Speaker #0Bienvenue sur ArtiTime, ta dose d'humour culturel. Je te parle d'artistes morts ou vivants ou morts-vivants. De lieux culturels à absolument visiter. Et les autres à absolument... Absolument évité. Je te fais des résumés, des expositions, si t'as la flemme d'y aller, et que tu veux briller à la machine à café ou dimanche midi chez ta belle-mère. Ne me remercie pas, c'est gratuit. Enfin, tu peux quand même lâcher un petit commentaire, ça serait sympa. Allez, bonne écoute. Coucou mes petits curieuses et curieuses, et bienvenue dans ce nouvel épisode. Cette semaine, j'ai envie de vous parler d'un homme qui avait un très joli... carnet d'adresses dans le monde de l'art. Un homme qui collectionnait les tableaux de Van Gogh, Gauguin, Redon, Matisse, bref, pas vraiment les posters achetés chez Ikea. Et surtout, un homme qui ne se contentait pas d'acheter des œuvres des autres, parce que lui aussi il créait. Son nom, Gustave Fayet. Je suis toujours Célia Rastoin, l'heureuse propriétaire de ce podcast. Je fais aussi des plans de communication, des ateliers de sensibilisation au climat, et ça m'arrive même de faire des podcasts pour les entreprises. Mais on n'est pas là pour parler de ça ! Cette semaine, rendez-vous à la Fondation Louis Vuitton, où vous pourrez découvrir Gustave Fayet, collectionneur, créateur. Une expo jusqu'en mars 2027. Et attention, il y a du beau monde. Plus de 250 œuvres issues de sa collection et 375 créations personnelles, dont beaucoup sont présentées au public pour la première fois. Alors avant de vous emmener faire un tour dans cette collection XXL, faisons connaissance avec notre Gustave. Gustave, il naît en 1865 à Béziers, dans une famille qui baigne déjà dans l'art et l'argent. Son grand-père est à l'origine de la société archéologique de Béziers, son père et son oncle sont peintres. Autant vous dire que chez les Fayets, les pinceaux font partie du mobilier familier. Un peu moins les nanas visiblement. Et Gustave apprend la peinture dans l'atelier de son père. Il grandit donc dans cet environnement où l'art est partout. Mais il ne va pas se contenter de devenir peintre, il va aussi devenir collectionneur, mécène et entrepreneur. Un véritable couteau suisse de l'art. Et pour financer tout ça, il dispose d'une chouette et confortable fortune issue de la gestion de domaines familiaux. Bref, il gagne de la chance parce qu'il a les moyens de ses ambitions. Et il va en faire bon usage. Après la mort de son père, Gustave commence véritablement à constituer sa collection. Il achète une quarantaine d'oeuvres. Et là, il ne va pas acheter des artistes les plus consensuels de son époque. Il s'intéresse à des artistes modernes, parfois encore peu reconnus. Parmi eux, il y a Renoir, Pissarro, Monet, Sisley, Seurat. Et surtout, il va développer une véritable passion pour deux artistes, Paul Gauguin et Odilon Reneau. Petit rappel pour ceux qui avaient séché les cours d'histoire de l'art, Gauguin, c'est le peintre qui part notamment vivre à Tahiti et qui développe une peinture aux couleurs puissantes, aux formes simplifiées et aux inspirations multiples. On passera sur son léger penchant pour les jeunes filles, mais bon, il faut différencier l'homme de l'artiste, n'est-ce pas ? Et Redon, lui, c'est le symbolisme. Les rêves, les visions étranges, les créatures mystérieuses. En gros, deux univers bien différents mais qui vont beaucoup inspirer Gustave. Et comme il ne fait pas des choses à moitié, en quelques années, il réunit près de 70 oeuvres de Gauguin. Un vrai abonnement premium à Gauguin. Il ne fait pas que les acheter, il soutient aussi les artistes. Et il devient ami et mécène de Redon. A partir de 1905, son appartement parisien de la rue de Bellechasse devient un véritable lieu de rendez-vous pour les amateurs d'art. On y croise des collectionneurs, des artistes, des écrivains, des galeristes, et surtout, on vient découvrir sa collection. Dans son salon, sur ses murs, on y voit du Gauguin et même du Van Gogh. Sa collection est tellement importante qu'elle va contribuer à faire connaître certains artistes. En 1901, Fayet participe à l'organisation d'une exposition d'art contemporain à Béziers. La plupart de ses œuvres y sont présentées, et même... Picasso, dont les œuvres sont exposées pour la première fois en France, dont Fayet ne se contente pas de suivre les tendances, il contribue à les faire émerger, un vrai influenceur culturel. Mais il ne va pas rester éternellement dans son appartement parisien. En 1908, il achète une abbaye, abbaye de Fonfroide, près de Narbonne. Une ancienne abbaye cistercienne, qu'il va restaurer et transformer en un lieu de création artistique. Et là, il va pouvoir donner libre cours à son imagination. Il fait appel à Odilon Redon, pour réaliser le décor de la bibliothèque. Il crée notamment trois grands panneaux, le jour, la nuit, le silence, présents dans l'expo. Trois œuvres monumentales qui sont d'ailleurs toujours conservées dans ce lieu. Un lieu où l'architecture, la peinture, les arts décoratifs et la musique se répondent. Et il ne s'arrête pas là, il participe même à la création d'une verrie d'art, la verrie des Sablons, pour produire ses vitraux. Bref, Gustave ne fait pas que collectionner de l'art. Il organise, il commande, il finance, il... imagine, un vrai chef de projet artistique. Et parce que ce Fayet est aussi artiste lui-même, c'est justement l'autre partie de l'exposition à la Fondation Louis Vuitton qui est intéressante. Notre homme, il peint, il dessine, il réalise des aquarelles, il s'intéresse à la céramique, au tapis, au tissu, au papier peint, et fait de délicieux matchs à glacer. Ah non, ça je crois pas. Bref, un touche à tout, et pas juste pour occuper ses dimanches après-midi. Il lance avec le peintre et sculpteur Louis Paul un atelier de céramique à Béziers. Parait-il qu'on pouvait y boire des matchas. Oui, ben, c'est bon avec cette blague, là. Puis vers 1912, il reprend la peinture après plusieurs années d'interruption et là son style évolue. Il commence à travailler avec de l'aquarelle sur papier buvard, le fameux papier qui sert à absorber l'encre. Et bien lui, il va s'en servir comme un support artistique. D'ailleurs, on en voit de très belles dans l'expo. Il laisse l'aquarelle se diffuser sur le papier et les formes apparaissent. Des tâches, des motifs végétaux, des fleurs, parfois même assez abstraites. Il laisse une part de hasard entrer dans sa création. Et ces motifs vont ensuite être déclinés en papier peint, en tissu et en tapis. Oui, des tapis. Ces créations d'ailleurs séduisent à l'époque de grands noms de la mode de la décoration comme Jeanne Lanvin, Jacques Doucet ou Paul Poiret. Il avait donc aussi mis un pied dans la déco et la mode. Un vrai créateur d'intérieur. Et c'est précisément ce double visage que la fondation Louis Vuitton a choisi de nous faire découvrir. D'un côté le collectionneur et de l'autre le créateur. Vous y verrez donc des œuvres de grands noms de la peinture. Parmi les œuvres à ne pas manquer, l'autoportrait à l'oreille bandée et à la pipe de Van Gogh. Pas exposée en France depuis 1937. En plus, elle est magistralement mise en œuvre. Et il y a aussi trois œuvres majeures de Gauguin réunies pour la première fois en France. Le Christ jaune, portrait de l'artiste au Christ jaune et le calvaire breton. Bref, un joli casting. Puis, au dernier étage, place à Gustave Fayet, l'artiste. Ses céramiques, ses aquarelles sur papier buvard. peinture, livres illustrés et ses fameux tapis. Et d'ailleurs, une partie de ses créations n'avait jamais été montrée au public. Au final, ce que je trouvais hyper intéressant dans cette histoire, c'est que ce Gustave a joué plusieurs rôles dans l'histoire de l'art. Il a acheté, il a soutenu les créateurs, il a contribué à faire découvrir l'art moderne et il a commandé des œuvres monumentales. Et il a lui-même créé dans des univers très différents. Un vrai touche-à-tout. Et aujourd'hui, cette exposition permet de remettre en lumière un personnage qui avait finalement beaucoup contribué. à l'histoire de l'art moderne, sans être forcément connu du grand public. Comme quoi, il n'y a pas que les artistes qui font l'histoire de l'art. Il y a aussi ceux qui les soutiennent, les collectionneurs qui donnent les moyens de créer. Et ce Gustave faisait clairement partie de cette catégorie. Voilà mes petits curieux, c'est tout pour cette semaine. Si vous avez envie de découvrir un collectionneur qui avait du goût, un peu d'argent, et surtout une sacrée curiosité artistique, rendez-vous à la Fondation Louis Vuitton. Encore merci pour la visite, dispo jusqu'en mars 2027. Allez, à bientôt mes petits curieux. Ça t'a plu ? Laisse-moi un gentil commentaire, ça aidera mes amis les algorithmes à propulser ce podcast. Et parle-en autour de toi, à la machine à café, dans le métro. Bah tiens oui, si là t'es dans le métro, en ce moment, parle-en à ton voisin. Tu peux aussi lui parler de la page Instagram d'Arty Time. Merci, allez, bisous bisous.