- Speaker #0
Vous écoutez Bamboula, le podcast identitaire pour la seconde partie avec Thierry qui nous partage son récit poignant de tireur d'élite. Bonne écoute ! Non, la question c'est pourquoi tu arrives là et qu'est-ce que tu découvres en fait ?
- Speaker #1
Et ce que je découvre c'est que, ben en fait, les gens ils veulent juste une chose, ils veulent juste être heureux, vivre en paix et ils sont tous victimes en fait d'une minorité qui tienne le pays, eux-mêmes sont tenus par des systèmes.
- Speaker #0
Système d'où ?
- Speaker #1
On connaît, on a le droit de le dire. On va dire le système France-Afrique. C'est un fait. Encore un autre truc, un autre exemple, grâce à l'armée, j'ai appris et découvert que la monnaie, le Sprint CFA, était fabriquée Là où j'étais en plus, à l'armée, à Clermont-Ferrand.
- Speaker #0
Ah oui.
- Speaker #1
Exactement. J'invite nos auditrices et nos auditeurs, si à l'occasion, ils veulent savoir où est fabriqué le France FA. C'est juste à Clermont-Ferrand. Ça m'a l'air d'une petite usine toute discrète.
- Speaker #0
Oui, oui,
- Speaker #1
oui. On construit les billets et après, on les envoie. Donc, de là, j'ai appris tout ce genre de choses. et donc Moi, l'idée quand je vais en Côte d'Ivoire, on me dit que Gbagbo est méchant. Il est méchant. Il fait souffrir et tout. Parce que tu dis que le mec a mangé, il s'est fait du plaisir et tout. Mais quand après tu vas un peu plus loin et que tu comprends aussi qu'est-ce qui a ramené Gbagbo là. Et la finalité c'est qu'on se rend compte que Gbagbo, quand il tombe du régime, c'est grâce un peu aux forces françaises.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
qui ont laissé après la lumière pour les forces opposantes.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
bien sûr. Mais il faut savoir pourquoi on l'a fait tomber. Or qu'au début, il est protégé. C'était impossible que Babou puisse tomber.
- Speaker #0
Encore de la manipulation. C'est ça.
- Speaker #1
Mais encore faut-il être intéressé par la géopolitique et savoir pourquoi tu es là. Parce que c'est bien de dire, ouais, moi, je viens faire la paix et tout.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Et t'écoutes les discours de l'autre qui, en fait, il n'a même pas ouvert un livre et tout. Et de comprendre les choses.
- Speaker #0
Mais comment tu te sentais ? Parce que, tu vois, moi, c'est une question que je me pose. Moune ! Tu travailles pour la France parce que tu es embauché par l'État français pour aller soi-disant faire la paix dans un pays qui soit... En gros, tu es avec tes frères. Et je pense que c'est ça que tu as vécu parce que tu es face à des gens qui te ressemblent. Et quelque part, peut-être à un moment donné, tu vas être même amené à leur faire du mal. Et eux, en plus, ils te voient comme... Comme un nègre de maison, c'est difficile. Tu n'as pas eu des moments de dire, mais en fait, je suis un nègre finalement.
- Speaker #1
Le rejet, tu ressens, voilà. Et après, il y a des moments, tu peux ressentir comme de la honte. De la honte. Et tu te remets en question. Et au final... tu te dis non, ce n'est pas moi en fait. Quand tu commences à comprendre comment ça fonctionne tout ça, tu te dis non, je suis un exécutant. Et là, tu commences à prendre un peu de recul, dire ok, pour telle mission, on va aller là-bas. Ok, non, je sais que ce n'est pas pour ça, mais tu le fais, parce que tu es un exécutant. Tu ne vas pas alarmer en disant je vais alarmer pour dire non à tout, sinon tu restes chez toi. Et il y a une expression qui dit on n'est pas venu vous chercher, c'est vous qui êtes venu à nous. Donc si tu n'es pas content, tu quittes.
- Speaker #0
Non, vraiment, waouh. Et donc, comment tu fais, enfin, à quel moment tu décides de quitter ? Parce que bon, là, c'est une mission en Côte d'Ivoire, j'imagine que tu as fait d'autres missions peut-être qui étaient un peu plus intéressantes, peut-être, ou peut-être qu'il n'y avait pas cet engagement avec, du coup, des gens dans un pays qui t'est proche, quelque part.
- Speaker #1
La Côte d'Ivoire, c'est vraiment le, la mission.
- Speaker #0
Ouais. C'est la première mission.
- Speaker #1
La première mission. Tout à l'heure, d'ailleurs, tu m'avais posé la question, la mission, une des missions de cette mission qui m'a le plus marqué. Alors, ce n'est peut-être pas forcément la plus... Parce que celle-ci, je n'en parlerai pas. Mais celle-là, elle est intéressante sur le plan humain parce qu'il y a le côté rejet. Et en fait, si tu veux, il y avait une embrouille par rapport à un truc de distance et tout. devait être 14 heures quelque chose comme ça les mecs défoncé à plein de trucs et à ce moment là mon chef se prend la tâte avec leur chef et tout et ça commence à armer mais moi je sentais que il y avait un truc parce que tu es le vrai des caillards il me regarde en plus tu es ta d... A 20 ans, tu vois l'autre il a 35, 40 ans, costaud tu vois au pays là,
- Speaker #0
avec la croix de marbre et tout.
- Speaker #1
Il tourne autour de toi, il essaie de te déstabiliser. Je reste solide. De toute façon, si tu veux qu'on se regarde dans les yeux, on va se regarder et tu ne vas jamais oser. Dans ma tête, à ce moment-là, je me dis, tu ne vas jamais oser tirer sur l'armée française. Parce que ça aussi, c'est un discours qu'on te fait comprendre.
- Speaker #0
Ah ouais. En gros, vous êtes immunisé parce que France.
- Speaker #1
Exactement. Mais ça fonctionne dans certains pays.
- Speaker #0
Ah non, mais...
- Speaker #1
Et pire encore quand on sait que tu es tireur d'élite. Parce que, la petite parenthèse, dans Côte d'Ivoire, il faut savoir que l'armée française a fait pas mal de dégâts au niveau d'Abidjan avec des tirs et tout. Merci. TAD Des gens qui vont repenser, ils vont dire « Oh, ok » . Et après, t'as aussi ce côté où on idéalise, on dit « Ouais, tiens, les gars, il est avec son fusil et tout, ça va faire mal et tout » . Donc pour revenir à ça, ce jour-là, ça commence à armer, flac, flac. Il y en a un, il me regarde, il me dit « Petit, on va se donner la mort aujourd'hui » .
- Speaker #0
Ah ouais !
- Speaker #1
Quand il me dit ça... ça se voyait pas comme ça mais mes genoux ils tombaient et j'ai dit wow c'est quoi cette sensation j'ai un nœud et la tête encore plâc et j'ai un de mes collègues qui est mon chef d'équipe à cette époque là que j'aime beaucoup aujourd'hui il a été exceptionnel ce jour là On était quatre pour faire la protection de notre chef et tout. L'équipe a été exceptionnelle, mais lui en premier. Il entend les trucs. Frac ! Il a remis aussi dit, il n'y a personne qui va crever aujourd'hui. Sinon, c'est tous ensemble.
- Speaker #0
Dans ma tête,
- Speaker #1
je dis, qu'est-ce qu'il fait là ? Je commence à encore plus trembler. Parce que là, on n'est pas au quartier, les histoires d'embrouilles. Là, il y a des armes de guerre. Il y a des grenades. Il suffit d'un qui tire pour riposter. Et en distance, il y a juste ça. Le gars, il vient à côté de moi et dit « Frangin, je sais que c'est des frères à toi et tout. Pour moi, mais sans truc. Lui, de toute façon, c'est clairement pas un raciste. Mais sache bien que je suis encore plus frère avec toi que eux. S'il y en a qui te touchent, on y va. » Et ce garçon-là, il fait partie de ces militaires que je t'ai dit qui, lors d'une mission, a ôté la vie. Qui sait c'est quoi l'odeur du sang et tout, tu vois. Et là, blac ! Un autre aussi qui était l'un de mes mentors, flac ! J'ai dit, putain, si les deux font ça, ça va partir en sucette.
- Speaker #0
Donc moi,
- Speaker #1
je suis obligé de suivre. Crac ! Donc on fait comment ?
- Speaker #0
Et alors, qu'est-ce qu'ils font les gaillards ?
- Speaker #1
Mais ils étaient chauds !
- Speaker #0
Ah ouais d'accord !
- Speaker #1
Ah c'est comme ça hein ! Ok ! On attend seulement le chef !
- Speaker #0
Ok !
- Speaker #1
Il dit on va se tabar ici !
- Speaker #0
Aïe aïe aïe !
- Speaker #1
Et moi de ma tête je dis même quand on dorme les gays ils ont pas peur ! Et donc ça s'embrouille et tout ! Comme peut-être bien ! Il dit on s'en va ! Et là tu vois moi je suis content parce que...
- Speaker #0
Ouais !
- Speaker #1
C'est... Tu sais c'est... C'est intense là ouais ! C'est intense ! Et tu sais que les mecs en face de toi, ils vivent la guerre.
- Speaker #0
Ouais,
- Speaker #1
ouais. Et en plus de ça, on n'était pas en zone dite sous contrôle de l'état régulier. On était de l'autre côté.
- Speaker #0
Là où c'est pas assez chaud. Au front, en fait. Au front.
- Speaker #1
Et de cette expérience, j'en ai tiré que... À l'armée, tu vas rencontrer des gens qui, des fois, ne sont pas forcément du même bord politique que toi ou des idées ou trucs, mais ils donneront leur vie pour toi. Et je me suis dit, waouh, j'ai une nouvelle famille. Je le savais, mais là, je le savais encore plus. Et tu sais que ces mecs-là, tu peux dormir ou il n'y a jamais un qui va abandonner l'autre. Et je me suis dit, purée, j'ai de la chance d'être entouré comme ça. C'est la vie, quoi.
- Speaker #0
Ok. C'est... Je ne sais pas quoi dire. C'est juste incroyable. C'est la vie, mais quand même, c'est difficile comme expérience. Et du coup, pourquoi tu as quitté au final, à un moment donné, ce poste de tireur ? Après combien d'années ?
- Speaker #1
Six ans. Cinq ans plus un an pour la reconversion. Tout simplement, j'ai vraiment, comme je te le dis, j'ai eu de la chance d'être bien entouré. Soit je restais jusqu'à la retraite, donc je poussais à cette époque-là, je crois qu'il fallait faire 19 ou 20 ans. Aujourd'hui, il faut faire plus, voilà. Soit je restais jusqu'à la retraite, ça ne me dérangeait pas du tout, j'avais les capacités, les compétences, tout. Ou soit tu pars, tu quittes l'institution assez tôt pour ne pas être matricé. Et quand je dis matricé, pas de façon méchante, mais... Je connais trop de militaires qui sont restés, qui ont quitté l'institution à partir de 10 ans, et en fait, ils se retrouvent le cul entre deux chaises, avec cette envie de rester, de partir. Une fois qu'ils sont dans le civil, ils sont complètement paumés. Toi, tu es maman ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Tu sais que ton enfant, il part à 17 ans et demi, 18 ans. Il ressort de l'armée, il a 28 ans. Il ne sait rien faire dans le civil. Parce qu'on s'occupe de tout. On te refait tes passeports, tes cartes vitales,
- Speaker #0
celles-ci.
- Speaker #1
Si tu as besoin d'un appartement, tu vas voir l'assistante sociale du régiment. On te le trouve.
- Speaker #0
On t'appelle,
- Speaker #1
chérie, je vais te trouver un appartement, viens. Tu t'occupes de rien. Tu fais ta mission. Et... Il y a beaucoup de militaires, pour le coup, si tu veux, il y a une menace qu'on nous fait souvent à l'armée, c'est vous allez voir quand vous allez retourner dans le civil, si c'est aussi simple qu'ici. Mais en vrai, c'est vrai parce qu'on te facilite tout ce qui est administratif et tout. Tout ce qui est politique, on n'en parle pas. La politique au sein de...
- Speaker #0
Mais vous ne faites pas des formations ?
- Speaker #1
On ne parle pas de politique.
- Speaker #0
Donc même quand vous êtes à la mission, il y a quand même un débrief d'avant, vous expliquez un peu ce qui se passe dans telle mission, c'est comment on est régi. Mais vous ne dites pas chacun comment vous vivez en fait ? Non,
- Speaker #1
limite on n'en parle pas. Cette façon de... D'exprimer les choses, on va se retrouver autour de l'apéro.
- Speaker #0
D'accord, ouais.
- Speaker #1
Que ce soit fin de journée, t'es en caserne, 17h, fin de service, une binouze. Allez, bam. T'es même pas encore changé tant qu'y. T'as même des gars, ils vont rester en tri jusqu'à 23h, ils vont en quiller à la popote. Mais ils vont parler de tout et rien. Mais il y a des sujets. C'est même pas que c'est tabou, en fait, tu te rends compte que ça n'existe pas. Parce que tu traînes avec peut-être des anciens qui avaient des tendances racistes. Mais les gars, il va rester avec toi, il va apprendre un truc et limite, il n'est plus raciste. Après, il peut avoir des résidus, des comportements, parce que c'est institutionnel. Il va faire des remarques, mais... Il n'est pas au courant. Il n'est pas au courant que... Toi, tu vas lui dire que c'est raciste quand tu dis ça. Encore faut-il qu'à l'époque...
- Speaker #0
Bonboula, viens ! On va aller boire une binouze !
- Speaker #1
Il ne le sait pas, mais il pourra te dire « Viens, on va faire la bonboula ! » Mais lui, il habite, il vient du fin fond... Désolé, je ne vise pas une région particulière en France, mais il vient du fin fond de je ne sais quel patelin de la France. Il a grandi dans un endroit où il y a très peu de minorités, noirs, arabes ou quoi. Il ne sait pas que Bamboula, c'est péjoratif. Il voit des anciens de son village qui sont dans un bar, les mecs, peut-être qu'ils ont 70 ans. Parce que dans cette France-là, des années 60-70, on utilise le terme Bamboula. Eux, ils ne se disent pas que c'est péjoratif.
- Speaker #0
Oui, oui, oui.
- Speaker #1
Donc le mec, il grandit avec ses choses. Et quand il va venir, ouais, viens, on va faire la Bamboula. Vas-y c'était chiant Mais il le dit pas De façon péjorative Toi A l'époque Est-ce que tu sais Que c'est péjoratif ou pas
- Speaker #0
Bah Moi je le sais Voilà exactement Nous on le sait Voilà nous on le sait Je dirais
- Speaker #1
Dis pas ça Ouais mais pourquoi Et tu sais il va Bah non moi dans mon village Même ma grand-mère Elle le dit Non mais je te le dis, je ne le dis plus. Ok vas-y, on s'en fout, viens on va braguer, viens on va boire. C'est des ambiances comme ça tu vois.
- Speaker #0
Je vois ce que tu veux dire. Donc tu quittes.
- Speaker #1
Donc oui, je quitte parce que j'ai écouté des anciens que j'admirais. On a un, justement l'autre tireur d'élite qui était Guyanais. C'est con ce que je vais te dire. A cette époque-là, je lui dis un jour lors d'une discussion, je lui dis « Capo HF » . Comment vous êtes intelligents comme ça ? T'es le mec qui me regarde et me dit Espèce de Ignare Je me dis Vas-y, toujours vous essayez d'utiliser les grands termes Et tout Donc quand on était devant les gens, je le vous voyais Parce qu'il était mon supérieur éarchique Et on était ensemble, on se tutoyait tout Et d'ailleurs S'il voit l'émission, parce qu'en plus c'est quelqu'un Qui adore les podcasts, les trucs comme ça Donc pépé si tu me vois
- Speaker #0
On va lui envoyer ça ? Je vais lui envoyer ça et tout.
- Speaker #1
Et c'est un garçon magnifique, dans le sens où humainement, et donc d'ailleurs il est retourné en QAn et tout, et il me dit, hey, ouvre des livres, ouvre le dictionnaire. Je dis, ah c'est bon, flemme et tout, il fait, regarde-moi ça. Et il me dit... Je lui ai dit, mais pourquoi vous partez ? Vous n'êtes pas mal et tout. Il me dit, j'ai fait mon temps ici. Mon cerveau vaut mieux que ça. Je lui ai dit,
- Speaker #0
mais il est fou. Ça faisait longtemps, du coup, lui, qu'il était là, non ?
- Speaker #1
Quand j'arrive à l'armée, il me semble qu'il a... 3 ans de service de plus que moi,
- Speaker #0
ou 4 ans,
- Speaker #1
mais il a du bagage, en plus il a un certain âge, moi à l'époque quand je le rencontre, j'ai 20 ans, un truc comme ça, lui il a déjà 27-28, mais il a encore même de l'avance sur son âge de l'époque. Et il avait l'habitude de nous dire ignorant. Ouais, t'es un ignorant. Un ignare. Et nous rigoler. Un jour, il me prend en aparté et tout. Il me dit, toi, je vais commencer à te casser ta gueule. Je dis, pourquoi ? Je ne t'ai pas dit d'ouvrir le dictionnaire. Je dis, pourquoi ? Il me dit, ouvre le dictionnaire. Je t'ai déjà dit. Et regarde, ignorant, ignare. Tu connais la définition de ces mots ?
- Speaker #0
Non, mais tu vas me dire. Enfin, moi, je sais. Mais c'est ce qu'il t'a dit.
- Speaker #1
Non, c'est qu'après, je suis parti rechercher.
- Speaker #0
Ah oui, d'accord.
- Speaker #1
À savoir que « ignare » , ça veut dire très ignorant.
- Speaker #0
Ouais, ok.
- Speaker #1
Ignorant, c'est quelqu'un qui est bête. Même pas bête. Il est dépourvu d'intelligence. Tête inerte. Moi, quand je vois tout ça... Il savait que ça allait toucher mon égo.
- Speaker #0
Je lui dis, eh,
- Speaker #1
Capourache, je n'ai plus envie de dire ça. Il me dit, ça y est, tu ne rigoles plus. Et donc, quand tu apprends à connaître un gars comme ça, et quand il te parle, tu dis, ok, je vais être un militaire. Non seulement je suis bon sur le terrain, mais dans le cerveau aussi. Et quand il décide de partir, moi, je me dis, non, il faut rester. Il me dit, non, il y a ça, Il me fait comprendre les choses. Et un deuxième Capourache, qui était super intelligent, Enfin, plutôt cultivé, parce qu'il ne voulait pas que je lui dise que vous êtes intelligent. Et il me dit, tu en as dans la tête, physiquement et tout. Il me dit, fais attention à toi. Moi, j'estime que l'armée, soit tu pars, tu es jeune, tu as fait ton expérience, ou soit tu restes jusqu'au bout. Mais ceux qui partiront à mi-chemin... Bon courage à eux. Et c'est un fait. C'est une réalité. Moi aujourd'hui, je vois des militaires, parce que j'ai eu Facebook assez tard, je crois 2015 et tout. Donc j'ai eu la chance de retrouver des amis militaires et tout. Et certains qui se sont arrêtés à mi-chemin, ils sont partagés. Après deux, trois ans, ils se disent « Non, j'ai envie d'y retourner » . Parce qu'ils sont paumés dans le civil. Soit ils n'ont pas fait des reconversions professionnelles, ou soit ils se rendent compte que la seule chose qu'ils savent faire, c'est être militaire. Et je ne voulais pas me retrouver dans cette case.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Donc c'est avec le cœur lourd que je quitte l'institution. Mais en même temps, je me forge un mental pour me dire, OK. Il ne faut pas que je regrette mon choix.
- Speaker #0
Il ne faut pas que je regrette mon choix.
- Speaker #1
Parce que tu en as pas mal aussi, après un départ, au bout d'un an, ils décident de faire un processus pour revenir.
- Speaker #0
Tu t'es dit que tu pars, c'est pour demain.
- Speaker #1
Parce que quand tu reviens, les copains qui sont dans la caserne, ils te regardent en bizarre.
- Speaker #0
Ouais, tu m'es... Ah, parce que t'es parti ?
- Speaker #1
Bah oui ! Que t'es revenu ! T'as eu le temps du civil ! Et il est hors de question que je laisse quelqu'un dire quoi que ce soit, parce que je te dis la vérité. Et il y en a, ils le savent un peu. J'étais à deux doigts de revenir.
- Speaker #0
Ah ouais ?
- Speaker #1
J'étais à deux doigts. Parce que...
- Speaker #0
Pourquoi ? Qu'est-ce qui s'est passé dans le civil ?
- Speaker #1
Ça me manquait.
- Speaker #0
Ah, d'accord. Mais ce n'était pas les difficultés du civil qui te challengeaient ?
- Speaker #1
Pas sur le plan professionnel, mais sur l'environnement du monde civil.
- Speaker #0
C'est-à-dire ?
- Speaker #1
C'est-à-dire croiser dans mon quotidien des gens qui se plaignent.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Alors, mais oui, il y a des gens qui vont se plaindre, mais on se plaint genre « Vas-y, il est chiant lui, toujours en cours, tous les jours on fait footing ! »
- Speaker #0
Ouais c'est pas les mêmes plaintes.
- Speaker #1
Ouais il pleut, on va aller marcher toi.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
C'est des fous et tout, y'a pas la rasket numéro 7. C'est des autres seuls plaintes dans l'armée.
- Speaker #0
Ok ouais, c'est vraiment pas les mêmes plaintes.
- Speaker #1
C'est pas les mêmes plaintes. Pas de politique, comme je te l'ai dit. Pas de truc de... Ouais... Des trucs de société tu vois.
- Speaker #0
Oui oui oui. D'appeler les impôts.
- Speaker #1
Tu les payes,
- Speaker #0
mais tu ne le vois pas toi.
- Speaker #1
Tu ne le vois pas.
- Speaker #0
Oui, ben oui.
- Speaker #1
Je ne sais pas,
- Speaker #0
tu as loupé le train, tu as loupé le métro, ce genre de trucs, c'est les plaintes du civil.
- Speaker #1
Oui, des plaintes du civil. Voilà,
- Speaker #0
c'est ça.
- Speaker #1
Et donc tu te retrouves à regarder la télé. Moi la télé chez moi à l'armée on en avait une mais...
- Speaker #0
Ouais vous regardez pas. C'est dingue hein, moi je pensais pas que vous aviez pas... Enfin ouais, je pensais quand même qu'il y avait un peu de politique parce que si vous allez dans un endroit vous savez un peu qu'est-ce qu'il se passe.
- Speaker #1
C'est ceux qui sont très hauts les chefs.
- Speaker #0
Ouais bah oui. Et encore même deux. C'est les stratèges, c'est eux qui savent.
- Speaker #1
Exact.
- Speaker #0
Comment ils vont devoir gérer la mission, de quelle manière ils doivent la tourner.
- Speaker #1
Mais entre militaires, entre potes, on veut juste être une bonne deux copains, faire nos missions. Quand tu pars en mission, si tu sais que tu pars sur une mission tranquille, tu sais ce que tu as envie de faire ?
- Speaker #0
Non.
- Speaker #1
Faire ton sport, revenir en France, c'est une balèze.
- Speaker #0
Ah ouais, d'accord.
- Speaker #1
Tu reviens, on te dit « Ah ! » T'es tout de suite balèze hein !
- Speaker #0
T'as envie de kéké ? Ouais vite fait t'as eu...
- Speaker #1
Ouais c'est vraiment pas les mêmes réalités hein ! Tu reviens avec plus d'argent parce qu'effectivement on est mieux payé C'est vrai on n'a pas parlé d'argent,
- Speaker #0
on s'est bien payé alors en tant que tireur d'élite Est-ce que c'est mieux payé que...
- Speaker #1
Non c'est pareil c'est le même salaire Ah ouais même si t'étais dans...
- Speaker #0
parce que tu parlais de premier régiment tout à l'heure c'est la même chose Que je sois tireur d'élite ou ingénieur du son à l'armée c'est le même salaire Ah ouais ?
- Speaker #1
Ce qui va changer, c'est quand tu pars en mission. Quand tu pars sur le terrain, là, après, t'as les primes et tout. Aujourd'hui, je pense que ça a dû changer.
- Speaker #0
Parce que tu es face à la mort alors que l'ingénieur de son... Tu dois savoir,
- Speaker #1
à l'époque, je crois que lorsque je quitte l'armée en 2009, mon salaire, quand je bouge pas, je suis ici, je devais être à 1142 euros, à 1062 euros. Et je touchais 30 euros de plus que mon pote qui était là depuis 6 ans avant.
- Speaker #0
Ah ouais ! C'est pas énorme !
- Speaker #1
Et les contrats qui sont arrivés à peu près 3 ans après, parce que ça a été restructuré et tout, ils touchaient à peu près 150-200 euros de plus que nous.
- Speaker #0
Ok, et du coup les missions, ça te donne beaucoup plus ? Est-ce que tu vois une différence entre 100 missions et les missions ? Oui,
- Speaker #1
parce que quand j'étais en Côte d'Ivoire, je touchais à peu près 3 fois et demi de plus par mois.
- Speaker #0
D'accord, ok.
- Speaker #1
C'est pour ça que les mecs à l'époque, quand ils revenaient, ils achetaient des grosses voitures. Ok,
- Speaker #0
bah oui. J'ai failli mourir, autant que je roue dans ma grosse voiture.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Non, non, je comprends. Et du coup, discipline, toi, c'est quoi pour toi la discipline ? Parce que tu as parlé de discipline tout à l'heure.
- Speaker #1
Discipline, savoir se gérer, je pense. S'auto-gérer, ne pas donner de quoi se faire battre. Parce qu'en même temps, ce qui était étrange à cette époque, c'est que je rentre à l'armée, je sais que je vais être confronté à l'autorité, chose que je n'accepte pas, que je ne truque, mais là, j'y vais, et ce qui m'a maté, ce n'est pas de me dire, ouais, il est fou lui, je ne le ferai pas, c'est cette phrase-là, on n'est pas venu vous chercher, vous êtes venu par vous-même, et là, ça prend tout son sens. Et donc, par rapport à la discipline, moi... qui a toujours été dans l'optique de... Ouais, être le meilleur dans ce que je fais, dans ce que je vais chercher, dans ce que je peux offrir. Après, ça s'embrique, donc c'est pas compliqué. Pour te dire, aujourd'hui, moi-même, j'aurais de la difficulté à te donner une définition à la discipline, parce que je la vis, elle est à moi,
- Speaker #0
tu vois. C'est intégré en toi, directement. C'est intégré. C'est automatique, en fait. C'est ça.
- Speaker #1
Pour moi, ce qui me paraît normal, ça peut être... Quelque chose de l'ordre de la discipline pour quelqu'un d'autre. Mais pour moi, c'est normal.
- Speaker #0
D'accord. Et au final, quand tu fais un bilan de quand tu pars à l'armée, parce que tu disais, oui, j'ai vu le char, je voulais conduire le char, mais aujourd'hui, là, maintenant, est-ce que c'est vraiment ça que tu voulais ? Est-ce qu'il n'y avait pas quelque chose que tu cherchais au-delà de... Tu voulais peut-être, je ne sais pas moi, une discipline, peut-être un cadre ? Ou tu voulais aussi peut-être défier ta mère. C'était quoi, en fait ? Tu ne t'es pas dit, finalement, je suis allée pour ça, mais qu'est-ce que j'ai récupéré ?
- Speaker #1
Alors, ce qui est intéressant, c'est que tu parles de ma mère. Oui, parce que le fait qu'elle refuse et que j'avais déjà pris la température quelques mois plus tôt, c'est aussi de la défiance.
- Speaker #0
Je dis,
- Speaker #1
toi... En plus, il me semble qu'un jour, elle avait dit, ouais, si t'as pas ton bac ou tu trouves pas un travail, tu te dégages d'ici.
- Speaker #0
Voilà. Du coup, tu t'es dit, boba, je vais dégager, je vais pas avoir le bac et je dégage en plus. Mais c'est moi qui décide.
- Speaker #1
Exactement. Je vais pas te laisser faire ça. T'es un rogo ! Mais... les Ausha ne font pas des Ausha vraiment les Ausha ne font pas des Ausha ma mère elle est comme ça aussi et d'ailleurs on en rigolait il y a quelques temps parce qu'on parlait de ça et je dis mais je suis comme toi donc tu peux pas au final donc oui il y a eu ce côté là et je sais pas pourquoi l'aventure ça m'intriguait en fait de me dire C'est un univers, on n'en parle pas assez, on ne connaît pas, c'est... Il y a quelque chose que je dois aller chercher là-bas.
- Speaker #0
Ouais, ouais, ouais.
- Speaker #1
J'y suis parti et... Comme je le dis, c'est... Pour moi... Oui, la meilleure expérience de vie que j'ai vécue.
- Speaker #0
D'accord. Qu'est-ce que tu as trouvé là-bas au final ? Qu'est-ce que tu as été ? Quelle est la chose, la faculté que tu as gagnée là-bas ? Parce que finalement, de ce que j'entends, il y avait plein de choses que tu avais déjà, qui étaient déjà incluses en toi, des capacités que l'armée recherchait. Mais est-ce qu'il y a des choses que tu as pu acquérir de ces expériences-là ?
- Speaker #1
Je pense que j'ai grandi sur le plan humain.
- Speaker #0
Tu es devenu un homme. Peut-être que tu as dit ça, tu es devenu un homme.
- Speaker #1
aussi, quoi que tu me diras c'est tout au long d'une vie puisqu'on apprend sur le plan humain parce que j'ai appris à me dire ok On est pas mal ici en fait.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
J'aime pas le dire, parce que comme tout bon français aussi, j'aime me plaindre. Les impôts, les ceci, la qualité des transports et tout. Mais rencontrer des personnes qui vivent dans certains milieux avec très peu. et qui sont heureux, joyeux de vivre et qui sont capables de dire non demain ça ira bien tu te dis wow j'ai passé des soirées que ce soit Au Côte d'Ivoire, au Tchad, des fois, derrière les grilles, t'as des jeunes qui viennent. Et tu sais, quand ils vendent les cacahuètes et tout, popcorn. Des fois, quand on faisait les patrouilles, j'arrivais, je disais, bon, on passe à la caserne, devant et tout. Là, il y a combien ? OK, il y a 20 paquets. Ça, c'est le prix des 20 sachets de tas. Et ça, c'est pour que tu ailles étudier. Parce que tu as des enfants qui te disent le matin je vends, ils vont à l'école et l'après-midi ils vendent, mais il faut l'apprendre. Il faut les lire, il faut les trucs. Et ça, je trouve ça incroyable.
- Speaker #0
C'est beau.
- Speaker #1
Par exemple, j'ai gardé des liens avec des jeunes de Côte d'Ivoire qui ont continué à m'appeler. Jusque le dernier m'a appelé en 2016 ou 2017 pour m'annoncer que c'est bon, il avait réussi ses démarches et qu'il voulait venir en France, dans l'armée. Je lui ai dit, pourquoi tu fais ça mon petit ? Non, mon grand frère.
- Speaker #0
Ah, il veut faire ça, d'accord.
- Speaker #1
Je lui ai dit, t'es malade ? Non, la Légion et tout. Je veux être comme toi un jour. Je lui ai dit, je ne suis plus ce militaire que tu es. Ouais,
- Speaker #0
que tu as vu, que tu as connu.
- Speaker #1
Parce que moi je sais qu'à ce moment là lui me voit avec l'image qu'il avait à cette époque-là, l'enfant de avoir 11, 12 ans. Maintenant, ils vont se dire, mais comment tu peux parler à des jeunes de 9 ans, 11 ans, tout ? Parce qu'en Afrique, les jeunes, même à 6 ans, ils sont super matures. C'est ça qu'on ne se rend pas compte. Moi, j'irais même plus loin. En Afrique, dans les pays, un enfant qui a 5, 6 ans est beaucoup plus mature qu'un enfant qui a 10 ans ici. Par rapport à l'autonomie, ceux-ci qui vivent dans son quotidien. Et c'est incroyable. Et donc, c'est pour ça que je dis, sur le plan humain, j'ai appris à m'intéresser à l'humain. Parce qu'avant, je m'intéressais uniquement à mes amis, mon cercle.
- Speaker #0
D'accord, c'est bien. C'est intéressant. C'est bien d'avoir cette faculté aujourd'hui. Super important de s'enrichir des autres, en fait. Peu importe l'horizon dans lequel on vient, c'est super important.
- Speaker #1
Et l'autre point aussi, c'est de se dire que... Comment dire ?
- Speaker #0
Tu n'es pas le centre du monde et que ton environnement n'est pas le centre du monde non plus. Pourquoi je te dis ça ? Parce qu'une expression qu'aujourd'hui j'essaie de ne pas dire depuis des années, c'est l'expression « le monde part en couille » , « le monde va mal » , « le monde va mal, allez, on va rester politiquement correct » . Non, c'est pas le monde qui va mal, c'est l'environnement où tu es qui va mal.
- Speaker #1
Exactement, c'est exactement ça.
- Speaker #0
C'est ça ?
- Speaker #1
Oui, c'est la vérité. Change d'environnement, tu verras peut-être que ça ira mieux, modifie ton environnement. Exactement.
- Speaker #0
Tu tombes dans des pays, ils n'ont pas un tiers de ce que tu as, mais ils vont vivre, ils vont kiffer, ceci, bien manger, s'instruire, et ça va bien.
- Speaker #1
Du coup les voyages ça t'a servi Les missions
- Speaker #0
Et ça m'a donné après l'envie de voyager Ah ouais ok
- Speaker #1
Du coup donc tu te reconvertis
- Speaker #0
Je me reconvertis
- Speaker #1
Tu décides tout de suite de savoir dans quoi tu veux te reconvertir Euh ouais
- Speaker #0
J'avais un pote Qui avait quitté l'institution Euh BLEUH deux ans auparavant. Et on s'était dit un jour, on était sur une petite mission des obusages et tout, et on nous avait donné le week-end. On va sur la plage de... de Cannes et tout, et on voit des yachts. C'était un jour qu'on a raffiné l'armée, que ce soit dans 15-20 ans, on ferait un business ensemble. Et lui aussi, d'ailleurs je lui fais un petit coucou,
- Speaker #1
Ah tu fais beaucoup coucou aujourd'hui ! Ouais parce que je les aime bien, c'est vraiment important ! T'as raison, profite !
- Speaker #0
Et lui, il avait déjà cette mentalité, à l'époque, il fait partie des rares noires et tout, Lui, il disait, moi, la victimisation, il utilisait même des termes que je ne connaissais pas et tout. Il me dit, gars, on va manger, on aura des gros ventres, on aura des pincades. Je dis, c'est ça que j'aime aussi. Et lors de cette mission en 2004, on s'était dit, on ferait un business un jour. Et finalement, quand je lui annonce que je quitte l'institution et tout, il me dit, ouais, on monte une boîte de sécu sur Lyon. OK, on monte la boîte de sécu et tout. Pourquoi la sécu ? C'est parce que... Quelque part, je n'avais pas forcément envie de sortir du secteur de la sécurité, que ce soit intérieur ou extérieur. Et j'avais une vision de la sécurité. J'en avais marre du côté péjoratif, le vigile.
- Speaker #1
Ah oui. Parce que moi,
- Speaker #0
je n'ai jamais vu la sécurité comme ça. Eh, vigile tout. Je voyais l'image de l'agent de sécu propre, clean, qui sait s'exprimer. Et c'est ce que je cherchais. à avoir pour tous mes agents. Moi, un agent qui ne sait pas s'exprimer, ça ne m'intéresse pas. Pourquoi je te dis ça ? Parce que une autre devise que j'ai apprise de l'armée, c'est que si tu es propre sur ta tenue et que tu t'exprimes bien, tu as fait déjà 70% de ton boulot. À partir de là, tu vas esquiver, éviter, pardon, les problèmes, les embrouilles, les soucis, et c'est un fait. Si tu regardes bien, Quand tu marches dans la rue, tu vois des gendarmes, des policiers. Quand ils marchent, il y a une certaine attitude. Mais c'est ce qu'on nous apprend.
- Speaker #1
Oui, oui, oui.
- Speaker #0
Et de cette attitude-là, tu vas limiter les problèmes. Toi, quand tu es dans le moule, tu le sais quand t'es le militaire, c'est un lâche ou pas ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
On vit ensemble. Je sais que c'est un lâche.
- Speaker #1
OK.
- Speaker #0
Mais quand on va faire des défilés ou quoi ?
- Speaker #1
Tu ne vas pas le voir.
- Speaker #0
Si, moi je le sais. Ah,
- Speaker #1
toi tu le sais, mais... Mais la personne qui le connaît peut le dire. Moi je ne vais pas le voir. Voilà,
- Speaker #0
parce qu'il y a l'effet de groupe, il y a la... Et donc dans la sécu, c'est la même chose.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Je voulais prendre ça et le poser sur ça. Donc on a monté notre boîte de sécu, deux ans. hélas on l'a liquidé parce qu'on s'est fait escroquer et tout, ça fait partie du pack de l'enseignement et derrière ça je voulais rester dans la sécu privée protection rapprochée de VIP et continuer tous les événements, que ce soit 24h du mois, JPMoto Roland Garros, PSG j'ai bossé d'IP ah oui d'accord, t'as fait plein de choses avant en fait durant la période où j'ai quitté ma boîte de sécu jusqu'à ma reconversion où j'ai vraiment décidé de quitter tout ce qui était sécurité, de mettre de ma personne, j'en ai fait. J'ai fait vraiment, pour moi, des magnifiques missions.
- Speaker #1
Ah ouais, d'accord. Sympa.
- Speaker #0
Ouais, des protections de vie. Tu n'as même pas...
- Speaker #1
Qui, par exemple, t'a protégé ?
- Speaker #0
Je ne sais pas si tu peux me le dire,
- Speaker #1
mais je pense que oui.
- Speaker #0
Oui. Alors je travaillais pour une boîte qui avait des gros contrats de protection et autres. La plus belle personne, la plus magnifique, c'est Céline Dion. Pendant un mois et demi à son hôtel, c'était incroyable. Elle sort de l'ascenseur, elle vient chanter, elle danse avec toi. En plus je suis un déconneur. Il faut être carré. Mais il faut être aussi adapté à la télé. le truc cul tout le monde est non de personnes très intéressante je me suis occupé des loches ou quoi alors ça risque de choquer des personnes mais tu as des personnes comme sarco ah oui j'avais demandé aux politiciens ah d'accord entre la télé comment il est derrière c'est le mec qui va passer Des fois, tu es un peu distant, tu te dis, avec tout ce qu'il dit, lui et tout. Non, il ne passera jamais devant toi s'il te connaît, sans te serrer la main, ça va, présenter ta gueule.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Il n'est pas comme ça à la télé,
- Speaker #1
lui. Oui, après, toujours une image que tu renvoies à la télé et dans le privé, c'est normal. C'est comme tu as dit tout à l'heure, l'armée entre le privé et le public.
- Speaker #0
C'est ça. Tu découvres aussi le fonctionnement de la société. Moi j'ai vu des gens de l'extrême droite avec les gens de la gauche se faire la bise Ouais ça va ma chérie,
- Speaker #1
caca Et après,
- Speaker #0
trois minutes après, ils sont sur le plateau de télé en train de se faire un fight Et là tu te dis what ?
- Speaker #1
Et c'est là que tu comprends qu'en fait les médias c'est un game C'est de l'arnaque, c'est une manipulation tout le temps C'est Netflix en fait Exactement,
- Speaker #0
et en plus tu comprends une chose Que beaucoup d'entre eux sont issus des mêmes écoles A l'école, ils sont amis Ils sont de familles différentes, vous pouvez être amis et avoir des bords politiques différents. À la télé, ils se font la guerre, mais en coulisses, ils se font la bise. Et ça, je l'ai vu de mes propres yeux. Et de là, tu prends du recul et tu te dis... La politique... Et c'est intéressant de voir tous ces trucs-là, comme je te l'ai dit. Avec tout ce que j'ai fait en sécu, j'ai vraiment eu la chance, enfin je me suis créé ma chance d'avoir vraiment des missions au top. Pas juste, alors je dénigre pas parce que c'est extrêmement difficile. Ouais, bien sûr. être agent de sécu en magasin,
- Speaker #1
moi, ça ne m'enchante pas.
- Speaker #0
Mais quand j'avais ma boîte de sécu, j'avais des agents qui me disaient « Thierry, tu me laisses en magasin, s'il te plaît. »
- Speaker #1
Ah oui, d'accord. Eux, ça leur va,
- Speaker #0
d'accord.
- Speaker #1
Et ces mecs-là,
- Speaker #0
ils vont... Ils vont voir des choses que tu ne vois même pas. Ils vont être capables de te dire « ouais » .
- Speaker #1
Ah ouais, comme quoi, chacun son domaine.
- Speaker #0
Je vais te raconter une petite anecdote où j'en suis peu fier. Moi, je suis patron. J'arrive dans une des boutiques où il y a mes agents et tout, pour lui remettre son chèque du mois et tout. Je vois une cliente. Elle est femme et tout. Lui, il me parle. un peu avec son accent, il me dit des trucs, je lui dis mais toi toujours tu me dis oui ta femme elle est enceinte, laisse moi tranquille je reparle, mais en même temps il capte que je regarde la cliente et il me dit ah ça y est elle a volé, donc tu me parles et tout et il fait la cliente là, je la surveille et tout.
- Speaker #1
Il pensait que t'avais vu en fait.
- Speaker #0
Ouais, je dis qu'est-ce qu'il me raconte, elle est classe, elle est gante, pimpante, j'arrive même à sentir son parfum d'ici. J'ai dit elle, s'il n'était pas là, j'aurais parti la draguer.
- Speaker #1
Ah ouais !
- Speaker #0
Sauf qu'il me dit non c'est une voleuse. Je lui dis toi là, une femme comme ça peut vouler ? Il dit, patron, en plus il m'appelait comme ça, patron, attends, tu vas voir.
- Speaker #1
Il a dit attends.
- Speaker #0
Il a dit tu vas voir. Et elle passe un moment, elle passe entre nous, elle me regarde, ice contact. Oh non, madame, quand je sors, je vais venir vous chercher.
- Speaker #1
Ouais, ouais, ouais.
- Speaker #0
Sauf qu'entre temps, moi, donc je finis de parler avec lui et je décide de m'éloigner.
- Speaker #1
Je lui dis non,
- Speaker #0
j'ai fait un tac. Le fumier il a eu raison.
- Speaker #1
Ah elle avait volé.
- Speaker #0
Elle a volé.
- Speaker #1
Ok. Mais c'est dans un grand magasin.
- Speaker #0
Noci B.
- Speaker #1
Ah ouais d'accord.
- Speaker #0
Mais elle était classe.
- Speaker #1
Bah ouais mais la bille ne fait pas le mouette.
- Speaker #0
Or que moi j'étais en train de guetter des petites jeunettes qui avaient 17-18 ans, un truc comme ça. Je dis par contre regarde bien. Il me dit non, elle elle vient, elle se parfume et après elle dégage. Je disais ah t'es sûr ? Et celle que je me disais non Donc c'est pour te dire Il y a du professionnalisme Moi ce jour là si j'étais dans le magasin Sachant qu'il y a des jours où je remplaçais mes agents Quand ils étaient en week-end ou quoi Alors elle aurait pu voler 10 fois Parce que je regardais que son charme Et je me suis dit une femme comme toi tu peux pas voler
- Speaker #1
En tout cas elle a volé Ah les gens ils sont forts Ils sont forts Ils sont forts
- Speaker #0
Donc moi c'est des trucs où je me suis dit non je peux pas rester dans les magasins je veux faire de l'événementiel et dans les événementsiel Roland Garros Après il y a des événements que tu répètes La classe et tout, et j'ai toujours retransposé ce que j'ai appris de l'armée dans la sécurité et aussi dans le sport.
- Speaker #1
Ok, justement, c'était ça ma... T'es bien comme tradition, c'était ça la transition. Ah ouais ? Comment tu... Enfin, comment t'as lié du coup ce que t'as appris dans l'armée avec ton travail d'aujourd'hui de coach sportif ?
- Speaker #0
Déjà la discipline.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Il y a un autre facteur, peut-être que je n'en ai pas parlé, c'est que j'étais compétiteur, alors plus jeune, dans la force athlétique, et il y a quelques années, de 2015 à 2018, dans le culturisme. Ok,
- Speaker #1
d'accord. Mais tu as fait plein de choses, disons. Oui,
- Speaker #0
dans cette vie, j'essaye. Et donc, je prends mon côté. Athlète, les compétitions, le côté professionnel, je mélange de tout et aujourd'hui c'est ce qui fait de moi le coach que je suis.
- Speaker #1
D'accord, ok. Et qu'est-ce qui fait que ça serait bien de faire un coaching avec Théré plutôt qu'avec un autre ? Si on veut faire un coaching avec toi.
- Speaker #0
Avec moi ?
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Déjà, on va à stade ses objectifs. Sans la notion sacrifice, c'est quelque chose que j'ai horreur. Parce que je l'ai fait pour moi. Et je ne veux pas l'imposer à des clients. Je l'ai fait pour moi, que ce soit dans le cadre militaire ou dans mes compétitions. Et je pense que ce n'est pas adapté à tout le monde de faire des sacrifices pour atteindre des objectifs.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Oui, pas de sacrifice. Avoir un coach solaire, très important. Même si des fois, tu te dis que tu n'es pas un clown, mais que tu n'es pas une batterie. nucléaire et des fois les gens ne s'en rendent pas compte mais ce métier là de coach il ya beaucoup de personnes qui vont aspirer t'aspirer ton énergie Énormément il y en a ils vont vouloir se reposer sur toi mais c'est pas de leur faute peut-être qu'ils ont alors si je prends par exemple l'exemple de mes clients en particulier quasiment tous mes particuliers aller à 80% c'est tous minimum 4 4 sup Donc ils ont des responsabilités, ils vont mettre des pressions ou des trucs, mais quand ils se retrouvent avec moi, au final l'énergie est assez inverse.
- Speaker #1
Du coup toute leur pression va sur toi, ils veulent se décharger. Est-ce que tu sens que tu récupères cette énergie ? Oui, des fois je la sens.
- Speaker #0
Je prends le cas d'une cliente sur la cité, grande responsable dans un groupe. dans un groupe très très connu et quand je les connais à l'époque j'étais pas j'avais pas encore attaqué ma reconversion professionnelle mais j'avais des collègues qui la connaissait très bien et moi je t'ai ajouté que cette chaîne de télé tout et c'est vrai que quand tu la vois moi quand je la voyais j'étais comme à l'armée c'est rare pourtant moi je suis bien quand je Je la vois et je dis, c'est l'action d'une énergiste. Carré quoi ! et un jour quand j'ai fait une fois diplômé tout j'ai un collègue et dit ouais je cherche un coach et tout à l'histoire voir et j'accepte quand même parce que j'ai besoin d'argent bah oui et on se retrouve finalement quatre ans de coach coaché une des plus belles expériences dans le coaching sur le plan humain elle est Et c'est arrivé à plusieurs reprises que sur des séances, elle se retrouvait comme une petite fille. En fait,
- Speaker #1
elle perd son statut qu'elle avait dans son travail de cadre, de supérieur, de chef.
- Speaker #0
Des fois, j'ai même envie de lui ramener une petite fleur de coquelicot. Mais quand tu entends parler d'elle au boulot... Oh là Ok,
- Speaker #1
rien à voir Les gens ils ont peur d'elle Ah ouais carrément Ils ont peur d'elle C'est dingue quand même d'avoir deux personnalités comme ça
- Speaker #0
C'est fou hein En fait il y en a plein, Et ça je l'ai découvert vraiment dans le monde du coaching Et c'est ça qui me fait vibrer Parce que j'ai appris aussi à me détacher un peu Parce que mes premières années, surtout les deux premières années, je prenais leurs problèmes et leurs énergies, je les ramenais chez moi. Et ça, ce n'est pas bon dans ton foyer, ni pour toi, ni pour ton couple. Parce que j'avais une volonté, c'est que je me mette en mission, comme pour mission. d'aider cette personne et de faire mon possible pour qu'elle se dise yes, je suis bien dans ma vie. Non pas pour dire ouais, Terry m'a aidé, mais pour dire que yes, donc je prends mes ingrédients, mes ceci, mon côté disciplinaire, mon côté sportif, athlète. Moi j'ai une cliente qui a fini en âge près.
- Speaker #1
Ah ouais ? Je sens que t'as le psychiatrique ? Hum. Ok.
- Speaker #0
Dès le début, je ne savais pas, je ne pensais pas, mais au fur et à mesure, je me suis dit, c'est bizarre. Et la fille avec qui j'étais à l'époque, elle me disait, elle va finir à l'âge psychiatrique. J'ai dit, arrête. Effectivement, elle a eu raison. Un jour, je pars en vacances, six semaines au Ghana. Même pas 5-6 jours, elle m'appelle et me dit « Ouais, en fait, j'arrive pas. Tu reviens quand ? » Je dis « Mais dans 6 semaines. » « Ouais, mais non, quand je vais ? »
- Speaker #1
Ah ouais, carrément.
- Speaker #0
Elle m'envoie après un message comme ça.
- Speaker #1
Pour te dire quoi ? Pour te dire « Ouais, faut que tu reviennes, j'en peux plus. » Ce genre de choses, ouais ?
- Speaker #0
Je saurais pas quoi faire de ma vie si tu reviens pas. Mais il faut savoir aussi sa situation à cette fille.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
C'était incroyable.
- Speaker #1
Ok, mais elle vivait des choses difficiles en ce moment. Très difficiles. Ok.
- Speaker #0
Au revoir.
- Speaker #1
Oui, mais là, du coup, c'était peut-être pas de ton ressort. Il fallait peut-être qu'elle consulte un psychologue. C'est ce qu'après,
- Speaker #0
j'ai recommandé, mais c'est pas simple de dire à une personne, va voir un psy.
- Speaker #1
Ouais, je sais.
- Speaker #0
Si quelqu'un te dit, ouais, toi, t'es dans ton mal-être, t'as juste envie de t'exprimer à quelqu'un, et la personne dit, eh, va voir un psy.
- Speaker #1
Ouais, mais tu lui dis pas un psy, mais t'es un médecin, va voir un médecin.
- Speaker #0
Sachant qu'elle, c'était mais pas psy, fallait une psychiatre.
- Speaker #1
Oui, évidemment, il fallait des médocs pour calmer son anxiété, etc.
- Speaker #0
Et cette fille-là qui est super gentille, en fait, si tu veux, la période qu'elle a vécue était extrêmement compliquée. Déjà, Covid, elle doit fermer son école de danse. Le proprio, il l'oblige à continuer à payer un loyer, donc accumule les dettes. Séparée de son chéri, après six ans de relation, mais ils étaient en colloque. 3 ans.
- Speaker #1
Ah oui, ah oui.
- Speaker #0
Le mec, zéro effort, quand des fois je venais pour les cours à domicile, le mec, véridique, 9h15 du matin, il arrive avec une casserole, il y a des pâtés du ketchup. Le mec, il la regarde et fait, tu crois que tu as changé quelque chose à ta vie ?
- Speaker #1
Ah ouais, les gens sont violents.
- Speaker #0
Ils sont violents. La fille, elle est de ma génération, donc pas d'enfant. de la communauté juive. C'est un moment qui est super investi à la synagogue et tout. Qui était toujours derrière ce... La pression sociale et tout, tu vois. Donc ça fait beaucoup... Moi, j'ai obligé cette fille-là, des fois, quand elle venait à mon studio de coaching, « Salut, ça va ? » « Ouais, non. »
- Speaker #1
« Je fermais la porte. » « Ah oui, bah oui. » « Faut jamais dire ça va. » « Il y a des fois, faut pas dire ça va. »
- Speaker #0
« Mais je fermais la porte. »
- Speaker #1
« Ah, tu fermais la porte ? » « Je fermais la porte. » « Ah oui, d'accord. » « Pas 40, carrément. » « Non. » « Parce que tu savais que... »
- Speaker #0
« Et je lui avais dit, parce que j'avais imposé des exercices, parce que des fois, c'était too much, et des fois, elle se laissait aspirer. Et moi, quand tu rentrais dans mon studio, il y avait une pancarte, c'était écrit « Enjoy » .
- Speaker #1
D'accord, ouais.
- Speaker #0
Quand tu rentres dans mon studio de coaching, j'ouvre, il y a le enjoy et j'attends un sourire.
- Speaker #1
Ouais, s'il n'y a pas, tu fermes la porte.
- Speaker #0
Tu fermes la porte. Et donc, quand elle s'est commencé à intégrer ça, au fur et à mesure des mois, elle... voilà.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
face à un problème de façon on sait rien t'as raison et même niveau santé la pauvre elle a subi
- Speaker #1
3 opérations du dos en 2 ans là t'étais pas le bon gars t'étais là mais toi t'aurais Tu l'aurais aidé peut-être à 10% de ce qu'elle avait. Ah non,
- Speaker #0
mais justement, tu te trompes.
- Speaker #1
Ah ouais ?
- Speaker #0
Tu te trompes.
- Speaker #1
Ah bon ? Ben dis-moi alors.
- Speaker #0
Il faut que je retrouve le mail. Elle m'a envoyé un mail comme ça. Parce qu'après, quand elle est partie en HP et tout, et elle a fait son travail et tout, elle m'a envoyé un mail comme ça. J'avais envie de crier je t'aime au monde. Ça fait plaisir. Pourquoi ? Elle me fait ses remerciements et tout derrière. Elle me fait comprendre qu'est-ce qu'elle a compris de la vie, de ce truc, de pourquoi elle en est arrivée à là, ta pression sociale et tout. Mais moi, j'étais content parce qu'elle avait enfin compris. Je le sentais. Et pourquoi j'étais vraiment content aussi, c'est parce que... Avant de devenir son coach, elle avait essayé deux coachs qui ont abandonné parce qu'en fait, à cette époque-là en plus, il y en a un d'entre eux, c'était le coach qui, si de base, ce n'était pas une nana qui a une base, il ne veut pas de toi.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Pourquoi ? Parce que lui, il veut pouvoir prendre les photos des fesses et dire voilà comment je les transforme.
- Speaker #1
D'accord. Donc voilà. Il y a ce genre de coach aussi.
- Speaker #0
Il était super skinny et moi, j'ai capté et je la voyais comme ça dans la salle. Des fois, elle allait à la queue et elle demandait des renseignements. On ne lui donnait pas l'heure. Et je pense que c'est pour ça qu'après, des fois c'était difficile pour moi. dans le sens où elle m'appelait mon gourou ah ouais ?
- Speaker #1
ouais ça c'est pas bon mais pourquoi tu l'appelles comme ça ? elle me dit si t'es pas là je me sens fané je me sens mourir c'était pas de l'amour non c'était pas de l'amour t'étais son dieu c'était ça le terme c'est ça si t'étais quelqu'un de malveillant t'aurais pu lui soutirer pas mal d'argent je pense Oui.
- Speaker #0
Un jour, elle a voulu me faire un virement de 11 000 euros par rapport à son Asos pour que je puisse la coacher un an. Je me suis dit, non mais moi j'esquivais parce qu'elle voulait avec ça que je puisse faire 3 séances ou 4 séances par mois, par semaine pardon.
- Speaker #1
Ouais, non, c'est sombre là.
- Speaker #0
C'est, voilà. Et donc j'ai pris ces problèmes pour moi, ces trucs et tout.
- Speaker #1
Pendant combien de temps ce coaching-là ?
- Speaker #0
Je l'ai eu pendant un an et demi. Mais j'étais content parce qu'elle n'avait plus de douleur. Elle se sentait bien. Sauf que dès qu'il y avait les vacances et que je ne la voyais pas une ou deux semaines, c'était compliqué.
- Speaker #1
C'était son énergie.
- Speaker #0
Et en même temps, j'étais obligé de lui dire qu'il faut que tu te calmes sur le truc de sens. Elle avait des problèmes d'argent après, par rapport à la fermeture de son truc et tout. Et un jour, elle me dit, ouais, je ferai les fonds de mes tiroirs, mais je te veux comme coût. J'ai dit, non, il faut... Moi, ça me gêne. Donc, une personne qui fait l'effort, elle ne roule pas sur l'or, de te payer et de... T'es obligé de rendre cette monnaie, tu vois.
- Speaker #1
D'accord. Aujourd'hui, comment... T'as des nouvelles ? Alors,
- Speaker #0
dernière nouvelle, elle m'a... C'était écrit, il y a peut-être l'année dernière, un truc comme ça. J'ai senti qu'à travers les messages, ça allait beaucoup mieux.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Enfin, même une autre personne, j'ai envie de te dire. Je crois même qu'aujourd'hui, elle aide les autres.
- Speaker #1
D'accord. Ah bah, comme quoi.
- Speaker #0
Ouais. Donc, magnifique expérience. C'était très difficile au début pour moi parce que je ne comprenais pas. Je me disais, ouais. Et cette notion de gourou. Parce qu'il y a d'autres clients aussi qui te voient vraiment comme un gourou.
- Speaker #1
Après,
- Speaker #0
parce qu'il faut savoir aussi les spécialités que j'ai. Parce que je suis coach sportif, ok. Pro de pilates.
- Speaker #1
Ah, ok.
- Speaker #0
Je suis aussi praticien masseur.
- Speaker #1
Ah, ouais. Donc, tu as plusieurs spécificités.
- Speaker #0
Et ce n'est pas genre autodidacte. Je suis parti en école et tout. Et praticien hypnose.
- Speaker #1
Ah, ouais. Tu fais de l'hypnose.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Ok, donc pas mal de choses. Du coup, c'est peut-être pour ça le gourou, alors, il a parlé du gourou.
- Speaker #0
Mais à ce moment-là, je ne l'étais pas encore. Ah d'accord. C'est des trucs qui sont arrivés au point de mesure. Oui,
- Speaker #1
mais donc ça veut dire que tu avais peut-être cette faculté. Parce qu'il faut peut-être des facultés quand même pour être hypnose. Enfin, ce n'est pas juste un apprentissage, une formation que tu fais.
- Speaker #0
Alors, j'essaie pour elle ou d'autres clients d'utiliser des techniques qu'on utilisait sur nous-mêmes à l'armée en tant que tireur d'élite.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Comme quoi ?
- Speaker #1
Tu as un exemple ?
- Speaker #0
La sophrologie.
- Speaker #1
Ah.
- Speaker #0
la sophrologie c'est quelque chose que je recommande à beaucoup de personnes vas-y dis un peu aux gens ce que c'est c'est large c'est large au sens du terme mais ça va t'aider à te canaliser gérer la respiration le calme te recentrer c'est très important maintenant aujourd'hui il y a tellement de dérives en sophrologie que je ne saurais même pas te dire quelle est la La base même de la sophrologie. J'ai une cliente qui est devenue sophrologue et qui n'aime pas ce terme-là.
- Speaker #1
Elle dit non,
- Speaker #0
je suis sophrologue, pourtant elle cartonne. Elle me dit qu'elle veut quitter.
- Speaker #1
Mais du coup, c'est quoi ce qu'elle fait alors ? C'est de la sophrologie.
- Speaker #0
C'est de la sophrologie. Parce qu'après, elle utilise des systèmes auditifs, j'ai une autre cliente aussi qui est sophrologue. Et comme par hasard, les deux me disent qu'elles veulent quitter le secteur. Je pense qu'aujourd'hui, il y a des choses qu'ils font via les réseaux qui ont dénaturé la sophrologie. Mais quand tu parles à une personne d'une certaine façon, avec une certaine énergie, une posture, normalement, tu peux capter facilement la personne et elle va savoir ou elle va comprendre que t'es la poêle. Et donc moi, j'utilise cette technique-là. Pour gérer certains cas de clients, après tu as des clients qui vont dire « Moi, c'est bon, je fais une séance de sport par semaine, c'est pour m'en maintenir. » En même temps, ils ont besoin de ce moment, comme tu as dit, de décharger.
- Speaker #1
Oui, bah oui.
- Speaker #0
Parce qu'ils ne vont pas forcément raconter ce qui se passe à la maison à madame ou à monsieur. Ils ne vont pas se plaindre à des collègues. Ou des fois, ils ne vont pas forcément se plaindre. Et puis après, des fois, tu as des secrets.
- Speaker #1
Ah oui, en fait t'es tout, t'es psychologue, t'es confident, t'es gourou, t'es hypnose, qu'est-ce que tu n'es pas ?
- Speaker #0
Écoute, je ne sais pas parce que ma vie n'est pas encore terminée, mais merci, et ce que tu dis là c'est intéressant parce que la fille que je fréquentais à l'époque, qui, quand je te dis par rapport à ma cliente qui est partie en HP Elle me disait, tu finiras pas coach. Qu'est-ce que tu me racontes, c'est là.
- Speaker #1
Elle me dit,
- Speaker #0
non. Elle m'avait dit, comment on dit ça ? C'était pas guérisseur, mais un autre terme. Je dis, mais pourquoi ? Elle me dit, tu verras. En plus, toi, t'aimes trop prendre les problèmes des gens. Je dis, non. Moi, je les esquive, et pourtant, les problèmes, ils arrivent. Ça a fait.
- Speaker #1
Ah ouais, il y a toujours des gens qui ont des problèmes qui viennent à toi, en fait. C'est bizarre, non ? Tu ne te poses pas des questions, tu ne te dis pas mais... Ou alors tu te dis, peut-être que je suis là pour guérir les autres, mais pourquoi en fait les gens... J'en suis venu à me dire ça. Est-ce que les gens te racontent facilement leurs problématiques et les choses qu'ils vivent, même quand ils ne viennent pas dans le cadre du coaching ?
- Speaker #0
Au début, j'étais beaucoup dans le rejet. Peut-être aussi par rapport au fait que cette notion de... Je ne veux pas être collé à l'image du gourou, gourou ou tout ce qui est guérisseur et tout, tu vois. Parce que toi, tu dis que tu es là pour juste accompagner les gens et voilà, tu vois, après,
- Speaker #1
ok,
- Speaker #0
il y a la notion d'argent, tu me payes, je parle bien du côté professionnel.
- Speaker #1
Oui, bien sûr.
- Speaker #0
Mais au final, quand tu reçois certains messages... Ça me fait tellement sourire que... J'allais dire c'est aussi bon, mais non. C'est presque aussi bon que de l'argent.
- Speaker #1
Mais c'est différent. Oui, c'est différent. Oui, ça nourrit l'âme. Ça nourrit l'âme. L'ego, ça te... Enfin, l'ego... Tu sens que tu as accompli quelque chose.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Tu sens que ce que tu fais, ça sert à des gens.
- Speaker #0
C'est ça. C'est pas forcément quelque chose où...
- Speaker #1
C'est pas palpable, tu vas pas l'utiliser pour aller acheter à manger ou autre. C'est ça.
- Speaker #0
Il y a des petits messages comme ça qui reviennent. Il y a deux ans, j'ai un petit jeune qui m'a envoyé un message pour me remercier d'avoir coaché pendant un certain temps, pendant sa blessure. Aujourd'hui, à l'époque il était déjà footballeur, mais il était en attente d'un club. Là il est pro, en Italie.
- Speaker #1
Ah ouais ?
- Speaker #0
Quand on voyait ça, je me suis dit,
- Speaker #1
yes. Ok. Non mais du coup il sait que t'as servi à quelque chose dans son parcours. C'est pas juste une personne de passage. Et il reconnaît. C'est bien aussi de reconnaître, parce que c'est pas tout le monde qui va forcément reconnaître et acter, prendre les devants et te le dire. Donc ça c'est bon aussi, ça fait du bien. C'est important de le souligner.
- Speaker #0
Ça fait du bien. Il faut savoir aussi l'accepter. Parce que... Alors, je n'ai personne en tête comme ça, mais... Tu as des personnes qui vont avoir les chevilles qui gonflent assez facilement et ils vont créer sur tous les toits, ouais, moi j'ai fait ça, un tel, un dernier, un dernier, regardez. Ils vont sentir le besoin de montrer tout ce qu'ils ont accompli dans le quotidien. Moi, je préfère travailler dans l'ombre.
- Speaker #1
C'est comme tiens, on est... T'es un mec de loin !
- Speaker #0
Tu vois ?
- Speaker #1
Bien joué ! Tout est lié ! Vraiment, les choses n'arrivent pas par hasard.
- Speaker #0
Je ne crois pas au hasard.
- Speaker #1
Moi non plus. Je ne crois pas au hasard.
- Speaker #0
t'es lié et c'est pour ça que je dis même aujourd'hui ce que je fais c'est la continuité de ce que j'ai commencé. Massage, hypnose en vérité ça va avec ce que je fais dans le coaching et c'est pour ça que je dis que je fais une activité sport bien-être.
- Speaker #1
Ok alors une autre question pour terminer, pour arriver à la fin. Par exemple tu as un sportif, quelqu'un qui veut changer son physique et même son mental. Est-ce qu'il y a des exercices que tu donnes en particulier ?
- Speaker #0
Pour changer le mental ?
- Speaker #1
Oui, le mental. Parce que finalement, le coaching, quand tu fais du sport, il y a beaucoup d'une part mentale. Il y a vraiment que tu n'as pas du sport, juste pour faire du sport, mais que tu dois puiser quand même dans des ressources qui sont insoupçonnées. Donc comment tu fais pour essayer de pousser quelqu'un qui a des facultés à vraiment... J'ai une technique,
- Speaker #0
quoi que je peux la dire parce que mes clients après je leur dis toujours, ou mes élèves, j'ai pour habitude, et ça fonctionne, ils ne me voient jamais inquiet ou stressé pour eux dans l'accompagnement de leurs objectifs. pourquoi je leur dis toujours au début aussi longtemps que tu me verras non stressé ni inquiet pour toi tu pourras faire ce que tu as à faire à ces trucs et généralement la réponse est à beaupreau donc la confiance en moi je dis mais si moi tu me paye j'ai confiance en toi alors pourquoi tu aurais pas confiance en toi franchement parce que c'est normal que moi je vois des choses que toi tu ne vois pas de toi après ça peut être difficile je l'entends mais bizarrement Lorsque mes clients sentent, voient que je ne suis pas stressé, puis les objectifs, comme je l'ai dit... Il y a des choses qu'on peut faire sur 2-3 mois, il y a des choses où je préfère dire je ne suis pas magicien ou ça aussi tu veux que je te mette en mode compétiteur mais là il y a sacrifice, discipline, plus plus plus, des choses que tu ne vas pas assumer, tu ne vas pas assumer parce que moi-même par le passé il y a des périodes où je n'ai pas assumé, j'ai bien fait.
- Speaker #1
Comme tu as dit tu n'as pas envie aussi que les gens fassent des sacrifices.
- Speaker #0
fin 2017 et je fais Comment ça fait ? Je suis un donut moi, après ma dernière compétition, parce que je finis deuxième au championnat de France IFBB et je ne suis pas d'accord. Mon cerveau, il prend ça comme un échec. Or que quand je fais tout ce qui est tirant d'élite, j'arrive majeur, majeur, tac. J'ai eu un programme, j'ai une programmation qui a eu pour habitude, voilà, toujours dans le top 3. Et si de ma bouche je dis je veux être le premier, je dois être le premier. Si je ne le fais pas, je préfère redoubler pour le refaire. Ou sinon ça va... J'ai créé chez moi un agacement et je ne suis pas bien.
- Speaker #1
D'accord, ok.
- Speaker #0
Et là, j'ai fait un burn-out, ça a duré un an. Et de là, j'ai arrêté les compétitions. Non pas parce que j'avais peur de l'échec à nouveau, mais plus dans la même période, c'est là où j'étais confronté à ma décision de reconversion professionnelle. Ok, si je continue... Je sais que je vais upgrade, je vais faire encore plus de choses, mais professionnellement parlant, je vais devoir continuer la sécurité et faire ça. Ou je mets en pause les compétitions, je retourne en école pendant un an pour me former, et quand je quitte, ça ne deviendra que poids. Et finalement, le Covid arrive, donc il y a la pression de l'argent.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et puis les compétitions, je garde un peu sur le côté. Je dis, tac, pourtant j'ai mes bottes. Ouais, non, t'as pas fini ta mission. Ouais, t'as les championnats d'Europe à faire et tout. Non,
- Speaker #1
les gens, ils sont chauds. Toi, dans ta tête, c'est le chaos, en fait.
- Speaker #0
C'était... Ouais, j'avais la rage, parce que je sais que j'ai pas fini ma mission. Mais en même temps, j'apprends à accepter et de me dire, hé, c'est pas si mal. C'est pas si mal. Un exemple, pour ajouter le côté musculation, pour arriver aux compétitions, je sais que je ferai de la compétition quand je ne sais pas. J'ai l'idée de monter sur scène quand j'ai 16-17 ans.
- Speaker #1
Ah ouais ?
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
C'est dingue, ok.
- Speaker #0
Mais pas à quel moment. Et sachant que quand je commence la musculation, et que je commence à avoir des premiers résultats, ma première mission, mon premier objectif, c'est de devenir le plus balèze de mon quartier. Je me dis, je veux avoir ce statut. Je vais être en même temps, en parallèle, le plus balèze de mon lycée. À ce moment-là, je suis en seconde ou en première, donc il y a les anciens du quartier, tous sont là. Des fois, je regarde et il y a un ancien, je lui dis... Fais gaffe, je vais venir te chercher mon vieux. Dis les petits, je vais te foncer. Je vais te taper pour de vrai. Non tranquille, mais on parle juste physique. Tu m'as mis dans la muscu, j'ai envie de te chercher.
- Speaker #1
C'est normal, les lettres qui veulent dépasser le maître, c'est normal.
- Speaker #0
Il va me regarder. D'ailleurs, il y a un très grand champion de Free Fight aujourd'hui. Et donc je vais devenir le plus balèze de la ville. Je commence, sauf qu'en ce temps, je pars à l'armée, mais mon objectif, je le transfère sur Clermont-Ferrand. Je dis, je vais être le plus balèze du régiment et de la ville de Clermont-Ferrand. Là, on parle bien physiquement. Oui,
- Speaker #1
bien sûr.
- Speaker #0
Et donc, à chaque fois que je franchissais une étape et que je réalisais, j'estimais être, parce que physiquement, je dis, je dis, bon, il faut passer aux choses sérieuses, il faut aller chercher les gars qui... Bon. T'es pas encore prêté, attends un peu. Et en 2015, c'est un coach qui me voit et me dit, ah t'es bien, tu veux pas te lancer ? Je dis, c'est le moment. Là, je peux faire d'une pierre, enfin, je peux faire d'un coup plusieurs pierres, l'expression.
- Speaker #1
Ouais, d'une pierre de coup.
- Speaker #0
Merci, d'une pierre de coup. Je veux être le plus balèze d'Ile-de-France et de France. Donc je me lance dans les compétitions. Je finis vice-champion de France IFBB, qui est quand même la plus grosse fédération.
- Speaker #1
Bah ouais, bravo !
- Speaker #0
Merci.
- Speaker #1
C'est pas rien.
- Speaker #0
Ouais, je réalise un autre rêve. Quand j'étais petit, il y avait des magazines de muscu, musclé fitness. Je fais de l'apparition dedans et tout.
- Speaker #1
Ok, stylé. Et là,
- Speaker #0
je me dis ok. Mais je ne suis pas satisfait. Parce que je finis quand même deuxième. Et j'ai dit que je devais être le numéro 1 pour aller chercher l'Europe. Sachant que c'est les trois premiers qui sont qualifiés pour le championnat d'Europe. Mais je n'ai pas envie d'aller au championnat d'Europe avec le statut de vice-champion de France.
- Speaker #1
D'accord. Mais tu y vas quand même au final ?
- Speaker #0
Non.
- Speaker #1
Ah oui, tu y vas pas ?
- Speaker #0
J'ai boudé ! Je t'ai dit que je veux aller avec le statut de numéro 1.
- Speaker #1
Arrogance vraiment.
- Speaker #0
C'est ça. Et tout ça, ça a enclenché le processus de burn-out et tout. parce que dans ma tête je me dis mais si je me souviens cauchemar là, mais vraiment.
- Speaker #1
Et comment ça se matérialisait ce burn out que tu dis, comment tu le vivais ? Qui a mis le doigt sur le fait que c'était un burn out ? Ou c'est toi même qui l'as fait ?
- Speaker #0
Non, c'est une collègue qui faisait des compétitions, qui était dans la psy et tout. et elle voit que je suis dans le rejet de tout et ça a commencé déjà par des troubles alimentaires impossible de manger du riz poulet et tout pendant trois semaines un mois je goûte et là ça prolonge deux mois trois mois donc
- Speaker #1
Là,
- Speaker #0
je commence à prendre du retard sur ma prépa et tout. Et mon ancien préparateur physique me dit « fais une pause, t'as besoin de couper, t'inquiète » . Il voit que je suis agacé. Il y avait des compétitions où je voulais participer pour voir il était où le numéro 1. Je voulais participer sur ces grands prix-là pour montrer aux gens que « hé, c'est pas lui, c'est moi le chef » . C'est moi le plus balèze.
- Speaker #1
Alors que la compétition elle est finie, mais c'était toi dans ta tête.
- Speaker #0
C'est ça. Et tout le monde me dit non, tu peux faire ton championnat d'Europe, en plus t'es bien et tout. J'ai dit non. Je vous ai dit que si je vais pour représenter la France, j'y vais avec le statut numéro 1. C'est-à-dire que moi dans ma tête, si je vais au championnat d'Europe, même s'il y a ceux de l'année d'avant qui sont qualifiés ou quoi, je veux que quand il y a la bagarre sur scène, on se dit oh ! Il y a le champion de France là, et c'est les palais ! Je veux que quand j'arrive, on discute pas !
- Speaker #1
D'accord, bon.
- Speaker #0
Mais, je ronde pas sur scène, il me faut à peu près un an pour digérer tout le reste et tout, et me dire, bon, on remontera sur scène, mais pas maintenant.
- Speaker #1
Ok, bon.
- Speaker #0
Et finalement, aujourd'hui, je n'ai plus envie de remonter sur scène, mais je nourris de nouveaux challenges.
- Speaker #1
Oui, c'est ce qui est important. Tu as mis le viseur sur autre chose.
- Speaker #0
Le viseur, c'est ça.
- Speaker #1
Et donc, tu as fait des suivis psychologiques dans ce journal ? Alors,
- Speaker #0
cette amie m'a aidé à l'époque en faisant des ateliers tellement bidons, mais tellement efficaces.
- Speaker #1
des ateliers stadia ? il y en a un c'était faire du coloriage prendre des crayons pour venir à des choses plus simples en fait de la vie,
- Speaker #0
des trucs que je kiffais de la marche et c'est là qu'on revient,
- Speaker #1
tu vois la marche les 120 kilomètres les trucs comme ça,
- Speaker #0
mais sans les casques et bien de là je suis reparti à la marche en solo en montagne et Sachant que je n'avais plus marché depuis l'armée 2009, donc je refais nos randos en 2018, je ne sais plus, bref, sac à dos à dos, tout seul, je pars dans les montagnes, là où tout a commencé, Clermont-Ferrand, je pars pour 2-3 nuits solo.
- Speaker #1
Ah ouais, retour aux sources en fait. Retour aux sources. C'est un retour aux sources un petit peu.
- Speaker #0
Je me rappelle, j'avais pris 2 bouteilles d'eau et une bouteille de vin. je me suis dit là je vais me j'arrive ta culmine dans des touches du bois je retrouve des sensations des trucs et c'est incroyable c'est pour ça que je te dis sur le plan humain l'armée c'est incroyable pour ces marches là parce que je crois que je ne m'étais pas retrouvé depuis tant d'années et pourtant je me fais des belles préparations mentales et tout Mais deux, trois jours dans la nature, je coupe mon téléphone. Le seul moment où je l'allume, c'est uniquement pour prendre photo ou vidéo, c'est tout. Je sais que je vais poster, mais je posterai quand je serai revenu.
- Speaker #1
Ouais, je suis totalement d'accord.
- Speaker #0
C'est incroyable parce que durant ces trois jours, le premier soir, je me retrouve en larmes.
- Speaker #1
Face à toi-même ?
- Speaker #0
Face à moi-même. Je me fais un remake de ma vie, l'armée, ceci, des choses que j'ai accomplies ou pas encore. Et je me dis mais t'es vraiment qu'un con.
- Speaker #1
Pourquoi ?
- Speaker #0
Parce que pourquoi je suis en burn-out.
- Speaker #1
J'ai la santé,
- Speaker #0
ma maman est là,
- Speaker #1
j'ai mon soeur.
- Speaker #0
c'est juste de l'ego mal placé parce que voilà et c'est même si tu échec enfin c'est un échec faut l'accepter et je me retrouve en larmes parce que je me dis même avec mon ego il y a des moments de ma vie ou qui ont été difficiles ou c'est à cause de mon ego je passe à côté de certaines choses par exemple lors du décès de mon père qui a été une épreuve Très difficile, parce que je ne sais pas si tu crois en tout ce qui est les cartes, les énergies, les trucs comme ça.
- Speaker #1
Si.
- Speaker #0
Le même collègue que je te dis qui arme et tout, lui et moi, on est très comme ça. Jusqu'à pas plus tard qu'à deux ans, le mec il m'appelle au téléphone, il est en larmes, il me dit je te demande encore pardon. Le mec il me fait des tirages, il m'annonce que l'un de mes deux parents va décéder. Je suis du haut, sachant que sur les 6 mois, tous les jours je dis non je fais pas, tout le monde venait le voir, le gars avec sa petite clope et tout, moi j'étais là c'est de la merde, tu veux pas faire ça c'est de la merde, le jour où j'accepte la seule et unique fois de ma vie, parce qu'après ça je l'ai pas refait. tire mes cartes mais qui me dire non vas-y j'ai fait moi le truc là ouais bah oui pas des fois avec la fatigue et tout non tu le fais il dit qui m'explique il fait comprendre je dis et pas français il voulait pas et de là le mec qui commence à me coller les pattes mais quand je te dis me coller pas c'est ça va et tout il insiste sur deux points il me dit quand tu je rentre en France. Passe du temps avec ta mère et ton père, parce que les deux ils s'étaient séparés.
- Speaker #1
Ah ok.
- Speaker #0
Je dirais... mais moi en fait avant de partir en Côte d'Ivoire je suis un peu en froid avec mon père entre temps il me dit ouais mais tu passes me voir avant de partir en mission je dis ouais ouais t'sais je snore pour autant je vais voir les... je préfère profiter à l'heure de soirée, des nanas, j'ai un petit bout de week-end et tout et là ce... 3 semaines ou 4 semaines maximum à mon retour de Côte d'Ivoire il décède t'as eu le temps de me voir quand même avant ?
- Speaker #1
oh déchirement déchirement
- Speaker #0
message, reçoit des appels pendant la période, en plus nous, on nous avait laissé une petite semaine, parce qu'après on avait des trucs, parce que comme je t'ai dit, La compagnie en question, elle est rarement à la base. On partait soit en mission à l'étranger ou soit en France. On s'entraînait en montagne et tout. Donc moi, quand je reviens, on me donne une semaine. Je me dis que, ouais, vas-y, je vais aller le voir et tout, tac. Sauf que, entre-temps, je préfère profiter un peu de mes amis, aller faire la bringue et tout, et je reçois des appels, je dis, ouais, putain, il faut que je le rappelle et tout. Mais en même temps, dans la période, le truc que je ne dis pas, c'est que par rapport à l'embrouille, je ne suis pas responsable, entre guillemets, de l'embrouille.
- Speaker #1
Ah oui.
- Speaker #0
Donc moi, je vais le faire payer indirectement.
- Speaker #1
Ah oui, oui, d'accord.
- Speaker #0
Tout comme avec ma mère, avec le truc de l'armée. Bah voilà.
- Speaker #1
Conséquences.
- Speaker #0
Conséquences, parce qu'en plus le soir où j'apprends il est décédé, j'écoute ma messagerie vocale et j'entends ses messages de venir me voir. C'est difficile. Et donc, c'est pour ça que ce jour-là, quand je te dis que je suis à la montagne ces trois jours tout seul, j'ai tout qui revient. Ça, cette période. Après, je commence à me rappeler de la période, parce que moi, par exemple, il y a une année où c'est ce que j'appelle l'année où je suis super militaire. Au moment où mon père décède, pendant un an, je participe à toutes les missions, je fais tout.
- Speaker #1
Moi, en fait,
- Speaker #0
c'est un moyen de...
- Speaker #1
D'éloigner la douleur, de faire face à...
- Speaker #0
Exactement, à tout le monde de Paris. Et c'est de là où je pense que... Enfin, j'avais déjà ce côté, je veux être le meilleur, mais là, j'ai le côté où je vais être.
- Speaker #1
ultra meilleur !
- Speaker #0
Je laisse ces exigences au top du top. Donc ça se retrouve dans les compétitions, les trucs et tout. Et quand il y a le subornat et les trois jours, et là, il y a tout qui lâche fois à fois, et je me dis waouh ! Et en plus je me suis endormi tôt parce que je me suis enquillé la bouteille de main et je me suis mis à endormir à 18. Mais il faisait déjà 8 tu vois. Et je me suis rappelé que le monde, le ceci, que je devais prendre du temps. Et je pense que c'est de là où... une nouvelle partie de ma personne est arrivé et c'est pour ça qu'aujourd'hui des clients des fois quand ils ont des trucs je le vois venir avant même qu'ils vont m'expliquer j'ai ça ça ça ça ça et de donc quand je partir de ce bon out j'ai après j'ai commencé à écouter des podcasts en psy détruit d'accord auto gérer tout jusqu'à cette fameuse Ce fameux acte, on va dire, je sais pas, t'as vu chez nous les Noirs, les Africains, le consulter psychologue, on n'aime pas ça.
- Speaker #1
Ah oui, J'y étais. C'est bien, bravo.
- Speaker #0
Ouais. Bravo. C'est un vrai truc. Et quand j'y vais, c'était même plus une période où j'allais mal, c'était une période où j'allais très bien, mais je voulais optimiser.
- Speaker #1
Oui, oui.
- Speaker #0
Parce que j'entendais que, hey, psychologue, c'est pas que quand tu vas mal, c'est quand tu vas bien aussi pour optimiser.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Pour renforcer et stabiliser. Et par mon métier, comme j'avais des super fréqués, je me disais, toi t'es fou, t'as de l'argent, t'es un homme de psy. J'ai compris que nous, on est dans le faux. On nous a donné l'idée du noir solide. Ceci, ok, c'est bien, c'est cool. Mais le cerveau, t'es pas mécanicien du cerveau. Et ça, il n'y a pas de couleur. Si même tu te dis que ce n'est pas un truc de noir, alors va voir un psychologue noir. Ça peut t'alléger l'esprit.
- Speaker #1
Ce n'est pas faux. Ce n'est pas faux,
- Speaker #0
tu vois.
- Speaker #1
Oui, complètement. C'est bien ce que tu dis.
- Speaker #0
Il ne va pas te juger. Il est là pour t'aider, t'accompagner. Et après, tu as d'autres choses, tu as d'autres méthodes, EMDR, tout ceci.
- Speaker #1
Tu connais bien. Tu travailles sur moi ? Non, mais en fait, comme je te dis, ce qu'on t'a dit, ce n'est pas quelque chose que les noirs font parce que ça a tellement été... Du coup... J'ai envie de dire diabolisé aussi par peut-être les noirs en disant que voilà, c'est des trucs de fous,
- Speaker #0
de victimes.
- Speaker #1
Voilà, c'est ça, qu'on n'est pas solide et que si tu veux avoir, c'est vraiment, t'es malade. Or la vérité,
- Speaker #0
c'est qu'il y a énormément... Ouais,
- Speaker #1
qu'on doit résoudre.
- Speaker #0
Résoudre. Je ne saurais ce que même par rapport à certains comportements.
- Speaker #1
Il y en a trop.
- Speaker #0
Entre noirs, ne pas se dire merci. Pour tenir une porte, mais tu dis merci à une personne blanche, c'est déjà un traumatisme.
- Speaker #1
C'est un traumatisme incroyable. C'est un truc comme ça ! On est parasité, mais de tellement de manières, dans tous les sens. Mais c'est dans les deux sens, en fait. Même si tu dis, c'est vrai, les Noirs, on est très parasités, mais les autres aussi, parce qu'on vit dans un système qui est fait en sorte que, en fait, on... On agisse par rapport à un système qui est dominant, qui fait que tout est en train de nous confondre et qu'on fait un peu tout et n'importe quand, on ne sait même pas où on va. Tout à fait.
- Speaker #0
Après moi je ne parle pas à nous les Noirs parce que aussi... Il y a beaucoup trop de communautés qui aiment trop dire que telle communauté agit comme ceci, alors que t'es pas dedans.
- Speaker #1
Ah ouais Je prends par exemple l'exemple...
- Speaker #0
Quand un noir dit que je suis victime de...
- Speaker #1
De racisme ?
- Speaker #0
De racisme, ouais. Par exemple, de racisme, quand je cherche un appartement, et que Pierre-Paul Jacques, je sais, t'es pas noir, et tu dis, ouais, non, t'abuses et tout, c'est une réalité.
- Speaker #1
Oui, c'est vrai.
- Speaker #0
À l'époque où je trouve mon appartement... J'avais un très bon revenu, enfin même aujourd'hui ça va, j'ai pas du temps de plaindre.
- Speaker #1
Ok, j'allais te demander mais ok, on dirait que c'est très bien.
- Speaker #0
Mais à l'époque j'étais en freelance dans la sécu et pour ce que je gagnais en sécu c'était incroyable.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
J'ai essuyé à peu près 11, 12 refus d'appartements.
- Speaker #1
Ah ouais ?
- Speaker #0
Il y en a un qui était à 675 euros. À cette époque-là, quand je fais la démarche, je tournais entre 2800 à 3100 euros. Net. Pas brut. Net.
- Speaker #1
Ce qui est bien.
- Speaker #0
Bien. La personne, je lui dis ça au téléphone. Ouais, c'est bien. Elle est contente. Quand j'arrive, c'est vous que j'ai eu au téléphone ? Ouais. Mais parce que j'étais stratégique dans mes appels. J'utilisais mon deuxième prénom.
- Speaker #1
Ah, qui est... Johnson.
- Speaker #0
Terry Johnson donc on ne se disait pas qu'il est noir ou africain sinon je disais Terry Johnson vous savez je dis le nom de et les gens ils se disaient ah ok vous êtes américain non je suis français je suis né ici et les gens ils ont trop de monde ils ont la même identité ah mais vous ne gagnez pas assez sauf que moi quand tu me sors cet argument là Il y en a certains, je leur dis pardon, excusez-moi avec tout le peu de respect que j'aurai pour vous, parce que je sais que c'est cuit. Connaissez-vous le salaire moyen et médian des Français ? Dès que tu dis ça, ils se disent, oh mince,
- Speaker #1
le marie. Le marie réfléchit là. Il réfléchit, il m'a coincé.
- Speaker #0
Il m'a coincé.
- Speaker #1
Il a étudié son affaire. Il a étudié.
- Speaker #0
Vous savez que mes revenus sont au-dessus de la moyenne. Quelque part, je fais partie de la classe moyenne. Plus ? Et les gens sont là, votre salaire, votre loyer, vous pouvez vous le garder. C'était la simple petite réponse que je pouvais donner. Quand par exemple un de moi ou une autre qui se plaint de racisme et qu'un autre va dire mais non, ça c'est un gros manque de respect parce que tu ne vis pas la situation.
- Speaker #1
Oui, mais... C'est vrai, c'est vrai.
- Speaker #0
C'est très important.
- Speaker #1
Mais en fait, tu auras beau lui l'expliquer, comme tu dis, tant que tu ne lis pas la chose, tu le comprendras.
- Speaker #0
C'est pour ça que je préfère laisser de côté ce genre de petites choses et me concentrer sur les solutions et non les problèmes.
- Speaker #1
Tout à fait. Comprendre les problématiques et trouver les solutions.
- Speaker #0
Exactement. Une fois que tu les comprends... Tu trouveras toujours minimum deux solutions. Pour un problème, on trouve deux solutions. Ça, c'est ma devise à moi. Tu peux le noter, tu peux le garder.
- Speaker #1
Avec plaisir. J'espère que vous avez entendu les gens.
- Speaker #0
Pour un problème, trouver deux solutions, c'est très important.
- Speaker #1
Oui, j'ai valide. Bon, on arrive à la fin. Je crois qu'on a dit pas mal de choses. Je t'ai pas mal livré. Donc, gratitude à toi. Merci. Parce que vraiment, c'est pas facile de parler de soi. Et tu l'as dit déjà au départ. Il y a rien que te présenter. si C'est pas simple en fait de dire qu'est-ce qu'on dit, de quelle manière.
- Speaker #0
On a l'impression d'en dire trop ou pas assez. Je pense qu'on serait vus par exemple il y a 5-6 ans, on est en 2026. Alors plutôt on serait vus genre 2017, je me serais pas autant livré. Ce truc de la montagne là, après le burn-out, ça a vraiment... Alors je dis pas qu'avant j'étais... C'est juste que j'avais une politique qui était si tu ne fais pas partie de mes connaissances de longue date, jamais je ne m'ouvrirai à toi. Là,
- Speaker #1
c'est un grand pas. Parce que là, tu vas te livrer à beaucoup de personnes.
- Speaker #0
Parce qu'après, entre temps, j'ai appris. Je continue à devenir un homme.
- Speaker #1
Et puis là, tu seras aussi un exemple, un modèle pour d'autres personnes qui peut-être vivent les mêmes choses que toi. J'espère.
- Speaker #0
J'espère, il ne faut pas rester dans...
- Speaker #1
Libérer la parole. Libérer la parole,
- Speaker #0
il ne faut pas rester dans des cases. Même quand ça va mal, il faut toujours essayer de regarder, de voir qu'est-ce qu'il y a de positif dans le côté mauvais.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Tu vois, c'est comme ça. Moi, je n'ai pas le bac, je rentre à l'armée. Covid. Ça m'a permis de ne pas me dire, ah, vas-y, trouve une salle de sport pour être salarié dedans. Non, reste dans ton coin. Ok, ah, j'ai mon chez-moi, vas-y, je le transforme en studio, j'aménage avec ma nana. Donc il y a toujours des petits trucs Toujours des solutions On peut avancer Moi si je dois recommander Conseiller des jeunes
- Speaker #1
C'était ça la dernière question Quel est le mot que tu dirais Pour terminer T'as envie de partager Ce soir Comme t'as dit aux jeunes A n'importe qui qui va t'écouter
- Speaker #0
Suivre son ressenti Oui. je dirais pas les rêves parce que moi j'en ai eu des rêves comme tout le monde après je pense que tout le monde peut y arriver ça dépend de l'échelle mais suivre ce ressenti et surtout ne pas regretter ce qu'on fait dans la vie parce que t'as vu tout à l'heure tu m'as dit j'ai eu plusieurs vies des fois on me dit ça et moi je me dis non j'ai qu'une vie parce que pour moi dans mon cheminement Armée, patron de boîte de sécu, freelance sécu, salarié, athlète, tout ça, coach, c'est vraiment la continuité. Et j'ai zéro regret par rapport à ça. Donc ça me permet de doublement kiffer ce que je fais. Je pourrais me dire, l'armée... Ouais, tu ne regrettes pas, tu aurais pu rester. Ouais, j'aurais aimé rester, mais je ne suis pas resté.
- Speaker #1
Oui, c'est normal, tu avais encore plein de choses à faire et tu as encore plein de choses à faire, plein de choses à accomplir. C'est ça. Attends, je ne t'ai pas posé la question, tu gagnes combien, enfin à peu près, aujourd'hui ?
- Speaker #0
Alors, comme je travaille à mon compte, je pourrais plutôt dire des fourchettes. En saison basse comme en saison haute, entre 4800 et 6000 euros, avec un petit planning adapté, parce qu'aujourd'hui j'ai appris à prendre du temps pour moi, quand j'étais dans la sécu encore et tout, week-end ça n'existait pas, mais aujourd'hui, pour ce que je t'ai dit là, on va dire... Dans les alentours de 110 heures par mois.
- Speaker #1
Ah oui, quand même, c'est bien.
- Speaker #0
Ça va, ça laisse du temps.
- Speaker #1
C'est bien, vraiment, t'es bien.
- Speaker #0
Et puis j'ai appris, c'est quoi le samedi-dimanche ? Moi je savais pas ce qu'était quoi le samedi-dimanche.
- Speaker #1
Ah ouais ? Tu travaillais le samedi-dimanche avant ? Ah d'accord.
- Speaker #0
Tellement d'années ! J'ai découvert le samedi et dimanche depuis... Alors, ça fait deux ans et demi que j'ai mes week-ends le complet, samedi-dimanche. Et ça fait trois ans à peu près ou quoi que je ne bosse plus les samedis.
- Speaker #1
Des fois,
- Speaker #0
je travaille le samedi matin et tout. Là, maintenant, je suis en week-end des fois à partir du vendredi midi ou 16h. C'est incroyable.
- Speaker #1
Ah ouais, c'est bien. T'es bien. T'es incroyable. T'es à l'aise là.
- Speaker #0
C'est incroyable. Les derniers week-ends que j'avais, c'est vraiment concrètement, c'était quand j'étais à l'armée. Les week-ends où on n'était pas en mission. Donc là, ouais. Pendant ma phase de patron de sécu Et quand je travaille dans la sécu pour heure en tant que salarié. Je pouvais avoir mardi et jeudi en week-end. Ça a été comme ça pendant presque 12 ans.
- Speaker #1
Après, oui,
- Speaker #0
le salaire, il suit. Mais c'est des sacrifices.
- Speaker #1
Oui, c'est ça, les sacrifices. Ce n'est pas simple.
- Speaker #0
Donc aujourd'hui, je prends du temps pour moi. Je kiffe. Et je kiffe. D'accord.
- Speaker #1
Il faut kiffer. Et une dernière, là, c'est la dernière question. Après, on va terminer. Là, si tu as un jeune homme de, je ne sais pas, 15 ans, on va dire essentiellement afro-descendant qui va à l'armée, qu'est-ce que tu lui conseillerais ? Est-ce que, connaissant la situation géopolitique du monde entier, est-ce que tu lui dirais de s'engager dans l'armée française ? Ou si c'est le cas, est-ce que tu l'inviterais ? Quel conseil tu lui dirais ?
- Speaker #0
Le truc, c'est que certains de mes potes, qui sont encore les derniers qu'ils y sont, de ma génération, parce qu'il faut savoir que si j'étais resté à l'armée, cette année, ce serait mon année de la retraite. Et donc, il ne reste plus qu'à casse de vin. On me dit que ça a beaucoup changé. Les mentalités, même les nouveaux chefs. Donc, je... Je ne saurais pas trop lui dire si vas-y. Parce que si je lui dis vas-y, ce sera avec mon regard des années passées. L'armée que moi, j'ai connue. Donc, je lui dirais oui. Forcément, vas-y parce que tu vas y apprendre quelque chose. Mais tout le monde n'est pas fait pour. Donc, c'est pour ça que je...
- Speaker #1
Si tu as un neveu qui a 15 ans, tu sais ton neveu, c'est l'enfant de ton frère, ta soeur.
- Speaker #0
Je lui dirais si tu aimes l'aventure, et que tu es curieux, fais-le. Sinon, mis sur les livres. S'enrichir intellectuellement, c'est avoir une arme, une richesse intellectuelle. Et de là, tu peux tout faire.
- Speaker #1
OK. On a terminé. Tu as dit ce qu'il fallait. Ce que j'avais comme réponse.
- Speaker #0
Merci à toi pour l'invitation.
- Speaker #1
Avec plaisir. Merci Thierry. C'était un bel épisode. Merci encore une fois de t'avoir ouvert à moi et à nos éditeurs. Et on se retrouve peut-être... pour un prochain épisode.
- Speaker #0
Avec grand plaisir.
- Speaker #1
Merci à tout le monde. Merci. A bientôt pour le podcast Bamboula. Bye.