- Speaker #0
Mwaramutse, vous écoutez Bâ Mbula, le podcast identitaire. Et dans cet épisode, nous parlerons des violences sexuelles et comment s'en prémunir. Comme beaucoup le savent déjà, depuis la rentrée 2025, les programmes EVAR et EVARS, qui sont l'éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité, seront dorénavant dispensés en primaire, puis au collège et au lycée. Bon, ayant dit tout ça, voici moi les remarques que j'ai entendues autour de moi. Je ne pense pas qu'à 3 ans, on se pose des questions sur la sexualité. Est-ce que si je dis non, l'agresseur va vraiment entendre et respecter mon choix ? Je ne sais pas comment aborder ce sujet avec mes enfants. Donc si l'école s'en charge, pourquoi pas ? Donc maintenant, on va me dire que la sexualité infantile existe ? Donc plusieurs associations de parents sont en ébullition pour plusieurs raisons. La peur en grande partie. parce qu'on empiète sur leur éducation,
- Speaker #1
leurs valeurs, leurs croyances. Mais bon, sans plus tarder, je vous laisse écouter mon échange avec Stéphanie sur cette thématique.
- Speaker #0
Et donc, je suis avec Stéphanie, une amie, ancienne collègue, et je suis tellement contente que tu sois là avec nous pour échanger sur ce sujet, parce que tu es auteur de trois livres et tu vas nous en parler. Déjà, est-ce que tu peux te présenter, Stéphanie ?
- Speaker #1
Merci déjà de m'avoir invitée. Honnêtement, je suis trop trop contente de le faire avec toi. Ça fait un moment qu'on doit le faire et tout se fait au bon moment, on va dire ça comme ça. Alors si je dois me présenter, déjà je m'appelle Stéphanie, j'ai 36 ans, je suis maman d'un petit garçon de 9 ans. Petit garçon, on ne va pas dire petit, mais voilà. Je travaille dans la banque et finances et je suis autrice, comme tu l'as dit. Donc j'ai écrit un livre témoignage. et de livres jeunesse pour le moment.
- Speaker #0
De toute façon, on va en parler tout au long de cet épisode. Alors, qu'est-ce qui t'a poussée à témoigner aujourd'hui ?
- Speaker #1
Qu'est-ce qui m'a poussée à témoigner sur les violences sexuelles ? Je dirais que c'est principalement trois raisons. La première, c'est parce que lorsque je m'imaginais un petit peu tout ce que je vivais avant, les douleurs et la souffrance et que je me dis qu'une personne est peut-être encore en train de le vivre actuellement, en parallèle, je me dis que ça permettra à une personne de comprendre et de savoir qu'il est possible de se relever, de guérir et d'aller mieux. Je ne dirais même pas d'aller mieux, je dirais d'aller bien après un lourd traumatisme comme celui-ci.
- Speaker #0
Et donc si tu en parles, c'est parce que tu l'as vécu bien évidemment.
- Speaker #1
Alors oui, j'ai vécu des violences sexuelles que je raconte du coup dans mon premier livre. Donc ça, c'est une des raisons. La deuxième raison, je dirais que c'est parce que pour moi, en fait, le silence, il profite aux agresseurs et pas aux personnes qui l'ont vécu. Parce que contrairement à eux, en fait, nous, en fait, on continue à subir, entre guillemets. Le silence aussi, ça conduit à beaucoup de... Beaucoup d'autres choses par la suite, comme des maladies psychosomatiques. En gros, c'est des maladies qu'on peut diagnostiquer physiquement, mais qui sont liées à notre état psychologique et psychique. Donc ça développe ce genre de choses. Ça altère nos relations, je dirais, sentimentales, professionnelles, d'une manière générale sociale. Et en fait, rien que pour ça, en parler, ça permet d'aider des personnes. Et après, pour une troisième raison, je dirais que certaines personnes vivent dans des schémas abusifs, violents. Et le fait d'entendre qu'une personne a vécu ça et qu'elle le nomme comme des violences, ça permet de se dire « Ah, mais en fait, ce que je suis en train de vivre, ce n'est peut-être pas quelque chose de normal. C'est peut-être quelque chose qui est destructeur. » Ça permet de le nommer et ça permet d'en prendre conscience, tout simplement.
- Speaker #0
Oui, de utiliser la chose et de se dire, OK, il y a un problème. Voilà,
- Speaker #1
il y a un problème et déjà, je le réalise et peut-être que je peux faire quelque chose. Mais quand on ne sait pas qu'on vit quelque chose d'anormal parce que c'est notre environnement naturel et général, en fait, on continue de subir, tout simplement.
- Speaker #0
D'accord. Sans aller dans les détails, c'était dans le cercle proche dans ta famille ?
- Speaker #1
Alors, pour ma part, ça n'a pas été dans le cercle proche dans ma famille. Alors du coup, c'était plus dans une famille d'accueil, donc ça n'a rien à voir, mais c'était quand même quelqu'un que je considérais pour moi. Et autrement, ça a été une personne que je considérais comme un ami. Donc, ce n'est pas forcément dans le cercle proche, mais de toute façon, je pense que ça n'a pas vraiment de... Je ne dirais pas que ça change quelque chose, mais bon.
- Speaker #0
Oui, ça peut arriver en fait à n'importe quel endroit. Voilà, c'est ça.
- Speaker #1
Il n'y a pas de problème. C'est bien.
- Speaker #0
Et selon toi, quels sont les signes qui peuvent alerter en fait ce type de violence ?
- Speaker #1
Alors, déjà, je vais le rappeler, je ne suis pas médecin, je ne suis pas psychologue ou psychiatre, mais en tout cas, je pars de mon vécu. Je pars aussi de témoignages que j'ai pu entendre et aussi j'ai essayé de me former par le biais d'associations à la prévention des violences sexuelles. Et en fait, il y a des choses qu'on remarque principalement, ou en tout cas des facteurs qui reviennent souvent, même si ce n'est pas parce qu'on a ces facteurs-là que ça veut forcément dire qu'on a vécu des violences sexuelles. Donc dans ces facteurs... on va relever déjà quelque chose de très parlant. Ça va être un enfant qui se plaint de douleurs physiques aux parties intimes. Donc ça déjà, on va dire que c'est plus ou moins clair, donc c'est forcément déjà à creuser. Après, il peut y avoir des facteurs comportementaux, comme par exemple un enfant qui va développer subitement des réactions de stress, beaucoup d'anxiété. de l'énuresie aussi, le fait qu'à un certain âge où ce n'est plus vraiment habituel, l'enfant commence à faire pipi au lit, des cauchemars souvent. Un enfant aussi qui, par exemple, n'arrête pas de dire qu'il n'a plus envie d'aller voir telle personne, d'aller chez telle personne. Ce sont des éléments qui ne sont pas forcément factuels pour dire que l'enfant a vécu des violences, mais qui sont à considérer pour creuser le sujet avec lui.
- Speaker #0
Donc, en fait, il est important, comme on le dit souvent, d'échanger avec les enfants, de discuter et de ne pas juste les laisser face à leurs difficultés. Bien sûr. L'enfant a mal quelque part, mais c'est bien qu'il y ait une raison.
- Speaker #1
Il faut creuser quoi qu'il en soit, exactement.
- Speaker #0
Et pourquoi ? Parce que là, tu as parlé de trois livres. Tu as parlé déjà de celui que tu as fait en premier, si tu veux bien le présenter.
- Speaker #1
Donc, Libérée de ma prison intérieure. Donc ça c'est un livre que j'ai écrit Je crois que c'est en 2021, il me semble. C'est un livre témoignage où je raconte tout simplement mon histoire, les violences sexuelles que j'ai pu vivre dans l'enfance et dans l'adolescence. Et je partage mon chemin de guérison, parce qu'on entend souvent dire qu'il est impossible de guérir de violences sexuelles. Et je voulais tout simplement montrer que c'était possible. Il y a plusieurs chemins pour y arriver, mais le fait de juste l'entendre que c'est possible, c'est important pour moi.
- Speaker #0
D'accord. Et pourquoi, selon toi, les enfants n'en parlent pas ? Parce que du coup, toi, tu as dû en parler tardivement. Pourquoi toi, tu n'en as pas parlé et pourquoi, selon toi, les enfants aussi n'en parlent pas ? Ou du mal, en tout cas, à verbaliser les choses ?
- Speaker #1
Oui, oui, oui. C'est une excellente question, mais je pense que ça se rejoint parce que du coup, les raisons pour lesquelles moi, je n'ai pas parlé, je pense que c'est beaucoup d'enfants qui se retrouvent dans mon cas de figure. C'est vrai que... On dit souvent que les enfants parlent spontanément et naturellement de ce qu'ils vivent. Mais en fait, je pense que c'est quelque chose qui ne s'adapte pas forcément quand on a vécu des violences sexuelles, surtout en fonction de l'âge. Parce que quand ils sont petits, c'est vrai qu'ils parlent spontanément, ils le disent. Et plus ils grandissent et qu'ils prennent conscience de leur environnement, conscience des jugements, conscience que ça peut avoir des répercussions, là, on commence à réfléchir à si on le dit ou on ne le dit pas.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Donc déjà, il va y avoir ça. Ensuite, il va y avoir le fait qu'en fonction de son tempérament, de sa personnalité, on va avoir plus de facilité à en parler à une personne ou pas du tout. Alors, ce n'est pas quelque chose de… ce n'est pas une fatalité, si on peut dire. Mais, par exemple, on va observer certaines tendances. Et en fonction de si on est introverti, ambiverti ou extraverti, forcément, le rapport à la parole sera différent. Et on dira en fait qu'un... qu'un enfant introverti, il aura plus tendance à se sentir en sécurité dans son monde. Alors du coup, il en parlera beaucoup moins parce qu'en fait, il aura peur de tout ce qui peut venir l'agiter intérieurement. À l'inverse, un enfant extraverti, alors attention, je te le répète encore, ce n'est pas une fatalité, mais c'est vraiment des tendances. Un enfant extraverti, en fait, il se sentira peut-être plus rassuré en partageant le sujet à une autre personne, etc. Peut-être plus facilement. Donc, il y a le sujet de la personnalité. Après, il va y avoir les personnes que ça implique. Parce que forcément, si la personne qui abuse de nous est une personne proche, une personne qu'on aime, on aura plus de difficultés à la mettre dans un...
- Speaker #0
Dans une situation d'inconfort.
- Speaker #1
Voilà, dans une situation d'inconfort, sachant que quand on est enfant, on ne sait pas encore les impacts que ça peut avoir réellement. Donc il va y avoir ça. Et puis après, il faut comprendre qu'un enfant, il ne sait pas ce qu'il vit. Et il ne sait pas nommer ce qu'il vit. Donc on n'entendra pas un enfant dire « j'ai été abusé » ou « j'ai été violé » . Il ne sait pas vraiment ce qu'il dit. Il ne sait pas ce qu'il dit, mais il ne comprend pas forcément ce qu'il vit. Donc l'enfant va toujours avoir peur des représailles. Est-ce qu'on va être fâché ? Est-ce qu'on va dire que c'est ma faute ? Qu'est-ce que ça va impliquer si je parle ? Et forcément, ça dissuade de parler ou pas. Et puis si je peux rajouter une autre raison, qu'est-ce que je pourrais dire ? Tu ne deviens pas pareil, je pense. Mais donc du coup, oui, c'est forcément difficile pour un enfant. Et puis après, il y a aussi l'intimidation face à un adulte. Alors je précise quand même aussi, les agressions sexuelles ne sont pas faites seulement d'un adulte envers un enfant, mais aussi beaucoup de mineurs, enfin entre mineurs quoi. Et donc en fonction, il peut y avoir l'intimidation, les menaces qui sont faites. donc C'est difficile de parler.
- Speaker #0
Oui, c'est délicat. Et pour ton cas, ça s'est fait à quel âge ?
- Speaker #1
Alors, j'ai tenté d'en parler une première fois. Je pense que je devais avoir 8-10 ans. Et après, j'en ai peut-être parlé à des amis un peu plus tard, donc peut-être vers 18 ans. Mais là encore, je n'avais pas forcément dit les mots parce que je ne savais pas que c'était... que c'était des abus sexuels ou même des viols de ce que j'ai pu vivre adolescente. Et j'ai vraiment réalisé et parlé de ce sujet à 30 ans, et donc au moment de l'écriture de mon livre, à peu près au même moment.
- Speaker #0
Donc c'est là où tu as commencé à mettre les mots sur ce que tu avais vécu de toute ta enfance.
- Speaker #1
Exactement, et parce que j'ai entendu juste une personne témoigner, parler de ce sujet, et j'ai compris que ce que j'avais vécu, c'était quasiment la même chose que la personne, et c'est comme ça que j'ai commencé à creuser.
- Speaker #0
Waouh, c'est incroyable. Et là, comme je disais en préambule, l'éducation à la vie affective et relationnelle et sexuelle qui a été mise en place avec Evars, qu'est-ce que tu en penses de ça ? Est-ce qu'il est bon, est-ce qu'il est judicieux d'éduquer à ça, au consentement, à l'intimité du corps, au respect de son corps ? Comment tu le présentes, d'autant plus que tu as un garçon ? Comment tu le vis ?
- Speaker #1
Alors, si je dois prendre d'abord le sujet général, je dirais que c'est aujourd'hui quelque chose d'indispensable. Mais je vais me justifier. C'est quelque chose d'indispensable, pourquoi ? Parce qu'aujourd'hui, il y a des rapports qui ont montré qu'il y avait plus de 160 000 enfants qui étaient victimes de violences sexuelles. enfin ce chiffre et ce nombre, on entend qu'il y a bien plus d'enfants puisqu'il y a des enfants qui ne parlent pas, qui ne l'ont pas dénoncé. Donc déjà, ce chiffre, il est énorme. Ça fait à peu près, disons, trois enfants par classe.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Donc si on part de ce principe-là et qu'on sait aujourd'hui qu'il y a beaucoup plus d'harcèlement qui continue à évoluer, on sait que de toute façon, il faut faire quelque chose. Maintenant, par rapport à les bars. Aujourd'hui... les Varses, on va dire, proposent des programmes, donc on n'a pas assez de recul, mais proposent des programmes qui sont, on va dire, en fonction de l'âge. Et je comprends aujourd'hui que les parents, les adultes, ont des peurs qui sont légitimes, qui sont entendables, parce qu'en fait, on a peur d'entrer dans quelque chose qui rentre. normalement dans la sphère éducative personnelle, dans le cadre familial. On a peur aussi de créer des enfants entre guillemets rebelles, lorsqu'on parle des droits, le droit de dire non. On a peur que les enfants, en fait, ils soient plus… on puisse plus gérer le cadre parce qu'en fait, ils peuvent dire non comme ils veulent, etc. Donc ça, en fait, on peut l'entendre. Mais si on part du principe que 160 000 enfants aujourd'hui vivent des violences sexuelles, il y a quand même quelque chose à faire. Et pour moi, je pense que c'est important de prendre le sujet de manière générale, dans le sens où...
- Speaker #0
Non,
- Speaker #1
mais attends, j'ai perdu le fil de ce que je voulais dire. Non, il n'y a pas de...
- Speaker #0
Par rapport à l'EVAR, ce consentement, à l'intimité, qu'est-ce que tu penses du fait que ce programme-là a été mis en place ? Et toi, comment tu vois ? Est-ce que c'est quelque chose à valider ? Est-ce que tu es d'accord avec ce que l'éducation est en train de faire ? Parce que moi, personnellement, tu vois, ayant des enfants...
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
j'ai envie de dire que ça doit être cadré oui mais oui bon après il faut rappeler aussi qu'il ya deux programmes il y a le programme EVAR donc ça ça considère enfin ça touche seulement donc les maternelles et les primaires et après on parle de EVAR donc avec la sexualité ou là on touche du coup le collège et le lycée du coup là on parle vraiment de de la sexualité mais quand on parle de EVAR c'est vraiment le côté consentement le côté affectif le côté que l'enfant comprennent en fait qu'il a une intimité et donc moi personnellement moi je sais que à partir du moment où l'enfant sait se laver tout seul oui donc en fait pour moi il sait que ses parties intimes lui appartiennent et qu'il n'y a personne d'autre qui a le droit d'être touché même ses parents parce que à partir du moment où il sait déjà se laver tout seul tu n'as plus le droit accès à part juste contrôler à vérifier oui est ce que tu t'es lavé est ce que tu as bien frotté à cet endroit là est ce que tu as bien frotté ta vuve est ce que tu as bien la vuve tu vois ce genre de choses
- Speaker #1
Et du coup, je suis d'abord avec toi pour le cours sur ce niveau-là. Et en fait, je me dis que de toute façon, c'est quelque chose qui doit être cadré. Parce qu'en fait, on sait que les enfants, ils ont des devoirs. C'est quelque chose forcément qu'ils ne peuvent pas forcément... Enfin, qu'ils sont contraints de faire. Par exemple, aller à l'école, c'est une règle. Mais qu'ils ont aussi des droits. Et en fait, les droits viennent à la limite des devoirs. Donc, par exemple, on sait que... je commence à avoir des droits quand ça commence à toucher à l'intégrité de mon corps, à mon intimité et à ma sécurité en fait. Donc pour moi, il est important qu'on puisse parler de certaines notions comme déjà connaître ses émotions, savoir les nommer, comme connaître ses parties intimes, savoir qu'on n'a pas le droit de les toucher. Et puis un peu plus tard, forcément, parler du consentement. Donc là, on n'est pas forcément obligé de parler tout de suite de violences sexuelles ou même de sexualité, mais surtout de savoir qu'on a le droit de dire non lorsqu'il s'agit de mes parties intimes. Comme on dirait à un enfant de ne pas toucher une prise électrique parce que c'est dangereux, ou comme on lui apprendrait à traverser la route parce que c'est dangereux. On n'est pas forcément obligé de parler du problème, de ce qui se passe dehors. Comme quand par exemple on parle de la prise électrique, on n'est pas en train de parler de tous les incendies, toutes les morts qui arrivent par incendie. Mais on parle du danger qu'il peut y avoir si l'enfant transgresse cette règle. Donc il y a des façons d'aborder le sujet pour que l'enfant puisse être protégé, plutôt que ramener vraiment directement le sujet des violences et ce qui fait peur aux enfants. aux parents et même d'une manière générale dans la société.
- Speaker #0
Oui, parce que quelque part, le fait de parler de quelque chose que l'enfant n'a jamais eu vent, c'est le mettre sur une piste qu'il n'a même pas conscience. Donc quelque part, je me dis, tu le sors de son enfance, tu le sors de son innocence. Alors qu'auparavant, il n'en avait même pas conscience, il n'avait pas posé des questions. Et peut-être le seul moment où il va commencer véritablement à se poser la question, c'est lorsque son corps va commencer à changer et que de façon chimique, les hormones vont commencer à jouer et qu'il va ressentir des choses. Mais tant qu'il n'y a rien auparavant, je considère qu'il n'y a pas forcément d'utilité à parler de sexualité. Ah oui,
- Speaker #1
de sexualité. Ils ne sont pas censés être concernés à un âge où ils sont encore immatures sur ce sujet. Donc non, franchement, le but en tout cas pour moi, je ne veux pas forcément parler de l'évasion en lui-même parce qu'on n'a pas assez de recul, mais d'un programme comme celui-là, c'est bien si on part d'un point de vue général et qu'on aborde les notions pour se protéger et pas pour introduire des sujets qu'ils n'ont pas forcément besoin d'entendre ou de connaître.
- Speaker #0
Et ce que je rajouterais même par rapport à ce que tu dis, c'est que souvent on dit que c'est l'éducation qui va fournir ce type de programme. mais les agresseurs peuvent être à l'école. Ah oui. Donc, quelque part, est-ce que ce n'est pas aussi une ouverture à des éventuels agresseurs qui auront, soit disant, par souci d'éduquer l'enfant ? lui sensibiliser sur des choses qu'il n'a pas...
- Speaker #1
C'est intéressant ce que tu dis et c'est là où en fait je pense que tout le monde ne peut pas faire n'importe quoi et dire n'importe quoi. C'est pourquoi en fait il faudrait cadrer ce programme pour qu'en fait tous les enseignants puissent avoir un discours qui est cadré et qui est déjà préparé à l'avance en fait. C'est pas genre moi je suis professeur et j'ai envie de sensibiliser sur ce sujet d'une certaine manière. Non, il faut quand même que le programme il soit clair. que les parents puissent y avoir accès parce que c'est quand même un sujet qui concerne la famille aussi. Donc, je pense qu'il ne faut vraiment pas faire ce qu'on veut dans ce domaine-là. Et l'agression peut se faire partout. Mais en fait, si on part du principe qu'on éduque les enfants sur des notions, logiquement, normalement, on n'a pas à bifurquer sur d'autres sujets. Enfin, je veux dire…
- Speaker #0
C'est le risque. C'est un risque.
- Speaker #1
Et on ne suit pas un programme déjà bien établi. Et c'est là où, en fait, il faut que l'éducation puisse travailler à ce sujet-là, pour que ça puisse être clair, qu'on puisse voir ce qui se dit, pas que chacun puisse déborder à sa sauce, entre guillemets.
- Speaker #0
Mais comment on peut vérifier ? Parce que, tu vois, ton fils est à l'école, les mères sont à l'école, comment on peut... Ils ont surveillé qu'il n'y a pas de dérive. Alors,
- Speaker #1
on ne peut pas surveiller. C'est comme, par exemple, un cours de mathématiques. On a un support.
- Speaker #0
On a un support.
- Speaker #1
C'est-à-dire qu'on sait que l'enfant travaillera sur ce support et que ça ne va pas aller au-delà. Donc, l'idée, ce serait vraiment d'avoir un support clair qui fait que nous, on peut savoir aussi ce qui est dit et que, du coup, les professeurs n'aient pas forcément tous les droits à déborder sur leur pensée, sur leur idéologie personnelle par rapport au sujet. C'est pour ça que là, c'est le cadre qui va aider à ce que ce soit quelque chose qui protège tout le monde, et qui soit utile, tout simplement.
- Speaker #0
Non, mais c'est exactement ça. Et est-ce que tu crois que, finalement, l'éducation a sa place là-dedans ? Parce que moi, je me dis, l'éducation, leur but, finalement, c'est juste d'éduquer, mais d'éduquer sur des choses classiques, c'est-à-dire les maths, le français, l'histoire, la géographie. Mais du coup, est-ce que l'éducation ne déborde pas ? Du coup, là, en allant sur un autre territoire, est-ce qu'il ne faudrait pas peut-être que ce soit des associations ou d'autres groupes qui sont davantage compétents à faire ça ? De plus en plus que les professeurs, enfin professeurs, maîtresses, etc. Enfin, aussi maîtresses, je pense qu'ils ont déjà assez à faire, en fait. Pourquoi leur ajouter une charge ? Et pourquoi ne pas peut-être créer des groupes, des postes spécifiques qui seront... faire ce type d'éducation ? Tu vois ce que je veux dire ?
- Speaker #1
Alors oui, j'entends. Alors, éducation, je dirais... Alors, je n'entends pas l'éducation comme, par exemple, un cours d'histoire géo ou de mathématiques. Donc forcément, il ne faudrait pas que ça devienne une matière. Mais par contre, ça pourrait être des séances de prévention, comme on le fait, par exemple, pour les alertes à incendie. On apprend aux enfants à savoir... se repérer, savoir les bonnes pratiques, les bons réflexes pour pouvoir réagir et agir de la bonne façon dans le cas où il y aurait un incendie. Ça peut être la même chose aussi dans le cas des plans vigipirates. Donc, je pense que ça devrait être plutôt quelque chose comme ça. C'est-à-dire qu'on apprend, on a comme... deux, trois séances. Donc là, je pense que c'est ce qui est prévu. Oui, c'est ça. C'est ce qui est prévu dedans. Oui,
- Speaker #0
c'est trois séances dans la... Voilà.
- Speaker #1
Pour moi, ce n'est pas une matière. C'est vraiment comme des...
- Speaker #0
C'est un programme. Oui,
- Speaker #1
comme un petit programme de prévention qui viendrait survenir pour vraiment se dire, voilà, là, on vous apprend à faire telle chose dans le cas où, voilà, vraiment de la prévention et pas comme une matière ou de l'éducation à proprement dit.
- Speaker #0
C'est ça. Et on va revenir un peu sur ce que tu disais sur ton expérience personnelle et potentiellement celle des autres. Comment instaurer une relation de confiance pour que l'enfant soit, disons, serein pour pouvoir parler si jamais il se passe quelque chose ? Parce que du coup, toi, tu as eu des occasions de parler avec des gens, mais... Si tu avais l'occasion, si tu étais face par exemple aujourd'hui à quelqu'un, un enfant qui potentiellement vit ce que tu as pu vivre, comment tu aurais voulu qu'on t'aborde et qu'on essaye de te faire parler en fait ?
- Speaker #1
Honnêtement, je dirais que... qu'il faudrait qu'il y ait un climat, on va dire calme, un climat de confiance. La question, c'est plus comment les aider. Oui,
- Speaker #0
comment les aider, comment l'amener, comment le prendre, en fait, l'enfant. Comment tu fais pour identifier un problème ? Tu dis peut-être que là, il y a quelque chose.
- Speaker #1
Honnêtement, la première des choses, je dirais que c'est l'écoute. C'est-à-dire le fait d'accueillir la parole sans forcément vouloir déjà mettre des mots dessus. c'est-à-dire entre guillemets diagnostiquer, mais d'accueillir la parole, de réagir et d'agir avec calme, de ne pas avoir un comportement, on va dire, excessif. Oui,
- Speaker #0
de panique.
- Speaker #1
Oui, de panique. À la rigueur, peut-être, une fois que l'enfant a fini de parler, d'aller noter avec les mots qu'il nous a dit, de retranscrire ce qu'il nous a dit, pour ne pas forcément oublier, ne pas poser de... Ah oui, j'allais même dire aussi de ne pas… poser trop de questions intrusives, de trop vouloir rentrer dans les détails, de laisser s'exprimer à sa manière sur les choses. Je pense que c'est la manière la plus saine et sereine d'accueillir un enfant qui, en tout cas, parle potentiellement d'avoir vécu des violences sexuelles. Et après, j'aurais dit de le croire, de ne pas forcément remettre en doute, parce que des fois, c'est vrai que l'enfant peut être... Elle peut avoir un peu la parole brouillée parce qu'en fait, il dit des choses, mais dans tout sujet, en fait, des fois, un enfant passe d'un sujet à un autre. Donc, d'accueillir et d'essayer de comprendre, de mûrir sa parole, en fait,
- Speaker #0
juste après. C'est vrai, parce que souvent, je pense que si tu ne parles plus, c'est parce qu'on ne t'a pas cru. Tu dis n'importe quoi. Oui, c'est ça, exactement. Tu inventes.
- Speaker #1
Voilà, et d'éviter ce genre de choses-là. Peut-être d'en parler peut-être après avec une personne. Et bien sûr, après… d'en parler avec une personne professionnelle dans le sujet pour pouvoir mieux l'accompagner. Sinon,
- Speaker #0
on ne sait pas faire. Je comprends. Et toi, personnellement, quels mots tu peux utiliser pour sensibiliser, par exemple, pas forcément ton enfant ou un jeune qui a entre 9 et 10 ans, ou même plus tôt, sur ces questions-là et le prévenir ? Parce que je sais que tu as écrit aussi un livre. qui parle un peu de ça, qui est dans l'ordre de la prévention. Comment tu as fait et comment tu aborderais le sujet ?
- Speaker #1
Alors, je n'en parle pas forcément tout le temps autour de moi, mais c'est vrai que j'aime bien rappeler aux enfants, en tout cas qui sont autour de moi, certaines notions, notamment le consentement, la règle des parties intimes, c'est-à-dire que les parties privées, il n'y a personne qui a le droit de les toucher. Donc ça, j'aime bien le rappeler aux enfants. Et après, d'une manière un peu plus étendue, Donc j'ai écrit un livre sur la notion du secret. Donc là, l'idée, en fait, c'est d'aider les enfants à clarifier cette notion. Parce qu'en fait, c'est un mot qu'on utilise aussi bien pour les événements positifs. Voilà, on va faire une fête surprise, tu gardes le secret, etc. Donc c'est joyeux. Mais on l'utilise aussi pour faire moyen de pression quand c'est possible. En tout cas, pour les agresseurs. Donc, pour éviter cela. L'idée c'était vraiment de clarifier cette notion pour que les enfants comprennent qu'il y a des secrets qui sont mignons, qui apportent de la joie, etc. Et qu'à l'inverse, il y a des secrets qui sont des secrets poisons, qui eux peuvent faire du mal, peuvent nous angoisser, peuvent nous faire peur, nous rendre tristes, etc. Et l'idée avec ce livre, c'est vraiment que c'est une petite histoire du quotidien, donc ça ne parle pas du tout des violences sexuelles. L'idée c'est vraiment, par une histoire simple, qu'ils puissent comprendre en fait l'impact que peut avoir un secret poison à long terme, à court, moyen ou long terme.
- Speaker #0
Et donc comment il s'appelle ton livre alors ?
- Speaker #1
Alors c'est Aaron et le secret gourmand, qui est là. Aaron et le secret gourmand. Et donc oui, c'est vraiment pour sensibiliser les enfants à cette notion. et protéger les enfants aussi d'éventuels secrets poisons qu'ils pourraient garder. Alors bien évidemment, dans les secrets poisons, il n'y a pas forcément que les violences sexuelles. Il peut y avoir tout autre sujet entre enfants. Ils peuvent garder des secrets lourds, le fait de vivre du harcèlement ou autre, peu importe.
- Speaker #0
Secrets de famille.
- Speaker #1
Secrets de famille et des choses qui leur font du mal, qu'ils n'ont pas apporté. Et donc c'est vraiment pour les aider à ne plus garder ce type de secret, à en parler à une personne de confiance s'ils sont contraints. Et oui, voilà, on parle d'une certaine confiance, ils sont contraints et ne pas les garder.
- Speaker #0
Et tu disais tout à l'heure que tu as vraiment mis les mots à 30 ans sur ce qui t'était arrivé et par rapport à la reconstruction de... Du coup, de ton traumatisme, de ce que tu as vécu, comment la famille a agi dans cette histoire-là ? Est-ce que tu as été soutenue ? Est-ce qu'ils t'ont soutenue dans la reconstruction, dans le fait de guérir ? Est-ce qu'ils ont compris ? Alors, je pense que j'ai fait un peu mon chemin à part. D'une manière générale, je dirais que j'ai été soutenue, mais tout le monde n'a pas forcément compris. C'est normal parce que je pense que quand on vit ce genre de choses, ça impacte la personne qui l'a vécu, mais aussi la famille. Donc, c'est quand même des victimes collatérales parce que c'est dur d'entendre que son enfant, sa soeur, son frère a vécu ce genre de choses-là. Donc, moi, je ne les incrimine pas s'ils ne comprennent pas et s'ils le vivent aussi mal. Maintenant, il y a un chemin de reconstruction à faire et je pense qu'il faut prendre toutes les armes possibles, toute la bienveillance possible et laisser de côté tout ce qui ne nous permet pas d'aller vers le chemin de la reconstruction. Tout le monde ne va pas forcément comprendre ce qui va se passer, mais malheureusement, je pense qu'on perd beaucoup d'années déjà à subir et à essayer de se relever. que quand on commence à y arriver je pense que c'est un peu malheureusement si la famille n'est pas ne suit pas il faut faire des choix et pour toi ça s'est bien passé alors pour moi ça s'est bien passé d'une manière générale alors tout le monde n'a pas compris mais ça s'est bien passé d'une manière générale quand même j'ai été soutenu par ma famille en
- Speaker #1
tout cas à 30 ans et puis pareil par rapport aux livres ça s'est plus ou moins bien passé non c'est super et donc tu as fait aussi un troisième livre qui est sur disons l'estime de soi et l'acceptation de soi et donc dédiée essentiellement aux petites filles noires, en tout cas aux enfants noirs. Et qu'est ce qui t'a poussé à écrire ce livre ?
- Speaker #0
Alors donc le livre c'est pas forcément pour que les enfants noirs mais par contre il y a oui il y a eu un effort précis de représentation pour les petites filles et les petits garçons noirs aussi. Le livre est où ? Je sais pas où il est.
- Speaker #1
En coulisses.
- Speaker #0
Oui, oui. Maman, pourquoi je ne suis pas comme les autres ? Donc, en gros, c'est un livre, comme tu le dis bien, c'est pour... Ça aborde les thématiques de la confiance en soi, l'estime de soi, la différence et la double culture. Donc, pourquoi je dis que ce n'est pas que pour les Noirs ? C'est parce qu'en fait, il y a un besoin aussi que les personnes non-Noires puissent... s'adapter aussi à tout ce qui leur entoure. Nous, par exemple, quand on prend des livres, on ne se dit pas que parce que l'enfant est blanc, je ne peux pas prendre ce livre. On a pendant des années lu des livres où on avait des personnes qui ne nous ressemblaient pas. En gros, il y a un message dans le livre et je pense que le message, il est pour tous. Et donc, si bien sûr, il profite au maximum à toutes les petites filles noires la différence, j'aimerais que ça soit entre guillemets inculqué à tous les enfants. et donc voilà mais ta cible quand tu l'as écrite au départ la cible quand je l'ai écrite au départ qu'est-ce qui t'a inspirée en fait qu'est-ce qui t'a poussée à honnêtement c'était vraiment l'estime de soi en fait pour retracer un petit peu l'histoire de ce livre c'est une petite fille en fait qui ne se sent plus légitime d'accomplir son plus grand rêve parce qu'elle est différente par sa par son physique Merci. les cheveux, la couleur de peau, mais aussi par sa personnalité. Et donc, en fait, ce que j'avais envie de transmettre comme message, c'est que les circonstances négatives, elles font partie de la vie. On ne peut pas les éviter. Mais par contre, si on reste focalisé sur son projet de vie, sur sa mission, en fait, on peut forcément réussir. C'était un petit peu le message. Donc, le message, en fait, il n'est pas destiné aux personnes noires particulièrement, mais la représentation...
- Speaker #1
Oui, parce que la représentation, on voit très bien que...
- Speaker #0
C'était important pour moi que des petites filles puissent se reconnaître, puissent s'identifier et puissent se dire, si une personne qui me ressemble arrive à faire ça, arrive à penser ça, moi aussi je peux le faire.
- Speaker #1
Et du coup, ça m'amène à rebondir comment on s'est rencontrés et surtout la... période où on s'est rencontré. Je vais remettre un peu le contexte.
- Speaker #0
Oui, vas-y.
- Speaker #1
On s'est rencontré à Natixis à l'époque. Moi, je pense que c'est ça. Je revenais de mon congé maternité parce que mon fils avait, je crois, six mois, quelque chose comme ça. C'est un poste qu'on m'a donné comme ça. En fait, c'était un poste j'ai envie de dire nul. Quand je suis arrivée, je me suis dit, entre demi Vous vous rendez compte de ce que vous me demandez de faire là, tous les jours, et vous pensez que je vais rester ici pendant trois ans ? Et je me souviens qu'à l'époque, je me disais « mais non, moi je ne vais pas rester ici » , Donc, ne voulant pas la boîte en question, parce que j'étais consultante, ne voulant pas me changer. ils ont dit non mais tu vas rester là pendant trois ans du coup moi j'ai démissionné et donc du coup nous ce qui s'est passé c'est qu'on s'est revu je pense quelques temps après quelques années après et à l'époque justement j'avais découvert que tu avais écrit ce livre là et j'ai dit mais incroyable que tu aies écrit un livre comme ça, je ne savais pas que tu étais autrice, que tu avais même cette ambition là donc moi je t'ai redécouvert à ce moment là et c'est là qu'on a échangé et du coup qu'est-ce que tu en as pensé toi à cette époque là quand moi je suis partie Merci.
- Speaker #0
En fait, déjà, tu étais une personne qui m'avait vraiment marquée parce que moi, à ce moment-là, j'étais encore en plein dans la dépression. Je n'étais pas encore guérie des abus. Et en fait, je me disais, une personne qui a confiance en elle, mais qui connaît sa valeur surtout, qui connaît sa valeur, ça m'avait surpris en fait. Je me suis dit Elle connaît sa valeur et en fait, elle ne se rabaissera pas à ce que les autres veulent pour elle. Ce que les autres veulent pour elle ? Oui. Bon, tu m'as comprise. Et donc du coup, je me suis dit, mais en fait, moi, je ne suis même pas capable de faire ça parce que moi, je suis quelqu'un qui a eu l'habitude de subir. Et en fait, ça a commencé à nourrir comme des semences en moi pour me dire, en fait, je commençais déjà à réfléchir à tous ces livres et tout ça, mais je ne me sentais pas capable de le faire parce que je n'avais jamais vu avant. Quelqu'un qui s'asseyait sur sa position. Moi, je vaux ça, je n'accepterai pas, enfin, je ne prendrai pas la place que vous voulez bien que je prenne. Et c'est un peu le message, en fait, aussi de ce livre. C'est-à-dire, pour moi, en fait, il est important qu'on puisse se définir, se raconter, et ne pas se mettre dans la case, à la place que les autres veulent, à laquelle les autres veulent nous mettre. Oui, oui,
- Speaker #1
c'est ça.
- Speaker #0
Donc quand j'ai compris ça, c'était des petites semences que je prenais par-ci, par-là, etc. Que quand j'ai guéri, je me suis dit, mais en fait là, c'est bon.
- Speaker #1
Là, tu te lances.
- Speaker #0
Le déclic, oui.
- Speaker #1
C'est incroyable. Mais quand tu m'as dit ça, je me suis dit, mais non !
- Speaker #0
Et du coup, c'est là où on disait tout à l'heure même, on ne se rend pas compte de l'impact que peut avoir un témoignage simple. Parce que toi, tu n'avais pas dit ça pour me motiver, ni pour m'encourager. Mais moi, je t'ai regardée. Ben oui, mais tu vois, ça n'avait rien à voir. mais moi je t'ai regardé et je me suis dit mais En fait, elle pense ça, elle le fait. Et ça m'a encouragée, même si c'était des années plus tard, à agir d'une certaine manière, etc. Donc, je me dis que le pouvoir de la parole, c'est très important. Et c'est pour ça que je te félicite pour ton podcast, honnêtement. Parce que c'est quelque chose dont on a vraiment besoin aujourd'hui. Nous, on a grandi avec certaines carences, un manque de représentation. Et aujourd'hui, voir qu'en fait, on peut se raconter nous-mêmes, c'est super important. Franchement, ça a une valeur inestimable. Ce qu'on laisse aujourd'hui, que ce soit par les livres, que ce soit par le podcast ou peu importe, ça a une valeur.
- Speaker #1
Oui, par les actes aussi. Oui, par les actes, parce qu'on montre, parce qu'on est, parce qu'on fait. En fait, c'est ça,
- Speaker #0
tout simplement.
- Speaker #1
Exactement. Et c'est vrai qu'à l'époque, quand tu m'as dit le livre, j'ai dit, mais c'est incroyable qu'elle ait fait ça, etc. Et qu'en plus... quelque part je l'ai un peu impulsé même si je n'en ai pas compris.
- Speaker #0
D'une manière ou d'une autre en fait, même si ce n'est pas directement par le livre, ça a nourri ma motivation.
- Speaker #1
Donc comme tu disais, la représentation c'est super important, l'identification et donc du coup quelque part ça libère aussi la parole. Et c'est important aussi comme tu disais de faire en sorte que les autres arrêtent de nous qualifier. Oui, à notre cesse. Voilà, exactement. Il faut absolument arrêter. Et donc je poursuis par... donc le podcast Bamboula est-ce que tu sais ce que ça veut dire ?
- Speaker #0
Bamboula ? pas vraiment, en fait je sais que à l'époque du collège je sais pas si c'était collège ou lycée, c'était un mot péjoratif pour désigner je sais même pas vraiment si c'était les personnes noires qui ont désigné comme ça mais pour moi c'était une insulte à l'époque donc tu me diras en tout cas c'est perçu comme ça dans le monde français et moi
- Speaker #1
Disons que tu as deux pans. Tu as le côté insulte, bien évidemment.
- Speaker #0
C'est péjoratif quand même.
- Speaker #1
Ça désigne un noir, une personne noire, une personne afro-descendante. Et tu as aussi l'expression qu'on entend souvent, c'est faire la bamboula et donc faire la fête. Tu as aussi ces deux côtés-là. Mais en réalité, moi, j'ai creusé. Et c'est aussi pour ça que j'ai décidé de donner ce nom-là, ce podcast-là, parce que pour moi, ça fait référence aux souvenirs, ça fait référence... à ce qu'on a vécu parce qu'en fait, en réalité, Bamboula, ça veut dire se souvenir ou se rappeler en Kikongo. Et pourquoi ça a fait sens pour moi immédiatement quand ? Sous souvenir. Sous souvenir ou se rappeler. En fait à l'époque les anciens utilisaient ce mot là, le mot bula, en fait c'est le mot bula pour désigner les pluies et en fait les anciens pour eux les pluies c'était une manière de compter les années passées. Ouais et donc et moi en fait ça a fait sens parce que dans ma langue qui est en Rwanda on dit bula et en fait c'est exactement la même nomenclature que le mbula et que le poula. dans d'autres langues aussi bantou. Et en fait, finalement, le bas devant, c'est le pluriel, en fait. C'est pour dire les pluies. Bamboula, c'est pluie. Et quand tu rajoutes le bas, ça fait les pluies. Mais bon, comme les colons étaient en manque d'expiration, ils ont dit, on va prendre ce mot-là et on va juste dire, ça désigne les Noirs. Et après, je connais tout le marketing qui a été fait aussi, je pense, à l'époque avec les biscuits Saint-Michel où il y avait aussi le village de Bamboula. Ça te parle, quoi, non ? C'est marrant, ils ne se connaissent pas. Bon, tant mieux que tu ne le saches pas. Tu m'apprends plein de choses. Tant mieux. Mais du coup, ce mot-là, il avait, en tout cas pendant longtemps, jusqu'à aujourd'hui, en fait, il a une connotation négative. Moi, l'idée vraiment, c'est de montrer qu'il n'est pas négatif et qu'en réalité, il doit réveiller des choses en nous, qu'on doit se souvenir véritablement de qui nous sommes, d'essayer de comprendre, de nous connaître, de savoir qui nous sommes véritablement. Et c'est aussi pour ça que j'ai voulu t'interviewer, parce que quand on s'est revus à ce moment-là, tu m'as parlé de ton livre. Et c'était marrant parce qu'à cette époque-là, moi, je n'avais même pas encore l'idée de l'appeler Bamboula, mais je voulais qu'on parle du souvenir, je voulais qu'on parle du passé. Et donc, du coup, moi, j'ai fait cette liaison-là. Et autre chose qui est un peu en lien aussi avec notre sujet du jour, donc des violences et de la sexualité, c'est que le mot Bamboula aussi désigne l'appareil reproducteur féminin.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
En Lingala, en tout cas, une langue bantou, ça désigne cet endroit-là. Et pourquoi aussi ? Merci. l'appareil reproducteur, c'est là où sort les os. Donc, quand tu accouches, tu as la poche des os qui se brise. Tu as aussi la cyprine. Donc, c'est le liquide qui est créé lorsqu'on a de l'excitation, la cyprine. Et donc, pourquoi ? Parce que l'appareil génital, c'est l'endroit où tout se crée. C'est l'endroit où un enfant est créé. C'est la cavité où tout se crée, où l'essence de notre être, en fait. née. Donc c'est pour ça que je me dis, mais la seule façon de revenir vraiment à qui nous sommes, c'est de revenir d'où on vient à la source, et d'où le bamboula. Maintenant que tu as compris la définition, qu'est-ce que ça t'évoque ?
- Speaker #0
Comme tu parlais de souvenir, honnêtement, et en fait, même tu parlais de source aussi, c'est que oui, je pense qu'on a vraiment besoin de savoir d'où on vient. pour savoir où on va. Et on le dit souvent. Parce que sinon, c'est comme si on était comme des errants. On ne sait pas qui on est, on ne sait pas d'où on vient et on a l'impression de ne pas appartenir à... Oui, ça me rappelle juste qu'on ne vient pas de nulle part, même si notre histoire a été racontée à partir d'une certaine période, on va dire, qu'on a une histoire qui vient même d'avant, d'avant ça. Et que c'est important pour nous, même si on n'a pas la connaissance parfaite de cette histoire, etc., de comprendre qu'on a une valeur, qu'on a une histoire riche et qu'elle ne dépend pas de ce qui est raconté, on va dire, de ce qu'on a toujours entendu aujourd'hui. C'est aussi à nous d'aller chercher, d'aller creuser et d'en faire comme une force, parce que nous, on vient d'une double culture, donc d'en faire une force pour pas que ça s'oublie, mais pour que ce soit quelque chose qui aide pour le futur.
- Speaker #1
Ouais, c'est ça, en réalité, c'est l'idée, c'est de, comme tu as dit, une force, que ça libère la parole, que ça ouvre des perspectives et qu'on ne soit pas juste cantonnés. à une histoire qu'on nous a donnée, et encore ce que tu disais tout à l'heure, on laisse les autres nous qualifier alors qu'on devrait déjà nous-mêmes se qualifier. Et donc la seule façon de nous qualifier, c'est de savoir qui on est véritablement. Et donc ça commence par là, se connaître. Et donc si on rebondit sur l'histoire des violences, c'est ça aussi, c'est de connaître notre corps en tant que corps.
- Speaker #0
C'est droit.
- Speaker #1
C'est droit, évidemment. Oui. que tout le monde n'y a pas fait. Et aussi, je rajouterais... Par ailleurs que l'éducation, bien évidemment, doit aussi se faire dans un certain cadre. Moi, je sais que par exemple, chez moi, dans ma culture, l'éducation, elle est faite d'une certaine manière. En tout cas, si on parle de sexualité, elle est faite d'une façon qui respecte l'enfant et qui respecte aussi la famille, en réalité.
- Speaker #0
Là où, en fait, les Varses sont venus se greffer à l'école, C'est parce qu'en fait tous les enfants n'avaient pas le même degré de connaissance à ce niveau-là, parce que dans certaines familles c'est un tabou, dans d'autres non. Dans des familles en fait on ne sait pas comment l'aborder, alors que dans d'autres si. Et en fait ça met les enfants pas au même niveau et ça favorise les violences faites aux enfants. Donc oui ça doit se faire dans le cadre de l'éducation, mais je pense que... Si on a une structure et un cadre à l'école sur ce type de programme, ça peut être quelque chose qui permette à tous les enfants d'être protégés.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
c'est ça.
- Speaker #1
Mais du coup, ça permet de standardiser les notions.
- Speaker #0
On est en train de dire qu'il faut parler de sexualité à proprement dit, mais au moins d'avoir certaines notions de protection. Le consentement, comme on a dit tout à l'heure, la notion du secret, le rapport aux émotions, le rapport à son corps, à l'intimité, en tout cas aux parties privées. Ça, c'est quelque chose que tous les enfants doivent savoir. Surtout quand on sait que beaucoup d'agressions sont faites entre mineurs. On sait que c'est en partie lié au manque de connaissances, au manque de repères, en fait, à ce niveau-là. Donc là, oui, il faut faire quelque chose. Donc, ouais.
- Speaker #1
Et tu as des anecdotes un peu de, sans bien surdivulguer les gens, mais de mineurs qui se sont, où il y a eu des agressions entre mineurs ?
- Speaker #0
En fait, ayant vécu moi-même les deux, j'ai vécu une agression d'un adulte envers moi enfant, mais aussi d'un adolescent quand moi j'étais adolescente, donc du même âge. Donc c'est vraiment pour ça que je dis que le regard n'est vraiment pas le même. Un adulte, il ne va pas employer les mêmes termes, il ne va pas avoir la même pression sur un enfant qu'un mineur envers un autre mineur. Donc là, ça me fait penser à un truc, c'est que les agresseurs adultes, eux, ils vont justement jouer sur la notion du secret, sur la notion de jeu et sur le fait qu'ils vont utiliser leur position d'autorité. Avec la posture, donc ils vont faire comprendre à l'enfant, entre guillemets, qu'il ne devrait surtout pas parler. Mais de mineur à mineur, en vrai, il a un comportement abusif et après il va menacer l'autre. Si tu dis ce qui s'est passé, il va se passer ça. Donc du coup...
- Speaker #1
Ouais, c'est délicat.
- Speaker #0
C'est délicat. Pour moi, l'éducation, oui, ça doit se faire dans les familles, mais dans les familles dans lesquelles ce n'est pas possible de le faire, forcément il faudrait qu'il y ait un cadre. générale pour que les enfants aient les notions, les notions de protection et qu'ensuite les familles puissent, on va dire, approfondir les sujets ou pas s'ils le souhaitent.
- Speaker #1
Oui parce qu'il y a plein de choses qui rentrent en jeu, parce qu'il y a la religion, il y a le tableau... Bien sûr,
- Speaker #0
bien sûr, bien sûr.
- Speaker #1
Il y a les enfants qui n'ont peut-être pas envie d'en parler parce que eux dans leur histoire c'est délicat d'en parler. Enfin je ne sais pas toi, est-ce que toi tu as une éducation ? Enfin une éducation... Est-ce que ta famille, enfin tes parents, t'ont sensibilisé un peu sur ça, de la même manière qu'on veut le faire aujourd'hui ou alors pas du tout ?
- Speaker #0
Déjà, je pense qu'il faut faire la différence entre l'éducation à la sexualité et juste la prévention pour protéger l'enfant.
- Speaker #1
Oui, c'est ça.
- Speaker #0
Parce que c'est très différent en fait. L'éducation à la sexualité, personnellement, je n'en ai pas eu. Je pense que je peux dire que c'est un sujet tabou dans ma famille. On a par exemple abordé le sujet des menstruations, comment ça se passe, etc. Mais pas forcément de la sexualité. Moi, je savais, entre guillemets, par rapport à la religion à l'époque, que notre corps, il est précieux, qu'il faut se garder pour le mariage. Mais c'était comme quelque chose de...
- Speaker #1
C'est fantasmé. Oui,
- Speaker #0
c'était... Je ne dirais pas que c'est de l'éducation. C'est vraiment... Voilà, on t'en parle. Et puis, voilà. Mais... Donc dans ma famille, oui, non, je pense que c'était un tabou. J'ai perdu le fil. Et je perds souvent le fil.
- Speaker #1
Je te disais, est-ce que toi, tu as eu une éducation comme ça ? Non,
- Speaker #0
pas vraiment.
- Speaker #1
Tu n'as pas eu ? Et du fait de la religion, tu as juste une...
- Speaker #0
Oui, voilà.
- Speaker #1
Tu es de sensibilisation.
- Speaker #0
En fait, je vais tellement loin dans les réponses après que je perds à chaque fois la question.
- Speaker #1
Parce qu'en fait, finalement, dans les religions, on ne te dit pas réellement. C'est superficiel. On ne te dit pas concrètement. Pourquoi ton corps est précieux et pourquoi... J'ai l'impression que ce n'est pas clair, tu vois, non ?
- Speaker #0
Alors, je ne vais pas parler des religions parce que du coup, c'est un sujet... Enfin, je pense que chaque religion a sa façon d'aborder les choses, donc je ne vais pas me porter garante de ce sujet. Mais en tout cas, moi, qui ai plutôt une relation, on va dire, avec Dieu, sans parler de religiosité... Bah si en fait, Dieu dit que notre corps il est précieux donc ça inclut qu'en fait on peut pas faire n'importe quoi avec, entre guillemets. Donc c'est déjà pour moi une bonne base pour dire que bah on n'a pas à subir certaines choses. Donc voilà.
- Speaker #1
Ok non, je comprends totalement. Je comprends totalement ce que tu dis. Ok bah je pense qu'on a fait le tour. Ah si j'ai une autre question, la dernière je pense. On veut éduquer les enfants, enfin en tout cas prévenir, sensibiliser. les enfants sur ce type de sujet, la sexualité ou en tout cas l'intimité et les relations affectives, est-ce qu'il ne faudrait pas peut-être éduquer aussi les parents dans un premier temps ? Parce que,
- Speaker #0
comme on disait,
- Speaker #1
parce qu'en réalité, les parents, certains parents, justement, éprouvent des difficultés à en parler aux enfants. Alors, pourquoi il ne faudrait peut-être pas dans un premier temps créer des cellules pour se civiliser ?
- Speaker #0
Là, tu le dis bien, parce que du coup, j'allais dire ça peut être une très bonne idée, mais comment on le ferait ? Dans quel cadre ça se ferait ? Comment ça se ferait ? C'est une bonne idée, honnêtement.
- Speaker #1
Je ne sais pas, mais au lieu de se diriger vers les enfants, même si en réalité je pense que ça peut être une bonne idée, ce qui pourrait m'inquiéter, c'est les dérives. Les agresseurs peuvent être n'importe où.
- Speaker #0
Oui, mais du coup, c'est bien pour les parents, parce que quand c'est des agresseurs adultes, Mais c'est bien pour les enfants parce qu'il y a des agresseurs mineurs.
- Speaker #1
Ah oui, oui, non mais oui. Ah oui, d'accord.
- Speaker #0
Oui, c'est pour ça. C'est que ça ne peut pas, on ne peut pas exclure l'un et prendre l'autre, etc. Oui. Des choses doivent se faire des deux côtés. Oui, parce que forcément, il y a des adultes qui agressent et c'est très grave. Donc du coup, bien sûr qu'il faudrait aussi éduquer les parents. Mais maintenant, comment ?
- Speaker #1
Oui, mais quand je dis mineur, c'est parce qu'en fait, si tu es parent d'un mineur, à un moment donné, tu vas le sensibiliser qu'en fait, tu ne peux pas aller tripoter n'importe où. Ah oui, bien sûr, bien sûr.
- Speaker #0
Ah oui, dans ce sens-là, oui, oui.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
oui, bien sûr.
- Speaker #1
C'est d'une paire de coups, c'est que si le parent n'est pas éduqué et que si...
- Speaker #0
Alors, quand tu disais éduquer le parent...
- Speaker #1
En fait, quand je dis éduquer, c'est lui-même le sensibiliser qu'en fait, il faut que tu expliques à ton enfant que c'est partie intime.
- Speaker #0
Tu sais, je pensais à quoi ?
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
je pensais à éduquer... nous, par exemple, moi je suis maman, on m'éduque moi, comment je voyais les choses, on te sensibilise sur les sujets-là pour pouvoir le retransmettre ensuite, tu vois, c'est ce que tu dis, ok, ok, ok,
- Speaker #1
c'est ça, non,
- Speaker #0
si,
- Speaker #1
oui, oui, c'est ça l'idée,
- Speaker #0
oui, oui, oui, mais tu parlais aussi de, oui, oui, de te retransmettre,
- Speaker #1
que ce soit ton enfant de 3 ans, que ce soit ton adulte,
- Speaker #0
Comment nous, on recevrait l'éducation ?
- Speaker #1
Oui, ça, c'est une bonne question. Tu crées des cellules obligatoires. C'est un sujet.
- Speaker #0
C'est un sujet, honnêtement.
- Speaker #1
Et tu verras que s'il y a des parents qui ne viennent pas, tu vas à la chasse aux parents qui ne viennent pas et t'essaies de comprendre pourquoi ils ne viennent pas. Après, c'est compliqué.
- Speaker #0
Dans quel cas ça pourrait se faire ?
- Speaker #1
Parce que je trouve que l'enfant, c'est trop... C'est tellement facile d'accès parce que c'est l'école.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Alors que si on passe par les parents, les parents, là, ils consentent à ça.
- Speaker #0
On n'est pas sûr que les parents retransmettent en fonction du tabou, de la religion, etc. Donc, du coup, ça...
- Speaker #1
Tu veux dire que ça fait perdre du temps ?
- Speaker #0
Non, c'est que tout le monde ne le fera pas. Donc, du coup, l'enfant, lui, n'est pas forcément protégé coûte que coûte. C'est-à-dire que là, l'enfant, lui, il doit savoir, entre guillemets, les règles de sécurité. Mais par contre... Bien sûr qu'il faut faire quelque chose au niveau des parents, mais... Même si on donnait la charge aux parents, jusqu'à aujourd'hui c'était ça, c'était les parents qui devaient éduquer leurs enfants. Mais regarde où on en est. Si on dit qu'il y a autant de violences sexuelles, c'est qu'il y a quelque chose qui ne va pas dans la manière dont les parents en parlent ou qu'il n'y a pas suffisamment de parents qui en parlent. Enfin, je ne sais pas.
- Speaker #1
Oui, non, c'est une question délicate. C'est une question délicate.
- Speaker #0
Il y a quelque chose qui fait qu'il faut se poser la question parce qu'aujourd'hui il y a encore... beaucoup de violences sexuelles. Alors d'où ça vient, on n'est pas en train de dire que ça vient des parents, forcément, mais que si les enfants ne sont pas protégés, qu'il faut le faire quelque part pour que ce soit fait à une plus grande échelle. Et là, ils ont pensé à l'école, donc moi je dis oui si c'est fait dans un cadre sûr et clair et qu'on ne dérive pas. Non, en fait, si forcément chacun apporte son avis personnel, apporte... essaye de détailler aussi aux enfants, là non.
- Speaker #1
Oui, parce qu'il y a d'autres idées qui peuvent arriver. Ah ben oui, en fait,
- Speaker #0
pour que ce soit cadré. Ça, c'est clair, il faut que ce soit cadré.
- Speaker #1
Ouais, enfin, bon, en tout cas, on a fait le tour, je pense, avec ce intéressant comme sujet. Merci d'avoir répondu présente. Du coup, est-ce que tu as un mot pour la fin, pour les personnes qui t'écoutent et qui te regardent ? Ils vont acheter tes livres, aller acheter ses livres, trois livres Fnac, Amazon, disponibles partout en l'état, je pense.
- Speaker #0
En tout cas ma zone sûre pour les trois livres et après un peu plus particulièrement celui-ci partout en tout cas, le livre sur les secrets. Si j'ai un dernier mot, honnêtement déjà j'aimerais dire qu'il est possible de guérir des violences sexuelles et que forcément aujourd'hui, même si c'est un sujet qui est difficile à entendre parce que forcément quand on entend enfant et qu'on entend violence, ça ne va pas ensemble. C'est vraiment aux extrêmes. Il faut quand même en parler parce qu'il y a des enfants qui ne sont pas protégés. Il y a des enfants qui vivent encore des lourds traumatismes, qui sont abusés. Et en parler, ça permet en tout cas d'ouvrir le sujet. On n'a pas des conclusions là comme ça hâtives, mais au moins de trouver, de réfléchir sur ça et d'améliorer la société à ce niveau-là.
- Speaker #1
Ok, parfait. Merci à toi. Du coup, comme je disais, les trois livres, on va les présenter. Donc, « Maman, pourquoi je ne suis pas comme les autres ? » Aaron et le secret gourmand et Libérée de ma prison dorée par Stéphanie Zembeyo. Intérieur. Excusez-moi, Libérée de ma prison intérieure. Écoute, c'est tout. Merci à tous de nous avoir écoutés, de nous avoir suivis. Vous écoutiez Bamboula, le podcast identitaire et moi, c'est Joie. Je vous dis à la prochaine pour un nouvel épisode. Bayii !