- Pauline ArtEcoVert
Bonjour et bienvenue dans le podcast ArtEcoVert, le podcast de celles et ceux qui veulent comprendre, structurer et déployer la couleur végétale et du vivant dans le monde réel. Je suis Pauline Leroux, ingénieure agronome passionnée de plantes et depuis trois ans, chaque jeudi, je reçois celles et ceux qui font la couleur du vivant. On part de la graine à la couleur finale. On parle plantes et autres sources tanctoriales, usages concrets, filières, santé. environnement, innovation et biotechnologie. Du textile à la cosmétique, de l'artisanat à l'industrie, du design aux fibres naturelles, une seule approche, relier la couleur du vivant aux usages réels. L'objectif est clair, fédérer et démocratiser la couleur végétale et recréer une souveraineté de la couleur du vivant chez nous.
- Laurent Bousquet
Belle écoute ! Bonjour à tous,
- Pauline ArtEcoVert
je suis ravie d'accueillir sur le podcast à récovers Laurent Bousquet. Bonjour Laurent.
- Laurent Bousquet
Bonjour.
- Pauline ArtEcoVert
Alors Laurent, je suis ravie de t'accueillir pour parler aujourd'hui toxicologie dans la savonnerie, mais pas que. T'es un maillon hyper important de cette chaîne de valeur. On s'est rendu compte, nous auprès des agricultrices en teintorial, que la savonnerie c'était le quatrième débouché. Donc on est hyper content de creuser les sujets avec toi. Et on sait que la toxicologie, c'est quelque chose qui peut parfois effrayer. Et en fait, on va voir avec toi que finalement, il y a quand même moyen de s'en sortir. Je voulais juste que tu puisses te présenter avant pour nos auditeurs. Est-ce que tu peux nous raconter un petit peu ton parcours et comment tu en es arrivé à la toxicologie réglementaire, si je peux dire ça comme ça ?
- Laurent Bousquet
Alors, je vais essayer de faire bref quand même. J'ai commencé par des études de biologie spécialisées en biologie du vivant, donc tout ce qui est biochimie et beaucoup de microbiologie. Suite à ça, c'est à travers la biologie que j'ai découvert la chimie, via la biochimie. Suite à ça, je suis parti en chimie, j'ai fait un master de chimie. à Marseille. Et suite à ce master de chimie, j'ai fait un master 2 en gestion d'entreprise spécialisée en marqueting. Tout ça pour illustrer que je ne savais pas trop quoi faire, comme beaucoup de gens à cette époque-là. Donc j'ai suivi un petit peu mes envies. Mon premier boulot, c'était dans le mar... marketing dans une savonnerie à Marseille. Une savonnerie qui existe toujours, mais qui a changé de nom plusieurs fois depuis. J'ai rapidement, relativement rapidement, au village que j'avais vu à l'époque, j'ai pris rapidement la direction du site industriel. Donc j'étais, on va dire, directeur d'usine d'une grosse usine de savons de Marseille qui appartenait à... grand groupe, enfin, un grand groupe, pas non plus un Rame, on va dire un groupe qui avait plusieurs usines en France dans les secteurs de l'hygiène. Suite à ça, j'ai dirigé une deuxième savonnerie, Marseille, qui existe toujours, on va dire c'était les deux plus grosses, toujours pareil, avec plutôt... Le job tournait vers la gestion de sites industriels, donc tout ce qui est planning de fabrication, fabrication, le personnel, les livraisons, les rapports avec les autorités. Et c'est pendant cette partie-là qu'il y a eu d'importants changements dans la réglementation cosmétique. Il existait une directive cosmétique depuis 1976. Et il y a eu d'importants changements dans les années 2000, 2003, 2004, 2006, avec l'apparition de choses qui n'existaient pas, mais qu'on n'imagine pas qu'elles n'existaient pas, comme la liste des ingrédients, par exemple. Avant 2006, il n'y avait pas la liste des ingrédients sur les produits de ce type. Donc on va dire que la réglementation, pour moi, je l'ai d'abord subie. J'ai d'abord subi la réglementation parce qu'on travaillait en fabrication à façon pour des grandes enseignes de distribution et on avait nos marques aussi propres qui étaient dans les régions de la grande distribution et donc avec une obligation de se mettre vraiment aux normes, de suivre l'évolution de la réglementation très rapidement. Donc ça a été plutôt pas un bon souvenir à la base, parce que la réglementation, c'est pénible, surtout quand ça change tout. Ça change les pack-outings, ça change les façons de fabriquer. Alors les bonnes pratiques de fabrication n'arrivent qu'officiellement en 2013, mais elles existaient déjà en 2007. Donc on a aussi des grands acteurs de la grande distribution qui exigent déjà très tôt. qu'on respecte ces exigences d'assurance qualité. Donc il y a le volet réglementation, il y a aussi le volet qualité. La réglementation, c'est principalement la sécurité, et la qualité, c'est aussi la sécurité, mais on a souvent tendance à distinguer sécurité et qualité. Voilà, donc... C'est un peu subi cette réglementation. Je ne suis pas le seul. Dans l'univers des cosmétiques en Provence, je ne suis pas le seul. On a déjà à l'époque une association de savonniers. Il y a une association aussi dans le Languedoc-Roussillon qui émerge au niveau des cosmétiques sous l'impulsion du cri de chimie qui maintenant est l'UIC. On appartient à l'UIC. C'est sous l'UIC chimie. On a fusionné, on va dire, ma petite association de savonniers avec une association de fabricants de cosmétiques du Languedoc-Roussillon. Et on a créé Cosmed. Fameuse association de cosmèdes qui a aujourd'hui plus de 1000 acteurs. Pas plus de 1000 acteurs, pardon. Comme beaucoup d'associations, quand on l'a créée, on était 12. On a créé Cosmed à 12. Donc, je suis un des membres fondateurs. Cosmed et principalement, mon intérêt dans Cosmed, c'est de trouver des soutiens pour respecter la réglementation vite et bien et à moindre coût. Et donc, on a mutualisé un petit peu à la fois nos connaissances respectives et nos moyens. pour faire intervenir des consultants, des gens qui sont venus nous accompagner sur la réglementation. Et d'ailleurs, ça n'a pas changé. C'est-à-dire, 25 ans plus tard, Cosmed, c'est toujours le réglementaire qui fait avancer, qui est le principal intérêt de cette association pour les fabricants de cosmétiques. Ensuite, dans le parcours, il y a une étape pour moi qui est importante, c'est... Je le dis sans honte parce que je sais que c'est le cas d'énormément de savonniers et de fabricants de cosmétiques artisanaux. C'est-à-dire un ras-le-bol, une envie de faire autre chose. Donc, à un moment donné, j'en ai eu marre de diriger des entreprises pour le compte de grands groupes qui vont entre les achats, les reventes, les reportings. Donc je me dis, je vais complètement changer de vie, complètement changer de métier. Ma première idée, je n'ai pas pu la faire. Ma première idée, c'était, on est dans les années 2005, c'est le boom du bio. Ma première idée, c'était de lancer une gamme de cosmétiques bio. Alors c'était le boom, mais en même temps, c'était le début du bio. C'était le début et en même temps le plein boom, puisque c'était tout nouveau. lancer une marque de cosmétiques, ça demande beaucoup de moyens que je n'avais pas. Donc, j'ai passé du temps à étudier ce projet, je l'ai mis de côté. Et je me suis dit, en attendant, il faut bien quand même travailler. Et du coup, j'ai commencé en disant, je vais proposer tout simplement ce que je sais faire, c'est-à-dire du réglementaire. Alors, deux casquettes, du réglementaire et de l'accompagnement. dans le domaine de la savonnerie spécifique. Sur la savonnerie, c'est du conseil scientifique, technique et aussi réglementaire. Mais le réglementaire en savonnerie, c'est le même que pour les autres produits cosmiques. Voilà, donc du réglementaire et de l'accompagnement dans le domaine de la savonnerie. J'ai créé ADEPRO en 2005. Et la toxicologie est venue plus tard, puisque ce n'est une obligation réglementaire que depuis 2013. D'accord,
- Pauline ArtEcoVert
ok.
- Laurent Bousquet
Alors, dit comme ça, ce n'est pas tout à fait vrai. C'est-à-dire qu'il y avait une obligation avant 2013. d'avoir un document établi par un médecin ou un pharmacien qui a testé, on va dire, que le produit ne présentait pas de risque. Mais il n'y avait pas quelque chose de très structuré derrière tout ça. Donc on faisait déjà de l'évaluation de la sécurité avant 2013, mais on va dire que c'était une évaluation de la sécurité poussée sur un produit cosmétique, c'était un acte volontaire. C'est-à-dire qu'on avait des clients qui nous demandaient de faire ça, parce qu'ils ne voulaient pas mettre un produit cosmétique sans prendre toutes les garanties, mais ça restait, on va dire, limité. Et en 2013, ça devient une obligation réglementaire. Et donc là, ADEPRO s'est vraiment structuré autour de ça. On va dire que jusqu'avant, j'étais tout seul. Et là, à partir de 2013... L'équipe a continué à grandir.
- Pauline ArtEcoVert
Assez tôt fait.
- Laurent Bousquet
Assez tôt fait. Et donc aujourd'hui, finalement, il y a toujours cette activité réglementaire qui pèse assez lourd, on va dire, en termes de chiffre d'affaires, par rapport à l'activité conseil en savonnerie, que je fais toujours. Que je fais toujours. J'ai notamment animé pendant 2009 jusqu'à l'année dernière. Donc ça fait... Ça fait 15 ans. J'ai animé pendant 15 ans les formations à l'UESS, l'Université européenne des saveurs et senteurs, sur la saponification à froid. Et je garde toujours des clients dans le domaine de la savonnerie industrielle, on va dire cette fois-ci, mais plutôt à l'étranger.
- Pauline ArtEcoVert
Ce que je voulais dire, c'est pourquoi on s'est rencontrés et pourquoi on parle de toxicologie. autour de la savonnerie aujourd'hui, c'est parce qu'en interrogeant nos agricultrices de plantes teintoriales, on s'est rendu compte que le quatrième débouché, c'était la savonnerie artisanale aux couleurs végétales. Et je ne te cache pas, et je fais un vrai méa culpa, je ne l'avais pas identifié aussi important. Et donc, du coup, branle-bas de combat, tout le mois d'avril 2026, on se mobilise, on mobilise les savonnières, on organise avec des experts savonniers, des formulateurs, avec toi, que j'avais réussi à avoir avant, que tu m'as hyper bien préparé, on organise une masterclass le 17 avril, et là, il s'est passé quelque chose. C'est-à-dire qu'on se rend compte que, un, la toxicologie, c'est vraiment une crainte de beaucoup des savonières, et toi, de ton côté, dans le discours que tu me fais, c'est que tu me dis, en fait, on pourrait fluidifier le process, on pourrait travailler des choses en amont, etc. Donc, hyper important de parler de ça, et voilà. pourquoi on en parle aujourd'hui sur le podcast pour toutes les savonières qui nous écoutent. Et je peux te dire que depuis avril et la masterclass qu'on a faite avec Le Chant des Couleurs, Adeline de l'Atelier de la Réserve, Jessica Angélique de Blossom avec Greening, Tu étais là et toutes les savonières qui étaient présentes, il y a un vrai changement, il y a un vrai élan. Donc c'est génial. Donc elles seront nombreuses à écouter cet épisode, elles sont nombreuses à l'attendre. Donc on a quand même une petite pression tous les deux. Mais donc, du coup, pour rappeler un premier point... que, personnellement, dont je n'avais pas conscience, c'est que les savonières artisanales ont les mêmes réglementations et les mêmes attendus réglementaires que des entreprises industrielles. Donc déjà, ça, je voudrais le rappeler, parce qu'elles, elles sont dans des plus petits labos, elles sont souvent toutes seules, ou avec, allez, un stagiaire ou une petite aide, mais généralement toutes seules. Donc ça, je voulais le rappeler. Et ce que je voulais voir avec toi, c'était... Quand une savonnière veut utiliser de la couleur végétale dans ses savons, eh bien là, c'est le truc qui devient nébuleux, un aller-retour avec son agriculteur, le toxicologue, l'agriculteur, le toxicologue, et on ne sait plus qui doit faire quoi. Et donc, ce que je voulais voir avec toi, c'est est-ce qu'on peut reposer les bases et réexpliquer en quoi un colorant végétal, c'est un ingrédient et que le travail doit aussi être fait à un niveau... plutôt agricoles qu'au niveau de la savonnière et comment on peut fluidifier l'usage des colorants dans la savonnerie, les colorants végétaux.
- Laurent Bousquet
Oui, donc c'est important de rappeler effectivement qu'un artisan ou industriel a les mêmes obligations. D'ailleurs, qu'est-ce qui différencie un artisan d'un industriel, ce n'est même pas clair. Oui. Même dans l'esprit des gens, dans l'esprit du client. Le volume. Oui, alors ça peut être le volume. Maintenant, moi, je suis tout seul. J'ai une cuve de 4 tonnes. Je fais 4 tonnes par jour. Je suis encore artisan. Ah oui,
- Pauline ArtEcoVert
d'accord. Donc, ce n'est pas le volume.
- Laurent Bousquet
Il y a le volume. Bon, il y a le fait que ce soit fait à la main. Faire des choses à la main dans une boîte, dans une société de 200 personnes, ce n'est pas évident. Mais sans rentrer dans le débat, ce sont les mêmes exigences pour un petit que pour un gros. Pour faire une deuxième parenthèse, demain, je vais fabriquer des voitures tout seul chez moi dans mon garage. Il faut bien qu'elles freinent, il faut bien qu'il y ait des ceintures de sécurité qui fonctionnent. Je ne vois pas pourquoi, en étant tout petit, tout seul, en fabriquer des voitures dans mon garage. Tu ne serais pas soumis aux mêmes règles de sécurité. Vous voyez, c'est assez simple. Et on peut même dire que tous les produits cosmétiques, quels qu'ils soient, sont tous soumis aux mêmes règles. Il n'y a pas des règles pour les savons, pour les shampoings, pour les teintures. Les règles sont les mêmes pour tout. Et les règles sont les suivantes. Il faut... Alors déjà, tout fabricant, ça, ça concerne moins les toxicologues, mais c'est important de le rappeler. Chaque fabricant de produits cosmétiques doit se déclarer auprès de la DGCCRF. On appelle ça la déclaration d'établissement. Je déclare que mon établissement, la notion d'établissement juridique, c'est lié au Ciret. Une entreprise a un Ciret, mais peut avoir plusieurs établissements. Et on va déclarer que j'ai un établissement qui fabrique des catégories de produits cosmétiques. Ça, c'est la première chose. déclaration à la DGCCR. Le deuxième élément important, c'est d'avoir un DIP. Le DIP, c'est le dossier d'information produit. Et ce dossier d'information produit, qui contient cinq parties, il y a une partie qui est très importante dans ce dossier, c'est la deuxième partie, qui est ce qu'on appelle le rapport de sécurité. Et c'est ce rapport de sécurité qui doit être établi par un médecin, un pharmacien ou un toxicologue. Le reste du dossier des IP... Ce sont des parties dans lesquelles on va mettre des documents. Ça consiste à classer des documents dans les bons chapitres. C'est comme un classeur avec des intercadres. Et on va y classer des documents. Mais cette partie B du DIP, qui est le rapport de sécurité, c'est ça qui doit être fait par une entreprise extérieure. Pas forcément. C'est là où il y a une différence entre les petits et les gros, puisque les gros peuvent embaucher des pharmaciens, des médecins et des toxicologues et faire leur rapport en interne. Mais c'est vrai que les petites entreprises qui n'ont pas les moyens d'embaucher un pharmacien doivent sous-traiter cette partie-là. Il n'y a pas une obligation légale de sous-traiter cette partie-là. Ça, c'était le deuxième point. le dossier d'information. Alors, il n'y a pas vraiment d'ordre. Je le dis un, deux, trois, comme ça me vient. Troisième obligation réglementaire, on va dire, c'est de respecter les bonnes pratiques de fabrication. Les bonnes pratiques de fabrication, c'est un système d'assurance qualité à mettre en place. Il porte une norme. Il porte une norme. qui porte le numéro 22 716, donc c'est la norme ISO 22 716, et qui fixe des règles. Alors, on ne pourra pas les détailler ici, il faudrait faire un podcast entier. Mais grosso modo, peut-être que ça va parler à certains, ce que je vais dire, puisqu'on sait qu'il y a breuval d'agriculteurs ou peut-être des gens qui ont travaillé. dans la restauration ou dans le milieu hospitalier, on est sur des choses un peu similaires à ce qu'on va retrouver dans la restauration ou en milieu hospitalier ou dans la transformation de produits agricoles. Quelqu'un qui ferait de la charcuterie ou même des confitures. C'est-à-dire que c'est des règles d'hygiène, de nettoyage, de formation, de traçabilité, d'enregistrement. des choses assez standards dans le domaine de produits qui sont destinés à être consommés par l'homme.
- Pauline ArtEcoVert
D'accord.
- Laurent Bousquet
Quatrième point, c'est que tous les produits cosmétiques qui sont commercialisés doivent être déclarés sur un portail européen qui s'appelle le CPNP, le portail de notification des produits cosmétiques. Et ça, c'est le metteur sur le marché qui fait cette déclaration. Il y a une petite différence entre le metteur sur le marché et le fabricant, puisqu'un metteur sur le marché... peut ne pas être le fabricant. S'il fait fabriquer son produit, c'est dans le cas des savonniers qu'on a eus l'autre jour dans le podcast, qui sont le fabricant, ils mettent sur le marché. Donc là, on a fait le tour. Déclaration à la DGCCRF, un DIP qui contient le rapport de sécurité, le respect des bonnes pratiques de fabrication et la déclaration sur le CPNP. Je fais une petite parenthèse sur les obligations d'étiquetage. Je n'en ai pas parlé parce que l'étiquette, elle est dans le DIP, elle est déposée sur le CPNP. Donc, on va dire que c'est intégré au DIP. C'est important de rappeler qu'il y a des règles d'étiquetage aussi à respecter, avec des manches non obligatoires.
- Pauline ArtEcoVert
D'ailleurs, il n'y a pas des évolutions sur les allergènes, sur les tictages récemment ?
- Laurent Bousquet
Si, si, si.
- Pauline ArtEcoVert
J'ai bien suivi.
- Laurent Bousquet
Depuis toujours, c'est vrai qu'on est souvent confronté, nous, et surtout que c'est une période un peu difficile en ce moment, puisque les dossiers doivent être revus pour être conformes avec cette nouvelle réglementation. Donc ça engendre des coûts pour les artisans. Et souvent on nous dit que ça change tout le temps. Il faut savoir que la liste des 26 allergènes a été mise en place en 2006, de mémoire, si je me trompe d'une année ou deux, on n'en voudrait pas. Et elle n'a jamais évolué. Il y avait 26 allergènes étiquetables. Ça ne veut pas dire qu'il y a 26 allergènes sur toutes les étiquettes. Ça veut dire qu'il y a 26 allergènes qui, s'ils sont présents au-delà d'un certain seuil, doivent se retrouver sur les étiquetages. Et en fait, cette liste passe à 82 au 31 juillet de cette année.
- Pauline ArtEcoVert
D'accord. D'où l'afflux de messages que j'ai reçus par rapport à ce sujet-là et qui voulait que je rajoute dans notre épisode. Donc, tu vois comme quoi on fait bien de…
- Laurent Bousquet
Du coup, effectivement, ça nécessite des mises à jour de l'étiquetage. Et pour faire ces nouveaux calculs, il faut des mises à jour sur… Ça touche principalement… les parfums et les huiles essentielles, et plus généralement, tous les ingrédients aromatiques. Donc, il y a quelques corps gras aromatiques, comme l'huile de baie de laurier, comme l'huile d'amandon de prune, les hydrolats, mais ce sont principalement les huiles essentielles et les parfums. Donc, ça veut dire demander une mise à jour de la documentation auprès des fournisseurs et mettre à jour... Bon, oui, puisque c'est un sujet qui a été demandé, je m'étends un peu là-dessus. Il faut savoir que la réglementation, elle évolue en permanence. Donc là, il y a vraiment une mise à jour importante avec une date butoir du 31 juillet, mais la réglementation, elle évolue en permanence. Il y a le règlement européen. qui évolue, il y a des avis du SCCS, il y a des recommandations de l'IFRA. Bon nombre de dossiers qu'on voit arriver aujourd'hui pour la mise à jour des allergènes ne sont plus à jour déjà depuis des années.
- Pauline ArtEcoVert
Ah oui, d'accord.
- Laurent Bousquet
Donc c'est pour ça qu'il s'agit d'une grosse mise à jour. C'est-à-dire que beaucoup de gens pensent, s'il s'agit juste de mettre à jour les allergènes... Mais quand on voit arriver des dossiers qu'on a traités en 2017, en 2018, en fait, il y a eu tellement d'évolutions au niveau du règlement, au niveau de l'IFRA, au niveau du SCCS, que la mise à jour des allergènes, c'en est une parmi d'autres.
- Pauline ArtEcoVert
Oui, ce qu'elle remontait comme info, c'est que du coup, la mise à jour de ces allergènes, ça leur faisait revoir tout leur packaging. Et donc, ça pouvait leur coûter, là, très rapidement, beaucoup d'argent d'un coup. Parce qu'il faut tout refaire, tout réétiqueter. Et du coup, c'était la préoccupation qui avait été remontée.
- Laurent Bousquet
C'est le problème de la veille réglementaire. C'est-à-dire qu'on sait depuis trois ans qu'il y aura de nouveaux allergènes à étiqueter. Pour autant, il y a trois ans, on n'était pas capable de faire les calculs sur les nouveaux allergènes parce que les fournisseurs de matières aromatiques ne fournissaient pas les données. Donc c'est un peu comme si tout le monde l'a découvert il y a trois ans et personne n'était prêt. Les fournisseurs d'huiles essentielles et de parfums, ils ont mis un an et demi à se mettre à jour. Certains, deux ans, d'autres, un an.
- Pauline ArtEcoVert
Oui,
- Laurent Bousquet
d'accord. Par exemple, ça fait quand même depuis... Oui, mais ça fait un an, un an en 2016. C'est ce que je dis juin 2020. Ça va faire deux ans maintenant qu'on me fait... Alors, ça dépend des fournisseurs. On va dire que ça fait un an et demi qu'on ne fait plus un dossier sans les nouveaux allergènes. Et on faisait déjà des dossiers avec des nouveaux allergènes il y a 12 ans.
- Pauline ArtEcoVert
Et tu parles de la veille réglementaire.
- Laurent Bousquet
Le problème, c'est un problème de veille réglementaire. Il y en a qui découvrent ça maintenant, alors qu'ils auraient pu l'anticiper.
- Pauline ArtEcoVert
Oui, mais on l'entend.
- Laurent Bousquet
Ils auraient pu l'anticiper. C'est sûr que celui qui s'en rend compte maintenant, il va jeter des emballages.
- Pauline ArtEcoVert
Et du coup, en termes de veille réglementaire, pour rester sur ce sujet-là, comment une savonnière artisanale, en plus des heures, parce qu'elles m'ont renseigné les heures qu'elles travaillaient, Du boulot qu'elles ont, etc. Est-ce que, par exemple, toi, tu fournis des veilles réglementaires ? Est-ce que ça peut être compris dans un abonnement ? Comment elles font pour se débrouiller là-dessus ?
- Laurent Bousquet
Alors, nous, on publie tout ce qui, je dirais, est utile à notre typologie de client. C'est-à-dire la cosmétique artisanale et naturelle. Nous, on publie tout, sans abonnement, sur notre Instagram, sur mon Facebook. Oui, il y a mon Facebook et puis il y a aussi le Facebook à des pros. Et sur LinkedIn aussi, où il y a une page pro et ma page perso.
- Pauline ArtEcoVert
Bon, on remettra tous les liens. Du coup, ça, ça peut régler un souci, c'est qu'elles suivent la veille réglementaire. Oui, OK.
- Laurent Bousquet
Ça, ça peut, voilà. Et j'ai envie de rajouter la newsletter de Cosmed.
- Pauline ArtEcoVert
Et la newsletter de Cosmed. Ok, je mettrai tous les liens.
- Laurent Bousquet
J'ai deux heures qui sont envoyées à une fréquence relativement raisonnable. Je crois que c'est une fois tous les quinze jours, une fois par mois. Après, il y en a certainement d'autres, comme des confrères à nous qui font ça, mais que je surveille pas trop. J'ai même un site spécialisé. C'est un vieux blog sur le savon qui s'appelle institutdussavon.fr. Alors là, ça sert même à rien de s'abonner aux quatre. Parce que moi, comme je suis justement... de façon à diffuser l'information la plus large possible. Je vais publier le même article sur Facebook, sur l'Institut du Savant, sur LinkedIn. Donc, elles choisissent. Instagram, c'est quand même moins complet en général parce qu'on ne peut pas faire de gros articles. D'accord. Donc,
- Pauline ArtEcoVert
elles choisissent un des canaux. un des canaux, et elles sont informées. Donc ça, ça règle déjà le point de l'anticipation, parce qu'elles ont 15 000 casquettes, donc il y a ça. Donc ce que je voulais te dire, c'est, du coup, tu nous as donné les quatre grands points. Ensuite, on m'a parlé de fiches techniques, de composition, que c'est nébuleux entre le toxicologue, l'agricultrice et la savonnière. Et en fait... Tu as pris le temps de bien le réexpliquer avant cette masterclass, et je pense qu'on devrait prendre le temps de bien le réexpliquer aujourd'hui. Ça aiderait pas mal de monde, clairement.
- Laurent Bousquet
Voilà, donc du coup, je reviens dans le DIP et dans le fameux rapport de sécurité. Pour faire un rapport de sécurité d'un produit cosmétique, il faut des données. Alors, toutes les données sont majeures et principales, mais la première donnée sans laquelle on ne peut rien faire... C'est la formule du produit. Alors, dans le cas du savon, il y a une petite particularité. Tu entendras souvent parler de recettes. Même moi, j'essaye parfois de parler de recettes, et pourtant, vu ma formation scientifique au départ, j'ai beaucoup de mal à utiliser ce mot. Mais quand on parle de formule d'un produit cosmétique,
- Pauline ArtEcoVert
La réglementation n'a pas prévu qu'il y ait de réaction chimique. C'est-à-dire, même si dans le cas des autres produits cosmétiques, ce n'est pas tout à fait vrai, un produit cosmétique, on imagine, je prends une cuve, je mets des ingrédients ailleurs de ma cuve, je mélange, et à la sortie, j'ai un mélange de ce que j'ai mis au début. C'est pour ça qu'il y a cette notion de formule. La formule de celui qui fabrique, c'est la même formule quand vous regardez un shampoing ou un gel douche. La formule de fabrication, c'est la même chose que ce qu'il y a sur les tiens. C'est juste un mélange de matières premières. Dans le cas du savon, on va dire qu'il y a deux formules. Il y a la recette, je mets un corps gras et de la soude qui vont réagir ensemble. pour fabriquer du savon et de la glycérine. Et donc, là, c'est la formule, on peut appeler la recette. Et il y a la formule du produit fini que le consommateur se met sur la peau. Il ne se met pas sur la peau, mais on veut de corps gras et de soude, il se met sur la peau. Donc, il y a une petite particularité dans le cas du savon, c'est qu'il faut être capable de calculer. Et c'est pour ça aussi qu'on est, nous, de fait très présent dans le milieu des savonniers, c'est parce que moi, dès le début, comme j'ai commencé ma carrière dans le savon et que je gérais les process, même sans gérer les process d'une usine de savon, j'étais chimiste. C'est-à-dire que j'ai intégré, moi, dès le début dans l'accompagnement réglementaire, le fait de calculer ces formules finales. Donc pourquoi on dit ça ? Oui, les documents. Pour faire l'évaluation de la sécurité, il faut des données. La première donnée, c'est la formule du produit. Nous, on n'a pas besoin de la formule du produit fini. On part de la recette, on calcule la formule du produit fini nous-mêmes dans le cas des salaires. Le deuxième élément qu'il faut avoir, et c'est presque fini. c'est la documentation des matières premières. Puisqu'on va considérer que c'est la qualité d'une matière première qui va faire, c'est comme en cuisine, c'est la qualité d'une matière première qui va faire la qualité du produit qu'on va manger. Et puis si on introduit quelque chose de mauvaise qualité, au point que ce soit toxique dans le plat qu'on prépare, les gens sont malades. Donc ça veut dire que c'est vraiment les données sur les matières premières et on y reviendra. Le troisième point, ce sont les données sur l'emballage. Puisque l'emballage peut avoir un impact sur le produit fini, ça concerne moins les savonniers solides ou savonniers artisanaux, parce que quand on est sur du papier, du carton, il y a très peu de contact avec le produit. Très peu dans le sens où il n'y a que la couche supérieure du savon qui va toucher le papier et le carton. Il peut y avoir des pollutions, mais c'est, je dirais, éliminé à la première utilisation. Cette réglementation sur la partie emballage, elle concerne surtout les plastiques. Il y a des produits cosmétiques qui peuvent être très solvants et qui peuvent aller chercher dans le plastique des substances. Je pense que tout le monde a entendu parler des stalates, du biphénol, l'histoire des biberons pour les enfants. Donc, c'est plus une problématique de plastique, on va dire.
- Laurent Bousquet
D'accord. Donc, globalement, les savonières qui mettent des cartonnettes ou des cartons ou du papier ou du papier de soie autour de leur savon, on va dire que globalement, elles ne sont pas forcément concernées, mais on en parlera quand même.
- Pauline ArtEcoVert
Voilà. Par sécurité. Ce serait mieux pour en parler maintenant et finir ce sujet. Vas-y, vas-y. C'est mieux de choisir un emballage apte au contact alimentaire. Parce que du coup, il n'y a plus aucune question qui se pose. Mon emballage, il est apte au contact alimentaire. On peut y mettre des aliments à l'intérieur. Alors, un emballage qui est apte au contact alimentaire, c'est qu'il répond à des normes et qu'il a subi des tests.
- Laurent Bousquet
Donc,
- Pauline ArtEcoVert
l'évaluateur de la sécurité, il aura un raisonnement et de dire... L'emballage est apte au contact alimentaire, donc il ne présente pas de risque.
- Laurent Bousquet
Ok, donc autant s'accrocher d'un sujet en moins.
- Pauline ArtEcoVert
Pour certains, ce n'est pas toujours facile de trouver la bonne personne, mais en même temps, des cartons et des papiers aptes au contact alimentaire... il y en a quand même beaucoup. Chaque fois qu'on va acheter une boîte de chocolat, chaque fois qu'on va acheter... Il y a quand même énormément de... C'est peut-être pas facile à trouver chez le petit imprimeur, au match de soirée.
- Laurent Bousquet
Mais il y a des solutions. OK.
- Pauline ArtEcoVert
Alors, si on revient à la partie qui pose le plus de problèmes, dans l'esprit... des fournisseurs, des savonniers ou des gens qui fabriquent de la cosmétique artisanale. Parce qu'on pourrait imaginer faire d'autres choses que des savons avec des couleurs végétales. Et qui nous pose aussi le plus de problèmes à nous, c'est la documentation.
- Laurent Bousquet
Alors, dans cette documentation, est-ce que tu peux nous... Alors déjà,
- Pauline ArtEcoVert
sans rentrer dans le détail, fiches techniques, fiches de données de sécurité, déjà, on a besoin de savoir ce que c'est. Alors quand je dis ce que c'est, ça peut paraître très évident quand on est sur un monoconstituant, quelque chose de simple, c'est de l'huile de tournesol. Voilà, je sais ce que c'est, c'est de l'huile de tournesol. On a besoin aussi de savoir de quelle huile de tournesol il s'agit, c'est-à-dire... comment elle a été produite ? Est-ce qu'elle est extraite par pression ? On sait qu'il n'y aura pas d'additif. Est-ce qu'elle a été extraite sous solvant ? Est-ce qu'elle est conforme à des normes ? Il arrive qu'il y ait des corps gras qui sont extraits sous solvant, dans lesquels il reste des résidus de solvant pétrolier et qui sont impropres à la consommation humaine ou animale. et qui ont un usage purement industriel. Cette notion de qualité... Mais là, je vais affoler tout le monde, tous les savonniers, puisque ça n'arrive jamais. Mais c'était pour illustrer la notion de qualité, puisque tous les savonniers utilisent des huiles de qualité alimentaire. D'accord. Celles qui ne sont pas alimentaires, c'est parce qu'elles sont impropres à la consommation humaine, comme une huile d'argan mentorifiée, comme une huile de baie de laurier... qui sont l'huile de riz sain. Il ne faut pas s'amuser à mettre de l'huile de riz sain dans la salade.
- Laurent Bousquet
OK.
- Pauline ArtEcoVert
Voilà, donc c'est cette notion de qualité. Donc, savoir ce que c'est. Alors, savoir ce que c'est, parfois, c'est un peu plus compliqué. Et là, on va pouvoir donner un exemple dans le domaine de la couleur végétale. On va nous dire, par exemple, je ne voudrais pas dire de bêtises, j'ai plus les dossiers complètement en tête, mais on va nous dire, par exemple, c'est un extrait de telle plante qui a été ensuite absorbée sur un substrat.
- Laurent Bousquet
Ouais.
- Pauline ArtEcoVert
Eh bien là, on a besoin de savoir de quelle plante c'est. Et on doit même aller plus loin. Quand je reviens sur le qu'est-ce que c'est, c'est de quelle partie de la plante on parle. Est-ce qu'on parle de la racine, de la feuille, de la plante entière ? Est-ce qu'on a un nom latin ? Des fois, on nous donne des noms.
- Laurent Bousquet
Et il y en a plusieurs, c'est ce qu'on s'était dit.
- Pauline ArtEcoVert
C'est plutôt dans les Caraïbes où les gens vont nous donner le nom en créole.
- Laurent Bousquet
Mais on a aussi, tu vois là, sur nos bleus, par exemple, les persiquaires à indigo, elles ont... Plein de noms latins différents, on reprend les anciens noms, on reprend les nouveaux noms. Donc le nom latin exact, et c'est hyper important de préciser la partie de la plante, parce que dans la couleur végétale, on peut extraire les racines, les parties aériennes, les feuilles, les graines, les fleurs. Donc oui, je comprends du coup la problématique numéro un de signaler ça, le bon nom et la bonne partie.
- Pauline ArtEcoVert
Si on doit faire des recherches sur les éventuels composés toxiques présents dans la plante, parfois la graine peut être toxique et pas la racine. Oui,
- Laurent Bousquet
ok.
- Pauline ArtEcoVert
Voilà. Ensuite, s'il y a une extraction, est-ce qu'il y a encore du solvant ? S'il y a encore du solvant, on a besoin de savoir si ça a été fait dans de l'huile, dans de l'eau, dans de l'alcool. Et s'il y a un substrat, on a besoin de savoir quel est ce substrat. Est-ce que c'est un caroling ? Est-ce que c'est une maltodextrine ? Est-ce que c'est du carbone de calcium ? Donc en gros, il nous faut la composition du produit fini. Il nous faut la composition du produit fini, par exemple, quelque chose de tout simple, on va nous dire, c'est 98% de kaolin et 2% de poudre de feuilles de tel point.
- Laurent Bousquet
Ouais, ok. Donc tu as besoin de tous les ingrédients pour connaître la vraie composition du produit fini.
- Pauline ArtEcoVert
Voilà, ça c'est sûr, puisque la composition du produit fini, elle est sur l'étiquette, sans les pourcentages. elle est avec les pourcentages dans l'évaluation de la sécurité.
- Laurent Bousquet
D'accord, ok.
- Pauline ArtEcoVert
Puisque pour faire la liste sur les étiquettes, ça va du plus important au moins important. Donc on est obligé de toute façon, on est obligé d'avoir le pourcentage aussi pour faire l'évaluation du risque, puisque s'il y a une plante qui présente des limites réglementaires, il faut bien qu'on ait le pourcentage de cette plante pour voir si on ne dépasse pas. la limite.
- Laurent Bousquet
Donc justement sur les limites, si on est là dans ce sujet-là, tu te souviens que quand on avait préparé, on avait parlé de l'indigo. Et je t'avais dit, j'ai lu qu'il y avait des seuils à ne pas dépasser sur l'indigo, etc. Donc par exemple, l'indigo, lui, il est soumis à une concentration ou une quantité à vérifier.
- Pauline ArtEcoVert
Oui, oui. Je vais garder cette question un tout petit peu pour après. D'accord, pour après. Comme ça, on finit avec la documentation. Donc, en général, on a besoin, on va dire, d'une fiche technique. Une fiche technique, ce n'est pas normé. Ce n'est pas normé. C'est parce que souvent, on nous demande, oui, mais qu'est-ce que je dois mettre dedans ? Et c'est là où on s'adresse vraiment au producteur. C'est que le producteur, il doit mettre tout ce qu'il sait.
- Laurent Bousquet
Oui. Donc là, on passe au niveau des agriculteurs. On n'est plus au niveau des savonniers. Ça, ça appartient à l'agriculteur.
- Pauline ArtEcoVert
C'est l'agrégat qui doit dire tout ce qui s'est sur la composition de son produit, sur la partie de la plante utilisée, sur le process sans rester dans des choses secrètes. Enfin, sans rentrer dans des choses secrètes sur le process, mais qu'on sache s'il y a des intrants qui se retrouvent après dans le produit. Donc, savoir ce que c'est, avoir la composition. Un point ensuite important, ça va être en fonction de cette composition. savoir s'il y a des risques particuliers. Par exemple, si ma couleur végétale, elle est faite avec du kaolin, c'est un minéral ou un autre type de minéral, en carbone et de calcium. On sait que dans les minéraux, il y a des métaux lourds. Donc on va demander des teneurs maximales en métaux lourds. Ça ne veut pas forcément dire qu'il y a des analyses poussées à faire. Puisque le fabricant de Kaolin, il est censé donner ses informations. Donc moi, j'achète du Kaolin, je me mets dans la peau du producteur. Je mélange un extrait de plante avec du Kaolin. J'achète du Kaolin, j'ai les teneurs maximales en métaux lourds du Kaolin fournis par mon fournisseur de Kaolin. Je reporte, si à 98%... de kaolin dans mon produit, je peux prendre 98% des teneurs maximales. Là, je m'en fiche, je reprends 100%. S'il n'y a que 50% de kaolin dans mon produit, je peux reprendre 50% des teneurs maximales en méthylor du fournisseur. S'il y a de l'eau, et c'est là où c'est long la documentation, s'il y a de l'eau, il y a un risque microbiologique. Donc il faut des spécifications microbiologiques.
- Laurent Bousquet
Et c'est quoi les spécifications microbiologiques ? Parce que nous, il y a toujours de l'eau.
- Pauline ArtEcoVert
C'est des garanties. Il y a toujours de l'eau.
- Laurent Bousquet
Globalement, ils extraient que de l'eau.
- Pauline ArtEcoVert
Ils extraient que de l'eau, mais après, ça sèche.
- Laurent Bousquet
Ah oui, d'accord. Oui, d'accord, dans ce sens-là, d'accord. C'est vrai ? Ah oui, tu as raison. Une fois que l'eau est séchée, on ne la prend plus en compte. Oui, moi, je te parlais de comment c'est extrait.
- Pauline ArtEcoVert
Une fois que l'eau est séchée, il n'y a plus d'eau dans la composition. Il y avait un produit qui était à queue, par exemple. Je vends une couleur végétale diluée dans l'eau. C'est même pas des... que des spécifications qu'il faudrait. Il faudrait aussi un conservateur pour empêcher le développement microbien. Il faudrait un conservateur et des spécifications. Si par contre, dans mon process, j'ai utilisé de l'eau et que ça a macéré longtemps à une température favorable au développement des micro-organismes, même quand l'eau est partie, il peut rester des microbes à l'intérieur. Oui,
- Laurent Bousquet
voilà.
- Pauline ArtEcoVert
Qui attendent des jours meilleurs, bon...
- Laurent Bousquet
Pour revenir.
- Pauline ArtEcoVert
Il y a des microbes qui peuvent s'encapsuler, se mettre en mode survie pour se dire, dès qu'on verra de nouveau de l'eau, on se remettra à vivre. Donc là, c'est pour ça que je disais, le process aussi est important. Si on voit qu'il y a eu des macérations dans l'eau pendant longtemps, on va demander des spécifications. Donc les spécifications, c'est des teneurs maximales en microbes. En général, c'est flore totale et recherche de pathogènes. En cosmétique, il y a quatre pathogènes qui posent en général problème. La difficulté pour le producteur, c'est que... Bon, nous, ces spécifications standards, on les a en cosmétique. C'est moins de 1000 probes par gramme ou par millilitre et absence de cas de pathogènes. Chérychia coli, Staphylococcus aureus, Candida albicans, et le quatrième, j'oublie toujours. Bon, ça me reviendra. ou je le mettrais t'inquiète toi je le remettrai le problème c'est donc dans la fiche technique le producteur va garantir l'absence une teneur maximale en micro-organisme et l'absence de platogène ça veut dire que pour pouvoir le garantir quand il produit il doit analyser le résultat de sa production pour vérifier que c'est bien Ce ne sont pas des analyses très coûteuses. Flore totale et recherche de pathogènes, ça doit coûter 40-50 euros.
- Laurent Bousquet
D'accord, ok.
- Pauline ArtEcoVert
Donc tout va dépendre de la taille du lot. C'est sûr que plus le lot est important, moins... Si j'ai produit une tonne de colorant, bon, 50 euros par tonne de colorant. Ça revient moins cher que si j'analyse le tissu sur du kilo par kilo.
- Laurent Bousquet
Et donc, c'est pas par... Ma question, c'est est-ce que c'est par extraction ? Donc, tu sais que chaque agriculteur... Par exemple, si on prend l'exemple de l'indigo. Elles vont récolter leurs feuilles de persiquaire et elles vont faire des extractions. Généralement, elles mutualisent les lots obtenus, donc on va dire les pigments à la fin. C'est bien presque par saison qu'on fait une analyse. Voilà, c'est pas obligatoirement à chaque extraction, sinon... Ce qui compte,
- Pauline ArtEcoVert
c'est que l'émission de marché soit conforme. Donc, je peux mutualiser tous mes lots pour toute une année et faire une seule analyse par an. Le risque, c'est que si le lot est non conforme...
- Laurent Bousquet
Oui, c'est tout qui est non conforme.
- Pauline ArtEcoVert
C'est tout le lot de la production annuelle qui est non conforme.
- Laurent Bousquet
D'accord, ok. Donc, ça, c'est à réfléchir.
- Pauline ArtEcoVert
Voilà, c'est à réfléchir, mais peut-être... que dans le process, c'est là où il faut voir avec des microbiologistes, mais peut-être que dans le process, il y a une étape qui empêche le développement des microbes. Si on passe par un stade basique avec de la soude en chauffant à une certaine température, on pourrait presque dire qu'il n'y a aucun risque de développement microbien. Par sécurité, je fais une analyse par an, mais je sais que ce sera toujours bon. Si par contre on se rend compte qu'il y a un lot sur deux qui n'est pas bon, ça ne vaudrait mieux pas de l'utiliser.
- Laurent Bousquet
Ok, d'accord. Donc ça, c'est hyper clair. Du coup, on comprend les analyses qu'il faut, on comprend les pathogènes qu'il faut regarder, et on comprend les risques. Donc comme tu as dit, eau, développement microbien, tu nous as dit... Minéral, métaux lourds. Minéral, métaux lourds, et après c'est tout. Nous, on est concernés... Enfin, c'est tout, nous. Globalement,
- Pauline ArtEcoVert
c'est tout.
- Laurent Bousquet
C'est déjà bien.
- Pauline ArtEcoVert
Ou des impuretés liées au process.
- Laurent Bousquet
Ou des impuretés liées au process.
- Pauline ArtEcoVert
Par exemple, souvent on nous dit, dans le process, on met de la... J'avais vu la dernière fois, il y avait un ingrédient carbonate.
- Laurent Bousquet
Il y a des...
- Pauline ArtEcoVert
Il est enlevé. À la fin, il n'y en a plus. Ou de la soude, j'ai vu. Ou de la chaux,
- Laurent Bousquet
voilà. D'accord, et c'est enlevé.
- Pauline ArtEcoVert
À la fin, il n'y a plus de chaux. Mais est-ce qu'il n'y en a plus du tout ? Est-ce qu'il y en a encore ? Oui, il y a des résidus. Donc, il faut mesurer. C'est une impureté.
- Laurent Bousquet
D'accord. OK. Bon, top. Donc là, c'est génial de préciser.
- Pauline ArtEcoVert
Qu'est-ce que c'est ? Quelle est la composition ? Et est-ce qu'il y a des impuretés ?
- Laurent Bousquet
D'accord. Donc ça, c'est vraiment au rôle, au niveau de l'agriculteur. Donc, ça veut dire que là, maintenant qu'on connaît nos agriculteurs en plantes en France on connaît les plantes qui sont les plus demandées par domaine d'application. On sait quelles plantes viennent dans la savonnerie. On pourrait là réunir nos agriculteurs et leur faire travailler, s'ils ont envie de se lancer dans la savonnerie, toutes ces fiches techniques avec le process, etc. Ça, on pourrait le faire. Pour fluidifier la prise en ingrédients par les savonnières. C'est-à-dire qu'elles pourraient se servir chez nos agriculteurs en disant, voilà, maintenant que la fiche est faite, c'est bon, tu peux prendre la persiquière par là, la garance ici, etc.
- Pauline ArtEcoVert
Voilà, et si certains de ces agriculteurs utilisent les mêmes plantes et les mêmes process, même eux, ils peuvent... se mutualiser pour établir la documentation.
- Laurent Bousquet
Ah, ça c'est génial. Oui, parce que c'est des choses qui sont en train de se faire.
- Pauline ArtEcoVert
Je pense qu'il y a quand même des choses assez récurrentes, courantes. Il y a très certainement de l'innovation, mais il y a aussi des procédés anciens, connus, qui sont faits par tout le monde. Je pourrais prendre un exemple, un savon de Marseille qui soit fabriqué... en Tunisie, en Turquie, en France ou même sur la Lune, il aura la même composition. Il suit les mêmes processus.
- Laurent Bousquet
Une question que je sais qu'elles vont me souffler dans l'oreillette, c'est qu'il n'y a pas d'analyse à faire par extraction. On peut mutualiser, mais il faut faire attention à ne pas contaminer tous ces lots. On peut mutualiser par process, c'est-à-dire si c'est toujours la même plante, le même process, il n'y a pas de notion de terroir qui joue. Parce que tu vois, nous, on dit beaucoup des garances, par exemple, la racine de garance, selon le terroir, elle n'a pas la même couleur, elle est plus rose, plus orange, plus rouge. Est-ce que, du coup, il faut faire une analyse pour chaque terroir de garance, par exemple, où, en fait, c'est la même plante, c'est la même partie de la plante ? Globalement, on sait bon.
- Pauline ArtEcoVert
Il y a forcément un impact du terroir sur la composition, sur les substances qu'on trouvera. on a assez peu de données quand même sur ces plantes de manière générale ça pourrait être intéressant de t'envoyer plusieurs on cherche des données un peu sur ces plantes et en général quand on a des données sur ces plantes on a des choses qui sont très générales qui déjà mutualisent un petit peu quand on trouve des données on ne trouve pas tel terroir, il y a tant d'alcaloïdes là il y en a un peu plus Merci. On nous dit qu'il peut y avoir jusqu'à temps des chaloïdes dans une plante. Alors peut-être qu'on passe à côté d'un terroir particulier. Et puis, il n'y a même pas que le terroir. Il y a aussi le climat et même la météo qui courent. Une plante qui a un stress hydrique sur un même terroir d'une année à l'autre, on n'aura pas les mêmes choses. Après, il faut savoir quand même que dans l'évaluation de la sécurité cosmétique, il y a des marges de sécurité importantes qui sont intégrées. aussi.
- Laurent Bousquet
D'accord. Et très importante.
- Pauline ArtEcoVert
Très importante. Nous, quand on identifie un risque, c'est quand je dis nous, ce n'est pas nous à l'ébro, c'est nous les évaluateurs de la sécurité, c'est ce qu'on nous demande de faire. Quand il y a un risque qui est identifié, et là, je ne parle encore que de l'adulte, pas des enfants ni des bébés, on est sur des matchs de sécurité de 100. Ça veut dire que si on identifie que... Il y a un risque qu'à partir de telle concentration, on autorise plus qu'un centième. D'accord, ok.
- Laurent Bousquet
Vous prenez vraiment... Elles sont énormes. Énormes.
- Pauline ArtEcoVert
C'est pas nous qui les choisissons. D'accord,
- Laurent Bousquet
ok. Bon, alors donc, si je reviens, on a fait les fiches techniques, la compo, les impuretés potentielles, la conformité par l'eau, on a parlé du ping-pong...
- Pauline ArtEcoVert
Et on a fait vos règles montées.
- Laurent Bousquet
Et on arrive au réglementaire. Donc super, franchement, hyper intéressant. Et on voit que nous, avec les agris, on a du boulot, mais que ça peut être hyper intéressant. Qu'est-ce qu'on s'était dit ? Qu'est-ce qu'on avait écrit ? Les lots ? La sécurité ? Le réglementaire ? Est-ce que tu peux nous... Du coup, c'est la deuxième partie. Est-ce que tu peux nous expliquer ce qu'il en est ?
- Pauline ArtEcoVert
Voilà, c'est là qu'on va parler un petit peu de l'indigo. Là, c'est la question que je parlais tout à l'heure. C'est, on va dire, le cas... globale des colorants dans la réglementation cosmétique.
- Laurent Bousquet
Génial.
- Pauline ArtEcoVert
Dans le règlement cosmétique, je crois que je n'ai pas cité le numéro, le règlement 1223-2009, concernant les colorants, il y a une annexe, ce qu'on appelle une liste positive.
- Laurent Bousquet
C'est-à-dire,
- Pauline ArtEcoVert
c'est, voilà la liste des colorants, des seuls colorants qui peuvent être utilisés en cosmétiques. C'est l'annexe 4 du règlement 223 de Minette. Cette annexe, elle est très ancienne, elle a été établie principalement pour les colorants chimiques, dans le but d'éliminer des colorants chimiques qui avaient été Merci. clairement identifiés pour poser des problématiques de santé. Donc, ils n'ont mis dans cette liste que les colorants qui sont jugés sûrs.
- Laurent Bousquet
OK.
- Pauline ArtEcoVert
Ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas de restrictions, mais c'est notre annexe. C'est pour ça qu'il faut naviguer un peu dans les années. Donc, ça ne veut pas dire non plus qu'ils ne sont pas soumis à des critères particuliers.
- Laurent Bousquet
Et ça ne veut pas dire non plus qu'ils sont tous dans cette liste. Parce qu'il y en a qui ne sont pas dedans. Par exemple, les colorants végétaux. Au moment où cette liste a été faite, ils n'ont pas pensé trop à nous.
- Pauline ArtEcoVert
Alors, effectivement... Ils n'ont pas pensé, mais surtout, on ne leur a pas demandé de penser. C'est à dire qu'ils ont dit aux industriels, utilisateurs des pigments ou fabricants de pigments, amenez-nous des dossiers, amenez-nous la preuve que ça ne présente pas de risque, on étudiera vos dossiers. et on les met pas ou pas dans la liste. Donc, ça veut dire surtout qu'il n'y a personne, il y en a quelques-uns quand même. Et ça veut dire qu'il y a peu de gens qui ont constitué des dossiers d'évaluation de la sécurité de l'ingrédient. Ça porte le même nom. Avec de la colonne végétale. On peut le faire pour tout. De l'ingrédient pour les mettre dans la liste. Parce que pour pouvoir autoriser, il faut des données. Et ce ne sont pas les fonctionnaires de l'Europe qui ont construit ces listes, qui ont mené des recherches et qui ont constitué des données. Ils ont attendu qu'on leur envoie des données.
- Laurent Bousquet
Donc ce que ça veut dire, c'est intéressant, ça veut dire qu'au moment où on demandait des infos, il n'y avait pas assez d'acteurs qui utilisaient les colorants végétaux pour envoyer des choses. Et est-ce que, attention à la question tordue, ou pas assez d'études, Et est-ce que, du coup... Comment aujourd'hui on pourrait modifier cette annexe ? Parce qu'il y a quand même de plus en plus d'utilisations de colorants végétaux. On a de plus en plus de preuves qu'il n'y a pas d'allergie, qu'il n'y a pas de problème. Comme je te citais, on a des marques qui utilisent les colorants végétaux depuis 7-8 ans dans des produits cosmétiques, notamment rouge à lèvres, etc. Sans jamais de problème. Comment on peut faire bouger cette annexe 4 ?
- Pauline ArtEcoVert
C'est un processus qui est assez long, c'est possible, mais la première étape, ce serait de demander un avis au SCCS. Donc, peu d'ingrédients végétaux, je crois. La chlorophylle, je n'ai pas étudié. Il n'y en a pas beaucoup.
- Laurent Bousquet
Non. Il y a la cochenille, qu'on utilise aussi, nous, dans les colorants naturels. Oui, oui. Animal, mais qu'on utilise... Tu vois, il y a ça, mais sinon, en végétal, il n'y a pas grand-chose. Oui.
- Pauline ArtEcoVert
Donc, voilà. Donc aujourd'hui, alors, ça ne pose un problème sans poser pour l'instant un problème. C'est plutôt une épée de damoclès. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, il n'y a pas que les colorants qui sont sur une liste positive. Il y a aussi les filtres ultraviolets dans les produits solaires. Il y a aussi les conservateurs. J'aurais dû commencer par ça, c'est plus important. Enfin, il y a trois listes positives. Colorants, conservateurs et filtres UV. qui fonctionne de la même façon. On ne peut pas utiliser un conservateur qui n'est pas dans la liste, on ne peut pas utiliser un filtre vide qui n'est pas dans la liste. Ces listes, elles sont détournées. Il est extrêmement facile et légal, enfin légal, c'est pas légal dans le sens que c'est pas inscrit dans la loi, mais en tout cas, il est très facile de les contourner sans être dans l'illégalité. Il suffit de ne pas dire que c'est un colon.
- Laurent Bousquet
Voilà. L'utiliser pour une autre propriété bioactive ou un autre usage ? Oui, tu as raison.
- Pauline ArtEcoVert
Je vais prendre un exemple, mais vraiment tout bête pour que tout le monde comprenne bien, le cacao. Aujourd'hui, du cacao, surtout si en plus je prends une poudre de 100% cacao, sans additifs, bio, que j'achète à la Biocop et qu'on met dans le bol. Alors pourquoi 100% cacao ? Parce qu'on a besoin de connaître la composition. Si vous me donnez une photo de Banania, de Benko, où je passe encore, il y a des colorants, des additifs, des arômes, des parfums. Je n'aurai jamais la composition. Et même si on l'avait, on aurait une étiquette comme ça sur le produit fini, avec 25 ingrédients. Donc, je prends un 100% pur cacao. Bio ou pas bio, on s'en fiche. Eh bien, il n'est pas, et je colore mon savon avec, ce n'est même pas une plante intérieure.
- Laurent Bousquet
Non.
- Pauline ArtEcoVert
Connue comme telle. Je peux colorer mon savon en marron, en poudre de cacao, mais je n'ai pas le droit.
- Laurent Bousquet
Oui, mais elles le font. Et on en a entendu pendant la masterclass.
- Pauline ArtEcoVert
Du coup, on va dire, je mets mon ingrédient en poudre de cacao pour des propriétés abrasives. C'est légèrement exfoliant. Qui va me dire que ce n'est pas vrai ? De toute façon, je ne le mets pas sur l'étiquette. Je ne dis pas sur l'étiquette que c'est un savon exfoliant. C'est juste dans le rapport de sécurité. On va avoir un petit peu de terme. Si on me posait une question... si les fraudes posaient une question, on dirait ben oui, ça augmente un peu le pouvoir lavant du savon.
- Laurent Bousquet
En fait,
- Pauline ArtEcoVert
c'est des questions qui ne sont jamais posées, tout simplement parce que le contrôleur des fraudes, il sait très bien que c'est fait pour colorer. Ou peut-être qu'il ne sait pas. Mais lui, tout ce qu'il voit, c'est qu'il y a du cacao qui a été acheté au supermarché et que ça ne présente pas de risque. Et même si c'est très bien que c'est pour colorer... Et de toute façon, on ne marque pas colorant dans le rapport. Et par contre, on le fait enlever des étiquettes. Quand on a des clients qui disent sur leur étiquette « coloré au cacao » , on leur dit non, Vous n'avez pas le droit de marquer que c'est coloré au cacao. Parce que le cacao n'est pas, non. Alors, c'est là où on arrive à des aberrations. On pourrait marquer non coloré sur le savon.
- Laurent Bousquet
Sans colorant.
- Pauline ArtEcoVert
On pourrait marquer savon sans colorant.
- Laurent Bousquet
Oui, d'accord.
- Pauline ArtEcoVert
Oui, c'est pour bien comprendre la philosophie. Donc c'est tourné, mais c'est même pas une histoire, j'allais dire avec la complicité des autorités, c'est même pas une histoire de complicité. C'est-à-dire que ces listes de colorants, ça a été fait pour éliminer des risques toxicologiques, neurologiques, de cancérogénicité, de perturbations endocriniennes, de troubles du développement. Donc du coup, j'ai envie de dire que tout le monde est content. Quand quelqu'un arrive à remplacer, colorer son savon avec du cacao, ça ne va gêner personne. Donc ce n'est pas un écueil majeur. Le fait que ces colorants végétaux ne soient pas dans la liste autorisée, ce n'est pas un écueil majeur.
- Laurent Bousquet
D'accord.
- Pauline ArtEcoVert
Ça peut quand même parfois rester problématique parce que... Quand je parlais du cacao, j'ai des infos sur le cacao. On sait depuis combien de temps, avec Christophe Colomb, qu'on peut le consommer. Si c'était dangereux, tout le monde le saurait. Alors que parfois, il y a certaines plantes dont on a très peu d'informations sur la composition et l'éventuelle, la potentielle toxicité. Donc ce qui va manquer souvent, ce sont des informations sur la plante. Et donc, pour en revenir au SCCS, si on voulait demander au SCCS d'étudier, de donner un avis sur un colorant végétal, il faudrait fournir des données. Donc, il faudrait qu'il y ait des chercheurs qui aient étudié les compositions, pas que de la plante, mais est-ce qu'on peut identifier une substance dans la plante, une substance toxique, et que finalement, elle n'est plus dans l'extrait ?
- Laurent Bousquet
Oui, voilà.
- Pauline ArtEcoVert
Parce qu'elle est soluble dans, je ne sais pas, dans de l'alcool, et que l'extrait est effaillible de l'eau, et qu'elle n'est pas soluble dans l'eau.
- Laurent Bousquet
Oui.
- Pauline ArtEcoVert
C'est vrai que... Ça,
- Laurent Bousquet
c'est hyper important. C'est important ce que tu dis, parce que tu vois, il y a encore des idées reçues sur les colorants végétaux. Tu vois, par exemple, même moi, j'ai fait les raccourcis, c'est, tu vois, quand tu broies finement ta garance, elle peut avoir un effet, tu sais... irritant pour les yeux parce qu'elle est sous forme de poudre, qu'elle vole et c'est un moment spécifique de l'étape de transformation. Alors qu'il n'y a aucun problème quand elle est dans la composition. Je te parlais tout à l'heure des rouges à lèvres, mais je te parle aussi des savons qui ont été validés et de tous les produits sur la garance qui ont été validés. Donc, il faut faire attention. Et c'est bien ce que tu dis, attention à quel stade, attention à quelle composition et ne pas faire des raccourcis parce qu'à un moment donné, il peut y avoir quelque chose. Donc ça, c'est hyper intéressant. Et donc, du coup, sur l'indigo, qui est notamment, tu vois, je t'en parlais dans le cadre de la coloration capillaire végétale, où ils utilisent de l'indigo pour faire les mélanges de trois couleurs. Il y a des concentrations qui sont mesurées et on doit être en dessous d'une certaine limite. Et je crois qu'on était à 25%, il me semble. Voilà, c'est ça. C'était dit la fois dernière.
- Pauline ArtEcoVert
Donc, l'Indigo, c'est intéressant. J'avais même préparé un petit historique que je n'avais plus en tête.
- Laurent Bousquet
Mais,
- Pauline ArtEcoVert
par exemple, l'Indigo, il est soumis en 2003. À l'époque, ce n'était pas le SCCS. Avant le SNCF, c'était le SCCNFP, qui répond assez vite, qui répond en moins de noms, en disant, le dossier, il est incomplet. pas suffisamment d'informations sur la sécurité, donc on ne se prononce pas. Il est soumis de nouveau en 2006, et là ça a pris six ans.
- Laurent Bousquet
Non !
- Pauline ArtEcoVert
Et là, en 2012, le SCCS a conclu et là, la demande c'était que pour le capillaire, justement. L'AMSS a conclu que l'indigo ne pouvait... Indigo, pardon, indigo ferra tintoria. Je ne parle pas de l'indigo de synthèse, parce que... Oui, oui. Il y a deux dossiers. Il y a aussi l'indigo de synthèse.
- Laurent Bousquet
Et la fraude qui peut être faite. Oui, OK.
- Pauline ArtEcoVert
Qui est différente. Oui, mais il a un statut différent dans cette annexe.
- Laurent Bousquet
Oui, oui, oui.
- Pauline ArtEcoVert
Donc, on parle bien là d'indigo ferra tintoria. Donc, six ans après, en 2012, le CSS dit que... L'indigofera utilisé comme colorant capillaire à une concentration de 25% ne peut pas être évalué en raison d'informations incomplètes. De nouveau, ils disent, vous ne nous avez pas transmis assez d'informations pour qu'on puisse prendre notre décision. Du coup, resoumis en 2017, alors ce serait intéressant, je ne sais pas si c'est public d'aller voir. Donc, il y a des gens qui se sont battus pour ça, ça veut dire. il faudrait que j'aille les remercier déjà vraiment battu en 2017 deux ans plus tard 2019 oui alors en fait 2019 le temps que ce soit traduit c'est 2020 c'est officialisé au mois d'avril 2020 et c'est l'option finale qui est en vigueur le CCS conclut que Indigo Ferra Tintoria est sûre, quand elle est utilisée dans des produits de coloration capillaire non-oxydante, à des concentrations allant jusqu'à
- Laurent Bousquet
25%. D'accord, donc c'est pour ça. C'est pour ça ce 25% qui arrive là comme ça.
- Pauline ArtEcoVert
Voilà. Ça veut dire que potentiellement... C'est parce que des gens ont soumis un dossier en disant on a fait des études, probablement sur la tête des gens, à 25%. Ça ne veut pas dire que ce n'est pas sûr à 30. Ça veut dire qu'ils ont fait des études à 25.
- Laurent Bousquet
Jusqu'à 25, ok.
- Pauline ArtEcoVert
Et que du coup, le CES a pu juger. Mais du coup, c'est là où c'est un peu surprenant. C'est comme le CES n'a que le dossier pour le 25% sur la tête, on va dire, coloration capillaire, ça devient une restriction. Donc, ça rentre aussi dans l'annexe 3, en disant... on est sûr que l'indigo peut être utilisé à 25% sur la tête, et ce qui, de fait, invalide toutes les autres utilisations. Donc aujourd'hui, il est interdit d'utiliser l'indigo ferré. Alors là, pour le coup, c'est interdit.
- Laurent Bousquet
D'accord, ok. C'est hyper intéressant comme exemple.
- Pauline ArtEcoVert
Il est interdit d'utiliser l'indigo ferré à Tinctoria dans un savon, puisqu'il a été jugé sûr... uniquement pour les colorations capillaires. Bon, nous, personnellement, à ce jour, nous aussi, on est borderline. On passe un peu outre, avec un raisonnement, c'est-à-dire que les colorations capillaires, il y a un temps de pose. Donc, imaginons, il y a 25% d'indigo, il y a un temps de pose avant que ce soit rincé. Et de l'autre côté, on a un savonnier qui met Merci.
- Laurent Bousquet
qui ne met rien du tout dedans.
- Pauline ArtEcoVert
Si on considère la dose, il faut aussi regarder la dose. Il ne faut pas raisonner qu'en pourcentage. Je ne sais pas combien on se met de masse.
- Laurent Bousquet
Dans le cataplasme, je ne sais pas, ça doit être au moins, j'aurais dit un tiers. Au moins 100 grammes. Je ne sais pas.
- Pauline ArtEcoVert
On va faire un calcul très vite. Je me mets 100 grammes, il y a 25 pourcents. Je me mets 25 grammes. Même si c'est 10 grammes. Je me mets 10 grammes sur la tête. Quand je me lave avec un savon, il y a 1% d'indigo dedans. Ça veut dire qu'il y a 1%. Quand je me lave le corps entier avec du savon, je me lave avec 4 grammes.
- Laurent Bousquet
Ouais,
- Pauline ArtEcoVert
et c'est rincé. Et c'est rincé, et je me retrouve avec 0,04 grammes par rapport à nos 10 ou 9. Donc je me retrouve avec 0,04 grammes sur le corps entier immédiatement rincé. Nous, on considère que si on peut s'en mettre 10 grammes sur la tête, qu'on peut s'en mettre 0,04 g sur la porte. Donc c'est notre raisonnement pour dire que c'est sûr et c'est très difficile d'aller à l'encontre de ce raisonnement. Donc ça passe. Mais si on avait un contrôleur tatillon, il pourrait dire raisonnement ou pas raisonnement, c'est interdit, point barre.
- Laurent Bousquet
Oui, d'accord, ok. Bon, cet exemple de l'indigo, il est hyper parlant. Il est présent, il est présent. Et du coup ce que ça veut me dire c'est que tu vois par exemple Si des acteurs Qui travaillent certaines plantes Tinctoriales qui ont des couleurs spécifiques Veulent les faire accepter dans l'annexe 4 Comme colorants Ca veut dire qu'elles doivent débourser T'as vu le temps que ça a pris Presque 17 ans Donc des équipes, du budget Du temps, bref tout ça Pour l'autoriser ensuite pour tout le monde Puisque ça veut dire que là globalement Bah ouais voilà Donc là, globalement, tout le monde peut utiliser de l'indigo jusqu'à 25% grâce à ces personnes, et je pense que c'est les mêmes depuis 2003 jusqu'en 2020, qui se sont battues.
- Pauline ArtEcoVert
Oui, alors après, il ne faut pas dire que ça fait 20 ans, parce qu'à mon avis, le dossier était mauvais dès le départ. Je veux dire, le bon dossier soumis en 2017, validé en 2019, rentré en 2020, on va dire que ça peut prendre 3 ans.
- Laurent Bousquet
Oui, voilà, ça peut prendre 3 ans. Ok, mais du coup, ça veut dire que dès qu'il est autorisé dans l'annexe 4... Les équipes qui ont fait le travail l'autorisent pour tout le monde. Donc, dans un climat où il y a de la concurrence...
- Pauline ArtEcoVert
Donc, en général, ça se joue au niveau, au moins, européen, si ce n'est mon avis. En général, c'est un acteur majeur qui se dit...
- Laurent Bousquet
J'en ai besoin.
- Pauline ArtEcoVert
J'ai un monopole, un quasi-monopole, ou d'énormes parts de marché là-dessus. C'est ça pour mon compte. Tant pis si les autres en bénéficient. Soit ce sont des consortiums. On a vu beaucoup l'émergence de ces consortiums au moment de Rich. Et quand on parle de consortium sur les colorants, c'est quand même les 2, 3, 4, 5, 10 acteurs majeurs au niveau mondial.
- Laurent Bousquet
D'accord, ok. Mon top.
- Pauline ArtEcoVert
J'ai peur que ce type de dossier coûte cher.
- Laurent Bousquet
En fait,
- Pauline ArtEcoVert
ces dossiers, il faut faire des tests. Déjà, il faut analyser la plante, identifier toutes les molécules problématiques, regarder ensuite après la transformation, qu'est-ce qu'il reste. Soit avoir des données sur ces substances qui ont été identifiées, qui restent s'il n'y a pas de données. Et puis au final, faire des tests sur l'homme, des tests cliniques. À mon avis, ça peut vite chiffrer.
- Laurent Bousquet
Ouais, c'est ce qu'on m'a aussi dit. Alors, bon, super, c'est super clair, c'est l'exemple de l'indigo, je pense que tu l'as bien choisi. Tu m'avais parlé de bombes réglementaires, notamment pavots, calendulors, canettes, etc. Est-ce que tu peux m'expliquer, quand tu as eu des demandes un peu particulières sur le végétal, est-ce que tu peux nous raconter quelques anecdotes sur, notamment, je crois que tu m'avais parlé du pavot, avec les alcaloïdes, il me semble.
- Pauline ArtEcoVert
Oui, oui, oui. Et en fait, non, non, en fait, sur le pavot, non, non, on parlait du coquelicot.
- Laurent Bousquet
Du coquelicot, oui, pardon.
- Pauline ArtEcoVert
Et effectivement, c'est la question que je me posais à la fin de la liste. Je me disais, mais le coquelicot, c'est de la famille du pavot. Faudrait regarder, je ne sais plus de quel côté. Et en fait, il n'y a pas de souci avec le coquelicot qui n'est pas la même.
- Laurent Bousquet
Donc, le nom de la plante est l'horiz... La plante est hyper importante, du coup.
- Pauline ArtEcoVert
Voilà, il faut se méfier du papa vert somniférent. À l'époque, il pose un nom neutre qui ne pose pas de problème.
- Laurent Bousquet
D'accord, OK. Est-ce que tu avais d'autres exemples ? L'orcanette qu'a l'enduit là ? J'ai noté cela, je ne sais pas pourquoi. On en avait dû en parler, ou sinon j'enlèverais.
- Pauline ArtEcoVert
Non, l'orcanette là, il faudrait vraiment... Ça pourrait être intéressant, par contre, de faire ce travail-là, mais avec mon toxicologue. Qui, lui, a le nez dans les dossiers.
- Laurent Bousquet
Ça, ce serait chouette sur leur canette, je te le dis, parce qu'on a des agriculteurs en France qui la remettent en culture. Et c'est une des sources de violet qui pourrait être intéressante pour nos savonières qui cherchent du violet. On sait que c'est le combat du moment. Donc, oui, ça pourrait être hyper intéressant qu'on s'en reparle de leur canette.
- Pauline ArtEcoVert
Il y a eu une façon de valider l'usage d'un ingrédient en cosmétique. Et qui est accepté, c'est un raisonnement comme un autre, moins fiable bien sûr que d'autres, c'est l'usage courant.
- Laurent Bousquet
Ah oui.
- Pauline ArtEcoVert
Voilà, la notion d'usage courant en cosmétique. C'est-à-dire qu'il y a un usage courant en cosmétique depuis longtemps. on va considérer que s'il y avait des problèmes, ça se saurait.
- Laurent Bousquet
Donc ça voudrait dire que si on retrouve des archives, comme une plante teintoriale que vous ne connaissez pas forcément, qui a été utilisée dans la cosmétique, si c'est un usage courant, ça pourrait faire office de... Si ça a été utilisé pendant 100 ans, c'est qu'il n'y avait pas de problème.
- Pauline ArtEcoVert
C'est le cas du calendula. C'est pour ça qu'on avait dit du calendula. Par exemple, le calendula, ça n'a plus rien à voir avec la... couleur végétale, mais sur le calendula, il n'y a pas de données. Et donc, du coup, on se base en disant que le calendula a toujours été utilisé en cosmétique, donc a priori, c'est que ça ne pose pas de problème. Mais, jusqu'à ce qu'on trouve quelque chose.
- Laurent Bousquet
Oui, c'est toujours pareil. Non, mais ça, c'est hyper bien de le dire.
- Pauline ArtEcoVert
C'est un usage courant, ça ne pose pas de problème, jusqu'à ce qu'on se rende compte que les poussières donnent le cancer. Oui,
- Laurent Bousquet
carrément. D'ailleurs,
- Pauline ArtEcoVert
on s'est rendu compte il n'y a pas longtemps, avec les nouveaux allergènes, qu'il y avait parmi les 82 allergènes équitables, dans les 56 nouveaux, il y en a deux qu'on retrouve dans le calendulaire. Mais pas d'affolement, ils sont en quantité tellement faible que c'est insignifiant. On est en dessous des seuils d'étiquetage, même pour un macérat de carotidula pur appliqué sur la peau. Bon,
- Laurent Bousquet
c'est bon, tu vas en rassurer pas mal, parce qu'elles ont dû avoir un coup de chaud. Détendez-vous.
- Pauline ArtEcoVert
C'est manière de dire que tant qu'on ne sait pas, on ne sait pas. Et puis un jour, on sait.
- Laurent Bousquet
Non, mais c'est hyper bien que tu le dises. Alors, j'avais encore noté quelque chose que je voulais voir avec toi. Les États-Unis ont interdit des colorants de synthèse dans l'alimentaire. Je crois que c'était en décembre 25, il me semble, un truc comme ça. Et ont autorisé de nouveaux colorants à utiliser dans l'alimentaire, et notamment une plante, le pois bleu, et des algues aussi. Ma question, c'était, est-ce que tu sens un changement ou un renouveau des colorants naturels dans la cosmétique au sens large ? Parce que là, on a parlé beaucoup savon, mais on fera aussi un petit tour d'horizon. Est-ce que c'est des tendances ou des choses que toi tu perçois dans ta veille, dans tes clients, que t'accompagnes, etc. Un retour à se questionner sur les colorants et leur origine ?
- Pauline ArtEcoVert
Alors oui, je dirais oui, mais oui et non.
- Laurent Bousquet
Oui et non.
- Pauline ArtEcoVert
Sur les colorants, oui. Il y a effectivement, je pense, un intérêt plutôt grandissant. Parce qu'il y a déjà assez peu de choix sur le chimique. Il y a certainement aussi une question de marketing. Parce que sur les colorants synthétiques, sur les étiquettes, c'est CI, suivi d'un numéro à cinq chiffres. Ça veut dire, je pense que c'est très lié aussi au marketing de la liste in qui. C'est-à-dire... Avoir CI suivi d'un numéro, c'est comme en alimentaire, dès qu'on voit. Les E203, E226.
- Laurent Bousquet
On est paniqué alors que des fois, c'est vraiment juste. Des fois,
- Pauline ArtEcoVert
c'est du sel ou du bicarbonate de soude ou du citric.
- Laurent Bousquet
Ou de la cochenille. Non, la cochenille, elle n'est pas utilisée en alimentaire. Mais bon, ok. J'ai compris.
- Pauline ArtEcoVert
Oui, tous les additifs, tous les colorants, ils ont un CI. Ça ne veut pas dire forcément qu'il y a ce problème. Donc, je pense qu'il y a une question numéro un. Ça, c'est pour les colorants. Il me semble que c'est lié à ça. Je ne suis pas sûr. C'est aussi lié, forcément, à la recherche de plus de naturalité. Mais si on regarde le côté la naturalité, le végétal, moi, je trouve que de manière globale, en cosmétique, c'est en perte de vitesse.
- Laurent Bousquet
Le végétal ? Ah ouais. D'accord, ok. Hyper intéressant. C'est hyper intéressant.
- Pauline ArtEcoVert
Ça, c'est un peu cassé. Alors, c'est récent, c'est très récent, mais on a vu le bio, de manière générale, qui s'est fondu en COVID. C'est quoi ? C'est très récent. Et moi, je le constate aussi, j'essaie de ne pas y aller, mais j'ai l'habitude d'aller un peu au supermarché de temps en temps, je vois les rayons des supermarchés des produits bio qui se rétrécissent. Ils sont récoltés. Moi, j'ai dans les petits supermarchés, la dernière fois, je n'ai pas trouvé de pâte bio. Il n'y a même pas de pâte bio au rayon bio. Les rayons... Donc ça, on l'a tous vu, je pense, que les magasins bio, on l'a tous vu. que les rayons des supermarchés diminuent. Même en pharmacie, tout le monde vendait des huiles essentielles. Ça disparaît. Et en savonnerie, par exemple, il y a un gros retour des parfums. Et des parfums synthétiques.
- Laurent Bousquet
Ah ouais, ça on n'en a pas parlé, mais ce serait intéressant de l'aborder avec les savonnières.
- Pauline ArtEcoVert
Donc c'est pour ça que c'est naturel ?
- Laurent Bousquet
Ouais.
- Pauline ArtEcoVert
Bon, en même temps, c'est quelque chose d'assez sain dans la savonnerie artisanale, qui est une forme de diversification, c'est-à-dire que la savonnerie à froid artisanale, elle s'est construite sur le même modèle. Au départ, c'était le même modèle, on fait du bio et... Et on ne met que du naturel, donc que des huiles essentielles, avec des gens qui ne voulaient même pas de parfum naturel. Parce que d'ailleurs, Nature & Progrès n'autorise pas les parfums naturels. Parce que même s'ils sont d'origine naturelle, ce n'est pas tracé, ce n'est pas forcément, ce n'est pas bio. Donc on était vraiment dans l'ultra naturel et tout le monde a copié ce modèle. Sauf que le consommateur qui est prêt... si on raisonne en faisant un peu de marketing. Le consommateur qui est prêt à mettre 6 euros dans un savon artisanal, ce n'est pas forcément pour avoir du bio et des huiles essentielles, du naturel. Il y a dans ces consommateurs-là des gens qui veulent juste consommer l'organe. Il y a dans ces consommateurs-là des gens qui veulent juste se faire plaisir, faire un cadeau, et à qui ça ne pose pas de problème. problème si ça sent la noix de coco et s'il y a de la paillette dorée et du rose bleu.
- Laurent Bousquet
Oui, oui. Il y en a pour tous les goûts. Non, mais c'est vrai.
- Pauline ArtEcoVert
Il y en a pour tous les goûts aussi. Il y a des savons à froid où, avec les techniques de marbrage où on va pouvoir faire des décors, le savon, il est magnifique. C'est un objet de décoration. Les gens qui l'achètent, c'est pas pour acheter des huiles essentielles et du bio. Ils l'achètent parce que c'est un bel objet.
- Laurent Bousquet
C'est beau, ouais.
- Pauline ArtEcoVert
Et qui sent bon.
- Laurent Bousquet
Et on a des gens, je le précise, on a des savonnières qui arrivent à faire de très beaux savons et tout en naturel. Et là, je pense à Savonnerie Patisserie, la Savonnerie Baba, qui fait des trucs extraordinaires, magnifiques.
- Pauline ArtEcoVert
C'est pour ça qu'on fait mon propos. C'est-à-dire que moi, je vois de moins en moins de naturel en savonnerie.
- Laurent Bousquet
C'est dingue.
- Pauline ArtEcoVert
Par rapport à une époque où il n'y avait que de ça.
- Laurent Bousquet
D'accord, hyper intéressant.
- Pauline ArtEcoVert
Mais est-ce que ça veut dire que le consommateur est moins sensible ?
- Laurent Bousquet
Non. Oui, il faut creuser.
- Pauline ArtEcoVert
Au contraire, le marché se diversifie un peu pour atteindre le consommateur. Il y a des tas de gens qui ne veulent pas de bio. Oui.
- Laurent Bousquet
Je ne sais pas,
- Pauline ArtEcoVert
mais dans la région de France, le bio a mauvaise presse.
- Laurent Bousquet
Oui. Alors du coup moi je voyais ça plutôt d'un bon oeil, le fait que les Etats-Unis interdisent les colorants de synthèse et remplacent dans l'alimentaire par notamment des colorants végétaux. Et en fait des entreprises franco-américaines nous disaient de nous préparer parce que c'était en train d'arriver chez nous et que du coup moi ça m'arrangeait parce que je me dis waouh, si on favorise les colorants végétaux c'est trop bien pour notre sujet donc top, donc à suivre parce que pour l'instant ça bouge mais comme tu dis... Ce n'est pas flagrant, donc c'est intéressant qu'on ait aussi ton retour. Ça,
- Pauline ArtEcoVert
c'est très intéressant. C'est vrai que je n'ai pas répondu sur la partie États-Unis. L'États-Unis, c'est compliqué parce que les États sont indépendants. Donc, c'est la Californie en particulier. Mais c'est très intéressant parce que les Californiens, ils ne font pas les choses n'importe où. Donc, ça veut dire que s'ils ont évalué la sécurité de colorants, c'est qu'il y a des gros dossiers. Ces dossiers, on ne les a peut-être pas cherchés, ils ne sont peut-être pas disponibles. C'est là où j'ai envie que je vois, moi, avec le toxicologue. Mais ça veut dire que, bon, c'est très récent tout ça, mais ça veut dire qu'on trouvera des informations. Nous, ça nous arrive d'acheter des informations aussi. C'est-à-dire qu'on a des sociétés qui font de la veille pour nous, à qui on achète des profils toxicologiques. Maintenant, quand on achète des profils toxicologiques qui coûtent cher, c'est pour être sûr qu'on va revoir l'ingrédient dans plusieurs formules. Oui,
- Laurent Bousquet
d'accord. Non, non, tu as raison. Mais alors, du coup, ça, moi, je...
- Pauline ArtEcoVert
C'est plutôt bon signe. Oui, c'est ce que je me suis dit.
- Laurent Bousquet
Tu vas creuser.
- Pauline ArtEcoVert
Creuser ces colorants légers.
- Laurent Bousquet
Oui, et alors ? Ouais, c'est le poids bleu, tu as une algue qui est autorisée, et là il y a encore une bactérie ou une algue qui donne du vert qui vient d'être autorisée en Europe, là, il y a deux mois. Faudrait que je te retrouve, j'ai pas noté, c'est dommage. Mais donc pour te dire que moi qui regarde ces signaux faibles là, je trouve que c'est de très bons signaux, et moi contrairement à toi, alors c'est peut-être parce que je m'y intéresse depuis peu, Mais sur la savonnerie artisanale, là, comme on a fait notre fameuse masterclass, on est identifié comme acteur sur les colorants végétaux avec la communauté à récover, etc. Du coup, je ne reçois que ça, des demandes de « cherche un vert » , « cherche un violet » . Bon, tant mieux, mais comme tu dis, ça n'est pas représentatif de tout ce que tu peux voir. Donc, à suivre. Mais voilà, c'est pour donner un petit peu la température, mais sans être certain de tout ça.
- Pauline ArtEcoVert
Voilà, parce que forcément, celui qui met du parfum de synthèse et qui veut des micabryons ne va pas s'intéresser.
- Laurent Bousquet
Complètement,
- Pauline ArtEcoVert
exactement. Et donc, il ne sera pas là. En revanche, il y a un problème. Il y a beaucoup de gens qui ont des soucis avec les colorants synthétiques, on va dire, et qui les utilisent faute d'autres solutions.
- Laurent Bousquet
Oui. Donc là, on peut nous proposer quelque chose. Bon, c'est top. Alors, j'avais une autre question qui a fait un effet bombe pendant cette masterclass. C'était la fameuse question sur les ocres. Donc, dans la savonnerie, moi, c'est tout nouveau, j'avoue, avec humilité, depuis avril. Je m'intéresse à la savonnerie pour, justement, parler des colorants végétaux, proposer aux savonnières une alternative. qui est l'écolore en végétaux, qu'on travaille avec les agris français, mais pareil, d'Europe. Du coup, on a réglé une partie avec toi. Il y a encore du boulot, mais sur régler la partie administrative, etc., la fluidifier. On m'a souvent dit, nous, on utilise et du végétal et du minéral, dont les ocres. Et là, tu nous as sorti quelque chose en masterclass que j'aimerais que tu puisses étendre aujourd'hui, en prenant le temps qu'il faut, pour clarifier tout ça pour toutes nos savonières qui utilisent aussi du minéral.
- Pauline ArtEcoVert
Voilà, minéral naturel.
- Laurent Bousquet
Minéral naturel.
- Pauline ArtEcoVert
Minéral synthétique. Ouais, top. Minéral naturel, jusqu'à maintenant, il y avait les ocres et les argiles. Eh bien, il n'y a plus que les argiles. Alors, les ocres, déjà, on n'en validait pas. On l'a évoqué tout à l'heure. Les minéraux, qu'ils soient naturels ou synthétiques, ce sont des minéraux. Les synthétiques... qui sont souvent fabriqués avec d'autres ingrédients minéraux. Et les naturels, on va les chercher dans la nature. Et donc, on a l'obligation d'aller vérifier les impuretés. Et on sait que dans les minéraux, il y a des métaux lourds. Donc, on en a parlé tout à l'heure. Ce sont les teneurs en métaux lourds. Les argiles sont très couramment utilisées en cosmique.
- Laurent Bousquet
Oui.
- Pauline ArtEcoVert
Argyle verte, argyle rouge, un peu moins peut-être, argile blanche, beaucoup.
- Laurent Bousquet
Argyle rose, c'est la même que la rouge, la rose ?
- Pauline ArtEcoVert
L'argile rose, c'est un mélange de rouge et de rose.
- Laurent Bousquet
Ouais, ok. D'accord.
- Pauline ArtEcoVert
Ceci dit, voilà, c'est-à-dire que, t'as un petit message aux savonniers, ceux qui veulent faire des savons roses.
- Laurent Bousquet
Roses, oui, qui sont demandés.
- Pauline ArtEcoVert
Ne vous embêtez pas à acheter de l'argile rose si vous avez de l'argile rose. il suffit de mettre un tout petit peu d'argile rouge parce qu'en fait pour faire de l'argile rose on dilue du rouge dans du blanc et du coup des fois ça ne colore même pas beaucoup en rose le savon donc il suffit de mettre un peu de rouge et vous aurez du rose Donc les argiles sont très couramment utilisées. Donc il y a un marché. Donc comme il y a un marché, les acteurs, les producteurs d'argiles, ils font l'effort de faire des contrôles sur les teneurs en métaux. Parce que qui dit, on revient toujours, ils annoncent sur leur fiche technique maximum temps de mercure, maximum temps de plomb, maximum temps de cadmium, maximum temps d'arsenic. il faut bien qu'ils aient à un moment donné un lot et qu'ils peuvent mutualiser ou pas, mais à un moment donné, ils l'analysent et ils vont dire que tel lot est conforme aux spécifications de la fiche technique. Donc ça veut dire qu'ils ont des analyses à faire. Une analyse en métaux lourds, ça coûte un peu plus cher que la nitrobium. Ça vaut vite 400-500 euros.
- Laurent Bousquet
D'accord.
- Pauline ArtEcoVert
Voilà. Et comme ils ont des volumes... Ils mutualisent, ils réperculent sur les prix de vente, les gens achètent de l'argent. Sur les ocres, ils ne restaient depuis des années plus qu'un seul acteur en France. Elle existe toujours cette société, c'est Société des ocres de France.
- Laurent Bousquet
Que j'ai eue sur le podcast.
- Pauline ArtEcoVert
Voilà, ils sont basés dans le bureau, vers Apte, quelque chose comme ça. Je ne sais plus exactement. Apte et Fourcalquier. En tout cas, c'est là où il y avait les exploitations. Et ils ont, on va dire, maintenu pendant des années deux références d'ocre, parce qu'ils en ont plusieurs, un ocre jaune, un ocre rouge, pour lesquels ils fournissaient des spécifications météorologiques et des analyses. Et en fait, ils en vendaient tellement peu en cosmétique qu'à un moment donné, ils ont dit... ce n'est plus rentable de faire ces analyses de métaux lourds au vu des volumes commercialisés. Donc ils ont arrêté non pas la production, mais ils ont arrêté l'usage en cosmétique. Du coup, avec honnêteté, si quelqu'un se présente chez eux en disant « je veux l'acheter pour la cosmétique » , Ils répondent, non, ça ne peut pas être utilisé en cosmétique parce qu'on n'en porte plus les garanties nécessaires.
- Laurent Bousquet
D'accord. Mais ça ne veut pas dire que les ocres, en général, ne sont plus utilisables en savonnerie. Ça veut juste dire que nous, notre... Il n'y a plus d'acteurs en France. Il y en a ailleurs. Il n'y a plus d'acteurs en France. Oui,
- Pauline ArtEcoVert
en France. Non, je n'en connais pas.
- Laurent Bousquet
C'est vrai ? Ah oui, non, je confonds avec les argiles.
- Pauline ArtEcoVert
Il n'y a pas qu'on trouvait de l'ocre rose d'Italie. Voilà, l'ocre. Oui, oui,
- Laurent Bousquet
oui. Oh,
- Pauline ArtEcoVert
argile !
- Laurent Bousquet
Ok. Il y en a d'autres ailleurs. D'accord. Donc, ocre, tu as dit jaune et rouge. De mémoire, il n'y a pas d'ar... Les couleurs de l'argile, c'est vert, blanche et rouge. Il y en a d'autres ou pas ? Il n'y a pas d'autres couleurs ? Jaune. Donc, il y a quand même du jaune en argile. OK. Donc, si elle cherche du jaune en minéral, il y a quand même l'argile jaune. Oui. OK. Parce que nous, du coup, on s'était dit, tiens, c'est une opportunité de travailler un jaune pour la savonnerie en végétal, qui tienne bien, qui soit lumineux. Et comme tu as vu dans la masterclass, c'était quand même attendu. Donc, on a notre petit cahier de travail, nous, sur le végétal. On voit ce qu'il faut travailler. Du coup, c'est intéressant. Coloration capillaire végétale, je vous l'ai parlé, mais on en a parlé avec l'indigo. Tu vois, c'était le truc qui posait problème. Et après,
- Pauline ArtEcoVert
le maquillage, c'est la même chose.
- Laurent Bousquet
Avec les micas. Ouais, les micas remplacés ou pas.
- Pauline ArtEcoVert
Caler la documentation. Est-ce qu'on a la composition ? Ah non, mais j'étais toujours en végétal, moi.
- Laurent Bousquet
Oui, oui. Comment on remplace le mica par du végétal ?
- Pauline ArtEcoVert
Alors, le mica, c'est une particule solide, brillante, minérale. On pourrait colorer le mica avec des colorants végétaux, peut-être. Mais le mica, à la base, c'est un colorant. Le mica, on va dire que c'est argenté. Donc, quand on a du mica bleu, on a du mica avec du colorant bleu. Quand on a du mica vert, on a du mica avec du colorant vert.
- Laurent Bousquet
D'accord, ok.
- Pauline ArtEcoVert
Il y a peut-être un marché pour colorer du mica avec des colorants végétaux. S'il y en a,
- Laurent Bousquet
qui se manifestent ?
- Pauline ArtEcoVert
Mais le mica restera du mica minéral. Ouais, d'accord. On ne fera pas du mica minéral avec des végétaux.
- Laurent Bousquet
Je pensais à... Tu vois, je t'en avais parlé, il y a une entreprise dans les Hauts-de-France qui a fait une poudre libre à base d'amidon. qui pourrait être teinté avec des pigments végétaux pour les paupières. C'est ça, dans le maquillage. Qui aurait un effet brillant, non, mais qui pourrait teinter, faire un truc mat. Et après, sur l'effet brillant, c'est un sujet qu'on a un petit peu abordé sur le podcast, c'est la couleur structurelle. Tu sais, en copiant les ailes de papillon, etc. Tu sais, les trucs un peu irisés. Et ça, c'est quelque chose qui est en train d'être étudié pour remplacer justement du minéral ou d'autres substances qui ne sont pas forcément top en maquillage. Mais je n'ai pas plus d'infos que ça.
- Pauline ArtEcoVert
C'est vrai que pour parler d'autres secteurs d'activité, moi je pense surtout au maquillage. On aura les mêmes problématiques de documentation. Est-ce qu'on sait ce qu'on sait ? Est-ce qu'on a des informations sur la plante ? Mais on creusera beaucoup plus, malgré tout, le côté toxicologique. Parce qu'on va être parfois sur des zones à risque, puisque le maquillage, on va être sur les lèvres. Donc pieds-lèvres, d'une question. Et qui dit qu'on tourne l'œil,
- Laurent Bousquet
dit muqueuse et puis l'œil,
- Pauline ArtEcoVert
qui est une zone particulièrement fragile et du non rincé. C'est vrai qu'aujourd'hui, en couleur végétale, en savonnerie, c'est ce que je disais tout à l'heure, on pourrait parfois dire qu'on n'a pas de données, mais on se base sur un usage connu, ancien, en cosmétique, et on sait qu'on est sur des... C'est faible exposition. Peu de colorant dans le savon, un produit, donc peu d'utilisation de savon à chaque utilisation, donc peu de contact avec le colorant sur un produit extrêmement rincé. Alors que si on commence à parler d'ingestion ou de l'essai autour d'une zone sensible comme l'œil, là on va regarder beaucoup plus près. le côté toxicologie des plantes. Et on ne pourra pas se baser non plus sur un usage très ancien en cosmétique.
- Laurent Bousquet
En tout cas, pour citer Élodie Carpentier de la société Le Rouge Français, qu'on a reçue sur le podcast, je t'enverrai l'épisode si tu veux. Élodie travaille avec des plantes teintoriales. Elle fait des rouges à lèvres avec de la garance, de l'eyeliner et du mascara avec de l'indigo. Et je crois que c'est tout. peut-être d'autres produits, il faudrait que je regarde mais en tout cas ces deux exemples là je les ai bien en tête, elle fait du vernis à ongles, je sais pas si c'est à la garance j'ai un doute, mais bon voilà, donc en gros donc Elodie qui a lancé son entreprise ça doit faire 7 ans je pense en tout entre la recherche et les marques et qui est une fervente elle est à fond sur les plantes teintoriales et donc voilà, c'est pour ça que je pense à elle sur la cosmétique Merci. Mais je n'ai pas d'autres exemples. Je n'ai pas d'autres exemples de marques qui utilisent la couleur végétale, très honnêtement. C'est un peu la pionnière, clairement. Alors, qu'est-ce que je voulais te dire dans les autres domaines que j'aurais voulu voir avec toi ? Ah oui, le tatouage. Alors, est-ce que tu as des choses sur le tatouage ? Parce que ce matin, j'enregistrais qu'un dermatologue qui nous a parlé du tatouage. et des substances sous la peau et des encres qui étaient utilisées, etc. Et la question, c'était, est-ce qu'il y a des alternatives ? Est-ce que toi, on te demande des choses sur le tatouage ?
- Pauline ArtEcoVert
Alors, tatouage, nous, on ne sait rien, on ne s'intéresse pas au tatouage. On ne s'intéresse pas au tatouage, c'est en dehors de notre chambre. C'est l'application, ce n'est pas du cosmétique. Ça rentre sous la peau. Ce n'est pas dans la définition d'un produit cosmétique. Il y a des réglementations spécifiques pour les produits de tatouage. Donc, c'est complètement en dehors de notre champ de compétences. En revanche, on commence, on a quelques dossiers sur du tatouage éphémère.
- Laurent Bousquet
Donc, Jagua est aîné.
- Pauline ArtEcoVert
Voilà. Parce que là, le tatouage éphémère, il reste sur la peau. C'est comme du maquillage quelque part. C'est fait pour décourrer la peau, sauf que ça tient plus longtemps que le maquillage.
- Laurent Bousquet
Et du coup,
- Pauline ArtEcoVert
ça se revient juste à du... C'est un peu compliqué. Tatouage éphémère, c'est du cosmétique. Tatouage implanté sous la peau de façon définitive, ce n'est pas du tout.
- Laurent Bousquet
Parce que tu vois, ils appellent permanent make-up les tatouages de sourcils noirs. Ils appellent ça du make-up. Alors tu vois comme c'est tordu, mais donc toi tu dis que c'est pas du maquillage. Ok, donc on a fait le tour des usages en cosmétique, j'en vois pas d'autres. Si je t'avais dit en termes d'ouverture qu'on aurait pu parler de... Moi je m'interrogeais pourquoi il y avait des savons solides aux colorants végétaux et pourquoi il n'y avait pas de shampoing solide aux colorants végétaux. Tu m'as dit bah oui, voilà. Et en fait j'ai demandé à la communauté des savonnières qui est au taquet et donc il y en a plein qui font... des shampoings solides avec des colorants végétaux. Donc en fait, c'est encore une nouvelle porte qui s'ouvre pour la suite, pour élargir la gamme de produits. Donc à suivre sur ce sujet-là. Mais toi, tu n'avais pas de demande, tu me disais.
- Pauline ArtEcoVert
On a assez peu de demandes. La plupart des shampoings qui arrivent sont non colorés.
- Laurent Bousquet
Oui, et c'est ce qu'on avait eu comme remarque tous les deux aussi, de dire qu'il y avait beaucoup de, dans la cosmétique, beaucoup de retour aux formules blanches, tu sais, où il n'y a pas de couleur. Enfin, il y a un... Je ne sais plus comment ça s'appelle ça, mais... J'avais une question. Aujourd'hui, qui fédère autour de la savonnerie artisanale pour toi, sans colorants végétaux confondus ? Enfin, vraiment tout le monde. Est-ce qu'il y a... Il y a des gens qui fédèrent autour de la savonnerie artisanale ?
- Pauline ArtEcoVert
Non, pour moi, ça a toujours été un manque. Ça a toujours été un manque dans la savonnerie artisanale. C'est-à-dire qu'il n'y a pas d'association vraiment représentative qui œuvre dans le sens de tous les savonniers.
- Laurent Bousquet
D'accord.
- Pauline ArtEcoVert
Je ne sais pas si je vais faire des ennemis, mais je vais me faire des ennemis. Je me dois de citer qu'il y a une initiative qui s'appelle la DNS, Association des Nouveaux Savonniers, mais pour moi, et je l'assume, ce n'est pas une association fédératrice qui œuvre pour l'ensemble des Savonniers. Ça ne veut pas dire qu'ils n'apporteront pas des services à certains savonniers, mais c'est très fermé dans le sens où c'est une bande de copains qui sont là pour faire avancer leurs affaires. Il y a un seul centre de formation, il y a un seul évaluateur de la sécurité. Si demain il y a un fournisseur de colorant, il y en aura qu'un. Tant qu'ils n'auront pas une approche qui est de dire qu'on rend des services à tous les savonniers. C'est plutôt, on rend des services. D'ailleurs, il n'y a pas beaucoup d'adhérents.
- Laurent Bousquet
D'accord. Et quand tu dis, quand on parle des savonniers artisanaux, il faut bien préciser, il y a la savonnerie à froid et au chaudron. Parce qu'on en a vu aussi, mais il n'y en a plus beaucoup au chaudron, j'ai l'impression.
- Pauline ArtEcoVert
Pour moi, à froid ou à chaud, ça peut être artisanal, comme ça peut être industriel. Alors, la savonnerie à froid industrielle, industrielle, on va dire aujourd'hui, je ne vais pas dire qu'elle n'existe pas, en tout cas, elle n'est pas représentée, elle n'existe pas en France, mais on peut faire... On en revient à la définition artisanale industrielle. Il y a des artisans savonniers qui font du savon à chaud. Il y a des artisans savonniers qui font du savon à froid. Il n'y a personne qui fait du savon à froid en industrielle, mais c'est faisable.
- Laurent Bousquet
Ok. Bon bah écoute, top.
- Pauline ArtEcoVert
Moi pour l'instant je ne l'ai fait que pour des artistes. Par exemple avec un artiste c'était à la Biennale de Lyon on a coulé en une journée 4 fois 6 fois 4 tonnes de savon à froid.
- Laurent Bousquet
Au sol ? C'est le truc que j'ai vu non ? Ah ouais j'avais regardé en préparant l'épisode. Ok d'accord.
- Pauline ArtEcoVert
D'accord, ok. Moi, je suis capable de faire 4 tonnes par jour, mais seulement à froid. Si je travaille 200 jours dans l'année, si j'ai les clients et que je travaille 200 jours dans l'année et que j'ai l'espace et que j'ai les découpeurs et qu'il faudrait peut-être embaucher 50 personnes, ça veut dire que 4 fois... Moi, je peux faire 4 tonnes, mais seulement à froid dans la journée. Et je sais faire, en tout cas. Donc, si on travaille 200 jours par an, ça fait 800 tonnes par an. Ça reste artisanal. Je suis en train de savoir avoir un parent.
- Laurent Bousquet
Bonne question. OK. Bon, écoute, est-ce qu'on a oublié un sujet, Laurent, que tu voulais aborder avant qu'on ne se quitte ? Non ? Bon, écoute, franchement, je te remercie. Et pour le temps que tu as passé à me faire comprendre la savonnerie avant la masterclass, pendant la masterclass où tu as répondu à plein de questions des savonnières, franchement, elles étaient conquises et elles sont reparties vraiment ravies. J'ai eu de très, très bons retours. Et je sais que ce n'est pas fini, qu'on va continuer. à travailler, à se tenir au courant, etc. Donc un grand merci Laurent pour encore avoir pris le temps de bien tout nous expliquer. Je pense que ça semble déjà moins compliqué pour nos savonières et on a un peu notre feuille de route avec les agriculteurs, on sait ce qu'il nous reste à faire. Donc merci beaucoup Laurent.
- Pauline ArtEcoVert
De rien, c'était un plaisir. Merci à toi aussi, parce que c'est toujours, moi j'aime toujours le savon, les nouveautés. Ça change un peu du... du quotidien.
- Laurent Bousquet
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