Speaker #0L'été dernier, j'ai remporté mon matériel d'enregistrement en vacances. Pendant que ma famille profitait de la piscine ou faisait la sieste, j'ai enregistré 8 épisodes. 8. Un hors-série entier que j'avais appelé « Reprendre en septembre » . Presque personne les a écoutés. Le pire, c'est que cette année, mon cerveau a recommencé exactement pareil. Alors aujourd'hui, je vais te raconter ce que j'ai fait différemment et ce que tu peux en faire pour l'idée qui te suit depuis tes vacances. Avant de commencer, un petit rappel. Pense à t'abonner au podcast Au-delà du mur sur Apple Podcasts, Spotify ou YouTube pour ne rien manquer des prochains épisodes. Et si le podcast t'aide dans ta pratique de la course à pied et du trail, laisse une note 5 étoiles. Pour découvrir les coulisses, retrouve-moi aussi sur mon compte Instagram, podcastaudeladumur. Chaque année, depuis que j'ai lancé le podcast, je me retrouve devant le même phénomène. Au moment où je devrais mettre les pieds en éventail et me reposer, c'est précisément là que mon esprit part dans tous les sens. Comme s'il attendait patiemment son tour, après toutes les injonctions plus ou moins volontaires qu'on se prend le reste de l'année. L'été dernier, il a gagné. J'ai créé de toute pièce un hors-série de 8 épisodes. L'objectif était sincère. Combattre cette frustration qu'on ressent au retour des vacances quand on se rend compte que les bonnes résolutions prises 3 semaines plus tôt sont déjà de l'histoire ancienne. Le principe ? Pour accéder aux épisodes, il fallait s'inscrire à la newsletter. Chaque semaine, un lien, un épisode, une mission. Au bout de 8 semaines, l'auditeur était censé être prêt pour son défi, courir une heure sans s'arrêter, s'aligner sur un 10 km ou un semi. Sur le papier, ça tenait debout. Dans la réalité, ça a été un fiasco total. Une poignée d'inscrits et la plupart des épisodes jamais écoutés. J'ai retenu deux choses. La première, c'est que j'ai sacrifié des heures de repos pendant des vacances en famille pour du contenu que personne n'a écouté. La deuxième, plus utile, pour qu'une idée fonctionne, il ne suffit pas qu'elle soit bonne. Il faut qu'elle réponde à un besoin. Avec le recul, je vois trois erreurs. Et je les nomme parce que ce sont exactement celles que tu risques de faire avec ton idée de cet été. La première erreur, c'est le format. J'ai enfermé mon contenu derrière une inscription, alors qu'il aurait probablement très bien fonctionné en épisode classique. J'ai ajouté une barrière entre mon travail et les gens à qui il était destiné. Deuxième erreur, le timing. J'ai publié le premier épisode vers la mi-août, c'est-à-dire au moment plus ou moins exact où les familles sont submergées sur les préparatifs de la rentrée scolaire. Le moment où personne n'a une seconde. La troisième erreur, et c'est la plus grosse, il n'y a pas eu de lancement. J'ai eu l'idée pendant les vacances, je l'ai trouvée géniale, je l'ai mise en pratique dans la foulée, persuadée qu'elle plairait. J'ai fait un post sur Instagram et j'ai attendu que la magie des réseaux opère. Elle n'a pas opéré. Un spécialiste me dirait aussi qu'il faut un public avant de proposer quoi que ce soit. Il aura raison. Alors pourquoi je te raconte tout ça ? Parce que cette année, j'ai récidivé. Enfin, mon esprit a récidivé, si je dois être plus précis. Mais avant de te dire ce que j'ai fait différemment, je dois te parler d'un livre. Pendant ces vacances, j'ai lu plus de 700 pages en deux semaines, contre zéro le reste de l'année. Un de ces livres, c'est Ne sait jamais de David Goggins, un ancien membre des forces armées américaines qui s'est classé plusieurs fois dans le top 10 des courses d'ultra-endurance. En regardant la couverture, je me disais assez négativement que j'allais tomber sur l'histoire d'un type qui a tout vécu et qui vient m'expliquer comment être heureux. Je suis vraiment ravi de m'être trompé. Un passage qui m'a marqué plus que les autres, c'est quand Coggins y dit « Qu'importe la difficulté qu'on traverse, On a toujours le choix. S'apitoyer sur son sort et aller chercher du réconfort chez ceux qui nous aiment, ou se sortir les pouces et se battre pour ce en quoi on croit. Ce que je prenais pour un énième bouquin de développement personnel n'en était pas un. C'était un rappel de la personne que j'ai été il y a bien longtemps. Celui qui s'est lancé dans les études d'ingénieur, pas parce que c'était facile, mais justement parce que personne dans sa famille ne l'avait fait auparavant. Il voulait montrer qu'il en était capable, même si l'idée le terrifiait, même avec cette petite voix qu'il lui répétait qui finirait par se faire jeter hors de l'école. J'ai terminé mes études il y a 13 ans. Je fais encore ce rêve où je suis en échec. Et où je me demande si je vais décrocher mon diplôme. Et c'est cette même personne qui un jour de printemps a demandé à sa femme de le filmer parce qu'il avait décidé de lancer une chaîne YouTube pour aider les autres à progresser en course à pied. Alors que lui-même ne savait pas comment s'y prendre. Voilà pourquoi un hors-série raté ne m'a pas arrêté. Cette année, donc, j'ai emporté qu'une chose. Mon carnet de notes. Pas de micro, pas de trépied, pas de projet à 8 épisodes. Je m'étais convaincu d'une chose. Si une idée venait, et j'étais certain qu'elle viendrait, je prendrais le temps de la noter, et je la presserais comme un citron pour en extraire tout ce qui pouvait en être extrait. Cette méthode n'a rien de révolutionnaire. Je note un mot-clé au centre de la page de mon carnet. Autour, je dessine une bulle, comme un nuage, comme dans les BD. Les bulles, je suis très fort pour les dessiner. Mes talents de dessinateur, ils s'arrêtent à peu près là. Ensuite, je laisse tout sortir. Chaque idée a droit à un trait comme un rayon de soleil autour du nuage. A l'extrémité du trait, je note l'essentiel. Au début, je pars dans tous les sens. Assez vite, il y a une direction qui se dégage. Et jusqu'ici, j'ai toujours vidé mon sac avant d'avoir fini le pourtour du nuage. C'est comme ça que commencent tous les épisodes que t'écoutes, dans celui-ci. Le premier rayon que j'ai dessiné cet été, c'était justement cette manie qu'a mon cerveau de s'emballer au pire moment. Ça m'arrive aussi en courant d'ailleurs. T'es en pleine accélération et c'est précisément là qu'il essaie de te convaincre que tu vas réinventer l'eau chaude. Je crois que les moments calmes sont propices à l'introspection. On n'a plus la tête dans le guidon, pas de mail qui attend, pas de rapport à rendre, pas de séance à préparer. Juste le drame de la glace, de la petite dernière, tombée toute seule par terre, pour la troisième fois. À ce moment-là, je pense que notre esprit doit se dire, c'est mon tour, et il se lâche. Et l'épisode que tu écoutes, c'est le résultat de tout ça. Une page et demie au format A5, dont la moitié est occupée par un nuage avec des rayons de soleil. C'est mon critère principal pour retenir une idée plutôt qu'une autre. Un maximum d'extraction pour le minimum d'effort. Maintenant, parlons de ton idée de cet été. Celle qui te suit peut-être depuis deux ou trois semaines. Le retour des vacances, il est d'un danger mortel pour cette idée. Les vérités de changement, elles rentrent très vite dans la valise et la valise, elle descend à la cave avec le reste. Je ne te dis pas de prendre 3 ans et de préparer 50 business models avant de te lancer. Au contraire, si je devais donner un conseil à celui qui a commencé à se filmer il y a bientôt 6 ans, ce serait de se lancer le plus vite possible. en choisissant une idée qui dépend le moins possible de facteurs ou de personnes externes. Tu la feras évoluer en chemin, mais avant de partir bille en tête, trois étapes. 1. Écris ton idée en grand. Prends des feuilles de paperboard et des gros feutres. Fais des croquis, des flèches, des bulles, des étoiles. Décris ton aventure. Ça peut prendre plusieurs soirées. Je suis passé par là. Numéro 2. Raconte-la à quelqu'un. Une fois que c'est grébouillé sur des feuilles, trouve une personne de confiance et raconte-lui ton aventure. Ça suffit déjà à faire tomber les grosses incohérences, celles que tu ne vois pas parce que tu es à fond dedans. Le troisième point, passe-là au crash test du SWOT. 4 rectangles, force, faiblesse, opportunité, menace. Tu trouveras des modèles partout sur internet, je ne vais pas m'étendre sur le SWOT. Ce qui compte, c'est là où tu mets ton attention. Moi je passe l'essentiel de mon temps sur les faiblesses et les menaces. Parce que si tu as déjà imaginé ce qui peut mal tourner, et que tu sais ce que tu feras ce jour-là, t'économises une immense quantité d'énergie au moment où ça arrive. C'est exactement la même chose si une course longue distance. Prendre un départ en n'ayant envisagé que le scénario idéal, c'est hyper risqué au moment où les choses, elles se corsent. Et elles se corsent toujours. Et surtout, sois lucide sur tes ressources. Peut-être que tu travailles à plein temps ou à temps partiel et que les jours off sont consacrés à des enfants si t'en as. Si en plus tu sors trois soirs par semaine et que tu veux t'entraîner six fois par semaine, il te reste pas beaucoup de fenêtres, mais je crois que tu m'as compris. Ajoute à ça que fin août, début septembre, dans beaucoup de métiers, c'est la période de préparation des budgets l'année suivante. Des journées bien chargées et prenantes en perspective. Sois dur avec toi-même, mais évite de trop te descendre aussi. Ça serait dommage de nous priver de cette idée qui ne te quitte pas. Une fois que tu as tranché, choisis en priorité les actions qui demandent le minimum d'effort pour un maximum d'effet. C'est ces premières victoires qui vont te lancer. Parce que la suite, une fois lancée, c'est beaucoup moins tout feu tout flamme. La suite, c'est des doutes, des remises en question, l'envie d'abandonner. Et une étincelle. Le feu. Et les doutes qui reviennent. Comme pour les marins, il faut maintenir le cap. Sauf que la comparaison avec les marins, elle s'arrête là. Contrairement aux marins, quand on se lance dans quelque chose de neuf, le cap est souvent flou. J'ai démarré le podcast sans avoir défini tous les contours. C'est d'ailleurs pour ça que j'ai migré vers l'audio après quelques temps. Je savais que je voulais aider les parents à progresser en course à pied, mais il y avait plusieurs chemins pour y arriver. Et avec le temps, j'ai élargi ma mission à tout le monde et pas seulement aux parents avec des jeunes enfants. Ce cap, cette raison d'être, c'est ce vers quoi il faut revenir à chaque fois que tu arrives à une intersection. Peu importe la direction que tu prends, aie toujours en tête pourquoi je veux faire ça. Au début, je m'y référais presque tous les jours. Aujourd'hui, je constate que ma raison d'être et moi, on s'est adapté au milieu dans lequel j'évolue. Après six ans, mon projet, il a changé. Moi aussi. La preuve qu'il valait mieux ne pas passer des mois à définir à la virgule près comment je voulais que les choses se passent. Faire des prévisions, c'est devenu extrêmement compliqué. Ce qui compte, c'est notre capacité à nous adapter, à nous mobiliser quand on identifie un besoin réel. Un dernier point d'attention, et il est hyper important. Tes intuitions ne naissent pas dans le vide. On se laisse facilement happer par le contenu de quelqu'un qui a cartonné avec l'envie de profiter de la trend sur les réseaux sociaux. J'ai essayé de suivre les trends. Ça ne s'est jamais traduit par une augmentation du nombre d'abonnés, ce que je recherchais in fine. Et à copier ce que font les autres pour gagner en visibilité, on finit surtout par devenir un suiveur. C'est ce que je trouve dommage aujourd'hui. C'est de plus en plus compliqué de faire son nid en étant soi-même. On nous répète depuis des années que les réseaux sont une caisse de résonance indispensable. Personnellement, je trouve que les résultats ne sont pas à la hauteur de l'investissement. Alors j'y suis présent, mais je ne plie plus tous les jours. Parce qu'il faut faire plaisir à l'algo, parce qu'il faut rester visible, parce qu'il faut faire ceci ou cela. À force de faire les choses parce qu'il le faut, on oublie de les faire parce qu'on a envie de les faire. Et la frustration est encore plus grande quand on essaie de faire entrer son idée dans le moule des réseaux et que le succès espéré n'y vient pas. Prends ce point au sérieux avant de te lancer. Dans tout ce que je viens de te raconter, Il y a une option que je n'ai pas évoquée. Laisser filer ses idées et ne pas y prêter attention. Cette possibilité me terrifie. Je me suis toujours dit que notre corps nous fait comprendre les choses d'une manière ou d'une autre. Quand on est malade, on ressent les symptômes. C'est la lettre que nous envoie notre organisme pour qu'on aille mieux. Alors si notre esprit nous envoie des messages qu'on n'écoute jamais, qu'est-ce qui se passe le jour où il décide de plus communiquer que de manière extrême ? Tant que mon esprit m'envoie des messages, je me dis qu'il y a un désalignement qui me propose de corriger. Mineur ou majeur. Et moins j'écoute, plus les messages reviennent. Mais si tout s'arrêtait ? J'ai pas envie de perdre ce qui fait ma spécificité, avec toutes mes contradictions. Alors voici ce que je te propose cette semaine. Une seule chose. Prends une feuille, écris au centre le mot qui résume l'idée qui t'a suivi tout l'été. Et donne-toi 20 minutes pour dessiner des rayons autour. Une feuille, 20 minutes, un stylo. C'est tout. Si au bout de 20 minutes, la feuille est encore presque vide, t'as ta réponse. Et tu viens d'économiser 6 mois. Et si elle déborde, tu sais ce qu'il te reste à faire. Trouve quelqu'un de confiance et raconte-lui. L'année dernière, j'ai passé mes vacances à enregistrer 8 épisodes que personne n'a écoutés. Cette année, j'ai emporté un carnet et j'en ai tiré un seul épisode. Je crois que c'est le meilleur échange que j'ai fait depuis bien longtemps. Ton idée mérite mieux que la cave. Mais elle mérite aussi mieux qu'un lancement précipité, un sinistre mardi de la mi-août. Et toi, c'est quoi l'idée qui t'a suivi pendant tes vacances, cette année ?