- Speaker #0
Sa simple présence, de voir un Congolais qui passe sur TF1 à l'heure de grande écoute et qui est apprécié par tous, juste ça, c'est une revendication sociale. Pour moi, ça reste un mouvement, mais c'est un mouvement aussi qui s'est commercialisé, dans lequel il y a beaucoup d'argent, il y a beaucoup de gens qui ne sont pas issus de ce mouvement, qui en profitent et qui font beaucoup d'argent. Il y a des civilisations qui se sont éteintes. Donc pourquoi pas le hip-hop ? On a vécu quelque chose d'exceptionnel.
- Speaker #1
On dit qu'on n'a qu'une vie. Et si en vrai, on n'avait qu'une seule main ? Moi, c'est Osama. J'ai vu ma vie défiler et depuis, j'ai changé de mental. De l'usine à la fac et de la fac à l'entrepreneuriat, j'ai lancé Artisans d'Esprit. Et si t'es ici, c'est pour entendre des récits vrais de gens qui doutent, qui tombent, mais qui avancent avec foi. Notre but, valoriser les quartiers de France. Parce qu'ils portent des talents, des rêves et des combats. Artisans d'Esprit, c'est des échanges sincères, authentiques et sans langue de bois. N'écoute pas les conseils des gens. Écoute leur histoire, c'est maintenant sur Artisan d'Esprit. Les amis, je vous présente Alex, a.k.a. DJ Flex Tagada, a.k.a. Flex T'attends Quoi, a.k.a. Flex plein de choses en réalité.
- Speaker #0
Non mais laisse tomber les gens, avec le Vougourneau, on a plein d'a.k.a. comme ça en premier.
- Speaker #1
Il y a vraiment plein d'a.k.a. Tu fais beaucoup de choses dans ta vie, notamment tu as commencé par être DJ et tout, mais aujourd'hui tu as deux podcasts, tu as confondé le podcast qui est très récent. Ah,
- Speaker #0
tu parles de Thomas ?
- Speaker #1
Ouais. qui parle du basket et de la culture autour du basket et un podcast qui est un peu plus vieux qui a beaucoup plus d'expérience qui est Parole Véritable qui reçoit beaucoup de personnes, des personnalités un des derniers là que je suis en train de regarder que j'ai pas fini encore avec notre cher
- Speaker #0
Edgar Yves Edgar Yves il dure 4h on a pas vu le temps passer en le faisant et après on s'est dit mince 4h qu'est-ce qu'on fait Merci. On s'est dit, on brabe tout d'un coup.
- Speaker #1
Franchement, vous avez raison. Il y a une première question que je pose à tous mes invités. C'est comment va ton cœur ?
- Speaker #0
Waouh ! Alors, déjà, petite technique. Permets-moi de te remercier déjà de m'inviter. Force à ton projet, j'y crois. On se connaît depuis quelques années. Tu es une personne que j'apprécie. Je reconnais ton sérieux, ta détermination. Et je sens que tu as un truc. A chaque fois que je te vois, je sens que tu as un truc, etc. C'est pour ça qu'on parle souvent de projet et tout. Quand tu m'as invité à venir, ça m'a fait plaisir, ça m'a honoré. Si tu as besoin de quoi que ce soit, n'hésite pas. Comme on dit, c'est la famille. Très bonne question, ça m'a laissé le temps de réfléchir. Écoute, je pense qu'aucun cœur ne va bien. Enfin, va à 100% bien, je veux dire. Parce qu'il y a des blessures de la vie, plein de choses qu'on a en nous. Mais ce n'est pas parce que ton cœur ne va pas 100% bien que tu dois te morfondre ou tu ne dois pas t'apitoyer sur ton sort. Tu dois continuer d'avancer quoi qu'il arrive. Tant qu'il bat, il va bien. Je dirais ça. Évidemment, on a tous nos problèmes persos, etc. Quand tu regardes ce qui se passe dans le monde, en vérité, on est très bien lotis. Il faut relativiser. Pour répondre simplement à ta question, mon cœur va bien.
- Speaker #1
Bon, tant mieux, ça fait plaisir à entendre. C'est toujours une question particulière. Je sais pas mal la feinte où tu as gagné du temps. Mais en tout cas, j'apprécie beaucoup. Et je pense que c'est réciproque. Merci,
- Speaker #0
merci.
- Speaker #1
Deuxième question un peu moins profonde, mais intéressante. Est-ce que tu peux me raconter ta jeunesse, mais à travers ton quartier ?
- Speaker #0
Ok. C'est une très très belle question Merci T'es fort, t'as une très belle question En fait, ma jeunesse Je pense qu'on avait Tu vois le Troumancho ? Moi je viens de Morte-la-Jolie, Val-Fouray Je te dis le Troumancho parce qu'on est loin On vit un peu en autarcie Et en fait c'est un peu le village des réductibles gaulois On vit dans un espèce de grand village Qui s'appelle Val-Fouray Où tout le monde se connaissait, tout le monde s'appréciait Il y avait un mélange culturel Ça ne s'appelait même pas comme ça à l'époque, c'était normal. Il y avait des Français de souche, des immigrés de première génération, etc. Mais moi, mes parents viennent de Guinea-Bissau, Sénégal, donc on se mélangeait, on était intégrés. Il n'y avait même pas ces histoires d'intégration. Tu venais, on parlait français, je m'appelle Alexandre. Donc l'intégration, ce n'est pas quelque chose de nouveau. Franchement, on a vécu quelque chose d'exceptionnel. Et avec mes potes, quand on se voit aujourd'hui, on en parle et on se dit, mais en vérité, on a vécu un truc de fou. Parce que cette espèce de grand village-là fait que tout le monde comptait les uns sur les autres, tout le monde élevait les enfants de tout le monde.
- Speaker #1
Ouais, c'est vrai ça.
- Speaker #0
Appréciés.
- Speaker #1
Les grands, ils élevaient les petits, même si c'était le voisin. Exactement.
- Speaker #0
Encore aujourd'hui, j'ai des anciens, je leur raconte des leçons qu'ils m'ont données dans des moments du quotidien. Tu vois ce que je veux dire ? Le truc où un jour, un ancien qui m'a mis une petite giflette comme ça, parce que je lui ai serré la main sans le regarder dans les yeux, Maje ! Petit Double, parce que Double c'est mon grand frère. Et on regarde toujours les gens dans les yeux quand on leur fait la main. Ça m'a marqué, je me suis dit ouais. Et il m'a expliqué après qu'au fur et à mesure que c'était une marque de respect. C'est un truc comme ça. On était vraiment dans un espèce de cocon, où on s'entendait bien, même avec la police, même s'il y avait deux, trois trucs et tout. Les policiers connaissaient les gens par leur prénom. Ouais. Mais pas forcément pour des mauvaises choses. Ils savaient que, toi, t'es le petit frère de truc, rentre, allez, il est tard, des choses comme ça. Les conversations qui durent jusqu'à pas d'heure, avec des garçons, des filles, il n'y avait même pas cette notion de truc bizarre, on était vraiment... Non, on est au bas du quartier, on discute, on vanne, on rigole, et tout et tout. Et ça, ça nous a créé un lien qui ne mourra jamais. À chaque fois qu'on se revoit avec les potes d'enfance, c'est instantanément ce sentiment ironé. On se pose et on se vanne, etc.
- Speaker #1
Et c'était quoi votre routine, par exemple, l'été ? Je sais que nous, chaque été, on avait nos mêmes jeux, nos mêmes routines. Vous, c'était quoi ?
- Speaker #0
Moi, j'ai commencé à mixer tôt, vers 13 ans et demi. Oui, d'accord. Très vite, ça a été le mix, mais surtout le basket ou les matchs de foot interquartiers. Le terrain de foot, de basket, c'était vraiment l'endroit où tout le monde se réunissait. La kermesse,
- Speaker #1
ça se faisait aussi sur le terrain ou pas ? Parce qu'il y avait une fois de temps en temps une kermesse.
- Speaker #0
Ça se faisait de l'autre côté, mais c'était vraiment cet esprit de village où tu voyais des mecs qui étaient dans les entrées, d'autres qui étaient sur les barrières, d'autres qui étaient sur le terrain, d'autres qui étaient sur la pelouse, d'autres qui étaient là, etc. C'était cette espèce de... de kermesse vivante constante. Et des fois, tu sortais à 2h du matin, t'avais l'impression qu'il était 2h de l'après-midi. Des petits qui jouaient au foot, des trucs, etc. Et c'était safe, parce qu'il y avait même les darons qui se posaient, qui discutaient jusqu'à pas d'heure, en été, et tout, et tout. C'était vraiment magnifique comme époque.
- Speaker #1
Je me souviens d'une époque, parce que moi, j'habitais pas en Ile-de-France. J'habitais dans le 60. Et je sais que même nous, on avait un couvre-feu à respecter et tout, tu vois. Parce qu'une rixe... entre des mecs de mon quartier et des mecs d'un quartier de la ville voisine de Gréil. Il y avait eu une grosse galère et tout. Il y a eu malheureusement des décès et tout. Et en fait, ça partait en guerre de quartier et tout. Et ils ont instauré justement cette loi-là pendant quelques temps. Mais mine de rien, ça n'a pas empêché aux gars du quartier de sortir, de se poser sur le bâtiment sans que ça parte en cacahuète avec la police et tout. parce qu'il y avait des gens cette forme de proximité aussi. Peut-être pas aussi proche que la vôtre, mais il y avait ce truc-là où nous, contrairement à ce qu'on pouvait voir en Ile-de-France, il n'y avait pas ce truc où il y avait la police qui cherchait. Parce qu'on a déjà vu des émissions, on a déjà vu même face à face des policiers qui cherchaient d'autres personnes et inversement des personnes qui cherchaient des policiers. Donc il y a... Et une des raisons pour laquelle ils faisaient ça, enfin ils ne faisaient pas ça en tout cas les grands de nos quartiers, c'est que nous aussi on était un peu dehors. Et ne voulait pas nous influencer de la mauvaise façon. Toi, c'est quoi l'influence que tu as eue par rapport aux grands, mis à part la petite claque ? Qu'est-ce que tu as vu chez les grands qui t'a inspiré confiance en l'avenir ?
- Speaker #0
Le fait qu'ils soient très protecteurs. En fait, ce que j'aimais bien à Morte la Jolie, et à l'époque où j'y ai grandi, c'est que les grands étaient très dans le... On fait nos trucs, mais on préserve les petits. On ne leur montre pas. on ne le glorifie pas. Et surtout que dès qu'il y a un problème ou je ne sais pas quoi, les petits, dégagez, ne restez pas ici, ce n'est pas pour vous, rentrez chez vous, il est tard. Moi, il y a eu des émeutes à Montelagevilliers en 91, etc. Je n'ai rien vu parce que mes grands frères ou mes autres grands frères par extension, les grands du quartier, à chaque fois, ils disaient, dégagez, rentrez, ne restez pas là, etc. C'est comme si on avait des œillères, mais c'était juste les grands qui faisaient barrage et qui nous protégeaient de voir certaines choses parce qu'ils ont préservé notre innocence, tu vois, le plus longtemps possible. C'est plus le cas aujourd'hui. Et il y avait cette hiérarchie très nette. Les grands ne galéraient pas avec les petits. Je raconte souvent cette anecdote. Je l'ai racontée d'ailleurs à Driver. Driver, je me souviens, il était venu au quartier voir Kurt Rath, expression directe. Et ils avaient passé la journée, etc. Et à la fois, Driver, l'une des premières fois que je l'ai rencontré, je lui ai raconté ça. Je lui ai dit, je t'ai vu, j'étais là. Sauf que tu étais avec les grands et je n'avais pas le droit de venir te saluer. Parce qu'il y avait cette hiérarchie de les grands sont avec les grands et les petits sont avec les petits. Il ne faut pas que ça se mélange parce que tu as des choses que tu ne dois pas entendre. Donc il y avait ce côté protecteur et je les remercie encore, les grands frères, qu'on fait ça. Parce que ça permettait, comme je te le dis, de préserver notre innocence et aussi de nous préparer doucement à voir des choses pas cool. Mais tu as parlé de Rix, moi je tiens... Alors évidemment, c'est quelque chose de déplorable, mais c'est malheureusement l'une des conséquences de la vie en proximité, etc. Il y a des groupes qui se forment, il n'y avait pas forcément le dialogue. Parce que des fois, il faut des entremetteurs, des intermédiaires qui permettent aux gens de dialoguer. Et c'est quelque chose qu'il n'y a pas forcément toujours. Donc, il y a eu des drames qu'on déplore. Mais il faut dédramatiser. Il ne faut pas penser que tout le monde participe au RICS.
- Speaker #1
Oui, bien sûr.
- Speaker #0
Et il faut instaurer le dialogue le plus tôt possible pour dire aux gars, bon, on a des indifférents, mais ça peut se régler.
- Speaker #1
Oui, totalement. Pourtant, c'est un truc qui est dans notre culture, la culture africaine. Mais ça, c'est plus dans le contexte familial. Tu vois, par exemple, il y a un couple qui ne va pas bien ou entre les frères et les sœurs, ça ne va pas bien et tout. Il y a l'ancien du village qui vient et qui fait le modérateur un peu. Mais c'est vrai que c'est dommage qu'on n'a pas eu ça à une plus grande échelle pour continuer un peu dans cet aspect culturel. Maintenant, on ne peut pas tout avoir non plus.
- Speaker #0
Il y a des choses de la vie, malheureusement, mais il y en a partout, je veux dire. des gens qui s'entendent pas et qui se font du mal il y en a partout, dans tous les lieux on dirixe, dans d'autres contextes on appelle ça la guerre des boutons à l'été c'est des jeunes qui se battent parce qu'ils arrivent pas à se parler ça arrive partout malheureusement ça fait partie de la nature humaine,
- Speaker #1
on va pas se mentir malheureusement donc tu grandis dans cet environnement là t'as dit que t'avais commencé à mixer à l'âge de 13 ans mais juste avant de rentrer dans l'adolescence t'étais comment à l'école ? studio,
- Speaker #0
bon élève Ouais Moi, j'ai toujours eu cette soif d'apprendre. Donc, quand il y a un adulte qui vient et qui nous donne de la connaissance, moi, je n'en ai pas. En plus, c'était encore une autre époque où on avait peur des adultes, on respectait.
- Speaker #1
Il y avait encore la fessée à l'école. Exactement,
- Speaker #0
exactement. Ce mon père avait, on avait un directeur, ceux qui savent, M. Lambé, à l'école Anna de Noailles à Montelagély. Il n'hésitait pas à nous corriger physiquement, des gifs ou des trucs comme ça. Bon, il a exagéré sur deux, trois... Je ne reviendrai pas là-dessus, mais il s'était lâché sur deux, trois petits. Mais en fait, tous les pères du quartier lui avaient donné carte blanche.
- Speaker #1
Ouais, je vois.
- Speaker #0
Et en plus, il buvait des coups avec mon père au bar et tout. Ça crée de la proximité encore plus. Non, mais ça crée de la proximité, mais ça fait surtout... Les adultes sont unis pour faire en sorte que tu ne dérapes pas. et que tu es peur de l'autorité, que tu respectes l'autorité. Pas forcément peur, mais que tu respectes l'autorité. Là, aujourd'hui, c'est plus le cas. Aujourd'hui, le prof, il met une heure de colle à son élève, le prof, il veut se battre avec le prof.
- Speaker #1
C'est une dinguerie. Il y a beaucoup de choses qui ont évolué et pas forcément dans le bon sens au niveau scolaire. Et même dans l'animation en soi. Pour avoir été animateur, j'en ai vu des dingueries. Enfin. Et donc, ok. Là je comprends un peu mieux le personnage, donc comment tu, naturellement, je connais un peu la réponse, mais comment tu te retrouves à baigner dans le milieu du hip-hop ?
- Speaker #0
J'ai des grands frères qui sont nés avant le hip-hop, qui l'ont vu arriver, qui l'ont pris à bras le corps, etc., et qui nous ont transmis naturellement. Moi je voyais ce qui, quand t'es petit tu veux ressembler à ton père ou à tes grands frères, etc., donc forcément... J'ai découvert les Public Enemy, Naughty by Nature et Consort par mon grand frère Bernard, qui lui-même l'avait découvert le début du hip-hop avec mon autre grand frère Jacques. Après l'autre, il était plus vieux, donc pour lui le hip-hop c'était un truc de petit. Il ne s'y intéressait pas. C'était plus jazz, funk, etc. Donc tout naturellement, il y a eu tout ce qui est son de la Motown, Michael Jackson et tout, toute la black music qui est arrivée. Parce que dans le quartier, on écoutait de la funk, tu vois ce que je veux dire ? Même mes potes, Robbeux, etc., tous les grands, les Kiffman, comme on les appelle, c'était de la funk. Donc tout ça, ça a découlé naturellement vers le hip-hop. Et on était très, très, très New Jack. New Jack au début, et après ça a glissé vers le hip-hop, etc. Et ça fait partie des choses avec lesquelles tu te construis.
- Speaker #1
Et pourquoi tu commences par mixer ? Pourquoi pas le rap, par exemple, ou l'écriture ?
- Speaker #0
Alors, tout en fidance, j'ai commencé par le rap, ça a duré deux semaines, je me suis rendu compte que ce n'était pas pour moi. J'ai commencé avec G-Storm, avec mon pote DJ Dusty, Poison, Poison qui est maintenant un rappeur reconnu. On a commencé, etc. J'ai commencé une semaine ou deux après et je me suis rendu compte que c'était plus à ce qui se passait derrière le micro. Mais je pense que je voulais m'exprimer et il fallait que je trouve un moyen. Après, on a été pris sous l'aile de nos grands DJ Neuf, DJ Sphinx, DJ Lynx. Big Up à eux d'ailleurs, qui ont senti ce truc, c'est DJ Milsip à son âme, qui ont senti cette... Cette envie et cet amour pour la musique. Parce que ça commence par ça avant tout. T'as l'amour de la musique, t'as vraiment envie de faire des sacrifices pour t'y intéresser. Totalement.
- Speaker #1
Et je pense que c'est ça qui fait qu'un jeune apprendra toujours au mieux que si on le force. C'est quand il voit la passion chez quelqu'un. Et en fait, ça lui donne envie plus d'être passionné que d'apprendre, je pense. C'est cette utilité-là qui fait la différence. Et donc, tu commences par le DJing. Comment ça se passe ? Raconte un peu cette expérience.
- Speaker #0
DJ sans platine. à l'époque des vinyles donc j'achète des vinyles etc mon pote de DJ 2P Mohamed lui réussit à s'acheter sa maman lui achète des platines Jiminy à l'époque pas en entraînement direct à Courroie et donc on galère ensemble c'est mon meilleur pote donc on découvre un petit peu le métier mais il faut savoir qu'avant ça avant qu'on ait des platines nous Avec toute notre bande de potes, toute notre bande d'amis, on se connaissait, des collèges, du collège ou des autres collèges, etc. Tous les samedis, on organisait ce qu'on appelait des après-midi. C'est-à-dire que nous-mêmes, on se prenait en main, c'était pas les grands qui nous aidaient ou quoi que ce soit, on s'organisait pour « Ah, tes parents sont pas là ? Vas-y, moi j'ai un lecteur CD, moi j'ai une table de mixage, toi ramène des CD, toi ramène du jus, toi ramène des gâteaux, etc. » Et tous les samedis, on s'organisait, on se faisait nos petits après-midi. Pas vraiment des soirées, mais tu vois, tout le monde mettait dans un pot comment ses connaissances ou ses moyens, et on faisait en sorte de s'amuser. Commencer les petites amourettes, etc. Mais voilà, ça, ça m'a forgé à cette idée de vouloir faire plaisir aux gens en leur permettant de danser, de s'amuser, etc.
- Speaker #1
Ça vous a amené jusqu'où, cette première étape ?
- Speaker #0
On a organisé de plus grandes après-midi, de plus grandes après-midi, etc. Et ça nous a... Après, Despi et moi, on a percé le plafond de terre où c'était les grands après qui nous invitaient dans les soirées, à mixer dans leurs soirées.
- Speaker #1
Petit message.
- Speaker #0
Oui, bien sûr. En fait, ça nous a fait grandir un peu plus vite parce que très vite, on a côtoyé des plus grands que nous dans des soirées, dans des trucs, etc.
- Speaker #1
Ça, c'est une étape de fou dans ta tête. Tu te dis que tu es validé par les plus grands. C'est ça. Est-ce qu'à ce moment-là, tu te dis, vas-y, je vais en faire mon métier ? Parce qu'il me semble que j'ai vu un peu ton CV traîner. Tu étais commercial un peu au début.
- Speaker #0
En fait, ça, c'était un hobby. Après, tu es à l'école et que tu fais ton cursus classique d'école. J'étais commercial, j'étais vendeur, j'étais développeur, etc. Mais la musique, ça a toujours été un... hobby plus plus, qui me permettait de gagner un peu d'argent, de me construire aussi en tant que personne, etc. Et je faisais du basket aussi, donc il y en a dans les quartiers.
- Speaker #1
C'est soit foot, soit basket.
- Speaker #0
T'as des footballeurs, t'as des basketteurs. Nous, on était les DJs. T'as les pharmaciens de la street, etc. Nous, on était le groupe de DJs qui était connu, reconnu et apprécié par tous. Et moi, en fait, comme tu le dis, en capitale confiance, C'est incroyable parce que ma passion me permettait d'être validé comme tout le monde a des grands. Et j'étais plus simplement le petit frère de mes grands frères. J'étais un flex-star, le DJ, le machin, etc.
- Speaker #1
Est-ce que tu penses qu'avoir cette notoriété-là est beaucoup plus impactante que d'avoir une notoriété du style avocat à ton époque ?
- Speaker #0
Alors, c'est très bizarre, mais oui. Parce que avocat, c'est quelque chose qui n'était pas spécialement apprécié à sa juste valeur, parce que c'est un truc inaccessible, un peu austère, alors que DJ, c'est cool. Tout le monde devait être pote avec le DJ, les filles appréciaient les DJ. C'est vrai,
- Speaker #1
c'est vrai.
- Speaker #0
Alors qu'avocat, c'est le truc où on s'imagine ce qu'on voit à la télé, parce qu'il est loin de la réalité des avocats, tu vois. Et il y a une distance qui se fait. qu'il n'y a pas avec le monde de la musique. Et ça fascine en réalité, tu vois ce que je veux dire ? C'est parce que tu parles dans des soirées, dans des machins, on s'imagine toujours que le giguet, c'est je sais pas qui, alors que non, c'est juste un mec qui aime la musique, qui partage avec les autres.
- Speaker #1
On avance un peu dans le temps, donc avant d'avancer justement un peu dans le temps, à quel moment tu te dis, vas-y c'est bon, les études, tout ce qui est développeur, tout ce qui est commercial, etc., ça me va cinq minutes. Là, je pense que depuis le temps, j'ai vraiment une... une crédibilité je veux capitaliser sur cette crédibilité pour me concentrer sur ce que j'aime en mode passion plus plus ça s'est fait par plusieurs vagues parce que le truc en réalité c'est que vivre de la musique c'est très compliqué même quand t'es DJ,
- Speaker #0
il y a des gros DJ qui arrivent mais ils sont très très peu donc c'était plus ou moins le mix en avant mais les études, le travail moi j'étais rapidement père Donc forcément, t'es dans une vie de couple, une vie maritale, où t'es obligé quand même de bosser, etc.
- Speaker #1
Engagement, quoi.
- Speaker #0
Exactement. Donc, il y a des périodes où j'avais arrêté le mix, etc. Mais DJ un jour, DJ toujours. Donc je suis toujours DJ, donc de temps en temps, je mix, etc. Mais c'est pas ça qui te permet de vivre. Donc t'es obligé de conjuguer les deux. Le vrai déclic. Je dirais que c'était le Covid en 2020 qui nous a permis à tous de nous regarder dans la glace et de dire bon, là, le monde s'est arrêté. Qui es-tu ? Qu'est-ce que tu veux faire ?
- Speaker #1
Je ne pensais pas que c'était aussi récent, je pensais que c'était plus vieux.
- Speaker #0
Vraiment où je suis parti de zéro à 100% ? D'accord, switch total. Parce qu'avant évidemment, il y a des périodes où je bossais, des périodes où je ne bossais pas, mais j'ai toujours été DJ, donc j'étais plus ou moins, etc. En plus j'étais DJ d'artiste, etc. Donc j'ai tourné, j'ai fait tout ça. Mais quand j'étais dans les études, la question ne se posait pas. Et quand j'ai commencé à bosser, je bossais. Et quand je ne bossais pas, j'étais toujours DJ. Ça ne s'est jamais arrêté. Mais le truc où je me suis dit vraiment, allez. on y va à fond ouais c'est c'est Covid après moi je suis entrepreneur aussi depuis un moment tu vois donc j'ai déjà cette notion de débrouille-toi et c'est de bien sûr par ton travail tu vois mais vraiment en 2020 c'est là que je crée avec Arnaud qu'on crée le podcast moi je avec mon boulot je fais une rupture conventionnelle qui me permet de voilà de continuer de bénéficier des des aides et de me consacrer sur un projet pour construire quelque chose de plus grand.
- Speaker #1
Tu as une vraie capacité d'analyse et surtout tu as une expertise aussi par rapport à ton domaine. Parce que oui, tu as été DJ, tu as fait des prods. Tu es globalement dans l'univers de l'audiovisuel, parce qu'il y a la photo, il y a la vidéo et tout. On s'est rencontrés via Open Mind, via Francis. Francis qu'on embrasse et qui a fait un gros big up aussi.
- Speaker #0
Il faut qu'il passe d'ailleurs.
- Speaker #1
il va passer c'est prévu c'est prévu aussi qu'il passe mais je ne savais pas qu'il avait fini son taf donc je pense qu'en termes de dispo ce sera beaucoup plus récent que je ne croyais donc voilà au moins c'est officialisé par ce caméra plus pas sera t'inquiète pas t'es sur la liste depuis longtemps très bon gars vraiment Francis très bon gars en fait je vais te poser une question c'est qu'est-ce qui selon toi a changé dans notre rapport à la musique entre heureux. Est-ce qu'il y a une différence entre un jeune des années 90 qui écoutait de la musique et un jeune de maintenant, en 2025, qui écoute de la musique ?
- Speaker #0
Il y a une différence fondamentale. C'est l'accès à la musique et la quantité de la musique. Il y en a trop. Quand tu sais qu'en... Par jour, il y a 103 000, et des poussières, 103 000 sons qui sont uploadés chaque jour sur les différentes plateformes dans le monde. Quand tu sais que ce qui sort aujourd'hui en une semaine, c'est ce qui sortait en une année, je crois l'année 70 ou 73. Ce qui sort aujourd'hui en une semaine, c'est l'équivalent de ce qui sortait en une année. C'est énorme. Et en fait, trop d'informations tuent l'information. C'est-à-dire que nous, on avait le CD qu'on était en capacité d'acheter ou d'obtenir par un pote ou par un frère ou je ne sais pas quoi. Et ce CD-là, on ne l'écoutait pas qu'une fois parce qu'il n'y en avait pas 50 000. Donc tu l'écoutais, tu l'écoutais, tu l'écoutais, ça te permettait de découvrir et d'apprécier des albums sur la durée. Là aujourd'hui, il y a tellement de sons qui sortent qu'aussitôt il est sorti, aussitôt tu dois l'écouter et donner un avis. Tu te sens obligé par la suppression sociale des réseaux sociaux de donner un avis. Alors que des fois tu peux ne pas avoir d'avis, pas tout de suite.
- Speaker #1
Et puis je trouve qu'il est très souvent faussé l'avis, pour plusieurs raisons. Tu peux kiffer un ou deux. Moi quand j'écoute un album, c'est pour ça qu'aujourd'hui j'écoute plus beaucoup d'albums, c'est que je vais avoir un coup de cœur sur un seul ou deux morceaux, et je vais les écouter en boucle pendant des semaines ou des mois, tu vois. Et puis après quand je suis chaud, je réécoute l'album et je vois ce qui me plaît. Et le problème, et ça a été un vrai fléau pour moi pendant quelques années, notamment les années 2010, quand les gens faisaient des premières écoutes. Ils étaient là, ouais ils écoutaient, ouah truc de ouf, mais non c'est pas possible. C'est pas possible pour moi de faire une première écoute sur un album, surtout si l'artiste il a bossé. et capable de dire ouais vas-y tel morceau il est bien parce que machin parce que non c'est pas possible pour moi il y a des sons que tu peux kiffer tout de suite mais il y a des sons que tu vas détester au début et après ça va être les sons de ta life ça va être le son que tu vas kiffer parce
- Speaker #0
qu'il y a les hits qui sont voilà avec les ingrédients qui font que ça marche tout de suite mais des fois il y a le son 3 ou 4 que t'as pas calculé et un jour tu le réécoutes tu te dis mais c'est quoi ce truc là comment j'ai pu passer à côté c'est une question d'attention et de focus sur notre vie. La tension de span est de plus en plus courte. Et il y a trop d'informations.
- Speaker #1
Ça fait ça avec quoi ? Ça fait ça avec... Je m'en souviens encore, avec deux artistes, avec Rof et avec Youssoupha. Avec Rof, rien de spécial. Quand le morceau est sorti, quand j'ai écouté la bombe, je switchais à fond. Et un an plus tard, je me suis dit que c'était dinguerie ce morceau. Et Youssoupha, c'était avoir de l'argent ou un morceau comme ça, ou c'est pareil. Un peu beau son. profond, deep mais un peu brosson et ça ne mettait pas forcément sur un bon mousse qui ne fait pas et après avec la réflexion quand je l'écoutais jusqu'au bout je me disais en fait il est très très chaud le type,
- Speaker #0
vraiment et tu vois c'est le temps qui permet ça ouais,
- Speaker #1
le temps, le recul et puis même, Youssef Fall dit très bien les choses sont recomprises qu'à force de le dire c'est ça aussi, au bout d'un moment on est obligé de te répéter 20 000 fois les choses pour que ce soit un enfant peu importe l'être humain Non. Et ça fait vraiment une grosse différence. Et au-delà de la quantité et tout, est-ce que d'après toi, en termes d'éducation... Est-ce qu'il y a un impact ? Et si c'est le cas, à ton avis, il est comment l'impact ?
- Speaker #0
Alors, il y a un impact. Je n'ai pas envie de noircir le tableau et de dire qu'il est négatif. Pour moi, il est très positif. Parce que, autant nous, on était dans une culture contestataire où on essaie de revendiquer des choses, etc. Et il y a des choses qui ont avancé, des choses qui n'ont pas du tout, et même des choses qui ont reculé. Mais... Aujourd'hui, ça permet aussi à certaines personnes de s'en sortir. C'est un ascenseur social pour certaines personnes et ça crée des métiers. À chaque fois, on pense uniquement au métier de rappeur, mais il y a tout ce qu'il y a autour. Il y a des photographes qui sont découverts grâce au hip-hop, des danseurs, des avocats, des managers, des entrepreneurs, des gens qui font du textile, des tourneurs, des gens qui font des concerts. Ça a donné lieu à tout un écosystème de métiers, de gens. qui n'auraient peut-être pas pu avoir cette chance-là dans d'autres métiers, parce qu'il y a aussi certains endroits où l'ascenseur social est bloqué, et autant tu peux t'en sortir par le sport, mais ça c'est une poignée d'élus parmi des millions. La musique, entre guillemets, c'est accessible à tous, tout le monde ne peut pas arriver au stade où il peut en vivre et tout, mais tout le monde... peut participer à l'aventure. Et ceux qui sont les plus chanceux, les mieux organisés, les plus sérieux, peuvent s'en sortir. L'impact, il est réel. Culturel, social, même au niveau de la mode, etc. Mais ce n'est pas forcément les acteurs qui en bénéficient parce que nous, on est dedans. On ne se focalise peut-être pas forcément sur les bons aspects. Là où tu vois des grandes marques aujourd'hui qui ont complètement compris l'impact du hip-hop, de tout ça. et ils l'exploitent aujourd'hui parce qu'ils font des surveys, des machins, et qu'ils sont relayés par différents acteurs. Mais j'essaie de voir les choses avec positivité, et je pense que c'est une bonne chose et que l'impact culturel du hip-hop sur la société, sur le monde, il est positif.
- Speaker #1
Ok. Est-ce que tu penses sincèrement, quand tu vois l'évolution un peu de cette culture-là, avec ton expérience, que le hip-hop va disparaître un jour ?
- Speaker #0
Alors, il y a des civilisations qui se sont éteintes. Donc pourquoi pas le hip-hop ? Je pense qu'il ne va pas disparaître dans le sens où par un claquement de doigt il disparaît. Je pense qu'il va évoluer tout simplement. Il évolue déjà en soi. Le hip-hop, tu prends le hip-hop en 80, tu prends le hip-hop en 90, tu prends le hip-hop en 2000, tu le prends en 2020. Ça, c'est... limite quatre genres différents, tu vois ce que je veux dire. Mais ce que j'aime bien, c'est que faut pas se mettre des ailleurs, c'est pas un truc fermé ou figé, c'est un truc qui évolue parce qu'il évolue avec la société, il évolue avec la technologie, parce que l'hip-hop est très lié à la technologie, on l'oublie souvent.
- Speaker #1
Il y a eu par exemple le vocodeur qui est arrivé, il y a eu une génération de vocodeurs, après il y a eu la technologie, même dans les clips,
- Speaker #0
enfin un truc quoi. Donc l'accès rend possible à plusieurs et même des petits de prendre en main certains outils et de les faire évoluer et de trouver des utilisations alternatives. Et moi je pense qu'il va évoluer et il va permettre à d'autres gens de s'exprimer et moi je pense que ce mouvement, en fait parce que c'est toujours compliqué quand on parle du hip hop, est-ce qu'on parle de la musique ou on parle du mouvement ? Parce qu'on oublie souvent de dire que c'est un mouvement qui contient beaucoup de disciplines.
- Speaker #1
En vrai, il a tellement évolué qu'aujourd'hui, ce n'est plus un mouvement. En vrai, quand tu regardes aujourd'hui, c'est juste une façon factuellement de faire du bise, de faire de l'argent.
- Speaker #0
Comme tout.
- Speaker #1
Comme tout, tu vois. Sauf qu'avant, c'était un mouvement. C'était pour protester, c'était pour dire que ça n'allait pas en France, dans le quartier, etc. Aujourd'hui, quand tu regardes... Quand tu prends un jeune, quand tu vas au lycée, tu demandes à un jeune ce qu'il veut faire, tu sais très bien que parmi eux, il y en a, ils vont dire « je veux être influenceur, je veux être dans la villa de Nasdaq, tu vois ce que je veux dire ? » ou dans la villa de Hashmi ou un truc comme ça. Et en fait, le délire, c'est quoi ? C'est que pour moi, le mouvement, il n'existe plus, sauf pour les anciens, parce qu'on est attaché un petit peu à ce truc-là. et que maintenant pour les nouvelles générations, c'est juste une question de « moi tu veux » . C'est une question de branding. Ça reste du marketing. Je parle de la rue, je parle de substances, de machins et tout. De meufs et tout. Parce que je sais qu'après, je vais gagner de l'oseille, je vais avoir les meilleures caisses, les meilleures voitures et tout. Je généralise, bien entendu. Mais en réalité, tu vois, quand tu demandes à un jeune, je sais pas, demande à un jeune quel artiste il kiffe. La plupart, ils vont dire Jul. Parce que Jul, il a mis d'accord beaucoup, beaucoup, beaucoup de gens. Mais, mis à part les gens de Marseille, il y en a très peu qui vont dire « Ouais, regarde, il offre beaucoup d'albums, il met les gens bien, il fait en sorte de nous faire plaisir et puis nous, on lui rend sa force, etc. » La plupart, ce n'est pas forcément ça. Ça va être un cobaladé qui va être là. Malheureusement, tu vas le voir dans des snaps ou des trucs comme ça, ou tu vas le voir avec un ballon, tu vas le voir avec toi. Et malheureusement, il a changé. Mais il y a plus ce côté vraiment engagé. Je ne sais pas ce que tu en penses, je ne sais pas si tu es d'accord avec moi, mais l'évolution pour moi, elle est là.
- Speaker #0
Je ne suis pas d'accord, mais je vois ce que tu veux dire. Parce que tu te bases sur des faits, donc on n'est pas là pour nier les faits. Sauf que pour moi, j'isole ces faits parce qu'en fait, dans toute chose qui évolue, il y a des dérives. Évidemment, pour moi, ça reste un mouvement. Mais c'est un mouvement aussi qui s'est commercialisé, dans lequel il y a beaucoup d'argent. Il y a beaucoup de gens qui ne sont pas issus de ce mouvement, qui en profitent et qui font beaucoup d'argent. C'est là que je te disais que ce n'est pas forcément les acteurs qui gagnent le plus. Mais quand les acteurs gagnent le plus, en fait, jeunes de quartier ou pas jeunes de quartier, dès lors que tu n'as pas la maturité nécessaire pour gérer une soudaine notoriété ou un soudain gain d'argent, Tu peux partir en vrille, on a vu des mecs de 60 ans péter un plomb parce qu'ils ont gagné de l'argent, etc. Tu vois ce que je veux dire ? Il n'y a pas d'âge. Je pense qu'il y a un niveau où on n'est pas dimensionné psychologiquement pour pouvoir encaisser tout ça et pouvoir garder la tête sur les épaules. Il y en a qui arrivent, il y en a qui arrivent moins. Le truc c'est que ça reste un mouvement parce que, même s'il y a moins ce côté contestataire et tout, c'est que, comme dans tout, dès que le business rentre en ligne de compte, il y a des intérêts, des gens et de la manipulation qui est faite pour faire de l'argent. Mais il ne faut pas oublier qu'il y a quand même un fonds, le simple fait que Maître Gims soit en prime time à TF1 avec un clip à lui qui passe, sa simple présence de voir un Congolais qui passe sur TF1 à l'heure de grande écoute et qui est apprécié par tous, juste ça c'est une revendication sociale. Au-delà de la musique que tu aimes, que tu n'aimes pas, on est dans une époque où les extrêmes avancent, l'extrême droite est présente, le racisme, etc. Juste ça, c'est un statement. Juste d'être là. Tu vois dans un concert de rap aujourd'hui, la mixité sociale que tu vois. Tu vois des blancs, des arabes, des noirs, des indiens, des asiatiques. Tu vois vraiment un melting pot. Et ça, c'est un statement. Il y a évidemment des dérives commerciales, des machins ici et là, etc. Comme tu dis, les trucs d'influenceurs et tout. Mais voyons beaucoup tes choses. Le hip-hop a permis ça. Et pour moi, le hip-hop, il s'est tellement diffusé qu'il est partout. Quand tu vois la K-pop aujourd'hui, c'est plus proche de la musique qu'ils font. C'est plus un dérivé du hip-hop qu'un dérivé de la musique O.R.N. traditionnelle. Tu vois ce que je veux dire ? Donc pour moi, le hip-hop, là, il doit se rendre compte qu'il a gagné.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
et te rendre compte se rendre compte qu'il a gagné et qu'il peut penser ses plaies et se repenser et réinventer son modèle pour faire en sorte que les dérives ne soient pas la norme et que ce ne soit pas la chose dont on parle en premier. Parce que avant tout, c'est des gens qui gagnent leur vie honnêtement. Je préfère qu'ils fassent du hip-hop, qu'ils vendent de la drogue ou qu'ils fassent des braquages, par exemple. Tu vois ce que je veux dire ?
- Speaker #1
C'est intéressant quand même parce que... Au début, quand tu me parlais, je pensais au rock, parce que le rock, c'est un peu l'évolution que ça a eu. Mais effectivement, avec l'engouement que ça a créé, et surtout les ramifications du hip-hop maintenant, tu as même des parents qui écoutent du rap, qui écoutent avec leurs enfants, qui ont un concert. Maintenant, nous, on est des parents.
- Speaker #0
La dernière fois, j'étais au concert de La Fouine, et effectivement, il y avait les parents et les enfants.
- Speaker #1
Les enfants et tout, c'est ouf. Ça veut dire qu'on le veuille ou non, il y a une éducation. Ça éduque les gens. Les jeunes et les moins jeunes.
- Speaker #0
Éduque, je ne sais pas, mais ça contribue à la construction de trucs. Pour moi, je fais attention à ce mot-là. Pour moi, l'éducation, ça doit rester les parents qui éduquent, après ton environnement, la société, évidemment, parce que le contexte compte. Mais pour moi, ça reste la responsabilité des parents. Il ne faut pas se désolidariser ou se délester de toute responsabilité, de se déresponsabiliser et dire non, c'est le hip. de ton enfant, c'est à toi de l'éduquer il y aura toujours des cris des sirènes,
- Speaker #1
des trucs autour effectivement mais ça reste la responsabilité des parents en fait je parle d'éducation c'est marrant que tu me reprennes parce que j'ai choisi ce terme spécifiquement parce que de manière inconsciente à force d'écouter les mêmes morceaux tu peux te retrouver dans un mood si tu écoutes beaucoup de musique triste, tu vas, au bout d'un moment, être nostalgique. C'est dans ce sens où je parle d'éducation.
- Speaker #0
Plutôt d'influence, alors ?
- Speaker #1
Ouais, si on veut, ouais. Après, c'est comme toi. Est-ce que tu es capable de switcher ou pas et d'arrêter de dire « Ok, ça, c'est pas forcément bon pour moi, je vais arrêter d'écouter et tout. »
- Speaker #0
Et même, il faut avoir du recul. Il faut avoir du recul. Tu es une musique triste, qui est triste, mais toi, dans ta vie, ça va très bien. Ouais, c'est ça,
- Speaker #1
totalement. Est-ce que toi, dans ton parcours, il y a eu un moment vraiment où t'as douté, tu t'es dit « Ah vas-y, purée, j'ai envie de tout lâcher. »
- Speaker #0
Ah oui,
- Speaker #1
oui. À quel moment tu t'es dit que t'étais vraiment en deux doigts de le faire ?
- Speaker #0
J'avais annoncé que j'arrêtais de mixer il y a, je sais plus en quelle année. En fait, c'est du découragement lié à l'évolution des choses, quand tu te sens plus en phase avec ce qui se fait, notamment au niveau de la musique en tant que DJ. Moi, je viens d'une époque où déjà les vinyles, etc. où le DJ, en fait, il était là pour être un... pourvoyeur de musique et pour entre guillemets éduquer les gens musicalement les gens qui n'avaient pas forcément accès à certaines musiques, le DJ lui devait faire des choix pour avoir des morceaux en avance pour les faire découvrir aux gens donc quand t'allais en soirée, il y avait une partie où effectivement tu faisais danser des gens sur des classiques des morceaux qu'ils connaissent, mais il y avait toujours un moment où tu leur faisais entre 2-3 tu glissais un son, les gens étaient là c'est pas mal ça, ça sonne bien et ils continuaient de danser là aujourd'hui les gens On est tellement axé à tout, déjà qu'ils connaissent beaucoup de choses, et c'est surtout qu'ils n'ont plus cette soif de découvrir le professionnel qui va te prodiguer. T'aimes ça, tu vas aimer ça. Là aujourd'hui c'est non, non, non, moi je sais ce que je veux, jukebox, je veux exactement ce truc. À un moment donné je ne me retrouvais plus en phase avec ça. Il y a eu évidemment la crise du disque entre 2007 et 2012, où beaucoup d'artistes ont arrêté. plus personne ne vendait de CD, donc l'industrie ne faisait plus d'argent, donc forcément le ruissellement vers les petites mains qui sont les DJ et d'autres gens, ça a été très très compliqué. Et surtout, quand t'es dans la vraie vie, que t'as des enfants, etc., que t'as à moitié ton compagnon, la personne qui t'accompagne dans ta vie, ta femme ou le mari pour les femmes, qui leur dit « Bon, t'es bien gentil avec tes trucs là, mais ça rapporte pas de veille. » forcément tu dois faire des choses mais pour moi ça fait aussi partie de l'évolution de toujours rester dans le hip hop pas forcément au même poste comme dans le foot et au fur et à mesure quand il clique clean physiquement il devient un défenseur central ok quel
- Speaker #1
conseil tu donnerais à Alex pas Flexa mais vraiment à Alex s'il avait eu 20 ans en 2025
- Speaker #0
Soit dans l'exécution. Soit dans l'exécution. Aujourd'hui, tu peux tout faire. Mais vraiment tout. Nous, on faisait avec des bouts de ficelle, etc. On se débrouillait. Et il y a eu les anciens qui faisaient avec encore moins. Fais. Fais. Fais. Fais. Fais ce que tu veux. Mais fais les choses avec cœur. Et passe à l'action. Parce qu'il y a un temps de réflexion. Il y a un temps de stratégie, etc. À un moment donné, il faut agir. Tu vois, les idées, elles appartiennent uniquement à ceux qui les exécutent. Tu vois ce que je veux dire ?
- Speaker #1
Ouais. Tu dis ça parce que t'as des regrets, des remords sur quelque chose ?
- Speaker #0
Non, pas du tout. C'est juste que je vois l'écosystème, je vois la vie, la société et les facilités qu'on a aujourd'hui. Tu vois, aujourd'hui, on peut faire un média avec du matos, avec des connaissances, etc. Tu veux utiliser un logiciel ? Tu t'os. Tu veux réparer une voiture ? Tu t'os. tu veux savoir maîtriser un appareil tu t'en... l'accès à l'information l'accès à l'information il est tel qu'aujourd'hui tu peux vraiment tout faire,
- Speaker #1
donc si j'avais 20 ans aujourd'hui mais je ferais tout c'est vrai que c'est ouf ça je ferais tout on arrive bientôt à la fin déjà, j'avais encore une heure est-ce que Je ne sais plus ce que je voulais dire. Oui, est-ce que tu es dur avec toi-même ? Est-ce que tu es exigeant avec toi-même ?
- Speaker #0
Oui. Oui, bah...
- Speaker #1
Sur quel aspect ? Pro, perso, les deux ?
- Speaker #0
Pro, surtout. En fait, pro, c'est parce que je sais que je suis pas seul, et que, autant comme tout le monde, j'aime-t-il regarder des séries toute la journée, etc., sauf qu'il y a des gens qui comptent sur toi. Déjà tes enfants, quand ils sont... Tu vois, quand les enfants ont faim, bah, le fait que tu es fatigué, pas fatigué, eh, faut faire à manger, faut s'occuper d'eux, faut les instruire, faut leur parler, faut dialoguer avec eux. pour les éduquer, etc. Moi, dans le taf, j'essaie d'éliminer ce truc de est-ce que j'ai le choix, est-ce que j'ai pas le choix. Il faut penser à l'action. Parce que quand tu te poses trop de questions, quand tu réfléchis trop, tu réfléchis un jour, deux jours, trois jours, quatre jours, un mois, deux mois, trois mois, un an et demi, t'as toujours pas fait ce que tu voulais faire. Donc, je suis déjà avec moi-même dans ce sens-là où il n'y a pas le choix, en fait. Il n'y a pas le choix, il faut y aller, il faut y aller. Et c'est Calbo qui m'a... Donner cette formule-là, zéro raison. T'as zéro raison de ne pas faire ce que tu dois faire.
- Speaker #1
C'est une vraie punch.
- Speaker #0
Et quand tu te mets dans ce mindset-là, je te promets que tu changes de paradigme. Tu dis-moi en vérité. Si moi, je ne suis pas exigeant avec moi-même et que je ne passe pas à l'action, personne ne va le faire à ma place. Et si tout le monde pensait ça, au lieu de toujours compter sur quelqu'un d'autre, je pense que... Les entreprises humaines, clubs de foot, clubs de ceci ou entreprises ou je ne sais pas quoi, iraient beaucoup mieux parce que chacun se dit non, non, non, je dois apporter ma pierre à l'édifice et pas attendre que les autres fassent quelque chose pour moi venir après m'installer avec mes pantoufles. Tu vois ce que je veux dire ? Donc, je suis plus dur avec moi-même à ce niveau-là. Après, on est des êtres humains, on fait des erreurs. Il faut savoir qu'on fait des erreurs, qu'on est faillible comme tous. Moi quand je fais une erreur sur un montage ou sur un logiciel ou sur un visuel, je ne suis pas en train de me mettre à perdre dans le mur. Non, je suis un être humain, ça arrive. Parce qu'il y a un truc qu'il faut bien intégrer, et ça j'ai l'impression de radoter tellement je le dis, il faut itérer dans la vie.
- Speaker #1
Itérer ça veut dire répéter en gros.
- Speaker #0
En fait c'est surtout que tu vas faire, peu importe, dans tout ce que tu fais dans la vie, c'est que tu ne seras jamais... parfait du premier coup. C'est pas parce que c'est pas parfait qu'il faut pas le faire. Tu vois, nous, le premier podcast, tu regardes le premier, le deuxième, il était pas... Ouais, totalement. C'est peut-être au bout du 25ème que c'était bien. Mais il faut une première version, une deuxième, une troisième, une quatrième, et au fur et à mesure, t'améliores certains points, certaines choses, tu prends de l'expérience, de la confiance, etc. Mais au moins, pendant les un an et demi, au lieu d'attendre que ce soit parfait, alors que ça l'est jamais, pendant un an et demi, t'as fait je sais pas combien d'itérations qui te permettent au bout d'un an et demi d'avoir une certaine expertise une certaine expérience et une certaine maîtrise de ce que tu fais. Ouais,
- Speaker #1
totalement j'ai mis du temps à, alors je l'ai compris rapidement, mais j'ai mis du temps à l'intégrer ce truc là, parce que quand tu grandis dans un environnement où t'as accumulé plein de chaînes mentales, des freins et tout, pour comprendre les choses c'est facile et pour intégrer c'est encore un niveau au-dessus tu vois, où il faut vraiment déconstruire le truc et tout, et une des façons de déconstruire c'est de comme t'as dit déconnecter le cerveau et passer le plus rapidement à l'action et c'est exactement ce que j'ai fait pour le podcast c'est vraiment dès que j'ai eu l'idée j'ai appelé mon pote Nicolas Nicolas Sen vas-y vas-y je fais un podcast pour moi t'es le mec qui doit passer et tout alors que le concept c'était pas ça du tout mais il a dit vas-y je suis chaud et il a écouté il a pété les plombs et le pire c'est que je l'ai utilisé comme épisode pilote que j'ai envoyé à 2-3 mecs qui étaient vraiment calés dans l'univers de l'entreprenariat, qui avaient beaucoup de connexions et tout. Et les mecs, ils ont pété les plombs. Ils ont dit, c'est une dinguerie, ça fait 5 minutes que j'écoute, ça fait 10 minutes, il faut qu'on se voit, il faut que machin... On m'a connecté avec Magellan, avant même que ça sorte. Et après, ils ont dit, finalement, on va changer de modèle économique et tout, et ça passera pas, tu vois.
- Speaker #0
Mais...
- Speaker #1
Dinguerie d'ouf !
- Speaker #0
T'es passé à l'action, tout de suite, il y a des opportunités.
- Speaker #1
Ouais, totalement.
- Speaker #0
Je pense qu'il faut être un peu altruiste, dans le sens où il ne faut pas toujours attendre de recevoir, il faut aussi donner. Donne. Donne à l'univers, le destin, ce que tu veux. Mais il faut que tu donnes, il faut que tu crées ta contribution à l'écosystème, et après, tu vas recevoir des bénédictions. Tu vois ce que je veux dire. Mais tu as dit un mot qui est très important, une expression, la chaîne mentale. Ton plus gros ennemi, là. On aime trop s'inventer des vies de oui, il y a un consortium de personnes qui sont là, qui se réunissent pour comploter contre moi, pour m'empêcher d'atteindre mes objectifs. Alors que le principal ennemi que tu as dans ta vie, il est dans le miroir.
- Speaker #1
Il est là,
- Speaker #0
il est là. Déjà, mais il est dans le miroir, c'est toi. Pour faire du sport, si tu n'es pas discipliné, si tu n'es pas un truc, c'est quelqu'un d'autre qui t'empêche. Il n'y a personne qui te tient et ne va pas au sport. C'est toi qui ne veux pas le faire. Et l'échelle mentale, c'est le fléau Il y a plein de gens qui disent, le syndrome de l'imposteur, ça c'est une autre forme de chaîne mentale. Non, en fait, fais ce que tu as à faire. Ce n'est pas parfait, ce n'est pas le truc, mais c'est ta version à toi. Et tu vois, dans le développement personnel, on dit toujours, sois la meilleure version de toi-même, etc. Mais surtout, enlève-toi ces chaînes mentales et fais ce que tu dois accomplir. Surtout, aujourd'hui, on est bien lotis. On peut avoir accès à tout. Là où avant, c'était effectivement réservé à une certaine catégorie de personnes, à une certaine catégorie socio-professionnelle qui te gardait bien certains savoirs. Aujourd'hui, tu veux l'entraînement de Lebron James ? C'est internet, tu le trouves. Après, tu le fais, tu le fais pas, ça c'est toi. Tu veux le cours de Harvard ? C'est internet, tu le trouves. Là où avant, tu voulais le cours de Harvard.
- Speaker #1
Et gratuit en plus.
- Speaker #0
Gratuit, gratuit.
- Speaker #1
Coursera, si vous voulez. Tu vois ce que je veux dire ? Pas mal de sponsors. Non, c'est pas de sponsors, mais Coursera, c'est une plateforme, justement. Et c'est de là que c'est né. C'est que ces deux étudiants de Harvard, je crois, qui assistait à un cours de Haïti. Et c'était le prof le plus sévère de toute la fac. Et en fait, personne n'avait au-dessus de 8. Et encore 8, c'était une excellente note. Le reste, c'était 3, 4 et tout. À un moment donné, les gars sont partis voir le prof. Ils ont dit, on aimerait bien mettre votre cours sur Internet et tout. Et le mec a dit, mais vous êtes fou ou quoi ? En plus, l'Haïti et tout, c'est... Et je te parle ça, ça fait au moins 15 ans, tu vois. Et ils ont accepté, ils ont essayé. Et il y a eu... des milliers et des milliers de connexions qui venaient du monde entier, notamment de l'Afrique. Et parmi les Africains, la plupart des étudiants qui suivaient le cours, ils n'étaient même pas majeurs. Ils avaient autour de 10 ans.
- Speaker #0
C'est dingue.
- Speaker #1
C'est une dinguerie. Donc, oui, totalement. Pour Serra, vous pouvez aller et même bénéficier de cours. Il y a même un cours Apprendre à Apprendre.
- Speaker #0
Oui, parce que,
- Speaker #1
tu vois,
- Speaker #0
même ça, ça doit s'apprendre.
- Speaker #1
Oui, totalement.
- Speaker #0
Observe. Prends les informations clés pour permettre d'appliquer ce que tu dois appliquer. Mais Coursera, si vous voulez sponsoriser ce podcast, vous êtes les bienvenus.
- Speaker #1
C'est comme ça qu'il faut faire en vrai.
- Speaker #0
Là, tu viens de donner une clé de connaissance à quelqu'un qui va entendre ça. Coursera, il va y aller et peut-être que demain, il va apprendre un truc. Le destin, c'est des petites choses comme ça. Tu as forcément entendu un truc qui t'a donné envie de... Je ne sais pas moi, Zidane, peut-être qu'un jour... quand il était petit il a vu un footballeur qui lui a créé le déclic et qui lui a permis deux tu vois ce que je veux dire c'est vrai donc c'est important c'est important mais en tout cas voilà l'échelle mentale libérez-vous de ça et de toute façon voilà ça va vous permettre de faire ce que vous avez à faire et de toute façon moi le truc que je dis toujours désormais je fais l'ancien le philosophe je sais pas quoi c'est que les gars on va tous mourir S'il y a une chose qui est sûre est certaine, c'est que demain n'est pas promis et qu'on va tous mourir.
- Speaker #1
Sauf pour Elon Musk qui croit que lui il a envie de vivre 600 ans je crois.
- Speaker #0
Lui aussi il passera. On va tous mourir. On est là de passage, donc faisons le maximum possible, faisons tout ce qu'on a à faire et n'ayons pas de regrets. Fais ce que t'as à faire et c'est de le faire le plus honnêtement et sans faire de... en faisant le moins de mal possible, en faisant le plus de bien possible, et voilà.
- Speaker #1
Yes. Il me reste deux dernières questions. A chaque fin d'interview ou d'échange, j'ai fait en sorte de faire le parallèle entre l'histoire ou ce qu'on s'est raconté et les cultures urbaines. Et toi, j'imagine que tu connais le groupe Skepticanon, le groupe anglais, le groupe de rap. Ils ont ouvert en février 2025 avec deux noms, c'était... Comment il s'appelle ? Je l'ai noté. Avec Ali, je crois que c'est... Avec Kaiser Ali. Ils ont cofondé un supermarché. Ils ont cofondé un supermarché et en gros, il fait une superficie de 1400 m² et sa particularité, c'est que... Il offre des produits alimentaires du monde entier, notamment des viandes halal, des poissons exotiques et des produits adaptés aux communautés afro-caribéennes et asiatiques. Et son objectif principal, c'est de répondre aux besoins des communautés ethniques qui ont souvent été négligées par les grandes chaînes de distribution au Royaume-Uni. Parce que, je ne sais pas du tout comment le prononcer, mais la ville c'est Croydon. Croydon,
- Speaker #0
c'est ça ? Croydon.
- Speaker #1
où il y a environ 40 des habitants qui sont d'origine noire ou asiatique. D'après toi, comment on peut faire en sorte de multiplier ce type d'action en France ?
- Speaker #0
Là, ils en parlent dans le contexte anglais et dans le contexte de cette ville-là, mais des épiceries exotiques, etc., il n'y en a pas.
- Speaker #1
Oui, mais au-delà des épiceries exotiques, moi je pense, par exemple, si on reste dans la bouffe, par exemple, là on n'est pas très loin de Saint-Nazaire, et là-haut il y a une boutique que j'aime bien, une forme d'épicerie qui... c'est un truc anti-gaspi un peu tu vois c'est que des fruits et des légumes bio qui te vendent à très bas prix et franchement ils sont encore très bons c'est pas cher du tout et t'as tout ce qu'il faut en termes de produits alimentaires et tout pourquoi on ferait pas plus d'actions comme ça mais dans les quartiers en mode on sait très bien que nos parents ils achètent ils ont la tendance d'acheter plus en quantité que en qualité parce que il faut nourrir toute la famille parce qu'on a pas beaucoup d'argent du coup on fait en sorte d'en avoir pour tout tout le mois, etc. Pourquoi on ne mettrait pas des actions comme ça ou d'autres actions qui sont peut-être plus liées à l'éducation, à ce genre de choses, dans nos quartiers, au lieu de ne mettre que des city-stades ou des terrains de sport à chaque fois, même si c'était bien. Et comment on peut faire évoluer nos quartiers à ce niveau ?
- Speaker #0
Comme le groupe de rap anglais a fait, en fait, ils ont été spectateurs, ils ont été acteurs. Et je pense qu'il y a une notion aussi d'échelle. C'est que les mecs, on pense toujours à grands marchés ou je ne sais pas quoi, alors qu'aujourd'hui, on est dans l'ère où, pour moi, les niches ont gagné. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, tu sais que tu as une niche de telle personne qui veut consommer tel produit ou telle musique ou tel style ou tel genre, peu importe. Tu peux te focaliser sur cette niche-là et être successful et gagner de l'argent. Plutôt que de toucher 0,001% de la masse, tu te focalises sur les gens qui seront... réceptif à ton message et ça te permet d'être plus efficace. Moi, ce que j'aime bien, par exemple, je te prends des exemples parce que je voyais la dernière fois la communauté musulmane avec tout ce qui est marché du halal, notamment sur tout ce qui est fast-food. Tu as Gelada, Point B, etc. qui sont arrivés pour répondre à un manque du marché. en termes de restauration halal, notamment au niveau du burger. Et la dernière fois, j'ai vu un gars de Quick, il disait que tous les Quick qui sont passés en halal, là où ils faisaient 1 million, maintenant ils font 3 millions. Parce qu'il y a une quantité... Moi, je pense à celui d'Argenteuil, par exemple. Il y a un Quick qui est halal, il est blindé.
- Speaker #1
Tout le temps.
- Speaker #0
Parce que les gens veulent du halal, mais dans le fast-food, il n'y en a pas. Donc ils sont là, ils sont frustrés, ils prennent des filo-fiches, etc. Le jour où vous faites... en sorte de coller votre offre aux vrais besoins des gens, faute qu'ils sont là, c'est bon. Ça fonctionne, tu vois ce que je veux dire. Donc eux l'ont compris, les entrepreneurs qui ont créé les Gelada, le Point B, etc., ils ont compris. Otakos avant et tout, c'est qu'il y a un marché. Demain, si tu es dans une ville où tu sais qu'il y a une grosse communauté, je ne sais pas moi... afghanes qui parlent pas français, tu peux faire un truc, une petite école ou une petite structure pour apprendre le français aux afghans avec des professeurs qui parlent les deux langues, tu vois ce que je veux dire. Et ça a fonctionné parce que localement, tu sais qu'il y a cette population qui a besoin de ce truc-là. Et pour moi, il faut vraiment raisonner comme ça en termes de niche. Aujourd'hui, on a pu, grâce à la technologie, grâce à l'information, se passer de certains intermédiaires qui avaient peut-être aussi leur agenda, etc. ben nous directement si toi et moi on se dit vas-y on va dans cette ville on analyse le marché et les manques qu'il y a on peut se dire vas-y on crée le truc qu'il faut pour ce marché là ils sont 10 000 20 000 5 000 ou peu importe on sait qu'on peut trouver un modèle économique autour de ces gens là donc ça permet d'être plus efficace donc pour moi faut vraiment que les gens arrêtent d'être spectateurs au lieu de se dire ouais qu'est-ce qu'il y a pour moi non non il n'y a pas crée ton truc et parole véritable c'est net ça c'est que on trouvait qu'il y avait dans le traitement du hip-hop, de la musique, etc. Nous, avec notre expertise qui date de trucs, parce que Arnaud, le Boog Arnaud, Big Up à lui, il était stagiaire chez Rap Mag à l'époque. Moi, je suis DJ depuis 1998. Et on est anglophone, etc. Donc, toute cette connaissance, on collectionne les magazines, les CD, les machins, les vinyles, etc. Toute cette connaissance en magazine, en magazine, en magazine. On ne se retrouvait pas forcément dans l'offre qui était proposée à ce niveau-là. Au lieu de critiquer de façon stérile, on s'est dit, on va créer notre version. On touche 5 personnes, c'est bien, on en touche 10, c'est génial, si on en touche 20, c'est le truc. Pour moi,
- Speaker #1
c'est le mental qui est important. C'est surtout le fait de se dire qu'on touche une personne ou cent mille.
- Speaker #0
Oui, oui,
- Speaker #1
c'est ça aussi.
- Speaker #0
Parce que si tu touches une personne et que tu peux changer son destin ou je sais pas quoi... Ouais, c'est ça.
- Speaker #1
Derrière, il impacte. C'est magnifique, tu vois ce que je veux dire. Ouais, ouais. Il y avait un film comme ça d'ailleurs, avec un jeune, je sais plus c'est quoi, c'est l'histoire d'un prof qui donne un devoir à des jeunes, en primaire et tout, et il leur dit ouais, faites un projet qui fait en sorte de changer le monde. Et ce jeune-là, il dit ok, moi ce que je vais faire, c'est que je vais donner un coup de main à quelqu'un qui a besoin d'aide. Et après, la seule chose que je lui demande en retour, c'est d'aider trois autres personnes. Comme ça, de manière exponentielle et tout, le monde devient meilleur.
- Speaker #0
Tout simplement.
- Speaker #1
C'est ouf. Ok, dernière question pour toi.
- Speaker #0
Oui, oui.
- Speaker #1
Comme les Négma ont, si tu devais faire le bilan.
- Speaker #0
Pour moi, les bilans, ça se fait à la fin. Donc bon, là, je ne suis pas... Enfin, j'espère ne pas être à la fin. Mais écoute, je suis content de... la personne que je suis, parce que je suis une personne de principe et je suis une personne intègre. Et j'essaie d'être une personne qui donne. Je suis plus un donneur qu'un receveur. C'est-à-dire que donner des fleurs, donner des compliments, aider, etc. Pour moi, c'est important. Le podcast me permet de redonner au hip-hop tout ce qu'il m'a apporté. Tu vois ce que je veux dire ? Des connaissances, en fait. Pour moi, l'énergie, ce n'est pas quelque chose qu'on garde, c'est quelque chose qui circule. ce qu'on t'a donné, il faut le retransmettre, le retransmettre, le donner, le diffuser, etc. Très content de ce qui se passe, très content de l'évolution. Là, le podcast, ça fait cinq ans, il y a des choses qui avancent. On n'est pas pressé. Comme Nipsey Hussle le disait, c'est pas un sprint, c'est un marathon. Et je suis fier de ce qu'on fait. Je suis fier de ne pas être devenu une mauvaise personne ou une personne avec un uniquement focalisé sur l'argent. Et de ne pas être de ne pas avoir été trop impacté par les dérives. Voilà. La santé physique, c'est important, mais la santé mentale, ça l'est encore plus. Donc, être en accord avec qui tu es, c'est le plus important, tu vois.
- Speaker #1
Et en toute longue vie, en tout cas.
- Speaker #0
Longue vie à toi aussi.
- Speaker #1
Merci à toi. Parole véritable, le podcast qui parle de lifestyle, de culture, de films, de cinéma, de plein de choses, avec des invités de folie. Il y a aussi Temps mort chaud, qui parle plus spécifiquement de basket. Exactement. si vous avez besoin d'un filmmaker de quelqu'un qui doit prendre des photos ou des images contactez Flexstar notre cher DJ et merci à toi pour ta présence merci pour ce moment et puis comme vous savez on peut retrouver cet épisode partout partout partout mais surtout donnez de la force un like abonnez-vous et surtout n'oubliez pas n'écoutez pas les conseils des gens écoutez leur histoire merci à toi merci à vous