Speaker #0Aujourd'hui, tiens-toi prête parce qu'on va parler d'un sujet de plus en plus connu, mais qui fait aussi encore pas mal débat du fait qu'il y ait encore beaucoup d'idées reçues sur le sujet. On va parler de la fameuse méthode naturelle, la symptothermie. Alors si tu me suis déjà sur Insta, tu sais que c'est ma spécialité et que j'affectionne particulièrement cette méthode.
Si tu ne me suis pas encore, tu peux me retrouver sur emma.com Inaluna, I-N-A-L-U-N-A, où je partage quotidiennement des infos précieuses sur le cycle.
L'asymptothermie donc ! Cette méthode naturelle, elle est utilisée pour gérer naturellement la fertilité, que ce soit pour de la contraception ou de la conception, mais on va voir aussi que c'est bien plus que ça.
Alors, comment ça marche exactement ?
Est-ce que c'est vraiment fiable ou est-ce que c'est juste un délire des réseaux sociaux ?
Comment est-ce qu'on peut s'y mettre sans risque ?
Quelles sont les erreurs courantes à éviter ? Est-ce que c'est adapté pour tous les cycles, même les cycles irréguliers, les cycles longs, si on se dit hyper fertile, si on est en pré-ménopause, en postpartum, etc.?
Dans ce nouvel épisode, je te livre toutes les réponses, on va décortiquer le vrai du faux et je vais aussi te raconter un petit peu comment ça s'est passé pour moi. Alors, commençons déjà par comment j'ai connu ce truc-là.
Si tu as suivi le premier épisode, je disais que j'avais pris la pilule pendant 15 ans avant de l'arrêter et de me dire que c'est bon, c'était terminé. Oui, mais du coup, qu'est-ce que je fais à la place ? Parce qu'à la base, j'avais quand même besoin d'une contraception à un moment de ma vie.
À ce moment-là, j'avais 29 ans. Waouh, c'était il y a déjà 10 ans, ça ne me rajeunit pas tout ça. Et donc, j'ai fait comme tout le monde, c'est-à-dire que naturellement, je suis allée voir ma gynéco pour lui demander une alternative, étant donné que la pilule, c'était niette pour moi, je ne voulais plus toucher à ça. Alors, à ton avis, qu'est-ce qu'elle m'a proposé ? Bien sûr, elle m'a proposé le stérilet au cuivre.
Alors moi, j'avais déjà un petit peu l'idée qu'elle allait me proposer ça. Je savais que c'était un no-go pour moi. Mais elle a quand même voulu me montrer à quoi ça ressemble pour étayer un petit peu sa position en disant « Non, mais vous voyez, c'est tout petit, c'est rien du tout. » Elle me l'a montré. J'ai senti mon utérus vraiment, je ne mens pas, se contracter et genre me crier « No way ! » Donc j'étais là « Hum hum, non, ça ne va pas le faire. » Donc je lui ai demandé s'il n'y avait pas autre chose et elle m'a juste dit « Sinon, les capotes. » Bon. autant dire que c'était pas super concluant.
Et j'ai compris à ce moment-là qu'il fallait que je cherche par moi-même.
D'ailleurs, je ne sais même pas pourquoi j'ai été aussi catégorique à l'époque. C'est comme si je savais intérieurement que c'était obligé qu'il y ait autre chose. C'était obligé qu'il y ait quelque chose qui me permette de garder mon cycle naturel sans avoir à altérer mon corps avec un objet en cuivre que j'allais porter H24. Ça, c'était vraiment quelque chose de pas du tout envisageable pour moi. C'est vrai que je n'aimais pas du tout cette idée de me dire que la seule... La seule proposition qu'on pouvait nous faire en dehors de la pilule contraceptive, c'est-à-dire en dehors du fait de prendre des hormones, c'était d'insérer un objet dans son corps qui allait inflammer mon utérus, créer probablement des règles douloureuses que je n'avais jamais eues avant, des règles plus abondantes. Même si je sais que ce n'est pas le cas de tout le monde, ça ne m'enchantait absolument pas.
Je me suis dit qu'il y avait forcément autre chose. C'est comme si c'était non négociable et que je savais qu'il y avait une solution quelque part.
Et comme j'ai dit, c'était il y a 10 ans. Moi, je n'avais pas de smartphone à ce moment-là. Les réseaux sociaux, j'étais très peu dessus et il n'y avait pas tout ce qu'on a aujourd'hui. Donc bref, pour trouver de l'information, ce n'était pas aussi développé qu'aujourd'hui. Donc j'ai cherché sur internet tout simplement, bon vieux Google, j'ai tapé contraception naturelle et c'est là que j'ai découvert pour la première fois ce mot symptothermie.
Et là, même si j'étais super heureuse d'avoir trouvé une solution en tout cas qui répondait à mes attentes, je suis tombée des nues et à ce moment-là ma vie... Je ne le savais pas encore, mais elle allait complètement basculer. Parce que déjà, j'ai appris que je n'étais pas fertile pendant tout le cycle, et donc je ne pouvais pas tomber enceinte n'importe quand. Donc je me suis sentie super bête et inculte de ne rien savoir sur mon corps, de me dire « Waouh, j'arrive à mes 30 ans, je ne sais pas ça, je découvre. » Et en même temps, j'ai ressenti forcément un peu de colère, de me dire « Mais comment ça se fait qu'on ne m'ait pas informée non plus sur le fonctionnement de mon corps ? » et le fait que j'ai cru pendant des années que je pouvais tomber enceinte n'importe quand alors que non.
Et que du coup, par conséquent... C'est quand j'avais pris une contraception hormonale pendant toutes ces années alors que ce n'était pas forcément nécessaire ou en tout cas qu'il y avait d'autres possibilités. Donc c'est là que j'ai appris que certains indicateurs corporels pouvaient m'aider à savoir exactement où j'en étais et surtout de savoir quand j'étais fertile ou pas. Et derrière de pouvoir savoir quand est-ce que je pouvais envisager des rapports sexuels non protégés sans qu'il y ait de crainte de tomber enceinte. Alors bien sûr, je tiens à préciser, j'ai toujours eu une... peur bleue de tomber enceinte par accident. Même quand je prenais la pilule, je ne sais pas si j'étais la seule à faire ça, mais je ne crois pas, même avec la pilule, dès que je sentais que mon ventre gonflait un petit peu ou que, je ne sais pas, je me sentais un peu bizarre dans mon corps, j'allais courir sur un test de grossesse, juste au cas où, pour me rassurer. Parce que j'avais une peur bleue, non seulement de tomber enceinte par accident, mais du déni de grossesse. J'entendais tellement d'histoires, et j'avais conscience que les saignements qu'on avait sous pilule n'étaient pas des vraies règles. Je me suis dit, ça se trouve, je peux saigner pendant des mois sans me rendre compte qu'en fait je suis enceinte. Et ça, c'était vraiment le truc qui m'a hantée pendant toutes ces années.
Et là, forcément, même si ça semblait correspondre à ce que je voulais, c'était effectivement ce que je cherchais, ce graal de garder mon cycle naturel et de ne pas avoir à prendre de contraception extérieure, en dehors bien sûr de se protéger pendant les phases fertiles, une partie de moi est en résistance.
Comment c'est possible ?
Est-ce que c'est vraiment fiable ?
Parce que sinon, quelqu'un m'en aurait parlé, non ?
Bref, j'étais super sceptique et je voulais vraiment pas faire n'importe quoi.
Donc j'ai essayé, j'ai commencé à observer un premier cycle, et là j'ai vu qu'en effet mes indices corporels changeaient, comme prévu, comme c'était indiqué. Donc à ce moment-là, c'est un peu un choc pour moi, parce que je me dis, bon, j'avais lu un peu la théorie, mais je me disais, bon, j'y crois à moitié. Et en fait, quand j'ai commencé à voir mes propres observations, je me suis dit, mais non, mais en fait, ça fonctionne vraiment, ça marche vraiment. Bien sûr, après, il a fallu que j'observe beaucoup plus de cycles pour me sentir confiante pour l'utiliser en contraception. justement, mais en tout cas à ce moment là je me suis dit non mais en fait ce truc existe et personne n'en parle.
Alors qu'est ce que c'est exactement la symptothermie ?
Donc c'est une méthode d'observation du cycle et plus précisément des indices de fertilité, donc c'est des indices corporels. Notre corps nous donne quotidiennement des informations sur notre fertilité et il nous suffirait d'apprendre à les lire. Bien sûr en pratique ça nécessite un peu plus de subtilité, mais c'est vrai on a plusieurs indicateurs de fertilité. qu'on appelle aussi biomarqueurs, qui vont changer en fonction de la phase du cycle sous l'influence de nos hormones. Donc on va décoder en particulier deux indicateurs, la glaire cervicale, donc il y a une sécrétion qui se fait au niveau du col de l'utérus, mais qu'on voit souvent dans notre culotte, qu'on appelle nous les pertes blanches, mais les pertes blanches en réalité sont en grande partie de cette fameuse glaire cervicale. Et le deuxième indicateur, c'est la température corporelle. Ensuite, on peut ajouter d'autres observations. comme notre sensation d'humidité, la palpation du col de l'utérus, les tests LH, notre salive, nos symptômes.
Il y a plein d'autres informations qu'on peut ajouter pour enrichir notre observation, mais on va dire que vraiment la base pour faire simple, glaire cervicale et température. D'ailleurs, le terme sympto-thermie est construit de cette façon-là, symptôme pour symptôme physique, donc symptôme corporel, glaire cervicale, et thermique pour température. Ces indicateurs vont changer en fonction des hormones et surtout de notre ovulation.
Suivre ces indices, ça va nous permettre de repérer une ovulation qui approche, de confirmer qu'elle a eu lieu, mais bien plus que ça, c'est de définir notre fenêtre de fertilité. Parce que souvent, une erreur qui est faite, c'est de se dire « Bon, moi je sais à peu près quand j'ovule et du coup ça me suffit pour connaître ma fertilité et la gérer. »
Que ce soit pour concevoir ou pour de la contraception.
Et là, c'est une erreur fondamentale parce que C'est bien plus que ça. En fait, il y a vraiment cette notion de fenêtre de fertilité qui est toute la période pendant laquelle on peut tomber enceinte s'il y a un rapport non protégé. Alors peut-être que tu as déjà entendu que les femmes ou les personnes avec un cycle menstruel ne sont fertiles que 4 jours par cycle. Je disais tout à l'heure, on n'est pas fertile tout le cycle. Donc c'est vrai, mais 4 jours, ce n'est pas tout à fait vrai. Oui, on n'est pas fertile tout le cycle, mais on l'est un peu plus que 4 jours. Je m'explique.
Déjà, il y a l'ovulation. L'ovulation, c'est vraiment notre moment de fertilité à nous, parce que c'est le moment où on peut être fécondé. C'est le moment où un ovule est disponible pour une rencontre avec un spermatozoïde. L'ovule a une durée de vie d'environ 24 heures et on rajoute généralement une douzaine d'heures pour couvrir la possibilité d'une seconde ovulation. Il est possible que sur un même processus ovulatoire, on ait deux ovules qui soient libérés.
Et en tout cas, c'est sur le même processus ovulatoire, c'est-à-dire qu'une fois que ça s'est terminé, on ne peut pas ovuler de nouveau après. Mais donc, on a cette période un peu de fécondation possible qui est au moment de notre ovulation. Mais notre fenêtre de fertilité comprend aussi Ici, l'influence des spermatozoïdes. Et eux, ils peuvent survivre plusieurs jours à l'intérieur de nous, grâce justement à notre glaire cervicale, qui est vraiment un indice de fertilité très intéressant, puisque c'est cette glaire en fait qui permet aux spermatozoïdes de survivre plus longtemps. Et donc, qui fait qu'un rapport sexuel non protégé, qui a lieu même plusieurs jours avant l'ovulation, peut donner lieu à une fécondation le jour où l'ovule est disponible. Et donc, on dit que... Alors, il y a certaines personnes qui disent que les spermatozoïdes peuvent survivre environ 4-5 jours, d'autres 5-6 jours, parfois il y en a qui disent 7 jours, donc moi je préfère prendre 7 jours parce que j'aime bien avoir toujours le plus large. Donc, on va dire qu'il y a une fenêtre d'environ 8 jours vraiment de fertilité dans le cycle.
Et l'objectif avec la symptothermie, c'est justement de déterminer cette fenêtre précisément. Parce que, comme je disais, après l'ovulation, il n'est plus possible d'ovuler et donc il n'est plus possible de tomber enceinte. même s'il y a des rapports sexuels non protégés, l'ovule est périmé, il n'existe plus, il n'a pas été déjà fécondé. D'ailleurs, le corps, avec les hormones, bloque toute nouvelle ovulation, puisque là, il se met en projet grossesse.
Si je devais résumer justement comment évolue le cycle en une minute top chrono, j'aime bien décrire qu'il y a deux salles, deux ambiances, avant et après l'ovulation. Avant l'ovulation, on est plus dans l'ambiance, se reproduire, donc copuler, et nos hormones permettent ça puisque l'objectif c'est justement de... permettre l'ovulation et cette phase-là est sous dominance d'œstrogènes. Ensuite, après l'ovulation, le corps se met justement en projet grossesse. Donc là, l'objectif, c'est de permettre à l'utérus de se préparer pour l'accueil d'un éventuel embryon sous l'hypothèse que justement à l'ovulation, il y a eu une fécondation, ce qui n'est bien sûr pas toujours le cas. Et donc là, on va avoir une autre hormone qui arrive, la progestérone. Donc on a toujours des œstrogènes, mais il y a aussi la progestérone. progestérone qui arrive et cette progestérone, hormone progestative donc progestation va préparer l'utérus à une grossesse et donc on va observer en fait en début de cycle surtout la glaire cervicale sous l'influence des oestrogènes qui va devenir de plus en plus gluante, étirable surtout à l'approche de l'ovulation donc c'est ça qui nous indique que l'ovulation se prépare voire est imminente et ...
Après l'ovulation, on va observer un changement dans cet aspect de glaire cervicale, mais aussi une augmentation de notre température corporelle, qui reste basse dans cette première partie de cycle avant l'ovulation, et après l'ovulation, sous l'influence de la progestérone, elle monte, justement pour préparer un cocon douillet et chaleureux pour un éventuel embryon. Et donc, c'est ça que j'ai pu observer pour la première fois sur les premiers cycles d'observation, c'est effectivement, j'avais une glaire cervicale qui changeait, et une température qui montait. J'y croyais absolument pas, même si c'était ce que je cherchais. J'étais vraiment sceptique que ça se passait vraiment comme ça et j'ai eu la preuve sous mes yeux avec mes propres informations, les indicateurs de mon corps.
Et donc tout l'enjeu de l'observation symptothermique, c'est d'identifier le début et la fin de toute cette fenêtre de fertilité. Alors justement, fermer la fenêtre de fertilité, ça veut dire qu'on a confirmé l'ovulation. Donc on observe le changement de glaire cervicale. et une montée significative et durable de température.
Et là, on peut arriver dans cette phase d'infertilité post-ovulatoire dans laquelle on sait qu'il n'y a plus de nouvelles ovulations possibles. Et donc, c'est un peu open bar si on est dans une logique contraceptive. Ce qui est plus délicat, c'est d'identifier le début de la fenêtre de fertilité parce qu'elle dépend d'une ovulation qu'on ne connaît pas encore. Je disais tout à l'heure, si on prend en compte la durée de vie des spermatozoïdes, on est environ 6 jours en moyenne avant l'ovulation. donc Donc si on connaissait à l'avance l'ovulation, on pourrait se dire à partir de ce jour-là, je suis déjà en fenêtre de fertilité. Sauf qu'on ne sait pas à l'avance quand on ovule. Et ça, c'est un truc super important parce que moi, j'étais toujours dans cette idée qu'on pouvait savoir à l'avance parce qu'on calculait par rapport aux règles, etc. Mais en fait, pas du tout. Et justement, ça, c'est une erreur que je vois super souvent parce qu'on a cette habitude-là par manque de connaissances et par manque d'informations qu'on a sur notre cycle. Mais on est vraiment éduqués dans l'utilisation aujourd'hui des applications de règles qui justement prédisent faussement une ovulation.
En fait, elles vont calculer une ovulation en fonction des dernières règles, mais quand tu commences à comprendre un peu le cycle, tu te rends compte que c'est les règles qui arrivent après l'ovulation, elles dépendent de l'ovulation. Donc tant que tu n'as pas ovulé, tu n'auras pas tes règles, et donc on essaie d'estimer une ovulation sur la base des règles qui dépendent des ovulations. Donc en fait, ça n'a pas de sens. Si tu te fais un oeuf au cerveau, c'est normal, parce que... on prend le truc à l'envers et c'est juste un calcul qui n'est pas possible. Donc je répète, parce que c'est encore une fois super important, on ne peut pas prédire l'ovulation ni connaître le jour exact de l'ovulation pour sûr. On parle de sur, c'est vraiment d'un aspect biologique scientifique.
Parce que bien sûr, j'ai beaucoup de personnes qui me disent oui je ressens, je sens ma glaire qui change, puis je sens un symptôme et du coup, que ce soit une douleur au niveau des ovaires ou même au niveau de la poitrine, on sent des choses.
Donc on peut se dire j'ai ovulé. Mais quand on veut utiliser une méthode naturelle, notamment pour la contraception, et j'ai envie de dire même surtout pour la contraception, c'est hyper important de ne pas entre guillemets juste se baser sur nos sensations corporelles. D'ailleurs, c'est ça que j'ai beaucoup aimé avec la symptothermie, c'est qu'on est sur la précision, le scientifique. Et c'est drôle parce que je rentrais d'une super année spirituelle au Mexique, en apprenant le lien du cycle menstruel avec celui de la lune, à faire des cercles de femmes, à parler de sorcières, à ritualiser des choses.
Et là, je rentre et je me mets sur quelque chose de super scientifique. Et ça montre bien qu'on n'est pas obligé de choisir entre l'un et l'autre. Les deux sont complètement compatibles. on peut avoir L'envie d'être très connecté à son corps dans le ressenti, mais aussi d'exiger une précision quand il s'agit de gérer notre fertilité, parce que ça reste un sujet important. Ce n'est pas de l'improvisation ou juste du ressenti, on est vraiment sur du concret. Et donc moi, ça me chafouine toujours quand je vois des personnes qui encore aujourd'hui utilisent des applications de règles pour apprendre leur fertilité, apprendre à gérer leur fertilité.
Alors je trouve ça super dangereux si c'est pour de la contraception, et c'est malheureux. Si on cherche à concevoir, parce qu'on peut viser aussi à côté. C'est vrai que je parle beaucoup de contraception, parce que c'est l'objectif que j'utilise, et c'est ça qui m'a amenée à croiser le chemin de la symptothermie. Mais bien sûr, pour les personnes qui cherchent à concevoir, c'est aussi important de savoir dans quelle fenêtre viser, parce qu'au contraire, là, c'est vraiment la fenêtre fertile qu'on va vouloir connaître avec précision, pour en tout cas savoir quels sont les moments où il y a les meilleures chances de concevoir.
Mais bon, c'est bien beau tout ça.
Est-ce que c'est vraiment fiable ?
Parce que je sais que c'est une question qui revient souvent et elle est complètement normale, parce que quand on veut gérer sa fertilité, on doit s'assurer aussi de quel niveau de fiabilité on a. Donc pour mesurer la fiabilité d'une méthode, on utilise l'indice de Pearl.
L'indice de Pearl, c'est en gros le nombre de grossesses non désirées pour une contraception donnée, donc on va avoir un pourcentage. Donc pour chaque méthode de contraception, on a un pourcentage. Et donc le pourcentage d'échecs de l'asymptothermie, On va être sur un indice de Pearl qui est entre 0,6 et 1,8%, ce qui veut dire qu'il y a plus de 98% d'efficacité. Je précise toujours qu'il n'y a aucune méthode contraceptive qui soit efficace à 100%.
Même les contraceptions définitives, scientifiquement, on ne peut jamais dire qu'une contraception est fiable à 100%. Donc on va toujours être pour les plus fiables sur du 99,5%. 6, 7, 8, voire 9, mais bien sûr on ne peut jamais être à 100%. On va aussi toujours comparer une efficacité théorique et une efficacité pratique, c'est-à-dire théorique, toutes choses égales par ailleurs dans le meilleur des mondes, donc par exemple la pilule si on la prend de façon hyper régulière, qu'on n'est jamais malade, qu'on n'a jamais de facteurs qui font qu'on l'oublie, etc. Et en pratique, ça va prendre en compte l'usage, la façon de la prendre et justement toutes ces choses-là.
Donc par exemple pour la pilule, on va avoir une efficacité théorique de 99,6% ou 7%, je ne sais plus exactement, et on va avoir une efficacité pratique qui tombe à 91%. Donc ça veut dire qu'il y a un gros écart entre ce qu'on estime en labo et ce qui est réellement le cas pour les personnes qui pratiquent. Et c'est cet usage pratique en fait qui nous intéresse. En symptothermie, c'est un petit peu différent parce qu'on ne peut pas vraiment parler d'usage théorique.
Parce qu'on est tout de suite dans de la pratique, il n'y a pas d'études en labo, donc on va tout de suite être dans le pratique. Et la différence des fiabilités va être en fonction de comment on gère notre phase de fertilité, c'est-à-dire comment on adapte nos rapports. Donc le plus fiable, bien sûr, ça va être pour les couples qui décident de s'abstenir pendant la phase de fertilité. Donc là, on va avoir une efficacité de 99,4 ou 6%, on va être à plus de 99%.
Et ensuite, on a les utilisations avec préservatifs. Voilà, et on sait qu'il y a certains couples parfois qui pratiquent le retrait. Donc, c'est pour ça qu'on va jusqu'à à peu près 98% d'efficacité, ce qui est déjà énorme par rapport à d'autres méthodes aussi qui existent. Je précise aussi que quand on dit symptothermie, on ne parle pas de la méthode Ogino, parce que c'est une confusion qu'on a souvent.
On se dit, ah oui, c'est le truc de grand-mère, etc. Ce n'est pas du tout ça, parce que la méthode Ogino, justement, est basée sur un calcul calendrier. similaire à ce qu'on retrouve dans les applis de règles. Et ça, on n'est pas du tout sur une fiabilité de plus de 98%.
J'ai pas le chiffre en tête mais... Tu peux les retrouver sur mon compte Instagram.
Et aussi, la symptothermie, elle est approuvée par l'OMS, donc ça veut bien dire que ce n'est pas un truc qui sort de nulle part. Alors peut-être qu'on peut s'interroger sur pourquoi est-ce qu'on n'en parle pas ? Moi, c'est la première question que je me suis posée.
Je me suis dit, mais si ça, ça existe, que c'est super fiable, pourquoi est-ce que les gynécomes n'en ont pas parlé ?
Alors le truc, c'est que tout simplement, ce n'est pas enseigné en fac de médecine, c'est pas enseigné en école de sage-femme c'est bien malheureux mais c'est comme ça Il faut se rappeler aussi qu'un gynéco ou une sage-femme va proposer des consultations qui sont assez courtes, alors que l'apprentissage de l'asymptothermie, si on est accompagné, ça nécessite un suivi quand même plus rapproché, avec des consultations qui peuvent prendre un peu de temps, on a besoin d'avoir le temps, d'échanger, de regarder les cyclogrammes, mais aussi l'asymptothermie est très souvent, dans la majorité des cas, enseignée par des personnes qui pratiquent, c'est-à-dire qui l'ont utilisée pour elle-même, parce que quoi de mieux pour témoigner de l'efficacité que de savoir ce qu'on fait.
C'est une méthode quand même qui est assez particulière parce qu'on est vraiment sur du naturel. Donc c'est important de savoir aussi ce qu'on fait et ce qu'on va proposer aux autres. Et c'est intéressant parce que dans les praticiens de santé, c'est très divisé.
Il y a des personnes, des praticiens, des gynécologues, des sages-femmes qui connaissent la méthode et qui vont même la conseiller. Moi, je n'ai pas plus tard que la semaine dernière, une personne qui m'a dit qu'elle était tombée sur une super sage-femme, qui lui avait dit non, mais la pilule, ça ne vous convient pas, vous devriez essayer l'asymptothermie. Je dis merci, c'est génial.
Et à côté de ça, on va avoir d'autres praticiens qui vont lever les yeux au ciel, voire nous dénigrer en disant que c'est n'importe quoi, que ce n'est pas du tout fiable. Donc je comprends parfaitement que ça puisse porter à confusion, mais on voit par exemple des comptes comme mon gynéco sur Instagram qui est très connu, qui a des milliers de followers, qui parle de l'asymptothermie. Donc ça montre bien qu'il y a des gynécos qui connaissent et que quand ils connaissent, ils savent en parler et savent même la recommander.
Le truc c'est que La méfiance, elle se comprend quand même d'une certaine façon parce que parfois on se lance sans connaître et il y a des personnes qui veulent aller trop vite. Et aujourd'hui, il y a de l'information un peu partout, parsemée, et il peut y avoir aussi beaucoup de confusion et des personnes qui se lancent toutes seules et derrière qui font des erreurs. Donc c'est vrai qu'au début, j'avoue, je jugeais pas mal les praticiens de santé de ne pas en parler et de dénigrer et de considérer qu'on n'était pas capable de le faire. Mais d'un côté, je les comprends parce que quand on ne connaît pas et qu'on ne sait pas vers qui réorienter, en fait, on laisse la patiente en face un peu démunie et avec le risque qu'elle tombe sur des informations qui soient erronées, qu'elle fasse des erreurs.
Et moi, je rencontre aussi quotidiennement des personnes qui me contactent sur Instagram pour me poser des questions et je vois bien que dans leur pratique, ce n'est pas clair. Je vois bien qu'elles se lancent avec des informations partielles.
Il y en a qui se lancent dans la symptothermie en utilisant une application de règles. Il y en a d'autres qui piochent des informations à droite, à gauche.
Et dans ces moments-là, moi ça me fait toujours un petit pincement au cœur parce que je sais en fait qu'elles vont probablement faire des erreurs, ou en tout cas pratiquer sans étant super confiante, et c'est pas le but. Le but c'est pas d'être dans le stress, de savoir si nos règles vont arriver.
C'est justement au contraire d'être vraiment dans la maîtrise, la sérénité, la confiance de cette utilisation-là, et de savoir anticiper les choses sans être dans le stress. Et là ici, il y a vraiment deux erreurs que je vois de façon très fréquente, c'est justement les personnes qui veulent aller trop vite et donc qui brûlent les étapes. Il ne faut pas oublier que même si ça reste une méthode absolument géniale, elle nécessite un apprentissage.
C'est comme passer le permis. On ne va pas se dire, tiens, du jour au lendemain, c'est bon, j'ai à peu près compris comment il fallait conduire et je vais me lancer sur le rond-point de l'étoile à Paris. Non, on va d'abord apprendre le code. Ensuite, on va prendre des cours. On va avoir un moniteur à côté qui nous guide, qui peut nous arrêter si jamais on n'a pas vu le stop, on n'a pas vu un feu, etc. et ensuite qui va nous faire passer un examen, qui va nous dire que c'est bon, on peut être autonome et on peut être lâché dans la nature. Bon, bien sûr, dans le cadre d'un permis, ça n'impacte pas que nous, mais aussi la société. Mais voilà, dans l'apprentissage de la symptothermie, c'est la même chose. On doit apprendre justement les indices de fertilité, les codes de la symptothermie, les règles d'interprétation et avoir une conseillère à côté qui va nous aider à voir si on va dans la bonne direction ou pas, nous corriger pour qu'ensuite, au bout de la période d'apprentissage, on se sente autonome en toute sérénité.
Et l'autre erreur que je vois beaucoup, c'est qu'on confond en fait des méthodes symptothermiques. Et ça, c'est quelque chose qu'on ne sait pas toujours. Et je le dis et je le redis, mais j'ai l'impression que c'est quelque chose qui a du mal en fait à être entendu. Mais c'est que quand on dit symptothermie, en fait, c'est un terme générique maintenant pour parler de méthode d'observation du cycle avec les indices de fertilité.
Mais dans la symptothermie, il y a plusieurs écoles et plusieurs méthodes symptothermiques. Moi par exemple, j'ai appris et j'enseigne la méthode Sympto, qui a été développée, peaufinée par la fondation SymptoTherm en Suisse. Mais il y a aussi Sensiplan qui est très connu, Cyclamen, Serena Québec, SymptoPro, d'autres méthodes. aux Etats-Unis, bref, il y en a beaucoup qui existent.
Mais c'est important de savoir laquelle on pratique parce qu'en fonction, on ne va pas avoir la même façon d'identifier la glaire cervicale, d'identifier une montée de température, d'interpréter. Et donc quand je dis quelle méthode tu pratiques en symptôme thermique, on me dit la glaire et la température, moi je sens que la personne en face n'a pas suffisamment d'informations pour savoir ce qu'elle fait.
Parce que normalement, on devrait être en mesure de dire j'ai choisi d'apprendre la méthode sans y-plan, la méthode santo, la méthode si, la méthode ça. Donc voilà, si c'est quelque chose qui t'intéresse, que tu connais pas ou que tu pratiques déjà, renseigne-toi aussi sur la méthode que tu vas apprendre ou que tu pratiques pour savoir ce que tu fais, parce que sinon le risque c'est de piocher des informations à droite à gauche qui proviennent de méthodes différentes et derrière de tout mélanger et de pas interpréter correctement.
Une autre question qui revient souvent c'est est-ce que c'est adapté à tous les types de cycles ?
Il y a vraiment cette idée que ça fonctionne que sur les cycles réguliers, que si on a un cycle long, irrégulier, si par exemple on est en postpartum, si on a l'aide, si on a imprimé nos pauses, etc., que ça ne va pas fonctionner pour nous. Encore une fois, en fait, cette idée que c'est que pour les cycles réguliers, elle vient des méthodes de calcul. Parce que les méthodes de calcul, elles sont basées justement sur quelque chose qui est stable, qui est standard, et qui respecte les mêmes codes à chaque fois, ce qui n'existe pas. Et c'est pour ça que je ne préconise absolument pas ces méthodes-là. Parce qu'elles se basent sur des calculs qui ne reflètent pas la réalité de notre corps.
Mais là, avec la symptothermie, on est dans l'observation du cycle, on est dans l'observation de ce qui est. Et donc, quel que soit notre type de cycle, bien sûr, le prérequis, c'est d'avoir un cycle naturel. Donc si on prend une contraception hormonale, ou si on n'a plus de cycle, qu'on soit en ménopause ou en grossesse, ça ne va pas pouvoir s'appliquer. Mais par exemple, si on a un stérilet au cuivre, on peut tout à fait démarrer une observation symptothermique parce qu'on a quand même notre cycle naturel. avec des ovulations.
Donc à partir de ce moment-là, oui, on peut utiliser la symptothermie. C'est juste que pour les cycles irréguliers ou les cycles longs, eh bien, ça va nécessiter un petit peu plus de pratique parce qu'on va avoir justement besoin d'observer un peu plus longtemps. Parfois, ça va être un petit peu long. Mais ce que ça apporte en plus, c'est une grande sérénité parce que c'est super utile pour ne plus avoir peur dès que les règles sont en retard.
D'ailleurs, c'est jamais les règles qui sont en retard. Dans la plupart des cas, c'est l'ovulation qui a du retard. Et c'est pour ça que derrière, les règles ont du retard. Donc en observant le cycle, on n'a plus de surprise, on peut anticiper. Et pour les personnes que j'ai accompagnées avec des cycles irréguliers, je peux te dire que c'est un grand soulagement de ne plus être dans le stress, de savoir si ce cycle-là va durer un mois, trois mois, deux mois, et en tout cas de savoir en temps réel ce qui se passe. C'est une grande reprise de contrôle sur son propre corps.
Et puis... Les périodes un peu particulières qui sont un peu plus touchy, ça je ne vais pas mentir, postpartum, pré-ménopause, on peut tout à fait s'observer, mais c'est des périodes particulières où la fertilité ne fonctionne pas comme sur un cycle naturel en dehors de ces périodes-là. Et donc ça nécessite des choses un petit peu plus précises et ça nécessite des suivis adaptés, mais ça se fait complètement aussi.
Et parfois on me dit oui, mais moi je suis hyper fertile et donc du coup j'ai peur que ça ne fonctionne pas pour moi. Et là aussi, le fait de se sentir hyper fertile, ça veut juste dire qu'on est fertile. Ça veut juste dire qu'on fonctionne bien et c'est plutôt une bonne chose. Ça ne change rien à la méthode non plus, puisque au niveau de la méthode, on va chercher à identifier une fenêtre de fertilité. Même si tu te considères hyper fertile, il y a toujours une période pendant laquelle il n'y a plus d'ovules à féconder. Ça, ça ne changera pas. C'est pour tout le monde la même chose. Donc tu vois, en fait, la symptothermie, c'est une méthode qui s'adapte à toutes les typologies de cycles. et qui va nous offrir une grande fiabilité. Et cette fiabilité, elle repose sur trois choses importantes qu'il faut quand même mentionner, c'est la qualité des observations. Donc bien sûr, il faut qu'on soit sûr de notre glaire cervicale, de notre température, qu'il n'y ait pas des informations qui nous perturbent la lecture ou qu'on mette des informations qui soient erronées ou perturbées. La capacité à interpréter et donc à corriger aussi. Donc ça, c'est quelque chose qu'on apprend dans la période d'apprentissage. de pouvoir interpréter ces indices pour identifier la fermeture et l'ouverture de la fenêtre de fertilité, et bien sûr derrière, l'adaptation de notre sexualité. C'est-à-dire que si on a un objectif de contraception et qu'on pratique du retrait pendant la phase de fertilité, la fiabilité de 98% ne peut pas être garantie par rapport à un couple qui respecte le fait que pendant la phase fertile, on doit soit éviter les rapports, soit avoir une sexualité sans pénétration, soit utiliser une méthode barrière pour éviter une grossesse.
Et puis même en dehors de tout besoin de gérer sa fertilité, c'est aussi un excellent outil de connaissance de soi.
Moi ça m'a permis de comprendre mon corps, de le connaître, de me reconnecter à mon corps aussi. La première fois que je suis allée toucher mon col de l'utérus, je me suis dit mais c'est fou, je ne savais même pas où était mon col. C'était le gynéco qui le voyait, on ne m'a jamais proposé non plus de le regarder ou de le toucher ou de savoir où il était. C'est comme si c'était complètement étranger à mon corps et qu'une personne extérieure en savait plus sur moi que moi. Donc moi ça m'a appris beaucoup et j'ai beaucoup de personnes aussi que j'accompagne. qui n'ont pas forcément un objectif de conception ou de contraception, mais qui veulent juste comprendre leur corps, démystifier leur cycle, suivre un cycle irrégulier notamment.
Moi, par exemple, ça fait dix ans que je m'observe, même en étant célibataire. Je continue mes observations parce que je le fais avant tout pour moi. Et puis, on pourra le voir aussi dans d'autres épisodes.
Moi, j'adore la symptothermie parce que c'est un outil génial pour comprendre ce qui se passe dans le cycle et comprendre quand on a certains symptômes ou suivre aussi l'évolution d'un cycle, voir repérer des déséquilibres.
C'est un excellent compagnon de santé aussi et je trouve que c'est vraiment indispensable. D'ailleurs, toutes les personnes que j'accompagne me disent toujours cette chose-là quand on termine un accompagnement, c'est « je ne comprends pas, on devrait apprendre ça à l'école » .
C'est vraiment unanime parce que c'est tellement notre corps, notre fonctionnement que ça fait partie de l'apprentissage qu'on devrait recevoir dès nos premières règles. Malheureusement qu'on n'a pas. mais on essaie d'y remédier en faisant connaître cette méthode et en accompagnant un maximum de personnes à la maîtriser.
Voilà, j'arrive à la fin de cet épisode. Je pourrais vraiment continuer de parler de cette méthode pendant des heures, mais je laisserai ça pour d'autres épisodes de podcast parce qu'il y a vraiment beaucoup de choses à dire sur cette méthode et sur tout ce que ça peut apporter.
En tout cas, pour ma part, c'est vraiment quelque chose qui est intégré dans ma vie et je ne reviendrai plus jamais en arrière. Et qui sait, peut-être que demain, ce sera ton cas aussi. Si tu veux aller plus loin, tu peux accéder à un atelier offert que j'ai préparé qui te montre tout ça un peu plus en détail, avec des visuels pour que ce soit un petit peu plus compréhensible. Ou tu peux aussi réserver un appel offert avec moi pour qu'on voit si je peux t'accompagner. Tu as aussi mon Insta si tu es curieuse et que tu veux prendre un peu le temps de connaître un petit peu plus d'informations. Je te mets tous les détails dans la description.