Speaker #0Bonjour et bienvenue dans le podcast Au fil du yoga à l'ombre du bannian, le podcast qui t'invite à ralentir, à respirer et à revenir à l'essentiel. Ici, on déroule le tapis autant que les pensées. On explore le yoga et le bouddhisme sous toutes ses formes. Le corps bien sûr, mais aussi l'esprit, les émotions et ce fil invisible qui relie tout. Que tu sois pratiquant, curieux, yogi passionné ou simplement en quête d'un peu plus de calme dans le tumulte du quotidien, tu es au bon endroit. A chaque épisode, je t'emmène dans une parenthèse douce et authentique. entre réflexion, pratique et inspiration pour t'aider à te reconnecter à toi. Alors, installe-toi confortablement et laissons le fil se dérouler. Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast au fil du yoga à l'ombre du bagnon. Aujourd'hui, je souhaiterais parler avec vous du yoga au-delà des postures. Comment le yoga transforme notre quotidien ? Et je vois cette thématique comme étant la juste continuité de tous les épisodes enregistrés depuis l'automne 2025 jusqu'à maintenant. Où, en définitive, on a beaucoup parlé d'émotions, de charges mentales, d'équanimité. Le yoga au-delà des postures. Et si le yoga ne commençait pas sur un tapis, mais dans notre manière de vivre chaque journée ? Alors la première chose, et vous le savez parce que j'en parle déjà beaucoup, il y a un mythe. Le mythe du yoga moderne. Celui sur lequel le yoga moderne s'est construit. Celui sur lequel le yoga moderne a... explosé, a connu son âge d'or. Mais c'est aussi ce mythe qui fait qu'actuellement, le yoga est en train de s'écrouler. C'est celui de la posture. La posture comme étant un élément de gymnastique. Qu'est-ce que la posture ? Le mot s'inscrit Pour dire posture, c'est asana et qui vient de la racine sanscrite qui veut dire l'assise. Historiquement, l'asana, quand on remonte au premier temps de cette pratique, je vais appeler ça la pratique de yoga pour que ça soit plus facile à comprendre. Je précise déjà que c'est une dérive du terme, parce que dans pratique, on a l'impression qu'il faut faire quelque chose physiquement. Et vous comprendrez que non. Donc, quand on essaye de remonter ce qui a été documenté par des sanskritistes, des personnes qui ont aussi énormément travaillé sur la philosophie du yoga, des universitaires. Les postures les plus souvent décrites étaient de deux ordres. La plus connue, c'est l'assise. Et il y a déjà différentes variantes dans l'assise. Être assis au sol, parce que je rappelle à l'époque où le yoga, les premières postures de yoga sont apparues, ça remonte bien avant la naissance de Jésus-Christ, la chaise n'existait pas. On s'asseyait sur le sol, on s'asseyait en tailleur, on s'asseyait beaucoup en lotus. Pourquoi est-ce qu'il y avait beaucoup de personnes qui arrivaient à s'asseoir en lotus et pourquoi maintenant les personnes arrivent moins à s'asseoir en lotus ? Eh bien, tout simplement parce qu'à l'époque, le fait de s'asseoir sur le sol faisait que, tout simplement mécaniquement, Les muscles qui permettent de remonter les genoux vers la poitrine, qu'on appelle les fléchisseurs des hanches, étaient très, j'allais dire presque élastiques. En tout cas, ils n'étaient certainement pas contractés comme ils le sont maintenant. Si vous vous regardez, vous êtes assis là sur une chaise, vous êtes à 90 degrés. Vous êtes déjà dans une... dans une position de flexion de hanche, puisque la position de relaxation, c'est quand vous êtes allongé, donc la jambe est dans la continuité du tronc, donc vous êtes à 180 degrés. Allongé. Vous ramenez le genou vers vous, ça fait un angle droit avec le pli de l'aine, vous êtes à 90 degrés. Pour faire remonter le genou en direction de l'abdomen, Vous avez utilisé des muscles qu'on appelle les fléchisseurs de hanche. Vous ramenez encore un peu plus près le genou qui touche votre abdomen, vous utilisez encore vos fléchisseurs de hanche. Donc les fléchisseurs de hanche à l'époque étaient très flexibles. Mais comment on passe notre temps assis sur une chaise ? Eh bien nos muscles, et parce qu'on devient de plus en plus sédentaires, C'est très important. On passe énormément de temps assis. On est tous beaucoup devant un ordinateur. Alors ça peut être un ordinateur, ça peut être pour les personnes qui sont des caissières et des caissiers, devant l'écran de la caisse. Pour une personne qui gère un stock, elle va être forcément devant un écran. On est toujours assis. Vous regardez la télé, vous êtes assis. Vous prenez les transports en commun, vous êtes assis et vous allez vous asseoir. Vous ne souhaitez pas rester debout. Donc l'assise. Et puis vous aviez les postures, on va dire, un peu plus compliquées, nettement plus compliquées, qui étaient celles qui étaient réservées à ces personnes qui étaient des vraies ascètes. Parce qu'au départ, le yoga était compris comme étant une assaise. extrême, où on avait des personnes qui étaient très minces, c'était des hommes, avec des... on ne se coupait pas la barbe, on ne se coupait pas les cheveux, qui par exemple, tenaient debout sur une jambe, ou bien faisaient ce qu'on appelle la chauve-souris, c'est-à-dire s'accrocher à une branche, ce qu'on appelle maintenant le cochon pendu, enfin en tout cas, à mon époque, on l'appelait comme ça. Sur une branche, les genoux fléchis autour de la branche et hop, on se laisse aller vers le bas, suspendu. Pendant pas cinq minutes, pendant des heures. C'est ce qu'on appelle une assaise. Et c'était une posture de yoga. Eh bien, la sana, la posture a beaucoup évolué. Au début, il y en avait très peu. On est passé à 18, puis après 1200 postures, avec toutes les variations en fait qui existent. jusqu'à ce qu'elle soit un tout petit peu plus codifiée au début du XXe siècle, avec notamment Krishnamacharya, qui on va dire la personne qui a vraiment redonné les couleurs du yoga telles que vous le connaissez. Krishnamacharya était... Le beau-frère d'Ayangar, c'était le père de Pattabhi Joyce. Donc, il y avait une filiation. Et les postures sont... À partir de là, il y a eu aussi des élèves occidentaux qui sont allés en Inde, qui se sont formés. Et forcément, ce qu'on ramène, et ce qui est le plus simple, pour éviter un choc... presque de civilisation, parce que ce sont deux philosophies complètement opposées. Pour introduire le yoga en Occident, on a utilisé les postures. C'était beaucoup plus facile de faire des postures que de parler de la cesse, de tapas, de bhakti, d'ishvara, d'atman. Ce sont des concepts. du yoga extrêmement complexe à comprendre pour un esprit occidental. Donc, le yoga s'est construit sur un mythe, qualité la posture. Le problème, parce que moi je vois un problème, je me suis souvent exprimée sur le sujet, c'est que l'industrie, l'économie s'est emparée du yoga pour en faire un marché. pour vendre, pour faire de l'argent. Des centaines de studios de yoga se sont ouverts. Beaucoup de chaînes au départ, pas forcément des profs de yoga indépendants, beaucoup de chaînes. Alors c'était super parce qu'effectivement, tout le monde pouvait aller faire du yoga au coin de la rue. Franchement, j'ai été élève dans des studios et c'était bien pratique. Et puis... Parallèlement à ceci, il y a ce qu'on appelle, et j'ai beaucoup aimé, c'est une expression que j'ai entendue dans un podcast de Méta de Choc, consacré au mythe autour du sport et que vous pouvez écouter, vraiment très intéressant. Il y a, alors on connaissait Big Pharma, mais il y a Karma Industrie et Karma Industrie dans ce sens-là, c'était plutôt l'industrie du plaisir. Du coup, j'aurais dit Kama Industrie, parce que karma c'est action, kama c'est plaisir. Donc la Kama Industrie, l'industrie du plaisir. Et tout autour de cette industrie, très teinté de New Age, de chakra, de couleurs, d'avoir son petit mala, son bracelet, son top qui est assorti à son legging, etc. Les huiles essentielles, les encens, les malas, et ça ne s'arrête pas. Ensuite les livres, l'Ayurveda, comment concilier l'Ayurveda et le yoga dans votre vie quotidienne, avec une explosion à côté de tout ce qui était les massages à Bianga ou les faux massages à Bianga, parce que le massage à Bianga et le massage de l'Ayurveda, c'est pas que de l'huile. Ce n'est pas que de l'huile de sésame. Normalement, il y a d'autres choses avec. Bon bref, une explosion de ce karma industrie en insistant sur le fait que votre psoas était la poubelle de vos émotions, que si vous aviez le côté gauche qui était plus douloureux que le côté droit, c'est certainement parce que vous aviez un problème avec votre père, que le nervagal, il fallait absolument travailler dessus pour calmer son système le... parasympathique, etc. Beaucoup, beaucoup de choses. Et au milieu de tout ça, la posture de yoga. La posture de yoga sacralisée jusqu'à ce que se développent des formations spéciales pour faire des équilibres pendant 10 heures, 20 heures, 30 heures. Le Graal, réussir à faire un équilibre contre le mur ou sans le mur. Et puis ensuite, c'est avec des postures de plus en plus compliquées qui existent en yoga, mais qui ne sont pas le yoga. Où en fait, l'idée qui ressort, c'est la performance. Alors on vous parle beaucoup de but, de discipline, si tu es discipliné, si tu viens régulièrement, tu vas réussir à faire cette posture-là. Bien sûr que vous allez réussir à faire cette posture-là, hormis si vous avez des blessures ou des difficultés à mouvoir certaines parties de votre corps. Mais ce n'est pas le yoga. Dans le yoga, alors que ce soit dans les yoga sutras de Patanjali, mais pas que, parce que ça c'est pareil, c'est le texte qu'on, bon la première, qu'on utilise, qu'on cite, mais c'est un des textes sur le yoga. Vous avez des textes sur le yoga extrêmement compliqués. Et pour être très honnête, vous avez aussi des textes sur le yoga très compliqués dans le bouddhisme. À tel point qu'actuellement, une des théories, c'est de dire que Krishnamacharya s'est en partie inspiré de ce qu'il a lui-même vécu, des postures de yoga bouddhistes, lorsqu'il a séjourné dans l'Himalaya, dans la chaîne des Himalayas, où effectivement, dans la sadhana, la pratique bouddhiste, pour certaines formes de bouddhisme dit tantrique avancée, Vous avez des postures de yoga, alors qui ne sont pas des postures d'équilibre, pas du tout, mais qui sont des postures extrêmement complexes avec des visualisations, effectivement un certain nombre de chakras, des respirations et de l'utilisation également de l'abdomen et de ce qu'on appelle les kriyas. J'en reviens à mes postures, je m'égare un tout petit peu, mais c'est pour vous donner vraiment le... contexte de ce qu'est le yoga actuellement. Et nous avons donc une explosion de la pratique du yoga parce que nous sommes dans un interstice, une époque en fait où la charge mentale est de plus en plus importante et où le mot charge mentale commence à apparaître, le mot stress apparaît vraiment, la qualité de vie dans sa vie, la qualité de vie au travail, où on commence vraiment à mettre des mots, où on n'a plus peur de mettre ces mots sur certaines attitudes, sur le me-too qui apparaît, c'est tout un contexte qui fait éclore cette nécessité. de prendre soin de soi, de ne pas que subir, mais d'être l'acteur de son bien-être. Ça a aussi des dérives, de devenir l'acteur de son bien-être et notamment de déresponsabiliser. Alors, par exemple, ici en France, les acteurs sociaux, mais ceux de l'État, mais aussi des entreprises où... Puisque vous êtes responsable de votre bien-être, eh bien, ce n'est pas normal de ne pas être performant au bureau, puisqu'on vous donne tous les outils pour être bien, donc être performant. C'est, en fait, toutes les dérives de l'industrie du bien-être, qui est une véritable industrie. On ne parle pas de gagner 300 euros, on parle de millions d'euros. autour de cette industrie. Parce que quand vous n'êtes pas bien, vous cherchez une solution. Vous cherchez à aller mieux. Et vous allez essayer beaucoup de choses. Et en essayant beaucoup de choses, il y a des choses qui vont vous faire du bien, mais vous ne savez pas si c'est un effet placebo, si ça accompagne une autre action, parce que généralement on ne peut pas une seule chose, on en fait plusieurs en même temps. Bref, la posture est devenue... vraiment l'exemple même de ce qu'est le yoga. À côté de ça, il y avait la question de la souplesse. Donc, pour vendre du yoga, sont apparues toutes ces publicités autour des bénéfices du yoga. La souplesse, la gestion du stress, l'amélioration de la concentration, une meilleure qualité de vie. Une relation à soi plus apaisée, une relation avec les autres plus apaisée. Qu'en est-il ? Alors oui, le yoga transforme le quotidien, pas la posture. La posture va construire une relation avec votre ego. Parce que ne faire que de la posture, c'est juste se rendre compte éventuellement que vous avez un corps. Si vous m'écoutez, il y a des chances que vous soyez plutôt des pratiquants confirmés de yoga. Donc vous savez comme moi que vous êtes en capacité de sentir votre corps, mais de sentir votre corps pas uniquement quand vous êtes sur un tapis de yoga, de sentir votre corps dans votre vie au quotidien. Tout comme vous êtes en capacité de faire le point sur ce qui se passe dans votre mental, de voir à quel point il est agité et d'essayer de trouver Pourquoi il est agité ? Si vous n'êtes pas un pratiquant confirmé, mais que vous m'écoutez, et je vous en remercie infiniment, en fait, rendez-vous compte quand vous êtes en train de faire une posture, si vous sentez tout votre corps. Parce que vous allez être focalisé, vous allez porter votre attention sur ce que dit le professeur avec l'oreille, et avec vos yeux vous allez le regarder faire une pratique. Mais vous allez avoir du mal à sentir tout votre corps parce qu'ensuite, il y a nos facultés à intégrer. Alors, certaines personnes peuvent imaginer facilement, d'autres pas du tout. C'est ce que j'ai appris tout récemment, je ne savais pas que ça existait. Il y a des personnes qui ont besoin d'être touchées, d'autres pas du tout. Il y a des personnes qui ont besoin de beaucoup réfléchir, je fais partie de ces personnes-là, qui ont besoin de beaucoup réfléchir avant de comprendre pour intégrer. Et au début, le corps, oui, je me sens bouger, mais je ne sens pas forcément ce qui se passe dans mon corps. Alors le yoga, le bénéfice de la posture, c'est celui-là, c'est vraiment de sentir son corps. Mais le yoga, ce n'est pas que ça. Le yoga, retranscrit dans notre vie de tous les jours, c'est cette faculté, ce qu'on appelle la proprioception, c'est-à-dire à sentir son corps dans l'espace. Faites le test, fermez les yeux et essayez d'avancer le plus droit possible. Un autre test que j'aime beaucoup, prenez un parapluie. Allez dans la... Et puis, ouvrez votre parapluie. Et maintenant, déambulez dans la rue et rencontrez un autre parapluie. Vous allez avoir la personne qui ne sait même pas où est son parapluie, qui n'arrive pas à conceptualiser que le parapluie est juste au-dessus de sa tête et que donc, quand vous allez vous croiser, les deux parapluies vont se rentrer dedans. Vous, vous allez le sentir. Vous savez que le parapluie, vous allez anticiper le choc des deux parapluies. Vous allez lever votre parapluie. éventuellement abaisser votre tête pour ne pas vous prendre le parapluie de l'autre dans la tronche. Ça s'appelle de la proprioception et de l'attention. Parce que le yoga va développer votre attention. Pas l'attention à vous-même, bien sûr, mais l'attention aux autres. Vous allez sentir les autres autour de vous. Pas uniquement parce que vous allez développer votre capacité à écouter, mais parce que vous allez... agir avec les autres. Et là, il y a un petit bémol, c'est quand on pratique uniquement derrière un écran, parce que comme il n'y a pas d'autre, l'autre n'existe pas, vous ne partagez pas d'espace, donc vous ne vous rendez pas compte de là où se trouve l'autre. Et ça, c'est la chose la plus gênante, en fait, dans la pratique de yoga en visio. Et je me souviens avoir enseigné... en studio et d'avoir rapproché les tapis les uns des autres et où les élèves me disent « Non, non, non, mais laisse Caro, je veux avoir de la place, je veux vraiment avoir 3 mètres autour de mon tapis pour ne pas interagir avec les autres, pour créer mon propre espace. » Ce qui n'est pas faux. Mais votre espace, c'est votre tapis. Ce ne sont pas les 3,50 mètres qui sont autour du tapis. Et le fait de réduire cet espace vous permet de vous rendre compte qu'il y a une autre personne à côté de vous. de sentir son énergie peut-être, mais on va dire plutôt uniquement sa présence. Parce que l'énergie d'une personne négative, que ce soit dans le yoga, dans le métro ou au travail, vous la sentirez toujours. Il n'y a pas besoin de faire du yoga pour ça. Et le souci de l'asana dans ce cas-là, c'est quoi ? C'est la souplesse, la performance. Les gens vont commencer à se regarder, à se juger, certainement à se dévaloriser. Beaucoup de gens vont arrêter en disant je ne suis pas suffisamment souple, je ne suis pas suffisamment forte. Petite histoire personnelle que j'ai déjà racontée mais sur laquelle j'insiste. Alors, j'ai 54 ans, je suis ce qu'on appelle une femme ménopausée, ce qui veut dire que je dois faire attention puisque mes hormones ne soutiennent plus mon corps. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que je dois faire du sport et pas du yoga pour renforcer mes muscles. Le yoga n'est pas un sport, il ne vous permet pas de renforcer vos muscles. Éventuellement, il va vous permettre de vous assouplir, oui ça c'est sûr, et un peu de vous affiner. Vous n'allez pas maigrir en faisant du yoga, c'est pas cardio, c'est juste un peu d'endurance parce que vous n'allez pas faire non plus trois heures de pratique tous les jours. Même pour un prof, je tiens à le dire, pour maintenir son corps en santé, surtout après un certain âge, surtout par exemple pour une femme ménopausée, il est important de coupler le yoga avec une pratique de musculation, de soulever un peu de la charge pour renforcer le muscle et aussi pour prévenir les blessures. parce que le... corps pendant 54 ans, lui, il a vécu, même si dans ma tête, je suis toujours très jeune. Il a vécu, il s'est usé, pas que par le yoga, par ma vie de tous les jours. Parce que pendant très longtemps, j'ai pensé que quand j'avais une blessure, c'était à cause du yoga. Jusqu'à ce que je me rende compte que non. Parce que même en étant prof de yoga, même en respirant, même en prenant de la distance, moi aussi, je suis stressée. Moi aussi, j'ai de la charge mentale. Et c'est tout autant difficile que vous. Je ne suis pas plus forte que vous pour gérer ça. J'arrive juste parfois, mais pas tout le temps, à prendre un peu de distance avec le travail par exemple, à avoir une relation plus apaisée. Donc voilà, le mythe de la posture de yoga et du coup le mythe du yoga qui n'est réduit qu'à la posture. Alors l'autre problème c'est aussi le fait de se regarder. Et ce développement de cette industrie du bien-être qui me choque pour être très honnête. Notamment sur Instagram, comme les profs de yoga ont de plus en plus de mal à vivre quoi qu'on en dise de leur passion, certains profs, parce que là c'était beaucoup des femmes, en fait vendent des formations cette fois-ci pour être très bons, pour faire de la pub sur Instagram. Et tout ça en reliant ça avec le yoga. Mais il manque cette dimension honnête de dire... que ça va être plus difficile de gagner sa vie en étant prof de yoga. Pourquoi ? Parce qu'il y a beaucoup de concurrence, il y a de moins en moins de gens qui pratiquent le yoga, parce que c'est passé de mode, c'est le pilate qui revient, puisqu'il y a 25 ans c'était déjà le pilate qui était à la mode, peut-être que le yoga reviendra à la mode après. On est sur des tendances, et que donc naturellement, les gens ne seront plus prêts à payer un certain prix pour venir suivre un cours de yoga, quels qu'en soient les bénéfices qu'ils en retirent. L'être humain sature très vite, il a besoin de changement. Et c'est là en fait où le yoga a raté le coche, dans le sens où on n'a fait que mettre l'accent sur la posture. Parce que le yoga c'est vaste. Donc il y a ce qu'on va dire la pratique physique de yoga et puis il y a la pratique de yoga. La pratique de yoga c'est quoi ? Tout autant les mêmes bénéfices que si vous faites des postures. Elle vous permettra de gérer votre stress. Elle vous permettra d'améliorer votre concentration, d'avoir une meilleure qualité de sommeil. Et puis aussi d'avoir une relation apaisée. Apaisée avec vous et apaisée avec les autres. On parle par exemple, alors je vais parler de respiration. Et ensuite de pranayama qui est un peu différent. Pranayama, je ne connais pas en fait, je sais respirer, mais Pranayama, c'est difficile. C'est vraiment une pratique de contrôle du souffle très avancée. Mais vous avez aussi l'étude, l'étude de soi. C'est pour ça que tout à l'heure, je parlais de l'ego. Zwa Daya, c'est un concept qui apparaît effectivement, enfin qui est, je ne sais pas s'il apparaît, qui est dans les Yoga Sutras de Patanjali, mais... C'est cette étude de soi au regard de ce qu'est le yoga dans les textes est extrêmement important. Pourquoi ? Ce n'est pas le fait de se regarder et de dire, tiens, je suis comme ci, je suis comme ça, de voir comment on est à l'intérieur. C'est plutôt de se confronter à ce que je vais appeler des concepts. C'est la même chose avec le bouddhisme. Vous avez des explications philosophiques qui permettent de vous guider. Ces guides vont vous permettre de vous observer. Donc en fait, il faut choisir le bon guide. C'est là où moi j'ai quitté le guide purement yoga pour plutôt me tourner vers le guide plutôt bouddhiste. Même si je n'ai pas abandonné le yoga, parce que je continue à étudier les textes du yoga, à écouter des conférences dessus, parce que c'est passionnant. Et c'est quand même des pratiques proches, même s'il y a des choses qui les distinguent vraiment. Et donc, l'étude de soi, par exemple avec les yamas et les niyamas, c'est-à-dire les observances au regard de la société, ce qu'on doit faire au regard de la société, et puis au regard de soi-même. Et vous allez, donc ce mois d'yaya en fait partie, la connaissance, l'étude, et puis aussi ce que vous allez appeler par exemple satya, asteya, donc l'honnêteté. la pratique de la vérité. Brahmacharya, ça va être plutôt la pratique du fait de se contenir. C'était lié au célibat au départ. Brahmacharya, on ne peut plus trop le mettre maintenant, en tout cas en Occident et à notre époque, 21e siècle. Donc on va dire une espèce de contenance. Vous allez avoir l'assaise, la discipline, le contentement, bref. Et puis vous pouvez aller dans d'autres textes, notamment la Bhagavad Gita, qui elle va vous guider sur des éléments qui sont nettement plus spirituels, mais aussi peut-être vous aider à comprendre certaines choses. C'est cette relation avec l'étude de soi qui permet de développer la relation à soi. de se connaître, de se comprendre, de s'étudier. Ce qui nous permet aussi de, par exemple, comprendre pourquoi on stresse, d'où ça vient. Et puis aussi, ça permet de construire cette relation avec les autres, de ne pas avoir peur de l'autre. Nous sommes dans une société où nous avons peur des autres, nous avons peur de l'agression. Nous vivons dans une société qui est pacifiée. On n'est pas en guerre, en tout cas pas ici. Mais nous vivons toujours avec la crainte, la crainte de manquer. dès qu'il y a une petite... Petite crise, c'est systématique à Marseille. Vous ne trouvez plus de sucre, plus de farine, plus d'œufs, plus d'essence à Marseille. Comme si on était en guerre. Le yoga va vous apprendre en fait à comprendre comment vous fonctionnez. Pour pouvoir éventuellement mettre des freins à ces élans un peu... qui accélèrent beaucoup trop vite et qui ne sont pas du tout détachés. Donc, on apprend le détachement. Alors, tout ça pour dire, le yoga au-delà des postures, comment le yoga transforme le quotidien ? Eh bien, moi, je vous incite, alors pas à faire des postures, les salutations au soleil le matin à 5 heures du mat ou en fin de journée. Pourquoi ? Soyons réalistes. Et je vous parle en tant que prof de yoga. Et je vous dis ça parce que... Je discute beaucoup avec beaucoup de gens, avec beaucoup de profs de yoga. Et même ces profs de yoga, qui adorent le yoga, ne sont pas en capacité de faire du yoga tous les jours. Hormis les profs dont c'est le métier. Alors d'abord, effectivement, il y a une réalité. Et chacun a sa réalité qui est, il y a un boulot. Même si vous êtes mère de famille, c'est un boulot de s'occuper des enfants, de la maison, etc. Il y a un boulot. Ce boulot, il prend du temps. Ce boulot, si vous devez vous déplacer, donc il faut y inclure les heures de déplacement. L'heure ou les heures, par exemple pour moi c'est les heures de déplacement. Donc avec la meilleure volonté du monde, il faudrait vous lever très tôt pour par exemple poser vos pieds sur le tapis et faire des salutations au soleil. Personnellement, je n'en fais pas. Je n'en fais pas pourquoi ? 1. J'ai besoin de dormir, de me reposer. 2. Dormir. corps a besoin de se poser. Deux, le matin, mon corps n'est pas du tout prêt à bouger de cette façon-là. Donc en fait, je vais respecter cette fois-ci l'architecture interne de mon corps. Il y a des personnes qui pourront le faire très bien. Il y a d'autres personnes qui ne pourront pas le faire. D'autant que les salutations au soleil telles qu'elles sont enseignées sont déjà une pratique je dirais assez vidéo. Ce n'est pas simple une salutation au soleil. On peut se blesser sur Chaturanga. Avant que vous montiez en cobra, vous pouvez vous blesser aux épaules. On va peut-être avoir le bassin qui va mal se placer. Bref, vous pouvez vous blesser. Il y a les personnes qui auront le temps de méditer. Moi, je n'ai pas le temps de méditer le matin. Il faut que je me lève tôt. Donc, je n'ai pas le temps. Je vais méditer en marchant parce qu'il y a plusieurs techniques de méditation. ou chanter des mantras, etc. Pendant la journée, honnêtement, pas le temps. Pas le temps. Trois quarts d'heure pour manger, pour discuter quand même un peu avec les collègues, voire éventuellement vite faire une course. Et puis après, vous rentrez. Moi, quand je rentre, il est 7h30 du soir. Je suis partie à 7h30 du matin, je suis rentrée, il est 7h30 du soir. Autant vous dire que mettre un pied sur le tapis, c'est très compliqué. Donc, je n'ai pas de pratique posturale quotidienne. Par contre, je vais à la salle, à la salle de musculation pour me muscler. Et pour être très honnête, les blessures que je ressentais ou les douleurs que je ressentais pendant mes pratiques de yoga, je les ressens moins maintenant, voire plus du tout. Donc c'est bien qu'il y avait un problème d'élasticité et de tonicité du muscle qui était en contradiction. Par contre, qu'est-ce que vous pouvez faire ? D'abord pour commencer, et bien par exemple quand vous êtes allongé dans votre lit, juste avant de vous endormir, pendant 3 minutes, inspirez et expirez en écoutant votre respiration. Inspirez et expirez peut-être en sentant votre corps bouger quand vous respirez. C'est une première pratique. Vous pouvez aussi lire des livres de l'art. Des livres, alors il y a des livres très généralistes sur le yoga, si vous commencez, prenez ce type de livres, il y en a des très beaux, avec des jolies photos, vraiment il y a des livres vraiment super. Il y a aussi des livres, on va dire, un peu plus philosophiques, qui vont soit parler des yogasutras, vous pouvez lire la Bhagavad Gita, moi je vous incite à lire le Mahabharata, qui contient la Bhagavad Gita. Prenez-le d'abord comme un compte et puis ensuite plongez, allez dans la profondeur du texte de ce qui est expliqué. Écoutez mon podcast, ça fait partie de la pratique. Vous pouvez également décider que vous pourriez faire une pratique de yoga une fois par semaine, une heure et demie. de la posture, et puis peut-être un soir de semaine où vous savez que vous êtes un peu plus libre, cette fois-ci, d'essayer de méditer. Vous êtes débutant, méditer ça veut dire quoi ? C'est d'essayer de rester, on va dire, le plus immobile possible et de regarder ce qui se passe dans votre tête. Méditer, ça ne veut pas dire qu'il n'y a rien qui se passe dans la tête. Les idées, on ne peut pas les arrêter. Si les idées... arrête de passer, c'est que vous êtes mort. Par contre, vous pouvez arrêter de regarder vos idées, de vous arrêter sur vos idées et hop, de partir, de vous raconter une histoire. C'est ça la méditation. Donc au début, 5 minutes. Et puis peut-être que vous pouvez décider de faire de la méditation en écoutant une méditation guidée. Donc en fait, ça va poser votre esprit, ce qui va faciliter en fait le... passage des idées sans que vous vous arrêtiez sur vos idées. Et puis, progressez ainsi. Vous pouvez décider de chanter un mantra si ça vous plaît. Chanter un mantra, ça prend 5 minutes. Prenez sur un mantra que vous aimez bien en écoutant un peu sur Cobus, tiens, allez, pour pas faire la pub à l'autre application, Cobus, qui est français, on en profite. et vous dire, tiens, si je le chantais, pas besoin d'acheter un mala. Vous pouvez simplement chanter le mantra. Et puis, si vous voulez aller plus loin, c'est de compter le nombre de mantras. Et puis, à un moment donné, c'est d'acheter un mala pour pouvoir compter vos mantras. Mais vous renseigner sur ce que veut dire le mantra, réfléchir à ce que ça veut dire pour vous, c'est faire du yoga. Donc vous voyez qu'il n'est pas forcément utile d'être assis sur un tapis. Et puis au sein de vos relations de travail, alors c'est peut-être le plus difficile, parce que la charge mentale, elle commence au travail, ou elle se poursuit au travail, mais le travail contribue à la charge mentale. Donc ça va être de vous voir réagir. Moi je suis devenue mon propre domaine d'études. C'est impressionnant, malgré toutes les connaissances que j'ai, de me voir réagir, sur-réagir. Et de voir à quel point j'ai besoin de respirer, de me calmer. Et en fait, dès que je commence à respirer, deux minutes, tout d'un coup, ça glisse. De voir à quel point l'ego est engagé. Et de se dire, bon, mon ego est engagé, qu'est-ce que j'attends ? De réfléchir, de réfléchir aussi. Par exemple, je suis à un croisé des chemins, c'est est-ce qu'il faut que je demande une promotion ? Pourquoi est-ce que je veux demander une promotion ? Est-ce que c'est pour gagner de l'argent ? Est-ce que parce que ça sera beaucoup plus intéressant ? Ou est-ce que parce que quelque part, depuis que je suis toute petite, il faut travailler, donc il faut continuer de progresser, et parce qu'on a l'image de la femme qui doit progresser ? Voilà, est-ce que c'est un choix délibéré ou pas ? Et quel est le bon choix ? Qu'est-ce qui va me servir le mieux ? J'ai fait la même réflexion, je me suis fait les mêmes réflexions lorsque j'ai décidé d'arrêter d'enseigner le yoga. Donc vous voyez que le yoga, ce n'est pas que la posture. Et vous voyez aussi à travers tout ce que j'ai dit, à quel point le yoga transforme. Ce n'est pas des transformations majeures, enfin, je n'ai pas cette impression-là en tout cas. Alors c'est une impression personnelle parce que beaucoup de gens me disent que je suis très calme. Je n'ai pas du tout l'impression d'être calme. Donc c'est aussi ça. Ce qui est intéressant de voir, c'est que je ne fais plus de posture depuis très longtemps. Si j'ai le temps de monter une fois par semaine sur mon tapis, c'est bien la fin du monde. Mais c'est de voir que vous pouvez être, ce qu'on va dire un yogi moderne, une personne qui essaye de mettre du yoga dans sa vie. Eh bien écoutez, j'espère que ça vous permettra de réfléchir un tout petit peu. Et puis cet épisode, il clôt en fait toute la réflexion sur les émotions parce que c'est le yoga qui moi en tout cas me permet, c'est pour ça que je me permets de faire en fait tous ces podcasts, c'est de partager ma propre expérience qui me permet de gérer mes émotions malgré tout. Et j'espère que je vous ai donné envie d'essayer autrement. C'est-à-dire de ne pas forcément faire des postures. Et de voir aussi l'éthique de langage. Pratique de yoga. Pratique souvent liée à physique. Je ne suis pas souple. Je suis souple. Tu es souple. Tu es très calme. Pas calme. Et aussi de voir les stéréotypes. Quand j'ai dit à mon directeur que j'étais bouddhiste, il en est tombé... presque à l'inverse. Donc, tout ça pour dire que c'est intéressant de voir à quel point le yoga qui est malheureusement rattaché à la posture a d'autres dimensions. Et je vous invite à visiter ces dimensions-là. Pour vous, pas pour les autres. Encore une fois, merci, merci, merci d'écouter le podcast au fil du yoga à l'ombre du bannion. Restez connectés, il y aura des surprises cet été et je vous dis à très très bientôt. Et voilà, cet épisode d'Office du Yoga à l'ombre du Bagnan se termine. Merci d'avoir pris le temps, d'avoir pris ce moment pour toi, pour ton corps, pour ton souffle. quelques minutes peuvent changer le rythme d'une journée. Si tu as aimé cet épisode, partage-le autour de toi, fais-le circuler ou reviens, reviens l'écouter quand on aura besoin. En tous les cas, on se retrouve très vite pour continuer à dérouler ensemble ce fil du yoga à l'ombre du bagnan. D'ici là, reste à l'écoute de toi-même et avance un pas après l'autre.