait l'aide que vous apportiez à votre proche ?
- Speaker #2
Merci Corinne d'abord pour cette très belle introduction. Merci. Ça me touche et la situation de votre amie aussi me touche. C'est une très belle introduction qui en fait ne mériterait presque pas que je me présente. Moi je m'appelle Sigrid Jo. J'ai accompagné pendant 15 ans ma maman qui souffrait de la maladie de Parkinson. Et puis en même temps, j'étais jeune maman et salariée à temps plein. Et en fait, j'ai vu beaucoup de choses qui dysfonctionnaient, aussi bien dans l'entreprise dans laquelle je travaillais et aussi dans la société avec un grand S. Et c'est la raison pour laquelle je me suis engagée ensuite pour les aidants actifs et faire en sorte qu'on les reconnaisse mieux aujourd'hui dans la société. Pour répondre à votre question, alors moi, je suis parisienne. Ma maman, elle habitait à 200 kilomètres de chez moi. Donc moi, en fait, je ne gérais pas le quotidien. mais j'étais le super chef de projet. C'est-à-dire que je coordonnais les rendez-vous chez le médecin, le passage de l'auxiliaire de vie, sans oublier l'orthophoniste qui doit passer trois fois par semaine. Et tout ça, ça a créé forcément une sacrée charge mentale, ce que vous disiez tout à l'heure. Mais surtout, à l'époque, j'ai fait des choses parce que je devais le faire.
- Speaker #1
Voilà, on doit le faire. On se dit, je dois le faire. Exact. Je n'ai pas le choix.
- Speaker #2
Pas le choix. Alors j'ai quand même, on avait la chance d'être deux, puisque mon frère était là aussi. Mais c'est certain que cette période de vie assez longue a changé ma manière de voir la vie en général, et puis aussi ce qu'on peut apporter aux aidants, et puis par ricochet forcément, à leurs proches aidés.
- Speaker #1
Vous parliez de, on y reviendra peut-être, mais de votre vie en entreprise, vous étiez salariée. Comment vous vous débrouillez pour jongler entre votre maman, votre carrière, votre boulot ?
- Speaker #2
Alors, avec du recul, je dirais que j'ai fait que des erreurs. Par exemple, je ne l'ai pas dit le plus longtemps possible à mon employeur et surtout à mon manager, parce que j'avais qu'une seule peur, c'était d'être stigmatisé et qu'on me mette au placard. En gros, qu'on ne me donne pas les bons dossiers à traiter. Donc en fait, le plus longtemps possible, je n'ai rien dit jusqu'à ce que la situation ne soit plus tenable. L'histoire ne dit pas, si j'en avais parlé, qu'est-ce qui se serait passé. sans doute qu'il y aurait eu une bienveillance à défaut de dispositifs en place dans l'entreprise. Donc en tant que salarié, ça a été assez difficile, mais de la même manière, c'était un peu au fil de l'eau.
- Speaker #1
J'avais lu une fois qu'il y avait des salariés qui posaient des jours de vacances, de congés maladie, pour s'occuper de leur... proches, avec la complicité de médecins, et c'est pas évident de trouver un médecin qui accepte de faire des arrêts de travail,
- Speaker #0
de faire des arrêts de maladie,
- Speaker #1
parce que vous lui dites, je peux plus m'en sortir autrement pour m'occuper de ma mère, ou de mon père, ou de mon enfant, ou de mon frère, ma soeur. J'ai beaucoup travaillé sur ces sujets quand j'étais journaliste dans la presse féminine, et j'ai rencontré des adolescents, des enfants, c'est-à-dire des adolescents qui s'occupaient par exemple d'un père qui avait eu un accident, qui s'était fait renverser dans la rue et qui était en fauteuil roulant, et j'avais rencontré aussi des jeunes femmes. qui m'ont dit que toute leur jeunesse, elles se sont occupées de leurs grands-parents. Elles ont été des aidantes familiales dans les tâches les plus intimes parce que leurs propres parents travaillaient et n'avaient pas suffisamment d'argent, ne gagnaient pas suffisamment d'argent et pas suffisamment de revenus pour payer un peu les restes à charge des auxiliaires à domicile.
- Speaker #2
C'est un vrai sujet, l'arrêt maladie. C'est-à-dire qu'évidemment, moi, je ne le conseillerais pas de prendre un arrêt maladie pour accompagner son proche. Évidemment que dans les faits, c'est ce qui se passe parfois. Je pense qu'aujourd'hui, la nécessité, c'est de sensibiliser les aidants et aussi les employeurs à dire qu'il y a des dispositifs qui existent, qui sont posés par la loi, des congés par exemple, qu'on peut prendre. Et puis aussi de discuter avec son employeur pour trouver des solutions comme un aménagement du temps de travail. ou avoir le droit de partir plus tôt pour aller à un rendez-vous médical, etc. Il y a des dispositifs aujourd'hui dans des grandes entreprises qui existent, et puis aussi des politiques, on en parlera peut-être un peu plus tard, mais vous avez raison dans le sens où il y a 70% des entreprises aujourd'hui qui n'ont rien prévu pour leurs salariés aidants, et ça c'est un enjeu majeur des années qui viennent, que de savoir s'occuper de ces salariés aidants, qui sont généralement très loyaux. et qui ont besoin et envie de continuer de travailler.
- Speaker #0
De toute façon, on va vers une population française, et ils sont en train de passer de 4 millions de gens de plus de 80 ans, on va basculer à 6 millions de gens de plus de 80 ans en 2030, on est en 2026. Donc on a 2 millions de gens de plus de 80 ans qui sont en train d'arriver, et fatalement, il va y avoir une demande d'aidants considérable.
- Speaker #2
Tout à fait. Donc ça, ça pose plusieurs questions. La première, c'est celle du financement. Comment on fait pour financer ce qui se passe pour nos personnes âgées ? Absolument. Ce sera nous aussi un jour. Puis, comment on fait aussi pour que les personnes aidantes continuent de travailler ?
- Speaker #0
Pour que l'économie s'adapte au nombre d'aidants.
- Speaker #2
Exactement. Alors ça, je n'ai pas la solution à part dire que ça va être politique et qu'il va falloir s'attacher au sujet. Aujourd'hui, ce que je vois, moi, sur le terrain, c'est des personnes qui vieillissent. Il y a aussi... Alors, j'ai compris qu'aujourd'hui, on allait beaucoup parler des personnes vieillissantes, d'accompagner un proche qui vieillit. Mais il y a aussi toute la question du handicap, d'être maman et d'avoir un enfant porteur de handicap. Des familles monoparentales aussi, pour qui cette précarité va arriver très rapidement. On peut arriver très rapidement. On peut aussi devenir handicapé,
- Speaker #1
être par exemple mère de famille, devenir handicapé suite à un accident, etc. Et devoir élever ses enfants en étant soi-même handicapé, alors qu'on ne l'était pas. Voilà, bon, parler de mon ami, là.
- Speaker #0
d'accompagner leurs enfants qui sont handicapées tout au long du parcours de leur jeunesse.
- Speaker #1
Oui, moi j'ai rencontré des interviewées des femmes par exemple, qui étaient les dantes précocement d'un frère ou d'une sœur aussi.
- Speaker #0
Absolument. Alors Sigrid, à quel moment avez-vous pris conscience que vous étiez une aidante ?
- Speaker #2
Alors moi j'ai pris conscience que j'étais une aidante bien après mon expérience. A l'époque, si on m'avait dit « Sigrid, tu es une aidante » , J'aurais répondu, mais pas du tout, c'est complètement normal. C'est normal, c'est ma maman, donc c'est évident que je vais m'occuper d'elle. Et en fait, ça, c'est important quand même de se reconnaître soi-même comme aidant. Il y a aujourd'hui un aidant sur deux qui ne se reconnaît pas avec ce terme, qui considère qu'effectivement, c'est normal. Et ne pas se reconnaître comme aidant, ça pose une question qui est, si on n'est pas conscient de ce qu'on est, en fait, on reste seul. On ne peut pas aller demander d'aide.
- Speaker #0
Il y a un déclin aussi. Il y a un déclin de la forme, un déclin économique, un déclin social.
- Speaker #2
Effectivement, ça rejoint la question de la précarité, si on peut aller sur ce sens-là. Bien sûr. Alors la question de la reconnaissance de l'aidant, de se reconnaître soi-même comme aidant, c'est quelque chose qu'on porte. Je fais partie d'un collectif qui s'appelle le collectif Je t'aide, qui travaille beaucoup là-dessus. C'est se reconnaître comme aidant et puis aussi faire en sorte de lever le tabou. sur le fait d'être aidant, c'est-à-dire qu'il ne faut pas avoir honte d'être aidant. Ça peut arriver à n'importe qui, à n'importe quel moment.
- Speaker #1
Est-ce l'idée que quand on aime, on ne compte pas son temps, on ne compte pas tout court, jusqu'à l'épuisement, jusqu'au sacrifice ? Non, alors là,
- Speaker #2
je serais un peu plus modérée là-dessus, parce qu'évidemment, l'enjeu aujourd'hui, c'est d'éviter cet épuisement et aussi de savoir reconnaître les signaux faibles chez soi, mais aussi chez l'autre, puisque c'est en étant aidant aussi qu'on va repérer mieux. ces signaux faibles chez l'autre pour lui dire « Ah, tu ne sais peut-être pas, mais d'accompagner un proche, ça s'appelle être aidant. » Là, je sens qu'il y a quelque chose qui ne va pas. Est-ce que... Voilà, de poser la question. Pour moi, c'est très important et c'est ce qu'on fait aussi dans l'association et c'est ce que je fais aussi dans les entreprises pour y aller, pour lever le tabou autour de l'aidance, créer un dialogue et faire en sorte que les gens se reconnaissent comme aidants et osent lever le doigt pour dire à leur employeur qu'effectivement, ils sont aidants. et qu'ils auraient besoin d'un accompagnement par l'employeur. On dit aujourd'hui qu'on est 11 millions de personnes concernées par l'aidance. Ça correspond à 8 millions d'aidants actifs. Donc nous, qui concilions l'aidance avec le travail. Et il y a aussi un chiffre qui existe, qui est sûrement faux, mais quand même qui existe, c'est qu'il y aurait aujourd'hui 1 million de jeunes aidants. Et ça... C'est sûrement un chiffre sous-estimé. En fait, on pense aujourd'hui qu'il y a 3 à 4 aidants par classe au lycée, ce qui est énorme. Et en fait, là, la question de la reconnaissance aussi, se reconnaître comme aidant, c'est encore plus invisible. Quand on est jeune, on a plutôt envie d'être normal. Donc, en fait, on ne se reconnaît pas comme aidant et on veut se fondre dans la masse. Et ça aussi, le fait d'être invisible, ça crée... Donc, du coup, aussi une forte charge mentale et le fait de se sentir isolé. Aujourd'hui, il y a des associations qui font du super travail pour accompagner ces jeunes qui deviendront plus tard, en fait, les stagiaires, les apprentis, les jeunes.
- Speaker #1
Qui en font peut-être leur métier.
- Speaker #2
Exactement. En plus, pour moi, c'est important d'en parler parce que je les rencontre aussi dans les entreprises et souvent, eux, ils ne se rendent pas compte qu'ils sont aidants.
- Speaker #1
Non, moi je me rappelle avoir, pour une enquête que j'avais faite justement, rencontré des jeunes aidants qui rétrospectivement me disaient que le terme n'existait pas dans leur famille. On leur demandait de prendre en charge de s'occuper de leur père, de leur grand-mère, d'un frère ou d'une sœur. Et ils me disaient, je n'ai pas eu la même jeunesse que les autres. La même enfance même que les autres, parce que je rentrais de l'école, directement j'allais m'occuper de mon frère, de papa, de papi, de mamie, parce que mes parents comptaient sur moi le temps qu'eux-mêmes rentrent du travail. Ils ont joué le rôle d'objectif d'auxiliaire de vie en fait, à domicile. Ils n'avaient pas la même vie. Alors j'ai sur le plan scolaire comment ça se passait. Alors j'ai eu deux sortes de réponses. Je me rappelle qu'il y avait des jeunes qui disaient « j'ai une scolarité déplorable parce que c'était difficile de tout concilier » et d'autres qui me disaient « j'ai une très bonne scolarité parce que je ne sortais pas et je m'investissais justement dans le travail scolaire parce que c'était ça un peu mon échappatoire » .
- Speaker #2
L'aidant, c'est ça, c'est plein de singularités.
- Speaker #1
C'est plein de singularités. On ne se rend pas toujours compte qu'on est aidant. Moi, un jour, je me rappelle, j'ai discuté avec des aidantes et je leur dis « moi, je ne suis pas vraiment aidante parce que je m'occupe de tout l'administratif de ma mère, mais c'est tout » . Et on m'a dit, mais si tu es aidante, parce que c'est du temps, la banque, la mutuelle, les impôts, payer les médecins, toute cette paperasse que tu fais à distance, c'est déjà de l'aidance.
- Speaker #2
Il y a aussi cette notion de régularité dans l'aide qu'on apporte qui fait qu'on est aussi aidant, même si on n'est pas sur place et qu'on n'assure pas les gestes du quotidien.
- Speaker #1
Un jour, je parlais avec une jeune femme qui m'expliquait qu'elle s'occupait de son beau-père qui était à domicile, qui était handicapé. Elle me disait que c'est son mari qui lui avait demandé « occupe-toi de papa » , etc. Parce que c'est ton métier, elle travaillait, elle était auxiliaire de vie elle-même, donc à domicile, elle pouvait bien s'occuper du papa. C'était elle, en tant que belle-fille, de s'en occuper. Le fils avait dit « oui, c'est mon père, mais c'est toi qui vas t'en occuper » . Je trouvais que quand même, là... Je ne sais pas, qu'est-ce que vous en pensez, vous ?
- Speaker #2
Alors moi, je n'en pense rien. Les histoires de fratrie et de famille, c'est toujours... De qui s'occupe de qui souffre. C'est l'aîné qui s'en occupe. Oui, j'ai remarqué ça aussi. C'est une fille, c'est encore mieux.
- Speaker #1
Et celle qui habite à côté, c'est volontaire désignée d'office. Est-ce qu'on peut continuer à faire carrière et même à travailler, tout simplement, quand on est aidante ? Parce que là, on l'a vu encore la dernière fois dans notre dernier épisode, le monde du travail n'est quand même... Patente souvent pour les femmes, on l'a vu dans notre épisode 36 avec Lucille Quillet, être aidante familiale en plus, c'est une grosse charge mentale. Et d'après votre expérience, est-ce que les femmes disent à leurs employeurs qu'elles sont aidantes, pour expliquer par exemple une indisponibilité chronique, ou comme vous-même vous le racontiez tout à l'heure, est-ce qu'elles le cachent ? Et avant de vous laisser la parole, je voudrais citer un livre qui m'a beaucoup marquée, il y a quelques années que vous avez sûrement lu, c'est celui de Nathalie Lévy. qui est journaliste et qui, je l'avais interviewée il y a plusieurs années, elle avait publié un livre qui s'appelle Courage au cœur et sac au dos. Elle avait raconté son rôle d'aidante auprès de sa grand-mère. Elle était journaliste européen. Elle n'avait pas dit à la direction de la radio qu'elle était aidante et que tous les jours, elle allait s'occuper de sa grand-mère, Rosine, qui devait avoir 94, 95, 96 ans, quelque chose comme ça.
- Speaker #2
Ça fait beaucoup de choses. Alors si on veut parler cash, justement, Pour reprendre vos termes, s'il y a une indisponibilité chronique de la personne, évidemment, il faut revoir ce qui se passe. Parce qu'évidemment, si on n'est pas disponible, on ne peut pas continuer de travailler. Ça, c'est clair. Maintenant, il y a peut-être des moyens de revoir sa manière de travailler, de poser différents congés. Il y a quand même des congés qui existent pour s'occuper de son proche. Demander un aménagement de travail ou, suivant sa situation, changer de job. Carrément, parce qu'en fait, quand on accompagne un proche et qu'on n'est pas disponible, pourquoi on n'est pas disponible ? Parce que souvent, il n'y a personne pour accompagner son proche ou pour être à la maison. Et comme c'est le plus petit salaire qui arrête de travailler, très souvent, c'est la femme. Donc, je dirais qu'il faut revoir sa manière de travailler et surtout dire aussi qu'il y a 30% des aidants. qui sont obligées de réduire leur temps de travail ou même d'arrêter de travailler. Ce qui est beaucoup et certaines n'ont pas le choix. Oui,
- Speaker #1
ça pose la question des ressources et des revenus.
- Speaker #2
Exactement. Donc, elles n'ont pas le choix parce qu'elles n'ont pas de solution. Mais ça, ça nous rapproche quand même aussi de la précarité parce que toucher des aides, ça va un temps. Il y a aussi les familles monoparentales. Alors là, on cumule les difficultés quand on est femme. solo. Et vous m'avez posé la question de voir s'il y avait des femmes qui avaient sacrifié leur carrière pour prendre soin d'un de leurs proches. Alors nous, on en voit dans l'assaut tous les jours des femmes qui ont dû arrêter de travailler pour accompagner leurs proches et qui, au moment de reprendre le chemin du boulot, nous disent « je ne sais rien faire » ou alors « c'est un trou dans mon CV » . Ou pire, on a une bénéficiaire qui nous a dit « moi j'ai honte, j'ai honte d'en parler » . Donc, ça pose tout un...
- Speaker #1
Parce que ce n'est pas très vendeur, ce n'est pas très sexy de se dire, oui, j'ai arrêté de travailler pendant un an, deux ans, trois ans, quatre ans pour m'occuper de mon mari, de ma mère, de ma grand-mère.
- Speaker #2
Alors, c'est sûr que ce n'est pas sexy, mais en même temps, on n'a pas le choix et on valorise aussi l'idée de notre association. C'est de dire qu'on développe des compétences et des qualités en tant qu'aidant. qui sont super et qui vont de toute façon être de plus en plus demandées dans le monde de l'emploi demain. Donc on les accompagne. On a sans des exemples, quoi par exemple,
- Speaker #1
quel soft skill ?
- Speaker #2
L'adaptabilité.
- Speaker #1
L'adaptabilité.
- Speaker #2
Le fait d'être patient, d'être résilient, d'avoir le sens de l'équipe aussi. Et puis après pour les compétences.
- Speaker #0
La régularité, parce que ça nécessite quand même beaucoup de rigueur, beaucoup de régularité. il s'agit de de donner des médicaments à des heures plus fixes, de fixer des rendez-vous médicaux à des heures précises, avec des temporalités organisées et respectées.
- Speaker #2
Tout à fait. Vous voyez, on devient des super chefs de projet.
- Speaker #0
Absolument. Des chefs de projet, oui, c'est ça.
- Speaker #1
Tu peux avoir des quatre entreprises parce qu'on est employeur en même temps.
- Speaker #0
Alors là, on s'en sert de l'argent aussi. Il faut être un super DRH et connaître les lois. Alors,
- Speaker #2
vous voyez, c'est pour ça que d'être adaptable, c'est une vraie qualité. Et typiquement, nous, ce qu'on fait dans l'association, on a lancé un parcours pour aider justement les aidants à reprendre confiance en eux et à identifier leurs compétences et leur qualité d'aidant. Et on les aide à reconstruire un projet professionnel. Et on a de très bons résultats. Et je suis très fière de ce qu'on fait dans l'association dans ce sens, parce que ça permet à des personnes qui arrivent en disant « moi, je ne sais rien faire » de repartir avec des pistes de solutions d'un projet professionnel. ou alors même de reprendre leur emploi dans leur précédente boîte ou dans leur entreprise, en étant capable de dire ce qu'elles souhaitent à leur employeur. Parce qu'évidemment, il y a aussi une idée de posture en tant qu'aidant et de demande à formuler auprès de l'employeur. Donc ça aussi, c'est très important pour nous, pour l'association. Et je pense que ça va être de plus en plus valorisé justement dans les entreprises que d'accompagner un proche. et d'avoir développé toutes ces compétences.
- Speaker #0
C'est-à-dire qu'il y a des entreprises qui ont besoin, je prends un exemple de téléprospecteurs, de gens qui sont capables de gérer à distance un temps de travail. Parce qu'il y a toute une économie maintenant des travailleurs indépendants qui est absolument extraordinaire et qui peut permettre à ces aidants de revenir dans le monde du travail sans forcément retourner en entreprise, mais travailler à distance notamment.
- Speaker #2
Vous avez raison, l'idée de travailler à distance s'est très souvent demandée puisque en fait on n'est pas forcément disponible. pour être au bureau de telle heure à telle heure, parce qu'il y a des rendez-vous, parce que...
- Speaker #0
Parce qu'il y a des imprévus. C'est la vie.
- Speaker #2
Et effectivement, le télétravail peut être une solution et aussi une adaptation des horaires.
- Speaker #0
Absolument.
- Speaker #2
Et on sait aussi qu'il y a certains secteurs d'activité qui sont très demandeurs, en fait. C'est indépendant. Personne.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #2
Et qui pourraient aussi attirer ces talents.
- Speaker #0
Absolument. Qui peuvent même créer des talents. Chez les dents, il y a un engagement inconditionnel. Et qu'est-ce qu'on demande aujourd'hui dans les entreprises ? De la fiabilité, de l'engagement,
- Speaker #1
des gens sur qui on peut s'appuyer, à qui on peut faire confiance aussi.
- Speaker #0
Aujourd'hui le travail, alors que quand on a affaire à un aidant qui a besoin de travailler et qui a fait la démonstration par son adaptation à ce nouveau statut, on peut lui faire confiance énormément.
- Speaker #2
On peut lui faire confiance. Là où je rejoins votre idée, c'est de dire que quand on est aidant, on a besoin de flexibilité. et d'adaptation aussi des horaires. Et qu'à partir du moment où l'entreprise est prête à accorder ça, c'est gagnant-gagnant.
- Speaker #0
Mais c'est gagnant-gagnant, bien sûr.
- Speaker #1
Il y a un autre talent auquel je pense un talent d'aidant, c'est la capacité à trouver de l'information. Parce qu'il faut se retrouver dans le maquis de tout ce qu'il faut savoir pour l'organisation du quotidien de la personne aidée. Donc, des talents de documentariste.
- Speaker #2
Exactement, de chercher de l'information, de se tenir au courant,
- Speaker #1
de faire de la veille. On développe des talents de journaliste sans le savoir parce qu'il faut se tenir au courant, il faut chercher de l'information rapidement.
- Speaker #2
D'aller chercher l'information au bon endroit.
- Speaker #0
Alors comment intervenez-vous dans les entreprises pour qu'elles reconnaissent les aidants, pour éviter que des salariés, des collaborateurs en arrivent à cacher leur statut d'aidant à leur management pour ne surtout pas être pénalisé dans l'évolution de carrière ?
- Speaker #1
Je vous ai parlé du congé proche aidant tout à l'heure. Vous pourriez un peu développer ça pour savoir si ça marche, comment ça se passe ?
- Speaker #2
Ça ne marche pas le congé proche aidant aujourd'hui. Le congé proche aidant, ça permet de réduire son activité ou de s'arrêter de travailler pendant un temps. Mais en fait, justement, c'est très limité en termes de durée et en termes d'indemnisation. Donc en fait, ça fait que personne n'a envie de le prendre. Parce que c'est très mal réglé. Voilà, c'est perdre beaucoup en salaire. Et c'est la raison pour laquelle, si l'entreprise ne maintient pas le salaire dans sa totalité, en fait, personne ne le prend. Les entreprises qui aujourd'hui ont saisi le sujet et qui ont mis en place des politiques qui sont adaptées aux salariés aidants, dans leur politique handicap, dans la politique qualité de vie au travail, proposent des dispositifs et des solutions comme l'aménagement du temps de travail, la flexibilité des horaires et le don de jour. Il y a pas mal de dispositifs. Le don de jour, collègue. Le don de jour, ça permet... Ah,
- Speaker #1
les dons de jour ! Oui. On donne des jours. Exact. On donne ces jours de congés ?
- Speaker #2
Exactement. pour une personne qui en aurait besoin justement pour accompagner son proche. Il y a quand même des dispositifs qui existent aujourd'hui dans l'entreprise. Le télétravail n'est pas forcément une solution parce que dans télétravail, il faut travailler. Et en fait, d'accompagner, d'avoir son proche à côté de soi, ce n'est pas forcément une bonne...
- Speaker #1
C'est comme travailler avec des enfants à côté parfois. En revanche,
- Speaker #2
ça peut être une très bonne idée. Par exemple, la Poste le fait. de donner cette possibilité d'aller télétravailler chez son proche pendant un temps donné, justement pour faire en sorte d'assurer un roulement entre les personnes ou d'accompagner pendant un temps donné. Donc tout ça, de la même manière, s'adapte en fonction de la situation du proche. Et les entreprises qui font ça luttent contre l'absentéisme, favorisent du coup la qualité de vie au travail des personnes aidantes. Et je pense que tout ça, c'est très positif. Et quant à moi, je pense qu'on peut s'adapter, c'est-à-dire que toutes les entreprises pourraient s'adapter. Pas seulement les grands groupes et les grosses entreprises, ce que vous disiez, par exemple, les gens qui travaillent derrière un bureau. Je pense qu'à partir du moment où il y a de la bonne volonté de l'employeur, on peut trouver un cadre et des moyens pour faire en sorte que l'aidant continue de travailler aussi, dans de bonnes conditions, bien évidemment.
- Speaker #1
Parfois, je me dis qu'il faut avoir eu des parents très âgés, des grands-parents Alzheimer. avoir eu un accident qui a laissé quelqu'un handicapé dans sa famille, pour comprendre ?
- Speaker #2
C'est sûr que dans les entreprises dans lesquelles j'interviens, si le manager a vécu une situation où l'employeur... L'expertise. C'est clair que c'est beaucoup plus facile de faire de la sensibilisation et aussi de mettre en place des plans d'action qui sont adaptés aux salariés aidants, c'est sûr.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Alors, juste deux, trois mots quand même sur vos interventions dans les entreprises pour qu'elles reconnaissent les aidants. De quelle manière vous aidez une entreprise à comprendre ce sujet ?
- Speaker #2
Les interventions en entreprise commencent souvent par faire, je fais très souvent des conférences en entreprise, de sensibilisation en fait, pour expliquer ce que c'est d'être aidant ou aidante, et expliquer les enjeux, expliquer ce qui se passe, vraiment incarner le sujet. Cette sensibilisation, elle sert à justement lever le tabou et puis créer un dialogue. Et ça, c'est super intéressant parce que ça permet ensuite de créer un échange dans la salle pour justement échanger les expériences et voir un peu qui se sent concerné et ce qu'on pourrait faire aussi pour faire avancer l'entreprise. Et ça, c'est mon deuxième pan d'activité, c'est d'aider les entreprises, donc les RH, à diagnostiquer, faire un audit de ce qui se passe dans leur structure et de les conseiller sur quelles seraient les solutions. qui sont adaptés au secteur d'activité et aux besoins des collaborateurs. Et ça, à partir du moment où ça fonctionne, en fait, c'est gagnant-gagnant, c'est-à-dire que le collaborateur se sent mieux pour travailler, parce qu'il en aura parlé et se sentira dans un cadre plus sécurisé, on va dire.
- Speaker #0
Il est plus compris en tout cas, il est mieux compris.
- Speaker #2
Exactement. Et ça demande aussi derrière à former les managers sur le sujet, sur la posture à adopter. sur les dispositifs qui existent et de dire au manager, voilà, il y a un cadre qui existe, certain en gros, et de lui dire aussi, personne n'est seul. C'est-à-dire que dans l'entreprise, il y a aussi des interlocuteurs qui connaissent les dispositifs qu'on peut mettre en place, les personnes à appeler, etc. Donc moi, j'interviens là-dessus et vous voyez depuis le début, en fait, ce que j'essaye d'expliquer, c'est moi, j'aimerais créer un cercle vertueux autour de l'aidant actif, c'est-à-dire qu'on le comprenne mieux. qu'on l'écoute, qu'on le soutienne. Et qu'on ne lui dise pas, par exemple,
- Speaker #1
avec un soupir excédé, écoute, on a tous nos problèmes. Ça, c'est ce genre de réponse.
- Speaker #2
Moi, je ferais volontiers le parallèle aussi avec le handicap, avec les politiques handicap qui ont mis du temps à s'installer.
- Speaker #0
Tout le temps, malheureusement.
- Speaker #2
Et là, j'espère que les aidants seront les prochains concernés. dans les entreprises.
- Speaker #1
Il y a aussi toutes celles qui ne se reposent jamais parce qu'en fait elles profitent du week-end pour s'occuper de tout ça, souvent pour prendre le train, pour aller voir la personne aidée qui n'habite pas forcément à côté. C'est des vies compliquées.
- Speaker #2
On dit qu'en moyenne, on accompagne 9h par semaine son proche. En fait, 9h,
- Speaker #1
c'est une journée de travail.
- Speaker #0
Quand on est aidante, on consacre minimum 9h. Alors, ce n'est pas minimum, c'est moyenne. D'accord, c'est moyenne générale.
- Speaker #2
Il y a des personnes qui aident beaucoup moins par semaine et puis d'autres qui s'en occupent à plein temps. Mais j'aime donner ce chiffre parce que quand on est en entreprise, on voit bien ce que ça donne. Si on est à temps plein, on travaille cinq jours. Une sixième journée consacrée finalement à ce qu'on doit faire pour son proche, ça pose la question de sa santé et qu'elle soit mentale ou physique. Et ça, généralement, quand on est aidant, c'est ce qu'on laisse de côté. On ne s'occupe plus de soi. Et ça, c'est une vraie question. D'ailleurs,
- Speaker #1
on en parlait tout à l'heure. J'avais lu des chiffres assez effarants sur le fait qu'il y avait un nombre important d'aidants qui décédaient avant la personne aidée. Certains, ils laissent leur santé, même leur vie. Alors, quand on n'arrive plus à concilier travail et aide à son proche aidé, malgré toutes les aides possibles qui existent et qui sont sans doute insuffisantes, on peut être tenté de quitter son travail pour devenir la salariée de son proche aidé. Qu'est-ce que vous en pensez ? Et ça se passe comment ?
- Speaker #2
Alors d'abord, je ne pense pas qu'on soit tenté de quitter son travail. C'est plutôt qu'on n'a pas le choix.
- Speaker #1
Quand on n'a pas le choix, oui.
- Speaker #2
Et ça, en fait, ce n'est pas forcément envisageable. Et moi, ce que je vois surtout, c'est la précarité financière dans laquelle on peut rapidement tomber quand on est aidant. Ça, je vous parle d'expérience et ce qu'on voit dans l'association. La promotion qu'on a accompagnée au mois de décembre. il y avait quand même 50% des personnes qui allaient rentrer dans une précarité à partir du mois de janvier parce que justement toutes les aides allaient s'arrêter. Donc il y a un vrai sujet par rapport à ça, par rapport au maintien des allocations, par rapport aux RSA, par rapport aux aides différentes qu'on peut donner. Et devenir le salarié de son proche. Par exemple,
- Speaker #1
est-ce qu'on peut devenir aidante salariée de sa mère, de sa grand-mère ?
- Speaker #2
Oui, on peut le faire. Il y a effectivement un dispositif qui existe, mais ça dépend de tellement de facteurs que je ne pourrais pas rentrer dans les détails. Oui, ça existe. Il faut bien se poser la question avant de savoir de quoi on a besoin, de faire ses comptes justement pour voir de quel budget on a besoin. Et puis de voir de quoi ça nous coupe, socialement aussi. Parce que d'être salarié de son proche, ça veut dire finalement ne plus voir forcément, enfin s'isoler, ne plus voir son proche, etc.
- Speaker #1
De vie sociale, professionnelle. J'ai vu aussi qu'on ne pouvait pas devenir l'aidant de salarié de son mari, de son partenaire.
- Speaker #2
C'est tellement lié au profil du proche aidé. que c'est compliqué d'avoir une réponse succincte.
- Speaker #1
Parce que j'imagine que pour le mari, par exemple, on s'est marié pour le meilleur et pour le pire, donc on ne va pas devenir le salarié...
- Speaker #2
La salariée aidante !
- Speaker #1
Non mais je crois qu'il m'a semblé voir que c'était la loi, qu'on ne pouvait pas être salarié de son mari comme salarié aidante. A vérifier, mais je crois avoir vu ça.
- Speaker #0
Vous avez créé une asso, aidant et bien plus, une communauté d'entraide, entraide d'actifs, Comment les aidants peuvent s'aider entre eux concrètement ?
- Speaker #2
Alors concrètement, ce que je ne sais pas moi, peut-être que vous, vous le savez. Et inversement, on peut peut-être s'échanger justement des trucs et astuces sur comment je fais pour remplir mon dossier. Est-ce que tu sais où je peux trouver de l'aide ? Plein de trucs et astuces qu'on ne connaît pas. Et justement, là, c'est d'une grande aide en fait de se soutenir. Et puis surtout... On a créé cette association pour créer du lien, parce qu'en fait, il y a tellement de personnes qui sont isolées, qui n'ont personne à qui parler. Et on sait qu'en fait, le plus important, c'est s'écouter, en fait, se soutenir en s'écoutant. Dire que chez nous, il n'y a pas de yaka, faux con. L'idée, c'est de s'écouter. Et généralement, ce sont des profils qui se ressemblent. Alors, tout à l'heure, je disais, évidemment, on est tous singuliers par rapport à nos situations. En revanche, on a quand même souvent des ressemblances. qui permettent de créer de la connivence et puis de la réelle écoute et du soutien.
- Speaker #1
Oui, ce n'est pas la même chose d'être l'aidante de son enfant handicapé ou qui a une maladie chronique et de sa mamie qui a un début d'Alzheimer.
- Speaker #2
C'est ça. Et pourtant, nous, on a commencé par une communauté privée sur Facebook qui existe toujours, qui s'appelle Communauté Aidant et Bien Plus. Et en fait, les aidants, n'importe quel aidant, arrivaient sur notre communauté dans cette idée-là de partager son vécu, son expérience et de voir comment on pouvait se soutenir. Donc ça pour nous, c'était un très bon premier signe parce que ça voulait dire qu'on répondait à un besoin social qui n'existait pas encore.
- Speaker #1
Oui, je crois que les personnes concernées ont besoin de parler à des gens qui leur ressemblent, qui vivent les mêmes choses, parce qu'ils se disent, quelqu'un qui est placé dans ce genre de situation, qui parfois confie à l'absurde, qui peut me comprendre finalement. Et même d'en rire ensemble, parce qu'il y a des moments où on peut rire de tout et ça fait du bien.
- Speaker #2
Je suis tout à fait d'accord avec vous Corinne, c'est pour ça qu'on s'appelle Aidant et bien plus, parce qu'on est bien plus que des aidants. et que justement, on est des hommes, des femmes, on travaille ou pas, on a des hobbies, on est des gens complets. Et je pense que vous avez compris que tout ce que j'essaie de faire, c'est aussi d'une manière positive pour faire changer aussi le regard des personnes sur le fait d'être aidant. Oui, c'est très triste, il y a des situations très compliquées, mais n'empêche qu'on est aussi des personnes qui avons plein de choses à dire, à avancer. Tout à l'heure, je vous parlais de la valorisation de nos compétences et de nos qualités. J'y crois très fort. Je pense qu'on peut être tout à fait un atout dans la société aujourd'hui.
- Speaker #1
En tout cas, si DRH nous écoute, j'espère que ça va leur ouvrir des horizons, si leur horizon n'était pas déjà ouvert de ce côté-là.
- Speaker #0
Messieurs, Mesdames, les DRH.
- Speaker #1
Voilà. Il y a une question qu'on se pose souvent quand on doit devenir l'aidante d'une ou d'un proche. Comment est-ce qu'on chiffre de quoi ce proche va avoir besoin alors qu'on n'a aucune expertise sur la question ? Je vous laisse la parole, mais là, rien que pour moi, pour voir, j'ai fait une petite liste de tous ceux dont on a besoin. Vous voulez que je vous les lise ? Oui, allons-y !
- Speaker #2
Alors, allons-y !
- Speaker #1
Aide au ménage, aide aux courses, aide à l'entretien du linge, repas, aide pour sortir se promener, aide à la toilette, télésurveillance. télésurveillants, je pense par exemple à... Voilà. Non mais tout le monde ne sait pas ce que c'est, Thierry. C'est avoir par exemple un médaillon ou un pendentif, un bracelet sur lequel on peut appuyer en cas de chute, etc. Il faut y penser. Accompagnement aux soins en tout genre, lit médicalisé, douche spéciale, fauteuil roulant, équipement toilette spécial. Et j'en oublie sûrement. Alors, comment on budgete tout ça et qui peut aider ? Parce que j'imagine que les aidantes novices, elles sont noyées sous l'organisation. Parce que souvent, On ne l'a peut-être pas dit assez, enfin, je crois que je l'ai dit dans l'intro, mais souvent, ces situations, ça arrive brusquement.
- Speaker #0
Absolument.
- Speaker #1
Un accident, un AVC. Brusquement. C'est brusquement. C'est que le jour au lendemain... C'est l'indépendance. C'est l'indépendance. Il faut organiser tout ça. On n'y connaît rien. On n'est pas expert de la question. Et voilà.
- Speaker #2
Alors, non seulement noyé par l'organisation, ce que vous décriviez tout à fait, mais aussi sous la paperasse.
- Speaker #1
Oui, la paperasse.
- Speaker #2
Alors ça, la paperasse.
- Speaker #1
C'est aussi à remplir.
- Speaker #2
Alors, j'ai deux chiffres à vous donner. C'est qu'il faut savoir que 50% des aidants contribuent à soutenir financièrement leurs proches, alors qu'il y a 9 aidants sur 10 qui ne perçoivent aucune contrepartie financière par rapport à leur engagement. Et pourquoi ? C'est parce que justement, il y a beaucoup trop de paperasse, c'est très compliqué, et qu'en fait, les personnes préfèrent abandonner carrément. plutôt que de remplir les dossiers et d'avancer. Et puis, c'est aussi une surcharge mentale. Là, vous évoquiez tout ce que vous faisiez. Il y a aussi cette surcharge mentale. Ça pèse aussi et parfois, on préfère ne pas faire. pour justement se préserver.
- Speaker #1
Mais en même temps, comme on disait tout à l'heure, vous le disiez, on n'a pas le choix. Alors comment faire ? Parce que des fois, on n'a pas le choix.
- Speaker #2
Non, on n'a pas le choix. Je suis d'accord. C'est pour ça qu'il faut essayer de s'organiser au mieux, tout en s'occupant tant bien que mal de soi. Et nous, le message aussi qu'on passe, c'est qu'évidemment, essayer d'alléger sa charge mentale, ce n'est pas si facile. Mais même si ça commence par cinq minutes par jour, de prendre un temps de recul pour soi, faire une méditation ou juste regarder une fleur dans son jardin, déjà c'est bien. Donc ça, c'est pour la surcharge mentale. Et pour revenir sur le sujet du budget, je dirais que la première chose, c'est de poser justement son budget, le sien et aussi celui de son proche. Parce que tout ça, c'est important de voir toutes les aides dont on peut disposer. Le montant de la retraite de son proche. La pension. Exactement. Et de voir ensuite tous les coûts qui sont...
- Speaker #1
Il y a peut-être des économies, un livret A, un LDDS, son nouveau nom. Il y a peut-être une assurance-vie. Il y a peut-être d'autres ressources que la pension et la location.
- Speaker #2
Donc ça, vous voyez, c'est plutôt des coûts directs. Et aussi, c'est finalement... Assez simple à faire, mais n'empêche qu'il faut oser poser les choses et puis voir aussi les coûts cachés que ça peut avoir. Par exemple, arrêter de travailler, c'est un coût.
- Speaker #1
Ben oui.
- Speaker #2
C'est un coût aussi par rapport à sa santé. Et ça se retrouve.
- Speaker #1
Parce que si on arrête de travailler, si on travaille à mi-temps, si on se met à mi-temps, on porte atteinte directement à sa future retraite pour son proche, donc pour soi-même. C'est-à-dire que pour son proche, on met en danger sa future retraite.
- Speaker #2
Et en plus, quand on doit attendre des années, par exemple, il y a cinq ans d'attente pour une entrée en IME pour un enfant en situation de handicap. Donc là, si on n'a pas de solution, on est bien obligé de travailler. Comment faire ? Ça, c'est une véritable question. Après se pose la question de l'interlocuteur. L'interlocuteur à qui on peut demander un coup de main pour nos accomplices.
- Speaker #1
Aidez-nous, aidez-nous.
- Speaker #2
Voilà, c'est ça.
- Speaker #1
Alors,
- Speaker #2
sur cette question, moi, je dirais au plus simple, c'est-à-dire au plus proche de chez soi. Ça peut commencer par l'assistante sociale de l'hôpital dans lequel est soignée votre proche. Ça peut passer par la mairie. Tout à l'heure, vous l'évoquiez, le CCAS. Il y a des plateformes de répit aussi à qui on peut s'adresser. Et puis, il ne faut pas oublier aussi sa caisse de retraite, parce que très souvent...
- Speaker #1
La sienne et celle de l'autre, si la personne est âgée.
- Speaker #2
Les mutuelles. Exactement. Il faut aussi regarder tous les contrats souscrits par notre proche et puis aussi les nôtres.
- Speaker #1
Alors là, je crois qu'on met le doigt sur un sac de neuf, parce que Quand vous devez, par exemple, chercher des papiers, justement, connaître les ressources, la mutuelle, de la personne aidée, de mamie, qui est mal organisée, qui perd un peu la tête, qui ne peut pas nous dire où c'est, et si on lui pose des questions, qu'il se met à glapir, qu'est-ce qu'il y a ? Dans ce cas-là,
- Speaker #2
faisons simple, Corinne, déjà, appelez votre propre caisse de retraite. pour voir les dispositifs ou les solutions qui sont peut-être envisageables. Alors après, évidemment, tout ça, c'est très cadré, c'est-à-dire qu'il y a des conditions à remplir, mais ça peut être une très bonne solution au départ, justement, par exemple pour aménager la salle de bain, pour faire des travaux, pour voir s'il y a des aides financières qu'on peut débloquer. Tout ça, c'est intéressant. Donc, il ne faut pas oublier non plus de les appeler pour voir ce qui est possible. Voilà, là, ça fait quand même des bonnes pistes d'interlocuteurs. Et surtout, il faut aller envers quelqu'un qui a une confiance. Et ça aussi, dans l'entreprise, en principe, il y a la RH ou la mission handicap ou différents interlocuteurs. Dans les grosses boîtes. Exactement. À qui on peut poser la question. Des dispositifs qu'on peut actionner au sein de l'entreprise. Et puis aussi, par le biais de sa caisse de retraite. Évidemment, ce n'est pas le rôle de l'entreprise de tout prendre en charge. Donc, c'est à nous aussi de chercher les infos.
- Speaker #1
Ce que je disais tout à l'heure, c'est qu'on fait un boulot journalistique, littéralement, quand on commence à partir en quête d'infos fiables.
- Speaker #0
Parlons des auxiliaires à domicile et de leurs coûts. Tout le monde n'a pas la volonté ou la force physique d'amener sa mère âgée aux toilettes, à la douche, lui faire la toilette. Combien ça coûte ? Et c'est d'ailleurs un futur marché considérable, étant donné le vieillissement de la population française et européenne aussi. Je pense que le problème, il commence par comment on la trouve.
- Speaker #1
Exactement. C'est le problème numéro un. Je pense qu'il y a plusieurs questions là-dessus. La première, c'est de laisser entrer quand même quelqu'un chez soi ou chez son proche. Ça pose la question de la confiance. La confiance. En qui ?
- Speaker #2
J'en ai une histoire comme ça, avec des mamies aidées qui refusent absolument toutes les oxygènes de vie et qui appellent la fille aidante pour lui dire « Votre mère ne veut pas que je rentre chez elle, je fais comment ? »
- Speaker #1
Voilà. Mais alors, moi, je parlais plutôt pour soi que de laisser son proche avec quelqu'un ou de laisser sa maison à quelqu'un. Moi, je donnerais plusieurs pistes. La première, pour chercher de l'info et trouver des auxiliaires à domicile ou en tout cas des structures, il y a un site qui s'appelle « Ma boussole aidant » , qui est un site d'informations et de conseils qu'on peut consulter.
- Speaker #2
Alors, « Ma boussole aidant » , au pluriel.
- Speaker #1
« Ma boussole aidant » , exactement. Ça, c'est rapport aussi à la question précédente. Et après, pour le coût de l'auxiliaire de vie, Alors évidemment, je vais vous donner des chiffres, mais ça correspond à une situation donnée et c'est pour vous donner un ordre.
- Speaker #2
Un ordre de grandeur.
- Speaker #1
Bien évidemment. C'est à peu près 30 euros de l'heure. 30 euros de l'heure pour une personne qui est en GIR 3 ou 4. Donc ça veut dire quelqu'un qui est encore en relative autonomie. Pour l'auxiliaire de vie, donc à peu près 30 euros de l'heure, auquel il faut déduire du coup l'aide du département. Et il va y avoir un reste à charge. et sur lequel il y aura un crédit d'impôt. Donc, en fonction du nombre d'heures qui seront utilisées pour avoir cet auxiliaire de vie, évidemment, ça peut vite peser sur un budget ou sur le montant de la retraite de son proche.
- Speaker #2
J'avais fait aussi des calculs un peu de mon côté. S'il reste, par exemple, toute déduction faite, etc., 1 000 euros à charge, et que la personne fait partie de, par exemple... Ces mamies qui ont travaillé avec leur mari et qui n'étaient pas déclarées, etc. Donc, une toute petite retraite parce qu'elles n'ont pas assez cotisé. Alors, qu'est-ce qui se passe là ? C'est aux enfants, donc, de payer le reste à faire ?
- Speaker #0
Quelqu'un doit payer, alors là.
- Speaker #2
Quelqu'un doit payer. Il y a, par exemple, un enfant unique, une fille unique, tout repose sur ses épaules. Si sa mère n'a pas d'autres ressources.
- Speaker #1
Là, effectivement, c'est d'autres mécanismes qui se mettent en place. Il y a des histoires comme ça, j'en entends beaucoup, c'est sûr. Il y a aussi la solidarité familiale qu'on doit à ses proches. En tout cas, pour l'auxiliaire de vie. J'aimerais aussi rebondir sur votre deuxième partie de phrase, c'est-à-dire qu'évidemment, il y aura des gros besoins à l'avenir, parce qu'on va tous vieillir et que du coup, on va rester jeunes le plus longtemps possible. Et aussi de maintenir les personnes à domicile le plus longtemps possible. Après, je ne suis pas sûre que le marché soit vraiment juteux pour les entreprises qui s'occupent de ça, parce qu'il y a beaucoup d'acteurs déjà sur le marché, qu'ils soient associatifs ou privés. Oui, c'est un peu la même chose en ce moment pour
- Speaker #2
Petit Fils.
- Speaker #1
Et en fait, pour revenir à la confiance que j'évoquais en tout premier dans cette partie de conversation, c'est l'idée de dire que toutes les entreprises ou toutes les structures ne proposent pas le même niveau de qualité de service. Par exemple, je connais bien le fonctionnement de l'ADMR, qui est un fonctionnement associatif, et qui forment ces auxiliaires de vie, qui fait en sorte de les former de manière continue, qui vérifie les diplômes lors de l'embauche et qui assure une continuité de service aussi. Et je pense que le principal problème ne sera pas tant le nombre de personnes qui vont vieillir, mais le problème, il sera qui va être recruté et comment on va faire pour valoriser les métiers du soin. pour qu'il y ait des auxiliaires de vie. Parce que ça, aujourd'hui, on en manque cruellement. On n'arrive pas à recruter sur ces secteurs. Donc là, il va y avoir un souci à venir.
- Speaker #0
Il existe déjà. 100% des grandes structures françaises d'EHPAD ont leur école de formation. 100% des grandes structures de personnel de maintien à domicile ont des formations. Ils sont tous, du reste, à délivrer des diplômes. pour valoriser ce type de métier qui est un métier qui n'est pas extrêmement valorisé.
- Speaker #2
Ce qui valorise un métier, c'est l'argent aussi. C'est comme on est payé. Merci, c'est la fin de cet épisode. Merci Ciclidjo d'être intervenu dans notre spécial podcast pour nous parler des aidantes. Et merci encore à notre partenaire Exant, spécialiste de l'investissement dans la silver economy, à découvrir sur exant.fr. On espère que vous avez appris plein de choses sur les aidantes. une situation qui concerne, comme on l'a dit, 11 millions de Français. Si vous souhaitez en savoir plus, on vous recommande le livre Les aidants familiaux pour les nuls, de Marina Al-Rubae et Jean Ruch, et aussi Aidant ces invisibles du docteur Hélène Rossineau, que je vais interviewer il y a quelques années d'ailleurs. Et il y en a d'autres. Écoutez Plan Aidant, le podcast de Sigrid, et si cet épisode vous a plu, n'hésitez pas à le partager à partir de votre appli Spotify, Apple, Podcast, Deezer ou YouTube. On est toutes concernées. Parlez-en à vos copines, vos collègues, votre soeur, votre mère. Abonnez-vous à notre podcast et à notre newsletter directement sur le podcast pour être informé des mises en ligne des nouveaux épisodes. N'hésitez pas à nous laisser des commentaires et des étoiles pour nous donner encore plus de visibilité. Nos algorithmes aiment ça. Vous pouvez aussi retrouver les conseils de Thierry dans les livres qu'il a co-écrits « Les filles osant parler argent » chez Duneau et aussi « L'argent féminin » aux éditions Ellipse. Vous pouvez également nous contacter via LinkedIn et par notre compte Instagram. argent parlant cache les filles et on vous dit à bientôt pour un nouvel épisode