- Speaker #0
Bonjour à tous et bienvenue dans le podcast Bamboula, un podcast qui a pour ambition de vous partager des récits marquants et ce, dans une volonté de vous pousser à la réflexion et pourquoi pas à l'introspection. Alice est avant tout ma sœur, elle est également infirmière et plus spécifiquement spécialiste du sommeil, alors oui, c'est une spécialité qui est à mon avis très peu connue de tous, Alors ? Elle va nous expliquer en quoi ça consiste et surtout de quelle manière elle intervient auprès de ses patients. Bonne écoute ! Alice, bonjour !
- Speaker #1
Bonjour, bonjour Joël-Claire. Merci de ton invitation, je suis contente d'être là et de partager un petit peu mon parcours et ce que je fais aujourd'hui. Donc comme tu l'as dit, je suis infirmière, je travaille de nuit. Je suis infirmière depuis 2009 et voilà, j'ai un parcours assez simple d'une infirmière en France.
- Speaker #0
D'accord, merci déjà. Est-ce que tu es bien installée ? Tu es à l'aise ? Oui, merci. Parfait. Alors d'où te vient cette vocation d'infirmière ?
- Speaker #1
Ma vocation me vient surtout de ma mère qui était infirmière au Rwanda. J'ai eu l'occasion déjà toute petite, très jeune, d'aller la voir à l'hôpital et de voir ce qu'elle faisait. Du coup, ça m'a passionnée assez vite. J'ai aussi un autre souvenir où on avait des proches, en tout cas des proches de mes parents qui faisaient partie du milieu médical. Entre autres, ton parrain qui était pédiatre, qui travaillait à l'hôpital de Kigali, comme ma mère qui est infirmière là-bas. Il y a aussi le parrain de Nadine qui est médecin aussi. Et un autre ami de la famille de mes parents en particulier, lui, il était médecin militaire. Et donc déjà toute petite, j'étais très passionnée par ce milieu qui... Où j'entends que ces gens-là, en fait, seront là pour nous aider et nous maintenir en vie, en fait. Et donc, je crois que c'est ça qui m'a passionné assez vite et je suis tombée dedans, tout simplement.
- Speaker #0
Wow. Et en fait, après, on imagine assez difficilement ce que ça engendre aussi, ce travail-là pour le rythme de vie, la famille, même en termes de la santé. Parce que toi, tu fais en plus infirmière de nuit, donc c'est encore différent par rapport au simple fait d'être infirmière. Et qu'est-ce que tu voyais en ces gens-là dont tu as évoqué ?
- Speaker #1
Comme je te dis, pour moi, des héros, en fait. Ah,
- Speaker #0
tu voyais des héros.
- Speaker #1
Oui, complètement. Et je me dis, ces gens-là, en fait, ils sont là et c'est eux qui nous aident si on n'est pas bien. Et du coup, je découvre, en fait, je pense que je me rends compte tout de suite que la santé, c'est important. Et du coup, je me dis qu'il y a des gens qui sont là, qui font ce travail-là pour pouvoir faire que ce maintien en vie pour des gens qui sont malades arrive. Je me dis, waouh, c'est incroyable. Et du coup, tu parles du fait de travailler de nuit, c'est vrai que c'est particulier, mais c'est vrai qu'étant jeune, déjà, je ne me rends pas compte de la difficulté que ça peut être, que ce soit au niveau familial, entre guillemets, et même perso, en général. Mais c'est là où je me dis qu'aujourd'hui, en tout cas, ça a été une passion, une vocation tout de suite, en fait. Et dans mes souvenirs, je n'avais même pas 10 ans. C'est quelque chose qui m'a passionnée tout de suite, sans savoir les inconvénients qu'il peut y avoir derrière. Et finalement, c'est pour ça qu'on parle peut-être de vocation, parce que ça m'était égal. C'est ça que je voulais faire dans le médical.
- Speaker #0
Et après, c'est là aussi qu'on voit que la représentation est importante, parce que tu étais entourée de gens qui étaient dans ce milieu-là. Et tu disais, ces gens-là sont incroyables, je veux être comme ça moi aussi. Je veux que les gens me regardent comme moi je suis en train de les regarder.
- Speaker #1
Aussi.
- Speaker #0
Et donc, tu as fait quelles études ? Comment on devient infirmière ?
- Speaker #1
après oui j'ai un parcours assez simple comme tout le monde donc j'ai passé mon bac, d'ailleurs un bac qui est même pas en lien avec ce que j'ai fait après donc j'ai passé un bac STT, c'est même pas général, après ça donc j'ai fait quelques j'ai fait une année et demie à peu près à la fac et finalement je me rends compte, grâce à ma mère qui m'ouvre les yeux et que ma vraie vocation est là ailleurs et du coup c'est là où tout se déclenche et je vais à l'école donc je fais trois années, donc l'école d'infirmière c'est trois ans Au bout de ces trois ans, on est diplômé et on commence à travailler.
- Speaker #0
Durant ces trois ans, est-ce que tu effectues des stages ?
- Speaker #1
Oui. J'ai passé l'ancien cursus, parce que le cursus a changé de l'école d'infirmière. Maintenant, c'est autre chose. À l'époque, quand j'étais à l'école d'infirmière, on avait un mois d'école et un mois de stage, avec les vacances aussi qui sont incluses. Et donc les stages, on en avait à peu près tous les deux, voire trois mois. Donc les stages, j'en fais pas mal sur les trois ans. Je découvre pas mal de choses. Je fais des rencontres avec des belles personnes et d'autres moins, évidemment. Mais on apprend. Et d'ailleurs, c'est grâce au stage qu'on apprend. Donc ça a été très, très formateur. Et je suis contente d'être passée par là pour pouvoir découvrir finalement ce qui est vraiment le métier d'infirmière.
- Speaker #0
Et est-ce que tu peux nous parler d'un stage peut-être qui t'a marqué plus qu'un autre ? Parmi ta formation ?
- Speaker #1
Oui. Alors, j'en ai même deux. En tout cas, deux particuliers. Donc, le premier, je dirais, j'étais en stage en maternité. Et j'ai découvert comment... Enfin, j'ai découvert la vie, comment naît un bébé. Je crois que j'ai pleuré ce jour-là. C'était assez impressionnant. Donc, j'étais en salle de naissance. Donc, j'étais accompagnée d'une aide-souriantée d'infirmière et d'une sage-femme qui m'encadrait. Et donc, on faisait des accueils, des mamans qui venaient pour des rendez-vous et aussi des urgences. Donc, en fin de matinée, on reçoit une maman qui arrive, elle a perdu les os. tout en panique avec son mari, et en fait, on l'installe, et en fait, on se rend compte que vraiment, le bébé, il est presque là, sauf qu'en fait, je crois que le bébé est en siège, et du coup, on appelle tout de suite, enfin, ils appellent tout de suite le gynécologue, le gynécologue obstétricien, qui, lui, arrive, en fait, s'est bloqué tout de suite. Donc, l'installation, assez rapide, bloque, et puis, c'est Zariane, et tu vois l'enfant qui sort, qui surgit, mais c'est... J'en ai des frissons. Donc, c'était en deuxième année quand même. Et tu te dis, waouh, c'est comme ça qu'on donne la vie, entre guillemets. Et aussi, c'est le geste. Donc, le geste de la césarienne que je n'avais jamais vu. Donc, je découvre comment se passe une césarienne aussi. C'est hyper impressionnant. Et puis, le bébé qui arrive, quoi, en fait.
- Speaker #0
T'as pas peur ?
- Speaker #1
Non. Alors ça, non.
- Speaker #0
Oh là là. Comment, quand il ouvre, il fait la coupure. Non, non, non. Non, du tout. T'as pas peur du sang, en fait. Non,
- Speaker #1
non, non. Je pense que si on a peur du sang, on ne fait pas infirmière, déjà, parce qu'on en voit souvent. Et puis la chirurgie, en général, non, c'est des choses qui ne m'impressionnent pas, entre guillemets. Mais du coup, le geste en lui-même et le fait d'en sortir un bébé derrière, c'est ça qui est impressionnant. Et le deuxième que je pourrais dire, c'est assez particulier, mais il faut savoir aussi qu'en tant qu'infirmière, on se met aussi en danger. Il y a des patients qui ne sont pas forcément, comment dire... qui sont violents, qui peuvent être agressifs. On risque au niveau de vie aussi. Donc ce stage-là, en plus, c'est l'un de mes premiers stages, où je suis en secteur de psychiatrie, donc un secteur fermé en plus, où il y a des patients qui sont soit en crise ou pas du tout, et qui sont là, qui sont hospitalisés pour souvent des durées indéterminées. Donc on reçoit un patient qui n'est pas très stable, donc qui a un traitement, mais il est réhospitalisé, parce que c'est un schizophrène. Donc il n'est pas du tout stable et du coup il est en pleine crise. Au départ il est même en cellules fermées et au bout de quelques jours on le laisse sortir. Sauf qu'en il sort en fait, il redevient agressif. Et dans un couloir, c'était l'heure du déjeuner je crois, on était en train d'appeler les patients pour qu'ils aillent dans la salle à manger. Et donc il passe à côté de moi et j'étais à côté d'un aide-soignant, il me semble, un monsieur. Et donc, il demande une cigarette. Alors, les patients en psy, ils ont des toques. Le café, la cigarette. Enfin, ils ont des toques et des besoins assez particuliers. Donc, il demande un café, il me semble. Et le monsieur lui dit, non, là, c'est l'heure du déjeuner, on va manger. Et puis après, tu auras un café. Sauf qu'en fait, il n'est pas content. Et donc, il lui dit le gifle d'un coup. Mais d'une violence. Et en fait, comme j'étais à côté des soignants, la gifle me frôle. À moitié. Je la sens passer en fait en coup de vent. Mais je prends peur. Et ce jour-là, je me rappelle, je suis rentrée, mais j'étais tétanisée. Et les jours d'après, les jours qui ont suivi jusqu'à la fin de mon stage, je rasais les murs parce que ce patient-là, il me faisait flipper. Et c'est là où je me rends compte que cette spécialité-là, ce n'est pas pour moi. Donc quand l'infirmière, on choisit entre guillemets les services, parce qu'il y en a plusieurs, on choisit les services qui nous intéressent le plus. si après... On se met, on se sent bien. Et du coup, tout de suite, je me suis rendu compte que la psychiatrie, c'était pas ça.
- Speaker #0
C'est dur, ça. C'est violent.
- Speaker #1
C'est violent et c'est flippant.
- Speaker #0
Si t'as peur tous les jours de te faire frapper par un patient, c'est...
- Speaker #1
Les gens qui travaillent en psychiatrie, en tout cas, c'est ça. C'était hors de question que je vive ça. Et malheureusement, j'étais en psychiatrie, mais ça peut arriver n'importe où, en fait, aujourd'hui. Moi, je vois mes collègues qui travaillent aux urgences, c'est la même chose. On peut se faire frapper, agresser par quelqu'un, même qui n'est pas forcément...
- Speaker #0
Malade, totalement.
- Speaker #1
Oui, qui a des problèmes psychiatriques, et c'est flippant, en fait. Mais bon, on survit.
- Speaker #0
Et je reviens juste sur ton premier souvenir, là, sur l'accouchement. Tu as dit que la personne était en siège, et donc on lui a fait directement un césarien, et c'était le choix... C'est la solution immédiate qu'on fait quand la personne est en siège ?
- Speaker #1
En fait, quand le bébé est en siège, on n'est pas sûr que le bébé puisse passer tout en sécurité parce qu'il y a un risque justement que la tête, à la fin, ne sorte pas correctement. Et vu que la dame était déjà déclenchée, son dossier, moi je ne le connaissais pas, mais pour pouvoir faire un accouchement par siège, il faut... que le bassin soit apte à le faire aussi. En fait, il y a un examen qui permet de voir si la largeur de ton bassin permet au bébé de passer. Mais du coup, là, je ne sais pas si c'était le cas. Mais en tout cas, dans l'urgence, oui, c'est ce qui s'est fait. Parce qu'elle était déjà en train de...
- Speaker #0
Ah, en travail.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Ah ok, je ne savais pas qu'il y avait un examen comme ça. Moi,
- Speaker #1
je l'ai eu.
- Speaker #0
C'est vrai ?
- Speaker #1
Oui, parce que j'ai ma fille qui était en siège et du coup, j'ai dû faire ça pour qu'on puisse savoir si le fait qu'elle soit en siège, elle passerait. Et en fait, mon bassin n'est pas assez large pour qu'elle passe.
- Speaker #0
Ok, donc ça, c'est un test qui est fait que si ton bébé est en siège.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Ah oui, d'accord.
- Speaker #1
Oui, oui.
- Speaker #0
Je me disais, c'est bizarre, je n'ai jamais eu ça de ma vie.
- Speaker #1
Et en plus, j'avais passé aussi de liquide amniotique, même si mon bassin avait été large, ça ne passait pas.
- Speaker #0
Ok, donc césarienne automatique. Oui,
- Speaker #1
c'est ça.
- Speaker #0
Et ensuite, tes stages terminent, tu as ton diplôme. Est-ce que tu peux nous raconter brièvement ton premier poste que tu as eu en tant qu'infirmière ?
- Speaker #1
Mon premier poste, ça a été à l'Institut National des Invalides, exactement, où j'ai commencé déjà parce que j'ai eu un... En fait, quand on est étudiant, on peut faire un contrat avec certains hôpitaux. Donc en fait, pendant la scolarité, c'est comme une bourse en fait, on te verse un salaire. Et en fait, à la fin, quand tu es diplômé, tu leur dois des années où tu dois travailler pour eux parce qu'ils t'ont aidé pendant ta scolarité. Donc j'ai travaillé là-bas pendant cinq ans. La petite anecdote, c'est que ma mère a travaillé là-bas aussi. Et du coup, le contrat d'aide a été fait grâce à une assistante sociale qui, suite à la décédé de ma mère, j'ai été la voir et elle m'a proposé ça. C'est grâce à ça que j'ai obtenu ce contrat-là. Et du coup, j'ai travaillé là-bas pendant 5 ans. Et puis, au final, je me suis partie parce que je me suis rendu compte que j'apprenais pas grand-chose, mais je voulais voir autre chose. Donc j'ai commencé en 2009 et je suis partie en 2014.
- Speaker #0
D'accord. Et c'est un choix de ta part d'avoir choisi le travail de nuit ? Oui. Sur ce créneau-là ?
- Speaker #1
Oui, aujourd'hui oui. Donc les premières cinq années où j'ai travaillé, je travaillais du matin. Je travaillais du matin donc c'était assez compliqué parce qu'après en plus j'ai mon fils et ça devenait difficile pour moi de me lever tous les matins, de le préparer, de l'emmener, enfin bref. Et après, là où je travaillais aussi, ça ne me plaisait plus tant que ça. Comme je dis, je voulais voir autre chose. Et après, le choix qui s'est offert à moi, c'est que mon fils, à l'époque, il avait deux ans à peu près. Donc, il allait à la crèche, qui était à l'hôpital. Et en quittant ce poste-là, en fait, je me suis rendu compte que ma première solution, déjà, c'était de chercher un nouveau poste. Et du coup, je n'avais plus de place en crèche, puisque j'ai quitté mon ancien travail où j'avais une crèche. Et l'idée en fait est du coup... C'était de travailler de nuit pour pouvoir ne pas le mettre en crèche et donc m'occuper de lui la journée. C'était un choix entre guillemets pratique, on va dire, au départ.
- Speaker #0
D'accord, mais ce n'était pas fatigant de travailler la nuit et ensuite le matin ?
- Speaker #1
Ça n'a pas duré longtemps. Et en plus, au début, j'ai choisi ce qu'on appelle des vacations. Je ne travaillais pas tout le temps, donc j'avais le temps de me reposer. Non, ce n'était pas dur. D'accord. Ça a été.
- Speaker #0
Ok. Et raconte-nous un peu ta nuit type.
- Speaker #1
Il faut savoir que moi, je travaille de nuit depuis 2015 à peu près. Et une nuit type, généralement, on commence à 20h, on arrive, on prend les transmissions avec les collègues de jour qui nous transmettent ce qui s'est passé, les patients qu'on a dans l'inni. Et après, nous, on commence ce qu'on appelle le tour. On fait un tour du soir à 20h. Donc on rentre dans la chambre de chaque patient, on fait les soins qu'on a à faire en fonction de ses besoins, et on voit si tout va bien, et à la fin, dès qu'on a fini, on dit bonne nuit à tout le monde, et puis on fait les transmissions à nous pour la nuit. Et la deuxième partie de la soirée, on a un temps de pause, on a le droit de manger après les transmissions. et après c'est surtout de la surveillance. Je vais surtout indiquer que je travaille dans un service de sommeil où je m'occupe de patients qui sont là pour dormir. J'ai des écrans de surveillance où le reste de la nuit, c'est surtout de la surveillance pour savoir si les patients dorment bien et si les examens qu'on leur fait sont bien installés et qu'ils ne bougent pas. Et après ça, généralement, à la fin de la nuit, S'il y a des patients qui sont réveillés, on les désinstalle si besoin. Il m'arrive aussi de faire des prises de sang ou des gaz de sang si nécessaire. Mais généralement, les autres patients qui dorment encore, parce qu'on les laisse dormir jusqu'à 7h30-8h, l'heure où moi je finis, du coup souvent c'est surtout l'équipe de jour qui désinstalle les patients par rapport aux examens qu'on a dans les lits.
- Speaker #0
Et les gens qui viennent dans ton service, ils viennent pourquoi ? Parce que tu as dit que c'est un service du sommeil, mais tu viens pour dormir à l'hôpital ?
- Speaker #1
Je travaille dans un service où on fait des diagnostics d'apnées du sommeil. C'est un service de 8 lits. Notre spécialité, on appelle ça un laboratoire du sommeil, il y en a un peu partout en France. On diagnostique l'apnée du sommeil et on fait aussi la révolution des gens qui sont déjà appareillés pour des gens qui font de l'apnée du sommeil. Donc le traitement de l'apnée du sommeil, c'est quand on te met une machine, ce qu'on appelle une pression positive continue, qui t'envoie de la pression au niveau de tes voies respiratoires et du coup qui te permet de respirer et du coup de ne pas faire d'apnée quand tu dors. Donc on fait les deux, on fait le diagnostic et on fait les réévaluations des patients qui sont déjà appareillés.
- Speaker #0
Et comment ces gens-là sont diagnostiqués ? Comment on arrive à diagnostiquer quelqu'un qui fait de l'apnée du sommeil ?
- Speaker #1
Alors du coup, c'est ce qu'on fait, comme je te disais. Donc on fait un examen qui s'appelle, on en fait deux. Il y en a un qui est plus simple, qu'on appelle une polygraphie ventilatoire. On installe le patient avec deux sangles au niveau du thorax et de l'abdomen pour voir ses respirations. On lui met un capteur au niveau du doigt pour voir sa saturation, donc le taux d'oxygène dans le sang. Et on te met aussi une canule dans le nez. Ça fait comme des lunettes d'oxygène, sauf que t'as pas d'oxygène. C'est vraiment pour voir le débit respiratoire. On te met un petit bracelet connecté sur le bras. Et tout ça, on le rassemble, on le connecte. Grâce à ça, on peut voir comment tu dors dans ton sommeil, si tu fais de l'apnée ou pas. Le deuxième examen, qui s'appelle polysomnographie, est plus complexe et plus complet. Sur celui-là, on va même aller plus loin, parce qu'on va rechercher tes différents stades du sommeil. Du coup, il est plus long à installer et plus complet. On va rechercher, si tu fais ce qu'on appelle le syndrome des jambes sans repos, ce qu'on appelle des impatiences.
- Speaker #0
On va regarder le drame 2,
- Speaker #1
des jambes sans repos. vulgairement on l'appelle les impatiences il y a des gens quand ils dorment ils ont des jambes qui bougent et ça les empêche de dormir on regarde aussi le rythme du coeur, l'électrocardiogramme on te met aussi les sangles respiratoires et surtout ce qu'on te met en plus par rapport à la polygraphie ventilatoire on te met un électroencéphalogramme donc c'est sur la tête, on te met des capteurs qui va permettre de voir tes différents stades du sommeil et du coup pour voir quantifier ta qualité et ta quantité du sommeil et du coup aussi rechercher l'apnée du sommeil
- Speaker #0
Mais comment t'arrives dans ce service ?
- Speaker #1
Généralement ?
- Speaker #0
C'est quoi la jeunesse ? Moi, par exemple, je sais que je dors bien. Comment je peux savoir que je fais de l'apnée du sommeil ?
- Speaker #1
Alors, souvent, les gens qui font de l'apnée du sommeil, ils ont des plaintes particulières au niveau de leur état général. Donc, c'est-à-dire que même si tu dis que tu dors bien, que tu te réveilles, par exemple, avec des maux de tête, que dans la journée, tu piques du nez devant la télé, même des fois au volant, Ou dès que, enfin, après le déjeuner, t'es fatigué. Donc nous, pour le savoir, généralement, les gens qui viennent, c'est soit parce qu'ils ont des plaintes assez fortes, ou comme je te dis, ils se réveillent avec les mots de tête, ils sont super fatigués sur la journée, malgré une nuit où ils ont l'impression qu'ils sont reposés, mais la journée, en fait, ils sont super fatigués. Donc ils finissent par consulter pour savoir s'il y a quelque chose qui cloche. Et aussi, souvent aussi, c'est les proches. Les proches qui vont dire... Par exemple, ma femme, quand elle dort, elle fait des pauses respiratoires pendant quelques secondes. Je la vois plus respirer. Après, elle respire. Donc souvent, c'est comme ça que ça se fait. Et du coup, il y a un test qui se fait avec un score à la fin. Et en fonction de tes plaintes, on sait s'il y a besoin de te tester ou pas. Et je suis recherchée de l'apnée du sommeil.
- Speaker #0
D'accord. Donc ça veut dire que la personne va chez son médecin généraliste. Par exemple. Voilà, j'ai six à tels symptômes. Et ensuite, on le redirige vers ton service qui... Donc l'analyse pendant une nuit, avec le système dont tu as parlé, les capteurs, les écrans.
- Speaker #1
Généralement, c'est ça. Et après, il peut arriver aussi que ce soit d'autres médecins spécialisés qui envoient les patients. Par exemple, les patients qui ont fait un AVC, ont des tendances à un risque même de faire de l'apnée du sommeil derrière. On est en train d'explorer aussi une nouvelle piste avec les patients en rheumatologie qui ont ce qu'on appelle des douleurs, comment je vais appeler ça ? par ma fiche des douleurs rhumatoïdes et du coup quand on est algique aussi on explore donc il y a des patients qui sont envoyés par des rhumatologues des neurologues aussi des cardiologues enfin c'est assez vaste et parce qu'en fait l'apnée du sommeil aussi est une pathologie qui peut causer plutôt derrière des conséquences, puisque si ce n'est pas traité, notamment sur le cœur, sur le cerveau, l'AVC, et ainsi de suite.
- Speaker #0
C'est très intéressant. En tout cas, j'aurais appris des choses, parce que moi, je connaissais ton métier, mais ça permet de préciser un peu certaines choses. Et surtout, j'ai une autre question qui vient de me venir. C'est comment on arrive à faire de l'apnée du sommeil ? Cool. Qu'est-ce qui cause ça ? Qu'est-ce qui peut causer qu'à un moment donné, on fasse de l'apnée du sommeil ?
- Speaker #1
La première cause, malheureusement, c'est l'obésité. Pour expliquer banalement le mécanisme de l'apnée du sommeil, c'est que pendant le sommeil, on se met en apnée, tout simplement, pendant plus de 11 secondes, on ne respire plus, et après on recommence, et on fait ça toute la nuit. Moi, quand j'explique à mes patients, je leur dis que c'est comme si je vous mettais dans une piscine. vous faites de l'apnée pendant un second et vous ressortez et vous faites ça toute la nuit c'est une belle image et du coup donc la première cause c'est l'obésité qui malheureusement est un fléau aujourd'hui en Occident et en fait le fait d'être en obésité quand on dort en fait on a une espèce de compression au niveau des voies respiratoires tout simplement et du coup qui fait que l'air ne passe plus et du coup qu'on fait de l'apnée après il y a d'autres causes mais la première vraiment moi pour ma part Je dirais que c'est surtout l'obésité.
- Speaker #0
Ok. Et qu'est-ce que vous préconisez ? Du coup, perdre du poids ? Oui,
- Speaker #1
il y a des patients à qui on conseille de faire ça. Et aussi avoir une hygiène du sommeil « irréprochable » . Avoir un rituel peut-être ? Voilà, un rythme. Et du coup, il y a des conseils qu'on donne aux patients pour éviter d'avoir un bon sommeil et puis de ne pas avoir des... des dettes de sommeil aussi. Ça, c'est vraiment la qualité du sommeil dont je parle. Mais concernant l'apnée, oui, il peut y avoir plusieurs facteurs qui la causent.
- Speaker #0
Et on va parler un peu d'un sujet un peu tabou, disons en France, l'argent. Est-ce qu'il y a une différence de salaire entre le jour et la nuit ?
- Speaker #1
Oui, oui,
- Speaker #0
oui.
- Speaker #1
Il existe une différence au niveau du salaire parce qu'en tant que... soignant de nuit, il y a, comme on appelle ça, une pénibilité. Et du coup, en fait, on touche une prime de nuit. Tout simplement, du coup, ce qui fait que le salaire n'est pas le même que la journée, du coup.
- Speaker #0
Du fait de travailler la nuit, de ne pas avoir un rythme, disons, physiologique normal. Et sinon, du coup, question pratique, la nuit, comment vous mangez ? Ah oui,
- Speaker #1
du coup, la nuit, on a ce qu'on appelle un plateau-roba, un panier-ropa. Donc, l'hôpital nous donne un panier-ropa la nuit où on a ce qu'il faut. Tu as une entrée, un plat. Donc, tous les soirs quand tu arrives dans le frigo du service, il y a deux paquets. Enfin, parce qu'on est infirmière et soignant, chacun a son repas. Moi, je ne mange pas, mais c'est un choix. Et d'ailleurs, c'est une façon aussi de me permettre aussi de tenir la nuit. Je suis complètement fracassée. Et j'ai l'impression que mon corps ne suit plus. Et du coup, le fait de ne pas manger, je reste à jeun et je suis plus performante. Voilà, tout simplement.
- Speaker #0
Oui, parce que c'est vrai que si tu manges, il y a moyen que tu fasses une petite sieste.
- Speaker #1
Non, pas forcément, mais je suis plus fatiguée. En fait, ça engendre plus une fatigue que je ne supporte pas, d'ailleurs, surtout quand je suis au travail. Même quand je travaille deux jours, en fait c'est Le fait de manger, moi, me fatigue. Du coup, manger, c'est un plaisir. Mais je préfère le faire chez moi où je sais que derrière, je vais me détendre. Donc manger au travail et continuer à travailler derrière, pour moi, ça m'épuise, en fait. Donc c'est vraiment pour pouvoir te garder un rythme de travail et ne pas me fatiguer, tout simplement.
- Speaker #0
Ouais, et moi qui suis, qui ai été déjà à l'hôpital, je sais que souvent, on a cette crainte, si tu veux, de réveiller les infirmiers si t'as quelque chose dans la nuit. Oui. Est-ce que toi, tu as déjà eu des patientes qui, une fois arrivées à la matinée, où tu vas peut-être partir ou quitter ton service, tu as des patients qui disent « Oui, je n'ai pas osé vous réveiller » alors que tu ne dors pas. Tu es là pour travailler la nuit.
- Speaker #1
Oui, ça arrive. Moi, souvent, mes patients, je les engueule parce que moi, quand on fait le tour, c'est une des phrases que je répète au moins trois ou quatre fois avant de sortir de la chambre. Surtout, n'hésitez pas à vous soigner. On est là toute la nuit. Généralement, c'est vrai qu'il y a des patients qui n'osent pas. Souvent, c'est parce qu'ils ont des antécédents. Ils ont été peut-être ailleurs ou on les a peut-être envoyés balader.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Et du coup, ils n'osent pas. Mais j'insiste toujours sur le fait qu'on est là pour ça et qu'il ne faut pas hésiter. Mais ça peut arriver. Je trouve ça dommage que le patient qui est là pour qu'on s'occupe de lui n'ose pas nous appeler alors que nous, on est là pour lui. Mais bon, ça arrive malheureusement.
- Speaker #0
Et du coup, comment tu fais pour garder ton rythme physiologique ?
- Speaker #1
parce que le travail de nuit c'est pas propice à ça ouais c'est vrai que comme je disais comme je disais tout à l'heure oui donc c'est un travail pénible et du coup ben moi j'arrive à garder un rythme parce que du coup ça fait ça va faire 10 ans pratiquement l'année prochaine si je fais ça c'est beaucoup je me rendais même pas compte à quel point ouais moi aussi j'étais long là J'ai trouvé mon rythme parce que ça me permet de bien m'organiser côté personnel avec mes enfants. Et quand je viens au travail, tout est fait entre guillemets chez moi. Et mes enfants dorment la nuit et mon mari aussi, donc je n'ai pas à m'en occuper. Et je viens de m'occuper de mes patients et quand j'ai fini, je rentre. Donc après, côté... comment tu as dit ça ? Physiologique, moi chez... corps suit, entre guillemets, et j'ai pas de soucis par rapport à ça. On parle de pénibilité, on est fatigué, ça c'est indéniable, c'est sûr, mais je pense qu'il faut se trouver un rythme, et moi je trouve que je l'ai trouvé, et ça me convient très bien.
- Speaker #0
Parce que j'ai déjà entendu des témoignages en préparant cette émission, cet épisode avec toi, des femmes qui travaillent de nuit également, qui, elles, parlent de fatigue chronique, obésité notamment. Est-ce que c'est des choses que tu as remarquées autour de toi, de tes collègues ? Bien sûr. Ce type de problématiques.
- Speaker #1
Bien sûr. Et notamment en parlant de la pénibilité, la fatigue chronique et l'obésité, c'est reconnu ce qu'on appelle les travails postés, le travail de nuit. C'est des choses qui arrivent. Et d'ailleurs, on dit qu'on a une espérance de vie plus raccourcie que les gens qui travaillent de jour. parce qu'en fait, on inverse notre rythme circadien, tout simplement. Et du coup, le fait de vivre entre guillemets la nuit engendre des perturbations physiologiques et hormonales qui engendrent le poids. Et oui, tu me demandes si j'ai vu ça autour de moi. Oui, bien sûr. Moi, en 10 ans, j'ai travaillé avec des collègues, j'en ai vu en tout cas, qui ont pris du poids assez rapidement. Après, ça, on peut dire que c'est aussi... Or, le fait de travailler de jour ou de nuit, parce qu'il y a des collègues de jour aussi qui font la même chose. Donc c'est un travail déjà qui est assez stressant. Et le fait en plus d'inverser le rythme en travaillant la nuit, ce n'est pas évident. Mais je pense qu'il y a une éducation à se donner, une hygiène de vie à avoir pour pouvoir aussi surmonter tout ça. Mais ce n'est pas évident pour tout le monde. Oui, il y a la prise de poids, la fatigue chronique, tout ça. Oui, évidemment, c'est des choses qui existent dans ce métier-là, surtout de nuit.
- Speaker #0
Et est-ce que pour toi, parce que là, tu dis que ça fait 10 ans, ça va faire 10 ans, parce que tu as dit 2015, ça va faire 10 ans l'année prochaine. Est-ce que pour toi, on peut bosser toute sa vie, la nuit, sans pour autant dégrader sa qualité de sommeil ou sa qualité de vie, sa santé ?
- Speaker #1
Je pense que non, comme je te disais tout à l'heure, parce qu'on inverse son rythme circadien, donc du coup, son rythme physiologique naturel. Et je pense que oui, le corps en prend un coup, forcément. mais... Comme on disait au début, c'est vraiment un choix personnel déjà de base et de passion aussi par rapport à ce qu'on fait. Mais moi, aujourd'hui, je ne me vois pas retourner deux jours, par exemple. Parce que je pense que c'est quelque chose qui me convient. Et je l'ai su déjà en tant qu'étudiante à l'école d'infirmière. Parce qu'on nous donne des stages de jour, on nous donne des stages d'après-midi, on nous donne des stages de nuit. Et tout de suite, je me suis rendu compte que... Moi, ça serait soit le matin, soit la nuit. Il y a des rythmes que je ne supportais pas. Et voilà. Donc après, c'est un choix, c'est sûr. Mais il y a des conséquences, comme tu dis, derrière. Forcément.
- Speaker #0
Comme quoi tu marches, encore une fois, sur les traces de maman. Alors, conseil aussi pour aider ceux qui ont des troubles du sommeil. Toi, je sais que tu n'as pas de problème à dormir.
- Speaker #1
Jamais. Moi, j'espère que ça va continuer. Oui,
- Speaker #0
bien sûr. Parce que quand tu rentres, ton rituel, du coup, c'est de manger et puis d'aller dormir. Alors que je pense qu'il y a peut-être certaines personnes qui, eux, rentrent. Et peut-être, on aussi doit gérer certainement la famille. Peut-être, je ne sais pas, ranger. Donc, tu as aussi ce truc-là de dire, attends, je dois lancer une machine. Allez, je le fais. Ah, tiens, je vais nettoyer un petit peu là. Donc, toi, comment tu...
- Speaker #1
Comment je m'organise ? Moi, je n'ai pas de troubles. Et je me régule assez facilement. On en a déjà parlé, mais je crois que quand je travaille, mon cerveau est conditionné. Il est conditionné, donc moi, mon rythme, c'est que dès que j'ai fini, je rentre chez moi et voilà, douche, déjeuner, enfin du coup, dîner, parce que je ne mange pas la nuit, donc je dîne le matin. Le rythme est inversé.
- Speaker #0
Donc tu dînes petit-déj, non ?
- Speaker #1
Voilà, c'est un dîner petit-déj, mais voilà, donc je mange et après je l'y ai. Et je me réveille pour aller chercher les enfants quand c'est mon tour de le faire, parce que du coup, mon mari, des fois, il fait du télétravail. Et du coup, du coup, pendant le télétravail, c'est moi qui vais les chercher, mais c'est une à deux fois par semaine. Donc, on arrive à s'organiser comme ça, mais mon rythme est assez carré, entre guillemets. Je n'ai pas de troubles au niveau de la récupération. Ce qui arrive souvent, par contre, c'est qu'en fin de série, où j'ai, par exemple, une semaine où j'ai fait quatre nuits, oui, je suis fatiguée, parce que je répète ça tous les jours, et que, du coup, mes heures de sommeil ne sont pas forcément de la bonne durée. Parce que, il y a aussi l'inversement du rythme, forcément. quand on dort la journée au lieu de dormir la nuit on n'a pas la même récupération que quand on dort la nuit forcément donc déjà la durée de repos et les raccourcis et l'inversement du cycle tout simplement donc la fin de semaine je suis fatiguée mais je récupère très rapidement là par exemple tu me vois, est-ce que tu dirais que je suis fatiguée ?
- Speaker #0
t'as la pêche,
- Speaker #1
c'est en forme j'ai fait ma dernière nuit hier, j'ai fini le matin je suis rentrée, j'ai fait mon dodo jusqu'à quelle heure il était ? 16h30 à peu près je me suis levée et puis voilà c'est reparti j'ai fait ce que j'avais à faire avec mes enfants je profite et puis je suis dans mon lit pour faire ma première nuit complète et le samedi matin généralement je pète la forme ben ça se voit voilà et autre
- Speaker #0
question c'est est-ce que t'arrives à dissocier ton rôle d'infirmière donc de soignant à celui de mère femme soeur ou amie comment je vais répondre à ça C'est surtout, je te pose la question, parce que déjà au début tu parlais de comment tu t'as acté le fait de devenir infirmière du coup, donc par le biais de la découverte de la maladie de notre sœur Angèle, et aujourd'hui aussi Sophie, qui a aussi contracté il y a quelques années, il y a trois ans de cela si je ne me trompe pas, bientôt quatre, un cancer du sein. Alors comment t'arrives à dissocier ces rôles-là ? Parce que c'est pas facile en réalité. Quand t'es aidant proche, c'est compliqué. Déjà même en tant qu'infirmière, dans le médical, c'est compliqué. Alors toi, peut-être c'est encore différent.
- Speaker #1
C'est différent et c'est dur. Parce que moi, en tant qu'infirmière, il y a des choses que je sais, il y a des choses que je vois, qui ne vont pas forcément être vues par vous. Et ce n'est pas évident aussi parce qu'on porte aussi la casquette de sœur et de soignante. Du coup, moi, j'arrive à peu près à dissocier où je dois me situer, mais pas toujours, évidemment. Surtout actuellement avec notre sœur Sophie, où ça a été compliqué, notamment sur l'année dernière. Beaucoup, beaucoup. Mais c'est surtout sur ces deux dernières années où je me rends compte que des fois, je n'arrive pas à le faire. cet exercice de dissocier la sœur et le soignant. Et ce n'est pas évident, ce n'est pas facile. Mais je me dis qu'il faut que je fasse ma part de sœur, déjà, avant de faire la part de soignant. C'est parce que ce n'est pas ça qu'on me demande aujourd'hui. Mais ce n'est pas évident de dissocier les deux casquettes, malheureusement.
- Speaker #0
Non, c'est super complexe parce qu'en plus, en tant que soignante et faisant partie du milieu, quelque part, on te demande aussi. D'être notre infiltrée.
- Speaker #1
Un peu. Et du coup, j'ai des questions, j'ai des demandes en tout cas venant de vous auxquelles peut-être des fois je me dis, est-ce que c'est bien que j'y réponde ou pas aussi ? Il y a des questionnements et j'essaie de faire la part des choses et surtout de me dire qu'avant tout, pour vous, je suis la sœur et non l'infirmière.
- Speaker #0
Non, non, mais t'as raison. Moi, en tout cas, je te dirais aujourd'hui, avant tout d'être infirmière, tu restes une sœur, en tout cas, par rapport à nous et aux proches. Mais c'est sûr que, clairement, quand t'es infirmière, t'auras certainement des sollicitations d'ailleurs, d'amis, si quelqu'un a besoin d'une aide particulière, une info sur tel ou tel hôpital que je ne sais-je.
- Speaker #1
Oui, parce que là, du coup, on a parlé que de nous entre sœurs, mais par exemple, tu m'as posé aussi par rapport à mes enfants. C'est pas évident. Comme je te dis, c'est pas évident même par rapport à mes enfants. Donc, on a la charge de mère, mais aussi on a la charge, entre guillemets, de soignante. Donc, savoir voir... Mais non, c'est pas mon rôle. Je dois d'abord faire la mère avant de faire la soignante. Mais c'est là où je dis que c'est pas évident d'avoir les deux casquettes, évidemment.
- Speaker #0
Bah oui, parce qu'en plus, déjà dans le rôle de mère, déjà pour moi, tu es déjà soignante. Bien sûr. C'est un clou dedans.
- Speaker #1
Oui, c'est vrai.
- Speaker #0
C'est dans le package. Ouais,
- Speaker #1
tu connais.
- Speaker #0
Ouais. Et comment eux, ils le vivent ? Est-ce qu'ils te sollicitent ? Tu ressens qu'ils te sollicitent toi en tant que mère ou en tant qu'infirmière ? Non,
- Speaker #1
en tant que mère. Mes enfants, en tant que mère.
- Speaker #0
Ils ont bien compris que tu es infirmière, mais qu'avant tout, tu es maman.
- Speaker #1
Oui, oui.
- Speaker #0
C'est super. Et quel type d'évolution une infirmière comme toi peut-elle expérimenter ?
- Speaker #1
Moi, à mon stade, on travaille en laboratoire du sommeil. Il y a plusieurs opportunités, dont la première, ça a été de passer un diplôme spécifique. Aujourd'hui, je suis infirmière, j'ai deux casquettes. Je suis infirmière et technicienne du sommeil. J'ai passé une année à l'université, je suis retournée sur les bancs de l'école.
- Speaker #0
Alors, tu es revenue sur les bancs ?
- Speaker #1
C'est ça, en 2022. Et du coup, grâce à ça, on peut avoir une évolution. ou même plusieurs opportunités dans ce milieu qui finalement est en pleine évolution. Et on se rend compte aujourd'hui que c'est une demande assez forte, parce qu'en fait on se rend compte qu'il y a vachement de gens qui ont des problèmes justement au niveau du sommeil, et dû donc à notre rythme de vie, que ce soit au niveau de l'obésité, l'alimentation, que ce soit au niveau de la technologie qui évolue, donc les écrans qui favorisent du coup. du coup, la réduction du sommeil. Parce qu'en fait, l'écran bleu, les gens ne le savent pas, le fait de scroller H24 pendant plusieurs heures fait qu'on réduit son sommeil et ça stimule l'éveil, en fait. Donc, c'est une des règles d'hygiène du sommeil qu'il faut apprendre à éteindre son téléphone et dormir.
- Speaker #0
C'est pour ça que je parlais tout à l'heure de rituel, en fait, de se dire, je ne m'endors pas avec mon téléphone dans les mains.
- Speaker #1
Non, surtout pas, c'est déconseillé.
- Speaker #0
Ouais, et tout à l'heure, tu disais que justement, une opération augmentation de la demande des infirmières. Tu ressens que dans ton service, peut-être, il y a...
- Speaker #1
Deux infirmières, non, mais de la demande au niveau du sommeil en particulier. Les techniciens du sommeil. Je parle surtout du sommeil. Toi, tu me demandais surtout en tant qu'infirmière.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
en globalité. Oui, bien sûr qu'il y a des petites évolutions. C'est vrai que l'infirmière, c'est un métier assez large. On peut faire... On peut travailler en institution, donc à l'hôpital, on peut travailler en clinique, on peut travailler de jour, on peut travailler de nuit, on peut travailler à l'aide libérale, on peut même s'exporter à aller travailler à l'étranger. Il y a vraiment beaucoup de fenêtres ouvertes à ce métier-là.
- Speaker #0
Et est-ce qu'on peut devenir un médecin ?
- Speaker #1
Bien sûr, évidemment.
- Speaker #0
Et je te dis ça parce qu'au départ, tu disais que tu étais justement entourée de personnes qui étaient médecins. Est-ce qu'à un moment donné, tu n'as pas aussi voulu être médecin ? Parce que je sais que la chirurgie, c'est quelque chose qui te... passionne, même étant petite, je te voyais décortiquer des trucs. Je me disais, c'est ce que je cherche.
- Speaker #1
Tu te rappelles de ça ?
- Speaker #0
Bien sûr. Et même aujourd'hui, je sais qu'il y a des choses, des thèmes, voilà, triturés, des trucs un peu... Voilà quoi. Où il y aura du sang à un moment donné.
- Speaker #1
Oui, tu parles de... Comment dire ? Comment t'as dit ça ?
- Speaker #0
Oui, parce que je sais qu'à un moment donné, t'as eu une vocation de vouloir être médecin.
- Speaker #1
Alors, c'est même très précis. Je me rappelle, il y a une époque, je disais, je voulais être cardiologue. C'était hyper précis. Il fallait que je m'occupe du cœur des gens. Je ne sais pas. Je ne saurais pas te dire, mais je disais la cardiologie, c'est avec moi, mon titre, c'était médecin cardiologue.
- Speaker #0
Et ça, c'était quand, ça ?
- Speaker #1
Ah non, mais j'étais très jeune. Je pense que c'est une chose que je sais peut-être qu'on était au Cameroun, qu'on arrivait en France. Ah ok.
- Speaker #0
Attends, mais du coup, ce n'est pas un lien avec Sophie, peut-être ?
- Speaker #1
Je ne sais pas. Je ne peux pas te répondre.
- Speaker #0
Je dis ça parce que, du coup, Sophie... étant bébé, elle a eu une opération du cœur. C'est pour ça que je te pose la question.
- Speaker #1
Je ne sais pas d'où ça me venait, mais ce que je disais au début, c'est que je savais que je finirais en milieu stélien, c'est sûr. Que ce soit médecin, que ce soit chimie, que ce soit sage-femme, ce n'était pas ailleurs. Ça, je le savais.
- Speaker #0
Aujourd'hui, tu es assez satisfaite de là où tu es, de ton poste d'infirmière. Une autre question, si tu étais, disons, ministre de la Santé, qu'est-ce que tu mettrais en place pour améliorer le quotidien des soignants ?
- Speaker #1
Tu vas rigoler, mais si j'étais ministre de la Santé, je ferais en sorte qu'on vive... L'engouement, enfin l'engouement, l'euphorie qu'il y avait autour de ce qu'on faisait pendant le Covid, un plein Covid.
- Speaker #0
C'est marrant, j'allais parler de ça. Ok, comment ça ? Par rapport aux infirmières ?
- Speaker #1
Ouais, aux soignants en général. On nous a pris, je mets bien des guillemets...
- Speaker #0
Comme des soldats.
- Speaker #1
Voilà, des héros. Cet engouement qui s'est tout raplatit juste après, quand ça s'est terminé. Aujourd'hui, on ne nous considère plus comme on nous a considéré pendant cette période-là. Et quand je dis que j'étais ministre, je ferai en sorte que ça continue, parce que pendant cette période-là, en tant que soignante, après, je vais parler pour moi, parce qu'on nous a considérés, même si on n'avait pas le matériel pendant cette crise où ça a été difficile pour nous, mais on s'est occupés de nous. on a reçu des... Alors moi je travaille à l'hôpital Saint-Joseph, on recevait des livraisons, que ce soit des boulangers, que ce soit des... plein de gens, des pâte-ropas ont venu nous soutenir. On a eu des choses qui sont créées pour nous, pour nous aider à, comment dire, à ne plus avoir ce stress. Notamment, grâce à Brigitte Macron, on a eu ce qu'on appelle un espace bulle. Donc, c'est un coin, en fait, où on peut aller se détendre avant d'aller travailler où les gens qui sont dans la journée peuvent aller pour se détendre. On a un espace avec des estos de... ostéopathe, psychologue, tabacologue, même médecin, je crois. Mais du coup, ces choses-là ont été mises en place suite au Covid. C'est pour ça que je vous ai dit que si j'étais ministre de la Santé, je ferais en sorte que les soignants se sentent comme à cette époque-là.
- Speaker #0
Mais du coup, ça veut dire que ces choses-là qui sont mises en place, elles n'existent plus ?
- Speaker #1
Non, la bulle, par exemple, elle existe toujours.
- Speaker #0
Donc il y a toujours des psychologues ? Oui. Il y a toujours des... Ok,
- Speaker #1
d'accord. Mais le... L'attention qu'on a eue à cette époque-là n'existe plus.
- Speaker #0
On ne te considère plus.
- Speaker #1
Tu n'as rien. Et voilà, c'est tout.
- Speaker #0
La crise, elle est passée.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Le Covid est fini.
- Speaker #0
Non, mais je comprends.
- Speaker #1
C'est dommage, enfin. Oui, tu vois.
- Speaker #0
Non, mais en vrai, moi, je comprends. Parce que pour moi, réellement, les personnes soignantes, c'est ceux qui sont importants. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, tous les soignants démissionnent. Tous les soignants arrêtent de travailler. Le pays s'arrête. Plus rien ne fonctionne.
- Speaker #1
Oui, parce que si t'es malade, si t'es pas en bonne santé, tu peux rien faire.
- Speaker #0
Mais voilà. Donc, pour moi, c'est vous, en tout cas, ces métiers-là qui sont importants. Mais bon, on valorise des gendarmes, des politiciens.
- Speaker #1
Non, après, je suis pas là pour dénigrer aussi les autres métiers, c'est sûr. Mais je pense qu'on tient une place quand même importante dans le circuit, entre guillemets, de la vie en général. Et du coup, si notre existence... Si il n'y avait pas notre existence, il y a plein de gens qui ne pourraient pas faire ce qu'ils font aujourd'hui. La santé passe avant tout, en fait. Et du coup, en tant que soignante, je pense que le fait que j'existe aide une personne aujourd'hui et même demain à faire ce qu'elle a envie de faire. Parce que je suis là.
- Speaker #0
Je comprends, je comprends. Et si demain, un de tes enfants te dit « je veux être infirmière » , est-ce que c'est un métier que tu t'encourages à faire ? Aujourd'hui, connaissant le fonctionnement actuel ?
- Speaker #1
Oui, il faut un mois, je ne dirais pas non. Mais je pense que Bon, ça, on en a déjà parlé, mais je pense que la chose importante qu'il faut surtout dire aux enfants, c'est de faire ce qu'ils ont envie de faire. Mais aujourd'hui, mon enfant, s'il me dit qu'il veut faire infirmier ou infirmière demain, oui, je vais le soutenir. Je le soutiendrai et je l'accompagnerai comme je pourrais, en tant que maman.
- Speaker #0
Évidemment.
- Speaker #1
Etant passé par là, en plus, du coup, ça sera peut-être plus simple pour moi.
- Speaker #0
Est-ce que tu pourrais nous partager un moment de ta carrière, là, sur les dernières années qui sont passées, qui a été le plus dur ? dramatique qui t'a marqué dans ton parcours ?
- Speaker #1
Sur les dix dernières années ?
- Speaker #0
Oui, sur ton parcours de ta carrière d'infirmière.
- Speaker #1
Je pense que c'est le rapport à la mort qui a été hyper difficile dès le début parce que ma mère, notre maman, est décédée juste trois mois après mon intégration à l'école. du coup donc comme j'ai dit au début elle était infirmière et ça a été une épreuve hyper difficile et du coup le rapport à la mort que ce soit en stage, que ce soit aujourd'hui en tant que soignante ça a été difficile mais j'ai eu un soutien qui m'a permis à essayer du coup de pouvoir comment dire, de pouvoir surmonter les épreuves de décès de mes patients. Donc, j'ai un défaut des fois, c'est que je fais ce qu'on appelle un transfert. On s'attache à son patient et du coup, tout ce qui va lui arriver peut me toucher. Malheureusement, pourtant, c'est juste un patient. C'est un défaut, mais c'est aussi de l'humanité, malheureusement. Enfin, heureusement, plutôt. Et du coup... Le rapport à la mort a été très très dur sur les dix premières années. Aujourd'hui, je pourrais dire que c'est peut-être un peu moins, mais c'est parce que j'en vis aussi beaucoup moins des décès dans mon service par exemple. Mais les cinq premières années où je suis arrivée à l'hôpital où je travaille aujourd'hui, oui, ça a été difficile. Ça a été très très difficile, sachant que j'ai eu des patients en plus en cancérologie, donc des patients qui n'étaient pas stables. On a une espèce de frayeur, enfin de frayeur, d'anxiété liée à la mort qui du coup... Du coup, quand on a des patients qui sont hyper fragiles, c'est pas évident. Et du coup, tout ça, c'est en lien avec aussi la peur de ma mère qui était brutale. Ce rapport à la mort a été compliqué depuis très très longtemps. Depuis le début.
- Speaker #0
Et donc, du coup, quand ça se passe, tu prends l'initiative d'aller dans cette bulle ou d'aller consulter peut-être un psychologue ?
- Speaker #1
La bulle, tiens, en parlant de la bulle, moi, je la squatte pas. On disait, enfin, du coup, maintenant, en 5 ans qu'elle a été créée, j'ai dû mettre Peut-être les pieds deux, trois fois. Parce que ce n'est pas un endroit où je vais spécialement.
- Speaker #0
Là, il faut profiter de ce que Macron, Bérybuth, nous a donné.
- Speaker #1
C'est la maraîle, mais non, je ne sais pas. Je n'y prête pas trop. Il y a des gens qui aiment bien y aller, et c'est tant mieux pour eux, parce que ça apparemment, ça les aide. Mais ce n'est pas un point où j'ai tendance à vouloir aller. Mais non, le soutien psychologue, pas forcément. J'ai une anecdote. Enfin, une anecdote. Là où je travaillais avant, pendant cinq ans aux Invalides, j'ai eu un décès d'un patient on l'a maintenu en vie pendant très très longtemps, c'était une fin de vie ce qu'on appelle une fin de vie, donc c'est un patient on sait que finalement, quoi qu'il arrive, il va y passer et on a fait ce qu'on appelle des soins de confort pour l'accompagner et en fait à la fin, quand il est décédé c'est comme si j'avais un poids qui tombait, c'est un patient avec qui j'avais pas du tout d'affinité ou quoi que ce soit mais c'est ce processus de fin de vie qui est douloureux, où tu sais, tu t'occupes Merci. La personne, et à la fin, quand elle lâche, tu lâches aussi. C'est dur, en fait. Et du coup, là où je travaillais, on avait des cellules de... C'est pas des cellules de crise, mais on avait des réunions pluridisciplinaires où, à la fin, justement, de ce genre de choses, on en parlait. Donc, les médecins, les personnes qui s'occupaient de lui, les psychologues, les ergothérapeutes, les kinés, les étudiants, tout le monde est là. On fait une réunion, on en parle. Et du coup, moi, ce patient-là... en particulier m'avait touchée. D'ailleurs, c'était un moment où j'ai pleuré. La psychologue m'a dit, Alice, tu as le droit, c'est normal, tu es humaine avant tout. Apprends à l'accepter, à le prendre. Je pense que ces phrases-là, ces mots-là m'ont beaucoup aidée par la suite. C'était il y a une dizaine d'années, voire plus. Cette psychologue-là, je la remercie beaucoup parce qu'elle m'a donné une piste de pouvoir surmonter ça.
- Speaker #0
Une ouverture de pouvoir parler vraiment de ce que tu avais vécu à ce moment-là. C'est vrai. Ok, je te laisse nous donner un dernier mot de la fin. Qu'est-ce que tu veux qu'on te souhaite ? Qu'est-ce que tu as envie de partager ? Un mot par rapport à ton métier d'infirmière ?
- Speaker #1
Tout d'abord, dormir, c'est la vie. Un des messages que je voulais partager, parce que du coup, en étant spécialiste du sommeil, je pense que c'est un des messages qu'il faut... partager parce que si on ne dort pas, on peut en mourir. Le repos, c'est hyper important. Et du coup, si vous avez des problèmes aussi, n'hésitez pas à me contacter. Je peux aider. Au niveau du sommeil, je parle évidemment. Pas autre chose.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Donc, n'hésitez pas à me solliciter. Et sinon, comment dire, ce qu'on pourrait me souhaiter, c'est de continuer à progresser dans ce milieu-là et pouvoir aider un maximum de personnes. Et pouvoir aussi m'aider moi-même. Parce que ce n'est pas évident aussi de vivre ce qu'on vit forcément en tant que soignante. Mais aujourd'hui, je trouve que je m'en sors bien. Et j'espère continuer comme ça jusqu'à ma retraite.
- Speaker #0
Parfait. Écoute, merci à toi.
- Speaker #1
Merci à toi aussi.
- Speaker #0
Je te souhaite de bien continuer à t'occuper de tes patients.
- Speaker #1
Merci.
- Speaker #0
Peut-être à t'ouvrir davantage sur ton métier. En tout cas, moi, j'aurais découvert des choses aujourd'hui. que je ne savais mais que à demi-mot. Oui,
- Speaker #1
bien sûr.
- Speaker #0
D'où l'importance, encore une fois, de ce podcast. Moi, j'apprends des choses et voilà. Donc, c'est super. En tout cas, merci à toi et je te souhaite bonne continuation. Et puis, de toute façon, on va aller se boire un petit café.
- Speaker #1
Oui, merci beaucoup et merci de ton accueil et de l'intérêt aussi que tu as apporté à mon métier. Et ça a été un plaisir de le partager. Et j'espère que ça ouvrira, enfin, ça permettra aux personnes aussi de découvrir ce qu'on fait. en tant que soignante, en tant qu'infirmière et en tant que technicienne du SEMAI surtout je précise parce que j'ai une double casquette c'est vrai,
- Speaker #0
bravo d'ailleurs pour ton déluge que tu as c'est super à bientôt pour d'autres échanges,
- Speaker #1
bye bye bon,
- Speaker #0
et bien si vous êtes là c'est que vous avez écouté jusqu'au bout et que l'épisode vous a plu comme vous l'avez entendu, Alice reste à l'écoute si vous avez des questions à lui poser, son contact est disponible dans la bouche description de cet épisode et comme toujours, n'hésitez pas à partager cet épisode autour de vous. On se dit à bientôt sur Banco Moulin.