- Speaker #0
Mouala Moutse, vous écoutez Bamboula, le podcast identitaire. Et aujourd'hui, je suis accompagnée de Ayoka. Ayoka est déjà intervenue dans ce podcast il y a quelques mois de cela. Et elle avait du coup parlé de son parcours d'éveil et de comment elle a quitté sa religion, son ancienne religion, qui était une religion chrétienne. Et donc aujourd'hui, en fait, ce qu'on va faire, c'est on va en reparler parce qu'entre-temps, j'ai eu des questions, des interrogations de certaines personnes qui voudrait... quelques clarifications par rapport à ton récit et donc du coup on va en parler on va parler de ça alors déjà bonjour Ayoka comment vas-tu ?
- Speaker #1
bonjour Joie ça va super bien et toi ?
- Speaker #0
ouais bah écoute ça va il y en a eu quelques péripéties en off mais bon maintenant on est stabilisés donc alors déjà est-ce que tu peux te représenter ceux qui vont te découvrir aujourd'hui ?
- Speaker #1
ok du coup moi c'est Ayoka j'ai 27 ans je suis d'origine haïtienne Je suis en recherche d'emploi et j'ai rencontré Joie. On s'est rencontré où ? Lors d'événements afro ? Facebook ! Ah c'était Facebook ?
- Speaker #0
C'était le groupe Facebook d'abord et après ça a été en physique mais ouais.
- Speaker #1
Voilà on s'est rencontré dans tout ce qui est événements afro etc. Parce que moi depuis plusieurs années je baigne énormément dans ces milieux-là, les événements, les groupes, les séminaires etc. Et je vais répondre à tes questions aujourd'hui.
- Speaker #0
en vrai c'est les questions des personnes qui m'ont Ils ont donné ces éléments-là parce qu'ils voulaient quelques clarifications par rapport à ton récit. Donc déjà, on rappelle que tu es dans quelle église ? Enfin, tu étais dans quelle église ?
- Speaker #1
Mes parents étaient dans une branche de l'adventisme du 7e jour. Après mes recherches, c'est une branche du christianisme qui est née aux Etats-Unis. Mais je ne sais même pas comment elle a été importée aux Antilles. Puisque comme je l'ai dit, je suis d'origine haïtienne. Mais j'ai grandi, mes parents ont grandi, enfin j'ai grandi jusqu'à l'âge de mes deux ans en Guyane. Et c'est là-bas que mes parents ont connu cette religion-là et qu'on a été élevés dans cette religion-là après en France.
- Speaker #0
Et donc, qu'est-ce que tu expliquais au départ quand tu avais raconté un peu ton récit ? C'est que vous avez des particularités, notamment dans ces religions-là, comme le fait de porter des jupes.
- Speaker #1
Ouais, en fait, ce que j'expliquais, c'était que contrairement au... Les églises qu'on connaît en France classiques, que ce soit Dimanche, Évangéliste, Baptiste et compagnie qui ont d'autres noms, c'est qu'en fait cette religion c'était un peu comme un mélange du judaïsme et du christianisme en même temps. C'est-à-dire des restrictions alimentaires, le fait que le sabbat soit le samedi et pas le dimanche, le physique aussi, pas de bijoux, pas de modifications physiques. pas de maquillage, pas de perruque etc et alimentaire pas d'aliments animal non ? non pas animal quand même on était pas végétarien ah d'accord non on était pas végétarien c'était pas de porc en fait ça suivait l'ancien testament il y a un truc où ils expliquent je crois que c'est les animaux qui ont le sabot fondu ou je ne sais pas quoi je vois je vois donc je vois aussi ils sont un peu comme ça Ouais !
- Speaker #0
Les crustacés, non ? Oui,
- Speaker #1
les crustacés et tout. Que les poissons qui ont des écailles, ça veut dire tout ce qui est crevettes, fruits de mer, à coque, etc.
- Speaker #0
Ok, et déjà, après le premier épisode, est-ce que tu as eu des réactions de ton côté ?
- Speaker #1
Pas forcément, c'est-à-dire que j'ai quasiment coupé les ponts avec toutes les personnes de mon ancienne église, donc il n'y a pas forcément eu de retour par rapport à ça. Juste, je l'ai partagé à mes proches, mais mes proches connaissent déjà plus ou moins mon histoire. Pas forcément de surprise ou quoi.
- Speaker #0
Et tu as eu d'autres personnes qui ont réagi par rapport à ce chamboulement que tu as eu du fait de quitter les chrétiens ? Des personnes qui ont témoigné en te disant, écoute, moi j'ai eu le même vécu que toi, j'ai eu la même chose que toi et du coup j'ai décidé de quitter.
- Speaker #1
Non, pas spécialement, mais j'avais fait un post sur TikTok parce que je suis assez active sur TikTok, j'ai ma petite communauté. Et j'avais fait un post sur ça et j'avais eu beaucoup de retours. même des gens qui m'avaient dit je me reconnais dans ton témoignage mais je ne sais pas comment faire je pense que dans tous les cas notre génération est en train d'assister à un éveil global en fait les gens remettent en question plutôt que d'avaler des vérités qu'on leur a inculquées c'est un éveil collectif qui est en train de se passer et à tous les niveaux pas seulement spirituel même de l'identité le sexisme je ne sais pas plein de choses, le capitalisme, la politique, etc. Je pense qu'il y a plein de gens qui se... En fait, je pense que ça vient aussi de l'accès à l'information, Internet, etc. Les gens ont beaucoup plus accès à des... des données plutôt que de juste croire ce qu'on te dit.
- Speaker #0
Complètement. Et puis oui, ça te pousse aussi à chercher et à voir trouver des vérités qu'on t'a cachées pendant X temps.
- Speaker #1
Totalement.
- Speaker #0
Et donc tu disais qu'il y a des interdits notamment par rapport à l'alimentation. Vous n'avez pas le droit de manger de porc, vous n'avez pas le droit de manger certains poissons. Est-ce que pendant que tu étais dans ce culte-là, tu as flanché et du coup tu as décidé de temps en temps de manger ces... Non,
- Speaker #1
franchement,
- Speaker #0
t'as été concentrée. Je le vivais pas comme une restriction en mode régime alimentaire, etc.
- Speaker #1
Non,
- Speaker #0
pour toi c'était la norme, c'est ce que tout le monde faisait. Est-ce qu'on explique pourquoi en fait vous devez pas manger du porc ? Est-ce que c'est parce que comme les musulmans ils disent c'est un pur, ils mangent n'importe quoi ? Ou alors il y a autre chose ?
- Speaker #1
Je sais même pas s'il y avait d'explication par rapport à ça.
- Speaker #0
Ouais en fait tu suivais simplement les choses. Ouais voilà, je suis parce que c'est écrit. quand c'est écrit l'explication c'est écrit c'est marqué il faut croire il n'y avait pas forcément d'explication c'est fou pareil les bijoux vous n'avez pas le droit toi ça je ne savais pas ça bijoux
- Speaker #1
en fait tu n'as pas le droit dans leur vision des choses c'est que Dieu t'a mis sur terre d'une manière et tu dois rester de cette manière là la plus simple possible tout ce qui est modification corporelle ornement etc c'est interdit quoi
- Speaker #0
Et le baptême, ça vous faites ça ? Ouais.
- Speaker #1
Il y avait un baptême et c'était toi qui choisissais en fait. Quand tu t'étais prêt, tu choisissais de te baptiser.
- Speaker #0
Et tu t'es baptisée du coup toi ? Non. Jamais ?
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Tu n'as jamais eu l'occasion ? Parce que souvent chez les cathos, eux c'est quoi ? C'est souvent quand tu es bébé ou bien à la petite enfance. Et après, par exemple, il y a d'autres religions, c'est un peu plus comme tu as dit. Quand tu es prêt, quand tu te dis oui, c'est bon. J'ai décidé de choisir Jésus ou du moins... de m'engager véritablement auprès de Dieu. Et vous, du coup, non, il n'y a pas de... C'est vraiment quand tu le décides.
- Speaker #1
C'est ça, mais moi, je pense que c'était vraiment... Dans les gens de la jeunesse de mon église, c'était vraiment vers l'adolescence, genre vers, je ne sais pas, 17, 18 ans, que plusieurs disaient, ouais, c'est bon, je suis prête, go. Mais moi, quand c'est à peu près la période aussi à laquelle j'ai commencé à délaisser, je pense que ça a matché avec le fait que, ben, ce n'est pas arrivé, quoi.
- Speaker #0
Et tu sais comment ça se passe ? C'est-à-dire, si tu as un baptême, ça se passe comment ? Non.
- Speaker #1
Je crois qu'ils allaient dans un lac ou un truc comme ça, comme dans les trucs classiques, où une personne te met dans l'eau et tout, après il prie,
- Speaker #0
etc. Ah ouais, d'accord. Ah, je ne savais pas que c'était comme ça. Donc après, il y a une fête, etc.
- Speaker #1
Je pense. Franchement, je ne veux pas m'en sortir. Ah ouais, donc tu n'as jamais assisté à ce genre de moment ? Non.
- Speaker #0
Ah, c'est fou, je pensais. Et du coup, est-ce que tu faisais aussi des activités avec les membres du groupe ? Enfin, notamment comme vous, vous étiez jeunes, donc est-ce que vous aviez, je ne sais pas moi, des sorties entre vous ?
- Speaker #1
Pas forcément, peut-être parfois on faisait, je crois on était déjà fait 2-3 trucs où c'était genre des pique-niques, des sorties et tout.
- Speaker #0
Est-ce que c'était un but religieux ?
- Speaker #1
Non, franchement pas forcément.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
On n'a jamais été dans les trucs de... c'est quoi le terme ? Où tu vas pour recueillir des âmes ?
- Speaker #0
Ah ouais ? C'est quoi ? Je connais pas.
- Speaker #1
Ceux qui vont prêcher la bonne parole dans les gares, distribuer des frères. Ah, les témoins de Jéhovah ? Non, même pas les témoins de Jéhovah. Certains d'autres, à Châtelet, etc. Il y a un terme, prolétisme. Ah,
- Speaker #0
faire du prosélytisme ? Vous ne faisiez pas ça ? Vous faisiez dans vos trucs, ceux qui veulent venir, ils viennent.
- Speaker #1
Il n'y avait pas ce truc d'incitation à ramener des gens, etc.
- Speaker #0
Donc il n'y avait pas de quête de trouver du monde, de rameuter. Plus de membres, plus d'adeptes.
- Speaker #1
Non,
- Speaker #0
Et donc, tu disais tout à l'heure un autre interdit, notamment, donc tu parlais de l'alcool aussi, non ? Il y a l'alcool qui est interdit ? Non. Non ?
- Speaker #1
C'était pas interdit, l'alcool ?
- Speaker #0
Parce que moi, j'avais, en tout cas, pour m'être renseignée sur les... Peut-être que c'est des adventistes vraiment high level.
- Speaker #1
Ouais, chaque branche, ils remixent un petit peu aussi avec leur culture.
- Speaker #0
Parce que nous,
- Speaker #1
on reste haïtiens, donc l'alcool, c'est partie de la culture, tu vois.
- Speaker #0
Et dans la communauté, il y a plus de... Est-ce qu'il y a de tout ? Est-ce que c'est mélangé ? Majoritairement des haïtiens. Dans l'église où j'étais, du moins.
- Speaker #1
C'était majoritairement des haïtiens.
- Speaker #0
Donc ça veut dire adventiste haïtien, en fait.
- Speaker #1
Ouais. En fait, je pense que c'est de base. C'est un groupe de personnes qui se connaissaient en Guyane et qui sont venues en France et ils ont créé leur église. Et après, forcément, il y a d'autres gens qui ont été rajoutés, des amis, des voisins, des collègues, etc. Mais majoritairement des haïtiens, ouais.
- Speaker #0
Ouais, parce que moi, j'avais entendu... l'alcool, le tabac. En gros, il faut quand même avoir un certain niveau de vie sain.
- Speaker #1
Après, c'est culturel, le tabac. Chez nous, c'est pas trop... Chez la communauté noire, en général, il n'y a pas trop ce truc autour du tabac.
- Speaker #0
D'accord, non, mais tu vois, après, c'est les questions que j'ai eues. Et donc du coup, pas de tentative d'aller chercher de la nourriture dont t'as pas le droit, le porc du coup ?
- Speaker #1
Non, franchement ! Des petits ribs ? Non, franchement, j'ai pas de souvenir d'avoir vraiment eu ce...
- Speaker #0
T'as pas vu des personnes autour de toi qui ont, eux justement, ont en frein cette règle-là ?
- Speaker #1
Pas forcément, non. Et même moi, quand je n'étais plus dans la religion, je n'avais pas ce truc de j'ai envie de me jeter dessus parce que c'était interdit. Je m'en foutais un peu. C'est de la viande.
- Speaker #0
Mais c'est bien, tant mieux. Et autre sujet en rapport avec la sexualité. Comme toi, du coup, la sexualité, ce n'est pas quelque chose qu'on parle. C'est un sujet tabou en général dans ce type de religion. Toi, comment tu as fait pour t'éduquer ?
- Speaker #1
sur ça sur internet internet donc même à ta à dont tu avais droit aux magazines magazine de jeunes filles c'est comme nous on avait droit je peux comment ça s'appelle les noms les magazines mais tu n'as pas forcément grandi avec ça ah oui mais c'est plus un pour ça ouais non j'ai pas forcément grandi avec ça mais c'est plus bas quand tu commences ta vie de femme en fait vers la vingtaine et c'est tout à propre éducation les vidéos les podcasts les vidéos youtube etc. par rapport à tout ça.
- Speaker #0
Et il n'y a pas une sensibilisation du coup dans cette religion sur ça ? Non, non. On ne vous met pas entre filles pour essayer de vous dire « Ouais, il est interdit de... » Mais du coup, est-ce que tu avais des copains ? Vous avez le droit d'avoir des copains ? Des petits copains ?
- Speaker #1
En fait, c'est tellement... On n'en parle jamais. Donc, il n'y a pas forcément... Tu sais que tu n'as pas forcément le droit,
- Speaker #0
mais on ne te le dit jamais frontalement,
- Speaker #1
genre « Non, il ne faut pas que t'aies... » Non.
- Speaker #0
Mais est-ce qu'il y a des couples, alors ? Ou alors vous savez qu'entre vous, il y en a qui sont en couple ? Ouais,
- Speaker #1
on savait entre nous. Je pense qu'on savait entre nous. Il y avait des petites histoires et tout, on savait entre nous.
- Speaker #0
Mais les parents ne savent pas alors peut-être ?
- Speaker #1
Peut-être pas. J'ai jamais senti qu'il y avait ce truc d'interdit, de double vie, etc. C'est pour ça que je dis que pour moi, ce n'était pas forcément une secte. Parce que je ne sentais pas cette pression. La boule au ventre, une double vie, tu caches ton identité, etc. C'était pas cet extrême-là, c'était juste un mode de vie et qui me convenait plus et je suis partie, quoi.
- Speaker #0
Et quand t'es partie, tu m'as dit l'autre fois que les réactions, elles étaient assez virilantes et qu'on t'a fait un procès quelque part. Ouais,
- Speaker #1
ah l'ancienne ! Mais en fait, on avait fait le podcast en 2024 ou 2025 ? Ouais,
- Speaker #0
je pense que c'était en 2024.
- Speaker #1
2024, oui. Ouais. Ben, je pense que c'était juste le choc de voir une personne qui fait un virage à 360, quoi.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Mais après, il faut savoir que je suis une personne qui est assez extrême. Parfois, j'ai tendance à prendre des décisions assez sèches. Mais entre-temps, c'est retombé.
- Speaker #0
Il n'y a pas eu de nouveaux procès ? Non, du tout. Plus de nouvelles tentatives de te rapatrier dans le groupe ? Dans le droit chemin, non, franchement, du tout. Même tes frères et sœurs n'ont jamais tenté de dire « Non, mais Ayuka, il faut revenir vers le droit chemin. » Franchement, non. Ok. Non. Ok. Bon, tant mieux. Est-ce que dans le groupe, il y a eu des personnes qui ont du fait que tout ce qui est infidélité c'est interdit, tout ça ? Est-ce que tu as déjà entendu des histoires d'infidélité ? Du tout. Franchement,
- Speaker #1
on n'était pas dans une église drama. C'est pour ça que je te dis que je ne m'identifie pas aux termes sectes, parce que c'est pas un truc où il y avait du drama, il y avait des pleurs, il y avait une personne qui est expulsée, une personne qui revient, etc. C'était vraiment calme. Il n'y avait pas d'extrême à ce point-là.
- Speaker #0
Mais finalement, qu'est-ce qui était le plus dur alors dans cette... Pourquoi à un moment donné, tu te dis, non mais c'est bon, je ne veux plus en fait faire partie de ce groupe-là.
- Speaker #1
Ouais, non, c'est pas...
- Speaker #0
Parce que je me mens à moi-même. Ouais, voilà.
- Speaker #1
C'était plus d'un point de vue de ma relation de moi avec moi, quand j'ai commencé à m'éveiller à la spiritualité, à mon identité en tant que femme noire, connaître l'histoire d'Haïti, etc. Et que ça faisait plus sens en fait d'être une personne noire et de pratiquer. Une religion qui nous a été imposée par la violence, qui est l'histoire de comment ça arrivait, de tout ça. En fait, c'est plus ça, mais c'était pas vraiment genre je me sentais tellement mal là-bas que j'y fuis. Non, c'était juste tu fais tes recherches, ce que moi j'ai toujours été une personne curieuse qui cherche à comprendre par elle-même, qui se pose des questions, etc. Et après, de fil en aiguille, je me suis dit mais en fait, il y a un truc qui cloche, tu vois, ça colle plus. Mais c'était pas un truc qui avait... J'ai vécu tellement de violence là-bas que j'ai décidé de fuir, non. C'était pas... Pas du tout un drame.
- Speaker #0
Et juste, rappelle-nous comment t'as annoncé. Est-ce que t'as fait une annonce ou non ? Non. Ça s'est fait juste progressivement ?
- Speaker #1
J'ai pas fait d'annonce. Mais dans tous les cas, petit à petit, mes parents se sont rendus compte que leurs enfants avaient de plus en plus à assister de moins en moins. C'est comme ça, mais il n'y a pas eu d'annonce de bonjour. Je décide de quitter... Non.
- Speaker #0
T'as pris une banderole, t'as dit. Ouais,
- Speaker #1
genre je brûle ma bible et tout. Non, y'a pas eu de truc. Y'a pas eu de truc aussi dramatique, juste... Ouais, ben... On y va de moins en moins, j'y crois plus et mes parents comprennent mais y'a pas eu d'annonce.
- Speaker #0
Et donc ça veut dire que vous, vous êtes pas comme notamment certains groupes qui, lorsque tu quittes tout ton groupe, en fait tu les vois plus tous tes amis. Ouais,
- Speaker #1
non, non.
- Speaker #0
Donc tu as gardé quand même ton cercle amical que tu avais ? Non, non.
- Speaker #1
En fait, j'ai coupé les ponts parce que je... Il y a certaines personnes que je revois tout le temps parce que c'est des membres de ma famille. Mais sinon, j'ai coupé les ponts parce qu'on n'est plus alignés. Ce n'est pas par méchanceté ou qu'il se passe un truc horrible. C'est juste qu'on n'est plus en phase et on évolue.
- Speaker #0
Oui, parce que c'est vrai que si tu vas dans un événement et que... Je ne sais pas, quelqu'un qui se met à prier, ça va te faire bizarre. Oui,
- Speaker #1
c'est ça.
- Speaker #0
Ça peut te mettre mal à l'aise.
- Speaker #1
C'est plus qu'on n'est plus en phase, mais il n'y a pas eu de coupure, de drama, etc.
- Speaker #0
Et dans les églises, souvent aussi, il y a cette chose-là, la dîme. Est-ce que vous, vous étiez obligée de participer à la dîme ? Toi, tu étais plus jeune. Oui, moi, je ne sais pas.
- Speaker #1
Je sais que mes parents, je crois que mes parents, ils payaient entre les hommes de l'église ou les familles de l'église pour faire une répartition, pour payer les loyers de la salle qu'ils louaient. mais sinon c'était de bonne volonté tu donnes si t'as envie mais y'a pas d'impératif comme les églises qui prennent genre on te demande ta fiche de paie on te prend 10%
- Speaker #0
ah ouais les églises comme ça ? ok et donc si tu donnes pas les 10% qu'est-ce qu'il se passe ?
- Speaker #1
je sais pas du tout comment ça se passe franchement j'ai jamais été dans ça mais ouais là l'emprise financière elle est quand même hyper intrusive mais sinon moi dans les églises où j'étais y'avait pas ça mais donc est-ce que tu considères cette Et...
- Speaker #0
cette église comme une secte quand même ? Franchement,
- Speaker #1
non. J'irais plutôt dérive sectaire. Parce qu'il y a certains trucs qui étaient border, mais sinon, il y a... Pour moi, après, on a lu la définition de secte ensemble, mais pour moi, ce qui vraiment caractérise un truc bizarre, on va dire, d'un truc vraiment sectaire, c'est la notion de si tu quittes, tu perds tout le monde, en fait. Tu te cut, c'est finito, tu vois plus les gens. Parfois même ta famille. Parfois ta famille te rejette, comme par exemple les témoins de Jéhovah, ou si tu es dans ça, si tu quittes, c'est fini, tu n'as plus contact avec ta famille. Mais nous, il n'y avait pas cette pression monstre. C'est pour ça que je ne caractérise pas ça d'une secte.
- Speaker #0
Et en cas, franchement, tant mieux. Ouais, bah franchement, c'était ça. On dirait que tu voulais du drama. Non, mais parce qu'en réalité... Tu voulais de crier. Non, le problème, c'est que dans le premier échange qu'on a eu, en fait, on sentait qu'il y a eu quand même des péripéties assez compliquées dans ce qui se passait, de comment t'es partie, comment ta mère le voyait assez mal, le fait justement que tu quittes comme ça, que tu partes notamment au Nigeria. Comme ça, du jour au lendemain, tu décides d'aller en Afrique. Parce que justement, elle voyait aussi l'Afrique comme quelque chose d'hostile, comme un endroit, certainement, où il y a, en tout cas, comme beaucoup de gens pensent, où il y a la guerre, il y a les maladies. C'est monstrueux, en tout cas, qu'il ne faut pas aller s'y rendre. C'est monstrueux. Et jusqu'à ce qu'elle t'a dit, mais toi, tu vas faire quoi en Afrique, en fait ? Pourquoi tu vas là-bas ? Ben,
- Speaker #1
peut-être, je ne me rappelle même plus de quoi. Du ton que j'avais peut-être à l'époque, mais je pense que c'est juste redescendu, puisque là, ça fait quasiment deux ans. Ouais, bah du coup,
- Speaker #0
à ce moment-là, t'étais peut-être encore dans la virulence. Peut-être. C'était à chaud, peut-être, à ce moment-là. Ouais,
- Speaker #1
je pense, peut-être.
- Speaker #0
Ok, bah du coup, c'est bien qu'on fasse un épisode 2 pour un peu rassurer aussi les gens. Ouais, non, là,
- Speaker #1
j'ai pris du recul. Que ça va.
- Speaker #0
Et dans l'autre épisode aussi, tu disais que t'étais quelqu'un, par rapport à ta fratrie, influent dans le sens où... Influent, si ! Est-ce qu'on peut dire que tu es le mouton noir ? La rebelle. La rebelle, la perturbatrice. Tu perçois un peu l'harmonie et la sérénité du groupe. Et aujourd'hui que tu as fait ça et que tu as insufflé dans l'esprit de chaque membre de ta famille, est-ce qu'aujourd'hui, tes membres, tes frères et sœurs, ils ont réfléchi ? Est-ce qu'ils commencent à aller un peu vers ce que toi, tu es aujourd'hui ?
- Speaker #1
Ouais, je pense que mon parcours les a beaucoup influencées.
- Speaker #0
Ah, donc voilà, t'es influenceuse alors.
- Speaker #1
Ouais, je sais que la première fois que moi et ma soeur, on a voyagé en Afrique, c'était quand on est partis en Tanzanie. Et qu'il y a vraiment eu un avant-après. Dans tous les cas, moi, quand je suis partie en Tanzanie, j'avais déjà prévu mon voyage d'un an en Afrique, de l'Ouest. Mais il y a vraiment eu un avant-après. Et je sais qu'après, il y a mon autre frère qui est parti aussi dans un autre pays d'Afrique. Ma sœur qui est repartie plusieurs fois en Côte d'Ivoire, au Bénin, etc. Je pense que vraiment, ça a débloqué un truc. Et que ça a permis vraiment de créer un pont, on va dire, entre notre famille caribéenne et l'Afrique. Et de faire en fait une reconnexion. Parce que moi, je sais vraiment que la première fois que je suis allée, j'ai senti un... Je ne sais pas comment l'expliquer, mais c'est comme une reconnexion, tu vois.
- Speaker #0
Je te rebranche à la source.
- Speaker #1
C'est ça. Et je pense qu'en tant que Caribéen, je recommande vraiment à chaque personne qui a l'occasion, qui a les moyens financiers, de voyager en fait, en Afrique, de se reconnecter, d'être dans un environnement où tu n'es pas la minorité, tu n'es pas une personne racisée, tu es juste une femme, un homme, un enfant, un adulte, et qu'on te voit au-delà de ta couleur. Et que ce n'est pas l'hypocrisie de « En France, on ne voit pas les couleurs, tu peux être bleu, blanc, vert, on s'en fout. » Non. Là, c'est vraiment juste... Tu sais que si une personne agit mal avec toi, c'est que la personne c'est une mauvaise personne ou la personne c'est un con. C'est pas la question que tu vas te poser directement en France. Est-ce que ce serait pas du racisme ? Non, t'as pas tout ça. T'es vraiment dans un environnement qui est pour toi en fait. Et même le climat, la nourriture, en fait t'es bien. Genre c'est bien. Moi je sais qu'en hiver, psychologiquement je me sens mal. Genre j'ai besoin du soleil pour vivre, j'ai besoin du soleil pour être heureuse, etc. Et quand c'est l'été, ou sinon quand je voyage... L'été, c'est ma saison. Le soleil, ça me fait trop du bien. C'est pour ça que je me rends compte que vraiment, bien qu'on ait grandi en Occident, c'est vraiment important de régulièrement pouvoir repartir pour se recharger.
- Speaker #0
Se ressourcer complètement. Totalement. Ça, je suis en phase avec toi et l'hiver devient de plus en plus rude. Ah ouais,
- Speaker #1
l'hiver.
- Speaker #0
Je ne sais pas si c'est parce qu'on a de plus en plus besoin de soleil ou si c'est parce que je n'ai pas un réchauffement climatique, j'en sais rien. je d'accordise avec ce que tu dis et même pour le physique,
- Speaker #1
la peau, les cheveux les maladies, des trucs comme ça tu sens que l'hiver le froid n'est pas fait pour les personnes noires c'est pas notre terre c'est ça,
- Speaker #0
c'est pas notre environnement complètement, est-ce qu'il y a des valeurs ou des comportements que tu as gardés du coup de ce que tu as appris depuis l'enfance chez les adventistes ?
- Speaker #1
Ah bah oui, franchement, bien que quand on dit la Bible est un outil, la religion est un outil qui était bien de base, mais que c'est les humains qui l'ont utilisé pour faire du mal, blablabla, la Bible, enfin les passages, etc., de la Bible, c'est pas des trucs qui sont tombés du ciel, c'est des trucs qu'ils ont piochés un peu à gauche, à droite, des trucs qu'eux-mêmes ils ont écrits, et il y a beaucoup de trucs pour moi qui sont bien, genre l'honnêteté, la famille, la fidélité, la bonté, etc., avoir un bon cœur, etc., tout ça, c'est des valeurs qui qui sont restés dans ma vie. Après, il faut quand même faire la part des choses parce que je trouve que la religion aussi a beaucoup été utilisée pour asservir dans le sens qu'on te fait du mal, mais tu dois toujours faire du bien en retour. Tu vois, on te gifle sur la joue droite, il faut que tu présentes la gauche. Et tout ça, c'est des trucs où tu prends de la distance parce que je me rends compte que c'est juste un outil, en fait, pour pouvoir exploiter. Mais t'inquiète, te fais pas justice toi-même, quelqu'un va te faire justice. C'est juste un outil, au final, pour... pouvoir faire tout et n'importe quoi à quelqu'un sans que la personne ne se rebelle, sans que la personne ne cherche à avoir justice. Ça, c'est des trucs auxquels je me suis toujours totalement déconnectée. Mais tout ce qui est l'honnêteté, la famille, faire du bien autour de soi, etc., ça, je pense que c'est des valeurs humaines qui sont importantes. C'est pour ça aussi que je comprends les gens qui ont peur de ne pas élever leur enfant dans la religion, parce qu'ils savent que la religion, c'est un cadre, une structure qui va permettre d'inculquer des valeurs à son enfant avec la pression, entre guillemets, que si tu le fais pas, tu vas aller en enfer. ça fait beaucoup plus peur que tu seras un méchant garçon,
- Speaker #0
tu seras une méchante fille c'est vrai que ça c'est ce que t'as souligné dans le dernier épisode de l'enfer tu disais que toi t'avais une peur monstre de l'enfer et je me disais mais moi j'ai aussi grandi dans le christianisme mais pour autant moi j'en parlais d'enfer, en fait j'avais tellement du mal à imager ça même si t'imaginais un endroit où oui tout est rouge il y a des gens qui sont dents mais tu vois cette image là je l'avais pas et je sais pas c'est bizarre j'arrivais pas à me dire bah non J'ai peur de ça. Je me disais juste, non, c'est pas bien de faire du mal. Je n'avais pas ce truc-là de l'enfer. Mais toi, tu disais, ouais, toi, tu as vraiment une peur, mais incommensurable de l'enfer. C'est dingue.
- Speaker #1
Et je sais que malheureusement, il y a beaucoup de gens qui sont dans les religions, qui se forcent, on va dire, à respecter, à être des personnes bien. Pas parce que c'est leur nature, parce qu'ils ont envie d'être comme ça, mais sinon uniquement parce qu'ils ont peur de l'enfer.
- Speaker #0
C'est dingue. Mais ça veut dire que quand même, il y a des choses, des paroles qui sont inscriptes, Peut-être dans la Bible ou comment le pasteur les a... matérialisées qui font que ça développe en toi une peur. J'avais du mal à comprendre comment cette peur arrive à naître dans l'esprit des gens. Des fois, on dit aux enfants « N'enfreins pas telle règle, tu vas aller peut-être en prison. » Mais des fois, c'est un peu... C'est les parents qui forcent un peu. Des fois, ce n'est pas vrai. Mais tu dis ça pour lui faire peur. Du coup, ça développe aussi en l'enfant une...
- Speaker #1
peur qu'ils ne devraient pas. Contrôler par la peur, c'est quelque chose qui est déjà problématique.
- Speaker #0
C'est une peur par quelque chose que tu ne vois pas. La police, tu peux avoir peur parce que c'est quelqu'un que tu vois tout le temps. Tu peux les voir souvent passer. C'est une entité qui n'est même pas visible.
- Speaker #1
Je sais que c'est beaucoup utilisé. Par exemple, quand j'étais au Nigeria, parfois dans la rue, il y a des affiches où il y a écrit tous les gens qui font ça. en enfer, qui se maquille, qui font ça, les lesbiennes, ceci cela, non non non non, et c'est vraiment là on te martèle avec la peur genre, genre ce sera là-bas, il fera chaud, tu vas brûler, non non non non, c'est vraiment, c'est pour ça que je trouve qu'il y a une hypocrisie dans le sens que tu suis pas la religion par amour, mais par contrainte en fait, et par peur en fait, tu te dis purée si je le fais pas, je suis foutu quoi, c'est pas ça me parle, ça m'édifie, je me sens connectée, non, c'est j'ai peur en fait.
- Speaker #0
ouais et qu'est-ce que j'allais te poser comme autre question du coup on parlait de ta fratrie qu'est-ce qu'il y a certains de tes frères et sœurs qui ont décidé du coup de se reconnecter à la terre-mer je sais pas si retourner
- Speaker #1
voyager en Afrique aussi de la même manière que t'as fait parce que finalement ça a été la personne qui a ouvert un peu cette mon frère il est parti à Madagascar ma sœur elle a fait aussi pas mal de pays Sénégal, Bénin tout Non, Sénégal, Bénin, Côte d'Ivoire.
- Speaker #0
Donc là, c'est depuis les trois dernières années ?
- Speaker #1
Ouais, les dernières années là.
- Speaker #0
Et toi, ton éveil, il a commencé quand finalement ? C'était en 2022, je crois, t'avais vu ?
- Speaker #1
Je sais plus, franchement.
- Speaker #0
Je crois que tu m'avais parlé de 2022.
- Speaker #1
Ouais, 2022, 2021, peut-être cette période-là.
- Speaker #0
Et donc du coup, eux, ils sont allés juste après un peu tôt, en fait. Et quel est le retour qu'ils ont eu ? Est-ce qu'ils ont eu le même ressenti que toi ?
- Speaker #1
Bah franchement, oui. Oui, carrément, ça me parle de j'ai envie de faire des business là-bas. Donc je pense que ça inspire en fait. Et surtout de voir que t'es dans un environnement où tu es finalement à la norme et qu'il y a un champ d'impossibles qui est grand. Tu as des opportunités en fait. Et tu t'en beaucoup moins coincé en France où il y a beaucoup plus de barrières, tu vois.
- Speaker #0
Et là, le fait que tes frères et soeurs, ils font ça, est-ce que tes parents le voient dans mes yeux ? Du coup, que tu étais un peu là...
- Speaker #1
Non franchement je pense que mes parents ils sont K.O. ils ont renoncé.
- Speaker #0
Ils sont K.O. ils ont renoncé. Ils se sont dit dans tous les cas on est habitués c'est comme ça qu'elle est. Non mais du coup t'as réussi quand même à influencer les autres. Donc ils vont à l'église sans les autres ?
- Speaker #1
Non non non ça fait des années qu'on a quitté l'église. Ça fait des années. Mais non franchement j'ai pas eu de remarques etc. Parce qu'ils sont habitués. Ça fait quasiment... plus de dix ans que je suis l'enfant rebelle, tu vois, donc maintenant c'est un peu un truc de... C'est un peu un sujet en fait.
- Speaker #0
On sait qu'Ayoka elle est comme ça, donc il faut juste la laisser...
- Speaker #1
Non, c'est plus un truc.
- Speaker #0
Ok. Bah écoute, qu'est-ce que t'aimerais partager... Ah non, avant que je pose cette question, à quoi crois-tu aujourd'hui ? Parce qu'au final, voilà, t'as décidé de quitter une église. Est-ce que tu crois à quelque chose aujourd'hui ?
- Speaker #1
En plus, on en parlait juste avant de commencer le podcast. Je disais qu'en fait, je crois en tout. Je crois en tout. Je crois à la réincarnation. Je crois à la vie après la mort. En fait, je suis juste sur Terre pour expérimenter. Je pense forcément qu'il y a une force qui a créé tout ça. L'univers, la source, on l'appelle comme on veut. Mais je pense pas que cette force-là soit matérialisée, soit une personne, un papa dans le ciel qui nous regarde et qui veut qu'on fasse du bien, qui nous aide.
- Speaker #0
Pourquoi ça serait un papa et pas une maman d'accapté ?
- Speaker #1
Dans tous les cas, même si je creusais à plus que ça, je me dirais que s'il devait y avoir un dieu qui est matérialisé, qui est personnalisé, ce serait une femme. Parce que, jusqu'à preuve du contraire, seules les femmes peuvent créer la vie. Même dans le monde animal, seul le sexe féminin peut créer la vie, tu vois. tout Donc, franchement, je suis toujours en pleine recherche. Mais je sais que si je devrais vraiment, on va dire, m'initier à une spiritualité, ce serait une spiritualité africaine avec le culte des ancêtres, que ce soit haïtienne ou africaine. Mais je me suis quand même, on va dire, un peu détachée de ça. Parce que je n'ai pas envie d'avoir quitté un dogme pour rentrer dans un autre dogme. Ou parce que tu es initiée, il y a des pratiques que tu as le droit de faire, il y a des règles, il y a une hiérarchie, etc. Là, je suis plus en mode... J'expérimente la vie, en fait. Tu le dis, quoi. Voilà. Je suis plus du côté, on va dire, développement personnel de la spiritualité où juste t'essayes d'être en phase avec toi-même, de te respecter, de t'écouter, de te rendre heureuse, de t'aimer, de propager de bonnes énergies, de ne pas faire des choses mauvaises, de réfléchir sur ton comportement, d'être une personne quand même ouverte d'esprit qui sait se remettre en question, qui essaye d'avancer, qui essaye de se pousser, qui essaye de faire mieux que la veille. Mais sans pour autant tomber dans le truc de il faut absolument que je sois la meilleure version de moi-même. Il faut prouver, il faut rentabiliser ma vie. Non. Je me dis qu'on est juste sur Terre pour expérimenter, faire des choses, apprendre, ne pas reproduire les mêmes erreurs, être heureux, partager de bons souvenirs avec les gens qu'on aime. Et puis voilà.
- Speaker #0
Oui, oui. Ça me fait penser aux valeurs... de la mad en fait, ce dont tu parles. Donc c'est clairement ça, c'est créer un environnement où tout est juste et tout est en accord avec toi-même et comme tu as dit, expérimenter. De toute façon, la vie est une expérience. C'est ça. Donc après, on va voir comment tu la mets à contribution dans ton quotidien.
- Speaker #1
C'est ça, parce qu'à Gen of the Day, on peut croire à tout ce qu'on veut. On n'aura pas la vraie réponse jusqu'à notre dernier souffle, au final.
- Speaker #0
Et tu as vu un peu des choses, des églises au Nigeria, quand tu étais au Nigeria, est-ce que tu as vu des églises un peu comme les tiennes ? Comment tu vois la pratique des religions au Nigeria, par exemple ?
- Speaker #1
Au Nigeria, même en Afrique en général, je ne vais pas parler pour toute l'Afrique, mais en Afrique de l'Ouest, c'est un business. C'est-à-dire que tu peux faire un quartier, tu trouves cinq églises, pourtant il n'y a pas d'école, il n'y a pas d'opinion. il n'y a pas de structure sociale pour aider la communauté, mais chacun veut faire son biais sur la religion. Je me rappelle que quand j'étais partie, ça m'avait vraiment dégoûtée de me dire que la religion, c'est vraiment une institution, c'est une marque, en fait.
- Speaker #0
On peut dire peut-être que là, c'est une secte, non ?
- Speaker #1
Franchement, à ce niveau-là, je dirais oui.
- Speaker #0
La religion, en globalité, en réalité, à elle toute seule, ça reste une secte, Peu importe quelle religion. cracher sur une religion en particulier. Mais en vrai, toutes les religions, c'est du business, comme tu as dit. C'est l'argent en premier. Avoir le maximum d'adeptes, toujours. Et grossir, grossir, pour être le culte qu'il faut suivre absolument. Je pense que la pression qu'il y a encore plus en Afrique, c'est qu'au Nigeria,
- Speaker #1
par exemple, je parlais dans le cas du Nigeria, la religion, c'est... Limite ton identité en fait. Il y a tellement l'esprit de communauté, c'est là-bas que tu peux avoir des opportunités de travail, c'est là-bas que tu peux rencontrer des amis, c'est là-bas que tu peux rencontrer un partenaire. C'est ton identité. Genre j'avais ouvert un compte en Boko Nigéria, dans le formulaire il y avait écrit religion. Et tu pouvais cocher chrétien, musulman ou autre. Donc c'est vraiment... intrinsèque, c'est dense c'est fondamental dans le gouvernement clairement et je sais qu'il y a par exemple des tensions politiques qui se reposent aussi sur la religion donc c'est un autre level franchement je pensais pas
- Speaker #0
Ok, écoute, on a fait le tour, je pense. Alors avant qu'on termine, est-ce que tu as un message à faire passer aux autres ? Dans tous les cas, comme je disais en début, le premier épisode était passé il y a quelques mois de cela. Non, il y a plus, il y a même un an. C'est l'épisode 11, je rappelle. Qu'est-ce que tu aimerais passer comme message pour les personnes qui vont t'écouter par rapport à tout le cheminement, le parcours d'éveil et à tout ce que tu as parcouru jusqu'à maintenant ?
- Speaker #1
Le message que j'aimerais faire passer, c'est que comme je disais, la vie, it's not that serious. À la fin, on va tous en... Il n'y a personne qui va en sortir vivant, tu vois. Donc ne pas se mettre absolument la pression, juste expérimenter, découvrir, apprendre. Essayer de ne pas reproduire les mêmes erreurs, parce que la vie, c'est juste une expérience au final, tu vois. On est là pour expérimenter, on est là pour rencontrer des gens, sortir de sa zone de confort, tester des choses, etc. et apprendre. Et pour moi, vraiment, le plus important, c'est de faire des choses qui te rendent heureux, passer du temps avec les gens que tu aimes, faire des choses qui te font te sentir bien. Et voilà, quoi.
- Speaker #0
Non, on sent que tu t'es apaisée, en réalité. J'étais une furie avant. Non, mais tu réécouteras peut-être les musées. Ouais, peut-être que je réécouterai. Tu verras, peut-être s'il n'y a pas une différence, mais on entend. qu'il y a eu un cheminement, qu'il y a eu un travail qui a été fait et qu'il y a peut-être eu des choses aussi qui ont eu lieu dans ta vie personnelle, qui ont fait que tu en es là aujourd'hui. Ouais, la maturité. Peut-être la maturité aussi. Et je trouve que c'est un beau message aussi.
- Speaker #1
J'ai bientôt 30 ans là.
- Speaker #0
Ça arrive, ça arrive. Mais bon, en tout cas, donc du coup, au début aussi, on t'a dit que tu étais graphiste et que tu étais cofondatrice d'une agence événementielle. Est-ce que ça aussi, c'est quelque chose qui t'a... Pourquoi tu t'es lancée dans ça, finalement ?
- Speaker #1
J'ai créé avec ma meilleure amie Omwala Events, qui est une agence événementielle. On faisait des événements pour la communauté afro. Donc, on faisait des speed dating, pique-nique. On a fait pyjama party, des sorties, des after work, etc. En fait, c'était juste un besoin à l'époque de se retrouver entre nous. Et on ne trouvait pas forcément d'événements qui nous convenaient. Donc, on a décidé de les créer nous-mêmes. Mais petit à petit, là, on a avoué. un peu arrêté. Je pense que c'est juste venu d'un ras-le-bol et d'une fatigue de se dire que en fait, le monde, comment dire, la société... fondamentalement raciste. Donc vouloir se battre à notre échelle, c'est un bon combat. Il y a des gens qui ont le cardio, qui ont le souffle de se dire que même si c'est une goutte d'eau dans l'océan, c'est chaque grain de riz qui fait le sac de riz, blablabla. Mais nous, franchement, ça nous a fatigué parce que ça demandait tellement d'énergie, tellement d'effort, tellement de temps que c'était bien le temps que ça a duré. Peut-être qu'on reviendra. mais ça nous a fatigué franchement ça nous a fatigué après c'est comment t'expliques ça ?
- Speaker #0
est-ce que tu sais pourquoi c'était aussi énergivore pour vous ?
- Speaker #1
est-ce que c'est l'organisation ou est-ce que c'est le fait d'avoir des gens qui ne sont pas forcément c'est ça je pense devoir marteler la communication limite forcer les gens à s'intéresser à l'aspect communautaire qui était éreintant parce que je pense qu'en France Peut-être que dans d'autres pays, aux Etats-Unis notamment par exemple, ils ont vraiment ce truc de communauté et tout. Mais en France, t'as encore... On essaie, on va dire, de créer cette communauté de noirs, mais les gens sont encore un peu en mode leur pays ou leur religion. Bref, ils ont d'autres choses qui sont plus importantes que le fait qu'on soit tous noirs à The End of the Day, tu vois. Donc ouais, ça demandait beaucoup d'énergie. Même l'organisation, vendre les places, animer, etc. Franchement, ça demandait du temps.
- Speaker #0
Vous n'avez pas essayé de faire des collaborations, des partenariats avec des personnes pour alléger la charge en termes d'organisation ? Non, pas forcément. Après,
- Speaker #1
je pense qu'on a eu d'autres... En fait, ça arrivait à un moment dans notre vie où on avait du temps, on était intéressés, on était motivés par ça. Après, le temps est passé, on a eu d'autres priorités dans notre vie.
- Speaker #0
Je comprends.
- Speaker #1
Mais au moins, l'event n'est pas mort. On reviendra peut-être un jour.
- Speaker #0
On peut former des couples.
- Speaker #1
On créera un truc, etc. Dans tous les cas, le groupe est là, la communauté est là, sur WhatsApp. Un jour, on reviendra, mais pour le moment, on a d'autres priorités. Par exemple, moi, là, je cherche activement un travail. Donc, j'ai d'autres priorités que faire des pique-niques.
- Speaker #0
Je comprends.
- Speaker #1
Si c'est bien, on a des kiffés. Mais, ouais.
- Speaker #0
Il va falloir l'argent pour faire le pique-nique aussi. C'est ça. Je comprends. En tout cas, j'espère que le message est entendu. La Sista cherche du travail. Donc, si vous entendez...
- Speaker #1
Plus dans le graphisme, là, je recherche vraiment un poste de consultante en agence de... en cabinet de conseil, etc., dans différents... dans ces secteurs-là, en fait.
- Speaker #0
Ok. Bon, bah, écoute, peut-être passe ton CV, je peux très bien transmettre à mes contacts. On sait jamais, hein. Ok, bah, écoute, merci encore une fois d'avoir accepté l'invitation. Vraiment, j'étais ravie d'avoir échangé avec toi. C'était assez long de pouvoir mettre tout ça en place aujourd'hui. Mais bon, on y est arrivé quand même. On s'est battu. On s'est battu vraiment. On a lutté. Ah, si vous saviez. En tout cas, on se retrouve peut-être à la prochaine pour un nouvel épisode. Peut-être. Sur d'autres sujets. Peut-être sur ton événement que tu feras prochainement. Donc, qui sait. Allez, on se dit à la prochaine pour un nouvel épisode. Bye. Bye. Bon, eh bien, si vous êtes là, c'est que vous avez écouté jusqu'au bout et que l'épisode vous a plu. et que... Et comme toujours, n'hésitez pas à le partager autour de vous, à me donner aussi vos impressions sur cet échange. Et bien évidemment, je vous mets son contact en description de cet épisode. Et attends, attends, avant de passer au prochain épisode, pense aussi à noter sur Apple Podcasts, Spotify ou simplement ta plateforme d'écoute préférée en laissant un commentaire et 5 étoiles. Et c'est grâce à ça qu'on agrandit véritablement cette communauté. C'était Joie pour le podcast Bamboula. À très vite. Bye !