- Speaker #0
Salut à toutes et à tous et bienvenue dans ce troisième épisode au fond du canap' Après Romain Magellan et Steve Chanel, il fallait garder ce même franc-parler mais avec un peu plus de légèreté Après la rudesse du rugby, l'extrême vitesse du cyclisme, place à l'élégance du tennis A quelques jours du premier tour de Roland Garros, qui de mieux que la voix de la balle jaune Bonjour Frédéric Verdi
- Speaker #1
Bonjour Bastien, bonjour à tous
- Speaker #0
Comment ça va ?
- Speaker #1
Super Je me suis fait saucer en venant Donc ça va moyen.
- Speaker #0
Eh oui, on retrouve le temps parisien où on a besoin des petites boissons chaudes pour se réconforter et prendre du canap'.
- Speaker #1
Et puis je suis cycliste, alors il faut ce qu'il faut.
- Speaker #0
Très bien. Écoute, on va passer une petite heure ensemble, tranquillement. On va parler un petit peu de l'actu tennis. Les beaux jours arrivent, pas pour l'instant, pas aujourd'hui. Mais voilà, la terre battue juste avant le gazon, c'est la partie la plus excitante de l'année pour toi aussi ?
- Speaker #1
Non, non, non. Toutes les parties sont excitantes, vraiment. D'abord, je me suis tellement fait à tout ça qu'il n'y a pas un moment, si peut-être la tournée asiatique me plaît moins, à l'automne, mais... Elle annonce quand même les derniers trois de l'année, notamment Bercy, devenu la défense aréna. Et ça aussi, ça m'éclate à chaque fois. En fait, la seule période que je n'aime pas, c'est l'intersaison, c'est quand c'est le mois de décembre et qu'il n'y a absolument plus rien sur l'actu tennis, quasiment plus rien.
- Speaker #0
Alors en ce moment, il y en a de l'actu tennis, on va essayer de tout balayer au maximum. La surdomination de Yannick Sinner, le gros début de saison d'Arthur Fiss, un tennis féminin plus ouvert que jamais. Mais avant, on va essayer d'en savoir un peu plus sur toi. C'est un portrait, comme je l'appellerais chez moi dans le sud-ouest, Moyennas. Je reprends la phrase d'un de tes collègues à Winamax, Julien Cazart. Tu n'es pas Louis XIV. Je suis encore moins Franck Ferrand. Ou si tu préfères la métaphore tennis, tu n'es pas non plus Raphaël Nadal. Et je ne suis absolument pas Marc Moury. Frédéric Verdier, tu es né à Paris un 28 février, comme Ali Badou, Jeanne Chéral, Jeanne Masse et Guillaume Casbarian. Tout sauf un hasard, figure-toi, Ali Badou pour la télé et l'aisance orale devant des milliers de téléspectateurs, Jeanne Chéral car tu commentes un sacre de Yannick Siner 12 fois par an environ, Jeanne Mas car tu espères commenter une victoire française en grand chelem pour la toute première fois, et enfin Guillaume Casbarian, bon là j'ai pas trouvé, faut pas déconner non plus, là je suis allé un petit peu trop loin.
- Speaker #1
Tu vis une enfance heureuse et tu commences le tennis très tôt,
- Speaker #0
mais comment ?
- Speaker #1
C'est ma mère qui me donne des cours en tant que premier temps. Elle n'était pas du tout à très haut niveau, mais enfin c'est elle qui m'apprend. Et ensuite, comme ça m'intéresse beaucoup, ça me passionne même, je prends des cours avec des profs brevetés, certifiés. Pas tous bons, mais pas tous pédagogues en tout cas, qui ne me convenaient pas forcément tous. Mais voilà, ça fait son chemin, puis ensuite j'essaie d'en prendre un peu moi-même. en essayant d'aller choper quelques petits cours par-ci par-là avec des profs qui avaient l'air forts. Et puis voilà, c'est comme ça que c'est parti. Ensuite, je suis pris comme prof moi-même dans une académie aux Etats-Unis, dans le Maine, dans le nord-est des Etats-Unis. Et puis voilà, ça me donne le virus à fond pendant six mois, intensif. J'ai appris beaucoup. Et puis derrière, je m'aperçois en revanche assez vite que je n'ai pas le niveau pour être joueur. professionnel ou même d'ailleurs négatif en France. Je suis troisième série, tant bien que mal. Mais très vite de toute façon je m'aperçois que la compétition n'est pas faite pour moi et que je préfère beaucoup m'amuser avec mes amis et faire des matchs en 5-7, éventuellement avec des potes, mais pas du tout la compétition. Je n'ai ni le talent ni la rigueur qu'il faut pour ça.
- Speaker #0
Tu as donc vécu six mois là-bas. C'est vraiment démesuré là-bas par rapport à ce qu'on a ici en France ?
- Speaker #1
Non, Il ne faut pas être complexe là-dessus parce qu'il y a des choses mieux, il y a des choses beaucoup moins bien. Non, non, moi je n'ai pas du tout, j'y suis retourné plein de fois depuis. Et puis il y a plein d'Amériques différentes. Je trouve par exemple, si on veut comparer les grands chelèmes, que l'état d'esprit qu'il y a en Europe, notamment à Roland-Garros, mais pas seulement, même à Wimbledon, et je ne parle même pas des tournois continentaux comme Rome, Madrid ou les tournois en Allemagne ou que sais-je. Aux Etats-Unis, il y a souvent une forme de... Le raideur, notamment chez les organisateurs, chez les bénévoles, chez les gens de la sécurité, qui fait qu'on se sent plus à l'aise, on se sent plus bienvenu quand on est en Europe, dans un tournoi, que forcément aux Etats-Unis. Voilà, un petit exemple au passage.
- Speaker #0
Et ce que vous ne savez pas aussi, c'est que cette personne-là que j'ai en face de moi, elle n'était pas partie pour faire des études de journalisme, mais de commerce.
- Speaker #1
Oui, oui, oui. Oui, oui, mes parents voulaient, et puis ma famille vient de... Beaucoup de gens ont fait de très bonnes études là-bas, enfin, de leur côté, à leur époque. Et en gros, voilà, moi j'étais voué à faire soit polytechnique, mais j'étais pas assez bon en maths, donc ma famille a dit, ah bon, on va faire HEC alors. Donc je ne ferai pas HEC. qui se passe pas mal, mais je fais un an d'école de commerce et là ça se passe pas bien du tout, je suis pas du tout heureux, je me rends compte que je serai jamais un bon commercial, en tout cas un commercial qui s'ennuie, ça c'est sûr. Donc je pars en courant après la première année d'école de commerce, et c'est là que mes parents me disent « Alors, tu vas faire quoi ? » « Oh malin, tu vas faire quoi ? » Et c'est là que je leur dis « Bah, journalisme ! » « Ah ! » Et ils disent « On connaît personne, nous ! » Parce qu'ils étaient d'une génération, en tout cas, eux, ils pensaient qu'il fallait aider son enfant dans le monde du travail et ils pistonnaient un peu. Et puis moi, j'avais surtout pas envie de ça, justement. Donc je me suis dit, très bien, ils disent qu'ils peuvent pas m'aider dans le journalisme, c'est la preuve que c'est le bon endroit où aller. Donc j'ai fait une école de journalisme, de l'ESJ, et puis ensuite, ça s'est joué comme ça.
- Speaker #0
Ensuite, t'enchaînes les petits boulots dans différentes rédactions, Le Figaro, M6, LCI, donc pas de sport à la base. Non, non, non,
- Speaker #1
mais moi, c'était une volonté de faire un an dans chacune des spécialités qui m'intéressaient. J'aurais voulu faire un an littéraire au Figaro, un an économie pour M6, émission manager, un an avec LCI, les infogénés, même si c'est vite devenu un peu le sport. Et oui, le cinéma aussi. Et puis finalement, il y avait des JO, et je me suis dit, tiens, je ferais bien du sport. Une espèce de côté décalé un peu, et en fait, se rendant pas vraiment compte des enjeux. Donc c'est un peu aussi le propre de la jeunesse. Mais je n'étais pas du tout quelqu'un de lucide ou quelqu'un qui comprenait les enjeux de ce métier. Et puis j'ai eu de la chance, c'est beaucoup de la chance. Il y a un peu d'audace, un peu d'envie d'y aller, mais c'est aussi pas mal de réussite. Ça se passe bien et on fait un entretien. Le type accepte de vous recevoir déjà, c'est une première chance. Et puis après, il y a une opportunité. Il dit « Ah bah tiens, justement, je cherche un jeune. » Pour des Jeux Olympiques, pour faire la journée toute en images avec un autre mec assez jeune, il y a un petit questionnaire, un petit machin, un petit entretien. Et à la fin, je vais prendre un verre et je me dis, tiens, je suis tout seul comme ça, à fumer des clopes et à me dire, ah je crois que ça s'est bien passé. Mais je ne suis pas assez lucide pour me dire, je pense que c'est bon, ou au contraire me dire, non, non, il ne prendra pas. Donc j'attends comme un con pendant une semaine les nouvelles du gars et puis finalement, oui, oui, c'est bon, tu feras les JO avec nous.
- Speaker #0
Les JO d'Atlanta en 1996 à Eurosport. Direct tu attaques par le plus grand événement sportif mondial. Oui,
- Speaker #1
mais cadeau empoisonné parce que je suis mauvais. Ce que je fais est correct, mais je ne suis vraiment pas bon. C'est-à-dire que je sens bien que je suis à la ramasse, point de vue vocal, point de vue rythme, point de vue écriture télé. Je sens bien que je ne suis pas très bon. C'est un truc qu'on sent, on a peur, surtout qu'on n'est pas du tout dans une société comme aujourd'hui de bienveillance, ou d'écoute de l'autre, ou de « tiens, je vais me prendre par la main, tu verras, ça va bien se passer » . Dès qu'on peut chambrer à l'époque, on y va. Moi très souvent, je referme la porte de la cabine, il y a deux mecs goguenards qui passent, qui me font « ah, c'était toi là sur le… » « Tu les as fait rêver, hein ? Ah dis donc, c'était bien ! » Et tu sens bien l'ironie, tu sens qu'ils se foutent de ta gueule, et toi t'es là, tu m'admusses parce que tu sais que c'est assez vrai. C'est ça le drame, il n'y a personne pour te... Il y en a qui te disaient, ouais, ça va venir. C'était pas si mal ce journal-là. Mais voilà, il y a beaucoup de moments comme ça où on se dit, bon, pourvu que je reste encore un peu, quoi.
- Speaker #0
À quel moment tu as le déclic ?
- Speaker #1
Il n'y a pas de déclic, c'est d'en bouffer, en fait. Il faut en faire. Il faut qu'il y ait des gens assez patients pour sentir que c'est pas trop mal quand même. Et donc de te laisser faire, continuer à faire. Très peu de gens te donnent des conseils, très peu de gens te disent non alors ça ça va pas du tout, tiens on va se rasseoir, tiens je te montre. Mais c'est soi-même, en en refaisant, en commentant plein de matchs, en faisant des JT, en faisant des machins, au bout d'un moment... Tu t'aperçois que t'es plus à l'aise. Y'a pas un moment, mais y'a juste tiens, il s'est passé un an, je me sens moins mauvais, je me sens plus à l'aise. C'est des trucs assez naturels. Mais s'il y avait eu au bout de deux mois quelqu'un qui avait dit non, ça va, halte ton sketch, on te débarrasse du mec, j'aurais rien pu dire évidemment. Et encore aujourd'hui d'ailleurs, on peut rien dire. Si quelqu'un dit non, lui je l'aime pas, c'est un métier subjectif, donc on peut être consigné. Comme un bon professionnel, malgré tout, il y a toujours un gars quelque part qui fait le choix et qui dit, lui là, on ne peut pas lutter, on ne peut pas dire, mais si, regarde, regarde ça, regarde les datas, regarde ceci, non, non, c'est subjectif. Donc il faut s'incliner, il n'y a pas moyen.
- Speaker #0
Donc aux Jeux d'Atlanta, tu commandes déjà un petit peu ou c'est après ?
- Speaker #1
Je ne commande pas de sport, mais je fais des JT, je fais des trucs sur tout en ligne. Je fais des sujets, etc. Les résultats de la nuit écoulaient.
- Speaker #0
Le commentaire, il arrive quand ?
- Speaker #1
Quelques mois plus tard. Par le foot,
- Speaker #0
ok. Tu attaques par le foot. Et le tennis, ça arrive à quel moment ?
- Speaker #1
Ça arrive deux ans plus tard, par hasard, parce que j'ai beaucoup de respect pour ceux qui travaillent sur le tennis à cette époque-là. Et je me dis, leur équipe est au complet, je préférais mourir. que d'aller les voir pour dire, vous savez, ça m'intéresse vachement et je suis beaucoup le tennis. Et puis je vais jouer au tennis un jour avec un gars, Frédéric Viard, qui est du service tennis, qui est numéro 2 du tennis, et il me dit, dans la voiture il y a le chef du rugby de Canal+, qui l'appelle, pour lui dire en gros, je te confirme que tu nous intéresses, on aimerait vraiment que tu nous rejoignes sur le rugby. Ça raccroche dans la voiture et là... Viard me dit bon je te fais confiance tu dis rien à personne c'est complètement confidentiel mais je vais sans doute me barrer de l'aérosport. Ah bon et tout ? Et il me dit bah toi pourquoi tu demandes pas à faire du tennis ? Je dis attends tu sais moi je fais le... Et il me dit bah non ça suffit je vois bien que tu adores ça va en parler au patron du tennis et c'est ce que je fais je vais en parler et puis effectivement Viard s'en va et là le gars qui s'appelait Hervé Dutu me dit bon bah je vais t'essayer On essaye, c'est moins mauvais que prévu, et puis ça se passe bien.
- Speaker #0
Il y a quand même ce moment, je pense que c'est dans tes débuts, où un jour tu commentes un match féminin, il me semble. Tu ne penses pas être à l'antenne, tu parles sans filtre d'une certaine joueuse, et en fait tu es à l'antenne de tes débuts. Oui,
- Speaker #1
oui, mais ça c'était bien après ça. Là j'ai pris la confiance justement, ça c'est un drame. Erreur. On prend la confiance, mais c'est surtout quand on était en Australie. C'est quatre ans plus tard, je suis avec une consultante qui est joueuse à l'époque encore, mais qui commente avec nous, c'était Nathalie Tosia, et on voit arriver Martine Anguisse sur le terrain, qui à l'époque doit être numéro un mondial ou pas loin. En tout cas, elle avait déjà gagné des grands chefs, notamment en Australie d'ailleurs, limite tenant du titre. Elle arrive pour un match de session de nuit, il doit être 7h du matin ou 8h heure française, plutôt 9h heure française. Elle arrive avec des bouquets de fleurs, elle distribue des fleurs partout. Et nous, l'ingé son, on était très loin évidemment, puis à l'époque il n'y avait pas autant de moyens que maintenant, on n'avait pas le retour antenne, et en audio on a juste le casque, donc on entend un ingé son qui vous dit « c'est à vous dans 10 minutes » . Puis ensuite on s'oublie complètement, et on se met à commenter, mais on sait très bien qu'on n'est pas à l'antenne, et on commence à avoir cette joueuse que moi j'aime beaucoup en plus par ailleurs, mais là, on trouve qu'elle en fait trop, elle distribue des fleurs au public. Avec un sourire un peu faux, tout ça, tout ça sent quand même bien le fabriquer. Et donc ça nous agace, puis comme on a commenté depuis 5 heures en plus, on est assez vif quoi, on dit alors, on a envie que ça pulse. On dit qu'est-ce que c'est que ça ? Et puis je commence à faire, regarde-moi, regarde-moi ça. Puis comme la joueuse en question, Nathalie aussi, fait regarde-la, regarde-la, elle a tout le temps des effleurs, c'est stupide. Et moi je suis là, oui bonjour toi, merci, merci, bonjour toi, bonjour toi. Et tout d'un coup j'entends l'ingé son qui nous fait, oh, vous êtes en tente depuis 3 minutes, hein ? Et là je me tais, on se regarde avec la consultante, on se marre en rentaine, j'avais éteint mon micro, on se marre et puis bon, je me dis foutu pour foutu, je me rallume et je fais bonjour à tous et je fais comme si rien n'était, je fais une intro propre et elle se marre et je sais très bien que personne ne va la blâmer, elle, c'est sur moi que ça va retomber. Et heureusement, miracle, il n'y a personne que ça choque, en tout cas les gens choqués, n'envoient rien, ne téléphonent pas, n'envoient pas de quoi que ce soit, de mails, de ce que tu veux. Il n'y avait pas de réseaux sociaux. Je pense que les réseaux sociaux, aujourd'hui, je me prendrais un shitstorm évident. Mais là, non, il n'y a rien. Donc ça passe, ça passe même en régie, tout le monde a zappé. Il n'y a aucune conséquence à ce qui, pour moi, est quand même un des trucs les plus graves. Parce que tu ne peux pas... Depuis, je suis toujours en mode, je suis toujours en positionnement, antenne. Même si on me dit que ce n'est pas encore à toi, tout ce que je dis est diffusable. C'est-à-dire que si je suis là ou même sur un live... Sur n'importe quoi, sur des réseaux sociaux, tout ce que je dis, je l'assume. Il n'y a pas d'histoire. Je pensais que c'était entre nous. Non. Même ce qu'on se dit là maintenant, que tu le fasses écouter par trois personnes, 30 ou 30 000, tout ce que je dis, je l'assume. Il n'y a aucun problème. Tu vois ? Et c'est terminé. Donc ça, ça m'a servi de leçon. Il n'est pas question de se dire, je pensais qu'on n'était pas à l'antenne. Tu as une caméra devant toi, tu as un micro ouvert, tu es à l'antenne, mon pote. Je suis désolé. Même si ce n'est pas de bol, parfois, c'est cruel. C'est arrivé avec des confrères qui ont eu vraiment des sales trucs parce qu'ils se croyaient pas à l'antenne. Mais oui, mais il faut... La seule solution, c'est d'être à peu près le même hors antenne et à l'antenne. Ne pas trop changer. Je crois pas du tout au type qui a une personnalité double, qui va être, par exemple, il va jouer au mec insupportable à l'antenne, un peu bougon, et qui en fait est un type charmant hors antenne, ou l'inverse, un type qui est tout sourire tout le temps à l'antenne, et puis en fait, dès que c'est éteint... Le mec est très différent, il est assez coléreux, il peut être très méprisant, je ne sais rien. Je trouve que ça passe toujours à un moment donné, on se dit tiens, mais ce n'est pas vraiment lui ça. Donc autant être tout le temps même, il n'y a pas de tromperie sur la marchandise.
- Speaker #0
Ça se ressent du coup avec toi, avec ta voix si particulière aux commentaires, comme un diamant que tu as poli au fil des années. Toi il y a eu du mémétisme au départ, tu t'es inspiré de quelqu'un ou pas ?
- Speaker #1
Oui, quand j'étais à l'école de journalisme, j'avais des copies de matchs que j'avais enregistrées, que j'avais gardées. Et je réécoutais des passages et j'essayais de copier exactement un peu le vocabulaire et le ton, par exemple, de Thierry Gilardi. Et c'était mauvais, évidemment. Mais je me souviens, je ne sais plus, sur un PSG Réal, à un moment donné, sur le but de Weah, qui est l'ouverture du score. J'ai encore la phrase, c'est « les grands sont montés » , voilà, et je dis, et très souvent sur un corner, dès que les centraux montaient, je ne pouvais pas m'empêcher d'y aller, les grands sont montés, ça me mettait en confiance, je me disais, si Gilardi l'a dit avec ce ton-là, je pense que je peux l'utiliser, mais c'était évidemment stupide, et bien sûr le secret c'est de trouver sa propre voix, mais il faut parfois des béquilles verbales ou des béquilles tout court pour se dire, bah tiens, je suis en tir inconnue, comme de préparer comme un malade. Sur le tennis, par exemple, je préparais comme un fou et je donnais toute ma préparation. Je restituais à l'antenne, notamment les résultats des mecs pendant l'échauffement. Si on était là pendant le tournoi de Rome, je peux vous dire que vous auriez eu tout depuis le mois de janvier, des deux joueurs. À Sydney, premier tour, il perd sur Schüttler, 6-2, 6-2. Après, il se relance à Brisbane, il fait quart de finale en battant machin et machin. Voilà, ça durait, c'était un tunnel. Mais moi, ça me mettait en congéné, parce que je savais que c'était vrai. Je donnais des vraies infos.
- Speaker #0
Tu montres que tu as bossé et tu te lances dans le match.
- Speaker #1
C'était pour faire illusion, pour faire du remplissage.
- Speaker #0
Aujourd'hui, les plus grands tournois se commentent le plus souvent en compagnie de consultants ou consultantes. C'est un partage, un équilibre à trouver aussi. D'autant plus qu'il y a des blancs au tennis pour laisser la place au point. En 30 ans de commentaires, avec qui tu t'es senti ou te sens aujourd'hui le plus à l'aise ? Il y en a plein. Ta finité particulière ?
- Speaker #1
C'est toujours mieux quand on se connaît un peu. Donc il faut faire l'effort, parfois c'est pas un effort, c'est souvent un plaisir d'ailleurs, mais il faut faire l'effort de se connaître en dehors, donc d'aller prendre un verre, de discuter ensemble, etc. Je crois pas du tout au côté diva qui se pointe 5 minutes avant. Tiens, salut ! Qui connaît appel le prénom du mec, ça marche jamais ça. Il faut qu'il y ait une relation à peu près égalitaire. D'ailleurs, il y a un truc qui est très clair, par exemple, moi je suis toujours prévenu de manière négative quand j'entends un direct ou quand j'entends même une émission de radio. Si le journaliste dit, je sais pas, bonjour Michel Serres, et que le gars, Michel Serres, répond bonjour, ça m'agace. Pourquoi tu dis pas bonjour Bernard, ou bonjour Bernard Montiel, ou Bernard Moisan, j'en sais rien. Tu vois, y'a pas de raison de se contenter de dire bonjour. Y'a encore plus quand on est dans une cabine côte à côte, pendant 5 heures, si je t'ai dit bonjour Jo, Frédéric, alors c'est un petit détail, mais ça fait partie de ce côté égalitaire où il faut qu'il y ait une vraie relation. une symbiose, il n'y a pas d'histoire de toi, toi tu parles mieux français, moi j'ai gagné plus de tournois, on n'est pas là-dedans. Et donc la solution c'est de s'apprécier, d'être complice. Quand on a fait 2-3 bouffes, quand on a pris 2-3 canons, toujours, il y a une glace qui s'est brisée. Et avec ça, j'ai eu et j'ai encore des gens avec qui j'adore commenter, avec qui ça se passe très bien en dehors, mais la liste est interminable. Que ce soit, je ne sais pas, Jean-Paul Lotte, Amélie Mauresmo, Marion Bartoli, évidemment, Arnaud Clément, Nicolas Escudé, Fabrice Santoro. J'en oublie plein, mais c'est permanent. Il y a vraiment énormément de gens charmants avec qui ça s'est très bien passé. C'est même l'immense majorité.
- Speaker #0
Depuis quelques années maintenant aussi, c'est un point que je voulais aborder avec toi, tu commentes l'Open d'Australie depuis Paris en cabine. Un regret, j'imagine, c'est toujours mieux d'être sur place. Qu'est-ce qui change dans ton commentaire cabine, justement ?
- Speaker #1
C'est le jour et la nuit, c'est même lequel le dire. C'est le jour et la nuit parce que de quel âge horaire ? 10 heures dans les jumelles. ça fait que t'es forcément moins... t'es moins fringant, quoi. T'arrives à 1h du mat, heure française, pour des matchs qui commencent, soi-disant, à 11h du matin, là-bas, il y a un soleil qui darde ses rayons, etc. Et puis, parfois, tu commences à 4h ou 5h du matin, complètement décavé, tu t'es levé à 3h, voilà, c'est moins bien. Ça ne peut être que moins bien. Et en plus, tu n'es pas dans le tournoi, tu ne sais pas quelle température vraiment il fait, le ressenti, est-ce qu'il y a du vent, est-ce qu'il y a de l'humidité. Quelle humidité, quelle est la charge vraiment pour les joueurs ? T'as pas rencontré qui que ce soit de là-bas, t'as pas vu d'entraîneur, t'as pas vu de joueur, t'as pas vu de mec avec qui tu peux échanger. Donc t'as ton écran, comme le téléspectateur, l'écran qui est là, ben voilà, donc tu fais un peu d'animation, tu fais illusion, tu parles du match, t'as ton consultant qui est là, on essaie de faire un truc sympa. Mais ça n'a rien à voir avec le fait d'aller sur place, rien. C'est un autre métier. C'est même pas à peine journalisme, c'est plus de l'animation. Moi, je prends ça avec le sourire, je fais ça avec bonheur, mais tout en me disant bien que, heureusement, je l'ai fait 20 ans sur place. Parce que si je ne l'avais jamais fait sur place et que j'avais fait 20 ans en cabine, je me dirais, dis donc, c'est un peu répétitif ton truc quand même. Et puis la différence, c'est que quand on est en cabine et qu'on n'est pas sur place, le temps quand même défile. On sent, si ça fait 6 heures qu'on est en antenne, on se dit, ça va finir un jour. Quand je suis sur place, on n'a rien à foutre, je ne compte pas mon temps. Là, j'étais à Monte Carlo encore. On arrive le matin à 10h au stade. On peut repartir à 21h le soir, 22h. Aucune importance. Moi, je suis comme un poisson dans l'eau. Je suis très très heureux. Donc ça, ça fait une grande différence.
- Speaker #0
Alors Frédéric, en parallèle d'Eurosport depuis 50, voilà, sur Prime Vidéo pour Roland Garros, en quoi tes commentaires sont différents de ceux d'Eurosport ?
- Speaker #1
C'est quasiment identique. La seule différence qu'on peut peut-être faire, c'est que sur Prime, Il est possible, certains soirs, qu'on s'adresse à des gens qui ne regardent que Roland-Garros en tennis, donc qui regardent le tennis vraiment de temps en temps, voire une fois par an. Et donc, il ne faut pas hésiter à d'abord vulgariser un petit peu, à rappeler certaines évidences que je ne rappellerai pas sur Eurosport ou sur la chaîne d'équipe ou ailleurs. Donc on est moins sur un public de passionnés absolus ou de fans. Alors que sur eSport, on peut penser qu'on a affaire à des gens assez avertis. Et moi, ça me va bien, ça. On reste quand même assez spécialiste et on parle de choses assez précises. Mais moi, j'aime bien aussi pouvoir un peu expliquer de temps en temps quelque chose qui semble un peu évident. Ça ne me dérange pas, au contraire. Donc, j'aime bien cette dualité qu'on peut avoir sur Prime Vidéo à continuer à s'adresser vraiment au cœur de cible. des fans de tennis, mais aussi à des gens qui viennent par hasard. Et en ça, les réseaux sociaux sont très utiles, puisqu'on a des interactions, et quelqu'un peut me dire sur Insta ou ailleurs, « Tiens, je vous ai découvert, j'aime bien ça, c'est sympa quand vous rappelez ça, ou vos anecdotes, ou quoi que ce soit. » Ça, c'est utile, parce qu'on voit que c'est quelque chose qui est reçu, qui est compris, qui est apprécié. Alors, ce n'est pas parce que j'aurai une critique négative ou une positive que je vais l'échanger ou que je vais le monter sur la table. Mais c'est quand même intéressant puisqu'on n'avait pas ça quand j'ai commencé.
- Speaker #0
Et puis tu es extrêmement bien entouré aussi. Le pédigré des consultants autour est quand même pas mal.
- Speaker #1
Oui, on a Fabrice Santoro, Marion Bartoli, Joël Fritzonga, Arnaud Clément, Lucas Pouille, j'en oublie évidemment Camille Pin. Il y a vraiment un monde fou et que des gens avec qui c'est un plaisir de travailler, que des gens avec qui c'est un plaisir de vrai. Et heureusement, on n'est pas non plus dans l'empilage, c'est-à-dire qu'on continue à commenter un match essentiellement à deux.
- Speaker #0
On est deux en haut, il y a parfois une personne, souvent d'ailleurs, qui est dans les géraniums, comme on dit, donc au bord du cours, mais forcément elle intervient moins que ceux qui se voient, les deux qui se voient et qui commentent le match. Donc ça va, ça va. Ce qui serait une erreur, je pense, c'est parce qu'on a six ou sept consultants qui sont tous sur le planning aujourd'hui, de tous les faire commenter le match. Ce qui est bien, c'est qu'il y en a qui sont en plateau avant, il y en a qui sont en plateau après, il y en a qui vont être... entre les 7, il y a de la place pour tout le monde, mais heureusement c'est un piège dans lequel on ne tombe pas à Prime, c'est d'empiler les consultants et de faire commenter 5 personnes ensemble, ce qui serait une cacophonie absolument épouvantable et intolérable.
- Speaker #1
J'en profite pour ouvrir une parenthèse avec 3 des moments forts que tu as passés sur Prime Vidéo. Tu me diras ensuite si tu en as d'autres qui te viennent. En troisième position, c'est cette victoire au bout de la nuit de Gaël Monfils face à Sébastien Baez.
- Speaker #2
Et la souffleur ! 40ème mondial !
- Speaker #1
40ème mondial des poussières face au fou furieux Gaël Monfils, c'est vrai que ce moment là était quand même assez spécial C'est extraordinaire,
- Speaker #0
je m'en souviens encore c'était prodigieux et beaucoup de gens qui m'en parlent de ce truc là justement, là on est dans la magie pour moi, de Prime Vidéo c'est à dire que vous avez des gens qui n'ont jamais regarder Eurosport de leur vie par exemple, et qui regardaient en revanche beaucoup Prime Vidéo et beaucoup les sessions de nuit de Roland. Et donc là, quand ils me voyaient dans la rue ou autre, ils étaient contents de me dire « Ah oui, pour moi, le moment avec Baez que vous avez fait vivre, etc. » Et c'est évidemment très valorisant parce qu'en plus on se dit « J'ai juste accompagné un événement » . Mais il y a une espèce de truc qui se crée là, une complicité avec certains abonnés qui sont des membres Prime. qui est assez marrante et parfois même assez émouvante.
- Speaker #1
En plus, c'est la magie du tennis, puisqu'il ne part pas favori, on ne va pas se mentir, il a du mal à enchaîner les bons résultats.
- Speaker #0
Il n'y a plus un match. Moi, de toute façon, ce match-là, je suis comme un fou. Quand il y a le cinquième set, ils viennent gagner, je crois, le quatrième, je ne sais même plus, mais en tout cas, le cinquième set, il prend les devants, il mène 4-0, balle de 5-0, c'est terminé. Tu sens que c'est le set de trop, tu te dis que c'est dommage. On a quand même vu un grand match, c'était beau, c'était sympa, mais c'est normal, c'est quand même un très bon terrien, etc. Et puis quand il commence à grignoter, 4-1, il sauve les balles de 5-0, puis il inverse le truc, il gagne, c'est bien plus fort que n'importe quoi, ça va au-delà du sport, et peu importe que ce soit un premier tour, un deuxième tour, ou une finale, c'est monstrueux, c'est vraiment monstrueux, c'est extraordinaire.
- Speaker #1
Alors en deuxième, il y a la plus longue finale de l'histoire de Roland Garros, c'était lors de la dernière édition, Alcaraz-Sinner qui a repoussé.
- Speaker #2
Toutes les limites. C'est la fin de ce chef d'oeuvre absolu qu'a été ce duel d'ontologie qui prend place direct dans le Ponteo.
- Speaker #1
Le plus grand match de l'histoire de ce sport. C'est vrai que ce moment était, on a l'impression, hors du temps, un niveau stratosphérique. Est-ce que là tu ressors lessivé ? Non,
- Speaker #0
pas du tout, je suis euphorique. Je me souviens très bien que derrière, on fait un très long justifié après-finale sur Prime, qui dure je ne sais plus combien, peu importe, d'ailleurs moi j'étais ravi de partager tout ça, mais vraiment... Derrière on fait un pot puisque c'est la fin de l'aventure comme chaque année parce qu'après après la vidéo il n'y a plus de tennis pendant un an donc on prend un verre tous ensemble etc. Je rentre chez moi J'ai pas encore dîné, il est pourtant déjà assez tard, et là j'ai l'équipe du soir qui m'appelle, qui me dit on peut faire un direct ensemble, donc je me branche mon truc chez moi, et il y a des vapadous qui me disent que j'ai réglé ma cam, et derrière on voit ma cuisine dans le noir, et il dit ah il va se faire son petit frishti, là il a son truc derrière, ça me fait éclater, mais très bon moment, et pareil je passe une demi-heure dans l'équipe du soir pour parler de ce match, et honnêtement, je suis... tellement dans le truc encore que j'en ai vraiment rien à foutre de manger, de dormir, de se reposer. Le coup de la fatigue, c'est des conneries. Cela dit, moi, je suis vraiment rarement fatigué. C'est une des rares qualités absolues que je me reconnaisse, c'est de ne pas être fatigué. Je peux être cuit. Quand je me couche, je suis fatigué. Mais je veux dire, je ne vais pas utiliser ça pour me dire, oh, je suis fatigué, il faut que j'entre. Je peux être fatigué d'ennui. Oui, je peux m'ennuyer. Si j'ai fait un match de merde, Euh... Deux joueurs sans intérêt qui en plus font du mauvais tennis, oui je vais être un peu fatigué. Mais c'est plus de la fatigue en disant qu'est-ce qu'on s'ennuie, c'est vraiment dommage. Mais en revanche un match comme ça c'est prodigieux, j'aimerais en vivre un par an, ça serait déjà beau. Là c'était hors du temps, c'était prodigieux.
- Speaker #1
Alors en France on a quand même l'habitude de se plaindre un petit peu, en tout cas de voir des fois le verre à moitié vide. Là le niveau il est tellement haut dans ce match. Est-ce qu'on ne regrette pas que ça se finisse par un super tie-break ?
- Speaker #0
Non, non, non, parce que justement, idéalement j'aurais préféré un 15-13, tu as raison, mais le fait qu'il y ait quand même un super tie-break, premier 10 points, deux points d'écart, ça ressemble à quelque chose malgré tout, il y a failli y avoir 7-5 au cinquième, c'est pas le cas, ressource mentale de Siner aussi, gros caractère des deux, tac tac, on a pensé qu'il y aurait peut-être un effondrement. Après les 3 balles de match qu'il a eues dans le 4ème, ça n'est pas le cas, il tient, tout le monde tient, tac, voilà, super tie break, reset, remise à 0, et là, 7 points de suite, de mutants, quasiment pas de faute directe de Sineur, c'est quasiment 7 points gagnants d'Alcaraz, 7-0, mais comme c'est un super tie break, c'est pas fini, ça va faire 9-2, donc les fameuses 7 balles de match, et il y a une 10-2, mais c'est exceptionnel, mais Merci. Je pensais que déjà jusqu'à 6 partout, on avait atteint un niveau de jeu monstrueux. Mais là, Alcaraz arrive encore à nous surprendre et à aller un peu au-dessus, même très au-dessus, en produisant un tennis vraiment d'extraterrestre. J'étais sans voix quasiment.
- Speaker #1
Et alors le premier, je l'ai placé en premier, on aurait pu inverser avec le Alcaraz-Sinner. En premier, c'était aussi l'année dernière, c'est l'hommage à Raphaël Nadal, avec Marc Moury, avec... Tout ce qui a été mis en place par l'organisation et que vous avez ensuite débriefé sur le plateau en ayant reçu Rafa.
- Speaker #0
C'était vraiment unique,
- Speaker #3
très particulier, inoubliable. Je ne peux pas remercier suffisamment tous les gens qui ont participé à cet hommage et à Roland Garros. C'était vraiment une possibilité extraordinaire de profiter de cette journée. Très émouvant, j'essayais de me retenir mais c'était tellement difficile. Je ne pouvais pas imaginer un meilleur hommage, une meilleure journée, une cérémonie comme celle-là. A Amélie, Gilles, à tous ceux qui ont organisé cette cérémonie,
- Speaker #2
c'était absolument inoubliable et merci encore. Super, parfait.
- Speaker #0
Pour moi personnellement, ce n'est pas du tout au niveau de la finale de Roland-Garros, ça n'a rien à voir. C'est autre chose. C'est différent. Oui, c'est très bien. C'est sur le moment, on est dans le moment, moi j'étais dans le stade, j'étais très heureux de voir ça. J'ai trouvé que c'était extrêmement créatif, imaginatif, respectueux, émouvant, tout ce que tu veux. Mais une fois que c'est fini, c'est fini. Je ne pense jamais à cette cérémonie, jamais. Je fais mon petit vélo là, je suis là pour aller, je ne pense jamais à ça. Alors que la finale, le mon fils Baez, c'est marrant d'y penser, on y pense pour moi, parfois on m'en parle. Le Alcaraz Fineur, j'y pense moi-même de temps en temps. Avec plaisir, je pense jamais au service de Rafa, les hommages c'est très bien, mais je trouve que ça passe.
- Speaker #1
Il y a quand même cette plaque qui est une bonne idée aussi, qui restera dans le temps.
- Speaker #0
L'empreinte là, c'est une idée de génie ça.
- Speaker #1
Parfait, il y a un autre moment qui te vient en tête ?
- Speaker #0
Sur Prime uniquement, je me souviens de la première session de nuit sur Prime, c'était un match de Serena Williams, c'est le dimanche 2021, donc premier dimanche du tournoi en 2021. Le tournage avait voulu rendre hommage à Serena et mettre des joueuses comme premières sur les cours pour cette première session de l'histoire. Je ne me souviens pas du match, mais je me souviens que beaucoup de membres de l'équipe Prime qui découvraient un peu Roland-Garros et le tennis étaient sur les nerfs absolument. extrêmement tendu, donc ça m'a fait plaisir, parce que pour moi, malgré tout, c'était la même chose que d'habitude, mais je comprenais très bien qu'il y ait des gens, notamment les anglais, qui n'allaient pas souvent à Roland, qui ne connaissaient pas bien ce direct-là sur lui, et puis ils jouaient gros, malgré tout, tout le monde jouait gros. Mais moi, je me souviens avoir été extrêmement serein, alors je jouais le jeu du type attentif, quand un des boss passait et disait « alors attention, ce soir c'est important » , je faisais « oui, bien sûr » . Et au fond, moi, je me disais, c'est un match comme les autres, et moi, j'ai bien l'intention de vivre comme les autres. Et quand même, j'ai été pris par une forme de tension avant le match, en me disant, bon, ne fais pas n'importe quoi. Même si c'est débile de se le dire, je me suis quand même rappelé que je n'étais pas dans la salle de bain à me friser les moustaches. Donc, ça reste un moment sympa, parce que c'est le début d'une aventure, et tu te dis, moi, j'aime bien les moments comme ça, où il y a un peu de pression, on se dit... Bon, c'est un match qu'on a l'habitude, mais de loup pas quand même, ça j'aime bien. Alors qu'un match où il n'y a personne, on se dit, tu sais, tu le commentes un peu pour l'aille-voir, parce qu'on n'est même pas à l'antenne, je ne sais pas quoi. Aujourd'hui, ça ne m'intéresse pas, je me dis, elle est où ? Si on transmet à qui ? S'il n'y a personne, merde quoi.
- Speaker #1
La fameuse pression positive. Et puis aujourd'hui, il y a aussi Winamax, avec l'émission Sans filet, et certains matchs aussi que tu commentes. en compagnie notamment de l'excellent Benoît Mélin. Là, l'atmosphère, c'est complètement différent.
- Speaker #0
Oui, parce que c'est du talk show, ça se rapproche plus de l'équipe du soir ou d'autres émissions qu'on peut faire dans le chroniqueur. Moi, je trouve que c'est un grand privilège de donner son avis. On est là, on vient me chercher, on me demande mon avis sur des trucs qui sont en plus une partie de ma passion. Donc, c'est toujours un plaisir.
- Speaker #1
Je profite qu'on ait parlé de s'enfiler rapidement. Je vais appeler à ton imagination. Une des membres a souhaité te poser une question.
- Speaker #4
Salut mon frère, c'est Marie. J'espère que tu vas bien. Écoute, même si tu n'as plus de secret pour moi, j'avais une petite question quand même. Toi qui as fait de nombreuses interviews, quelle est la question qu'on ne t'a jamais posée et à laquelle tu rêverais de répondre depuis dix ans ?
- Speaker #0
Je me demande bien. Qu'est-ce qu'on pourrait me demander qu'on ne m'a pas demandé ?
- Speaker #1
Merci à Marie Beljean déjà pour cette question.
- Speaker #0
Non, comme ça, comme ça, j'ai rien qui me vient parce qu'on m'en pose pas mal des questions. Il n'y a rien qui me choque en tout cas dans les questions qu'on peut me poser. Il n'y a rien qui m'éclate complètement. Il n'y a rien qui m'agace à fond. Qu'est-ce que j'aimerais bien qu'on me demande ? J'aime bien, mais c'est déjà arrivé. Non, non, j'aime bien la question d'après, toujours. J'aime bien la question d'après, la question qui vient. J'aime pas quand c'est la dernière question, ça ne me dérange pas, sauf si je suis pris par le temps, évidemment, mais une émission qui est cadrée, où on pose des questions, je réponds à tout, et j'ai pas de questions particulières, en me disant « Quel est le con qui va un jour me la poser, cette question, c'est pas vrai ! »
- Speaker #1
Est-ce qu'il y a une question que tu aimerais poser à quelqu'un, que tu n'as jamais osé poser ?
- Speaker #0
Non, j'ai osé. J'ai quand même une autocensure, mais si vraiment j'ai un truc à dire à un joueur, ou une question à poser, bien sûr je la pose. Je trouve qu'à partir du moment où on n'est pas soi-même pervers ou un peu visselard, il n'y a pas de question. Comme je ne suis jamais dans le truc extrasportif, je n'aurais jamais l'idée de poser un truc, une question. Je ne sais pas, un exemple concret, Gaëlle Monfils, je l'ai eu deux fois assez longuement l'année dernière en interview. On a parlé d'Elena Svitolina, de sa femme, mais on a parlé sous l'angle, elle m'a beaucoup aidé, quand j'étais un peu dans le dur sur le plan des résultats et à me poser des questions sur la motivation, rôle de Svitolina. Mais moi, je n'allais jamais lui demander, alors comment vous vous êtes rencontré, pourquoi tu l'aimes, ou des trucs comme ça. des trucs qui pour moi n'ont pas de rapport avec le tennis tout doit être lié avec le tennis je lui ai demandé pourquoi Djokovic tu ne l'as jamais battu 20 à 0 comment c'est possible il a répondu magnifiquement il m'a dit d'ailleurs on oublie toujours mais en challenger je l'ai tapé en Italie je l'ai tapé vraiment à la régulière et puis il y a eu des fois j'ai eu des balles de match mais ça ne s'est pas présenté bref voilà toutes les questions se posent à partir du moment où je pense que c'est ça le truc c'est qu'on sent qu'il n'y a pas de vice il n'y a pas de côté Et alors ? J'ai vu parfois des joueurs, et j'étais d'accord avec eux, mal réagir en conférence de presse, parce qu'ils sentaient bien que la question, il y avait un côté insidieux. Je me souviens d'une joueuse célèbre, on en rigole encore ensemble, mais un jour un journaliste lui fait, alors qu'elle venait de gagner un grand chelem, elle a gagné un million de dollars, et le journaliste lui fait en pleine conférence de presse. « Qu'allez-vous faire de votre million ? » J'ai trouvé ça ridicule. Elle aussi, elle me l'a confié des années plus tard. Et donc ça, c'est des questions grotesques. Qu'est-ce qu'on va faire de spécial de cet argent, d'ailleurs ? Donc c'est débile à poser. Voilà. Donc ça, par exemple, c'est des questions que je ne poserai jamais.
- Speaker #1
Alors j'en profite pour te poser quelques autres questions avec des réponses un peu plus du tac au tac. Si tu as envie de développer, bien sûr, tu développes. On est toujours preneurs d'anecdotes. Le joueur qui t'a donné envie de faire du tennis ?
- Speaker #0
Pat Cache, oui. Le bandeau, le service volé, une espèce de côté compact au retour de service. Vraiment le joueur idéal pour aller vers l'avant, pour aller au filet. Et après Pat Cache, parce que j'étais vraiment très jeune, Pat Rafter, un autre Australien aussi, qui a gagné deux fois l'US Open, qui a été numéro un mondial, extraordinaire de classe. De tout, de talent. Deux Australiens de super qualité. Ces deux-là m'ont vraiment fait rêver.
- Speaker #1
Le joueur que tu ne peux pas blairer ?
- Speaker #0
Aujourd'hui, il y en a que je n'aime pas parce que je n'aime pas l'esprit. C'est Zverev, c'est Nori, c'est Mounard. C'est plus par jeu. Un joueur que je ne blairerais vraiment pas, c'est un joueur qui, en vrai, que je vois très mal se comporter ou mal me parler pour des raisons absurdes. S'il y en a eu un à Monaco, je ne vais même pas le citer parce qu'il ne mérite pas. Mais ça m'a étonné. Mais c'est rarissime. Et puis en général, ça se passe toujours très très bien. Donc c'est plus sur le terrain par des comportements, des manières de parfois baisser les bras ou de se comporter bizarrement comme Moutet aussi, qui a ce travers-là parfois. C'est pas des bêtes noires pour moi, mais c'est simplement parfois des regrets de voir que ces gens-là peuvent avoir plus que d'autres un comportement parfois un peu ric-rac.
- Speaker #1
Monaco, il a pris une double bulle ou pas ?
- Speaker #0
Non, Medvedev il est charmant, il est formidable, il parle un français incroyable et puis il a beaucoup d'humour. Et puis Medvedev il peut être odieux, mais comme il y a cette intelligence et comme il y a cette finesse, et comme il y a un petit côté, c'est vrai, machiavélique, un peu manipulateur, je trouve qu'on joue avec lui, on rentre dans le truc. On peut le trouver odieux parfois, moi c'est mon cas, mais comme il est complexe et qu'il se passe des choses autour, c'est un champion. Il y a ça aussi, un vainqueur de grand chelem, ça n'a rien à voir avec un Nori, un Mounard ou un Moutet, ils ont mené sur le très très haut niveau dans l'histoire de ce sport. Même un vainqueur de grand chelem, si je n'apprécie pas le joueur lui-même, Thomas Johansson par exemple, je n'étais pas en arrêt quand il a gagné l'Open Australia, je n'ai pas trouvé ça incroyable, mais j'ai un respect infini pour son parcours et le fait qu'il ait gagné. On ne gagne jamais un grand chelem totalement par hasard, il a eu un peu de réussite, mais il a été la chercher quand même.
- Speaker #1
Le match au résultat le plus surprenant que tu aies commenté ?
- Speaker #0
Un résultat surprenant ? Il y en a plein ! Quand Domino met double bulle à Dimitrov l'an dernier à Monte Carlo, ça me surprend terriblement. Quand mon fils revient de 4-0 balle de 5-0 sur Baez au cinquième, je suis complètement scotché. Quand Alcaraz revient de 5-3 à 0-40, 2-7-1 contre lui en finale de Roland, je suis bluffé. Le truc qui m'a le plus bluffé, mais je n'ai commenté pas le match, mais je l'ai vu, j'ai vu une partie, c'est Sébastien Hoffner contre Alex Molchan à Kitzbühel il y a quelques années, puisque Hoffner, devant son public, l'été à Kitzbühel, mène un truc comme 6-0-5-1 ou 6-1-5-0. Je crois que c'est 5-0. 0-40. Donc on est tout près du 6-1-6-0. Il fait une accélération long de ligne, un peu en bout de course. Elle est juste ça dehors, on se dit bon bah, partie remise, il en reste deux balles de match, puis il mène 6-5-0, il va perdre le match. Ça, je suis triste pour lui parce qu'en plus c'est un joueur charmant, mais ça me fait quand même marrer parce que c'est des trucs qu'on a vécu aussi soi-même à un autre niveau, beaucoup plus modeste, mais malgré tout c'est le même truc, c'est quand même des émotions, c'est quand même une façon de se dire mais c'est pas vrai, et ce sport est dingue parce que... On est à un point de la victoire, on a tout dominé pendant tout le match, mais le match n'est pas fini.
- Speaker #1
J'avais noté le Tsonga Nadal en 2008, il fait partie un peu de ces...
- Speaker #0
Oui, mais je ne peux pas dire. La manière m'a surpris. Je ne pensais pas que Joe allait lui mettre 2, 3 et 2. Mais j'étais convaincu qu'il pouvait gagner à l'époque. Mais la manière, la correction qu'il lui a mise à la régulière, c'était incroyable, en effet.
- Speaker #1
Le match le plus pourri, ennuyeux que tu aies commenté. Il y en a plein aussi.
- Speaker #0
Mais oui, la vie serait trop longue. On aurait besoin de plusieurs jours pour tout raconter. Mais heureusement, l'esprit humain est assez bien fait parce qu'on les oublie. Je me souviens que d'un truc, moi c'est une époque de vache maigre financière pour la chaîne en question pour laquelle je travaillais. Et on me dit, tu vas maintenant, vous allez commenter certaines fois sans consultant. Et en plus, sur certains tournois, vous allez faire 3 voire 4 matchs par jour. Donc moi je gueule, je dis mais c'est n'importe quoi les gars, en cabine, 4 matchs d'affilée. C'est grotesque, bah oui mais bon c'est... C'est exceptionnel. C'était des mauvaises raisons qui étaient données. Des très mauvaises raisons. Parce que personne ne doit commenter déjà un match seul. C'est nul. Mais plus de deux matchs, c'est une boucherie. Et donc là, je dois faire quatre matchs seul. C'est le droit féminin de Doha. Et évidemment, les matchs sont longs. Et je suis seul. Et c'était interminable. Je me souviens du dernier qui était Miskina contre, je crois que c'était Tamarine Thalassugar, la thaïlandaise. Et je me suis dit, mais ça ne finira donc jamais. Et je ne sais même plus quel est le score. Si ça se trouve, ça fait 2-7. Mais c'était interminable. Je savais très bien que personne ne regardait. C'était des matchs qui avaient peu d'intérêt. C'était un premier tour, début de semaine. On était en plein après-midi, j'avais commencé à 10h peut-être, et il était 18h ou quoi. J'étais seul depuis 8h à l'antenne, mais ça n'a pas de sens. Là on se dit, qu'est-ce que je fous ici ? C'est quoi mon métier ? En fait, à quoi ça sert tout ça ? Et là on se met à se remettre en question et à se dire, mais est-ce que j'ai bien choisi ce métier à la comble ? On pense pas du tout, on est pas positif, on se dit attends t'es quand même en CDI, t'es quand même payé, tu fais ta passion d'enfant, etc. Non, on est dans l'instant, on se dit mais putain, ça fait chier quoi, c'est interminable, y'en a marre ! Voilà, ça c'est un souvenir très précis.
- Speaker #1
Le tennis man ou la tennis woman le plus élégant à avoir joué ?
- Speaker #0
Eh ben Rafter, c'était pas mal, c'était même super, Querten, génial, Federer, élégance Federer évidemment, Dustin Brown, Quand il bat Nadal à Wimbledon et puis en général, je ne vais pas appeler ça forcément de l'élégance, mais si, il y a quand même un style. Moi, je trouve que le style est plus important.
- Speaker #1
C'est un peu un folklore.
- Speaker #0
Un folklore, non, parce que c'était... Il y avait vraiment... Ça transpirait le talent à chaque fois, quand on le voit faire ses services volets ou faire ses prises d'initiatives, notamment sur Gazon. C'était prodigieux, prodigieux. Alors, ce n'est pas souvent, mais quand tout se réunissait là et qu'il était dans un bon jour, c'est exceptionnel de ce niveau-là.
- Speaker #1
Et aujourd'hui, tu as... Tu arriverais à en citer un comme ça, qui est élégant ? Élégant,
- Speaker #0
aujourd'hui, oui, il y en a plein, mais alors, en trouver un comme ça...
- Speaker #1
Musetti, est-ce que Musetti ?
- Speaker #0
Oui, oui, Musetti, Dimitrov, même s'il est vraiment dans le dur. Les deux verts à une main de Dimitrov et Musetti, mais Musetti, très élégant, tout à fait.
- Speaker #1
Le joueur au potentiel fou qui a gâché son talent un peu tout seul.
- Speaker #0
Tout seul, c'est difficile de dire tout seul, parce que c'est quand même des histoires... Les Australiens, Kyrgios. Jamais top 10, grande bouche, prétendant qu'il a tenu le tennis dans sa main pendant des années, ce qui est totalement faux, j'ai entendu ça il y a quelques mois. Non, lui a un peu gâché son talent malgré tout. Bernard Tomic, encore plus gâché son talent, parce qu'il est Australien aussi. Incroyable joueur, qualité de frappe, cadence, facilité, fluidité, mais bizarre, type très bizarre, puis entourage aussi pas forcément... Un peu toxique aussi.
- Speaker #1
Le joueur le plus drôle ?
- Speaker #0
Benvedev est assez marrant. Benvedev, très drôle. Noah était extrêmement drôle aussi. McEnroe peut être très drôle aussi.
- Speaker #1
Le joueur qui est un peu... avec les journalistes un peu bougons, un peu de mauvaise humeur.
- Speaker #0
Tsitsipas peut être un très mauvais client. Il ne te regarde pas toujours en face. Il n'est pas toujours très respectueux. Zverev aussi, il a toujours une drôle de façon de s'adresser aux autres. Il a une altérité qui est curieuse. La façon de parler aux gens, y compris aux fans, etc. C'est peut-être pour ça que je ne suis pas fan. Beaucoup plus que du joueur lui-même, qui est tout à fait respectable.
- Speaker #1
Et le consultant qui te fait le plus rire ?
- Speaker #0
Jean-Paul Lotte m'a beaucoup fait marrer. Georges Goven aussi. Eric de Blicquère, ça c'est pour les plus anciens. Arnaud Clément me fait pas mal marrer. Fabrice Santoro peut me faire assez marrer. Marion Bartholi, je dirais.
- Speaker #1
Merci à toi pour ces réponses alors maintenant je voudrais qu'on apprenne à te connaître hors de ton poste un petit peu de commentateur même si tu as dit que tu ne faisais pas de fractures donc je vais te poser des questions qui commencent par est-ce que c'est Fred Verdier 2 ? à toi de me dire si tu le fais ou pas en même temps ça permettra de balayer aussi un peu l'actu tennis est-ce que c'est Fred Verdier d'insulter un français ou une française au fond de son canap ?
- Speaker #0
oui, c'est ponctuel mais oui, oui, oui, oui, le côté supporter, déception
- Speaker #1
Est-ce que c'est Fred Verdier de changer de chaîne si le commentateur fait trop d'erreurs ?
- Speaker #0
Non, parce que c'est rare qu'il y ait deux fois, qu'il y ait une double diffusion. Donc, je préfère toujours comprendre ce que j'entends. Puis pour moi, le commentaire a beaucoup d'importance. Donc, je préfère toujours un match sur un canal officiel, qu'un truc en streaming, même si l'image est correcte. S'il n'y a pas de commentaire, ça va vraiment m'embêter beaucoup. Mais si, par exemple... J'ai regardé le match fils Mounard l'an dernier à Roland-Garros. Un des commentateurs n'a pas arrêté de dire « Jaume Mouniard » . Ça m'a énervé, oui. Ça m'a rendu dingue. C'est un catalan, c'est « Jaume Mounard » . En plus, en français, c'est « Mounard » . Donc pourquoi dire « Mouniard » avec une espèce de tilde qui n'existe pas, alors qu'en plus, ce n'est pas la bonne prononciation. Donc ça, pendant quatre heures, ça m'a rendu dingue.
- Speaker #1
Est-ce que c'est Fred Verdier de regarder un vieil ATP 250 alors que le reste de la famille souhaite changer de chaîne ?
- Speaker #0
Non, je donne toujours la primeur à la famille, surtout de se retourner comme ça. Mais il faut vraiment que je sois seul sur mon petit écran. En plus, si vraiment j'ai besoin de voir le match, j'irai le voir. Mais non, c'est impossible que la famille passe derrière ça.
- Speaker #1
Est-ce que c'est Fred Verdier d'analyser de façon ultra technique à voix haute des points alors que tu es tout seul chez toi ?
- Speaker #0
Non. Non, je n'analyse pas à voix haute. Non, non, je ne fais pas ça chez moi.
- Speaker #1
Est-ce que c'est Fred Verdier d'avoir une préférence pour l'un des trois joueurs du Big 3 ?
- Speaker #0
Ah bah oui, Oui, mais le même respect pour les trois. Mais oui, oui, une préférence, oui. Oui, oui, sur l'homme à l'époque, mais en essayant maladroitement de la cacher.
- Speaker #1
Un affect pour ?
- Speaker #0
Federer.
- Speaker #1
Federer. Est-ce que c'est Fred Verdier de penser que Djokovic n'est pas le d'autre ?
- Speaker #0
Non, non. Pour moi, c'est le joueur le plus performant d'histoire, le meilleur, le meilleur joueur. C'est pas forcément le plus grand ou celui qui laissera une plus grande trace, une plus grande marque, parce qu'il y a plein de critères. Puis c'est ça qui est amusant. Puis on peut très bien dire, Björn Borg, je suis désolé, s'il n'avait pas arrêté à 26 ans, puis il a laissé une trace incroyable, McEnroe, Federer, Nadal, Sampras, voilà, c'est ça qui est intéressant. Mais si on regarde les faits, les résultats, les matchs gagnés, bah oui. c'est Djoko, il n'y a rien à dire. Mais ce n'est pas aussi simple et ça serait dommage que la discussion s'arrête juste à ça.
- Speaker #1
Est-ce que c'est Fred Verdier de penser que le padel est une menace pour le tennis ?
- Speaker #0
Non, c'est compatible. Le paddle peut très bien cohabiter avec le tennis et les deux peuvent s'enrichir mutuellement.
- Speaker #1
Par contre, est-ce que c'est Fred Verdier de penser que l'UTS est une stupidité profonde ?
- Speaker #0
Non, pas du tout. Là aussi, ça rend bien des services. C'est utile en termes d'idées, boîte à idées. C'est autre chose et ça n'a pas vocation à remplacer le circuit. Mais quand je vois, je vais sur place parfois voir ce que ça donne. tout à fait un spectacle agréable.
- Speaker #1
Est-ce que c'est Fred Verdier de penser que le format de la Coupe Davis est pas loin du service de Diego Schwarzman, c'est-à-dire pas terrible ?
- Speaker #0
Il y a beaucoup progressé sur la fin, Schwarzman, au service. On n'est pas top 10 comme ça, par hasard. Mais non, non, ils ont tué la Coupe Davis, ce sont des gougnafiers, des salopards. C'était une compétition qui avait des défauts, mais de là à en faire ça, avec Gérard Piquet et la bande de guignols qui étaient autour de lui, et ils... y compris à l'ITF, surtout David Agerti, qui est d'ailleurs encore présent. C'est hallucinant. Alors, il y a un petit mieux avec ces matchs, le retour des matchs de domicile extérieur, des grosses ambiances au premier et deuxième tour. Mais malgré tout, ces phases finales à Bologne, avec 8 équipes ou 4 équipes, ou d'autres à Francfort, d'autres qui sont à Clagenfurt, ou j'en sais rien, on s'en fout complètement. Donc ça, c'est quelque chose qui est malheureusement irréparable. On ne pourra pas revenir en arrière, puisque maintenant, ça y est, le pli est pris. Et puis on a beau jeu de dire, mais vous comprenez, le format, c'est plus possible aujourd'hui. Comme on le faisait avant. Il y a eu un truc en 2018, tout d'un coup, on s'est dit, ah ben non, non, on ne peut plus faire des week-ends entiers avec des matchs en 5-7. Bien sûr que si. C'était un format incroyable, génial. Mais non, non, il ne fallait pas en penser.
- Speaker #1
Est-ce que c'est Fred Verdier de penser qu'une ultra-domination de Siner est... Alcaraz est un problème pour le tennis ?
- Speaker #0
Non. Le tennis se régénère toujours, il y a toujours eu... Chaque époque engendre des dominations plus ou moins longues. Là on a du bol, c'est deux mecs. Deux, ça pourrait être un. C'est arrivé avec un mec parfois. Parfois il y en a trois, parfois il y en a quatre, parfois il y en a six. Je me souviens très bien qu'en 99, il y a six numéras mondiaux différents. Donc là on pourrait dire « C'est formidable ! » Eh bien non ! Il y avait encore des gens pour gueuler, pour dire « On n'y comprend rien ! » C'est d'ailleurs pour ça qu'on a créé ce classement de la race, puisqu'en 2000, 100 euros et SQD gagnent chacun un tournoi, le premier tournoi de l'année. Je crois que SQD c'est Doha, 100 euros c'est Doha, SQD c'est Chennai. Et ils sont donc numéro 1 et 2 à la race. Et des gens qui n'avaient rien compris, ils disaient qu'ils étaient numéro 1 et 2 mondiaux. Mais non, c'est pas grave. Il y avait cette race où on disait, comme ça, aujourd'hui par exemple, Arthur Fils est numéro 4 à la race. Ça ne veut pas dire qu'il est quatrième mondial, ça veut dire que depuis le début de l'année, malgré le fait d'avoir raté un Masters 1000 et un Angelem, le gars est quatrième du performance, ça a du sens.
- Speaker #1
Est-ce que c'est Fred Verdi de penser qu'un troisième joueur va s'implanter dans cette dynastie ?
- Speaker #0
Oui, oui, oui. Il y a beaucoup de possibilités, mais Madrid a prouvé, encore une fois, avec Rodard, avec Fils, avec Fonseca, et d'autres, Menzik, même s'il n'a pas forcément performé à Madrid, mais il y a... plein de gars qui ont ça vraiment dans le cœur. On sent que ça peut être ces mecs-là. Lequel va sortir ? On ne sait pas encore. Pour l'instant, c'est Zverev, même s'il est régulièrement rétamé par Alcaraz et Sinner dans les grands matchs. Mais en fait, le vrai troisième homme, c'est Djokovic. Djoko, il a disputé la première finale de l'Anche de l'année en tapant Sinner en 5-7. Ça, c'est exceptionnel.
- Speaker #1
Est-ce que c'est Fred Verdier de penser qu'avec le forfait de Carlos Alcaraz, Le Roland Garros 2026 masculin est joué d'avance.
- Speaker #0
Non, mais quand même, il est bien parti pour tomber dans la fouille de Yannick Sinner.
- Speaker #1
Est-ce que c'est Fred Verdi de penser que le Roland Garros 2026 féminin est plus ouvert que jamais ?
- Speaker #0
Oui, tout à fait. Aujourd'hui, je ne peux pas dire...
- Speaker #1
Aucune certitude ?
- Speaker #0
Non, non, non. Gauve peut conserver son titre, même si elle n'est pas favorite du tout, mais ça peut aussi bien être Sabalenka. Même Ribakina, Kandrayeva, il y en a au moins 7-8 qui peuvent gagner, y compris Marta Kostiou qui vient de gagner Madrid de manière incroyable. C'est très ouvert et je n'oublie pas Igas Viatek que je mets quand même en favorite.
- Speaker #1
Est-ce que c'est Fred Verdier de partager l'avis de Benoît Mélin sur les next sessions sur Terre battue ? Je te fais écouter la séquence.
- Speaker #2
Je ne peux pas concevoir. Qu'on se satisfasse d'avoir créé des sessions nocturnes sur Terre battue. Je veux que vous compreniez bien qu'à partir du moment où tu es sur une surface vivante, la session nocturne sur Terre battue est une hérésie. pour l'équité d'un tendoir. Qu'il y ait de la flotte sur un match de foot, sur une étape de vélo ou n'importe quoi, du vent, c'est normal, tout le monde va la vivre. Une session nocturne sur Terre battue, il y a deux cons qui vont se la cogner. Dans une ambiance qui est pourave, la Terre battue ne ressemble absolument pas au terrain qui se joue tout au long de la journée. Je ne sais pas si vous avez vu les gens, on est à Monte Carlo, bien évidemment, je peux te dire que quand tu es au bord de la mer et qu'il fait 2 degrés, tu te payes les miches. 8 degrés avec l'humidité ambiante tu peux te dire que tu es gelé il n'y a personne tu joues dans le noir mais c'était mieux quand même de foutre un petit double au début parce que c'est Sineur quand même mais non parce que tu fous en l'air tout le programme on parle de tournoi de simple bordel et on fait la même chose à Roland-Garros combien de fois il y a des suces nocturnes où tu vois les gens ils sont là sous leur truc en train de se geler les miches et les joueurs tout autant que les joueuses alors les joueuses elles sont pénables puisqu'on ne veut pas les mettre elles montent pas au créneau je peux vous dire Et les joueurs sont là, je ne veux pas jouer en session nocturne putain !
- Speaker #0
Je trouve ça très excessif ce que dit l'épouvantable Merlin. Non mais moi je trouve ça bien. De toute façon, il n'y a pas à trouver ça bien ou pas bien, ça existe. et que ça ne va pas changer, ça c'est certain. Et contrairement à ce qui est dit là par le grotesque Merlin, ça cartonne en termes de public, les gens sont absolument ravis. Moi j'ai énormément de gens qui me parlent dans la journée, avant la session de nuit, ou parfois qui font la journée, qui me disent « Ah, il pense que je fais la programmation de Prime, ce qui est faux. » Mais ils me disent « À votre avis, demain, il n'y a pas de chance que ce soit, il me sorte un joueur un peu sinistre ou une joueuse, Et je leur dis, j'en sais rien, mais non, je pense qu'ils mettront... Vous pensez qu'ils mettront Alcaraz ? Bref, les gens sont hystériques, très contents. Et quand la session de nuit est finie et que je rentre chez moi, je vois des tas de gens qui passent, ça nous arrive aussi d'échanger. C'est très rare que les gens disent que c'est une session de nuit, une mauvaise ambiance. C'est souvent une très grosse ambiance. C'est rare aussi que les joueurs fassent des mauvais matchs. Les joueurs ont tendance à se transcender avec le côté match unique. Ils sont contents d'être en vedette aussi. Ils sont rares. de vouloir jouer tout le temps en session de nuit, mais Gaël Monfils, par exemple, est absolument ravi de jouer en session de nuit, à chaque fois.
- Speaker #1
Est-ce que c'est Fred Verdier de penser qu'une deuxième semaine à Roland-Garros pour Arthur Fiss est déjà une belle performance ?
- Speaker #0
Oui, puisque pour l'instant, il n'y en a pas eu. Il n'a fait que troisième tour avec un forfait avant de jouer Robleff. Donc, s'il fait deuxième semaine, si c'est le tableau de Rome qui se reproduit, par exemple, il peut prendre Siner en huitième à Roland. Donc, s'il va le défier à Roland-Garros, Il aura fait son boulot et très bien son boulot. Après, ça dépend. Qui joue en huitième ? S'il perd en huitième contre un gars qui semblait être à sa portée, on sera déçu. S'il perd en huitième contre un gars plus fort que lui, ne serait-ce qu'au classement ou même en termes de pédigré et de niveau de tennis, bon, pas de problème. C'est le tennis, donc c'est beaucoup moins facile de pouvoir dire à l'avance quel serait un bon résultat ou un mauvais, puisque une grande partie de la donne réside dans le tableau. et dans les joueurs que vous allez affronter. Moi, ce que j'aimerais voir, c'est Arthur gagner en 3-7 sec, son premier, voire son deuxième tour aussi. Ça ne lui est encore jamais arrivé en grand chelem.
- Speaker #1
Ce sera vachement important pour son physique, avec son jeu très énergivore. Est-ce que c'est Fred Verdier de s'enflammer pour nos deux gros espoirs, Moïse Kwame chez les hommes et Ksenia Efremova chez les femmes ?
- Speaker #0
Non, je ne m'enflamme pas du tout. Je regarde ce qu'ils font, je les soutiens s'il faut les soutenir, ils n'en ont pas besoin, mais en tout cas je les regarde avec bienveillance et j'aimerais qu'ils soient tous les deux, qu'ils continuent de progresser comme ils le font, avec régularité, mais je ne m'enflamme pas du tout parce que eux aussi, je pense, et leur entourage qui est très bien fait, savent que la route est très longue, pour l'instant ils ne sont pas du tout dans un cadre qui peut permettre d'imaginer des choses incroyables pour eux. Ils sont au début, donc ils bossent. C'est très bien, ils bossent.
- Speaker #1
Voilà, on en sait un peu plus sur les avis de Fred Verdier. C'est le moment de passer à l'ultime séquence. Fétiche. ou fait tâche. Ça vaut 15 000 francs ça ? Non, 30 000. 20 000 francs ? Non, 30 000. Alors quels sont les objets que tu as ramenés ? D'abord l'objet dont tu souhaites te débarrasser, l'objet qui fait tâche.
- Speaker #0
L'objet qui fait tâche et dont je veux me débarrasser, c'est une accréditation. Parce que l'accréditation pendant... 15 voire 18 jours, c'est le truc le plus important quand on fait un tournoi sur place. Si on ne l'a pas, si on l'oublie dans sa chambre, c'est un scandale. Moi je trouve que c'est une des fautes professionnelles les plus graves qu'un journaliste peut commettre. Le type qui est dans la navette du tournoi et qui dit « Ah, j'ai oublié mon accret de l'hôtel » , c'est un pauvre mec. Pourquoi ? Parce que quand tu quittes ta chambre, le premier truc que tu fais, tu la fous autour du cou, avant même de vous pousser à la porte de ta chambre. ça t'évite de fouiller dans ton sac près du stade. Donc voilà, c'est un truc qui est tellement important pendant le tournoi, mais qui n'a finalement plus aucune importance après, et je ne supporte pas, quand ça m'arrive, de sortir par exemple du bus ou de la navette ou même du stade, et de sentir que j'ai encore mon acrène et que je ne l'ai pas enlevé. Parce que je trouve que c'est une forme de... on dirait du rousseau, c'est partout, mais dans les fers, parce que c'est une sorte d'aliénation. d'avoir encore son acrède et quand je suis au restaurant ça m'est arrivé une seule fois mais quand je suis au restaurant et que je sens que j'ai mon acrède c'est un détail mais moi ça m'agace et je l'enlève comme si j'avais vraiment un collier de merde autour de moi ah qu'est-ce que c'est que ces trucs et en fait pendant longtemps je les gardais je les collectionnais mais je les gardais alors je les accrochais pas à la vue de tout le monde mais chez moi elles étaient dans un tiroir mais je les ai gardées puis en fait j'en ai balancé 90% parce qu'en fait ça sert à rien Je ne suis pas sur le culte des objets, quels qu'ils soient. Donc, ni les cordons, ni les acrèdes, en fait, ne m'intéressent beaucoup. Je vais peut-être en garder une ou deux, comme ça, à la fin. Mais bon, celle-là, par exemple, je m'en sépare bien volontiers.
- Speaker #1
Très bien. Alors, je rappelle, toi qui n'as pas vu les précédents épisodes, je rappelle aussi pour les gens que, lors du premier épisode... Romain Magellan nous a ramené ce magnifique cochon.
- Speaker #0
Ah ouais, un goré, un véritable goré.
- Speaker #1
Un véritable goré qui servait de buzzer lors du quiz qu'il animait au Water Rugby. Très bien,
- Speaker #0
très bien.
- Speaker #1
Un cochon qui fait donc du bruit.
- Speaker #0
Bon esprit.
- Speaker #1
Magnifique. Et le deuxième objet qui fait tâche, c'est ces magnifiques lunettes au clé offertes par Steve Chanel, utilisées lors des championnats du monde au Luxembourg, qu'il avait fait peindre pour l'occasion. magnifique lunettes au clé au verre un petit peu rayé donc c'est pour ça qu'il a voulu s'en débarrasser et donc elles sont dans le décor avec donc la crède désormais Roland Garros Frédéric Verdier en 2021 donc ta première année chez Prime c'est ça ?
- Speaker #0
oui !
- Speaker #1
excellent et quel est l'objet fétiche, l'objet port bonheur dont tu ne te sépares jamais ?
- Speaker #0
c'est le carnet là c'est un carnet Wimbledon que j'ai acheté à Wimbledon Mais ça peut être un autre carnet. Mais ces petits carnets-là, j'ai toujours besoin d'en avoir un quand je fais un tournoi de tennis, quel qu'il soit. J'ai toujours un petit carnet. Alors ça peut être un carnet avec des infos sur les joueurs, où là, en gros, c'est classé par un plus ou moins alphabétique. Et au fil de l'année, je le remplis. Parfois, je reporte les données des années précédentes. Et j'ai joueur par joueur, en gros, c'est les 50, les 70. Je fais ça vraiment à la louche. des joueurs ou des joueuses, que j'estime à même d'être fait, d'être commenté durant l'année. Parfois le nom reste en blanc, mais parfois je remplis. Il y a plein de données comme ça, des petites considérations sur les joueurs. Ce n'est pas forcément des infos, ça peut être vraiment des idées ou des trucs techniques que j'ai remarqués. Par exemple, Vande Zandt Schulp, le néerlandais, boutique. J'avais mis en plus intelligent, sens tactique, sens de jeu, anticipe bien, revers stable, puissant, bon engagement, n'hésite pas, mais engagement ça veut dire il s'engage bien, c'est pas le service, n'hésite pas à aller au filet. Et dans les moins j'avais mis amorti, service perfectible, coup droit bizarre techniquement, non chalant, ronchon, voilà. C'est des petits trucs comme ça. Moins fort, moins faible,
- Speaker #1
qui vont te servir de base pour tes commentaires.
- Speaker #0
Et puis pour d'autres ça peut être, il avait gagné les juniors. En 2023, en gagnant l'US ou je ne sais pas quoi, où je mets un truc aussi, un fait de jeu sur Offner, je n'ai pas une fiche Offner, je pense, mais je mettrais son truc de Kitzbühel, par exemple, si je ne l'avais pas retenu. Ou des séries de défaites, pareil, premier tour à l'US, premier tour à Wimps, ça, c'est des trucs que je peux mettre. pour tout de suite l'avoir en tête. Donc, petit carnet, avec parfois des petites feuilles en prime, des petits tableaux, des petites conneries. Ça, j'aime bien avoir ça sur n'importe quel tournoi, pour pouvoir noter s'il m'arrive un truc. Ça peut être des coordonnées de quelqu'un, mais plus que dans le téléphone, j'aime bien que ce soit un truc solide, ou même si mon téléphone est en rade, même si j'ai perdu mon répertoire, ou n'importe quelle connerie moderne, j'ai mon petit carnet, et je sais que je ne le perdrai pas.
- Speaker #1
Très bien. J'ai une dernière question à te poser. Alors... elle ne vient pas de moi, mais de ton confrère et coéquipier au TCBB, Éric Salio. Pourquoi ne pas avoir fait le tournoi des journalistes à Monte-Carlo cette année ?
- Speaker #0
Bonne réponse, bonne question. Mais je n'avais pas le temps, tout simplement. D'abord, moi, je ne suis arrivé que le dimanche du premier jour, du grand tableau, je n'étais pas là pour les qualifs. J'ai bossé tout de suite. Puis je suis arrivé en plus Je suis très heureux. Pas du tout à 10h du mat, j'aurais jamais pu jouer là, je sais pas d'ailleurs quand avait lieu ce tournoi.
- Speaker #1
C'était le samedi, le dernier samedi.
- Speaker #0
Ah ! Et ben alors, la raison est encore meilleure puisque je suis parti vendredi soir.
- Speaker #1
Tu t'es défilé exprès.
- Speaker #0
Oui, peut-être, mais mon tournoi professionnellement s'arrêtait le jour des quarts de finale, j'ai fait deux quarts, et après j'ai fait préparer mes paquets, et j'ai repris l'avion et je suis rentré chez moi. Donc, avec la meilleure volonté du monde, je n'aurais pas pu faire le tournée journaliste à Monte Carlo. Dommage. Je sais que le vainqueur a été remarquable. C'est un des meilleurs joueurs qui a jamais existé dans le monde du journalisme.
- Speaker #1
Oui, certainement. Merci beaucoup Frédéric pour ce moment. On se retrouve très bientôt pour un nouvel épisode au fond du canap. Ce sera certainement dans l'univers du football avec la Coupe du Monde qui approche. Vous retrouverez les indices sur le compte Instagram afdc underscore podcast. N'hésitez pas à liker et à vous abonner. Ciao, ciao !