- Speaker #0
Allez, je tire 200.
- Speaker #1
Fric. Tune.
- Speaker #2
Pognon.
- Speaker #1
Oseille.
- Speaker #2
La moula.
- Speaker #1
Risby. Salaire.
- Speaker #2
Honoraires, primes,
- Speaker #1
pensions de retraite, livrets à héritage,
- Speaker #2
assurances vie, impôts, déduction, investir, bitcoin, crédit,
- Speaker #1
intérêts, SCPI, plan d'épargne action, PER.
- Speaker #2
Travailler, se marier, se paxer ou vivre en union libre. Fonder une famille, monter sa boîte, demander un crédit immobilier, se séparer, se remarier, changer de boulot, partir en retraite, hériter, devenir veuve. Autant de grandes étapes de la vie, mais aussi trop souvent d'occasions de s'appauvrir pour les femmes mal informées. Mais il n'est jamais trop tard pour se poser les bonnes questions sur sa situation financière et son patrimoine ou matrimoine, actuel ou à venir. Et tant qu'il en est encore temps, mettre en place des stratégies d'épargne et d'investissement pour éviter de se réveiller un jour fauché, voire surprenant. Spolier ! C'est ce que nous vous proposons chaque mois dans ce podcast avec nos experts invités. Si vous ne savez pas comment vous informer pour mieux vous occuper de votre argent, si ce que vous racontent les experts de la banque et de l'assurance entre autres vous paraît obscur, complexe, ce podcast est fait pour vous. Notre mission, vous aider à bâtir votre indépendance financière qui est la clé de votre liberté et vous aider à peser le pour et le contre avant de prendre une décision qui engueule vos sous Avec un regard de femme, de conjointe. de Mère sur l'argent. Je suis Corinne Colbergier, journaliste, et j'anime ce podcast avec Thierry Oaillon, gestionnaire de patrimoine et co-auteur de Les filles osant parler argent et l'argent au féminin. Merci à notre partenaire Exant, cabinet de conseil spécialiste de l'investissement dans la silver economy, à découvrir sur exant.fr. Et maintenant qu'on s'est dit tout ça, parlons cash les filles. Depuis le 9 avril, nous devons toutes remplir notre déclaration de revenus sur nos revenus de 2025. Dans notre épisode 17 sur les impôts des femmes, nous avions passé en revue quelques bons conseils et rappels pour ne pas faire d'erreur en déclarant ces impôts. Qu'on soit célibataire, mariée, paxée, en union libre, maman divorcée ou maman solo, on vous invite bien sûr à réécouter cet épisode. Et on continue à explorer la fiscalité des femmes avec Lise Chatin, chercheuse à l'université de Bourgogne. Lise est aussi professeure à l'université Bourgogne-Europe. Directrice du Master Droit Fiscal et co-directrice du Magistère de Droit des Affaires, c'est donc une experte des taxes en tout genre. Enfin, Lise a publié « Le sexe de l'impôt, l'impact de la fiscalité sur l'égalité entre les femmes et les hommes » . Un livre à la fois féministe et rigoureux, qui s'adresse aux professionnels du droit, aux économistes, et heureusement que j'ai fait des études de droit parce qu'il est dense. En tout cas, on est là au cœur du sujet qui nous passionne ici, l'argent des femmes. Bonjour Lise.
- Speaker #1
Bonjour Corinne.
- Speaker #2
Bonjour Thierry Wayon, mon complice de ce podcast.
- Speaker #0
Bonjour Corinne, bonjour Lise.
- Speaker #2
Et bonjour Léo Gulli à La Technique. Et merci encore à notre partenaire Exxante, spécialiste de l'investissement dans la silver economy, à découvrir sur exxante.fr. Et c'est parti. Le titre de votre livre, Le sexe de l'impôt, interpelle. Il fait écho à celui de Céline Bessières et Sybille Golak, Le genre du capital. On savait déjà grâce à ces deux sociologues que vous citez que l'héritage n'est pas égalitaire entre frères et sœurs. On découvre avec votre livre que les règles fiscales ne sont pas si neutres qu'elles en ont l'air et que certaines d'entre elles désavantagent les femmes au profit des hommes. Alors, pour commencer, parlons d'une mesure récente pour savoir si enfin l'égalité fiscale entre hommes et femmes a été rétablie. Depuis le 1er septembre 2025, le taux d'imposition individualisé est entré en vigueur pour tous les couples mariés ou paxés. Concrètement, cela signifie que ce taux remplace désormais le taux conjugalisé. par défaut qui s'appliquaient auparavant à monsieur et madame, quels que soient les revenus de l'un et de l'autre. Alors Lise, pouvez-vous nous rappeler ce que c'est que ce taux individualisé et ce qu'il change pour les femmes ?
- Speaker #1
Merci Corinne de me donner l'occasion de parler de ce combat que j'ai mené aux côtés de Marie-Pierre Hyssin pour changer ce fameux taux conjugalisé. Alors juste un petit retour historique, pas très loin en 2018. En 2018, c'était l'époque où on a commencé à parler de la mise en œuvre du PAS, le prélèvement à la source de l'impôt sur le revenu. Et à l'époque, tous les journaux économiques brissaient de controverses. Alors on a dit cet été que cette réforme allait être malheureuse à un triple titre. On avait des critiques d'ordre technique, économique, social. Technique, Bercy n'était pas prêt. Ce n'était pas tout à fait faux, il a fallu attendre un an pour que la réforme soit mise en œuvre. Économique, Eh bien, le net-net sur la feuille de paye allait être diminué. Net après les cotisations sociales, net après l'IR. Donc, ça allait faire chuter la consommation des ménages. Troisième argument, l'argument social, qui était que quand je vais négocier une augmentation de salaire avec mon employeur, il va connaître mon taux d'imposition. Donc, il va connaître les revenus a priori de mon conjoint, voire mes autres revenus. Et ça allait donc freiner toute augmentation de salaire.
- Speaker #2
Et ça ne le regarde pas, effectivement.
- Speaker #1
Tout à fait. Mais moi, dès le début, dès 2018, je me disais, mais le vrai problème, La vraie difficulté, elle n'est pas là. La vraie difficulté, c'est le taux. À quel taux va-t-on prélever les couples ? Parce que si on prélève au taux conjugalisé, celui qui gagne le moins va être prélevé à un taux largement supérieur à celui auquel il aurait été prélevé s'il avait été taxé seul. Donc, dès le début, j'avais écrit dans des revues juridiques qui ne portent pas... Bon, le Dallas, pour ne pas le citer, c'est pas très révolutionnaire. Ah,
- Speaker #2
souvenir, souvenir, il était de droit.
- Speaker #1
Tout à fait. Et donc, dès le début, j'ai dit, mais attendez, cette réforme est tout à fait unique pour celui ou celle qui gagne le moins. Et c'était d'autant plus unique que les termes étaient trompeurs. On parlait de taux personnalisés.
- Speaker #0
Absolument.
- Speaker #1
Alors qu'il était tout sauf personnalisé. Sachant que juste, on le sait, dans trois couples sur quatre, c'est la femme qui gagne le moins. Et on a, pour les femmes en couple, 40% d'écart de revenus. Donc, effectivement, on voit bien qu'elle était la... la cible que je visais dans mes écrits. Donc, une option existait. Dès l'origine, Bercy avait prévu une option, c'est-à-dire que je pouvais aller sur impôts.gouv.fr, cliquer, et choisir mon taux individualisé. Sauf que les chiffres fournis par Bercy montraient que très peu de personnes avaient opté, avaient cliqué sur ce taux individualisé.
- Speaker #2
Et donc... Par méconnaissance ?
- Speaker #1
Par méconnaissance, et puis c'est confusant en plus. Non, par désintérêt.
- Speaker #0
N'oubliez surtout pas que les femmes ont beaucoup moins d'appétence à gérer ces sujets d'argent à cause de leur charge mentale. Et ce n'est pas étonnant que même sur ces sujets, elle n'ait pas réagi, même si elle se retrouve à payer des impôts, on va dire, auxquels elles sont disproportionnées par rapport à leurs revenus. Absolument.
- Speaker #1
Tout à fait Thierry, je suis entièrement d'accord. Et d'ailleurs, vous citiez Sybille et Céline qui ont écrit Le genre du capital, avec lesquelles j'ai travaillé. Elles démontrent que quand il y a de l'argent, l'argent est géré par les hommes. Quand on est en période de pénurie, le manque est géré par les femmes. Et l'impôt, c'est l'argent. Déclarer ses impôts, c'est l'argent. Et donc, dès le début, j'ai écrit, et comme je travaille avec Marie-Pierre Hixien, je m'en suis ouverte, je me suis dit, Marie-Pierre, vraiment, ça ne va pas, ce taux dit personnalisé. Et donc, elle a déposé, dans le cadre du vote de la loi de finances pour 2023, un amendement, qui finalement a été accepté. Pourquoi ? Parce qu'au tout début, quand la question s'est posée, c'était encore Elisabeth Borne, qui était ministre, première ministre, et qui avait dit, OK, il y a une difficulté. l'amendement passera. Et donc, grâce à ce soutien politique, l'amendement finalement est passé. C'est-à-dire que dans le cadre du vote de la loi de finances pour 2024, on a introduit la réforme qui a changé la règle. C'est-à-dire que le taux de droit devient le taux personnalisé, le taux personnel à chaque membre du foyer, et à défaut, le taux conjugalisé. Donc, la loi de finances pour 2024 a introduit la réforme, c'est-à-dire qu'à compter du 1er septembre 2025, le taux de droit est devenu le taux... personnel à chacun et le taux conjugalisé est devenu le taux optionnel. On le voit bien, on a laissé quand même 18 mois au couple pour accepter l'idée. Mais si je peux me permettre, le diable est dans les détails, il y a deux écueils. Le premier, c'est que comment je calcule le taux individualisé, le taux personnel ? En fait, Versi calcule le taux sur la base de vos revenus personnels et de la moitié des revenus présumés communs. C'est-à-dire que quel que soit le régime matrimonial, on va présumer que les revenus patrimoniaux Les revenus fonciers, les revenus sur titre sont par définition communs.
- Speaker #2
Donc on va vous attribuer la moitié des revenus communs pour calculer votre taux. Ah oui d'accord, donc ça veut dire que si par exemple monsieur est propriétaire de logement, qu'il loue et puis encaisse des loyers, vous allez devoir participer.
- Speaker #0
Ils sont considérés comme des revenus patrimoniaux.
- Speaker #2
Et donc on va en prendre la moitié pour calculer mon propre taux.
- Speaker #1
Et le deuxième, alors c'est très technique le deuxième écueil, c'est que vous savez mais... que quand on a deux parts de quotient, on bénéficie d'une réduction d'impôt liée à la progressivité du barème. Et par le calcul du taux individualisé, celle qui gagne moins est taxée comme si elle était seule. Ça veut dire que c'est l'autre, celui qui gagne plus, qui bénéficie à plein des deux parts de quotient, de l'avantage fiscal lié à la vie en couple.
- Speaker #2
C'est très intéressant et c'est bien de le dire parce que je pense que peu de femmes se rendent compte de tout ça.
- Speaker #0
Alors l'État, même dans ces cas-là, cherche à prélever le plus d'impôts possible au couple. Et donc, j'invite les gens... les couples, les femmes surtout, à s'occuper de bien vérifier comment est formulée leur déclaration d'impôt, pour éviter ces écueils-là.
- Speaker #2
On ne le répétera jamais assez, ne laissez pas votre conjoint remplir seul la déclaration de revenu, il faut absolument vous y intéresser, on se tue à le répéter. Je précise que pour une bonne compréhension de tout ce qu'on dit ici, comme le sujet des impôts est quand même un peu complexe, On donne comme exemple des couples hétérosexuels, mais on dit monsieur, madame... Mais évidemment, nos exemples concernent tous les couples hétéros, gays ou lesbiens. Voilà. Mais c'est intéressant de dire aussi, monsieur et madame, étant donné que les femmes gagnent 25, 26, 27 %, ça dépend des calculs, de moins que les hommes. Et pour ce qui concerne les retraités, comme vous le savez, c'est 40 % de moins que les hommes. Voilà.
- Speaker #0
Alors, comment savoir quel est le meilleur taux d'imposition pour une femme ? Selon qu'elle gagne moins que son mari, autant que son mari, ou... ou plus que son mari.
- Speaker #1
Alors évidemment, quand on gagne moins que son mari, il faut opter pour le taux individualisé, nonobstant les limites que j'évoquais tout à l'heure. Quand on gagne pareil, il y a une certaine justice. Qu'on soit taxé comme un célibataire ou comme un couple, on a le même taux moyenne imposition.
- Speaker #0
Par contre, quand on gagne plus que son mari,
- Speaker #1
effectivement, la logique voudrait que ce soit le mari qui opte pour son propre taux et qu'elle paie la différence.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #2
C'est-à-dire que concrètement, monsieur prenne le taux individualisé ? Parce que je me demandais comment ça se passe concrètement sur la feuille d'impôt. Les deux doivent dire ensemble, j'opte pour tel taux ?
- Speaker #1
Vous allez sur impôts.gout.fr, votre espace particulier, et il y a une petite case où vous cochez taux individualisé.
- Speaker #2
D'accord. Donc on peut effectivement choisir de ne pas avoir le même taux que son conjoint.
- Speaker #1
Tout à fait. Mais comme on peut aussi, mais c'est un autre problème, c'est que vous avez par exemple un décès, vous avez une... vous pouvez demander à ce que votre taux de prélèvement soit baissé. Donc, l'idée du pass, c'était d'être en temps réel et de s'adapter au revenu au mois, au mois ou à l'année le nid.
- Speaker #0
À la situation.
- Speaker #2
À la situation. Alors donc, parlons d'une injustice fiscale majeure. C'est la solidarité fiscale entre conjoints, même après le divorce. Il y a trop de femmes qui ignorent les conséquences fiscales de leur mariage ou de leur paxe. Notamment la solidarité fiscale entre conjoints mariés ou paxés. Et je voudrais partager l'histoire de Sylvie, l'ex-épouse d'un homme d'affaires, une histoire que j'ai trouvée dans Le Point. Donc Sylvie, j'ose pas dire un beau jour, reçoit la visite du fisc. Et elle apprend que son ex fait l'objet de plusieurs redressements fiscaux liés à des abus de biens sociaux et de la fraude à la TVA. L'administration fiscale réclame plus de 500 000 euros à cette mère de deux jeunes enfants au titre du principe de solidarité fiscale. Ce principe est prévu à l'article 1691 bis du Code général des impôts, le fameux CGI. Son avocat lui évite de justesse la saisie du petit studio qu'elle donne en location pour arrondir ses fins de mois. Ce bien lui a toujours appartenu en propre parce que c'est un bien qui vient de sa famille. Et d'après ce que j'ai compris, c'est d'ailleurs pas forcément un critère pour bénéficier d'une décharge. Et selon le collectif des femmes divorcées, donc il y a un collectif des femmes divorcées, Victime de solidarité fiscale, 92% des débiteurs au titre de ce fameux article là que je viens de citer sont des débitrices, des femmes, souvent des mères isolées, et 81% des dettes sont issues de redressements fiscaux liés aux activités professionnelles de leurs ex-conjoints. Alors Lise, là on attend votre regard sur ce genre de situation. Est-ce que c'est une situation fréquente ? Est-ce que vous avez eu d'autres exemples ?
- Speaker #1
Alors oui Corinne, la situation est assez fréquente. est doublement inique. Elle est inique à la fois dans son principe et dans son application. Dans son principe, pourquoi ? Alors le droit fiscal prévoit une solidarité fiscale du couple marié ou paxé,
- Speaker #2
je souligne,
- Speaker #1
pour le paiement de certains impôts, notamment l'IR et l'impôt sur la fortune immobilière. C'est une spécificité française. La majorité des pays d'Europe, la quasi-totalité, ne connaissent pas la solidarité fiscale.
- Speaker #2
Mais c'est fou là ce que vous êtes en train de nous dire. Comment ça se fait que seule la France se distingue pour pénaliser les conjoints à ce point-là, le conjoint de bonne foi ?
- Speaker #1
Alors, le fondement juridique qu'on utilise le plus souvent pour fonder cette solidarité, c'est la fameuse conjugalisation de l'impôt. On paie l'impôt à deux, donc on est solidaire. Sauf que c'est une contre-vérité. En droit commun, en droit français, vous avez fait du droit, vous me l'avez dit, la règle, c'est que la dette, elle est conjointe. Ce n'est qu'à titre exceptionnel que le droit prévoit que les dettes soient solidaires. Par exemple, pour les commerçants. Donc la solidarité est l'exception. Donc ce n'est pas parce qu'une dette est commune qu'elle est solidaire, déjà. Donc l'argument n'est fallacieux. Le vrai argument, l'argument de fond, c'est recouvrer l'impôt. C'est la sauvegarde des finances publiques. Et effectivement, dans une hypothèse de fraude fiscale, de dissimulation, de départ à l'étranger, eh bien, on attrape celui qui reste sur le sol français, celui qui est là, celui qui est avec les enfants, celui qui a par exemple un salaire.
- Speaker #2
Et comme par hasard, c'est le plus souvent une femme.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #2
L'ex, la conjointe, la mère.
- Speaker #1
Exactement. Et c'est unique aussi dans son principe parce que quel que soit le régime... L'égal du mariage, le régime légal ou séparatiste, ou quel que soit le régime choisi par les partenaires paxés ou par les conjoints, la solidarité s'applique de toute façon.
- Speaker #2
Même si on est marié, donc, en séparation de biens ?
- Speaker #1
Tout à fait. Donc ça, c'est le principe contre lequel je m'insurge. Ensuite, sur l'application. Effectivement, la solidarité, elle s'applique pendant la vie commune, mais aussi, comme vous l'avez dit Corinne, après la séparation, après la rupture du paxe ou le divorce, pour les dettes d'impôt nées auparavant. Et là, on se retrouve donc avec des femmes dans des situations absolument catastrophiques parce qu'on sait qu'une séparation, c'est en moyenne 28% de perte de niveau de vie, avec en plus une dette fiscale sur des biens ou des revenus dont elles n'ont absolument pas profité.
- Speaker #0
Absolument, mais il faut juste rappeler que ce sont des dettes fiscales qui sont nées pendant la durée du mariage, donc préalable à la séparation du divorce.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Il faut le rappeler, ça c'est important. il y a un compte Elles ont définitivement divorcé. Les dettes fiscales qui ont été déclenchées ou générées après la date du divorce ne sont plus de leur responsabilité.
- Speaker #2
Oui, après, oui. Mais après. Oui, oui. Il ne manquerait plus que ça. En plus, ça continue,
- Speaker #0
cet enfer, cet enfer fiscal.
- Speaker #1
Tout à fait. Alors effectivement, comme vous l'avez dit aussi, on a un mécanisme de DRS, la décharge de responsabilité solidaire, qui est dans l'article 791 bis du CGI. qui nous dit que je peux demander une décharge de responsabilité si certaines conditions sont remplies. Alors déjà, ma probité, il ne faut pas que j'ai fraudé pour demander une décharge.
- Speaker #2
Il faut être de bonne foi. Mais il faut pouvoir le prouver.
- Speaker #1
Oui, tout à fait.
- Speaker #2
Parce qu'on peut dire, mais madame, vous étiez censée être au courant. C'est trop facile de lui dire, ah non, non, la main sur le cœur, j'étais au cour de rien.
- Speaker #1
Ce qui est très intéressant, c'est que dans le collectif des femmes divorcées victimes de la solidarité fiscale, elles ont beaucoup, beaucoup d'adhérentes et certaines ont été déchargées au pénal. Parce que très souvent, les maris étaient poursuivis pour fraude fiscale. Vous savez que c'est à la fois une sanction pénale et fiscale. Et elles ont été déchargées au pénal. C'est-à-dire qu'il a été démontré qu'au pénal, elles n'avaient rien fait. Elles ne devaient rien. Et nonobstant la décharge pénale, le fils qui arrive avec ses gros sabots est saisi. Et donc là aussi, ça fait partie de deux combats que j'ai menés. Un aussi avec Marie-Pierre Hixin qui avait obtenu qu'avant, pour avoir la décharge de responsabilité, il fallait prouver qu'on ne pouvait pas régler la dette fiscale sur 10 ans. Et on a réussi à modifier le texte avec Marie-Pierre Hixin et à diminuer ce délai à 3 ans. Ce n'était pas suffisant, bien sûr. Le collectif des femmes divorcées a opéré. obtenu dans le cadre d'une loi votée en mai 2024, un autre dispositif qui est la possibilité de faire une demande gracieuse. Et que, par bienveillance, Bercy accepte de ne plus poursuivre les femmes, alors même qu'elles ont des biens, alors même qu'elles pourraient être saisies sur ces biens. Alors moi, j'étais vent debout, j'ai travaillé avec elle, j'ai discuté de cette solution, moi j'étais vent debout, parce qu'en fait c'était le mécanisme qui était en vigueur avant 2009, avant que le 1691 bis soit voté, où c'était... qu'une procédure gracieuse. Et Bercy n'accordait jamais la décharge. Et moi, ce que j'ai soutenu, c'est que Bercy ne l'accordant pas avant, Bercy ne l'accorderait pas après. Sauf que Bercy a quand même été un peu remué par tout. Ça fait du bruit cette histoire, effectivement. Il y a eu beaucoup, beaucoup de lobbying fait à l'Assemblée, beaucoup encore plus au Sénat. Et il se trouve que les derniers chiffres sont parus. Et Bercy a publié en juin 2025 les derniers chiffres de la décharge liés à cette méthode gracieuse, j'allais dire. Et là, les chiffres sont édifiants. C'est-à-dire que On est passé d'un taux de décharge en 2023 de 39% à un taux de décharge en 2024-2025 de 87%.
- Speaker #2
Ah mais ça c'est une victoire !
- Speaker #1
Autour de plus de 80% aussi de femmes bénéficiaires. Non ce sont les femmes.
- Speaker #2
Là on parle de la décharge ou de la remise gracieuse ?
- Speaker #1
Alors dans le cadre de la remise gracieuse.
- Speaker #2
Ah c'est dans le cadre de la remise gracieuse ?
- Speaker #1
Dans le cadre de la remise gracieuse, elles obtiennent des remises gracieuses. Donc à court terme ça a marché, mais la question que je me pose c'est à moyen et à long terme, quand le buzz aura cessé. Est-ce que Bercy va continuer ? En fait,
- Speaker #2
le buzz ne devra jamais cesser. Il faudra faire des piqûres de rappel. Alors,
- Speaker #1
moi, l'idée, c'est que la solidarité fiscale n'a aucune raison d'être dans un État moderne. Il n'y a aucune raison qu'on tape sur celui qui est le plus faible dans le couple pour des fautes de l'autre. Ce n'est pas cohérent avec notre droit pénal.
- Speaker #2
Dont elle n'était pas au courant dans la plupart du temps.
- Speaker #1
Donc déjà, pour moi, on applique le droit commun. Qui est une dette conjointe et pas solidaire ? Et au-delà de ça, une décharge automatique à l'occasion du divorce, même pour les dettes antérieures. Mais ce n'est pas du tout ce qu'on a obtenu.
- Speaker #0
On vient de dire que l'État se désiste dans le cas de dette fiscale auprès de l'ex-conjointe qui n'a pas les moyens de payer les dettes fiscales de son époux insolvable. La question se pose aujourd'hui de, est-ce que vous avez le sentiment que l'État va appliquer une loi de manière définitive sur ce genre de procédure, ou vous avez le sentiment que c'est pour l'instant une faveur fiscale qui est accordée temporaire ?
- Speaker #1
De toute façon... compte tenu de la façon dont est rédigé le texte, c'est une faveur fiscale. C'est une mesure de bienveillance. Et si l'État dit non, si le fisc dit non, c'est non. Alors, normalement, on attend une instruction. Une réponse ministérielle du 3 février 2006 nous dit qu'une instruction de Bercy devrait à terme, enfin assez vite, être publiée pour qu'on sache les conditions nécessaires pour que Bercy accorde la décharge. Mais là aussi, c'est une instruction qui est faite par Bercy pour Bercy. Donc, ils peuvent tout à fait la rapporter dans six mois, dans un an, dans deux ans.
- Speaker #2
Oui, c'est parce qu'il est dans le marbre.
- Speaker #1
exactement, donc moi la solution c'est qu'effectivement la loi change et que la solidarité devienne l'exception c'est à dire quand il y a collusion quand il y a une collision, quand elle a fraudé il n'y a aucune difficulté je suis tout à fait d'accord pour ça on renverse la règle, la solidarité devient l'exception et la règle c'est qu'on est chacun tenu de ses propres impôts
- Speaker #2
Vous en avez rencontré, vous, des femmes qui ont tout perdu à cause de cette solidarité fiscale ? Alors j'ai rencontré des femmes du collectif et
- Speaker #1
Marie-Cécile Sergent qui est très active sur les réseaux.
- Speaker #2
Je l'ai vue sur le Moulin en particulier.
- Speaker #1
Elle a vécu une situation absolument... cataclysmique, parce qu'elle s'est rendue compte que non seulement son ex-époux... Je ne sais pas si je peux raconter son histoire.
- Speaker #2
Si, si elle est sur LinkedIn.
- Speaker #1
Son cher époux était expert comptable et il avait non seulement la fraude fiscale, mais en plus il avait une double vie. Et il avait également fait des tournements sur le cabinet d'expertise comptable dans lequel il travaillait. La totale. Et elle s'est rendue compte de ça. Elle ne travaillait pas, quatre enfants. Ça a été d'une violence terrible pour elle. Alors, sachant que Bercy, à ce jour, accepte de saisir les biens immobiliers, par exemple, les biens immobiliers, le seul bien sur lequel Bercy ne se sert pas, c'est le logement de la famille.
- Speaker #0
Normalement, c'est la résidence principale. Normalement.
- Speaker #1
Mais il n'y a rien dans le texte si Bercy veut saisir... Si,
- Speaker #0
à la condition que vous ayez une clause d'insaisissabilité sur le logement, sur la résidence principale. Mais ça, c'est dans le cadre d'une entreprise. Mais si vous êtes un particulier, vous n'avez aucune protection sur le logement principal.
- Speaker #2
Tout à fait. Alors, on va parler d'un autre sujet. J'aimerais qu'on parle de la pension alimentaire. Donc la pension alimentaire due aux enfants après la séparation des parents. Il y a un point qui, évidemment, indigne beaucoup de mères et de féministes sur le plan fiscal, c'est que le père peut déduire la pension alimentaire de ses revenus. Un père qui paye des impôts, parce qu'évidemment, si le père ne paye pas d'impôts... En tout cas, le père qui paye des impôts peut déduire la pension de ses revenus, alors que la mère, elle, elle paye des impôts sur cette pension. Donc, d'un côté, il y a un cadeau fiscal pour les pères et de l'autre, il y a un impôt pour les mères. Alors que ce n'est pas un enrichissement personnel, une pension alimentaire, c'est juste finalement l'argent. Et souvent, d'ailleurs, moins que ce que le père aurait dépensé pour les enfants si le couple ne s'était pas séparé. Donc, Lise, là, votre regard est où en sont les éventuelles réformes promises ou encore en débat ?
- Speaker #1
Alors, vraiment, on est au cœur du débat du moment, je pense, en matière fiscale, parce que c'est un débat qui est social. humain, même c'est de l'anthropologie à un certain moment. On va creuser. Déjà, avant qu'on rentre dans la technique fiscale, l'effet, c'est qu'en cas de séparation des parents, une contribution pour l'entretien et l'éducation de l'enfant, c'est la fameuse CEE,
- Speaker #2
on dit pension alimentaire parce que c'est quand même plus facile.
- Speaker #1
Elle est versée pour 7 enfants sur 10 et elle est versée par le père dans 97% des cas. 38% des parents solvables, donc des pères, ne paient pas la pension ou ne la paient pas à temps. Le montant de la pension alimentaire moyenne en France, il est de 190 euros, alors que les travaux de l'OCDE estiment à la louche qu'un enfant, c'est entre 650 et 750 euros par mois. Il y a un barème qui a été fait par le ministère de la Justice pour fixer ces fameuses pensions alimentaires, et on se rend compte que plus les revenus du père sont importants, moins le barème est suivi. C'est-à-dire que moins le père paie proportionnellement à ses revenus.
- Speaker #2
Mais c'est incroyable, vous qui êtes chercheuse, comment vous expliquez ça ? C'est là où l'anthropologie entre en ligne.
- Speaker #1
On a beaucoup de chercheuses entre la famille qui travaillent là-dessus. Et ce qui est le plus glaçant, et d'ailleurs Sibyl Gola, qui est Céline Bessières, le montre, c'est que les juges qui accordent ça, ce sont des femmes. Je reste sans voix ! Le mythe urbain de la juge femme qui systématiquement va défavoriser le père au faveur de la mère, là aussi c'est un mythe urbain.
- Speaker #2
C'est bon pour les séries télé, mais en vrai ça ne se passe pas comme ça sur le terrain apparemment.
- Speaker #1
On parlera de la prestation consomme. Pensatoire, si vous voulez.
- Speaker #0
Il y a véritablement aussi le sujet de monsieur qui gagne très bien sa vie. Il prend donc des très bons avocats et qui vont très bien le défendre au détriment de ses propres enfants. Parce qu'on parle ici de ses femmes et de ses propres enfants.
- Speaker #1
Alors donc, ça, c'est le schéma, j'allais dire, social de la CEE. En droit fiscal, comment ça se passe ? Eh bien, Normalement, en droit fiscal, on a l'article 13 du CGI qui nous dit que...
- Speaker #2
Je rappelle quand même que le CGI, on l'a dit, c'est le Code Général des Impôts.
- Speaker #1
Voilà, que normalement, les dépenses engagées pour le train de vie du contribuable, ce qu'on appelle des emplois de revenus, ne sont pas des charges déductibles. Eh bien, par un tour de baguette fiscale magique, le Code Général des Impôts nous dit que quand les parents sont divorcés et que le père ne compte pas l'enfant dans ses parts de quotient, les pensions alimentaires qu'il verse pour ses enfants deviennent déductibles. limite,
- Speaker #2
sans plafond. Il n'y a pas de plafond.
- Speaker #1
Corrélativement, puisque le père déduit, eh bien, il faut bien que la mère soit taxée. Et la mère est taxée sur ses sommes.
- Speaker #2
Il faut bien récupérer cet argent quelque part.
- Speaker #1
Exactement. Comme un salaire. Du coup, la question, est-ce que la CEEE est un salaire ? En avant, raisonnons. Ça veut dire que la mère est quelque part la nounou payée par le père pour ses services auprès des enfants. Il faudrait donc, si on suit ce raisonnement, que toutes les mères soient... payer pour toutes les heures de travail gratuites qu'elles font à la maison pour s'occuper des enfants et du foyer. D'ailleurs, il faudrait revoir tout le fonctionnement social de la société. Toutes les aides, notamment les prestations sociales qui sont versées, normalement ne sont pas taxables parce qu'elles sont là pour l'entretien des enfants. Donc, la pension alimentaire n'est pas un salaire versé par le père à la mère. C'est un partage du coût d'entretien de l'enfant qui est fait par un genre de péréquation, une répartition. des frais liés à l'enfant entre celui qui gagne plus et celle qui gagne moins. Alors certains parlementaires ont effectivement pris conscience de l'iniquité de ce régime. Et alors on a eu au cours des dernières années plusieurs propositions de loi qui sont intervenues. La première avec laquelle j'ai travaillé c'était Aude Luquet. Et elle avait fait une première proposition de loi en 2022 où en fait on plafonnait le montant déductible pour le père et le montant taxable chez la mère. Et en fait il était proposé de limiter le montant non taxable chez la mère à 300 euros par mois, c'est-à-dire 4000 euros par enfant. avec un plafond de 12 000. Alors, j'étais d'accord dans un premier regard, parce que c'était un premier pas vers plus d'égalité, mais dans une réflexion, pourquoi ce plafond ? Pourquoi ce plafond ? Pourquoi se plafonner ? Alors, on a eu plusieurs amendements au projet de loi de finances qui ont été votés. D'abord, un amendement en octobre 2024, qui n'est pas passé puisque le gouvernement est tombé. Un autre amendement en octobre 2025, qui prévoit en substance la même chose que ce qui était prévu par Aude Luquet, c'est-à-dire une pension qui ne soit pas taxable chez la maire, à hauteur d'un certain montant. et qui soit déductible chez le père qu'à hauteur de ce montant. Mais vous le comprendrez, je ne suis absolument pas d'accord avec ces amendements. C'est un bon pas dans le bon sens parce qu'effectivement, il est absolument inadmissible qu'en 2026, on considère que les pensions touchées par les maires soient un revenu qui doit être taxé comme un salaire. Donc moi, je pense que la pension alimentaire ne doit pas être taxée, ne doit pas être considérée comme un revenu. Alors j'entends les critiques qui sont faites. Notamment à l'Assemblée Nationale, certains députés ont dit que je suis en train de me battre pour les femmes riches, c'est-à-dire les femmes qui paient de l'impôt. On me dit aussi que c'est inégalitaire parce que je favorise les femmes qui reçoivent des pensions par rapport à celles qui n'en reçoivent pas. On me dit que je n'ai rien compris au mécanisme parce que c'est une incitation, bien comprise, au paiement des pensions par les pères. Et que si je supprime cette incitation, les pères ne paieront plus. Alors, ce à quoi je réponds, ben déjà...
- Speaker #2
Parce qu'ils ont une délication fiscale.
- Speaker #1
Il ne paye pas beaucoup.
- Speaker #0
Non, pas souvent.
- Speaker #1
Et si ça, ça s'appelle l'amour paternel. Le ministre de l'économie éphémère, Antoine Armand, lors d'une conférence à laquelle j'assistais à l'Assemblée nationale, s'était déjà posé la question. Comment peut-on admettre que dans la société française actuelle, on considère que la pension touchée par une mère doit être taxée comme un salaire ? Je pense qu'on est là au cœur du débat. Et c'est ce que je disais, c'est de l'anthropologie. Comment peut-on penser dignement qu'il faut que le père déduise ?
- Speaker #0
pour qu'il paye. Alors, moi, je vais plus loin, donc je pense que la mère ne doit pas être taxée, mais qu'il ne faut pas oublier les pères, quand même, et qu'il faut qu'on trouve une solution pour le père. Je pense que le père qui paye, évidemment, doit avoir un avantage fiscal, alors qu'il faut décider, il faut voter cela dans le système national. Ça pourrait être, par exemple, la même déduction que pour les enfants majeurs. Ça pourrait être un avantage comme le plafond qui est prévu pour les demi-parts de quotient. Peu importe. Je pense qu'il faut de toute façon aider les pères qui font le job, mais en aucun cas éthiquement, C'est vraiment un problème éthique considérer que cette somme doit être taxable entre les mains de la mère. Alors effectivement, j'entends aussi que la majorité des familles monoparentales, 85%, ce sont des femmes seules qui ne paient pas d'impôts, qui sont dans des situations terribles financièrement. Mais ça ne m'empêche pas de penser aux autres,
- Speaker #1
à celles qui paient l'impôt.
- Speaker #2
Il y a quand même des femmes dans ce pays qui travaillent et qui payent des impôts.
- Speaker #1
Attention, il y a aussi que ces pensions alimentaires déclenchent des seuils et qu'elles... perdent des avantages sociaux à cause de ces pensions alimentaires temporairement données. Parce que ces pensions alimentaires, elles sont données de manière temporaire. Du coup, pendant cette période-là, alors qu'elles avaient d'autres avantages du fait de leur situation d'impôts faibles ou de revenus très faibles, elles vont perdre des avantages. Et ça, c'est pas très éthique.
- Speaker #2
Non. En tout cas, franchement, je vous remercie, Lise, de nous alerter là-dessus. Et je m'étonne qu'on n'en parle pas plus par une poignée de... courageuses qui vont au front comme vous et Marie-Pierre Rixin, entre autres. Pourquoi on en parle si peu ? Parce que le sujet est aride, on parle des impôts, c'est un sujet qui est complexe. Trop d'hommes à l'Assemblée nationale. Oui, c'est ça.
- Speaker #1
Il y a trop d'hommes à l'Assemblée nationale. Ils sont, pour beaucoup, divorcés.
- Speaker #0
Alors, j'ai participé à plusieurs auditions pour, justement, les familles mondoparentales. C'est un peu le sujet du moment, créer un statut pour les familles mondoparentales. Et l'argument qu'on me sort à chaque fois, c'est que je me bats pour les femmes riches et que
- Speaker #2
C'est-à-dire que vous travaillez, vous payez des impôts, vous êtes forcément riche.
- Speaker #0
Exactement. Et qu'en fait, le gros de la difficulté, c'est la pauvreté, c'est la précarité. Je suis tout à fait d'accord. C'est une énorme difficulté. Sauf que je suis fiscaliste. Je suis professeure de droit fiscal. Donc moi, je travaille pour les gens qui payent des impôts. L'impôt sur le revenu, mais même de l'IFI. Mon Dieu. Je ne sais pas si on aura le temps d'en parler, mais je travaille aussi sur l'IFI. Effectivement, c'est une infime partie de la population, mais je trouve que l'IFI est inique pour les femmes qui le payent. Donc moi, mon ADN, c'est de parler d'impôts. Donc effectivement, je me bats pour les femmes « riches » qui payent des impôts.
- Speaker #1
Parlons de la prestation compensatoire. On rappelle que c'est un capital versé par un ex-conjoint à son ex pour compenser la baisse de son train de vie créée par le divorce. Donc comment est-elle imposée actuellement ? Et cette imposition crée-t-elle une inégalité entre femmes et hommes ?
- Speaker #0
Alors si vous me le permettez Thierry, j'aime toujours faire ce petit retour. faire la sociologie, la prestation compensatoire. L'anthropologie, la socio. En fait, il y a un mythe urbain. C'est celui de la riche divorcée qui l'aventurière, la profiteuse, polie son mari qui se retrouve sur la paille après son passage. Alors, effectivement, c'est Mackenzie Bezos. Alors, on n'est pas toutes des Mackenzie Bezos. C'est dommage, mais c'est comme ça. La réalité en France, c'est quoi ? Le montant médian des prestations compensatoires, c'est 25 000 euros. Un mariage sur cinq. Le mariage a duré en moyenne 22 ans.
- Speaker #1
Ils ont eu 2-3 enfants.
- Speaker #2
Que madame a élevés.
- Speaker #0
Au-delà du cliché. Au-delà du cliché. Au détriment de sa carrière. Exactement. Mackenzie Bezos, ce sont des femmes qui ont la cinquantaine, qui se retrouvent avec un patrimoine autour de 25 000 euros. Et la femme est créancière évidemment dans plus de 9 cas sur 10. Donc c'est ça la réalité sociologique de la prestation compensatoire. Et j'ai un collègue de Lyon qui a une image que j'aime beaucoup, qui est écrite là-dessus, qui nous dit que, en fait, La prestation ne permet plus de rétablir une équité, c'est seulement une sorte de capital de redémarrage pour faire face à la crise de la séparation, une sorte de prime individuelle de reconversion.
- Speaker #2
Pour ne pas lire un cadeau d'adieu.
- Speaker #0
Pour qu'elle puisse reconduire, mais c'est exactement ça. C'est-à-dire que le basculement en 2004 de la prestation compensatoire sous forme de rente à la prestation compensatoire sous forme de capital a entraîné un effondrement de 0 à 10 du montant des prestations. Donc ça, c'est la réalité.
- Speaker #2
Vous pouvez nous détailler un peu ce point ? Je trouve que ce n'est pas évident de comprendre la différence entre le capital ou la rente.
- Speaker #0
Voilà. C'est-à-dire, effectivement, déjà, les gens confondent souvent la pension alimentaire et la prestation compensatoire. Pension alimentaire, c'est pour les enfants ou c'est une pension de secours pendant la durée du mariage.
- Speaker #1
Un fonds de roulement de fonctionnement.
- Speaker #0
Exactement. La prestation compensatoire, c'est une somme qui est versée à l'ex-épouse pour faire face à la perte de niveau de vie. Alors, soit en pension, soit en rente.
- Speaker #1
Pension compensatoire, c'est une somme fixe donnée à l'instant T.
- Speaker #0
Un petit retour par l'histoire. Avant, c'était une rente. Les maris, les ex-maris se sont battus parce qu'il y avait des gros problèmes avec la rente. C'est-à-dire que, par exemple, la rente était due même si l'épouse se remariait. Si l'ex-époux tombait dans un état de précarité, il continuait à payer la rente. Et même ses enfants pouvaient continuer à payer la rente à la veuve. Donc, évidemment, ça crée des situations un peu tendues. Donc le législateur a pris... conscience de tout ça et on a renversé la règle. On dit maintenant la rente, c'est l'exception. La règle, c'est le capital. Le capital, normalement, il est versé en one shot, une fois. C'est fixé soit par accord, soit par le juge. À titre exceptionnel, le capital peut être versé en 8 ans, de façon échelonnée, mais c'est à titre exceptionnel si les parties s'accordent ou si le mari ne peut pas payer en une fois. Donc ça, c'est le droit civil. Et le droit civil a entraîné, ce que j'évoquais, un effondrement du montant du capital. Parce qu'avant, la pension rentée faisait en fin de vie un montant autour de 200-250 000 euros pour les femmes. Sauf que là, on est passé de 250 000 euros à 25 000. Donc déjà, on voit l'effet pervers de la transformation rente-capital. Maintenant, le droit fiscal. Le droit fiscal arrive avec ses gros sabots. Alors ça, c'est une baguette magique, on peut appeler ça la baguette magique. Donc il nous dit comment est traitée la prestation compensatoire. Il nous dit, si elle est versée conformément à la loi, c'est-à-dire en moins d'un an, elle est non taxable pour l'ex-épouse parce qu'on considère que c'est une indemnité, et elle ouvre droit, pour le monsieur qui la verse, à une réduction d'impôt, alors qu'il est plafonné à 7 625 ans. En revanche, lorsque la prestation compensatoire est versée sous le coup, Plus d'un an, comme la loi le permet, jusqu'à 8 ans. Eh bien, tour de passe-passe fiscale, elle devient taxable chez l'ex-épouse et devient déductible chez celui qui la verse.
- Speaker #2
Alors moi, quand j'ai lu ça dans votre livre, j'avoue que j'ai relu plusieurs fois le passage et je l'ai souligné, je me suis dit, non mais est-ce que je comprends vraiment ce que je suis en train de lire ?
- Speaker #0
Parce que le droit fiscal nous dit, il est resté sur l'ancienne logique de la rente, c'est pour ça que je fais ce petit retour historique. L'ancienne logique de la rente, c'était, il déduisait, elle était taxée. Et donc le droit fiscal est resté dans cette logique sans voir le changement de matrice profond qu'il y a eu avec le capital. Et il ne veut pas voir... En fait, c'est un capital échelonné. Ça reste un capital, ça reste une indemnité. Et bien lui, comme c'est échelonné, le droit fiscal nous dit « c'est encore un peu de la rente, donc je taxe » . Et ça ouvre lieu à des débats, des négociations absolument sordides dans les cabinets d'avocats quand les divorces sont négociés. Parce que monsieur qui a le pouvoir économique par définition...
- Speaker #2
On a la plupart des cas. Donc,
- Speaker #0
il va négocier à la fois la garde des enfants. Tu veux la garde des enfants ? Tu veux une pension ? Après, sa question compensatoire s'étend et ça sera versé comme ça. Donc, on a un genre de négociation absolument épouvantable qui se met en œuvre.
- Speaker #1
De chantage, pardon, excusez-moi, parce que négociation, quand on négocie, on est deux à négocier. J'ai des cas ici, il n'y a pas de négociation. C'était, voilà, l'avocat te présente la solution, ça va être ça ou ça va être rien. Ou alors, rendez-vous dans trois ans. On se parlera dans les tribunaux.
- Speaker #0
Tout à fait. Et donc, c'est vraiment la double peine. C'est-à-dire que non seulement elle ne perçoit pas l'argent tout de suite, et quand elle le perçoit, elle est taxée.
- Speaker #2
Elle est taxée.
- Speaker #0
Et là, il y a un gros débat en cours. Alors, encore Marie-Pierre Hixin, je suis désolée. Elle a fait voter un amendement l'année dernière, donc en octobre 2024, qui a été voté. Mais comme le gouvernement Barnier est tombé, l'amendement n'a pas été repris. Et elle a continué. Un autre amendement vient d'être voté en octobre 2025. Les mêmes conditions. En fait, l'idée, c'est d'aligner le traitement fiscal de la prestation compensatoire, quel que soit son versement. Qu'il soit versé sur un an ou sur huit ans, le traitement fiscal, il est le même. Et donc, évidemment, le gouvernement n'a pas repris l'amendement. Et alors moi, où je ne suis pas tout à fait d'accord avec Marie-Pierre Hixin, c'est que moi, je pensais qu'il fallait aligner du côté du débiteur et du côté du créancière. C'est-à-dire que du côté de la créancière, elle ne soit pas imposée, quelles que soient les modalités de versement. Et du côté du débiteur, ça voudra la même réduction d'impôt. Et Marie-Pierre Hissien n'a pas osé aller si loin pour l'instant. Rien n'a été voté sur la situation du débiteur. De toute façon, rien n'a été voté tout court, puisque la loi de finances n'a pas repris l'amendement.
- Speaker #2
Donc là, c'est le statu quo. C'est le statu quo. Et donc...
- Speaker #1
C'est la négociation pure et dure entre les parties.
- Speaker #2
Madame est toujours taxée si...
- Speaker #1
À la condition qu'elle reçoit...
- Speaker #2
Si elle reçoit sa prestation compensatoire sur plus d'un an.
- Speaker #1
Sur plusieurs années, absolument.
- Speaker #2
C'est fou, c'est fou. Je suis ravie de faire cet épisode, parce qu'on apprend vraiment des choses. Alors, il y a un... point de fiscalité que beaucoup de couples en union libre ignorent. Il doit faire une déclaration commune pour le paiement de l'IFI, l'impôt sur la fortune immobilière. Donc, prenons l'exemple de Paris, parce que vu le prix du mètre carré à Paris, ça va vite. Donc, quand on est proprio et concubin à Paris, on peut facilement franchir à deux le seuil d'imposition de l'impôt sur la fortune immobilière, dont le seuil s'élève à 1,3 million d'euros. Donc à 10 000 euros le mètre carré, ça peut arriver facilement. Je vais donner un exemple à nos auditrices pour qu'elles comprennent bien. Elle lit ses proprios, elle met en location son studio parisien évalué 400 000 euros pour s'installer en union libre chez Benoît, qui a lui-même un bel appartement parisien évalué à plus d'un million d'euros. Ça paraît beaucoup, mais à Paris, ça va vite. Et hop, donc ils sont redevables ensemble de l'impôt sur la fortune. Et les deux concubins, si j'ai bien compris, sont solidairement responsables de son paiement. Et donc, si Benoît ne paye pas son impôt sur la fortune, j'aimerais bien savoir ce qui se passe alors pour Alice. Est-ce qu'elle doit payer pour Benoît ?
- Speaker #0
Alors, je suis... Justement, effectivement, il y a une imposition commune à l'IFI. Commune et solidaire pour les couples mariés et les couples paxés. En revanche, les concubins ont une imposition commune, mais pas solidaire.
- Speaker #2
Ah, une imposition commune, mais pas solidaire.
- Speaker #0
Ce qui veut dire que si l'autre ne paie pas, je ne suis pas tenu de l'IFI sur ses biens quand on se sépare.
- Speaker #2
Ah,
- Speaker #0
ben voilà une bonne nouvelle pour les concubins et les concubines. Pour les concubins, il y a un problème de paiement commun. Mais pas solidaire. Mais il y a un problème d'IFI en général, pour les couples. Si vous voulez qu'on en parle, on en parle.
- Speaker #2
Oui, je veux bien qu'on en parle.
- Speaker #0
Donc, quelques mots sur l'IFI et les concubins et les couples en général.
- Speaker #1
Absolument.
- Speaker #0
Mon petit retour sociologique. Il est très difficile de parler, d'avoir des chiffres en France aujourd'hui sur les différences de patrimoine. Autant les différences de revenus sont hyper calibrées, on a des études de l'OCDE, de l'Europe, de l'INSEE. Autant les différences de patrimoine dans les couples sont... très difficiles à appréhender. Pourquoi ? Parce que l'INSEE travaille sur le patrimoine des ménages. On part de la fortune des ménages. Et pendant longtemps, l'INSEE n'a pas donné de données genrées sur justement le patrimoine de chacun et chacune dans les couples. Et il n'y a que deux chercheurs en France, ils ne sont pas très nombreux, Nicolas Frémaux et Marion Le Turc, qui travaillent là-dessus sur les données genrées de partage de patrimoine. Et ils ont étudié les enquêtes patrimoine de l'INSEE, on en a très peu. Et les enquêtes phares sur lesquelles ils ont travaillé, Ce sont des enquêtes qui se sont déroulées de 1998 à 2015. Et ce qu'ils démontrent sur ces enquêtes-là, c'est absolument glaçant. Ils démontrent qu'en moins de 20 ans, on a presque doublé les écarts de patrimoine.
- Speaker #2
Entre les hommes et les femmes ?
- Speaker #0
Entre les hommes et les femmes. C'est-à-dire qu'on est passé à un écart moyen de 7 000 à plus de 24 000. Donc en pourcentage, c'est de 9 % de différence de patrimoine à plus de 16 % en 2015. Et ils expliquent très bien pourquoi. D'abord, premier phénomène. Je gagne moins, donc j'épargne moins. Celui qui gagne moins, il a moins de patrimoine à la fin. Deuxième phénomène... Dans la théorie des pots de yaourt, bien connue de nos auditrices. Exactement. Le deuxième phénomène, c'est l'explosion des régimes séparatistes. C'est-à-dire qu'avant, l'immense majorité des couples, quand ils étaient en couple, se mariaient. Et le gros du régime qui était choisi, c'était le régime légal, donc participation aux acquis. Aujourd'hui, ils ont démontré que ce n'est plus du tout la norme. Alors, il y a encore des stocks de vieux couples. Quand on raisonne en stock, on a encore... une majorité. Marier un régime de la communauté. Mais quand on résonne en termes de solution, c'est fini. C'est-à-dire les nouveaux couples, c'est fini. Et il démontre que la part des couples qui ont opté pour un régime de séparation a doublé entre 1992 et 2018. Pourquoi ? Parce que quand on est concubin, c'est un régime de séparation. Quand on n'est pas que c'est, c'est un régime séparatiste. Et quand on se marie, on se marie plus tard, on a déjà un patrimoine. Et que vous disent vos parents et votre notaire, il faut faire un contrat de séparation. Donc, je vais être un peu crue, qui se marie sous le régime légal ? Les gens qui n'ont pas de patrimoine. Donc les gens riches sont tous en régime séparatiste.
- Speaker #1
Absolument. Et surtout qu'avec le pourcentage de mariages qui divorcent, un couple sur deux à Paris quand même. Aujourd'hui, tous ces jeunes gens qui se marient et qui ont au-dessus d'une trentaine d'années partent de l'hypothèse de et quand on va divorcer, qu'est-ce qui va se passer ?
- Speaker #0
L'amour n'empêche pas d'être réaliste et lucide. Donc on est dans un schéma de patrimoine séparé, ce qui en soi n'est pas forcément honteux, mais avec un doublement des différences femmes-hommes. C'est ça. qui interpelle. Alors, toujours pareil, dans ce contexte, que dit le droit fiscal ? Le droit fiscal, il nous dit que quand vous avez un bien immobilier, alors avant c'était l'ISF, maintenant ce sont que les biens immobiliers, l'IFI, on a une jouissance commune, donc une imposition commune. Et alors j'adore, je ne peux pas m'empêcher de les citer, alors c'est un article qui avait été écrit par une avocate et un collègue, prof de droit, qui nous dit « Vous bénéficiez du château de votre conjoint pendant vos vacances, pourquoi le législateur irait-il contre toute logique répartir une jouissance commune entre les membres du foyer ? » Un quart de château pour chaque membre du foyer, composé de quatre personnes ? Non. Chaque membre du foyer bénéficie en totalité de la jouissance que procure le patrimoine familial. Donc, je viens dans le château, je fais le ménage, je m'occupe des linges et je paie les filles. Donc, non, mais en fait, l'idée, c'est que vraiment, il y a cette jouissance commune. Donc, il faut que l'autre, genré ou pas, paye. Et donc, vous comprenez bien que, éthiquement, moi, je trouve que c'est absolument inique. Je recommence dans une société où l'individualisme devient forcené, ou le bien immobilier. est à lui, restera à lui, avant, pendant et après le mariage, comment peut-on considérer que ce bien immobilier qui ne m'appartient pas, je dois payer l'IFI dessus et de façon solidaire, j'exclus l'hypothèse des concubins, et de façon solidaire, pour un bien qui n'a jamais été à moi, qui ne le sera jamais.
- Speaker #1
On va parler des mamans solo, des séparées, de celles qui bénéficient en principe d'une part de quotient familial, à quoi doivent-elles être attentives pour éviter de payer trop d'impôts ? Ce sont des bonnes cages à cocher.
- Speaker #0
Alors c'est la partie technique de l'entretien qui concerne beaucoup de monde.
- Speaker #1
Attendez, on va parler des moments solos, séparés, qui gagnent leur vie correctement.
- Speaker #0
Bien sûr. Alors en fait, effectivement, deux points d'attention, c'est-à-dire vérifier qu'elle coche bien les bonnes cases pour déclarer son IR et ensuite qu'elle est attentive à bien aussi comptabiliser ses réductions d'impôts et au crédit d'impôt éventuel. Alors sur les cases, il y a souvent des confusions qui sont faites. En fait, entre la demi-part supplémentaire pour le parent qui vit seul avec un enfant, parent isolé, la demi-part dite des veuves pour celles qui ont élevé un enfant, ou celles ou ceux, pendant 5 ans, et la part entière pour les veuves en tant que telles. Et les gens, parfois, se...
- Speaker #1
Causent qu'une seule case.
- Speaker #0
Voilà. Donc, il y a la part pour la demi-part, donc parent isolé, qui est classique, c'est la case T. C'est l'hypothèse de l'article 194 du CGI. Pour l'imposition des contribuables célibataires ou divorcés qui vivent seuls, le nombre de parts est augmenté de 0,5 lorsqu'ils supportent à titre exclusif ou principal la charge d'au moins un enfant. Et si on est en garde alternée, c'est 0,25. Donc ça c'est la casse T, c'est relativement connu. Il y a un plafonnement lié à l'avantage, lié à cette demi-part qu'on vous accorde. Ce plafonnement, il est visé à l'article 197 et compte tenu de la nouvelle loi de finances, il est désormais limité à... 4262 euros. Il y a la case L, la demi-part dite des veuves. Alors ça, ce sont pour les personnes qui ont élevé seul, pendant 5 ans, un enfant, qui sont célibataires, divorcées ou veuves. Alors il y a aussi un mythe urbain sur la fin de la demi-part des veuves. En fait, ce qu'il faut bien comprendre, c'est qu'avant 2009, on n'avait pas de conditions quasiment pour bénéficier de cette demi-part. Il suffisait d'être veuve et d'avoir eu un enfant qui a survécu ou qui est mort après 16 ans, je crois. Je crois que c'est épouvantable. Et puis, de 2009 à 2014, ça a commencé sous Nicolas Sarkozy, puis ça a continué, ils ont mis des conditions supplémentaires qui sont dans l'article 195, c'est-à-dire que pour bénéficier de cette demi-part, il faut, donc, être célibataire, divorcé, veuf, ne pas avoir d'enfant à charge, exclusive, principale ou réputée, partagée, mais vivre seul et avoir eu plusieurs enfants majeurs ou faisant l'objet d'une position distincte dont il a supporté à titre exclusif la charge pendant au moins 5 ans, pendant qu'il vivait seul. Où ? Et vivre seule. Vivre encore seule. Et avoir eu l'enfant pendant 5 ans quand on était seule. Ça, c'est la condition.
- Speaker #2
C'est-à-dire que si vous rencontrez quelqu'un, vous allez perdre. On perd la 0,5. C'est quoi ? C'est une déduction ?
- Speaker #0
C'est un nombre de parts de caution supplémentaire qui permet de diviser par plus la masse taxable pour appliquer le barème de l'IR. Je ne voulais insister pas sur ça. Les gens ne savent pas. Les veufs et les veuves, c'est l'article 194. Une part. En plus, c'est-à-dire que je suis veuve avec un enfant, j'ai deux parts et demie. C'est mieux que la demi-part. Et contrairement à ce qu'on peut penser, ce qu'on appelle les veufs et les veuves précoces, c'est assez important.
- Speaker #2
Les veufs et les veuves ?
- Speaker #0
Précoces. Précoces, c'est-à-dire qui sont avant 50 ans.
- Speaker #2
C'est un sujet que je connais bien.
- Speaker #0
Voilà, je l'ai cité dans mon ouvrage, donc je vais peut-être mettre un nombre assez élevé, en fait, de gens qui sont veufs ou veuves trop jeunes.
- Speaker #2
L'équivalent d'une ville d'Annecy,
- Speaker #0
c'est assez important.
- Speaker #2
Je me demandais, on ne ferait pas un petit point pour rappeler la différence entre déduction fiscale, réduction d'impôt et crédit d'impôt ? Parce qu'on parle souvent de déduction, de réduction, réduction, déduction.
- Speaker #0
On ne ferait pas un petit point pour rappeler la différence ? Alors, la déduction fiscale, c'est quand on a une déduction de l'assiette, c'est-à-dire qu'on va considérer... On peut déduire certaines sommes d'une assiette taxable. L'exemple qu'on a évoqué, par exemple, la déduction des pensions alimentaires versées par les pères, ça vient diminuer l'assiette taxable.
- Speaker #1
Ça veut dire que je gagne 100, j'ai une pension de 20, mon assiette taxable est de 80.
- Speaker #0
Tout à fait. Ça concerne par exemple la pension alimentaire. Alors la réduction d'impôts. Alors réduction, crédit d'impôt, il faut être attentif.
- Speaker #1
Là, c'est beaucoup. C'est plus compliqué.
- Speaker #0
Et surtout, les gens confondent, mais le législateur confond aussi. C'est-à-dire que parfois, il appelle réduction des choses qui sont des crédits d'impôt, et parfois, il appelle crédit d'impôt des choses qui sont des réductions. En fait, en synthétisant, la réduction d'impôt, normalement, ça entraîne une diminution de l'impôt imposable, l'un comme l'autre. À un moment, il faut être clair.
- Speaker #1
Absolument. C'est fait pour ça, du reste.
- Speaker #0
Mais il y a une différence technique. Ce sont les fameuses niches fiscales.
- Speaker #1
C'est ça, des incitateurs. On va dire que c'est de l'investissement orienté vers des filières. qui ont besoin de financement. Les dons,
- Speaker #0
par exemple, quand on déclare des dons. Les dons d'Iconuche, etc.
- Speaker #1
Il y a le financement des énergies renouvelables, il y a les financements des dom-doms.
- Speaker #0
Il y a l'investissement Malraux.
- Speaker #1
Il y a des investissements pour des bâtiments anciens, ça c'est les Malraux, pour des constructions nouvelles, pour faire des logements sociaux, ça c'est... et ainsi de suite. Il y en a 470. Et donc,
- Speaker #0
si on est précis, la réduction, normalement, si elle est supérieure à l'impôt qu'on doit, elle n'est pas remboursée par le Trésor. Alors que le crédit d'impôt, lui, peut être remboursé par le trésor. Mais j'insiste, parfois les mots sont complètement pervertis et on utilise un mot pour un autre. Donc en fait, l'idée c'est qu'il faut aller voir les textes, parce qu'on prévoit le texte.
- Speaker #2
Il ne faut pas s'étonner que les contribuables, femmes et hommes, s'y perdent. Si même le législateur fait la confusion, alors nous, pauvres contribuables de base...
- Speaker #1
Il y a des contestations de la part de l'administration fiscale, qui sont des contestations qui ne sont pas fondées correctement. Et par conséquent, quand les contribuables ont affaire à quelqu'un qui n'est pas super compétent au centre des impôts, il y a des discussions, ça finit toujours par s'arranger. Mais il faut savoir que c'est devenu tellement complexe pour les contribuables comme pour les gens des impôts.
- Speaker #2
Et il y a le crédit d'impôt, alors qu'on connaît bien les emplois à domicile, les gardes d'enfants, donc techniquement, alors qu'est-ce que c'est la différence ?
- Speaker #0
Alors justement, pour faire un petit panorama hyper rapide des réductions d'impôts... Les crédits d'impôt, on les connaît tous, à peu près, on en a entendu parler. Parmi les réductions d'impôt les plus connues, il y a celles que vous évoquiez, notamment les dons aux œuvres, les dons aux œuvres d'intérêt général, philanthropiques, éducatives, scientifiques, sociales. Il y a notamment les frais de scolarisation des enfants à charge. On a un montant de 60... 31 euros pour l'enfant au collège, 153 euros pour un enfant au lycée, 183 euros pour un enfant dans l'enseignement supérieur. Généralement, les gens les connaissent. On en a d'autres qui sont un peu moins connus. Il y a la réduction d'impôts Madeleine pour ceux qui souscrivent au capital de société. Il y a les cotisations. Il y a l'investissement Malraux pour les investissements dans les opérations de restauration. Il y a le Duflo Pinel de Normandie, dont j'investis dans du locatif.
- Speaker #2
Les moduliers locatifs.
- Speaker #0
Voilà, donc ça ce sont les réductions d'impôts stricto sensu. Et dans les crédits d'impôts aussi, donc ces fameux crédits qui normalement sont remboursés par le Trésor, si je dois moins d'impôts que le crédit. Les plus connus, ce sont, qui concernent donc les femmes, ce sont les frais de garde à l'extérieur du domicile des enfants de moins de 6 ans, l'assistante maternelle, la crèche, la garderie. Et on a aussi le crédit d'impôts pour les services à la personne. Services à la personne, donc garde d'enfants aussi, mais à domicile. soutien scolaire, assistance aux personnes âgées, travaux ménagers, jardinage, etc. Ça fait partie des plus connus. Ensuite, on en a d'autres. On a des crédits d'impôt pour installation pour les personnes handicapées. On avait un qui a été très connu, parce que c'est le CITE, Crédit d'impôt Transition énergétique. Ah oui, pour les pannes de scolaires. Voilà, on l'a mis, on l'a enlevé, on l'a remis. Enfin bon, voilà. Donc, en fait, ce qui est important, alors avant, ces crédits d'impôt, réduction d'impôt, voilà, ils sont ce qu'ils sont. Comme vous l'aviez indiqué, Thierry, il y en a 470. C'est d'une complexité folle. Mais ce qui est encore plus complexe, c'est le mécanisme de plafonnement. C'est-à-dire qu'on a l'article 200.0 du CG qui nous dit, en fait, certaines niches sont plafonnées, d'autres ne le sont pas. Un petit peu d'histoire fiscale. Devant chaque niche, il y a un chien qui aboie. C'est-à-dire que dès que vous supprimez une niche, vous allez avoir l'association de la protection des coccinelles, l'association des familles de France, l'association des lotisseurs de France, l'association des chasseurs de France qui vont dire c'est scandaleux cette niche, j'en ai besoin. en fait on a un petit on se rend compte qu'une fois que la niche est accordée, il est extrêmement difficile par le pouvoir politique C'est un avantage acquis. Exactement, de la retirer. Alors qu'on sait qu'il y a des niches qui sont utilisées par 10 contribuables. Alors, effectivement, chaque fois, Bercy essaie chaque année un petit peu de simplifier les choses, mais c'est franchement...
- Speaker #1
Essaie chaque année de raboter les niches.
- Speaker #0
Alors, la technique du rabot, coup de génie fiscal. C'est-à-dire que plutôt que d'attaquer frontalement niche à niche, la niche pour les chasseurs, la niche pour les protecteurs de la nature, la niche pour les lotisseurs, la niche... On a fait un rabot et on a dit, en fait, vous utilisez le mécanisme que vous voulez, mais moi, je vais raboter l'avantage fiscal. Et au départ, ils ont été très malins. Au lieu de mettre un rabot très bas, ils ont dit, alors là, je parle de mémoire, mais par exemple, c'était 40 ou 45 000 euros d'avantage fiscal, plus un certain pourcentage de vos revenus. Donc, l'année N, les premiers contribuables se sont dit, ouais, je vais un petit peu raboter, mais pas trop. Et année après année, ils ont diminué le rabot. Et on se trouve à une situation où aujourd'hui, le rabot, il est à 10 000 euros.
- Speaker #1
À 10 000 euros.
- Speaker #0
C'est-à-dire que vous pouvez choisir d'aider les coccinelles, de faire garder vos enfants ou d'acheter un appartement neuf locatif, peu importe, vous avez ce rabot. Et comme je le disais tout à l'heure, le diable est dans les détails. Quelles sont les niches fiscales dans le rabot et hors rabot ? Parce qu'il y a encore des niches fiscales qui sont hors rabot, parce qu'elles ont un intérêt supérieur. Et c'est là où ça devient drôle. Il faut aller regarder ce qui est raboté et ce qui ne l'est pas. Et c'est ce que j'ai essayé de faire dans mon ouvrage et on voit qu'effectivement... les choses ne sont pas faites comme elles devraient l'être.
- Speaker #2
Alors justement, à propos de ces niches fiscales, elles sont nombreuses. J'ai vu dans votre livre qu'il y en avait 470, ce qui n'est pas mal. Ces niches fiscales, elles ne profitent pas également aux femmes et aux hommes. Vous pouvez donner des exemples ?
- Speaker #0
Alors, il y a effectivement toutes les niches fiscales en faveur de la garde des enfants, qui sont évidemment indispensables aux femmes qui travaillent. On ne peut pas avoir des enfants si on ne peut pas garder ses enfants. Donc, elles sont absolument indispensables. Et elles, étonnamment, elles sont dans le rabot. Après... il y a toutes les niches fiscales en faveur de l'investissement. Qui est aussi,
- Speaker #1
de toute façon, dans le plafond.
- Speaker #0
Alors, ou pas, mais c'est un vrai questionnement à qui profite l'investissement des ménages. Et c'est-à-dire qu'il faut aller voir au-delà de la fiscalité, mais vous en aviez parlé, c'est la théorie des pots de yaourt, c'est qu'effectivement, il y a le choix qui est laissé au foyer de ces niches fiscales. Par exemple, un arbitrage simple peut être envisagé. D'un côté, je fais du duflopinel pour acheter un appartement, et de l'autre. Je ne fais pas garder mes enfants ou je fais moins garder mes enfants. Pourquoi ? Parce que ma femme peut le faire gratuitement. Elle n'a qu'à faire moins d'heures sup ou pas aller au sport le soir. Et donc, en fait, on voit le biais que ça crée, ce plafonnement. C'est-à-dire qu'à partir du moment où on met sur le même plan l'investissement économique et la garde des enfants, donc l'autonomie des femmes, ça ouvre aussi la porte à des arbitrages qui sont, à mon avis, pas les meilleurs. Deuxièmement, pourquoi maintenir dans le rabot C'est deux niches qui sont absolument indispensables, la garde des enfants à domicile ou la garde des jeunes enfants. Alors que franchement, je recommence, une jeune femme ne peut pas travailler sans faire garder ses enfants. Donc moi, ce que je prône, c'est qu'on réfléchisse, on mette à plat ces niches fiscales, qu'on laisse le rabot. Pourquoi pas ? Parce que compte tenu de nos finances publiques, il faut un rabot. Mais que les niches absolument indispensables au travail des femmes, on les sorte du rabot. Alors effectivement, par exemple, je ne me ferai peut-être pas d'amis, mais dans la niche travaux à domicile, Je pense que si on rabotait encore plus les frais d'entretien du jardin, pour certains, disons-le, riches retraités, ou d'autres dépenses de ce type, ça ne me choquerait pas énormément. Mais je pense qu'il faudrait faire une ligne claire, c'est-à-dire qu'est-ce qui est vraiment favorable au travail des femmes, qu'est-ce qui ne l'est pas. Et là, on fait un effort délibéré, commun, financé, d'aide à tous ces mécanismes qu'on a pour que les femmes puissent travailler.
- Speaker #1
Alors, je ne vois pas les choses de la même manière que vous. Parce que pour moi, les travaux du jardinage, la construction, la garde des enfants, c'est autant de systèmes qui permettent de créer de l'emploi. Et donc, une jeune femme qui travaille et qui va embaucher quelques heures, quelques jours... Quelqu'un, pour s'occuper de ses enfants, elle va déclencher des charges sociales, elle va déclencher un certain nombre de richesses pour l'État, puisque la personne qui va travailler va devenir ensuite, comment dirais-je, elle va devoir payer des impôts sur les heures qu'elle va faire. Et donc, pour moi, tout ça, ça relève de la solidarité collective des gens qui travaillent et qui ont besoin de services et qui vont faire appel à des gens pour faire ce travail.
- Speaker #0
Alors, c'est l'argument Travaille au noir. C'est-à-dire que... Non, non, mais je l'entends tout à fait. Je l'entends tout à fait, c'est qu'effectivement, quand on a mis en œuvre ce dispositif pour le service à la personne, c'est permettre aux gens d'être déclarés. Et je suis 100% d'accord. Sur cet argument-là, effectivement, ce sont des gens qui ne sont pas très bien rémunérés, qui sont parmi les plus faibles de notre population, et si on crée un système qui nous amène à les déclarer, à leur créer un statut social... Je suis 100% pour. Ça, c'est l'argument, déclaration, et anti-travailler au noir. Ce qui ne le supprime pas, parce qu'on sait très bien qu'on va déclarer une partie des heures et pas toutes.
- Speaker #1
Je suis d'accord avec vous. Cependant, si on maintient les plafonds fiscaux, ça incite à faire du travail en or. Si on libère les plafonds fiscaux, je pense que...
- Speaker #0
Donc cet argument, je l'entends. Après, dans ces périodes de vaches maigres, où quand même on essaie de trouver de l'argent de partout, si on faisait un tri au sein des niches fiscales, en disant « Bon, celle-là, je continue à la subventionner fortement, et celle-là, je la rabote un peu plus, je ne suis pas 100% contre. » Voilà, c'est ça ma position.
- Speaker #2
Alors Lys, finalement, quelle loi faudrait-il voter, améliorer, voire supprimer, pour que la fiscalité cesse d'être inégalitaire pour les femmes ? Oui,
- Speaker #0
il y a un impôt dont on n'a pas parlé, c'est la TVA.
- Speaker #2
Ah, allons-y.
- Speaker #0
Et effectivement, est-ce que la TVA a un sexe ? Est-ce que la consommation est genrée ? Alors dans un premier regard, on peut penser que non. Effectivement, plus je consomme, plus je paye de l'impôt. Donc plus je suis riche, plus je consomme, plus je paye de l'impôt. Donc les femmes consomment moins, paient moins de TVA. Alors ça, c'est un premier regard. Sauf qu'il faut un petit peu affiner le regard et regarder qui consomme quoi. Et effectivement, c'est là où on se rend compte que la TVA a malgré tout un effet genré. Le meilleur exemple, c'est celui de la taxe tampon. La taxe tampon, qu'est-ce que c'est ? Ce sont des collectifs féministes qui se sont saisis du sujet il y a une quinzaine d'années et qui ont trouvé que c'était tout à fait inique que les produits d'hygiène féminine, les protections féminines soient taxés au taux de 20% et ne bénéficient pas du taux de 5,5 pour les produits de première nécessité. J'adore le nom des collectifs, je donne leur nom parce que franchement, c'est le collectif Georgette Sand ou le culotte-gate. Donc elles se sont rapprochées de parlementaires et notamment de députés pour que soit votée à l'Assemblée nationale une réduction du taux de la TVA sur les produits d'hygiène féminine. Et contre toute attente, ça c'était à l'automne 2014, le gouvernement était contre la baisse du taux et les députés ont voté contre l'amendement qui leur était soumis. Elles n'ont pas baissé la garde et elles se sont retournées vers le Sénat où... Dans un premier regard, on peut penser que les sénateurs ne sont peut-être pas les plus concernés. C'est une petite pique facile. Les sénateurs, contrairement à ce qu'on aurait pu penser, se sont saisis de la question et ont voté un amendement pour la baisse du taux. L'amendement revient à l'automne 2014 à l'Assemblée nationale, contre encore l'avis du gouvernement. Et là, les députés se rendent compte que, quand même, on ne peut pas laisser un taux à 20% pour les produits de gestion.
- Speaker #2
C'est un produit de luxe.
- Speaker #0
Et ce qui est drôle, c'est que... France, pays des droits de l'homme, on a plein de pays qui ont des taux inférieurs, et notamment le Kenya,
- Speaker #2
qui a un taux zéro sur les produits d'hygiène féminine.
- Speaker #0
Donc ça, c'est le premier regard. Qu'est-ce qu'on consomme ? Donc effectivement, il faut, à mon avis, repenser tout le système de TVA, dire quelles sont les consommations absolument indispensables pour les femmes, quelles sont les consommations dont on a besoin dans nos vies quotidiennes, et ensuite, qui fait le service qui est soumis à la TVA ? Par exemple, on sait qu'on a des tonnes de métiers, manuels, les coiffeuses, les satiniennes, etc., qui... essentiellement fait par des femmes. Il faudrait peut-être réfléchir, justement, au taux de TVA de ces services qui sont essentiellement donnés par des femmes à des femmes. Alors là, je n'ai pas de solution. Juste, je pose la question dans mon ouvrage, c'est qu'il faut repenser la TVA avec ce biais-là délibéré et trouver des solutions ou pas. Et c'est la fin de cet épisode. Merci, Lise Chatin, d'être venue nous alerter sur ces mécanismes qui perpétuent ou aggravent les inégalités fiscales entre femmes et hommes.
- Speaker #2
Merci encore à notre partenaire Exante, spécialiste de l'investissement dans la silver economy, à découvrir sur exante.fr. On espère que vous avez appris plein de choses qui vous serviront quand vous remplirez votre déclaration de revenus. Ne laissez jamais votre conjoint remplir seul la déclaration de revenus du couple, sinon vous lui permettez de dissimuler certains de ses revenus et son patrimoine financier, entre autres. Et si cet épisode vous a plu, n'hésitez pas à le partager à partir de votre appli Spotify, Apple Podcast, Deezer ou YouTube. Parlez-en à vos copines, à vos collègues, à votre sœur, à votre mère. N'hésitez pas à nous laisser des commentaires et des étoiles pour nous donner encore plus de visibilité. Vous pouvez aussi retrouver les conseils de Thierry dans les livres qu'il a co-écrits « Les filles osant parler argent » chez Duneau et aussi « L'argent au féminin » aux éditions Ellipse. Vous pouvez également nous contacter via LinkedIn et par notre compte Instagram « argent-cache-les-filles » et on vous dit à bientôt.