- Speaker #0
Mwaramutse ! Salut les amis, j'espère que vous allez bien. Bah écoutez, moi ça va. C'est vrai que je me suis un peu absentée ces derniers temps. Mais oui, j'avais pas mal de choses à gérer. Faut savoir que c'est quand même les vacances scolaires et donc voilà, il y a le quotidien quand même à gérer. Et puis bien sûr, le travail et la vie personnelle. Donc voilà, vous connaissez déjà. La Sista était pas mal occupée. Mais voilà, en tout cas, comme d'habitude, vous êtes sur le podcast Identitaire. et comme vous le savez, ici on accueille des personnes ayant la profonde volonté d'impacter tout un chacun et peu importe les générations. Sans plus tarder, le sujet que j'allais forcément aborder tôt ou tard, il s'agit du cheveu afro. Eh oui, bien au-delà de sa texture, il est vrai que, comme vous le savez, les colons qui venaient s'accaparer nos terres, il fut un temps, ont vite compris que le cheveu afro était et reste un puissant symbole de beauté. d'identité, d'histoire, de spiritualité même, et de résistance surtout. D'ailleurs, ce qui est indéniable aujourd'hui, c'est que peu importe les techniques qui peuvent être utilisées pour changer, dénaturer ou cacher même, il va toujours relier les personnes afrodescendantes à leur héritage culturel. Ça, on ne peut pas le rener, c'est ancré, c'est visuel, c'est un fait. Donc, pour... Pour aborder ce sujet, je suis avec Awa qui va nous expliquer en quoi ce cheveu est important dans l'acceptation de soi. Bonne écoute ! Bonjour Awa ! Bonjour ! Comment tu vas ? Ça va et toi ? Bah écoute, ça va. Déjà merci d'être parmi nous là dans le studio Orz. Merci pour l'invitation. Avec qui nous sommes en collaboration. Déjà, est-ce que tu peux te présenter ? Qui es-tu Awa ?
- Speaker #1
Alors, je m'appelle Awa, j'ai 35 ans et je suis professeure des écoles. J'ai deux filles, parce que je pense que ça va être important pour la suite. Donc j'ai deux filles et je suis originaire du Mali et du Sénégal.
- Speaker #0
Ok,
- Speaker #1
voilà,
- Speaker #0
c'est pas mal. Alors lorsque tu as répondu à l'appel à tes mondes, j'avais diffusé il y a je ne sais pas combien de temps sur Instagram, tu disais être passée par... toutes les coupes du monde et comment tes cheveux ont été importants dans ton processus de vie ? C'est vrai ou pas ? C'est ce que tu disais dans ce que j'ai retenu de ton récit.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. En fait, effectivement, je suis passée par toutes les coupes.
- Speaker #0
Tu vas nous dire toutes les coupes sur lesquelles tu es passée. T'as enlevé une,
- Speaker #1
par exemple ? J'ai fait... Alors... Petite... Je sais que ma mère aime défriser les cheveux. Donc, j'ai grandi en me défrisant les cheveux jusqu'à mes 16-17 ans. j'ai continué à me défriser les cheveux j'ai arrêté, ensuite j'ai gardé mes cheveux crépus j'ai gardé mes cheveux crépus puis je mettais des braids tissage perruque à un moment donné je me suis coupé les cheveux coupe garçonne avec les cheveux crépus, j'ai défrisé mes cheveux quand j'avais les cheveux courts ah oui t'as tout tenté et là j'ai fini par des locks D'accord.
- Speaker #0
Donc aujourd'hui, tu as Deluxe. Et lorsque tu te regardes dans le miroir aujourd'hui, qu'est-ce que tes cheveux racontent de ton histoire ?
- Speaker #1
Alors, très bonne question. Très très bonne question parce que moi, mes cheveux, c'est vraiment quelque chose qui est hyper important en fait. Comme je te le disais tout à l'heure, en plus, moi j'ai les cheveux poivre et sel. Donc j'ai les cheveux blancs. À 35 ans, tu vois, avoir les cheveux blancs, et moi je les ai depuis que j'ai 20 ans, je pense. Ah oui, d'accord. Mes cheveux, ils ont commencé à devenir blancs depuis que j'ai 20 ans. Et du coup, j'ai souvent eu les remarques, ah, elle a les cheveux blancs, elle a des cheveux blancs et tout, mais moi j'aime trop.
- Speaker #0
Enfin,
- Speaker #1
j'aime trop mes cheveux blancs. Et voilà, je crois que j'ai oublié la question que tu me posais.
- Speaker #0
Non, je te disais aujourd'hui, quand tu te regardes dans le miroir, qu'est-ce que tes cheveux racontent sur toi ?
- Speaker #1
que je vis, que je suis vivante déjà. Ils sont là en plus ou moins bonne santé. Mais franchement, c'est vraiment un process. C'était vraiment un long process. Je suis passée par plein d'étapes. Quand je me regarde dans la mémoire, je l'aime trop mes cheveux de toute façon.
- Speaker #0
Est-ce que tu as eu du mal à accepter tes cheveux à un moment donné dans ton parcours ?
- Speaker #1
Oui, plus ou moins. Je pense qu'en fait, c'était des périodes. En fait, c'est des périodes de vie qui ont fait que je me posais des questions sur mes cheveux. Là par exemple en tant que professeur des écoles, je sais que la première année quand j'étais stagiaire, j'avais une perruque. Et j'avais une perruque ondulée. Et je sais que cette première année ça a été compliqué parce que j'étais la seule maîtresse noire en plus dans l'école. Et du coup j'étais avec ma perruque alors qu'il y a des jeunes filles qui sont là avec leurs cheveux crépus, elles sont magnifiques avec leurs tresses et tout. Et il y a une fois... ça ça a été en gros des clics je me rappellerai encore ça fait 10 ans il y a une petite fille qui m'a dit ah mais maîtresse t'as une perruque sur la tête et je lui ai dit non tu vois je lui ai menti parce qu'elle avait dit devant tout le monde la perruque à ce moment là c'était pas le truc que tu déballes comme ça avant how to get away with my reader on voyait pas une femme enlever ses cheveux enfin sa perruque et du coup j'étais là je fais non et ça m'a tellement travaillé je me suis dit et... C'est mort, je ne vais pas mentir sur mes cheveux ou sur ce que je mets sur ma tête. Et depuis, j'ai arrêté la perruque. Je me suis dit, plus jamais de la vie, je ne mettrai une perruque.
- Speaker #0
Mais c'est fou parce que ce que tu dis, c'est vrai. Parce que moi, je me rappelle à une époque où, justement, on avait peur de dire aux autres que ce soit nos faux cheveux, qu'on portait des faux cheveux ou qu'on avait une perruque. Alors qu'aujourd'hui, c'est quelque chose qui est devenu normal. Je rentre chez moi, j'enlève ma perruque, c'est genre normal en fait, ça a été normalisé.
- Speaker #1
Ouais c'est vrai, même sur le réseau tu vois qu'il y a des personnes, elles enlèvent leur perruque, elles les mettent, elles font des tests perruques et tout, alors qu'avant, moi j'en rigolais parce que j'ai même l'autodérision, je partais au parc Astérix, je mettais ma perruque, je disais attention faut pas qu'elle parte ma perruque, c'était avec mes copines quoi, voilà.
- Speaker #0
C'est ça, ouais il y avait les blagues aussi, tu sais quand tu voyais une mèche par terre, ah oui c'est la mèche de l'Intel,
- Speaker #1
ça m'a traumatisé,
- Speaker #0
ça m'a longtemps traumatisé. Je d'accordise. Et c'est quoi ton premier souvenir où tu as compris que tes cheveux étaient perçus comme différents ?
- Speaker #1
Franchement, je ne saurais pas te dire.
- Speaker #0
Est-ce que tu as toujours su que tes cheveux étaient différents ?
- Speaker #1
Ouais, bon oui. Parce qu'en fait, quand tu regardes à la télé, ton cheveu n'est pas là. Moi, c'était à l'époque 90. Je suis née en 91. Donc tous les débuts de la télé, je regardais S Club 7, tu vois, 7 à la maison.
- Speaker #0
Non, elle n'est pas là.
- Speaker #1
Voilà. Même, comment est-ce qu'elle s'appelle ? L'actrice noire, même, qui a des pouvoirs et qui fait un bond en arrière. Enfin, elle a des trucs de prémonition, je ne sais plus comment elle s'appelle.
- Speaker #0
Ah Raven Oui voilà C'est une Raven Tu vois ses cheveux Il n'y a pas de cheveux crépus C'est vrai qu'à l'époque Du défrisage Des belles boucles Et tout Même à l'époque De Sister Sister Voilà Sister Sister Tu vois Non il n'y avait pas Et du coup
- Speaker #1
Franchement moi c'était Voilà on défrisait Parce que c'était plus simple Mais moi en fait Je trouvais que c'était moche Quand c'était défrisé Parce que j'ai les cheveux très fins Et du coup J'ai l'impression Que vous voyez mon crâne Et du coup Je trouvais ça trop moche Merci.
- Speaker #0
et même pour défriser tu faisais ça comme ça avec ta tête tes cheveux ils bougent mais tu vois ça bougeait pas comme les blancs de toute façon parce qu'en fait c'est pas ton cheveu c'est pas le but de ton cheveu de toute façon et t'as dit un truc intéressant parce que t'as dit c'est pas comme les blancs donc quelque part en fait en défrisant les cheveux on savait très bien que l'idée c'était de ressembler aux blancs enfin en tout cas je pense que ceux qui défrisaient à un moment donné c'était ça moi je sais que par exemple pour ma part c'était plutôt en tout cas comment je les ressentis Oui. Quand ma mère le faisait à l'époque, c'était surtout pour faciliter le coiffage.
- Speaker #1
Ah oui, ma mère aussi, c'était ça. Mais après, nous, en tant qu'enfants, je pense que... Moi, c'était... Voilà, c'est ce qu'on voyait à la télé. Nos cheveux, ils blousaient.
- Speaker #0
On peut faire une queue de cheval. On peut les plaquer. On peut mettre des barrettes. Ouais, non, je comprends. Et qui te coiffait, toi,
- Speaker #1
quand t'étais petite ? C'était une amie de ma mère ou deux amis de ma mère. En plus, je crains beaucoup des cheveux.
- Speaker #0
Ah oui.
- Speaker #1
C'était des amis de ma mère. Ma mère, elle ne s'est pas coiffée. c'était des années de ma mère qui...
- Speaker #0
Et le coiffage, ça se passait comment ? Est-ce qu'il y a des moments où tu appréhendais ?
- Speaker #1
Je crains des cheveux. C'est hyper compliqué. En soi, je le faisais parce que je sais que le résultat allait me plaire. Mais le passage de « il faut démêler, il faut peigner, il faut... » Franchement, moi, je n'en garde pas de bons souvenirs. Alors que là, maintenant, je suis bien contente d'aller me coiffer de temps en temps.
- Speaker #0
et tout. Et t'allais au salon ? T'as déjà été dans des salons ?
- Speaker #1
Ouais, plus quand j'étais ado, jeune adulte. Je suis partie dans des salons, tu vois, Château Rouge, ou Château d'eau, je sais plus c'est quoi d'ailleurs. Ouais,
- Speaker #0
c'est la même chose, mais ouais.
- Speaker #1
Et du coup, j'allais là-bas, c'est ma soeur qui partait au début, elle a rencontré une coiffeuse, et du coup, vu qu'elle s'entendait bien avec cette coiffeuse, on a gardé la coiffeuse. Et moi, du coup, quand je me coiffe et que j'aime une coiffeuse, Je la garde jusqu'à... jusqu'à...
- Speaker #0
Peut-être mieux aussi. Oui,
- Speaker #1
ouais.
- Speaker #0
Par exemple,
- Speaker #1
pour un autre type de... Ouais. Mais ouais.
- Speaker #0
Et est-ce que t'as déjà eu des remarques justement après avoir fait une coiffure que par exemple, toi, tu aimais ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et qu'à l'école, par exemple, les gens te font des remarques sur cette coiffure-là ?
- Speaker #1
J'ai eu... Récemment, avant de faire mes locks, donc j'ai fait mes locks là il y a... Il va y avoir un an, ce sera en août, un an. Donc juste avant, j'avais une... J'avais fait des tresses collées, des nattes collées. D'ailleurs, je ne sais même pas si on dit nattes ou tresses, mais des nattes collées. Et avec des perles au bout, là. Je trouvais que c'était trop bien. Enfin, je trouvais que j'étais trop belle. Et les nattes collées, tu vois, c'est une coiffure de petite fille. Enfin, tu vois,
- Speaker #0
dans ton imaginaire, dans le tien.
- Speaker #1
Voilà, je vais dire en mon nom.
- Speaker #0
Les grosses nattes collées, tu veux dire ?
- Speaker #1
Ouais, non, tu vois, les petites... Ah ! Les grosses, je sais pas... Ouais,
- Speaker #0
les petites signes plaquées. Ouais, voilà,
- Speaker #1
comme ça. Et du coup, ça, c'était les coupes qu'on faisait quand... Moi, j'étais petite, en tout cas, c'est ce que je faisais. Et du coup, en grandissant, je me rappelle, ma mère, elle me disait « Mais il faut que tu fasses des nattes collées, il faut que tu fasses des nattes... » Je fais « Mais non, ça, c'est quand on est petite ! » Tu vois ? Et du coup, j'avais refait ça. Et j'avais bien aimé, j'avais bien aimé et tout. Et le lendemain, je suis partie à l'école. Le lendemain, je suis partie au travail et tout. Et j'ai une collègue, elle m'a regardée. « Ah ! » Ça va ? Ah, ça change, hein ? Ça change, ça change. Ouais,
- Speaker #0
ouais.
- Speaker #1
Ça change, hein ? Mais avant,
- Speaker #0
t'avais quoi ?
- Speaker #1
Avant, j'avais mes cheveux plaqués.
- Speaker #0
Ok, d'accord.
- Speaker #1
J'ai pu plaquer...
- Speaker #0
Et donc là, elle a dit, ça change.
- Speaker #1
Ouais, ça change.
- Speaker #0
C'est tout, ça change.
- Speaker #1
Ouais, voilà. Après, je sentais qu'il y en a qui me regardaient, mais qui disaient rien.
- Speaker #0
C'est-à-dire qu'il y a combien de temps ? Il y a longtemps ?
- Speaker #1
Non, il y a un an et demi, là.
- Speaker #0
Ah, oui, d'accord.
- Speaker #1
Moi, j'étais une dernière, et après, j'ai eu... J'ai eu d'autres remarques quand j'avais les afro-puffs. Je faisais ça un long temps. On touchait mes cheveux. Je sais qu'au collège ou au lycée, on touchait mes cheveux. J'ai eu des réflexions du genre... Vu que je suis de confession musulmane, on me disait... Toi, en plus, t'es musulmane. Ce serait plus simple de mettre le vol. Comme ça, tu caches tes cheveux.
- Speaker #0
Mais pourquoi cacher ?
- Speaker #1
parce que c'était moche bah oui c'est moche bah du coup je comprends pas pourquoi c'est pas plus simple pour toi t'es noire tes cheveux sont moches bah capte-les quoi pour porter le c'est violent ouais on m'avait dit ça t'es noire faut cacher tes cheveux je l'ai regardé j'ai
- Speaker #0
c'est une personne noire qui est dans le film ? non c'était une une personne maghrébine ok waouh la violence c'est violent ça et toi si t'étais si tu pouvais parler à la petite fille Et... d'avant, qu'est-ce que tu lui dirais ? À toi, petite fille.
- Speaker #1
À moi, petite fille, je lui dirais... Je lui dirais que... Sûr et fœur. Franchement, il y a plein de choses à dire. En même temps, limite, j'ai envie de lui dire... Enfin... J'ai envie de dire, tu vois, aime tes cheveux dès maintenant et tout, mais en fait, c'est un process, c'est une évolution. Si je n'étais pas passée par tel ou tel chemin, tu vois, peut-être que j'aimerais moins mes cheveux à l'heure actuelle ou que je les aimerais davantage, je n'en sais rien. Mais du coup, j'ai envie de lui dire, fais ce que tu as envie de faire et tu verras où ça t'amène en réalité. C'est de la confiance.
- Speaker #0
Plus jeune, est-ce que tu as déjà eu le sentiment de devoir changer tes cheveux, du coup, pour te faire accepter ? Tu vois, parce que tu parlais aussi de l'anecdote de quand tu étais prof, où tu as dû mettre ta perruque. Est-ce que tu mettais ta perruque pour te faire accepter ?
- Speaker #1
Ouais, ben ça, justement, quand j'ai lu la question, je me suis dit, ça m'a fait penser à ça. Ça m'a fait justement penser à cette période-là où... Parce que je sais que la première fois que j'ai mis une perruque, c'était à la fac. Et c'était... Je sais pas, pour moi c'était plus simple. Je mets la perruque, c'est plus simple. Mais à côté de ça, j'étais tiraillée parce que c'était plus simple, mais c'est pas mes cheveux. Enfin, quand les gens sont là à côté et qu'ils disent « Oui, mais tes cheveux... » Bah, même moi, je me disais « Mais... Je peux pas... » Enfin, moi-même, j'accepte pas le fait que ce soit pas mes cheveux. Et du coup, je ne peux pas dire à une personne en face qui me dit « Ah ouais, t'as changé tes cheveux ou t'as changé de coupe de cheveux, mais en fait, c'est pas mes cheveux. »
- Speaker #0
Oui, t'es trahie en tout cas.
- Speaker #1
« Dans ma tête, c'est pas mes cheveux, mais en réalité, j'aime bien. J'aime bien la tête que j'ai avec cette perruque-là et tout. Mais tu vois, en fait, il y avait plein de choses. »
- Speaker #0
Il y a plein de sentiments, en fait. Tu t'entremêles, tu te confrontes et tu ne sais même pas où te placer. Exactement. En mode, ouais, ok, c'est une perruque, mais ça va, je suis belle quand même avec. Et en même temps, quand on parle de tes cheveux, en mode, ouais, mais je les cache, mais du coup, c'est pas vraiment moi, en fait.
- Speaker #1
Ouais, c'est ça.
- Speaker #0
C'est ça que t'as ressenti ?
- Speaker #1
Ouais, c'était une question, ouais. C'était identitaire, en vrai. Ouais,
- Speaker #0
ouais, c'est l'identité qui tu es vraiment. Et donc, du coup, en mettant une perruque, tu te sentais que t'étais pas vraiment toi. Oui,
- Speaker #1
moi, ouais. Vraiment moi en tant que personne J'avais du mal
- Speaker #0
Et quand tu fais un retour arrière Est-ce que t'as par exemple Une photo Où tu la revois Tu te dis non mais je vais plus jamais la revoir Une photo de toi justement Où t'avais ces différentes coupes T'as des photos un peu Quand tu réponds Qu'est-ce que j'ai fait
- Speaker #1
Justement les photos de classe Ça c'est hyper parlant si tu veux récemment j'ai vu mes photos de classe je me suis dit non mais je suis passée vraiment par toutes les coupes tous les ans il y a une nouvelle tête et je me disais quand je regardais les photos, en fait c'est des souvenirs tu vois je suis pas là à me dire je regrette j'aurais pas dû voilà mais en fait quand je les regarde je souris je me dis ah ouais je suis passée par là quand même j'ai fait pas mal de choses et j'en rigole quoi et
- Speaker #0
ouais ça reste des souvenirs c'est pas quelque chose que tu vois mal c'est juste Je t'aime.
- Speaker #1
Je t'aime. Non, je ne me dis pas « Pourquoi tu as fait ci ? » Non, pas du tout.
- Speaker #0
Mais est-ce que tu ne te dis pas, par exemple, si tu avais su, pour le coup, tu n'aurais pas dû ?
- Speaker #1
Si j'avais su l'état dans lequel je suis actuellement, je ne l'aurais pas fait.
- Speaker #0
Par exemple, tu vois, imaginons, là tu as dit que tu avais deux filles. Est-ce que tu aimerais pas que tes filles aient vécu ce que toi tu as vécu ?
- Speaker #1
Oui, ouais.
- Speaker #0
Donc, sachons ça, du coup, qu'est-ce que tu peux dire à tes filles ? Bon, ça, c'est une question que je poserai à la fin peut-être, mais on peut déjà commencer. Qu'est-ce que tu dirais à tes filles pour éviter qu'elles en arrivent, elles aussi, à ça, et à peut-être mettre des perruques, à mettre des lace wigs maintenant, aujourd'hui, des frisés ?
- Speaker #1
En réalité, c'est... Excellent question encore. C'est pas facile. Non, c'est hyper compliqué. Et c'est pour ça que j'ai arrêté de mettre des braids, par exemple. J'ai arrêté. J'en mettais jusqu'aux deux ans, trois ans de mes filles, de la plus grande. Et après, au final, elles n'arrêtaient pas de toucher. Elles me disaient, moi, je veux faire comme toi, je veux faire comme toi. Et après, j'ai arrêté. Du coup, parce que je valorisais leurs cheveux. Mais en réalité, je valorisais tes cheveux. Et à côté de ça, moi, j'ai mes braids. Donc, c'était un peu contre-agriptoire. Mais... Tu vois, je sais qu'il y a des personnes qui vont mettre leur perruque, leur panty salle. Bien sûr,
- Speaker #0
parce que c'est propre à chacun. Oui, voilà. Pas dans le jugement, attention.
- Speaker #1
Du coup, moi, si mes filles, elles en arrivent à ce stade-là, moi, la seule chose, l'une des seules choses que je peux faire, je pense, c'est de les conseiller, de les valoriser, de valoriser leurs cheveux, faire en sorte que les livres qu'elles vont lire... Il y a leur type de cheveux, les dessins animés qu'elles vont regarder, leur type de cheveux, que c'est pas une tare, que c'est une norme. Ça fait partie de la norme, ton type de cheveux fait partie de la norme. Toi, t'as pas les mêmes cheveux que ta sœur, t'as pas les mêmes cheveux que ta mère, mais voilà, c'est ton cheveu à toi. Il y a une histoire et compagnie. Mais ça, c'est un process. J'apprends en même temps que je les éduque. C'est ça,
- Speaker #0
tu t'adaptes et t'avances au fur et à mesure qu'elle est prête. progresse. Et je comprends en fait ce que tu dis sur le fait que quand elle commence à toucher, tu sentais qu'il y avait une envie et qu'elle voulait à un moment donné faire comme toi, parce que t'es leur maman, t'es leur premier modèle. T'es la première personne qu'elle voit tous les jours. Et toi, tu t'es sentie un peu dans cette urgence de dire, non mais en fait, si j'arrête pas maintenant, elles aussi, elles vont vouloir passer par cette étape-là. Et ça me fait penser à un témoignage que j'avais entendu d'une dame, justement, qui disait que euh... Pendant longtemps, sa mère l'interdisait de faire des défrisages. Alors qu'elle, elle en faisait. Et que pour autant, de la même manière que toi, elle valorisait énormément ses cheveux en disant « Ouais, t'as des beaux cheveux, ils sont magnifiques, etc. » Mais pour autant, en fait, sa mère défrisait les cheveux. Donc sa fille, qu'est-ce qu'elle voulait, elle, défrisait les cheveux comme sa mère. Et en fait, t'es là, tu... En fait,
- Speaker #1
oui.
- Speaker #0
Tu donnes pas le bon exemple, en fait.
- Speaker #1
Ouais, justement, c'est ce qu'on apprend avec les enfants. C'est qu'en fait, ils ne nous écoutent pas. Ils nous imitent. En fait, si tu dis quelque chose et que tu ne le fais pas toi-même, il y aura contradiction à un moment donné.
- Speaker #0
Oui. L'autre question que j'allais te poser, c'est qu'aujourd'hui, les coiffures que nous on portait, déjà auparavant, on portait les mèches, j'appelle ça les mèches à l'époque, on les appelait ça les mèches, les mèches fines. Oui. Ou les grosses, maintenant on appelle ça les box braids. plus petite aussi, moi je portais les foulani, tu sais, c'est comme ta vie, les nattes collées avec les mèches derrière. Bon, maintenant on appelle ça foulani, parce que tu vois, on a appris ça un peu anglophone, c'est un peu plus hype, et pour autant, ça a été très longtemps critiqué, nous, quand on portait ces cheveux-là, et aujourd'hui, maintenant que des personnalités célèbres, et en plus, souvent d'autres communautés les portent, c'est devenu plus intéressant et plus valorisé. Et du coup, toi, Comment tu vis ça, le fait que finalement, on les a portés depuis longtemps et qu'aujourd'hui, maintenant, on dise que c'est magnifique et qu'on glorifie ça alors que nous, on l'a porté pendant longtemps ?
- Speaker #1
Ouais, ben justement, alors déjà, parce que tu vois, ça c'est des questions, en fait moi je me pose des milliards et des milliards de questions quand je suis sur les réseaux sociaux, je regarde un post, mais après ça défile dans ma tête, je réfléchis, je réfléchis, et en réalité... euh... D'un côté, je me dis qu'en fait, on évolue avec le temps. Donc, ça évolue. Il y a plus de mise en valeur de la coupe de cheveux. Il y a plus de stars aussi, de célébrités connues qui osent porter ces coupes, ces coiffures. Alors qu'avant, on se cachait, on n'osait pas. Parce que pour nous, on pensait que les autres... Aller dire que c'était moche. Peut-être que nous-mêmes, on n'était pas au point sur ces groupes-là. Pourquoi est-ce que c'est beau ? Vu que ça ne ressemblait pas à la majorité. Tu vois ? Parce que... Ouais, voilà. Et le fait qu'avec le temps, du coup... Tu vois, dans les pubs, on nous voit... Enfin, on voit la communauté noire de plus... Enfin, plus... Dans les films, sur les tapis rouges. Tu vois, je pense que c'est...
- Speaker #0
C'est un process.
- Speaker #1
Ouais, donc avec le temps qui passe, qui file... Il y a du mieux, donc ça déjà c'est très bien. Après, à côté de ça, le fait qu'il y ait d'autres personnes, d'autres communautés qui s'approprient la coupe de cheveux, en réalité, moi ça ne me dérange pas plus que ça, dans le sens où tant qu'elles font la coupe, en disant oui, ça c'est une coupe de cheveux de telle région, tel pays d'Afrique. Voilà, racontent leur histoire un peu. Et en réalité, là, c'est pas de la réappropriation ou autre chose, quoi. C'est juste, j'ai bien aimé la couple, je veux la faire et montrer à quel point elle est belle. Et que ce soit moi ou que ce soit une femme noire,
- Speaker #0
c'est du tout si beau. Mais du coup, est-ce que c'est pas... Je réfléchis comme ça, mais est-ce que c'est pas hypocrite de se dire « Ok, c'est pas de la réappropriation, moi je suis totalement d'accord avec ce que je dis, je considère pas ça comme une réappropriation. » Parce qu'en réalité, les femmes noires aussi... elles mettent des perruques lisses pour ressembler à d'autres communautés. Et pourtant, on ne leur dit pas « Ouais, vous réappropriez notre culture, nos cheveux, notre identité. » Enfin, qu'est-ce que tu en penses ?
- Speaker #1
Ça, je pense que...
- Speaker #0
On pourrait faire l'inverse, en fait. On pourrait se dire « Ouais, mais vous ne vous rendez pas compte, vous portez des perruques, vous voulez faire comme nous, pourquoi vous cherchez à nous ressembler ? » Parce qu'en vrai, on sait très bien que l'idée, c'est d'avoir les cheveux lisses, occidentales, comme on le voit à la télé.
- Speaker #1
Ouiiii et non.
- Speaker #0
Tu vois par exemple.
- Speaker #1
Non c'est hyper important ce que tu dis, c'est parce que au tout début, tu vois, quand j'avais commencé à porter mes perruques, je portais des perruques lisses. Au début. Après, plus j'avançais, plus je me suis dit non j'aime pas le lisse, je préfère l'onduler pour que ça ressemble de plus en plus à... Voilà,
- Speaker #0
à ta texture de cheveux.
- Speaker #1
Voilà, ma texture de cheveux. Et que je trouvais que voilà, avec mon visage et compagnie, c'était mieux le...
- Speaker #0
C'est plus naturel.
- Speaker #1
Voilà. Et moi, en tout cas, pour répondre à ta question, moi, en tout cas, c'est vrai que quand je mettais la perruque, en fait, pour moi, c'était plus simple. C'était plus simple. Je n'avais pas à me tracasser la tête sur quelle coiffure je vais mettre. Enfin, comment est-ce que je vais me coiffer tous les matins. Pour démêler... En réalité, pour démêler les cheveux, non. Tu démêles bien une fois. les jours suivants ça va quoi mais ouais peut-être que ça peut-être que j'ai pas terminé encore cette introspection là mais franchement j'ai moi pour ma part vu mon cheminement et vu où j'en suis à l'heure actuelle tu vois je te dirais que c'est vrai je sais pas il faut changer par en fait Je sais pas. En fait, c'est pas... J'ai envie de dire, en fait, c'est pas la même chose parce que, vu que si une personne d'une communauté différente que la communauté noire fait des tresses et en joue et dit, voilà, c'est beau sur moi, mais peut-être les internautes, peut-être les journalistes qui vont la voir et vont pas dire, ah, c'est beau sur une femme noire. Bah en fait c'est compliqué parce que au final la communauté noire est tellement méprisée, tellement... truc que c'est une occasion en plus de dire ouais mais ça rien ne vous va à vous quoi et ça va que aux blancs ou aux autres, je vois. Alors que l'inverse du coup les cheveux blancs peut-être que tu veux ressembler enfin te te rapprocher d'une certaine norme sociétale Mais je pense pas que t'as envie forcément d'être typiquement, tu vois, caucasien quoi. Moi, je sais que je kiffe ma couleur de peau. J'aime bien être noire. Franchement, j'aime trop. C'est vraiment un truc.
- Speaker #0
Vraiment, on est d'accord.
- Speaker #1
Non, mais du coup, tu vois, je ne me dis pas, non, franchement, j'aurais trop aimé. Franchement, non, pas du tout. C'est vraiment la norme, c'est ça. Je le fais. Je n'ai pas envie de me prendre des remarques sur ma coupe. sur comment ils sont attachés, sur je sais pas quoi, alors du coup je le fais, c'est plus simple. En tout cas c'était cette...
- Speaker #0
Ouais c'était pour... Voilà,
- Speaker #1
c'était plus dans cette...
- Speaker #0
Simplifier le quotidien, le démêlage, l'entretien, etc. Mais parce qu'en réalité aussi, il y a une époque où on n'avait pas les éléments, on n'avait pas les outils, on savait pas comment s'en occuper.
- Speaker #1
Les brosses, les trucs et tout...
- Speaker #0
Et on a perdu en fait cette connaissance-là du fait de l'histoire, de la colonisation, qui fait qu'en fait, au bout d'un moment, on nous a coupé nos cheveux, on savait plus les techniques. pour les utiliser, pour les traiter plutôt. Moi, je sais que par exemple, chez nous, on avait des coupes, je ne sais pas si tu as déjà vu, ça s'appelle un masonzo. C'est comme des crêtes qui sont sur la tête. Oui, j'ai vu. Il y a l'actrice, comment elle s'appelle ? Lupita Nyong'o, qui avait porté ça à un moment donné. En général, c'est les hommes qui... Non, les femmes portent aussi, mais on a souvent vu des hommes porter cette coiffure-là pour... comme...
- Speaker #1
Revendiquer ?
- Speaker #0
Non, même pas revendiquer, ça représentait un statut social ou du pouvoir ou du courage, en fait, quand tu participais à cette coupe-là. Et je crois que les femmes, elles, c'était plutôt assimilé à un statut de célibataire ou encore, quand tu avais cette coupe-là, c'était pour dire que tu étais une femme mariable, que tu étais disponible et qu'on pouvait te marier une fois que tu te mariais. On te changeait de coupe et on te faisait une autre coiffure, quoi.
- Speaker #1
Ouais, non, mais c'est vrai que les coiffures, au final, c'est... Ouais. Il y a plein de messages en fait, en fonction de la coupe de cheveux que tu as, il y a plusieurs symboles derrière.
- Speaker #0
Ouais, ouais, complètement. Et à quel moment, du coup, tu as aimé tes cheveux, toi ?
- Speaker #1
J'ai commencé à les aimer, je dirais, franchement, quand j'ai arrêté de les défriser.
- Speaker #0
D'accord, et ce que tu as quand même fait ?
- Speaker #1
J'ai arrêté de les défriser, il y a...
- Speaker #0
Quand j'étais au lycée, ça doit faire peut-être
- Speaker #1
15 ans. D'accord. Et tu as eu des impacts, toi, sur le défrisage ? Est-ce que le défrisage a eu un impact sur toi, en termes de santé ? Enfin, pas santé, mais sur le cheveu ? Parce que tu me disais tout à l'heure que le fait de défriser, tu sentais que tes cheveux perdaient de la masse, devenaient plus lisses. Et peut-être même ton cœur chevelu, tu as peut-être senti... Des fois, ça brûle et tout, tu connais.
- Speaker #0
Alors, oui, les brûlures du défrisage, j'ai envie de dire que c'est la base. C'est horriblement la base, malheureusement. Mais ça, c'est... Voilà, on connaît, quoi.
- Speaker #1
C'est horrible. Malheureusement,
- Speaker #0
on se souffre. Mais les brûlures, tu sais que c'est prêt quand ça commence à chauffer. Voilà, c'était le signal. Ensuite, moi, j'ai les cheveux très fins. Très, très fins, mais je pense que j'ai... Je ne sais pas si ça a toujours été le cas, parce que je n'ai pas de photos de moi plus petites. Ma mère ne m'a jamais dit si j'avais les cheveux vraiment... Fin de base et dans la famille je crois qu'on a une texture aussi quand même... On a tous à peu près les cheveux fins.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Après moi je suis anémiée aussi en fer donc ça n'arrange pas les choses. Donc voilà, mais je trouve que... Là je trouve que franchement ils sont en bonne santé.
- Speaker #1
Oh t'aimes tes cheveux ! Ouais je les fasse. T'acceptes tes cheveux, t'acceptes... Donc t'as mis à la poubelle toutes les perruques que t'avais. Ouais. Parce que t'en avais plusieurs.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Et les mèches, tu mets toujours des mèches ?
- Speaker #0
Non.
- Speaker #1
Non ? T'as arrêté aussi de la même manière que t'avais arrêté le défrisage ?
- Speaker #0
Le défrisage, je l'ai arrêté quand j'étais au lycée, je crois au lycée, un truc comme ça. Enfin, lycée, ça c'est sûr. Après, je lissais avec un lisseur, tu vois, ou un truc. Ça, j'ai tout jeté aussi. Mais après, j'ai appris apparemment que c'est bien les sèches-cheveux pour les locks. Donc, il faudrait peut-être que je reprenne un sèche-cheveux. Mais ça, j'ai jeté. Après, les braids, je les ai jetés. ouais là... Quand mes filles, elles avaient... Du coup, il y a 3 ans, 3, 4 ans. J'ai vraiment... 3, 4 ans, je pense que j'ai arrêté.
- Speaker #1
D'accord. Et si t'arrêtais les braides, pourquoi ?
- Speaker #0
C'est ce que je te disais. Parce que mes filles, du coup, elles disaient qu'elles voulaient. Et du coup, après...
- Speaker #1
Donc, c'était pas par rapport à une problématique santé, quoi. Non, non, du tout. Parce qu'on sait que les braides, le plastique et tout sur les cheveux, c'est pas non plus très bien. Non,
- Speaker #0
en tout cas, non. Peut-être que je ne le sais pas encore, mais je n'espère pas.
- Speaker #1
Non, parce que du coup, je t'en parle parce que j'ai interviewé il y a un an, je ne sais plus, une fille, une entrepreneuse qui a lancé la marque de cheveux en fibre de bananier qui s'appelle Lady R. Je ne sais pas si ça te parle. Non. Et en fait, elle est du coup en fibre de bananier et le même processus qu'elle a eu, le même processus un peu que, pas que toi, mais elle, c'était vraiment par rapport à sa santé parce qu'elle voyait que les mèches ou tous les produits qu'elle pouvait utiliser à côté avaient un impact sur ses cheveux, sa texture. Et donc, du coup, elle a fait un travail pour créer sa propre marque de mèche en fibre de bananie.
- Speaker #0
C'est trop bien.
- Speaker #1
Et donc, du coup, c'est une alternative. Moi, je le vois pas comme un remplacement aux mèches, mais peut-être comme un moyen de faire une transition, justement, pour à un moment donné, accepter ses cheveux. commencer à les revoir de temps en temps parce que malheureusement quand t'as des perruques et tout c'est vrai que tu les vois moins je connaissais des filles et en fait elles prenaient les cheveux elles se sont enlevées la perruque et donc du coup elles avaient juste le temps peut-être de faire le shampoing faire les soins et de directement aller chez le coiffeur et de refaire en fait oui c'est vrai moi
- Speaker #0
je faisais ça sinon je changeais pendant les périodes des vacances scolaires tu revenais
- Speaker #1
Mais t'as changé Awa ! Tu n'étais pas comme ça il y a deux semaines !
- Speaker #0
Je te jure ! Tu sais qu'à un moment, je me rappelle, j'étais stagiaire en maternelle avec des petites fictions. Ah oui,
- Speaker #1
tous tes enfants ils remarquent !
- Speaker #0
Du coup, moi j'avais mes cheveux naturels au début, et après un jour, la semaine suivante, je reviens avec une perruque, et il y a une élève que j'aimais trop, je ne sais plus comment elle s'appelle. Je l'aimais trop trop trop et elle arrive dans la classe et j'étais de dos. Et en fait, elle me cherchait. Elle me dit, mais elle est où Awa ? Et après, sa mère me dit, elle est là Awa. Après, je me retourne et elle me dit, non, c'est pas Awa, c'est pas Awa. Parce qu'elle n'avait pas reconnu.
- Speaker #1
Oh, énorme. Ça, c'était fou.
- Speaker #0
Ouais, ça, je me rappelle. J'avais fait une perruque là, courte, parce que j'aime trop les carrés en plus. Mais ouais.
- Speaker #1
Wow, mais tu t'imagines ? Donc, ça, ça te change vraiment la personne qui te tue ? en fait ça fait vraiment partie de l'identité de la personne donc ça veut dire que même ce que j'ai envie de dire c'est que de faire l'inverse, c'est à dire de passer de perruque à d'urlement, tu dis c'est bon je jette mes perruques et je mets je garde mes cheveux naturels la personne aussi va se dire t'es qui en fait, je te connais pas t'as changé quoi le même mécanisme à l'inverse c'est à dire qu'on va plus te reconnaître comme on t'a connu auparavant il y aura un temps d'adaptation en fait pour te dire, oui, OK, t'es comme ça maintenant. tes cheveux ressemblent à ça et quel est le jour où tu t'es sentie pleinement toi-même sans disons ces artifices sans te sentir déguisée ou tu sais enfin c'est comme ça on essaie de ressembler à une image qu'on nous a donnée à la télé ouais c'est ça, non mais c'est vrai moi je sais que je n'ai jamais accepté enfin j'ai tenté tissage, j'ai tenté perruque comme t'as dit tout à l'heure t'es mal à l'aise j'ai l'impression de me cacher et que j'arrivais pas je crois le tissage que j'ai mis le premier j'ai dû garder peut-être 3 jours j'ai gardé 3 jours et ça me faisait des boutons j'ai enlevé je me sentais déguisée je suis désolée moi j'arrivais pas moi aussi toi aussi tu te sentais en fait c'était ça Merci.
- Speaker #0
Et après, je pense qu'il y a plein d'enjeux aussi, que ce soit religieux.
- Speaker #1
Ah oui, c'est vrai que t'es musulmane.
- Speaker #0
Du coup, la religion musulmane, elle pousse à s'accepter soi-même. De toute façon, il ne faut pas mettre d'extension ou autre. En tout cas, franchement, il y avait plein de choses qui m'ont amenée à ça.
- Speaker #1
Et t'as des sœurs ?
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Et du coup, les sœurs, c'est quoi leur... On ne peut pas parler de leur cheminement à elles directement, mais est-ce que tu sens qu'il y a un changement aussi de leur côté par rapport aux cheveux ?
- Speaker #0
Moi déjà, en fait, ma mère, elle nous a toujours dit qu'il ne faut pas mettre de mèche, il ne faut pas mettre de crête, elle nous a toujours dit. Elle nous a dit qu'on ne met pas, on ne met pas. Le max du max, c'est dérisé.
- Speaker #1
D'accord. Après,
- Speaker #0
tu tresses. Tu vois, elle est vraiment école tresse. Et tu l'aimes à te coller. c'est trop beau tu vois ça c'était ça mais c'est pas la mode tu vois au collège tout le monde a son son tissage ses braids et tout tu vois maintenant t'as les les baby air t'as le gel ouais alors que tu vois là maintenant baby air gel baby air franchement j'arrive pas enfin j'aime bien justement avoir tu vois mon mes baby air là qui s'envolent qui font leur vie ouais ça aussi j'ai tenté mais en fait franchement ça prend trop de temps je te disais ça prend trop de temps mais en fait je trouve que ça fait trop
- Speaker #1
travailler alors que... Laisse tes cheveux en place.
- Speaker #0
Alors qu'en réalité, tu vois, une personne caucasienne ou une personne asiatique, ses bébires vivent leur vie. On ne va pas les plaquer pour qu'elles ressemblent à quelque chose qui... Et du coup, j'ai dit, c'est mon cheveu, il est comme ça, moi j'aime bien en fait. J'aime les choses comme ça. Des fois quand je mets du gel et tout, je me sens bizarre, j'ai l'impression que ça tiche.
- Speaker #1
Non mais en fait, je trouve que des fois, c'est même perdre du temps à faire tout ça, mettre la perruque. Enfin moi je trouve, après j'ai déjà écouté des personnes dire non, ça ne prend pas plus de temps.
- Speaker #0
Non c'est vrai que ça ne prend pas plus de temps. Quand tu fais tes nattes collées, après tu mets ta perruque, voilà, t'es tranquille, tu rentres, tu rentres.
- Speaker #1
Ça oui, et ça c'est une perruque où il n'y a pas besoin de faire des modifications.
- Speaker #0
Oui, ouais. Ah oui, c'est une perruque,
- Speaker #1
comment ils appellent ça les perruques ? Enfin, je dis casque, mais parce que voilà, c'est juste humain.
- Speaker #0
Oui, bah ouais.
- Speaker #1
Pas tout ce qu'il y a, je dois pas dire un petit tout là.
- Speaker #0
Ouais, parce que moi j'étais à l'époque où il n'y avait pas tout ça encore. Mais oui. Moi, c'était les perruques. Parce que j'en vis. Ouais, vite fait. Parce que même, tu vois, je partais en vacances avec des copines et tout, mais avec ma perruque.
- Speaker #1
On a parlé des vacances.
- Speaker #0
Ouais. J'étais là, je suis bon.
- Speaker #1
La mer et tout, tu la perds ta perruque en mer.
- Speaker #0
Ça par contre, je disais à mes copines, je disais bon, je suis avec une perruque, le soir je l'enlève et tout.
- Speaker #1
Ah,
- Speaker #0
c'est bien. Ça, ça n'a jamais été un problème, franchement. Il faut assumer, quoi. Si tu fais un truc, tu assumes jusqu'à là.
- Speaker #1
C'est ça, j'ai vu.
- Speaker #0
Je peux me cacher, enlever mon truc. Et ça, j'en rigolais aussi. Ça me... Voilà, mais... Ah, je sais que tu m'avais posé une question qui m'a menée... Je me suis perdue.
- Speaker #1
Je ne sais plus, mais ce n'est pas grave. Mais du coup, j'ai une autre chose. Bon, je parlais de tes sœurs, je crois que c'était ça. Ah oui,
- Speaker #0
c'était ça, oui. Ma mère, elle a...
- Speaker #1
Les cheminement, est-ce que chacune... Est-ce que tu vois qu'il y a... Elles ont pris le même cheminement que toi justement, du fait que ta mère... Et vous vous êtes toujours dit de ne pas mettre de mèche, de toujours valoriser vos cheveux, à la limite privilégier les nattes...
- Speaker #0
Non, bah en fait le fait de nous interdire le truc, bah ça donne envie de le faire. Ah forcément ! Et du coup au final c'était ma grande soeur qui a commencé, après je trouvais qu'elle était trop belle et tout, moi aussi je voulais faire, après j'ai fait... Et après, au final, je voyais que je perdais des cheveux. Ma mère me disait « Regarde, t'es en train de perdre tes cheveux, arrête ! » Et en réalité, le déclic, ça a vraiment été mes filles. J'ai dit « C'est bon. » Et mes petites sœurs aussi, elles font... Elle a vu qu'elles ont grandi au Mali.
- Speaker #1
Ah, intéressant.
- Speaker #0
Elles sont nées et elles ont grandi au Mali. Elles sont arrivées il y a 2-3 ans en France. Elles, elles ont plus cheveux naturels quand même.
- Speaker #1
Ah, ben tu vois. Mais du coup, ce que tu dis, c'est intéressant. Ça veut dire que finalement, ici, il y a plus d'artifice parce qu'en fait, on est face à des Occidents.
- Speaker #0
On fait partie de la minorité, quoi.
- Speaker #1
Ben oui, parce qu'en fait, tu t'identifies au groupe majoritaire.
- Speaker #0
Ouais. Non, mais ouais. Parce que c'est vrai qu'au... Au Mali, là, j'y suis allée l'année dernière, en fait, les femmes, elles sont beaucoup avec leurs cheveux naturels ou sinon elles mettent un foulard sur leur tête, voilà, et du coup, tu vois, c'est la tenue, quoi, tu mets ton foulard, sinon t'es pas coiffée, tu travailles le matin, tu mets ton petit foulard, tu vas faire tes petites courses, tu reviens. Et après, elles peuvent mettre des perruques de temps en temps, mais ça, c'est pour les événements, tu vois. Voilà, c'est ce que j'allais te dire. C'est pour les événements, c'est pas pour la vie de tous les jours où t'es avec ta perruque. Genre, si t'as une perruque, c'est vraiment... T'as un événement, tu vas faire un truc.
- Speaker #1
Oui, Moi,
- Speaker #0
c'est vrai. Tu vois, je m'étais même pas posée la question. Si,
- Speaker #1
moi, j'ai noté ça parce que je pense qu'il y a un changement entre quand t'es ici et quand tu grandis, en fait, avec des gens qui te ressemblent majoritairement parce que tu vas t'identifier aux personnes avec qui tu es. Et tu vas jamais t'identifier à d'autres personnes. Et j'ai une anecdote, en plus, que là, tu m'en parles. À l'école de ma fille, il y avait, à un moment donné, une petite, en fait, qui je crois qu'elle est blanche, mais elle voulait ressembler à ma fille. Enfin, pas ressembler, mais elle disait oui. Non, c'est sa mère qui m'a dit. Sa mère m'a dit, ouais, elle aimerait trop ressembler à ta fille, avoir les mêmes cheveux, les mêmes perles, que je lui fasse les mêmes coiffures. Et là, je dis, ah, en fait, vous aussi, vous voulez quand même devenir, enfin, devenir, en tout cas nous ressembler. Mais comme ce n'est pas des choses qu'on a l'habitude d'entendre, on entend toujours à l'inverse.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai.
- Speaker #1
Donc, on ne s'imagine pas que c'est possible.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai. Mais c'est vrai. Mais c'est vrai que... Après, quand tu regardes bien les petites filles à l'école, tu vois, quand tu les coiffes, tu mets leurs petits accessoires, leurs trucs colorés et tout, franchement, je pense que beaucoup, ils vont dire « Ah ouais, elles sont trop belles, trop bien tes cheveux et tout, ça fait trop joli » . En fait, elle peut changer de coupe de cheveux tous les jours.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Donc, tous les jours, elle peut arriver, nouvelle personnalité débloquée.
- Speaker #1
C'est clair.
- Speaker #0
En réalité, pour des petites filles qui sont dans la même classe qu'elles, elles aiment... En tout cas, c'est ce que je vois avec mes filles, c'est qu'elles aiment avoir leurs petits chouchous, leurs petites barrettes, leurs petits trucs et tout. Il y en a beaucoup qui sont comme ça. Et du coup, le fait que tu peux changer de coupe de cheveux tous les jours, c'est un flex aussi. Ou toutes les semaines. Oui, peut-être toutes les semaines. Il y a deux semaines. Oui, il y a deux semaines. C'est le travail, je te dis. Tu vois, c'est un flex, c'est un truc. Et de se dire, voilà, moi je peux faire ci avec mes cheveux. Alors que peut-être qu'avec les cheveux coccasiens, c'est pas possible, tu vois.
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Les perles.
- Speaker #1
C'est très versatile le cheveu afro.
- Speaker #0
Le fait d'avoir des perles, les accessoires et tout, mais c'est trop beau,
- Speaker #1
tu vois.
- Speaker #0
Peut-être qu'en fait, mais comme tu as dit, ça ne se dit pas,
- Speaker #1
on l'entend peu. Et plus jeune, déjà aujourd'hui, par rapport au fait de tes changements de coupe, comment ton mari l'a perçu ?
- Speaker #0
Mes changements de coupe ? Déjà, lui, quand on s'est connus, Je crois que je mettais des braids à l'époque.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Ça, c'est connu. Quand on s'est mariés, j'avais mis un tissage, je me rappelle. Parce que c'était l'époque où j'avais dit plus de perruques, c'est mort. Et du coup, j'avais dit j'ai mis un tissage. Et lui, il m'a toujours dit parce qu'il n'aimait pas.
- Speaker #1
Ah ok.
- Speaker #0
Il m'a toujours dit qu'il n'aimait pas les tissages et tout. Et moi-même, en fait, ça me dérangeait qu'on me touche la tête avec un tissage. parce que...
- Speaker #1
Je sais pas, c'est bizarre ! C'est trop bizarre ! Moi en fait, c'est la même chose que toi !
- Speaker #0
En fait, c'est genre on me touche, mais tu touches pas vraiment mes cheveux quoi ! Après je sais pas, peut-être qu'il faut que j'aille voir ma psy, que j'en parle avec elle, mais ouais je sais pas ! Et du coup ouais, il a dit qu'il aimait pas, après j'ai fait les braids et tout, après il m'a dit franchement tu pourrais laisser tes cheveux quoi, garder tes cheveux !
- Speaker #1
C'est bien, c'est bien. C'est bien parce qu'il y a des hommes... Bon, j'ai déjà vu plein de sujets sur les réseaux sociaux, justement, au contraire, les hommes qui préfèrent que leurs femmes portent justement des perruques ou des... Ou des lesswigs, tout ça.
- Speaker #0
Ah ouais ?
- Speaker #1
Ouais, Tu vois, moi,
- Speaker #0
je vois l'envers, justement. Ah oui, bah,
- Speaker #1
peut-être pas le même à l'euco-rythme, mais j'ai déjà vu des vidéos où il y a des hommes, ou même j'ai déjà écouté des épisodes de podcast où il y a des hommes, en fait, qui, eux...
- Speaker #0
Ils les aiment pas.
- Speaker #1
En fait, ils trouvent que les cheveux naturels, ça fait pas...
- Speaker #0
Féminin.
- Speaker #1
Féminin, ou pas classe, ou pas habillé.
- Speaker #0
Ouais, ouais.
- Speaker #1
Je pense qu'à partir du moment où peut-être t'attends à un certain niveau, disons, économique, bah, en fait, tu te dis... la vraie femme classe avec mon argent que j'ai là elle peut pas être avec ses cheveux elle peut pas avoir une coupe de villageoise elle peut pas avoir juste alors que c'est la coiffure naturelle c'est des coiffures ancestrales magnifiques elle raconte une histoire mais ça
- Speaker #0
c'est la lobotomisation c'est fou en plus à quel point c'est ancré c'est vraiment Bon. Le cheveu, c'est vraiment... C'est hyper complexe. Ça raconte tellement de choses sur une personne que...
- Speaker #1
Et puis même à la télé, moi j'ai déjà vu, c'était quand on continuait à la télé, dans les séries où les journalistes, souvent en fait, elles ont des perruques. Oui, c'est vrai. C'est très rare de voir une femme avec des cheveux naturels, même peut-être avec un foulard. Mais sinon, c'est des perruques, des tissages et tout. Je me suis dit, mais qu'est-ce que vous voulez ? Donner comme exemple aux gens.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai.
- Speaker #1
C'est comme si, à partir du moment où tu as atteint l'image, l'image que tu dois dégager,
- Speaker #0
c'est une image lisse.
- Speaker #1
Je me dis, mais les gars... Et en fait, il y a un truc qui ne me dérangerait pas. Moi, les perruques, ça ne me dérange pas. Sincèrement, perruques, que tu saches tout ce que tu veux, ça ne me dérange pas. Moi, je trouve que ce qui serait normal à notre style, c'est de mettre une perruque qui ressemble à nos cheveux. Si vraiment, tu as du mal à coiffer tes cheveux, que c'est dur au quotidien, ok mets ta perruque mais dans ce cas pourquoi tu mets pas une perruque qui ressemble à tes cheveux une perruque crépue que tu peux brosser de temps en temps tu vois ou parce que peut-être t'as coupé tes cheveux parce que t'es en transition, t'as arrêté le défrisage et que t'es en train d'attendre que tes cheveux commencent à pousser pour vraiment les assumer et bien tu mets une perruque mais encore une fois qui ressemble à tes cheveux ouais c'est vrai mais bon mais ça ça commence à se démocratiser avant il n'y avait pas de perruque Ouais
- Speaker #0
Je suis afro.
- Speaker #1
Oui, Moi, j'en ai déjà vu depuis très longtemps. C'est vrai ? Oui, mais après, comme tu as dit, ce n'est pas quelque chose qui est démocratisé, qui est disponible à la vue de tous. Et souvent, si ce qu'on trouve, c'est plus cher, même si tu me diras, les lesfics, c'est quoi ? Je crois que c'est 300 euros, un truc comme ça, non ?
- Speaker #0
Oui, je crois. Moi,
- Speaker #1
quand je l'ai pris, je me suis dit...
- Speaker #0
La plus chère que j'avais acheté, c'était 100 et quelques à l'époque. Non, mais même 100 euros ? Moi, je te jure, j'étais pauvre en plus.
- Speaker #1
Je le suis toujours d'ailleurs, mais bon.
- Speaker #0
et toi quand même ouais enfin du coup on arrive à la fin non vas-y tu voulais rajouter quelque chose ouais je voulais juste rajouter un truc c'était aussi ce qui m'avait motivée à arrêter les perruques c'était quand j'achetais mes perruques bah c'était pas tenu par des noirs ça ça m'avait trop dérangée je me suis dit non mais enfin
- Speaker #1
c'est un marché qui est dominé par les autres on le dit même pas c'est nous qui portons le plus ça mais c'est même pas nous qui gérons on est trop fort en consommation ouais c'est pas certain en fait on consomme tous les trucs de tout le monde ouais Merci. Mais nous, on ne les fabrique pas. Et des fois même, quand nous-mêmes, on les fabrique, nos gens ne les consomment même pas. Comment vous voulez qu'on s'en sorte ? Comment vous voulez qu'on progresse ?
- Speaker #0
Je trouve que cette génération, en plus de temps, il passe plus... Moi, je trouve, franchement, qu'il y a beaucoup d'entraide, beaucoup de bienveillance,
- Speaker #1
d'écoute. Je suis totalement d'accord. En fait,
- Speaker #0
on a galéré autant s'entraider. Vraiment. on fait partie d'une minorité. Donc si la minorité elle-même s'entretue, en fait, on va aller droit dans le mur.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
On s'entraider.
- Speaker #1
C'est pour ça que je me dis, en tout cas, là, on n'est pas dans le fait de dire « Ouais, il faut arrêter les perruques, moi je veux pas. » Ouais,
- Speaker #0
non,
- Speaker #1
franchement, chacun son... C'est mort et tout. Chacun son timing. Si tu veux même garder tes perruques à vie, il faut garder. Moi, ça, c'est pas mon problème. C'est toi et toi. Mais pour autant, essayons de comprendre d'où ça vient. Pourquoi on n'arrive pas à changer ce mécanisme-là et à passer à autre chose ? Qu'est-ce qui fait qu'on n'arrive pas ?
- Speaker #0
Et je crois que justement, vu que c'est identitaire, chaque cheminement est différent, chaque raison est différente. Il a suffi que ta famille... Une rencontre peut tout faire basculer ou te conforter dans ton idée. En fait,
- Speaker #1
ouais.
- Speaker #0
Et puis après,
- Speaker #1
c'est aussi en lien avec la représentation, comme tu as dit tout à l'heure, en fonction de qui tu as autour de toi. Est-ce que c'est des personnes... Ouais, et puis tu vas choisir aussi les personnes qui t'entourent. Est-ce que tu as envie d'avoir autour de toi des personnes qui représentent une image totalement contraire à la tienne ?
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Enfin bon, je ne sais pas s'il y en a qui sont dans ce...
- Speaker #0
En fait, des fois, tu sais, tu peux rencontrer des personnes à un certain moment de ta vie. Et à ce moment-là, tu es en phase avec ces personnes-là et tout. Mais après, ton cheminement fait que tu ouvres les yeux sur certaines choses ou il y a des choses qui t'intéressent moins. Et du coup... Le lien que tu as créé avec ces personnes-là, tu ne peux pas le rompre du jour au lendemain. Il y a cette forme de loyauté, on a construit des choses ensemble, il y a des souvenirs, tu me connais. Peut-être qu'aujourd'hui, je ne suis pas d'accord avec toi, mais ce n'est pas pour autant qu'on est en désaccord sur tout le reste de nos caractères. Je ne sais pas si c'est ce que je dis les Français là. Non,
- Speaker #1
mais de toute façon, le désaccord, c'est bien d'être en désaccord. On ne peut pas tous être d'accord avec toi. Avec tout sur tout, c'est impossible.
- Speaker #0
Et ça permet de se questionner, tu vois, soi-même. Est-ce que c'est important, finalement ? Est-ce que je peux le tolérer auprès de mes enfants ? Est-ce que ce comportement-là, s'il y a mes filles, ben non, je préfère pas. C'est vrai qu'il y a plein de paramètres.
- Speaker #1
Ouais, il y en a beaucoup. Et si tu devais laisser un message à une petite fille qui va écouter ce podcast ? Mouais. Tes filles, un message que tu aimerais adresser à tes filles qui vont t'écouter ? Voilà, petite fille, noire, ou tes filles à toi ? Qu'est-ce que tu donnerais comme message ?
- Speaker #0
Ce que je pourrais dire, c'est que vous êtes trop belles. Franchement, qu'importe la fille, tout le monde est magnifique. En plus, je le répète à mes filles tous les jours. Je suis contente que tu aies trop belle. T'es vraiment trop trop belle. T'es trop belle, t'es magnifique, intelligente, cultivée, mature, qu'importe ton âge, tu l'es d'une certaine manière. J'aimerais dire aussi qu'il faut se faire confiance en réalité. Franchement, des fois, la paix, c'est le plus important de tout. Franchement, des fois, il faut juste se faire confiance, il ne faut pas trop y écouter. En fait, là, surtout qu'on est là en ce moment, on est dans une ère réseaux sociaux. Il y a beaucoup d'enfants sur les réseaux sociaux et patati. T'écoutes une information, la slide suivante, c'est une autre information. Enfin, tu scrolles, il y a plein d'informations qui se chevauchent, tu ne sais plus quoi penser. En fait, à ces moments-là, coupe ton téléphone et regarde ce qui se passe autour de toi et suis ton intuition. Franchement, en réalité, tu ne peux pas être comme les autres. Les autres ne seront jamais comme toi de toute façon, quoi qu'il advienne. Ton histoire est... ne ressemblera jamais à l'histoire d'une autre parce que voilà on a des vies différentes on a tous une âme est différente et du coup en fait chacun à son chemin en fait donc il faut pas se comparer il faut juste se kiffer après aussi il faut s'entraider oui voilà c'est vraiment s'entraider vraiment compter les unes sur les autres les uns sur les autres arrêté de se défendre se descendre là les uns et les autres là juste prendre couleur de peau ou autre en chemin
- Speaker #1
On est fatigué. Oui, on est fatigué. On est fatigué.
- Speaker #0
Franchement, on est juste fatigué, s'il vous plaît, la paix. Juste la paix. La paix. En fait, ça demande tellement moins d'efforts que de juste s'entraider, quoi. Même si t'as pas envie de t'entraider, aider l'autre, bah tais-toi.
- Speaker #1
Oui, oui.
- Speaker #0
Juste tais-toi, en fait,
- Speaker #1
ça demande clairement moins d'énergie. Et la paix. Non, mais t'as dit le mot, la paix. Ouais. Traite, la paix.
- Speaker #0
Et la sororité. La sororité. Franchement, ça, c'est trop important pour moi.
- Speaker #1
Ouais. Pourquoi c'est important pour toi, la sororité ?
- Speaker #0
Parce que plus j'avance en âge, et plus je me dis que l'entraide, le fait de se soutenir, le fait de ne pas se mettre des bâtons dans les roues, d'avoir ce lien, et que rien n'est éternel. Il faut profiter. J'ai deux filles, elles ont un an d'écart. En plus, je leur dis qu'il faut que vous soyez les meilleures amies du monde. Le jour où moi je vais mourir, où papa va mourir, c'est vous contre le reste du monde en fait.
- Speaker #1
Waouh.
- Speaker #0
Je préfère limite que vous. J'ai réussi toute mon éducation si vous deux vous entendez comme... Comme si vous n'étiez que toutes les deux sur cette planète. Moi, c'est juste ça mon but dans la vie. Parce que je sais qu'elles seront toujours là l'une pour l'autre. Non, mais c'est ça,
- Speaker #1
la paix, l'entraide, la sororité, expérimenter. Expérimenter, c'est comme ça. Comme tu as dit tout à l'heure, ça ne sert à rien de scroller, voir une info, expérimenter, tester toi-même dans la vraie vie ce que ça donne.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai ça.
- Speaker #1
Et tu verras. Oui, foncer. oser, voilà, comment ça se comporte sur toi ok, écoute, merci Awa pour ton témoignage je ne veux pas aller non, c'était très bien d'avoir donné un peu de toi dans ce podcast merci, dans ce cheminement qu'on fait sur ce podcast identitaire et bien écoute, de toute façon comme je dis souvent le cheminement est encore long, il y a encore plein de choses à faire mais ce qui est sûr c'est que on est déjà en marche et c'est ce qui est plus important ouais Merci à tous de nous avoir suivis et on se dit à la prochaine pour un nouvel épisode. Bye ! Cet épisode fait suite à un appel à témoins que j'avais posté sur Instagram il y a quelques mois de ça. C'était Hawa qui avait répondu et d'autres ont répondu bien évidemment. J'avais trouvé ça important qu'elle puisse témoigner aujourd'hui parce que bien évidemment, chaque témoignage est différent. à ses propres nuances et donc c'est important d'avoir plusieurs nuances et donc ce qui va se passer donc déjà merci Awa, ce qui va se passer c'est que je vais aussi recueillir un autre témoignage donc dans les prochaines semaines que je vais diffuser aussi sur le podcast et comme ça on aura diverses histoires sur lesquelles peut-être chacun ou chacune pourra s'identifier se retrouver et pourquoi pas le partager peut-être à d'autres personnes aussi qui ont vécu la même chose Et ça pourra, pourquoi pas, ouvrir le débat sur aussi comment transmettre cet amour de ce cheveu aux enfants, à la future génération. En tout cas, moi, ce que je dirais comme conclusion à cet épisode, à l'échange que j'ai eu est abondé dans le sens aussi de Hawa, qui était vraiment très, très enrichissant. Et moi, j'ai adoré les valeurs qu'elle a évoquées, à savoir la paix, la sororité, le fait d'expérimenter et qu'en réalité, on a... tous un cheminement différent et qui est propre à nos expériences personnelles de chacun et chacune et que du coup les enfants, en tout cas moi ce que je dirais personnellement à ma fille, le jour où elle entendra ou même à une autre petite fille qui entendra un jour cet épisode, c'est qu'en réalité elle est unique donc tu es unique dans tous les cas mais c'est pas de ressembler à Ciao ! une personnalité que tu as vue à la télé ou autre. En fait, ce qui est important, c'est vraiment d'être soi et de vivre pour soi et justement d'essayer de conjuguer avec toutes les personnalités qui t'entourent pour justement être la personne que tu veux vraiment être et la personne que tu dois incarner. En tout cas, moi, c'est ce que je dirais à une petite fille. Et donc, nous verrons du coup dans le prochain épisode avec mon autre invité. et pour le coup, J'ai trop hâte de vous faire écouter l'épisode avec ma prochaine invitée qui va aussi nous parler de son récit, elle, de son expérience avec son cheveu, de comment elle le perçoit aujourd'hui. En tout cas, ce sera vraiment la même thématique qu'on pourra aborder dans un prochain épisode, en tout cas une prochaine partie sur cette séquence cheveux afro. Merci de m'avoir écoutée, merci d'avoir écouté cet échange avec Awa. Je vous dis à très vite, c'était Joie pour le podcast Bâmbula. Bye !