- Pauline Leroux ArtEcoVert
Bonjour et bienvenue dans le podcast ArtEcoVert. Le podcast de celles et ceux qui veulent comprendre, structurer et déployer la couleur végétale et du vivant dans le monde réel. Je suis Pauline Leroux, ingénieure agronome passionnée de plantes et depuis trois ans, chaque jeudi, je reçois celles et ceux qui font la couleur du vivant. On part de la graine à la couleur finale. On parle plantes et autres sources panctoriales, usage concret, filière, santé. environnement, innovation et biotechnologie. Du textile à la cosmétique, de l'artisanat à l'industrie, du design aux fibres naturelles, une seule approche, relier la couleur du vivant aux usages réels. L'objectif est clair, fédérer et démocratiser la couleur végétale et recréer une souveraineté de la couleur du vivant chez nous. Belle écoute ! Donc bonjour à tous, je suis ravie d'accueillir sur le podcast à récovert Jessie Missile Rivière. Bonjour Jessie.
- Jessie Myscile Rivière
Bonjour.
- Pauline Leroux ArtEcoVert
Alors je suis ravie de t'accueillir parce que tu vas nous ramener, bon, pas aujourd'hui le soleil des îles, mais la vibes. Écoute Jessie, je suis ravie de t'avoir. Je voudrais qu'on parle ensemble de l'histoire du curcuma. Mais avant ça, j'aimerais que pour les auditeurs, tu resitues un petit peu ton histoire personnelle, ton parcours. et ce qui a fait que tu es arrivée au curcuma et on parlera forcément des liens avec la couleur végétale, etc. Mais si tu peux te présenter, s'il te plaît, pour les auditeurs.
- Jessie Myscile Rivière
Alors moi, je suis comme Obélix, je suis tombée dans le curcuma étant petite puisqu'on est la quatrième génération dans ma famille à cultiver le curcuma. Alors évidemment, avant, c'était une culture qui était vraiment une culture épisodique dans notre famille. Donc on avait une culture vivrière forte et le curcuma, c'était juste... pour la consommation personnelle et puis pour la vente, mais en gros c'était du marché forain, dans une petite échelle. Et après, avec mon père, on est passé à une autre dimension, puisqu'il a relancé la production de curcuma à La Réunion, à l'époque où il n'y avait que deux ou trois familles qui continuaient à cultiver dans notre petit village de la Plaine des Grecs du Curcuma. Donc lui, il a relancé la production et du coup, on est passé à une culture beaucoup plus étendue. pour s'imaginer. En gros, on est passé de la parcelle de jardin personnel à une culture de 7-8 hectares en curcuma. Donc, effectivement, c'est un autre type de culture. Et donc, moi, j'ai grandi là-dedans. Je suis arrivée tard à l'agriculture parce que mes parents m'ont toujours dit « Il ne fait surtout pas ça, c'est un métier difficile. On est trop dans l'aléatoire. » Donc, j'ai fait un bon métier. Un bon métier pour mes parents, c'était être fonctionnaire. Je suis prof. Mais je dis tout le temps que la terre, ça parle au-delà des injonctions. Donc, c'était lors de ma dernière grossesse. En grossesse, en 2022, j'ai passé mon diplôme agricole. Je n'ai jamais vraiment quitté le Curcuma, mais je n'étais pas diplômée. Et comme je suis une bonne élève, j'ai passé le diplôme agricole. Ça nous a permis aussi, mon frère également, ça nous a permis aussi de reprendre l'exploitation. Quand mon père, lui, il est parti. Et nous voilà maintenant dans la maison du curcuma, de plein pied, et surtout avec une longue tradition familiale, une longue tradition culturelle, culturelle aussi autour du curcuma, et des expériences très personnelles de coloration.
- Pauline Leroux ArtEcoVert
Top ! Bon, alors du coup, Jessie, tu me tends une perche quand même pour rappeler la difficulté du travail de l'agriculture tinctoriale et de l'agriculture en général. On a pas mal d'épisodes avec des agricultrices en France métropolitaine, mais aussi les territoires d'outre-mer. Donc je voudrais redire ici tout le boulot qu'on fait de lien avec notamment la Guadeloupe, Henri-Joseph, la Guyane. On travaille aussi avec la Martinique, la Nouvelle-Calédonie, la Réunion. On a eu des chercheurs à la Réunion, des cultivateurs. Il n'y a pas vraiment de grandes exploitations agricoles, à part la tienne sur le curcuma qu'on a rencontrée pour l'instant sur le podcast. Je voulais vraiment dire que quand on parle, je parle beaucoup souveraineté de la couleur, couleur française, etc. Il faut aussi se rendre compte qu'il y a beaucoup de couleurs utilisées dans la couleur végétale au sens large qui viennent des territoires d'outre-mer. et donc à chaque fois je me fais l'effort de le rappeler pour tout le monde et surtout pour les auditeurs donc je suis hyper contente parce qu'avec toi on retourne à la réunion, on va parler du Curcuma, comme tu dis c'est une histoire familiale, c'est un projet aussi de... remettre des filières en place, d'accompagner des agriculteurs, des gens qui t'aident aussi sur l'exploitation, etc. Est-ce que tu peux nous raconter la culture ? dans le... Voilà, vraiment très agricole, comment ça se passe une culture de curcuma et nous dire, à la fin, si cette culture de curcuma serait possible en France métropolitaine où elle doit forcément être au soleil, etc.
- Jessie Myscile Rivière
Alors déjà, il faut savoir que la plantation, elle est longue puisqu'on a un cycle de deux ans. En fait, on va commencer à planter le curcuma. Donc, c'est un rhizome. C'est un rhizome qu'on va mettre en terre. Il y a deux parties dans le rhizome. Vous avez la mère et les doigts. Et en fait, il y a des mères qui sont petites, donc on va réutiliser pour pouvoir justement redonner d'autres plantes. Et les doigts qui vont être mis en terre. Et au bout de deux ans, on aura une jolie mère qui sera prête à être récoltée. On peut récolter les doigts et les mères. Les deux sont utilisés dans la coloration et dans la cuisine. Mais on va dire que nous, notre préférence va vers la mère qui est très concentrée en curcumine, donc excellent pour la santé, très riche en coloration aussi, donc avec une couleur beaucoup plus... plus intense que les doigts. Alors lorsqu'on a séparé les doigts des mères, donc les petites mères et les doigts, on va aller les replanter en terre. Donc tout se fait de manière manuelle. Pour le moment on est absolument pas mécanisé et on va venir donc remettre légèrement la terre dessus, ça va faire une petite butée et on va laisser pousser comme ça. Pendant tout le temps de la croissance, donc la sortie des feuilles de la terre, on va avoir un travail qui est extrêmement minutieux On va faire du désherbage mécanique avec la débroussailleuse, mais aussi manuel. Puisque quand c'est proche de la feuille qui commence juste à poindre, on va arracher les herbes, mais on ne va pas débroussailler, on ne va pas mettre non plus de désherbant chimique. Donc du coup, c'est vraiment pendant tout le temps de la croissance de la plante où on va avoir une phase très délicate, surtout en ce moment, parce qu'on a de grosses sécheresses. Alors aujourd'hui, il pleut. béni ce ciel qui nous arrose, mais on a surtout de grosses sécheresses donc c'est des moments qui sont difficiles pour nous parce qu'on ne pourra pas en fait regarder comment va la plante tant qu'elle n'est pas sortie de terre donc dans deux ans.
- Pauline Leroux ArtEcoVert
D'accord.
- Jessie Myscile Rivière
Là l'habitude fait que par exemple là je passe dans les champs pour une autre interview d'ailleurs et je me dis mais les feuilles sont arcoucliées comme on dit donc elles sont repliées sur elles-mêmes et ça veut dire que l'eau manque alors Le ciel, bien entendu, il pleut aujourd'hui. Ça peut se jouer qu'il y ait un peu d'arrosage naturel. Mais c'est vrai que comme on n'a pas d'arrosage mécanisé, etc., on est vraiment soumis au temps. Donc, tout le temps que la plante va se développer, on a besoin d'eau. On a besoin d'une terre bien drainée parce que l'eau ne doit pas stagner. C'est un rhizome qu'on remet sous terre. Donc, si jamais l'eau stagne, c'est génial. Oui, voilà. Et on a la phase où la plante va être bien développée parce qu'il faut imaginer que les feuilles de curcuma peuvent monter jusqu'à… 1,60 m, 1,70 m. Génial pour les cache-cache. Et à ce moment-là, quand ils sont bien développés, on n'a plus de problème avec les plantes. Elles ne vont plus être en concurrence avec notre curcuma. Donc, on peut laisser le terrain relativement enherbé jusqu'à la phase de récolte. C'est le gros avantage. Et puis d'ailleurs, comme le curcuma va prendre beaucoup de place avec ses feuilles, il va faire finalement de l'ombre. Ça va limiter aussi la montée des herbes. Mais ça se complique après puisque les feuilles vont régresser, elles vont être totalement sèches, elles vont aller tapisser le sol et à ce moment-là, là ça repousse. Donc derrière, on repart sur du désherbage mécanique et plus du manuel par contre. Cette fois-ci, ça ne va être que du désherbage mécanique, donc ça c'est quand même l'avantage. Et on va laisser les herbes et les feuilles de curcuma dans le champ, puisque en fait c'est une plante vertueuse. elle va recharger ces feuilles vont recharger le sol en nutriments positifs. Donc ça, c'est génial. Alors souvent, on nous dit qu'on fait de la monoculture dans nos champs. Je dis oui et non. Parce que du coup, en laissant toutes les herbes au maximum dans le champ, on va créer quand même de la biodiversité. Après, ce sont des champs où il y a des plantations de fruitiers. Il y a plusieurs plantes qui poussent, des bananiers, des agrumes. On a quand même des songes, on a quand même pas mal de plantes qui vont... pousser aussi sur le terrain parce que on n'a pas décidé de finalement déculturer le terrain pour le recultiver on a laissé vraiment comme ça et puis même on a des parcelles qui sont en flanc de falaise et à ce moment là nous on travaille vraiment un projet de travail pérenne avec l'arboriculture en fait, donc on peut sûrement travailler en sous-bois, pas pour le curcuma mais pour d'autres cultures comme le poivre par exemple qu'on fait également Merci. Donc voilà, il y a vraiment des choses qui sont faites, nous notre idée. Il y a plein d'agriculteurs à plein des grèves qui ne travaillent pas comme ça. On a la chance aussi d'avoir quand même pas mal de terrain. Mais nous, notre idée, c'est de laisser le terrain le plus brut possible et d'adapter la plante à son terroir et pas d'adapter le terroir à la plante.
- Pauline Leroux ArtEcoVert
D'accord.
- Jessie Myscile Rivière
Ce qui fait aussi qu'on peut travailler sur justement cette notion de terroir et d'avoir du curcuma qui est différent selon les parcelles plantées. Et ça, c'est très intéressant parce qu'on a peu l'habitude d'utiliser le curcuma en frais. Mais dès qu'on s'y intéresse vraiment, et moi qui suis une fan de la nature du vivant et qui adore la fermentation, dès qu'on commence à jouer avec de la fermentation de curcuma, le terroir va avoir une importance capitale. Par exemple, je vais vous donner un exemple concret. Quand on goûte du curcuma, on ne s'en rend pas compte, mais quand il est frais et avec le travail de la fermentation, on va avoir un goût de banane qui va ressortir du curcuma qui est juste incroyable.
- Pauline Leroux ArtEcoVert
Oui, c'est clair. Qu'est-ce que j'allais dire ? Avant que tu continues, j'ai des questions quand même. Donc, tu parlais, c'est un rhizome, c'est bien de le redire, parce que c'est vrai que comme ce n'est pas une culture qu'on voit, nous, par exemple, en France métropolitaine, on ne se l'imagine pas. Quand tu dis les mers et les doigts, vous, vous préférez les mers, est-ce que ça, tu l'as mesuré ? Est-ce que tu as fait des mesures de taux de colorant, etc. ? Ou visuellement, tu te rends compte clairement qu'il y a plus de colorant dans les mers parce que c'est un rhizome plus charnu ? Est-ce que ça te plaît ? t'as mesuré ou pas ?
- Jessie Myscile Rivière
Alors, on a des mesures, je ne suis pas capable de produire exactement les chiffres, mais on a des mesures. En fait, les doigts sont moins concentrés en curcumine et les mères sont plus concentrées. À l'œil nu, on voit directement. En fait, le curcuma doigt, il va être orangé. Le curcuma mère, il va être orange vif. Et du coup, c'est un peps qui est totalement différent. On le reconnaît comme ça, en poudre, et on le reconnaît aussi dans les plats, et on le reconnaît encore En plus, dès qu'il s'agit de teinture naturelle, dès qu'il s'agit de tissu, il y a une vraie différence.
- Pauline Leroux ArtEcoVert
D'accord, ok. Donc ça, c'était ma première question. Ensuite, tu parles d'une culture, on va dire, principalement manuelle, avec des phases quand même mécanisées pour désherber, etc. Ça me parle beaucoup d'autres cultures de plantes tinctoriales où le moment précis du désherbage, comme tu disais, il y a vraiment une phase où il faut vraiment que tu laisses la... plante poussée et ne pas être en concurrence. Ça me fait penser à d'autres sujets, le fait que vous n'utilisiez pas des herbes en chimique. La maison du curcuma, elle est certifiée bio ou vous ne l'êtes pas certifiée, mais vous n'utilisez pas de pesticides ?
- Jessie Myscile Rivière
On n'est pas certifiée, mais on n'utilise pas de pesticides, en sachant qu'on va faire la transition parce qu'on se dit que c'est déjà des pratiques qu'on a. Mais nous, on est un groupement d'agriculteurs qui travaillent avec nous. C'est des anciens... c'est-à-dire que remplir des cahiers des charges, etc. On compte vraiment sur le renouveau de notre groupe d'agriculteurs, parce qu'on a quand même des jeunes qui nous rejoignent. Et on compte vraiment sur cette jeunesse, en fait, pour être plus dans la paperasse. Parce que c'est vrai que ça demande quand même un suivi sérieux si on veut faire bien. Et moi, j'aime bien quand je commence quelque chose, soit c'est fait bien comme il faut, soit c'est pas fait. Donc, voilà. Alors, juste pour y poser la question, est-ce qu'on peut cultiver le curcuma en métropole ? métropolitaine, on va dire en France hexagonale parce que je préfère le terme. Il y a déjà des cultures de curcuma en France hexagonale, en Espagne aussi, et en fait ils font pousser le curcuma sous serre avec un ensoleillement, enfin avec un réglage en fait de luminosité accrue, avec un arrosage et un drainage etc. Donc du coup oui ça existe déjà. Il paraît qu'ils arrivent à sortir du curcuma à maturité en six mois. Alors moi, je suis toujours très prudente. Toujours que la nature a son cycle et que la nature a son temps. Donc je suis peut-être chauvine, mais je crois que le curcuma de la plaine des Grèves, son terroir, sa terre, la sinistré de la terre, tout ce qui fait la richesse du nature-cuma est aussi contenu dans les ressources qu'on a d'un point de vue naturel.
- Pauline Leroux ArtEcoVert
D'accord, tu fais bien de le préciser. C'est comme les tomates élevées sous serre, ça n'a pas le même goût. Si on fait juste le parallèle là. D'accord, donc ça c'est très bien. Donc pour reprendre la partie sur la culture, c'est une plante qui monte très haut, je ne m'étais pas du tout attendue à ça. Ensuite les feuilles retombent sur le sol, donc tu as toujours le rhizome en terre. Comment tu récoltes ce rhizome ? C'est bien deux ans après l'avoir mis en terre, c'est ça ? J'ai bien suivi ?
- Jessie Myscile Rivière
Ça va faire deux cycles en fait. Donc du coup, premier cycle, les feuilles vont faner. On recommence un deuxième cycle, les feuilles vont de nouveau faner, donc avec tout ce que j'ai déjà décrit. Et à ce moment-là, on va aller prendre ce que l'on appelle un pic. Donc on va aller soulever la motte de curcuma. Donc la motte de curcuma, c'est la terre qui entoure les rhizomes qui sont entre eux, donc avec les racines enchevêtrées. Et à ce moment-là, on va aller dans les champs, il y a toujours des rochers, des cailloux. Donc on va aller casser comme ça les mottes sur les cailloux. Et ça va déjà commencer à séparer la terre, parce qu'on va laisser quand même sécher la terre sur les mottes avant de pouvoir casser. Sinon c'est tout agoutiné, on ne peut pas. Et du coup, ça va séparer. la mère, enfin ça va séparer plutôt les différentes parties de la plante, pas la mère et les doigts, mais il va y avoir en fait la motte qui va se casser, et là on va commencer à ramener sur le lieu d'exploitation et à séparer la mère et les doigts et à commencer notre traitement. D'accord,
- Pauline Leroux ArtEcoVert
donc direct tu sépares après récolte la mère et les doigts et tu remets les doigts, est-ce qu'il y a un temps d'attente entre quand vous avez enlevé les doigts de les remettre en terre, ou non vous le faites direct ?
- Jessie Myscile Rivière
Alors on pourrait le faire directement, d'ailleurs c'est ce qu'on a prévu de faire sur le long terme pour avoir moins de Merci. pour avoir un tri déjà sur place. Il y a déjà un pré-tri sur place quand même, parce que quand on casse comme ça, on voit déjà ce qui va partir. Mais sinon, le gros travail de séparation va se passer sur notre lieu de production. Là, à la main, encore une fois, on va séparer les doigts des mères. On va prendre les doigts d'un côté, on va les mettre dans des grandes bétonnières. Alors nous, c'est système D. Dans des grandes bétonnières avec de l'eau. Et ça va venir nettoyer les doigts. Et on va récupérer ces doigts qui vont être propres. les mettre en lamelles à la machine, les mettre à sécher au soleil et après sortir la poudre. Ça, c'est le premier travail. Le deuxième travail, ça va être avec les mers. Et là, on comprend tout de suite la préciosité du produit. On va prendre les mers, on va les nettoyer, on va enlever la peau au petit couteau et on va les mettre… Donc, le tout,
- Pauline Leroux ArtEcoVert
tu enlèves le tout, tu l'épluches quoi ?
- Jessie Myscile Rivière
Il faut bien imaginer que c'est une peau qui est quand même assez costaud. Donc, on va éplucher à la main. Il y a des racines qui sortent, donc du coup il va falloir enlever les racines, en fait aussi détourer au couteau les racines. On va couper à la main les lamelles, ce qui va permettre au jus du curcuma de rester totalement concentré dans la mer, ce qui va permettre aussi de ne pas chauffer la racine, parce que quand on passe dans un truc qui tourne vide, ça chauffe, de ne pas chauffer la racine. Donc là il y a tous les principes actifs du curcuma qui sont concentrés, qui sont gardés, et on va le sécher pas directement au soleil, mais plutôt dans un système de serre imbriquée. où la lumière du soleil va être indirecte. On doit calculer l'hygrométrie pour éviter d'avoir trop d'humidité pour que ça sèche et éviter trop de chaleur pour ne pas perdre la cuillère. Les princes,
- Pauline Leroux ArtEcoVert
oui, j'imagine.
- Jessie Myscile Rivière
Donc du coup, tout ça se fait à la main, au petit couteau, à l'œil humain, et à la sueur humaine.
- Pauline Leroux ArtEcoVert
Ça me rappelle beaucoup la culture de la garance, tu vois. avec ses racines qu'il faut sortir de terre, laisser un petit peu sécher, ensuite dépoussiérer, il ne faut pas les mettre en plein soleil, etc. Donc quand tu dis j'utilise une pique, c'est un genre de fourche où tu lèves la... Ouais, c'est un genre de fourche où tu lèves la... Et tu es obligée de tout récolter d'un coup ou tu peux espacer ? Par exemple, tu peux récolter des lignes en disant cette année on fait ça ou quand tu récoltes, tu récoltes tout ?
- Jessie Myscile Rivière
Alors idéalement, il faut tout récolter. Parce que le truc, c'est que la plante, elle repart dans son cycle. Je ne peux pas me dire, par exemple, qu'elle arrive à maturité, elle est sous la terre, elle est tranquille, je récolte, je ne sais pas moi, un hectare aujourd'hui et je récolterai les autres terrains plus tard. Parce qu'en fait, le truc, c'est que dès qu'il va recommencer à pleuvoir, la plante, elle va commencer à germer. Donc, elle recommence son cycle. Et à partir du moment où elle commence son cycle, comme la plupart des plantes, quand les feuilles vont sortir, la force qui va être amenée, ça va être aux feuilles pour pouvoir être dans le cycle. apparentes, etc. Et du coup, on va perdre de qualité au niveau du curcuma. On est obligé d'attendre encore une fois. Là, on peut attendre un an, par exemple. On peut avoir du curcuma qui n'est pas récolté sur deux ans et qui sera récolté la troisième année.
- Pauline Leroux ArtEcoVert
Et ça change tes taux ? Non, ça ne change rien. Donc, la période optimale, c'est deux ans. C'est là où tu as les meilleurs taux. D'accord, ok. Hyper intéressant. Donc, tout à la main, ok. Et pour qu'on se figure, tu peux obtenir des racines de quelle taille, à peu près, si tu nous montres avec tes mains ? Ça peut être vraiment très gros ou ?
- Jessie Myscile Rivière
Les modes de curcuma, ils vont être comme ça. Ouais, d'accord. Du rhizome lui-même, la mère, ça va être à peu près de cette taille-là.
- Pauline Leroux ArtEcoVert
D'accord.
- Jessie Myscile Rivière
Et les doigts, ils sont beaucoup plus fins, ils sont longs, à peu près comme ça.
- Pauline Leroux ArtEcoVert
D'accord, ok. Voilà.
- Jessie Myscile Rivière
Alors, contrairement au gingembre, où on voit en fait se dessiner comme une espèce de petite main, comme ça, à quatre doigts, des fois, avec une partie un peu charnue, le curcuma, il n'aura pas ça, il aura vraiment ses mères, donc comme ça. Et autour, les doigts qui vont être vraiment comme des petits doigts, comme ça, coupés. Des knackis.
- Pauline Leroux ArtEcoVert
Des knackis, OK. Comme ça, on se figure bien, c'est top. OK, pourquoi tu le coupes en lamelles ? Tu ne peux pas le faire sécher le rhizome complet. Tu coupes en lamelles pour que ce soit plus facile à travailler ou…
- Jessie Myscile Rivière
pour que ça puisse sécher. Parce qu'en fait, c'est pareil, la phase du séchage est une phase très particulière. Avant, on faisait tout sécher au soleil sur du caillou un peu noir. Donc du coup, il y avait cette réverbération du soleil, la chaleur de la pierre, etc. Et bon, nous, quand on a fait des études avec mon père dessus, on s'est rendu compte qu'il y avait une déperdition en fait. Oui,
- Pauline Leroux ArtEcoVert
de toute la matière.
- Jessie Myscile Rivière
Voilà. Donc du coup, c'est pour ça qu'on a travaillé sur une technique de serre imbriquée. pour faire un séchage sans lumière directe. Et le truc, c'est que le curcuma est hyper chargé en eau. Donc du coup, si on le garde entier, il va moisir.
- Pauline Leroux ArtEcoVert
D'accord, ok. Est-ce que c'est un rhizome qui peut se broyer ou se hacher ?
- Jessie Myscile Rivière
Oui. Il est difficile à broyer et à hacher, mais on peut le faire. On le fait et surtout on l'utilise. nous on l'utilise comme ça par exemple pour faire des sirops d'accord alors pour mes petits tests à moi de teinture c'est ce que je faisais aussi c'est que j'écrasais vraiment le rhizome après bon moi je faisais au mortier à l'époque parce que c'était en petite quantité donc j'écrasais au mortier et j'utilisais la pâte de curcuma même d'ailleurs même en Ayurveda etc on l'utilise comme ça pour réduire l'inflammation etc donc
- Pauline Leroux ArtEcoVert
On va parler des propriétés, parce qu'il y a de quoi dire aussi là-dessus. Je voudrais juste te poser des questions. On a parlé des herbages, on a parlé mécanisation. Est-ce que tu as une rotation de culture à assurer ? Est-ce que tu peux replanter du curcuma non-stop sur un même sol ou au bout de deux ans, globalement, tu changes de parcelle pour des raisons de ravageurs ou pour d'autres raisons ? Il y a une rotation ou pas ?
- Jessie Myscile Rivière
De manière traditionnelle, on faisait une rotation naturelle parce qu'on alternait souvent avec du maïs, de manière traditionnelle. Mais quand on est passé, donc il faut bien imaginer, c'est juste la génération de mon père, donc la génération juste avant moi, on est passé à une culture qui est plus intensive, et du coup on a arrêté en fait ça. Et le résultat c'est quoi ? C'est qu'on constate en fait que la terre forcément elle s'appauvrit. Même si le curcuma est vertueux, notre problème c'est pas le fait que le curcuma ne se recycle pas lui-même, le problème c'est les avalaces, les grosses pluies qui vont en fait venir totalement raviner le sol, et ramener... tout l'humus, donc tout ce qui était bon qu'on a gardé, ramener tout l'humus dans les rivières, et ça, c'est dramatique. Donc du coup, par exemple, là, en ce moment, on a un temps qui est idéal, on n'a pas beaucoup de pluie, mais quand elle tombe, elle tombe par petites couches, petites vagues, donc ça a tant d'imprégner le sol. Mais il y a des moments où on a des épisodes, en fait, qui sont vraiment ravageurs pour la terre, où on va avoir un vrai lessivage de la terre, et à ce moment-là, ben, là, on se rend bien compte quand même que d'avoir une autre culture dessus, en alternance, ça aide.
- Pauline Leroux ArtEcoVert
Alors,
- Jessie Myscile Rivière
il y a aussi... une culture traditionnelle du vétiver, donc qui est une plante à parfum, mais qui a en fait des racines profondes qui vont avoir pour objectif de garder la terre dans les terrains. Alors, c'est une plante qui est hyper vertueuse, on pourrait en parler pendant deux heures aussi, mais en tout cas, elle va retenir en fait la terre des terrains et en fait, c'est pareil, c'est une culture qui a toujours été faite de manière ancestrale sans quoi nous, on sache pourquoi et là, nous... Mon frère et moi, on est en train de ré-implanter ce vétérinaire autour des terrains pour éviter le lessivage et du coup, se dire que même si on garde la même culture qui est quand même vertueuse, on a ce principe-là. Et pareil, au lieu d'alterner des parcelles, des grandes parcelles d'alternance, on est en train de diviser les parcelles en petites unités et du coup, on intercale d'une année sur l'autre. Donc, on a un vrai travail de fond là-dessus. On n'est pas bon encore. mais on y travaille.
- Pauline Leroux ArtEcoVert
C'est génial. Et puis, tu vois, généralement, ce qui était fait avant était fait pour une raison. Et des fois, on a voulu... Je parle de ça, mais c'est des exemples qu'on a aussi entendus par des agris, etc. En fait, il y avait une raison à ça. Peut-être qu'on ne la comprenait pas, mais il y avait une raison. C'est hyper intéressant. Je serais hyper curieuse que tu nous racontes, du coup, vos recherches là-dessus, etc. Est-ce que le curcuma a des ravageurs ? Est-ce que tu as des insectes ? des champignons, peut-être, vu comme c'est un rhizome dans la terre. Est-ce que tu as des problèmes comme ça, des fois, de cultures qui peuvent être anéanties ?
- Jessie Myscile Rivière
Alors, on en a très peu, mais on n'a pas de ravageurs, déjà, au sens animal. Mais par contre, on a des moisissures, des choses qui se passent. Alors, nous, on appelle ça le rhizome des mâfres. En fait, ça veut dire qu'il est blette à l'intérieur, vraiment. On n'arrive plus à le... Il est farineux. Donc du coup, on ne va plus pouvoir l'utiliser. Mais on va dire que c'est surtout le fait que ça pourrisse. Il y a beaucoup de pluie. Donc pour le moment, on n'a pas encore, je touche du bois pour qu'on n'en ait jamais, mais on n'a pas encore eu de gros soucis là-dessus. Notre gros problème de culture, c'est manque d'eau quand il y a les sécheresses, trop d'eau quand il y a la période de récolte. Ça, c'est vraiment les deux soucis majeurs. Et surtout, nous à La Réunion, je ne sais pas trop comment ça se passe en hexagone, mais à La Réunion, on peut déclarer, par exemple, il y a un gros cyclone, etc. On déclare les catastrophes naturelles, comme partout. du coup, le... il y a un temps d'instruction du dossier. Sauf que du coup, c'est très mal foutu. Parce que nous, pour qu'on puisse faire passer ça comme un dommage, en fait, il faudrait que ce soit dans l'immédiat. C'est en deux ans qu'on voit le fait du problème. Donc les dossiers sont clôturés. On se rend compte qu'on a une mauvaise production parce qu'il y a eu tel, tel, tel phénomène climatique et on ne peut plus rien faire. Donc une année de perdu chez nous, deux années du coup de perdu. Ce sont deux années qu'on ne récupère pas financièrement. ni d'un point de vue de la compensation financière possible, ni d'un point de vue du stock. Je vais vous donner un exemple concret. L'année dernière, on était vraiment en dessous d'habitude. On fait entre 7 et 12 tonnes de curcuma, généralement 12 tonnes. L'année dernière, on était à 4 tonnes.
- Pauline Leroux ArtEcoVert
Ah oui, d'accord.
- Jessie Myscile Rivière
Voilà. C'est incroyable. Quand on sort 4 tonnes, on sait que la fin de l'année, il faut savoir que le curcuma, c'est la base de notre cuisine.
- Pauline Leroux ArtEcoVert
et puis c'est très utilisé aujourd'hui d'un point de vue de la santé donc du coup il faut savoir qu'à la fin de l'année même moi je me disais ce que j'aurais du faire dans mon plat ok donc pas forcément de ravageurs mais plutôt lié aux conditions météo et puis à cette histoire d'eau conservée dans le sol et que tous les bons ingrédients ne se laissent pas dans les pentes ok qu'est-ce que j'allais dire donc une fois que tu as coupé ton curcuma en lamelles pour qu'il sèche correctement, tu vérifies le taux d'hygrométrie pour que ça ne remoisisse pas ou qu'il n'y ait pas de problème. Tu peux le conserver combien de temps en forme de lamelles comme ça ?
- Jessie Myscile Rivière
En forme de lamelles, si on met sous vide en plus, on peut le conserver vraiment pendant plusieurs années sans problème. Il faut savoir que des émisses comme nous, c'est photosensible, donc pas de lumière, pas d'humidité, c'est ça. C'est vraiment ça. Parce qu'en fait, la mise en poudre, nous, on va la faire au fil des besoins. On ne va pas tout mettre en poudre tout de suite.
- Pauline Leroux ArtEcoVert
C'est génial,
- Jessie Myscile Rivière
c'est bien intéressant. C'est la mêle, ce qu'on appelle les cossettes séchées. On va vraiment les fermer, garantir qu'il n'y ait ni humidité, ni poussière, ni lumière directe. Et une fois que c'est comme ça, j'ai envie de dire que dans les coffres des pirates, il devait certainement y avoir des épices. Et peut-être qu'un jour, on trouvera un coffre avec des épices intactes, parce que les équipes, ça ne me... Finalement, elles sont très bien. Elles sont à l'abri de...
- Pauline Leroux ArtEcoVert
Elles viennent limitées. Génial. D'accord. Et alors, hyper intéressant, tu mets en poudre que selon les besoins. Donc, du coup, cette étape de poudre, est-ce que c'est... Comment je vais dire ? Est-ce que tu as des... Comment ça s'appelle ? Des broyeurs spécifiques ? Parce que c'est quand même charnu. Enfin, on ne va pas se mentir. Est-ce que tu as du matériel spécifique ? Est-ce que tu dois te couvrir le visage ? Est-ce qu'il y a des poudres qui... peuvent être irritantes, comme on a parfois sur la garance, il y a des agrimes qui ont des allergies au moment de la mise en poudre. Comment ça se passe pour le curcuma ?
- Jessie Myscile Rivière
Alors nous, il y a une histoire incroyable sur la machine. Donc du coup, en fait, il faut savoir que mon grand-père, quand il a commencé à cultiver un peu plus de curcuma, il s'est dit qu'il fallait absolument qu'il achète, donc on appelle ça le moulin, pour pouvoir en fait produire sa propre poudre, parce qu'il avait compris que quand il allait acheter la personne qui mettait en poudre, forcément, il devait payer. Donc, il s'est dit tant qu'à faire, il a de l'argent de côté, il va acheter une machine qui venait de Marseille. Alors, elle était pour l'époque incroyable et il n'a jamais su l'utiliser. Il s'est dit bon, c'est trop moderne pour moi, alors je vais la revendre. Mais ce qui est rigolo, c'est que mon père l'a racheté. Donc, aujourd'hui, on l'utilise toujours dans l'exploitation. Alors, parfois, tout saute et à ce moment-là, on est obligé de faire attention parce qu'en fait, si vous voulez bien, il y a… Il y a un système de broyage, un espèce de tuyau qui va ramener comme un gros cyclone qui tourne et la poudre va se déposer dans le récipient qu'on va mettre dessous. Donc, tant que ça marche bien, il n'y a pas de souci, ça descend, on n'a pas de poudre qui est inhalée. Alors, quand elle décide d'avoir un petit coup de froid ou un coup de caprice, tout s'en va vers le haut, donc là, on est jaune.
- Pauline Leroux ArtEcoVert
Alors, sur la peinture, là, on est... Chez nous, on a une expression, c'est pas de jaune. Donc, ça veut dire les pieds jaunes. Ça vient du cœur humain aussi, du coup. Mais du coup, là, on n'est pas seulement pas jaune, on est carrément tout notre corps jaune. Les joues, on sort, on est maquillée. Et du coup, voilà. Mais sinon, en temps normal, on n'a pas justement de projection de poudre. Donc, du coup, ça se passe très bien.
- Jessie Myscile Rivière
Ça se passe très bien. OK, d'accord. Donc, tu mets en poudre... à la demande en fonction de tes besoins et comme ça tu gères ton stock d'année en année, etc. Est-ce que maintenant on peut parler un petit peu des débouchés du curcuma liés aussi aux propriétés ? Parce que franchement, tu vois, moi j'en entends parler du curcuma depuis des années sur tous les bienfaits. Peut-être qu'on peut s'attarder aussi de rappeler un petit peu les bienfaits et du coup les débouchés qui en découlent.
- Pauline Leroux ArtEcoVert
Alors le curcuma, c'est vraiment une plante amie de la terre comme on l'a compris mais de l'être humain aussi. Alors tu parlais tout à l'heure de la sagesse populaire des anciens et là on voit vraiment à quel point nos anciens ils étaient sages, ils étaient instruits dans tout ce qui était autour de la nature et en fait nous on ne fait que mettre un principe scientifique sur des pratiques, c'est tout ce qu'on fait nous. Donc du coup il faut savoir que le curcuma il a toujours été utilisé, moi je suis extrêmement intéressée à tout ce qui entoure la grossesse, l'accouchement. la naissance, le bien-être des bébés, etc. Et en fait, le curcuma, c'est déjà un puissant cicatrisant. Donc, dans toute la littérature occidentale que j'ai lue, c'est surtout les mamans qui, à l'aide, ne doivent pas prendre de trop de curcuma, etc., ensuite de couche, alors que nous, dans notre pratique culturelle, une maman qui vient d'accoucher, elle va prendre du curcuma. Parce que le curcuma, du coup, il va faire un cicatrisant externe et interne. Donc du coup, au niveau de la… reconsolidation et puis de l'évacuation en fait du sang etc c'est super il fluidifie le sang donc toutes ces douleurs qui sont liées aux tranchées avec des gros caillots etc désolé pour les détails mais du coup ça fluidifie le sang donc ça va vraiment avoir un côté vertueux aussi à ce niveau là et du coup ça va permettre d'avoir une bonne cicatrisation au niveau de l'adnêtement il est galactogène donc du coup il va faire monter le lait alors Du coup, c'est vraiment une plante, comme je dis, pour les femmes, c'est incroyable. Alors, pour les gens qui ont des migraines aussi, le fait d'avoir la fluidification du sang, ça permet d'éviter aussi les migraines, donc pas mal. C'est un anti-inflammatoire connu et reconnu. Aujourd'hui, on entend parler partout de la curcumine, donc à utiliser comme anti-inflammatoire. Je ferai une petite attention après. Et au niveau aussi des radicolibs, donc c'est utilisé. C'est tellement puissant. pour vous dire que c'est tellement puissant que quand quelqu'un fait un traitement anti-cancéreux donc avec la chimiothérapie on lui demande d'arrêter le curcuma parce que le curcuma il va avoir pour fonction de renouveler les cellules le problème c'est qu'il renouvelle les cellules bonnes ou mauvaises donc du coup tant que les cellules ne sont pas renouvelées on ne redonne pas du curcuma au patient et aussi par contre en prévention du cancer comme c'est un anti-radicaux libre ça j'ai entendu voilà alors Tous les jours, il y a des recherches qui sortent sur le curcuma. Nous, on a commencé, pour bien s'imaginer, on a commencé à envoyer notre curcuma à l'hôpital de la Salpêtrière, la salpêtrière en métropole, depuis les années 70. On était vraiment dans l'avant-garde. Mon père a sorti un produit à ce moment-là, un peu plus tard, mais ça s'appelle le 951. C'est un produit qui est composé de 9% de curcuma. enfin de 9 doses de curcuma, de 5 doses de gingembre et d'une dose de poivre en fait. Et l'idée, d'ailleurs, c'est la tâche estopulaire, gingembre et poivre, ça permet la biodisponibilité du curcuma. Voilà, donc du coup, le truc, c'est qu'il va fixer dans notre organisme. Et c'est là que je vous dis attention, parce que souvent je vois des super capsules en parapharmacie, en pharmacie, curcuma surboosté. Alors on lit, il y a des taux de curcumine dedans, de folie, qu'on ne trouvera jamais à l'état naturel. Soir ! Au mieux, c'est isolé de manière chimique dans le curcuma naturel. Au pire, c'est totalement composé en laboratoire. Et le problème, c'est qu'on peut avoir le taux de curcumine qu'on veut. Ce n'est pas assimilable. C'est absurde. C'est complètement absurde. Donc, du coup, il y a vraiment cette histoire de biodisponibilité. Et comme toute chose, même l'eau est toxique à forte dose. Donc, comme toute chose, forcément, on doit être sage. C'est-à-dire que les doses habituelles et usuelles sont totalement bonnes pour la santé. Maintenant si on va manger des tonnes et des tonnes et des tonnes de curcuma, encore une fois, notre corps n'est pas prévu pour ça. On est omnivore, on est censé quand même avoir une alimentation équilibrée. Donc du coup, on entend des fois « oui le curcuma se gait, le curcuma est mauvais pour l'organisme, etc. » Non, c'est faux, mais ça veut dire qu'évidemment on va se noyer. dans un pot de curcuma et en manger à la petite cuillère tous les jours, il y a un souci. C'est normal, ce n'est pas fait pour ça.
- Jessie Myscile Rivière
D'accord, ok. Donc, hyper intéressant, c'est-à-dire que même en cuisine, quand tu mets du curcuma, parce qu'il y a eu, pareil, une vague d'un moment où on te disait, à chaque fois que tu cuisines, mets un soupçon de curcuma. Donc, s'il n'y a pas le poivre et le gingembre, c'est moins assimilé par l'organisme. Alors,
- Pauline Leroux ArtEcoVert
pour le curcuma, il faut avoir un corps gras, du gingembre et du poivre. Alors, c'est... sensible au niveau du poivre, on va dire vous prenez le gingembre et le corps gras, ça va être bien. Après, le travail du curcuma, quand on va cuisiner par exemple, vous avez souvent le corps gras qui est déjà dedans, mais le truc c'est qu'on va mettre du curcuma au moment où on a fini notre cuisson, pour pouvoir avoir une chaleur descendante et pas une chaleur montante qui va brûler la curcumine.
- Jessie Myscile Rivière
Génial ! Je ne savais pas qu'on allait faire cette de cuisine.
- Pauline Leroux ArtEcoVert
Si on a un curcuma qui a été séché au soleil dans un four avec une chaleur, il ne servira à rien en fait.
- Jessie Myscile Rivière
Et pareil, j'allais dire, peut-être attention aux trucs d'épices, des commerces. Est-ce que c'est vraiment du curcuma de qualité ? Donc moi, j'ai travaillé dans l'agroalimentaire avant. J'avais lu beaucoup de livres sur des gens qui nous racontaient avec quoi à l'époque on mélangeait les épices. Bon, c'était affolant. Je ne me souviens plus du nom du livre, mais je le mettrai. C'était vraiment une étude. d'agronomes et de gens qui travaillaient dans les usines. Est-ce que toi, tu sais, sans faire de la délation, mais il vaut mieux acheter à des sources fiables ou les épices du commerce, ça fait quand même le job ?
- Pauline Leroux ArtEcoVert
Alors, écoutez, déjà, la plupart du temps, le curcuma que vous allez trouver dans les grandes surfaces, ça ne va pas être du curcuma de La Réunion. Ça va être du curcuma d'importation. En Inde, ils ont totalement un autre processus pour faire le curcuma. C'est-à-dire qu'ils vont cuire le curcuma dans de l'eau, ils vont retirer l'huile essentielle au final, et ils vont après sécher le curcuma une fois que ça a déjà été cuit, et faire de la poudre avec. Donc ça veut dire qu'il y a une cuisson du curcuma, on va perdre énormément au niveau des qualités, comme on a dit. On va retirer l'huile essentielle, par exemple. Du coup, c'est pareil, on perd le principe actif. Et ce qu'il y a, c'est le reste. Alors, il y a le pouvoir colorant qui reste,
- Jessie Myscile Rivière
maintenant je veux dire si on parle vraiment de la valeur globale de la plante il y a forcément une perte énorme au niveau de la qualité d'accord tu vois on fait bien en parler et donc du coup un bon curcuma c'est pas forcément un curcuma qui teint, qui donne de la couleur il peut y avoir du principe actif qui est parti par chaleur par ce que tu expliquais, super j'aurais jamais cru qu'on ferait une petite recette de cuisine sur le podcast, c'est trop bien donc ajouter le curcuma en fin de cuisson quand la température descend ... Ça, c'est top. Et poivre, corps gras et gingembre. Écoute, super. Est-ce que tu as tout dit dans les principes actifs ou est-ce qu'on en a oublié ?
- Pauline Leroux ArtEcoVert
Après, c'est un expectorant. C'est un super booster au niveau de la bonne mine. On peut en mettre dans les cosmétiques. Ça, c'est vraiment quelque chose d'important. C'est un colorant, certes, mais c'est aussi un booster de bonne mine, un peu comme... l'Uruku là oui l'Uruku on peut utiliser pour faire des huiles alors moi par exemple quand je pareil encore une fois j'ai 5 enfants donc du coup j'ai déjà eu plusieurs épisodes à la maternité on sait que quand on a accouché on n'est pas de toute fraîcheur donc du coup je prépare une petite huile en fait simple avec du curcuma que je laisse macérer pendant un certain temps dans de l'huile et ça va me faire un effet bonne mine marche aussi je suppose en hiver sous le soleil ou la grisaille hexagonale Merci. Mais en tout cas, ça donne quand même un côté bonne mine. Et surtout, il ne faut pas oublier que comme il y a des antires à 10 pots libres, encore une fois, ça fait vraiment bien le travail aussi au niveau de la peau. Oui,
- Jessie Myscile Rivière
il y a plein de choses à faire. Je suis hyper aussi contente que tu aies parlé des compléments alimentaires, tout ce qui est nutraceutique, etc. Parce qu'effectivement, on voit des capsules de curcuma et tu vois, à aucun moment on... Il faudrait que j'aille regarder, ça va me piquer la curiosité, voir la disponibilité pour l'organisme. En tout cas, hyper intéressant. On a vu le curcuma utilisé en cuisine. Est-ce que tu peux citer, c'est dans des plats réunionnais, on a du curcuma globalement partout ? Oui, j'ai un peu l'impression. Oui, on est d'accord.
- Pauline Leroux ArtEcoVert
Voilà, c'est vraiment la base. Nous, on fait toujours revenir tomate, oignon et curcuma pour les caries.
- Jessie Myscile Rivière
ça me rappelle des bons souvenirs bref je reviendrai te voir pour regarder l'exploitation de curcuma gros coup de coeur pour la réunion franchement bon bref on dévie cuisine ok cosmétique est-ce qu'aujourd'hui tu as des débouchés des clients qui viennent t'acheter du curcuma de la curcumine pour les produits cosmétiques est-ce que tu sais pourquoi tes clients t'achètent du curcuma ou est-ce que comme parfois c'est caché tu sais pas dans quoi ça part
- Pauline Leroux ArtEcoVert
Alors nous, on a toute une partie de notre exploitation qui est dédiée aux professionnels. Donc du coup, on a quand même ce rapport avec eux. Et évidemment, quand on s'appelle savonnerie, il y a peu de chances que ce soit utilisé pour autre chose. Donc du coup, on a des gens comme ça qui vont acheter. Il y a beaucoup de savons. Il y a une grosse mode aussi au niveau des produits ayurvédiques. Et puis à la Réunion, c'est tout indiqué, parce qu'on a dans notre base de notre population, on a les engagés indiens. Donc on a cette tradition d'utiliser le furcuma. de plein de manières, mais du coup, il y a beaucoup de savon curcuma, des masques aussi aujourd'hui qui sortent un petit peu. Alors, ce n'est pas les grandes marques qu'on entend sur les réseaux sociaux, mais c'est des petites marques lignonnaises qui vont faire des masques à partir de notre curcuma. Moi, j'en ai toujours fait personnellement. Et puis, on a aussi des gens qui vont utiliser le curcuma pour la coloration, justement.
- Jessie Myscile Rivière
Coloration teinture ou coloration capillaire ?
- Pauline Leroux ArtEcoVert
Alors, je n'ai jamais eu de client, de cas professionnels qui sont venus vers moi en me disant « je vais faire de la coloration, de la teinture capillaire avec le curcuma » . Ça va venir là. Mais c'est vrai que c'est totalement envisageable de toute façon et que c'est un incroyable colorant.
- Jessie Myscile Rivière
Je crois les doigts, je pense que ça peut créer des liens. Est-ce qu'on a pas mal de… On a reçu, on va dire, une quinzaine d'acteurs de la coloration capillaire végétale sur le podcast. Donc, du coup, des coiffeurs, des fabricants, toute cette chaîne d'approvisionnement qui suit. Et du coup, je sais que le curcuma a été essayé. Je sais aussi que c'est un colorant qui coûte cher. Il faut le dire aussi par rapport à d'autres sources de ce colorant. je sais qu'il y a une vraie volonté de remettre les ingrédients sur du français. Donc, comme on le rappelait, l'importance des territoires d'outre-mer, etc., pour avoir quand même le côté français grâce au curcuma de la Réunion. Donc, je pense que ça pourrait arriver. On se tiendra au courant sur ce que ça donne comme débouchés. Et alors, sur la teinture végétale, moi, l'exemple que j'ai en tête, j'avais même fait un épisode là-dessus, c'était pour les moines. voilà moi j'ai ce symbole là des pas des tauges je sais plus comment ça s'appelle bon bref pas des saris non plus mais des habits des moines qui étaient orange curcuma et du coup pareil est-ce que sur le tissu tu crois que les propriétés est-ce qu'il y a quelque chose qui a été étudié pour savoir si quand tu teins un vêtement en curcuma tu as les bienfaits ou non sur la peau enfin tout ce qui est en contact alors je n'ai aucune idée
- Pauline Leroux ArtEcoVert
J'en ai vraiment aucune idée. Mais c'est super intéressant et c'est vrai que c'est des recherches à faire. Mais je crois que de toute façon, il faut être clair, notre peau, c'est notre première respiration. Donc du coup, je crois que tout ce qu'on met dessus est vertueux ou nocif. Et du coup, je suis convaincue qu'il doit y avoir des effets. Parce que si on ne chauffe pas le curcuma, quand il garde ses effets, le fait d'avoir des frottements réguliers avec la peau... forcément ça doit apporter quelque chose. On n'est pas dingue de penser que les bienfaits du curcuma vont être apportés au niveau de la peau. Et moi ce qui m'interpelle aussi encore une fois dans la sagesse populaire, c'est quand on voit que dans certaines civilisations ils vont utiliser en fait du curcuma pour les langes des bébés. Donc c'est très cérémoniel, mais dans les langes des bébés ou bien lors des mariages, les cérémonies quand même assez prestigieuses aussi. Donc ça veut dire quand même qu'il y a quelque chose il doit y avoir quelque chose forcément. Alors moi, je suis très intéressée par les bébés, comme tu as compris, par tout ce qui est autour de la naissance. Et je me dis que les bébés, dans toutes les civilisations, même s'il y a plein de cultures différentes, avec des bébés poussières, etc., pour des raisons de croyance, mais on les entoure quand même d'un soin particulier. Donc je me dis que si on perd son temps à les teindre un linge, précisément avec du curcuma, pour pouvoir le garder dans une espèce de cocon, etc., Il y a de fortes chances que ça ait des valeurs que nous ne connaissons pas et que la science n'a pas encore étudiées, tout simplement.
- Jessie Myscile Rivière
Alors là, je fais un clin d'œil à Delphine Talbot de l'Université de Toulouse, qu'on a reçue sur le podcast, qui travaille le color and care, donc comment cette couleur végétale influe sur notre santé. Donc je lui glisse un petit clin d'œil sur le curcuma, si elle peut regarder aussi, et te tenir au courant si jamais il y a des choses qui sortent, parce que oui, effectivement, Tu vois, c'est ce qu'on se disait tout à l'heure, il y a des choses qui ont été faites historiquement, qui avaient un sens qu'on ne comprend pas forcément aujourd'hui, mais il y a peut-être un lien. Donc, ce serait hyper intéressant de creuser. Si tu dis qu'il y avait des langes pour enfants en curcuma, il y a sûrement quelque chose. Bref, il faudra creuser ce sujet-là. Et donc, dans les deux débouchés, on a dit savonnerie, masque, cosmétique un petit peu, comme tu dis, huile, etc. Teinture textile. qu'est-ce que tu vois d'autre et pourquoi on te commande enfin tes partenaires pourquoi eux utilisent le curcuma du coup ?
- Pauline Leroux ArtEcoVert
alors donc on a dit teinture du textile, teinture des cheveux alors je reviens sur ce que tu disais tout à l'heure le curcuma est une matière qui est très chère mais quand on prend du curcuma justement mère, du curcuma luxe vraiment, on va en mettre beaucoup moins donc forcément il a un pouvoir colorant très fort, donc on va en utiliser beaucoup moins, et puis surtout le curcuma on va... pas vouloir l'utiliser directement comme ça en fait parce que l'objectif c'est pas d'avoir des cheveux orange un peu mais je veux dire c'est souvent de travailler sur des nuances et du coup à ce moment là il fait vraiment vraiment le travail parce que mélanger à d'autres colorants moi j'ai essayé avec le café j'ai essayé avec avec de l'aîné du aîné pardon donc du coup c'est vrai que ça va rajouter un côté chaud en fait aux couleurs et alors tout n'a pas réussi parce que quand j'étais plus jeune j'étais un peu blonde et du coup j'ai eu des fois des mèches qui sont sorties légèrement verte avec le temps donc voilà donc il faut tester mais parce que pure comme ça en fait c'est intense en fait alors que si on mélange avec autre chose ça fait vraiment une coloration ça va rapporter plus de la chaleur plus une profondeur en fait à la couleur que vraiment teintes colorées jaunes ou orange. Donc, c'est vraiment intéressant. Après, moi, ce qui me passionne, c'est que je travaille sur un autre produit dans mon exploitation, c'est de la roue route. Donc, la roue route, c'est un rhizome comme le curcuma. On va, en fait, retirer l'amidon et il va rester des fibres. Et en fait, moi, j'adore le papier. Voilà. Alors, je sais que dans certaines maisons de luxe, on a déjà fait des... panneau décoratif entier de maison avec cette fibre d'arbre route qu'on peut teinter. Elle est blanche, grise, un peu beige à la base, mais on peut la teinter comme on le souhaite. C'est vrai que là, j'ai ma petite idée. J'aime bien faire du papier avec des plaquettes d'œufs, les alvéoles qu'on met. Je fais de la récup avec les enfants. Souvent, je fais des cartes à planter quand on reçoit des papiers dans l'exploitation. Mais c'est vrai que j'aime bien faire aussi le papier. Et là, j'ai envie vraiment d'intégrer cette fibre végétale d'arurout dans cette masse d'alvéoles de récupération, et de teinter avec du curcuma, plus ou moins foncé, pour pouvoir sortir une feuille récup, écolo, et puis teinter avec notre curcuma, qui donnerait vraiment quelque chose de particulier. C'est en test, on rêve beaucoup pour l'instant. Peu en test physique, mais j'attends les vacances avec impatience pour pouvoir tester avec eux, parce que c'est mes premiers testeurs. Mais voilà, c'est vraiment des choses comme ça, dans la coloration du papier, le curcuma est intense, c'est vraiment intense. Donc que ce soit sur du lin, c'est magnifique, sur du gaz de coton, c'est très beau. En plus, avec le côté un peu vaporeux, c'est vraiment magnifique. j'ai jamais teinté de la soie.
- Jessie Myscile Rivière
C'est ce que j'allais lui demander. Parce qu'on a pas mal d'auditrices sur la soie.
- Pauline Leroux ArtEcoVert
C'est trop beau. Ça va être génial. Papier, ces tissus-là, c'est très beau. Les papiers, même, par exemple, du papier de murier, déjà, le papier de murier, je ne sais pas si tu vois. C'est pareil, juste avec un petit peu d'eau, du chauffé, avec du curcuma, et tu passes au pinceau dessus pour pouvoir donner un aspect un petit peu plus... on va dire, vieillis au papier. C'est tellement beau. C'est vieilli, mais c'est vieilli, c'est vieilli peps. C'est pas vieilli poche.
- Jessie Myscile Rivière
Ouais.
- Pauline Leroux ArtEcoVert
Voilà.
- Jessie Myscile Rivière
Ah, ok. Est-ce qu'on a oublié d'autres applications de la couleur, enfin, du curcuma dans la coloration ? Est-ce qu'on t'en commande pour l'alimentaire autre que les épices ? Est-ce que c'est un colorant alimentaire, le curcuma ? Oui.
- Pauline Leroux ArtEcoVert
C'est un colorant alimentaire, le curcuma. Oui, je vais dire. On ne nous commande pas vraiment dans ce sens-là, pour la simple et bonne raison que ça coûte cher. On préfère mettre des colorants moins chers. Mais c'est un super colorant alimentaire. Après, il a son goût. Nous, par exemple, on fabrique des bonbons, des bonbons traditionnels, des bonbons la route. Ils sont justement avec la route en question. Quand je parlais là, ils sont la route. Il est blanc, il n'a aucune couleur. Quand on met du curcuma dedans, tout de suite, c'est le soleil. Donc voilà.
- Jessie Myscile Rivière
D'accord, ok. Bon, donc pas mal d'applications quand même dans la couleur végétale. Est-ce que tu sais quels sont les pays historiquement cultivateurs, producteurs de curcuma ? Il y a la Réunion, mais est-ce que tu as d'autres spots ? Tu as parlé tout à l'heure de l'Inde. Est-ce qu'il y a d'autres ?
- Pauline Leroux ArtEcoVert
Oui, la Malaisie aussi. Les pays asiatiques vont utiliser le curcuma aussi et vont le cultiver, pas dans une grande échelle parce que ça reste souvent très cultuel justement. Mais en tout cas, ils ont une culture du curcuma. Et Madagascar aussi, ils ont du curcuma. Donc nous, il ne faut pas oublier que la Réunion, c'est vraiment un centre de pays différents qui sont venus peupler, donc de gré ou de force. Mais du coup, on a toute cette… cette tradition-là. Je n'ai pas regardé si en Afrique il cultivait du curcuma, mais j'ai déjà eu, par contre, traditionnellement, mais j'ai déjà eu, par contre, des relations avec un agriculteur qui veut cultiver du curcuma, réimplanter le curcuma en Afrique. Donc, ça veut dire qu'il doit y en avoir. Alors, où je n'ai pas vraiment retenu, ça n'a pas eu beaucoup de suite, mais en tout cas, il était intéressé par la culture du curcuma et il parlait de replanter. Donc, ça veut dire quelque part, à mémoire, Il y a quand même de la culture du curcuma en Afrique.
- Jessie Myscile Rivière
D'accord. En fait, c'est aussi là où il y a les conditions, comme tu disais, le soleil, un terrain qui soit propice, qui ne retienne pas trop l'eau, etc. Donc, en fait, potentiellement, on peut retrouver ailleurs. Il faudrait que je regarde un petit peu, mais hyper intéressant. Est-ce que pour toi, on a oublié des choses à raconter sur le curcuma ? On va revoir un petit peu si on s'est dit tout ce qu'on avait travaillé ensemble. Franchement, on a été pas mal.
- Pauline Leroux ArtEcoVert
Ouais, en fait, moi, ce que j'aurais vraiment aimé rajouter, par contre, c'est qu'en faisant le choix de prendre du curcuma de la Réunion, c'est qu'on choisit aussi de valoriser une culture, une culture qui est millénaire, en fait. C'est ce qui a été rapporté par les engagés indiens, majoritairement. Et on choisit aussi de valoriser le fait... qu'on n'uniformise pas les cultures. Alors, je pense qu'on peut tout planter. À La Réunion, on peut tout planter. Tout. On a du sol pour tout. Mais je crois que c'est bon de se dire que chaque territoire a ses spécificités, chaque territoire a son histoire et qu'on doit aussi garder cette mémoire de la plante à travers nos cultures. Je sais qu'aujourd'hui, par exemple, en Bretagne, on cultive de la vanille, c'est super génial. Sauf que, je suis désolée, mais ce n'est pas rattaché à l'histoire de la Bretagne. Moi j'adore récultiver des algues, j'adore les algues, j'adorerais les cultiver. Alors souvent je dis tout quitter, devenir algocultrice, mais je suis consciente aussi que ce n'est pas rattaché à mon histoire. Donc la mondialisation, c'est ça aussi. Souvent on parle de mondialisation dans le sens de grosse boîte qui va venir tout écraser. Mais on oublie que la mondialisation de la culture, c'est aussi enlever la spécificité culturelle d'une plante. Et c'est aussi l'avoir hors sol, sans jeu de mots, mais hors sol dans le sens où elle n'est pas intégrée à ton culte familial, à ta culture familiale, à ton histoire. Donc, tu vas planter une plante, mais tu ne vas pas planter une culture.
- Jessie Myscile Rivière
Top. Tu fais bien de le rappeler tout ça parce que, bon, les gens qui écoutent sont plutôt sensibles parce qu'on parle beaucoup de terroir, on parle beaucoup de, tu vois, on revient sur l'histoire, les manuscrits, les… les manuscrits d'agronomie, où a été cultivée telle plante, etc. Donc, je pense que les gens sont sensibles. J'avais une question. Est-ce que... Attends, je suis en train de la perdre. Ah oui, quels produits tu proposes ? Donc, par exemple, là, tu vois, tu m'as donné envie d'acheter du curcuma, par exemple. Tu as un site en ligne. Tu fais aussi pour les particuliers. Tu vends quoi ? Tu vends des épices ? Tu vends des produits transformés ? Ou tu ne te focalises que sur la poudre de curcuma ?
- Pauline Leroux ArtEcoVert
Alors, on a... plein d'épices parce qu'on ne fait pas que du curcuma. On a un site de vente en ligne accessible aux particuliers. Donc du coup, ils vont pouvoir découvrir toute notre gamme de produits. On décline aussi notre curcuma en sirop, en confiture. en fermentation justement élixir par exemple, ça c'est vraiment les habitués parce que c'est une petite dose qu'on sort, donc il faut plutôt me contacter en privé pour avoir le droit de goûter cette élixir de curcuma, en fermenté donc, et voilà, donc on a en poudre, sous forme de poudre, sous forme de sirop, sous forme de vinaigre, de crème balsamique, parce qu'on travaille aussi avec un maître vinaigrier, donc du coup voilà, on a plein de produits privés, et voilà, et je pense à deux pays aussi où on cultive le curcuma, et c'est pas bon. le Liban et le Maroc. Désolée, mais c'est pas bon.
- Jessie Myscile Rivière
Et pourquoi c'est pas bon ?
- Pauline Leroux ArtEcoVert
Je ne sais pas comment ils font. Je pense que ça doit être une question de terroir parce que ça ne ressemble à rien, leur curcuma. Désolée. Et ces jeunes pailles, c'est pas beau.
- Jessie Myscile Rivière
D'accord, ok.
- Pauline Leroux ArtEcoVert
J'étais super surprise. Quand j'ai vu le curcuma du Liban, j'imagine le Liban comme une terre tellement fertile. J'ai vu ça, j'ai dit, mais c'est une blague. Comme quoi, on n'a rien à leur envier. Et le Maroc, on en a déjà vu aussi. Et ce qui est rigolo, c'est qu'on a travaillé avec un chef de cuisine qui est d'origine marocaine. Il a dit qu'il n'aime pas le curcuma. Et quand il a découvert notre curcuma, il a dit qu'il adore le curcuma. C'est juste qu'il n'aimait pas le curcuma de chez lui.
- Jessie Myscile Rivière
D'accord, peut-être que ce n'est pas la même variété. Peut-être que ce n'est pas les mêmes...
- Pauline Leroux ArtEcoVert
Je pense que ça ne doit peut-être pas être... Je ne sais même pas. En tout cas, je ne sais pas d'avantage biologique, parce que nous, on a deux variétés de curcuma. Un beaucoup moins colorant, un bien colorant. Mais là-bas, ça ne ressemble pas justement au Turcumac que nous, on connaît parce qu'il est très gros. Il a beaucoup de rendement, mais alors il n'est vraiment pas de bonne qualité. Mais là, c'est tout petit, c'est maigrichon. Donc, ça doit être encore une autre variété qui n'est pas arrivée à La Réunion, mais on leur laisse.
- Jessie Myscile Rivière
On n'en veut pas.
- Pauline Leroux ArtEcoVert
Non, on leur laisse.
- Jessie Myscile Rivière
OK. Bon, top. Est-ce qu'on a oublié quelque chose, Jessie, que tu voudrais dire ? Moi, s'il y a un truc important sur la relance de la filière à La Réunion, Tu as des agriculteurs qui travaillent pour toi ? Est-ce que tu as des gens qui te prêtent des terres ou c'est tes terres et il y a des gens qui viennent t'aider sur tes terres ?
- Pauline Leroux ArtEcoVert
Alors nous, on a une équipe d'agriculteurs qui sont embauchés à la maison du curcuma. Mais on a aussi des petits producteurs qui, eux, cultivent sur leurs terres, qui vont planter le curcuma et faire plus ou moins le soin pendant l'année selon les contrats qu'on a avec eux. Donc soit c'est nos agriculteurs qui vont aller exploiter leur terrain une fois que c'est planté. soit en fait ça va être eux qui vont se souper de la plantation et nous on va juste aller récolter.
- Jessie Myscile Rivière
D'accord, ok.
- Pauline Leroux ArtEcoVert
Voilà. Donc, mais sinon on a nos propres terrains avec nos agriculteurs et des agriculteurs qui travaillent avec nous mais qui sont pas en fait affiliés, enfin c'est des collaborateurs. Ouais, ouais,
- Jessie Myscile Rivière
d'accord.
- Pauline Leroux ArtEcoVert
On va leur acheter leur cultumat quoi.
- Jessie Myscile Rivière
D'accord, ok.
- Pauline Leroux ArtEcoVert
Et récolter nous-mêmes.
- Jessie Myscile Rivière
Ok.
- Pauline Leroux ArtEcoVert
Et on a le dessus parce que du coup ils sont juste autour de chez nous donc on sait ce qui est mis dedans, on sait comment c'est travaillé. Ah ouais.
- Jessie Myscile Rivière
Tu as ton cahier des charges, donc ouais. C'est ça, tu surviens. Ok. Bon, donc, est-ce qu'on a oublié quelque chose, Jessie ?
- Pauline Leroux ArtEcoVert
Il ne me semble pas.
- Jessie Myscile Rivière
Moi non plus, il ne me semble pas. Je me permettrai, si j'ai encore des questions, parce que franchement, ça ouvre un nouveau pan, clairement, de choses à explorer. Qu'est-ce que j'allais te dire ? Je voudrais te remercier d'avoir pris le temps, parce qu'on a eu du mal à se capter aussi, la réunion, etc. Mais je suis hyper contente que tu sois venue raconter tout ça. raconter la quatrième génération. Moi, j'aime aussi ces histoires-là de famille, tu vois. Et puis, le fait que vous fassiez ou créiez de l'emploi, vous remettiez des filières, que vous défendiez une culture, un terroir, enfin, tout ce qu'on a déjà mentionné, je trouve ça génial. Je voulais te dire en direct que j'aurais vraiment été hyper contente que tu puisses être là à une quinzaine de l'agriculture territorial parce qu'on met à chaque fois à l'honneur les territoires d'outre-mer pour rappeler toute cette richesse, tout ce que... tout ce que vous avez comme biodiversité, comme plantes de malades et comme pouvoir colorant par rapport à nous et notre grisaille parfois. Moi, je suis dans le Nord, donc grisaille tout le temps. Et voilà. Donc vraiment, merci d'être venu. Merci d'avoir pris le temps de nous expliquer ton métier et le curcuma. Et franchement, ça ouvre des sacrées belles portes.
- Pauline Leroux ArtEcoVert
Merci à toi parce que justement, nous, on a besoin aussi d'avoir des endroits où on peut exporter d'une manière ou d'une autre, notre terroir et notre expérience, notre vécu aussi par rapport à la plante. Et ça, c'est super important. On n'a pas beaucoup d'espace pour pouvoir exprimer ça, et ça, c'est vraiment précieux. Je te remercie vraiment de m'avoir contactée.
- Jessie Myscile Rivière
Bah écoute, avec grand plaisir. Franchement, je sais que les auditeurs vont être ravis d'apprendre tout ça. Ça nous fait découvrir d'autres sources territoriales, etc. Et je te dis, je pense qu'il y a des acteurs qui vont te contacter. En tout cas, je serais hyper curieuse que tu me tiennes au courant parce que moi, je trouve ça toujours intéressant qu'on maille ensemble et qu'on voit comment redonner de la souveraineté à la couleur végétale en France. C'est vraiment important pour moi. Bon, bah écoute, Jessie, un grand merci à toi. Et on se dit à bientôt, on reste en contact. Merci beaucoup. Je vous invite à me rejoindre sur ma page Instagram ArtEcoVert, A-R-T-E-C-O-V-E-R-T, pour y découvrir le nom des prochains invités. Je me permets de vous rappeler que la seule manière de soutenir ce podcast et de le noter et le commenter sur la plateforme d'écoute de votre choix, c'est ainsi qu'on arrivera à faire porter la voix de ces passionnés de la couleur végétale. Merci à tous ! Merci.Savoir si vous allez aimer, les mots clés du podcast ArtEcoVert : teinture végétale plantes tinctoriales indigo garance encre végétale couleur végétale colorants végétaux pigments végétaux coloration capillaire végétale fibres naturelles colorants biosourcés tanins teinture naturelle plantes artecovert couleurs de plantes design végétal couleur jardin agriculture tinctoriale indigo tendance innovation nuances cosmétiques biotechnologies couleurs du vivant