Speaker #1Nicolas Moreau, je suis petit train depuis à peu près une vingtaine d'années. J'habite dans le Nord-Isère, une petite commune au métier. Je suis célibataire. Dans ma vie, je travaille dans un centre de recherche sur l'aluminium, tout ce qui est aérosmonautique, tout ce qui est packaging, c'est-à-dire emballage d'aluminium, diamètre, règle de l'air, etc. et tout ce qui est automobile. Je travaille notamment dans le collage automobile. J'ai arrêté le foot, je faisais beaucoup de foot, j'ai arrêté le foot et il fallait que je fasse un autre sport. Et donc je me suis mis à la course à pied. Alors au début c'était un petit 7 km, après c'est parti 20 km, semi-marathon, après marathon, et après plus ça allait, CCC, et puis UT4M, et voilà quoi. J'ai suivi les étapes normales de quelqu'un qui ne veut pas aller trop vite non plus. Et après, je ne fais pas ça en club. Je fais ça tout seul. Je ne veux pas de contraintes, surtout pas de contraintes. Je veux aller m'entraîner quand je veux. Je veux faire ce que je veux. Peut-être que ça a eu un impact sur mes performances. Peut-être que si j'avais eu un club, un coach, j'aurais fait de... de meilleures performances mais bon je suis satisfait de ce que j'ai fait jusqu'à maintenant. Le foot, j'étais accro au foot donc je me dépensais des entraînements la semaine et les matchs au week-end. Et donc je ne suis pas quelqu'un qui peut rester sans faire de sport donc j'ai basculé là-dessus. Alors moi je jouais sur un niveau départemental, le poste c'était... stopper derrière donc vu avec ma taille c'était ça donc j'étais pas rapide pour jouer un ailier devant j'étais pas assez bon pour jouer attaquant donc les massifs j'en connais je connais pas mal les quatre chartreuse, vercors, beddon, oisans, alors chartreuse déjà c'est le plus près de chez moi donc pour y aller c'est assez rapide et puis je trouve qu'il y a plus de disparités en reliefs, on trouve plus de choses que par exemple dans le Vercors ou alors en Belle-Dône, où c'est vraiment très accidenté, il y a beaucoup de rochers, de choses comme ça. En Chartreuse, c'est beaucoup plus varié. Si on veut faire une sortie plutôt cool, on trouve ça... facilement si on veut plutôt d'engager on va choisir un sommet et puis voilà. Quand j'ai appris la première année qu'il y allait avoir une terminorum, je ne m'étais pas intéressé ni à la Barclay ni à la terminorum et j'avais quand même postulé, parce que je me disais 300 kilomètres, 25 millimètres de dénivelé. C'est un tort des géants quoi. Et bon j'avais écrit une lettre de motivation mais sans plus donc la réponse avait été manque de motivation au niveau du triomphe virale comme on avait dit. Et après, la deuxième année, je n'avais pas postulé. Et je m'intéressais quand même. Je regardais les résultats, je regardais ce qu'ils faisaient. Et la troisième année, j'ai dit, je me jette à l'eau. J'ai postulé et j'ai reçu ma lettre comme quoi je faisais partie des 40 élus. J'avais fait un tordé géant, donc je me rendais compte de ce que c'était que 300 km avec 25 000 m de dénivez. Je savais un petit peu ce que c'était. Après, je ne connaissais pas du tout tout ce qu'étaient les eaux de poing, les vivres, et toute l'ambiance, toute cette atmosphère sur la terminome. Alors j'avais essayé d'avoir des infos sur ce parc. Mais bon, c'est compliqué. Ça ne se donne pas comme ça. Et donc, je regardais avec les photos à peu près où il passait. Après, je venais en chartreuse. J'avais la dia et je tournais, je gravitais autour et je regardais tous les sentiers. La première année que je l'ai fait, j'avais une carte. donc je savais à peu près où ça se situait et je restais un petit peu dans le secteur on en fait des choses inconscientes plus fou c'est j'avais fait deux boucles une fois je m'étais entraîné j'avais fait deux boucles une de jour une de nuit l'une après l'autre pour moi je trouve que c'est fou il y en a qui le font pour moi je trouve que c'est fou parce qu'il faut encaisser il faut encaisser ça en une seule fois et ça fait quand même presque 120 km quoi et ça c'était en 2000 2022 ouais l'année où il avait fait très chaud sur la terminoroum non je ne suis pas très souvent mais comme je disais c'est le massif le plus près de chez moi et puis c'est le massif c'est un massif que j'aime c'est c'est magnifique quoi c'est pratiquement tout le temps vert On a tout pour s'entraîner. J'ai déconné, c'est l'année où j'ai fini en 2003, où j'ai réussi à faire les cinq boucles. C'est la transition entre la quatrième et la cinquième. J'étais arrivé avec Albert, on était arrivé tous les deux. Et Albert, il me dit, Nico, tu veux partir dans quel sens ? Parce qu'il y a un sens qui est plus dur que l'autre. Et je lui dis, ben... Moi, je partirais dans... Si tu me donnes le choix, moi, je pars dans le sens facile. Il me dit, Nico, je te laisse partir dans le sens facile. Je pars dans le sens le plus difficile. Et puis, j'ai pris mon temps dans la transition. Et puis, il y en a un qui est arrivé. Il a vu que je prenais mon temps et il est parti dans le sens facile. Donc, après, je suis retombé dans le sens difficile et sans un berne. Et c'est là que j'ai galéré. Et cette erreur, je ne la referai plus jamais. Je veux dire, qu'est-ce qui se passe ? Tu en prends qu'à toi-même. Et puis, il faut partir, il faut y aller. Il faut faire le maximum. Après, on avait un petit peu de gap en termes de temps. On avait de l'avance. Donc, ça allait. Mais on se pose beaucoup de questions. non non on avait quand même bah après dans la nuit si on calcule dans la nuit je me rappelle alors au début de la boucle ça allait mais toute la deuxième partie c'était ouais on calcule on n'arrête pas de calculer on se dit il faut être à tel endroit à telle heure sinon on n'y arrivera pas jusqu'au moment où on arrive à un point où on se dit bah il reste plus que dix kilomètres là il nous reste quatre heures c'est bon c'est fait et bah tu t'assois Et tu attends un petit moment, tu te reposes parce que tu es hyper fatigué. Et après, tu repars et puis voilà, tu as hâte d'arriver. Mais en fait, au début, quand tu arrives, non, tu n'as pas d'émotion. C'est après, c'est les jours d'après. Quand les gens viennent te voir, ils te disent, tiens, on t'a vu dans les journaux. Tiens, bravo, tous les gens viennent te féliciter. Là, tu vois que tu as fait quelque chose, mais sur le coup, non, tu n'as pas de... tu ne te rends pas compte de ce que tu es arrivé à réaliser. Il faut dire qu'on avait tout pour le faire. Il y avait la météo, il y avait tout. On s'était bien entraînés. C'était l'année. Je fais mon sport par plaisir. Je ne cherche pas ni les trophées, ni la gloire, tout ça. Non, non, non. Mais tous mes collègues, ils me suivaient. Après, il y a un engouement, notamment avec le Dauphiné. Tout le monde arrive à suivre. Et justement, c'est quand ces collègues... tous ces gens, ils viennent te voir, ton directeur d'usine qui vient te voir, ton centre de recherche qui vient te voir, féliciter. Tu vois que tu as quand même fait quelque chose où les gens, ils sont reconnaissants. Il n'y a pas grand-chose qui a changé. À part les gens maintenant qui viennent te voir, ils viennent te demander des conseils, ils savent que tu as terminé. Mais autrement, non, il n'y a pas... Après, je ne sais pas trop. Moi, c'est une course que j'aime, que j'aime bien. Mon but, ce n'était pas uniquement de la finir. Il y a des courses, j'ai fini et j'y retourne dessus. Parce que l'UT4M, j'y vais tout le temps. Parce que ce sont des courses qui me plaisent. Ce concept de course, ça me plaît. L'ambiance, ça me plaît. Les personnes que je rencontre, je les apprécie. Il y a tout pour revenir. Il y en a qui s'appellent des courses de cœur. Mais moi, ce sont des courses qui me plaisent. La course et les gens qui gravitent autour. Ben, déjà, il faudrait qu'ils viennent. Le week-end de la Terminorum, il faudrait déjà qu'ils viennent voir comment ça se passe, voir l'ambiance qu'il y a, voir les coureurs. Alors, il faut faire attention, parce que s'ils voient les coureurs arriver, ils ne vont jamais s'inscrire. Non, mais il faut voir l'ambiance qu'il y a, l'atmosphère qui pèse sur cette course-là. Et après, il faut... Il faut postuler. Une fois qu'on a notre lettre, il faut faire du dénivelé. Il faut bien se préparer, bien, bien se préparer physiquement et mentalement, parce que mentalement, c'est aussi très, très dur. C'est une ambiance où il n'y a pas de rivalité. les coureurs ils font pas d'une course il n'y a aucune rivalité sur la course c'est une course qui si tu fais ta course personnelle tu iras pas au bout t'es obligé d'être en équipe et par contre il faut pas faire de cadeaux c'est tout c'est une équipe mais s'il y en a un qui a une défaillance on ne peut pas attendre la personne, ce n'est pas possible. Mais oui, c'est l'entraide dans cette course qui est géniale. Alors, on s'est connus, c'est pour ma première Terminorum. Je suivais un groupe, j'étais avec Laurent, Guéraud et Valérie. Et dans une descente, j'ai fait une chute. je me suis relevé, je refais une deuxième chute donc j'ai ralenti et qui est arrivé derrière moi, j'en avide et après on est partis tous les deux et on a commencé à discuter ensemble et puis il y a quelque chose qui s'est passé et on a fini la boucle ensemble la première boucle ensemble et on est reparti sur la deuxième et on a terminé la deuxième boucle ensemble vraiment on a fait deux boucles complètement ensemble, on ne s'est pas quitté quoi. Et puis après, il s'est lié une amitié, et puis on fait des recos, des fois il monte et on va faire des recos ensemble, on s'appelle très souvent quoi. Non, non, non, c'est toute l'année, ouais ouais, toute l'année ouais. Le week-end on était, ben lui il est resté, il est resté chez lui dans le sud, mais autrement ouais, on s'est appelé tout week-end, deux fois par jour. Quand je suis arrivé dans ma cinquième boucle, quand ils ont compté mes pages, quand ils ont validé la cinquième boucle, il y a Benoît Laval, il m'a cité, il a sorti ma lettre de motivation, il m'a cité un petit paragraphe que je lui avais écrit. Et ça m'a fait plaisir parce qu'en fait, je l'avais écrit pour lui, puis il me l'a sorti. Il me l'a lu devant tout le monde. Pour moi, c'était hyper émouvant. Arrivé à un certain temps, quand on vient sur cette course, il y a des échanges qui se font, il y a des petites taquineries aussi qui se font, mais ça, c'est le jeu. Je ne sais pas si je me permettrais, par respect, parce qu'ils font vraiment ça très très bien, je crois que je m'abstiendrais d'amener une pierre à leur course, parce qu'ils le font royalement, franchement, ils le font très très bien.