- Ariane
L'ambition de Sainte-Lucie s'imposait comme la marque préférée des Français en cuisine. Avec un nouveau logo et son fameux « geste magique » , le groupe capitalise sur son esprit d'innovation et son engagement fort en matière de responsabilité sociétale. Cette quête d'excellence est sans nul doute le fil conducteur essentiel pour comprendre toutes les ramifications de cette affaire. Pour y voir plus clair, donnons la parole aux dirigeants de Sainte-Lucie, Jérémy Bourget et Alexandra Lathénien. Merci de nous rejoindre pour ce chapitre 2.
- Jérémy
L'objectif de Sainte-Lucie, c'est de continuer son développement de manière pérenne. C'est-à-dire qu'on a comme objectif de passer à une part de marché qui est de 9% aujourd'hui à à peu près 20% à moyen terme. Sachant qu'on souhaite avoir une croissance de notre chiffre d'affaires. Aux alentours des 10% par an, ça nous convient bien parce que ça permet de croître de manière normale sans gros à-coups. Nous avons connu de grosses évolutions ces derniers temps, avec notamment la construction de notre siège social qui a été fait en 2021 et un nouveau bâtiment qui accueille aujourd'hui tout ce qui est fabrication d'épices et puis préparation de commandes et stockage produits finis. qui a vu le jour en 2023. Et on a une usine de production de pâtisserie qui a vu le jour en 2017. Donc on a changé de site. Avant, on était à Gouvieux. Et c'est vrai qu'avec la croissance du chiffre, forcément, c'est devenu trop petit. Donc on a travaillé pour effectivement ces nouveaux locaux. Tous les locaux sont à côté les uns des autres. Et puis notre souhait, c'est aussi... pour répondre à toutes les normes, d'avoir des bâtiments qui soient récents. Donc il y a un double avantage, déjà pour tout ce qui est qualité, normes et tout ça. Organisation du travail, c'est quand même plus simple de travailler dans des bâtiments dont on a décidé de l'ergonomie, de mode de fonctionnement, tout ça c'est ça.
- Alexandra
Nous on a toujours été impliqués sur la RSE depuis qu'on a racheté l'entreprise en 2008. Dès 2016, on a été inscrits PME Plus Engagés. pour notre responsabilité sociétale et environnementale. On est au top en termes de RT 2020, de décarbonation des bâtiments. Et donc, c'est sûr que sur notre scope, à nous, on fait un peu le maximum. Maintenant, l'idée, c'est de faire bouger le scope 3, les fournisseurs, les clients, les transporteurs, pour aller de plus en plus loin.
- Jérémy
C'est sûr qu'au plus on grandit, j'ai envie de dire, au plus on a besoin de structurer, En plus, on a besoin de... travailler avec des outils qui sont pérennes dans le temps. Donc après, ça peut être un outil industriel comme les nouveaux bâtiments, mais aussi les outils informatiques. Et c'est vrai que pour nous, c'était important de passer cette étape pour mieux structurer l'entreprise et être sûr que les informations qu'on donne sont accessibles à tout le monde et qu'elles sont bonnes surtout. Voilà, c'est ça qui est important. C'est vrai que grâce à ça, aujourd'hui, ça permet d'avoir une vision commune avec tous les collaborateurs. On a tous les mêmes chiffres.
- Ariane
Pour mener à bien l'élimination d'Excel, vous avez opté pour un ERP métier. Alors, pourquoi un ERP métier ?
- Amelle
Au début, quand je suis arrivée chez Sainte-Lucie, Deux choix au niveau des stratégies de direction étaient de mettre en place un logiciel standard du marché qui gérait la production et l'autre stratégie était de mettre un logiciel plutôt typé agro, un logiciel métier. Quand on a commencé un petit peu à sonder et analyser les besoins de chaque service, on a vu rapidement que le logiciel métier agro était vraiment un logiciel qui répondait à l'ensemble de nos attentes et de nos besoins. Donc le choix stratégique d'opter vers un URP métier est vite arrivé.
- Jérémy
On s'est vite rendu compte que... Un logiciel métier permet d'office, j'ai envie de dire, de répondre à certaines de nos attentes. Et du coup, ce n'est pas du développement spécifique. Et l'inconvénient d'avoir un logiciel qui ne soit pas métier, justement, c'est que dès qu'on veut quelque chose, on est obligé de faire un développement spécifique. Le développement spécifique peut vite coûter de l'argent.
- Amelle
Et un logiciel métier, ça permet d'uniformiser l'ensemble des services. De parler la même langue, d'accéder à la même information qui est unique, qui permet derrière de sortir des indicateurs fondés sur les mêmes données, tandis que
- Mathieu
Excel... Excel n'est pas Access Junior, c'est même pas une base de données. Ça veut dire qu'on fait des choses un peu partout, mais la technique de stockage n'est pas fiable. Au moins, si on part sur un ERP, ça veut dire qu'on est au moins sur quelque chose avec une base de données robuste. où tout est imbriqué, c'est bien plus simple d'aller sortir une synthèse où tout le monde a la même valeur parce qu'on a un socle unique pour la totalité de l'entreprise.
- Ariane
Pour orchestrer l'opération, les équipes de Saint-Lucie ont activé le mode projet. Quel a été le modus operandi de nos deux protagonistes, Amel et Mathieu ? Revenons à leur tout premier échange sur le sujet pour remonter le fil de ce plan minutieusement préparé.
- Amelle
C'était dans la voiture.
- Mathieu
On était au niveau de Cora, qui est encore Cora à l'époque, et j'étais encore fracturé, et Amel me ramenait chez moi, et c'était sur la route où elle me ramenait chez moi, où je me disais, mais on n'y arrivera pas, il faut faire plus petit. Là, je vois exactement où est-ce que je suis.
- Amelle
Au début de la mise en place, le RP est vif. Au niveau de la direction, on reculait à chaque fois la mise en place. Et voyant qu'on bloquait à chaque fois sur cette manière dont on allait agencer, dont on allait organiser le passage, on voyait qu'on n'était nous-mêmes pas très confiants. parce qu'on ne maîtrisait pas l'ensemble des étapes à effectuer au sein de chaque service. Donc effectivement, c'était un soir, Mathieu a été blessé dans la voiture. Et là, on s'est dit, mais pourquoi est-ce qu'on ferait pareil que tout le monde ? Qu'est-ce qui nous permettrait de faire un passage module par module ? Et Mathieu me dit, en fait, on peut passer juste une partie. Merci.
- Mathieu
Chaque module n'est qu'un fournisseur de l'étape suivante, donc si jamais les achats c'était une autre entreprise qui achetait et qui nous donnait, pour avoir leur logiciel, que la production ne les concerne pas, donc pourquoi ne pas voir chaque service comme des entreprises différentes, qui peuvent être autonomes, qui migrent tous sur le même logiciel à terme, mais en fait chacun peut passer pas à pas, et au moins ça... Là où le monde, plus on creusait, plus il nous paraissait grand, ça nous permettait de travailler avec des petits mondes, des petites planètes un peu plus petites et plus faciles à rentrer dans nos têtes et à sécuriser.
- Amelle
Voilà, à maîtriser. Là, avec un périmètre plus réduit, on pouvait vraiment mesurer les risques, prévoir un plan B. Au cas où le passage vers le RP vif ne fonctionnerait pas comme il se doit, on avait quand même la contrainte de garder l'activité en parallèle. On ne pouvait pas avoir ce privilège d'arrêter la production à un moment donné et de faire marche arrière pendant des jours. Donc on avait vraiment cette contrainte de rester actif. tout au long de la mise en place de l'ERP.
- Mathieu
On a tout aussi, parce que l'engagement avec GIF, c'était pour démarrer, avoir le goal global. Il fallait qu'on prouve qu'on ait fait des tests en masse, en parallèle, en double, pendant trois mois. On n'arrivait pas à faire des tests limitaires pendant une semaine. On ne respectait pas notre engagement, de ce point de vue-là, avec notre prestataire. on ne pouvait pas dire... Bon, on va démarrer et puis, et vif Colmatra, les failles, parce qu'on démarre tout. Donc, on ne respectait pas l'engagement. Donc, il fallait qu'on reprenne pour nous. On était responsable de ce manquement. Il fallait qu'on trouve une solution. Et étant deux à mettre en place, ça a aidé aussi d'être auprès de moins de personnes pour aider le démarrage.
- Amelle
Oui, tout à fait. Une fois que dans notre tête, c'était beaucoup plus clair et qu'on a été en confiance pour ce passage-là, c'est là qu'on a demandé à VIF s'il était possible de fonctionner de cette manière. On a dit pourquoi pas, on n'a jamais fait, mais allez-y, on vous sent capable, on a eu la confiance de VIF. Donc là, on a demandé à la direction si on pouvait fonctionner de telle sorte. Quand vous souhaitez, à partir du moment où l'enjeu risque, c'est la priorité. Donc, vous avez notre aval. C'est comme ça qu'on a démarré brique par brique.
- Mathieu
On nous a dit qu'on n'aurait pas accepté avec n'importe quel client, mais on a vu que vous avez pris la confiance et la compréhension du système. On a gagné en autonomie. Les formations ne se contentaient pas d'être « Ah d'accord, la modélisation c'est ça, d'accord, on fait ce qu'on… » Non, on nous a donné les clés de comment ils fonctionnent. on n'a pas appliqué Simplement, les grandes règles connues, on a été fouillé dans le système et on a pris la compétence de paramétrer nous-mêmes. Et donc, du coup, on n'a pas un niveau consultant, mais on n'était pas un utilisateur final. On a réussi à s'approprier le système. C'est ce qui nous a aussi permis de faire ça.
- Ariane
L'impulsion est donnée. Quelles équipes ont été appelées en première ligne pour participer à ce geste décisif ?
- Amelle
Les premières fonctions qu'on a mises en place, ça a été le déploiement du module achat, avec toute la saisie des commandes faites par notre service à pro. S'ajoute à ça la gestion des offres et des contrats qu'on n'avait pas mis en place. Donc avant c'était dans des fichiers Excel, encore une fois, ou des fichiers PDF. Donc là ça nous a permis de synthétiser un petit peu par fournisseur, par article, toute la partie offre et contrat, qui est la base avant de passer des commandes. Il y a eu ce premier déploiement. Et sur la partie terrain, il y a eu la réception via la partie tactile de VIF. Donc là, ça a été un travail pour les caristes, où avant, il y avait une réception qui était faite de manière... sur une saisie dans un logiciel et là c'était directement sur une partie tactile avec la possibilité d'utiliser des douchettes et puis des scans. S'ajoute à ça une partie qualité puisqu'elle est généralisée sur l'ensemble des modules de VIF et que le service qualité fait vraiment partie intégrante de l'ensemble des services de la société. Il y a eu aussi, dès le début, une application des données qualité pour l'ensemble des déploiements de ces modules. Oui, parce qu'au départ, ce qui s'est arrivé après, ce que là on a fait d'abord, le module achat, c'est quand on a plus déployé des modules en lien avec la partie atelier. Au début, on voyait qu'on avait un petit peu du mal à briser ce passage à un nouveau logiciel. Donc, on passait vers nos responsables et à nos directeurs qui faisaient très bien le lien, pas de souci. Par contre... Vous voyez que ça mettait un petit peu du temps à répondre. Donc, on n'a pas hésité effectivement à chausser nos chaussures de sécurité, à mettre nos chaussures de sécurité et d'aller via le terrain à la rencontre des utilisateurs finaux qui pouvaient déjà nous expliquer comment ils fonctionnaient de manière concrète dans les outils qui étaient mis à leur disposition. Et là, nous, on leur a indiqué quels étaient les avantages qui tireraient à utiliser l'ERP vif. les inconvénients aussi, mais autant avant les utilisateurs pensaient uniquement à leur saisie pour leur service. Le RPVIF permet, c'est une vision d'ensemble, donc permet la saisie du service, mais au service d'autres services. Donc ce qui facilitait un petit peu l'ensemble des informations, même s'il y avait une charge de travail supplémentaire pour chaque utilisateur. Ça permettait de fluidifier les informations pour les autres services.
- Mathieu
Et on ne met pas un logiciel par service, on met un ERP pour la totalité de l'entreprise. Et les utilisateurs finaux, on a pu aussi leur expliquer que peut-être qu'ils faisaient plus d'actions sur certains points, mais qu'en fait, il y a d'autres points où ils n'avaient plus à faire les actions parce que c'était une autre personne qui devait refaire ou alors automatiser par le... par le logiciel, c'est vraiment, il y a une vision d'ensemble. Et d'aller les voir, c'est aussi les rassurer en disant que nous, du côté technique, on n'est pas des informaticiens derrière un écran qui pensons qu'à nous. On est là pour eux, pour les aider, pour que ça soit le plus fluide pour eux et pour l'organisation en entier.
- Ariane
Y a-t-il eu des étapes importantes où tout s'est joué ?
- Amelle
On n'était déjà pas forcément fiers du fait qu'on devait à chaque fois reporter les dates. c'est quand même un engagement. qu'on fait auprès de notre partenaire. On ne va pas faire ça comme un fournisseur, mais vivre comme un fournisseur, mais comme un partenaire. Donc à un moment donné, il y a un minimum de respect à avoir. Donc ce travail-là, on l'a fait plutôt implicitement, sans en parler non plus lors de nos réunions. On l'a fait de manière naturelle, directement avec les équipes. On a des réunions bimensuelles qui nous permettent de... de faire un petit peu le point de ce qui a été mis en place dans VIF, de poser les contraintes que l'on a encore, les améliorations. Et cette réunion VIF, ça n'est plus que du VIF, c'est vraiment une réunion pour uniformiser les nouvelles demandes de chaque service. Donc, je vais dire, grâce à VIF, ça nous permet un petit peu d'établir des nouvelles règles et de voir maintenant inter-service. Autant avant, c'était chaque service. Là, ah ben mince, dans VIF, comment pourrait-on ajouter cette nouvelle donnée pour que l'ensemble des utilisateurs puissent en disposer ? Ça, par contre, c'est vrai que c'est un atout maintenant.
- Mathieu
On a pu se permettre d'aller à la rencontre des gens aussi parce que on est un petit peu des électrons libres et sur une PME où on ne nous demandait pas des comptes au quotidien. On ne passait pas plus de temps à faire du reporting que... On nous a fait confiance, on nous a donné comme mission de mettre en place VIF, sans nous donner de cahier des charges, donc on peut dire qu'on risque d'être perdus. Mais pour nous, ça a vraiment été une possibilité de faire ce qu'on veut, de s'adapter et de trouver les bonnes solutions, sans suivre un plan directeur forgé, solide. On a pu vraiment être électronique. C'est vraiment cette vision-là, où on allait voir qui on voulait, quand on voulait. sans avoir à faire des demandes spécifiques, des rendez-vous très précis, et d'aller à la rencontre de tout le monde. On a aussi gagné en légitimité et de prendre la confiance de l'ensemble des services, y compris des directeurs, avec le temps. Et plus le temps passait, plus on était légitime, plus on pouvait avancer sans qu'on remette en cause nos propositions. On était quand même deux petits nouveaux qui décidons de dire Non, en fait, votre... votre pratique elle n'est pas logique, il faut penser autrement, de petits nouveaux, qu'est-ce qu'ils viennent nous dire, comment on doit faire alors qu'on fait ça depuis 15 ans, et avec le temps de réussir à mettre des choses, de discuter avec les gens et de mettre des choses en place qui se passaient bien, nos réunions n'étaient plus à dire, mais si on a raison, vous pensez ? Bon bah ok, c'est que ça peut le faire.
- Amelle
Ça s'est construit au fur et à mesure, parce qu'au début ce n'était pas évident. Encore maintenant, sur certains sujets...
- Mathieu
On est pas à l'ancienneté au début.
- Amelle
Ça s'est construit. Non, non, c'est mettre autour d'une table l'ensemble des services et pouvoir échanger et parler la même langue. Ça a été un travail qui a porté ses fruits suite au succès. Avant tout, c'est un projet humain. Donc ça fonctionne, il faut que tout le monde soit embarqué et le fait de demander l'avis aux utilisateurs, d'être à leur écoute, fait que pour moi ça a été une étape charnière.
- Ariane
Y a-t-il des preuves qui montrent la réussite du projet ? Comment Sainte-Lucie a-t-elle embarqué ses équipes ? C'est ce que je vous raconterai dans l'épisode 3 du podcast Sainte-Lucie d'Excel à son ERP métier RSI d'un coup parfait. En attendant, n'hésitez pas à nous laisser un commentaire sur votre plateforme préférée.
- Speaker #5
Ce podcast vous a été proposé par VIF Software, éditeur intégrateur de solutions logicielles ERP métiers, supply chain et gestion de production en temps réel infusé à l'IA.