- Speaker #0
Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir ou perdre en un seul coup le gain de cent parties sans un geste et sans un soupir. Si tu peux supporter d'entendre tes paroles travesties par des gueux pour exciter des sceaux et d'entendre mentir sur toi leur bouche folle sans mentir toi-même d'un mot. Si tu peux rester digne en étant populaire. Si tu peux rester peuple en conseillant les rois, et si tu peux aimer tous tes amis en frères, sans qu'aucun d'eux soit tout pour toi. Si tu peux être dur sans jamais être en rage, si tu peux être brave et jamais imprudent, si tu sais être bon, si tu sais être sage, sans être moral ni pédant. Si tu peux rencontrer triomphe après défaite et recevoir ces deux menteurs d'un même front. Si tu peux conserver ton courage et ta tête quand tous les autres les perdront. Alors les rois, la chance et la victoire seront à tout jamais tes esclaves soumis. Et ce qui vaut mieux que les rois et la gloire. Tu seras un homme, mon fils.
- Speaker #1
Tu viens d'entendre un extrait du poème Si, tu seras un homme, mon fils de Rudyard Kapling. Et tu comprendras plus tard pourquoi. Moussa Kamara est un entrepreneur et président de deux grosses associations. Agir pour réussir et les déterminer. Il est aussi chevalier de l'ordre du mérite et il a reçu plein de récompenses, etc. Bref, le sujet n'est pas là. Il y a déjà beaucoup d'interviews sur lui, son parcours entrepreneurial qui sont déjà très bien faits. Pour moi, il était important d'échanger avec Moussa sur son enfance. Et c'est pour ça que j'ai décidé de focus sur sa jeunesse. Quel enfant était Moussa Kamara ? Et pour ça, je suis parti voir Oumar, Madjarou, Guezmer, Kader, Aïssetou et Kimo. C'est une partie de ses potes d'enfance qui m'ont parlé de lui. Et franchement, c'était un pur kiff. En tout cas, un grand merci à vous les gars de m'avoir permis de comprendre qui était Moussa. Et une spéciale pour Aïssetou qui a pu rassembler une partie de la bande. Sans plus tarder, prends ton meilleur verre de thé à la menthe si t'es en terrasse ou au bureau. Et enfile ta paire de running la plus stylée si tu fais ta promenade ou quoi que tu fasses d'autre pour accompagner ce podcast, j'ai kiffé à fond de cet échange. N'écoute pas les conseils des gens, écoute leur histoire. C'est maintenant sur Artisans de l'Esprit. Moussa, merci. Bienvenue dans le podcast. Bienvenue. Merci d'être présent. J'ai préparé un truc assez particulier déjà. Sache-le. Je ne veux pas que tu vois ma fille. Sache que... C'est un challenge aussi bien pour moi que pour toi. Ouais, et je suis content de tester ça avec toi. En tout cas, j'espère que ça va te plaire. J'espère que tu vas kiffer vraiment. C'est à double tranchant .
- Speaker #2
Moi je suis chaud, je suis chaud, je suis chaud comme du chocolat chaud.
- Speaker #1
On couvre en montage.
- Speaker #2
Coupe rien, brut frère.
- Speaker #1
Je rigole, je rigole.
- Speaker #2
Coupe pas, on est ensemble, c'est la famille Ossama y'a rien.
- Speaker #1
Ça fait grave plaisir en tout cas. Écoute, déjà, avant de commencer dans le vif du sujet et avant d'aller plus loin, j'ai une question que je pose à tout le monde. C'est comment va ton cœur ?
- Speaker #2
Comment va mon cœur ? Je sais pas, je le sens pas.
- Speaker #1
Tu le sens pas ?
- Speaker #2
Là, comment il va mon cœur ? Il va très bien, franchement. J'essaie de maintenir. Je fais du sport. Quand t'es entrepreneur, c'est comme un sportif de haut niveau, tu vois, faut s'entraîner, faut garder la forme.
- Speaker #1
tu te lèves trop tôt le matin tu te couches tard le soir tu comptes pas tes heures et pour ça il faut que ton coeur il soit bien accroché sinon tu tiens pas donc tu as un coeur est bien rythmé alors ah ouais génial ok super merci pour ta vraie pour ta réponse Le format que je vais faire là, il est très différent des autres. Ah ouais. Toi, t'as vu, on la connaît, frère. On va pas t'en dire. Bien sûr. On a fait des podcasts.
- Speaker #2
Moi, j'en ai marre.
- Speaker #1
On a marre. Mais je vais te soulager à ce niveau.
- Speaker #2
Ah ouais, mortel.
- Speaker #1
Je vais te soulager. Super. J'ai fait un truc très, très spécial. Et il y a à peu près un mois, je me suis déplacé à Sergi. Ouais. Et j'ai capté Aïssatou, Madjaro, Oumar, Ghezmer, Kader et Kimor. Ah ouais,
- Speaker #2
pour l'interview. Ouais,
- Speaker #1
et je les ai captés.
- Speaker #2
Mais comment t'as eu ces noms ?
- Speaker #1
T'inquiète. Hein ? T'inquiète pas, j'ai une ressource. Donc, là devant moi, j'ai plein, plein, plein de passages et d'anecdotes.
- Speaker #2
Ah ouais, mais c'est perso là. T'inquiète,
- Speaker #1
j'ai fait le tri.
- Speaker #2
Genre, c'est à Bombordou.
- Speaker #1
C'était avant Bordeaux. Ah ouais ? C'est-à-dire que quand je... Juste pour recontextualiser, en fait, quand on est parti faire les jurés des déterminés à Bordeaux, Moussa a ramené deux de ses amis qui sont entrepreneurs, qui sont Omar et Madjaro. Et donc, on a fait exprès de ne pas trop se connaître, etc.
- Speaker #2
Mais je savais que tu le connaissais, Madjaro. À Lyon. À Lyon, on avait passé une soirée. Tu ne t'en rappelles pas ?
- Speaker #1
Je me souviens. Mais c'est tout. Omar, je n'étais pas censé le connaître.
- Speaker #2
Omar, je ne le connaissais pas. Tu vois ? Mais Madjaro, tu le connaissais avec Adama et Sirou.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #2
Parce qu'on avait passé une soirée en 2017. Ouais. En 2017.
- Speaker #1
Exactement. Donc, l'idée, c'est vraiment de partager des anecdotes sur toi. Donc, je vais te faire écouter à chaque fois et tu me donnes ton ressenti et tu développes si ça te va. OK ? T'inquiète pas. Les trucs persos. Non, t'inquiète pas, les trucs persos.
- Speaker #2
Les trucs persos,
- Speaker #1
c'est... T'inquiète pas, les trucs persos, j'ai pas. Mais c'est juste, vu qu'on connaît Moussa, l'entrepreneur, en fait, je trouvais intéressant de comprendre le jeune et l'enfant que tu étais pour... pour comprendre pourquoi tu en es arrivé là. Vas-y. On commence avec un truc assez marrant et ce sera une des rares anecdotes comme ça. T'es prêt ? Vas-y. Allez, c'est parti.
- Speaker #3
Par exemple, lui, tellement c'était le sommet de la catastrophe et de la bêtise...
- Speaker #2
Allez,
- Speaker #3
va-t'en.
- Speaker #2
Là, il a la ludothèque.
- Speaker #3
C'était le seul qui n'avait pas le droit d'aller à la ludothèque.
- Speaker #2
Là, c'est vrai. C'est vrai, en plus, c'est vrai, la bibliothèque, cette Françoise-là, je l'ai détestée pendant des années. Françoise, la directrice de la bibliothèque. Bah ouais, elle faisait des dingueries. Même moi, je me dis, comment ? Tu vois, tu pouvais faire ça. Tous les petits, tu les prenais, tu les ramenais au parc Astérix. Moi, je n'ai pas connu. Moi, le parc Astérix, les Euro Disney, tu vois, Deauville, tout ça et tout. Tous mes potes, ils ont connu ça, genre très jeunes et tout, etc. Moi, j'ai connu ça, genre j'avais 15 ans, 14 ans. Ça y est, on était, tu vois, un peu, on s'est émancipé. Je n'avais jamais mis les pieds. Pourquoi ? À cause de Françoise. Elle voulait, elle me punissait dans toutes les réunions. Et tu vois, quand bien même il y avait des séjours à l'époque, en plein été, Moi, tu vois, je raconte toujours une anecdote. Quand j'étais petit, on me demandait ce que je voulais faire plus tard. Je disais à chaque fois, je veux être maçon. Pourquoi ? Parce qu'il y avait un chantier à l'époque et moi, j'étais puni de sortie. Et je galérais, j'étais le seul jeune. Tous les jeunes, ils étaient en sortie. Tous les jeunes de mon âge. Et j'étais le seul jeune, je restais au quartier, je galérais. Je regardais les maçons qui travaillaient à côté. Je m'occupais, tu vois. Et c'est vrai ce qu'il dit, moi, quand j'étais petit, j'étais hyperactif. catastrophe, tout le monde m'a appelé catastrophe. Dès que je prenais un truc, je le cassais, je le faisais tomber et tout ça. Tout le temps, à chaque fois que j'arrivais chez les gens, attention, sauvez les moussins et tout, etc.
- Speaker #1
T'étais très tactile.
- Speaker #2
Hyperactif.
- Speaker #1
Ouais, ok, super. Bon, merci en tout cas. Et là, il y a un truc super intéressant, c'est par rapport à ta jeunesse, ils expliquent un petit peu que tout le monde te connaissait dans le quartier.
- Speaker #2
Ouais.
- Speaker #3
Si on ne peut pas les déterminer,
- Speaker #2
qu'est-ce qu'on fait ? On a l'action.
- Speaker #3
Moussard de la Croix-Betie, il y en avait plein, il y en a plein des Moussards de la Croix-Betie,
- Speaker #2
mais tout le monde sait que c'est lui.
- Speaker #3
Quand on parle de Moussard, on sait que c'est lui. Les autres Moussards, il fallait les déterminer. Il fallait dire un Moussard, il fallait dire un Moussard.
- Speaker #2
Pas moi, Moussard.
- Speaker #3
C'est toujours une histoire, un message d'une histoire, c'est une histoire qui a été créée il y a longtemps, et qui est en train d'encore se créer. C'est une histoire centrale, c'est-à-dire qu'en fait, on est en train de se faire connaître aujourd'hui, tout ce qui est fait aujourd'hui. En fait, ils faisaient la même chose à l'époque. Mais dans la catastrophe et dans les bêtises. Et là, aujourd'hui, c'est... C'est néanmoins ici, voilà. Mais nous, quand on regarde, nous, quand on est venu au quartier... Arrête ! La lente, je ne vous en prie pas !
- Speaker #1
Alors ce passage, Moussa qui est connu dans le quartier, ça dit quoi ?
- Speaker #2
Ah ouais, moi, franchement, comme je t'ai dit, après, on n'avait pas un grand quartier, mais c'est vrai que dans les alentours des quartiers de mon quartier, j'étais connu. Les gens, je connaissais tout le monde, tout le monde me connaissait. Déjà, c'est pas parce qu'ils ont dit les bêtises, les trucs, etc. ou la turbulence, c'est pas que ça. C'est que moi, depuis tout petit, j'aime bien parler avec les gens. Je pose des questions, tout ça, etc. Parce qu'aujourd'hui, c'est ça qui fait en sorte que j'arrive à faire la diff quand je porte un projet et tout. Moi, je dis tout le temps, je réinvente pas l'eau chaude dans mes projets. Je fais des choses, je crée les conditions que les gens se réunissent, se rassemblent autour de mon projet, autour de moi. Et aussi, je crée des opportunités. Et ces opportunités, en fait, c'est parce que la discussion, je suis quelqu'un de très ouvert et je discute avec les gens, même si à l'époque, dans un temps, ou à l'époque du quartier, on était fermé. Mais même quand on était fermé à l'extérieur, moi, à l'intérieur, j'étais ouvert. Je parlais avec tout le monde. Et c'est pour ça que quand ils disent ouais, Moussa, il connaît tout le monde, il y a plein d'histoires sur moi Genre, en gros, tu pourrais raconter plein d'histoires parce que à chaque fois qu'il y avait un truc, même quand je n'étais pas là, même quand je n'avais rien fait, on ne m'accusait pas. C'est vrai. Pareil.
- Speaker #1
Ils l'ont dit ça.
- Speaker #2
C'est vrai.
- Speaker #1
Ils l'ont dit. Ils ont dit aussi, tu as un dictionnaire tellement il y a des histoires.
- Speaker #2
Et la preuve de, tu sais quoi, tellement que c'est ouf. Il y a un truc que je n'ai jamais raconté. Je te jure, c'est la vérité. De ouf. Je suis en quatrième. J'ai un cours d'histoire géo. Ils en ont parlé ?
- Speaker #1
Oui. Vas-y, continue. Non,
- Speaker #2
mais j'ai un cours d'histoire géo. Genre en cours en quatrième. Oui, c'est ça. Et la prof, elle dit, ouvrez la page 56. Et je te jure, on ouvre la page 56. Et genre, ça parlait dans l'histoire, l'histoire géo, là, ça parlait de la rénovation urbaine. Et moi, mon quartier, à l'époque, il avait subi une réhabilitation dans les années 90, en 1990. Et genre, sur la photo, il y a une personne âgée, et il y a des jeunes. Et moi, je me reconnais. Dans la photo, je me suis même retrouvé dans un livre d'histoire géo, c'est un truc de fou.
- Speaker #1
Tu l'as gardé le livre ou pas ?
- Speaker #2
Je ne l'ai pas gardé parce qu'on ne pouvait pas les garder, il fallait les rendre à la fin de l'année. C'est vrai. Et j'ai hésité le mot téma.
- Speaker #1
C'est vrai.
- Speaker #2
Téma le truc de fou.
- Speaker #1
Comme quoi, tu as marqué les esprits très jeunes. C'est un truc de fou.
- Speaker #2
Je me trouve ma photo en 90 et genre j'avais peut-être... C'était dans les années 2000 quand j'étais au collège, 1999-2000. Je me revois dix ans après, ma tête dans un livre d'histoire géo.
- Speaker #1
C'est un truc de ouf. Déjà Mediatidette en a... C'est un truc de ouf.
- Speaker #2
C'est un truc de malade. Ça m'a choqué. Mais moi, je me suis dit, qu'est-ce que je fous là ?
- Speaker #1
Là, il y a une anecdote qui est à la fois très drôle, mais super intéressante et qui en dit long sur ta personnalité. Et c'est parti.
- Speaker #3
Quand on était petit, on allait souvent à Eurodisney, mais on n'avait pas de soucis. On a obligé le train de Sergi à Marne-la-Vallée. Arrivé à Marne-la-Vallée, on s'arrangeait pour demander... On grugeait, on sautait la barrière d'Eurodisney pour rentrer dedans. Et un jour, on arrive, on est tous là-bas. Moi, j'étais toujours le plus petit, ça a été une catastrophe un petit peu. nous ça se produit plus de matière où et les autres et amir et où ils ont réussi à rentrer au bout de cinq minutes ils sont rentrés dans le parc d'attraction genre sur les coups de 9h du matin et sachant que c'était un jeu d'école on avait séché les cours on avait pour l'heure une fois par mois ou deux fois on arrive là bas ils rentrent tous qui nous attendent et sont solidaires donc il nous attendait ils sont avec son disney nous attendait à barrière et nous on est à l'extérieur avec des larmes aux yeux on a envie d'entrer aussi j'avais pas dit et à un moment donné c'était mort pour le leur 10h30 ils ont même pas fait un manège nous attendent donc ils nous attendent derrière on les attend et on attend pour entrer 11h30 on est en panique bon je crois qu'il y avait deux trois personnes qui ont fait demi-tour qui ont recrassé la vie Je me suis dit, je saute la barrière devant les gardiens, je cours et ils essaient de m'attraper. Je me suis dit, vas-y, rentre. Et Moussa, il est resté derrière le pot avec les larmes aux yeux. Il n'a pas réussi. Il s'est retrouvé à rentrer à la dernière nuit. On est foutus et nous, on est juste dans le foyer d'attraction. On a kiffé la journée. On était gamins, on avait quoi, 12 ans ? Comment ça s'est passé ? 13 ans de quartier, tu vois. Alors, on est rentrés au couloir. On n'est pas rentrés au soir. On est rentrés au soir. On est rentrés au soir.
- Speaker #2
Ils se finissent en garde. Ils sont venus au poste.
- Speaker #3
on n'a pas vos noms, on vous envoie au foyer. On était contents et à un moment donné, je ne sais plus comment ils ont fait, je ne sais plus comment ils ont fait, je ne sais plus, avant nos noms, ils ont réussi à trouver nos noms et nos prénoms, donc ils ont appelé mon père à minuit, à 1h du matin, il est venu me chercher, à Marne-la-Vallée, et il a pris vos potes majaou avec moi, il a dit oui, je le prends avec moi, je le ramène chez ses parents aussi. Alors là, je dois me sentir. Je suis en coup de main,
- Speaker #1
il y en a dans les 12 ans, tu vois, tu vois,
- Speaker #3
t'habitues, tu ne rentreras jamais, on se gagne. C'était pas ces trucs, c'était pas ça. Tu vois, la tristesse, tu vois, ce genre de bêtises, ça n'arrivait pas. Lui, en fait, quand on est arrivé à Rotsnit, par exemple, à Rotsnit, les gens qui travaillaient à Rotsnit, ils avaient un pass, ils pouvaient te faire rentrer gratuit. C'est-à-dire que nous, à l'origine, on se mettait à la gare et on demandait Bonjour monsieur, vous travaillez à Eurodisney, est-ce que vous pouvez me faire rentrer ? Et il y a un moment,
- Speaker #2
il a été rentré.
- Speaker #3
Il n'avait pas la tête à nous. Ça, lui, c'était pour qu'il aille sur le plat. Il avait honte, un petit peu, il était un peu gêné de demander tout ça et tout. Nous, on a tous demandé, on a fait ça rentrer. Il est resté lui et moi, c'est à la fin. Moi, j'ai aussi un cas, j'ai senti, j'ai dit Ah, vous êtes là ? Personne ne m'a dit ça rentre, il te rentre en France C'est vrai qu'il est rentré. Ça, il est rentré. Vous savez,
- Speaker #2
il a fait tout le monde.
- Speaker #1
Alors, ça dit quoi sur toi ?
- Speaker #2
Ah ça, ça, l'ancienne, ça, le calier. En plus, ces missions-là, en plus, on n'a pas fait qu'une fois, on est allé souvent. On partait de Sergi, tu vois, la ligne termine Sergi. Jusqu'à Mal-la-Vallée, c'est la ligne terminée.
- Speaker #1
À l'opposé, ouais.
- Speaker #2
Une heure. Je crois que c'était plus d'une heure, le trajet et tout. Non, c'était le moment. Ça, c'était les vrais moments. C'est à l'époque d'Euro Disney, on allait là-bas et tout, etc. L'ancienne et tout.
- Speaker #1
Et ça dit un truc.
- Speaker #2
Et encore, ça se fait une fois. Moi, je ne suis pas rentré, mais toutes les fois, je suis rentré. Tu vois, je te racontais l'année.
- Speaker #1
Ouais, l'année où.
- Speaker #2
Genre, je ne suis pas rentré. Ça arrivait. Après, tu ne vas pas forcer. Lui, il a forcé. C'est ça. À la fin, j'ai bien fait de ne pas y aller. Pourquoi ? Ils ont fini tous au commissariat. Sauf moi. Moi, j'étais chez moi.
- Speaker #1
Et c'est ça, en fait. Ça en dit long. Parce que déjà, ça prouve qu'à ton âge, déjà, tu avais une certaine éthique sur ce qui était bon à faire et moins bon à faire. Tu vois ?
- Speaker #2
Ouais. Après, c'est bon ou pas bon. Tu vois ? Après, il y a eu des trucs qu'on a fait. C'est parce qu'après, chacun avait son petit vice, tu vois. Il y en a, ils étaient des filous, il y en a, ils arrivaient. Mais moi, c'est vrai, le truc de filou, j'ai toujours raté, en fait. Dans tous ces trucs-là, ce n'était pas pour moi. Tu vois, quand il fallait tricher, il fallait passer entre les mailles du filet et tout, ça, même l'âge qu'aujourd'hui, mes potes, ils savent. Moi, je suis précautionné à chaque fois. Des fois, je me fais avoir dans des trucs où j'ai voulu être trop honnête. Je me suis fait avoir. Mais après, tu vois, on a d'autres défauts. Après, moi, c'était plus, tu vois, la bagarre, des petits trucs comme ça et tout, etc. Chacun, il avait son vice. Dans chaque pote à moi, il y avait quelqu'un, il était plus speed dans ça. Il y en a, ils étaient dans les meufs. Il y en a, ils étaient dans des trucs. Il y en a, ils étaient, tu vois ce que je veux dire ? Oui, je vois, je vois. Après, chacun avait son vice et tout.
- Speaker #1
Ça marche.
- Speaker #2
Après, voilà, il y avait une équipe de bagarreurs, une équipe de voleurs, une équipe de... Voilà, il y avait des équipes de tout. Oui, je vois. Il y avait des équipes de gens qui aiment le foot, les geeks. Tu vois, c'est de la console. T'avais toutes les équipes, mais on traînait tous ensemble.
- Speaker #1
Et justement, ça fait une bonne transition. Tout à l'heure aussi, tu parlais de ton quartier, le quartier qui était fermé. Et là, les garçons nous expliquent un petit peu l'histoire de ce quartier. J'aimerais bien que tu complètes après,
- Speaker #2
tout à l'heure.
- Speaker #3
C'est un quartier qui a été construit.
- Speaker #2
Et donc,
- Speaker #3
c'est des familles qui se sont mariées et qui sont venues habiter. Et qui se sont retrouvées seules, entre guillemets. Donc, toutes les familles sont devenues amies. Ils ont fait des enfants. Et tous les enfants, on a grandi ensemble. C'est-à-dire que moi, je connais tous mes amis qui sont autour de moi, je connais leurs parents. Et quand je croise leurs parents dans la rue,
- Speaker #2
ils me disent bonjour.
- Speaker #3
Or qu'aujourd'hui, j'ai des amis en dehors de la Croix-Petite, je ne connais pas leurs parents. Les amis que j'ai rencontrés, leurs frères, leurs soeurs, leurs collègues. Là, c'est des familles où on vivait en limite dans les mêmes immeubles. C'est-à-dire qu'on a accéléré le bonheur et le malheur de chaque famille. Ça a créé un grand lien.
- Speaker #2
Il a raison Farouk, ce qu'il dit. C'est ça, nous en fait, le quartier, il faut que tu dises que tu grandis dans ce quartier. Nous, on est une génération où nos grands frères, ceux qui avaient encore des plus grands frères, ils ont tous grandi. Il y a même des potes à moi, par exemple, tu prends Nadir, sa mère, elle a grandi dans le quartier. La mère à Nadir, après on ne le mettra pas, mais par exemple, la mère à Nadir, je ne sais pas... mais elle a grandi dans le quartier, elle est allée à l'école du quartier, etc. Ils ont eu les mêmes profs, etc. Avec le grand-prère Anadir, qui est mon pote, qui est de ma génération. Et en fait, nous, dans le quartier, tout le monde se connaissait. Quand tu dis que tout le monde se connaît, c'est que tu connais tout le monde, de la famille à Darren, à un truc. Et les Darren connaissent tous les enfants des uns et des autres. Et du coup, ça a créé cette solidarité. Ça fait que quand bien même tu pouvais te prendre la tête avec ton pote, Ton grand frère ou ta grande sœur ou ta petite sœur est traîné avec quelqu'un de sa famille. Tellement que c'était lié. Tu vois, il y avait une proximité qui était énorme. Et nous, aujourd'hui, quand tu regardes le quartier, quand les gens parlent de notre quartier, dans toute notre ville, notre agglomération, etc., le critère qui ressort, c'est la solidarité. Vous, les mecs de la Croix, vous êtes trop solidaires. En gros, vous, les mecs de la Croix Petite, vous êtes solidaires. Il y a une vraie solidarité. Parce qu'ailleurs, il n'y avait pas ça.
- Speaker #1
Et bien justement, tu parles de solidarité, c'est ce qui se suit là.
- Speaker #2
Pour certains, au lycée,
- Speaker #3
nos premières vacances, nos premières catastrophes, on a tout connu. On a fait des choses bien, comme des choses moins bien, mais on a tous les puits connu ensemble. Il y avait un truc aussi qui était important,
- Speaker #2
c'est que pour nous...
- Speaker #3
Surtout quand on était jeunes, pour nous le quartier de la Croix-Petite c'était tout pour nous. On était prêt à tout pour ce quartier. Et c'est ça qui fait qu'aujourd'hui,
- Speaker #2
malgré qu'on a grandi,
- Speaker #3
nous quand on regarde ailleurs, par exemple les gens de notre génération ou des gens de la génération qui sont au-dessus ou en-dessous, on voit qu'au bout d'un moment ils se détachent entre eux. Il y en a qui vont vivre à droite, à gauche, ils ne se parlent plus trop entre eux, tout ça et tout.
- Speaker #2
Tandis que nous aujourd'hui...
- Speaker #3
demain on va aller au restaurant, on est prêts, on peut y aller à la croix normale du même quartier que le... ça y'a des trucs, c'est les solidarités... c'est que malgré qu'il y a des... il peut y avoir des problèmes entre nous, mais la solidarité apprendra toujours le dessus.
- Speaker #2
Toujours le dessus.
- Speaker #3
C'est-à-dire que demain, je peux marcher,
- Speaker #2
on me retrouver avec des gens avec qui,
- Speaker #3
avec le temps, je n'ai plus forcément d'affinité, quelqu'un m'avait pu poser devant qui. C'est-à-dire qu'une personne pourrait dire qu'on l'a vécu dans la misère, il y a eu pas mal de violences, des trucs, quand on est jeune, des bagarres, tout ça. Mais pour nous, on l'a très bien vécu, c'était beaucoup d'amour, on a reçu beaucoup d'amour de la part de nos parents, de la part des voisins, des amis,
- Speaker #2
et de mettre de nouveau...
- Speaker #3
les gars avec qui on a grandi les soeurs, tout le monde, on est plus frères et soeurs entre nous que nos propres cousins qui habitent à Saint-Exupéry qui habitent à...
- Speaker #1
Donc là on voit très bien que même dans votre discours...
- Speaker #2
Ils parlent bien, c'est vrai, ils sont à l'aise, tu les as mis à l'aise
- Speaker #1
On essaie frérot, on essaie, on leur a amené des petits kinders on les a mis bien, on les a mis bien Non ils sont cool, franchement ils ont déjà un gros merci parce qu'ils ont vraiment joué le jeu et ils ont été vraiment cool et tout et même eux ils m'ont mis à l'aise et tout Donc gros bisous Big Up aussi à Issetou parce que c'est elle qui a fait le taf.
- Speaker #2
Ah ouais. Ah ouais.
- Speaker #3
c'est toi qui dois se calmer un peu et moi aussi j'étais aussi un petit thé au chêne donc c'est au chêne, vous l'avez moi, vous l'avez Abkari c'est un bon ami, je te salue Abkari si tu veux encore, je te donne un petit peu de rire aussi gros bisous, donc il y avait moi, Abkari et Moussa, donc t'es les trois tels brevelets les mecs on va dire on faisait trop de pétis. Mais Moussa quand il est arrivé à l'école des chaînes, c'est lui qui est devenu meneur. Donc à un moment donné, on était en conflit.
- Speaker #2
C'était lui qui devait passer.
- Speaker #3
Soit il devait compter avec lui. C'était la guerre. Donc qu'est-ce qu'on a dit ? Bon écoute, prends cette partie de la cour, prends le passé d'avril. Il y avait beaucoup de filles à cette époque-là. Ils faisaient la marée. C'est vrai, c'était un moment comme ça. Ils faisaient la marée, ils faisaient du pendule, je crois qu'on appelle ça. C'était une semaine debout là. Ils avaient pris ça, et moi j'avais pris une coté. J'ai pensé que déjà, il arrivait dans une autre école. Il ne connaissait personne. Et à ce moment-là, il a repris le pouvoir là-bas. Alors qu'évidemment, il a repris le pouvoir, il a retenu le chef. Instinctivement, sans bagarre. sans prise,
- Speaker #1
sans rien. Il faut l'envoyer chez toi. Elle est incroyable, cette histoire.
- Speaker #2
Non, mais ça, c'est des anecdotes. Ah,
- Speaker #1
mais quand même. T'es petit, t'arrives dans...
- Speaker #2
Non, mais attends. Moi, je venais d'une école où il y avait... C'était genre l'école la pire de Sergi. J'arrive dans une école où il y a de la mixité sociale. Il y a des filles, il y a des garçons, etc. Je ne suis pas... Je n'ai pas pris le pouvoir. Là, lui, il a...
- Speaker #1
Il a dit, t'as un terrain.
- Speaker #2
Non. C'est genre, en gros, il y avait... Eux, en fait, c'est le même quartier, mais c'est un autre côté, c'était les chaînes d'or. Tu vois, et nous, quand on était plus petits, il y avait vraiment une scission entre notre quartier de la Croix-Petite et les chaînes d'or. Mais en fait, ce qu'on a voulu faire, quand on a grandi, après, ça a sauté ces barrières. C'était les mêmes bâtiments, c'était le même bailleur, on était dans le même quartier. Mais c'est vrai, quand t'es plus petit, t'es dans ces trucs-là. Et moi, quand je suis arrivé, je suis resté qu'une année là-bas, tu vois. En gros, j'ai voulu tout de suite m'imposer. Moi, personne, il va me faire sa loi. Genre, en gros, je suis un mec de la croix. J'arrive ici, c'est moi le boss, tu vois. Les trucs de gamins, les trucs de petits. Et du coup, tu vois, on s'est mis d'accord. On a trouvé un arrangement pour que chaque partie soit respectée. Je me disais qu'il n'y a pas de vague. Et du coup, j'ai fait mon année tranquille. Ils étaient dans leur coin, nous on était dans notre coin. On faisait nos trucs. Parce qu'on joue à la marraine, c'est un mytho. Tu sais comment c'est,
- Speaker #1
il faut toujours regretter.
- Speaker #2
Les petites taquées comme ça, j'accepte.
- Speaker #1
C'est mignon, c'est mignon. La solidarité, on en a parlé. Et il y a un truc super intéressant qui vient tout de suite. C'est justement tellement que le quartier était fermé. Apparemment, il n'y avait ni services sociaux, ni gardiens. Vous débrouillez vous tout seul pour vous occuper.
- Speaker #2
Par exemple,
- Speaker #3
au tout début, entre nous, dans notre quartier, on était tellement fermé, il n'y avait aucune communication entre nous et la situation. Il n'y avait même pas de quartier dans notre quartier. Le quartier, ça n'existait pas. Nous, on était vraiment entre nous. C'est-à-dire, limite, quand on était petits, on squattait dans des appartements. Quand quelqu'un était ménager, on les déployait, on mettait une serrure et on squattait dedans. C'était notre squat.
- Speaker #2
Avant, il y avait des cadres. Il y avait des cadres, ça.
- Speaker #3
jusqu'à l'hiver tu vois et on squattait dedans, il n'y avait pas de gardien, il n'y avait rien les premiers contacts qu'on a eu avec la mairie c'est nous ça c'est avec la première association AGBR, tu sais tout le temps il a créé l'association AGBR les premiers contacts ils se sont faits en... c'est quoi ça en 2007 ouais 2007 on commençait à être matures, on a commencé à gagner
- Speaker #1
Les premiers contacts. Oui,
- Speaker #2
c'est vrai.
- Speaker #1
C'était vrai.
- Speaker #2
Tu as vu, quand je dis souvent, moi, mon quartier, c'était un quartier extrêmement fermé. Il n'y avait personne, pas de services sociaux à part l'école. Il n'y avait pas de municipalité, il n'y avait pas de maison de quartier d'action sociale. On était vraiment livrés à nous-mêmes. Il a parlé des appartements, mais ça, c'était un peu plus tard. Mais dans le début, c'était les caves. On trouvait, on prenait une cave, on ramenait une télé.
- Speaker #0
On ramenait une console, on mettait des canapés qu'on trouvait dehors et on squattait tous les jours dedans. Et c'était des moments de loisirs, genre quand on commençait, on squattait dans des caves, on aménageait des caves, tu imagines ? Et là, il m'a fait revenir dans un truc, ça, à l'ancienne. Et après, il y a eu les appartements, un peu plus tard. C'est vrai, ça, il y a eu les appartements, c'est après les caves. Et tout, tu prenais un appartement, tu l'équipais, il y avait la trêve hivernale, dès que quelqu'un est déménagé, ils ne pouvaient pas te virer et du coup, c'était genre... La maison de quartier. On se réunissait. Ça n'existait même pas encore. Ça existait, mais ce n'était pas à la mode, les chichas. Donc, il n'y avait pas de chicha. C'était la console. On squattait, on regardait des films. On jouait à la console, etc. Toute la journée, on faisait ça. Et du coup, quand on crée l'association, la première association à GPR, c'est dans un contexte où le quartier, il est à la fin de vie. C'est-à-dire qu'il y a un programme de rénovation urbaine qui est décidé par le maire. Dans les débuts d'année 2000, 2003, 2004, les premiers habitants commencent à déménager. Et en 2007, il y a cette prise de conscience où à un moment donné, on se dit que la situation est dramatique. Il faut qu'on agisse à notre niveau. Et comment on agisse ? C'était par l'associatif. Et les premiers contacts qu'on a eus avec la mairie, c'était en 2007. Et là, on crée l'association et la dynamique. Et c'est là que je prends goût à l'engagement associatif. Avant ça, il n'y avait pas.
- Speaker #1
Mais par contre, avant ça, tu prends goût à autre chose. C'est en quelque sorte tirer tes potes et leur proposer des opportunités. Et très jeune, tu as eu une idée qui s'est concrétisée. Je n'en dis pas plus.
- Speaker #2
Quand on était petit déjà, c'est que je me rappelle, nous avons engré, nous étions partis pour Alassique.
- Speaker #0
Ah ouais.
- Speaker #2
et nous on était à l'école primaire encore, l'école primaire ou au début du collège ? au début du collège primaire, ouais tout comme ça on venait du travail et tout ça, nous au début on croyait pas, on s'est dit qu'est-ce qu'il nous raconte celui-là ? On est allé voir Ausha, on leur a dit voilà, nous on va faire un chantier, on va repainter les palissades, on va nettoyer le quartier, tout ça et tout. Et en parlant avec eux, le directeur d'Ozika, tout ça et tout, hop, ils nous ont débloqué le chantier. Voilà, pétin, carré. C'est bon.
- Speaker #0
12 ans,
- Speaker #2
maximum, hein, par là.
- Speaker #0
Ouais, ouais, ouais, par là. Ouais. Calabre. calme toi on est là que tu en cours tu vois là ?
- Speaker #3
ouais
- Speaker #2
Le PSG,
- Speaker #0
il était déjà terminé.
- Speaker #1
On avait une pandémie, mais elle était déjà terminée. Alors,
- Speaker #0
tu avais déjà ça dans le sang. Bah ouais, quand on était petits, on galérait. Il fallait être ingénieux. Très bien, t'avais pas d'argent de poche et tout à l'époque, parce que c'était compliqué, nous, c'était des familles nombreuses. Familles nombreuses. Les darons, ils te donnaient tout ce que tu avais besoin, au-delà, pour les loisirs et tout. C'était compliqué. Du coup, il fallait être ingénieux pour avoir un peu d'argent de poche. Je t'ai dit, moi, je n'étais pas la génération qui allait voler pour se faire de l'argent et tout. Je n'étais pas dans ça. Alors, il fallait que je... je trouve des idées. Et à chaque fois, j'ai engrainé et tout. Et là, il y a tel plan, il y a tel truc. Eh, venez, on va voir la SIC. On leur demande des chantiers. Je ne sais même pas comment les idées me venaient en tête. Mais on y allait, finalement, un truc où c'était peut-être impossible. Ça passait, ça marchait.
- Speaker #1
Et c'est un truc de ouf. En fait, à ton âge, tu lui as dit quoi aux gars de la SIC ?
- Speaker #0
Ah, je me dis, on veut travailler, nous. On est là, il y a des chantiers, il y a plein de trucs à faire dans le quartier. Le terrain est dégradé, on peut le ratisser, faites-nous travailler. Et les mecs, tu vois, ils ont vu notre détermination. Des jeunes, on est arrivés, tac, et tout, ils nous ont fait travailler. Pour 500 francs, une semaine, on repeignait les trucs devant les bâtiments, tu vois, les barrières. Les barrières. On ratissait le terrain. On faisait quoi ? On faisait des petits chantiers comme ça. Et en fait, voilà, ça te permettait d'avoir, tu vois, ton premier salaire. Eh, on était content. Eh, 500 francs.
- Speaker #1
500 francs à cette époque.
- Speaker #0
Scalab, le billet de 500 francs, à l'époque, c'était un truc de malade. C'est comme si, même 100 euros, ça ne les vaut pas.
- Speaker #1
C'était qui ? C'était Mitterrand sur le billet ?
- Speaker #0
C'était pas Mitterrand, c'était Pascal. C'est pour ça que ça s'appelle un Scalab. C'était Pascal, je ne sais plus comment il s'appelle, mais je vais me souvenir. En tout cas,
- Speaker #1
voilà. Ok, Et tu penses que ça, ça t'a forgé sur toi, sur le Moussa d'aujourd'hui ?
- Speaker #0
Ouais, un peu, parce qu'en gros, moi, je me suis toujours dit... Quand tu veux un truc dans la vie, il faut travailler. Il n'y a rien sans rien. C'est le travail qui paye. Et moi, en réalité, cet état d'esprit, je l'avais. C'est pour ça que quand je dis souvent, moi je sais que depuis tout petit, je suis déterminé. Je sais que je vais faire quelque chose, je ne sais pas quoi, mais je sais que je vais faire quelque chose qui va impacter les gens, qui va changer la vie des gens, etc. Et du coup, c'est un état d'esprit. C'est tout le temps. Parce que, tu vois, tes gamins à 12... 10 ans, tu ne vas pas dire, je vais aller voir des gens pour faire un chantier, pour travailler. Tu n'es pas dans cet objectif-là. Et en fait, moi, j'étais... Je ne sais pas, j'avais ce truc-là dans ma tête. Je n'ai jamais eu peur du travail, d'aller vers les gens, de discuter, de regarder les opportunités, de chercher les opportunités. Je me suis toujours dit, d'une rencontre, je peux tirer le meilleur. Et au pire... Tu vois, c'est des enseignements où je n'ai pas forcément réussi, mais ça sert, j'ai tenté et ça n'a pas marché. Mais si je tente et ça marche, je suis gagnant 100%. Et ça aide tout le monde, tout le monde est content, tout le monde s'y retrouve. J'ai toujours été dans cette... Tu vois, aller vers, j'attends pas, j'y vais, j'essaie de bousculer, de défoncer les portes, faire en sorte que les opportunités se présentent. Soit on les saisit, soit on les saisit pas, mais généralement...
- Speaker #1
Eh ben écoute, je pense que ça t'a beaucoup forgé et là on va le comprendre comment.
- Speaker #2
Tu l'attends sur un granit, c'est un euro des milliards. Vraiment ! Le gars c'est un opérateur du truc, il arrive, c'est lui qui travaille, et au final il a resté longtemps, il a bossé longtemps avec cette boîte-là, jusqu'à ce qu'il a créé l'UPRC, c'était ça, il avait un tableau, c'était le bureau, le placement des sociétés, et lui c'était toujours le numéro 1. Le numéro 1 Moussa, vous voyez là, c'est vraiment dans sa société, Moussa Kamara, c'était le numéro 1 à chaque fois. Les gens ils arrivaient, il y avait des statistiques tous les mois, et lui c'était toujours le numéro 1. C'était le seul qui avait le droit de prendre des véhicules ? Exactement.
- Speaker #0
Ah ouais, vous avez ce privilège.
- Speaker #2
C'est vrai. Ah ouais. C'est résolvé. Lui, il était là-bas en train de rigoler dans le grand bureau du directeur. C'est naturel. C'est naturel, bon. Déjà, il arrivait à casser les portes, les barrières que nous, on avait, on se mettait nous-mêmes pour l'embauche, pour l'emploi, pour tout ça. Lui, pour lui, je ne sais pas s'il... Nous, on avait honte, on dirait, directement. Lui, il n'avait pas honte. Il a cassé toutes ses portes, toutes ses barrières, il a créé des règles, il a l'air que tout le monde est exagéré.
- Speaker #1
Alors ?
- Speaker #0
La première boîte que j'ai créée. Moi, toujours, on revient à la relation humaine. Au-delà des intérêts, au-delà de ce que tu peux avoir, qu'est-ce que tu peux construire avec les gens ? Moi, j'ai toujours été dans cette démarche-là. Souvent, les gens, t'as vu, ils pensent que le réseau, ça s'entretient par des cadeaux, par plein de choses comme ça. Mais en vrai, c'est la relation humaine. C'est comment tu te comportes avec les gens, comment tu travailles. Et moi, j'avais un truc, quand on me faisait confiance, quand on me fait confiance, Je le dis, j'essaie d'être à la hauteur de la confiance. Je ne décevais jamais parce que la confiance qu'on reposait sur moi, pour moi, c'était comme un cadeau, un héritage. Et je devais être à la hauteur de cette confiance-là. Même quand il dit que j'étais tout le temps l'un des meilleurs des techniciens, c'est parce que j'avais ce souci du travail bien fait. je me suis toujours dit, si la personne a bossé pour moi, j'aurais voulu qu'elle fasse bien. C'est pour ça que je dis tout le temps, même les jeunes que j'accompagne, les entrepreneurs, etc., ou des jeunes que je parle avec eux, même quand un boulot ne te plaît pas, pars toujours propre. Reste toujours, genre, en gros, partout... Ne pars jamais de manière à dire que cette personne-là n'est pas sérieuse. Ce n'est pas sérieux. Tu vois ? Parle toujours. Même quand tu t'entends bien, parle. Et que tu es en désaccord ou que tu n'aimes pas ce que tu fais, va toujours au bout de ton engagement. Et après, tu peux partir. Mais ça, il y en a beaucoup qui ne le comprennent pas. Quand ils n'aiment pas un truc, pourquoi ça ne se passe pas ? Ils partent en catastrophe ou ils partent en conflit. Et moi, en fait, j'ai toujours voulu... Faire en sorte que quand, le jour où je parte de la boîte avec qui il m'a fait confiance, je laisse une bonne image et que je garde une bonne relation avec les personnes.
- Speaker #1
Et ce relationnel-là, pour le créer, est-ce qu'il faut pas faire un peu plus que ce qu'on attend de nous à la base ?
- Speaker #0
Moi, je reste naturel. Moi, en fait, ma meilleure technique et la meilleure façon de faire, c'est de rester toi-même. Parce que surjouer, ça marche pas à un moment donné, tu vois. Et même moi, de surjouer... J'arrive pas à tricher, tu vois, comme ça. Donc je reste moi-même. Ça passe. Parfois ça passe, parfois ça passe pas. Mais souvent ça passe parce que les gens, ils aiment ton authenticité. Ils aiment ce que tu leur dis de manière directe. parfois, moi, je manque de tact ou de filtre. J'essaie de faire attention, mais en réalité, tu vois, c'est ça qui fait le truc. Aujourd'hui, quand je parle avec les partenaires avec qui je suis, ou des grands-parents et tout, on a une relation de proximité. On a une bonne relation. Pourquoi ? Parce que c'est... Pour moi, c'est facile. En fait, je suis plus à l'aise comme ça que jouer une relation qui n'est pas la mienne.
- Speaker #1
Ça marche. On va faire un léger retour en arrière, une anecdote par rapport à ce que les profs pensaient de toi.
- Speaker #0
Ou des profs.
- Speaker #2
Si je me rappelle de Moussa, une fois ton père est venu dans le bureau, on l'avait convoqué parce que vous savez, il avait plein de métiers. Il a regardé, il était très perturbateur. Du coup, il dit, ouais, en fait, c'est un problème et tout ça, on ne comprend pas. Mon père les a regardés, il a dit, vous inquiétez. pas du tarif à grandir il va se calmer et je ne veux pas ce que ça va c'est bien il m'a rendu il me dit la racontée parce que moi je dis que vous savez devenu il était choqué je sais pas
- Speaker #0
choqué ou pas choqué c'est pas étonnant c'est étonnant ah bah moi plus jeune souvent m'a trop jugé sur un gros moyen un truc que j'aime pas c'est depuis que je suis petit on a toujours voulu me dire moussa toi tu fais ça reste là On m'a donné des ordres où moi, je ne voulais pas respecter ces ordres-là, mais je n'avais pas le choix parce que j'étais petit. Quand bien même à chaque fois qu'on essaie de me dire, Moussa, il faut que tu fasses ça, de telle manière, de truc. Moi, tant que je n'ai pas ma liberté... où je pense que ça empiète ma liberté d'agir ou de faire, je fais. Et souvent, tu vois, les gens peuvent prendre ça parce que je suis têtu. Moi, j'aime bien... Par exemple, quand tu veux m'imposer, tu veux m'expliquer une chose et tu veux me ramener vers quelque chose, bah, donne-moi des arguments, essaie de... Mais ne me l'impose pas. Tu vois, une fois que je me sens imposé, ça me rappelle quand j'étais petit, on m'imposait certaines choses où ça me révoltait et je ne voulais pas. Et ça fait que je faisais le contraire.
- Speaker #1
Et ça casse un truc.
- Speaker #0
Tout ça, les profs, parfois, il y a certains profs... profs qui m'ont compris, d'autres profs qui ne m'ont pas compris. Et ça fait que souvent, j'étais trop jugé par rapport à... Même quand j'étais le plus calme, même quand je faisais signe de bonne volonté ou que j'allais me calmer quand je faisais une bêtise, ben non, on ne me faisait pas confiance. Et du coup, souvent, ça, ça m'a été pointé, pointé du doigt, ça m'a collé jusqu'à... Après, j'ai gagné en maturité, j'ai appris. Je savais toujours, même quand je faisais une bêtise, jusqu'à où je pouvais aller ou je ne pouvais pas y aller. J'avais... cette limite mais moi je la connaissais mais certains qui ont en face ils savaient pas donc pour eux ont catalogué tout c'était en mettait dans des cases et c'est elle est tombée moi j'ai eu trop d'histoires comme ça où elle a faim ça m'a tu vois ça m'a révolté moi même mais moi même je me suis en fait il ya personne qui m'a forcément cadré je me suis cadré de moi même parce que je je savais où étaient mes limites. Et en gros, quand tu sais où sont tes limites, tu sais quand tu dois te positionner, quand tu vas rigoler. Et moi, je suis quelqu'un, j'aime bien rigoler. Tu me connais comment je suis. Je suis un mec, les gens vont voir en sérieux, mais je suis un mec, je fais des blagues tout le temps, je rigole. Je suis un fou, tu vois, dans ma tête. Tu vois, tu fais un déplacement avec moi, je suis... Je mets du... On s'amuse, on rigole. Et j'aime bien ça, tu vois. Mais en même temps, quand il faut être sérieux, on bosse et on est sérieux.
- Speaker #1
Il y a un temps pour rigoler. mais on peut rigoler on travaille en sérieux c'est vrai et on le voit tous les jours je pense que c'est une des particularités qui fait qu'aujourd'hui les déterres aussi ça avance bien et qu'il y a du monde qui kiffe et tout surtout dans les jurys c'est qu'ils ressentent un peu l'énergie je suis d'accord Eh bien, tu vois, là, le titre que j'ai donné pour ce passage, il est un peu long, mais on explique comment tu passes du petit catastrophe au grand mature.
- Speaker #2
Par sens, dans les quartiers, les grands, on ne se valorisait pas les uns les autres. Les grands, ils étaient bons, toujours des bons grands, mais eux-mêmes étaient dans les mêmes soucis que nous. Dans le sens où c'était des quartiers un peu isolés, beaucoup de soucis et tout. Mais lui, je pense qu'il s'est servi de... Ce n'est pas une faiblesse, mais il s'est servi de ça, qu'il soit toujours le petit... Comment dire ? Le vieil petit canard, on va dire. C'est toujours... La femme qui se casse, tout le monde se retourne, c'est Moussa, qui a juste voulu s'asseoir dessus et il l'a pété. De toute façon, même si ce n'était pas une chasse, même si ce n'était pas lui, on a dit que c'était le besoin. Et c'était ça, ça nous a servi pour avoir encore plus de force pour combattre et avancer, avancer. Et ils l'ont prouvé au monde entier, c'est prouvé à lui-même déjà, pour son égo je pense. Il a dit, il s'est fixé un but, il s'est dit, moi, je vais y penser. Et il a pensé, c'est là que je le sais, il a défoncé les portes. Parce que les portes, à mon sens, c'était le choix, c'était dur à ouvrir. Parce que les bons, c'est les bons, les bons, tiens, ça va devenir mon quartier. Quand on a vu qu'il avait un bon lien avec, c'était Dominique à l'époque. Dominique, c'est vrai. C'est quoi ça ? C'est déroulant. Mais nous on nous disait, les gars, c'est que un merde, c'est rien du tout. Vous inquiétez pas. Mais nous on nous disait, mais ça, qu'est-ce qu'il nous raconte ? Et là aujourd'hui quand on voit que la dernière fois il nous a ramené au Londres, au Lot... la gpr on sait que vraiment en fait c'est toujours sérieux et même aujourd'hui encore qu'on le sait on dit oui lorsque tu fais c'est rien là ce que je fais c'est si c'est moi du tout Ne vous inquiétez pas, vous allez voir plus tard.
- Speaker #1
C'est exactement la suite de ce que tu disais.
- Speaker #0
Ouais, c'est le culot.
- Speaker #1
C'est quand tu étais petit, tu étais frustré parce que tu n'avais pas forcément d'opportunité. Et en plus, on te négligeait parce qu'on disait que tu étais le petit catastrophe. Exactement. Tu as gardé ça en toi et qu'aujourd'hui,
- Speaker #0
tu n'as pas le trait. Bien sûr. Oui, les gens, ils te voient comme ça. Tu arrives, tu es là avec des grandes personnalités où tu es en train de porter un projet ambitieux et tout. Mais en fait... En fait, il y a des étapes dans ta vie. Moi, comme je le dis, il y avait le manque de confiance où je pensais que je n'étais pas forcément légitime. Il y a aussi, moi, la seule chance que j'ai eue, on va dire dans mon parcours ou l'état d'esprit que j'ai eu, c'est que je n'ai pas peur et je suis tenté. Et je n'avais pas peur d'aller vers les autres. Et ça, en fait, ça fait toute la différence parce qu'en allant vers les autres... ça t'ouvre plein de portes que tu ne t'imagines même pas. Et aujourd'hui, il y en a plein. Des fois, ils ont un potentiel, ils ont des projets trop bien, mais ils n'en parlent pas, ils sont tout seuls dans leur coin. Ils n'osent pas. Et en fait, quand tu n'oses pas, tu fermes plein de portes et tu te limites plein de choses. Parce que si tu ne provoques pas la rencontre, tu ne provoques pas la discussion, il n'y a rien qui se passe. Moi, quand je viens, à l'époque, je rencontre le maire adjoint, Joël Montil, qui nous a quittés il y a deux ans, avec qui j'étais très proche. parce qu'on a créé une relation et tout, c'est parce que je vais, et dans la discussion que j'ai avec lui, je lui fais comprendre qu'il faut qu'il intervienne, et que c'est important, et lui il comprend ce que je suis en train de lui expliquer, et du coup il s'embarque avec moi. Le maire pareil, on n'avait aucun rapport avec le maire, le maire il avait un rapport très confus, avec mon quartier et les habitants aussi très conflictuels avec le maire. Donc, quand moi, je crée un projet et je crée les conditions d'un rassemblement avec l'ancien maire Dominique Lefebvre et tout, etc., où je fais en sorte qu'il puisse venir au quartier avoir un échange avec les jeunes où les tensions étaient très tendues, je le fais et je lui dis dans ça, tu n'as pas le choix. Tu ne peux pas être le maire d'une partie de la ville. Tu dois être le maire de toute la ville. Et que t'es pas là, on est pas là pour savoir si on t'aime ou on t'aime pas. On est là juste pour savoir comment on peut faire avancer les problématiques de notre quartier, de notre ville. Tout simplement. Et du coup, quand je fais ça, ça crée des espaces. Et à chaque fois, j'essaie de faire comprendre, moi, à mes potes, aux gens et tout, ce qu'on est en train de faire, c'est tout à fait normal. On peut aller faire plus. C'est rien du tout. Je leur disais à chaque fois, je leur disais, même ce que je fais, c'est rien. Il faut qu'on aille toujours plus. Parce que... le potentiel, ce qu'on représente, ce qu'on défend, c'est beaucoup plus grand que notre personne et ce que nous, on représente. Et c'est pour ça que j'ai toujours... C'est pas que j'ai une ambition trop forte ou trop haute. Tu vois, c'est juste que, dans la réalité de ce qui se passe, je pense qu'on a une capacité d'aller chercher plus. Parce qu'on est les propres solutions des problématiques qui se passent au quotidien. Et ça, tant que les gens n'ont pas compris, on va tout le temps se limiter, on n'ira pas aller... On n'ira pas plus loin.
- Speaker #1
Et tu as fait la même chose avec Pierre Gattaz aussi.
- Speaker #0
C'est pareil avec Pierre Gattaz.
- Speaker #1
Toujours le même système.
- Speaker #0
C'était pareil avec Pierre Gattaz. J'ai réussi à créer un contact. En plus, là, c'était un autre level. Parce que là, il n'y avait pas le contexte de ta ville ou de ton quartier où il n'y a pas d'intérêt, en plus, à intervenir sur les sujets que moi, j'interviens. Il est patron du Medef. Patron du Medef, c'est que tu t'occupes des entreprises françaises. Tu ne vas pas t'occuper des entrepreneurs de mon lieu, ce n'est pas ton truc. Et du coup, moi, je l'interpelle et je fais en sorte que cette thématique, j'arrive à faire en sorte que pour lui, elles soient importantes. Et elles ne soient pas importantes que pour lui, mais elles sont importantes pour l'ensemble de la société. Et là, je l'embarque avec moi. Et au-delà de ça, il y a un grand profond respect entre l'homme et entre les hommes, tu vois, entre nous. Et c'est ça qui a fait en sorte qu'on a réussi à construire.
- Speaker #1
Tout à l'heure, quand on a commencé, tu as parlé un petit peu de ton enfance et de la frustration que tu as eue par rapport au voyage, au parc Astérix, etc. Et nous explique un petit peu ce qui s'est passé.
- Speaker #2
C'était... C'était... Même moi, la Normandie, par exemple, le Quatu-Sor-la-Normandie, ça, c'était une sortie que du quartier. Tout le monde avait le droit d'y aller, sauf Moussa. Moi, je m'en souviens, Moussa, il a bataillé pour pouvoir intégrer le groupe. Et pourtant,
- Speaker #0
ils étaient au moins 20. Moi, je me rappelle,
- Speaker #2
moi, je ne pouvais y aller, j'étais à l'Aublène.
- Speaker #0
Cette année-là.
- Speaker #2
C'est bon, on va passer. Tu ? Oui, je sais.
- Speaker #3
Ah,
- Speaker #2
là. Ah, là, c'est bon.
- Speaker #1
Tu vois, on sent dans le discours que c'est vrai. Et tu vois, il n'y a pas eu de préparation dans tout ça. C'est que tout ce que tu es en train de me dire, eux, ils le valident.
- Speaker #0
C'est vrai, c'est ça. Il a raison, tout ça. Moi, j'étais toujours celui qu'on ne voulait pas ramener avec dans les sorties. Je ne sais pas. Et ça, c'est un truc. Il a raison. Quand on dit que ça crée en moi une rage, une grosse frustration. Et tu ne peux même pas t'imaginer. Quand on dit à tous tes potes, tu vois, vous venez et toi, tu restes. Toi, tu ne viens pas.
- Speaker #1
L'injustice.
- Speaker #0
Pour moi, c'est une injustice. Et moi, personnellement, je ne sais même pas comment ces gens-là, ils peuvent se regarder dans une classe. Parce qu'en réalité, moi, je suis là. J'ai fait de l'animation pour les jeunes. J'ai créé une association. Tous les jeunes, même ceux qui étaient les plus perturbés, moi, je savais ce qu'ils vivaient. Mais je les prenais, je les encadrais. Et je m'occupais d'eux. Mais je ne les laissais pas tout seuls pendant que je ramenais tous leurs potes. Parce que ça, ça crée... Et tu peux même créer un monstre. Parce que moi, ça a créé une rage en moi que j'ai transformée positivement. Mais eux, tu vois, un petit, tu crées ça, ça peut transformer en négatif. Ça peut le détruire. Ça veut dire, lui, ça peut le détruire. Il peut tomber dans la délinquance, faire des trucs... Parce qu'il n'a pas été encadré. Mais tu as vu, j'ai eu de la chance. Parce qu'il suffit juste que j'étais mal encadré, mal entouré. À un moment donné, voilà. Et après ça, il y a aussi les maisons de quartier. Quand il parle de... Il y en a trois qui venaient, les autres qui ne venaient pas. Tu vois, ça, en fait, on était tous un groupe ensemble. Pourquoi il y en a trois qui viennent et les autres qui ne viennent pas ? Il y avait un quota. Ça veut dire quoi ? C'est un quota. Même dans les loisirs qu'on voulait faire, même quand on allait dans les maisons de quartier de la ville, ils ont refusé. Ça fait que nous, on avait toutes les raisons, en vrai, de tomber dans la délinquance. Et toute la mer, parce qu'au contraire, on voulait participer. ou trucs collectifs, mais on nous renvoyait parce que par rapport à notre quartier, par rapport à plein de choses comme ça, etc. Et ça, quand t'es petit, c'est un délire. Et nous, en plus, tu sais que quand t'es petit, et que encore, tu le fais pas avec la ville ou des trucs, mais tu le fais chez toi, avec tes parents, parce que, mais nous, ça, est-ce qu'on faisait pas les sorties avec la ville ou les maisons de quartier, etc. On n'allait jamais les faire parce que nos parents, ils ne pouvaient pas. Ils n'avaient pas cette culture de nous sortir, etc. Et en plus, ils n'avaient pas les moyens. Ça veut dire que c'était la double peine. C'est-à-dire des trucs où tu aurais pu y aller, tu rêvais. Aujourd'hui, un petit, tu lui dis par castéry, il est content, mais il sait qu'il va y aller. Parce que ses parents, ils vont le ramener. Mais nous, c'était genre une sortie attendue dans l'année. Ça veut dire que si tu n'allais pas à cette sortie... Tu n'allais plus jamais aller dans ta vie.
- Speaker #1
Il fallait attendre l'année prochaine.
- Speaker #0
Et tu ne pouvais pas aller par tes propres moyens. Et l'année prochaine, ce n'est pas sûr que cette sortie avait les moyens d'y aller. Donc, tu vois, le truc, le contexte, parce que là, aujourd'hui, tu parles de sortie par l'attraction ou je ne sais pas où, séjour, etc. Tout le monde fait des séjours aujourd'hui. Même le niveau de vie, on dirait des gens, il a évolué. Moi, mes neveux, tout ça et tout, ils vont partout. Dès qu'ils ont un truc et tout, ils peuvent aller partout aujourd'hui. Parce que même nous, on vient, on est là, on va les ramener. C'est devenu normal. Mais à l'époque, je te parle de ça il y a 15, 20 ans, Proto. C'est un truc de ouf, toi. Tu dis ça, tu vas aller. C'est du luxe et on te le retire. Et là, ça crée chez toi un sentiment d'injustice, un sentiment de colère, un sentiment d'arrache contre les gens.
- Speaker #1
Et comme tu l'as dit, tu l'as transformé en quelque chose de positif. Et on va écouter ça tout de suite parce que je trouve, pour moi, c'est un des passages les plus intéressants du podcast.
- Speaker #2
C'est un peu comme si on avait tous ce faire, on n'a pas besoin d'eux. Et Moussa, il avait compris, c'est vous, vous avez compris les gars. Exactement, il a débloqué plein de choses, en fait des dieux en fait. Ouais. Vous le voyez. Vous le voyez, ouais. Quand les gens sont nés en France, parce qu'on est français, et qu'on est citoyen de Sergie, et que nous on était dans un quartier, et qu'on n'avait pas les mêmes droits que tous les autres quartiers. Et Moussa, il a vu tout ça, il a évolué tout ça, il a pensé que ça, ça change. Et jusqu'à après, le quartier, il a commencé à s'occuper de la ville, jusqu'à après la ville, aujourd'hui, il s'occupe aussi, il est en train d'être président ce mec-là. De toute façon de parler. parce qu'il donne tout pour les autres, parce que tout ce qu'il fait, pourquoi ça continue à marcher et tout, parce qu'il met rien dans sa poche. C'est embête, c'est ça ça. Ils viennent vraiment ça, ils viennent vraiment chanter. Allez, c'est toi qui va lancer. Bon, allez, bon, on vous dit qu'on vous a tous déduit, on vous a déduit d'un émer. Les premières subventions qu'il y avait quand ils étaient venus, il y avait une petite assemblée, bon, ils ont donné 6 000 euros. Nous on était là,
- Speaker #0
quoi, très beau.
- Speaker #2
Prends-les, casse-les, casse-les. Tu vois, on les disait, prends-les, on les disait, pars-toi. Et après on entendait des... mais petit à petit des fois des salariés ou des chattes ou croire qu'est ce que t'entends mais lui nous est bien moi vous savez pas n'était jamais été comme ça tout ce qui fait il leur donne et en fait aujourd'hui c'est ça qui fait que Même là quand il fait les déterminés, à chaque fois on a dû le tester. On a dû le tester pour voir s'il était franc, s'il était carré. Et le mec, il n'y a pas plus carré que ça. On a une cotisation, on appelle ça cette cotisation solidaire. Dans le quartier on est au moins 60 ou 70. Tous les trimestres on donne de l'argent. Et ça c'est pour aider une famille qui est dans le besoin dans le quartier. S'il y a un assentiment. Ceux qui sont pris d'hommes. Voilà, des trucs comme ça. C'est pour aider les gens. Voilà, le garant de ce... de cette cotise et nous sommes en place simplement et tout
- Speaker #1
Tout simplement. Est-ce que c'est aussi simple que ça ?
- Speaker #0
Ouais, mais après, t'as vu, même là, t'as vu, moi, j'ai tous des anecdotes où, tu vois, c'est l'état d'esprit de tes potes ou de l'environnement qui t'entoure qui est comme ça. Tu vois, si on avait un envie, même là, quand ils disent, c'est caricatural, quand ils disent, ouais, au scrétoir, prends l'argent et barre-toi, c'est genre pas ce que tu parlais.
- Speaker #1
Ouais, bien sûr.
- Speaker #0
Donc, tellement qu'il faut bien que tu récupères un pot, c'est ça. On est dans un état d'esprit où moi, j'ai toujours dit, tu vois, avec ça, on peut construire plus. Si j'avais été dans l'esprit où tout ce qu'on arrivait à faire, je prenais pour moi, je crois moi, ni les déterminés, ni AGPR, on aurait décollé. C'est mort. Le projet serait mort dans l'œuf. Quand je te dis, c'est clairement ça. Parce qu'à un moment donné, quand tu prends... des responsabilités, moi, le fait de me mettre devant, je prends des responsabilités. Même au niveau éthique, au niveau religion, j'ai des comptes à rendre par rapport à tout ça. Donc, si t'es pas assez croyant, tu peux partir en vrille. Tu peux penser à tes intérêts, faire tes trucs, etc. Déjà, d'une, ça dure pas longtemps, et de deux, tu vois ce que je veux dire ? Tu vas pas dormir tranquille. Moi, tout ce que j'ai eu, j'ai travaillé. Je n'ai rien volé à personne. Et je serai toujours dans cet état d'esprit-là. Et moi, comme je le dis, comme nous, on a tous construit, on s'est grandi, etc. On a vu, moi, je leur disais toujours, il faut qu'on voit plus grand. Il faut qu'on voit plus large. Si on a eu ça, on peut avoir plus. J'ai toujours été dans ce truc-là. Parce que, après, je suis quelqu'un, je me contente de ce que j'ai. S'il n'y a pas, je vais faire avec. Mais si je pense qu'on doit avoir plus parce que le travail... qu'on fait mérite d'avoir plus. Et quand je dis plus de moyens, plus de choses, plus de trucs en place, etc., il faut y aller. Et c'est pour ça que tout ce que j'ai construit, j'ai fait, etc., où on a mis en place, ça a toujours été dans un esprit de solidarité. La base du truc, de l'action, ça a été le partage et la solidarité. Quand tu as ces deux clés, il n'y a rien qui peut t'arrêter.
- Speaker #1
Depuis le début.
- Speaker #0
Rien.
- Speaker #1
Là, on arrive à la fin bientôt. Là, on rétablit la vérité. En vrai, je n'en dis pas plus. Il y a une vérité qui est rétablie. C'est Guesmer qui parle. Ok ? C'est bon ?
- Speaker #0
Ben oui, je le sais, ce petit bâtard-là, il était derrière moi, je suis en mobilette. Et tu te l'appelles cette histoire-là, à ma suite, aujourd'hui, je suis rentré dans le terrain de foot, j'avais des petits et tout, ils jouaient au foot, et lui, il était derrière, il me déstabilisait et tout. Ça fait que moi, j'allais éviter le poteau, mais lui, il me déstabilisait derrière, je suis rentré dans le poteau. Et ma moto, tu vois, c'était une mobilette à l'ancienne, la fourche, elle s'est tordue et tout. Je n'avais plus de moto, j'étais vénère et tout, je ne pouvais plus rouler et tout. et du coup je suis allé voir le gitan il y avait le gitan, tu vois ce que je veux dire et en gros moi il y a deux jours avant je venais de m'embrouiller avec le gitan et du coup ma moto elle est cassée je suis obligé d'aller voir le gitan, c'est celle qui réparait les mécanes et il est venu il m'a dit quoi hé mais quoi qu'est-ce que tu veux, reviens me voir et il m'a dit casse-toi avec ta fourche faisant une fourchette ça genre c'est récité c'est la phrase classique à chacun de mes potes Avec ta faux, j'en fais quoi ? Ils vont tous dire, je vais en faire une fourchette. Parce qu'ils la connaissent tous, c'est une histoire. Elle est emblématique, cette phrase-là. Elle est restée dans les ananas, comme on dit.
- Speaker #1
Il leur a raconté cette anecdote. Avec ta faux, je fais une fourchette.
- Speaker #0
Je suis bâtard.
- Speaker #1
On arrive sur le dernier message qui te laisse. Là, c'est plus un message qu'une anecdote. Je te laisse écouter avant de finir avec la dernière question.
- Speaker #2
ça dépasse nos pensées en fait. Là où il est, ça dépasse nos pensées. Même si quand il est là, il est au quartier, on délire sur lui, de temps en temps, il chamaille, tout ça et tout, en réalité, la réalité c'est que... Il est loin pour nous. Il est loin. Et le pire, c'est qu'il ne nous lâche pas, parce qu'à chaque fois, il essaie de nous rentrer dedans. Nous, on n'essaie pas, tout le temps. Il essaie de nous plaire avec lui. Il veut que nous rentrions dans le château. Dernièrement, il nous a remis dans le château. un château à Paris, nous on voulait même pas y aller mais où ça va, on a des trucs à faire non venez avec moi, accompagnez moi tous ces trucs, je veux que vous rentriez dedans mais c'est pas qu'on veut pas y aller, mais il faut y aller pour le soutenir toujours, sur chaque projet, sur chaque truc tu vois, toujours à l'arrière-salle, nos têtes qui seront là pour le soutenir jusqu'à la mort lui, en fait lui, il essaie de nous dire les gars, je suis en train de vivre un rêve si vous pouvez en profiter vous aussi allez-y, venez les gars, on est ensemble ensemble notre force et on avance et nous on sait que c'est un truc de malade et moi j'ai des gens quand ils me voient et des fois avec nous ça des gens que je connais paris partout attendez avec vous ça mais à toi est-ce que tu peux lui parler parce que j'ai un projet parce que j'ai ce que je me sors et non on a pas vendu on le sollicite en tu vois ça lui dit mais tu vois mais Tout ce qui sont revenus ça en vrai c'est il ya personne qui profite en fait On fait style, on ne comprend pas ce qu'il nous dit. Mais en fait, je ne sais pas, on est comme ça. Mais en tout cas, il sait qu'il peut compter sur nous. En fait, quand il a un truc, il dit les gars, j'ai besoin d'être là. Il n'a pas besoin de le dire deux fois. on sera là on sera là 100% pour lui reste en paix continue on se figure derrière c'est tout on est fier de toi je veux voir Moussa Daboulaï. Donc, tant que je vois Moussa Daboulaï continuer à te faire plaisir, à faire tout ce que tu as à faire, tant que tu es heureux et que moi, quand on se voit, tu es Moussa Daboulaï, fais ça. C'est... C'est ça. Je sens bien. Mais... Non, c'est mieux. Mais en fait, c'est de se dire qu'à un moment donné, tout ce que tu as aujourd'hui, tu l'as parce que c'est grâce à Dieu. C'est grâce aussi à... C'est grâce peut-être à tes âmes.
- Speaker #1
Alors ?
- Speaker #0
Tu sais, moi, avec mes potes, déjà, on ne parle pas de ces sujets-là. On ne se dit jamais, on est très pudiques. Ça ne se dit pas, tu vois, entre nous, ça ne se dit pas. Tu vois ce que je veux dire ? Même moi, je vais les voir, je ne vais même pas... Il y a une petite honte, une gêne, je ne sais pas quoi.
- Speaker #1
Une pudeur,
- Speaker #0
je ne sais pas, on ne se dit pas ces trucs-là. Là, c'est la première fois de ma vie, ça fait 35 piges, je traîne avec les mêmes têtes, et encore, il y en a plein, tu vois, que tu n'as pas mis, on aurait pu en mettre plein, et tout, etc. Mais on ne sait jamais de la vie, on ne se dit pas ces trucs-là. Tu as vu ce que je veux dire ? Trépudique, même limite, ça va, comment tu vas ? Toi, ta vie et tout, on n'est pas dans un rapport comme ça. Et souvent, moi, je suis plus dans un rapport d'affection avec des gens que... En gros, quand je dis affection, c'est genre amical, avec des gens que j'ai connus il y a peut-être un an, deux ans, cinq ans, six ans, et tout, qu'avec mes propres proches, genre les gens avec qui j'ai grandi, on se connaît. Parce qu'on se sait, tu vois, on n'a pas besoin de se demander, comme je dis, moi, je suis très rarement sollicité par mes proches. Pourtant, je pourrais les aider. C'est moi plutôt, je les sollicite en disant, vas-y, là, je peux t'aider, tiens, vas-y. Mais ils ne me demandent rien parce qu'il y a cette proximité, il y a cette confiance, il y a ce truc-là. Mais je sais que je peux compter sur eux à n'importe quel moment comme eux peuvent compter sur moi. Tu vois ce que je veux dire ? Et ça, c'est... Moi, comme je dis, dans une amitié, t'as pas besoin d'avoir des preuves d'amour. C'est dans la vie de tous les jours. Quand t'as 35 piges, tu traînes avec les mêmes mecs.
- Speaker #1
C'est une preuve d'amour.
- Speaker #0
Ça a pas bougé. T'as les mêmes relations, les mêmes rapports. Et on est... On est toujours là, dans les bons moments comme dans les mauvais moments. Tu dis ça, tu vois, moi, ça me suffit. Le reste, c'est que du plus, etc.
- Speaker #1
Et il te fait plaisir le message ?
- Speaker #0
Moi, ça me fait plaisir, de ouf et tout, etc. Mais ce n'est pas des trucs qu'on a l'habitude de se dire.
- Speaker #1
Pas automatiquement.
- Speaker #0
Tu vois ce que je veux dire ? C'est grâce à toi, au Sama, que je l'entends. Mais je ne l'ai jamais entendu de ma vie.
- Speaker #1
Avec plaisir,
- Speaker #0
ça. Mais c'est bien, après, on sait, tu vois, ce que je veux dire. Elle n'a même pas besoin et tout, etc. On n'est pas dans les phrases et tout, mais chacun sait ce qu'il a à faire. Tu vois ce que je veux dire ? En tout cas, ça fait plaisir et tout. C'est la famille, ça c'est la vraie famille. Et je ne les montre jamais. Même sur les réseaux, c'est rare que... Je ne les mets même pas, tu vois, pour des raisons... Parce qu'on est d'autres rapports. C'est un autre rapport, c'est un autre truc, etc.
- Speaker #1
Écoute, j'ai envie de finir avec une chose. Est-ce que tu connais le poème If de Rudyard Kaplan ?
- Speaker #0
Je ne connais pas du tout.
- Speaker #1
Je ne vais pas faire vite,
- Speaker #0
je connais.
- Speaker #1
En fait, c'est un poème qui est dédié à son fils. Pour moi, c'est le passage où il dit Si tu peux rester digne en étant populaire, et si tu peux rester peuple en conseillant les rois.
- Speaker #0
C'est le passage qui m'a parlé le direct. Tu vois ? Quand je te dis il y a des passages, c'est exactement ce passage qui m'a parlé. Donc on se connaît bien au salon.
- Speaker #1
Pour moi, c'était ça. Donc ça fait plaisir. Dernière question. Si tu pouvais donner conseil au Moussad il y a 15, 20 ans, tu lui dirais quoi ?
- Speaker #0
Bah, Ausha, mon pote. Ausha. Tu vas manger un peu, mais ça va être bon à la fin. Ausha, mon gars.
- Speaker #1
Mortel, merci beaucoup.
- Speaker #2
C'était lourd,
- Speaker #1
frérot.
- Speaker #0
Merci à toi. Merci à toi, Osama. Lourd dédicace à Osama, qui fait un travail exceptionnel sur ses podcasts. Allez le suivre. Abonnez-vous à Artisans de l'Esprit.
- Speaker #1
D'ailleurs, où est-ce qu'on peut te suivre ?
- Speaker #0
Instagram, Facebook, tout le bordel. C'est la totale. De toute façon,
- Speaker #1
les gens savent. Je mettrais, ça marche.
- Speaker #0
Je ne coupe rien du tout.
- Speaker #1
C'est terminé. J'espère que ça t'a plu. C'était un pur kiff encore une fois. Ce que je retiens, trois choses. En un, réfléchis à deux fois avant de refuser à un enfant quelque chose. Ça peut générer une frustration beaucoup trop élevée. En deux, élève-toi en élevant les autres. Et en trois, sois le plus sincère possible dans tes actions. Merci à Amel de MyTontine de m'avoir prêté sa voix.