- Speaker #0
« Avec vous, c'est mutuel » , un podcast proposé par la MGFI.
- Speaker #1
Chaque année en France, 150 000 personnes sont victimes d'un accident vasculaire cérébral ou AVC. Face à cette réalité, la prévention devient un enjeu crucial. Dans cet épisode d' « Avec vous, c'est mutuel » , nous vous proposons de mieux comprendre cet enjeu de santé publique. Pour cela, nous avons le plaisir d'accueillir Emmanuelle Gourté, directrice générale du Fonds pour la recherche sur les AVC. Elle va nous aider à repérer les signaux d'alerte et à adopter les bons réflexes. Bonjour Emmanuelle.
- Speaker #2
Bonjour à tous.
- Speaker #1
Qu'est-ce que l'AVC et pourquoi est-ce un enjeu de santé publique ?
- Speaker #2
Alors, qu'est-ce que c'est que l'AVC ? L'AVC, c'est un accident vasculaire cérébral. C'est la conséquence de l'obstruction... par un caillot sanguin d'un vaisseau au niveau du cerveau ou alors de la rupture d'un vaisseau, on est toujours au niveau du cerveau dans l'AVC. On parle dans un premier cas quand c'est l'obstruction d'un vaisseau, d'un AVC ischémique. Ça représente à peu près 80% des cas d'AVC. Et quand c'est la rupture d'un vaisseau, on parlera d'AVC hémorragique. Et là, on est dans 20% des cas d'AVC. Alors pourquoi c'est un enjeu de santé publique l'AVC ? Parce qu'avec près de 40 000 décès chaque année, l'AVC c'est la première cause de mortalité chez la femme, on ne le sait pas forcément, c'est la troisième cause de mortalité chez l'homme. Et surtout, dans 60% des cas d'AVC, il reste des séquelles, des séquelles qui sont plus ou moins invalidantes, qui impactent l'autonomie et la qualité de vie des patients. Ce qui fait aussi de cette maladie la première cause de handicap acquis chez l'adulte. Alors, je ne l'ai pas dit, mais on peut avoir aussi un AVC chez les enfants. Et c'est aussi la première cause de handicap acquis chez l'enfant. On peut donner plein de chiffres. L'AVC, c'est aussi la deuxième cause de démence après la maladie d'Alzheimer, parce que ça engendre souvent des conséquences. Cognitive au niveau de la mémoire, au niveau de la motivation, au niveau de l'humeur. Et dans la mesure où on a un vieillissement de la population, on peut s'attendre à ce que le nombre d'accidents, qui aujourd'hui est de 150 000 cas par an, augmente de 30 à 50 % dans les 20 prochaines années. Donc aujourd'hui, on sait qu'une personne sur cinq aura un AVC au cours de sa vie. C'est important de s'informer. pour mieux connaître la pathologie, pour mieux le reconnaître et dans ces cas-là, agir au plus vite.
- Speaker #1
Et justement, quels sont les signaux d'alerte d'un AVC ?
- Speaker #2
Alors, il y a quatre principaux signaux d'alerte d'un AVC. Le premier, c'est souvent une déformation de la bouche. Et c'est d'ailleurs le signal qui est le plus facile à reconnaître, soit à gauche, soit à droite. Un des deuxièmes signes, c'est une faiblesse. Savoir qu'on perd un peu la force dans son bras ou dans la jambe, soit l'intégralité d'une moitié du corps. Le troisième signe, c'est un trouble de la parole ou de la compréhension. Et c'est souvent ce qu'il faut faire quand on observe un AVC ou quand on a une suspicion d'AVC chez un proche, et on essaie de le faire parler. Et on voit si on comprend, si ce qu'il raconte est compréhensible ou pas. Et puis, le quatrième signe qu'on connaît moins bien, c'est un trouble du champ visuel, une perte de la vision d'un œil ou d'une partie seulement du champ visuel, à savoir qu'un œil voit, mais ne voit plus l'intégralité de son champ visuel. Et donc, on parle de ces quatre signaux d'alerte qui sont importants. Et en cas d'apparition brutale d'un de ces quatre signaux, Même si ce signal disparaît dans les minutes qui suivent, il est essentiel et il est extrêmement important, c'est la chose à retenir, d'appeler immédiatement le 15, le SAMU. Souvent, on parle d'accidents ischémiques transitoires, à savoir que ces signaux apparaissent et disparaissent aussi brutalement qu'ils sont apparus. Et dans ces cas-là, La conduite à adopter est exactement la même que celle d'un AVC, à savoir qu'il faut appeler le 15. Jamais le SAMU ne pourra critiquer ou vous raccrocher au nez s'il y a suspicion d'un de ces signes, même si ce n'était pas un AVC.
- Speaker #1
Pourquoi appeler spécifiquement le SAMU le 15 ou le 112 ?
- Speaker #2
Parce que que l'on soit soi-même victime ou qu'on soit témoin d'un accident, d'un AVC, ça doit être considéré comme une urgence vitale. Parce que le pronostic vital est engagé et qu'on le sait, on parle à chaque fois d'agir vite pour le cerveau. C'est un peu l'acronyme d'AVC. C'est accident vasculaire cérébral, mais c'est agir vite pour le cerveau. et On appelle le 15 parce que ça met en place une filière de prise en charge dédiée. Cette étape, elle est cruciale parce que chaque minute compte et que c'est une véritable course contre la montre. Donc, appeler le 15, ça oriente au plus vite le patient vers une unité neurovasculaire qui est, ce ne sont pas les urgences, c'est un endroit, c'est une unité qui est spécialement dédiée à la prise en charge des AVC. Et c'est... Un endroit, c'est la seule unité dans laquelle on est en capacité d'administrer certaines thérapeutiques. La thrombolise pour dissoudre le caillot et puis la thrombectomie, qui est une technique pour aller chercher le caillot, notamment dans les cas d'AVC ischémique. On ne va pas aux urgences parce qu'aux urgences, on perd du temps. On n'appelle pas les pompiers, on appelle le 15 et c'est le 15 qui dirigera, qui appellera les pompiers peut-être, qui vous dira d'aller aux urgences. mais auquel cas... Les urgences seront prévues et il y aura une personne qui vous attendra, qui attendra le patient pour qu'il soit pris en charge au mieux et qu'il soit rentré dans un protocole de soins adapté potentiellement à son AVC.
- Speaker #1
On parle d'AVC, est-ce qu'on peut savoir quels sont les principaux facteurs de risque ?
- Speaker #2
Oui, grâce à la recherche, aujourd'hui, on connaît les principaux facteurs de risque. Le premier facteur de risque, c'est l'hypertension artérielle. L'hypertension artérielle, elle est responsable à peu près d'un AVC sur deux. Donc, c'est extrêmement important. Et en plus, c'est facilement contrôlable. Ce qui est important de savoir, c'est qu'en France, il y a une personne hypertendue sur deux qui s'ignore. Et que sur la personne hypertendue qui se sait hypertendue, il n'y en a qu'une sur deux qui prend un traitement. Donc, on voit que la prévention et l'information sont essentielles. sur ce facteur de risque en particulier. Après, on peut ajouter le diabète, le cholestérol, ne pas fumer parce que le tabac multiplie par trois le risque de faire un AVC et pratiquer une activité physique régulière. On parle d'une trentaine de minutes par jour et avoir une alimentation équilibrée. C'est essentiel de prendre en compte ces cinq facteurs de risque. Parce que s'ils sont connus et contrôlés, on peut diminuer de 80% le risque de faire un AVC. Nous, on insiste beaucoup au fond pour dire que l'AVC, ce n'est pas une fatalité. On ne fait pas forcément un AVC et que si on se contrôle, si on surveille son hypertension, si on surveille son cholestérol, si on a une alimentation équilibrée et si on a une hygiène de vie quelque part, classiques et saines, on peut éviter une grande partie quand même des AVC et c'est d'autant plus important que ces facteurs de risque interviennent aussi dans d'autres pathologies. On va parler de l'infarctus du myocarde ou le cancer. Donc ça vaut la peine de faire attention à soi et de se contrôler parce qu'on peut quand même diminuer très sérieusement le risque de survenue d'un AVC.
- Speaker #1
On a parlé d'alimentation équilibrée. On parle aussi souvent du régime crétois ou méditerranéen pour prévenir les maladies vasculaires. Qu'est-ce que c'est ? Est-ce que vous pouvez nous en dire un peu plus ?
- Speaker #2
Alors, le régime crétois, c'est vrai qu'on en parle beaucoup. On n'en parle pas d'ailleurs que pour l'ABC. C'est un régime qui est naturellement équilibré et qui est riche en végétaux, en légumes frais. On parle aussi de régime méditerranéen. Il est étudié et puis surtout, il a été vécu. par les Crétois et les populations du Sud pendant des années et des centaines d'années. Et il est connu par les nutritionnistes pour les effets bénéfiques qu'il a sur la santé. Et c'est notamment un régime qui est protecteur vis-à-vis les maladies cardio et neurovasculaires. Il associe toutes les familles d'aliments, les légumes frais, les fruits frais, les fruits secs, les céréales, les œufs, les... poissons gras. Poissons gras, on parle de macros, saumon, sardines, thon, les viandes blanches. Le poulet, principalement. Les légumineuses, les haricots, les produits à base de lait de brebis. On privilégie plutôt le lait de brebis plutôt que le lait de vache. Brebis ou chèvre, bien sûr. Et à l'origine, plutôt de l'huile d'olive que du beurre.
- Speaker #1
Alors, pour finir cet épisode, je le rappelle, vous êtes directrice générale du Fonds pour la recherche sur les AVC. Et qu'est-ce qu'il est possible de faire pour contribuer à accélérer la recherche ?
- Speaker #2
Alors oui, il est possible de contribuer à accélérer les recherches en faisant un don au Fonds pour la recherche sur les ABC et d'aller consulter notre site internet www.abc-recherche.org.
- Speaker #1
Merci beaucoup Emmanuelle pour ces précieux conseils et pour votre engagement pour la recherche.
- Speaker #2
Merci à tous !
- Speaker #1
À l'AMG Phi, la prévention est au cœur de nos engagements. Informer, sensibiliser, accompagner nos adhérents, c'est essentiel pour que chacun puisse devenir acteur de sa santé. A très vite dans Avec vous c'est mutuel.