Caro Caro Au fil du yoga A l'ombre du BanyanBonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast « Au fil du yoga, à l'ombre du bannion » . Professeur de yoga, vous êtes beaucoup plus que de simples acteurs donnant, offrant des services. Bien souvent, quand on devient professeur de yoga, à un moment donné, on dit tous « mon dharma, c'est d'enseigner » . Je l'ai dit, je l'ai même écrit, et vraiment plusieurs années après, je me dis « mais, excusez-moi, mais quelle connerie » . D'abord parce que c'est dévoyer le terme dharma. Le dharma, ce n'est pas simplement l'activité qui va nous mouvoir dans notre vie quotidienne. Parce que vous pouvez enseigner le yoga sans pour autant être professeur de yoga, en tout cas le professeur de yoga que l'on voit, c'est-à-dire celui qui enseigne des postures dans un studio de yoga ou dans une MJC. Pour moi, quand le professeur de yoga... donne un cours dans un studio. Bien souvent, le prof est celui qui offre un service. Soyons honnêtes, que vous soyez prof de yoga ou pratiquant dans un studio. Le prof de yoga, qu'est-ce qu'il cherche à faire ? C'est avoir un maximum d'élèves, pour des raisons notamment financières, parce que louer un studio, c'est cher, parce que si c'est sa profession, il faut qu'il y ait du monde. pour en tirer des ressources nécessaires pour pouvoir vivre. Quand on est élève, quand on va dans un studio, on le voit comme une activité physique. Activité physique qui n'est pas obligatoire, dans le sens où, ah tiens, ce soir, je fais sauter mon cours, c'est pas grave, de toute façon, j'ai ma carte. Et ce qu'on voit très très souvent maintenant, ce sont des élèves qui viennent systématiquement. contesté. Ah, j'ai ma carte qui devait durer trois mois, je n'ai pas pu venir, mais franchement, ça serait super cool si vous pouviez faire continuer cette carte quelques cours supplémentaires. Il y manque la notion d'engagement. Et je le vois dans le sens où vous avez beaucoup de studios yoga qui ferment, alors certes. Il y a beaucoup de profs de yoga, je dirais même en termes commerciaux, il y a une saturation du nombre de professeurs de yoga par rapport au nombre de personnes qui pourraient être intéressées par la pratique de yoga. Mais en plus, nous sommes passés non plus dans un enseignement du yoga, que plutôt offrir quelque chose. Venez à mon cours, vous allez vous assouplir. je vous offre l'assouplissement, je vous offre un moment de bien-être, je vous offre un moment pour vous reposer, je vous offre un moment pour vous retrouver un équilibre. Il y a donc un service. Et de l'autre côté, nous avons des personnes qui demandent un service et qui vont prendre le professeur de yoga pour un thérapeute, ce qui est souvent effectivement en plus annoncé par le professeur de yoga. Mais le professeur de yoga, à moins qu'il ait fait des études spécifiques et qu'il en ait même fait sa profession, n'est pas psy, n'est pas médecin et que donc nous ne sommes pas dans une société, même si on a voulu le montrer en tout cas tel que le yoga n'est pas un instrument. Le professeur de yoga, il n'offre pas un service. Le professeur de yoga, il tient un espace. Il tient un espace spécifique. Pourquoi ? pour transmettre une sagesse. Et cette sagesse, elle vise en partie, mais pas que, à la transformation du corps, du souffle et de l'esprit. Le travail du professeur de yoga n'est donc pas une performance, ni une comédie, ni un film, ni quelque chose pour divertir. C'est un enseignement. éducation. Et cette éducation, elle va se transformer en support et aussi en guidance. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que le professeur de yoga, il est enseignant. Il vous transmet quelque chose. Il ne vous transmet pas une série d'asanas, une série de postures. Le feedback qu'un professeur de yoga peut donner, ou en tout cas la façon dont le professeur de yoga va s'exprimer par rapport à vous, pratiquant, élève, n'est pas basé sur la satisfaction, sur comment est-ce que je peux faire pour faire plaisir à mes élèves. C'est plutôt... offrir la possibilité à l'élève de réfléchir à comment est-ce qu'il peut s'ancrer un tout petit peu plus dans sa vie, pour naviguer notamment à travers les péripéties de notre vie, les hauts et les bas de la vie. Le yoga, l'enseignement du yoga n'est donc pas une marque, un style, il représente une tradition de sagesse. Une expérimentation de ce qu'on appelle la réalisation, il est donc spirituel. Et c'est à ça que je voulais arriver. Je vous dirais presque, mais fuyez lorsque l'on vous propose de vous assouplir. J'aurais tendance à vous dire que vous pouvez aller dans une salle de gym, faire de la gym, parce que les asanas telles qu'elles existent maintenant sont des postures de gymnastique. Je sais que ça ne va pas faire plaisir à des professeurs de yoga, mais le yoga, ce n'est pas ce qu'on enchaîne sur un tapis. Moi, si je ne fais que des postures de yoga... Très honnête, ça ne va pas me permettre d'affronter les hauts et les bas de la vie. Alors, pour ceux que ça intéresse, comment est-ce qu'on peut spiritualiser sa pratique de yoga ? D'abord, la première chose, le yoga demande du temps. Il demande du temps et en plus, la vision du yoga est donc... beaucoup plus large que ce qui vous est présenté communément, alors j'ose même plus dire dans les magazines parce qu'il n'y en a quasiment plus, mais dans les livres et puis sur les réseaux sociaux. Ensuite, je tiens à expliquer ce que veut dire spiritualiser sa pratique de yoga. On veut souvent voir une sagesse ancienne. à travers le prisme d'une perspective moderne. Et en conséquence, on introduit une confusion autour du mot yoga et autour du mot spiritualité. Par exemple, si j'explique ce qu'est le yoga traditionnel et ce qu'est ce qu'on appelle le yoga moderne, ça n'implique pas de poser un jugement de valeur. C'est juste accepter que non seulement... Il y a deux visions différentes et qu'il y a eu des évolutions à partir de ce qu'on appelle le yoga traditionnel avec une adaptation et une actualisation avec d'abord les connaissances modernes, ça c'est certain par exemple au travers de l'anatomie, mais aussi l'adaptation à un prisme occidental. La philosophie indienne... et éloigné de la philosophie européenne, par exemple. Ne serait-ce que parce que nous avons définitivement adopté la vision, notamment en France, mais pas que, de Descartes, où le corps a une importance extrême. Je vous propose en fait de réfléchir, de faire une analyse logique et critique. de votre pratique de yoga. Et en fait, de mettre en place Swadhyaya, qui est l'étude de soi. Et d'abord, une spiritualité n'est pas une religion. Ceux qui cherchent ne sont pas des croyants. Il n'y a pas de dogmatisme. La spiritualité du yoga ne va donc pas vous conduire à l'adoption d'une religion. C'est plutôt l'ouverture à la sincérité avec un cœur sincère. Le yoga d'abord est ancien, il a donc à peu près 3000 ans, et il a commencé par une tradition orale. C'est un corps de connaissance sur la condition humaine. En effet, on est dans ce qu'on appelle une culture contemplative. Et les hommes se posent les questions suivantes. C'est pourquoi est-ce qu'on meurt ? Pourquoi souffre-t-on ? Qui est-on ? Le yoga ensuite est très varié. Le yoga de l'Himalaya n'est pas le yoga qui se pratique dans le sud de l'Inde. Et puis rappelez-vous que l'Inde d'abord à l'époque n'est pas l'Inde telle que nous la connaissons actuellement, mais le sous-continent indien regroupe une grande variété de peuples avec des langues complètement différentes. Actuellement, l'Inde c'est 22 langues officielles et c'est plus de 15 000 dialectes. Donc il ne peut pas y avoir une vision unique de yoga. Et puis cette vision de yoga. Elle a aussi évolué dans le temps, dans les textes. Je rappelle que tout ce qu'on vous présente actuellement, et moi la première dans les podcasts ou sur le blog que je tiens, on parle énormément de Patanjali. C'est la vision du Hatha Yoga. Mais il n'existe pas que le Hatha Yoga de l'Oran Inde, mais surtout le Hatha Yoga n'est pas le yoga à lui tout seul, ou ne représente pas à lui tout seul. humble. Et cette humilité, ce n'est pas ce qu'on trouve actuellement dans tout ce qui est sur Instagram. Je vous parle d'Instagram parce que c'est le dernier réseau social que j'ai gardé. Et je suis, mais je suis embêtée. Je suis embêtée parce que je vois des personnes qui aiment le yoga, ça n'a rien à voir, mais en fait, qui, sous couvert de dire qu'elles font du yoga, mettent en avant leur égo. Elles mettent en avant leur égo, pourquoi ? Parce qu'elles ont besoin d'avoir des personnes qui les suivent, qui viennent assister aux cours, aux ateliers, aux formations. Parce que derrière cette pratique, il y a des intérêts financiers. Ça se comprend. Mais le problème, c'est que lorsque je vois qu'un professeur critique un autre professeur, se permet de critiquer un autre professeur, et notamment dans sa pratique physique. En le dénigrant, c'est gênant. Un autre professeur qui renvoie dans les 22 une certaine vision du yoga, en se mettant en avant, c'est problématique. Il n'y a plus d'humilité et je dirais presque qu'il n'y a plus de discernement. Ensuite, le yoga, c'est un ensemble, c'est un corps de connaissances spirituelles. ou si vous préférez un autre terme, métaphysique, c'est-à-dire qui examine la nature de l'existence en se demandant mais qu'est-ce que la conscience ? Quelle est la nature de mon esprit ? Qu'est-ce que la mort ? La spiritualité, elle essaie de comprendre les mystères de l'existence en réfléchissant sur des questions, notamment le qui suis-je ? Elle permet d'envisager la nature complexe du monde extérieur. Et parce qu'elle permet de voir la nature complexe du monde extérieur, elle renvoie à cette envie d'aller voir ce qui se passe à l'intérieur. Et puis, la spiritualité permet de regarder quelque chose de plus grand que soi. Et en définitive, de rester connecté. et d'avoir un sentiment d'appartenance. Donc première chose, la spiritualité, la métaphysique de l'Inde, c'est quoi ? C'est le yoga. Le yoga transcende le corps et l'esprit. Ensuite, le yoga, c'est une question de libération. C'est ce qu'on appelle moksha ou... Alors j'utilise à Essien les termes. Pourquoi ? Parce que là aussi, on voit disparaître de plus en plus dans les cours, les mots sanscrits. Parce que c'est difficile, parce qu'il faut se mettre au même niveau que les élèves, on gomme systématiquement tous les termes sanscrits, moi la première. J'ai oublié tous les... Par exemple, je connaissais les mots sanscrits pour toutes les postures, je les ai tous oubliés. C'est pour ça que j'essaye progressivement de réintroduire les mots sanscrits, simples, mais qui décrivent, qui permettent de comprendre la nature profonde du yoga. Moksha, donc la libération. Pourquoi ? Parce que le corps et l'esprit sont baignés par l'ignorance et la souffrance. C'est ce qui crée en fait les limites de notre propre condition humaine. Le yoga nous cherche donc à nous faire sortir du cycle du samsara. Qu'est-ce que le samsara ? Je vais vulgariser, parce que c'est un concept un peu plus compliqué que ce qu'on peut retrouver dans beaucoup d'endroits. Le samsara, c'est la renaissance continue. Donc j'enchaîne une mort, une renaissance, une mort, une renaissance. Et l'éveil, la libération. l'éveil dans le bouddhisme, la libération, Kaivalya, l'isolation. En fait, c'est sortir de ce cycle, c'est ne plus se réincarner. La mode New Age qui est mise à toutes les sauces, alors depuis les années 60, mais encore maintenant. Qu'est-ce qu'elle vous propose ? Mais c'est de vous réincarner, de vous réincarner dans un dieu. Parce que bien sûr, on flatte l'ego, on n'est pas des dieux et on ne se réincarne pas dans un animal totem aux qualités exceptionnelles. On cherche avec le yoga ou le bouddhisme à sortir de ce cycle. Parce que ce cycle n'est que le prolongement systématique d'une souffrance. Et puis je vous rappelle également le premier verset. des yogasutras de Patanjali. Yoga Chittavritti Nirodha. Nirodha, ça veut dire cessation. Ça ne veut pas dire que ça peut revenir. C'est la cessation définitive, Chittavritti, des fluctuations du mental. C'est une cessation complète. Pour aller au-delà du corps et du mental, Le yoga vous propose d'aller à travers le corps et à travers le mental et offre, par diverses pratiques, la possibilité de sortir du corps et du mental. Et c'est vrai qu'on dit souvent « yoga, c'est l'union, l'union du corps et du mental » . C'est juste et ce n'est pas juste non plus. Pour sortir du corps et du mental, on a besoin des asanas. Donc là, les postures que vous pratiquez, d'exercices de contrôle de la respiration et pas simplement ce qu'on appelle maintenant aussi beaucoup, parce que c'est très à la mode, le breath work, le travail de la respiration. Le contrôle de la respiration permet de, alors au début, de joindre corps et esprit et puis ensuite de transpercer cette union. Les techniques qu'on vous enseigne, que vous enseigne le professeur de yoga, sont des outils, ce n'est pas une fin. Ces techniques ne sont pas le yoga. Le yoga... C'est la cessation de tout ça. Or, en fait, le yoga moderne a complètement inversé la perspective et n'a retenu qu'une seule chose, parce que c'est la chose la plus glamour, c'est les postures. Alors, spiritualiser son yoga, c'est quoi ? Eh bien, c'est revenir à l'intention originale. Et il y a plusieurs façons. Et il y a une chose que je déteste aussi sur les réseaux sociaux, c'est cette mise en scène. De moi, je fais deux heures de yoga par jour et ensuite je vais respirer pendant une demi-heure. Entre-temps, je me serai fait un jus qui va détoxifier mon foie. Et puis, je vais chanter, par exemple, le mantra de Shiva 250 fois. et puis ensuite, je vais aller... je vais donner mes cours et puis ensuite on s'en sort plus. Ce n'est pas ça spiritualiser le yoga. Ça c'est la vision moderne du yoga. Spiritualiser le yoga, ça va être d'aligner son yoga avec le but originel qui était la transformation interne. Pour quel objectif ? Accroître la conscience de soi, c'est un chemin individuel. On peut utiliser le cours de yoga en groupe, comme catalyseur. Suivre les formations pour apprendre les techniques. C'est vrai, ne pas se blesser par exemple lors de la mise en place des postures corporelles. Faire attention aussi, c'est-à-dire que on vous apprend un corpus commun de posture et de respiration. Mais ce ne sont pas des postures et des respirations qui sont adaptées à toutes les personnes. Donc la spiritualité du yoga va commencer par comprendre comment on est, comment on fonctionne, Pour pouvoir naviguer à travers ces postures, allez ! Une illusion qui entretenait une perception, la perception d'un corps permanent, d'une âme permanente. Or le bouddhisme, lui, il est marqué par l'impermanence. Je vais s'y apporter parce que comme le podcast parle aussi de bouddhisme, je ne voudrais pas introduire une confusion. Maintenant, ce qui est intéressant dans votre pratique de yoga, c'est l'observation de soi. de l'expérimentation. Je veux dire par là que si vous faites du yoga sans vous servir de tout ce que vous avez appris, alors dans les moments, c'est toujours pareil, dans les moments faciles, c'est facile. En fait, on ne s'en aperçoit même pas. C'est dans les moments difficiles où le yoga peut être un outil d'abord pour nous permettre de continuer cet apprentissage qui va nous permettre cette libération. Donc, si on est au moment où vous n'êtes pas bien, vous apprenez des mauvaises nouvelles, vous devenez anxieux, que le yoga, la spiritualité du yoga va vous aider. Attention, ça ne veut pas dire qu'à partir du moment où vous allez mettre en place ces outils que vous propose cet exercice de transcendance du corps et de l'esprit, Vous allez tout de suite dépasser le côté négatif de ce que vous êtes en train de traverser. Pas du tout. Ces moments-là qui sont extrêmement inconfortables, qui sont même très durs, très difficiles, où on atteint des fonds, c'est aussi une occasion de s'observer. Pourquoi est-ce que je réagis comme ça ? Je vous reporte aux épisodes précédents où on essaye de voir les émotions. Pourquoi est-ce que je réagis comme ça ? Comment se fait-il que je n'arrive pas à me calmer ? Comment se fait-il que mon mental galope à 10 000 ? Comment est-ce que je réagis ? pourquoi tout d'un coup je me projette dans le futur alors que j'essaye d'être dans le présent, dans l'instant présent. Il n'y a pas de bon ou de mauvaise façon de faire. Il y a des façons de faire. Par contre, la spiritualité va vous servir de havre, de roc. C'est une perche sur laquelle vous pouvez, que vous pouvez agripper. Je vous invite aussi à réfléchir aux raisons qui ont fait que le yoga est devenu ce qu'il est actuellement. D'abord, cette nouvelle vision de ce qu'on va appeler le yoga moderne, elle est la conséquence d'une communication très forte, très commerciale de la vision du yoga qui est vendue comme du fitness. alors que La transformation de soi, ça c'est très difficile à vendre, c'est pas du tout glamour parce que c'est difficile. D'abord c'est difficile de montrer les effets et puis on ne sait pas si on va atteindre au bout d'une année de pratique cette transformation de soi. Il est aussi beaucoup plus facile de s'occuper de son corps. Et puis, spirituel égale religion pour beaucoup de gens, donc parler de spiritualité, eh bien, ça effraie. Et je serais curieuse de savoir combien de personnes ont état le podcast, ne l'ont pas écouté jusque-là, parce qu'ils se sont dit « Ah, il y a une question de religion » , tout comme la question du gourou, le maître, l'enseignant, celui qui est au-dessus, parce qu'il a un paquet de connaissances. Bien entendu, il y a l'impact colonial avec cette vision occidentale, c'est-à-dire d'abord en Inde, la présence britannique, et puis ensuite, je dirais, presque la mainmise américaine sur l'expression actuelle de ce qu'est le yoga. Et puis, on cherche aussi beaucoup à valider scientifiquement les effets de la pratique de ce qu'on appelle le yoga. On veut scientifiser le yoga, l'objectiver, objectiver la connaissance. Or, parfois, il est très difficile d'expliquer ce que ça crée en soi. On a du mal à mettre des mots. C'est bien entendu beaucoup plus glamour puisque l'on reste dans les apparences. Je vous invite à... regardez Instagram, si vous mettez le bon mot-clé, que vous avez un joli corps, voire que vous mettez des photos qui ne sont pas de vous. À partir du moment où vous faites des postures de folie, tout le monde veut faire les mêmes postures, sans se demander à quoi ça sert. Et puis, il y a ce désir aussi des résultats rapides, alors que le yoga, c'est un engagement. On revient à cette idée d'engagement. Et ce n'est pas un engagement à court terme, c'est un engagement sur le long terme. Et bien entendu, l'addiction, l'addiction à la posture, parce que bien sûr que ça fait du bien, on se sent bien, donc on a envie de recommencer. Pour moi, les premières fois où j'ai fait du yoga, c'était super, j'avais envie de retourner tout de suite sur mon tapis, d'abord parce qu'on fuit un peu les réalités, c'est une heure que pour soi. Ça, c'est la première chose. Et puis aussi, ça libère les endorphines. Et les endorphines, c'est les petites hormones du bonheur. Donc, ça fait du bien. On se drogue un peu, en fait. Bien entendu, les deux derniers obstacles à la spiritualité du yoga, les médias, qui ont une immense influence. Et puis aussi, tout simplement, le manque de contextualisation, de comprendre, de vouloir comprendre. Maintenant, je reviens à ma question du départ. nouvelles dérives du yoga ou ces nouvelles formes de yoga, avec des studios qui ferment alors qu'il y a toujours de plus en plus de nouveaux professeurs et cette tendance à donner le mot yoga à des choses qui ne sont pas le yoga. Le yoga tel qu'il vient de l'Inde et de ce qu'il est réellement, Il est pratiqué par très peu de personnes. Moi, je suis toujours épatée. On a des mots. On a des mots pour désigner les choses. Et parce que ce n'est pas suffisamment glamour, on utilise un autre terme qui se communique mieux, qui fait plus rêver. Mais pourtant, il n'y a pas de honte à dire que... on parle de yoga du son par exemple. Le son, c'est nada. Oui, le son va participer en fait à transcender le corps et l'esprit. Mais ce n'est pas parce que vous allez sur un voyage sonore que vous faites du yoga. Ça s'appelle voyage sonore. Quand vous êtes en posture de Shavasana à la fin d'un cours, beaucoup de personnes disent que c'est Yoga Nidra. Ce n'est pas Yoga Nidra. Yoga Nidra est une pratique complexe qui n'est pas en fait offerte à tout le monde parce qu'elle est complexe. Ce que vous faites en fin de cours, c'est Shavasana, la relaxation. Où on relâche le corps. Si vous arrivez en état de Yoga Nidra, super. Mais généralement, dans le peu de temps qui est imparti, c'est très rare. Mais pourquoi souhaite-t-on toujours détourner les termes et non pas désigner les choses dans leur propre dimension, dans leur propre réalité ? Voilà, c'était mes petites réflexions du moment sur la vision actuelle du yoga, sur ce que j'appelle aussi un peu les dérives. Alors bien sûr, si vous retournez dans les premiers épisodes du podcast, j'aurais peut-être dit les choses différemment. Eh bien, je vous dirais que moi aussi j'évolue, j'expérimente de plus en plus et d'une façon différente. Et ça m'interpelle parce que je suis une personne qui pratique de moins en moins physiquement. Ça me manque. Je ne dis pas qu'il ne faut pas pratiquer physiquement. Mais j'expérimente. Le fait de faire cesser ces fragmentations du mental d'une façon différente. Et du coup, je ne me retrouve pas dans toutes les définitions qui apparaissent, qui fleurissent sur les réseaux sociaux. Et je me dis, mais je ne suis pas professeur de yoga. Et c'est vrai, peut-être bien que je ne suis plus professeur de yoga. Merci beaucoup d'avoir écouté. Et je vous dis à très bientôt pour un prochain épisode du WordPress. Au revoir.