- Speaker #0
Salut à toutes et à tous et bienvenue dans ce deuxième épisode au fond du canap'. Après Romain Magellan, il fallait garder ce même franc-parler, cette même gouaille. Et puis dans le sud-ouest, on appelle parfois nos amis par leur nom sans la dernière syllabe. Exemple, lors de l'épisode 1, Romain Magellan s'adonnerait la Magelle. Eh bien, il est là avec nous. Coïncidence ? Eh bien, ça correspond à sa carrière et son métier. Bonjour Steve Chenel alias La Chaine Salut, très très bonne entrée en matière, j'adore, validé, si on m'appelle La Chaine ça me va bien Parfait, on est le lundi 13 avril au moment de l'enregistrement sur le lendemain de Paris-Roubaix Déjà dans quel état physique et mental es-tu ? Est-ce que tu es éreinté comme si tu avais fait la course ou toujours en forme comme maintenant tu es habitué ? Ecoute, toujours en forme, bien sûr il y a beaucoup d'émotions, il y a eu pas mal de fatigue nerveuse hier avec cette course de Paris-Roubaix
- Speaker #1
Au commentaire, beaucoup de fatigue psychologique parce que t'es enfermé pendant 6 heures de temps, plus les émissions derrière, tu vois pas la lumière du jour. Moi je suis quelqu'un de très actif donc c'est pas toujours évident. Hier soir j'ai eu du mal à trouver le sommeil, mais écoute, la vie à Paris lorsque je suis ici, elle est à mille à l'heure, donc j'en profite parce que quand je rentrerai chez moi ce soir, je pourrai profiter de mes enfants et me reposer à ce moment-là. Donc écoute, ça va, mais pas mécontent de retrouver mon lit ce soir quand même malgré tout.
- Speaker #0
Je comprends, ça se comprend et je pense que tout le monde qui écoute ce podcast comprendra. Alors on va parler bien sûr de toute ta partie consultant qui occupe ta vie depuis 10 ans maintenant, si je ne dis pas de bêtises. Tu as fait quelque chose pour fêter ça à la dixième ?
- Speaker #1
Non, incroyable. Même moi quand j'ai vu que c'était sur LinkedIn, figure-toi qu'on m'a souhaité mon anniversaire joyeux, 10 ans d'anniversaire Eurosport. Moi j'ai l'impression que ça fait 3-4 ans au maximum que je suis dans cette chaîne, dans ce rôle de consultant d'ailleurs parce que... Ça passe tellement vite, puis c'est métier passion. Je ne me rends pas compte, quand je travaille, que je suis au boulot, je n'y vais jamais avec le boulet au pied. C'est toujours de l'excitation, l'envie d'y aller. C'est ce que je souhaite à tout le monde et c'est ce que j'essaie d'expliquer aux gens. C'est que si vous voulez que votre vie se passe bien et que ça défile bien, il vaut mieux trouver un travail qui te convient et surtout dans lequel tu prends plaisir. Ouais, 10 ans, c'est un truc de malade. J'espère encore au moins autant voir le double.
- Speaker #0
Belle ambition, alors on va décortiquer aussi ton podcast Bac à Sable que tu co-animes avec Anthony Collat et Jérémy Chocot, mais d'abord on va essayer d'y voir un petit peu plus clair sur ton parcours, c'est le portrait que moi j'appelle dans le sud-ouest Moyennas, c'est-à-dire que comme dit Julien Cazard que j'écoute beaucoup, tu n'es pas Louis XIV, je ne suis pas Franck Ferrand. Quel dommage ! Donc voilà, ce sera un petit peu exhaustif, on va essayer de faire au mieux. Alors Steve Chenel, tu es né à Remiremont dans les Vosges. Tu connais ? Eh bien non. C'est normal. Il y a à connaître cette commune de 21 000 habitants qui est située à 400 mètres d'altitude et qui marque donc l'entrée dans la moyenne montagne. Donc un endroit un peu propice pour commencer à rouler.
- Speaker #1
Oui, un endroit très tranquille. En fait, Remiremont, c'est très peu connu. Aujourd'hui, c'est connu juste parce qu'en fait, c'est le plus petit terminal de TGV de France puisqu'il faut savoir que l'ancien président du Sénat, Christian Poncelet, était maire de Remiremont et il voulait absolument une ligne TGV. Donc je suis à 2h40 de Paris en ligne directe. Bon par contre, il n'y en a que deux par jour, évidemment. Mais ouais, je suis né à Remiremont. J'ai toujours vécu à Remiremont, sauf 7 petites années où j'étais à Besançon pour les études et le pôle esport-cyclisme. Et j'habite à Saint-Etienne-le-Remiremont, pour moi dans cette ville. Alors quand on est ici à Paris, Remiremont, c'est vraiment un village. Mais je suis très très bien, fier d'être Vosgien, fier de mes racines. Et fier de situer sur la carte où sont les Vosges, parce qu'on connaît beaucoup les Vosges avec le petit Grégory, mais c'est pas que le petit Grégory, c'est aussi Girard-Mé, c'est la Bresse, c'est Clément Noël, c'est Julien Absalon, c'est Jean-Patrick Nazon, c'est beaucoup d'athlètes désormais qui sont natifs des Vosges.
- Speaker #0
Filleur de toi que tu m'as coupé l'herbe sous le pied. Pardon, vas-y, dis-moi. J'ai tapé dans un célèbre moteur de recherche, Star Néa Rumirement, alors tu en fais partie, je te rassure. mais je voulais voir s'il y avait d'autres stars d'autres personnalités avec quelques points communs avec toi, alors le premier que tu dois bien connaître est Julien Absalon, double champion olympique de BTT en 2004 et 2008 bon là le lien il est évident Charles Planet bien sûr, un de mes meilleurs amis Charles Planet effectivement qui lui aussi fait sa carrière chez Novo Nordisk qui est désormais chez ASO qui conduit les invités et
- Speaker #1
Avec qui j'ai une relation très très particulière parce qu'on s'appelle frère comme des jeunes parce que c'est vraiment un frère. Et ouais Charles, il est dans les stars du remirement, excellent !
- Speaker #0
Florent Claude, je suis biathlète naturalisé belge, mes frères de Fabien et Emilien, sacrée famille de biathlètes. Clément Noël, tu l'as cité, ça c'est la classe. Et puis le dernier que tu dois bien connaître, Fernand Barman. Non,
- Speaker #1
ça me parle pas. Non, non, c'est qui Fernand Barman ?
- Speaker #0
C'est un ancien pilote automobile, je pensais que... Non, pas du tout. Non, ça ne te parle pas. Alors bref, revenons à ton parcours. En France, on commence le rugby parce qu'on est fils d'eux ou que c'est ancré dans la culture. Le football, c'est le sport le plus populaire, ça fait partie des cours de récré, tout comme le basket. Toi, tu commences le cyclisme à 6 ans, ce qui est extrêmement tôt, extrêmement rare. Pourquoi ?
- Speaker #1
Je ne sais pas. Je n'ai aucun élément de réponse. Si, si, je sais très très bien, l'histoire, elle est très longue. C'est que j'étais un gamin très turbulent à l'école, beaucoup d'énergie. À 6 ans, j'ai déjà un frère et une sœur. Une sœur qui a 11 mois de moins que moi et un petit frère qui a 4 ans de moins que moi. Ma famille est pauvre, mon père est peintre, ma mère est nounou. Donc forcément, il faut quand même me canaliser parce que je suis assez tonique, comme on dit. Et à l'âge de 6 ans, effectivement, on passe devant une école de vélo. Mon père devait m'amener au foot parce que mon père était un footeux, un footix à son niveau. Mais le vélo, je ne sais pas pourquoi, il m'a fait essayer le vélo. Et tout de suite, ça a marché. J'ai pris une licence. On m'a dit tout de suite, il est doué. Et effectivement, je pense que j'étais doué à ce moment-là. Et toute ma famille, après, s'est mise au vélo. Il n'y a vraiment personne dans ma famille qui faisait du vélo. Et aujourd'hui, toute ma famille dans son ensemble, mon oncle, mon filleul, toute ma famille a été au rythme du vélo pendant plus de 20 ans.
- Speaker #0
Incroyable. Tu as influencé tout le monde. Alors, tu fais tes premières classes. T'as une préférence de suite dans le cyclocross ou tu fais tes armes d'abord sur la route ?
- Speaker #1
Non, tout de suite le cyclocross, c'est un sport technique et puis surtout on a la chance dans ces années-là parce que je suis quand même un vieux con maintenant, mais dans les années 90 on avait quand même Dominique Arnoux qui a toujours été mon idole de jeunesse, il était Vosgien, c'était un pur spécialiste du cross, il a été champion du monde en 93 quand j'avais 10 ans, donc pour moi ça a été celui qui a rythmé ma carrière parce que c'était comme Dominique que je voulais faire. Au même titre que tous les gamins, ils se rêvent à être Mbappé, c'est Mbappé qui fait rêver les jeunes de maintenant. Moi c'était Dominique Carnoux, parce qu'il était de chez moi, et juste à côté du Val d'Ajolle. Ça a été le cross, ma discipline de prédilection. C'est là-dedans que je voulais performer, c'est là-dedans que je voulais être bon, et c'est là-dedans surtout que j'ai eu des résultats. On va pas se voiler, j'étais aussi un très mauvais perdant déjà à l'époque. Je voulais un sport où j'étais bon, et comme physiquement j'étais très peu développé, j'étais petit pour mon âge. C'était sur la technique que je faisais la différence et je voulais impressionner mes parents, mes frères et soeurs, je voulais être le meilleur. Donc c'est le cyclocross qui a, on va dire, j'ai tiré le gros lot grâce au cyclocross.
- Speaker #0
Justement dans la technique, dans la vision, dans la gestion de course, tu as des facilités au départ ou c'est venu sur le tas ?
- Speaker #1
Je pense que j'ai quelques facilités mais j'ai vite capté que ces facilités là, pour être toujours meilleur, il fallait les travailler. J'ai toujours été celui qui travaille là où il est bon, là où c'est facile, plutôt que travailler mes points faibles. C'est une espèce de forme de fainéantise d'ailleurs, de ne pas vouloir progresser dans là où on est faible, mais c'est une forme de perfectionnement à la recherche du geste parfait. Donc j'ai toujours été dans cette recherche permanente d'être le meilleur, meilleur, meilleur techniquement et d'aller vers là où j'étais bon.
- Speaker #0
Alors tu fais tes débuts pro en 2007 au sein de l'équipe française Aubert 93. Raconte-nous un petit peu ce premier chapitre de ta carrière, marqué quand même par une victoire lors du Tour de la Manche et du circuit de Lorraine.
- Speaker #1
Ouais, assez fou. Jamais j'ai eu envie de passer professionnel. Des fois on me demande « ouais, t'avais envie d'être pro, machin » . J'ai jamais eu envie d'être professionnel. Moi j'ai toujours été quelqu'un qui avait envie de faire du vélo et surtout de me défouler dans le vélo. J'ai commencé à avoir de l'argent dans les années junior avec des primes, des petits contrats, etc. Mais ça n'a jamais été un objectif en soi et je passe professionnel entre guillemets par opportunité parce que je fais quatrième des championnats du monde de cyclocross pour ma première année en élite. Et Stéphane Javalet m'appelle, me dit écoute on pense que tu as un potentiel sur route, alors que je faisais de la route comme ça. Et derrière, merci Stéphane Javalet de m'avoir tendu la main parce que pendant 9 ans, j'ai vécu chez les pros un espèce de rêve éveillé, même s'il y avait toujours cette frustration de devoir faire de la route la priorité, alors que dans mon plus fort intérieur j'étais un crossman. Mais j'ai découvert les plus belles courses et on va dire le calendrier pro grâce à Uber 93 et Stéphane Javalet c'est... C'est quelqu'un en qui j'ai un profond respect, c'est lui qui m'a tendu la main, c'est lui qui m'a bougé de ma zone de confort et c'est lui qui m'a éduqué dans le fait d'être un bon professionnel parce que j'étais un petit branleur à l'époque.
- Speaker #0
Derrière en 2009, te voilà chez l'équipe Pro Tour B-Box. Télécom, tu as dit que c'était l'équipe dans laquelle tu avais le plus rigolé.
- Speaker #1
Ah ouais, de ouf. Ah ouais, on a rigolé terrible. C'est vrai qu'à Aubert, on n'était que 10, donc on devait bien s'entendre. Mais chez Bouygues, là, avec des énergumènes quand même que j'idolâterais d'ailleurs, puisque j'étais avec Thomas Vauclair notamment, avec Pierrick Federigo, Pierre Roland. Mais qu'est-ce qu'on a rigolé, qu'est-ce qu'on a rigolé en stage sur les courses. Ça a été un petit peu le tournant dans ma carrière aussi, parce que C'est là que j'ai commencé aussi à gagner pas mal d'argent, enfin pas mal d'argent, 3 800 balles à l'époque. Mais c'était fou parce que moi, fils de pauvre, c'était quand même assez incroyable de gagner autant de thunes. Et en plus, je rigolais tout le temps. Donc je n'ai pas capté que c'était un métier. Pour moi, c'était passion rémunérée et bien rémunérée. Donc il fallait trouver le bon curseur entre rigoler quand il faut rigoler et derrière être professionnel. Mais non, j'ai vraiment kiffé mes deux années chez Bouygues. S'il n'y avait pas eu cet arrêt de sponsor, au dernier moment je serais resté dans cette équipe.
- Speaker #0
Dans ces deux saisons, il y a les championnats de France de cyclocross dans lesquels tu finis à chaque fois... Deuxième, oui. Merci. À chaque fois, derrière, Francis mourait. Il m'a bien eu, mais c'était tellement mérité pour Francis. Sur le coup,
- Speaker #1
j'avais l'impression que je n'y arriverais jamais, mais Francis était bien plus sérieux que moi à l'époque. Et puis surtout avec deux grosses erreurs à chaque fois tactiques. Aujourd'hui c'est dingue parce qu'en tant que consultant, si je devais commenter mes deux arrivées à Pontchâteau et à Liévin, je me rappelle très très bien, mais je pense que je me serais pourri moi-même. Mais ouais, deux fois deuxième. Mais c'est ce qui a marqué un petit peu mon histoire et qui fait qu'en 2018, quand j'ai vraiment obtenu ce titre de Chapeau de France, il y a eu beaucoup d'émotions.
- Speaker #0
Tu le recroises des fois ?
- Speaker #1
Ah ouais Francis, c'est pareil. alors... On se recroise très peu souvent parce que justement, la vie fait que Francis, après sa carrière, lui est parti. Et malheureusement, on ne se croisait que sur le vélo. Mais j'ai été invité à son mariage. C'est quelqu'un avec qui j'ai dû faire 17 ou 18 championnats du monde avec lui. J'ai un respect énormissime pour sa carrière. Et en quelque sorte, moi, comme je dis, j'ai un peu idolâtré. Pendant que j'avais 4 ans de moins que lui, je l'ai un peu idolâtré. Donc j'avais toujours ce respect de ne pas lui faire un intérieur, etc. Mais ouais, Francis, c'est un chic type, un mec en or. Dans le cyclocross, il y a 4-5 coureurs qui ont marqué ma carrière. Il y a Francis, il y a John Gadret, Sébastien Minard, Arnaud Lab, Julien Belgi. Voilà, c'est les 5 personnes avec qui aujourd'hui, j'aimerais refaire un dîner tous ensemble.
- Speaker #0
Très bien, l'invitation est lancée. 2011, te voilà chez la FBJ de Marc Madiot. C'est chez eux que tu obtiens ton meilleur classement à Paris-Roubaix d'ailleurs. Malheureusement, on a l'impression que tu t'es pas non plus épanoui niveau résultat. Tu n'avais pas de grands résultats dans cette équipe-là.
- Speaker #1
Oui, je fais huitième de Grand Vével Games quand même. J'ai passé deux belles années. Après, c'est vrai que moi, j'ai toujours été un coureur qui avait besoin d'être aimé. C'est fou parce que mes parents m'aiment plus que tout. Encore aujourd'hui, ma mère m'appelle très régulièrement. J'ai pas manqué d'affection ni rien du tout, mais dans mes équipes, j'avais toujours besoin de sentir que j'étais bien intégré et qu'on m'aimait. Et Marc, c'est un coureur qui aime ses coureurs, mais je le ressentais pas. Donc j'avais l'impression d'être un peu un pion. Et puis, ouais, je pense que j'avais pas la mentalité, encore une fois, à l'époque, pour accepter comment ça se passait chez eux. Et c'est vraiment dommage, parce que c'était justement l'une des équipes qui me laissait faire et du cross et de la route. J'ai vu l'arrivée d'Arnaud Desmars, de Thibaut Pinot, les stars qui ont fait les beaux jours de l'FDG après. Je n'ai pas su prendre le pli, pareil encore une fois, petit branleur, petit con, pas forcément mature pour ce travail. Mais aujourd'hui, je les remercie parce que j'ai connu plusieurs styles de management. Le management j'avalais, très paternaliste, copain. Le management de Jean-René Bernodeau chez Bbox. où on est très aimé, mais attention, on fait du business. Et puis Marc Madiot qui est un bourrin, quand il te parle, il te parle entre quatre yeux, il est très dur. Et aujourd'hui, je pense que c'est quelque chose qui est très intéressant d'être dur avec les athlètes, d'être dur en ayant, comme je dis, une main de fer dans un gant de velours. Et moi, j'avais l'impression qu'il n'y avait que la main de fer à l'époque.
- Speaker #0
C'est un adepte des grands discours, Marc. On se souvient bien sûr de son nom avec... Avec Thibaut Pinot sur le tour, est-ce que tu as une anecdote marquante avec lui qui devient un discours ?
- Speaker #1
Ah oui, non, mais j'ai que des bons souvenirs. Après coup, c'est vrai que sur le moment, des fois, il me saoulait un petit peu, justement, par ses grands discours, ses grands gestes, etc. C'est pour ça qu'il est très bon, d'ailleurs, sur RMC, dans les grandes gueules. Et je trouve que c'est un mec qui a un pouvoir, lorsqu'il parle, il est captivant. Moi, je me suis blessé à mes lancers en rémo, mon deuxième mes lancers en rémo, ou mon premier mes lancers en rémo, je crois. Et derrière, j'ai fait les classiques avec des fils sur les doigts, etc. J'ai eu des discussions avec lui où il voulait me surmotiver, etc. C'était très intéressant. Et puis sinon, les plus beaux discours, c'est les discours de veille de championnat de France. Là, le maillot bleu-blanc-rouge, c'était un maillot et une course qu'il faisait rêver, qu'il faisait bander, comme il dit. Et c'est vrai que son discours sur les deux années que j'ai fait avec lui, c'était assez incroyable. Et j'ai vécu d'ailleurs le doublé Nasser Bouani-Arnaud Desmars à Saint-Amand-les-Eaux. Et la marque, c'était énorme ce discours la veille.
- Speaker #0
Ensuite tu files chez AG2R, la mondiale, puis Cofil 10. Qu'est-ce que tu retiens globalement de ces deux expériences ?
- Speaker #1
Ultra positif, moi je retiens que du positif de ma carrière. Mes deux années à AG2R, j'ai gagné justement à ce moment-là beaucoup d'argent. Enfin beaucoup d'argent, aujourd'hui je pense que beaucoup de coureurs sont à plus de 10 000 euros par mois. Moi j'étais à plus de 10 000 euros, j'étais à 160 000 euros l'année. C'était assez incroyable. J'ai commencé à avoir des rêves plein la tête, à dire je vais payer ma maison en 5 ans, etc. Je courais pour le pognon, très clairement. Je n'étais pas du tout dans l'optique de me faire un palmarès parce que c'était quelque chose d'incroyable, comme je n'en ai jamais vraiment eu quand j'étais jeune. J'ai payé des voyages à mes parents, à mes ex-beaux-parents, des Noëls de folie. Je n'ai pas tout craqué, bien au contraire. Mais voilà, mes deux années chez H2R avec Vincent Lavenu, qui était très généreux. Mais du coup, j'en ai oublié l'essentiel. C'est que pour gagner de l'argent, il faut être bon sur le vélo. Ce que je n'étais pas du coup chez H2R. Et puis après ma dernière année chez Cofidis, très très très mauvaise expérience, mais vraiment très mauvaise. Mais aujourd'hui, je pense que c'est aussi ce qui m'a permis de comprendre que le vélo, c'était pas juste une passion comme ça. C'était un vrai métier. Avec Nasser, on s'entendait très bien. C'est Nasser Bouanier qui me fait signer chez Cofidis à l'époque. Avec lui, il m'emmène dans ses valises, je divise mon salaire par deux. Et puis en fait, je comprends pas l'importance d'être avec un champion de la trempe de Nasser. Très gros caractère. Mais avec qui on s'est pris la tête pendant presque 5 ans, alors que foncièrement il avait raison et j'avais raison sur 2-3 trucs. Mais aujourd'hui on se reparle, il n'y a aucun souci, aucune animosité. Mais c'est vrai que cette expérience chez Cofidis, quand même, sur le moment, je leur en ai beaucoup beaucoup beaucoup voulu. Mais voilà, Alain Deleuil, Yvon Sanker, je pense que j'étais aussi dans un état d'esprit pas idéal pour eux non plus.
- Speaker #0
Alors t'as déclaré au final chez ton... Mon ami Steven, Yannick, faire partie des personnes, tu en as parlé un peu, qui étaient un peu moins sérieuses et ne pas avoir tout fait pour obtenir les meilleures performances. Tu as des regrets sur ça ?
- Speaker #1
Pas du tout. Non, non, j'ai pas de regrets, c'est juste que si je devais le refaire, je ferais complètement différemment et je serais un gros bosseur. Parce que dans le vélo, il n'y a pas de place à l'improvisation, il n'y a pas de place pour celui qui en fait moins. Et moi j'étais dans le très léger au niveau de l'entraînement, jamais plus qu'un autre. Comme mes parents m'ont toujours dit à l'école, vie sur ses acquis. Donc les acquis ça suffit pas pour être un bon dans le milieu professionnel. Et encore j'ai connu une génération où on pouvait marcher sans être très sérieux. Donc aujourd'hui je pense que je passerais même pas professionnel quand on voit le niveau de professionnalisme. Et ouais non c'est juste dommage. C'est juste dommage, mais à ce moment-là, l'état d'esprit que j'avais, c'était un état d'esprit où je rigolais, où j'étais content de vivre et où je m'en foutais de faire des semaines de 20-25 heures. Je n'ai jamais été en altitude, par exemple, alors qu'aujourd'hui, c'est 3-4 stages par an minimum. Donc non, je n'ai absolument pas tout fait pour être le meilleur pro. Et pourtant, j'ai eu des résultats, somme toute, assez corrects. Et c'est là où justement, tu te dis, c'est quand même con parce que tu fais huitième de Grand Vével Game. 16-17 à Roubaix, sur le Tour des Flandres je fais 17, j'ai joué devant en mêlant sans rémo. Avec un tout petit peu de sérieux, à l'époque je pouvais réaliser je pense une belle carrière.
- Speaker #0
Dans cette période à G2R, si je te dis sans rémo, tu vois où je veux en venir ou pas ? Raconte un petit peu ce moment fou.
- Speaker #1
Ouais, après ça c'est un moment, c'est le spectacle du vélo. si tu sais que Tu sais que le Turquino est infranchissable, on rappelle qu'on est quand même au départ de Milan, il y a 300 km de course, 310 avec le fictif, c'est la journée la plus longue de l'année. Et en fait, tu le sais depuis 4 jours, les prévisions météo, les images montrent que le Turquino est infranchissable. Il fait 0°C au départ de Milan et ça va être des conditions météo dantesques. Et moi à ce moment-là, je suis dans un état d'esprit où pourquoi ils nous envoient au casse-pipe en fait ? Le Turquino est infranchissable, j'avais des revendications. Que t'es un syndicaliste alors que je ne suis pas du tout ? Et oui, non, c'était n'importe quoi. Ils nous ont envoyé là-dedans, le turquino est infranchissable, ils arrêtent les bus, on repart, on est trempé, c'est pluie et neige mêlée, et moi, malgré que j'habite les Vosges, je déteste le froid et l'humidité. Donc là, j'ai vraiment souffert sur un vélo, c'était horrible. Et je me suis arrêté, comme beaucoup de coureurs d'ailleurs, à cause de transis par le froid, mais aussi parce que, un, j'avais pas envie d'aller plus que dans le niveau dans lequel j'étais. Ouais j'étais friourifié quoi, mais c'était une expérience de fou.
- Speaker #0
Il y a ce moment dans le bus où la course a été neutralisée, t'es au fond du bus, tout seul, à poil, parce que vos affaires sont en train d'être lavées, là tu te dis quoi là ? Bah je gueule, je gueule,
- Speaker #1
je fais mes revendications de syndicaliste à la con, c'est n'importe quoi, annulé, annulé, on gueule. Je fais ma grande gueule à dire, moi, c'est sûr, je ne repars pas. Allez vous faire foutre, rien à foutre. Un peu tête de con, en fait, que je ne suis absolument pas dans la vie de tous les jours. Mais oui, à ce moment-là, je pense que j'ai deux fils qui se sont touchés. Et puis, il y avait peut-être ce besoin de montrer que je suis un dur. Et je suis reparti, en fait. Donc, cette anecdote, elle est assez incroyable. Je sais que Maxime Boué s'en rappelle énormément. Le chauffeur de bus était bonbon à l'époque, qui ne voulait pas nous filer les serviettes parce qu'il n'en avait pas non plus 10 000. Moi je me couvrais de serviettes, je disais regarde-moi ça, on est gelé. Non, non, en fait c'était un chouette moment.
- Speaker #0
Derrière, tu annonces ta fin de carrière sur route en août 2015, tu te consacres plus que jamais au cyclocross, ta discipline adorée, et tu finis par obtenir le Graal Champion de France 2018. Meilleur souvenir de ta carrière ?
- Speaker #1
L'un de mes meilleurs souvenirs, très clairement. Oui, il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup d'émotions. Alors, l'un des meilleurs, mais l'un des plus compliqués à vivre pleinement. Parce que la situation, tout le monde la connaît. Et cette histoire, j'ai déjà raconté à de nombreuses reprises. Mais il faut juste savoir que six mois avant, mon ex-femme décide de se barrer, de me quitter, après 17 ans de vie commune. Je le vois pas venir, même si je suis pas le meilleur mari à ce moment-là. Et en fait, je vois mes gamins une semaine sur deux, parce que j'ai deux enfants. Et non, non, je suis quand même très, très affecté par ce départ de mon ex-femme. C'est une nouvelle vie qui commence, moi qui n'ai jamais trop réussi à me démerder tout seul. Et en fait, je rencontre à ce moment-là, au Rock d'Azur, ma compagne actuelle, Émilie, qui, à la base, doit être juste quelqu'un pour s'amuser et passer du temps. Voilà, vous m'avez compris. et en fait, elle ne connaît rien au vélo, elle ne sait pas qui je suis, elle ne me juge pas, elle me soutient dans tout ce que je fais et du coup, j'ai ce côté où je suis en plein divorce, c'est très très dur, je ne vois pas mes enfants, et ce côté où je vis des émotions assez folles parce que je suis en train de tomber vraiment amoureux de ma compagne et de revivre quelque chose de fou avec une fille et en fait, la veille du championnat de France, elle me fait la surprise de venir. Et je fais la nuit qu'il ne faut pas faire. Je dors très peu, on discute beaucoup, on passe du bon temps. Mais je n'en ai rien à foutre parce que je veux vivre ce moment avec elle. Parce que ça me fait du bien, ça m'évacue le fait de ne pas voir mes enfants une semaine sur deux. Et en fait, je suis champion de France parce que je suis complètement détendu. Et pendant 18 ans, j'ai cherché à être champion de France. Et j'ai jamais réussi à l'obtenir, la pression, l'envie de bien faire, le regard des autres, etc. Et je l'ai eu, donc c'était fou parce que mes enfants étaient là, et même Amy était là, alors elle se cachait parce que mes enfants n'étaient pas au courant que j'avais une copine de l'époque. Ouais, le Graal, le Graal énorme, c'était un rêve qui devenait réalité, mes parents étaient là, tout le monde était là, ma sœur, parce qu'ils voulaient juste me soutenir dans le fait que l'homme que j'étais à ce moment-là, et pas le sportif, était en difficulté, tu vois. Donc non, c'était énorme. Je n'ai jamais pris de drogue dure ni rien. Je pense que ce shot sur cette dernière ligne droite, j'aimerais vraiment la revivre, mais je ne sais pas comment. Je pense que beaucoup de camés te le diraient, c'est un truc de dingue. Mais c'est pour ça que je suis un fou de sport, je veux continuer à vivre des émotions, mais je ne revivrai certainement jamais ça.
- Speaker #0
Surtout qu'en parallèle, tu avais déjà commencé à être consultant, donc il fallait aussi partager tout ça. Donc tu t'étais lancé en tant que consultant, c'est Eurosport qui est venu te chercher, c'est toi qui t'es proposé, comment ça a fonctionné ?
- Speaker #1
Non, les étoiles alignées, comme je dis, les planètes qui sont dans le bon sens. Non, il y a Christophe Moreau qui vient de partir d'Eurosport. La chaîne L'Équipe vient de rentrer du vélo sur leur chaîne, à l'époque L'Équipe 21. Et Patrick Chassé, avec qui j'ai fait un reportage, me contacte pour me demander si ça m'intéresse d'être consultant avec lui pour, je crois que c'est Kurn-Brussels-Kurn, et ensuite le Scale de Price, le Grand Prix de l'ESCO. Déjà, j'y vais en étant super content, et je ne sais même pas que je vais être payé en fait. Je croyais que j'allais pour une expérience comme ça, pour passer du bon temps. Et donc il me paye, et dans la foulée, Guillaume Di Grazia me contacte, me dit « je t'ai entendu, tu sais très bien que je devais t'appeler » . Donc il faut que tu montes à Paris et je monte à Paris et là il me propose... Quasiment 100 jours de course à commenter à Eurosport avec les rois de la pédale, avec un grand tour à couvrir sur place avec Jackie, que j'ai le ton Eurosport, etc. Et là, j'ai dû mettre 10 secondes à réfléchir. J'ai dit mais grave, c'est chez toi que je veux être, c'est à Eurosport que je veux être. Jackie, pour moi, c'était le consultant et c'est encore le consultant numéro un, tout sport confondu, de par son timbre de voix, de par sa qualité de vocabulaire, sur ses anecdotes, etc., son expérience. Travailler avec Jacky, c'était obligatoire. J'ai signé Eurosport. Et là, par contre, contrairement à ma carrière pro, je me suis dit, tu as été un branleur chez les pros. Donc là, mec, tu as une deuxième chance dans la vie. Donc saisis-la. Tout de suite, j'ai pris mon DIF pour me perfectionner en anglais. Je me suis réécouté quasiment à chaque course en intégralité pour avoir quel tic de langage j'avais, les phrases que je disais, etc. Et puis, j'ai demandé à Guillaume de me faire quasiment à chaque fois les six premiers mois des comptes rendus. pour progresser et pour être aujourd'hui qui je suis.
- Speaker #0
Très bien. Aujourd'hui, on va en parler, bien sûr, de la relation avec Jackie. Sur ces 10 ans, il y a eu de sacrés moments, j'imagine. Alors, j'en ai quelques-uns à te proposer. Le premier, c'est un moment émotion. La victoire de Valentin Paré-Pentre sur le Ventoux. C'est vrai. L'été dernier.
- Speaker #2
Il reste encore du temps, il baisse la tête, Benilly est très fort, il a déjà connu la victoire à Vire, c'est là, là il y a encore du pourcentage, est-ce qu'il va réussir à remonter, Valente top 1 et 1, on le salue, il remonte, pour la victoire des Tampes, ça va jouer ! Paris avec Benilly, paré pas trop fort, paré pas trop très fort, la France qui gagne au sommet du Ventoux, magistral, Valentin paré pas un tour.
- Speaker #0
Alors bien sûr on laisse la place au commentateur principal dans ces moments là, il y a quand même un aller qui sort naturellement, t'es le premier supporter de Valentin paré pas un tour.
- Speaker #1
Ouais je suis le supporter de tous les coureurs français et de tous les coureurs en général parce que j'ai pas oublié justement la difficulté de ce sport. Et quand c'est un français, un coureur avec qui j'échange de temps en temps, sur les différents critériums, avec qui j'ai une petite relation, oui je deviens supporter. Et ça je l'ai aussi appris à ne pas me retenir non plus. Je sais que ça plaît énormément, mais je sais aussi que des fois ça peut ne pas plaire, parce qu'il y a beaucoup de chauvinisme dans mes commentaires. Mais oui, c'est des moments incroyables, c'est aussi pour ça que je vis ce moment à 100%. Il y a eu Valentin, il y a beaucoup beaucoup de victoires qui m'ont marqué, mais oui sur le Tour, quand on attend qu'un Français gagne le Tour, qu'il y a de la fatigue, il y a de la nervosité, on veut vivre les choses bien. Cette victoire en haut du Ventoux, elle était énorme, elle fait partie des bons souvenirs.
- Speaker #0
Deuxième facette de Steve Chenel, l'impulsif, le sanguin. Si peu. Dans une situation qui en valait la peine pour le coup, Paris-Roubaix 2025, donc l'année dernière, match Vendée-Poule. reçoit un bidon lancé par un spectateur en plein visage. Petite blague quand même d'Audrey Cordon-Rago derrière pour détendre un petit peu l'atmosphère.
- Speaker #2
Bien humide.
- Speaker #3
Ouais, la fin aussi. Et puis un bon petit virage à 90 degrés.
- Speaker #2
J'étais un bidon. Ah, n'importe quoi. J'étais un abruti, là. Là aussi. Je vous manie la litote avec élégance. Bon, je vais être à le polycona. Vous l'avez dit pour moi, on pensait tous comme ça s'est fait. Non, mais sérieux.
- Speaker #3
C'était un bidon jaune.
- Speaker #2
Je vous en rajoute une autre.
- Speaker #3
Je ne savais rien.
- Speaker #0
Donc là...
- Speaker #1
Je me retiens. Oui. Le pire c'est que je me retiens. Je me retiens. Oui parce qu'encore une fois, moi j'ai quand même toujours cette étiquette d'ancien coursier mais je sais ce que c'est d'être coursier. Et je vis avec eux sur le vélo, je suis à fond dans la course. J'ai déjà reçu des dingueries, des mecs qui fument et qui jettent leur fumée de clopes. sur la tête et t'as envie de t'arrêter, de leur dire mais mec tu sais pas ce que t'es en train de faire. Et là ouais non non je suis impulsif, j'ai pas d'autres mots en fait, j'ai pas de mots français qui rentrent dans le vocabulaire de la télé pour ne pas dire connard en fait. Et franchement je me retiens, j'ai envie de le pourrir, j'ai envie d'être sur place, de lui mettre une grande baffe même si on doit se retenir, même si on doit être propre dans nos commentaires, il y a des fois c'est pas possible pour moi. C'est pas possible, même encore cet hiver. Il y en a un qui a fait une dinguerie à Van Der Poel et je le dis en rigolant, je dis « Ah ben un mec comme ça, il faut juste le choper et l'emmener dans le bois et lui mettre deux, trois béquilles. » En fait, ça veut dire qu'il faut lui foutre deux baffes dans la gueule pour qu'il comprenne. Je sais qu'on ne peut pas le dire, mais c'est plus fort que moi. C'est impossible de ne pas réagir et de dire « Oh là là, quelle honte, c'est pas normal, on ne peut pas faire ça. » Non, non, pour moi, c'est plus fort. Il y a des choses comme ça qui sont immétrisables et que je n'ai pas envie de maîtriser en fait. Je n'ai pas envie de maîtriser parce que je sais aussi que derrière l'écran, Il y a au moins 90% des gens qui pensent comme moi, et parce que c'est la télé, parce qu'on est devant des milliers de gens, on ne doit pas le dire. Non, moi Guillaume De Grazia, le seul conseil qu'il m'a donné au tout début de ma carrière, il m'a dit « ne joue pas au consultant » . Et en fait c'était très large ce conseil, c'était surtout d'avoir ton propre style et de ne pas vouloir utiliser le bon français, le machin, etc. Donc je n'ai jamais joué au consultant, et effectivement quand je dis déjà dans un premier temps « abruti » , j'ai envie de dire « sale con » . Et déjà, je dis abruti parce que bon, c'est plus poli. Et puis après, ça sort encore plus fort. Ouais, connard, mais bon, connard, bigard, il le dit à toutes les sauces et on ne dit pas qu'il est impoli.
- Speaker #0
Steve, troisième moment qui restera gravé à tout jamais, je pense. On est pareil sur le Tour de France 2025. Tadej Pogacar écrase la concurrence. Mais il y a encore plus de génie chez Jackie Durand pour pimenter la course.
- Speaker #2
Alors qu'on annonce Pogacar en difficulté, Pogacar sur les ondes de radiocourse en difficulté ! Il est distancé du peloton, vient-on de me dire ? Quel con, non ? Non, c'est une blague. Rires Rires Rires Rires Rires Rires Rires Rassignez-vous tranquillement, vous y avez cru ! Tu voulais réveiller un pote !
- Speaker #1
Ah non, c'est le solaire ! C'était presque pareil ! Oh l'enfoiré !
- Speaker #2
Je cherchais sur toutes les caméras ! Si vous aviez vu vos têtes ! Malheureusement, ce n'était pas tu. J'ai bien fait, sérieusement ! Ah oui, oui !
- Speaker #0
Toi, là, tu tombes dedans ?
- Speaker #1
Ah mais non mais incroyable, ce qu'il faut savoir c'est que Jackie c'est le seul qui a Radio Tour dans les oreilles. Quand on a le casque, on a des centaines d'ordres par commentaire, c'est très compliqué d'être concentré à 100% et Jackie il a ce talent, cette capacité à écouter les ordres de l'inter, de la Régie France, du consultant et du journaliste et lui il a Radio Tour dans les oreilles. Et on sait que c'est le seul qui a Radio Tour. Et là, lui il la joue très bien, ça fait chier qu'on n'ait pas filmé mais il joue, il augmente le son, il nous fait signe comme ça, il dit Et on annonce Pogacar en difficulté, on sait qu'il vient de mettre plus fort Radio Tour et nous on a tous nos écrans et on regarde et on voit pas d'image de Pogacar. Et lui c'est pour ça qu'il va pas très très loin dans la blague, elle dure 10 secondes et il nous regarde et il garde son sérieux et il nous a niqués. Il nous a niqués à la Rémi Gaillard, très très bon. Et donc il y a ce moment où on se dit il y a un truc qui se passe sur le Tour et non en fait c'est une blague. Mais c'est juste énorme, j'ai eu mal au ventre, j'en pouvais plus.
- Speaker #0
Il a été trop fort, mais enfoiré, t'inquiète pas, t'auras la monnaie de ta pièce. On te rendra la monnaie de ta pièce.
- Speaker #1
Autre moment un peu surprise, toujours avec Jackie. Le dernier Tour de France passé chez lui en Mayenne. Et les supporters en bord de route ont tenu à lui rendre un hommage un peu particulier. Le voilà,
- Speaker #2
le virage, et chez l'aile on a pensé à vous, Dudu Forever,
- Speaker #3
le virage Jackie Durand !
- Speaker #2
Un virage en ligne droite !
- Speaker #3
Vous ne le savez pas messieurs, on a inventé en Mayenne le virage Jackie Durand et on l'a vu dans une ligne droite, merci Dudu !
- Speaker #2
Alors à l'étranger ils sont en train de chercher qui est le Dudu dans le peloton.
- Speaker #3
Le virage de Jackie Durand, merci à Anthony Forestier, à toutes les équipes évidemment. qui réalisent le Tour de France avec Jossin Riou notamment, qui ont capté cette magnifique image. Merci de nous la proposer.
- Speaker #2
C'est une première ça quand même.
- Speaker #3
Un virage en ligne droite.
- Speaker #2
On a connu les bordures sans vent. Là, vous connaissez un virage en ligne droite.
- Speaker #0
Ah oui, énorme.
- Speaker #1
T'étais au courant toi avant à ce moment-là ?
- Speaker #0
Déjà la veille, on sait qu'ils vont faire un virage à Jacqui Durand, ses potes, Mayenne, etc. Et ils n'ont pas trouvé de virage. Ils n'ont pas trouvé de virage, et Jackie le savait, il nous avait mis dans la confidence, et surtout, ce qui est énorme, c'est que c'est la réalisation internationale. Anthony Forestier, avec l'hélicoptère qui tourne, a été OK pour filmer ce passage. Il faut savoir que l'organisation du tour, en amont, elle trace, et si vous avez des messages politiques, la réalisation cache tout ça, ne le montre pas à l'antenne. Et là, ils ont montré le virage Jackie Durand en ligne droite. Moment d'anthologie énorme. Et comme d'hab, à la rigolade, à la plaisanterie.
- Speaker #1
Avec un petit de 10-15 ans qui a la pancarte pour Jackie. Lui, il a une pancarte alors qu'il ne m'a jamais vu.
- Speaker #0
Mais non, mais Jackie, c'est ça. En fait, c'est le sérieux sans se prendre au sérieux. C'est pour ça qu'on l'aime autant. C'est pour ça que je l'aime autant, ce mec. Il est tellement bon dans son commentaire. Surtout le commentaire vélo, c'est 95% où il ne se passe rien. Donc là où on peut déconner. Et puis il y a 5% où on doit être très très bon et Jackie là-dessus c'est le meilleur.
- Speaker #1
Alors cinquième moment, alors celui-là je suis allé le chercher super loin. Il date de ce dimanche, Paris-Roubaix 2026. Les coureurs s'alimentent pendant la course, mais Monsieur Steve Chanel aussi.
- Speaker #3
Pardon. Pardon, je vais nous expliquer ce qui se passe dans la cabine commentateur. Là, ça va temporiser, c'est en train de rentrer, ça temporise également dans la cabine. Steve a fini sa tapenade et là il vient de nous sortir une assiette. Vous savez, d'habitude pendant les commentaires, on mange un sandwich un peu à l'arrache ou une petite salade à l'arrache. Il a carrément une assiette.
- Speaker #0
Ah bah Roubaix, c'est particulier. Il y a le matos. Donc là,
- Speaker #3
j'acquise. Il a sorti son assiette, il a fait ses petits gnocchis. Non mais c'est incroyable, j'avais jamais vu ça ce truc !
- Speaker #0
Eh, je job ! Je job ! Qu'est-ce que tu veux, je job ? T'as déjà bouffé toi, Jackie ? T'as déjà mangé ?
- Speaker #2
Ah oui,
- Speaker #0
Ah mais toi t'es un ancien, t'as des réserves ! Moi j'ai fait un brunch,
- Speaker #2
j'ai enchaîné petit déjeuner et déjeuner !
- Speaker #0
Tu vas pas coïncer là !
- Speaker #3
Tout à base de légumes !
- Speaker #0
salade verte voilà et puis quelques gels pour le final et puis ça ira bien du gel au pâté ouais c'est ça du gel au pâté et dans la gourdasse surtout un peu de sirop
- Speaker #3
Je vais la faire chauffer ! C'est ce que j'allais dire ! Elle me tend les yeux, elle me fait des clins d'oeil ! Je vois bien que je vous ai un petit peu embarrassé à en parler comme ça, je vous ai pris un petit peu de cours, allez la faire réchauffer votre assiette de gnocchi, parce que froid ça va pas être bon !
- Speaker #0
Ils sont tous là à vibrer, mange-moi, Qui disent, je vais te chauffer un petit coup mon coco, je vais te bouffer !
- Speaker #1
Et je vais chauffer l'assiette ! Là, on a la phrase qui rentre dans le panthéon du commentaire. La sieste me fait des clins d'œil.
- Speaker #0
Mais bien sûr. En plus, Pierre a complètement raison. Habituellement, on se prend des vieux sandwiches ou des sandwiches de boulangerie rapidement et on mange en deux-deux. On demande à manger, etc. pour aller vite. Sauf que là, la veille au soir, je n'avais pas envie de me faire un resto tout seul. Donc, j'ai été à l'intermarché du coin. J'ai été me prendre un paquet de gnocchi, du jambon, une burrata et je me suis fait à bouffer dans mon appart, dans l'appart. Et il était hors de question que je jette la bouffe que je n'avais pas mangée parce qu'elle avait trop en quantité. Donc je me suis dit, je vais prendre mon assiette. Il y a des cuisines à Eurosport, là où on commence, il y a des micro-ondes, il y a tout ce qu'il faut. Donc je me suis dit, je vais prendre mon assiette. Et puis, il y a cette séquence où je prends mon assiette et basta. Alors, Jackie, lui, ne mange pas de salade, justement. C'est pour ça que je vais le chercher là-dessus. Et après, très rapidement, c'est ça qui est top avec Jackie, c'est qu'on a cette complicité dans la vanne. Lui ne mange pas de salade, il déteste ça, c'est un mec qui aime bien manger aussi. Alors lui ses sandwiches c'est jamais avec de la salade et jamais avec du poisson, il n'aime pas. Donc on se cherche là-dessus et puis l'assiette me faisait un clin d'œil. Ça faisait trois quarts d'heure qu'elle était dans mon sachet à droite, que je la voyais pendant que je commentais et je commençais à avoir la dalle. Donc ouais, cette séquence elle est naturelle, nature peinture.
- Speaker #1
Dans la course qui n'est pas du tout animée, on ne roule pas à plus de 50 de moyenne sur les 50-60 premiers kilomètres.
- Speaker #0
C'est vrai, mais après tu sais, 5h30, 6h de live, tu es quand même obligé de te lever, d'aller pisser, tu vas chercher un café, donc tu essayes de trouver le bon moment pour le faire. Et là on était sur les deux premières heures de course où il n'y a pas de secteur pavé, donc je savais que c'était là aussi que je pouvais manger. Mais ouais, j'ai déconnecté et l'assiette je l'ai bouffée en 1 minute 30 parce que j'étais quand même captivé par la course. Donc ouais, non non, belle séquence, séquence sympa. Voilà pour les moments récents marquants. Ah non ! On me dit que quelqu'un a voulu raconter une autre anecdote.
- Speaker #4
Si je devais trouver une anecdote, peut-être que ce serait au sommet de la côte de Cadoudal il y a quelques années. On commente le Grand Prix de Plumelec avec Steve, on est sur place pour commenter cette épreuve. On est dans la cabine, on commente et tout à coup il y a un énorme orage qui s'abat sur la ligne d'arrivée. Et là tout saute. Donc on a encore l'image, à peu près. Et par contre on n'est plus connecté donc on ne peut plus commenter en direct. Le micro-casque ne fonctionne plus. On appelle la régie et on commente par téléphone. Donc on essaye de regarder un petit peu ce qui se passe à l'image. Et on commente avec le téléphone dans la main. On se passe le téléphone, chacun notre tour, quand on veut commenter. Ça, je pense que c'est un des commentaires les plus fous qu'on ait eu à assurer. Je pense que c'est un des grands moments qu'on a vécu. C'était à Plumelec, on se planquait un peu sous la table pour pas qu'il y ait trop de bruit autour de nous pour commenter chacun notre tour au téléphone. C'était assez dingue.
- Speaker #0
Incroyable ce moment. C'est vrai, je ne m'en rappelais plus, mais grave. Et oui, on en a fait des trucs. Non, mais je pense qu'on pourrait écrire un bouquin de toutes les anecdotes que l'on a vécues avec Louis-Pierre. Quand on allait sur certains sites de course, on a été commenter Cholet à Glotour. On a fait des folies, Grand Prix de Denain, 4 jours de Dunkerque. Mais oui, c'est vrai que plus on est là, il n'y a tout qu'à péter. Et en fait, quand tu es en situation où tu es on-site, mais que la régie est à Issy-les-Moulineaux, et que le fil est coupé en fait. le téléphone de ton casque jusqu'à la régie qui est coupé, que tu n'as pas d'image. Donc, heureusement, on est sur site. Donc, on voit le feed avec les caméras fixes et on doit commenter depuis le téléphone. Mais ouais, non, c'était incroyable. Je ne m'en rappelais plus du tout de cette anecdote. Tu vois, trop bien.
- Speaker #1
C'est qui qui a rassuré l'autre dans ce moment-là ?
- Speaker #0
Moi, je m'adapte tout le temps. Il n'y a aucun problème. C'est vrai qu'après, le côté journalistique fait que tu n'as pas envie de faire de la merde. Donc, tu veux que le son soit bon, que l'image soit bonne. Tu dois être... dans un rôle où tu passes les plats et ça doit être correct. Mais moi, c'est ce genre d'anecdotes. C'était dingue, je ne m'en rappelais plus parce que j'aime trop ça. Ça, c'est pour moi le vrai truc terrain où tu dois raconter ça. Génial. Très belle anecdote.
- Speaker #1
Merci à Louis-Pierre Frileux pour cette belle histoire. Il m'a dit que c'est trop dur d'en choisir une. Chaque émission, chaque cours, c'est rempli d'anecdotes avec Steve Chanel. D'ailleurs, je crois qu'il en a une autre.
- Speaker #4
Il y a quelques années, on commente le troubreau Léon sur place et on part... Deux ou trois jours avant, je crois qu'on commentait le tour du Finistère aussi. Et il y avait la rando du Troubro. Et donc en fait, on avait emmené les vélos. C'était une aventure pas possible. Les vélos qui ne rentraient pas dans la soute de l'avion. Et nous les avons mis dans un autre avion pour une autre ville. Il a fallu aller chercher les vélos dans un autre aéroport le soir. Bref. Et quand on fait la Troubro Challenge, je ne sais plus comment ça s'appelait. La rando du Troubro, je crois. Ils nous avaient dit que c'était 60 kilomètres. Moi, je n'avais quasiment jamais fait de vélo. Et en fait, au bout de 70 bornes, j'étais cuit, j'étais mort, mais vraiment, j'étais cuit de chez cuit. Et Steve était mort de rire. Et il m'ouvrait des crêpes, dans des espèces de sachets, des crêpes sous vide, et il me les enfilait, il me disait « Allez tiens, mange une crêpe, t'es en train de faire une feuille, mange une crêpe, mange une crêpe ! » Et il m'ouvrait des crêpes, et il était mort de rire, lui il était facile, moi j'étais au bout de ma vie à côté, dans chaque petite bosse, j'en pouvais plus, il était mort de rire, et à un kilomètre de l'arrivée... Je crois que je n'allais jamais aller au bout du truc. Et Steve se met en direct sur les réseaux sociaux et il a diffusé cette arrivée, ce dernier kilomètre. Ça, c'est un des grands moments que j'ai partagé avec Steve, une de mes premières fois sur le vélo avec lui, sur une longue sortie comme ça.
- Speaker #0
Là, je m'en rappelle très, très bien. Et c'est vrai que c'est un bon plan galère. comme j'appelle ça, parce qu'effectivement, j'avais demandé à Canyon, mon partenaire, de me prêter un vélo pour le prêter à Loulou, parce que c'était effectivement la gravel trop gros de la veille. Et c'était le petit parcours. Et je me rappelle très, très bien que je briefais Louis-Pierre, j'avais fait le bon gonflage, etc. Et qu'est-ce que j'ai rigolé dans les derniers kilomètres ? Il était mort et en plus, je lui ai raconté, « Ouais, t'inquiète, encore deux bornes. » Je pense que j'ai dû lui dire « Encore deux bornes, déjà à 20 bornes de l'arrivée. » Il était sec ! Et c'est également un très très bon souvenir, c'était l'époque où on allait encore beaucoup sur place, et mon loulou était dans un état catastrophique à l'arrivée.
- Speaker #1
Quand on voit toutes ces bonnes relations, ta générosité comme ça à jeter des crêtes dans la tronche, directeur d'une équipe, ça ne te tentait pas ?
- Speaker #0
Non, plus maintenant. J'ai eu cette opportunité de le faire pour le Cyclocross avec le Cross Team que j'ai créé avec Rodolphe Beyer, mon ami. Et aujourd'hui, non. Honnêtement, non. Parce que malheureusement, aujourd'hui, cette nouvelle génération, c'est une génération de consommateurs où il n'y a pas... Il n'y a pas finalement le renvoi d'ascenseur. Je ne fais pas pour renvoyer, qu'on me redonne à chaque fois ce que je donne. Mais je pense qu'à un moment donné, tu donnes 100, tu dois récupérer 1. Et je donne beaucoup. Mais moi, je veux récupérer un petit peu, au moins via les émotions ou via le respect. Et effectivement, cette générosité, aujourd'hui, je la donne aux gens qui le méritent et à mes amis avec qui je sais qu'il va y avoir un retour d'ascenseur. Parce que c'était une super époque, le cross-team. Mais encore aujourd'hui, je n'ai pas digéré cette déception que l'équipe est coulée. Je dois encore de l'argent. Il y en a très peu qui le savent, mais je dois encore de l'argent. Je suis encore financièrement responsable de pas mal de choses. Alors que je ne prenais pas d'argent, je ne gagnais pas d'argent. Et ce qui est sûr, c'est que si un jour demain, vraiment, il y a un super projet qui se monte et on me dit « putain, mais en fait, tu es la personne idéale pour le faire » , ce qui est sûr, c'est que je ne m'oublierai pas en passant. Ça, c'est clair.
- Speaker #1
D'ailleurs, j'ai... lien avec cette discussion autour de la direction d'une équipe. J'ai une petite question où tu vas devoir un peu te creuser la tête, mais c'est pas moi qui va la poser, c'est quelqu'un d'autre.
- Speaker #5
Salut Steve, j'ai une petite question pour toi. Je sais que t'es fervent des classiques de début de saison. Je me disais que si t'étais directeur sportif, quelle équipe tu choisirais pour débuter la campagne des classiques ?
- Speaker #1
Est-ce que tu as reconnu la voix ?
- Speaker #0
C'est James Audvard ?
- Speaker #1
C'est Geoffrey Souk.
- Speaker #0
Ah, c'est le Geoff ! Ah ouais ! Ton ancien coéquipier chez Cofidis,
- Speaker #1
c'est pas évident de deviner
- Speaker #0
Non, non, mais j'aurais pas reconnu. Je t'ai persuadé que c'était un journaliste de Eurosport. C'était James avec le petit argent. Ah ouais, Geoff. Quelle équipe je choisirais pour les classiques ? Je vais pas être original si je dis soit Wisma, soit Alpecin, parce que c'est avec deux beaux crossmans.
- Speaker #1
On a compris que t'avais pas compris la stratégie de Yo-Yo hier.
- Speaker #0
Non, je n'ai rien compris à eux. Mais justement, c'est bien d'avoir des équipes qui font n'importe quoi. Non, en réalité, je pense que j'aimerais bien piloter une équipe belge comme Soudal. Soudal Quick-Step avec une âme de classic man, avec des Van Barl, avec des Stuyven, avec des Lamparts, etc. Et puis, moi, j'ai toujours été fan aussi du personnage Patrick Lefebvre, qui pour moi est le manager du 21e siècle, avec tous les autres managers que j'ai connus. Mais lui, ça faisait 40 ans qu'il était là. Son franc-parler, les coups qu'il a réussi à faire, les coureurs qu'il a relancés. Donc, je pense que je prendrais Soudal. Ça va. C'est comme si tu me demandes quelle équipe de Ligue 1 tu souhaites entraîner. Ok, je ne prendrais pas le PSG parce que ce serait trop facile. Mais je prendrais Marseille ou Monaco.
- Speaker #1
Alors, au moment où l'on se parle, on est le lundi 13 avril au lendemain de Paris-Roubaix. Et là, c'est le moment, la séquence émotion. Je tenais à rendre hommage à quelqu'un, ou plutôt quelque chose. Van Aert et Pogacar se disputent le sprint final dans le vélodrome de Roubaix. Le Belge prend les devants et finit par l'emporter. Un consultant Eurosport dans sa cabine explose de joie car son coureur favori préféré triomphe au prix d'une assiette. Ou d'un mug, on sait pas.
- Speaker #2
T'as les Pogacar ou Wout van Aert ? T'as les Pogacar, c'est parti ! Avec le belge qui lance son sprint ! Wout van Aert ! C'est fait ! Wout van Aert, il va le faire ! Wout van Aert va remporter Paris-Roubaix ! Wout van Aert va remporter Paris-Roubaix ! C'est deux tasses.
- Speaker #0
C'est deux tasses ? parce que j'ai une tasse pour le café, et en fait, on a aussi des distributeurs d'eau, et en fait, je ne sais pas pourquoi je ne fais jamais ça. Soit je bois un café, après je vais rincer, et je mets de l'eau dans ma tasse. Sauf que là, il y a une tasse de café et une tasse d'eau qui sont empilées les unes sur les autres. Et en fait, je tape sur la table et je jette le casque, je suis trop content, et j'ai les deux tasses qui volent, et qui font ce bruit de vaisselle cassée. Mais il n'y a rien eu de cassé. Elles se sont juste désolidarisées les unes des autres.
- Speaker #1
Donc, plus heureusement pour toi, aujourd'hui, c'est un... C'est un jour férié, grand fan de août.
- Speaker #0
Ouais, jour férié, jour de récupération.
- Speaker #1
Et j'imagine que ça fait aussi plaisir de voir Pogacar un peu battu de temps en temps.
- Speaker #0
Oui, c'est bien. C'est sûr que malheureusement, il ne fait pas l'unanimité parce que justement, on n'aime pas quand il n'y a pas vraiment de rivalité. On n'aime pas ceux qui gagnent tout le temps. C'est un peu une maladie française d'ailleurs, on n'aime pas les vainqueurs qui sont trop sur le devant de la scène. Et oui, je trouve que c'est bien pour notre sport que Pogacar se fasse battre. Il reviendra sur Roubaix à coup sûr, parce que s'il l'avait gagné là, déjà il aurait gagné les 5 monuments à la suite. Donc il va devoir recommencer à zéro. Et il reviendra à Roubaix. Et ça, c'est une très bonne chose.
- Speaker #1
Alors, on se parle pareil. Il y a à peine deux jours, Paul Sexas a remporté le Tour du Pays Basque haut la main avec 2 minutes 30 d'avance sur son dauphin Florian Lipovitz. Il met fin à 19 ans de disette française sur une course à étapes. C'était Christophe Mouron en 2007. Paul Sexas n'avait à ce moment-là même pas 9 mois. Je ne suis pas du genre à m'emballer, surtout pour le cyclisme tennis français où on a un peu du mal à dominer. Mais là, on a quand même un phénomène. Comme dirait Marc, c'est l'élu, non ?
- Speaker #0
Oui, c'est certainement l'élu. Mais entre être l'élu et arriver à l'objectif de gagner le Tour et effectivement de succéder à Bernard Hinault, il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup de travail, beaucoup de marches à franchir. Mais oui, déjà gagner une course à étapes, World Tour. Depuis plus de 19 ans, c'était le grand Moreau en 2007. Et le faire avec autant de facilité, de panache, et sur une course aussi compliquée qu'est le Pays Basque, il a réalisé un énorme truc. Maintenant, tout le public français va connaître Paul Seixas. Ça, ça va être une donnée à prendre en considération. Et puis, entre le Tour du Pays Basque et le Tour de France, c'est comme gagner la Ligue 1 et la Ligue des Champions. Il y a quand même plusieurs steps à passer.
- Speaker #1
Je vais te poser bien sûr la question qui fâche, est-ce qu'il doit faire le Tour de France cette année ?
- Speaker #0
Le père que je suis est le protecteur. Préférerais en tout cas qu'il ne soit pas sur les routes du Tour de France, parce que je pense, comme tout le monde, qu'il faut un certain temps, une certaine expérience pour y aller, parce que c'est quand même une machine à laver, une machine à broyer le Tour de France. Maintenant je ne suis personne pour dire ce qu'il doit faire. Moi je le protégerais, je le protégerais un petit peu. Peut-être que je le surprotégerai d'ailleurs, mais je l'enverrai sur la Vuelta, quitte à peut-être faire l'impasse sur les choupins du monde, Québec-Montréal, pour découvrir comment va réagir son organisme sur trois semaines, comment il gère la pression, comment il gère la fatigue accumulée, etc. La Vuelta, c'est un très bon tour pour découvrir les trois semaines. Maintenant, je ne suis pas son sponsor, je ne suis pas son manager, je ne suis pas Paul Sexa, je ne suis pas sa famille, je ne suis personne. Mais je dis toujours, je ne sais pas si on a déjà repris, mais je dis toujours, vous savez, quand vous faites une carrière, en gros, une carrière, c'est quoi ? C'est une cathédrale que vous construisez. Et pour construire une belle cathédrale, la plus belle cathédrale du monde, il faut faire des grosses fondations pour que la cathédrale, elle tienne bien debout et pour qu'elle reste dans le temps. Je pense que Bernard Hinault a fait des grosses fondations. Et plus de 30 ans après sa victoire sur le Tour, sa cathédrale, elle est encore debout et on en parle encore beaucoup. Je pense qu'il ne faut pas lésiner sur le temps de séchage des fondations. Donc prenons peut-être une petite année pour laisser sécher les fondations de Paul Seixas, pour laisser faire un petit peu, que ce soit bien propre, et construisons la cathédrale quand il aura 20 ans.
- Speaker #1
Le Giro, ça arrive trop tôt pour construire cette cathédrale ?
- Speaker #0
Pourquoi pas le Giro ? Après, je pense que le Giro, c'est un des grands tours les plus durs. C'est moins sympa que la Vuelta. Dans l'ordre, vous avez le Giro qui est le plus dur, avec la météo qui peut être catastrophique. Les étapes, toujours plus. De toute façon, en Italie, on aime bien. Le Tour, c'est la machine à laver. avec la pression, les journalistes, tout, ça peut être un tout d'un. La Voix Elta, pour commencer, c'est pour moi le grand tour le plus simple, le plus sympa, et là où il y a le moins de pression, en tout cas, pour entourer Paul Seixas.
- Speaker #1
En parallèle d'être consultant, tu es co-animateur d'un podcast intitulé Bac à Sable. Je te laisse le présenter, le pitcher un peu.
- Speaker #0
Oui, alors Bac à Sable, c'est un podcast qui parle exclusivement de cyclocross, où l'idée première est de mettre en avant les jeunes, et notre discipline de cœur à Jérémy et Anthony, c'est le cyclocross. On a capté qu'il y avait un vrai engouement autour de la discipline et on avait simplement envie tous les lundis de faire un petit débrief de la semaine qui venait de se passer avec les résultats du week-end et d'inviter toujours quelqu'un qui vienne nous parler un peu de comment il vit sa saison et surtout à travers les jeunes et à travers l'équipe de France et le réseau qu'on a pu se faire avec Anthony et Jerem. Donc ça a très très bien fonctionné l'hiver dernier, tout le monde pensait que ça allait être un truc comme ça. pour juste parler de cross, etc. Mais on a une vraie communauté désormais qui nous suivent. Et l'idée de ça, c'est vraiment, encore une fois, de mettre en avant nos pratiquants du cyclocross. On a eu la chance d'avoir des grands coureurs, soit Caroline Manix, soit Sorène Bruyère-Joumar. On a eu Clément Venturini, tous mes copains du cyclocross qui ont répondu par l'affirmative pour être présents avec nous. Donc, si vous voulez suivre les résultats de la semaine, si vous voulez entendre parler du cyclocross, des débats, des discussions, on n'hésite pas à se rentrer dans la gueule parce qu'on est... aussi et surtout des potes, c'est sur le podcast Bac à Sable.
- Speaker #1
Effectivement, le tout dans la bonne humeur. J'ai récupéré d'ailleurs un petit bêtisier d'un de vos derniers lives un peu folklorique.
- Speaker #6
Peut-être que d'autres ont pris un petit peu de... ça leur a donné un petit peu de... de chance, enfin d'espérance en tout cas. Ça a peut-être fait douter. Peut-être que Lucinda Brand va peut-être douter un peu... Moi je n'y crois pas, non, Pour moi, elle a chargé l'entraînement, grosse semaine, et elle sera en train de du monohulst.
- Speaker #7
Oh le monologue calamiteux qu'il vient de nous envoyer, il a dit trois fois la même chose.
- Speaker #6
Parce que j'ai lu des messages qui arrivent sur mon truc là-haut.
- Speaker #0
On ne va pas dévoiler la tactique tout de suite du clan français.
- Speaker #7
Tu ne la laisses pas te dévoiler la stratégie, tu ne la connais pas, et de toute façon... Moi tu ne la donneras pas.
- Speaker #0
Tu pensais qu'il l'a peut-être ? Non, peut-être.
- Speaker #7
Vous la voulez ?
- Speaker #0
Non mais est-ce que vous voulez la compo ou pas ?
- Speaker #7
Mais on l'a tous maintenant La compo elle est sortie il y a un mois Voilà
- Speaker #0
Et moi mon Tony je me rappelle très bien T'as remis un petit coup de coude à ce dent
- Speaker #6
C'était pas un petit coup de coude Si on retrouvait les images Mais Dari pour expliquer ce qui s'était passé ce jour-là T'es resté concentré
- Speaker #2
Bah oui je suis resté par terre surtout
- Speaker #7
Vrai ou fou t'as déjà croisé Anthony Collat Complètement torché au chapiteau
- Speaker #2
Vrai ou faux,
- Speaker #7
tu reçois régulièrement des messages de Tonio pour te soutirer des infos ?
- Speaker #0
Vrai. C'est ce qui caractérise aussi ce podcast-là. Ouais, c'est mes potes, Tonio et Jerem. On est des passionnés de cross avant tout et on veut le faire dans la bonne humeur. On a trois caractères différents. Avec Tonio, on est les consultants parce qu'avec Tonio, on a fait les Champions du Monde 2005 à Saint-Vendel. Tonio, c'est mon ami. On s'est perdu de vue pendant presque dix ans et puis il m'a dépanné en 2017. Ensuite, je l'ai fait rentrer à Eurosport. Pendant que j'étais athlète, le Cyclocross est rentré à Eurosport. J'ai tout de suite pensé à lui. Depuis, il y a un vrai lien entre nous. Jerem, ça fait très peu de temps que je le connais. C'est un footcross. C'est toujours dans la bonne humeur. On n'hésite pas à se mettre des tirs gratuits. Il y a beaucoup de rigolade.
- Speaker #1
Des tirs, on en a parlé juste avant. Tu t'en mets aussi un peu avec Jackie. Vous formez un duo tellement mythique. Que vous êtes imité maintenant.
- Speaker #0
Eh grave ! Eh ouais !
- Speaker #1
Le coureur du peloton, on écoute le talent caché de Victor Garnalek.
- Speaker #8
Bah, Mika, moi je pense qu'aujourd'hui, les RKBNB Hotel, ils ont tout intérêt à aller devant. Après on sait, hier c'était repos, on sait pas comment le corps va réagir. Des fois on pense qu'on est bien, on a du jus, et en fait, première bosse, ça fume noir. On a le moteur qui pète, on a la grosse pâte comme on dit, et non, je pense qu'ils vont essayer d'aller devant. Et pourquoi pas, voilà. On va aller faire un beau petit résultat, mais ça ne va pas être facile quand même. Je ne sais pas ce que tu en penses, Jackie, mais il faut qu'il tente au moins.
- Speaker #1
Oui, je fais un bon moment de journée de repos, c'est tout ou rien.
- Speaker #8
Je me souviens que des fois, j'allais faire des deux heures, même des petites intensités pour garder le corps au chaud. Mais oui, même en faisant ça, des fois, on ne sait pas, on ne comprend pas. On croit qu'on a récupéré, et le lendemain, on est totalement... totalement endormi sur le vélo. Des fois ça revient après, deux jours plus tard. Donc attention aux défaillances aussi aujourd'hui.
- Speaker #1
Pas mal le Victor, il a peut-être trouvé sa vocation pour l'après carrière.
- Speaker #0
Pas mal du tout, pas mal du tout. Il aurait pu aller encore plus dans la caricature et juste tu sais que derrière il m'a fait un message pour me demander si ça m'embêtait pas qu'il m'ait imité alors que ben non moi je suis très très très premier degré, il n'y a aucun problème au contraire moi j'aime bien chambrer donc il faut accepter de se faire chambre en retour. Et je sais que j'ai un accent, je sais que j'ai mon style à moi. Et Jackie, il peut encore plus accentuer la voix du mec très posé, etc. Non, non, très, très fort, très, très bien.
- Speaker #1
Très bien. Alors, on va passer à la dernière séquence de ce podcast. Fétiche ou fêtache ?
- Speaker #8
Ça vaut 15 000 francs, ça ? Non, 30 000. 20 000 francs. Non,
- Speaker #1
30 000. Alors, je vais te demander de présenter d'abord l'objet. dont tu as voulu te débarrasser sachant que au premier épisode Romain Magellan nous a fait l'honneur de nous donner ce magnifique cochon un cochon qui est franchement alors vous le voyez pas là mais il a de la gueule et puis surtout il fait un bruit de fou ouais ouais magnifique qui a été utilisé en tant que buzzer sur le water rugby qui est en place dans le décor, dans le studio du podcast. Toi, quel est l'objet que tu as amené, dont tu voulais absolument te débarrasser dans un premier temps ?
- Speaker #0
Alors, je m'en débarrasse parce qu'elles sont désormais complètement dépassées de par leur style et parce que plus personne ne met des petites lunettes comme ça, des petites lunettes au clé que j'avais fait repeindre pour les championnats du monde au Luxembourg par Jaxx Peinture à l'époque. donc ça coûte, je crois qu'à l'époque ça coûtait presque 1000 balles les lunettes comme ça c'est des radars je crois des radars lock, bref et en fait je n'ose pas les jeter alors que le verre il est complètement rayé et c'était une peinture perso qui m'avait fait pour le chemin du monde mais aujourd'hui je peux Je ne peux plus les mettre parce qu'elles sont trop petites. En plus, j'ai un contrat avec Jules Beau. Elles serrent la tête beaucoup trop. Donc, je ne voulais pas les jeter. J'ai voulu les filer à mes gosses, mais mes gosses, forcément, ils les trouvent complètement dépassés. Donc, voilà, tu as une paire de haut-clés vert-jaune, couleur bleu-blanc-rouge dégueulasse.
- Speaker #1
Elles sont magnifiques. Il y a une dizaine d'années. On les mettra en story. Voilà. Donc,
- Speaker #0
je te les file et je serai quitte de les mettre à la poubelle.
- Speaker #1
Incroyable. Merci. donc si tu veux les rendre sur Vinted c'est entre 5 et 10 balles ah non je suis pas à 5-10 balles près malheureusement elles feront partie du décor, elles seront même peut-être posées sur le cochon mets les en lunettes au cochon franchement le décor ça grandit c'est magnifique, et quel est ton objet fétiche Steve, l'objet dont tu ne te sépares jamais ?
- Speaker #0
c'est très simple moi je suis pas matérialiste du tout, mais il y a des choses qui ne me quittent jamais, c'est notamment la bague que m'a offerte ma compagne après Kellnuck, donc c'est pas une bague de fiançailles ni rien du tout, c'est une bague avec marqué Kellnuck dedans, parce que c'était l'une de nos premiers moments assez fous qu'on a vécu ensemble, idem pour une petite chaîne que j'ai avec un petit pendentif, hop là, contre le micro, tu vois, qu'elle m'a offerte je crois le jour de la Saint-Valentin et qui représente un petit peu nos filles, mais Et du coup, comme je suis... Je suis assez famille, ce qui ne me quitte pas c'est mes tatouages. J'ai Rose et April, mes deux dernières filles qui sont sur mon poignet, que j'ai fait avec les lions, qui me représentent avec mes enfants sur la partie droite. Et j'ai Caliste et Chiara qui sont également tatoués sur mon ventre, parce que mes enfants c'est ma priorité en fait. Aujourd'hui je me rends compte que c'est eux qui guident un petit peu ma vie, avec ma compagne évidemment actuelle, mais mes enfants c'est quand même un cran au-dessus. Elle le sait, mes enfants. Il n'y a que 4 personnes au monde à qui je donnerais ma vie. C'est mes 4 enfants. Je donnerais ma vie pour personne d'autre. J'aime trop la vie, j'aime trop passer du temps avec eux, même si je suis souvent parti. Mais non, mis à part ma bague, mon médaillon et donc mes tatouages, je ne suis pas matérialiste pour autre chose. Quand je joue au basket, j'enlève la bague, j'enlève la chaîne et j'ai l'impression qu'il me manque un truc. Mais au basket, on ne peut pas jouer avec des bijoux. Mais voilà, il ne me quitte jamais.
- Speaker #1
Dernière question, tu as parlé de ton fiscaliste. Qui a suivi tes traces dans le cyclo, champion de France junior, c'est ça ?
- Speaker #0
Non, alors il n'a pas été champion de France de cyclocross, il a fait les championnats d'Europe, il a fait quatrième au championnat de France. Oui, alors il a suivi mes traces, oui et non, parce qu'il faut rappeler quand même que sa mère aussi a eu un excellent palmarès dans sa carrière. Et puis Caliste, il a fait du foot quasiment jusqu'à ses 15 ans, en parallèle du VTT. Et puis moi, oui, bien sûr, je l'ai toujours un petit peu guidé vers le vélo, mais... Je crois que c'est un gamin, un jeune, parce qu'il a eu 18 ans là, très récemment, qui n'a jamais été poussé, qui fait ce qu'il aime. Et je crois tout simplement qu'il fait ce qu'il a envie. Donc s'il suit mes traces, tant mieux. S'il suit les traces de sa mère, tant mieux. Mais peu importe ce qu'il fera, je serai toujours là derrière lui, comme mon père a toujours été là derrière moi, tu vois. Mon père m'a toujours soutenu. Mes parents, peu importe ce que je faisais, en fait, m'ont toujours félicité dans ce que je faisais. D'ailleurs, même par moments un petit peu trop, même quand je prenais un tir, ils me disaient « Ah, c'est bien, c'est bien, 28e ! » Mais non, ta gueule, c'est nul. Mais Cali, c'est un peu pareil. Je suis dans cette dynamique-là. Alors oui, j'ai envie qu'il réussisse. Oui, j'ai envie de lui donner tous les conseils possibles et inimaginables. Oui, j'ai envie de lui transmettre ce que je sais. Parce que qu'il le veuille ou non, je sais beaucoup de choses. J'ai cette expérience. J'ai 20 championnats du monde à mon actif. J'ai vécu une carrière assez folle. Mais c'est tellement difficile lorsqu'on est le papa de transmettre à son enfant que je le laisse faire. Je trouve d'ailleurs qu'il fait tellement de conneries par moments, techniques, physiques, sur plein de trucs. J'ai envie de lui donner des conseils. Mais finalement, il faut que je reste à ma place de papa.
- Speaker #1
Donc la dernière question que je voulais te poser, tu arrives à la suivre encore pour le moment ?
- Speaker #0
Ça fait longtemps qu'on n'a pas roulé ensemble. Je pense qu'il ne va pas tarder à me niquer.
- Speaker #1
Tu le vivras comment ?
- Speaker #0
Très bien, très très bien. Je n'ai aucun égo, même si je suis un très mauvais joueur. D'ailleurs, les quelques foot qu'on a fait, les classico, les five, il était bien meilleur que moi. Donc il fallait que je joue sur le physique pour le déstabiliser un petit peu. Je le prendrais très bien. Je lui souhaite d'être heureux dans sa vie, de faire du sport. C'est une vraie école de la vie et de faire sur tout ce qu'il aime.
- Speaker #1
C'est la fin parfaite. Merci à toi pour ce moment. Avec plaisir. Nous, on se retrouve très bientôt pour un nouvel épisode au fond du canapé. Ciao.