- Speaker #0
La formulation est souvent la première chose à laquelle on pense quand on lance une marque cosmétique. Mais c'est loin d'être la première étape. Études de marché, cahiers des charges, positionnement produit, tout ce travail en amont conditionne la réussite de la formulation elle-même. Pour cet épisode, on inaugure un nouveau format, la table ronde. Le principe, inviter deux experts d'un même domaine pour confronter leurs points de vue et partager leur expérience terrain. Aujourd'hui, Cécile Gouzon et Davina Desplans, deux expertes en formulation qui accompagnent les marques dans la création et le développement de leurs produits, sont nos invités. On décryptera ce que les fondateurs sous-estiment systématiquement en matière de formulation, des risques de fabriquer ses cosmétiques à la maison, et ce qu'une formulatrice voit en 5 minutes quand un projet n'est pas prêt. Bonjour, je suis Ramatha Diallo, la fondatrice et rédactrice en chef de The Beauty Analyst, un métier en ligne dédié à l'actualité et aux tendances de l'industrie cosmétique.
- Speaker #1
Bonjour, je suis Fatou Kamara, la fondatrice de The New Brand, une agence qui accompagne des créateurs de peintures cosmétiques à se lancer sur un marché ultra concurrentiel.
- Speaker #0
Beauty Insight, c'est le... podcast qui décrypte l'actualité et les tendances de l'industrie cosmétique et vous partage les insights clés.
- Speaker #2
Beauty Insights.
- Speaker #1
Alors merci les filles d'être avec nous aujourd'hui et du coup je vais ouvrir avec la première question qui est tout simplement pouvez-vous vous présenter et nous expliquer ce qui vous a amené à travailler dans la formulation cosmétique.
- Speaker #3
Déjà merci de nous recevoir, je vais commencer. Je suis Davina Desplans, je suis consultante en recherche et développement, c'est-à-dire que mon travail consiste principalement à accompagner les entrepreneurs sur toute la partie développement produit, donc du cahier des charges jusqu'à ce qu'ils aient le produit dans les mains. Et après, toute la partie marketing, ça ne me concerne plus. Donc vraiment, mon travail consiste à les aider à faire ce cahier des charges et à trouver le bon laboratoire adapté à leurs besoins et à leurs contraintes.
- Speaker #2
Je prends le relais. Je m'appelle Cécile Gouzon, je suis la fondatrice d'ABCG Formations. Et mon histoire avec la formulation, puisque c'était ta question Fatou, moi je suis ingénieure chimiste de formation spécialisée en formulation, donc j'ai travaillé comme responsable de laboratoire pendant 7 ans environ, dans l'industrie des cosmétiques et aussi des produits ménagers d'ailleurs. Et maintenant, depuis 3 ans, avec ABCG Formation, j'accompagne les porteurs de projets de A à Z dans la création de leurs marques de cosmétiques. L'idée, c'est vraiment de les accompagner sur toutes les questions qui peuvent se poser, sur comment développer un produit, c'est quoi les étapes, etc. Vraiment pour les guider de A à Z sur toutes les questions techniques, réglementaires, etc.
- Speaker #0
On entend souvent parler de réfléchir avant de formuler. Concrètement, c'est quoi ce travail en amont et pourquoi tant de marques font l'impasse dessus ?
- Speaker #2
Alors, pour moi, la réflexion à avoir, ça va déjà porter sur le cahier des charges. Le cahier des charges, c'est un document qui recense l'ensemble des éléments attendus pour un produit donné. Ça va de choses assez simples sur les caractéristiques du produit, comme la texture, l'aspect, la couleur, l'odeur, à des questions un petit peu plus poussées sur quelle est l'efficacité attendue, quelles sont les revendications, les allégations qu'on va faire sur un produit. C'est toute une réflexion à mener en amont. puisque ça va servir de base pour le laboratoire de formulation, pour élaborer une formule qui corresponde complètement au produit de nos rêves, en tout cas le produit que la personne qui veut créer sa marque veut exactement.
- Speaker #3
Je suis complètement d'accord. En fait, le cahier des charges, c'est vraiment le document sur lequel l'entrepreneur va pouvoir s'appuyer tout du long du process de développement. L'idée, c'est qu'il ait au moins des guidelines, même si on sait très bien qu'au cours d'un développement produit, les choses peuvent changer et évoluer. Mais c'est hyper important aussi pour le laboratoire de savoir où ils veulent aller et aussi eux en tant qu'entrepreneurs de savoir, sans avoir forcément les bons termes au départ, ce qu'ils voulaient au départ. Et donc la réflexion aussi à avoir en dehors du fait de choisir les bons ingrédients par rapport aux allégations qu'on aimerait avoir, et c'est une question qui n'est pas forcément scientifique mais aussi marketing, c'est de savoir est-ce que le produit que je veux développer... répond à un réel besoin du marché. Donc je pense que c'est aussi la première question que moi je leur pose à chaque fois, c'est ok, tu veux développer un shampoing, mais est-ce que tu réponds à ton besoin personnel ou à un besoin du marché ? Et ensuite après, on développe sur les ingrédients qu'on va pouvoir mettre dedans en fonction des allégations qu'il va vouloir mettre en avant.
- Speaker #1
Et justement, quand le porteur de projet vient à toi, comment est-ce que tu vas identifier s'il a bien fait cette étape d'étude de marché en amont ?
- Speaker #3
En fait, je le fais en lui posant directement la question, mais c'est surtout que dans la partie cas et décharge, moi, j'ai l'étape de benchmark, mais d'un point de vue formule, c'est-à-dire que je vais lui demander d'aller me chercher trois produits du marché qui correspondent plus ou moins à ce qu'ils veulent avoir, pas exactement le produit, mais par exemple, si on veut développer une crème, je vais lui dire, écoute, donne-moi trois produits que tu aimes bien, est-ce que tu aimes bien sur ces produits-là, et on va analyser les formules à partir de ça. Donc, il liste d'ingrédients. Et du coup, pour faire ce travail-là, il faut d'abord déjà avoir fait au moins un minimum d'études de marché. La seule différence qui va être faite par rapport à mes besoins pour le cahier des chars, c'est qu'ils aient testé ces produits-là. J'ai besoin que ce produit ait été testé et qu'il ait validé parce qu'en termes de sensorialité, il aime telle chose, ou en termes d'efficacité, il aime telle chose. Et pour ça, il faut d'abord avoir déjà fait un screening de ce qui se fait sur le marché, de comment ça fonctionne, et de s'il a pu identifier un réel besoin ou pas, en fait. Et souvent, ce n'est pas le cas.
- Speaker #1
Oui, complètement. Je suis entièrement d'accord avec ce que tu dis. Souvent, les porteurs de projets, ils voient justement cette étape de la formulation comme étant la première étape. Mais on va en parler beaucoup plus en détail durant cet enregistrement, du coup. Et toi, Cécile, lorsque les porteurs de projets viennent te voir, à quelle étape est-ce qu'ils sont ?
- Speaker #2
Alors, généralement, ils sont simplement au stade de l'idée. Généralement, c'est vraiment j'ai envie de créer ma marque de trois petits points en deux lignes et ça s'arrête là. Donc, mon rôle, et je pense que Davina, c'est la même chose, ça va être de vraiment les stimuler et leur faire se poser toutes les questions qui ne se sont pas encore posées. Et justement, d'aller gratter. Donc, effectivement, l'étude de marché, c'est même en amont du cahier des charges, comme tu le disais, je suis d'accord avec ça. Mais de vraiment venir chercher quel type de produit vous voulez faire, pour quelles raisons, est-ce que ça répond à un besoin, quelle est la place sur le marché, quelle est la différenciation du produit et de son positionnement, etc. Et je viens à compléter ce que tu disais Davina, j'étais d'accord sur la proposition de plusieurs produits qui plaisent à la personne, que ce soit des produits concrets du marché, à mettre dans le cahier des charges en disant « moi j'aime bien ces produits-là pour telle raison » . Et je trouve que ça aide notamment à se mettre d'accord avec le laboratoire sur les termes utilisés. Par exemple, quand on dit « je veux quelque chose de pas trop lourd en texture » , ça veut dire quoi ? Donnez-nous des exemples de quelle est une texture qui vous convient bien. Quelle est la sensorialité qui vous convient bien ? Et ça peut être aussi des fois des contre-exemples. Ça peut être, j'aime bien ce produit pour l'efficacité, mais je n'aime pas pour telle raison, et c'est ça que je vais essayer de développer. C'est le produit parfait qui résout les deux.
- Speaker #3
C'est vrai, c'est hyper important. Je trouve que cette étape du cahier des charges, c'est la plus importante pour le formulateur. Pour qu'il sache exactement, comme elle vient de le dire, Cécile, qu'on puisse être d'accord sur les... termes employés. Parce qu'en fait, quand on travaille dans cette industrie, nous, on sait plus ou moins ce que c'est qu'une formule légère ou pas. On a notre jargon, mais on n'a pas tous la même référence. Et donc, ça permet juste de s'ajouter sur une référence commune.
- Speaker #2
Et le cahier des charges, je trouve que ça n'a pas de valeur contractuelle entre guillemets, mais ça fait un peu office quand même de contrat entre le laboratoire et le porteur de projet puisque, en fait, on peut dire que c'est ce qu'on s'était dit au départ. Donc ça veut dire que le porteur de projet, ça le protège lui en disant mais moi je vous avais bien demandé ça au départ, donc j'attends ça. Et le laboratoire, ça le protège aussi en disant mais ça vous ne me l'aviez pas demandé au début, donc je n'avais pas inclus ça dans mes propositions de formulation. C'est vraiment une sorte de deal entre les deux qui permet de se dire on est d'accord, voici les termes écrits sur ce qu'on va essayer de faire ensemble.
- Speaker #3
Exactement, totalement d'accord. Parce que c'est déjà arrivé avec plusieurs clients qui me disent, mais le laboratoire, il m'a proposé ça, Ça fait des semaines qu'on est dessus. Je ne comprends pas. Et je lui dis, retourne à ton cahier des charges et dis-leur que ce n'est pas ce qui avait été prévu au départ et ce n'est pas ce pour quoi ils avaient signé. Donc, il faut rechanger. Il faut revenir sur la direction de départ. Ça protège les deux, en fait. Donc, complètement d'accord.
- Speaker #0
Concernant ce que vous dites là, est-ce que vous arrivez des fois avec des clients qui ont déjà des listes d'ingrédients et qui basent leurs produits. par rapport à ces ingrédients phares. On sait que ces dernières années, on a vraiment un boom des produits qui sont centrés sur des ingrédients à la mode. Comment ça se passe quand le porteur de projet, il arrive et il a une liste qui est à la mode, mais qui n'est pas forcément adaptée aux produits qu'il veut réaliser ?
- Speaker #2
Ça, c'est aussi notre rôle de conseil, de les aider à identifier ce qui est pertinent ou pas. Généralement, quand ils ont des ingrédients définis, soit c'est parce qu'ils souhaitent amener des ingrédients, par exemple... d'une certaine origine. Dans ce cas-là, ils vont vouloir mettre en avant une localisation, un pays, etc. Ça peut être des ingrédients à la mode, entre guillemets, comme tu le dis, Ramatha, et dans ce cas-là, ça peut être... parfois pertinent, parfois non. Et parfois aussi, les porteurs de projet s'inquiètent de savoir est-ce que je dois donner des ingrédients ? Est-ce que je dois dire ce que je veux dedans ? Et la réponse n'est pas forcément. Ça peut être aussi justement la proposition du laboratoire de proposer une formule adaptée. Et c'est le laboratoire qui choisit les ingrédients. Donc ça, c'est assez libre dans le degré de choix ou pas du porteur de projet sur les ingrédients.
- Speaker #3
Oui, c'est ça. Je n'ai pas grand-chose à rajouter, mais effectivement, notre travail, c'est vraiment de les guider sur la pertinence de l'ingrédient associé à la galénique, associé à l'allégation qu'ils voudront avoir au final. Est-ce que c'est vraiment utile ou est-ce que c'est juste pour surfer sur la vague ? Ou est-ce que, du coup, on va leur dire, dans ces cas-là, effectivement, on va pousser sur cet ingrédient-là et on va tout tourner autour de tout. Vraiment, le travail, tout va dépendre du profil.
- Speaker #1
Et du coup, Davina, justement, tu as toi-même créé une marque de cosmétiques par le passé. Quelles sont les erreurs de lancement et de développement commercial qui ont pu être commises ?
- Speaker #3
Alors du coup, honnêtement, pour un peu raconter mon histoire, moi je pensais vraiment tout maîtriser. Honnêtement, j'avais travaillé dans l'industrie en tant que chef de projet R&D et dans une boîte où on avait accès au développement depuis l'idée marketing jusqu'à la distribution dans les magasins. Donc j'avais vraiment le sentiment d'avoir une vision. globale de cette industrie et de comment mettre un produit sur le marché. Et je me suis vite confrontée à certaines problématiques. La première, c'est que je ne maîtrisais pas, ne serait-ce que la sous-traitance avec un laboratoire. Donc les MOQ, les minimums de commandes, que ce soit pour le nombre de produits que j'aimerais produire, et pour les packagings, et pour les matières premières. Ce sont vraiment les trois gros pôles qui peuvent impacter. Une fois qu'on a réglé ça, En termes de lancement et en termes de développement commercial, je trouve que c'est hyper important de savoir dans quel canot on va être distribué dès le départ, parce que le packaging va jouer un rôle sur comment on va être distribué, parce qu'un monoproduit, ça peut être difficile à distribuer dans certains magasins. Monoprix, par exemple, un monoproduit, il ne comprend pas, il n'a pas envie. Monoprix préférait te dire que tu as plusieurs produits à mettre dans un rayon, alors qu'un seul, ce n'est pas suffisant. Par exemple, si on veut pouvoir aller, et là franchement, je dis des grands groupes qui ne seront pas forcément accessibles dès le départ, mais demain vous voulez rentrer chez Sephora, on va directement potentiellement vous tester, vous demander des miniatures, des formats 100ml, ça coûte une fortune. Donc, il y a des choses comme ça auxquelles il faut réfléchir. Et les erreurs qu'on a pu faire aussi, c'est en termes de stratégie de lancement. C'est-à-dire qu'en fait, on a eu un retard lié à notre production. Donc, en fait, on a appris en janvier que le produit, finalement, ne pourrait pas sortir en mars comme prévu, mais en mai. Et on a fait l'erreur, on a appris en décembre, et on a fait l'erreur de quand même lancer notre gamme de produits, d'accessoires pour cheveux, alors qu'à la base, on voulait sortir un produit capillaire. En se disant, en attendant, on va pouvoir capitaliser là-dessus, sauf qu'en fait, ça brouille le message pour les futurs clients, parce qu'en fait, on est quoi ? Une marque qui vend des produits capillaires ou une marque qui vend des accessoires ? Et donc, je trouve que ce n'était pas forcément la meilleure stratégie, et surtout, on a investi beaucoup dans ce lancement de produits dérivés, parce qu'à la base, ça devait être des produits complémentaires à l'achat, avec le produit capillaire, le produit... pour prendre soin du cheveu. Donc au final, on a investi beaucoup d'argent et on s'est retrouvés un peu en galère au moment où on devait réellement lancer et investir de l'argent pour le lancement du produit. Donc voilà, il s'est passé bien d'autres choses, mais c'est ce qui me vient en tête en tout cas. Et le crowdfunding, c'est encore une autre chose, mais je ne le recommande pas forcément tout le temps.
- Speaker #1
Tu peux développer un peu pourquoi tu ne recommanderais pas le crowdfunding ?
- Speaker #3
Parce que c'est soit le crowdfunding, l'idée c'est effectivement de tester votre produit et voir si en précommande ça partirait, sauf que ça demande un investissement non négligeable. Il faut, pour pouvoir être visible sur les plateformes comme Ulule par exemple, avoir une vraie vidéo de lancement, de vraies photos, avec des vrais packagings. C'est comme un vrai lancement, donc ça reste un investissement pour que... ça puisse fonctionner, et ça ne fonctionne pas forcément tout le temps. Il y a des stratégies à mettre en place pour être sûr d'être visible, parce que par exemple, la plateforme, elle va vous pousser qu'à partir du moment où vous allez réussir à avoir, à atteindre votre objectif très rapidement. Donc nous, on baisse nos objectifs au départ en se disant, ben voilà, je mets moi en objectif de départ pour que la plateforme se dise, ah, trop bien, on a réussi. Sauf que du coup, les gens, ils se disent, en tout cas nos proches, ils disaient, ben en fait, vous avez atteint votre objectif, donc il n'y a plus forcément besoin de participer.
- Speaker #1
En tout cas, c'est super intéressant ce que tu dis. Ça me donne envie de rebondir sur plusieurs points que tu as abordés, notamment sur la vente d'accessoires avant le produit. Parce que c'est vrai que les accessoires, c'est toujours pertinent d'en avoir. Mais comme tu l'as dit, c'est pour accompagner le produit, donc pour faire des ventes croisées, augmenter le panier moyen pour faire plus de ventes, tout simplement de l'upsell. Et c'est là où préparer sa stratégie en amont pendant que le produit est encore en formulation, par exemple, ça peut être hyper pertinent. réfléchir à toutes les stratégies qu'on va mettre en place pour faire de l'acquisition, comment est-ce que mes premiers clients vont venir, parce que c'est vrai que j'ai tendance à observer que les porteurs de ce projet sont très focus sur le produit, tout ce qui est lié au produit, donc c'est très important, on n'élige pas le produit, mais une fois que le produit est prêt, il faut qu'il puisse se vendre et assez rapidement après l'avoir mis sur le marché. Donc c'est plein de stratégies auxquelles il faut penser justement pour avoir un produit qui est désirable par le marché.
- Speaker #2
Je me permets de rebondir sur ce que t'as dit Davina pour les campagnes crowdfunding. Pour le coup, je ne suis pas forcément totalement d'accord. Je trouve que c'est quelque chose qui est plutôt bénéfique parce que ça permet de faire rentrer de la trésorerie avant de sortir justement de la trésorerie à nouveau pour la production généralement. Généralement, la campagne crowdfunding, ça va permettre de financer un petit peu la production, de pouvoir acheter des choses, des ingrédients, des packagings, des choses comme ça. Ou bien ça pourra permettre de financer en tout cas Euh... le façonnier. Donc déjà, je trouve que ça peut permettre de donner un petit coup de pouce sur l'aspect financier. Là où je te rejoins, c'est que ça demande quand même beaucoup d'implications en temps. Déjà, c'est très chronophage de faire une campagne chronophonique. C'est assez fatiguant pour tous ceux qui l'ont fait. Je sais qu'ils en ressortent assez lessivés. Mais je pense que l'investissement que ça demande, par contre, en termes de vidéos, comme tu disais, de photos, etc., à mon sens, il sera dans tous les cas nécessaire. C'est-à-dire Merci. que même s'il n'y a pas de campagne crowdfunding, il faudra bien trouver des clients d'une manière ou d'une autre à un moment donné, une fois les produits prêts à être commercialisés. Et donc, pour les réseaux sociaux, il faudra ça. Ou pour présenter auprès de distributeurs, il faudra ça. Donc, je pense que si la campagne crowdfunding fait trop peur, moi, je mettrais un petit warning de attention. Est-ce que ça veut dire que tu es suffisamment prêt et armé pour la commercialisation ? Je dirais, je lancerais un petit peu ton propos comme ça.
- Speaker #3
Je suis d'accord.
- Speaker #0
Donc, vous avez fréquemment des porteurs de projets qui viennent vous voir. Qu'est-ce qui vous fait dire que le projet n'est pas encore mûr ?
- Speaker #3
Ce qui me fait dire que le projet n'est pas complètement mûr, c'est que souvent, c'est des entrepreneurs qui veulent lancer une marque cosmétique, un produit donné pour répondre à un besoin personnel. Et c'est souvent ce qu'elle a. Moi, je me dis, en fait, ton projet, tu es sûre que tu l'as vraiment poussé ? Et surtout, après, je pense que c'est peut-être une déformation, mais quand je leur demande, OK, du coup, c'est quoi les produits du marché que tu as déjà regardés, qui correspondent à ce que tu aimes, ce que tu n'aimes pas, ils ne savent pas. Et après, ce qu'ils ne savent pas, c'est que tu ne sais même pas dans quoi tu vas mettre les pieds. Tu ne sais même pas qui sont tes concurrents. Tu ne sais même pas quels sont les meilleurs produits du marché qui correspondent, qui t'ont inspiré ou que tu n'aimes pas. Enfin, c'est que clairement, il y a encore du boulot à faire. Et justement, généralement, moi, je les renvoie à faire ce boulot de réfléchir, regarde, regarde ce qui se passe autour, positionne-toi par rapport à la concurrence, démarque-toi, regarde ce que tu peux proposer et pourquoi tu le fais. Et la grande question, c'est, je ne dis pas que pour entreprendre et lancer un produit cosmétique, il faut forcément avoir un why important. Il y en a, c'est juste j'en vis. Mais pour le coup, je trouve que ça demande tellement d'investissement. personnel et financier que il faut vraiment que tu crois en ton projet, que tu as envie de pousser et que tu n'as pas juste envie de lancer une marque cosmétique pour le plaisir. Parce que ce n'est pas que du plaisir, c'est beaucoup d'investissement qu'il faut mettre de bout en bout, du début jusqu'à la fin. Et ce que je leur dis toujours aussi, c'est que je n'ai pas envie que tu lances un produit parce que ça te fait rêver de développer un produit cosmétique uniquement. Il faut que tu saches que tu ne seras pas euh... tu ne seras pas formulateur, tu seras chef d'entreprise. Tu vas gérer une entreprise que tu dois faire fonctionner à la fin. Et donc, ton travail, c'est d'avoir la vision pour ton entreprise et pour aussi, du coup, tes futurs acheteurs leur proposer quelque chose dont ils ont réellement besoin et ça va te procurer du plaisir, en fait, de dire, voilà, regarde ce que j'ai réussi à faire pour eux.
- Speaker #2
Je suis complètement d'accord. Et je dirais deux autres cas de figure, moi aussi, qui me font dire que le projet n'est pas assez mûr. Le premier, c'est quand la personne veut développer plein de produits différents et elle ne sait pas par quel bout commencer. J'ai eu le cas pas plus tard qu'hier en consulting, où la personne de base me dit, « Cécile, est-ce qu'on peut regarder mon cahier des charges ? » Et en fait, elle arrivait avec un cahier des charges sur 10 000 produits à la fois, où elle ne savait pas si elle allait faire une gamme de parfums, une gamme de maquillage ou une gamme capillaire. Donc, elle avait tout fait. et évidemment son budget ne lui permettait pas de tout faire à la fois et donc du coup c'est là où on a recentré un peu le sujet de l'accompagnement en disant ok en fait il faut déjà clarifier qui est-ce que tu veux développer et quel est le besoin et quelle est la différenciation de chacun et là où je te rejoins Davina c'est où ? Est-ce que ça te fait plaisir et juste c'est créatif, ça te donne envie ? Ou est-ce qu'il y a un vrai intérêt, un vrai potentiel derrière ? Donc ça, c'est un des cas où on sent qu'il faut encore mûrir des choses. Et l'autre cas aussi, ça c'est beaucoup dans les formulaires de contact que je vois ça, des gens qui veulent tout faire. Ils veulent faire la formulation avec leurs propres ingrédients, fabriquer eux-mêmes en créant leur propre labo, leur propre usine. Ils veulent tout, tout faire. alors qu'ils n'ont pas du tout de connaissances au départ, et ça en soi, ce n'est pas forcément grave et c'est OK. Mais du coup, ils se lancent sur tous les fronts. Là où moi, je conseille plutôt de passer par un laboratoire de formulation, dont c'est le métier ou c'est des professionnels. Donc, je suis aussi d'accord sur le fait de ne pas être vous les formulateurs. Par contre, vous allez être chef d'entreprise et chef de projet de votre projet. Mais de vouloir tout faire sans du tout se rendre compte d'aucune conséquence, ce n'est pas très bon signe. J'essaie un petit peu de les sensibiliser au fait que C'est déjà créer une marque tout court, c'est déjà un petit challenge. Donc si en plus on se rajoute autant de contraintes, waouh, il faut quand même être assez armé. Donc ça, j'essaye de les sensibiliser un petit peu parce qu'à mon sens, ce n'est pas encore trop possible leur projet tel qu'il est en l'état un peu brut.
- Speaker #3
Je pense qu'ils ont une vision erronée de ce que c'est que de développer un produit cosmétique au laboratoire. C'est, je pense, mon plus gros combat. Mais oui, parce que nous, moi, ayant déjà travaillé en laboratoire, Le fait de monter un laboratoire toute seule, ça m'effraie déjà en fait. Je sais qu'il y a beaucoup de travail derrière. Donc faire son propre laboratoire, faire sa production soi-même, gérer sa marque, c'est trois métiers différents. Oui,
- Speaker #2
carrément. Et formulateur, il faut se rappeler que de base, c'est minimum 3 à 5 ans d'études. Donc c'est un vrai métier. Et les gens confondent un petit peu le fait de fabriquer soi-même ses produits à la maison. On peut créer des textures sympas, on peut créer des produits qui soient efficaces, et c'est déjà une belle réussite en soi de le faire pour sa famille, ses amis, et que ça donne satisfaction. Mais de créer un produit en laboratoire pour une marque de façon professionnelle, c'est un tout autre métier encore, parce que là, il faut que le produit soit stable, que microbiologiquement, on soit OK aussi, que ce soit compatible avec le packaging, que ce soit conforme à la réglementation, etc. Et ça, c'est toute la face cachée de l'iceberg. Qu'on ne voit pas quand on fait ses petits produits en achetant sur Aromazone. Et on ne se rend pas compte que le métier de formulateur, c'est un vrai métier avec plusieurs années d'études dédiées à ça. Donc ce n'est pas quelque chose qui s'apprend comme ça en appartement de vente.
- Speaker #0
Moi, de ce que je comprends ici, c'est ce que vous dites, c'est que vos métiers aussi consistent à être transparents sur ce dans quoi les porteurs de projets vont s'engager. Est-ce que c'est déjà arrivé que certains décident finalement avec le temps d'arrêter parce qu'ils réalisent que c'est beaucoup trop de travail pour eux ?
- Speaker #3
Moi, ça ne m'est jamais arrivé ce type de profil. C'est juste que généralement, moi, j'en ai, je prends un consulting au tout départ. Donc, en gros, moi, je vais les aider à faire leur business plan. Et l'idée, c'est de savoir combien d'argent ça va leur coûter. Et donc... On travaille ensemble avec les devis de laboratoire et un peu sur tous les coûts qui infondent au développement du produit cosmétique. Et à ce moment-là, effectivement, souvent, ils réalisent à peu près la somme qu'ils doivent investir. Et donc, ça fait qu'ils reviennent me voir peut-être beaucoup plus tard. Mais en fait, il y a des entrepreneurs que moi, j'accueille très, très tôt dans le projet et avec lesquels je travaille sur vraiment la partie financière, sur écouter, ça va coûter tant d'argent, si vous voulez, de payer tant de produits. Donc on fait toute la réflexion autour du produit et à combien on voudrait le vendre et pourquoi. Et ensuite après, effectivement, eux, ils prennent du recul là-dessus et ils vont chercher les sous ou ils abandonnent. Mais en réalité, je ne peux pas vraiment savoir s'ils ont abandonné ou pas parce qu'il y en a où je n'ai juste pas de nouvelles. Il y en a que je vois, ça continue, ça évolue et d'autres où je ne sais pas.
- Speaker #2
C'est vrai qu'il y en a beaucoup pour qui c'est en stand-by. Enfin beaucoup, peut-être pas beaucoup. C'est-à-dire qu'il y en a pour qui, finalement, avec comme ça prend du temps, ne serait-ce que de construire son projet, on l'a dit, études de marché, cahier des charges, contacter des laboratoires, etc. Il y en a où ils vont se faire un petit peu rattraper, soit par leur finance personnelle, en se rendant compte que finalement, il va falloir peut-être un peu plus mettre d'apport que ça. Donc, on va attendre un petit peu. Parfois, c'est la vie personnelle des gens aussi, puisque comme c'est un temps un petit peu long, en fait, ils décalent leur projet. Donc ça, ça peut arriver que ça soit décalé. Moi, j'ai eu un cas de quelqu'un qui a vraiment finalement complètement décidé d'abandonner, enfin où là, c'est acté que la personne ne le fera pas, mais qui était sereine vis-à-vis de ça. C'est-à-dire que justement, elle se disait tant mieux, merci de m'avoir dit tout ça, parce qu'en fait, elle ne se rendait pas compte de tout ce que ça impliquait. Et au final, ça ne lui convenait pas. Elle ne se rendait peut-être pas compte de la réalité aussi que ça allait être dans son quotidien, sa vie. Et donc finalement, elle s'est orientée vers un autre projet. mais là c'était acté que bon bah finalement je le ferai pas et c'est pas grave quoi.
- Speaker #1
J'ai envie de rebondir sur ce que tu disais tout à l'heure, Cécile, par rapport justement à tout ce qui était vouloir créer son laboratoire soi-même, etc. On a vu que la cosmétique maison avait exposé ces derniers temps. Donc, on voit des personnes créer leurs produits à la maison, dans leur cuisine ou autre, et les vendre. Du coup, au-delà de les proposer, les offrir à leur entourage et les utiliser pour eux-mêmes, les vendre sur les réseaux sociaux, etc. Est-ce que vous pouvez nous expliquer où se situe la vraie frontière entre expérimentation créative et vrai risque pour le consommateur ?
- Speaker #2
À partir du moment où tu commercialises ou tu vends un produit, on va parler de mise sur le marché. Et donc ça, tu tombes tout de suite dans la réglementation cosmétique et toutes les obligations professionnelles. Donc, si tu le fais pour toi et ton entourage très proche, ça reste de l'usage personnel et non réglementé. À partir du moment où tu proposes... sur des marchés, sur des sites, sur Vinted, peu importe le support, là tu passes dans la commercialisation et donc les attentes réglementaires sont les mêmes que toutes professionnelles.
- Speaker #3
Exactement d'accord et tu parlais de sécurité, mais en fait même par rapport à vos proches, quand vous faites votre produit à la maison, vous les mettez en danger si vous ne suivez pas des recettes qui existent et qui ont été testées elles-mêmes. Chacun fait ce qu'il veut mais ça reste que des risques. Un mauvais dosage d'huile essentielle peut avoir un impact sur votre enfant ou sur vous-même. Donc moi je suis toujours très prudente sur la formulation à la maison. Si on fait un mélange d'huile, ok. commence à y rajouter de l'eau, le risque bactérien existe, enfin le risque microbiologique existe, donc le conservateur reste important. Et j'ai le sentiment qu'en dépit du fait que par exemple, on nous propose des recettes sur Internet qui, elles, ont été conservées, je pense que tout le monde a envie justement de cet aspect créatif où moi, j'ai créé ma propre formule et j'ai fait mes propres dosages. À partir de là, je tiens quand même à dire que le risque existe. Après, si on a rajouté plus d'huile, ce n'est pas très grave. Mais il faut faire attention à ce qu'on applique sur nos enfants à la maison quand même.
- Speaker #2
Et c'est là où le danger, c'est que justement, les personnes qui font les produits elles-mêmes, généralement, n'ont pas les compétences scientifiques pour évaluer ce qui est dangereux ou pas. C'est-à-dire que, tu l'as identifié, je suis complètement d'accord, un conservateur ou une huile essentielle mal dosée, ou un conservateur absent, ou une huile essentielle trop dosée, par exemple, peuvent poser un problème. mais ça les personnes qui font les essais chez elles à la maison elles le savent pas et du coup c'est là où ça crée un problème parce qu'elles se rendent pas compte de j'ai mis plus d'huile de jojoba c'est pas grave par contre j'ai mis trop d'huile essentielle là c'est problématique et ne l'utilise pas sur certaines cibles de population comme effectivement les enfants et c'est là où à nouveau formulateur c'est un vrai métier aussi c'est qu'il faut un petit peu de background pour se rendre compte de ce qui est gênant pas gênant Et du coup, ça, on ne le sait pas.
- Speaker #3
Je voulais juste rajouter quelque chose. C'est pour tous les entrepreneurs qui, eux, ont commencé par justement formuler dans leur cuisine et qui ont cette fierté et qui ont vraiment envie de se dire, moi, je veux formuler par moi-même. Je le dis toujours et à chaque fois, attention parce que c'est du temps et de l'argent que vous perdez sur le lancement de votre projet. Parce que toutes les formules que vous aurez développées à la maison, que vous aurez mis plus de temps qu'un formulateur à développer, Une fois arrivées en laboratoire, elles ne seront pas stables. Donc on va devoir recommencer le travail de zéro. Donc elles ne seront pas stables et les matières premières que vous aurez utilisées ne seront pas utilisables à l'échelle industrielle. Donc je trouve que c'est faire un double travail. Une fois de plus, si vous allez faire un mélange d'huile, c'est OK. On pourra le réutiliser et le tester. Mais à partir du moment où on rentre dans des formules un peu plus complexes, comme les émulsions par exemple ou les shampoings, je pense que le mieux est d'aller voir un des professionnels dont c'est le métier parce que Toutes les tables de développement que vous faites à la maison, de recherche de matières premières que vous faites à la maison, on va devoir les recommencer quoi qu'il en soit.
- Speaker #2
Je suis complètement d'accord. Et ça, je pense que c'est hyper important pour les personnes qui nous écoutent d'avoir conscience qu'on pense faire des économies et gagner du temps en faisant soi-même. Et pas du tout, parce que justement, on va se faire rattraper par les tests de stabilité parce que le produit ne sera pas stable dans le temps. Ce qui est normal parce qu'on n'a pas le matériel de formulateur et on n'a pas l'expérience des formulateurs. Et de même pour la stabilité, pour la tenue microbiologique, il y a un test à valider qui s'appelle le challenge test.
- Speaker #0
Et bien, du coup, ça aussi, ça sera quelque chose à valider. Et si du coup, ça ne convient pas, il faudra reformuler et on aura payé un test pour rien. Donc, ça, c'est vraiment important à retenir que ne faites pas l'économie de ça. Finalement, ça vous rattrapera tôt ou tard, quoi qu'il arrive.
- Speaker #1
Justement, là, vous parlez de réglementation, du coup, et je sais que c'est un mot qui a tendance à faire peur. Qu'est-ce qu'il faut savoir en tant que porteur de projet ? Quels sont les différents tests à réaliser ? Comment est-ce que ça se passe, finalement ?
- Speaker #0
En gros, on a des tests à faire sur la formule validée, pour valider pleinement la formule, c'est-à-dire qu'on la valide nous à l'étape de satisfaction, est-ce que le produit nous semble bien, efficace, etc. Mais il faut la valider d'un point de vue laboratoire. Donc on a parlé des tests de stabilité, ça c'est le fait que le produit soit stable dans le temps. On a des tests de compatibilité, c'est des tests de stabilité qui sont faits dans le packaging du produit fini. pour être sûr justement que le matériau soit bien compatible entre le produit et l'emballage. Je l'ai cité, un challenge test, c'est un test pour vérifier que le conservateur est suffisamment efficace. On a différents tests comme ça qui sont faits sur la formule. Et après, avec tout ça, il y a aussi des tests pour l'irritation cutanée, éventuellement l'irritation oculaire pour les yeux. Et tout ça, on le donne à un toxicologue qui va faire l'évaluation de la sécurité. et sur la base de la formule avec les ingrédients et de tous les tests va donner son aval en disant oui ou non d'ailleurs il peut dire non en disant oui ce produit est sûr pour la sécurité et après avec tous ces éléments là on fait un gros dossier qui s'appelle le dossier d'information produit le DIP et qui est un dossier obligatoire et avant la commercialisation il y aura une déclaration en ligne aussi à faire sur un portail européen enfin voilà il y a différentes choses comme ça c'est un peu dur de tout lister oralement Davina va peut-être compléter, mais il y a quand même des étapes à respecter avant la production et la mise sur le marché. Oui, c'est sûr, la réglementation, c'est un gros morceau quand même dans un projet.
- Speaker #2
De toute façon, pour moi, tu as dit tout dans les grandes lignes. Effectivement, ça reste un gros morceau qui, lui, va avoir un impact sur le délai avant de pouvoir produire le produit. Sans ça, pas de production. Et après, pour ne pas effrayer les entrepreneurs, il faut se dire que si on a trouvé le bon laboratoire partenaire, généralement, eux, ils vous accompagnent sur cette partie-là. En revanche, il est quand même nécessaire que vous y connaissiez un minimum. Vous y connaissiez un minimum parce que j'ai eu une entrepreneuse qui m'a dit qu'elle a eu un souci, elle a eu un rappel de produit parce qu'il lui manquait un document dans son DIP. et qu'elle n'avait pas vérifié. Et je lui ai dit, mais c'est toi la personne responsable. Donc, c'est à toi de vérifier ce genre de choses, même si le laboratoire ne te l'a pas donné. Et donc, elle a pu annuler son rappel assez rapidement parce que le document, il était là, les tests avaient été faits. Mais ça n'empêche qu'en termes de communication et visibilité, ce n'était pas fou de se dire que j'ai lancé ma marque et mon produit a été rappelé par la DGCCRF parce qu'il manquait tel document. alors que c'est rien de grave, mais d'un point de vue communication, c'est difficile à justifier. Donc, même si un laboratoire peut vous accompagner sur cette partie réglementaire, en tout cas, toujours avoir en tête la shortlist de documents à avoir dans mon dossier d'information de produits et s'assurer que vous les ayez en main parce que c'est vous la personne responsable.
- Speaker #1
Tu peux développer un peu plus justement sur la personne responsable ?
- Speaker #2
Il y a une session, mais par exemple... Autant un laboratoire va développer la formule pour vous, par contre d'un point de vue légal, à partir du moment où elle est mise sur le marché, tout ce qui pourrait arriver avec ce produit, donc des effets indésirables ou autres, ce sera vous en tant que propriétaire de la marque et du produit qui seront les premières personnes qu'on va contacter en tant que personnes responsables. Que ce soit à l'exportation ou même en France, quel que soit ce qui va se passer avec ce produit-là, ce sera vous qu'on viendra voir. Donc, l'idée, c'est qu'effectivement, on a validé avec un toxicologue que le produit, il est safe à l'utilisation. Après, il y a des allergies qui sont possibles ou des erreurs de production qui peuvent arriver. Mais je crois même qu'en cas d'erreur de production, je crois, tu pourras confirmer, Cécile, que la personne responsable reste toujours le propriétaire.
- Speaker #0
Oui, pour moi, la personne responsable, c'est par défaut, du coup, le détenteur de marque. Celui qui détient la marque et la société dont le nom figure sur l'étiquette du produit, c'est ça la référence un peu pour les autorités. Et en fait, il faut avoir en tête qu'effectivement, l'usine de fabrication ou le laboratoire de formulation, c'est des sous-traitants. C'est pas parce que c'est eux qui l'ont fait dans la réalité que dans les faits, on vienne les embêter eux en cas de problème. En fait, vous êtes donneur d'ordre, donc c'est vous le chef. C'est votre marque qui est responsable de ça, votre entreprise en tout cas. Et oui, la notion de personne responsable, elle est hyper importante et je suis complètement d'accord sur le fait de... D'être informé sur ça, parce que se former sur ces sujets, ça permet d'une part d'avoir un peu connaissance de ce qui va arriver, du temps que ça va prendre, de combien ça va coûter, etc. Et aussi d'être dans l'échange avec le laboratoire, c'est-à-dire qu'on citait les exemples de tests de stabilité. Parfois, ce n'est pas parfait. Qu'est-ce qu'on prend comme décision ? Eh bien ça, si on n'a aucune information, aucune expérience, pas du tout de formation sur ce sujet-là, pas d'accompagnement, C'est très difficile de prendre ces décisions-là et on se remet uniquement au point de vue du laboratoire. Donc en fait, ça permet, en tant que personne responsable, d'être un peu plus conscient des choses. Ça permet d'être plus maître de ses décisions et d'être capable d'un peu plus appréhender les pour et les contre d'un sujet. Parce que c'est pas toujours parfait, en mode tout va bien, tout est coché vert. Il y a parfois des nuances. Et donc dans ce cas-là, qu'est-ce qu'on fait ? Et ça, c'est la personne responsable qui doit décider. Donc, si vous êtes capitaine du navire, vous devez connaître un petit peu tout.
- Speaker #2
Je vais juste compléter rapidement, d'ailleurs, d'un point de vue réglementaire, sur vos étiquettes, parmi toutes les informations obligatoires, les informations concernant la personne responsable, donc le point de contact, l'adresse, c'est vous. Alors, du coup, ce n'est pas forcément chez vous, mais en gros, c'est votre société.
- Speaker #0
Oui, quand on dit personne responsable, c'est important à préciser que le mot personne peut désigner une personne morale, donc une société. Ce n'est pas qu'une personne physique. Évidemment, c'est généralement le nom de la société.
- Speaker #3
On est en train de parler de réglementation et on a beaucoup d'acteurs de l'industrie cosmétique qui sont des entreprises plus établies. On a des PME, des grands groupes qui interpellent l'Europe par rapport à cette augmentation des réglementations. Est-ce que vous, en tant que personne qui accompagne ces porteurs de projets, Vous trouvez que la réglementation qui devient de plus en plus exigeante freine des fois dans le développement et l'entrepreneuriat ?
- Speaker #2
Alors, je vais prendre la parole. Je ne sais pas si elle freine le développement en tant que telle. Effectivement, nous, en tant que formulateurs, ça nous challenge en permanence. Mais je pense que le fait que cette réglementation soit de plus en plus stricte, je pense que c'est important pour la sécurité du consommateur. Effectivement, c'est challengeant d'un point de vue développement produit, mais c'est tout le travail justement du formulateur de trouver des solutions et de s'adapter et d'adapter la formule pour qu'elle reste dans les règles. En revanche, effectivement, tout va dépendre du site de produit. Je sais que les produits solaires, ça reste quelque chose de difficile à développer parce que les filtres solaires sont en permanence en changement et en restriction. Et je me souviens que quand je m'étais lancée à l'époque, le laboratoire avec lequel on travaillait nous avait dit Franchement les gars, lancez tout sauf du solaire parce que c'est trop compliqué. Après il y a peut-être d'autres axes qui sont complexes, que la réglementation impacte. Je ne sais pas si tu en vois d'autres Cécile ?
- Speaker #0
La réglementation est en fluctuation permanente, mais sur un peu des micro-sujets. C'est-à-dire qu'on a régulièrement des mises à jour sur certains ingrédients assez niches. Donc il y a un petit peu tout. Oui c'est vrai que les filtres UV ça fait partie de ça. Mais moi, après, je trouve que globalement, c'est une bonne chose quand même que la réglementation soit là déjà et qu'elle soit stricte. Je pense que c'est reconnu dans l'ombre entière que la réglementation cosmétique européenne est l'une des plus exigeantes. Et je pense que c'est ce qui fait aussi la valeur de notre industrie, notamment en France. Donc ça, je trouve que c'est une bonne chose. Par contre, c'est vrai que pour les porteurs de projets, ça peut être extrêmement décourageant parce que la réglementation est la même que vous soyez l'Oréal. le petit porteur de projet qui veut lancer un petit produit avec des ingrédients locaux. Donc ça, ça peut faire peur complètement, je l'entends, parce que du coup, la réglementation, elle ne fait pas de passe-droit, même pour les petits acteurs.
- Speaker #1
Une question toujours liée à la réglementation, justement, j'aimerais vous parler de tout ce qui est allégation. Est-ce que vous pouvez nous expliquer un peu ce que c'est que justement une allégation et pourquoi c'est un sujet si sensible dans la communication des marques, parce que justement, il faut faire très attention à ce qu'on dit. dans sa communication, tout ce qu'on dit doit être vérifié. Et parfois, on peut même voir que des grandes marques, de grands groupes frôlent un peu cette limite de ce qui va être légal.
- Speaker #0
Une allégation, c'est une propriété, une revendication qu'on fait sur un produit. Donc ça peut prendre plein, plein de formes. Ça peut être évidemment du texte, mais ça peut être aussi une image ou quelque chose qui met en valeur le produit et fait en sorte que les consommateurs aient envie d'acheter ce produit. Donc c'est un petit peu vague dit comme ça. Si je donne des exemples plus concrets, ça va être par exemple hydratant pour une crème ou ça va être... 90% des femmes recommandent ce produit ou ça va être des allégations autour de l'environnement, de la naturalité, enfin ça va être voilà, c'est très très large des allégations et comme justement c'est ce qui fait vendre, et bien c'est là où il y a le plus de dérives possibles et c'est là où il y a des choses qui essayent d'être réglementées. Donc moi je sais que j'oriente beaucoup mes porteurs de projets vers l'ARPP, c'est l'Agence de la Régulation Professionnelle de la Publicité, Je dis bien l'acronyme, je crois que c'est ça. qui donne justement des guidelines, qui donne un guide sur les bonnes pratiques à avoir en termes d'allégations pour ne pas tomber dans les excès, ne pas tomber dans le greenwashing par exemple, et ne pas tromper le consommateur non plus. Donc ça peut être un guide pour justement bien faire les choses, mais ça c'est vrai que c'est très réglementé, et les autorités comme la répression des fraudes, la DGCCRF, ils sont très sensibles à ça, parce que ça biaise un peu les consommateurs parfois. Et donc, c'est quelque chose qui est très punitif.
- Speaker #2
Je suis d'accord. Et surtout, en fait, je pense que beaucoup ne se rendent pas compte des tests qui sont nécessaires derrière. On reprend l'exemple d'un produit hydratant. Vous pourrez l'écrire sur votre packaging et à partir de maintenant, vous l'aurez réellement prouvé. Donc, hydratant, ça paraît vraiment bateau parce qu'on peut le voir partout, mais ne serait-ce que le fait de dire que mon produit est hydratant, il doit y avoir des tests de mesures, des mesures sur peau qui ont été faites par des laboratoires ou, donc en fait, c'est soit des mesures quantitatives, donc avec des tests, soit c'est au ressenti, donc qualitatives avec un groupe de personnes qui considèrent qu'en fait, après avoir testé le produit pendant tant de temps, considère que sa peau est plus hydratée. Il y a deux types de tests différents. Les deux ne sont pas forcément ambigatoires, mais dans tous les cas, l'un des deux est nécessaire pour pouvoir alléguer quoi que ce soit.
- Speaker #0
Et selon la nature de l'allégation, un test sera plus recommandé qu'un autre. C'est-à-dire que justement, parfois, on va être obligé d'avoir un test en laboratoire parce que, par exemple, l'hydratation, si on parle d'hydratation 24 heures, En fait, on ne peut pas demander aux gens « Trouvez-vous votre peau hydratée pendant 24 heures ? » Ce n'est pas quelque chose qu'on peut réellement mesurer. Donc ça, pour le coup, il va falloir s'appuyer sur des vrais tests effectués par ailleurs. Mais en tout cas, c'est clair retenir qu'il faut toujours prouver ce qu'on dit. Donc tout ce qui est mis en avant sur l'étiquette, mais aussi dans la communication, ça c'est important de le rajouter, tout ce qui est sur les réseaux sociaux, le site internet, etc., c'est concerné. Tout ce qu'on met en avant sur le produit, on doit avoir les preuves en face.
- Speaker #3
Plutôt, vous mentionnez les personnes qui... J'utilise des produits notamment de chez Aromazone. Tout ça, ça vient de cet intérêt pour les produits naturels dans la cosmétique. Donc depuis ces quelques années maintenant, on entend beaucoup parler de clean beauty, de produits sans perturbateurs endoctriniens, de naturels. En tant que formulatrice, comment vous analysez ces tendances et qu'est-ce que vous pouvez nous partager ?
- Speaker #2
Je pense que la tendance de la clean beauty, comme j'ai dit tout à l'heure aussi, elle a beaucoup challengé les formulateurs parce qu'on a dû vraiment revoir notre charte de formulation. par rapport à ces dix dernières années, à comment on a, même plus, je pense 15 dernières années. Avec l'arrivée du bio, la clean beauty, on a dû vraiment faire attention au mode de formulation, mais même, je rajouterais même avec les applications comme Yuka, du coup formuler un produit Yuka friendly, c'était devenu aussi quelque chose d'obligatoire. En tant que formulatrice... C'est challengeant parce que parfois, certains ingrédients sont pointés du doigt sans forcément avoir été prouvés comme dangereux. Mais en tant que consommateur, moi, je comprends tout à fait le besoin d'être dans le risque zéro ou en tout cas de minimiser au maximum l'utilisation de perturbateurs endocriniens. On n'est pas sans savoir que le monde entier, en réalité, quelque soit ce qu'on utilise aujourd'hui de notre poêle en téflon... Vraiment tout ce qu'on utilise a un impact sur notre système hormonal. Et si on peut avoir des produits cosmétiques sains, pourquoi pas ? Mais j'avoue que pour avoir été au laboratoire au moment où ça a explosé, c'était compliqué. C'était compliqué, mais du coup, au final, je pense qu'on s'y est adapté et on s'y adaptera toujours. Et je dis encore que ça reste notre cœur de métier de trouver des solutions, des alternatives. Elles ne sont pas toutes OK, les alternatives en fonction des ingrédients. Mais l'idée, c'est que la recherche continue sur ça. pour toujours proposer des ingrédients et des formules les plus safe pour les consommateurs. Par contre... Je vais quand même pointer du doigt le fait qu'il y ait certains ingrédients qui ont été mis en cause, comme par exemple la vaseline. Mais la vaseline, c'est inerte, ça ne fait rien à la peau. Effectivement, ça peut être occlusif et effectivement, ce n'est pas idéal pour la planète. Mais en gros, voilà, moi, avec ma vision, je vois plus les choses comme quel impact ça a sur la planète ou sur la peau. Par exemple, moi, si un produit qu'on a dans la vaseline, je ne vais pas forcément le choisir. Mais s'il y en a un petit peu dedans, je ne vais pas dire ah non. c'est rédhibitoire, bon voilà c'est juste pour mettre de la crème sur mon corps et parce que tu m'as prêté ta crème c'est ok, je sais que ça n'aura pas d'impact, mais c'est parce que j'ai la connaissance de tout ce que ça peut faire sur la peau, je comprends que le consommateur lui soit d'autant plus réticent et c'est compliqué en termes de communication et en formulation, mais on y arrive.
- Speaker #0
Moi de mon côté je suis un peu biaisé parce que j'ai toujours travaillé dans les produits d'origine naturelle ou les produits bio. Donc forcément pour le coup en formulation j'ai toujours travaillé avec ces ingrédients là donc ça m'a paru naturel c'est le cas de le dire assez vite et tout de suite je te rejoins sur la différence entre nous en tant que formulateur et scientifique et la différence avec le consommateur moi je trouve que globalement cette tendance là c'est au delà d'une tendance c'est vraiment quelque chose qui s'inscrit dans le temps et qui est de plus en plus important et que je trouve positif. Ce que je critiquerais un petit peu là-dedans, c'est attention à ne pas tout mettre dans le même panier et tout confondre. Notamment, quelque chose que tous les scientifiques s'accordent à dire, c'est que naturel ne veut pas forcément dire sécurisé. Et ça, le grand public n'en a pas forcément conscience. On citait tout à l'heure les huiles essentielles. Les huiles essentielles, c'est d'origine naturelle, mais ça peut avoir des conséquences importantes. C'est très allergisant notamment. Donc, ce n'est pas sans danger. On recommande justement de ne pas en utiliser sur les jeunes enfants. Il y en a qui peuvent se brûler avec des huiles essentielles, alors que c'est d'origine naturelle. Donc, moi, je dirais attention sur l'aspect clean, etc. À ne pas tout catégoriser de façon manichéenne. C'est bien et c'est mal. Mais globalement, la tendance des cosmétiques naturels et bio, oui, moi, je suis assez favorable. Je suis consommatrice aussi de ces produits-là. Et je rejoins Davina sur, parfois, on peut quand même la part des choses. Et des fois, la dose aussi est quand même à prendre en compte. Et c'est là, en tant que formulateur, où moi, je me rappelle de contraintes où on avait des blacklists d'ingrédients, c'est-à-dire des listes d'ingrédients interdits, de « on ne veut pas ci, on ne veut pas ça, on ne veut pas de ça » . Et en fait, parfois, il y en a un pouillème dans un conservateur. parce que c'est pertinent, je pense à l'éthanol par exemple ou des choses comme ça, ou dans du parfum et du coup ça apparaît sur les ingrédients finales et ça fait pas bien, donc on en veut pas alors qu'en fait c'est rien du tout, il y en a une toute petite quantité voilà donc il faudrait pouvoir un peu plus raisonner parfois mais là c'est un petit peu un aspect marketing aussi, je l'entends il y a effectivement les applications comme YouCat qui sont devenues un critère dans les cahiers des charges maintenant Donc je dirais que globalement, c'est plutôt une bonne chose, ça va dans le bon sens. Mais par contre, c'est bien qu'on puisse, comme on est en train de faire là, sensibiliser les gens à ne pas avoir une vision manichéenne et un petit peu plus nuancer les choses.
- Speaker #3
Alors, si vous aviez un seul conseil à donner à un fondateur qui se lance aujourd'hui dans la création de son premier produit, quel serait ce conseil ?
- Speaker #2
Dans la création de son produit, moi je pense que le conseil que je donnerais, c'est vraiment Comme j'ai dit au départ, de s'assurer de créer un produit pour un consommateur et aussi vraiment toujours de s'accompagner des meilleurs partenaires et prestataires. Parce que autant, on va dire que là, ce qu'on vous dit depuis le départ, c'est que travailler avec des laboratoires, c'est la meilleure option pour pouvoir développer un produit cosmétique. Autant trouver le bon laboratoire, ce n'est pas toujours facile quand on ne s'y connaît pas. et il y a des laboratoires qui malheureusement ne sont pas forcément bons dans certains types de développement de produits et qui ne vont pas forcément le dire et ça fait perdre du temps et de l'argent. Donc honnêtement, c'est de vraiment bien s'entourer et de trouver le laboratoire partenaire ou de s'assurer qu'il sera capable de développer le produit qu'on souhaite. Et ça, ça se passe vraiment au niveau à la fois du cahier des charges et des échanges et voilà.
- Speaker #1
Et qu'est-ce que tu aurais dit pour la marque du coup ?
- Speaker #2
Qu'est-ce que j'aurais dit pour la marque ? Je l'ai dit tout à l'heure que vous allez être chef d'entreprise, vous n'allez pas tenir une petite boutique, vous n'allez pas être formulateur, vous n'allez pas gérer un compte Insta, vous allez gérer une boîte, vous allez gérer une entreprise. Et donc ça veut dire que vous allez gérer plusieurs axes en même temps ou en tout cas, pareil, il faudra s'entourer correctement pour qu'il soit géré de la bonne manière. C'est tout.
- Speaker #0
Cécile ? Merci. Je vais un petit peu copier. J'aurais dit se faire accompagner, oui, et se former. Ce n'est pas que je veux prêcher pour ma paroisse, mais si j'ai décidé de me réorienter à un moment donné et de créer mon entreprise pour ça, c'est que vraiment, j'étais intimement convaincue qu'il fallait ça. Et en fait, pour les raisons qu'on a évoquées, parce que vous allez être chef d'entreprise, parce que vous allez être la personne responsable au sens réglementaire de vos produits, comprenez de quoi il s'agit, ce que vous allez faire, etc. Aussi bien d'un point de vue cosmétique que d'un point de vue entrepreneurial, d'ailleurs. Parce qu'il y a deux challenges quand on crée sa marque cosmétique, c'est devenir entrepreneur et aborder tout le sujet cosmétique qu'on a évoqué tout au long de cet échange. Donc, je dirais vraiment se former pour comprendre de quoi il s'agit, même si vous déléguez, et d'ailleurs, on conseille de déléguer justement à des experts, à des laboratoires, à des professionnels. à nouveau si vous êtes capitaine de navire, vous devez un petit peu maîtriser l'ensemble des choses pour pouvoir bien piloter les gens, bien orienter les gens, prendre les décisions, parce que c'est vous qui allez les prendre à la fin. Donc, se former, c'est très important, et se faire accompagner aussi pour justement trouver les bons partenaires. Je ne sais pas, Davina, si tu as eu des cas comme ça, mais moi, j'ai eu des clients qui sont venus vers moi après avoir fait des erreurs, où ils avaient commencé avec un laboratoire où ils avaient perdu, je ne sais pas moi, 5000 euros. Et en fait, ça ne l'a pas du tout fait. Et du coup, maintenant, ils retournent à la caisse départ parce que le laboratoire n'était pas fiable, que le cahier des charges n'avait pas du tout été bien fait, que c'était un peu la cata. Et du coup, c'est là où ils se disent, bon, en fait, j'ai besoin d'aide. Mais du coup, accepter d'être humble et de vous dire, j'ai besoin d'aide dès le début. Je ne sais pas si tu as eu des cas comme ça, de gens qui sont revenus complètement en arrière avec des erreurs pareilles.
- Speaker #2
J'en ai eu beaucoup, des gens qui sont venus avec des problèmes liés à leur laboratoire et qui ont dû tout recommencer, tout réinvestir. il y en a Beaucoup plus que ce qu'on croit. Et c'est pour ça que j'ai vraiment assisté sur bien choisir son laboratoire. Et je pense que justement faire une formation ou être accompagnée vous permettrait vraiment de faire le bon choix. Parce qu'il y en a où nous, dès le départ, on saura que soit il ne sera pas capable, soit moins. Moi, j'ai déjà eu des retours sur le fait que ce laboratoire-là n'est pas fiable, donc je ne recommande pas. Je pense que c'est vraiment... En fait, ça m'a choquée de voir à quel point beaucoup de gens sont revenus avec des problèmes liés à leur laboratoire, à un problème de DIP, à un problème de production, à un problème de... Je n'ai pas fait de... Parce qu'on n'a pas parlé, mais de mise à l'échelle. Donc, en fait, la mise à l'échelle, c'est vraiment l'étape entre le laboratoire et la production. Et en fonction des galoniques, ça reste quand même très très important de faire l'étape entre les deux. Donc le laboratoire, on peut être entre 500 grammes et 3 kilos, un peu plus. Et la production, on peut arriver à 500 kilos. Entre les deux, parfois, c'est bien de faire un pilote. Et ça m'est déjà arrivé qu'une cliente me dise, écoutez, j'ai perdu tant de kilos de matière première parce que j'ai refusé le pilote. Je dis, comment ça, tu as refusé le pilote ? Oui, mais je ne savais pas ce que c'était. Oui, mais c'est le rôle de laboratoire de se dire ce que c'est et en quoi c'est important, en fait. Oui, mais je ne voulais pas le payer. Je dis, aujourd'hui, tu as perdu de l'argent. Et en fait, le laboratoire, je trouve aussi, c'était son rôle d'inciter sur la nécessité de faire ce pilote. Donc, en fait, il y a vraiment des étapes qui sont importantes et chaque étape, pour moi, reste risquée et prend du temps et de l'argent. Donc, c'est important de faire le bon choix de partenaire.
- Speaker #0
Et je dirais que prendre une formation, un accompagnement, c'est un, moi, je le verrais comme un investissement. C'est une première décision, justement, en tant que chef d'entreprise. Pour se dire, je vais m'éviter beaucoup d'erreurs et je vais gagner du temps, économiser de l'argent. En tout cas, à minima, je vais en perdre le moins possible. Et je pense qu'il faut vraiment le voir comme un investissement et également aussi parce qu'être chef d'entreprise et gérer un projet comme ça, c'est un gros morceau. En termes d'énergie, de charge mentale, etc., quand on comprend mieux les choses, c'est quand même beaucoup plus simple. Alors qu'au début, moi, j'ai beaucoup de porteurs de projets qui arrivent. qui ont commencé, qui ont contacté des labos, qui ont essayé des petits trucs. Et en fait, pour qui la situation, c'est un gros sac de nœuds. Donc en fait, il faut faire attention à ça aussi et ne pas hésiter à se faire accompagner, au moins pour que les choses soient faites étape par étape, pas à pas, en étant guidé. Et voilà, c'est quand même beaucoup plus serein. Et ça se révèle assez riche en économie à la fin.
- Speaker #1
Merci beaucoup Néphi pour cet échange qui a été riche en insights. Où est-ce qu'on peut vous retrouver ? Quels sont vos réseaux sociaux ?
- Speaker #0
Alors moi, vous pouvez me retrouver soit sur Instagram ABCG Formation, tout attaché, soit sur LinkedIn, donc Cécile Gouzon sur LinkedIn, je peux le dire régulièrement.
- Speaker #1
Super, merci beaucoup les filles, merci beaucoup pour cet échange et je suis persuadée qu'il va beaucoup plaire à notre audience. Merci de nous avoir écouté et on vous dit à très bientôt pour le prochain épisode de Beauty Insight, le podcast. En attendant, n'hésitez pas à nous suivre sur nos différents réseaux sociaux, Beauty Insight, le podcast.