- Speaker #0
C'était un sportif olympique et il était posé avec ses parents et il leur dit entre nous, vous saviez que mon entraîneur, il me touchait. Et en fait, ses parents, ils le regardent comme ça et ils lui disent mais attends, mais tu crois que si on avait parlé, tu crois que tu aurais eu tout ça ?
- Speaker #1
On dit qu'on n'a qu'une vie. Et si en vrai, on n'avait qu'une seule mort ? Moi, c'est Oussama. J'ai vu ma vie défiler et depuis, j'ai changé de mental. De l'usine à la fac et de la fac à l'entrepreneuriat, j'ai lancé Artisans d'Esprit. Et si t'es ici, c'est pour entendre des récits vrais de gens qui doutent, qui tombent, mais qui avancent avec foi.
- Speaker #2
Notre but, valoriser les quartiers de France. Parce qu'ils portent des talents, des rêves et des combats. Artisans d'Esprit, c'est des échanges sincères, authentiques et sans langue de bois. N'écoute pas les conseils des gens. Écoute leur histoire. C'est maintenant sur Artisans de l'Esprit.
- Speaker #1
Les amis, bienvenue sur Artisans de l'Esprit. On est de retour pour un nouvel épisode. Un épisode très très spécial parce que là, c'est un format particulier. Je reçois deux invités. Mais avant de les introduire, déjà très content de vous recevoir. Très content de retrouver les réseaux. Comme d'habitude, faites en sorte de soutenir au maximum, faites en sorte de donner de la force parce qu'être en Inde, ce n'est pas facile. Au-delà de ça, je vais vous présenter deux jeunes comédiens, deux jeunes acteurs, réalisateurs qui ont déjà pas mal de vécu et d'expérience pour leur jeune âge. Mais surtout, ils sont aussi ici pour nous présenter leur premier documentaire qui a été diffusé. sur les réseaux, notamment sur YouTube, grâce à France TV Slash. Mais avant de parler de ça, c'est important de parler un petit peu du parcours de chacun. Salim, Maxence, bienvenue.
- Speaker #0
Merci.
- Speaker #1
Content de vous recevoir. Vous n'allez pas passer à côté de la question phare. La première question, je vais vous la poser à chacun. Mais c'est déjà, comment va votre cœur ? Qui commence ?
- Speaker #0
Ah oui, les gars. T'as d'autres questions ?
- Speaker #1
Les gars, on rentre dans le vif, dans le dur direct.
- Speaker #0
Je vais commencer, Sam. Ah ouais ? Moi, je réfléchis. Mais on continue. Écoute, ça va. Par rapport à d'autres, il y a toujours mieux et pire, j'ai envie de dire. Mais ça va tant qu'on a la santé, la famille autour et tant qu'on fait des trucs qu'on aime. Je pense que c'est le principal. Après, tout le reste, ça fait partie de la vie. Tout le monde va bien, tout le monde va mal, tout le monde connaît des choses compliquées. Mais dans l'ensemble, ça va.
- Speaker #1
Ok, merci pour ta réponse. Merci pour ton honnêteté. Je sais que ce n'est pas une question facile, vraiment. Allez, retrousse-toi, moi, Joël.
- Speaker #3
Non, oui, réponse très honnête. Un peu démago, mais très honnête. Oui, non, moi, écoute, ça va. J'ai le cœur un peu dans tous les sens, j'ai envie de dire. Personnellement, ça va très, très bien. Si je dois parler de mon cœur vis-à-vis de mon amour pour ce qu'est le cinéma, c'est un peu dans tous les sens. Tu vois, c'est un peu un jour ça va, un jour c'est compliqué. Donc, le cœur suit, mais parfois, il a un peu de mal. Mais dans l'ensemble, ça va. OK,
- Speaker #1
très bien, très bien. C'est le principe du cœur en vrai. les battements ils vont du haut vers le bas et du bas vers le haut et toi
- Speaker #0
Samoa tu vas pas y aller faire plus ? comment il va ton coeur ?
- Speaker #1
moi ça va il est challengé mon coeur il est challengé parce que éprouvé parce que d'un côté personnel familial un peu compliqué ça va un peu mieux là je remercie et puis professionnellement il est content quand même il est challengé mais il fait en sorte de se dépasser donc content ça répond à ta question ?
- Speaker #0
ça répond
- Speaker #1
Merci. on est honnête ici bon les gars déjà pour contextualiser un peu cet échange assez spécial je vais commencer avec toi Maxence comme j'ai l'habitude de demander,
- Speaker #3
est-ce que tu peux raconter ta jeunesse mais à travers ton quartier ok moi je viens du 77 de base souvent quand je dis aux gens qui ne connaissent pas forcément je dis que je viens de Disney, parce que je viens de Marne-la-Vallée donc dans ce coin là j'ai grandi dans un cadre on va dire la classe moyenne un petit peu avec des parents qui avaient des moyens mais qui n'en avaient pas trop non plus donc j'ai été éduqué avec des valeurs de travail avec les valeurs de l'argent beaucoup j'ai travaillé assez tôt à 15 ans j'ai fait mes premiers taffes l'été, les vacances pendant un ou deux mois mes parents m'ont vachement poussé vers ça j'ai beaucoup de potes qui étaient déjà qui avaient un peu d'évélité artistique autour de moi. On avait eu beaucoup de discussions pendant des heures sur on aimerait bien faire ça, on aimerait bien faire ci. Mais le cinéma est venu quand même un peu plus tard, à l'âge de 21 ans, suite à des gros problèmes personnels et une césure assez ferme avec mes parents. Donc j'ai grandi dans un environnement très protecteur au début, qui s'est... péter la gueule de manière un peu hardcore à un moment et j'ai dû surmonter ce chamboulement tu vois et c'est ce qui m'a aussi poussé vers l'artistique à un moment j'étais en mode bon là c'est qui tout double soit je fais un truc que j'aime soit je me remets dans un truc un peu plus classique, un peu plus formel et j'ai commencé du coup après le théâtre ce que je comprends c'est que très tôt très rapidement,
- Speaker #1
toi t'as décidé de t'orienter vers le théâtre, vers ce monde là, cet univers là qui pouvait être un peu que... En tout cas, qui a été pour moi et toutes les personnes qui ont vécu dans mon environnement très loin en termes d'accessibilité ou même en termes de croyance.
- Speaker #3
En fait, je me suis rendu compte, j'ai commencé vraiment à m'intéresser au théâtre où j'avais du coup 21 ans. Donc, c'était quand même, j'étais déjà un adulte quelque part, tu vois. Mais je me suis rendu compte en commençant que quand j'étais jeune, et c'est ce que je dis de temps en temps, je suis un peu un enfant de la télé. C'est-à-dire que mes parents, ils m'ont mis une télé à un moment dans ma chambre. Et je me suis retrouvé à regarder énormément de films et à voir énormément de bons chefs-d'oeuvre qui passaient à la télé. Souvent des trucs que tu commençais sans finir parce que c'était la télé, donc tu n'avais pas le choix d'arrêter, de mettre pause ou machin. Donc je me suis rendu compte que oui, effectivement, j'avais baigné, mais de manière assez solitaire là-dedans, dans ce kiff-là pour le cinéma et pour les films. Et après, mes parents, ils étaient... Quand je leur ai dit que je voulais faire du théâtre, clairement, ils ne l'ont pas bien pris plus que ça. Tu vois, comme pour beaucoup. Ils étaient un peu en mode, t'es déjà dans la merde un petit peu, qu'est-ce que tu vas rajouter une couche par-dessus ? Mais ils étaient quand même ouverts à ça. Moi, ma mère, aujourd'hui, veut faire de la figuration. Elle a envie de m'approcher de ce truc-là. Mon père, aujourd'hui, est extrêmement fier de ça, même si on ne se parle plus. Aujourd'hui, il arrive quand même à m'encourager un message par an. Mais bon, c'est toujours ça, tu vois. Mais ils ont quand même eu une appétence pour ça. Mon père était méga fan de rock, c'est lui qui m'a parlé de mes premiers films de Kubrick, des trucs comme ça. Ils étaient fans de ça, mais un peu fans comme le spectateur du quotidien. Mais je sentais qu'il y avait un truc qui les faisait bouillir à l'intérieur.
- Speaker #1
Une forme de réticence un peu ?
- Speaker #3
Non, plus d'amour. Quand mon père me parlait par exemple d'Orange Mécanique, à l'époque c'était son film préféré, je me souviens il me mettait l'intro en boucle sur son ordi. Il me dit tu vois ça ?
- Speaker #1
Ah ouais ?
- Speaker #3
mais il connaissait pas, il a aucun terme du cinéma forcément, mais il avait un amour pour ça un truc bouillant qui m'a donné aussi mais qui était resté à l'intérieur, ce qui avait jamais pu éclore, et après j'ai fait le lien entre les deux,
- Speaker #1
je me suis dit ouais en fait mes parents ils m'ont donné un peu cet amour là là tu m'as renvoyé vers un film que j'ai regardé quand j'étais très jeune qui m'a traumatisé moi perso je le conseille pas à tout le monde tu l'as vu aussi ? il est violent il est d'une
- Speaker #3
profondeur aussi mais il est pas destiné à tout le monde je pense ce film là non ouais enfin après ouais Orange Mécanique ça reste un film qui est très bien bah voilà c'est grand génie derrière qui a fait ce film là avec je pense un casting qui a du bien se tirer les cheveux pour réaliser ce film là mais c'est vrai qu'il est magnifique mais c'est montré dès le début du film tu sens que t'es dans ce qui se fait de mieux dans le cinéma et c'est assez incroyable comme genre de chef d'oeuvre à voir quand t'es plus jeune
- Speaker #1
Salim, si tu devais me raconter un petit peu ta jeunesse mais à travers ton quartier, tu dirais quoi ?
- Speaker #0
Alors, pour commencer, moi je suis né dans le 19ème j'ai grandi là-bas, du coup j'ai fait toute ma scolarité tous mes potes, ils sont encore là-bas et tout
- Speaker #1
Où ça dans le 19ème ?
- Speaker #0
Ourk Ok Ourk, ouais du coup Ourc, Lomières ouais voilà tout le monde se connait du coup ouais j'ai grandi là-bas j'ai fait l'école ça va j'ai eu une bonne enfance en vrai toujours avec mes parents Dieu merci et je pense le cinéma c'est arrivé mais du côté de mon frère en fait lui il travaillait dans un dans un vidéo club ça s'appelait Vidéo Futur à l'époque et du coup en fait il ramenait que des DVD à la maison. Je n'aurais amené que des DVD. Et il m'appelait. Il me disait, il y a ce DVD-là, est-ce que tu aimes bien ? Mais moi, je ne connaissais pas. Du coup, il ramenait quand même. Et en fait, lui, à la fin de son contrat, il y a son patron qui ne voulait pas lui rendre ses papiers de chômage. Il le faisait un peu galérer. Du coup, tous les... Les DVD qu'il avait ramenés à la maison, il n'a rien rendu. La petite vengeance. La petite vengeance. Il voulait le faire galérer un peu pour l'inventaire des DVD. Et ce qui fait qu'en fait, il y avait peut-être une soixantaine de DVD à la maison. Vraiment que ma mère, elle les mettait dans des sacs, elle les jetait tellement il y en avait. Et pareil, quand il n'était pas là, j'allais dans sa chambre, je regardais des films, je me mangeais des tartes en mode... Menace to society, à 11 ans, c'était violent quand même.
- Speaker #1
Et t'as regardé le classique, que je n'aime pas du tout d'ailleurs, mais avec Al Pacino, le fameux Tony Montana.
- Speaker #0
Scarface ?
- Speaker #1
Scarface, ouais.
- Speaker #0
Scarface, je l'ai vu, mais pas aussi jeune. Et après, je n'avais pas tout compris, c'était quand même violent. La scène de la tronçonneuse, quelque chose. Et du coup, c'est venu un peu comme ça. J'ai regardé plein de films et parfois, je faisais des... Quand j'étais à l'école, de 17h à 6h du matin, j'enchaînais que des films. Jusqu'à ce que ça me décalait et je dormais pas. Ah oui,
- Speaker #1
tu faisais des marathons.
- Speaker #0
Ah, je faisais des marathons. Genre des films de Ice Cube, je regardais 4-5 d'affilé. Et après, en grandissant, ce truc-là était toujours présent, mais un peu moins. Et après la scolarité, on te demande ce que tu veux faire. Je suis parti vers un BTS parce qu'il fallait faire un truc. Et je suis parti vers l'informatique. Parce que les gens me disaient, il y a de l'oseille dans l'informatique, il faut le faire et tout. Et je savais que mes parents, ils allaient être contents que je fasse ça. Mais après, au bout d'un an, je vois que ce n'est vraiment pas ce que j'aime. Ce n'est pas mon univers, je suis perdu. Et c'est mon frère, il vient me voir, il me dit... fais un truc que t'aimes. Parce que lui, avant ça, il faisait un peu de cinéma, mais il n'a pas pu poursuivre. Et en fait, il m'a poussé. Il m'a dit, fais le stage Conflorant. Peut-être que tu vois si tu veux ce thème ou pas. Et en fait, moi, dans ma tête, je n'y avais jamais pensé. C'est comme s'il ouvrait une fenêtre que j'avais scellée. Et à ce moment-là, il y avait Territory de The Blaze. Il y avait Dali Ben Stala qui émergeait. Et il me dit, regarde, lui, c'est un Algérien. c'est un comédien, il a fait Courflorent et en fait c'était le premier truc auquel je m'identifiais et du coup j'ai essayé le stage ça s'est bien passé et après je suis rentré par cette porte du théâtre et ensuite c'est parti comme ça
- Speaker #1
Vous avez quand même une très bonne expérience en réalité vous avez fait beaucoup de courts métrages Toi tu réalises plus que... Enfin t'es plus derrière la caméra que devant.
- Speaker #0
Ouais ça commence pas mal maintenant.
- Speaker #1
Et je crois que t'as fait ton premier long métrage ?
- Speaker #0
J'ai eu un tout petit rôle. T'as eu un petit rôle ? Ouais c'était... Ok.
- Speaker #1
Mais en tout cas t'as participé à beaucoup de courts métrages.
- Speaker #0
Cours métrages au plus.
- Speaker #1
Et tous les deux, vous êtes passés par le célèbre concours Film ton quartier, par France Télévisions. qui est ouvert à tous, il me semble de tête, il est ouvert à tous, il suffit juste de faire un peu de storytelling ou faire un petit court métrage qui raconte un peu ta façon de voir ton quartier et puis chaque année c'est quand même un concours qui rassemble beaucoup de gens et qui est récompensé par je sais plus, il y a un accompagnement ou du matériel ou plein de trucs comme ça t'as plusieurs prix différents et c'est comme ça que vous êtes connus tous les deux ? Ou c'est avant ça même ? Sur un cours, non ?
- Speaker #3
Non, on se connaissait déjà d'avant parce qu'on avait des potes en commun qui étaient dans le milieu du rap un peu, qui sont rappeurs et qui le sont toujours à l'heure actuelle. Big Up à eux, si ils regardent.
- Speaker #0
400 et Swan.
- Speaker #3
Les gars, on est là. Et du coup, ils faisaient des super soirées dans leur studio DMT. Ils avaient des studios à Alma Marceau avec vue sur la Tour Eiffel, incroyable. Et en fait, ils étaient tout le temps déter pour faire des soirées et que les gens se rencontrent. Et grâce à eux, on a fait une soirée et je vois Salim qui était avec un pote et au début, on se dit bonjour, tac, machin. Et très rapidement, on commence à parler de cinéma, on commence à parler de notre kiff et de ce qu'on a envie de faire dedans et ça connecte très vite. Et on se retrouve après quelques jours après boire un café tous les deux et on parle de projet, on parle de trucs. Katsan vient nous récupérer et nous dit voilà les gars, moi j'ai un projet, j'ai besoin de mecs pour écrire, venez on bosse ensemble. Il se trouve que ce projet, c'est finalement pas fait. mais ça nous a connectés et en sortant d'une séance d'écriture pour ce projet, Salim me dit il y a un concours de court métrage qui s'appelle Filme ton quartier, j'ai envie d'essayer viens en essayer et au début je lui dis vas-y on voit et on rentre ensemble en métro et on prouve le sujet et le délire du truc sur le trajet du métro Et après, on a tourné quelques jours après. Et comme on a fait un plan séquence, même pas de montage particulier, truc plus que ça, on a balancé le truc et ça a fonctionné, ça a payé. Bravo pour ça déjà.
- Speaker #1
Vous vous êtes rendu compte que ça matchait bien entre vous, j'imagine ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Donc vous avez eu une récompense. Et comment on en arrive à décider de faire un documentaire comme Intercepteur ? Pour recontextualiser un peu, vous avez... co-réaliser le documentaire Intercepteur qui traite de la pédocriminalité et vous suivez une association qui s'appelle les enfants d'Argus. Donc vous les avez suivis et puis je vous explique un peu tout le process de comment on débute ce qu'est un pédocrime criminel et puis comment on fait pour l'apathé, etc. Moi les gars, je l'ai dit à Salim en off la dernière fois, j'ai dû le voir en 2-3 fois le docu. Je pense qu'il est quand même Il est lourd, il est prenant, il est spécial aussi, parce que le sujet est spécial. Il m'a mis mal à l'aise de ouf. Mais en même temps, c'est important de communiquer sur ça, de mettre en avant ce genre de problème qu'on rencontre en France. Et j'ai juste quelques chiffres avant de vous donner la parole. C'est des chiffres que vous avez vous-même donnés, mais il y a 750 000 prédateurs sexuels qui sont connectés en permanence dans le monde. Il y a 71% des enfants de 12 ans qui utilisent au moins un réseau social. Donc ça veut dire qu'il y a beaucoup d'enfants qui sont susceptibles d'être touchés par ça. Et il y a un enfant sur cinq qui a déjà reçu des propositions sexuelles en ligne. Comment vous est venue l'idée de faire ce docu déjà ?
- Speaker #0
Juste pour les chiffres, il faut savoir que c'est des chiffres qui augmentent d'année en année. alors là ça date de quelques années ces chiffres là mais aujourd'hui avec TikTok, avec tous les réseaux qui émergent, tu te doutes bien que ces chiffres là sont pris en volume et je te laisse je veux Max non vas-y parle parce qu'en plus ça vient de ce sujet en particulier vient de
- Speaker #3
Salim parce qu'on a proposé plusieurs sujets le documentaire c'est Merci. Voilà, sans faire, on n'en a fait qu'un, donc on n'a pas l'expérience forcément pour parler totalement là-dessus, mais c'est très long et c'est très difficile parce qu'il faut trouver un sujet qui est, dans le fond, vendeur dans le sens où c'est le documentaire. Donc il faut parler d'un sujet qui marche quand même, et c'est toujours très difficile parce qu'on parle de vraies choses, on n'est pas dans la fiction et du coup on n'invente pas les choses. Donc on a eu plein plein de sujets différents, au total à peu près 13 sujets, et le dernier c'est Salim qui est venu me voir, on perdait un peu l'histoire. on n'arrivait plus à s'accrocher à des trucs et il me dit j'ai envie de traiter de ce sujet et moi au début j'étais pas chaud pour moi la prod allait pas accepter, pour moi le diffuseur allait dire c'était mort, pour France TV Slash pour moi c'était trop osé,
- Speaker #0
trop fort mais Salim est resté accroché au truc et comment ça s'est fait ?
- Speaker #1
comment vous avez fait pour valider ce pitch là ?
- Speaker #0
alors on discute avec le producteur qui nous voyait et on Comme Maxence l'a dit, on a proposé, on était arrivé au 13e sujet. Et en fait, on voyait qu'on était en train de le perdre un peu, parce qu'il n'a pas le temps, c'est un gros producteur et tout. Et là, j'avais déjà regardé des documentaires sur ce sujet. Et là, on lui lance ce sujet-là. Mais sans idée, sans rien. On ne connaissait pas du tout les associations en France qui se battaient dans ce fléau. Et là, on voit tout de suite qu'ils s'intéressent. Tout de suite, ils nous montrent de l'intérêt. Du coup, on sort de là, mais on n'y croit plus trop. On se dit, ouais, c'est mort. Et en fait, on commence à regarder sur Internet, on commence à fouiller un peu sur Facebook. On voit qu'en France, il y a des associations qui chassent des pédophiles sur Internet. Et donc là, à ce moment-là, on commence à avoir une lueur d'espoir. Et avec Maxence, on commence à enquêter sur eux, on commence à les contacter. Bon, au début, ils sont très méfiants et tout. Mais finalement, ça a mordu avec plusieurs associations.
- Speaker #1
Ok. Et pourquoi vous avez décidé de travailler avec cet asso là et pas une autre ?
- Speaker #3
Parce que c'était les meilleurs.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #3
C'était les meilleurs, les plus humains et les plus... les plus... plus les pieds sur terre, notamment Cédric, le fondateur de l'assaut sur ITNA, qu'on remercie encore dans ce podcast, si jamais il voit le podcast, qui nous a ouvert, a bras ouvert l'assaut. et qui nous a permis de tout filmer dans les moindres détails. Parce que les autres associations étaient beaucoup plus fermées à cette idée-là. Ils ne voulaient pas, c'était hyper compliqué pour eux. Cédric nous a dit « Amen » à toutes nos demandes. Et il a été incroyable, il s'est même lui prêté au jeu à fond dans le truc. Son interview qu'on a fait, il faut savoir que les interviews des profils durent en général 2-3 heures. C'est des petites interviews. Il y en a dans le docu qui montent jusqu'à 10-12 heures. C'est des gens qui sortent. pas, il voit plus le jour. On a eu des histoires d'interviews de 10 heures complètes, sans arrêt, juste pour pisser deux secondes et revenir. Donc dans le docu, c'est un bon truc de fou. Et l'interview qu'on avait faite avec Cédric, elle était folle parce qu'il maîtrise son sujet, il a une façon de parler très calme, en même temps très froid, mais du coup, tu l'écoutes. Ouais, je vois. Donc il nous a ouvert son assaut et on a rencontré d'autres gens dans l'assaut qui étaient formidables et qui, eux aussi, ont amené leur pierre à l'édifice. Et c'était assez fou.
- Speaker #1
Et on le voit aussi dans le docu qu'il est quand même impacté par ça. Il y a même sa femme qui témoigne, qui dit que la nuit c'est compliqué, il fait des cauchemars, il est obligé de le réveiller, il en pleure, parce que c'est un métier de fou en réalité, on ne va pas se mentir. Et c'est quoi votre œil, c'est quoi votre regard sur tous les membres de cet assaut qui se battent tous les jours pour la sécurité de nos enfants ?
- Speaker #0
Ils sont impactés. qui sont impactés. Déjà, pour la plupart, c'est des anciennes victimes. Du coup, se battre dans ce truc-là, en fait, pour la plupart, je pense que ça ne les aide pas. Vu qu'eux, ils ont vraiment un truc... Pour certains, c'est de la rage. Pour certains, ils veulent se reconstruire. Ils ont tous des raisons différentes. Mais ils ne s'arrêtent pas. C'est tous les jours. Et Cédric, c'est un mec, tous les jours, il voit des trucs. des vidéos,
- Speaker #1
des photos parce que tout passe par lui vraiment c'est dingue
- Speaker #0
Cédric chapote beaucoup de choses et puis il a été confronté à un peu tous les dossiers en général il a toutes les grosses affaires en cours,
- Speaker #3
il est au courant de ça ouais c'est un mélange entre des gens qui font une sorte de thérapie aussi pour eux d'une certaine manière tu vois, mélange d'un côté un peu dangereux parce que c'est quand même dangereux comme truc Donc, au final, et un côté défense et protection des enfants qui est bien sûr, je pense, la raison principale pour la majorité de faire ça. Mais c'est particulier, c'est pas des gens payés en plus. Ça commence à le devenir, ils veulent aller vers des trucs où ils ont des subventions et aider les gens qui font ça, mais ils sont pas payés de base. Donc voilà, c'est donner ton temps pour au final passer des heures à voir... Les photos de bides de mecs, les messages horribles, alors que toi, tu es censé avoir 11 ou 12 ans.
- Speaker #0
Et c'est assez hardcore pour eux.
- Speaker #1
Justement, est-ce qu'il y a eu des choses que vous n'avez pas osé montrer dans le docu ?
- Speaker #0
Oui, il y a des trucs. En fait, il y a des images, des photos, des messages où on s'est dit que ce n'était pas nécessaire. Ça va plus choquer qu'autre chose. Et nous, ce n'était pas le but. Nous, on voulait vraiment... pas éduqués, mais plus informés, expliqués, le travail de ces assos. Mais ouais, il y avait des...
- Speaker #1
C'est quoi, toi, par exemple, qui t'a le plus choqué ? Un truc que vous n'avez pas mis, ça t'a rendu...
- Speaker #0
Moi, c'est des sites, des forums de pétophiles, où en fait, c'est des pétophiles qui viennent, ils se connectent, et en fait, ils racontent les agressions qu'ils ont faites, les fantasmes qu'ils ont... Genre des trucs de fous, genre... Aujourd'hui, j'ai tout fait manier. Mais non ! Non, vraiment des trucs. Et même, ils se donnent des conseils entre eux. Genre, pour ne pas se faire attraper, pour ne pas se faire remarquer et tout. Donc en fait, tu sais, ça c'est des trucs que tu...
- Speaker #1
Mais attends, ça c'est dans le Darknet ou c'est dans le...
- Speaker #0
C'est pas le Darknet.
- Speaker #3
T'es encore pas dans le Darknet.
- Speaker #0
T'es sérieux ? La surface de l'Internet encore.
- Speaker #3
Je te jure. Nous, j'avoue qu'effectivement, au début, quand on est arrivé, on s'est pris le premier mur de la pédocrimine d'été, qu'est la pédocriminité, on va dire le haut de l'iceberg. un peu, tu vois, ce truc-là, des mecs qui vont envoyer des messages à des enfants et tout. Mais effectivement, t'as la pédocriminalité du Darknet où là, on passe sur un autre niveau. Et nous, effectivement, on a eu, à chaque fois qu'on interviewait des gens, Cédric nous a raconté beaucoup d'histoires, de trucs que lui, il a vus directement, des vidéos. Et là, on passe sur des trucs beaucoup, beaucoup plus dark, sur des mélanges zéophilie, nécrophilie, pédophilie. Donc là, ça, c'est la réalité de la pédocriminalité hardcore du fin fond des sous-bassements du truc. Eux ne se battent pas forcément contre ça parce que là, c'est des mecs qui sont trop organisés et qui sont tellement... C'est comme chasser un pur en série, tu vois, c'est compliqué. Eux, ils se battent contre les mecs, on va dire, la pédocrinité du quotidien, tu vois. C'est des mecs qui sont quand même hardcore. mais qui sont plus bêtes parfois et ils arrivent à récolter des infos des trucs, mais ouais quand tu creuses nous on était bombardé d'histoires de stories, de trucs, on a vu des vidéos des machins, des trucs, t'es en mode wow tu comprends, ça suffit,
- Speaker #0
t'as pas besoin de voir la vidéo tu comprends que c'est faux tu vois que t'sais on a ce fantasme aussi de se dire sur le darknet il y a plus de trucs mais déjà pour aller sur le darknet il faut de l'argent, il faut des connaissances informatiques t'sais c'est déjà il y a déjà plusieurs critères à cocher. Mais là, la plupart des pédophiles, c'est des gens lambda. C'est un entraîneur de foot, c'est un prof, c'est un oncle, un voisin. Il y avait l'anecdote qu'il nous avait racontée, Cédric, c'était sur un sportif olympique. En fait, il était limite fin de carrière. Il était posé avec ses parents et il leur dit entre nous vous saviez que mon entraîneur il me touchait tu vois c'était son entraîneur qui l'a suivi du début à la fin de sa carrière et en fait ses parents ils le regardent comme ça ils lui disent mais attends mais tu crois que si on avait parlé tu crois que t'aurais eu toutes ces médailles ?
- Speaker #2
ouah t'as un gré ou pas ?
- Speaker #0
ouah en gros on savait ouais mais on dit rien parce que Il t'entraînait, il te ramenait des médailles.
- Speaker #1
Le plus important, c'est d'avoir les médailles. Ce n'est pas l'intégrité de l'enfant. Ça, ça a buzzé. Il y a eu un truc sur ça. Il y en a, mais...
- Speaker #3
Dans le monde du sport, il y en a beaucoup. Cette histoire, elle est ressortie. Cette histoire, ça reste encore... Nous, ce qui était bien avec Cédric aussi, c'est qu'il avait la décence de nous raconter les trucs. sans être dans une... Tu vois, lui, il a les infos, il a les trucs, mais on n'a jamais su plus que ça. Il est resté justement à nous raconter. Moi, celle qui m'a le plus marqué, je ne dis pas que celle-là est archi marquante, mais moi, c'était le truc de la daronne avec les travaux.
- Speaker #0
Alors ça,
- Speaker #3
c'était ahurissant. En gros, c'était une mère de famille qui faisait refaire des travaux chez elle, réparer le toit ou une connerie comme ça. Et en fait, sa fille se rend compte, va voir sa mère et arrive à lui dire plus ou moins, à se confier à elle et lui dire que, en gros, Bye Il y a des délires très chelous avec les mecs qui conduisent les travaux. Et sa mère dit, « Ouais, mais voilà, moi, si j'avais dit quelque chose, ils n'auraient pas fini les travaux et je ne voulais pas. » Donc, il y a ces trucs-là où il y a des gens qui sont vachement déconnectés. Et souvent, c'est des pères de famille, c'est des mères de famille, c'est leur propre enfant. Donc, rajoute à ça, quand c'est l'oncle, quand c'est le grand-père, quand il y a un lien familial,
- Speaker #0
il y a des trucs où ils poussent certaines victimes, certains enfants, parfois adolescents, parfois adultes, qui ont grandi. En gros,
- Speaker #3
ferme ta gueule. Tu vas briser l'équilibre familial.
- Speaker #0
J'avais une famille, c'était limite... Mais on ne peut pas accuser tonton. Et après, comment on va faire les repas de Noël ?
- Speaker #3
Ça va être chelou après les repas de Noël. C'est plus que de...
- Speaker #0
C'est hyper...
- Speaker #1
C'est des raccourcis de... C'est ouf. Je ne sais plus qui parle de ça, mais il explique qu'il y a 80% ou 85% des... de... victimes ou en tout cas des agresseurs qui font partie du cercle, du premier cercle. Après, tu rajoutes 10%. Le premier cercle, c'est la famille. Deuxième cercle, c'est connaissance.
- Speaker #3
T'arrives à 95. Off, entrepreneur, machin.
- Speaker #1
Et le dernier cercle, les derniers 5%, c'est Internet.
- Speaker #3
Et c'est ceux sur qui ils se basent le plus. C'est ceux sur qui ils peuvent avoir du poids. C'est ces mecs-là. Donc, ils sont qu'à 5%. Merci. tu vois derrière alors après bien évidemment que dans les 5% des mecs sur internet tu vas creuser tu vas voir qu'il a aussi à toucher ses enfants tu vas se dire il va y avoir un truc qui va se recouler mais techniquement oui c'est ça en fait c'est majoritairement dans une énorme majorité de la pédocrinité intrafamiliale et vous ça vous a impacté ?
- Speaker #1
bien sûr déjà il a duré combien de temps ce docu ? le travail sur le docu ?
- Speaker #0
de la préparation quand même ouais à fin de tournage 3 ans fin de tournage 3 ans non plus.
- Speaker #1
forcément il y a eu un impact chez vous ah de ouf comment vous par exemple les membres de l'assaut sont suivis psychologiquement c'est obligatoire, est-ce que vous vous avez décidé d'être accompagné au moins pendant la durée du docu alors ils sont suivis mais parfois c'est suivi entre eux,
- Speaker #3
c'est des membres de l'association qui viennent aider c'est encore particulier, il y en a qui des fois n'ont pas d'accompagnement et ils se le font, ils s'appellent en fait Ah tu vas pas bien Ou je suis là Mais effectivement il faut qu'il Il n'y a pas un psy Ah il n'y a pas un Non Ils tendent vers ça de plus en plus Et quand ils ont la chance dans l'assaut D'avoir des psys ou des gens qui peuvent C'est Ça peut aider tu vois Mais Non j'ai envie de te dire déjà ce qui est difficile Le difficile, c'est qu'avant d'arriver sur le tournage, avant de rentrer vraiment dans le vif du sujet, t'as tout ce qui est la pré-production et le dossier de production d'un documentaire. Nous, on a été accompagnés par une boîte de production qui nous a vraiment poussés dans nos retranchements, donc Fédération Studio, qui est une très grosse boîte de production, dans le pôle documentaire notamment. Et ils nous ont poussés jusqu'au bout, mais ça a été très dur, parce que c'est un truc de t'apportes-toi ton petit pré-dossier de prod avec tes documents, tes trucs, et ils te disent non,
- Speaker #0
c'est haché là.
- Speaker #3
Ah ouais ? Ah là là, c'est haché. Là, vous allez droit dans le mur, les gars. Vous allez me refaire ça vite fait et vous allez revenir avec un truc plus machin. Donc déjà, tu as une étape hyper longue de bosser, d'arriver à faire le truc et de t'en sortir. Donc, on a appris énormément. Donc, tu arrives déjà à rebooster, motiver. Et ensuite, tu as le tournage. Et là, le tournage,
- Speaker #0
tu vois les personnes, tu rentres dedans. Tu vas en direct. Après, nous, on n'était pas accompagnés, mais on avait nos proches.
- Speaker #1
Vous parliez quand même.
- Speaker #0
En fait, tu ne peux pas... Moi, personnellement... je ne peux pas en parler à ma famille. Il y a cette pudeur, tu n'as pas envie de leur casser la tête avec ça. Après, on en parlait à nos meufs, par exemple. Elles sont plus aptes à écouter, te conseiller et te décharger. Mais oui, on n'était pas... Même entre nous, il y avait des frictions parce que la pression... On allait en Belgique, au Luxembourg.
- Speaker #3
On a fait trois pays différents.
- Speaker #0
À bientôt. beaucoup de trajets de train, de voiture.
- Speaker #1
Pourquoi Luxembourg ?
- Speaker #3
Parce que Cédric, le fondateur de l'Asso, est dans ces pays-là, entre l'Atlantique et le Luxembourg. Donc, on a beaucoup voyagé, mais effectivement, il y a eu des petits moments de tension. Moi, ma meuf m'a énormément soutenu sur toutes les étapes, et elle le fait encore aujourd'hui. Dès que j'ai des coups de mou, dès que j'ai une projo et je tape une crise d'angoisse avant, c'est la difficulté de montrer les projets. Mais nous, ça nous arrivait à des petits moments où t'en as un qui veut un plan, l'autre qui veut aussi un autre plan. Ah, c'est pareil ! C'est normal. Et comme t'as le stress de faut aller vite, faut remplir le machin, on a fait 25 jours de tournage sur 6 mois. Donc c'est quand même pour des mecs qui débutent dans le truc, faut les avaler.
- Speaker #0
Fertonner des voitures de location.
- Speaker #3
Ça s'est pas remis. Le plus d'écoutés de l'univers, du truc, ça l'a rendu. Il a pertonné. J'étais à Fontainebleau, je bombardais. je ne mettais que des classiques il ne conduisait plus il écoutait la musique,
- Speaker #1
il était fou boum on a cartonné rien de grave en tout cas juste la caution qui a sauté vous avez parlé avec Aurélien Brouillet qui est substitut du procureur spécialisé dans tout ce qui est pédocriminalité comment ça se fait qu'un pédocriminel a une peine moins lourde qu'un mec qui vend de la drogue ?
- Speaker #0
On m'a posé des questions. Ouais, c'est... Et ça, c'est un peu...
- Speaker #3
Et c'est normal, quand tu connais pas forcément le milieu et que t'as pas à bosser dedans, c'est une question qui revient, parce que c'est assez... C'est foncièrement un truc qui est révoltant, tu vois ce que je veux dire avec la... Maintenant, la réalité, elle est beaucoup plus complexe, et t'as un peu d'éléments de réponse dans le docu, c'est que, comment dire, la lutte contre la drogue, ça rapporte de l'argent. Parce que c'est un truc qui est beaucoup plus business.
- Speaker #1
C'est beaucoup plus économique lié à l'État.
- Speaker #3
Exactement, la lutte contre la pédocrimité, c'est beaucoup plus compliqué, parce que les preuves sont plus dures à avoir, la parole des enfants est très facilement remise en question. Donc il y a beaucoup de trucs où il y a des zones d'ombre, il y a des trucs comme ça qui sont beaucoup moins faciles que de choper un mec sur le vif avec du shit dans sa poche. C'est fait, tu vois ce que je veux dire ? Donc il y a des trucs... Et je pense qu'il faut dire aussi le truc, c'est que je pense qu'il y a aussi une vision du pédocriminel qui parfois c'est des pédocriminels, mais dans la vie de tous les jours, c'est des citoyens modèles. Tu vois ce que je veux dire ? Là où il y a un peu l'image parfois du mec qui va vendre du shit, qui dans la vie de tous les jours va aussi être un peu menaçant ou va machin truc, donc il faut l'écarter un peu du truc. Le pédocriminel qui en fait lui est adjoint au maire ou machin, c'est plus compliqué d'aller le titiller, d'aller chercher, parce qu'au final il n'a pas l'air méchant. Et donc les teubés qui n'ont pas les preuves et qui n'ont pas les trucs, ils disent mais non, lui c'est impossible. Lui jamais. alors que le mec qui est en mode il arrive, il lui vend du shit, il n'y a pas de soucis. Donc bam, prison. Donc c'est un peu une idée reçue, c'est juste qu'en fait la pédocriné,
- Speaker #0
c'est extrêmement complexe, c'est dur et ça fait moins d'argent. Ça rapporte moins d'argent en fait.
- Speaker #1
Après il explique aussi qu'il y a quand même des condamnations, qu'il y a quand même des choses.
- Speaker #0
Il y en a, mais après c'est quand même dérisoire. En vrai de vrai.
- Speaker #1
On le voit dans le docu.
- Speaker #0
On le voit, mais il a beau t'expliquer tout ce que tu veux, Nous, on a fait plein de procès où le mec, il repartait avec... Déjà, il repartait avec du cerveau. Ou c'était des peines... Tu sais, ils te demandent, ils mettent même pas du bracelet. Ils mettent rien. Oui, j'ai vu ça.
- Speaker #1
Même les mecs en question, ils désespèrent un peu, tu vois. Les bénévoles de l'assaut et tout, qui disent encore un, encore une fois, vas-y, il ne faut pas lâcher et tout. C'est une dinguerie quand même. Et justement, comment... Moi, quand je vois le docu, je me dis, mais finalement, on ne part pas avec des clés pour protéger nos enfants. Vous, ça serait quoi vos conseils par rapport à ça ?
- Speaker #0
Ça serait d'être... C'est à un enfant d'être présent, d'être à l'écoute, d'être observateur, de surveiller le téléphone et tous les outils où il communique avec des gens en dehors de la maison. Ça peut être la play, ça peut être plein de choses. Après, il y a aussi l'éducation, les conseils, c'est-à-dire cette zone-là de ton corps, personne n'a le droit de la toucher. Même moi, par exemple, je n'ai pas le droit de la toucher. En gros, je te demande la permission. pour vraiment mettre des limites dans le cerveau de l'enfant. Et ouais, ça serait de mettre un terrain de communication bienveillant, que l'enfant, tu sais, il n'ait pas peur de parler. Exactement. Il ne pense pas que, en fait, c'est lui le fautif, ou qu'il va t'énerver. Tu vois, il y a plein de choses comme ça. Toi, quand tu faisais une diarhée quand tu étais enfant, tu avais peur d'en parler. Tu te dis, je vais causer un problème dans la maison.
- Speaker #1
Des fois, pour des trucs vraiment claqués, en plus.
- Speaker #3
Quand il y a des trucs plus compliqués.
- Speaker #1
de la réaction du père ça c'est pas normal et peut-être plus d'intervention dans les écoles aussi j'imagine démocratiser ça au maximum là la première étape par exemple parce que je sais qu'il y a beaucoup de mamans qui écoutent ce podcast là premier conseil qu'on peut leur donner la chose la plus facile à faire à mettre en place ça serait quoi ?
- Speaker #3
moi j'ai entendu parler d'un truc là il y a pas longtemps sur Youtube ils en avaient un peu un peu fait la promo, je sais pas parce que je suis plus jeune entre guillemets, je suis plus un ado ou un enfant, tu vois, donc je sais plus comment ça se passe, mais il y avait un délire des save phones c'est un délire qu'ils ont essayé de mettre en place, c'est-à-dire que c'est des téléphones qui sont pré-programmés pour de toute façon t'interdire l'accès à certains trucs du monde, parce que il faut partir du principe qu'en fait un enfant en dessous de 15 ans, tu vois pré-ado on va dire, sur Insta, il n'a pas besoin, tu vois ce que je veux dire genre, il n'a pas besoin d'y être, donc des téléphones qui peuvent être pré-programmés Pour que d'office, de toute façon, ils n'auront pas ces problèmes-là, puisqu'ils n'auront pas accès. Si maintenant, tu veux, tu es plus dans un truc de leur laisser la liberté, et moi, je veux qu'il ait quand même son téléphone et sociabiliser avec les gens, je ne veux pas qu'il s'enferme. Il faut checker. Alors, soit, à la manière plus radicale, tu checkes le téléphone, de temps en temps, et tu risques de rentrer dans l'intimité de ton enfant. Il y en a à qui ça ne plaît pas, ok. Mais si ça ne plaît pas, dans ces cas-là, il faut être très observateur. Le moindre comportement suspect de ton enfant, dès que tu sens que je sais pas il a pas faim que il baisse les yeux que d'un coup il a un changement de comportement dis-toi qu'il y a un truc et questionnez le soir est-ce que ça va, est-ce qu'à l'école il y a eu des trucs qui t'ont perturbé il y a des trucs qui t'ont gélé les enfants ils ont du mal quelque part,
- Speaker #0
ils savent mentir sur des trucs à la con, mais sur des trucs aussi sérieux tu vas sentir qu'il y a un petit nœud qui va se créer, et donc là dans ces cas-là il faut creuser si l'enfant a du mal à parler par exemple ça peut être lui demander de faire un dessin ou d'expliquer avec des jouets Tu humanises un peu le jouet pour montrer une situation. Après, les mamans, elles ont l'instinct maternel. Elles ont directement ce truc de protection où nous, on ne va rien leur apporter. Mais ça peut être par être observatrice, ne pas faire confiance. Parce que parfois, il y a des voisins, tu peux laisser ton gosse. Mais en vrai, tu ne sais pas. Tu ne peux pas laisser ton gosse au voisin. Dans l'après-midi, il y a son cousin qui va passer. Sauf que son cousin, tu le connais apte. Le danger peut venir de là. Donc même aller dormir chez un ami, le père... En fait, tu ne connais pas les gens.
- Speaker #1
Il faut trouver un équilibre aussi entre la parano et le côté vraiment très maternel, très ludique où il faut sensibiliser l'enfant. Mais je pense que la responsabilité... du parent, ça va être la remise en question. Parce que je repense aux excuses que les parents ont eues. Par exemple, celui de l'athlète. Ou même de, ouais, mais tonton, s'il vient plus, on pourra plus fêter Noël. Enfin, je veux dire, au bout d'un moment, il y a un deux poids, deux mesures. Il faut une cohérence entre l'éducation et ce que t'as dans la tête. Cette remise en question, elle est importante aussi. Et sans jugement, encore une fois, je pense que moi le premier, je suis pas le mec le plus lucide à des moments donnés. Mais c'est juste que des fois, je peux avoir spontanément des idées comme celle de me dire non, ça, c'est pas important, c'est pas important. Et puis finalement, on me dira peut-être que si j'avais écouté un peu plus un ami ou une amie. Il y a des choses qui ne se seraient pas faites.
- Speaker #0
C'est vrai.
- Speaker #1
Donc,
- Speaker #3
ouais. C'est l'équilibre aussi entre laisser ces enfants découvrir leur propre sexualité, avoir des trucs comme ça, de grandir. Parce que, on a tendance à dire, aujourd'hui, les jeunes, ils font plus l'amour, plutôt machin. Je pense que dans les années 60, en vrai, à 12 ans, il y en a qui avaient déjà fait l'amour. Mais avec des enfants de 12-13 ans. Et l'indifférence, elle est énorme. Parce qu'avec un adulte, bon déjà, c'est pas légal, ça s'appelle de la pédophilie, tu vois. pédocriminalité, mais c'est surtout qu'il y a un ascendant psychologique, il y a plein de choses qui se mettent en place donc c'est trouver cet équilibre entre la liberté de l'enfant de se découvrir, mais c'est avec des jeunes de son âge, c'est avec tu vois, c'est dans un contexte de son âge, dans un truc et c'est difficile parce que voilà, il y en a qui sont en mode mais je veux pas mon enfant après il va être enfermé dans un truc, il va avoir peur de tout, non, si un adulte vient parler à ton enfant peu importe les conditions, c'est pas normal,
- Speaker #1
je sais pas ce que je veux dire, si l'entraîneur il reste,
- Speaker #3
il machin, l'enfant il parle plus tard que les autres, c'est pas normal. Comportement bizarre. De toute façon, il faut être alerte sur ça et pas être candide. « Mais non,
- Speaker #0
l'entraîneur est gentil. Il n'oserait jamais faire ça. » Il faut s'informer, en fait. C'est pour ça que c'est important de regarder ce qui se passe. Parce qu'à la télé, si tu attends le 20h pour être informé sur la pédophilie, tu vas attendre 22h, 23h, 24h, minuit. Et en fait, le truc, c'est que il faut... Il faut s'informer, il faut regarder, il faut même suivre des gens qui se battent pour ça. Tu sais, qui se battent pour les enfants en France. Il y a plein d'assos qui... Tu sais, des assos subventionnés par l'État qui sont là sur Insta et qui sont... Et il faut regarder ça. Après, maintenant, je voulais revenir sur... Tu parlais de sexualité des enfants. Un enfant, aujourd'hui, tu ne peux plus le protéger de voir des images. Bien sûr. surtout maintenant il y a les Nasdaq les gens en fait ils comprennent pas tout le danger qu'il y a derrière ce genre de gens parce que il y a des petites meufs qui viennent de toute la France pour être dans la villa et gagner des abonnés, avoir de la visibilité sauf que c'est des meufs parfois elles ont 16, 17 dernièrement il y avait une meuf ils avaient dit qu'en gros c'était une ancienne escorte sauf qu'elle était escorte quand elle était mineure Merci. Et elle s'est mangé un pressing, elle s'est mangé un harcèlement sur les réseaux sociaux de fou. Genre, c'est une nanani nanana. Sauf que la meuf, elle était escorte mineure. En fait, on banalise aussi la pédomie dans la prostitution. Et c'est pour ça que c'est dangereux de suivre ces gens-là comme des stasses.
- Speaker #1
Ouais, après, c'est encore un autre travail. Ouais, un autre travail. Moi je suis d'accord avec ça, le problème c'est que l'accès à l'information est devenu beaucoup trop accessible pour le coup.
- Speaker #0
Et en même temps...
- Speaker #3
Il répond à une demande en fait aussi quelque part. Il l'a créé même. Il l'a créé aussi, mais si ça marche aussi bien, j'ai entendu je crois qu'il était premier make de Twitch du monde quasiment ou un truc comme ça, c'est un délire.
- Speaker #0
Non il y en a deux en France, il y a Ashmi et Nasdas. C'est les premiers sur Snap et ils sont payés. C'est un truc de ouf.
- Speaker #1
Enfin, c'est un autre sujet, mais j'ai une dernière question pour vous. Est-ce que ce n'est pas dangereux pour vous, ce que vous avez fait ? Est-ce que vous n'avez pas peur de représailles ? Est-ce que ça ne vous a pas mis en difficulté à un moment donné ? Est-ce que vous avez reçu des menaces ?
- Speaker #3
Oui, mais pas de ce qu'on pense.
- Speaker #0
De la DGSE ?
- Speaker #3
Pas de l'autre côté, du côté des assauts. Du côté des astros, on ne s'étendra pas forcément plus sur le sujet parce qu'on n'a pas, tu vois, forcément, mais on a eu... Non, tu as roulé, tu peux faire. On peut, mais oui, oui, on a eu des menaces en rentrant dans ce milieu-là parce que certains avaient énormément peu de confiance, enfin très peu de confiance en nous, pensaient qu'on était des journalistes et ont joué les gros bras avec nous à un moment parce qu'ils voyaient qu'ils étaient jeunes aussi et nous ont dit, voilà, on a eu des paroles du genre, là, vous ne savez pas où vous mettez les pieds, là, ça peut être dangereux pour vous, faites attention, tu vois.
- Speaker #0
On a eu des trucs comme ça. C'est plus de l'ego. Il y a certaines assos qui ont beaucoup d'ego et qui se mettent en avant, même avant le combat. C'est un peu super-héros. C'est un peu du sauveur. Il nous a donné des règles pour le documentaire que nous, on ne pouvait pas assumer. C'est le sujet avant l'assaut. et ouais du coup ils nous ont C'est des petites menaces, mais après, c'est rien.
- Speaker #3
Et surtout, ça a été plus... Après, une fois qu'on est rentré dans le truc et qu'on est rentré dedans, on a eu sur la vidéo, quand ils ont mis sur YouTube, il y a eu des commentaires un peu désobligeants, un peu malheureux de certaines personnes qui nous attaquaient sur des petits jeunes qui font un docus sur la pédocrinité. Tu ne connaisses rien qui font ça parce qu'ils veulent un projet, parce qu'ils veulent un truc. J'ai envie de te dire au fond... On les emmerde en vrai. On les emmerde déjà et puis juste réfléchis deux secondes. Lui forcément, nous on fait un docu pour aussi... Parce qu'on a envie de parler de ça, mais parce qu'on a envie de faire des projets. On est des artistes aussi avant tout. Mais ce n'est même pas une raison en fait. ton argument on a quand même parlé de la pédocriminité on a avancé le truc et on a défendu un sujet c'est ça être artiste t'es pas des martyrs je sais pas du truc non c'est normal exactement donc il y a eu des trucs comme ça il y a eu des trucs de genre ouais non mais la pédocrinité c'est plus compliqué que ça machin creuse frère t'es en slip dans ton salon commence pas à me dire que voilà tu connais bien le truc c'est flemme quoi ouais je vois en tout cas
- Speaker #1
Intercepteur on peut voir sur Youtube documentaire qui mérite d'être mis en avant Merci. Merci à vous pour ce travail.
- Speaker #0
Merci à toi. On est content de vous avoir reçu.
- Speaker #1
Où est-ce qu'on peut vous retrouver déjà ?
- Speaker #0
Au Palamark Café. A tous les Jeunes. A tous les Jeunes. Vous pouvez nous retrouver dans le 19e. Après, sur Insta, où on poste notre taf. Et après, on peut nous retrouver.
- Speaker #1
Et vous n'êtes pas fermé, vous n'êtes pas cantonné au documentaire ? Non, ça, je l'ai fait.
- Speaker #0
On est de la fiction de base, en étant comédien aussi. Donc forcément, on touche plus à la fiction. Et là,
- Speaker #3
on est sur l'écriture de projets. Salim s'est beaucoup remis dans l'acting aussi. Je pense que les gens risquent de revoir nos têtes sûrement. Et Max,
- Speaker #0
il a une boîte de prod avec deux amis à lui. Ça s'appelle Déjà vu film. Oui, Déjà vu film. Leur bureau,
- Speaker #3
jeune boîte de prod. Et du coup, l'idée, c'est de produire nos films, de s'avancer, d'aller jusqu'au long métrage et de pouvoir... porter des sujets qui nous touchent sur grand écran.
- Speaker #1
Et où est-ce qu'on peut te retrouver ?
- Speaker #3
Moi pareil, les réseaux, sur Instagram, j'ai ma page,
- Speaker #0
je poste mes projets, il y a la bande-annonce du docu, il y a des trucs de mon dernier projet aussi. Et voilà.
- Speaker #1
Super. Eh bien les gars, il n'y a plus qu'à se dire au revoir. Et force pour l'aspect.
- Speaker #0
Et bravo à toi pour ce que tu fais. Tu portes aussi la culture. À travers, on a des amis en commun comme Nicolas Seigné.
- Speaker #1
On t'embrasse.
- Speaker #0
qu'on embrasse très chaleureusement et c'est bien ce que tu fais tu ramènes la parole, tu crées des connexions et merci pour ça Avec plaisir,
- Speaker #1
merci en tout cas Merci à toi On se dit au revoir, on se dit à bientôt et d'ici là, n'écoute pas les conseils des gens, écoute leur histoire Dernière chose, booster à fond pour les personnes qui sont intéressées pour la création de podcast, j'ai lancé ma formation tu vois sur podcastformation.com il y a les détails d'ici là, on se voit en vue, ciao