- ArtEcoVert Pauline Leroux
Bonjour et bienvenue dans le podcast ArtEcoVert. Le podcast de celles et ceux qui veulent comprendre, structurer et déployer la couleur végétale et du vivant dans le monde réel. Je suis Pauline Leroux, ingénieure agronome passionnée de plantes et depuis trois ans, chaque jeudi, je reçois celles et ceux qui font la couleur du vivant. On part de la graine à la couleur finale. On parle plantes et autres sources panctoriales, usage concret, filière, santé. environnement, innovation et biotechnologie. Du textile à la cosmétique, de l'artisanat à l'industrie, du design aux fibres naturelles, une seule approche, relier la couleur du vivant aux usages réels. L'objectif est clair, fédérer et démocratiser la couleur végétale et recréer une souveraineté de la couleur du vivant chez nous.
- Marion Pasquier
Belle écoute ! Ah là là !
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Donc, bonjour à tous, je suis ravie d'accueillir Marion Pasquier. Bonjour Marion !
- Marion Pasquier
Bonjour !
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Alors Marion, je voulais redire aux auditeurs, en fait on a eu un échange toutes les deux, et franchement je t'ai proposé direct de venir pouvoir parler de tes expériences pour les auditeurs, parce que je suis certaine qu'il y en a plein qui vont se reconnaître, être intéressés ou intrigués par tes sujets. De mon côté, tu es un peu la personne qui m'a aidée à mettre des pièces de pulse entre des sujets que je n'arrivais pas à rassembler. Donc, je suis vraiment ravie. Je sais que ce n'est pas un exercice facile. Et donc, du coup, on va y aller cool. Et ça va bien se passer. Alors déjà, Marion, pour ceux qui ne te connaîtraient pas, est-ce que tu peux nous retracer un petit peu qui tu es et comment tu en es arrivée à être coloriste en industrie ?
- Marion Pasquier
OK. Bon, alors, je m'appelle Marion Pasquier. Moi, j'ai suivi des études d'ingénieur en chimie à l'origine, mais ce qui a toujours guidé ma passion, c'est les couleurs, le monde des couleurs. Et en réfléchissant à la préparation du podcast, je me suis dit, mais en fait, depuis que je suis toute petite, moi, j'aime être entourée de couleurs. J'aime m'habiller en couleurs. J'aime... Je l'avais dit pendant la préparation, il n'y a rien qui me faisait plus plaisir que de rentrer dans un magasin de loisirs créatifs et d'être au milieu des pastels, juste pour le plaisir d'y être. Et à l'issue de ça, quand j'ai commencé mes études au collège, la chimie, le premier cours de chimie, quand j'ai découvert qu'on pouvait mettre une goutte de quelque chose et que ça devenait jaune et que ça devenait bleu, c'était vraiment génial. Ça m'a beaucoup plu. Et en parallèle de ça, je fais partie d'une famille qui m'a... permis d'énormément voyager, de voir beaucoup de musées et d'avoir cette sensibilité à la peinture, à l'art et à l'interculturel. Et donc, aussi loin que je réfléchisse, je me suis toujours demandé, mais d'où viennent les choses, comment elles ont été fabriquées et comment les gens faisaient avant. C'était un peu mon guide. Donc voilà, après la vie a fait que j'ai choisi de faire des études de chimie, en étant déjà scientifique plutôt, on va dire, au lycée, en étant toujours persuadée qu'un jour je ferais un peu un métier artistique. Vous voyez, j'aimais bien restauration de patrimoine, restauration de tableaux, ce genre de choses, ça me disait bien. Mais bon, j'ai fini par trouver une école d'ingénieurs qui me permettait d'avoir une approche très concrète des métiers de la chimie. qui s'appelle l'ITEC, l'Institut Textil et Chimique de Lyon. Donc, ça permettait de ne pas faire que du théorique et de vraiment mettre les mains dans le canouille. J'ai besoin de passer par l'expérimentation, en fait, pour vraiment bien apprécier les choses. Et voilà. Et c'est à l'ITEC que j'ai découvert le cours de colorimétrie. Et là, je me suis dit, mais waouh, en fait, c'est ça que je veux faire. Donc, c'est sûr qu'il y avait sûrement des filières un peu plus précises pour les gens qui veulent devenir vraiment coloristes. Mais moi, ce cours de colorimétrie m'a dit, mais en fait, je veux faire ça et l'appliquer à tous les autres secteurs que j'apprends à l'école, à savoir le cuir, le textile, même les matériaux plastiques, pourquoi pas. En fait, ça me servait de fil rouge. Donc, à partir de là, j'ai essayé d'orienter tous mes stages en école dans ce secteur-là. Et le premier stage étant un stage technique qu'on devait faire en deuxième année, pour lequel j'ai un peu bataillé. Et j'ai réussi à avoir un stage chez Couleurs de Plantes à l'époque, à Rochefort. Pour la petite anecdote, je me promenais dans les couloirs de l'école et j'ai vu le poster d'une fille qui avait fait son stage là-bas. Moi, je ne connaissais pas. Et là, j'ai vu qu'on pouvait sortir des colorants à partir des plantes. Vraiment, je me suis dit, je veux aller là-bas. Ce n'est pas d'autre argument.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Donc, on a reçu d'ailleurs la saillette. Je remettrai le lien de l'épisode en dessous. Mais d'accord, couleur de plante, premier stage. Bon, franchement, déjà un pied bien haut.
- Marion Pasquier
J'étais chez couleur de plante avec M. Brenac. Et donc, c'était un stage de deux mois, je crois, vraiment technicien. J'ai travaillé sur la garance et le génipas dans les gels cosmétiques. Voilà, j'étais très expérimentale. Ça m'a bien plu. Et après, en troisième année, il a fallu rentrer un peu plus dans le rang avec un stage un peu plus industriel. Et là, j'ai travaillé dans une entreprise de peinture, une grande entreprise de peinture, où je ne faisais pas de colorimétrie pure, mais je travaillais dans le service colorimétrie. J'ai mis au point une méthode de calibration pour les bases à teinter. On expliquera peut-être un peu plus près. De toute façon,
- ArtEcoVert Pauline Leroux
on va tout expliquer.
- Marion Pasquier
Donc voilà, ça a continué à me guider jusqu'à mon premier emploi où là, il fallait faire de l'expérience. Je suis restée dans la peinture, moins dans la couleur, mais j'ai continué. Au fil de mon parcours professionnel, je me suis quand même rendue compte que ce qui me plaisait beaucoup, c'était travailler la couleur, chercher les teintes. Je suis toujours à la recherche de ce lien entre ma sensibilité à la couleur, le fait que j'aime la voir autour de moi, que j'aime la matérialiser, comprendre comment est-ce que je peux l'appliquer sur un textile, sur une peinture, et puis rendre la chose... j'allais dire belles, mais c'est pas ça, c'est juste ça me fait ressentir des trucs en couleur, donc je m'en entoure le plus possible je me sers de ça pour me différencier voilà ça c'est des sujets qu'on a abordé au sein des épisodes de podcast,
- ArtEcoVert Pauline Leroux
tu sais la sensibilité de chacun par rapport à des couleurs et certaines couleurs qui procurent des émotions à certains et pas à d'autres C'est l'épisode d'Alexa Mérès. Je le redis parce qu'il a cartonné cet épisode parce qu'en plus, elle est art-thérapeute.
- Marion Pasquier
D'accord.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Et elle a fait des expériences incroyables. Et ça continue, on reste en contact. Mais c'est quelque chose qu'on a du mal à expliquer. Il n'y a pas forcément de nom derrière tout ça. Mais effectivement, la couleur fait quelque chose. Et la couleur végétale, avec sa flamboyance, procure aussi d'autres...
- Marion Pasquier
Ça nous procure des choses à nous. Et moi, je trouve que ça... ça procure des choses aux autres, sauf qu'ils ne se rendent pas forcément compte. Ça modifie la perception que les gens ont de nous, parce que ils ont l'impression, je ne sais pas, on est solaire, alors que pas forcément. Je veux juste dire, on s'entoure de pouvoir pratiquer.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Oui, c'est vrai. Mais tu sais que j'ai beaucoup d'auditeurs qui m'ont demandé de travailler ça, de recevoir des invités sur la colorimétrie, comment tu t'habilles, ou dans le feng shui, ou machin toutes les bon C'est un autre débat, mais oui, je pense que ça titille et ça intéresse pas mal de monde. Bon, là, on revient plutôt… On revient. On revient terre à terre et on abordera chaque point. Donc, du coup, après ce stage-là, enfin, ce premier emploi dans la peinture…
- Marion Pasquier
J'ai fait pas mal de qualité. Après, j'ai travaillé… Bon, j'ai déménagé, bref, la vie. Et quand je suis revenue m'installer sur Lyon, j'étais assez déterminée à vouloir faire de la couleur après ce que je trouvais. Et j'ai été embauchée dans une entreprise qui faisait de la coloration plastique. Donc en effet, au départ, ce n'était pas forcément mes valeurs environnementales, ce genre de choses, mais ça m'a permis de vraiment déjà me rendre compte que j'avais un œil coloriste. On appelle l'œil coloriste, c'est voir les nuances. Et que j'étais tout à fait capable de mettre à la teinte et d'apprendre toute la difficulté de choisir les bons pigments, les bons colorants, de faire la bonne formulation, de mettre en œuvre. de se servir d'une extrudeuse et d'une presse injectée. Et voilà. Donc là, j'ai beaucoup appris. Et ensuite, à la vente de l'entreprise, j'ai changé et j'ai travaillé dans le monde, l'univers du textile, où je mettais à la teinte les... Pareil, j'étais coloriste et je devais mettre à la teinte les boucles pour l'univers de la lingerie. Je ne travaillais pas le textile en lui-même, puisque la boucle, c'est un métal qui est recouvert d'un plastique. Mais c'était une mise à la teinte différente. C'était de la teinture cette fois-ci. Pareil, c'était super intéressant.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Ça me fait penser à l'épisode qu'on avait enregistré avec Naturafil, Stéphanie Colombo, qui travaillait des parures de sous-vêtements en couleur végétale, et qui m'a parlé pour la première fois de cette fameuse boucle et de ces fameux accessoires en lingerie qu'on oublie.
- Marion Pasquier
Mais pareil,
- ArtEcoVert Pauline Leroux
ils ont un rôle à jouer.
- Marion Pasquier
Les gens ne se rendent pas compte quand ils achètent un soutien-gorge rose fluo qu'il y a quelqu'un qui a réfléchi à comment faire le rose fluo sur la petite boucle. C'est ça. Là, ils sont sur les bretelles.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
D'accord, OK. Bon, donc on est d'accord. Donc voilà, on en parlait avec Stéphanie Colombo. Je lui fais un petit clin d'œil parce que c'est vraiment elle qui m'a sensibilisé là-dessus. Est-ce qu'on a encore une expérience ou on rentre dans les deux ?
- Marion Pasquier
On rentre dans l'expérience en couleur.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Donc voilà. Pour les auditeurs, ils vont vite comprendre rien que par cette introduction que tu touches à plein de sujets qu'on a été explorer. Donc, peinture, plastique, textile, la colorimétrie, j'en entends partout parler. Sauf que très clairement, tu nous as aussi parlé de formulation. Et ce que je te propose, en fait, c'est de revenir en détail sur chacun des termes pour qu'on les clarifie une bonne fois pour les auditeurs et aussi pour moi. Parce que, voilà, moi, tu sais que j'essaye de faire la couleur végétale en 360 sur différents domaines d'application. Toi, t'en couvres déjà pas mal à toi toute seule.
- Marion Pasquier
Pas beaucoup de végétal, plutôt. Je vais plutôt parler de la partie industrielle et un peu moins… Oui,
- ArtEcoVert Pauline Leroux
mais ça va nous aider.
- Marion Pasquier
Ça va nous aider.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Ça va nous aider et on verra à la fin aussi le côté artisanal. Et ça, on le garde pour après. On reste les comptes sur le seeding. Oui, c'est ça. Alors, si on revient sur la formulation. Tu l'as mentionné plusieurs fois, tu as travaillé plastique, tu as travaillé d'autres matières. C'est quoi la formulation ? Qu'est-ce qu'on peut formuler finalement ? Parce que j'ai l'impression que ça s'emploie un peu partout. Et comment ça se traduit pour la couleur, cette histoire de formulation ? Est-ce que tu peux nous raconter ?
- Marion Pasquier
Je peux parler de la chimie des formulations, ce que j'ai appris à l'école. En tout cas, l'école s'est classée sur des grandes spécialités. cosmétiques, d'encre, de peinture et d'adhésif. Non, ça c'est les colles. Donc c'est ça. Peinture, encre, adhésif, cosmétique. C'est bon, je les ai les quatre. En fait, la formulation, c'est l'art de savoir mélanger des matières premières pour répondre à un cahier des charges. On pourrait dire qu'une recette de cuisine, c'est une formulation. L'objectif étant d'obtenir... Voilà, un bon repas cuit comme il faut pour satisfaire tout le monde.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Donc, il y a une recherche de couleur et il y a une recherche de technicité.
- Marion Pasquier
Alors, au départ, on va dire que, je vais être très honnête, la couleur, ce n'est pas le premier élément du cahier des charges en général. Pour une peinture, ça va être... Déjà, il faut prendre en compte son support, comment elle est appliquée, dans quelles conditions, qu'est-ce qu'on lui demande à la peinture. Est-ce qu'on lui demande de résister dehors, dedans ? Est-ce que... Il faut qu'elle soit à base de solvants ou surtout pas de solvants ? Est-ce qu'elle va être dans une cuisine, dans une salle de bain ? Toutes les contraintes techniques qu'il peut y avoir. Est-ce que ça doit être un enduit ? Est-ce que ça doit être à base de naturel ? Qu'est-ce qu'on veut vendre derrière quand on va vendre cette peinture-là ? Toutes les peintures, j'en sais rien moi, ça peut être les peintures métalliques, aimantées, ça va être le cahier des charges. Ça va déterminer qu'on met dans la peinture. Mais dans le cahier des charges, il peut très bien y avoir... On veut que ce soit mat, que ce soit brillant, par exemple. Ça, ça va jouer sur le taux, les ratios qu'il va y avoir dans la formule. Et puis, on va rajouter quand même, soyons honnêtes, dans le cahier des charges, le prix, qui joue beaucoup aussi. La disponibilité des matières, les distances qu'on veut pour pouvoir se fournir en matière, ce qu'on a déjà à l'usine. plutôt que de multiplier aussi les composants, ce qu'on veut développer.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Ok, donc ces contraintes techniques, pour respecter le qualité de la charge, on prend en compte le prix, le usage, etc., on a compris. Déjà, il y a une première question qui me vient tout de suite. C'est si on projette ça pour la couleur végétale ?
- Marion Pasquier
Oui.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
tu vois il y a beaucoup de la contrainte de la couleur végétale c'est la tenue aux UV on en a échangé notamment avec Bao je sais pas si tu connais les peintures Bao en fait ce sont des peintures biosourcées à base de tu sais je sais plus comment ça s'appelle la base d'une peinture mais en gros c'est la base la résine, voilà merci on va y arriver à deux la résine est faite à base de végétaux broyés recyclés d'accord ok Merci. Et ils voulaient mettre des couleurs végétales, mais il y avait des problèmes. Ils n'avaient pas encore trouvé la solution parfaite pour intégrer des pigments végétaux par rapport à la tenue aux UV. Du coup, ce qu'ils ont fait, c'est qu'ils se sont inspirés d'un... Tu sais, comme un pantone, mais de couleur végétale. Donc, il y avait une teinturière qui travaillait des couleurs en végétal. Et lui s'est rapproché au plus près de ce que donnait une couleur végétale sans qu'elle soit forcément à base de pigments. Je ne sais pas si c'était clair, mais...
- Marion Pasquier
Je veux dire que la personne a utilisé des colorants synthétiques, disons, pour que ça ressemble à du végétal. Non, c'est ça ?
- ArtEcoVert Pauline Leroux
C'est ça, oui, c'est ça. Donc, en fait, c'est la couleur, le rendu de la couleur végétale en n'étant que la résine en végétal. Ah d'accord, c'est ça. Pas encore les pigments végétaux. Bref, ça, c'est pour parler un petit peu peinture. Je cherche toujours des acteurs sur la peinture qui travailleraient des pigments naturels. Alors, je commence à en trouver. On est en pourparlers pour les épisodes de podcast, mais je vois qu'il y a un vrai retour là-dedans, notamment sur le bois aussi, sur comment peindre le bois de manière plus responsable.
- Marion Pasquier
Ce genre de choses. Peut-être qu'avec les tannins, il y a des choses à faire.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Exactement. C'est exactement ça. Tu es au taquet, tu es dans les tuyaux. Je parle la langue. Tu parles la langue. Alors, dans ces histoires de formulation, donc tu as parlé cosmétique, encre, peinture, adhésif, c'est quoi les grandes différences entre travailler la couleur pour la peinture, pour le plastique, pour la cosmétique, selon toi ? C'est quoi le… Qu'est-ce qui te challenge, en fait, là-dedans ?
- Marion Pasquier
On va dire qu'aujourd'hui, dans la peinture, je vais commencer par la peinture, ce qui est recherché, c'est beaucoup. Moi, je pense qu'on recherche beaucoup de diversité. J'entends souvent les gens parler de nuanciers, ce genre de choses, parce qu'ils sortent leurs nuanciers, ils regardent, on veut ça et tout. Donc, il faut énormément de reproductibilité en peinture, parce que, comme je dis souvent, si on achète deux pots et qu'il en manque un et qu'on doit revenir chercher un troisième pot, il faut absolument que la couleur soit... que l'écart de teinte soit imperceptible sinon vous allez avoir une espace sur le mur l'écart de teinte c'est le delta qu'on travaille avec un couloir on pourrait en parler un petit peu si tu veux j'ai rebossé mon sujet pour être un peu clair même en parlant factuellement si tu appliques ton pot de peinture qu'elle sèche et que tu reviens deux heures après que tu remets un autre pot de peinture et que c'est pas la même couleur ça va se voir ça se voit direct Donc ça, c'est quelque chose, sur les gros chantiers notamment, il faut faire attention. Donc je dirais, en peinture, il y a beaucoup de la reproductibilité. En plastique, il faut avoir... Enfin, moi, ce que j'avais fait en matériaux plastiques, on s'adressait à tous les types de matières. On essayait de faire le plus de matières possible. Et là, on va dire que c'est un peu moins regardant sur les teintes. Ça dépend de l'application. Si c'est des... des matériaux plastiques pour faire du publicitaire, je ne sais pas si je t'en avais parlé, pour faire les rouges à lèvres, par exemple, pour les grandes marques, les présenteurs. Il faut que le raisin soit exactement de la même couleur que le rouge à lèvres. C'est censé être représentatif de ce que va acheter le client. Par contre, si c'est pour faire le percaquis d'une poubelle, bon, il faut que ce soit...
- ArtEcoVert Pauline Leroux
D'accord. Tu peux aussi avoir, notamment sur le plastique, des contraintes par rapport à l'ILV ou la PLV. PLV, promotion sur lieu de vente. Il faut que ta couleur, même sur le plastique, soit identique au produit. Donc là, il faut être d'accord.
- Marion Pasquier
Ça peut être une application. Après, en plastique, là où il y a eu le plus de contraintes, c'est surtout par rapport à la matière, parce qu'il faut pouvoir la transformer. Il faut respecter des contraintes. technique, ne serait-ce que par exemple un polycarbonate qui ne se transforme pas de la même façon qu'un polyéthylène. Il faut monter à des températures beaucoup plus importantes, ça n'a pas du tout les mêmes contraintes mécaniques, et il y a aussi beaucoup d'incompatibilité matière. On n'utilise pas certains pigments dans certaines matières. Donc là, il faut une grande diversité de pigments et de colorants, et surtout, après, ça dépend aussi à quoi le plastique va être utilisé. Si c'est pour faire une cabane cabane pour enfants dehors, est-ce qu'on est d'accord qu'elle va décolorer d'ici un ou deux mois ou est-ce qu'on veut qu'elle reste absolument colorée ? On avait travaillé pour les vélos aussi, type, ça s'appelle Vélof chez nous, mais les vélos en libre-service.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Oui, Vélib, ça dépend.
- Marion Pasquier
Si le vélo se décolore au bout d'un an, c'est terrible.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Ça la fout mal.
- Marion Pasquier
Donc, on choisit les pigments en fonction du cahier des charges qu'on nous a donné.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Donc, dans les plastiques, la problématique... pour moi, tu vois toujours mon regard végétal, c'est déjà qu'il y a une diversité de plastique incroyable. Il y a cette histoire de montée en température et pareil, si on reparle des couleurs végétales, des couleurs du vivant, elles ne subissent pas toutes bien la montée en température.
- Marion Pasquier
C'est ça, je pense même. Plus que les UV. La tenue aux UV... Pour moi, utiliser des colorants végétaux dans du plastique, il faut qu'il y ait quand même un lien. Exactement. Le plastique pire pétrochimique avec des colorants végétaux. La transformation du plastique fait que la matière doit subir un certain nombre de cisaillements mécaniques, ne serait-ce que pour la transformer, la mettre en forme, et aussi de transformation de température pour la rendre amorphe. Quand on parle des plastiques. plastique, je veux dire ceux qui peuvent se transformer, fondre et être remis en forme après.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Ouais, donc la petite bille, les petits granulés. La petite bille,
- Marion Pasquier
c'est la forme qu'il a. Ouais,
- ArtEcoVert Pauline Leroux
c'est la forme.
- Marion Pasquier
En fait, après, moi j'ai travaillé sur les... ça peut être sous forme de plastique, ça peut être en poudre aussi. Par exemple, si on travaille sur du rotomoulage, le plastique, il est sous forme de poudre. Il est mis dans un moule creux et le moule tourne et fond à l'intérieur d'un four et la matière se répartit sur toute la forme du moule.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
C'est un peu ce qu'ils font pour la poterie plastique, non ?
- Marion Pasquier
Ça, c'est qu'il y a beaucoup d'extrusions-soufflage, si je ne dis pas de bêtises.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
D'accord, parce que j'ai travaillé dans l'unique du jardin, moi, et j'ai beaucoup travaillé la poterie. Oui,
- Marion Pasquier
il y a de ça.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Il y a plein de plastique coloré et apparemment, il y a plein de techniques.
- Marion Pasquier
Je pensais aux avirons aussi, je crois, des choses comme ça. Enfin, je n'ai pas envie de dire des bêtises, mais il y a eu de grosses pièces creuses.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
D'accord, ok. Et donc, sur le plastique, on a dit la différence des plastiques, la montée en température, plus que la tenue aux UV. J'avais eu un invité qui s'appelait Nicolas Moufflet de Lease Packaging, qui travaillait des plastiques biosourcés, et qui avait essayé la couleur végétale justement pour donner une teinte au plastique. Il travaillait les flacons cosmétiques ou les bouteilles alimentaires. Et comme en alimentaire, tu as remarqué tout ce qui est coloré. ça se vend mieux on va pas se mentir et si c'est coloré naturellement on est content c'est encore mieux et donc du coup lui il voulait proposer aussi ces bouteilles-là et pareil pour les shampoings et en fait il a réussi à faire des tests avec la grasse autour du rouge des roses et tu vois cet épisode il date d'il y a au moins trois ans je pense que le sujet a avancé mais je suis d'accord avec toi mettre de la couleur végétale ou des pigments végétaux il faut que ça ait un sens avec le projet sinon ça sert à rien on est complètement en accord
- Marion Pasquier
Au niveau végétaux, je me souviens d'avoir utilisé du liège, par exemple, pour des applications, pour faire des effets sur du plastique, pour faire un effet naturel. Un effet bois, un effet... C'était assez intéressant aussi. Ça ne peut pas compter très haut en température.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Mais c'est toujours pareil. OK. Donc là, on a vu pour les peintures, on a vu pour le plastique, pour l'univers de la cosmétique et des encres, pour toi, c'est quoi les problématiques ou les difficultés sur la couleur. Alors là,
- Marion Pasquier
je me connais un petit peu moins. Les encres, je pense qu'il y a aussi beaucoup de reproductibilité, puisque pour moi, les encres, je n'ai jamais travaillé dedans, mais on pense à l'impression, mais l'impression, ça peut être aussi, je ne sais pas, ça peut être des papiers peints, ça peut être, voilà, ce n'est pas forcément du... Oui, de l'encre pour écrire. Oui, oui, la sérigraphie.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Voilà, c'est ça.
- Marion Pasquier
Donc, il peut y avoir plein d'applications comme ça. Mais là, vraiment, je connais moins.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
D'accord. Et cosmétique, tu as des premiers... Cosmétique,
- Marion Pasquier
on a fait un petit peu en TP, moi, à l'école. Mais c'était plutôt... On va plutôt travailler les nacres, les paillettes, les effets, en fait. Je pense pour... Je ne sais pas s'il y a des mesures colorimétriques faites. Enfin, en cosmétique. Peut-être pour les rouges à lèvres ou ce genre de choses. mais...
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Pour les rouges à lèvres, oui. On a eu Elodie Carpentier du Rouge Français, une marque qui utilise de la garance naturelle française pour ses rouges à lèvres, de l'indigo pour ses eyeliners, etc. Les analyses, oui, parce qu'elle est obligée, comme tu disais, d'avoir une teinte qui soit régulière. Tu achètes ton rouge à lèvres, tu as un coup de foudre, si tu n'as pas la même couleur après, ça ne va pas. Par contre, pour les fards à paupières,
- Marion Pasquier
Oui.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
J'ai une autre, je crois que c'est Roquette, dans les Hauts-de-France, qui a travaillé une poudre libre, de neutre, et qui est en train de voir comment la colorer. Et donc une poudre libre, elle peut accueillir des pigments, des pigments naturels. Oui, bien sûr.
- Marion Pasquier
En type, normalement, ça devrait… Après, il y a aussi toute une question, c'est un autre sujet, mais en cosmétique, qui est très important, c'est l'inocuité. Il faut travailler sur le fait qu'ils ont énormément de réglementations, étant donné que le propre de la cosmétique, c'est que ce soit en lien avec le corps humain, la peau et tout ça. Donc je connais un peu moins le domaine, mais il y a une forte réglementation.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Surtout que par exemple, tu vois, elle nous parlait Elodie, du rouge à lèvres, qu'en fait les femmes en ingéraient, sur les lèvres toute la journée tu parles, et donc du coup oui, que les contraintes étaient beaucoup plus élevées. Ok, bon donc déjà formulation, on a compris, ça touche cosmétique, encre, peinture, adhésif, c'est une recette de cuisine, entre guillemets, qui suit un cahier des charges imposé par les utilisateurs finaux.
- Marion Pasquier
Après, ça peut aussi toucher plein d'autres choses. J'ouvre un petit peu parce que ça, c'est les domaines qu'on a appris. Mais moi, j'ai des amis qui ont travaillé après dans les détergents, par exemple, les produits ménagers. Ça, c'est formulé. Mais il y a même, je ne sais pas moi, les plaquettes de frein, ce genre de choses où il y a des besoins de produits, de mélange de produits qui doivent remplir un... un cahier des charges.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
D'accord. Donc, on pourrait dire que la formulation aussi,
- Marion Pasquier
ça peut être... Oui, voilà.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
C'est des mélanges de matières qui répondent à un cahier des charges. OK. Bon, top. Bon, ça, c'est très bien. Ça clarifie. Est-ce que tu peux nous expliquer, désolé, la colorimétrie ?
- Marion Pasquier
Oui.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Exactement. Quand tu as dit, voilà, j'ai eu un cours sur la colorimétrie, les principes, j'ai voulu les appliquer un peu partout. OK. C'est quoi la colorimétrie pour quelqu'un qui débarque là et qui nous parle ?
- Marion Pasquier
Moi, j'entends beaucoup parler de colorimétrie avec des gens qui se mettent des couleurs autour du visage. C'est vraiment ça. Mais scientifiquement, la colorimétrie, c'est en fait... Parce que je dirais que c'est la façon qu'on utilise pour mesurer, entre guillemets, la couleur. C'est l'art de reproduire la couleur. Je ne trouve pas mes mots. Excuse-moi.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Oui, en fait, c'est... identifier une couleur.
- Marion Pasquier
Voilà, c'est comment l'identifier, la caractériser et la reproduire. Dans le but, forcément. Oui, dans le but de la reproduire. OK.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
On a des outils pour ça ?
- Marion Pasquier
J'ai revu un peu mes cours. Je prends mes petites notes. En fait, la couleur, elle est caractérisée par trois choses. Il y a déjà le matériau sur lequel elle est appliquée. Il y a ce qu'on appelle l'observateur. Moi, je l'appelle l'œil. Donc, la personne qui est humain. Voilà, l'humain. Et la lumière. C'est-à-dire que la couleur, c'est une lumière qui se reflète sur un matériau et qui est perçue par l'œil.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
D'accord. Donc,
- Marion Pasquier
on est d'accord que si on change la source lumineuse, la couleur ne sera pas la même. Ça veut dire que si, par exemple, là, mes lunettes, on les voit vertes parce qu'elles sont sous ma lampe ici, si j'éteins la lampe et qu'il n'y a que la lumière du jour, vous n'aurez pas la même perception du vert.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
D'accord.
- Marion Pasquier
Voilà. Ça, ça change. Ensuite, si le matériau n'est pas le même, ça veut dire que si vous avez une surface mat, si vous avez une surface lisse, si vous avez une surface brillante, si vous avez une surface textile, la couleur ne sera pas la même. Même si on applique exactement, je ne sais pas... La même recette. Voilà, la même recette avec les mêmes matières, la perception ne sera pas la même. Parce que le rayon... le rayon lumineux n'est pas diffracté de la même façon donc il n'est pas reçu de la même façon évidemment c'est infime on ne voit pas du jaune et du bleu c'est une question de sensorialité de perception de la couleur est-ce
- ArtEcoVert Pauline Leroux
que c'est là où tu me parles du spectro-colorimètre qui...
- Marion Pasquier
le spectro-colorimètre c'est j'essaye de simplifier un peu mais c'est une machine qui a été créée pour standardiser en fait la perception de la couleur. Donc, le système CIE, c'est le Comité international du déclarage, ils ont déterminé des standards, donc un œil standard, qui est dans les spectro-colorimètres. La perception, elle est reçue partout pareil, par l'appareil. D'une personne à l'autre, nous, on n'a pas la même vision. Je ne sais pas si tu as déjà fait l'expérience de dire, tu le vois comment ça ? La personne à côté ne le voit pas, c'est forcément pareil. Donc au moins, dans un spectro, c'est censé être standardisé. Ensuite, les illuminants aussi sont standardisés. Dans les spectros, je crois que c'est des lampes à xénon, mais quand on regarde les couleurs après, dans l'art de la colorimétrie, entre guillemets, pour reproduire et comparer, il faut toujours regarder sous un illuminant donné.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Cette histoire de boîte à couleurs,
- Marion Pasquier
pour produire une cabine de lumière.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
D'accord. Et les cabines de lumière, par exemple, j'étais dans un labo textile chez Pile Couleur dans les Hauts-de-France. L'idée, c'était de passer dans une cabine à couleur type lumière de magasin et à la lumière du jour.
- Marion Pasquier
C'est ça. Par exemple, typiquement... En peinture, on utilise souvent l'illuminant D65, qui est censé représenter la lumière du jour. Alors, je crois qu'en vrai, j'ai retrouvé dans mes cours, mais c'est à une certaine latitude donnée, parce que la lumière du jour, ce n'est pas la même si vous habitez à Paris et si vous habitez à New York. Donc, c'est un standard lumière du jour qui s'appelle D65. Et TL84, c'est beaucoup utilisé en textile, parce que c'est censé représenter la lumière des néons. Ouais, des néons de magasin. De magasin, quoi. Ouais,
- ArtEcoVert Pauline Leroux
ok, d'accord.
- Marion Pasquier
Voilà. D'accord. Pour parler un petit peu, il peut y avoir ce qu'on appelle un phénomène de métamérie. Je ne sais pas si tu as déjà entendu parler de la métamérie. Non, vas-y. En fait, c'est le fait qu'une couleur est perçue d'une certaine façon sous un illuminant et très différente sous un autre illuminant. Ce qui est arrivé à tout le monde dans un magasin, de se dire « Waouh, super ce truc ! » Et quand on sort dehors, on se dit « Oh, mais je croyais qu'il était plus rouge que ça » . Et bien, c'est typiquement de la métamérie. qui peut poser problème quand on fait les soutiens-gorges, par exemple. Parce que sous un illuminant, la teinte peut être super, et en changeant l'éclairage, on voit une nuance.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
D'accord, donc c'est pour ça que ces spectro-colorimètres, ils sont calibrés pour percevoir...
- Marion Pasquier
La métamébrie, ils ne le voient pas forcément. En fait, ils sont... Enfin, si, il le voit, mais c'est les courbes spectrales. Après, c'est un peu plus... Mais en fait, le spectro, pour moi, c'est un outil qui aide le coloriste. Il a deux... Il a deux rôles. Le premier rôle, c'est un rôle comparatif. Ça veut dire qu'il va permettre de faire une mesure pour standardiser une couleur et de permettre sa reproduction. Ça nous donne une cible. On sait que la couleur, elle doit être là. J'en ai pas parlé, mais en gros, dans le système Cielab dont tu parlais tout à l'heure, les couleurs, elles sont... elles sont déterminées par des coordonnées, on va dire, comme...
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Comme des coordonnées GPS.
- Marion Pasquier
Oui, on peut dire ça, mais je pensais plus. Oui, il y a des... XY, tu vois ?
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Oui, voilà, XY. C'est ça.
- Marion Pasquier
Et bien, en fait, on dit Cielab, L-A-B. Donc, le L, c'est la clarté. On peut s'imaginer un axe vertical qui irait du plus clair au plus foncé. Et A et B, c'est les coordonnées, on va dire, je ne trouve pas le mot, de l'espace. Oui, dans l'espace,
- ArtEcoVert Pauline Leroux
oui.
- Marion Pasquier
Et donc, le A, c'est la notion de vert-rouge et le B, de jaune-bleu. Donc, les couleurs, voilà, les déterminer sur cet axe-là. Quelque chose qui va être orange, il va être plus vers le rouge et vers le jaune et du plus clair au plus foncé.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
D'accord.
- Marion Pasquier
Voilà.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Si ça, c'est un sujet que nous avait présenté Dominique Cardon dans ses ateliers pour reproduire de la couleur, tu sais, des teinturiers de l'époque. Oui. En fait, elles prenaient justement un spectro-colorimètre, elles le pointaient sur les toits, on va dire, de couleur, et après leurs essais de teinture, elles regardaient le delta, et elles nous expliquaient que, je ne sais plus, c'est au-dessus de 5, ou là, c'est perceptible à l'œil, mais en dessous de 1. Non, je me suis peut-être trompée, 1.
- Marion Pasquier
Souvent, alors, je ne sais pas pour quelle raison, mais on donne souvent un delta E inférieur à 1 pour que la teinte… Oui, voilà,
- ArtEcoVert Pauline Leroux
alors c'est 1, c'est moi qui ai dû me tromper. Donc, tu vois, elle nous parlait de ce delta E et elle disait, si c'est inférieur à 1, personne ne se rend compte de la différence de couleur. Et donc, en fait, elle expliquait que dans la reproduction des teintures de l'époque, pour les restauratrices, on a aussi beaucoup d'auditrices qui sont restauratrices de costumes d'époque, de tableaux d'époque, etc. Et pareil, elles ont ce travail-là. Mais donc, voilà, du coup, on comprend que cet outil permet de…
- Marion Pasquier
Là où j'insisterais, c'est que dans le cas où vous utilisez le même support, Pas forcément les mêmes pigments, puisque le but de reprendre une couleur, c'est que des fois, on ne sait pas ce qui a été utilisé par la concurrence ou dans le passé. Mais il faut être dans des choses très comparables. J'en reviens à mon exemple de bouclerie de la lingerie. La surface est tellement petite qu'elle n'est pas mesurable. Je ne peux pas pointer.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
D'accord, ok.
- Marion Pasquier
Et donc... on avait trouvé un moyen de mesurer quelque chose, sauf que le plastique rilsan qui entoure les boucles, ce n'est pas la même matière que le morceau de dentelle que me fournit le client. Donc si je mesure le morceau de dentelle en disant je veux cette couleur-là, je pourrais mesurer mon morceau de plastique à côté, il va me dire que vous avez un delta E de 2, alors que moi, à l'œil, je ne vois pas de différence.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
D'accord. Et l'étude, c'est sur quoi alors ?
- Marion Pasquier
C'est mon œil qui fait la différence.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Donc là, il faut quand même toujours un humain pour venir dire que ça colle ou ça ne colle pas.
- Marion Pasquier
C'est ça, oui.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
D'accord.
- Marion Pasquier
J'en viens à la deuxième utilisation du spectro, c'est qu'on peut aussi utiliser les spectros pour faire de la formulation. Donc, il y a la partie... entre guillemets, reproduction, validation de teinte qui peut être utilisée. Si on fait de la peinture et qu'on utilise toujours le même standard, c'est-à-dire qu'on a un standard de couleur et notre boulot, c'est de reproduire ce standard et voilà, on a un delta E inférieur à 1, c'est bon, ça part.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
D'accord.
- Marion Pasquier
Par contre, quand on veut essayer de recréer une teinte, par exemple, on nous fournit un textile et qu'on veut le recréer sur un plastique pour aller avec, mesurer le textile, ça va donner une orientation. Mais la teinte Merci. qu'on va obtenir... Enfin, non, c'est pas ça que je voulais dire. Enfin, la teinte qu'on va obtenir, elle va avoir un écart, c'est l'œil qui va faire la différence. Par contre, le spectro peut être capable de nous donner une formule, à condition qu'il soit bien...
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Paramétré.
- Marion Pasquier
Paramétré, voilà. Il faut lui rentrer sa base de données. Ça veut dire qu'on va dire, par exemple, chez nous, on a 10 pigments, n'importe quoi, 2 jaunes, 3 bleus, 4 verts, voilà. Et on doit rentrer dans la machine, on doit lui créer sa base de données et lui dire ce pigment-là, quand on le met à 1% dans telle matière, il donne cette couleur. Quand on le met à 2% dans telle matière, il donne cette couleur. Quand on le met à 2% avec du blanc dans telle matière. Et ça, c'est un gros, gros travail de paramétrage au départ avant de réussir à utiliser la formulation pour que la machine dise... Parce que souvent, ils proposent plein de formulations différentes. Je vais vous dire un truc, il peut même nous dire si tu utilises cette formulation-là, tu auras un delta E de temps.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Ah ouais, d'accord. Oui. D'accord. Il est sur toutes les données, il peut te proposer des recettes, etc.
- Marion Pasquier
Sauf que c'est des formulations mathématiques.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
D'accord. D'où la nécessité, encore une fois, d'avoir un œil qui vérifie par rapport à la matière, etc.
- Marion Pasquier
Moi, ce qui m'est bien, c'était la première approche, c'est-à-dire, voilà, quel pigment j'utilise. Parce que quand on ne les connaît pas bien au départ, quand on ne sait pas comment ça rend sur la matière, et bien voilà, c'est utile de se dire, lui, il me propose ces trois-là. Moi, j'ai dans mes stocks une teinte qui est proche, mais dans lesquelles ils en avaient utilisé trois autres, sur lesquelles je pars.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
D'accord, ok. Juste avant de continuer, je voulais mentionner deux personnes. Quand tu as parlé pour les restauratrices, qu'il était hyper important qu'elles utilisent les mêmes matières pour obtenir les mêmes résultats dans la restauration, je pense à Pauline Kless qui était venue sur le podcast nous parler de la fameuse... tapisserie La Dame à la licorne et qui nous a expliqué justement l'intérêt de retrouver la bonne matière pour redonner la bonne couleur pour saluer ce travail des restauratrices qu'on ne salue pas beaucoup à part dans les reportages Arte mais sinon pas beaucoup je suis fan d'Arte c'est pour ça que je me glisse et bien voilà tout le monde est content et je voulais parler aussi de Marion Lamarck qui m'a parlé pour la première fois de l'importance Merci. Comme tu l'as dit, de travailler différents supports, elle s'occupait du bleu, du logo de Décathlon. Et il fallait que son bleu soit le même partout, entre un pack de plastique, un truc en magasin, etc. Et c'est la première fois où je me suis dit, en fait, même une marque personnelle, ça peut être un casse-tête de ouf de retrouver la couleur idéale. Donc, je pense que Marion.
- Marion Pasquier
Mes clients, quand je travaillais dans le plastique, ça aurait très bien pu être Décathlon qui voulait son colorant. Et qui me disait, voilà, je veux le bleu d'hécatelon et je veux qu'il soit utilisé sur du polyéthylène et sur de l'ABS. Je dis n'importe quoi. Sauf que le polyéthylène, c'est laiteux et c'est transparent, laiteux. Et l'ABS, c'est blanc. Et il faut que ce soit la même couleur.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Donc c'est là où le spectro-colorimètre te donne une pseudo-recette et après, toi, tu bosses.
- Marion Pasquier
Là, il aurait fallu qu'on ait un spectro-colorimètre avec une base de données tellement énorme. L'entreprise dans laquelle je travaillais, on n'avait pas une base de données aussi grande. Parce qu'il aurait fallu avoir tous les types de pigments sur toutes les matières. Donc, on s'en servait énormément de nos yeux. Sachant que les pigments ou colorants, les matières colorantes qu'on met dans de l'ABS, ce n'est pas forcément la même pour des questions de compatibilité chimique que ce qu'on met dans du polyéthylène.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
En plus,
- Marion Pasquier
on devait formuler avec des matières colorantes différentes.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Ok, donc là, on comprend. Tu nous expliquais la formulation, tu nous expliques la colorimétrie et la nécessité d'accompagner le coloriste. de mesurer, mais aussi d'aider à reproduire. Et tu as parlé d'un truc hyper intéressant, c'est que la base de tout, c'est cette fameuse base de données qui est rentrée dans le spectro-colorimètre. Donc, c'est, je suppose, le coloriste qui fait ce boulot-là.
- Marion Pasquier
Après, ça peut être... Souvent, c'est fait dans les entreprises. On peut aussi se servir, comme je te disais, du spectro sans forcément avoir la base de données et utiliser du comparatif pour s'aiguiller.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
D'accord. Et tu disais ensuite, il peut te recommander l'utilisation de certains pigments. Donc là, tu parles forcément de pigments de synthèse. Tu ne travaillais pas forcément du naturel.
- Marion Pasquier
Il peut recommander les pigments qu'on a rentrés dedans. C'est-à-dire que lui, en tant que spectro, il ne sait pas. Mais on va lui dire, voilà, j'ai un pigment A, je le mesure comme ça, il te donnera cette couleur-là. Lui, ça lui fait une banque, en fait.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
D'où l'importance d'avoir quelque chose de régulier. C'est-à-dire, si là, tu rentres vos pigments végétaux,
- Marion Pasquier
et d'une récolte à l'autre ton bleu il change ou ton rouge il change c'est un des gros problèmes je pense enfin problème je sais pas mais de la teinture végétale si on veut être extrêmement reproductible en tout cas dans les formulations de couleurs c'est qu'il faut le plus possible que la couleur elle soit entre guillemets calibrée le pigment de base et
- ArtEcoVert Pauline Leroux
est-ce que de travailler alors je sais pas c'est plus ton domaine là mais je pose la question à voix haute pour les auditeurs mais du coup tu vois si on travaille avec des extraits Donc on a nos pigments et on a aussi nos extraits végétaux. Les extraits sont quand même beaucoup plus calibrés. Ça aide, tu vois les costumières par exemple, quand elles doivent faire 15, même 100 costumes de bataillon dans Astérix et Obélix, on constate quelqu'un qu'on a reçu qui nous a raconté ça, grâce aux extraits c'est beaucoup plus facile de reproduire. Donc peut-être que, je ne sais pas si un spectro-colorimètre pourrait travailler avec des extraits colorants, mais ce serait une des solutions parce que c'est plus reproductible.
- Marion Pasquier
Après, ce qui me vient comme ça sur les extraits colorants, je vais peut-être dire une bêtise. Donc, il y a aussi des spectraux qui peuvent mesurer des liquides. C'est ce que j'allais dire. Par absorbance, je crois qu'on dit. J'ai déjà fait ça il y a longtemps. Moi, c'est vrai que je n'ai pas dit. Mais ça pourrait être une solution. J'ai aussi travaillé en Italie chez un fabricant de colorants et on faisait ça.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Tu vois, on l'a même pas dit.
- Marion Pasquier
Merci. Ils faisaient des pigments et des colorants pour notamment la teinture sur cuir. Et on devait mesurer... Il y avait cuir, laine, plein de choses. Et on devait mesurer, quand la couleur arrivait au laboratoire de contrôle, on devait mesurer justement l'absorbance pour savoir s'il avait la bonne teinte.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
C'est ce qu'ils font pour notamment les gels douche, etc. dans la cosmétique. C'est la même chose. Donc, il y a... Donc, il y a peut-être moyen de travailler avec un spectro-colorimètre pour du végétal en fonction de ce que tu rentres dans sa base de données et de rentrer des trucs qui soient le plus prévisibles possible.
- Marion Pasquier
Je ne sais pas comment ça peut fonctionner, mais si on a un apport d'un extrait végétal, en disant qu'on a X kilos de ça, on le rentre dans la machine, ça peut peut-être aider la formulation.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Tu veux dire par l'eau ? Oui, d'accord. C'est une super... Super idée. Donc du coup, cet outil de la colorimétrie qui est le spectro-colorimètre, on a des moyens de s'en servir pour la couleur végétale aussi. Et donc, je rappelle que Dominique Cardon, elle bosse avec ça et elle essaye de travailler ces fameux Delta dont tu nous as reparlé. Alors, on en arrive du coup maintenant, tu vois, on n'y arrive pas à part. C'est quoi le métier de coloriste en industrie ? Du coup, tu fais ça, mais pour des projets énormes.
- Marion Pasquier
Ça dépend du secteur dans lequel on travaille. Je peux parler de ce que j'ai fait. Dans le plastique, c'était de répondre à la demande du client. Il pouvait très bien vouloir un aspect, un effet. C'est ça qui était riche aussi. Ça pouvait être beaucoup de choses. Ça pouvait être de la jardinerie, du médical, de la publicité. Des fois, on s'amusait, des fois, on s'amusait moins. non mais bon voilà je parle tout le temps du verre kaki des poubelles c'est un peu moins fun que je sais pas les faire repasser d'une très grande marque française sur lesquelles il faut avoir un petit liseré il y a une pièce plastique qui est faite dans un plastique opaque une autre pièce plastique qui est faite dans un plastique transparent une autre pièce voilà il faut que tout s'harmonise dans une couleur plus ou moins identique mais pour qu'à la fin le faire repasser plaise à tout le monde ouais Merci.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
D'accord. Donc, c'est plutôt du grande échelle, différence du port, répondre à un cahier des charges hyper précis et tu as des projets où la couleur a un impact essentiel et d'autres, comme tu citais les poubelles kaki, où en fait, il faut juste que ce soit uniforme, mais après, la couleur, en fait, tout le monde s'en fiche, à part les couverts.
- Marion Pasquier
De toute façon, il faut que ce soit...
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Oui.
- Marion Pasquier
Le client, il veut sa couleur. Moi, je ne peux pas lui donner parce qu'il ne l'a pas demandé, mais... Après, je réfléchissais en t'écoutant, tu parlais du métier de coloriste. Ça, moi, c'est ce que j'ai fait et ce qui m'a beaucoup plu, c'est aussi beaucoup de la recherche et développement, c'est-à-dire c'est de la recherche couleur. Pour répondre aux clients, il y a beaucoup de recherche. Il y a aussi beaucoup de coloristes qui travaillent directement en production. Ça veut dire qu'ils mettent à la teinte les cuves de peinture, par exemple.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Mettre à la teinte, c'est faire le mélange et...
- Marion Pasquier
C'est avoir sa peinture. produites, mais ajouter la couleur pour qu'elle soit la bonne couleur.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
D'accord. Est-ce que c'est là où tu me parlais quand on préparait de calibrer les blancs et tout ça ?
- Marion Pasquier
C'est autre chose. Ça n'a pas aucun rapport. Mais voilà, c'était plus sur le métier de coloriste, ça peut aussi être vraiment sur le terrain ou par exemple en colorimétrie dans l'automobile. Souvent, je pense que les carrossiers peintres doivent quand même avoir une bonne notion de colorimétrie pour remettre à la teinte les carrosseries pour les repeindre, exactement pareil.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
D'accord, donc ils peuvent, les coloristes en industrie ou autre, c'est soit du travail de recherche, genre un client veut se rapprocher. Tu vois, alors juste pour rebondir sur la couleur végétale, il y a beaucoup de personnes avec qui je travaille qui me disent, moi les clients ils arrivent avec une couleur et ils me disent, je veux ce pantone-là en végétal, au même prix, productif partout, etc. Donc là, clairement... c'est que ce ne sont pas les bons clients parce qu'en gros, ce n'est pas ça qu'on propose dans la couleur végétale. Mais en gros, ce que je voulais dire, c'est qu'il y a des gens qui cherchent à se rapprocher d'une couleur.
- Marion Pasquier
En fait, le pantone, ça permet de parler la même langue. Moi, c'est ce que je dis. Non, non, c'est vrai, c'est ça. C'est-à-dire que si moi, je te parle d'un... Je voudrais un vert qui soit un petit peu plus bleu. Est-ce que tu vas me comprendre ? Voilà, et moi, je le vois, c'est parce que je voudrais que la nuance tire un peu plus vers le bleu. Mais voilà, quelqu'un, un designer ou un commercial, je ne sais pas, va me dire, je voudrais quelque chose d'un peu plus intense, un peu plus peps, un peu plus… Oui, mais du coup, tu veux quoi ? Tu veux qu'il soit plus clair, qu'il soit plus saturé, qu'il soit… Voilà, on ne parle pas pareil. Bref.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Donc, le pantone, il aide à clarifier le discours.
- Marion Pasquier
Le pantone, pour moi, c'est un nuancier qui est utilisé justement dans plein d'autres domaines et qui permet… de cibler la couleur qu'on veut. D'ailleurs, souvent, les clients disent « je veux ce pantone-là » parce que ça leur permet d'avoir l'éventail des couleurs sous les yeux. Et le coloriste, lui, il doit reproduire le pantone, il se base sur le petit carré et il essaye de le reproduire.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
D'accord. Donc, soit il y a ce travail de recherche de couleurs qui est le même en végétal, c'est-à-dire j'ai pas mal de teinturières ou pas mal de personnes qui travaillent dans les beaux-arts qui essayent de... tendent vers une couleur qu'on leur a demandé. Donc, il y a la recherche de couleur. Il y a la reproductivité, c'est ce que tu as dit, être sûr que ce soit à peu près pareil. Il y a quoi comme autre métier du coloriste ? Est-ce que il a d'autres aspects à prendre en compte,
- Marion Pasquier
lui ? Ça dépend du secteur. Les coloristes, je pensais aux carrossiers parce que je sais qu'il y en a beaucoup. Il y a les teinturiers carrément aussi. Ceux qui sont... qui travaillent sur le textile directement, qui doivent mettre à la teinte les tissus. J'imagine qu'il y a aussi des coloristes qui travaillent dans le monde du design et de la signification des couleurs. Moi, ça m'attire beaucoup, je pense que c'est chouette. Dans tout ce qui est communication aussi. Mais ça, c'est plus sur le côté sensoriel, je pense. Oui, donc l'impact des couleurs.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
On revient à ce qu'on disait au début, ce que les couleurs nous font sentir, ce qu'elles transmettent des valeurs d'une entreprise par rapport aux couleurs qu'on choisit, etc.
- Marion Pasquier
Moi, dans le métier que j'ai fait, en colorisant l'industrie, il me manque cette part-là dans la décision de la couleur. C'est plus...
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Bon, on va faire un petit... un petit... petit appel aux auditeurs, parmi vous, qui êtes dans cette branche-là, et qui veulent nous parler de la sensibilité des couleurs, de la signification, etc., ça sera avec grand plaisir, parce que ça nous permettra de compléter cette partie-là. Qu'est-ce que j'allais dire ? Donc, du coup, on a vu les métiers du coloriste. Est-ce que tu peux revenir sur l'histoire des Calibrer le blanc ? Parce que je pense que c'était pour la peinture et qu'on a fait un saut de chat et je pense qu'il faut y revenir.
- Marion Pasquier
Dans le monde de la peinture que moi j'ai connu, je ne sais pas si c'est encore d'actualité, mais j'imagine que oui, il y a deux façons de mettre à la teinte de la peinture. Soit on met la teinte directement dans la cuve. Donc, on va utiliser un mélange de pâte pigmentaire et mélanger dans sa cuve de peinture la couleur pour obtenir la teinte finale. Soit on utilise souvent des machines à teinter. Et donc là, je donne l'image de quand vous allez acheter, je dois lire des marques, Astorama, le raconteur, votre peinture, soit vous trouvez des pots à la teinte, mais vous avez un choix de couleur qui est quand même... beaucoup moins vaste que si on vous donne le nuancier et que vous dites je veux cette couleur-là du nuancier ou alors le mur avec les petits carrés de couleurs. En fait, tout ça, c'est des formules couleurs qui sont rentrées dans une machine et par contre, elles donnent la bonne couleur à condition que le blanc, enfin le blanc, le pot de peinture qu'on met dedans soit calibré. C'est-à-dire qu'il doit toujours être transparent pareil ou blanc pareil.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
D'accord. Donc une base identique.
- Marion Pasquier
Voilà. Donc en fait, les usines de peinture ne fabriquent pas toutes les couleurs qui sont dans le nuancier. Elles vont fabriquer du blanc calibré en fonction de la nature de la peinture que vous achetez. Je ne sais pas si elle s'appelle peinture A. Vous pouvez souvent trouver la peinture A en blanc calibré, en moyen, en base moyenne. C'est ce qu'on appelle les bases. Donc soit elle est en base moyenne, soit elle est en base pastel, soit elle est en base neutre aussi. Ça peut être sans blanc du tout. Si vous voulez obtenir une couleur très vive, souvent, il n'y a pas de blanc dedans. Ou même, des fois, il y a des bases rouges, carrément, si vous voulez obtenir un brunot très foncé.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
D'accord. Donc, ça, c'est l'histoire de calibrer les blancs pour la peinture, pour...
- Marion Pasquier
En gros, la machine à teinter va avoir toutes les formules pour obtenir ce qui est dans le nuancier en fonction de la base qu'on lui met dedans. C'est un travail... Et des pigments, des bases pigmentaires qui sont à l'intérieur de la machine. les mêmes et calibrés comme on disait tout à l'heure ça a été mis en point par le service colorimétrie pour le coup c'est la majorité de leur boulot je sais pas si demain je m'imagine que si Pantone sort une nouvelle couleur et qu'on demande le Pantone il faut créer la couleur du nouveau Pantone dans toutes les peintures et dans toutes les bases qui
- ArtEcoVert Pauline Leroux
existent si jamais le client la demande est-ce que tu as vu que la couleur de 2026 on en parle ? Bon.
- Marion Pasquier
J'ai vu sur les réseaux sociaux des nanas,
- ArtEcoVert Pauline Leroux
des coloristes qui brûlaient leurs pantones. En disant, attends, tu choisis une couleur de l'année, tu nous mets un blanc. Et tu sais à quoi ça m'a fait penser ce blanc ?
- Marion Pasquier
Non.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
À la couleur structurelle. On en a parlé dans des épisodes. Tu sais, c'est les ailes de papillon où quand tu les regardes, c'est des micro-agencements qui prennent la couleur différemment. D'accord. Et ce blanc-là qu'ils ont mis, tu as un peu l'impression qu'il est... Il est un peu grisé, moi, je trouve un peu.
- Marion Pasquier
ouais c'est ma crée ouais bon bref et donc j'ai halluciné de me dire mes mains c'est un blanc qui a été choisi cette année mais moi j'ai adoré donc c'est un autre sujet mais toutes les réflexions qu'il y a autour ne serait-ce que pour parler de la géopolitique enfin tu vois des conséquences qui font que pourquoi c'est ce blanc là et ça me fait ça m'intéresse bien ça me fait flipper aussi du coup alors vas-y raconte parce que je peux te dire que c'est aussi une façon de standardiser si tu veux un peu le... les mentalités, de mettre une couleur bien neutre. Ah oui, pour pas... Voilà, ce genre de choses.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Je n'avais pas du tout pensé à ça.
- Marion Pasquier
D'accord, ok. Il y a des gens qui parlent de ça, et moi, je trouve ça assez révélateur.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Ok, bon, tu vois, comme quoi, il y a des sujets, il y a des choses à dire. Alors, avant qu'on arrive à l'artisanat, parce qu'on va montrer aux auditeurs que ce n'est pas parce qu'on travaille dans l'industrie qu'on n'a pas une sensibilité artisanale, ou inversement. Sur le podcast, j'essaye aussi d'avoir tout le monde, c'est-à-dire des artisans et des industriels, parce que pour moi, la couleur végétale et du vivant, elle existera, elle s'amplifiera par les discussions entre ces deux mondes qui se rapprochent, on ne va pas se mentir. La question que j'ai, c'est toi avec ton expérience. Tu as travaillé des supports différents. Tu as travaillé essentiellement des colorants, on va dire, de synthèse. Oui, oui. Est-ce que tu pourrais me faire un petit retour en me disant, si demain, on te disait sur ces mêmes supports que tu as travaillés, donc peinture, le textile et le plastique, si on te disait, demain, il y a une loi qui passe, on ne veut que de la couleur naturelle, quels seraient pour toi, en tant que coloriste industriel, quels seraient pour toi tes premiers gros réflexions en disant, attends, le premier truc à régler, c'est ça ? Elle n'était pas prévue,
- Marion Pasquier
cette question. En fait, ça me paraît tellement vaste parce que pour moi, l'étendue des colorants naturels ne pourra jamais surpasser ce qu'on peut obtenir en colorant de synthèse.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Dans le sens, la largeur des couleurs ?
- Marion Pasquier
Voilà, je pense, oui. On se sert aussi, il n'y a pas que des colorants de synthèse, on se sert des pigments minéraux beaucoup. Enfin voilà, ce n'est pas du vivant, mais…
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Donc les encres, tout ça, le largui. Oui,
- Marion Pasquier
bien sûr. Comment ça s'appelait ? J'ai le nom B21, les eaux primaires, ce genre de choses. En plastique, en tout cas, j'ai utilisé beaucoup les colorants minéraux. Mais d'ailleurs, il y en a beaucoup qui ont été interdits aussi. Et pourquoi ? Les cadmiums, ce genre de choses, ça donne de très belles couleurs. C'est très résistant, mais ce n'est pas très bon pour la santé.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Et c'est pire que les colorants de synthèse ?
- Marion Pasquier
Oui, c'est toxique. Il y en a des... colorants au plomb.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Oui, ça, on en a discuté parce qu'il y avait des teinturiers qui utilisaient justement des ressources comme ça. Mais tu vois, les colorants azoïques qui sont reconnus comme toxiques, est-ce que c'est moins toxique que ces colorants avec des millions ?
- Marion Pasquier
Je ne sais pas te dire. C'est des produits de toute façon, des trucs pas terribles. Donc il y a certains qui imaginent... Ah oui, il y a certains colorants minéraux qui sont interdits, enfin pigments minéraux qui sont devenus interdits. Ou en tout cas, en plus, il y en a qui ne sont pas utilisables, par exemple dans l'agroalimentaire. Oui,
- ArtEcoVert Pauline Leroux
parce qu'il y a le contact alimentaire à respecter. Oui, super, tu as bien fait de le redire.
- Marion Pasquier
Ça fait partie du cahier des charges, souvent, dans ce qu'on nous demandait dans le plastique, contact alimentaire. Donc là, on divise la quantité de pigments utilisables par je ne sais pas combien.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Et tu avais des colorants, alors tu as parlé que tu avais des colorants minéraux, est-ce que tu avais des colorants végétaux ? Est-ce que tu en avais au moins un ? Non, rien du tout, pas de végétaux.
- Marion Pasquier
Mais enfin, je pense que c'est principalement par rapport à la résistance thermique. Clairement, il faut que ça passe la température de transformation.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Tu vois des alternatives à ça ? Parce que tu vois, il y a beaucoup de chercheurs qui sont en train de regarder comment intégrer justement... des pigments végétaux issus de déchets, issus de sources qui sont abondantes et qu'on pourrait réutiliser pour faire de la couleur. Et ils sont en train de travailler l'encapsulation, la micro-encapsulation, etc. Est-ce que ça, toi... Vraiment, je te prends au piège parce qu'on n'en a pas parlé avant. Mais est-ce que tu penses que par la technique... on pourrait réussir à gommer les défauts des colorants vectaux.
- Marion Pasquier
Moi, je pense qu'il faut essayer, il faut expérimenter, mais surtout, il faut trouver un modèle différent. Je pense qu'il y a peut-être des choses à faire, mais ce n'est pas…
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Ce n'est pas en copiant le synthétique.
- Marion Pasquier
Ce n'est pas en utilisant aujourd'hui des presses à injecter, des explodeuses. Peut-être qu'en transformant le plastique différemment, si c'est possible. Encore, je ne suis pas experte. J'ai ma modeste expérience. Mais voilà, il y a aussi des façons de teinter le plastique. Peut-être qu'il y a des teintures qui peuvent tenir ou avec des apports différents. Pourquoi ce serait impossible tant qu'on n'a pas essayé ? C'est sûr que pour faire de la teinture de masse, pour faire des tonnes et des tonnes de colorants, pour colorer, j'en sais rien moi, des abris de jardin ou des trucs, ça ne me paraît pas du tout adapté. Mais même, je t'ai entendu en parler une fois par rapport à la surface disponible de... femme
- ArtEcoVert Pauline Leroux
de terre,
- Marion Pasquier
de culture pour les plantes je pense qu'il faudrait cibler des applications où ça apporterait de la valeur ajoutée justement d'utiliser ça notamment tu vois la coloration capillaire il y a beaucoup de gens qui font des allergies avec la
- ArtEcoVert Pauline Leroux
synthèse en fait mettre en priorité alors déjà je rebondis sur ce que tu as dit ne pas vouloir mettre de la couleur végétale en copiant la couleur de synthèse mais en réinventant des modèles, c'est génial. Et là où ça a du sens en priorité, parce qu'effectivement, il y a les plantes cultivées. Gros clin d'œil à toutes nos agricultrices et agriculteurs en France et en Europe et dans le monde, parce qu'on en a des pays francophones. Mais aussi, un truc que tu dis, que je voulais rajouter, c'est qu'aujourd'hui, il y a plein de gens qui cherchent, encore une fois, dans les déchets industriels ou les déchets agricoles. Enfin, il ne faut plus dire déchets.
- Marion Pasquier
Bon,
- ArtEcoVert Pauline Leroux
c'est compris.
- Marion Pasquier
Mais je me suis dit... Merci.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
non mais les coproduits bon bref et en tout cas c'est vraiment ça pour moi aussi qui peut être une autre source mais encore une fois il faut que ce soit fait intelligemment il faut que ça serve et là il y a quelqu'un qui
- Marion Pasquier
est en train d'écouter qui dira et le prix et le prix évidemment oui mais c'est pour ça après ça peut être utilisé aussi dans des je pense que par rapport à toutes ces costumières tu disais qui essaient de reproduire même à Moi, la pétance de comprendre comment ça se faisait au temps des Égyptiens, tout ça. Pour la culture, c'est super important, je pense que c'est super intéressant, pour la culture et l'expérimentation. Mais après, reproduire le modèle industriel tel qu'il est aujourd'hui et vouloir le transformer en naturel comme ça, je ne suis pas sûre que ce soit...
- ArtEcoVert Pauline Leroux
La bonne façon de le faire. Oui.
- Marion Pasquier
Mais créer une valeur ajoutée sur quelque chose, ne serait-ce que peut-être une forme de... j'allais dire de luxe, mais voilà.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Qui est en avance sur le sujet. C'est quand même eux qui tirent dans certains domaines.
- Marion Pasquier
Des matières super nobles et les teinter de façon super noble pour en faire un produit d'exception, ça peut être une piste, j'en sais rien. Est-ce que c'est... Il y a ça,
- ArtEcoVert Pauline Leroux
sur des matières comme la soie,
- Marion Pasquier
etc.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
On a justement un épisode qui sort aujourd'hui sur la soie et le luxe, tu vois comme quoi on est complètement alignés. Bon, top. Donc ça, hyper intéressant, trouver une autre approche. Qu'est-ce qui, pour toi... Parce que, comme dirait certains, la couleur végétale, personne n'en a besoin. Qu'est-ce qui pourrait faire que ça change ? Qu'est-ce qui pourrait faire que demain, on se dise « Oh mon Dieu, on arrête les colorants de synthèse, en fait. » Est-ce que c'est des rapports médicaux qui montrent que, je ne sais pas, comme il y en a eu, qui montrent que ça colore le placenta des femmes enceintes, que ça tue je ne sais trop quoi. Bon, bref. Est-ce que c'est forcément quelque chose de sanitaire, d'environnemental ou une loi ? Comment on pourrait avoir un déclic en tant que consommateur de se dire « Non, en fait, il faut vraiment qu'on passe à la couleur végétale » .
- Marion Pasquier
Ça me fait penser à plein de choses, mais il y a déjà plein de lois qui sont passées chez nous en Europe pour interdire des produits, je ne pourrais pas dire vraiment lesquels, mais qui sont quand même utilisés ailleurs dans le monde et on finit par aller les acheter. pour qu'ils arrivent sur notre marché, parce que c'est moins cher, que c'est plus facile. Mais en effet, déjà, retirer certains produits dans ce qui touche à la cosmétique, moi, je pense que c'est... En tout cas, c'est ce qui, moi, en tant que consommateur, me toucherait le plus, de me dire, je ne veux pas m'étaler tel produit. Je te dis ça, puis j'en ai respiré pendant quatre ans, parce que... Tu vois,
- ArtEcoVert Pauline Leroux
sur la cosmétique, ce qui est marrant, c'est que euh J'ai eu quelqu'un qui travaillait sur le sujet. Il m'a dit, aujourd'hui, tellement les gens ont peur de mettre de la saleté ou que ce soit reproché qu'il y ait de la saleté dans leurs produits pour la couleur, qu'ils n'en mettent plus. Donc, en fait, les marques de cosmétiques, elles veulent du blanc. C'est-à-dire que même si tu travailles un extrait végétal qui donne une couleur, donc un joli vert ou une couleur naturelle, en fait, ils la dégagent parce que les clients veulent…
- Marion Pasquier
le blanc c'est un pigment aussi je ne sais pas non je dis ça non mais il y en a il y en a d'autres le blanc c'est principalement du dioxyde de titane donc je ne sais pas s'il y en a vraiment dans les maquillages et tout ça je ne suis pas spécialement au courant mais en tout cas une peinture blanche c'est une peinture qui est chargée en pigment dioxyde de titane
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Et qui n'est pas forcément hyper bon.
- Marion Pasquier
Il y a des études qui se font sur ça. J'avais travaillé un peu sur ça aussi. Il y a eu vraiment des pourparlers sur le côté cancérigène du dioxyde de titane, je pense.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Moi, j'ai des marques de cosmétiques qui m'ont contacté justement en me disant est-ce que tu as une alternative naturelle au dioxyde de titane ?
- Marion Pasquier
Je m'avance sur des choses dont j'ai entendu parler, mais de mes connaissances, c'est ce qui sert à faire écran, par exemple dans les produits solaires. Donc il y en a beaucoup dans les crèmes solaires. Sauf qu'il y a eu toute cette histoire sur les nanoparticules, est-ce que ça passe à l'intérieur de la peau ? Enfin voilà, c'est des questions. Oui,
- ArtEcoVert Pauline Leroux
d'accord. Donc il y a encore des choses à... Mais tu fais bien de le dire que le blanc, c'est quand même un pigment qui est mouillé.
- Marion Pasquier
On a l'impression que le blanc, c'est une absence de couleur, mais en fait non, c'est...
- ArtEcoVert Pauline Leroux
C'est une couleur...
- Marion Pasquier
Sauf si on utilise une matière qui est blanche d'origine.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Si on veut blanchir quelque chose, il faut mettre du blanc.
- Marion Pasquier
En teinture, non. On peut décolorer une fibre, je dirais plutôt.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Blanchir au soleil, je crois. Javelle, non.
- Marion Pasquier
Je rigole. Mais ce que je veux dire, c'est que là, il y a aussi... Mais en peinture, pour avoir du blanc, une résine, quand on fait de la peinture, elle n'est pas blanche. Ça dépend du type de résine, mais il faut imaginer que ça ressemble à du miel. Donc, il faut re-blanchir.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Franchement, c'est hyper passionnant. S'il y a des gens qui nous écoutent, qui ont des éléments, des choses qu'ils veulent creuser, parce qu'on a lancé quand même pas mal de pistes ouvertes.
- Marion Pasquier
Je parle de choses assez générales. Il y a sûrement des précisions à amener sur plein de choses. Non,
- ArtEcoVert Pauline Leroux
ce n'est pas ça. C'est dans le sens qu'il y a des gens qui veulent venir compléter. sur les questions qu'on a soulevées toutes les deux. C'est avec grand plaisir. Alors, j'ai quelques questions rituelles, mais je ne vais t'en poser que quelques-unes. Est-ce qu'aujourd'hui, tu travailles à transmettre ce que tu as appris ? Parce que tu couvres quand même pas mal de domaines d'application dans un domaine qui est recherché et qui est important. Et comment tu fais aujourd'hui pour pouvoir transmettre ça ?
- Marion Pasquier
Alors, moi, je ne me rends pas forcément compte. que ce que je sais et pas forcément celui à d'autres endroits. On en a parlé toutes les deux. On va dire sur un côté plus personnel et ça va relier un petit peu ce qu'on disait tout à l'heure avec le côté artisanal. Moi, ma passion des couleurs, je l'exprime, comme je manque un petit peu de façon de l'exprimer sur le côté plus artistique, je vais l'exprimer au travers du vêtement et de la couture. Donc, je vais dire plus globalement l'art du fil parce que je fais plein de choses et ça me permet Mouah ! d'encore plus extérioriser cette passion-là. Donc j'ai appris, je suis devenue couturière, plein de choses. Après, via ça, j'utilise un peu les réseaux sociaux, avec mes modestes connaissances, pour parler un peu de couleurs de temps en temps, montrer ce que j'ai fait. Et j'en parle autour de moi, parce que je me suis rendue compte que finalement, le mot passion n'était pas trop fort. Quand on parle de sensibilité, il y a peut-être beaucoup de gens qui n'arrivent pas à l'exprimer, mais c'est en voyant d'autres personnes en parler que ça viendra peut-être. Puis on peut échanger, c'est chouette. Et enfin, ça c'est plus sur une perspective, mais moi j'aimerais bien justement transmettre, je pense que c'est le mot qui me... Je suis dans une période professionnelle où je cherche à poursuivre dans ma voie et à ouvrir à d'autres perspectives puisque je ne suis plus coloriste pour l'instant. Mais comme je disais tout à l'heure, tout ce qui est aussi les significations des couleurs, la perception, ce que ça influe sur les gens, est-ce que ça peut servir dans le monde de la création, de l'art, du design, tout ça, ça m'intéresse beaucoup. Je me suis rapprochée un peu d'écoles aussi un peu plus techniques pour leur proposer éventuellement des cours de couleur. Pour l'instant,
- ArtEcoVert Pauline Leroux
je suis là. Tu es basée où du coup, pour qu'on dise aux auditeurs s'il y a des gens qui cherchent des coloristes, des formations en colorisme ?
- Marion Pasquier
Moi, j'habite à Lyon.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Voilà, donc dans la région lyonnaise.
- Marion Pasquier
Je ne suis pas faite à prendre des postes en recherche et développement, ce genre de choses. Oui, sur ton parcours. Aujourd'hui, le contact avec les étudiants et la transmission de ce savoir, ça me plaît bien. Je réfléchis.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Génial. Bon, top.
- Marion Pasquier
J'ouvre mes perspectives.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Bon, encore une fois, on le redit, si jamais vous avez envie d'échanger avec Marion, on mettra tes coordonnées pour que... Voilà, vous n'hésitez pas. Tu combles pas mal de domaines. Moi, tu m'as personnellement aidée à, comme je disais au début, à remettre des pièces de pulse, à comprendre un peu les enjeux et les ponts entre les différentes applications. J'ai une dernière question, deux dernières questions. Allez. pour ne pas que l'épisode dure trop longtemps. Est-ce que tu as un livre sur la colorimétrie ou une ressource qui pourrait être utile pour les auditeurs qui ont envie de creuser, de comprendre un peu de quoi, de se renseigner davantage ?
- Marion Pasquier
Je ne pense pas que j'ai des livres inconnus parce qu'à mon avis, vous les avez déjà tous entendus. On n'a pas trop parlé du coup de mon rapport à la teinture végétale non plus parce que tu te rappelles, j'avais fait dans ma curiosité... couleurs, j'essaye de ne pas être trop longue, mais voilà.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Non, vas-y, vas-y.
- Marion Pasquier
Comment dire ? Je prends toutes les perches que la vie me tend qui peuvent m'aider à découvrir de nouvelles choses en termes de couleurs et par ce biais-là, j'avais visité les jardins du Conservatoire des Plantes Tectoriales à Loris pendant mes vacances. Et en 2020, j'ai fait un stage d'ailleurs tellement ça m'avait plu. J'ai tout le matériel pour en faire mais pour l'instant, je n'ai pas franchi le carré. Et donc, vous m'avez conseillé d'acheter un livre que j'ai acheté, c'est le guide des teintures naturelles avec plantes à fleurs. C'est Marie Marquet ?
- ArtEcoVert Pauline Leroux
C'est Marie Marquet,
- Marion Pasquier
c'est pour ça que je regarde là. Et j'avais aussi acheté le teinture végétale d'Aurélia
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Wolff. De Aurélia Wolff.
- Marion Pasquier
Ça, c'est pour pouvoir tester à l'occasion. Et sur le côté un peu plus design et signification des couleurs, je m'étais fait offrir, ça s'appelle L'étonnant pouvoir des couleurs. de Jean-Gabriel Causse.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Ah oui, tu l'as là devant toi pour me montrer ? Je l'ai... Ouais, c'est ça.
- Marion Pasquier
Je te parle ?
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Jean-Gabriel Causse. Jean-Gabriel Causse, on en a parlé... Il n'est pas président du Centre de la Couleur ?
- Marion Pasquier
Il est membre du Comité français de la Couleur. C'est ça. C'est écrit sur le...
- ArtEcoVert Pauline Leroux
C'est ça. C'est pour ça que ça me parle. OK.
- Marion Pasquier
Après, c'est très agréable de réfléchir un peu aux significations que ça peut avoir, aux impacts. J'ai bien aimé.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Génial. Merci parce que celui-là, on ne l'avait pas. Est-ce que tu as quelqu'un que tu voudrais nous recommander à la fin des épisodes de podcast où on se passe le micro ? Est-ce que tu penses à quelqu'un qui pourrait nous aider sur la partie couleur, couleur végétale ou colorimétrie ? qui pourraient être intéressants à recevoir sur le podcast pour continuer à explorer tout ça.
- Marion Pasquier
Pour faire de la colorimétrie pure, il y a sûrement d'autres coloristes ou des enseignants en couleur. Après, je n'ai pas trop de choses avec eux.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Bon, ok, top. Moi, ce n'est pas grave. Si tu n'avais pas d'idée, ce n'est pas grave. Ou si tu penses à quelqu'un, après, tu nous diras. En tout cas, Marion, je voudrais te remercier parce que je sais que ce n'était pas facile pour toi. de venir raconter, mais je trouve que c'était hyper intéressant de voir la compilation.
- Marion Pasquier
J'espère que ça vous a intéressé. J'espère, carrément.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Non, non, c'est top. Et franchement, ça nous permet de raccrocher les wagons, de voir un peu des sujets qu'on avait un petit peu abordés partout dans des épisodes et un peu de les regrouper. Donc, c'est vraiment chouette. Alors, Marion, je voulais savoir s'il y avait une question ou un sujet qu'on n'avait pas abordé ou quelque chose que tu voudrais compléter par rapport à notre épisode. Est-ce qu'il y a un sujet qu'on n'a pas assez creusé selon toi et que tu as envie de nous approfondir ?
- Marion Pasquier
En préparant le podcast, j'avais réfléchi un petit peu aussi, et je pense qu'on n'en a pas beaucoup parlé en termes de formulation, c'est que la couleur, ce n'est pas forcément la première contrainte qui se met dans le produit. Je prends l'exemple de la peinture. En fait, il faut toujours qu'il y ait... On a parlé de la stabilité, on a parlé de la reproductibilité des pigments, tout ça, mais il faut aussi prendre en compte le taux de couleur qu'on va mettre dans son produit. Déjà, ne serait-ce que par la taille de l'emballage. Si vous avez un pot qui est rempli à 95 % et que vous rajoutez 6 % de colorant, ça déborde. Il faut aussi prendre en compte la façon... qu'il y ait de la place pour que ça se mélange correctement dans le pot de peinture. Et aussi la stabilité de votre formule. C'est-à-dire qu'une formule, ça va être un mélange, on va dire, travaillé entre une résine, des charges, des épaississants, des additifs qui font qu'à la fin, vous remplissez le cahier des charges. Donc, vous avez la bonne viscosité d'application, la bonne viscosité en peau, que ce soit la peinture que vous avez cherchée. Et si là-dedans, vous rajoutez... X% de colorants, donc de pigments, qui ont, eux, leur propre fluidité et leur propre viscosité, vous pouvez, en fait, décaler votre... Dégrader la formule, dégrader les spécifications de la formule que vous aviez au départ. Donc ça, c'est des choses qu'il faut prendre en compte aussi. Et pour les plastiques, ça marche aussi. C'est-à-dire qu'on n'en a pas trop parlé, mais nous, on fabriquait ce qu'on appelait des mélangemètres. Ça veut dire des... concentrés pigmentaires qu'on vendait aux clients et qu'eux utilisaient à un certain taux d'utilisation. Moi, je ne peux pas mettre 99% de pigments dans mon plastique, ce n'est pas transformable. Donc, j'étais contrainte d'utiliser un certain taux de pigments dans mes granulés de plastique et après, je devais fournir à mon client un taux d'utilisation. Et lui, en termes de prix et de ratio, s'il m'a demandé un colorant à 2% d'utilisation et que je lui ai dit pour obtenir la couleur que vous voulez, il faut l'utiliser à 5%. ça ne sera pas le même prix et ça ne sera pas le même revient pour lui.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
On n'a pas dû parler de ça. Ah non,
- Marion Pasquier
c'est intéressant.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Donc du coup, il y a cette notion de ratio de pourcentage.
- Marion Pasquier
Dans la mise à la teinte, il faut toujours prendre en compte aussi le contenant qu'on va avoir. Il y a toutes les caractéristiques dont on a parlé, ce serait la résistance à la température aux intrants. compéries, tout ça, machin, mais dans la transformation et dans la commercialisation du produit à la fin, il faut quand même que ça soit... que ça suive les contraintes industrielles de la personne d'après. Si c'est... Parce que, par exemple, la viscosité de la peinture, c'est sûr que quand une personne lambda va acheter son pot de peinture à Casto pour peindre sa cuisine, limite, il s'en fiche, sa peinture, elle s'applique. Ça a été réfléchi, en fait, pour qu'elle s'applique et qu'elle soit utilisable avec un rouleau et que... Et demain, un peintre en bâtiment dont c'est le métier, lui, il ne va pas utiliser un rouleau, il va utiliser un pistolet, par exemple. Et la fluidité de la peinture, ce n'est pas la même.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
D'accord. Donc, il y a aussi ces critères-là des gens à l'usage. Et surtout, ce que tu dis de B2B, c'est quand tu revends ton mélange de couleurs,
- Marion Pasquier
ton mélange d'applications. Oui, ça,
- ArtEcoVert Pauline Leroux
c'est très important.
- Marion Pasquier
Ça fait partie des critères du cahier des charges. C'est un taux d'utilisation. Parce que dans le monde du plastique, Voilà les... Les gens, ils achètent le colorant comme, en tout cas ceux qui j'ai travaillé, ils achètent le colorant comme une matière première. Donc eux, ils vont mélanger leur matière première, leur colorant, leur additif, je ne sais pas ce qu'ils mettent dedans, mais pour eux, il faut que ce soit fourni avec un taux d'utilisation, que ça leur donne la bonne couleur.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
D'accord. Et je rajoute une question, du coup, ce n'était pas prévu, mais est-ce que tu sais à peu près le prix d'une couleur dans un produit ? Est-ce que tu sais ? Non, tu ne sais pas combien coûte ? C'est variable ?
- Marion Pasquier
Extrêmement fluctuant en fonction de la matière qu'on utilise. Il y a des pigments qui coûtent extrêmement cher et il y a des pigments qui ne coûtent rien. Je devais faire les prix aussi. Évidemment, dans une formulation colorée, si on vous demande une couleur... Je prends le monde du plastique parce que c'était ça surtout. On me demande un colorant pour une matière plastique dans laquelle je dois mettre justement des colorants et que pour atteindre la couleur, il faut que j'utilise un colorant à 90 euros le kilo, et que c'est le seul moyen, le prix final, le client, on lui dira, si vous voulez ce rose, ce sera tant d'euros du kilo. Par contre, si vous voulez ce blanc, ce sera peut-être dix fois moins cher, parce que ce que j'ai mis dedans, ce n'est pas de la même nature.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
C'est comme en végétal, tu as des colorants issus de pépins de raisin qui ne coûtent rien, trois fois rien, entre guillemets, et tu as la cochenille, par exemple, qui va coûter la peau des fesses.
- Marion Pasquier
Exactement. Après, je ne sais pas ce qui fait le prix, mis à part le marché et tout ça, mais j'imagine que certains colorants de synthèse sont plus difficiles à synthétiser.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Je ne sais pas sur la synthèse. Je sais l'expliquer sur le végétal, c'est en fonction de la rareté, s'il y a un élevage, s'il y a une transformation, etc. Sur la synthèse, j'avoue, je ne sais pas.
- Marion Pasquier
C'est sûr que les pigments minéraux sont beaucoup moins chers que les pigments organiques, par exemple.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Mais beaucoup moins renouvelables aussi. Et oui, bon. C'est tout à fait ce que je disais. Bon, écoute, merci Marion pour cette précision. Merci. Et puis top. Bon, merci beaucoup.
- Marion Pasquier
Merci.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Bon, nickel.
- Marion Pasquier
J'espère que j'ai bien répondu à tes questions. Et surtout si vous avez... envie d'échanger avec moi, il n'y a aucun souci.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Je mettrai ton adresse mail dans le descriptif. Marion, merci beaucoup.
- Marion Pasquier
Même toi, si tu as d'autres questions ou que tu veux qu'on creuse un peu plus profondément, n'hésite pas.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Super. Merci beaucoup, Marion.
- Marion Pasquier
Merci beaucoup.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Je vous invite à me rejoindre sur ma page Instagram ArtEcoVert A-R-T-E-C-O-V-E-R-T pour y découvrir le nom des prochains invités. Je me permets de vous rappeler que la seule manière de soutenir ce podcast et de le noter et le commenter sur la plateforme d'écoute de votre choix, c'est ainsi qu'on arrivera à faire porter la voix de ces passionnés de la couleur végétale. Merci à tous ! Savoir si vous allez aimer, les mots clés du podcast ArtEcoVert : teinture végétale plantes tinctoriales indigo garance encre végétale couleur végétale colorants végétaux pigments végétaux coloration capillaire végétale fibres naturelles colorants biosourcés tanins teinture naturelle plantes artecovert couleurs de plantes design végétal couleur jardin agriculture tinctoriale indigo tendance innovation nuances cosmétiques biotechnologies couleurs du vivant