- Speaker #0
Moi, Aramoutse, vous écoutez Bamboula, le podcast identitaire, et cet épisode est en collaboration avec le Média Horse qui diffuse de l'information et du divertissement. Alors, la commu, cette fois, je vous propose, enfin non, je vous impose un épisode rare et intensément exceptionnel. Pourquoi ? Parce que mon invité était tireur d'élite à l'armée française, un métier hors du commun que même lui ne s'y voyait pas avant que ça arrive. Donc cet épisode se fera en deux parties où on va parler de la dureté de l'armée, le choc de sa famille, les épreuves émotionnelles et psychologiques, le conflit que ça a provoqué avec sa mère, des missions compliquées où il a dû faire face à ses frères en Côte d'Ivoire et la seconde partie se fera dédiée aux différents métiers qu'il a effectués avant de devenir coach sportif et mental. Des rebondissements en fait qu'il va rencontrer tout au long de ce parcours. Et à la fin, bien évidemment, si vous avez des questions, posez-les en commentaire. Et encore, merci de continuer à suivre ce podcast et à le soutenir. Abonnez-vous sur Spotify, Apple Podcasts, partout en fait la communauté.
- Speaker #1
C'est parti avec Thierry.
- Speaker #0
C'est un épisode assez spécial parce que je suis avec un invité, j'ai envie de dire exceptionnel. Thierry qui est donc tireur d'élite et qui a décidé à un moment donné de sa vie de basculer pour devenir coach sportif. Tout d'abord, je remercie quand même le studio Ors qui nous invite, qui nous fait grâce de nous accueillir dans ces locaux. Alors déjà, comment tu vas, Thierry ?
- Speaker #1
Au top du top.
- Speaker #0
T'es au top, là ? T'es bien installé, t'as tout ce qu'il faut ? T'as bien l'acquis, là ?
- Speaker #1
J'ai rien à dire.
- Speaker #0
Parfait. Alors, comment je démarre, moi, dans cette émission en général ? C'est que je demande à mes invités s'ils connaissent la définition du mot « bamboula » .
- Speaker #1
Définition du mot « bamboula » .
- Speaker #0
Qu'est-ce que ça veut dire pour toi ?
- Speaker #1
Écoute, le côté... Si je remonte, on va dire... Comment t'expliquer ça ? En fait, aujourd'hui, c'est tellement utilisé de façon péjorative qu'on oublie les origines. Et de mémoire, je crois que c'est un instrument ou quelque chose comme ça des côtés Sénégal ou Mali. Et... Merci. Il y a aussi une notion de danse, il me semble. Mais après, je ne saurais pas dire un peu plus. Je sais qu'aujourd'hui, depuis presque 100 ans, maintenant, c'est devenu super péjoratif. Et les gens ont tendance à utiliser ce terme-là pour justifier soi-disant la fiesta ou des trucs comme ça.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai.
- Speaker #1
C'est plutôt péjoratif si on se l'avoue.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai. En tout cas, dans le milieu français, francophone, surtout en France, c'est considérable. comme un terme négrophobe. Et effectivement, tu as bien noté le fait qu'à un moment donné, on disait faire la bamboula pour, disons, faire la fête, faire la fiesta. Et aussi ce que tu as dit sur le Sénégal ou le Mali. En réalité, c'est le tambour. Ils parlent d'un tambour pour désigner bamboula. Après, moi, j'ai fait mes recherches. J'imagine que ça t'intéresse. connaître la définition. Donc moi, comme j'ai fait mes recherches, du coup, je me suis dit que c'est important de révéler le vrai sens de ce mot-là. Et en fait, en réalité, Bamboula veut dire se souvenir ou se rappeler. Et c'est un historien en Congo qui s'appelle Laskoni qui a donné notamment cette définition. Et il semblerait que les Africains déportés en Louisiane scandaient ce mot-là pour se rappeler d'où ils venaient et surtout qui ils étaient. Et donc d'où cette histoire de fiesta, de tambours, parce que du coup ils tapaient sur des tambours. Et je pense que c'est de là que c'est venu le mot faire la bamboula et du coup faire la fête. Et en fait à un moment donné ça a été détourné par, je ne sais pas si tu connais le village de Bamboula. Il y avait de la publicité qui avait été faite dans les années je pense 90. Le village de Bamboula où en fait des Ivoiriens avaient été séquestrés. disons kidnappés pour animer ce village et du coup en fait les gens venaient pour disons voir des africains faire disons l'africain j'ai envie de dire et animer en fait le village c'était un zoo humain en fait.
- Speaker #1
Mais il me semble que ce zoo il était ouvert jusqu'au milieu des années 90.
- Speaker #0
Ouais c'est ça je crois qu'il a fermé je crois qu'il a ouvert en 92 et fermé en 94 quelque chose comme ça et c'était tenu par un couple de français qui l'ont ouvert et qui après a été enfermé par la suite. Donc voilà. Il y avait aussi les biscuits Saint-Michel avec un petit bonhomme qui s'appelait Bamboula, avec des images un peu grossiers du noir qui étaient représentées.
- Speaker #1
Du millier de rabaisser la culture de... de l'homme noir.
- Speaker #0
Tout à fait, c'est ça.
- Speaker #1
En plus, comme tu l'as dit, c'est un mot à la base, c'est au souvenir.
- Speaker #0
Moi,
- Speaker #1
je crois qu'il y avait un rapport avec la joie aussi. Oui,
- Speaker #0
avec la joie !
- Speaker #1
Et donc, quand on dit faire la bamboula, on ramène à, ah, ils savent que faire la fête, ils sont juste joyeux, meneux et tout.
- Speaker #0
Non, c'est aussi pour ça, je pense qu'ils ont peut-être, disons, les colons qui ont choisi ce mot-là, ils ont voulu nous rabaisser, nous... Nous mettre juste dans cette case de, comme tu dis, faire la fête, faire la fiesta, qu'on est bon qu'à ça, et en plus qu'on n'est pas très réfléchi.
- Speaker #1
C'est pour ça qu'aujourd'hui on dit, oh les Noirs, il ne faut que faire la fête.
- Speaker #0
Exactement. Donc du coup, l'idée c'est vraiment de casser cette image-là et de revenir aussi à se souvenir de qui nous sommes nous en tant qu'Africains, d'où on vient, et donc de se rappeler aussi d'où on vient en fait, notre histoire, notre culture, qu'est-ce qu'on est venu faire dans ce monde, pourquoi on dit toujours que... L'homme noir, c'est le premier être humain à arriver sur Terre. Voilà, il y a toutes ces choses-là. Et après, par la suite aussi, j'ai eu en contact un sociolinguiste qui s'appelle Mawete Makisosila. Et en fait, je savais qu'il était expert des langues bantou. Et donc, je lui demande si c'est lui la définition, enfin, comment il définit le mot bamboula. Et en fait, il me dit non, mais ça veut simplement dire les pluies. Et moi, je dis mais comment ça, les pluies ? j'étais juste estomaqué et il me dit non en fait il faut décomposer le mot et en réalité bon boulat c'est juste les pluies, en gros le bas c'est le lait et le boulat c'est pluie et pourquoi en fait il explique ça parce qu'à une certaine époque les anciens enfin en gros nos ancêtres si tu veux ils comptaient les années en utilisant les saisons de pluie et d'où en fait qu'on dit le mot bon boulat c'est juste les pluies et du coup pourquoi souvenir en réalité c'est la même en fait c'est lié parce que Les pluies, les années, les saisons de pluie, du coup le passé, se souvenir, se rappeler, ça évanque encore une fois l'idée de retourner en arrière, l'idée de passer, ce qui s'est passé dans les dernières années. Et moi, ça fait un sens parce que dans ma langue, en fait, le Kiarwanda, pour dire pluie, on dit mbwura. Et du coup, mbwura, c'est exactement la même nomenclature. Et moi, je me suis dit, mais c'est dingue que ces mots-là ont tous le même sens. Et dernièrement, d'ailleurs, j'ai découvert que dans une langue Wolof, Bamboulane voulait dire l'océan. Donc encore une fois, c'est l'idée d'eau. En tout cas, j'invite tout le monde à écouter les derniers épisodes que j'ai déjà fait où j'explique en fait toutes les dimensions de ce mot-là. Il y a encore d'autres dimensions que j'ai déjà expliquées dans un autre épisode. Mais comme aussi, l'idée aujourd'hui, c'est de parler de toi. Pas parler que de Bamboula.
- Speaker #1
Mais en tout cas, je dormirais moins bête.
- Speaker #0
Exactement. Et est-ce qu'on t'a déjà qualifié toi de Bamboula, par exemple ?
- Speaker #1
Aussi longtemps que je puisse me souvenir, alors je ne pense pas que ce soit arrivé à un âge où j'étais conscient. Je te dis ça parce que quand t'es petit, surtout de ma génération, je pense qu'il y avait encore une certaine façon de s'exprimer. Je te donne un exemple. Lorsque j'étais plus jeune, à l'époque du CPC1, on avait tendance à me dire « Non, ton nom de famille ne se prononce pas comme ça, mais comme ça. » Et moi, quand je rentre à la maison, je dis à ma mère « Je m'appelle Thériault-Tel. » Elle me dit « Qui t'as dit ça ? » « Non, ton nom de famille, c'est comme ça. » « Non, le professeur, il a dit que c'est comme ça. » « Enfin, la maîtresse. » « Non, personne ne sait mieux que nous, on prononce comme ça. » Et donc, toi, quand t'es petit, tu te dis mais... La maîtresse, elle connaît mieux que ma mère, non ? Donc...
- Speaker #0
Ouais, c'est difficile.
- Speaker #1
C'est difficile, et puis tu dis, bon... Tes parents, ils sont pas une valeur sûre, tu vois, dans l'explication de certaines choses. C'est pour ça que peut-être qu'à cette époque-là... Il y a peut-être un ou deux adultes qui ont dû utiliser le terme devant nous. Ouais, les enfants, arrêtez de faire la rote, bon boulot. Mais tu n'es pas conscient parce que toi, tu dis, tu vois la télé, bon boulot, tout. Tu dis, c'est un mot qui n'a pas une connotation négative.
- Speaker #0
Qui pourrait même te qualifier toi dans des termes pas très élogieux.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Waouh, ce n'est pas simple.
- Speaker #1
C'est pas simple, mais j'ai envie de te dire, c'est une période où t'es innocent. Je sais pas encore comment le monde fonctionne, les codes, les petits sous-entendus. Donc toi t'es innocent, tu dis c'est normal. Mais aujourd'hui, je pense qu'en 2026, un enfant qui a 7-8 ans, je parle bien de l'enfant afro, il a raté d'autres armes, ses parents l'ont. préparés vraiment à ça. Ils ont intérêt à le faire. Je ne pense pas qu'aujourd'hui tu vas dire à un enfant, même au-delà de ça, les professeurs, je pense qu'aujourd'hui, si un prof dit les enfants, arrêtez de faire l'hamboubou là, dès le lendemain, il va être convoqué.
- Speaker #0
Ah ben, j'espère bien. En tout cas, moi, je prends en sorte de le convoquer. Il faut,
- Speaker #1
c'est très important. Donc, c'est pour ça que j'ai pas mal de recul sur tout ça. oui, tout ce qui est racisme et tout, on a ça. Maintenant, c'est comment toi tu gères tout ça ? Comment tu affrontes tout ça ? Est-ce que tu restes dans la victimisation ou est-ce que tu dis, ah bon ? Vous allez voir.
- Speaker #0
Oui, oui, oui. Tu vas attaquer.
- Speaker #1
C'est un peu de ça que j'ai utilisé pour... pour ma carrière professionnelle et dans ma vie, pour avancer.
- Speaker #0
Ouais, de toute façon, on va en parler. Mais maintenant que tu connais la définition, est-ce que c'est quelque chose que tu as envie peut-être d'expliquer différemment à tes neveux, à tes jeunes ? Ouais,
- Speaker #1
je pourrais l'expliquer comme il se doit et leur faire la différence. Ça, c'est sûr. C'est vrai que c'est tellement large parce que tu as eu... On reprend le terme, l'eau, tout est relié, ce que c'est joie, mais au moins c'est beaucoup plus clair et facile à expliquer. Ok,
- Speaker #0
super, bon bah, tant mieux.
- Speaker #1
Merci à toi.
- Speaker #0
Alors, avec plaisir, alors avant de poursuivre, est-ce que tu peux nous dire un peu qui tu es Thierry, te présenter à nos auditeurs ?
- Speaker #1
J'ai 43 ans. C'est pas simple de se décrire. Je sais,
- Speaker #0
c'est un exercice pas facile.
- Speaker #1
C'est pas facile parce que je sais qui je suis, ce que je fais, et je pourrais te l'expliquer, ça peut paraître un peu prétentieux pour d'autres personnes, et d'autres personnes qui vont dire ouais, il m'inspire et tout. Maintenant, pour rester assez large, j'ai envie de te dire... Je suis un petit mec de 43 ans qui roule bien sa bosse. J'ai un beau parcours professionnel, selon moi. Une belle famille. Beaucoup d'amour autour de moi, que ce soit dans l'amitié ou autre. Donc, c'est pour ça que j'ai... Pour moi, en fait, je vois tout. Oui, c'est un ensemble. C'est un ensemble. Je me dis, waouh, j'ai la chance d'avoir la vie que j'ai.
- Speaker #0
C'est ça,
- Speaker #1
ouais.
- Speaker #0
Tu te qualifies en fait avec les personnes qui t'entourent réellement et pas juste en tant que toi, toi-même.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Ok, très bien. Et bon, comme on a dit, tu étais tireur d'élite. Qu'est-ce qui t'a fait te faire engager dans l'armée ?
- Speaker #1
C'est une bonne question.
- Speaker #0
Mais là pour ça,
- Speaker #1
moi je suis là pour poser la question. Tu sais que jusqu'à aujourd'hui on me pose souvent cette question, comment je me suis retrouvé à l'armée. Il faut savoir qu'entre le moment où je rentre à l'armée en 2003 et le moment où je décide d'intégrer le corps militaire, je pense qu'il s'est écoulé 8-9 mois.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
De base, j'étais dans une filière scientifique, donc terminal S et tout, et à ce moment-là, je ne savais toujours pas ce que je voulais faire de ma vie.
- Speaker #0
Wow, ok.
- Speaker #1
Mais parce que, et là, on va revenir à ce terme de bamboula, faire la fête.
- Speaker #0
Yes.
- Speaker #1
C'est une période de ma vie où j'ai goûté, on va dire, comment on appelle ça ? La fête.
- Speaker #0
Ok, ouais. Fête,
- Speaker #1
sortir,
- Speaker #0
se coucher à pas d'heure, se réveiller.
- Speaker #1
Il fallait un peu quand même parce qu'il y a une maman à la maison qui dit à toi là, si tu n'as pas ton bac à la fin d'année, tu vas voir. Sauf que c'est une période où j'ai eu la réflexion, je me suis dit pourquoi je suis arrivé dans cette filière scientifique ? Est-ce que c'était pour prouver à ma mère que je pouvais accéder à... cette filière ou est-ce que j'avais réellement l'envie et le besoin de faire quelque chose derrière pour moi tout était vraiment amusement alors oui les notes elles suivent au début et au fur et à mesure des mois plus tu écoutes les sorties et plus les notes s'abaissent et t'as ce moment là où tu te dis Je sais pas. Donc effectivement, je ne savais pas. Et il y a eu des portes ouvertes.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Je suis rentré, j'ai vu un char. J'ai dit, wow. Monsieur Saint-Vray m'a dit, ouais. J'ai vu une arme sur une table. Monsieur Saint-Vray me dit, ouais. J'ai dit, wow. Je dis, comment on fait pour venir et tout ? Il me dit, t'es à l'école ? Je dis, ouais. Tu fais quoi ? Je dis, ouais, je passe mon bac S. On me dit, petit, passe ton bac et reviens plus tard.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Sauf que moi, faut pas me dire ça.
- Speaker #0
Pourquoi ?
- Speaker #1
En fait, j'ai pris ça comme...
- Speaker #0
Un défi ?
- Speaker #1
Ouais, un défi, mais genre... T'es fait pour aller à l'école, physiquement ça va pas tenir.
- Speaker #0
Comme un, ouais, de l'arrogance, en mode non, t'es pas prêt en fait. C'est ça.
- Speaker #1
Et quand il me dit ça, je lui dis, je veux avoir toutes les informations. Et il me présente l'armée classique et la Légion. Je dis là on en chie et tout, il me dit ouais. Je dis je veux aller là. Il me dit mais pourquoi ? Je dis parce que je veux gravir les échelons. Et ça a toujours été un peu ça mon...
- Speaker #0
T'as l'aide-motiv ouais toi.
- Speaker #1
Et donc j'insiste un peu, il me dit écoute, je te donne toutes les informations, regarde et tout, d'abord focus sur tes études et après on verra. Et au fait, au fur et à mesure des mois... Je me suis dit que j'ai mon bac ou pas, j'irai là-bas.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Donc en fait, mon destin était quasiment scellé. Et surtout quand je voulais juste piloter des chars. Donc rien à voir avec ce que j'ai fait durant toute ma carrière militaire.
- Speaker #0
Ok. Et comment ta famille a réagi ? Parce que du coup, t'as eu ton bac au final ?
- Speaker #1
Je n'ai ni eu mon bac.
- Speaker #0
Ah mince !
- Speaker #1
Ma mère, ça a été hécaton, quoi. Elle m'a dit jamais de la vie. Et j'avais déjà pris la température. Pour le coup, d'ailleurs, si elle regarde la vidéo un jour, excuse-moi, maman, je lui ai un peu fait à l'envers. Je suis parti faire mes tests trois jours en cachette. J'avais prévenu mon petit frère et ma petite soeur. Vous dites rien, maman. Et dès que j'ai eu les résultats, on va dire deux semaines après, je suis parti dans le corps militaire, quoi.
- Speaker #0
Ah ouais ?
- Speaker #1
Ah oui.
- Speaker #0
À ton bar direct ?
- Speaker #1
Direct, et j'ai prévenu ma mère à peu près cinq jours avant mon départ.
- Speaker #0
Oh, non, ça, c'est pas bien, ça.
- Speaker #1
Non, parce que je savais que sinon, ça allait être très, très, très compliqué.
- Speaker #0
Ah ouais, là, elle t'en a voulu, non ? Ah bah oui, moi, je t'en veux.
- Speaker #1
Alors, elle m'en a voulu, oui, mais quand elle a vu que j'étais déterminé, elle m'a dit, jamais je te laisserai partir. Deuxième fois, désolé maman, j'ai menti à ce moment là, je lui ai présenté une feuille, je lui ai dit tiens, j'appartiens à l'état maintenant. Donc je savais qu'elle connaissait pas un peu les paperasses, les trucs. Mais comment ça, non, non, non, je savais de la vie, je vais appeler ton oncle, tac, Et c'est Mono qui m'appelle. Il me dit, dis pas à ta mère, mais moi, je suis fier de toi. Je veux être enfin un homme. Et là, je me suis dit, c'est bon, le grand frère de maman a validé. J'ai l'immunité. Et de là, il m'a dit, tu pars dans combien de temps ? Et je crois que je lui ai annoncé un vendredi. Non, un jeudi soir. Et je partais pour le dimanche. Donc, en fait, je ne lui ai pas laissé le temps d'accaisser le coup.
- Speaker #0
Non, c'est dur là ce que t'as fait. C'est audacieux et en même temps, c'est culotté en fait.
- Speaker #1
C'est ça. Et c'était la rentrée, donc j'ai raté le bac et j'avais aucune envie de retourner. On est allé sur les bancs d'école. Donc ça a été très rapide au mois de septembre, tous les enchaînements.
- Speaker #0
Ok, et du coup alors tes premiers jours à l'armée, c'était comment ? Est-ce que ça correspondait à ce à quoi tu t'attendais ?
- Speaker #1
Non. En fait, c'était très étrange. J'avais l'impression de redécouvrir la vie, de redécouvrir un monde. Je suis né, j'ai grandi Paris, banlieue parisienne. Et là, je découvre... La province, la campagne, entre guillemets.
- Speaker #0
La nature.
- Speaker #1
La nature. Je quitte Paris pour me retrouver à Clermont-Ferrand. Je vois des monts, des volcans. Je me dis que ça existe.
- Speaker #0
Tu n'avais jamais bougé auparavant ? Même, je ne sais pas, en classe découverte, ce genre de choses.
- Speaker #1
Si, j'avais fait classe verte, c'est ça ? Oui, c'est ça. En école de l'humeur ? Les Alpes et tout, mais j'étais très petit, tu vois, primaire. Et lorsque je partais en vacances à un certain âge, à dos, généralement c'était pour aller voir de la famille en Allemagne ou en Angleterre. Donc ma mère s'est souvent démerdée pour nous envoyer chez la famille. Mais découvrir la France, vraiment... J'ai dit, waouh, je ne connaissais pas.
- Speaker #0
Peut-être là, tu étais conscient, peut-être pour ça, parce qu'apparemment, tu étais petit, tu n'avais pas vraiment... Non, c'est vraiment...
- Speaker #1
Je te donne un exemple, une anecdote qui m'a vraiment fait rire à l'époque. Un des camarades militaires, c'était sur les deux, trois premiers jours, on parlait tout et le gars, il nous sort... Les gars, je suis choqué. Je ne savais pas, enfin si, j'ai vu juste à la télé des trains. qui circulait sous les tunnels. Je le regarde avec les potes et tout, donc il y avait des Marseillais et tout. Tu viens d'où ? Le gars est venu du fin fond de... C'est un village dans les alentours de Maubouche.
- Speaker #0
Ok, ouais.
- Speaker #1
Non, plutôt Strasbourg je crois il me semble. Et le mec en fait il nous décrivait le métro.
- Speaker #0
Ouais, et toi tu dis mais... Oh Jésus,
- Speaker #1
qu'est-ce que tu me racontes ?
- Speaker #0
Frère.
- Speaker #1
C'est comment ? Le gars il dit... J'suis dans une grotte ? Le mec mais vraiment choqué il dit Mais les gars, moi dans mon village on est 119 habitants
- Speaker #0
Ah ouais...
- Speaker #1
Donc lui il découvre Paris parce que pour venir sur Clermont il doit passer par Paris avant de... Comme d'autres collègues qui en une journée faisaient 9 à 10 heures de transport pour arriver à la caserne. Là tu te dis wow !
- Speaker #0
Un autre monde. Tu es face à d'autres personnes qui n'ont pas la même réalité que toi.
- Speaker #1
Exactement, c'est pour ça que je découvrais. Des amis qui arrivaient de Tahiti, Nouvelle-Calédonie.
- Speaker #0
Ah ouais, carrément, ils recrutent de là-bas ? Ouais,
- Speaker #1
donc les mecs ils arrivent, premier jour, il y en a un qui avait un t-shirt et une veste.
- Speaker #0
Ah oui !
- Speaker #1
Il vient de Nouvelle-Calédonie, il fait 30 degrés à l'année.
- Speaker #0
Évidemment.
- Speaker #1
On arrive sur Clermont-Ferrand, 2 octobre. Ouais,
- Speaker #0
ça caille.
- Speaker #1
Ça caille. Et il avait même la peau qui était déjà en train d'asser.
- Speaker #0
Ah ouais, vous êtes déter quand même.
- Speaker #1
Ouais. Mais c'était magnifique parce que tu découvres. D'où, c'est incroyable, je découvrais un nouveau monde.
- Speaker #0
Tu découvres le monde en fait, parce que là, t'as plusieurs personnes qui viennent de différentes horizons.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Ouais, t'as jamais fait face à ça quoi.
- Speaker #1
Jamais.
- Speaker #0
Ok, et donc tu dois passer combien de temps là-bas ? Parce que là, c'est une caserne, vous devez passer toute la semaine là-bas ?
- Speaker #1
Alors, pour mes classes, 6 mois.
- Speaker #0
6 mois. Donc là, la formation, elle devait durer 6 mois pour être quoi ?
- Speaker #1
Pour pouvoir prétendre à obtenir ce qu'on appelle la fourragère et le képi.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et c'est ce qui valide ton entrée en compagnie de combat. En gros, ça y est, t'as appris, t'es formé. Maintenant, vous allez affecter vos vraies unités. Celles où tu vas rester peut-être... sur un contrat de 3 ans ou 5 ans ou plus. Donc on va dire que c'est là où ça démarre vraiment. Mais les 6 mois, j'ai envie de te dire que tu apprends la vie. Tu apprends à être militaire. Donc l'ordre. L'ordre, la discipline.
- Speaker #0
Les entraînements. La nourriture peut-être qui est différente de celle que tu avais avec maman ?
- Speaker #1
Très bonne question. J'ai mangé des plats que je ne savais pas que ça existait. J'ai appris à vivre d'une certaine façon que je n'aurais jamais imaginée. Et ce qui est marrant dans tout ça, c'est que ça va aux antipodes de... Comment je vivais mon quotidien sur Paris, la banlieue parisienne ? Il y avait des choses, je me suis dit, jamais je ferais ça de ma vie. C'est comme quoi ? Je te prends l'exemple quand tu es sur le terrain. Un truc tout simple, faire tes besoins.
- Speaker #0
Hum, ok. Et donc ?
- Speaker #1
Et donc, la dernière fois que j'avais vu des toilettes turques, j'étais peut-être au CP. Mais là qu'on me dit, les gars, vous prenez une pelte, vous allez creuser, faire vos besoins et vous reboucher, dans ma tête... Ça fait deux semaines qu'on est allé à l'armée, j'étais là, il est fou, donc moi, je m'accroupis jamais de la vie. Et je me rappelle, ce terrain-là, c'était notre premier terrain qui durait deux ou trois nuits.
- Speaker #0
Ah ouais, donc vous restez dehors et tout là.
- Speaker #1
Moi et d'autres potes, on s'est retenus.
- Speaker #0
Oh non, sérieux ?
- Speaker #1
On s'est dit, on n'est pas des sauvages. C'est les sauvages qui font ça.
- Speaker #0
Et vous avez tenu trois jours ?
- Speaker #1
Pour ma part, j'ai retenu. Mais au deuxième terrain, qu'on te dise cette fois-ci, vous restez sept jours.
- Speaker #0
Non, ben non.
- Speaker #1
Tu ne peux plus.
- Speaker #0
Attends, mais vous mangez quoi du coup si vous restez trois années ? Parce que je sais que quand on regarde dans les films, c'est des trucs déshydratés en poudre que vous mangez. C'est ça.
- Speaker #1
En fait, on a ce qu'on appelle des rations de combat, des raskettes. Dedans, il y a de quoi manger pour 24 heures. Et dedans, tu as ton petit déjeuner, ton repas du midi, tu as un semblant de goûter. écoute j'ai envie de te dire est ce que c'est bon ou pas quand tu crèves de faim c'est bon oui bah oui après tu en as certains mon perso pour ma part je ramenais tout ce qui est sauce magie et tout quand j'ai compris le truc j'ai dit hum mais
- Speaker #0
tu as trouvé où parce que là tu étais clairement en ferrant non là je trouve pas
- Speaker #1
c'est le week-end où je rentre chez moi à Paris je me dis je vais pas me faire avoir de foie moi il me faut ma saveur à l'Afrique tu vas remettre des trucs après tu fais découvrir à tes potes tes potes blancs et tout qui ont jamais goûté tiens mais c'est pas mal chez nous on mange comme ça donc c'est grave des mélanges de culture et plein de choses et c'est pour ça que je te dis même pendant ces 6 mois c'est encore de la découverte au quotidien en quotidien.
- Speaker #0
C'est en 2003, t'as dit ?
- Speaker #1
2003-2009.
- Speaker #0
Ok. C'est dingue. C'est un autre monde, en fait, ce que tu as vécu pendant six mois.
- Speaker #1
Les six premiers mois. Et c'est là où tu vas également nouer... Alors, j'ai pas envie de dire les liens les plus forts, parce que quand tu rentres en compagnie de combat, tu finis tes six mois. Là où tu es infecté, ça va être en gros vraiment ta famille.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Ces gars-là, tu vas être avec eux 24 sur 24. Si vous êtes en mission, 24 sur 24, 7 sur 7. Et c'est pour ça que les six premiers mois vont être importants. Mais pendant ces six mois-là, tu en as plein qui vont partir.
- Speaker #0
Oui, ils vont abandonner.
- Speaker #1
Ils vont se rappeler que finalement, ils ne sont pas faits pour ça. Ok, ils vont partir. Donc moi, pendant mes classes, on a commencé à 50. Comme l'avait dit mon ancien chef à cette époque-là, je préfère finir à 20 lions que 50 moutons.
- Speaker #0
Ok, ah ouais, j'aime bien la métaphore, l'image.
- Speaker #1
On a commencé à 50, on a fini à 26, 27.
- Speaker #0
D'accord. Et après,
- Speaker #1
on a tous été affectés.
- Speaker #0
D'accord. Et là, donc, pendant les six mois, là ? Tu n'as pas des moments où tu as envie d'abandonner ? Ou tu veux juste quand même conduire ton char ?
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
C'est ça ta motivation, visiblement, au départ ?
- Speaker #1
Sincèrement, je ne saurais pas dire combien de fois ça m'est arrivé, mais la première fois que ça m'est arrivé, où j'ai eu cette envie de quitter l'institution, c'était après la première marche de 20 ou 30 kilomètres, un truc comme ça. Ça faisait mal, il fait froid. À cette époque-là, on avait interdiction d'utiliser les Walkman et des trucs comme ça.
- Speaker #0
C'est dur.
- Speaker #1
Donc t'es toi face à toi-même pendant la marche. Le pire, c'est encore les marches de nuit. Ce que je haïssais le plus, c'est ce qui est devenu, entre guillemets, ma cam. Ce que j'aimais le plus. Donc quand tu marches pendant 2-3 heures au milieu de la nature, pas de musique et on te dit, vous la fermez, vous laissez 2-3 mètres d'intervalle entre vous, tu marches et tu réfléchis. Et tu te refais toute ta vie en fait. Mais au final, c'est un parfait exercice parce que tu apprends à te recentrer.
- Speaker #0
Complètement.
- Speaker #1
Et oui, c'est des moments où...
- Speaker #0
Quand on te dit, ouais, voya l'horizon là-haut, va aller là-haut. Là-bas.
- Speaker #1
Chacun est son chacun, là. Chacun son chacun.
- Speaker #0
Et là, t'as les premiers qui vont dire, non, moi j'en ai plein tout. Dès qu'on rentre en caserne, je signe, j'arrête. Il suffit que lui réussisse à en contaminer un autre, et un autre, que là ça devient chaud.
- Speaker #1
D'où les deux mètres peut-être.
- Speaker #0
C'est ça. Après, c'est plutôt pour des... C'est de la marche stratégique.
- Speaker #1
Ah ok,
- Speaker #0
d'accord. C'est même pas pour casser les bonbons des gars. Et au final, tu te rends compte que cette Ausha, quand tu commences à comprendre... C'est du pain béni,
- Speaker #1
j'ai envie de dire. Non, ça a l'air intéressant. J'ai envie que, à une époque, j'ai voulu faire l'armée, mais bon. C'était il y a très longtemps. On va essayer. Non, non, non.
- Speaker #0
On va essayer.
- Speaker #1
Et donc, ta mère, comment elle réagit pendant le temps ? Quand tu reviens le week-end, elle te dit pas « Bon, tu restes à la maison, finalement ? Tu vas repasser le bac ? » J'en sais rien, non.
- Speaker #0
Et deux, trois premières semaines ont été assez problématiques. Parce que, déjà, de un... On n'avait pas le droit à nos téléphones portables. Donc, confisquer du... dimanche soir, non même pas, autant pour moi les deux premières semaines, il me semble bien on a même pas eu le week-end on était bloqué à rester entre nous mais on avait pas de téléphone portable on avait droit à des appels genre aller tous les 2-3 jours, ok vous avez droit à 5 minutes venez récupérer vos portables appelez vos chéries, vos parents ou quoi, et après hop Moi, c'était une période où on était assez froid. C'était assez froid.
- Speaker #1
Ouais, j'imagine.
- Speaker #0
Et d'ailleurs, je pense à une tante, qui est une amie aussi à ma mère, qui un peu nous a rabiboché à l'époque, qui m'a mis un coup de pression. Ouais, tu te prends pour qui ? Ta maman s'inquiète pour toi. Bah oui, bah oui. Moi, je suis là, je me dis, maintenant que je suis un homme, je suis militaire, je vais l'appeler qu'en truc, parce qu'au début, tu n'étais pas d'accord dans mon projet. Donc, ça va fonctionner à mon sens.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
J'étais un peu dans l'erreur, même beaucoup. Et au final, après cette période d'un mois, incroyable. Parce qu'en fait, elle, de l'autre côté, ma mère, elle voit qu'elle a... Elle a un fils qui commence à devenir un homme. Donc moi, la première chose que je fais avec mon salaire, mon maigre salaire, c'est que je le reverse 50%. Yes. Mais c'était vraiment un petit salaire de... C'était 498 euros,
- Speaker #1
un truc comme ça.
- Speaker #0
Ok. Après le deuxième mois, tu passes à 600. Mais les six premiers mois, t'es payé vraiment... Ouais,
- Speaker #1
une misère, ouais.
- Speaker #0
Une misère. Sauf que moi, chaque fois, tout allait pour ma mère. Parce que j'avais aussi dans ma tête cette... pas cette idée, mais cette mission de dire je veux m'occuper de ma mère, de mon frère, ma soeur, qui était petite. Je veux que personne ne manque de quoi que ce soit. Après, au niveau salaire, certes, ça évolue. Mais les premiers mois, ça passe vite. Je pense que tu ne penses pas trop à la famille. Parce que tu te fais des nouveaux amis qui deviennent comme ta famille aussi.
- Speaker #1
Bien évidemment. Tu n'as pas le choix en fait. Tu n'as pas le choix. C'est ceux avec qui tu partages ton quotidien. Donc, il faut bien que vous arriviez à vous renforcer mutuellement. Et donc, les six mois terminent. Et donc, du coup, c'est quoi ? Qu'est-ce que tu veux faire après ? Parce que là, tu as dit, ok, moi, je suis parmi les 26, 27. Je veux continuer. Comme le chat ou autre. Parce qu'au final, on sait que tu vas devenir tireur de litres. C'est ça.
- Speaker #0
Alors moi, comme je te l'ai dit, à la base, je voulais piloter mon char. Quand tu finis tes classes, tu fais des vœux, comme pour le collège, avant de passer pour le lycée et tout. Donc j'avais fait mes choix. Et selon ton classement, priorité au meilleur classement. Ok. Moi, je connais mon classement, je me dis, au moins, pas de soucis. Et mes potes de ma section, pendant mes classes, On voulait tous aller de base à la première compagnie.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Après t'en as une autre et tout.
- Speaker #1
Mais c'est quoi la première compagnie ?
- Speaker #0
En fait, t'as ce qu'on appelle des compagnies de combat.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Non, en infanterie. Oui. Et dans mon régiment, il y en avait quatre. Et donc, nous, avec les six mois, on entend les échos. On nous dit, la première compagnie, c'est les meilleurs.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
La deuxième compagnie aussi, on a des échos. Non, c'est eux les meilleurs. Dans cette compagnie, en plus, il y a plus de Noirs, d'Arabes, de Wallisiens. L'autre, dans la première, c'est les vaillants. L'autre, là-bas, c'est les guerriers trucs. Donc nous, on prend les échos et on se dit, OK, les gars, venez, on essaie de se rejoindre tous ici. Et le jour où notre chef nous donne les résultats, nos affectations et tout, il donne les affectations, on choisit la première campagne, tac. Je vois des potes, ils y vont et tout, on ne met pas dedans, je dis waouh, j'ai fumi.
- Speaker #1
Ah non, t'es pas dedans, ok.
- Speaker #0
Il m'a mis chez les autres et dans l'autre, j'avais eu l'écho qu'aussi ils étaient les meilleurs, mais tu rigoles pas là-bas.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
C'est carré, c'est très doux. Je dis non, je ne vais pas passer six mois comme ça, je suis fatigué, moi j'aimerais profiter. Mon nom n'apparaît pas dedans. Je dis oh, je me dis non, attends, on ne va pas me mettre dans telle compagnie. Alors... Je ne dis pas qu'à cette époque-là, cette compagnie-là, c'était les plus mauvais. Je prends juste les informations qui nous venaient à nous. Parce qu'on ne sait jamais si j'ai des potes de l'armée qui me regardent et qui me disent « Ouais ! » Les gars, ce n'est pas contre vous. Vous savez comment ça se passe quand on est dans les classes. Et je me dis « Mais non, je ne veux pas aller là-haut et tout ! » Mon nom n'apparaît toujours pas. Je dis « Waouh ! » Et une quatrième fois. Maintenant, les compagnies qui restent, on a une, c'est la logistique. Donc c'est là où on va envoyer tous les cuistots. La logistique d'un régiment.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Et t'en as une autre que j'ai pas citée, c'est celle où je vais être affecté. On a appelé ça la compagnie déclarée d'appui. Pour cette compagnie, j'avais très peu d'informations. Tout ce qu'on savait, c'est qu'ils ne sont jamais là. Ils sont toujours dans le terrain ou quoi. Et moi, je dis, je ne suis pas venu ici pour être toujours dans les kékés, à me cacher, ou être truqué. Non, merci. La liste, elle sort. Boum, je suis affecté là-haut.
- Speaker #1
Là, c'est mystère. Tu ne sais pas trop c'est quoi, là-bas, en plus.
- Speaker #0
Oui, non, je le sais, en plus ou moins. En fait, en plus, dans ça, dans les compagnies, tu as ce qu'on appelle des sections. Là, dans ma tête, je me suis dit, mais qu'est-ce que je vais foutre dans cette compagnie ? J'ai rien à faire. Tu avais une section, c'était reconnaissance régimentaire. Tu en as une autre, c'était anti-char. Donc, je me suis dit, peut-être qu'on va mettre là-haut, mais moi, je veux piloter des chars. Et tu as la section tirant d'élite. Lucas Vosges. À ce moment-là, moi, même pas. Je ne me calcule même pas ça. Ce n'est même pas dans mes pourrants. Et donc, le gars, quand il finit, il dit, ceux qui ne sont pas contents, vous passez dans mon bureau. Et il se barre. Et là... Je suis dans la chambre, mon sergent arrive, mon chef de groupe, je pète les plombs.
- Speaker #1
En plus,
- Speaker #0
super gentil et tout, un jeune Martiniquais qui, lui, était passé par la voie des sous-officiers. Il le savait, mais il ne m'a rien dit. Il dit, du calme. Je dis, non, non, non, non, moi je signe, je me tire. Il dit, tu vas te barrer après 6 mois. Tu as fait le plus dur. Vous avez fait votre marche de 120 km. Pour eux, vous avez fait votre marche, en plus la marche 120 km, c'était en 2 jours et demi.
- Speaker #1
Il dit,
- Speaker #0
tu vas partir où ? J'ai dit, je me tire. Il dit, tu ne sais même pas pourquoi tu as été affecté là-haut. Donc il me dit, vas-y.
- Speaker #1
Le mec, il me savait. Il savait comment tu étais.
- Speaker #0
Et donc, je vais dans le bureau, je fais la présentation. Il me dit, pourquoi tu es là ? Tu veux entrer chez toi ? Je lui dis, non. En fait, j'ai perdu tous mes moyens.
- Speaker #1
Tu as remis à ta place.
- Speaker #0
Direct. Et moi et les cinq autres copains de l'époque, Il nous dit clairement, vous êtes affecté à la section Tireur d'élite. Je regarde du coin de l'œil, je dis mais il est fou lui. Que le tireur d'élite. Donc moi, je ne vais jamais rentrer chez moi. Et il me dit, soyez ultra heureux parce qu'on n'en voit jamais de bleubites comme ça. C'est juste que là, la section va être restructurée et tout. On a des anciens qui partent. Il y a des anciens qui sont là et on doit rafraîchir. Donc, Au vu de tout ce que vous avez présenté pendant les 6 mois et tout, vous avez été sélectionné.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Moi, ça ne me fait pas rire sur le projet. Qu'est-ce qu'il me raconte ? Ce n'est pas ta vision, ce n'est pas ton but,
- Speaker #1
là.
- Speaker #0
Je souffre. Tu sais qu'il m'a fallu quand même... Je pense qu'il m'a fallu quand même... Deux bonnes semaines pour acquiescer le truc. Mais sur le coup, je dis vas-y parce que j'ai deux potes, notamment un, quand il arrive de Tahiti, on ne s'est plus jamais lâchés. Donc le fait que je sois avec lui,
- Speaker #1
je me dis ça va.
- Speaker #0
Et une fois qu'on a affecté, c'est là où j'ai compris que ce n'était pas une erreur. Ce que j'ai vécu là, ça a été l'une des meilleures périodes de ma vie.
- Speaker #1
Ah ouais ? Tu nous racontes. Du coup, c'était quoi ? Pourquoi tireur d'élite au final ? Est-ce que tu avais des compétences, des visions incroyables, c'est ça ?
- Speaker #0
Bonne vue, excellent au tir, capacité de bien se maîtriser. Et j'ai envie de te dire à l'époque, si tu as ça qui est rassemblé, ça fait déjà beaucoup. Parce que... Il y a aussi beaucoup d'idées reçues sur les terreurs d'élite, liées aux films et tout.
- Speaker #1
Tu nous diras, les idées reçues que j'ai, c'est des gens qui se mettent au-dessus d'un toit.
- Speaker #0
Pour tuer chez quelqu'un.
- Speaker #1
Pour tirer chez quelqu'un, les prises d'otages. Après, c'est peut-être pas ça alors.
- Speaker #0
Pas que ça ?
- Speaker #1
Pas que ça. Ok.
- Speaker #0
Mais pas principalement.
- Speaker #1
D'accord. Ok. Et donc, du coup, tireur d'élite, ça dure combien de temps ? Pareil, 6 mois aussi, la formation ?
- Speaker #0
Alors, normalement, pour accéder au statut de tireur d'élite, il te faut à peu près 6-7 ans de service.
- Speaker #1
6-7 ans ?
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
T'as un processus où tu vas être tireur classique, combattant. Ensuite, tu dois faire des examens pour accéder, valider, être tireur de précision. En gros, ils vont... pouvoir tirer jusqu'à 900 mètres avec un certain type de fusil. Et après, tu dois refaire des examens si tu l'es réussi pour avoir le statut tireur d'élite. Et encore, faut-il avoir de la place. Et en gros, t'as à peu près... On était 4 groupes pour 4 tireurs. En gros, on va dire, on est 12 tireurs d'élite pour un régiment de 1200 hommes.
- Speaker #1
Ah oui, quand même. C'est vraiment l'élite.
- Speaker #0
C'est ça. Sachant que les tirs en déprécision, tu vas en avoir dans les compagnies. Et là, quand on commence à m'expliquer un peu le fonctionnement, je dis... En fait vous me respectez un peu !
- Speaker #1
Vous me respectez !
- Speaker #0
Vous avez capté que j'étais fait pour l'élite et là donc mon égauté tu baubles le torse là ! je dis pilotez un char il fait froid truc laissez moi tranquille t'as visé bas là à piloter un char non disons que j'ai visé ouais non ils ont vu ton potentiel ils ont dit ah le gars c'est ça et même avec le recul tu te dis des fonds. demande comment je suis arrivé là, je me dis il n'y a pas de hasard. Déjà quand tu rentres à l'armée, avant, tu as les tests psychologiques et tout. Donc je me dis non, si je suis arrivé tueur d'élite, c'est que tout était lié, tout allait m'amener vers cette spécialité.
- Speaker #1
Et donc vas-y, raconte-nous une mission que... Parce que du coup, à un moment donné, tu deviens tueur d'élite. Et quelle est une des missions que tu as adoré et peut-être une mission que tu as détesté ? C'était quoi même vos missions ? C'est quoi vos missions en réalité ?
- Speaker #0
Les missions ?
- Speaker #1
Oui, qu'est-ce que vous devez faire en tant que serviteur d'élite ? Est-ce que vous êtes affecté pendant une certaine période dans des endroits dédiés sur des missions ? Enfin, je ne sais pas en fait comment ça fonctionne.
- Speaker #0
Je te prends le cadre d'une mission en opération extérieure. Alors généralement, on prend un groupe qui va être affecté avec une compagnie de combat. Donc un groupe, tu as le chef, tu as le pilote, tu as le truc. Et tu as deux tireurs et deux attireurs. Les deux attireurs sont les chefs d'équipe. En fait, c'est des tireurs d'élite, mais qui sont plus expérimentés. Il faut savoir qu'un tireur d'élite ne travaille jamais seul. Ils sont toujours deux. L'étireur va être quasiment plus important que le tireur. Parce que c'est lui qui va s'occuper de faire tous les calculs, le sens du vent, la force du vent, la pression, la pluie, le site. Et toi, quand tu tires, selon la distance, peut-être que tu n'auras pas le temps de voir l'impact, mais lui, avec ses jumelles, il pourra voir et te dire « Ok, tu vas mettre tant de clics. » haut, bas, côté, tout. Maintenant, pour l'émission, c'est vraiment assez large. Tu as du renseignement, c'est-à-dire que tu vas aller faire de la reconnaissance, soit aller reconnaître des individus ou des types de véhicules. Quand je parle de type d'individu, on va dire que tu as un groupe de personnes. Ils sont cinq. Dans les 5, s'ils ont retiré des signes d'appartenance de hiérarchie, comment tu fais pour reconnaître qui est le chef ?
- Speaker #1
Je sais pas.
- Speaker #0
C'est ça le truc.
- Speaker #1
Ah donc c'est ça que tu dois faire, d'accord. Il faut détecter.
- Speaker #0
Pourquoi ? Parce que si tu reconnais le chef d'un groupe... Après, je l'ai dit 5, mais il peut être 100 ou truc. À partir du moment où lui, tu le neutralises, généralement, tu vas... affecté, tu vas soit neutraliser ou il va se passer quelque chose pour le groupe. Le chef n'est pas là pour donner des ordres, donc tu dérègles le dispositif. Mais après, tu as plein de trucs, tu n'as pas que le chef. Je te donne une bêtise, en temps de guerre, un exemple tout con, on va te dire généralement de ne pas tuer.
- Speaker #1
De ne pas tuer, oui, j'allais te demander. Ah ouais ?
- Speaker #0
Vaut mieux blesser quelqu'un.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Tu sais pourquoi ?
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Vous êtes 5. Une personne qui est décédée, tu la laisses ou tu l'emportes avec toi, son corps ?
- Speaker #1
Ben tu la laisses, non.
- Speaker #0
Ok. Une personne qui est blessée, tu vas la laisser ?
- Speaker #1
Ben non, tu prends pour soigner tout ça.
- Speaker #0
Soigner. Donc si vous êtes 5, une personne qui est blessée... Elle va nécessiter une autre personne ou peut-être deux autres personnes pour l'aider. Donc un groupe qui a une mission, ils sont cinq. S'il y en a un qui est blessé, déjà il y en a un, deux en moins. Si l'autre qui vient pour blesser, je le blesse aussi. Deux personnes blessées, généralement il te faut au moins deux à trois personnes. D'accord. Donc ça veut dire que ce groupe-là, il est neutralisé. Tu n'as tué personne.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
C'est des choses qu'on nous apprend.
- Speaker #1
Donc l'objectif ce n'est pas vraiment de... de tuer mais plutôt de blesser.
- Speaker #0
C'est surtout dans les films ça. Après tu vas tuer effectivement.
- Speaker #1
C'est vrai que dans les films en plus ils veulent toujours tuer l'avarice. Tuent tout le temps alors que on se dit toujours ben non pourquoi tu blesses pas ? C'est juste blesse-le. C'est justement,
- Speaker #0
blesse-le. Et au moins comme ça si tu dois aller récupérer des informations ben oui,
- Speaker #1
ben oui.
- Speaker #0
Voilà. Mais tu dois être en capacité oui, de pouvoir tuer entre guillemets.
- Speaker #1
Oui, oui, oui. Ok. C'était déjà arrivé ? Non ? De blesser ?
- Speaker #0
C'est une mauvaise question.
- Speaker #1
tu savais que j'avais plaisir évidemment est-ce que t'as déjà blessé ?
- Speaker #0
t'es jamais retrouvé dans des situations où alors tu vas te retrouver dans des situations extrêmes mais les ordres de commandement avant de tirer il y a du chemin toi tu rencontres ton chef mais
- Speaker #1
ça veut dire c'est quand même la pression parce que tu te dis c'est peut-être aujourd'hui que je vais tirer sur quelqu'un Merci.
- Speaker #0
Alors quand tu es face à ça, je peux te dire que ouais, tu te remets en question, tu te poses des questions. Maintenant moi j'ai des collègues qui ont eu à faire à devoir ôter la vie d'une personne. Tu le vois sur leur comportement, ça impacte. Parce que quand tu regardes dans la lunette, tu ne vois pas qu'un être humain. Tu vois vraiment... Tout l'expression du visage de la personne.
- Speaker #1
Bien sûr, ouais.
- Speaker #0
Et pire encore, si tu connais la personne, entre guillemets.
- Speaker #1
Ouais, c'est dur, hein, comme ta fin. Ah non, vraiment.
- Speaker #0
Plutôt mental.
- Speaker #1
Ouais, mais le mental, si le mental flanche, il n'y a plus personne aussi, tu vois. Et tu as déjà été affecté dans des missions en dehors de la France, ou c'était essentiellement en France ?
- Speaker #0
Non, j'ai fait pas mal d'opérations extérieures. comme la Côte d'Ivoire, le Tchad, Kosovo et tout. Je prends la mission, par exemple, de la Côte d'Ivoire, qui est pour moi ma première mission, six mois et tout, et qui est sur le plan humain et professionnel, qui aura peut-être le plus impacté ma vie.
- Speaker #1
Ok, dans quel sens ?
- Speaker #0
En même temps, tu sais, quand je rentre à l'armée, j'ai aussi les idées de me dire, je vais contribuer à faire la paix dans le monde.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Non mais Maintenant tu dis Comment t'as pu te dire que t'allais faire la paix
- Speaker #1
Mais oui mais
- Speaker #0
T'as 18-19 ans
- Speaker #1
C'est normal de te dire Je peux continuer à faire la paix
- Speaker #0
Je vais aider et tout Et quand on t'envoie en mission en Afrique Toi t'es content Tu dis je rentre chez moi Et la vérité du terrain C'est que tu te confondes à Pas mal de choses Qui te mettent en situation ou euh... T'es dans l'interrogation, tu te dis, mais je comprends pas, je suis noir comme vous,
- Speaker #1
en plus,
- Speaker #0
ivoirien, moi, canéen, on est cousins et tout. Et la première fois que j'ai eu affaire à quelqu'un qui me dit, espèce de traître, va, nègre de maison, tout... qu'est-ce qui se passe ? jusqu'à un moment carrément tu commences à nourrir une colère qui peut devenir une haine si tu fais pas attention ok envers l'autre ? envers l'autre parce que toi entre temps tu dis que tu viens pour quelque chose de bien et je pense qu'il m'a aidé à prendre Du recul, c'est que j'ai eu ce côté curieux, alors aujourd'hui je peux le dire,
- Speaker #1
mais à l'époque,
- Speaker #0
après aujourd'hui je ne sais pas s'ils le font encore, mais à mon avis ça doit le faire, on faisait ce qu'on disait faire les barbelés. En fait, tu es dans ton camp de base, en mission, à un moment donné, Le soir tu réussis à disparaître, tu fais les barbelés, tu fais le mur, tu vas faire la fête, tu découvres des petits maquis. Ça m'est arrivé aujourd'hui, je peux le dire. Mais oui,
- Speaker #1
dis-nous, on est en famille. Ouais, c'est fini.
- Speaker #0
T'apprends à connaître les gens. Parce que moi, j'avais besoin de connaître. Et j'avais surtout besoin de comprendre pourquoi on utilisait le terme les rebelles.
- Speaker #1
Hum hum.
- Speaker #0
l'armée régulière et les rebelles. Et ça me posait problème. Alors au début, ça ne me posait pas problème, parce que quand tu fais les débriefs et les trucs, c'est un mot qui reste. Mais en vérité, c'est quoi un rebelle au sein de son propre pays ?
- Speaker #1
Exactement, exactement. C'est pour ça que tu es là, pour dire les termes.
- Speaker #0
Voilà, donc moi, je préfère dire les opposants. Les opposants, parce que quand tu commences à parler avec eux, Alors, il faut savoir que moi, si tu veux, quand j'étais en Côte d'Ivoire, le pays était coupé en deux. On appelait ça la zone de confiance sur une largeur de 1 km de l'est à l'ouest. Le sud du pays était contrôlé par les forces régulières, donc à ce moment-là, c'était pas beau. Et le nord s'était tenu par les opposants, ce qu'ils appelaient à l'époque les rebelles et tout. Et d'ailleurs, la petite parenthèse, la preuve qu'on fait bien de ne pas dire les rebelles, puisque une fois que le conflit s'est terminé en Côte d'Ivoire, qu'est-ce qui s'est passé ? Unification des deux forces.
- Speaker #1
Les quoi ? Les rebelles et les opposants ? Ouais. Ok.
- Speaker #0
Enfin, l'armée régulière.
- Speaker #1
Ah oui, pardon. Et les rebelles opposants.
- Speaker #0
Opposants. Et sachant que dans les opposants... Une majorité, c'est des anciens de l'armée régulière, c'est juste des mecs qui ont dit stop.
- Speaker #1
Ils sont passés de l'autre côté en fait.
- Speaker #0
De l'autre côté.
- Speaker #1
Mais du coup, attends, la mission c'était quoi alors ?
- Speaker #0
Maintien de la paix en Côte d'Ivoire.
- Speaker #1
Ok, et c'était en quelle année ?
- Speaker #0
J'y étais en 2024-25. D'accord. Pourquoi je dis 25 ? 2005, pardon.
- Speaker #1
2005, ok. Parce que j'allais dire c'est longtemps.
- Speaker #0
Ouais, ouais. maintien de la paix entre guillemets en attendant il me semble à cette époque là la mise en place des nouvelles élections d'accord mais après quand tu cherches à savoir le fond moi comme je te l'ai dit en faisant les barbelles et les trucs comme ça je commence à parler avec certains villageois qui tiennent des barres des trucs les locaux et alors qu'est-ce que t'apprends tu te rends compte que dans les discours de certains Merci. Par exemple, quand j'étais les quelques jours, parce que moi je suis resté vraiment quelques jours dans le sud à Abidjan, beaucoup soutenaient Pabou en disant « Ouais, non, il fait des choses bien, tac ! » Et quand t'es dans le nord, t'en as certains qui disent « Non, il concentre tous les pouvoirs dans le sud, nous on nous laisse crever de faim ! » Et donc là, tu commences à te dire, ouais, Babbo, tu le vois en bizarre. Sauf que derrière ça, après ces quelques années ou quoi, tu commences à comprendre son fonctionnement aussi à Babbo. Mais il faut savoir pourquoi il en est arrivé à là et tout.
- Speaker #1
Pause, pause, pause, les amis. La suite arrive dans un instant. Mais surtout, rappelez-vous de commenter, partager et surtout de vous abonner pour ne rien louper sur Spotify, Instagram, Apple Podcasts, Deezer, YouTube et Wii. On est sur YouTube les amis ! Maintenant, je vous laisse avec la suite où il va évoquer sa thérapie. Et ouais, un homme solide prend soin de sa santé mentale. Bon, je ne vous en dis pas plus, écoutez seulement.