Speaker #0Bienvenue sur ArtiTime, ta dose d'humour culturel. Je te parle d'artistes morts ou vivants ou morts-vivants. De lieux culturels à absolument visiter. Et les autres à... absolument éviter. Je te fais des résumés, des expositions, si t'as la flemme d'y aller, et que tu veux briller à la machine à café ou le dimanche midi chez ta belle-mère. Ne me remercie pas, c'est gratuit. Enfin, tu peux quand même lâcher un petit commentaire, ça serait sympa. Allez, bonne écoute ! Coucou mes petits curieux ! Cette semaine, j'ai envie de vous parler d'une grande meuf, d'une meuf badass. Cette semaine, je vous amène à New York, voir la Statue de la Liberté. Je suis toujours Célia Rastoin, l'heureuse propriétaire de ce podcast depuis 2022. Quand je ne fais pas ça, je suis communicante et formatrice. Mais on n'est pas là pour parler de ça. C'est donc au Musée d'Orsay que son créateur, Bartholdi, est à l'honneur en cette fin d'année 2026. Et avant de vous raconter cette histoire complètement dingue... Petite précision, l'exposition est consacrée à Auguste Bartholdi, sculpteur alsacien, et à son œuvre monumentale. Préfère vous prévenir, je n'ai pas trouvé l'exposition ouf. En revanche, l'animation en réalité virtuelle, attenante à l'exposition, est plutôt pas mal. Cette expo est donc une statue pour la liberté, le rêve de Bartholdi de Paris à New York. Elle permet justement de revivre les différentes étapes de conception et de construction de la statue. Mais bon, c'est plutôt l'histoire de cette sculpture que j'ai envie de vous raconter. Parce que franchement, quand on regarde aujourd'hui la statue de la liberté, on a l'impression qu'elle a toujours existé. Elle est là, elle fait partie du paysage new-yorkais, elle est devenue le symbole des Etats-Unis. Mais à la base, c'est une idée complètement dingue d'un sculpteur français, et pas n'importe lequel. Un sculpteur français habité par un idéal républicain. Et ça, c'est essentiel pour comprendre toute cette histoire. Auguste Bartholdi naît en 1834 à Colmar, dans une famille aisée de la bourgeoisie alsacienne. Après la mort de son père, sa mère s'installe à Paris avec ses deux fils pour favoriser leur éducation. Et Bartholdi fréquente notamment les ateliers du peintre romantique Harry Schiffer, qui l'oriente vers la sculpture. Contrairement à ce qu'on pourrait imaginer, le mec ne se réveille pas un matin en se disant « Tiens, si je fabriquais une statue de 46 mètres et que je l'envoyais aux Etats-Unis » . Non, il commence par faire son petit bonhomme de chemin et il va très vite s'intéresser à la sculpture monumentale. Au démarrage, c'est un phare que le sculpteur veut faire. Et ça, c'est probablement l'une des choses les plus étonnantes. Parce que la statue de la liberté, elle n'a pas été imaginée pour New York au début. Elle avait été conçue pour l'entrée du canal de Suez en Égypte. Une fois que son projet a finalement été accepté, il a fallu quatre modèles de taille de plus en plus grande pour finaliser la statue. Bartholdi passe donc par différents modèles. Parce que forcément, avant de construire un truc de 46 mètres, on le teste un peu. On ne se dit pas, allez les gars, on commande directement les 80 tonnes de cuivre et puis on verra bien. Cette idée farfelue de statut de liberté naît dans un moment contrarié de la France, où un certain Louis-Napoléon Bonaparte vient de renverser la République en 1851 et de s'auto-proclamer empereur des Français. Le musée d'Orsay souligne justement combien les bouleversements politiques de son époque nourrissent son ambition monumentale et son engagement républicain. Alors c'est pas juste un détail de sa biographie, parce que cette statue va être pensée comme un monument politique qui parle de liberté, de république, d'indépendance et d'amitié entre les deux nations. Il a plusieurs inspis, dont une, le tableau de Delacroix, La liberté guidant le peuple. Alors, la tentation de faire la statue de la liberté nichon à l'air est tentante, mais il n'en sera rien. Il a aussi l'idée de mettre un bonnet phrygien, mais finalement non plus. Mais il choisit la lumière, celle qui va dissiper les ténèbres et conduire vers la civilisation. Et le diadème sur sa tête, d'où sortira de la lumière. Bon, et là, tout est symbolique. La torche, la tablette, le diadème rayonnant, la posture et aussi la chaîne brisée sous son pied. pour symboliser la fin de l'esclavage. Cette œuvre est démocratique. C'est un cadeau du peuple français au peuple américain. Et derrière cette idée, il y a aussi Édouard de Laboulaé, juriste et penseur politique français, qui imagine un monument destiné à célébrer cette amitié entre ces deux pays. À l'époque, ils font un truc hyper novateur, une campagne de levée de fonds. Aujourd'hui, on appellerait ça une campagne de crowdfunding. Mais bon, évidemment, à l'époque, il n'y a pas de plateforme en ligne. Pas de boutons contribuer maintenant et encore moins de cagnottes litchis. Il faut convaincre les gens, mobiliser l'opinion et faire parler du projet. Alors Auguste, Bartholdi, fait un dessin pour la presse en 1875. Il est hyper novateur à l'époque. Et la diffusion de l'image, de ses statues, même avant son achèvement, c'est une partie importante de son histoire. À travers ce projet, il se construit évidemment sa notoriété. Bon, il galère quand même à convaincre les Américains. L'idée, c'était de payer 50-50. 50-50, alors il commence par fabriquer uniquement la torche pour pouvoir donner envie. Au lieu d'attendre que la statue soit totalement terminée, il montre des morceaux. La main et la torche seront réalisées en premier. Et la torche est présentée à une exposition universelle à Philadelphie en 1876. La statue, elle est construite en France, à Paris, assemblée à Paris pour être démontée et traversée l'Atlantique. Et grâce à cette torche à Philadelphie, on parle de la statue de la liberté bien avant qu'elle soit à New York. Il est animé par une ambition politique. et aussi surtout une ambition personnelle. Parce que oui, il y a un message politique, mais il y a surtout l'artiste. Il aime les monuments, il aime le monumental. C'est son voyage en Égypte qui l'a profondément marqué. Lors de ce voyage, il a surkiffé les statues qui ont vécu au fil des siècles, des millénaires. Lui aussi, il veut ses pyramides à lui. Au moment du chantier à Paris, le chantier est ouvert au public, mais il est payant. Il a franchement le sens du business. Il avait aussi le sens de la communication, puisque Victor Hugo est venu visiter les ateliers. Autre info à retenir de cette émission. épopée, l'ingénieur de cette statue était Gustave Eiffel. Oui, celui de la tour Eiffel. La tour Eiffel n'existe pas encore à ce moment-là, mais Eiffel est déjà un ingénieur. Et il va concevoir la statue intérieure de la statue de la liberté. En gros, Bartholdi imagine la forme et Eiffel travaille sur son squelette. Une fois le tout finalisé, la dame doit rentrer dans 210 caisses. Mais bon, sauf que côté Etats-Unis, au moment de la livraison, il y a un souci parce que le pied des salles n'a pas été financé. Ça ne va pas être aussi simple que prévu. Pourtant, ça manque pas de milliardaires déjà à l'époque là-bas. Alors à ce moment-là, un journaliste nommé Pulitzer prend sa plume et demande aux milliardaires de se bouger le fion et de donner de l'argent. Et c'est là que Joseph Pulitzer entre dans l'histoire. Il utilise son journal de New York World pour mobiliser les lecteurs et collecter les fonds nécessaires au piédestal. Ce qui est chouette, c'est que c'est pas uniquement les riches qui donnent à l'époque. La campagne repose sur une souscription publique et des milliers de personnes participent. Et puis finalement, c'est la fête, le socle est enfin érigé. Et la statue est inaugurée à New York le 28 octobre 1886, exactement dix ans après sa date initialement envisagée pour le centenaire de l'indépendance américaine. Mais bon, quand on construit un truc pareil, forcément il y a un peu de retard. Une fois montée, la statue voit passer devant elle des revendications des femmes américaines. Mais en même temps, il faut les comprendre, cette statue est censée représenter la liberté alors qu'à l'époque, elles n'ont même pas le droit de vote. Petite contradiction historique. Mais cette statue de la liberté représente une valeur universelle. Alors il y a aussi sa couleur qui a évolué. Aujourd'hui, on l'imagine tous en vert, une sorte de bonhomme Socinco. Mais ce n'était pas le cas à sa création, parce que la statue est recouverte de cuivre. Et sa couleur change avec l'oxydation. Son symbole a évolué aussi. Pensé à l'origine comme un cadeau entre la France et les Etats-Unis, pour célébrer leur amitié, leur valeur républicaine, elle devient progressivement juste le symbole américain, puis un symbole universel de liberté. Moi, en 2001, été 2001, 10 jours avant les attentats, je suis montée dans sa tête. A l'époque, on avait le droit. Et j'ai pu découvrir une véritable sculpture architecturale. Une œuvre vraiment pensée pour être monumentale et aussi pour être visitée. Mais bon, à l'époque. Mais à Paris, vous pouvez aussi voir une version plus petite, sur l'île aux signes, dans le 15ème. Puis il y a un autre petit morceau de cette histoire, le flambeau du fameux pont de l'Alma, devenu le siège de commémoration de la princesse Diana. Décidemment, cette statue n'est jamais là où on l'attend. Bref, si vous passez au musée d'Orsay, allez la voir et souhaitez-lui bon anniversaire à ce musée, parce que Tout comme moi, cette année, il a 40 ans. Allez, à bientôt mes petits curieux !